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 ✩ CRASH.

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Message(#) Sujet: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyLun 3 Jan 2011 - 22:01

CRASH
FEAT. NOAH J. DICKERS & DOLLY MISSONI.


Premier janvier 2012. Ocean Grove était d'un calme à faire froid dans le dos : il était pourtant dix heures du matin et en temps normal, les tondeuses étaient en route, les vieilles femmes se promenaient gaiment et les adolescents crapahutaient dans tous les sens dans l'espoir d'être à l'heure pour leur premier cours mais aujourd'hui non, naturellement, tout le quartier résidentiel sommeillait encore. Hormis, Dolly. Debout depuis une heure, la jeune femme ne semblait pas du tout affectée par l'arrivée du nouvel an. Elle avait certes fait l'effort de fêter l'évènement mais uniquement parce qu'elle y avait été forcée par ses collègues de travail qui n'avaient de cesse de critiquer son manque de sorties. Ils n'avaient pas tord mais Dolly ne le voyait pas. Selon elle, elle sortait bien suffisamment, peut-être pas de la manière dont les adultes de son âge le font d'ordinaire, mais elle sortait. Aller à un concert philharmonique un samedi soir, c'est bien une sortie. Mais malgré ses protestations, elle avait fini par céder et s'était même retrouvée au Haulover Beach Park et pu assister aux premières loges au lancer des feux d'artifices grâce au piston d'un collègue. Si Dolly ne voyait pas l'intérêt de se rendre dans un parc en pleine nuit (les plantes sont totalement indétectables dans l'obscurité), elle fut surprise du degré avec lequel elle s'amusa. Les mèches s'enflammant, les explosions provoquées par les feux d'artifices et enfin les étincelles dans les cieux la firent gesticuler sur place. De tous les spectacles qu'elle avait pu voir de toute son existence, celui-ci était définitivement l'un des plus marquants. Mais tout avait une fin et dès que le bouquet final s'évanouit, Dolly déclara qu'elle souhaitait rentrer chez elle. A ses yeux, rien ne pouvait égaler ce qu'elle venait de voir et surtout, elle pensait avoir amplement rempli son devoir de bonne « collègue » maintenant qu'il était près d'une heure du matin. Agacés mais nullement d'humeur à lutter, le petit groupe de scientifiques la laissa filer sans craindre quoique ce soit pour elle : elle avait tout juste bu deux verres et encore, elle abandonna le dernier en y aillant seulement trempé ses lèvres. De retour chez elle en moins d'une heure, la jeune femme alla se coucher en laissant même sa serrure ouverte : Sinaya, l'étudiante qu'elle hébergeait gracieusement chez elle suite à l'ouragan n'était pas encore rentrée.

Toute fraîche et pompette, Dolly claqua pourtant la porte de chez elle avec la même poigne que d'habitude : elle voulait bien avoir l'amabilité d'aider une voisine en ces temps de crise, mais il ne fallait pas non plus lui demander une quelconque adaptation trop poussée. Elle aimait bien la bouille de Sinaya mais cette maison restait la sienne et il ne faut pas non plus pousser mémé dans les orties. Descendant Lemon Street, l'arachnologue avait ses deux mains enfouies dans son sac à la recherche de son jeu de clefs quand elle finit par arriver devant sa voiture. Enfin, « sa » voiture : il s'agissait plutôt de la voiture qu'elle louait depuis une semaine à une agence spécialisée puisque sa propre voiture s'était envolée sous la tempête. Voiture écolo qui avait sagement retrouvée Dame Nature au sommet d'un arbre, la poésie ne connait pas de répit. Le véhicule qu'elle utilisait ces jours-ci, une Volvo C30 blanche, était garé à plusieurs mètres de sa maison pour une bonne et simple raison : sa place habituelle avait été squatté par un véhicule étranger et quand elle avait voulu appeler la police pour le signaler, l'homme au bout du fil lui dit qu'il ne pouvait rien pour elle dans l'immédiat, que le caractère exceptionnel de la soirée pouvait justifier ce genre d'actes et blah blah et blah blah blah. Dolly avait raccroché avant d'avoir obtenu la fin de sa tirade de lâche. Elle avait donc garé sa voiture plus loin et fut forcée de constater que les autres conducteurs avaient trouvé son secteur intéressant puisqu'elle se retrouvait à présent encerclée par deux autres voitures quasiment collée à la sienne. C'était bien sa veine. Soupirant, elle monta tout de même dans sa Volvo, posa son sac sur le siège voisin, mit le moteur, tourna le volant pour que ses roues suivent le mouvement et décida d'appuyer sur la marche avant. Sauf que ce fut sur la marche arrière qu'elle piétina et un violent bruit s'éleva immédiatement en provenance de l'arrière de sa Volvo et son corps tressauta. Immédiatement, ses yeux s'écarquillèrent et elle fixa son rétroviseur comme si elle espérait obtenir par là une image de ce qu'elle venait de faire. C'était absolument idiot et elle s'en rendit compte puisqu'elle se précipita la seconde d'après à l'extérieur pour observer de plus près les dégâts qu'elle avait causé. Non pas sur la seconde voiture, mais bien sur sa Volvo. Elle était en route pour la rendre et voilà qu'elle venait de péter son pare-choc. Certes, l'alarme de l'autre voiture retentissait à lui briser les tympans mais toute son attention était uniquement focalisée sur son véhicule et les traits de son visage étaient si froissés qu'on avait l'impression qu'elle allait fondre en larmes. Mais Dolly ne savait pas pleurer pour autre chose que pour ses araignées alors cela élucidait l'affaire. Néanmoins, elle revint à la réalité au moment où elle vit une porte s'ouvrir dans une des maisons à proximité. Son sang se glaça et elle jeta enfin un coup d'œil à la seconde voiture qui avait encore plus morflé que la sienne. Grimaçant, Dolly se détourna très rapidement mais faillit s'étrangler en reconnaissant plus précisément le coupé sport. Sur toutes les voitures de Lemon Street, il fallait que ce soit celle-ci. Instinctivement, elle s'accroupit alors et avança à petits pas, prenant bien soin de ne pas faire dépasser sa tête blonde pour rejoindre sa place de conductrice et peut-être s'enfuir du lieu du crime à temps mais elle ne fut malheureusement même pas assez rapide pour ouvrir sa portière avant que les pas de son pire voisin ne surgissent auprès d'elle.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyLun 3 Jan 2011 - 23:47

