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 N°1563 - Pour elle ...

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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptyMer 16 Mar 2011 - 0:57

4 MARS 2012

N°1563 - Pour elle ... Jedflynn

    08H33.

Dérapant sur 3 bons mètres, Jed sauta à bas de son BMX avant même que le vélo ne se soit arrêté, ce qui eut pour effet de lui faire percuter de plein fouet la boîte aux lettres du N°1563, Apple Road. Pas le moins du monde intéressé par le sort de cet objet sans importance à ses yeux, Vargas parcourut les quelques mètres qui le séparaient du perron au pas de course, la chemise encore ouverte sur un t-shirt qu'il avait enfilé à l'envers dans la précipitation. Ses bottes - non lacées faute de temps - faisaient un bruit métallique à chacun de ses pas, chaque fois que les boucles de ces dernières s'entrechoquaient. Enfin, lorsqu'il arriva devant la porte, c'est du poing fermé qu'il martela le battant pour manifester sa présence.

* BANG BANG BANG * « Ouvre ... » Supplia-t-il, haletant. Impatient, il ajouta un effet de sonnette à son martèlement intensif. * DRIIIIIIIING * « Ouvre ! »

FLASHBACK, 4 mars 2012
08H00



« Salut ! » « Salut ... » S'affalant sur sa chaise attitrée à la table du petit déjeuner, Jed ne prit même pas la peine de regarder Lawson pour le saluer. Les cernes kilométriques qui ornaient son visage laissaient clairement deviner qu'il avait passé une mauvaise nuit mais le tuteur, habitué à sa mauvaise humeur, se passa de commentaire en se contentant de levé au ciel ses yeux de toute évidence exaspérés par ce spectacle devenu quotidien. Dix minutes plus tard, cependant, Lawson brisa le silence pesant qui régnait dans le cuisine : « Ella est encore dans la salle de bain ? » Pour toute réponse, Jed se contenta de hausser les épaules, de se lever, d'embarquer son bol de céréales et d'aller se caler dans le canapé, bien que cela ne l'aida pas à se départir de son air morose puisque les souvenirs de la dispute de la veille ne s'en trouvaient que stimulés ... Putain, et dire qu'il avait carrément retourné le canapé ... Il ne s'en était pas du tout rendu compte sur l'instant ... « Ella ? Tu descends ? Tes cornflakes vont être mous ! » Avait alors scandé Lawson depuis le bas de l'escalier après avoir lui-même traversé le salon dans l'optique d'inciter la petite blonde à les rejoindre. Pas de réponse ... Fronçant les sourcils McArthur se mit alors en tête d'aller frapper à la porte de la salle de bain, histoire de voir si tout allait bien. En passant dans le couloir, il vit que la porte de la chambre d'Ella était ouverte, preuve de plus qu'elle ne pouvait être que dans la salle d'eau. « Ella ... ? » Toujours pas de réponse et ce même après qu'il eut frappé plusieurs fois contre le battant. Jed, quant à lui, préférait se noyer dans le fond de son bol, pas le monde du monde enjoué à l'idée d'avoir à croiser de nouveau le regard de celle qui - si le sort jouait contre lui - aurait peut-être de gravé sur le visage la preuve de sa violence de la veille ... « Ell ... » On entendit un bruit de porte qui grince puis plus rien, Lawson venait de se rendre compte qu'Ella n'était pas non plus dans la salle de bain. Inquiet, il redescendit au rez de chaussé et détailla Jed d'un œil soupçonneux. « Où est-elle ? » « Sais pas. » Répliqua-t-il en tentant de ne pas avoir l'air plus inquiet que ça, alors qu'une alerte rouge venait de se mettre en route quelque part à l'intérieur de sa tête. Faussement stoïque, l'adolescent avala son bol en deux secondes, le déposa sur la table basse et remonta à l'étage pour fouiller chacune des pièces tout en s'assurant de ne pas faire de bruit afin de ne pas éveiller encore plus les soupçons du propriétaire des lieux. Elle n'était nul part. Et un coup d'œil par la fenêtre lui permit de savoir qu'elle n'était pas non plus dans le jardin. Son rythme cardiaque ne s'en trouva que plus affolé. L'angoisse, sournoise, insidieuse, s'insinuait en lui comme un poison. Quelque chose n'allait pas, il le sentait. Son intuition le trompait rarement, surtout lorsqu'il s'agissait de détecter les problèmes à la ronde. Ce matin, quelque chose de grave se passait au N°1525 Apple Road, mais il ne savait pas quoi. Pourtant, les doutes qu'il avait eu le temps de ruminer durant la nuit refirent surface et lui imposèrent bien malgré lui une explication des plus désagréables : elle était partie. Elle avait fuit, elle avait eu peur. Tout comme lui avait été terrifié de constater qu'il était capable de devenir fou à ce point et de totalement perdre le contrôle de lui-même lorsqu'on le poussait à bout, Ella avait eu peur et avait préféré partir pour ne pas lui laisser l'occasion de recommencer ! Mon Dieu ... qu'avait-il fait ?


    08H34.

* DRIIIIIIIIIIIIIIIING DRIIIIIIIIIIIIIIIING * « OUVRE PUTAIN ! OUVRE !» * BANG BANG BANG BANG *

De plus en plus paniqué, de plus en plus angoissé, Jed se sentait prêt à défoncer la porte s'il le fallait. Il en était sûr, Ella était là, chez Flynn, chez ce frère dont elle lui avait parlé et qui était tout ce qu'il lui restait comme famille à peu près digne de ce nom. Chez qui d'autre aurait-elle bien pu aller de toute façon ? A part Lawson qui ne l'avait pas vu, aucun autre nom n'était venu à l'esprit de l'adolescent. Alors, descendant précipitamment de la salle de bain, il s'était rué au garage, avait attrapé le vélo de Crash qu'il avait laissé là pour ses virées en ville et avait pédalé en urgence jusqu'à chez Flynn, débraillé, mal coiffé et surtout - surtout - prit de panique à l'idée de ne pas avoir l'occasion de s'excuser et de mettre les choses au clair.


Dernière édition par Jed Vargas le Ven 25 Mar 2011 - 0:00, édité 3 fois
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptySam 19 Mar 2011 - 15:36

Dans la douceur de la nuit, une mélodie délicate sifflait aux oreilles de l’ingénu endormi. Notes par notes, elle s’infiltrait en lui comme un vers dans une pomme. Elle prenait pleine possession du moindre de ses sens. Elle le faisait endurer la dureté de la vie. Celle que l’on refuse de comprendre mais qui nous guette pourtant. Chantante et délicieuse, elle s’immisçait dans son subconscient. Si bien que la silhouette commença à s’agiter sous la couette. Dans la pénombre de ses rêves, voilà qu’un drôle de personnage venait de faire surface. D’une beauté obsédante et d’une cruauté évidente, elle lui chantonnait un air doux qui semblait l’apprivoiser. Manquant de courage comme toujours, l’insupportable personnage se laissa capturer par cette complainte litanique. Emporté par cette décadence, il sombra définitivement. Un trou béant et sombre s’ouvrit sous ses pieds. Et c’est alors qu’il chuta. Pendant longtemps. Les secondes s’égrenaient mais ce puits, ou qu’importe ce que c’était, ne semblait avoir aucune fin. Alors, il ferma les yeux. Et sous ses paupières closent, c’était nouveau monde qui apparaissait. Celui qu’il avait toujours adoré. Celui dans lequel on retrouvait tout un tas de princesses en détresse. Parce qu’il retrouvait son monde. Celui que son enfance lui avait appris, celui qui le faisait sourire. Ce monde aux milles couleurs qu’il avait perdu depuis de longues années à présent. Et ce qu’il y vivait, ou même tout simplement ce qu’il voyait, lui plaisait. C’était un exutoire qu’il n’avait pas souvent eu la chance de retrouver. Mais en cette nuit, ou en ce si beau matin, plus rien n’avait d’importance. Rien, puisque la musique sifflant à ses oreilles le berçait doucement. Si bien qu’il en oubliait parfois de respirer… Douce nuit qui apaise laissera finalement place à matin désenchanté.

