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 [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv)

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Message(#) Sujet: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyLun 21 Fév 2011 - 3:19








Sorry seems to be the hardest word.

LAURENCE FERDISON, TRAY RANNIGAN

[JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) 2rxbiue






L’ambiance était glauque, l’endroit austère. Tray y était habitué, cependant, il ne l’appréciait pas plus pour autant. Chose assez logique, étant donné que les prisons n’étaient pas faites pour être accueillantes ou agréables à fréquenter. Mais Rannigan n’avait pas le choix : plus d’une fois, il avait dû rejoindre ses clients alors que ceux-ci étaient déjà derrière les barreaux. Ce qui impliquait fatalement une visite au centre pénitentiaire le plus proche, une fois chez les hommes, une autre chez chez les femmes. À chaque fois, Tray s’empressait de quitter les lieux sitôt l’entretien terminé, histoire de se rendre dans son bureau bien plus confortable et chaleureux que la prison grise et bétonnée.

La raison de sa présence ici, aujourd’hui, était une jeune femme inculpée pour trafic de stupéfiants. Tray avait accepté de s’occuper de l’affaire, d’une part parce que les parents de la demoiselle croulaient sous l’or, d’autre part parce qu’elle était loin d’être désagréable à regarder. Même dans son uniforme de prisonnière, elle était attirante, et si Tray excellait dans l’art de paraître indifférent, il ne s’était pas privé de laisser traîner son regard du côté du décolleté de la demoiselle. Tray avait d’ailleurs été agréablement surpris en arrivant, car c’était la première fois qu’il rencontrait sa cliente, le lendemain de l’arrestation de celle-ci. Tray avait immédiatement été contacté par ses parents pour s’occuper de l’affaire, et il comptait se débarrasser du cas rapidement et efficacement, afin de pouvoir se consacrer à d’autres problèmes autrement plus importants.

C’est d’ailleurs l’un de ces problèmes qui vint hanter Rannigan, qui, depuis quelques semaines, s’efforçait de faire comme si ceux-ci n’existaient pas. Il avait la fâcheuse tendance de fuir tout ce qui nécessitait réflexion et confrontation avec ses sentiments, et la technique de l’autruche semblait appropriée, d’autant plus qu’il avait été tourmenté par ses ennuis pendant des semaines avant de décider de faire comme si rien ne se passait. Alors, à la trappe, Jane, Laurence et Ainsley. À Tray la belle vie, les jolies filles et l’argent. Cependant, c’était plus facile à dire qu’à faire, car au moment où Tray quitta la pièce où il s’était entretenu avec sa jolie cliente, l’image de Laurence en pleurs dans son bureau lui revint en tête. Tray voulut chasser cette brève incursion de ses pensées, mais n’y parvint pas. Au même moment, il repensa à sa voix désespérée, si peu semblable à celle qu’elle était d’habitude, au téléphone, lorsqu’elle lui avait demandé de l’aide. Encore aveuglé par son amertume et sa colère, il avait raccroché sans prendre la peine de lui répondre. Il ne l’avait d’ailleurs jamais regretté. Mais une fissure semblait se former dans l’imperturbable carapace de Tray Rannigan, qui ne pouvait s’empêcher de penser à Laurence, et à l’état dans lequel elle se trouvait. Il était plus ou moins au courant de ce qu’il lui arrivait, néanmoins, il n’arrivait pas à imaginer comment elle s’en sortait face à tout ce qui lui était tombé dessus ces derniers temps.

Tray ne fut pas habité d’une foule de regrets, non. Ce n’était pas son genre. Et il fallait également noter que Laurence était loin d’être innocente en ce qui concernait l’animosité qu’il éprouvait à son égard et la déterioration de leur relation. Il ne savait toujours pas s’il était prêt à lui pardonner pour ce qu’elle avait fait et la façon dont elle avait agi – si toutefois elle comptait un jour lui demander pardon, ce qui était plus qu’improbable, connaissant Laurence. Et pourtant... repenser à elle produisait un effet étrange, comme s’il repensait avec mélancolie à une vie meilleure et qui faisait désormais partie du passé sans qu’on le veuille. Bizarrement, les images qui lui venaient en tête lorsqu’il pensait à Laurence n’étaient pas celles de leur dernier entretien, ou plutôt, de leur dispute monumentale, où il lui avait exprimé tout son mépris et son dégoût à son égard, à cause de sa volonté de mentir à toute sa famille pour garder une vie parfaite en apparences. Il lui avait dit des choses horribles pour se venger de l’égoïsme avec lequel elle avait agi. Mais cela ne semblait pas compter, là, maintenant. Car les souvenirs qui remontaient à l’esprit de Tray, c’étaient ceux de leur nuit passée ensemble, de la peau brûlante de Laurence sous la sienne, de la douceur du premier baiser qu’ils avaient échangé et de l’ardeur de ceux qui avaient suivi. C’étaient ceux de leur rivalité taquine et presque amicale, qui amusait Tray et excédait Laurence. C’étaient ceux des longs regards qu’ils avaient échangé pour rien témoigner en particulier, mais tout simplement parce qu’il y avait cette alchimie, ce petit quelque chose. Peut-être pas des sentiments ou de l’attirance – juste quelque chose d’indéfinissable mais d’indéniable.