Il n'aurait jamais du accepter cette invitation. Toute aussi réussie qu'ait pu être cette soirée de réveillon, il n'aurait jamais du se rendre dans ce club privé réservé spécialement pour l'occasion et - plus précisément - il n'aurait jamais du boire autant. Pourtant, ce n'était pas faute de cumuler les lendemains de cuite et de se jurer avec conviction de ne plus jamais se laisser tenter, mais, ce soir là, la fête, les gens, les circonstances, tout avait été propice à lui faire se dire qu'il pouvait bien se permettre une énième nuit de folie, ne serait-ce que pour faire honneur à la symbolique du 31 décembre. Cependant, on aurait tort de croire qu'avoir le privilège de se faire offrir l'un des 150 cartons d'invitation à la soirée la plus branchée du centre ville (et pour lequel certains auraient été prêts à vendre père et mère) offrait aussi le privilège de ne pas faire partie du commun des mortels le lendemain de la fête, une fois les projecteurs et les paillettes rangés jusqu'au prochain réveillon. Ce qu'oublient volontairement de dire ceux que l'on qualifie de V.I.P (" on " se traduisant par " j'ai été refoulé à l'entrée du club parce que j'avais pas de passe ") c'est que - soirée privée ou pas - la fin reste bien souvent la même que pour n'importe quel lambda : retour-maison plus qu'approximatif, déshabillage tout aussi abstrait et passage par la case " cuvette, vite ! * BEURRRRRRRP * ". Icônes de mode, stars du grand écran ou figures emblématiques du gratin Floridien - quelque soit le pédigrée - une cuite reste une cuite, ce qui nous permet d'affirmer que - tout aussi Dickers qu'il puisse être - Noah n'avait pas non plus échappé au prix à payer pour s'être cru plus malin que l'alcoolémie même. Trop confiant, trop fêtard, trop excité par les flashes, la musique, les cris et la danse, il avait bu encore et encore (et encore), jusqu'à revenir complétement bourré à OG en se félicitant toutefois de ne pas avoir fait l'erreur de prendre sa voiture pour se rendre à la fête. Finalement, une fois que le taxi l'avait déposé face au 4496, il avait remonté d'un pas chaloupé l'allée de jardin, s'était vaillamment battu avec la serrure, avait plus ou moins rampé dans l'escalier pour retrouver sa chambre et - standing si l'on veut - s'était forcé à un brossage de dents consciencieux après avoir été saluer l'amie cuvette en fin de course ...

Allongé dans la position bien connue de l'étoile de mer paraplégique, le nez profondément enfoui dans l'oreiller et les fesses qui regardaient le plafond dans le blanc des yeux, Noah représentait à lui seul l'allégorie du radeau de la méduse après le passage d'un ouragan autrement plus dévastateur que celui qui avait ravagé une bonne partie de son salon quelques semaines auparavant. Confortablement bercé par les bras de Morphée, cela faisait bien longtemps qu'il ne réagissait plus à rien, ni au fait d'avoir complétement oublié d'éteindre le robinet de la salle de bain après son brossage de dents, ni à celui d'avoir laisser télé et lumières allumées un peu partout dans la maison. A 10H du matin, tandis qu'il gisait allongé sur son lit depuis seulement 2 ou 3 heures, rien ni personne n'aurait pu se prévaloir de pouvoir faire se remuer ne serait-ce que d'un pouce le poids mort qu'il était devenu.

Rien ni personne vous dites ?

Aussi sûrement que vodka rime avec gueule de bois, réveil en fanfare de si bon matin ne pouvait pas rimer avec bonne humeur. Agar, ébouriffé, passablement perdu et franchement désorienté quant à savoir différencier la droite de la gauche, Noah se redressa promptement en identifiant l'alarme qui lui martelait les tympans depuis quelques secondes comme étant celle de sa voiture. Non il n'avait pas rêvé, non ce bruit immonde n'était pas l'effet de son imagination et - par extension - non, l'agression qu'était en train de subir le cadeau de sa mère pour ses 26 ans n'était donc pas fictive. Répondant à cet appel au secours comme un père aurait pu répondre aux pleures de son enfant, Dickers s'arracha à sa couette, sauta à pieds joints sur le sol, tituba sur un mètre ou deux tout en s'accroupissant pour chercher un caleçon et des chaussures avant de se précipiter dans le couloir où il dévala les escaliers qui lui permirent de rejoindre le première étage de sa demeure, le hall de cette dernière et - après avoir ouvert la porte d'entrée à la volée - l'allée de jardin qui menait jusqu'à son perron. Là, kické par l'attaque de la lumière solaire, il pila net en grimaçant et écarta les bras comme un équilibriste qui tente de ne pas tomber de son fil, à ceci près qu'en guise de fil Noah évoluait sur une terre parfaitement plate, ce qui avait tout lieu de nous laisser perplexe quant au tournis qui venait certainement de le prendre maintenant qu'il avait arrêté de courir. Plus strident que jamais, le bruit de l'alarme lui fit prendre conscience qu'il avait oublié ses clefs dans le saladier de l'entrée. Il y retourna donc en s'efforçant d'apprivoiser les images bancales de sa façade qu'il avait toujours cru beaucoup plus droite que ça. Une fois en possession de son trousseau de clés, il revint à la charge et traversa le jardin d'un pas énergique (estimant surement que plus il marcherait vite, moins il aurait de chances de pencher d'un côté ou de l'autre ...).

Lorsqu'il arriva à la hauteur de sa voiture, un gargouillis de carpe épileptique s'échappa de sa gorge et ses yeux exorbités semblèrent se révulser tant la boucherie lui paraissait innommable. Là, devant lui, agonisant, son coupé-sport défiguré hurlait au scandale tandis que la responsable entreprenait un replis stratégique en direction de son arme de guerre (la volvo). « ARRÊTEZ VOUS ! » Hurla-t-il en pointant en direction de la coupable un indexe inquisiteur et en s'efforçant de ne pas penser à l'écho abrutissant qui lui secoua l'encéphale en réponse à ce cri qu'il venait de pousser. Qu'est ce que vous fai ... VOUS ?! Figé d'horreur, Noah dévisagea la voisine satanico-maniaque à laquelle il avait eu affaire la semaine de son emménagement dans le quartier et qui - COMBLE DU COMBLE - avait alors eu la même bonne idée de le réveiller sauvagement un lendemain de cuite. L'ironie de la scène le laissa sans voix, comme s'il avait fallu que cette maudite bonne femme attende le premier janvier pour venir le pourrir une fois de plus de façon à bien lui faire comprendre que 2012 ne serait pas de tout repos et qu'elle y mettrait du sien pour qu'il se retrouve encore et toujours en caleçon et échevelé face à elle et son air suffisant de marâtre obsessionnelle (notez le délire paranoïaque de l'artiste ...) C'est une blague. Je dors encore, c'est évident. Je vais me réveiller (avec une femme amoureuse et nue allongée à mes côtés). Je vais me réveiller et vous aurez disparue, j'en suis persuadé. Marmonna-t-il avec véhémence dans le brouhaha de l'alarme en claquant des doigts comme pour provoquer le déclic qui le ferait se réveiller pour de bon et réaliser que tout ceci n'était qu'un cauchemar à la " INCEPTION " provoqué par une bande de petits cons bien contents de lui parasiter l'esprit ou comme pour faire disparaitre la voisine dans un panache de fumée façon Houdini.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyVen 7 Jan 2011 - 20:59