* BANG BANG BANG * « Ouvre ... » Dans son sommeil, Flynn entendit à peine les coups rudement portés sur le battant de sa porte d’entrée et la détresse de cette voix qui semblait venir de loin. Encore assoupit par sa belle nuit, il refusait cependant de quitter ses draps. C’était sans doute Jisel qui voulait encore lui pourrir la vie, comme tous les matins au fond. Se retournant sans n’avoir aucunement l’intention de se lever, Flynn déposa son oreille sur sa tête. Quel vain essai pour maintenir le silence ! Cette fois, la sonnette résonna dans toute la maison « Ouvre ! » Interloqué par cette voix qu’il réalisait finalement ne pas connaître, Flynn sortit de son lit à pas de loup. Il entrouvrit la porte de sa chambre et passa sa tête de quelques centimètres. « Jise ? JISE ? » Aucune réponse. Elle devait déjà être au travail. * DRIIIIIIIIIIIIIIIING DRIIIIIIIIIIIIIIIING * « OUVRE PUTAIN ! OUVRE ! » * BANG BANG BANG BANG * Le cœur du jeune homme commença doucement à s’affoler. Il ne connaissait ni cette voix, ni cette violence et cela l’inquiétait. Il avait toujours été un peu peureux, Flynn. C’est pourquoi ses pas se firent lents alors qu’il s’approchait de la porte d’entrée. Celle-ci tremblait sous les coups qu’on lui assénait. Et juste derrière, Flynn Nielson en t-shirt et caleçon, l’observait d’un regard vide. Allait-il finir par l’ouvrir cette foutue porte ? Oui, cela finit tout de même par arriver.

Lorsqu’il ouvrit la porte, le personnage qui se présenta à ses yeux lui fit l’effet d’une gifle. Son allure quelque peu débraillée lui rappelait vaguement ses années passées à la rue et surtout Donald avec son style si étrange. Il avait toujours eu cette manie de ne s’habiller qu’à moitié parce que d’après lui, ça marchait toujours mieux ainsi… Son cœur s’affolait tant et si bien qu’il ne savait plus ce qu’il devait dire. Mais finalement, il finit par froncer les sourire et d’une voix enrouée il détacha chaque mot de sa phrase. « Oui ? Mais t’es qui, bordel ? Tu sais pas que certaines personnes dorment le matin ! Et c’est vraiment impoli de… » Le jeune homme se tut soudain. On aurait dit sa mère avec ses réprimandes à deux francs. Ca lui filait la nausée. Il refusait d’être ce genre de personne sans aucune compréhension et qui passait leur vie à râler. Il se le refusait. Il se gratta alors la nuque alors que ses pensées s’agitaient. « Tu veux bien te calmer, s’il te plaît ? Et puis, me dire qui tu es, ce que tu veux et pourquoi t’as essayé de faire tomber ma porte ! » Le jeune homme avait peur de la réponse. Il n’avait jamais vu ce type étrange qui était face à lui et tout dans son être en détresse lui disait que les choses n’allaient pas se passer aussi simplement qu’il l’aurait voulu. Se regard se perdit derrière lui et il remarqua alors que sa boîte aux lettres avec été ébranlée par un objet non définissable. Passant devant le jeune homme comme s’il l’avait déjà oublié, Flynn se planta devant l’engin. « OH BORDEL ! Elle va me tuer pour ça ! » Il avait toujours eu un problème pour se concentrer sur un problème plus de deux secondes. C’était sa façon d’être. Dès qu’il avait peur de ce qui allait pouvoir arriver, il pensait à autre chose, jouait les clowns et par tous moyens évitait les problèmes. Ce qu’il ne savait pas, c’est que les problèmes commenceraient là. Juste sous ses yeux alors qu’il récupérait les quelques lettres abandonnés dans la boîte malmenée. Son regard s’arrêta sur une enveloppe différente des autres. Encore une fois, son regard se perdit alors qu’il se refusait de toucher à celle-ci.
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptySam 19 Mar 2011 - 18:40

Soudain, la porte s'ouvrit et Jed vacilla sur ses jambes déjà plus que flageolantes car - sans vraiment s'en être rendu compte - il avait commencé à peser de tout son poids contre le battant ; preuve de plus qu'il l'aurait défoncé si la réponse s'était faite attendre plus longtemps. Alors c'était ça Flynn-le-magnifique ? Un grand type au regard vide et à l'air de ne pas savoir ce qu'il foutait là ? Ou peut-être était-ce simplement la colère, la panique et le fait de se savoir comme étant le seul capable de pressentir qu'un drame était en train de se jouer qui le rendait dur dans son jugement, sans lui faire prendre conscience que ce mec sortait à peine du lit ? Qu'importe, l'heure n'était déjà plus aux présentations ni même à l'appréciation des réactions de l'autre, du moins à ses yeux. A ses yeux, oui, mais pas à ceux du grand frère visiblement. « Oui ? Mais t’es qui, bordel ? Tu sais pas que certaines personnes dorment le matin ! Et c’est vraiment impoli de … » Rendu - le temps d'une seconde - interdit par cette réponse digne de n'importe quelle connasse de 40 piges vivant à l'entour de ce quartier si conventionnel, Jed lui décocha son regard le plus pénétrant qui soit. Un regard du genre " Tu vas pas faire ça mec ! Tu vas pas me dire que t'étais en train de préparer ton Actimel avec l'optique d'aller t'étaler de la crème de jour après le petit'dej ! ". Bien malgré lui, il sentait la colère monter. Et moins Flynn se montrait réactif, plus Jed avait l'impression d'être le seul abruti de la terre à tenter de retenir l'eau entre ses mains. Cette impression que la situation lui échappait totalement le faisait se sentir vulnérable et - comme à chaque fois qu'il se sentait vulnérable - agressif. Agressif jusque dans le silence meurtrier qui accueillit ces propos bêtement adultes que lui tenait Flynn ... « Tu veux bien te calmer, s’il te plaît ? Et puis, me dire qui tu es, ce que tu veux et pourquoi t’as essayé de faire tomber ma porte ! » « Est-ce que t'as vu Ell ... » « OH BORDEL ! Elle va me tuer pour ça ! » Coupé dans son élan, Jed poussa ce qui s'avéra être un véritable grognement de rage. PUTAIN, mais reste un peu cadré ! Eut-il envie de lui hurler dessus en le voyant s'inquiéter à propos de cette maudite boîte aux lettres alors que des choses tellement plus importantes étaient en train de se dérouler et qu'il avait besoin de lui pour y voir plus clair. Cela dit - et parce que, dans sa tête, Ella était certainement venue se réfugier ici pour ne plus le voir - Vargas décida d'y aller molo avec le grand frère, car le vexer et se le mettre à dos reviendrait à griller sa dernière possibilité de s'excuser auprès de la petite blonde.

« Okay, cool, on respire d'accord ? Je te la réparerai ta boîte aux lettres, maintenant regarde-moi au lieu de bader comme un gland. » Reprit-il le plus calment possible en se rapprochant de Flynn et en cherchant à accrocher son regard. « Je suis Jed. Où est Ella ? » Clair, net et - il l'espérait - efficace ; cette phrase résumait, d'après lui, toute la situation : il était Jed, il cherchait Ella. C'était tout ce qui comptait et, ça, même un frère passablement crétin (ou juste encore un peu endormi, à voir selon sa future réponse ...) devait être en mesure de le comprendre.
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptySam 19 Mar 2011 - 20:00