C’était sans doute précisément ce quelque chose qui dissuada Tray de quitter la prison. Au lieu de quoi, il se rendit auprès d’un agent pénitentiaire et demande à voir Laurence. Comme il avait pu s’y attendre, il eut droit à un refus, et pas des plus sympathiques. Mais Tray Rannigan était un homme influent et réputé, c’est pourquoi l’évocation de son nom, de l’importance qu’il avait en tant qu’avocat et quelques billets discrètement échangés suffirent à voir sa requête acceptée. Avec un léger sourire qui ne reflétait pourtant aucune joie, Tray se rendit à l’endroit qu’on lui indiqua et s’installa, face à une chaise vide séparée de lui par une table métallique. Il ne savait pas pourquoi il faisait cela, et surtout, à quoi cela allait servir. Il n’était même pas sûr de vouloir voir Laurence. Mais les dés étaient jetés. Maintenant, il n’avait plus qu’à attendre.
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Message(#) Sujet: Re: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyMar 22 Fév 2011 - 19:07

Assise dans la cour extérieure de la prison, la jeune avocate restait à l’écart des autres prisonnières. Les bras croisés sur son ventre trop gros et trop rond, elle jeta un regard désintéressé à la partie de basketball qui se déroulait devant elle. Le visage vide d’émotions, elle se contenait depuis déjà quelques jours de ne pas se mettre à hurler, crier, pleurer ou même simplement se cogner jusqu’à ce que mort s’en suive la tête contre les murs froids et épais de sa cellule. Trop fière pour craquer, Laurence s’était permise quelques écarts où malgré toute la volonté du monde elle n’avait pas été à la mesure de retenir ses larmes dans la noirceur de la nuit. Elle ne pouvait qu’espérer s’endormir pour que le réveil la sorte de ce cauchemar, ou bien qu’elle ne se réveille tout simplement pas. Ainsi les choses seraient mieux. Elle ne tremblerait pas au moindre geste des autres femmes, convaincue qu’au faux mouvement on allait l’agresser ou la frapper. Il ne fallait pas se blairer, dès lors que le procès serait passé ainsi que son accouchement… elle risquait de signer son arrêt de mort dans la prison. On lui avait dit qu’elle avait de la chance d’être enceinte et qu’aussitôt que cette chance serait passé; elle ne pourrait pas leur échapper. Elle ne savait pas comment faire fonctionner le sèche-linge, alors elle doutait fortement en ses chances de faire sa place dans cette jungle. De toute manière, qu’elle ne le veuille ou pas, elle n’avait aucune chance de s’en sortir avant quelques années. Remplit de mauvaise foi et d’amertume, la jeune fille avait arrêté de croire en les chances de Jovan de la sortir de là. Avec la visite de Billy Johnson, elle avait appris que c’était sa faute et même si elle lui disait le contraire lorsqu’il venait la visiter, Laurence ne pouvait pas s’empêcher de lui en vouloir. Et pourtant, Jovan semblait être le seul à porter une réelle inquiétude à son égard. Plus Laurence se convainquait de ne pas pouvoir s’en sortir plus elle devenait cynique avec celui-ci, remettant en considération son amour pour elle qui pouvait tout simplement être de la culpabilité dissimulée. Face à une injustice flagrante du système judiciaire et des preuves aberrantes que Billy avait conçus, Laurence était totalement démolie intérieurement de prendre conscience que ses parents n’avaient pas daigné venir la visiter. C’était beaucoup trop pour sa famille comme déshonneur, surtout quand on prenait conscience de l’ampleur considérable que représentait la réputation du cabinet de son père. Après tout, ils avaient coupé toute communication avec son jeune frère cadet quand il avait été arrêté pour vol de banque avec Pride. Hormis qu’il avait été coupable. Pas elle. Peut-être qu’au fond, les choses venaient de se produire pour la punir. Même ce fichu Rannigan qui lui avait raccroché au nez, alors qu’elle n’avait jamais eu autant besoin de lui qu’en se moment. Mais elle ne se faisait pas d’histoires, il avait les meilleurs raisons du monde pour lui souhaiter ce qui lui était arrivé.

« Hé Ferdison, ramène tes fesses ici.» Sursautant alors qu’une gardienne venait de s’approcher de la porte clôturée pour s’adresser à elle. Inquiète de ce qu’elle aurait pu faire de mal, Laurence se releva à la hâte de son banc pour rejoindre celle qui venait la chercher. « T’a de la visite. » D’un signe de tête, Laurence se laissa docilement conduire sans poser de questions. Une chose fondamentale qu’elle avait appris dès lors son arrivée, on n’aimait pas qu’on pose certaines questions… et elle souhaitait rester en vie. La tête baissée, Laurence déambula dans les couloirs, s’arrêtant à chaque barrière. Ce fut lorsqu’on lui délia les mains qu’elle réalisa qu’ils étaient arrivés à la salle des visites. Elle daigna lever les yeux s’attendant comme à son habitude de voir Jovan qui l’attendait mais elle eu véritablement un choc de voir Tray Rannigan assit dans cette dite pièce. Le cœur battant à vive allure, Laurence résista de toutes ses forces à tourner les talons et s’enfuir. Ce fut le souffle coupé qu’elle s’installa face à Tray muette d’étonnement. Elle aurait donné énormément pour qu’il ne la voie pas dans cet état pathétique. Beaucoup pour qu’il ne voit pas les cernes dans son visage. « Salut.. » Les mains tremblantes, Laurence évita de baisser les yeux devant le jeune avocat ayant hors et déjà du mal à l’imaginer devant elle. Peut-être qu’il était venu lui rendre des comptes, si oui, il en avait parfaitement le droit. Quand ses yeux croisèrent les siens, Laurence se mit à regretter de ne plus avoir la relation qui les avait auparavant liés. « Alors, comment… vont les affaires? » Une question anodine que Laurence ne put s’empêcher de poser pour éviter toute discussion face à sa situation, ni encore comment c’était là-dedans.
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Message(#) Sujet: Re: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyLun 21 Mar 2011 - 23:37