Il n'y a pas à dire, louer une voiture peut être aussi utile que néfaste. Du point de vue pratique, bien sûr que cela dépanne et sauve quiconque de civilisé mais d'un autre côté, le véhicule obtenu n'est jamais véritablement à soi et il très difficile de s'y sentir pleinement le maître. Dompter une voiture en moins d'une semaine n'est pas évident, et cela l'est sans doute encore moins quand on peut soi-même compter les jours avant la date où on ne verra plus jamais le véhicule alors pourquoi se donner trop de peine ? C'était évidemment ce que se disait Dolly ces dernières semaines à chaque fois qu'elle empruntait un nouveau véhicule : oui, elle mettrait toute son attention et ses soins sur chaque voiture mais jamais dans aucune d'elles elle ne s'y sentirait pleinement propriétaire. C'était comme faire du babysitting : ok on cajole l'enfant et on le surveille avec minutie mais on ne le connait pas assez pour savoir quand il fera une bêtise. En l'occurrence, Dolly n'aurait nullement pu prévenir cet accrochage, même avec la meilleure volonté du monde. Dans un sens, elle ne se sentait donc pas non plus responsable : c'était simplement la faute au manque d'habitude. Ça, c'était la version de défense que son cerveau venait de rapidement mettre au point pour l'agence de location qu'elle allait devoir affronter. Malheureusement, elle craignait qu'elle ne soit pas suffisante pour l'autre sinistré de cet accident pour la simple et bonne raison que c'était trop subtile – et non pas « tordu », merci – pour une intelligence telle que la sienne. Par chance, il allait lui présenter l'occasion de se dépêtrer très rapidement d'une façon qu'elle-même n'aurait su espérer. Du moins, le pensait-elle.

La main à l'arrêt sur la poignée de sa porte, Dolly se figea en entendant l'ordre de son voisin visiblement hors de lui. Elle grimaça, s'en voulant terriblement de n'avoir pas été plus rapide mais s'aventura à un coup d'œil par dessus son épaule pour évaluer le degré d'énervitude de l'homme, craignant le pire. Cependant, son attention fut immédiatement retenu par autre chose et son stress s'évapora un instant devant ce détail : il ne semblait toujours pas avoir découvert l'invention de la chemise, ou même du simple t-shirt. Peut-être était-il allergique au coton … Supposition idiote puisqu'il avait au moins la décence de porter des caleçons. Peut-être alors était-il ce genre de voisin toujours à poils chez eux, postés devant leur fenêtre donnant directement sur celle de leur voisine adolescente, attendant des heures la minute où la pauvre enfant tirerait enfin ses propres rideaux ? Retenant une nouvelle grimace, la scientifique finit par secouer la tête suite aux divagations de son esprit et fronça les sourcils en entendant le flot de paroles scandalisées qui se déversait des lèvres de l'individu. Croire qu'il puisse être en plein rêve était idiot : l'imagination même la plus débordante n'aurait pu produire un tableau si terrible – Dolly Missoni, cheftaine des réflexions et de la vigilance, créer un accident le matin du nouvel an ? Seule la réalité pouvait créer cette impitoyable ironie. Elle se releva donc et fit face fièrement à ce type qui semblait tout aussi ravi qu'elle par ses retrouvailles. Elle épousseta ses mains sur son jean et l'air pincé, détailla son allure une fois de plus déplorable et très peu convenable en présence d'une tiers personne. Après ce silence d'évaluation visuelle bien marqué, elle déclara le plus simplement du monde. « C'est sûr qu'il ne faudrait pas compter sur moi pour jouer la potiche énamourée sous vos draps et que disparaître n'est que mon souhait le plus cher mais malheureusement, non. C'est la réalité. Mais si vous préférez pour je-ne-sais-quelle-raison qu'on prétende que rien de tout cela n'a eu lieu, j'accepte. En temps normal je déteste ignorer quoique ce soit mais il s'avère que ça me serait pas mal bénéfique, là. » Ses yeux glissèrent en direction du capot abîmé de la voiture de sport et ses lèvres formèrent un « ouch » inaudible, toujours épatée par les dégâts qu'elle avait pu produire. Esquissant ensuite un sourire à l'adresse de son voisin, hypocritement radieux, elle eut un geste pour lui tendre une main en signe de commun accord mais se ravisa au dernier moment. Dieu sait où ses doigts avaient pu trainer ces dernières heures … Illico, elle attrapa donc son coude opposé et tourna sur elle-même en direction de sa voiture tout en retenant son souffle, comptant une fois de plus sur la faiblesse d'esprit de son voisin. Parce que, qu'il le veuille ou non, Dolly était toujours persuadée que son cerveau était moins développé que la moyenne et qu'un peu de poudre dans les yeux lui suffirait pour lui faire croire n'importe quoi.


Dernière édition par Dolly Missoni le Mar 18 Jan 2011 - 21:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyMar 11 Jan 2011 - 20:53

Il avait beau claquer des doigts, il avait beau espérer dur comme fer que tout ceci n'était qu'un rêve, la façon dont elle se retourna vers lui pour le toiser avec ce petit air suffisant qui l'avait agacé dès le premier jour où ils s'étaient rencontrés laissait plutôt croire à un cauchemar. Et cette façon qu'elle avait de s'épousseter les mains sur son jean, façon petite fille sage, c'était à vomir (ou alors peut-être était-ce tout simplement les effets toujours palpables de la gueule de bois qui lui donnaient cette impression de hauts le cœur ?) Quoiqu'il en soit, quand elle lui répondit de sa voix dédaigneuse en insistant bien sur le fait que tout ceci était réel mais qu'elle était prête à faire comme si de rien n'était si tel était son désir, Noah bomba le torse d'un air interdit et sentit les muscles de sa mâchoire se crisper devant ce " ouch " silencieux qu'elle articula en observant le coupé-sport agonisant. Elle avait raison, tout ceci ne pouvait relever que de la réalité tragique car, en rêve, elle se serait depuis bien longtemps faite écraser par un piano tombé du ciel en manifestation divine de la colère qui étouffait Dickers. Mieux, elle se serait faite démembrer - là, tout de suite et sous ses yeux - par un ou deux terroristes appartenant au mouvement Al Qaïda et désireux de provoquer un nouveau scandale et une nouvelle vague de panique en arrachant sauvagement la vie au stéréotype même de la bonne femme de quartier bien sous tout rapport et maniérée !

Sorti de ses fantasmes meurtriers par la fausse blague du " on se sert la main " suivie d'une nouvelle tentative de fuite, Noah abandonna son état de stupéfaction avancée pour rattraper la fuyarde, lui attraper le bras sans ménagement et la retourner de façon à la dominer de toute sa hauteur et de toute l'amplitude que sa voix pouvait avoir quand il se mettait dans l'idée de crier façon ours mal luné. " Et où pensez-vous vous rendre comme ça ?! Arrêtez de me prendre pour le pire des imbéciles et sortez moi un constat de votre boite à gants ou j'appelle les flics ! " Menaça-t-il en la secouant comme un prunier au rythme des envolées sonores de l'alarme qu'il n'avait toujours pas pris la peine d'éteindre.