Il y a certain matin où il valait mieux rester dans son lit. Flynn Nielson allait l’apprendre à ses dépends. S’il avait imaginé l’horreur qu’il découvrirait devant la porte, jamais il n’aurait bougé son derrière de son lit. Ce type qui se croyait tout permis face à lui aurait très certainement pu l’irriter au possible s’il n’avait pas été aussi subjugué par sa boîte aux lettres. Apparemment, il y avait aussi des vandales à Miami ! Mais il fallait qu’il apprenne à se concentrer plus de deux secondes, sinon, il allait sans doute ce manger un pain. Et ceux qui prétendent qu’un œil au beurre noir c’est sexy, ne sont que des menteurs. Flynn reporta donc son attention sur le jeune homme quand celui-ci se mit à parler. « Okay, cool, on respire d'accord ? Je te la réparerai ta boîte aux lettres, maintenant regarde-moi au lieu de bader comme un gland. » Ah mais lui, il avait toujours été cool. C’était lui le psychopathe qui venait tout saccager alors qu’il était tranquillement somnolant. Et le pire, c’est qu’il osait l’insulter ! Un petit morveux osait le traiter de gland et il ne devait rien dire ? « Je te prierai de me parler sur un autre ton, jeune homme. Je suis pas ton pote et moi : je ne bade pas, crétin ! » Flynn avait essayé de retenir ses paroles qui pouvaient paraitre vieux jeu, mais ce garçon avait un don certain pour lui taper sur le système et lui faire perdre le peu de moyen qu’il avait d’ordinaire. Mais il se calma tout de même pour entendre sa question. « Je suis Jed. Où est Ella ? » Le jeune homme garda le silence pour réfléchir une seconde. Jed, Jed… Ca lui disait vaguement quelque chose. Et quand il se rappela enfin qu’il s’agissait de l’ami de sa sœur, ses sourcils se froncèrent. Ainsi donc sa tendre et douce petite sœur trainait avec ça ? Et bien, si son père pouvait voir ça… Un peu agacé par tout ce qui s’était passé plus tôt, Flynn ne se rendit même pas compte que la question était vaguement inquiétante. Il répondit alors en haussant les épaules. « Surement chez son tuteur, non ? En cours ? Qu’est-ce que j’en sais, tu la vois plus souvent que moi, il me semble… » Cette phrase laissait un goût amer dans la bouche du jeune homme. Il était vrai qu’Ella et Flynn étaient frère et sœur, mais on ne pouvait pas dire qu’ils avaient passés beaucoup de temps ensemble depuis qu’il était arrivé. Entre les larmes, les crises existentielles et les fausses joies trop courtes… Comment aurait-il sût ce qu’elle faisait de ses journées ?

Et à nouveau, le jeune homme détacha son regard de Jed pour le reporter sur son courrier. Tout en regardant les lettres destinés à Jisel, Flynn osa énoncer une hypothèse : « Peut-être que si tu ne la trouves pas, c’est parce qu’elle n’a pas envie que tu la trouves. » Les mots avaient quittés ses lèvres sans qu’il ne sache pourquoi, peut-être s’imaginait-il qu’Ella avait compris qu’on ne trainait pas avec une racaille dans le genre de ce petit branleur. Et les lettres défilaient toujours dans sa main sans qu’il n’y prête plus d’attention. À vrai dire, il n’avait jamais de courrier. Qui aurait voulu lui écrire ? Personne. Il n’avait personne. Ce serait toujours ainsi, et il ne s’attendait pas à découvrir autre chose. Mais à nouveau cette enveloppe couleur pourpre lui faisait de l’œil. Il l’a pris entre ses doigts et se mis à la retourner dans tous les sens. Elle était bien trop étrange. Peut-être valait-il mieux qu’il ne l’ouvre pas. Pas avant de s'être assuré que c'était pas une mauvaise blague, ou quelque chose dans le genre. « Bon, t’attends quoi là ? Je sais pas où elle est, mais elle ne peut pas être bien loin… Elle se plaît bien ici. » Enfin, il le pensait du moins.
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptySam 19 Mar 2011 - 21:06

JEUNE HOMME ? Exaspéré, Jed fit une prière furtive pour ne jamais devenir comme Flynn une fois la barre des 23 ans passée. Depuis quand snobait-on les ados alors qu'on n'était pas encore tout à fait un homme ? La vieillesse et tout ce qu'elle apportait de suffisance injustifiée avait-elle gagné du terrain au fil des générations ? Flynn était-il la preuve qu'on devenait vieux et con de plus en plus jeune ? Peut-être, peut-être pas, encore une fois là n'était pas la question. Plus important que cette première rencontre et cette première accroche on ne peut plus grinçante, il lui fallait savoir où se trouvait Ella. Une Ella qui - contrairement à ce que supposait son grand frère - n'était pas chez son tuteur et ne pouvait pas non plus se trouver en cours, à moins que le lycée du coin ait récemment décidé d'ouvrir le dimanche par soucis de rentabilité. Prenant conscience qu'elle n'était visiblement pas chez Flynn non plus, Jed sentit la panique refaire surface. , ça devenait vraiment inquiétant. il risquait de devenir franchement ingérable ... Il avait beau tourner le problème dans tous les sens et chercher, encore et encore, après un endroit où elle aurait pu se rendre, rien ne lui venait à l'esprit, comme si ses remords de l'avoir frappé le paralysaient tellement qu'il n'arrivait plus à penser avec justesse. Parallèlement, il ne parvenait pas à comprendre que Flynn puisse hausser les épaules et éplucher son courrier comme si de rien n'était alors que la situation battait clairement de l'aile. Comment un frère pouvait-il rester aussi stoïque en apprenant - même si ce n'était qu'à demi mots ... - qu'on ne trouvait plus sa sœur ? Comment pouvait-il ne pas s'enflammer comme lui-même se serait enflammé s'il avait encore eu la chance d'avoir une sœur pour laquelle se faire du mouron ? « Peut-être que si tu ne la trouves pas, c’est parce qu’elle n’a pas envie que tu la trouves. » Heurté par le sens caché de cette phrase qu'il devait très certainement être le seul à voir, Jed fronça les sourcils en se renfermant sur lui-même à vue d'œil. Ça avait beau être évident que Flynn ne lui disait pas ça pour le blesser ou l'accabler vis à vis de la dispute de la vieille (puisqu'il n'en savait rien), il n'en restait pas moins que l'envie de lui coller un pain dans la gueule pour le faire taire était belle et bien là. Connard ! Bien sûr qu'elle l'évitait ! Bien sûr qu'elle n'avait pas envie qu'il la trouve ! C'était précisément pour ça qu'il devait la trouver d'ailleurs ! (Suivez la logique impressionnante d'un ado en pleine crise ...)

« Bon, t’attends quoi là ? Je sais pas où elle est, mais elle ne peut pas être bien loin… Elle se plaît bien ici. » « Ça reste à voir ... » Persifla-t-il dans sa barbe, se détestant d'avoir été si monstrueux et si scandaleusement possédé par la colère la veille au soir. Soupirant tout en se passant les mains sur le visage, il tenta de se calmer, de faire le point, de résumer la situation mais rien n'y fit ; il était parfaitement incapable de gérer le flot de sentiments qui lui chamboulait l'esprit. Alors, à contre cœur mais en se disant que c'était certainement la meilleure des choses à faire pour y voir plus clair et pour augmenter ses chances de la retrouver, il décida de déverser dans l'oreille de Flynn un peu du trop plein de savoir sinistre qu'il cachait, le tout dans le but que ce dernier - avec son point de vue extérieur - puisse avoir une idée plus lumineuse que la sienne quant à l'endroit où pouvait bien se trouver sa sœur. « Écoute Flynn, on s'est disputés hier soir. On s'est disputés et je sais qu'elle a eu peur. Elle est partie, il FAUT que je la retrouve. » Expliqua-t-il douloureusement en se gardant bien, toutefois, de lui expliquer les raisons qui faisaient qu'il était certain d'avoir provoquer la peur, si n'est la terreur, de l'adolescente. « Je ... Je suis désolé de te réveiller à l'arrache comme ça, j'ai pas décidé de venir emmerder de frère après avoir effrayé la sœur, je voudrais juste que tu m'aides à la retrou ... PUTAIN MAIS T'AS PAS BIENTÔT FINI DE TRIPOTER CETTE ENVELOPPE ! »

Jed Vargas a écrit:
« Okay, cool, on respire d'accord ? » ... Blah


Dernière édition par Jed Vargas le Sam 19 Mar 2011 - 22:40, édité 2 fois
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptySam 19 Mar 2011 - 22:06

