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 [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II)

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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyVen 29 Avr 2011 - 17:12

La tâche se compliquait de mètre en mètre. Non pas que le taux d'alcoolémie augmentait de plus en plus (il devait même avoir descendu d'un cran depuis leur départ de la plage), mais plutôt que plus ils avançaient le long de l'avenue, moins Trent se sentait en état de certifier que sa maison n'était pas celle de l'un de ses voisins. Mêmes toitures, mêmes pelouses implacables, mêmes boîtes aux lettres alignées le long des trottoirs ... dans le noir et en étant habitant du quartier depuis si peu de temps, il peinait à distinguer avec certitude l'antre des Dopamine, d'autant plus que l'alcool lui faisait douter du numéro de plaque dont il aurait pu s'aider pour s'assurer de ne pas débarquer dans un jardin qui n'était pas le sien. Pourtant, il était quasi certain que sa porte d'entrée se situait au bout de l'allée, non loin du croisement entre Apple Road et Lemon Street. Fort de cette idée fixe, il continua d'arpenter le trottoir en compagnie de Maya. Le calme impressionnant du quartier aurait pu lui faire se dire qu'OG était sinistre la nuit si l'alcool n'avait pas été là pour le faire se marrer inétrieurement de ne plus être capable d'affirmer avec certitude qu'il savait précisément où il habitait.

En arrivant devant le n° 3986, il inspira l'air de rien et s'avança le long de l'allée de jardin en direction du perron. Il serait vite fixé : la porte d'entrée n'était quasiment jamais fermée cher les Marshall - Flaherty, d'ailleurs il n'avait pas ses clés sur lui. Ici encore, c'était quitte ou double ... Coup de chance, lorsqu'il abaissa la poignée de la porte, un déclic se fit entendre et le battant pivota pour leur permettre d'entrée. Souriant de biais, Trent relança la conversation en décidant de faire part à Maya de son hésitation fugace. « J'y croyais qu'à moitié au plan " sésame, ouvre-toi " ... A peu de choses près on dormait dehors, j'aurais pas su retrouver la maison si ça n'avait pas été celle-là. Vas-y, entre, ça m'étonnerait que Colt soit présent. Dax à la rigueur, mais certainement pas seule et encore moins certainement sobre, ce qui laisse tout de même un grand pourcentage de probabilité qu'elle soit dans sa chambre. »

Tu parles d'un trio respectable et bien sous tous rapports. Un tyran en puissance, un fêtard invétéré et une Joan Jett sur le retour ... Bienvenue chez Dopamine !


Dernière édition par Trent J. Marshall le Ven 27 Mai 2011 - 14:41, édité 1 fois
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptySam 30 Avr 2011 - 18:13

Elle ignorait si c’était la conséquence de l’alcool qu’il avait bu ou s’il était comme ça avec les filles qui l’approchaient mais il avait cette fâcheuse manie de le regarder avec un regard équivoque, un sourire mystérieux sur les lèvres et quand il s’approchait comme il le faisait, comme s’il s’apprêtait à l’embrasser, Maya ne préférait pas bouger, ne sachant pas quel serait son prochain mouvement : passer à l’acte ou s’éloigner brusquement, comme pour lui donner l’appétit puis lui retirer le plat pour faire gargouiller son estomac. C’était vraiment la sensation qu’il lui donnait à jouer ainsi avec elle. Mais elle ne s’en plaignait pas, loin de là. Elle-même avait usé de cette tactique tellement de fois qu’être la victime de son propre comportement avait quelque chose d’exaltant. Quand il s’approcha de manière provocatrice, elle resta donc immobile, le regard plongé dans le sien, un sourire figé sur les lèvres. « C’est par-là » conclut-il en désignant une direction qu’elle ne prit même pas la peine de regarder. Peu importait par où c’était, finalement. Seule la compagnie était intéressante et il pourrait bien lui faire faire le tour de la ville que ça ne la dérangerait aucunement. « La pièce est ton amie, donne-toi les moyens d’avoir ce que tu veux, tente la chance… » lui avait-il dit. Oh, elle ne douterait pas que son prochain coup serait calculé mais puisque rien de bien percutant ne lui venait à l’esprit – et ce, probablement parce qu’elle n’était pas vraiment en état de réfléchir plus loin que dans la minute qui suivait – elle décida de garder le choix du prochain lancer pour plus tard, quand elle saurait exactement ce qu’elle voulait. Pour l’instant, seule la chaleur réclamée par son corps parvenait à lui accaparer l’esprit. Aussi ne se fit-elle pas prier pour le suivre alors qu’il menait la marche et elle lui emboita le pas en resserrant les pans de sa veste autour d’elle, jetant sa bouteille dans la première poubelle qu’ils croisèrent puisqu’elle était dépourvue d’intérêt à partir du moment où elle était complètement vide et que, jusqu’à preuve du contraire, elle ne se remplirait pas par magie.

Le temps qu’ils retrouvent la sécurité des quartiers résidentiels, la peau de Maya avait séché mais ses vêtements ayant pris l’humidité, elle frissonnait sans pouvoir contenir les légers claquements de dents que sa mâchoire produisait. Elle avait croisé les bras sur sa poitrine, observant les alentours comme si c’était la première fois qu’elle les découvrait. Il fallait dire qu’elle les voyait d’un tout autre œil maintenant qu’elle était ivre et congelée par sa propre bêtise. C’était son idée, le coup de bain de minuit. Cela l’avait amusé un temps, mais elle en subissait à présent les conséquences. Elle n’avait plus qu’une hâte : qu’ils parviennent à destination, alors qu’ils longeaient les maisons coquettes et toutes identiques. Seules les couleurs et la disposition des jardins différaient légèrement de l’une à l’autre. Elle jeta l’un ou l’autre regard en direction du musicien, se demandant s’il s’était perdu en chemin mais n’émit aucune supposition à haute voix, n’ayant aucune envie de s’attirer les foudres du jeune homme – après tout, elle ne le connaissait pas et ne pouvait donc pas anticiper ses réactions. Rien ne prédisait qu’il puisse soudainement s’énerver mais elle ne préféra pas tenter sa chance, préférant le suivre du regard jusqu’à ce qu’il s’arrête devant une demeure, le numéro 3986. Maya combla les quelques mètres qu’elle avait laissé distraitement s’installer alors que ses pensées vagabondaient. Elle s’arrêta à côté de lui et leva le nez vers la maison. Une maison comme une autre, sans artifices. Elle ne savait pas vraiment à quoi elle s’attendait. Peut-être à une garçonnière ou à refuge masculin du genre mais rien ne laissait présager quoi que ce soit de ce genre. Après, elle n’avait pas vu l’intérieur et l’image d’une antre d’un désordre sans nom lui traversa l’esprit, étirant un sourire énigmatique sur ses lèvres fines.
Trent s’avança dans l’allée et Maya le suivit, quelque peu en retrait et lorsqu’il abaissa la poignée de la porte, l’ouvrant sur un hall plongé dans la pénombre, Maya eut envie de s’y engouffrer. Retrouver la chaleur d’une maison était pour l’instant sa seule aspiration. « J’y croyais qu’à moitié au plan « sésame, ouvre-toi »… A peu de choses près, on dormait dehors, j’aurais pas su retrouver la maison si ça n’avait pas été celle-là. Vas-y, entre, ça m’étonnerait que Colt soit présent. Dax à la rigueur, mais certainement pas seule et encore moins certainement sobre, ce qui laisse tout de même un grand pourcentage de probabilité qu’elle soit dans sa chambre. » Maya ne s’était pas fait prier pour entrer et elle ne se gêna pas pour observer les lieux une fois à l’intérieur. « Colt, hein ? Je me demandais comme s’appelait ton double. Maintenant je le sais. » sourit-elle en pénétrant dans le salon. Si la fille était accompagnée ou ivre lui importait peu, si elle restait dans sa chambre, elle n’irait pas l’en déloger, c’était certain. Au lieu de s’inquiéter de la présence des deux autres occupants, elle entreprit de regarder tout ce qui se trouvait à portée de son regard, qu’il s’agisse de photos ou d’albums. Elle avait toujours été curieuse pour ce genre de détails qui, elle trouvait, en disait parfois plus long qu’un discours. « Pas trop dur, la cohabitation à trois ? » s’enquit-elle en se tournant vers Trent. « Je veux dire, si vous avez envie d’être seul, ça doit pas toujours être facile quand on doit compter sur deux autres personnes. » Si ça se trouvait, il n’avait jamais ressenti ce besoin de solitude qui la tenaillait parfois, mais elle en doutait. Tout le monde avait besoin de calme parfois. Sortant la pièce de sa cachette, elle la fit tourner entre ses doigts d’un air pensif. « Pile, on se trouve une bouteille d’alcool et on joue à un jeu stupide du genre ‘J’ai jamais’ ou ‘Action ou vérité’. Face… » Elle se mordilla l’intérieur de la joue d’un air pensif. « On joue à un autre jeu bien connu… Qui ne nécessite pas d’être habillé. » Elle lui lança la pièce d’un air canaille et ôta sa veste qu’elle abandonna sur l’accoudoir du canapé dans lequel elle s’installa. « Mais avant, fais donc écouter cette chanson inédite. » conclut-elle en ramenant les genoux contre sa poitrine, les enlaçant pour poser son menton au creux de ceux-ci.
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyLun 2 Mai 2011 - 19:21