À peine fut-il installé sur le siège inconfortable que Tray regretta d’être venu dans cette pièce. Ce n’était en rien lié au manque de qualité des meubles, même si un rembourrage plus présent n’aurait pas été de trop. Non, ce qui fit douter Tray de la pertinence de son choix, c’était le fait qu’il n’avait, en réalité, pas vraiment envie de voir Laurence. Il avait agi sur un coup de tête sans savoir pourquoi il avait soudain pris cette décision. C’était assez rare venant de lui, car il était plutôt réfléchi et agissait toujours avec une méthode et une pertinence incroyables – d’autant plus qu’à cause de son orgueil surdimensionné, Tray ne doutait jamais de ses choix et revenait encore moins dessus, car cela reviendrait à accepter une erreur. Mais le jeune homme avait beaucoup changé depuis quelques temps, et s’il n’en restait pas moins arrogant et prétentieux, il avait été confronté à plusieurs reprises à des situations qui le dépassaient complètement. Comme celle-ci. Tray n’aurait su dire pourquoi il était assis là, à attendre Laurence qui restait une des personnes pour qui il ressentait le plus de ressentiment au monde. Peut-être était-ce parce qu’au fond, il tenait toujours à elle. Mais c’était absurde : il n’avait jamais été suffisamment proche de sa rivale que pour vouloir encore garder un quelconque contact positif après une aussi grosse dispute. Laurence avait été odieuse et Tray l’avait rayée de sa vie sans regarder une seule fois en arrière ni même lui accorder la moindre pensée mélancolique. Jusqu’à aujourd’hui, où sa carapace d’indifférence et d’insensibilité semblait s’être fendue à la perspective d’être aussi près de Laurence, bien plus qu’il ne l’avait été au cours des dernières semaines. L’impulsion qui avait poussé Tray à se rendre dans cette pièce froide et glauque n’était sûrement pas sortie de nulle part, même si elle en avait tout l’air – il y avait sans aucun doute une raison plus profonde à son désir incompréhensible de voir une des personnes qu’il portait le moins dans son cœur. Mais Tray avait ce mauvais pressentiment qui lui susurrait qu’il ne voulait surtout pas savoir pourquoi il avait demandé à voir Laurence – il craignait plus que tout la réponse. C’est pourquoi il décida de jouer son propre jeu, de voir où cela le mènerait, et comment se dérouleraient les choses.

Lorsqu’il la vit arriver, l’air exténuée et légèrement maladive, Tray sentit un infime pincement au cœur qui fut cependant bien couvert par toute l’animosité et la rancœur qu’il éprouvait encore à l’égard de l’avocate. Lorsque Laurence s’installa face à lui, elle semblait ne pas en croire ses yeux – elle semblait également ne pas trop savoir comment réagir et que dire, tant la venue de Tray était surprenante. Tray ne broncha pas, gardant cette expression froide mais un peu plus amène que la dernière fois, un e expression qui lui était bien propre et dont il était difficile de tirer des conclusions quant au comportement à adapter. Tray se contentait d’être là, comme si tout cela ne lui faisait ni chaud, ni froid. Alors qu’en lui, un milliard d’émotions s’entrechoquaient et se bousculaient à la vue de Laurence. Il ne savait pas, il ne savait plus ce qu’elle lui inspirait. De la colère et du ressentiment sans aucun doute, oui, mais il y avait quelque chose de plus doux qui venait s’y mêler, même si, bien sûr, il préférait mourir que de l’admettre. La jeune femme fut la première à briser le silence de glace qui séparait les deux avocats, d’une voix timide et peu assurée. « Salut.. » Tray garda son regard pâle rivé sur le visage épuisé et appréhensif de sa rivale, mais ne pipa mot. S’il ne semblait pas des plus hostiles, il n’avait pas non plus l’air particulièrement amène ou motivé à parler. Mais il était celui qui était venu demander à voir l’autre, et il était donc logique qu’il prenne la parole – ce n’était tout simplement pas évident à faire, compte tenu des circonstances dans lesquelles ils s’étaient quittés la dernière fois qu’il s’étaient vus. Depuis, Jovan était venu lui demander son aide, qu’il avait copieusement refusé de donner, et Tray ne s’était pas privé de ruiner la fragile relation qu’entretenaient Laurence et Jovan en avouant tout au mari de la jeune femme quant à la relation extraconjugale de celle-ci. Tout ça, Laurence ne le savait sans doute pas encore, à en juger par l’air appréhensif et dépourvu, contrairement à Tray, de toute colère. « Alors, comment… vont les affaires? » Tray ne prit même pas la peine de répondre, une fois de plus, conscient qu’elle ne cherchait qu’à briser le silence en posant des questions futiles et dénuées d’intérêt. Il ne lui en voulait pas pour cela : s’il n’était, lui-même, pas gêné par le silence, il avait déjà pu remarquer à plusieurs reprises que beaucoup de personnes ressentaient toujours le besoin de combler le silence. Il fallait ajouter à cela la tension déjà palpable qui régnait entre les deux jeunes adultes, et cela expliquait à merveille pourquoi Laurence proférait des paroles si banales qu’elles en paraissaient presque déplacées. Quelques secondes de silence plus tard, Tray esquissa un geste presque imperceptible, sans doute uniquement pour annoncer qu’il allait prendre la parole. Ce qu’il fit encore une poignée de secondes plus tard. « Jovan sait, pour toi et moi. Je le lui ai dit. » Il avait parlé cash, contrairement à Laurence. Il n’y avait cependant pas la moindre trace de mesquinerie ou de désir de blesser Laurence dans sa voix, même si cela n’aurait pas été étonnant de la part de Tray si c’eût été le cas. Tray n’avait pas pour but d’achever Laurence. Il voulait juste qu’elle soit au courant, et n’avait pas vu l’intérêt de tourner autour du pot : autant lui annoncer directement ce qui se passait. Il se tut ensuite, sans lâcher Laurence du regard, guettant sa réaction.
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Message(#) Sujet: Re: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyVen 25 Mar 2011 - 20:38