La communication est une chose que la race humaine gère très mal. Elle pense tout comprendre, tout savoir et le pire c’est qu’elle pense maitriser le comportement dit humain afin de le dompter. Mais le problème, c’est qu’avec certaines personnes, vous avez beau essayer de communiquer, il n’y aura jamais rien de bon à en tirer. C’était un peu ce que ressentait Flynn en présence de Jed. Ce garçon était une boule de nerf que rien ni personne ne pourrait arrêter, il en était persuadé. Il voyait la colère déformé ses traits et cela l’inquiétait. Un rien aurait suffit pour que son torrent de nerf se répandent sur sa pauvre réponse. Mais il n’y avait rien à faire, Flynn n’avait pas l’intention de se montrer plus compréhensif. Premièrement, il était énervé d’avoir été éveillé de la sorte ! Il ne savait ni l’heure, ni le jour, ni quoi que ce soit d’ailleurs. Deuxièmement, il supportait difficilement qu’on s’emporte sur lui comme il osait le faire. Il avait toujours été très calme et veillait à garder son sang froid en toute circonstance, le brusquer de la sorte était la dernière chose à faire s’il attendait quelque chose de lui. Et enfin, si sa sœur fuyait ce gars, c’est qu’il y avait une raison. Et quelque soit cette raison, le jeune homme était persuadé qu’il aurait du mal à la digérer. Cette raison le poussait d’ailleurs à être froid et relativement détestable. Avec ces discours de grand-mère, digne de la plus atteinte de toute. D’ailleurs, il était exaspéré à un point tel qu’il ne semblait pas comprendre l’urgence de la requête qu’on lui présentait. Où était sa sœur ? Que faisait-elle ? Que fuyait-elle ? La question était grande et pourtant, il était aussi endormi qu’un paresseux sur sa branche. Mais après tout, il ne voyait pas pourquoi elle aurait fuit, ou quoi que ce soit dans le genre. Elle se plaisait ici, il en était certain… ou presque. Mais la remarque de Jed à ce sujet lui déplut et lui fit froncer les sourcils. Cela n’annonça rien de bon et il sentait déjà que la suite de l’entretien sera davantage énervant et lui couperait toute envie passagère d’être compréhensif, comme il aurait pu l’être en temps normal. « Écoute Flynn, on s'est disputés hier soir. On s'est disputés et je sais qu'elle a eu peur. Elle est partie, il FAUT que je la retrouve. » A nouveau ses sourcils se froncèrent. Cette phrase le fit presque sortir de ces gonds. « Qu’est-ce que tu racontes ? Elle a eu peur ? Tu peux me dire de quoi ? Qu’est-ce que tu lui as fait, hein ? ELLE EST PARTIE PARCE QU’ELLE AVAIT PEUR ! » Flynn n’en croyait pas ses oreilles. Il détestait royalement ce gamin, il en était désormais certain. Sa sœur n’avait pas eu peur sans raison. Il imaginait déjà le pire. Tant et si bien que son corps entier se raidit, alors que son cœur battait dans ses tempes. « Je ... Je suis désolé de te réveiller à l'arrache comme ça, j'ai pas décidé de venir emmerder de frère après avoir effrayé la sœur, je voudrais juste que tu m'aides à la retrou ... PUTAIN MAIS T'AS PAS BIENTÔT FINI DE TRIPOTER CETTE ENVELOPPE ! » Plus les mots sortaient de sa bouche, plus les mains de Flynn s’était agitée sur l’enveloppe pourpre. Il détestait la façon dont ce gamin avait de s’exprimer. Étrangement, tout en lui ressemblait à Donald et Flynn ne savait que trop bien que ce n’était pas le genre de type qu’on voulait voir trainer avec sa petite sœur.

Le stresse commençait doucement à le gagner mais la colère était plus vivace encore. Les traits de son visage restaient pourtant impassibles, seulement ses mains s’agitaient encore. Et par pur réflexe de contradiction, un large sourire s’immisça sur ses lèvres alors qu’il ouvrit l’enveloppe avec une lenteur exaspérante. « Non j’ai pas fini ! Et tant que tu ne m’auras pas dit ce que tu as fait à Ella, je risque pas de t’être d’une grande aide, Jed ! » Il sortit la lettre de son étui et commença à la déchiffrer avec lenteur. Plus ses yeux avançaient sur le papier, plus son teint se faisait livide. Ses mots… Il se refusait de les comprendre. Non. C’était une mauvaise blague et elle n’était pas drôle. Le jeune homme porta son regard vide sur le visage de Jed alors qu’il demanda d’une voix blanche : « C’est ton œuvre ? Tu te crois drôle, peut-être ? Sache que ça ne l’est pas… » Et Flynn restait là, planté, incapable de faire le moindre de pas, incapable de réagir. Les mots tournaient en boucle dans sa tête. Quelqu’un avait abusé de sa petite sœur… Elle vivait sous le tout d’un violeur… Certains mots s’incrustait dans les murs de sa mémoire alors que d’autres flottait, attendant de trouver une réponse. « Elle est où, Ella ? » La voix de Flynn était froide alors que son regard vide était dur. Persuadé que Jed se moquait de lui, il commençait doucement à se demander qui avait bien pu avoir une idée aussi stupide.
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptySam 19 Mar 2011 - 23:22

D'accord. C'était donc une évidence : Flynn n'était pas du matin. En temps normal, Jed - conscient de ne pas être un cadeau non plus au réveil - aurait très certainement tourné les talons en se disant que la conversation pourrait être reprise plus tard, quand son interlocuteur se montrerait plus coopératif. Seulement voilà, ils n'avaient pas le temps. Oui, " ils " avec un " s ", parce que - tout aussi peu concerné par la situation qu'il semblait se croire - Jed, savait qu'il ne serait bientôt plus tout seul à s'inquiéter et que Flynn aurait vite fait de le rejoindre sur le banc des boules de nerfs incontrôlables. Et pour cause, le grand frère - légitimement, il faut bien le reconnaitre - le tannait déjà pour savoir la raison qui le poussait à parler de peur vis à vis d'Ella. Réticent, Vargas en vint à se dire qu'il aurait du mieux gérer son virage en arrivant devant le maison, qu'il n'aurait pas du envoyer son BMX en plein dans la boîte aux lettres et qu'il aurait du se plier aux conventions d'usage pour réveiller Flynn calmement, s'excuser platement et s'exprimer poliment. Oui, mais voilà, il ne mangeait pas de se pain là. De un parce que - dans son état de nerfs - il n'en avait rien à foutre de la sensibilité d'autrui et de deux - à moindre échelle - parce qu'user d'hypocrisie en frottant dans le sens du poil pour obtenir ce qu'il voulait lui avait toujours donné la gerbe. Cependant, là, tandis que Nielson Senior commençait enfin à réagir, l'idée de lui avouer toute la vérité et de rester en phase avec sa politique anti-langue de bois lui semblait être la pire des possibilités envisageable. Stressé et angoissé, certes, mais pas con pour autant. En voyant le grand frère s'agacer toujours plus, lui parut évident que lui avouer toute la violence de la dispute qui l'avait confronté à Ella ne ferait qu'accentuer son courroux ; or il n'était pas venu pour se battre avec un frère enragé mais bel et bien lui demander de l'aide. Une aide qui - bien qu'apparemment difficilement envisageable - s'avérait nécessaire à l'avancée plus rapide des recherches. C'est donc dans l'optique d'avancer plus vite et de parvenir à le convaincre plus rapidement que Jed prit sur lui, alors que le simple fait de le voir le narguer avec cette enveloppe de merde - et ridicule en plus de ça, quelle idée de l'avoir choisie rouge ?! - lui donnait des envies de meurtre ... « C’est ton œuvre ? Tu te crois drôle, peut-être ? Sache que ça ne l’est pas… » « De quoi ? » Troublé par le brusque changement de ton de son interlocuteur, Jed accorda enfin un peu plus de crédit à la lettre que ce dernier tenait à sa possession. Mise à mal par le stress, ses bonnes résolutions de prendre sur lui se dissipèrent le temps d'un instant et il lui arracha des mains le morceau de papier à la couleur criarde :