Une fois que Maya se fut introduite à l'intérieur, Trent lui emboita le pas et referma la porte tout en pressant l'interrupteur pour allumer les lumières du hall et du salon qui y était directement relié. Comme c'était à prévoir, Dax était bel et bien présente et bel et bien saoule. Pourquoi ? Parce qu'un trousseau de clés avait été balancé sur la commode de l'entrée, parce que la porte du cellier sous l'escalier était légèrement entre-ouverte (preuve qu'elle y avait certainement été chercher une bouteille de rab' pour terminer sa soirée) et parce qu'il vit - en levant les yeux vers l'étage supérieur dont on apercevait une partie depuis le rez-de-chaussée - qu'une petite culotte rouge était accrochée la poignée de la première porte de droite, soit la porte de la chambre de la musicienne. Ce signal bien connu était sans équivoque, lui-même laissait volontairement trainer ses chaussures devant sa porte de chambre lorsqu'il voulait faire savoir de façon plus ou moins subtile à ses colocataires qu'il n'était pas seul et qu'ils avaient donc tout à gagner à ne pas le déranger (sous peine de recevoir un projectile quelconque au visage en cas d'intrusion). Comme pour faire le lien entre ses déductions mentales et la réalité concrète, Maya s'inquiéta de savoir si la colocation se déroulait bien. Fort des années de pratique en compagnie de Colt et du côté franchement garçon manqué de Dax qui aidait le trio à avancer dans un seul et même sens quelque soit la situation, Trent savait qu'il n'avait pas à se plaindre et que le fait de former un groupe avec les autres habitants de la maison leur permettait à tous de détecter les signaux annonciateurs de disputes ou de raz le bol. Au fil du temps, codes et astuces s'étaient mis en place d'eux-mêmes pour leur simplifier la vie si bien qu'il était assez rare que les choses dégénèrent sauf, bien évidemment, quand l'un des habitants revenait trop ivre ou trop excité par un évènement quelconque pour garder à l'esprit que 3 âmes radicalement opposées les unes aux autres se partageaient les lieux. D'ailleurs, c'était bien souvent Colt qui faisait s'effondrer le château de cartes. Lui et son tact inexistant avaient parfois le don de s'imposer comme étant la goutte qui faisait déborder le vase et il n'était pas rare d'entendre les hurlements de Dax ou les propos acides de Trent quand le deuxième Marshall se montrait un peu trop envahissant sur la vie de ses compagnons. Cela dit, Dopamine avait le mérite de ne jamais faire les choses à moitié et il était rare qu'une dispute qui se commençait à deux ne finisse pas à trois (celui épargné par les tensions n'étant généralement jamais en reste dès lors qu'il s'agissait d'intervenir pour - dans le cas de Dax - tenter de calmer le jeu entre les deux autres ou - dans le cas de Trent - s'amuser à balancer de l'huile sur le feu). « Plus facile que tu ne le crois ... » Finit-il par répondre en relativisant et en gardant à l'esprit que - jusqu'à présent en tout cas - tout s'était toujours terminé de manière pacifiste. « Avec le temps on apprend à anticiper sur les besoins des autres. » Quelqu'un qui aurait mieux connu Trent que Maya se serait certainement étonné de l'entendre dire ça, lui, l'égoïste de service n'ayant pas pour habitude de faire de concessions. Et c'était d'ailleurs là toute la force du trio : pour Dax et pour son frère, Trent Marshall était prêt à faire des efforts ; tout comme chacun des deux membres précédemment cités devait très certainement en faire au quotidien pour supporter le monstre de mauvaise humeur qu'il savait être dans ses mauvais jours.

Invitant Maya à prendre ses aises, il s'avança dans le salon et détailla sans s'en outrer le joyeux bordel qui y régnait. « Pile, on se trouve une bouteille d’alcool et on joue à un jeu stupide du genre " J’ai jamais " ou " Action ou vérité ". Face … » L'entendant hésiter, il se retourna pour recentrer son attention sur elle et arqua un sourcil en la voyant prendre le temps de la réflexion. Intuitif, il pressentit que la soirée abordait un nouveau tournant ; le fait étant que, jusqu'alors, Maya avait eu l'air de miser sous le coup de l'impulsion et non pas avec préméditation. Aussi ne fut-il pas surpris de l'entendre conclure sur une alternative autrement plus concrète que toutes celles proposées depuis le lancement de ce jeu idiot. A croire qu'elle avait bien intégré sa remarque sur la pièce et la façon dont on pouvait tenter la chance grâce à elle. Souriant de biais, il attrapa la mitraille au vol et la rangea dans sa poche sans ajouter de commentaires. L'une et l'autre des alternatives lui convenait, même si l'idée d'une mise en abîme côté Pile avec une notion de jeu dans le jeu piquait sa curiosité plus qu'il n'aurait bien voulu l'admettre (la question étant de savoir si la finalité serait la même en empruntant les détours de l'option A qu'en en arrivant directement à l'option B ... ). Cela dit, il remit ses réflexions à plus tard et s'avança vers le piano qui siégeait dans un coin du salon et d'où, une fois assis derrière le clavier, il pouvait fixer la jeune femme sur le canapé. D'un geste rendu méthodique par les années de pratique, il ouvrit le rabat qui protégeait les touches et fit un mouvement d'essuie glace avec son avant-bras sur le dessus de l'instrument pour faire tomber au sol les t-shirt et autres vêtements qui avaient été posés là dans la précipitation.

Au bout d'une poignée de secondes passées à concentrer le peu de lucidité qu'il lui restait encore, il ferma les yeux et composa la première note. L'effet fut immédiat : qu'il soit ivre, défoncé ou dépressif, la musique prenait possession de son corps et chassait toute sorte de préoccupation de son esprit ; preuve qu'il n'était pas malheureux sur scène mais plutôt dès lors qu'il tirait sa révérence et qu'il subissait le retour violent à la réalité entre cris hystériques de fans ne sachant pas se tenir et flashs d'appareils photos avides d'expressions enjouées avant que ne revienne le masque de dureté et de mystère qui drapait son quotidien. Là, ses doigts virevoltèrent de gauche à droite au son d'une mélodie à la fois rythmée mais terriblement mélancolique. A la simple écoute de l'introduction, on pouvait deviner que les paroles qui allaient suivre ne seraient pas un simulacre d'hymne à la joie. Enfin, quand vint le moment de chanter, Trent rouvrit les yeux et toisa son invitée sur des propos tous plus ou moins tournés vers l'amour, la haine, le doute et le mépris. Reproches et déclarations enflammées - voire mêmes à connotations violentes - trébuchaient de ses lèvres encore aromatisées au whisky tandis qu'il expliquait clairement à la femme imaginaire à laquelle était destinée cette chanson qu'elle ne mériterait son amour que le jour où elle serait prête à tout pour l'obtenir, ni plus, ni moins. Couplets et ritournelles s'entremêlaient au fur et à mesure des secondes qui s'écoulaient pour dépeindre une vision excessivement noire et extrême des sentiments, si bien que des thèmes tels que la jalousie, la méfiance et le sadisme servaient l'illustration à ce qui - visiblement - ne pouvait rien représenter d'autre que son point de vue personnel de la chose ... Mise en garde ou simple constatation, la chanson n'en révélait pas plus et ce n'est qu'une fois la fin du morceau venu qu'il continua de jouer à une main tout en plongeant l'autre dans la poche de son jean. Là, en prenant soin de faire coïncider dernière note et lancé de pièce, il rattrapa l'objet du jeu et le posa à plat sur le dessus du piano. Sa voix rendue mielleuse et sensuelle par le chant s'évanouit dans l'air tandis qu'il s'inquiétait du résultat du tire et c'est d'un ton énigmatique qu'il déclara : « Pile. Je choisis l'alcool, tu choisis le jeu, ça te va ? »

" Ça te va " quoi ? De choisir le jeu ou d'avoir entendu à quel point l'amour avec Marshall était digne d'une chanson pour drame hollywoodien ? Mystère ... Quoiqu'il en soit, Trent se leva et marcha jusqu'au cellier pour attraper la bouteille de vodka la plus proche. Au passage, il leva les yeux vers la porte du première étage et constata qu'aucune plainte n'avait été émise sur le concert improvisé ; preuve que Dax avait de l'occupation à revendre mais pas preuve qu'il ne se ferait pas bombarder de questions le lendemain matin à propos de cette mélodie que même elle, son amie, n'avait jamais entendu. En revenant au salon, il nota mentalement de prendre son air retord au réveil pour bien faire comprendre à sa colocataire et collègue qu'il refuserait tout net de lui en dire plus à ce sujet.
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyMer 4 Mai 2011 - 16:50