Si ce n’était que les coups réguliers que sa fille s’amusait à lui donner dans le ventre simplement pour lui montrer qu’elle était la – au cas où s’était possible de l’oublier – Laurence aurait cru avoir très mal au ventre tant la culpabilité lui faisait mal. Voir son ancien rival assit devant elle dans un endroit aussi glauque revenait presque à de la science-fiction. Qui l’aurait cru que le moment où ils se reverraient serait en prison? Et qu’elle se retrouverait derrière les barreaux? Enceinte? Non, jamais elle aurait pu l’imaginer car même dans les pires scénarios qu’elle pouvait s’imaginer, celui-ci était et de loin pire – dépassant les limites de son imagination. Sa respiration s’arrêta alors que Tray lui fit signe qu’il allait prendre la parole – un geste qui la rassura face au malaise qu’elle avait confrontée au silence. Un silence qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de combler. Surtout quand elle était nerveuse ou bien encore – complètement vaincue face à sa cause perdue. « Jovan sait, pour toi et moi. Je le lui ai dit. » Laurence aurait mentit en disant qu’elle ne s’y avait pas attendu, qu’il décide dans un élan de vengeance de raconter à Jovan leur aventure. Plus elle avait prit du recul sur leur dernière rencontre – et elle avait eu beaucoup… beaucoup de temps pour y penser. En fait si elle avait été Rannigan, sans doute qu’elle aurait saccagé des trucs si les rôles se seraient inversés. Elle avait réagit d’une manière totalement égoïste – mélangé à la panique et l’angoisse de ne pas savoir qui est le père… Tray avait été la cible parfaite pour qu’elle défoule toute sa frustration. Ainsi, le regard rivé dans celui de Tray Rannigan, Laurence hocha doucement la tête signe qu’elle comprenait ce qu’il était venu lui dire. Dans un contexte bien différent, elle aurait eu des dizaines de réactions bien différentes, passant de la colère aux larmes, etc. Mais elle le méritait, même qu’il aurait pu faire pire. Elle avait le mauvais rôle dans cette histoire et même si ça ne lui plaisait pas – elle ne pouvait pas faire que la vie se contrôle et s’ajuste en fonction de ses choix et ses désirs. « J’ai été égoïste… je sais. » Murmura-t-elle fataliste sur le fait que malgré qu’elle aurait souhaité que les choses se passent autrement; elle ne pouvait rien faire pour réparer ses erreurs – si ce n’était que de lui prouver qu’elle s’en voulait terriblement de ce qu’elle lui avait fait. « Je suis désolé,Tray. » Des mots sincères, elle n’attendait rien de sa part. Et surtout pas qu’il les accepte. Sauf qu’elle ne pouvait pas laisser les choses comme ça.