N°1563 - Pour elle ... Ellas

« Elle est où, Ella ? » La bouche entre-ouverte en signe de choc émotionnel particulièrement violent, Jed peina à relever les yeux en direction de Flynn tout comme il peina à déglutir tellement sa gorge venait de se serrer sous le choc de cette révélation. Muet, il subissait sans rien pouvoir y faire l'agitation monstrueuse qui s'était mise à secouer son cerveau. Toutes plus horribles les unes que les autres, les hypothèses se bousculaient au portillon, lui donnant presque la nausée. Là, aux creux de ses mains, reposait la preuve que quelqu'un d'autre (et tous les voisins prochainement ...) que lui et que les personnes concernées par le drame savait pour la Skins Party et la façon tragique dont cette dernière s'était terminée, son corps et celui de Rose beaucoup trop dénudés pour laisser croire à un simple coup de chaud. Mais, pire que tout, cette lettre sous-entendait l'impensable. Un impensable qui - dans un drame hollywoodien - aurait très certainement pu passer pour un comble mais qui - dans toute l'horreur de sa réalité - ne parvenait qu'à lui faire sentir le sol s'ouvrir sous ses pieds ... Toutes ces fois où ils avaient parlé de leur passé et de leur enfance. Toutes ces fois où ils pensaient s'être tout dit l'un sur l'autre en couchant leurs secrets sur papier afin de mieux communiquer. Toutes ces fois où elle n'avait jamais trop voulu s'étendre sur le pourquoi de son départ de Manchester. Toutes ces fois où il n'avait jamais été question de câlin, de bises ou de quoique ce soit comme contact physique entre eux. Toutes ces fois où ... Putain, ce qu'il avait pu être con. « Elle ... » Tenta-t-il, sans parvenir à en dire plus. Encore incrédule, comme s'il cherchait la preuve que cette lettre n'était rien d'autre qu'une blague, Jed relut les mots qui la constituaient. " Le corbeau ". Putain d'enculé de rapace ! Maintenant qu'il y réfléchissait, il se souvenait d'avoir entendu Lawson en parler avec une voisine. Ce sale type qui fouinait dans la vie des gens pour mieux envoyer leurs secrets au voisinage ... Mon dieu ! Il ne pouvait qu'imaginer la panique dans les yeux d'Ella lorsque cette dernière avait découvert la lettre ... « Elle ... » Toujours rien, pas moyen de formuler une phrase ayant un minimum de sens. Et plus il bégayait, plus les évidences lui sautaient aux yeux, lui révélant toute l'horreur de la situation dans laquelle la petite blonde avait du évoluer au cours des derniers mois.

Ce prétendu violeur dont il était question dans la lettre, c'était lui, évidemment. Comment avait-elle pu faire semblant aussi longtemps ? Comment avait-elle pu dormir à côté de lui pendant tout ce temps alors que ce qu'on l'accusait d'être avait très certainement du raviver un nombre horrifiant de souvenirs dégueulasses au sein de sa mémoire ? Comment avait-elle pu le harceler, le sur-couver, l'étouffer d'amour et de bonnes intentions alors que lui même n'était pas capable de démentir clairement l'accusation que Rose et Sally avaient si sauvagement balancé à son encontre ? Comment avait-elle pu s'infliger ça ... ? Il n'en revenait pas, c'était irréel. Soudain, ses jambes fléchirent sous son poids et il se laissa tomber sur les fesses, la lettre toujours à la main. Son accablement psychique était tel que les effets se traduisaient physiquement. « Elle a été violé ... » Murmura-t-il au bitume. « Violée ... C'est un cauchemar ... » Quelqu'un, quelque part dans le monde, avait du lui jeter un sort, une malédiction. Il fallait au moins ça pour expliquer que deux de ses amies proches aient été victime de ce genre de sévices. « Flynn ... Il va vraiment falloir que tu m'aides là ... » Finit-il par conclure sans parvenir à redresser le regard en direction du grand frère toujours debout, ses yeux plein de larmes ne pouvant relever pareil exploit.
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Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptyDim 20 Mar 2011 - 1:02

Tapis dans l’obscurité, les secrets immondes n’attendent qu’une chose… Sortir de leur troublante cachette pour révéler au monde leur identité traitresse. Tout le monde a ses secrets. Certains sont ridicules et font bêtement sourire. D’autres sont troublants et dévastant. D’autres encore vous éclate au visage au moment où vous vous y attendez le moins. Et cette lettre au couleur de sang était un poison qui s’infiltrait lentement dans les veines du jeune Nielson. Les mots qu’il avait lus et relus tournaient en boucle dans sa tête comme une cantilène déchirante que le vent avait apportée de loin. Jamais il n’avait pensé que de simples mots pouvaient faire si mal. Jamais il n’avait à imaginer qu’il devrait entendre se briser à nouveau. Jamais il n’avait imaginé que face à une telle annonce, il resterait aussi stoïque. Finalement, il n’avait tout simplement pas imaginé qu’une telle chose puisse se produire. Cette lettre était-elle arrivée par un beau matin avec pour seul prétention de détruire des vies ? Si cela avait été la raison de cette voix, nul doute que cela marchait. Flynn imaginait qu’il s’agissait d’une blague. Un enfant qui, prit par l’ennui, voulu s’amuser bêtement. Ou peut-être que… Il voulait s’imaginé toutes les excuses possibles, tous les mensonges probables. Il voulait que ses mensonges soient percés à jour. Mais rien n’y faisait, sa tête devenue incroyablement lourde ne parvenait pas à s’animer. Son regard froid était porté sur Jed. Quelque part, il espérait que c’était son œuvre. Cela aurait été tellement plus simple. Il n’aurait plus eu à réfléchir… Mais lorsqu’il le vit s’emparer de la lettre et la décrypter, ses vains espoirs fondirent comme neige au soleil. Sur le visage de l’adolescent, il pouvait lire le choc qu’il avait lui-même ressentit. Visiblement, il n’était pas le seul à avoir mal dans cette histoire et aussi détestable que cela pouvait paraître, son cœur s’en sentait plus aise. « Elle … » Flynn serra les dents et se retint de secouer le jeune garçon. Les rôles avaient visiblement été inversés. Quelques minutes auparavant, Flynn était las et calme. Et désormais, un feu bouillonnait en lui. S’arrachant son cœur, ses entrailles, ses tempes. Tout. Il le consumait tout entier. Son souffle se faisait plus haletant alors qu’il commençait à angoisser gravement. C’était une blague, se répétait-il en boucle. « C’est une blague… Pas drôle, mais une blague… » Les mots avaient franchis la barrière de ses lèvres sans qu’il n’y prête véritablement attention. Il avait besoin de l’entendre pour le croire. Même si, au fond de lui, il savait que ce n’était pas une blague. Personne n’était assez cruel pour se jouer ainsi d’autrui. Cependant, nettement assez pour le faire circuler. « Elle … » Flynn ferma les yeux. Il en avait marre d’entendre ce morveux. « Jed… » Il voulait le réveiller, lui dire qu’il fallait qu’il se réveille. Qu’il arrête de faire l’enfant. Mais il comprenait ce comportement. Si lui-même avait pu se terrer dans son lit, sous sa couette, il l’aurait fait.

D’ailleurs, il n’était pas très réactif. Incapable de bouger, de savoir quoi faire, Flynn restait là. Attendant vaguement que la solution tombe du ciel sans doute. Et ce Jed qui s’écroula au sol, juste devant lui, ça lui donnait le tournis. Ce n’est qu’un cauchemar. Un abominable cauchemar. Il allait se réveiller, il devait de se réveiller. Il n’avait pas le choix, sa vie en dépendait. Il voulait alors se pincer le bras pour revenir à la réalité mais il s’arrêtait, interrompu par une remarque de Jed. « Elle a été violé ... » Le poing de Flynn se ferma. Il avait bien compris les mots écrit sur le papier, il n’avait pas besoin d’un traducteur. Lire les mots avaient difficile, les entendre était un supplice. « Jed, s’il te plaît... » Il le suppliait de ne pas prononcé ses mots. Il le suppliait intérieurement de prendre la fuite, également. « Violée ... C'est un cauchemar ... » Pourquoi fallait-il qu’il rabâche sans cesse ce mot ? La douleur que ressentait Flynn au fond de ses entrailles était semblable à un martellement de coups de poings. « Par pitié, arrête de répéter ça ! » Il fallait absolument qu’il s’abstienne. Oui. Elle avait été violée. Il l’avait bien compris. Ils l’avaient tous les deux compris. Pourquoi ce faire mal en s’escrimant à la fredonner telle une chanson ? « Flynn ... Il va vraiment falloir que tu m'aides là ... » Toujours assis sur le sol, l’adolescent ne se relevait pas. Nielson baissa alors les yeux vers lui pour voir son visage troublé et ses yeux embués de larme. Mais son cœur était si froid qu’il ne parvenait pas à ressentir sa douleur en plus de la sienne. « T’aider à quoi, hein ? » Son pied vint taper dans la botte du jeune homme. Il voulait l’inciter à se lever. Il ne voulait pas créer une bagarre, ce n’était pas son genre, mais bouleversé par ce qu’il venait de se passer, Flynn se perdait dans le flot de ses pensées. « Oh, je sais ! A lui pourrir la vie ? Les gars comme toi, je les connais Jed, ok ? » La réponse était sorite seule. Il n’avait pas du la précipiter or de ses lèvres, elle s’était jetée seule dans l’immense gouffre qu’était l’air. « Je sais ce qui se trame dans vote foutu tête, je sais que votre vie vous déplaît et que vous pouvez pas supporter de voir les autres heureux, je sais aussi que vous le faites peut-être pas exprès… mais tout ce que vous touchez se transforme en une putain de merde ! Je le sais. » Flynn pensait savoir, du moins. Mais au font, il ne faisait que se baser sur des choses qu’il connaissait. Jed était une version plus jeune et moins détruite que Donald, mais au fond… S’il ne se bougeait, il finirait exactement pareil. Un petit con. Un petit con intelligent, capable de beaucoup de chose… mais un petit con tout de même. Flynn regrettait déjà les paroles qu’il venait de prononcer. Ce n’était pas la meilleure chose à faire dans un moment pareil. Ils devaient trouver Ella. Vite. Il fallait qu’elle soit entourée, que… Mais c’était trop tard, Flynn s’était à nouveau perdu dans ses pensées. Son regard était porté au loin alors qu’il attendait inévitablement qu’Ella arrive d’on ne sait où. Sa voix rompit le silence dans une plainte douloureuse. « Ella… Où es-tu ? » Déjà il avait oublié Jed et son air pitoyable, déjà il voulait parcourir la ville pour la retrouver, déjà il voulait s’animer… Mais paralyser, il restait là. Incroyablement droit et comme pétrifié.
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Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptyDim 20 Mar 2011 - 5:39