Si elle l’écouta attentivement tout au long du morceau, c’est surtout l’attention que Maya porta au jeune musicien qui figea ses traits alors qu’elle dardait son regard chocolat sur lui, sur ce qu’il dégageait alors que les notes s’envolaient et envahissaient la pièce. Comme lorsqu’il était sur scène, il semblait habité par quelque chose de magique, cette chose qui avait irrésistiblement attiré la jeune femme vers l’avant du public lorsqu’elle avait assisté à leur premier concert.
Jusqu’à ce qu’elle remarque l’aura singulière de Trent, elle n’était venue que dans l’optique de se fondre dans la masse. Elle avait tout juste regardé le nom du groupe qui était affiché à l’entrée du club. Une affiche comme tant d’autres pour une demoiselle qui n’aimait pas s’attarder sur la publicité et ce qu’elle faisait ressortir de pire en l’être humain. Adolescente, elle avait convoité les corps de certaines, les yeux d’autres, le sourire aux dents parfaites, le nez fin et droit, les joues roses et la peau satinée. Puis elle avait commencé à en être dégoûtée après la mort de River, quand toutes ses amies de l’époque s’étaient mises à la critiquer sous prétexte qu’elle ne faisait plus assez attention au look qu’elle arborait. Qu’à cela ne tienne, dans un esprit de vengeance uniquement mû par la rancœur et le chagrin que la perte de son frère lui procurait, ne lui laissant aucun répit. Elle avait fait tout l’inverse de ce que les autres attendaient et, bientôt, il n’y avait plus eu personne pour lui faire du mal. Dès lors, elle avait banni ces images de poupées parfaites pour se tourner vers l’imperfection, justement, guettant chez chacun de ses interlocuteurs ces petits défauts qui faisaient leur charme. Et comme ce n’était pas suffisant de rompre les ponts avec ces pimbêches qui ne supportaient pas ce revirement – ou en avaient honte, allez savoir, après tout, Maya avait fait partie de leur cercle fermé jusqu’à ses quatorze ans avant de le délaisser avec un mépris non dissimulé. Comme pour lui faire payer sa désertion, les ragots avaient commencé à tourner et au lieu de s’en méfier, Maya, par esprit de contradiction, sans doute, s’était jetée à corps perdu dans la confrontation et la provocation. Aujourd’hui, si elle était en paix avec elle-même de ce côté-là, elle n’avait pourtant pas renié ce look affirmé, imposé aux autres, comme pour dire « si ça ne vous plait pas, il y a 6 milliards d’autres personnes vers qui vous tourner ». Au moins, ça avait eu l’avantage de réduire les effectifs et de clarifier qui, dans son entourage, était digne de son attention et qui ne l’était pas.
C’est ce souvenir encore parfois douloureux que fit remonter la chanson de Trent alors qu’elle le dévisageait, le regard perdu, ne voyant que la plaie ouverte qui se dessinait sur le visage du beau musicien. Il dégageait un charme fou auquel elle n’aurait pas pu résister, quand bien même elle aurait tout fait pour. Il y avait des hommes, comme ça, qui attiraient Maya comme un insecte vers la lumière. Ils étaient ténébreux et lumineux à la fois. Un savant mélange qui lui avait toujours brisé le cœur tout en l’émerveillant sans cesse. Ces hommes-là recelaient de diamants. Ils étaient virils et brisés, ils étaient mystérieux et en quête d’une attention qu’ils ne savaient comment attirer. Pourtant il n’y avait qu’à les regarder pour savoir qu’il y avait derrière ces yeux-là, une âme déchirée par Dieu sait quel souvenir ou mal être insondable. Elle ne cherchait pas à deviner ce qui causait un tel traumatisme, elle savait combien l’évoquer pouvait être douloureux et c’est donc avec empathie plus qu’autre chose qu’elle écouta le jeune homme délivrer un message sombre et mélancolique, mais tellement plein d’espoir en même temps. Elle ne chercherait pas à savoir s’il parlait d’une expérience vécue, s’il se basait sur ce qu’il vivait au quotidien pour s’exprimer même si elle se doutait qu’il devait y avoir une large part dedans. Comme tous les artistes, Trent devait être un écorché vif qui ne savait transmettre ses émotions que par le biais de son art, de sa passion et quel plus beau moyen que celui-là, en effet, quand on le voyait s’adonner à la musique, se perdre dans les notes comme si plus rien n’existait autour de lui, Maya y compris.
Elle pencha la tête en l’observant. Son regard glissa du visage sérieux du jeune homme, dont la voix magnifique donnait à ce morceau toute sa force et sa magie. Elle observa ses bras qui se mouvaient avec lenteur, ses doigts qui effleuraient les touches noires et blanches. Tout en lui inspirait l’admiration, tout en lui, faisait naitre en Maya une affection qu’elle n’aurait même pas su qualifier. S’il y avait clairement une attirance physique – qui aurait-elle été pour nier une telle évidence – il y avait clairement quelque chose de plus qui la ramenait à lui, sans qu’elle sache quoi. Peut-être qu’il évoquait quelque chose qui lui avait manqué, pendant longtemps, cette figure masculine qu’elle ne parvenait pas à saisir dans son ensemble, cette fragilité déguisée par une moue méprisante et défiante. Il repoussait les gens à sa manière, comme River le faisait autrefois, en se moquant d’eux ouvertement, alors que, Maya le savait parfaitement, il regrettait chacune de ses paroles à peine les avait-il prononcées. Un mécanisme de défense comme un autre, vous diront les psychologues. Maya voyait davantage en cela. Une connexion qu’elle n’avait que trop rarement ressentie, surtout avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pour ainsi dire pas. Il lui fallait généralement pas mal de temps avant de laisser les gens pénétrer dans sa bulle, même s’ils s’imaginaient qu’avec le sourire qu’elle leur envoyait, tout était dans la poche. Rares étaient ceux qui la cernaient réellement, encore plus rares étaient ceux qui s’arrêtaient pour découvrir ce qui cachait derrière ce sourire mutin et ce regard impénétrable. Finalement, elle se reconnaissait peut-être beaucoup en regardant le musicien offrir ce qu’il avait de plus précieux. A part qu’elle ne cherchait pas à imposer une barrière dès les premiers mots, dès le premier contact. Elle attendait de voir avant de décider si oui ou non, elle avait envie d’en savoir plus sur l’étranger.
Perdue dans le flot tumultueux de ses souvenirs et ses pensées, tous ravivés par le morceau du musicien, Maya mit quelques secondes à émerger de sa transe et elle ne le fit que parce que la voix chaude de Trent brisa l’atmosphère dans laquelle la pièce s’était trouvée plongée durant ces quelques minutes bienfaitrices. Des minutes qui semblaient avoir amorcé un nouveau tournant dans la soirée. Ils étaient passés du stade de deux inconnus à deux jeunes gens partageant une soirée plus que spéciale, une soirée comme il n’y en aurait certainement pas d’autres. « Pile. » Maya cligna des paupières et releva la tête alors qu’un frisson lui parcourait l’échine. « Je choisis l’alcool, tu choisis le jeu, ça te va ? » Il s’éloigna du piano pour aller chercher la boisson et elle réfléchit un instant à ce qui serait le plus intéressant. Ces deux jeux, elle les trouvait stupides, elle n’y jouerait certainement pas en d’autres circonstances, mais en d’autres circonstances, elle n’aurait pas les veines alcoolisées à ce point, et elle ne frissonnerait pas dans des vêtements humides suite à un bain de minuit improvisé. Elle chercha du regard de quoi se réchauffer et aperçut la manche d’un pull, qui dépassait de sous un sac, elle se pencha et l’attrapa, le portant à son visage pour s’imprégner de l’odeur du tissu. Qu’il s’agisse du pull de Trent ou celui de son frère, il avait un doux parfum masculin qui fit sourire la jeune femme. Elle ne rejetait pas l’idée que la seule fille de Dopamine transporte avec elle un parfum destiné aux hommes mais peu lui importait, à vrai dire, la fragrance lui plaisait et quand son acolyte revint avec une bouteille de vodka à la main, elle répondit : « Ça me va. Et j’ai choisi Action ou vérité, c’est un peu plus varié que l’autre, je trouve. » Elle abandonna le pull à côté d’elle et se redressa après avoir attrapé sa veste, encore posée en travers de l’accoudoir, puis elle s’approcha de Trent, posant la main sur la bouteille pour la lui prendre. « On va jouer en haut ? Histoire de ne pas être dérangé, on ne sait jamais. » Elle lui adressa un air malicieux puis se dirigea vers les marches de l’escalier sur un pas dansant qui signifiait bien qu’elle était ivre. Elle commença à grimper jusqu’à atteindre l’étage et elle observa les portes closes, se demandant laquelle pouvait bien être celle de son musicien préféré. Pas celle avec la petite culotte rouge, en tout cas, ça c’était certain !
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyVen 6 Mai 2011 - 18:09

Bien qu'il trouva que son prétexte de ne pas se faire déranger sentait la fausse excuse à plein nez, Trent n'émit aucune objection lorsque Maya lui proposa de grimper à l'étage. Loin de considérer sa chambre comme un sanctuaire inviolable, il ne demandait à s'y retrouver seul que lorsqu'il en ressentait le besoin et l'idée d'y inviter quelqu'un, qu'il s'agisse d'un(e) inconnu(e) ou de ses colocataires ne le froissait pas dès lors qu'on lui demandait son avis. En l'occurrence, rester en bas ou s'enfermer là haut lui importait peu. Bien qu'il ne fut pas installé depuis longtemps, il considérait cette maison comme la sienne et chacune des pièces qui la constituaient jouissait de la même aura rassurante que les autres. Aussi prit-il la suite de la jeune femme d'un pas tout aussi approximatif que le sien. Au fur et à mesure qu'il enjambait les marches, l'idée que cette bouteille de vodka en perspective n'était pas la meilleure qui soit aurait du s'imposer dans son esprit, mais l'une des caractéristiques qu'il partageait avec chacun des membres de son groupe voulait qu'aucun des Dopamine ne soit raisonnable et sensé. Chacun à leur manière avait une façon de ne pas se plier au bon sens dans les situations qui auraient pourtant pu l'exiger. A n'en pas douter, quelques gorgées de plus suffiraient à le faire passer du statu de franchement " pompette " à celui de " complétement bourré ". Cela dit, calme et ambiance tamisée apportaient avec eux la certitude que même ivre mort, la situation ne risquait pas déraper autant que lorsque son frère, Dax et lui se mettaient une mine en public. Le fait qu'il y ait moins de facteurs risques ne pouvait donc que peser du côté sombre de la force et l'inciter à ne pas se restreindre.