Le fait de secouer cette garce avait quelque chose de libérateur pour sa colère, comme si l'idée même de lui faire trembler la colonne vertébrale en la bringuebalant d'avant en arrière lui permettait d'extérioriser un peu mieux la rage qu'il avait de se savoir de nouveau à pieds alors qu'il avait besoin de son véhicule pour se rendre à ses rendez-vous et qu'il avait déjà payé une fortune en réparations quelques mois auparavant, quand le cadeau de maman était mystérieusement tombé en panne le même jour que tout le courant du quartier.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyJeu 20 Jan 2011 - 20:32

Elle avait réussi à atteindre sa portière avant mais visiblement, ne fut une fois de plus pas assez rapide dans ses déplacements et elle allait sérieusement devoir travailler là dessus à l'avenir : lorsque l'on entreprend une fuite, autant le faire bien, sinon c'était complètement idiot et on finissait comme elle à cet instant : piégée. Lorsqu'elle sentit la main de son voisin l'empoigner, tout son corps se raidit, ne fit plus un geste et émit un petit cri de surprise, comme une souris malchanceuse qui venait de se faire capturer. Mais l'instant de stupeur finit par passer et ses yeux écarquillés se plissèrent en un regard perçant et assassin. D'où se permettait-il de l'attraper ainsi ? De toute évidence, il n'avait rien retenu de leur dernière altercation alors qu'il aurait du apprendre que franchir les limites avec Dolly était une très mauvaise idée. Lorsqu'il se mit à la secouer de plus en plus vivement en lui criant des ordres, les joues de la jeune femme s'enflammèrent et un air franchement courroucé balaya son visage. D'un geste aussi violent que ceux de l'individu, elle réussit à dégager son bras non sans avoir eu à le tortiller en tous sens comme si elle avait eu à le dévisser. Lorsqu'elle fut libérée, elle ne perdit pas une minute pour lever son autre main sur son voisin. Non pas pour le gifler cette fois mais pour carrément poser sa paume contre son torse, juste un peu en dessous de son cou pour le forcer à respecter un écart de conduite envers elle – ou pour l'étrangler s'il osait faire un pas de plus. Dans sa colère, il s'était bien trop rapproché et elle détestait l'allure enorgueillie et dominatrice qu'il abordait à son encontre. Elle avait certes un petit peu éraflé sa ridicule voiture mais ce n'était certainement pas une raison pour l'agresser de la sorte. Navrée de constater une fois de plus que les contacts physiques étaient inévitables entre eux, elle resta ferme dans son geste de protection et d'attaque à la fois (elle était prête à le griffer s'il tentait de la saisir à nouveau). Avant de prendre la parole d'une voix cassante, elle fixa durement son voisin l'air de dire « à votre place je n'irais pas plus loin ». « Je ne vous prends pas pour le pire des imbéciles mais pour le meilleur des imbéciles. Ce qui est très différent, croyez-moi. » Sans lui laisser le temps de répondre quoique ce soit et soupçonnant qu'elle n'avait pas intérêt à perdre son tour de parole, elle enchaîna très vite. « Inutile d'appeler les flics, si vous m'assurez que vous calmerez vos ardeurs, je veux bien collaborer. Mais il est inutile de vous mettre dans un état pareil. » C'était un peu l'hôpital qui se foutait de la charité mais elle assumait : elle était vraiment outrée par les réactions de cet homme alors qu'il ne s'agissait que d'un simple accident. Tirant finalement une grimace, visiblement irritée par le bruit de l'alarme qui retentissait toujours, elle finit par ajouter en donnant une petite mais cinglante claque sur le torse nu de son voisin comme pour le pousser à se bouger. « Éteignez-moi ce vacarme d'abord et ensuite on pourra discuter calmement. » Bien sûr, le « calmement » était tout relatif et la discussion qu'ils allaient sans doute avoir serait à un niveau d'octaves stridents mais l'intention y était. De plus, elle n'était pas forcément contre l'idée du constat qui finalement, lui serait probablement utile à elle aussi au moment où elle devra rendre sa voiture de location. Mais évidemment, elle n'allait pas se priver de jouer sur le mot « amiable » de « constat amiable » pour minimiser sa responsabilité et tenter d'en mettre un maximum sur le dos de son atroce voisin ...
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyMar 25 Jan 2011 - 2:33

La sentant se débattre pour tenter de se libérer, Noah ne put se résigner à lâcher prise si facilement et tenta de la secouer encore un peu avant qu'elle n'arrive définitivement à se défaire de son étreinte. Pis, il serait revenu à la charge dans la seconde s'il n'avait pas senti l'autre main de cette chipie venir menacer de ses griffes acérées la peau fine qui recouvrait le haut de son torse. Menaçant, s'il avait été un fauve on aurait pu entendre les la colère rouler dans son arrière gorge. L'envie de lui coller une claque restait belle et bien présente malgré toute la distance physique que Dolly tentait d'instaurer tant bien que mal ; à croire qu'elle représentait la cible idéale pour se décharger de sa mauvaise humeur d'avoir une fois de plus été réveillé trop tôt et de manière trop violente.

« Je ne vous prends pas pour le pire des imbéciles mais pour le meilleur des imbéciles. Ce qui est très différent, croyez-moi. » Dans un sursaut d'envies meurtrières, Noah prit un nouvel élan visant à amorcer un pas vers elle afin de la forcer à plier le bras et ce de façon à ce qu'il puisse s'approcher un peu plus (pour l'avoir à portée de main et lui tordre le coup une bonne fois pour toute), mais elle enchaina en l'incitant à se calmer et la tape dédaigneuse qu'il reçut sur le torse suffit à le faire se raidir. D'un claquement de doigts (ou de main, en l'occurence ...), la colère laissa place à l'interdiction la plus superbe qui soit et c'est avec un air sincèrement atterré qu'il la détailla en se demandant comment une bonne femme pouvait être aussi horripilante sans visiblement en prendre conscience. La moindre de ses manies suffisait à lui faire dresser le poil, c'était physique, il ne la supportait pas. S'il l'avait tout d'abord prise pour la chieuse toutes catégories, voisine acariâtre et maniaco-frigide de service, elle lui apparaissait désormais comme la personnification du sans-gêne et de tout ce qui rendait quelqu'un exaspérant à ses yeux.

« Éteignez-moi ce vacarme d'abord et ensuite on pourra discuter calmement. » Pincé, il reprit conscience du bruit assourdissant que provoquait l'alarme de sa voiture et se recula pour de bon afin qu'elle ne puisse plus se permettre le luxe de lui assener ce genre de petites tapes méprisantes qu'on collait sur la truffe des chiens un peu trop fouineurs. Avec une mauvaise foi clairement marquée, il mit fin aux hurlements du véhicule et bomba le torse en inspirant profondément pour s'inciter au calme. Force était de constater que gifler cette canaille n'arrangerait en rien la situation et ne lui apporterait rien de plus que des ennuis supplémentaires. Aussi fit-il l'effort de prendre sur lui pour en finir au plus vite dans l'optique de pouvoir rentrer chez lui le plus tôt possible et - pourquoi pas - faire appel à un réseau mafieux ou à un quelconque groupuscule malhonnête qui aurait pu lui fournir de l'anthrax à envoyer en toute anonymat pour se débarrasser de cette folle.