Imperméable à toute autre chose qu'à la détresse que provoquait en lui cette découverte fracassante et sinistre à propos de celle qu'il avait frappée la veille et à qui il avait reproché de trop s'inquiéter pour lui, Jed n'entendit pas Flynn le supplier d'arrêter. Il était comme ça, il avait toujours été comme ça. Se parler à lui même, mettre des mots sur les choses, les prononcer à haute voix comme si cela avait eu le pouvoir soit de les concrétiser soit, au contraire, de les faire disparaitre en sonnant tellement faux qu'il en déduisait que cela ne pouvait être vrai, c'était une habitude, un tic, une façon de se rassurer qui marchait plutôt bien d'habitude ... D'habitude oui, mais pas ce jour là de toute évidence. Sorti de sa torpeur par le pied de Flynn qui percuta sa botte, il secoua la tête et fit enfin l'effort de redresser le regard. « T’aider à quoi, hein ? » Comment ça " à quoi " ? MAIS A LA RETROUVER, bien évidemment ! Qu'il n'aille pas croire qu'il était venu le réveiller de si bon matin uniquement pour avoir le privilège d'apprécier les motifs de son caleçon ! « Oh, je sais ! A lui pourrir la vie ? Les gars comme toi, je les connais Jed, ok ? » Que ? Quoi ? Abasourdi par cette remarque vide de sens (non, il ne le connaissait pas !), Jed n'en rata pas pour autant le ton colérique et bourré de reproches qui - à lui seul - suffit à le ragaillardir assez pour qu'il parvienne à se relever et à faire face au grand frère, les yeux dans les yeux, une lueur de défit allumée dans son regard en signe de dissuasion, comme pour mieux lui faire comprendre que venir l'asticoter de près après une dispute, une mauvaise nuit et une révélation de ce genre était très certainement la dernière des choses à faire s'il ne voulait pas avoir à compter ses dents ... « A ouais ? Dis un peu pour voir ! » Grinça-t-il, à fleur de peau. « Je sais ce qui se trame dans vote foutu tête, je sais que votre vie vous déplaît et que vous pouvez pas supporter de voir les autres heureux, je sais aussi que vous le faites peut-être pas exprès … mais tout ce que vous touchez se transforme en une putain de merde ! Je le sais. » Cette fois-ci, ce fut à Jed de serrer les dents car - malgré qu'il y avait beaucoup de vrai dans les paroles de Flynn - le fait que lui-même ait énormément d'erreurs à son palmarès ne lui donnait pas, aux yeux de l'adolescent, le crédit nécessaire pour se permettre ce genre de remarque. Par ailleurs, le fait qu'il reste là à se morfondre sans même bouger d'un pouce ne fit qu'ajouter à cette impression qu'avait Vargas qu'il s'agissait de l'hôpital se foutant de la gueule de la charité. Alors, porté par une pulsion désespérée, il attrapa cet abruti par le col et s'approcha dangereusement de son visage, ses yeux toujours brouillés par les larmes mais ses sourcils plus froncés que jamais.

« Tu veux savoir ce que je sais, moi, sur les gars dans ton genre ducon ? » Siffla-t-il, la voix enrouée par un mélange de colère, d'inquiétude et de dépit. « T'as pas de leçon à me donner, lâche ! Tu te barres du jour au lendemain, sans un mot et tu te permets de me faire la morale ? » Ses mains sauvagement agrippées au t-shirt du grand frère le secouèrent, comme pour mieux appuyer les propos qui allaient suivre. « Prends tes responsabilités ! Reste pas là, planté comme un con ! Sois un frère ! On va pas la laisser toute seule maintenant ! ALLEZ BOUGE-TOI ! Avec ou sans toi je la retrouverai, mais ça sera plus long sans toi. On va pas la décevoir une fois de plus, on peut plus se permettre de merder maintenant. Toi, comme moi. » D'accord, il y allait un peu fort. D'accord, il mélangeait les thèmes entre ce qu'il était nécessaire de dire pour faire avancer la situation actuelle et ce qui aurait du se dire pour régler des histoires passées depuis longtemps, mais - au final - tout se rejoignait. Tout se rejoignait et il fallait absolument retrouver Ella avant qu'il ne lui arrive quelque chose ou que, pis, lobotomisée par ses propres conneries à lui et par ses propres paroles cruelles et assassines dispensées durant tout un mois, elle ne tente elle aussi d'en finir. « Je te jure que je te casse la gueule si tu réagis pas Flynn, RÉPONDS-MOI ! »
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Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptyDim 20 Mar 2011 - 10:54

Planté devant sa foutue boîte aux lettres bousillées, Flynn attendait que quelque chose se produise. Quoi, il ne le savait pas, mais il était prêt à attendre indéfiniment s’il le fallait. Peut-être que s’il attendait assez longtemps, Ella viendrait le voir. Peut-être que s’il attendait assez longtemps, le vent l’emporterait. Peut-être que s’il attendait assez longtemps le cauchemar s’effacerait de son esprit et la vie reprendrait son cours. Aussi simplement et paisiblement qu’auparavant. Mais malgré ce vain espoir, il savait que ça n’arriverait pas. Il n’y avait aucune réponse pour que cela arrive et il le savait. Alors il s’en voulut d’être revenu. Dans une pensée égoïste et détestable, il se demanda ce qui lui avait pris lorsqu’il avait voulu retrouver sa sœur. Il était parti six longues années, il avait appris à vivre sans elle, parfois l’oublier même, à ne plus se poser des tonnes de questions concernant ce qu’elle faisait et avec qui elle le faisait. Il avait simplement oublié d’être un frère. Et il se rendait compte que cela avait été nettement plus facile. Bien sûr, il n’était pas heureux non plus, mais au moins, il était le seul à pâtir de sa douleur et il ne devait pas maitriser celle des autres. Alors que là, dans son petit jardin d’Ocean Grove… il savait où elle habitait, avec qui elle trainait et il devait partager sa peine avec un adolescent en pleine crise de colère. La situation était détestable. Et plus il voulait se répéter que c’était un cauchemar, plus il prenait conscience de cette foutue vérité. Et pourtant il préférait ouvrir le feu ! Il espérait sans doute que cela calmerait ses nerfs, mais bien au contraire, cela l’attisait. La seule chose de positive dans tout cela, c’était que Jed était enfin redescendu sur terre et qu’il ne prononçait plus le mot tabou. « Tu veux savoir ce que je sais, moi, sur les gars dans ton genre ducon ? » Flynn serra à nouveau les dents. Il avait voulu jouer, il fallait bien qu’il s’attende à une répartie ! Mais ce qu’il craignait le plus, c’était d’entendre ces torts d’une autre bouche que la sienne. Il les connaissait, il était capable de les admettre et de les prononcer… Mais se les voir énoncé par quelqu’un comme Jed n’allait pas lui faire du bien. « T'as pas de leçon à me donner, lâche ! Tu te barres du jour au lendemain, sans un mot et tu te permets de me faire la morale ? » Ses mots résonnaient en lui avec une fureur horripilante et la scène lui donnait cette impression de déjà vu qu’il refoulait dans un coin très éloigné de sa tête. Il bassa alors la tête, incapable de planté son regard honteux dans celui du jeune homme. Même lorsque Jed s’agrippa à son t-shirt et qu’il le secoua tel un prunier. Flynn restait tête baissé et était prêt à endurer chaque mot. « Prends tes responsabilités ! Reste pas là, planté comme un con ! Sois un frère ! On va pas la laisser toute seule maintenant ! ALLEZ BOUGE-TOI ! Avec ou sans toi je la retrouverai, mais ça sera plus long sans toi. On va pas la décevoir une fois de plus, on peut plus se permettre de merder maintenant. Toi, comme moi. » Emmuré dans son silence douloureux, Nielson ne savait plus comment réagir. Devait-il faire confiance à ce gamin ? Certes, il était conscience qu’il avait raison mais… Comment allaient-ils faire ?