« A gauche. » Fit-il en rattrapant Maya qui semblait hésiter quant à quelle porte choisir pour arriver à bon port. Passant sans sourciller devant la chambre de Dax, il ouvrit la porte de la sienne et retira ses chaussures afin de mettre en application le code de non dérangement pour apporter à Maya la tranquillité à laquelle elle semblait tenir. D'un jeu de doigts habile il éteignit les lumières du bas pour allumer celle de sa chambre et referma la porte sur le passage de la jeune femme. Comme à son habitude, le lit n'était pas fait. La seule et unique couette qui le constituait était roulé en boule à l'une des extrémités tandis que l'oreiller gisait mollement sur le traversin. Au dessus de la tête de lit, plusieurs étagères menaçaient de s'écrouler sous le poids d'une multitude de CDs en tous genres. Quant au reste de la pièce, il était jonché d'un joyeux bordel principalement constitué de vêtements mal pliés, de paquets de cigarettes vides, de boitiers de DVDs ouverts et de preuves qu'on se trouvait bien dans l'antre d'un musicien pour cause de présences de médiators, de guitares accrochées aux murs et de baguettes de batteries abandonnées dans un coin. La porte d'une armoire entrouverte laissait deviner une garde-robe masculine au style approximativement recherché et, dans un coin sombre, une pile de lettres et de nounours jamais déballés témoignaient du mépris plus ou moins certain que Trent éprouvait pour les preuves d'admiration de ses fans.

« Installes-toi. » Proposa-t-il distraitement en tombant la veste et en retirant son t-shirt qu'il jeta prêt de la porte comme une promesse de le laver prochainement pour le débarrasser des grains de sable irritant qui s'y cachaient encore. Par la suite, il s'approcha de la fenêtre qui donnait sur le jardin et l'ouvrit en grand pour permettre à l'air nocturne de leur rafraichir les idées lorsqu'ils seraient définitivement trop saouls pour avoir la présence d'esprit d'aérer la pièce. Cela fait, il farfouilla dans sa table de nuit à la recherche d'une pochette remplie d'herbe qu'il lança à Maya avec un sourire satisfait. « Drugs, alcohol and ... » il tendit le bras vers la chaine stéréo posée non loin pour appuyer que le bouton " play ".



« ... rock'n'roll ! Ou comment tomber dans le cliché de la rock star à moi tout seul, si c'est pas malheureux ... Alors, ce jeu ? Vas-y, commence, je vois bien que tu trépignes ! » Négligemment, il se laissa tomber en travers du lit, dos contre le matelas, et releva les bras pour s'en faire un coussin de fortune. Instantanément, la tête se mit à lui tourner et il ferma les yeux, ravi de cette impression de débord et de naufrage imminent.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyDim 8 Mai 2011 - 17:56

« A gauche »
Cette simple indication fit tourner la tête de Maya vers la porte indiquée et elle l’observa ôter ses chaussures, trouvant le manège plutôt curieux mais comme il ne semblait pas lui demander d’en faire de même, elle pénétra dans la chambre avec ses ballerines aux pieds et ne les retira qu’une fois à l’intérieur, lorsqu’elle les abandonna dans un coin, près d’une armoire. Elle qui aimait sentir le sol et ses aspérités contre la plante de ses pieds fut ravie de fouler le sol frais de la pièce, alors qu’elle entamait le même rituel qu’au rez-de-chaussée, s’approchant des meubles pour en découvrir ce qui était le plus apparent : photos et gadgets en tous genres, sans chercher à investiguer davantage. Elle n’était pas curieuse à ce point, elle n’envahissait pas l’espace privé et intime de personnes qu’elle connaissait à peine – en réalité, il y avait bien qu’avec Adriel qu’elle se permettait une chose pareille.
C’était une chambre de garçon, ni plus ni moins. Rien de bien surprenant et en même temps, cela avait quelque chose de rassurant et d’envoûtant. Elle avait toujours trouvé que dans une maison, c’était la chambre qui était la plus accueillante. Pas le salon, ni la cuisine, mais la pièce où, une fois la porte close, les songes pouvaient prendre les commandes. C’était probablement dû au fait qu’elle-même n’avait jamais passé son temps dans sa chambre, aussi loin que remonte sa mémoire. Soit elle déménageait trop souvent, soit elle ne s’y sentait pas bien et elle se gardait donc bien d’infuser sa créativité à une pièce qui ne lui inspirait aucune confiance. Elle préférait, et de loin, s’immiscer dans celle de River et investir son lit. Même adolescente, elle avait toujours apprécié venir s’allonger dans le lit de son ainé. Le jeune homme était tellement habitué à sa venue qu’il n’occupait que la moitié du lit, même quand elle ne venait pas et elle avait donc, on pouvait le dire, une partie du lit à elle toute seule les nuits où elle venait se cacher sous les couvertures colorées de sa personne préférée dans le monde. Alors il lui semblait toujours naturel de voir la capacité des autres à se créer un univers à eux, celui de Maya restant soigneusement dissimulé dans sa sacoche. Pourtant elle n’avait pas à se plaindre, la pièce dont elle avait hérité chez Adriel était coquette et confortable et elle s’était même efforcée d’y mettre un peu de sa vie, mais ça restait très basique, trop mystérieux. « Installe-toi. » Elle détourna son attention de l’armoire surpeuplée d’albums et lui jeta un regard en coin avant de répondre par un simple « Mmh » approbateur. Elle sentit l’air lui ébouriffer les cheveux lorsqu’il ouvrit tout grand les battants de la fenêtre et elle termina sa courte visite en s’installant au bord du lit. Elle continua son observation muette, tournant la tête de gauche à droite, de bas en haut et elle ne revint à la réalité que pour réceptionner un sachet que le musicien lui lança avec désinvolture. Élevant le plastique au niveau de ses yeux, elle le secoua pour que l’herbe retombe en un petit tas compact au fond du sachet. Une musique agréable envahit la pièce et elle croisa les jambes en tailleur, se tournant à moitié pour pouvoir voir le jeune homme s’affaler sur le lit. « Alors, ce jeu ? Vas-y, commence, je vois bien que tu trépignes ! » Emettant un petit rire, Maya rapatria sa sacoche entre ses jambes et farfouilla à l’intérieur, tirant des feuilles de cigarettes ainsi qu’un autre sachet d'apparence semblable à la différence près que le contenu était blanc et poudreux. « Laisse-moi réfléchir un instant. » dit-elle avant de laisser tomber son sac qui s’écrasa au pied du lit avec un bruit mat. Elle ouvrit ensuite la bouteille et porta le goulot à ses lèvres pour en boire une petite gorgée, grimaçant en rabaissant la vodka. Sa gorge la brûla et elle émit une toux qui ressemblait davantage à un rire qu’à un réel toussotement. « Okay. » dit-elle après avoir repris un timbre de voix normal. « Action ou vérité ? »
En un sens, elle trouvait ce jeu extrêmement stupide. Mais dans l’état où ils étaient, c’était le meilleur moyen de s’amuser et d’en apprendre sur l’autre de façon très simple. Elle n’avait jamais vu l’intérêt de mentir à ce genre de jeu. Les questions étaient souvent stupides, les gages encore davantage, mais c’était aussi débile que de faire tourner une bouteille pour savoir qui on allait embrasser. Une chose était certaine alors qu’elle pliait une jambe sous elle et laissait l’autre pendre le long du lit, c’est que la nuit était pleine de possibilités et que quelle que soit l’issue de ce passe-temps ridicule, elle repartirait en se disant qu’elle ne regretterait probablement pas un instant de cette soirée plus qu’inattendue.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyDim 8 Mai 2011 - 23:03

« Laisse-moi réfléchir un instant. » Les yeux toujours fermés, Trent approuva d'un petit signe de tête, visiblement pas pressé et tout à fait disposé à attendre autant de temps qu'il le faudrait maintenant qu'il était confortablement installé sur le lit, que la brise nocturne qui léchait le torse et qu'Iggy Pop lui rappelait à quel point les étoiles brillaient au dessus de la ville ce soir. De coin, il sourit en entendant le bruit du bouchon qu'on dévisse et le toussotement qu'émit Maya après que la vodka ait provoqué un bruit de " flip flop " contre les parois de la bouteille ; preuve qui lui permit de déduire sans même avoir à chercher la confirmation visuelle que la demoiselle venait de boire une gorgée d'alcool. Instinctivement, il tendit le bras dans sa direction pour s'emparer à tâtons de la bouteille et la ramener jusqu'à lui alors que sa comparse lui offrait déjà de choisir entre les deux possibilités qui s'offraient à lui. « Laisse-moi réfléchir un instant. » Reprit-il à l'identique en se redressant sur un coude de façon à pouvoir s'enfiler une grande gorgée de vodka sans en renverser plein le lit. Le passage de l'alcool dans sa gorge provoqua un frisson le long de son échine et c'est avec des gestes toujours plus approximatifs qu'il reposa la bouteille sur la table de nuit, se dandina sur place afin de pouvoir extraire son paquet de cigarettes de sa poche et s'en coinça une entre les lèvres avant de partir à la recherche d'un briquet. Saoul, il se tâta les pectoraux comme s'ils avaient encore été recouverts de sa veste dans les poches intérieures de laquelle il laissait souvent trainer du feu avant de finir par se rendre compte qu'il était bel et bien dévêtu. Indifférent à ce moment de flottement passablement ridicule il farfouilla dans l'autre poche de son jean dont il ressortit briquet et pièce de monnaie. Là, il alluma sa cigarette et - sur un coup de tête - lança la pièce afin qu'elle choisisse à sa place entre action et vérité.