« Très bien» Grinça-t-il alors en ouvrant la portière conducteur afin de poser un genoux sur le siège et de s'étirer jusqu'à la boîte à gants dont il sortit une pochette dans laquelle figuraient papiers de son carrosse défiguré et feuille de constat. « Vous êtes en tort, j'exige que vous preniez l'entière responsabilité de votre incompétence derrière un volant. Signez, je me chargerai de rédiger le constat plus tard, quand j'aurais ENFIN eu le temps de faire ma nuit sans qu'une sociopathe ne s'acharne à me pourrir le premier jour de l'année. »

Incisif, il tendit brusquement le carnet auquel était épinglé un stylo dans la direction de la jeune femme, non sans omettre au passable de lui taper sournoisement l'avant bras d'une manière clairement inspirée du geste qu'elle-même s'était permise précédemment.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyMer 2 Fév 2011 - 16:16

Vue de l'extérieur, cette scène aurait clairement mérité que l'on appelle d'urgence la police pour les séparer. Ou les pompiers, à ce stade. Ils étaient visiblement l'un comme l'autre à deux doigts d'étrangler l'adversaire et pourtant, l'heure matinale ou peut-être le jour en lui-même faisaient qu'il n'y avait aucun témoin oculaire et qu'ils étaient bel et bien réduits à régler cette affaire seuls. Dans un sens, ce n'était pas plus mal : c'était très peu probable que Dolly se laisse maitriser par un duo de « flics de Miami » à cause de ce zigoto de première. La famille Missoni n'était pas blanche comme le linge et elle ne tenait pas à rejoindre le palmarès familial à cause d'une vulgaire altercation entre voisins. Elle voyait bien le visage de l'homme fulminer et la seule chose qui traversa son esprit fut de se demander combien de temps il survivrait avec une tension si élevée. De toute évidence, à vue de nez, cet individu devait forcément souffrir d'hypertension pour s'énerver de la sorte sur d'aussi petits détails. Une voiture cabossée méritait-elle vraiment un scandale comme celui-ci ? Elle eut presque envie de lui demander deux minutes de pause afin qu'il reprenne son souffle et s'exerce à quelques tactiques simples et rapides de yogi mais malheureusement (ou plutôt, heureusement pour elle …) elle n'eut pas le temps de formuler ses propositions car il consentit enfin à agir selon son bon vouloir et s'écarter de lui-même. Laissant retomber son bras contre son flanc, Dolly poussa un profond soupire de soulagement, persuadée à présent que l'affaire était dans le sac. Elle se recoiffa soigneusement d'une main et tira sur les ourlets de son haut afin de retrouver sa prestance initiale tandis que son voisin s'affairait dans sa voiture pour chercher ses papiers. Ce ne fut qu'une fois qu'il ressortit sa tête du véhicule que Dolly réalisa qu'elle aussi devait sortir les siens. Se moquant bien de faire perdre d'avantage de temps à cet homme, elle s'accorda tout de même deux minutes pour un éclat de rire à l'écoute de ses paroles. C'était de l'ironie, ça ! Elle ne savait pas, en temps normal, détecter cette forme peu logique d'humour mais là, elle était persuadée que c'était de l'ironie parce que selon la définition que sa mère lui avait rabâché un millier de fois « l'ironie est une raillerie qui consiste à dire le contraire de ce que l'on souhaite faire entendre. » Fière d'avoir su détecter cette fleur de rhétorique à elle seule, totalement inconsciente que pour une fois, elle aurait plutôt du faire abstraction des paroles de sa chère mère, elle réussit à articuler entre deux hoquets joyeux. « Très fort ! Non vraiment, excellente celle-ci ! J'ai beaucoup aimé. » Finissant par un sourire sincère, elle plissa néanmoins les yeux, ennuyée par le geste qu'il venait de copier sur le sien. Le traduisant pourtant comme la suite de « l'ironie » dont il avait fait preuve plus tôt, elle ne fit aucune remarque et ne laissa rien paraître sinon que son sourire sembla un peu plus forcé. Evidemment, elle ignora à merveilles ses projets et lorsqu'elle attrapa le carnet et le stylo, ce ne fut clairement pas pour y aposer uniquement sa signature. Les choses allaient se passer à sa façon, un point c'est tout. Avec rapidité, elle rejoignit le toit de sa voiture pour s'y appuyer et pouvoir écrire convenablement. Elle dévissa le stylo, commença à lire le formulaire et haussa un sourcil en lisant le nom de son voisin. C'était la première fois qu'elle l'apprenait. « Noah ... Des parents religieux ? » Apparemment, elle se fichait pas mal de la réponse parce que ses yeux ne s'étaient pas levés du papier et sa main commençait déjà à griffoner à une allure fulgurante (merci à toutes ces années universitaires) les cases qui lui étaient destinées. Bien entendu, elle ne se priva pas pour noter "incident involontaire conséquent d'un aveuglement du conducteur du à la couleur criarde et du brilliant du véhicule endommagé. Véhicule, par ailleurs, mal garé et (fort probablement) antérieurement cabossé." Pour finir, elle signa le papier d'une écriture majestueuse et aux angles acérés avant de se retourner vers Dickers. Elle lui tendit alors son carnet et son stylo, le visage rayonnant et un sourire plein de satisfaction perché sur ses lèvres. « Dolly Missoni. Enchantée. »
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyDim 6 Fév 2011 - 22:05

Interdit, Noah l'observa glousser comme une dinde en se demandant si le niveau de folie à laquelle il avait toujours associée cette femme depuis leur première rencontre n'était pas un poil plus élevé que ce qu'il avait imaginé dès le départ. Comment pouvait-elle rire en pareilles circonstances, alors que quelques secondes plus tôt ils en étaient encore à se fusiller du regard en dissimulant à peine les pensées morbides qu'ils envisageaient l'un pour l'autre dans un monde où l'homicide volontaire n'aurait pas été puni par la loi ? Comment ? La réponse vint d'elle-même et le prit totalement au dépourvu : elle pensait à une blague. UNE BLAGUE ! Non mais est-ce qu'elle l'avait bien regardé ? Avait-il l'air du genre à plaisanter à moitié à poil dans la rue tandis que le cadavre de son coupé sport servait d'élément de décore ... ? Un médecin, vite, cette voisine était bonne pour l'hospice ! Muet d'exaspération, voire d'incrédulité, Dickers la regarda s'emparer du carnet de constat et se rapprocher de l'arme du crime pour se servir du toit de la volvo comme support. Les bras ballants, visiblement incapable d'intégrer l'idée qu'il puisse exister sur terre des gens diamétralement opposés à lui et à sa façon de voir les choses, il ne répondit pas la question concernant son prénom ; trop intrigué par ce qu'elle semblait se dépêcher d'écrire et encore trop dépassé par le caractère bizarroïde de cette voisine qui devait être la plus tordue qu'il lui ait été donné de fréquenter (et dieu sait que des voisins complétement fêlés il en avait vu défiler à l'époque où il vivait encore à New York) ...

