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 Back to origins.

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Back to origins. Vide
Message(#) Sujet: Back to origins. Back to origins. EmptyDim 2 Jan 2011 - 19:43

5 Janvier


Le doute s'était installé dans l'esprit sinueux de Pride, germant avec rapidité et empoisonnant son être déjà fort troublé par les récents événements. D'un accident violent de voiture, sa vie vint se mouvementer d'avantage, perdant sa mémoire et un amour d'adolescent, gagnant une autre existence lui miroitant d'autres espoirs, d'autres désirs ; ceux entre autre de partir d'ici et de ne jamais revenir sur son passé. Mas l'incertitude était là, fourbe, sournoise, vivace. Tel un serpent étreignant ses sens et étouffant ses pensées, le venin soumis par l'animal vicieux prénommé Doute, laissait Pride perplexe et plus confus encore qu'il ne l'avait jamais été. La notion de ses souvenirs se limitait à un jargon médical : rétrograde. Son état d'âme quant à lui, demeurait troublé par les dires d'une jolie blonde qu'il connaissait pourtant manipulatrice : Goldie Stewart. Les aveux qu'elle lui avait glissé à l'oreille sur sa délicieuse Muse, lui avaient laissé un arrière-goût d'amertume désagréable, et son palpitant plus que son palais, peinait bien à se remettre de ce goût acide dont il se serait bien passé. Assis sur un canapé au cuir noble, appartenant à la grande suite d'un hôtel qu'il avait investit depuis peu, Pride se faisait pensif et sombre. Son regard noisette ne fixait plus que la table basse d'un air absent et las, tentant de s'apaiser au son d'un silence régnant dans la pièce, effaçant l'amertume d'un trouble par le goût prononcé d'un whisky qu'il tenait entre ses doigts oblongs. D'un soupir, le jeune homme vint clore les paupières ; et l'aura sombre qu'il renvoyait alors lui conférait les éclats ténébreux d'un ange déchu. A croire, par sa pose songeuse et peinée, qu'il était sombrement romantique. Non, c'est juste de la pudeur. Un deuil quant à des souvenirs envolés, qu'il aimerait retrouver l'espace d'un funeste instant : celui de la vérité. Trop amoureux, trop indécis, trop confus, Pride n'en avait touché mot à Muse, bien trop envieux de se débarrasser de ces torpeurs seul. Car il avait foi en elle, malgré ce doute affreux s'immisçant dans son esprit. Et le jeune homme de reposer son verre sur la finesse d'une table soigneusement manufacturée, laissant ce seul cliquetis de métal transparent venir rompre le silence. Puis il se leva ; lever son coeur comme on lève l'abîme, décontenancé et trouble, avant que d'une rage soudaine, sa main ne vienne balayer tous les bibelots dormant sur la commode. La rage silencieuse, bien plus que la voix grondante, était souvent bien plus brut. Gagnant la salle de bain d'un pas sûr, il lui fallait à présent trouver quelques bandelettes pour envelopper sa main saignant avec abondance.