« Pile. Action. » Constata-t-il en déposant l'arbitre de la soirée aux côtés de la bouteilles avant de s'installer en position assise, dos contre la tête de lit, de façon à pouvoir observer Maya tout en fumant et en gardant à portée de main le cendrier qui reposait lui aussi sur la table de nuit. Assuré et d'apparence inébranlable bien que sa posture fut alourdie par l'ivresse, Trent pouvait remercier l'alcool de calmer son esprit calculateur et bien trop souvent à l'affut de la moindre anticipation. Sans les deux grammes qui lui coulaient dans les veines et sans l'épisode de la plage qui avait eu pour effet de les rapprocher un tantinet, jamais Marshall n'aurait pu se complaire dans une attitude aussi détendue et j'en foutiste à la perspective de jouer à ce genre de jeu idiot mais dont les bases qui piquaient l'orgueil et le pseudo courage des participants avaient toujours eu raison de lui, surtout lorsqu'il était ado. Très habile dès lors qu'il s'agissait de détourner l'usage bon enfant de pareil jeu à la base certainement inventé pour permettre aux jeunes gens de se baver dans la bouche en prétextant la beauté du geste et le fait de relever un défi, il avait souvent briller par sa capacité à poser des questions auxquelles les participants n'avaient surtout pas envie de répondre et à demander des actions qui mettaient trop souvent ces mêmes personnes au pied du mur. En somme, on regrettait vite de jouer avec Trent, c'était quasi systématique. Et pourtant, cela ne l'empêchait pas de toujours tout faire pour anticiper les retours de bâtons, aussi paraissait-il toujours trop rabat joie et trop sérieux quand il fallait se prêter à ce genre d'amusements de groupe que tous les autres prenaient par dessus le coude. A croire que même dans les instants les plus innocents, il refusait de complétement baisser la garde. Et si ce soir là ne dérogeait pas tellement à la règle, au moins avait-il l'avantage de compter dans son jeu un Trent plus calme et beaucoup moins mal intentionné que lorsqu'il cherchait à tester la patience de ses proches. L'avantage, sans doute, de ramener de parfaites inconnues à la maison. Pas assez d'intimité, pas assez de lien, pas assez de promesses faites de par le passé, bref, pas assez de choses à remettre en cause pour s'enfoncer toujours plus dans son rôle de prédilection, celui du connard un brin pervers.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyMar 10 Mai 2011 - 14:05

Maya ne put réprimer un sourire en le voyant là, allongé comme un bienheureux, à moitié nu, prêt à s’enfoncer dans le sommeil si elle le laissait faire. Il était vrai que la fatigue avait commencé à se faire sentir. Après avoir bu tant d’alcool et avoir joué avec le feu en allant plonger tête la première dans l’océan, ils avaient dépensé un beau quota d’énergie. Il était de notoriété publique qu’il n’y avait pas plus éreintant qu’une balade au grand air. Or, ils venaient tout juste de rentrer et il avait beau faire une température idéale dans la pièce, le corps n’en réclamait pas moins son dû et voulait absolument se reposer. En tout cas, celui de Maya faisait cruellement ressentir le manque de sommeil. Mais la jeune femme n’avait aucune envie de laisser Morphée l’emporter et grignoter ainsi une bonne partie de cette soirée. Elle voulait la vivre pleinement et profiter de chaque seconde passée en compagnie de Trent et son attitude à double-tranchant. Elle lui donna la bouteille, comme il semblait la réclamer d’un geste muet, et s’attaqua alors à la pochette d’herbe, roulant soigneusement une première feuille. « Laisse-moi réfléchir » déclara-t-il, l’imitant ostensiblement alors qu’elle émettait un petit rire et s’occupait de la confection d’un autre joint. Elle posa ensuite les deux produits maladroitement finis entre elle et Trent, le laissant allumer une cigarette – et s’amusant de le voir peiner à trouver de quoi l’allumer.
Et voilà que la sensation de picotement envahit ses membres. C’était comme si l’alcool se métamorphosait en autre chose, comme si les veines n’étaient plus assez spacieuse pour le laisser couler librement. Il devenait soudainement encombrant, bien plus présent. Alors Maya tendit les jambes et les balança lentement, cherchant ce qu’elle pourrait bien lui faire faire alors que la pièce avait visiblement décidé qu’action était la meilleure option pour la suite des événements. Cette pièce qui s’était montrée malicieuse, leur jouant des tours auxquels ils s’étaient pliés sans rechigner, quitte à mettre leur santé en danger. Mais se rendaient-ils seulement compte de ce qu’ils faisaient ? Ce n’était pas la première fois que Maya se laissait aller à faire des conneries pareilles et il y avait fort à parier que Trent n’était pas en reste non plus à ce niveau-là. « Action » répéta-telle pensivement en se mordillant la lèvre inférieure. Un sourire naquit sur ses lèvres alors qu’elle voyait quelques images lui traverser l’esprit. Elle s’octroya un temps de réflexion pendant lequel elle secoua son sachet de poudre et tandis que toutes sortes d’alternatives venaient se bousculer dans sa tête, elle humecta son index et le posa sur les quelques millimètres de poudre pour qu’une fine pellicule vienne se coller à sa peau. Elle le porta ensuite à ses lèvres et le suçota d’un air absent avant de se décider enfin sur la nature du gage qu’elle allait lui donner. Elle opta alors pour la dernière idée qui s’était insinuée dans ses pensées. « Fais-moi donc une belle imitation de Colt. Pas sur scène, j’entends. Celui-là, je le connais. Mais quelque chose dans la vie de tous les jours. » Après tout, il y avait fort à parier qu’il connaissait par cœur les manies de son frère et puis, avouons-le, l’interprétation serait certainement très drôle, surtout au vu de l’état dans lequel il était. A la voir se tâtonner les pectoraux comme s’il y avait des poches, Maya avait bien compris qu’il était passé à un stade supérieur et que les choses seraient d’autant plus amusantes. Il y aurait bien un moment où elle franchirait cette limite invisible qui ferait que, demain, au réveil, il y aurait des fragments de soirées mystérieux qui auront été éradiqués de sa mémoire, mais en attendant, elle profitait pleinement de ce jeu stupide auquel ils s’adonnaient avec honnêteté depuis le départ. Pas de tricheries, pas de mensonges. Une sincérité qui ne durerait peut-être que le temps de cette soirée mais elle n’en demandait pas plus. Maya ne demandait pas la lune, ni même l’assurance d’une relation quelconque par la suite. Elle demandait juste à pouvoir agir sans se dire qu’on allait peut-être mal interpréter ses gestes et ses paroles. Ce soir, elle avait le sentiment qu’elle pouvait être elle-même et peut-être que l’alcool y était pour beaucoup et la drogue ne tarderait certainement pas à supprimer ce qui restait de réserves à la jeune femme – si tant est qu’il en restait encore à ce stade-ci du jeu. Elle se leva toutefois avant qu’il ne se mette en scène pour aller s’asseoir sur le rebord de la fenêtre, la vodka ayant apparemment décidé de la faire mourir de chaud.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyMer 11 Mai 2011 - 18:13

Tout en observant Maya jouer avec son sachet de poudre et s'en recouvrir l'indexe pour porter cette dernière à sa bouche, Trent eut vaguement la présence d'esprit de se dire que le blackout les guettait. Entre l'alcool, la drogue et la fatigue, il savait pertinemment qu'aucune illusion n'était à se faire et, contrairement à son frère qui avait toujours eu beaucoup de mal à l'admettre, lui ne rechignait pas à constater qu'il n'était qu'un homme, avec tout ce que cela impliquait de limites physiques à ne pas dépasser. Bien que trop ivre pour rester parfaitement fidèle au Trent vif et réactif qu'il était au quotidien, il n'en restait pas moins capable de se dire que les pétards à venir et la bouteille à avaler par dessus finiraient certainement par le mettre sur les genoux. D'ailleurs, il s'interrogea sur une éventuelle transmission de pensées lorsque la jeune femme lui imposa d'imiter son double dans une situation du quotidien. A croire qu'une connexion s'était faite quelque part entre leurs deux esprits pour le moins embrouillés. Ravalant un rire moqueur suite aux images peu flatteuses de son frère qui lui traversèrent l'esprit, Marshall se redressa en tachant de ne pas faire tomber du lit les affaires qui y siégeaient. Son retour à la vertical apporta avec lui un vertige qu'il maitrisa plus ou moins en prenant le temps de retrouver son équilibre. Face à lui, Maya tournait le dos au vide qui s'étendait sous la fenêtre ouverte. Au bout d'une ou deux secondes de mise en condition et de recherche d'inspiration, le musicien finit par trouver l'action qui s'avérerait la plus représentatif de Colt en partant du principe qu'il s'évertuerait à mimer la réaction qu'aurait eu son frère dans la même situation que lui, à savoir rond comme une queue de pelle et enfermé dans sa chambre en charmante compagnie.

Silencieusement, il s'approcha de Maya d'une démarche qui se voulait un poil plus lourde que celle qui était la sienne. Instantanément, son air distant se transforma en battements de cils charmeurs et il accrocha au coin de ses lèvres ce sourire " lover " que Colt arborait si souvent dès lors qu'un chromosome X trainait dans les parages. « Hey chérie, la forme ? Je crois que t'as une tâche là, attend, fais voir ... » Lança-t-il d'une voix bien plus joviale que celle qui avait accompagné ses précédentes prises de parole. Là, sa main assurée et impudente se posa sans aucune gêne sur la poitrine de Maya et il s'appliqua à mimer le faux intérêt que Colt aurait certainement manifesté après pareille réplique. Faux intérêt qu'il s'efforça de rendre peu crédible, puisqu'il avait plus d'une fois été amené à constater que son frère maitrisait beaucoup moins bien que lui l'art de " faire semblant de ... ". « Ah bah non, au temps pour moi. » Conclut-il finalement, mimant une culpabilité hypocrite et jouant de ses sourcils mystérieux pour reproduire le genre de regard mi concupiscent mi charmeur que Colt, pour le coup, maitrisait mieux que lui.