Enfin, elle revint vers lui afin de lui rendre les papiers et d'en profiter pour se présenter dans la foulée. Noah - qui réalisa alors qu'il ne connaissait même pas le nom de cette femme - eut la bonne idée de lire ce qu'elle avait écris sur le constat avant de répondre à sa présentation qui se voulait polie (à croire que le moment lui semblait idéal pour tenter de repartir sur de bonnes bases, preuve de plus que cette nana était gravement secouée du casque ...), de cette manière, il ne fit pas l'erreur d'entrer dans son jeu en lui rendant son salut et embraya sur une méprise identique à celle qu'elle-même avait commis un peu plus tôt en supposant qu'il ironisait. A son tour de la soupçonner d'un fouttage de gueule :

- « Incident involontaire conséquent d'un aveuglement du conducteur du à la ... » Commença-t-il, les yeux rivés sur le carnet, en laissant échapper un petit rire pincé. Vous plaisantez n'est-ce-pas ? Finit-il par déduire en reportant son attention sur la blonde qui - au vu de l'extrême satisfaction qu'on pouvait lire sur son visage - ne semblait pas plus rire que lui lorsqu'il lui avait demandé de signer et rien de plus. Se rendant compte de son erreur, il décida de mettre les choses à plat, supposant qu'être clair et précis serait certainement la meilleure des solutions pour se faire comprendre de cet être au fonctionnement totalement différent du sien : Écoutez Dolly, il semble plus qu'évident que nous ne sommes pas fait pour nous entendre. Je vais donc vous demander d'arrêter de jouer avec mes nerfs. Premier jour de l'an, lendemain de fête, ne me demandez pas de rester calme tout en vous amusant à me pousser dans mes retranchements pour voir jusqu'où tiendra l'élastique avant de lâcher. Je suis ... Il arracha la page qu'elle venait de remplir et la déchira consciencieusement de ses deux mains après avoir coincé le carnet sous son coude. Je suis prêt à faire un effort de patience et de diplomatie si, de votre côté, vous vous engagez à ne plus me prendre pour un con. Vous venez d'emboutir ma voiture, vous êtes assurée, vous reconnaissez vos torts, on me rembourse et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Avec un peu de chance ma voiture sera réparée avant le mariage pour lequel j'ai absolument besoin d'elle, je pourrais dormir en paix et vous pourrez retourner vaquer à vos occupations tout en sachant que je mettrai un point d'honneur à ne jamais croiser votre chemin tant que cela me sera possible. C'est le mieux que je puisse faire pour nous épargner la pénibilité de nos présences respectives aux yeux de l'un et l'autre, alors prenez ce carnet, cessez cette mauvaise foi, signez et facilitez-nous là tâche à tous les deux car je ne pense pas être capable de rester calme si - par malheur - vous veniez à me répondre une fois de plus avec le décalage intersidéral qui vous est propre et qui, soit dit en passant, m'exaspère à un point que vous n'imaginez pas, je peux vous le garantir.

Carnet dans une main, stylo dans l'autre, il tendit les deux éléments à Dolly comme on tend sucette et chamallow à un enfant en essayant de lui faire comprendre que, s'il est sage, il en aura d'autres. Ce ton calme, posé, profondément monocorde et dénué de toute agressivité ne pouvait signifier qu'une chose : Noah James Dickers en avait ras le bol et s'assurait d'avoir aussi essayé la solution diplomatique avant de lui en coller une sans aucun regret, de façon à ce que personne ne puisse l'accuser par la suite et si elle venait à s'en plaindre de ne pas avoir essayé de faire la paix avant de déclarer la guerre.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptySam 26 Fév 2011 - 23:39

Lorsqu'elle fut débarrassée du carnet, Dolly croisa sagement ses bras sous sa poitrine et patienta, l'air serein et suffisant, que ce Dickers lise et signe à son tour. Elle entendit donc parfaitement le petit rire qu'il eut au début de sa lecture mais ne le releva pas. Si ça se trouve, il était tout simplement heureux d'avoir réussi à lire sans l'aide de quiconque. Elle parut cependant légèrement perdue lorsqu'il releva son nez du papier et lui demanda non sans grande politesse (comme à son habitude, d'ailleurs) si elle était sérieuse. Hésitante dans ce qu'elle devait dire, son visage répondait pourtant à sa place : personne ne pouvait feindre l'air circonspect qu'elle affichait à présent face à sa question. N'émettant pas un seul bruit lors de la tirade qu'il lui adressa, son expression d'auto-satisfaction se fana au fil de ses mots. Comment pouvait-il se permettre de lui parler ainsi ? Croyait-il que cela lui faisait plaisir de se confronter à lui de si bon matin alors qu'elle était censée être ailleurs ? La jeune femme décroisa lentement ses bras et les laissant tomber mollement de chaque côté de son corps, de plus en plus abasourdie par le spectacle qui se jouait sous ses yeux. Elle eut même un sursaut lorsqu'elle le vit arracher puis déchirer totalement le constat qu'elle venait d'elle-même de rédiger. Quelle grossièreté ! Inutile de préciser que la stupéfaction ne tarda pas à laisser la place à une colère naissante. Les traits tirés par l'agacement, le regard de Dolly avait perdu toute son ingénuité pour laisser la place à une amertume retrouvée à l'égard de son voisin. Elle avait sincèrement cru qu'il pourrait pour une fois faire un effort et lui faire confiance, la laisser cette fois faire les choses comme elle le voulait mais non, il présentait encore de la résistance. Pire encore, il l'accusait d'être pleine de préjugés à son égard. Ce qui était faux : elle savait qu'il était con. C'était un fait, pas une présupposition. Il lui en avait offert les preuves plus d'une fois lors de leur première rencontre et l'expérience ne trompe jamais. Elle se garda toutefois de le souligner car il enchaînait déjà sur des points plus personnels et totalement déplacés. Une grimace traversa son visage lorsqu'il évoqua un mariage à venir. S'agissait-il du sien ? Ou de celui de quelqu'un d'autre ? Peut-être que sa mère se remariait ... Ce qui expliquerait ses emportements répétés … Ayant perdu le fil du blablah « diplomatique » de son voisin lors de ses hypothèses imaginaires, Dolly cligna des yeux au moment où il lui fourra une nouvelle fois entre les mains le carnet et le stylo. Bon, si elle avait bien compris, il voulait qu'elle refasse le constat selon des termes qu'elle n'avait pas entièrement saisi ... Il comptait visiblement sur elle pour prendre l'entière responsabilité de l'accident mais là, il se mettait le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Reprenant son sérieux, elle hocha doucement la tête comme si elle venait d'enregistrer tout ce qu'il venait de dire (alors que la majorité de son attention s'était envolée au mot « mariage » mais ça, il ne pouvait pas le savoir) et en prenait compte. Elle se pinça les lèvres, l'air grave, avant de prendre à son tour la parole en calquant une fois de plus son attitude sur la sienne, à savoir : une articulation distincte et une voix unie et posée. Une vraie discussion d'adultes, en somme. Ça devait le changer … « Je comprends tout à fait où vous voulez en venir. Croyez-le ou non, je ne suis pas votre ennemie ce matin, nous voulons tous les deux la même chose : arranger ce petit accroc de la manière la plus avantageuse pour nous deux. Mais pour se faire mon cher Dickers, je vais vous expliquer deux/trois trucs. D'une, cette voiture n'est pas la mienne, je la loue. J'ai déposé une caution pour pouvoir l'utiliser et au moindre pépin : adios ma caution ! Je ne peux donc pas me déclarer coupable. De deux, regardez votre engin. Sa garantie est bien plus intéressante que celle du véhicule que je conduis. Déclarez que vous êtes fautif ne changera rien pour vous : votre garantie payera. A quoi bon, sinon ? » Elle lui adressa un sourire indulgent et osa poser une main confiante et excessivement appuyée sur son avant bras. Elle avait lu quelque part que toucher son interlocuteur l'influençait inconsciemment à aller dans votre sens et à accepter ce que vous désiriez lui faire comprendre. Elle ajouta enfin sans lui laisser le temps de répondre quoique ce soit. « Le mariage se déroulera alors comme prévu, vous pourrez conduire les jeunes mariés jusqu'à leur lune de miel si vous le voulez, je vous le garantie. »
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyVen 4 Mar 2011 - 16:46