***

En cette matinée de Janvier, le soleil se faisant éclatant au-dessus de Miami. Chose habituelle, mais largement cynique au vu du moral des habitants qui broyaient surtout du noir. C'était pourtant d'un pas allègre et d'une moue confiante, que Pride ce matin se rendait au centre de désintoxication non loin d'ici. Non pour lui-même, mais bien pour un ami proche. « Liam Stanfield. » souffla-t-il à l'infirmière, une fois que cette dernière lui eusse demandé le prénom du patient qu'il souhaitait voir. Toquant à la porte, le jeune homme ne se fit guère prier pour entrer aussitôt : la silhouette de Liam lui tournant le dos apparut alors devant lui, et ce spectacle avait de quoi choquer ses rétines habituées à voir le neurologue bien plus en forme. La pâleur de sa peau trahissait ses soucis et ses angoisses, son maintien plus faible montrait quelques signes de fatigue, et lorsqu'enfin son ami se retourna, Pride ne put que s'apercevoir de l'éclat terne brillant dans ses yeux las. Il avait su, pour le renvoi de Liam. Il avait su aussi pour son addiction à l'alcool. Il n'avait pas su préparer les mots qu'il fallait, ni même l'attitude. S'approchant alors de ce dernier, Pride eut un sourire des plus amicaux, de ceux qui demeuraient les plus rares, et lui offrit une accolade assurée. « J'ai deux bonnes nouvelles. » fit-il alors en se redressant fièrement, sa voix délectable résonnant suavement dans la pièce avec une certaine insolence. « Je t'offre un local pour que tu continues ton activité. Tu monteras ton propre cabinet, et tu pourras surtout démonter ton ancien employeur. » Liam ou Pride... qui se ferait un plaisir de s'en charger avec des moyens sans doute peu conventionnels. Qu'importait. « Et je veux que tu sois mon témoin. A mon mariage. » renchérit-il non sans laisser ses yeux pénétrants accrocher avec insistance les prunelles de son ami. Pride avait toujours eu cette manie de parler d'une voix calme et posée, mais qui reflétait des ordres qui n'étaient pas discutables. Il transformait ses 'Je veux', en des 'Tu me donneras', auprès d'interlocuteurs souvent impressionnés par sa prestance. Aussi ne donnait-il, dans le fond, guère le choix à Liam, croyant ainsi bien faire. Plus encore, il venait de lui avouer de but en blanc son union avec une certaine Miss Hannigan.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyMer 5 Jan 2011 - 5:31

Liam serrait les dents, alors que la douleur de son crâne s'épaississait, alors que ses nausées se faisaient envahissantes. Il ne devait pas faiblir, il ne devait pas céder. Et pourtant, des larmes coulèrent sur ses joues alors qu'il se laissait tomber sur son lit d'un geste peu assuré. Il avait tenté d'appeler à l'aide, quelques instants plus tôt, en frappant dans la porte de sa chambre comme un forcené, mais si la femme, l'infirmière, était venue, elle lui avait clairement dit de retourner se coucher, qu'elle ne lui donnerait rien pour soulager sa douleur. Il ne savait même plus pourquoi il avait décidé de se rendre dans un centre de désintoxication; tout n'était que souffrance, désormais. Se lever était devenu un combat, parler lui procurait une sensation cuisante au niveau du crâne. Le manque d'alcool se faisait ressentir de plus en plus et il avait du mal à trouver le sommeil le soir venu, ses pensées se dirigeant à chaque fois vers sa fille, sans doute un peu perdue de ne pas comprendre tout ce qui se passait dans la vie de son père. Liam lui-même avait du mal à comprendre, avait du mal à se dire que c'était pour son bien, il ne savait plus comment il pouvait espérer aller mieux. Pas dans cet état.

La sueur sur son front témoignait de sa nuit agitée et les cernes sous ses yeux n'étaient que le miroir d'un manque récurent de sommeil. Posé devant la fenêtre après s'être relevé avec dificulté de son lit, alors qu'il l'avait ouverte à sa pleine capacité, c'est à dire pas grand chose, il poussa un soupir avant d'enfiler un tee-shirt blanc bien ordinaire, ayant déjà mis son jeans. Il n'avait jamais pris plaisir à s'habiller, mais ici, encore moins. Prendre soin de lui était devenu un besoin de seconde nécessité, alors qu'il ne voyait pas pourquoi il prendrait la peine de se vêtir convenablement d'une chemise si ce n'était que pour rester dans sa chambre sans pouvoir en sortir.

Perdu. Découragé. Déstabilisé. Tels étaient les trois mots qui pouvaient décrire Liam en cet instant, le médecin posant les yeux sur les édifices de l'autre côté de la rue sans vraiment les voir.