Il y eut un moment de silence sceptique, puis Trent tomba le masque pour retrouver son vrai visage. Là, il reprit sa voix pour apporter quelques précisions : « Voilà. Et à ce moment là que la baffe part ... en général. » Dans la foulée, il retira sa main et profita d'avoir terminé son imitation pour porter à ses lèvres son autre main qui tenait sa cigarette trop vite consumée faute d'intérêt porté à sa consommation.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyVen 13 Mai 2011 - 10:12

Dans l’état où elle était, Maya aurait peut-être mieux fait de rester éloignée de la fenêtre et de la chute qu’elle pouvait risquer si elle devait faire preuve d’imprudence. Ivre, elle ne calculait plus vraiment le danger, quel qu’il soit, qu’il s’agisse d’un accident infortuné et d’un dérapage incontrôlé. Au contraire, l’adrénaline léchait sa peau, provoquant une volée de frissons qui lui hérissèrent les poils des avant-bras à la simple idée qu’elle pourrait basculer et s’étaler quelques mètres plus bas. Elle n’était pas d’un naturel suicidaire et n’avait jamais imaginé un tel plongeon comme un moyen de mettre fin à ses jours mais tandis qu’elle s’installait sur le rebord, le peu de lucidité qu’il lui restait encore actionna une alarme dans son esprit. Danger, danger, chute possible de plusieurs mètres. Mais est-ce que la jeune femme écouta cette petite voix dans sa tête ? Pas un instant. Elle n’irait pas se pencher par-dessus bord, elle se contentait de poser ses fesses sur l’appui de fenêtre en appréciant la brise qui vint caresser son visage et agiter ses cheveux encore humides alors qu’elle avait une vue d’ensemble sur la chambre et son propriétaire torse nu. Un calme olympien s’était glissé en elle, sans raison apparente. Elle ignorait si c’était la suite des effets dus à sa prise d’alcool. Elle avait déjà pris quelques bonnes cuites dans le passé, avait exagéré sur la consommation et sur le mélange avec certaines drogues douces, mais jamais elle n’était passée du chaud au froid en si peu de temps. D’habitude, elle et ses compagnons de défonce restaient cloitrés dans un petit appartement misérable qui reflétait bien le genre de population qu’elle fréquentait à une certaine époque. La Maya de ce temps-là n’était pas loin, enfouie quelque part, ne demandant qu’à ressortir, qu’à réitérer des excès qui, finalement, ne la rendaient pas plus heureuse. Si elle faisait preuve d’un peu plus de raisonnement à l’heure actuelle, elle était toujours tentée de se laisser aller à suivre ses envies et son instinct, peu importe que cela lui bousille la santé, peu importe qu’elle gâche sa jeunesse, d’une certaine manière. Il n’y avait que dans les limbes de la semi-conscience qu’elle se sentait parfaitement libre, qu’elle n’avait pas la sensation d’avoir un regard toujours posé sur elle. Un regard qui ne pouvait exister puisque son propriétaire était décédé tragiquement, à l’aube de ses dix-sept ans. Mais elle chassa cette vision qui la rendait morose et se concentra sur le rire qui s’échappa du corps du musicien. Elle esquissa un sourire qui n’exprimait aucune joie mais pouvait au contraire faire craindre le pire pour la suite.
Elle le fixa alors qu’il s’approchait d’elle, avec une façon de marcher différente de celle qu’il avait eue jusque-là, détail qu’elle fut surprise de remarquer, surtout dans son état. Elle leva les yeux pour observer les traits de Trent, se doutant bien que c’est là qu’elle décèlerait toute la différence avec Colt. Elle pencha la tête, amusée, en le voyant prendre un air charmeur, bien qu’imbibé d’alcool et donc qui ne fonctionnait pas autant que s’il avait été sobre, elle en était certaine. « Hey, chérie, la forme ? Je crois que t’as une tache là, attends, fais voir… » Elle baissa les yeux en haussant les sourcils de manière peu impressionnée bien qu’il y aurait eu de quoi, rien que pour la métamorphose qu’il avait adoptée pour jouer son frère à la perfection, elle en était sûre. Impassible face aux tâtonnements incertains, elle releva les yeux, observa le regard vitreux de son compagnon et attendit qu’il ait terminé son inspection d’un « Ah bah non, au temps pour moi. » pour croiser les bras. Un net changement s’opéra à nouveau en lui et il redevint le jeune homme ténébreux qu’elle avait fréquenté toute la soirée. « Voilà. Et c’est à ce moment-là que la baffe part… en général. » Acquiesçant d’un « mmh » dubitatif, Maya se redressa, quittant son perchoir pour s’approcher de son acolyte et décréter, sur un ton neutre : « Y a pas photo, je te préfère toi et ta façon d’agir mystérieuse qui ne laisse aucun indice sur le réel fond de ta pensée. » Elle agrémenta sa déclaration d’un dessin imaginaire sur le torse clair du musicien, traçant une ligne du bout de l’index avant de laisser retomber sa main et de souffler sur un ton de confidence : « Pour ma part, ce sera vérité. » Et elle le contourna pour retourner auprès du lit, attrapant l’un des joints abandonné pour le glisser entre ses lèvres et absorber une bouffée revigorante après l'avoir allumé, pour ensuite se laisser lentement glisser sur le dos et fumer en silence pendant qu’elle attendait la suite du jeu dans lequel ils s’étaient lancés.
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyDim 15 Mai 2011 - 2:28

Une façon d'agir mystérieuse et qui ne laissait aucun indice sur le réel fond de sa pensée, hein ? Après avoir baissé les yeux pour suivre du regard le dessin que l'indexe de la jeune femme traçait sur son torse, Trent tenta d'analyser si le fait qu'elle préfère sa façon d'être à celle de Colt était une bonne ou une mauvaise nouvelle tout en essayant de rester rationnel et de prendre en compte qu'elle ne se basait que sur son imitation anecdotique pour juger. Le résultat ne fut pas très concluant dans son esprit de plus en plus embrouillé. Troublé par ce " je te préfère toi " qui tapait en plein dans le mille de ses névroses les plus profondément refoulées, il fut bien content, en désespoir de cause, d'avoir l'alcool comme prétexte pour ne pas s'attarder sur le sujet ; trop conscient - et ce malgré l'ivresse - que s'il dominait sur bien des terrains, celui-là restait quoiqu'il arrive celui sur lequel il était le plus vulnérable ...

Finalement, lorsqu'elle brisa le silence méditatif qui était né de cet aveu en précisant que son choix se portait sur " vérité ", Trent battit des cils et resta sur place tendit qu'elle le contournait. Dans son dos, les ressorts du lit grincèrent et le son râpeux d'un briquet suivi de l'odeur caractéristique de l'herbe lui indiquèrent qu'elle s'était allumé l'un de joints précédemment concoctés. Le dos toujours tourné, Trent observa la maison du voisin à travers la fenêtre grande ouverte sans trop se rendre compte que, depuis leur arrivée, il avait tendance à toujours plus s'enfoncer dans ses pensées pour des périodes de plus en plus longues. D'ailleurs, ce n'est que lorsqu'un rapace de nuit traversa son champ de vision en fonçant vers une pelouse avoisinante qu'il refit surface et jeta ce qu'il restait de sa cigarette par la fenêtre pour enfin faire demi-tour et rejoindre son invitée. Là, le fait de la voir allongée sur le dos et apparemment détendue sembla stimuler en lui des envies de tendresse à travers lesquelles il ne se serait pas reconnu s'il avait été sobre. Ou plutôt qu'il aurait parfaitement refoulées, non sans un certain mépris envers lui-même d'ailleurs. Au lieu de quoi, il avança d'un pas, attrapa le deuxième joint, se l'alluma et grimpa sur le lit pour venir se placer à califourchon sur la belle, sans y avoir été invité bien sûr et sans avoir pris la peine de demander la permission. Le pétard coincé au coin des lèvres, il posa ses mains de part et d'autre des hanches de Maya et lui caressa le ventre à l'aide de ses pouces dont les mouvements lents et appuyés eurent vite fait de remonter, sans qu'il l'ait tout à fait prémédité, son t-shirt de quelques centimètres. Là, la peau fine de son ventre lui fit de l'œil et il alla jusqu'à attraper le pan du vêtement entre ses doigts pour finir de le relever à moitié ; découvrant son nombril et le bas de sa cage thoracique. Sans autres explications, il reprit son joint en main, se pencha et caressa du bout des lèvres la peau fine comme pour voir si elle avait encore le goût du sel de mer. Puis il tendit le bras vers la table de nuit et attrapa la bouteille de vodka dont il dévissa le bouchon avant de faire couler un peu de l'alcool sur le ventre de la demoiselle. S'il avait conscience de ce qu'il faisait ? Oui et non. L'herbe lui montait à la tête, il ne prenait plus la peine d'analyser ses envies et de les trier avant de les mètre en pratique. Penser > Faire. Cela lui semblait être une bonne alternative au fait de ne plus être en état de parfaitement tout anticiper comme il en avait l'habitude ...