« Je comprends tout à fait où vous voulez en venir. Croyez-le ou non, je ne suis pas votre ennemie ce matin [...] » A n'en pas douter, quiconque aurait assisté à la scène aurait pu croire au tournage d'un mauvais feuilleton. Lui à moitié nu, les cheveux en pétard, l'air à bout de nerfs. Elle, propre et nette, parfaite dans son rôle de donneuse de leçon, le tout agrémenté des carcasses de leurs voitures plantées là comme un argument grotesque que des scénaristes à court d'imagination auraient pu trouver afin de se faire rencontrer deux personnages que rien ne prédestinait à avoir ce genre de conversation hypocrite. A vrai dire, l'écart générationnel et styliste semblait si grand qu'on aurait eu aucun mal à supposer que Noah faisait partie du casting d'une série pour adolescents tandis que Dolly, elle, aurait plutôt était du genre à sortir d'une fiction rétro prônant des valeurs ô combien différentes que celles que Noah incarnait dans son costume de fêtard mal réveillé, capricieux et de mauvais poil. Très sincèrement, qu'est ce que le réalisateur mystère de cette scène grotesque attendait pour arriver dans le champ et crier un " coupez, ça va pas le faire, on change de scripte ! " ? ...

Rien. Il n'attendait rien puisque tout ceci n'avait même pas le bon goût d'être le fruit d'un tournage cinématographique. Comme quoi la réalité n'avait souvent rien à envier aux studios hollywoodiens. Ce fut d'autant plus vrai lorsqu'elle lui apprit que cette voiture avec laquelle elle venait de ruiner son bijou n'était pas la sienne et qu'ils avaient tout à gagner (le " tout " étant ici des plus subjectifs ...) à ce que ce soit lui, Noah, lui endosse la responsabilité de l'accident. Cette accumulation de grotesque et de n'importe quoi finit par avoir raison de sa mauvaise humeur. Soupirant et soufflant comme pour chercher à comprendre ce qu'il avait bien pu faire au divin pour qu'on lui impose un jour de l'an aussi pourri, Dickers se contenta de dégager son bras de l'emprise de Dolly pour mieux venir se masser les tempes à l'aide de ses mains. Bon sang, ce qu'elle pouvait le fatiguer ... Il n'était déjà pas en grande forme, mais force était de constater que cette mégère avait un don inégalable pour lui pomper toute énergie, même négative. Blasé, il reprit carnet et crayon des mains de la voisine tout en maugréant dans sa barbe :

« Bien, ça suffit. Je n'en peux plus. Donnez-moi ça, qu'on en finisse. Je prends l'accident à charge et j'accepte le malus qui risque d'en découler, mais sachez bien qu'un seul autre pas de travers de votre part suffira à ce que je vous demande de me redevoir cette fleur ! D'ailleurs ... » Frappé par l'illumination divine tandis qu'il remplissait déjà le constat, Noah s'arrêta net et releva les yeux vers elle, réalisant que - contre toute attente - il y avait peut-être quelque chose de bon à tirer de cette situation et, par conséquent, de cette voisine à moitié barge. « J'ai trouvé. Mon malus contre la mise à profit de votre obsession ménagère ! » Ô JOIE ! Faute d'avoir trouvé une solution à son problème d'assurance, il venait d'en trouver une à son problème de rangement. C'était parfait, vraiment parfait. Assez parfait pour faire renaitre le sourire sur son visage fatigué. Il l'avait vu à l'œuvre ; il la savait parfaite dans le rôle de la bonne femme amoureuse de son aspirateur ; il pouvait donc en déduire que tout n'était pas perdu ! « Que diriez-vous de ranger mon salon ? Les ravages de l'ouragan l'on totalement dévasté et - j'imagine que cela ne vous surprendra pas - je n'ai toujours pas trouvé le courage de le remettre en ordre. » S'agissait-il bel et bien d'une pique narquoise en réponse au fait qu'il n'appréciait guère cet avis qu'elle se faisait sur tout (et plus particulièrement sur lui) sans même chercher à mieux connaitre ? De toute évidence, oui. Quoiqu'il en soit, secouant le constat comme un trophée à portée de doigts, il enchaina sur de plus amples explications en retrouvant espoir, bonne humeur et contentement (bénits soient les imbéciles heureux ^^) : « Vous faisiez ça si bien la dernière fois, souvenez-vous ! A croire que vous êtes faite pour le ménage ! »

Tout en tact et en délicatesse ...


Dernière édition par Noah J. Dickers le Mar 22 Mar 2011 - 0:17, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyJeu 17 Mar 2011 - 22:17

L'épuisement de son voisin et sa perte de patience grandissante n'inquiétaient toujours pas Dolly. Elle voyait bien à présent qu'il était fatigué mais elle mettait cela sur le compte de la fête à laquelle il avait du participer la veille. Rien qu'à vu d'œil elle pouvait juger qu'il était du genre à vivre la nuit et pour l'avoir à deux reprises côtoyé le matin, qu'il n'était vraiment pas présentable au réveil. Elle fit donc preuve de compréhension de son côté car bien qu'elle fut pressée par le temps, elle garda une apparence calme même lorsqu'il s'agitait de plus en plus. A ses yeux, le pire était passé et elle ne pensait pas qu'il avait assez d'énergie à présent pour la secouer ou lui hurler dessus une nouvelle fois. Et pourtant, elle était loin d'imaginer qu'il lui en réservait encore une belle …