Elle ne pouvait rien faire là derrière les barreaux hormis d’essayer de sauver les seules relations qu’elle considérait comme positives dans sa vie. Après tout, sans lui jamais elle aurait autant travaillé aussi fort dans sa carrière face à la grande compétition qu’il représentait. Le droit et la justice s’était tout ce qu’elle avait – et encore, la justice venait de l’abandonner au profit de fausses accusations donc elle ne pouvait rien faire. Les mains jointes sur la table, Laurence pris une grande respiration décidant de profiter de l’instant pour lui dire à quel point elle comprenait la haine qu’il lui portait – une haine légitime qu’elle ne pourrait certes pas effacer avec des mots. Mais comme il venait de lui dire pour sa confession à Jovan – menaçant évidement que leur relation fragile, c’était la moindre des choses qu’elle lui explique qu’elle comprenaissait tout. Et qu’elle acceptait tout reproche et sentence. « J’aurais pas dût réagir comme ça…ni dire toutes ses choses… J’le sais. J’ai juste pas réfléchit. Ça m’a semblé être la meilleure solution. Mais cette fois-ci j’ai fait fort… c’est la chose la plus idiote que je n’ai jamais faite. » Se confessant, elle pensait vraiment ce qu’elle disait. Même si elle préférait ne pas avoir à faire une liste mentale de toutes les conneries qu’elle avait faite sur le coup de la panique quand les choses ne se déroulaient pas comme elle le souhaitait. Une fatalité sans nom qui lui remettait chaque fois des claques au visage, face à toutes les tentatives qui échouaient à mesure qu’elles les essayaient. Elle expira doucement complètement exténuée du rythme de vie auquel elle était confrontée. N’osant plus rien dire, Laurence s’attendait à ce qu’il réagisse comme elle le connaissait. Elle l’imaginait bien, se lever sans mots et disparaître. C’était simple, facile et justifié. Mais au moins cette nuit, elle pourrait avoir l’impression qu’un poids s’était enlevé par ses excuses. Même s’il ne les acceptaient pas. Même s’il n’y croyait pas.

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Message(#) Sujet: Re: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyVen 15 Avr 2011 - 3:44





Si Tray s’efforçait de ne rien laisser paraître et de rester imperturbable face à Laurence, il n’en restait pas moins stupéfait devant la transformation – non, devant la métamorphose, qu’avait subie la jeune femme. Elle n’était plus qu’une ombre. Elle avait à peine réagi à l’annonce qu’il lui avait faite, alors qu’il s’était attendu à un minimum de protestations, au moins un regard noir ou une remarque lancée d’un ton sec comme elle savait si bien le faire. Mais Laurence n’avait rien fait de tout cela. Elle se contentait de le regarder, avec cet air abattu qui la rendait si fragile. Quelque chose remua faiblement en lui, mais il n’aurait su dire quoi. Après toute la haine et la rancœur qu’elle avait suscitées chez Tray en seulement quelques minutes, comment était-il possible qu’il en vienne à éprouver quelque chose d’autre pour elle, rien qu’en la revoyant ? On aurait presque dit… du remord, de la compassion, même. Une vague de mélancolie et de regrets. Avant, ils se chamaillaient tout le temps et prenaient un malin plaisir se pourrir la vie – du moins, c’était ce qu’ils disaient. Ils ne faisaient en réalité rien de grave, du moins, rien dont ils se tenaient rigueur pendant plus de quelques jours, malgré leur tendance prononcée à tous les deux à faire des coups bas en justice. Mais ça, c’était une autre histoire et ils savaient qu’il ne fallait pas mêler vie professionnelle et vie privée – même si leur compétition avait dépassé les limites de la simple compétitivité professionnelle. Mais jamais aucune compétitivité n’avait suffi à entamer leur entente pourtant truffée de coups bas et de taquineries. Tray avait toujours sincèrement apprécié Laurence et il savait que la réciproque était vraie. Mais il avait fallu qu’elle gâche tout entre eux, alors que c’était tout à fait évitable. Tray en avait énormément voulu à Laurence. Il l’avait haïe pour tout ce qu’elle avait fait, pour tous les dégâts qu’elle avait infligés à son entourage. Tray lui-même avait toujours été un égoïste fini, égocentrique et indifférent à souhait. Mais jamais rien de ce qu’il n’avait fait avait atteint le degré d’injustice de ce que lui avait fait Laurence. Et pourtant… Maintenant qu’elle était là, face à lui, clairement dévastée et rongée par les remords, il ne pouvait se résoudre à canaliser toute son énergie pour la centrer sur sa haine et sa rancœur. Laurence semblait si fragile, si perdue, qu’il ne parvenait pas à la détester. En temps normal, ces allures larmoyantes énervaient Tray plus qu’autre chose. Mais maintenant, il avait l’impression qu’on venait de lui enfoncer un poignard dans le cœur. Laurence comptait encore beaucoup trop, malgré ce qu’elle avait fait. Ce n’était pas de l’amour, ou n’importe quel sentiment du genre, qui animait Tray. Il n’avait jamais rien éprouvé pour Laurence, mis à part une attirance qu’il aurait été stupide de vouloir ignorer. Mais elle était cependant parvenue à gagner une place importante dans son cœur si difficile à atteindre. Laurence faisait partie de lui, qu’il le veuille ou non. Et s’il avait pensé que sa haine envers Laurence lui suffirait, il devait maintenant admettre qu’il avait eu tort. Laurence, c’était bien plus que cette colère et cette rancune. Sinon, comment expliquer qu’il se revoyait, des mois auparavant, commettant le geste qui avait déclenché tous les problèmes auxquels ils étaient maintenant confrontés ? Il se revoyait, essuyant les larmes de Laurence avant de l’embrasser avec douceur. C’était un geste qui n’avait pas été prémédité, qui n’avait alors eu aucune signification. Mais aujourd’hui, ils pouvaient tous deux se rendre compte de l’importance colossale que ce simple geste avait pris, créant un effet boule de neige spectaculaire.