« Je te jure que je te casse la gueule si tu réagis pas Flynn, RÉPONDS-MOI ! » Flynn redescendit sur terre. Il posa rapidement ses yeux sur Jed avant de le repousser avec à peine une once de détermination. « Je… » Les mots, les excuses, les réflexions… Tout se bousculait dans sa tête et la valse étrange qu’ils entretenaient l’empêchaient de formuler ce qu’il avait à dire. Mais son regard se posa sur la lettre restée au sol et son cœur se serra. « Je suis désolé. Je voulais pas… Je… » Il ne voulait pas se perdre aussi lamentablement, c’était certain, et pourtant, il avait sauté pieds et mains liés par le piège que lui tendait sa raison. « Je sais pas quoi faire ! J’AI JAMAIS SU QUOI FAIRE, TU PEUX PAS COMPRENDRE ! Oui, je suis lâche, j’ai merdé… Mais… JE NE SAURAI JAMAIS QUOI FAIRE ! » Flynn se tordait les mains. Le drame de sa vie était là, il ne savait pas quoi faire, il n’avait jamais su et le pire dans tout cela, c’est qu’il ne saurait jamais. Il y avait dans ce drame des choses qu’il comprenait plus que le jeune homme ne pouvait le comprendre mais il s’interdit d’y penser. La douleur était suffisamment intense pour qu’il ne s’inflige pas pareil supplice. « Je ne la connais pas aussi bien que toi ! Où tu veux que je cherche ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je… j’en sais rien et ça me tue. » Il voulait se réveiller, bouger et la retrouver. Bien sûr qu’il le voulait ! Mais comment faire ? « Dis-moi ce qu’il faut faire et je le ferai. » Sa voix s’était brisée. Honteux, il réalisait qu’il était incapable de se débrouiller seul et qu’un gamin devait lui dicter sa conduite. Flynn Nielson resterait à jamais cet enfant perdu visiblement.
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Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptyLun 21 Mar 2011 - 4:05

Voyant les prémisses d'une réaction se manifester dans le regard de Flynn, Jed lâcha prise sans protester lorsque ce dernier le repoussa. Le souffle rendu court par la colère et la panique, il ne quittait pas des yeux le grand frère, attendant que vienne le moment où quelque chose venant de sa part (autre que le mutisme et l'immobilité) se produise. Mais bordel, qu'est ce qui ne tournait pas rond dans la tête de ce type ? Et pourquoi bégayait-il ainsi alors que la seule chose qu'il avait à faire était de se secouer un peu ? « Je suis désolé. Je voulais pas… Je… » Ravalant un soupire contrit, Jed se contenta d'inspirer le plus profondément possible pour tenter de se détendre faute de manifester clairement le fait qu'il ne fut presque déjà plus en état de supporter une minute d'attente supplémentaire, alors que chaque seconde de perdue lui apparaissait comme étant une possibilité de plus qu'il arrive malheur à Ella et que ne lui soit jamais donné l'opportunité de s'excuser. « Je sais pas quoi faire ! J’AI JAMAIS SU QUOI FAIRE, TU PEUX PAS COMPRENDRE ! Oui, je suis lâche, j’ai merdé … Mais … JE NE SAURAI JAMAIS QUOI FAIRE ! » Surpris par cette réponse criante de désespoir, Jed eut un infime mouvement de recul, comme si les doutes et l'incapacité de Flynn l'avaient dégouté, comme si de voir un frère aussi démuni était quelque chose de contagieux. En effet, il ne pouvait pas comprendre. Il ne pouvait pas comprendre car lui-même avait toujours su quoi faire. Sans avoir la prétention de se dire que ses réactions étaient les plus appropriées, jamais encore il ne s'était senti aussi pris de cours que Flynn semblait l'être à cet instant. Chez lui, les émotions, l'instinct et les pulsions prenaient le contrôle dès lorsque que son cerveau ne se sentait plus capable d'assurer. Chez le grand frère d'Ella, en revanche, il apparaissait clairement que le cerveau refusait de lâcher du leste, quitte à paralyser une situation. « Je ne la connais pas aussi bien que toi ! Où tu veux que je cherche ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je … j’en sais rien et ça me tue. » En d'autres circonstances, Jed aurait peut-être fait l'effort de poser une main sur l'épaule de Flynn. En d'autres circonstances, il aurait peut-être essayé de le rassurer, voire de lui donner un conseil ou deux s'il le lui avait demandé. Oui, il l'aurait peut-être fait. Mais ils n'étaient pas en d'autres circonstances et Jed n'avait pas le temps de le plaindre ni même de compatir. Pour ce faire, il aurait fallu qu'ils parlent pendant des heures et des heures certainement, alors que se parler à peine 2 minutes relevait déjà de l'exploit. Le temps - couteux, sournois, frivole - jouait contre eux et rendait Jed parfaitement insensible. Ainsi, tout ce que l'adolescent fut capable de penser en réponse se résuma à : " Je vais devoir me démerder tout seul, encore une fois ... ". Une pensée qui l'effraya dès l'instant où son cerveau fit la connexion directe entre cette solitude et l'étendue scandaleusement vaste du périmètre de recherches. Comment allait-il y parvenir seul ? Aurait-il la force physique de retourner Miami de fond en comble dans son état, alors qu'il n'avait quasi pas dormi de la nuit, qu'il n'avait pas eu le temps d'avaler ses anti douleur le matin même et que sa clavicule fragile s'était mal remise de la dispute de la veille ?

Soudain, un doute monstrueux l'envahit et - bien malgré lui - l'idée de ne pas avoir à s'investir autant dans cette affaire lui effleura l'esprit. Voir Flynn, le vrai frère de Ella, aussi démuni lui fit prendre conscience que son rôle n'était peut-être pas celui d'être l'élément déclencheur. Avait-il réellement le droit de damer le pion à tout le monde ? Était-ce bien son rôle de devancer Lawson, les flics et même Flynn dans ce qui s'annonçait être une chasse à l'homme de grande ampleur ? A la lumière de la violence dont il avait fait preuve la vieille, la question s'imposa à lui de savoir si sa volonté d'agir était encore légitime. Flynn était un frère. Lawson était ce qui ressemblait le plus à un père, mais lui, qu'était-il pour Ella ? Sournoisement, sa conscience assassine lui persiffla qu'il aurait été bien prétentieux de se part que de s'imaginer comme étant encore son ami malgré l'ampleur de la terreur qu'il avait provoqué chez elle en la giflant ... Cependant - et contre toute attente - c'est la réponse de celui des deux qui semblait le moins à-même de reprendre la situation en mains qui lui permit de trouver l'impulsion nécessaire afin de chasser les doutes de son esprit et de revenir à la réalité concrète ; celle qui exigeait une action, un geste ou une prise de risque, et tout de suite ! « Dis-moi ce qu’il faut faire et je le ferai. » La réponse était là. Tant pis pour l'éthique, tant pis pour les questions sans réponses, tant pis pour ce qu'il était et ce qu'il n'était pas vis à vis de Ella. Flynn lui donnait la clé, à lui maintenant de trouver la serrure.