Sans dire mot, elle le laissa prendre le carnet et ne put que se réjouir de le voir aller dans son sens. Il acceptait de A à Z son souhait concernant le constat et elle se déclarait déjà vainqueur lorsqu'un couac surgit. En un éclair, le joyeux sourire de la jeune femme déclina et les traits de son front se plissèrent. Quand il la regarda comme s'il venait de découvrir l'équation du siècle, Dolly se sentit doublement perdue et un sentiment bizarre la saisit … Qu'est-ce qu'il attendait d'elle, exactement ? Le fixant, l'air hébété, elle oublia de respirer un instant quand il lui demanda cash de venir faire le ménage chez lui. Pardon ? Il voulait qu'elle revienne dans sa décharge couverte ? Toussotant vivement, elle se tapa à renforts de deux petits coups sur le haut de sa poitrine avant de retrouver un rythme respiratoire normal mais sa tension se décuplant au fil des secondes. L'ouragan remontait à plusieurs semaines à présent : ce n'était pas le manque de courage qu'il l'avait gagné mais carrément le manque de maturité et une flemme maladive ! De plus, l'expression idiote qu'il affichait maintenant n'aidait en rien. Elle avait envie de lui répondre qu'elle préfèrerait récurer les toilettes d'un vestiaire de catcheurs professionnels que de remettre les pieds chez lui – endroit synonyme de bien mauvais souvenirs – mais le constat qu'il secouait sous son nez l'en empêchait. Elle n'était pas idiote et voyait parfaitement où il voulait en venir … Sauf que ce n'était pas du tout là où elle espérait que cette affaire se termine. Pourquoi diable fallait-il qu'il fasse preuve une fois de plus de résistance ? Décidément, il était encore plus immature et buté que ce qu'elle s'était figurée. D'un geste hargneux, elle attrapa le constat et vérifia d'un œil méfiant et insistant la signature qu'il venait d'apposer. Elle était correcte et tout le formulaire semblait en règle. Lorsqu'il ajouta non sans provocation qu'elle était « faite pour le ménage », elle leva un œil peu convaincu vers lui. Il cherchait vraiment à ce que ça soit son visage à lui qui ai besoin d'un constat après qu'elle se soit occupée de son cas. Et pourtant, la réponse qu'elle lui accorda était plus teintée : elle était prête à faire un effort aussi de son côté mais uniquement parce qu'elle comprenait qu'elle n'avait pas le choix. « Vous vivez dans un intérieur en ruines depuis des semaines ?! Qu'est-ce qui cloche chez vous, exactement ? » Elle secoua la tête vivement avant d'ajouter rapidement. « Non, ne répondez pas à ça, je n'ai même pas envie de savoir. Je vais aussi passer outre vos insinuations sur mes capacités ménagères : aimer vivre dans un endroit sain ne fait pas de moi une femme de ménage pour autant. » Elle porta sur lui un regard sévère, comme si sa fierté l'étouffait d'avance et l'empêchait d'aller plus loin. Mais il le fallait : elle avait besoin de ce constat. « Mais j'accepte. Pas de faire la poussière ou l'aspirateur, ça c'est hors de question mais je veux bien jeter un nouveau coup d'œil et vous aider à retrouver de l'espace et un semblant d'organisation … Même si je suis sûre que l'ouragan n'a pas grand chose à voir avec le bazar qui règne chez vous. » Évidemment, elle n'avait pas pris la peine de baisser le son de sa voix pour la dernière partie de sa phrase ni de détourner les yeux. Après tout, c'était les seuls mots de sa réponse qu'elle déclarait sans avoir envie de se donner des claques. Elle fut alors sur le point de lui rendre le papier avant d'arrêter son geste en mi-chemin et de venir reblotir le constat contre elle comme si elle le prenait en otage pour quelques instant. « Et de nuit. Ou très tôt le matin. Au choix mais à une heure où le voisinage ne m'apercevra pas entrer chez vous. » Cette dernière requête, elle la fit avec un regard qui ne laissait aucune place à un refus : il était évident que sa réputation lui tenait à cœur et que quiconque la verrait au service de ce Dickers la ruinerait totalement.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ CRASH. ✩ CRASH. EmptyMar 22 Mar 2011 - 1:10

« Vous vivez dans un intérieur en ruines depuis des semaines ?! Qu'est-ce qui cloche chez vous, exactement ? Non, ne répondez pas à ça, je n'ai même pas envie de savoir. Je vais aussi passer outre vos insinuations sur mes capacités ménagères : aimer vivre dans un endroit sain ne fait pas de moi une femme de ménage pour autant. » « Non, bien sûr que non ... » Répondit-il d'une voix entendue sans pour autant contenir un rictus peu convaincu, plus poignant à lui seul que n'importe lequel des démentis qu'il aurait pu faire afin de clairement lui faire comprendre que c'était fini et qu'à ses yeux de bordélique né elle était et resterait à jamais cette femme hystérique qui se servait de ses balais chéris comme d'armes pour foutre les types normaux comme lui à la rue ... « Mais j'accepte. [...] » Passant du statu de rictus à celui de véritable phare dans la nuit, le sourire éclatant de Dickers refit son apparition. Il n'écoutait déjà plus. Puéril, il se satisfit de l'entendre abdiquer en échange d'un malus dont - en vérité - il n'avait rien à faire. Méprisant, il se moquait bien d'avoir à payer 1000 dollars de plus par an pour satisfaire son assureur. Qu'est-ce que c'était 1000 dollars ? Une montre, même pas ! Non, ce qui tenait à cœur de l'enfant pourri gâté qu'il était consistait principalement à ne jamais s'entendre dire " non ". Or elle venait de dire " oui ", ce qui suffit amplement à regonfler à bloc son orgueil de paon ridiculement immature. C'est donc d'excellente humeur qu'il tendit la main pour récupérer le carnet avant de se rendre compte qu'elle n'avait pas l'air si décidée que ça de le lui rendre. « Et de nuit. Ou très tôt le matin. Au choix mais à une heure où le voisinage ne m'apercevra pas entrer chez vous. » Ne pouvant contenir un rire amusé - franchement amusé, même pas moqueur - Noah récupéra son bien d'un geste bon enfant avant d'assener dans les côtes de Dolly un petit coup de coude qui se voulait taquin. « Va pour la nuit, j'imagine qu'il ne sert plus à rien de vous dire que je ne suis résolument pas du matin. » Gloussant encore un peu, il arracha convenablement le constat de sa souche et le plia soigneusement avant de le coincer entre l'élastique de son caleçon et la peau satinée de sa hanche. « Voilà, je l'envoie dès que je rentre. » Promit-il avec des intonations d'enfant sage qui laissaient clairement deviner les années de pratique qu'il avait derrière lui en terme d'amadouage de maitresses et de professeurs en colère.

Enfin, il s'éloigna de cette brave voisine pour regagner le trottoir et - sur sa lancée de bonne humeur inattendue - se retourna une dernière fois afin d'ajouter : « On se voit cette nuit alors ! Si vous saviez comme j'ai hâte ! Bonne journée ! » Pouffant encore, il s'éloigna pour de bon, non sans se dire intérieurement que - toute aussi maniaque et frigide qu'elle puisse sembler être - cette bonne femme était tout de même bien naïve. Croire qu'il n'y aurait personne à Ocean Grove ( OCEAN GROVE ! Le quartier des commères omniscientes ! ) pour la voir pénétrer sa demeure à une heure douteuse de la nuit et en jaser derrière son dos était une preuve non négligeable soit de candeur impressionnante, soit de foi en la bonté d'âme d'une humanité utopique. Cela dit, la perspective de la voir - foulard et lunettes de soleil sur le nez - sauter de buissons en buissons pour s'approcher de sa porte et peut-être même de passer l'aspirateur dans le noir, afin de ne pas attirer l'attention, le rendait tellement hilare qu'il se moquait bien de prendre le risque qu'on puisse s'imaginer qu'il voyait une autre femme que Narcisse une fois la nuit venue. Ahhhh puérilité, quand tu nous tiens !
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