Lorsque Laurence finit par briser le silence, Tray fut une nouvelle fois surpris par ce qu’elle fit, ou plutôt, dit. « J’ai été égoïste… je sais. » C’était déjà quelque chose de le reconnaître, en particulier venant de Laurence Ferdison. Tray ne dit rien, soutenant le regard de Laurence avec gravité, lui témoignant qu’elle avait son attention pleine et entière, et, de ce fait, les dés en main. Restait à voir comment elle allait les jeter. « Je suis désolée, Tray. » Et là, Tray craqua. S’il ne montra rien en apparence, il sentit toute sa colère presque s’évaporer, ne laissant derrière elle qu’un arrière-goût d’amertume et de tristesse. Laurence avait compris la leçon. Et si la fierté et la rancune de Tray n’avaient pas été parmi les plus tenaces de la Floride entière, il arborerait déjà son sourire le plus tendre et le plus chaleureux. Mais Tray n’était pas de ceux-là. Il n’avait pas le pardon facile… et pourtant, il n’avait plus qu’une envie : tout effacer, maintenant qu’elle s’était excusée, et repartir de l’avant. Cette fois-ci, Tray voulut parler. Mais Laurence poursuivit, et il se tut donc. « J’aurais pas dût réagir comme ça…ni dire toutes ses choses… J’le sais. J’ai juste pas réfléchit. Ça m’a semblé être la meilleure solution. Mais cette fois-ci j’ai fait fort… c’est la chose la plus idiote que je n’ai jamais faite. » Tray se redressa sur sa chaise, se penchant légèrement en avant. Comme s’il allait se lever. Mais il n’en fut rien, car Tray n’en avait pas fini avec Laurence. Pour la première fois depuis leur dispute, il voulait la voir, il voulait lui parler. « J’accepte tes excuses, Laurence. » Sa voix était grave, mais douce. Pas d’arrogance, pas la moindre intonation désagréable. Tray était plus sérieux que jamais. « Tu as incontestablement fait la plus grosse connerie de ta vie. Mais tu l’as compris, et c’est déjà quelque chose. » Tray s’interrompit quelques instant. Lorsqu’il reprit la parole, il n’était pas froid. Mais on sentait clairement que quelque chose s’était cassé entre eux et qu’une distance apparemment infranchissable les séparait désormais. « Ce ne sera pas simple à réparer, et je suppose que tu t’en rends bien compte. Mais j’espère sincèrement que tu y parviendras. » Tray parlait comme s’il ne faisait plus partie de la vie de Laurence. Et quelque part, ça le tuait.
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Message(#) Sujet: Re: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyLun 18 Avr 2011 - 16:47

Lorsqu’elle vit Tray se redresser sur sa chaise en se penchant légèrement par en avant, Laurence se crispa certaine qu’il allait partir. Certaine qu’il allait la laisser sur ses paroles, ou bien encore qu’il ne ferait que continuer à alimenter une rancœur éternelle à son égard. Et elle, assise sur cette chaise elle ne ferait rien pour l’empêcher de partir. Elle ne voulait pas le retenir. Elle ne pouvait pas. Mais tous ses événements reliés à la naissance de Rachel – étaient beaucoup trop importants pour qu’elle puisse continuer à jouer à ce jeu qui ne faisait que monter tout le monde contre elle. Elle avait besoin plus que jamais de soutien. Et surtout d’espoir. Parce qu’elle sentait qu’elle allait craquer dans un endroit pareil. « J’accepte tes excuses, Laurence. » Hein? Laurence s’y attendait tellement pas qu’elle cru qu’elle allait tomber en bas de sa chaise. Il.. acceptait? Vraiment? L’avocate plongea ses yeux dans ceux de Tray, cherchant un quelconque détail qui pourrait la rassurée qu’il ne se moquait pas d’elle. C’était bien la dernière chose qu’elle avait besoin. Pétrifiée sous la surprise Laurence n’osa plus un seul mouvement, de peur que se moment disparaisse et lui révèle finalement que c’était un rêve. « Tu as incontestablement fait la plus grosse connerie de ta vie. Mais tu l’as compris, et c’est déjà quelque chose. » Complètement dépassée, Laurence le dévisagea quelques secondes alors qu’elle réalisait finalement que s’était vrai. Tray acceptait ses excuses. Oui, elle avait toujours eu cette mauvaise habitude de passer par-dessus les conneries qui lui arrivait de faire en considérant qu’ils étaient pas si terribles que ça et que comme elle souhaitait être parfaite, il ne fallait simplement que les faire disparaître et les oublier – pour qu’ils n’existent plus. « Ce ne sera pas simple à réparer, et je suppose que tu t’en rends bien compte. Mais j’espère sincèrement que tu y parviendras. » Elle ne bougea pas d’un millimètre alors qu’elle avait le souffle coupé. Alors ça se terminait comme ça? Quelques excuses, un pardon inattendu et Tray pouvait maintenant disparaître de sa vie. Ça semblait trop facile. Trop simple. Et ce n’était pas ce qu’elle souhaitait. Elle aurait tellement donnée pour qu’ils retrouvent leur rivalité d’avant. Cette sorte de compétition qui l’avait toujours amenée à se dépassé et espérer être la meilleure. Tray ne l’avait jamais épargnée et c’était d’autant plus avec un profond respect pour ce qu’il faisait – malgré que quelques fois elle était certaine que ce n’était pas toujours très honnête ce qu’il faisait – que Laurence admirait son travail. « J’avais besoin qu’on me pardonne au moins une chose… » Murmura-t-elle avec toute la sincérité du monde. Tray n’avait aucune idée à quel point il venait de l’aider à considérer les choses de sa situation comme quelque de quelque peu supportable.