Après avoir reposé la bouteille et déposé son joint sur le rebord du cendrier pour se libérer les mains, il reprit possession de la taille féminine et pressa plus ou moins la peau de façon à voir miroiter les reflets de vodka sous la lumière tamisée de la chambre. « Vérité ... » Reprit-il sans quitter des yeux l'alcool qui dessinait des sillages humides sur la peau lisse. « Selon toi (et avec un recul impartial sur ta personne, tes intentions et ce que tu es) en quoi aurais-je raison de coucher avec toi ce soir ? ». Pour une fois, il ne la gratifia pas de l'un de ses regards pénétrants dont il avait le secret et s'appliqua plutôt à lécher l'alcool qui s'était condensé au creux de son ventre. Les yeux fermés, les gestes lents, il savait pertinemment que son attitude se perdait entre provocation et sensualité. D'ailleurs, il l'assumait plutôt bien et se laissa enivrer par le plaisir des sens en savourant le mélange subtil entre contact physique et goût d'alcool qui, bizarrement, avait aussi un goût d'interdit terriblement séduisant.
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyDim 15 Mai 2011 - 16:48

Un bien-être d’une douceur indéniable avait envahi Maya qui reposait sur le dos, les yeux clos. Elle se sentait bien dans cette chambre. L’odeur de Trent se trouvait partout et plus particulièrement sur le lit défait. Elle avait toujours eu un faible pour le parfum masculin, si réconfortant et enivrant à la fois. Le monde semblait s’être arrêté en dehors de cette pièce. Elle en avait déjà oublié la présence de Dax dans l’une des chambres voisines. Elle se contrefichait qu’ils soient seuls dans cette maison ou non, la porte close donnait à la chambre une ambiance tranquille et paisible. Elle n’ouvrit pas les yeux lorsque le matelas s’affaissa sous le poids de Trent, tout come elle garda les yeux clos quand il entreprit de caresser la peau douce de son ventre. Son corps, lui, ne se gêna pas pour exprimer le trouble qui le prit en sentant la proximité d’un corps étranger et le revirement de situation que cela impliquait alors que les doigts du jeune homme s’appliquaient à faire des gestes au but précis. Celui d’éveiller chez l’autre des sensations que seules de pareilles caresses pouvaient procurer. Maya rouvrit les yeux au moment où elle portait sa main à ses lèvres pour tirer une nouvelle bouffée. Elle observa le visage qui la surplombait sans exprimer la moindre émotion, se contentant d’expirer la fumée en attendant de voir quels étaient les plans du musicien.
Il jouait visiblement avec le feu et en avait parfaitement conscience. Maya replia un bras sous sa tête de façon à mieux considérer Trent, observant le moindre de ses faits et gestes. Elle resta immobile malgré l’envie irrésistible qu’elle avait de gesticuler. Elle le laissa relever son haut, découvrir sa peau pâle d’Américaine du Nord peu habituée au soleil de Floride. Des frissons parcoururent sa peau, couvrant ses bras d’une chair de poule qui trahissait les effets qu’avaient les gestes de Trent sur elle. Même si elle avait voulu lui dissimuler l’efficacité de ses caresses, elle en aurait été incapable. Mais comme elle n’avait pas honte d’être aussi réceptive à son contact, elle se contenta de le fixer sans ciller. Elle ne ferma les yeux qu’un instant, au moment où il se pencha et frôla sa peau. Elle soupira doucement, détendue et impatiente à la fois. Il savait comment faire naitre en elle une envie folle d’accélérer les choses et en jouait sciemment. À vingt-sept ans, elle avait eu le temps de se faire à ce genre de jeu et de provocation, aussi calma-t-elle ses ardeurs en s’imprégnant des effets du joint, salvateurs, apaisants. Elle tressaillit au contact de la fraicheur de l’alcool et ferma les yeux, la sensibilité différente due à l’aveuglement insinuant dans les veines de la jeune femme un feu qui ne faisait que croitre au fil des secondes. « Vérité… Selon toi, et avec un recul impartial sur ta personne, tes intentions et ce que tu es, en quoi aurais-je raison de coucher avec toi ce soir ? » Question étrange. Maya resta silencieuse, pensive, puis elle se redressa sur un coude pour poser le joint sur le rebord du cendrier, auprès de celui de Trent, et au lieu de se recoucher pour apprécier la douceur et la fraicheur de la vodka sur sa peau, Maya resta sur les coudes, observant le visage détourné du musicien, guettant Dieu sait quoi, elle ne le savait pas trop elle-même ne sachant pas ce qui passait par l’esprit du jeune homme. Ses intentions ? Ce qu’elle était ? Elle ne voyait pas vraiment ce qu’il entendait par-là, un mystère Marshallien encore non élucidé qu’elle écarta de ses pensées. Elle ne savait même pas quelles étaient ses intentions alors comment pourrait-elle les tenir en compte ? Quant à ce qu’elle était, elle ne voyait pas trop ce qu’il avait derrière la tête en posant cette question mais elle prit quelques secondes pour y réfléchir. Et en quoi la raison avait-elle avoir avec tout cela ? Visiblement, Trent et elle n’avait pas la même vision du contact physique parce que Maya n’y voyait aucune préméditation, aucune quête à par celle du plaisir commun. Elle ne retirerait rien à coucher avec lui. Elle ne se considérerait pas tout à coup comme sa petite amie ou comme si elle avait un droit sur lui à l’avenir. Elle ne faisait que savourer l’instant présent, une vision épicurienne que Trent ne devait pas connaitre tant il était méfiant. Et comment lui en vouloir ? Il ne devait plus trop savoir après quoi en avaient les gens qui venaient à lui.
Posant la main sur celle du musicien pour le tirer de sa contemplation, elle finit par répondre : « Pour moi il n’est pas question d’avoir raison ou tort. Je ne vaux pas mieux ni moins qu’une autre. Il s’agit plutôt de savoir si tu en as envie ou non. Je ne te force à rien. Mon but n’a jamais été de te déshabiller et de passer à l’acte à tout prix. Je ne sais pas comment tu vois les choses mais voilà ce que je sais, pour ce qui me concerne : j’ai rencontré ce soir un homme mystérieux, à la réplique acérée et au regard transperçant. J’ai passé une bonne soirée avec lui et il me plait. Si je lui plais aussi, il y a moyen de s’amuser, de passer un bon moment et qui sait ce qui se passera ensuite ? Ce n’est pas ce qui importe. Ce qui est intéressant, c’est ici et maintenant. Alors oui, là, tout de suite, j’ai une envie folle qu’il me fasse l’amour mais ce n’est pas la question. La question n’est pas de savoir si tu as raison de le faire ou non, avec moi ou quelqu’un d’autre. La question qui devrait être posée c’est plutôt : est-ce que tu as envie de coucher avec moi, Trent ? » Elle se redressa complètement, les jambes toujours prisonnières du musicien, de façon à se tenir presque à sa hauteur. « C’est cette réponse-là qui te dira si tu as raison ou tort de le faire. Quoi qu’il en soit, tu connais mon avis sur la question. » Et comme à chaque fois qu’elle se trouvait à proximité de son visage, l’envie lui prit de caresser sa peau, de dessiner des traits le long de sa gorge, sur ses épaules, de faire des cercles sur ses pectoraux et de descendre lentement vers son nombril et le bouton qui fermait son pantalon.
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[N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) Vide
Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyLun 16 Mai 2011 - 18:18

Les yeux toujours fermés et la langue concentrée sur la dégustation de la vodka, Trent n'en perdait pas pour autant de vue la réponse à sa question qui se faisait attendre. Cependant, il n'était pas pressé. L'occupation qu'il venait de se trouver lui plaisait bien et il n'aurait même pas été contre le fait de reproduire son geste pour verser une nouvelle tourner d'alcool sur la peau douce et fine de la jeune femme. Toutefois, l'idée n'eut pas le temps d'être portée à terme car la main de ladite demoiselle se posa sur la sienne comme pour l'inciter à cesser son manège et à retrouver un contact visuel certainement plus propice à la conversation. Obéissant, il se redressa et reporta son regard dans le sien, attentif car conscient que ce qui allait suivre pourrait éventuellement faire prendre une tournure décisive à la situation ...

En silence, il écouta Maya lui dépeindre sa vision des choses et pourquoi, selon elle, il n'y avait pas de notion de raison à inclure dans l'évaluation du moment présent. Impassible, il ne laissa rien paraître et assimila ses dires pour les faire entrer en conflit direct avec sa propre façon de penser et de concevoir les choses. Certaines phrases plus que d'autres parvinrent à le heurter malgré le mur de brouillard qu'avait dressé l'alcool autour de lui et de ses capacités de réflexion. Finalement, lorsqu'elle se redressa pour lui faire face, il ne recula pas et plongea son regard pénétrant dans le sien. Est-ce qu'il avait envie de coucher avec elle ? ... « Action. » Lâcha-t-il pour toute réponse en les ramenant brutalement à la réalité non sans jouer sur le fait que la " vérité " telle qu'elle venait d'être révélée ne souffrait pas nécessairement d'une réponse claire nette et précise, du moins aucune condition ne le stipulait dans les règles simplistes du jeu (et on vous laisse alors deviner pourquoi jouer avec Trent devenait vite frustrant et / ou exaspérant).