« Okay. » Souffla-t-il pour se remettre en selle tout en réfléchissant à 100 à l'heure. « Okay, alors on va se partager les recherches. Tu vas allez au 8077 Apple Road et demander à Rose si elle l'a vu. Si pas, tu ne t'attardes pas, on lui expliquera plus tard. Ensuite tu iras au 1100 Lemon Street, demander si Becks l'aurait vu, elle. Et ... » Quoi d'autre ? QUOI D'AUTRE ! Réfléchit Jed, RÉFLÉCHIT ! « Et si toujours pas, alors tu reviens prévenir Lawson pour qu'il appelle les flics. Il est inquiet t'auras pas besoin de crier pour le convaincre. » Pliant le genou pour s'accroupir, il ramassa la lettre infâme et la fourra dans la main de Flynn. « Prend la lettre, montre-là lui, on ne l'a pas reçue nous, je pense qu'elle a du la déchirer avant de partir .... » Amorçant une ronde de cents pas, Vargas se massa le front comme pour mieux tenter de cibler ce qu'il avait peut-être oublié de dire ou de penser. « Moi, je vais aller la chercher en ville dans les endroits où elle a l'habitude de se rendre. Appelle-moi si t'as du nouveau, Lawson te donnera mon numéro. » Résolu, il se tourna vers son BMX et le redressa avant de l'enfourcher. Il n'avait aucune idée de ce dans quoi il était en train de s'engager ni même si ses recherches se compteraient en minutes ou en heures. Tout ce qu'il savait c'est qu'il n'avait plus de temps à perdre. La peur irréfléchie et la culpabilité de se dire que sa baffe avait très certainement été l'avant dernière goutte d'eau à avoir fait déborder le vase faisaient naitre en lui un sentiment d'urgence inexplicable. Là, un pied sur la pédale et les doigts sévèrement accrochés au guidon, il accorda un dernier regard à Flynn.

« On va la retrouver, j'en suis certain. Et - à ce moment là - tu seras quoi faire, de ça aussi j'en suis persuadé. » Lâcha-t-il, grave, avant de tracer la route.
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N°1563 - Pour elle ... Vide
Message(#) Sujet: Re: N°1563 - Pour elle ... N°1563 - Pour elle ... EmptyJeu 24 Mar 2011 - 19:58

Certaines personnes prétendent que les cauchemars révèlent nos pires craintes. Celles que l’on essaye de rejeter, d’oublier. Ces peurs qui nous font froid dans le dos. Celle qu’on ne peut gérer. Ces peurs étranges que pourtant, on ne comprend pas véritablement. Et étrangement, même dans le pire de ses cauchemars, Flynn n’avait jamais imaginé une crise de ce genre. Plus cauchemardesque que la pire de ses nuits, cette journée prenait une tournure que le jeune homme n’aimait pas. Comment aurait-il pu imaginer qu’une chose pareille arriverait ? C’était inenvisageable. Invraisemblable. C’était tout bonnement une blague de mauvais goût. Et comme chacun le sait, les blagues sont les meilleurs… Or celle-ci ne prenait visiblement pas fin. Quand finirait-il par ouvrir les yeux ? Faudrait-il qu’il se pince la peau pour comprendre le véritable enjeu de tout cela ? Discrètement, il se pinça alors le bras droit. Si violement et si rudement qu’il s’en mordit la langue. Une grimace de douleur passa rapidement sur son visage alors qu’il ne faisait comme si de rien n’était. Réalité était bien plus affligeante qu’il n’y semblait. Cela l’égarait totalement. Incapable de raisonner, il restait simplement planté. Il comprenait la détresse de Jed, la ressentait et pourtant il ne bougeait pas. Il se contentait de le regarder en se demandant pourquoi il n’arrivait pas à être aussi réactif. Peut-être était-il trop renfermé dans sa bulle pour agir en bonne et due forme. Peut-être… « Okay. » Flynn grimaça. Okay ? Quoi ? C’était tout ? Non, ça ne pouvait être tout. Il lui fallait plus de réponse. La détresse était lisible dans son regard mais rien ni personne n’aurait pu l’apaiser. Même pas Ella si elle avait été là. Cela aurait peut-être été pire, si elle avait été là. Sachant ce qu’il savait, il aurait du fuir. Encore. Il ne voulait pas. Et pourtant, comment rester dans de telle circonstance ? Son esprit marchait à plein régime alors que Jed, lui, pensait aux choses qui en valaient véritablement la peine : Ella ! Il ne pensait pas à sa petite personne comme le grand frère faisait à chaque fois. Tout se rapportait toujours à lui. il avait honte. Tellement honte. Mais c’était là. Ancré en lui. Toujours lui. Foutu égoïste ! « Okay, alors on va se partager les recherches. Tu vas allez au 8077 Apple Road et demander à Rose si elle l'a vu. Si pas, tu ne t'attardes pas, on lui expliquera plus tard. Ensuite tu iras au 1100 Lemon Street, demander si Becks l'aurait vu, elle. Et ... » Flynn était à la fois admiratif et attentif. Essayant d’emmagasiner chaque information du mieux qu’il pouvait. Et il se répétait mentalement. Apple Road, 8077, Rose : pas s’attarder. Lemon street, 100, Becks. Les noms, les rues, les chiffres tout cela formait une telle ronde dans son esprit qu’il avait peur de s’emmêler les pinceaux. Et s’il perdait un temps précieux en cherchant un 1100 inexistant dans Apple Road ? Il chassa cette idée en secouant légèrement la tête et se ressaisit juste à temps pour entendre les autres indications de Jed. « Et si toujours pas, alors tu reviens prévenir Lawson pour qu'il appelle les flics. Il est inquiet t'auras pas besoin de crier pour le convaincre. » La tête du jeune homme oscillait dans un mouvement rapide entre la droite et la gauche. Non, il ne pouvait pas lui faire ça. Il ne pouvait pas aller dire un truc pareil à Lawson. C’était impensable. Trop douloureux pour lui. Mais il fallait qu’il s’y accommode car déjà Jed glissait la missive entre ses doigts. Conscient de ce qu’il tenait, il la froissa quelque peu en voulant l’envoyer valsé comme une balle trop lourde. Mais déjà Jed l’interrompit dans son geste destructeur. « Prend la lettre, montre là lui, on ne l'a pas reçue nous, je pense qu'elle a du la déchirer avant de partir ... » Montrer une telle chose à quelqu’un signifiait être un oiseau de mauvaise augure. Or, Flynn ne voulait pas du tout se montrer sous un tel jour pour sa première rencontre avec Lawson ! Mais ce n’était pas comme s’il avait le choix, alors, il ravala ses envies de refuser et de partir s’enfermer dans les quatre murs de sa chambre.

Jed enfourcha alors son vélo. Et c’est là que Flynn se rendit compte que la journée ne faisait que commencer et qu’il n’était sans doute pas au bout de ses peines. Alors dans un souffle, il lâcha bêtement un ; « Jed… Merci de faire ça pour elle. » Et pour moi, aurait-il voulu ajouter. Mais ce n’était pas pour lui qu’il le faisait alors cette remarque aurait été ridicule et déplacée, sans doute. « On va la retrouver, j'en suis certain. Et - à ce moment là - tu seras quoi faire, de ça aussi j'en suis persuadé. » Sur le visage fermé de Flynn un grimace de tristesse mêlée à de l’amertume apparu. Il était bien gentil de vouloir le rassurer mais ça ne marchait pas. Il ne saurait pas quoi faire, c’était certain. Il aurait d’ailleurs prié pour ne pas devoir affronter Ella après cela. Mais il s’en voulu tellement de penser cela qu’il remarqua à peine que Jed était déjà partit, le laissant planté là. Le jeune homme ne bougea pas pendant de longues secondes, encore pétrifié. Mais heureusement, il finit tout de même par se réveiller. « Allez Flynn, bouge-toi mon vieux. Enfile tout pantalon, regarde dans la garage si Jisel à vélo, aller au n°8077 Apple Road et demander à… Merde… à… ROSE ! Après, se rendre au 1100 Lemon Street pour voir Becks et dans le pire des cas… Lawson. » Le jeune homme couru donc jusqu’à sa chambre où il enfila un vieux jean et il ne prit même pas le temps d’enfiler un autre t-shirt que celui qu’il avait gardé pour dormir. Chopant une paire de tennis, il les enfila rapidement avant de se diriger dans le garage où une bicyclette pour fille l’attendait. Il la sortit, ferma tout derrière lui et se dirigea d’abord chez Rose. Pourvu qu’ils la retrouvent !
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