« Merci… » Ravalant ses larmes, causés surtout par l’épuisement Laurence empoigna doucement les mains de Tray simplement pour les serrer quelques secondes et y trouver un certain réconfort. Aussi minime soit-il. Un geste injuste pour Jovan, mais Laurence éprouvait tellement de rancœur face à lui qu’il n’arrivait pas à la réconforter. Elle était en prison, enceinte et devait tout supporter parce que Jovan avait essayé de tuer Billy. Comment ne pas lui en vouloir alors qu’elle était entrain de vivre le pire cauchemar de sa vie. Et elle avait encore plus peur que l’une ou l’autre de ses prisonnières se rappellent qu’elle avait été l’avocate de la partie adverse et qu’ils étaient enfermés par sa faute. Des plans pour qu’elle se fasse assassiner dans un coin sombre d’une cellule crasse. Laurence ne fit pas plus que d’attendre, ne cherchant pas de réponses de la part de Tray. Elle souhaitait simplement reprendre une bouffée d’air, respirée et surtout se calmer quelques instants. Reprendre une bouffée d’espoir, quelques petits éléments pour l’aider à passer à travers tout ça. Et elle était certaine qu’il ne réalisait pas à quel point il rendait cette situation plus supportable. Des secondes s’écoulèrent. Peut-être même quelques minutes. Mais ça n’avait aucune importance, maintenant plus que jamais elle n’avait pas besoin de parler d’avantage. Il n’y avait plus rien à dire. « Hé, Ferdison. C’est l’heure. » Quelques mots qui en moins d’une seconde eurent le même sentiment que si on venait de lui enfoncer un couteau. Interpelée par une gardienne de la prison, Laurence sut que le temps pour la visité s’était écoulé et qu’elle devait se faire de nouveau enfermer. La gorge serrée, Laurence se releva lentement, en retirant ses mains de sur celles de Tray – coupant court à se court moment. Fatidique, elle détourna les yeux pour qu’il ne voit pas à quel point elle était effrayée d’y retourner. « Au revoir Tray. » murmura-t-elle avant de tendre les poignets pour que l’on lui passe les menottes et qu’on lui fasse traverser la porte grillagée. Laurence résista de toutes ses forces pour ne pas se retourner alors qu’on l’escortait. Elle ne voulait pas voir le visage de Tray encore une autre fois, pour ne pas regretter d’avantage.
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Message(#) Sujet: Re: [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) [JAIL] SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD (pv) EmptyMar 19 Avr 2011 - 15:21