Après avoir de nouveau tendu le bras vers la table de nuit et récupéré son joint, Trent s'écarta de Maya et se laissa rouler sur le coté de façon à se retrouver allongé dans la même position qu'elle, à ses côtés. La tête encore remplie de toutes ses pensées secrètes, il tira sur le pétard d'un air lointain, affichant une expression insaisissable. Concrètement, il n'était pas difficile de deviner que son cerveau tournait à plein régime. En revanche, il aurait été difficile de se prononcer sur la façon dont les déductions s'emboîtaient dans sa tête et encore plus sur l'influence que les propos tenus par la jeune femme pouvait avoir sur ce qu'il était en train de se dire intérieurement. Le regard rivé sur le plafond, il contemplait les volutes de fumées qui s'élevaient dans l'air rendu mouvant par la fenêtre ouvert et la brise nocturne qui leur tenait compagnie ... Si Maya avait un jour demandé à Colt d'imiter son frère, nul doute que la prestation se serait rapprochée de cette scène en particulier. Depuis l'adolescence, Trent avait toujours été silencieux et le fait de se taire pour s'isoler d'une conversation afin de mieux penser et réfléchir sur ce qui se disait faisait partie intégrante de son comportement. Avec le temps, Dax et Colt avaient même appris à se méfier de ces moments de calmes qui pouvaient aussi bien laisser présager un retour à la réalité en douceur où une véritable tempête. En l'occurrence - et compte tenu de son état - il fallait plus de temps à Trent pour réfléchir avant d'agir, mais encore une fois il n'était pas pressé. Maître des lieux, seigneur du territoire que représentait sa chambre, il n'avait en aucun cas l'envie de se brusquer et préférait se laisser le temps d'analyser chaque mot, de décortiquer chaque sous-entendus et d'en tirer les conclusions qui lui permettraient d'appuyer telle ou telle décision par la suite. Finalement, le naturel revenait toujours au galop.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyLun 16 Mai 2011 - 21:55

« Action. » Ou l’art de détourner la conversation de manière bien frustrante. Mais c’était tant mieux, c’est ce qui l’attirait tant chez lui alors elle n’allait certainement pas se plaindre. Se contentant d’apprécier la proximité, elle observa chaque parcelle de ce visage qui devenait de plus en plus lumineux chaque fois qu’il se renfermait, qu’il imposait une distance. Elle laissa retomber sa main avec un soupir, ne cherchant pas à récolter quelque chose qu’il n’était visiblement pas prêt à offrir. Pas maintenant, en tout cas. Lentement, elle se laissa glisser sur les coudes puis sur le dos alors qu’il la libérait de son entrave. Une minute, il optait pour des gestes tendres, une lenteur presque hypnotisante qui rendait fous les sens de Maya. La suivante, c'est comme si rien n'avait évolué. Elle le regarda s’allonger à côté d’elle et se tourna sur le côté, les paumes scellées sous son oreille en guise d’oreiller. Elle garda le silence en le détaillant, cherchant à décrypter ce qui se passait dans son esprit mais le visage de marbre ne lui laissa aucun indice. Elle se mordilla la lèvre, écoutant la musique qui, elle ne s’arrêta pas, continuant à tourner, inconsciente du jeu qui s’était installé entre deux inconnus ivres. À quand remontait la dernière gorgée de Maya ? Elle lui semblait lointaine aussi étendit-elle le bras pour atteindre la vodka et la porter à ses lèvres. Elle voulait se sentir légère, elle ne voulait plus maitriser ses gestes, elle voulait laisser son corps parler pour lui-même puisque c’est ce qu’il réclamait depuis que Trent avait eu le malheur de la taquiner. L’avait-il fait en connaissance de cause ou avait-il agi distraitement, elle ne le savait pas, mais une chose était certaine, ce n’était pas ce qui la tracassait pour l’instant. Grimaçant à nouveau en sentant l’alcool lui brûler la gorge, elle ferma les yeux le temps que la douleur passe et elle se redressa pour reposer la bouteille. « Ferme les yeux » dit-elle en s’agenouillant sur le matelas. « Et ça ne compte pas comme un gage » précisa-t-elle. Même à moitié assise comme elle l’était, elle peinait à rester stable et elle attendit qu’il s’exécute pour agiter la main devant lui. Un geste inutile pour s’assurer qu’il obéissait à ses directives. Elle passa alors une jambe par-dessus les hanches du musicien, imitant la position qu’il avait adoptée deux minutes plus tôt. Sauf qu’elle n’avait aucune intention de le doucher à la vodka. Elle se contenta de l’observer un instant alors qu’il gisait toujours là les paupières closes, ce qui lui donnait des airs de petit garçon endormi. Un sourire attendri passa sur les lèvres de la jeune femme qui se pencha légèrement pour caresser du bout des doigts les boucles folles du jeune Marshall. Elle se redressa ensuite et attrapa les pans de son haut qu’elle passa par-dessus sa tête, le jetant à terre sans le moindre égard pour l’étoffe. Puis elle recula sensiblement pour s’allonger doucement sur le musicien, posant l’oreille contre son torse, là où le cœur battait doucement sous la peau. « Maintenant dis-moi à quoi tu penses, raconte-moi ce qui se passe dans ta tête. » Elle n’était pas certaine qu’il obéisse mais comme elle n’avait aucun moyen de le faire parler, elle opta pour le jeu, puisqu’il semblait s’y adonner de plus ou moins bonne grâce. Elle releva la tête et posa les paumes sur la cage thoracique de Trent, calant son menton sur le dos de sa main en fixant son compagnon de jeu, guettant le moindre signe de réticence, le moindre voile. À cet instant précis, elle ne savait vraiment plus à quoi s’attendre et ne cherchait donc pas à anticiper quoi que ce soit. La seule chose qui lui traversa l’esprit c’est que la chaleur de la peau de Trent qui se diffusait sur la sienne, leurs peaux nues scellées, l’enfermaient dans une douce torpeur et elle se serait volontiers laissée aller à s’enfoncer dans les limbes du sommeil, ainsi allongée, caressée par la fraicheur nocturne et la chaleur corporelle de l’étranger.
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Message(#) Sujet: Re: [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) [N°3986] - Le malheur des uns ; le bonheur des autres. (suite II) EmptyMar 17 Mai 2011 - 2:39

Le regard fixe, l'esprit trop occupé à la réflexion, Trent ne prit pas la peine d'intercepter la bouteille au passage, même si le trop plein d'alcool - paradoxalement - lui donnait plus soif que jamais et qu'une nouvelle gorgée de vodka n'aurait pas été de refus. Sa bouche aux lèvres encore teintées du goût de la peau de la jeune femme restait entrouverte et recrachait en continue la fumée qu'il inspirait à intervalles réguliers, lui donnant l'air d'un cracheur de feu en panne. « Ferme les yeux » Sur ces mots, Marshall battit des cils et consentit à abandonner sa contemplation du plafond pour braquer son regard en direction de Maya qui s'était agenouillée. « Et ça ne compte pas comme un gage. » Très bien. Dans ce cas ... Trent s'exécuta et - instantanément - le monde d'obscurité qui l'entourait se mit à tourner dangereusement. C'était étrange comme sensation. D'une part l'alcool donnait à ce vertige une impression de vitesse tandis que, de l'autre, l'herbe ralentissait le manège infernal. Finalement, ce n'est que lorsque Maya lui grimpa dessus et enserra ses hanches de ses cuisses qu'il sentit son tournis s'apaiser, comme si le fait qu'elle soit assise sur son bassin lui permettait de mieux intégrer l'idée qu'il ne bougeait pas, qu'il était allongé, prisonnier de son étreinte et qu'il n'y avait que son imaginaire qui tanguait dangereusement à cause de tout ce qu'il avait consommé au fil de la soirée.

Calme, il s'attendait à ce que l'action tombe mais le fait que Maya tarde à se manifester fut une nouvelle porte ouverte à la pensée et à l'analyse de la situation. En silence et les yeux toujours fermés, il se replongea dans les limbes de ses réflexions sans même se rendre compte qu'on lui taquinait les bouclettes. Et plus il fumait, plus il lui devenait difficile d'entretenir un raisonnement logique ; le fait étant qu'il pensait, pensait, pensait, puis qu'il se mettait tout à coup à se demander à quoi il pensait la seconde d'avant sans parvenir à trouver la réponse ... Imperceptiblement, il contracta les abdominaux lorsque la peau nue du buste de Maya entra en contact avec la sienne. Sortie de l'eau, sa peau était moins glissante, plus chaude, plus douce. C'était agréable, il ne l'aurait pas nié. « Maintenant dis-moi à quoi tu penses, raconte-moi ce qui se passe dans ta tête. » Instantanément, un sourire en coin rendu paresseux par l'état de défonce avancée s'installa sur le visage du musicien qui ne rouvrit pas les yeux pour autant, pas même en sentant Maya bouger et prendre une position qui laissait clairement deviner qu'elle le détaillait fixement. « Je pense que ton action ressemble pas mal à une vérité, tricheuse. » Constata-t-il paisiblement en expirant un nouveau panache de fumée apaisante. Sa main qui tenait le joint resta suspendue dans les airs tandis qu'il semblait battre la mesure de la musique, preuve qu'il se trouvait à la frontière entre son monde et de celui dans lequel Maya attendait qu'il réponde plus sérieusement à sa question.

« Je pense que j'aurais envie de te faire l'amour quand tu auras cessé de ne valoir ni plus ni moins qu'une autre fille. » Reprit-il en reposant sa main sur dos de la jeune femme. « Pour l'instant j'ai juste envie de te baiser. Parce que je suis défoncé, entre autre. » Clair, net, précis voire même cru aux yeux de certains, du condensé Marshallien à l'état brut. Les paupières toujours closes, le visage ne manifestant ni mépris, ni contentement, Trent remonta sa main le long du dos de Maya tout en dessinant du bout des doigts qui ne tenaient pas le joint la courbe de sa colonne vertébrale. « C'est pas le plaisir éphémère qui compte, c'est l'amour. » Finit-il par ajouter dans un murmure assuré. « Je me contente rarement de l'instant présent. »
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