Alors que Tray pensait avoir agi de la manière la plus normale et la plus prévisible qui soit, il eut la surprise de voir l’effet considérable qu’eurent ses paroles sur Laurence. Elle sembla surprise, puis incrédule, puis soulagée, voire émue. Le regard qu’elle lui adressa surprit Tray, une fois de plus. Il y lisait de la reconnaissance, du respect. Tray savait qu’au fond, Laurence l’avait toujours respecté, tout comme il l’avait respectée, lui aussi, chose plutôt surprenante venant de la part du jeune homme. Mais jamais il n’avait sous-estimé Laurence, il avait toujours considéré le travail de la jeune femme avec le respect qu’elle méritait. Tray savait que Laurence était une personne intelligente, dotée d’un talent remarquable lorsqu’il s’agissait d’exercer son métier. S’il n’avait jamais hésité à la pousser à bout ou à la provoquer, c’était uniquement pour la voir repousser ses limites, percevant sa propre attitude davantage comme un service que comme quelque chose de néfaste. Et s’il passait son temps à la taquiner et la dénigrer, il n’avait jamais laissé vraiment croire qu’il méprisait Laurence. Il admettait volontiers qu’elle était une excellente avocate, et une rivale de taille. Pour la première fois depuis le début de sa carrière, Tray s’était amusé. Il avait regardé Laurence évoluer, sans qu’il ne se soucie jamais de rien, n’ayant plus rien à prouver, protégé par la réputation de son défunt père, réputation qu’il était parvenu à s’attribuer et à renforcer de par son talent pour le moins inattendu dans ce métier qu’il n’aimait pourtant pas plus que ça. Mais Laurence, elle, avait beaucoup plus de choses à prouver. Elle n’avait donc pas le droit à l’erreur, ne pouvait jamais montrer la moindre faille ni le moindre signe de faiblesse. Jamais elle n’avait accordé quoi que ce soit à Tray, pas un compliment, pas une victoire, rien. Et pourtant, Tray avait toujours perçu le respect qu’elle éprouvait pour lui, sans doute plus sur le plan professionnel qu’humain – car, et Tray l’admettait volontiers, il n’était pas quelqu’un de bien, et à ce niveau-là, Laurence le battait à plate couture, bien qu’elle ait plutôt montré le contraire au cours des derniers mois, avec toutes les conneries qu’elle avait faites, simplement pour ne pas voir son petit idéal de vie s’écrouler à tout jamais. Mais les remords et la culpabilité qu’elle semblait éprouver aujourd’hui étaient de toute évidence une preuve qu’elle était dotée d’une conscience, qu’elle était quelqu’un de bien. C’était en partie pour ça que Tray avait eu aussi peu de mal à lui pardonner. Il l’aurait fait mille fois, si cela pouvait rassurer Laurence. Et, à en juger par l’expression qu’elle arborait, elle en avait eu grandement besoin. « J’avais besoin qu’on me pardonne au moins une chose… » Si Tray fut étonné par les paroles de Laurence, il ne laissa rien paraître. De toute évidence, Laurence lui portait une estime remarquable et surtout, accordait beaucoup d’importance à son jugement. S’il le savait déjà en ce qui concernait le travail, il n’aurait jamais cru que cela s’étendrait à leur vie privée. Mais après tout, les limites entre leur vie professionnelle et privée s’étaient complètement brouillées depuis cette fameuse nuit, cette nuit à l’origine de tout. Une nouvelle fois, à cette pensée, une onde de nostalgie envahit Tray, qui fixa sans mot dire Laurence. Il ne savait tout simplement pas quoi lui répondre, alors il se contentait de l’assurer de son attention en la regardant de la sorte. « Merci… » Et Laurence de s’emparer des mains de Rannigan. Celui-ci mit quelques fractions de seconde à comprendre ce qu’elle faisait, mais, sans pouvoir dire si cela avait quoi que ce soit de volontaire, il lui rendit son geste sans trop tarder, serrant les mains de Laurence avec douceur. Une nouvelle fois, leurs regards se croisèrent, après avoir brièvement divagué du côté de leurs mains entrelacées. Etait-ce là la fin d’une longue et intense histoire ? Laurence semblait penser que oui, et si Tray devinait que cette perspective la blessait, surtout maintenant qu’il venait de lui pardonner ses erreurs, elle ne laissa toutefois rien paraître. Quant à Tray, cette pensée lui était insupportable. Laurence avait été une rivale, une amie, une femme désirable, avec qui sa relation avait été des plus complexes, passant de taquineries à rivalité en passant par complicité et attirance. De se dire que tout cela était définitivement fini était douloureux. C’était comme admettre que leur relation se soldait par un échec, et ni l’un ni l’autre n’était habitué à perdre. Pourtant, il semblait que cette fois-ci, aucun des deux n’avait gagné. Ce n’était pas ce qu’ils voulaient. Mais quelle tournure pourrait bien prendre leur relation, après ce qui s’était passé ? Rien ne serait plus pareil.

Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles aucun des deux ne prononça un mot. Puis, leur bulle de calme explosa lorsqu’une des gardiennes vint rappeler à Laurence qu’il était temps pour elle de retourner derrière les barreaux. « Hé, Ferdison. C’est l’heure. » Tray, qui avait toujours son regard rivé sur le visage de Laurence, put deviner l’affront que ce la lui faisait, de devoir retourner en prison, de renoncer à cette illusion de liberté qu’elle avait partagée avec Tray pendant quelques minutes. Il exerça une brève pression sur les mains de Laurence, comme pour lui témoigner son soutien. Lorsque le contact se rompit, il sentit son estomac se tordre légèrement. « Au revoir Tray. » Impuissant, Tray la regarda se faire passer les menottes et s’éloigner. Il réalisa alors qu’il n’avait même pas répondu. Il réalisa aussi qu’il ne voulait pas qu’elle parte, pas comme ça. Tray se leva promptement et se lança à la poursuite de Laurence, qui avait bientôt atteint la porte grillagée derrière laquelle elle disparaîtrait pour un bon bout de temps. « Laurence, attends ! » Laurence ralentit à l’entente de son nom, et, miraculeusement, la gardienne fit de même. D’un simple regard, Tray parvint à la faire reculer de quelques centimètres. Ici aussi, Tray était connu, et rares étaient ceux qui lui tenaient tête. Mais Tray ne faisait même plus attention à la gardienne. Son regard pâle était rivé à celui, interrogateur de Laurence. Il s’approcha d’elle, s’arrêtant à quelques centimètres de la jeune femme. Il avait le souffle court, mais cela n’avait rien à voir avec le déplacement qu’il venait d’effectuer… mais plutôt avec ce qu’il s’apprêtait à faire. Car il ne sut pas pourquoi, ni comment, ni si c’était volontaire ou non, mais avant d’avoir pu s’en empêcher, au bout de quelques secondes d’un silence intense, il posa ses mains sur les joues de la jeune femme et l’embrassa, dans un baiser tendre mais pressé, doux mais passionné. Il ne dura que quelques secondes, au bout desquelles Tray s’écarta, faisant ensuite de même avec ses mains. Toujours les yeux dans les yeux, il murmura : « Au revoir, Laurence. » Il se mordit la lèvre, avant de faire volte-face et de se rendre vers la sortie. Il ne se retourna pas pour voir la réaction de Laurence. Il n’en avait pas la force.

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