Ce fut quelques coups frappés à la porte qui semblèrent le ramener dans le monde qui était le sien, mais il ne prit pas tout de suite conscience qu'on venait d'entrer et que ce n'était pas l'infirmière habituelle qui passait tous les matins pour vérifier son état. Lorsqu'il se retourna, ses prunelles se posèrent immédiatement dans celles de Pride, alors qu'il n'avait pas été prévenu de sa visite. Et pourtant, voir ce visage familier lui faisait le plus grand bien, même s'il s'en voulait un peu de se montrer aussi mal en point devant lui. Il accueillit néanmoins l'accolade comme un signe d'amitié de la part de Pride et il espérait que son ami ne jugerait pas sa condition sans savoir. « J'ai deux bonnes nouvelles. » Si la curiosité aurait d'ordinaire été la sienne alors que Pride reculait avec les yeux pétillants de malice, Liam n'eut qu'un léger sourire en fronçant légèrement les sourcils, ne croyant plus aux miracles. « Je m'attendais pas à te voir ici, je pensais que tu étais à Chicago. » fit-il simplement en haussant les épaules. S'il savait pour le départ de Pride à Chicago, il n'avait pas eu vent de son retour. « Je t'offre un local pour que tu continues ton activité. Tu monteras ton propre cabinet, et tu pourras surtout démonter ton ancien employeur. » Fronçant les sourcils sans vraiment comprendre, ou plutôt sans vouloir comprendre, Liam resta stoïque devant la révélation. « Attends. Tu m'offres de monter mon propre cabinet? Je peux difficilement refuser, mais ... C'est trop tard. Je ne peux même plus exercer. Ni dans un hôpital, ni ailleurs. » La tristesse dans sa voix suffit à le faire baisser les yeux, alors qu'il secouait la tête sans réussir à accuser le coup. C'était trop dur de se dire qu'il ne pourrait plus jamais pratiquer la médecine; le métier qui lui donnait des papillons dans le ventre, qui le faisait se sentir utile.

« Et je veux que tu sois mon témoin. A mon mariage. » La révélation tomba comme un couperet, alors que Pride venait tout juste de lui dire qu'il avait demandé Muse en mariage. Muse et pas une autre. « Tu vas donc te marier? Avec elle? Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis? T'aurais même pas pu la voir en peinture avant! » s'exclame-t-il, encore sous le choc de la nouvelle. Non seulement Pride, l'homme le moins susceptible de se marier parmi les connaissances de Liam, allait le faire, mais en plus, il se mariait avec Muse, la femme la moins susceptible de lui plaire - psychologiquement parlant - il y avait quelques mois de cela. Vraiment, les temps changent et ce n'était pas toujours pour le mieux.

Affaibli, Liam prit appui sur l'un des meubles afin d'aider ses jambes à le soutenir. Il ne gardait plus grand chose dans l'estomac, maintenant que ses nausées se faisaient régulières et il ne pouvait donc pas reprendre des forces, ce qui jouait contre lui. Les tremblements de ses mains se faisaient incessants désormais et Liam était en sueur; on aurait presque dit qu'il avait pris dix ans de plus en à peine une semaine. Il déglutit et reporta sur Pride un regard lourd de sous-entendu, suppliant. « J'ai besoin de toi. Je peux pas continuer comme ça. Juste un peu. Un verre! » Il avait écarté son pouce de son index à environ cinq centimètres de distance, lui montrant ainsi qu'il était plus ou moins raisonnable. Ça lui ferait du bien et il serait plus apte à discuter; tout le monde serait content!
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyDim 9 Jan 2011 - 18:58

« Attends. Tu m'offres de monter mon propre cabinet? Je peux difficilement refuser, mais ... C'est trop tard. Je ne peux même plus exercer. Ni dans un hôpital, ni ailleurs. » Les propos de Liam ne furent pas saisis immédiatement par Pride : l'homme en costume peinait à comprendre le déroulement soit-disant logique de son ami. Peu scrupuleux, Berrington n'arrêtait jamais une entreprise quand bien même il planait au-dessus de lui le spectre de l'interdiction. Détourner les règles, contourner la loi ou la narguer, étaient autant de choses qui lui étaient habituelles. Non dans l'optique de prétendre qu'il était au-dessus de la justice puisque là n'était pas son but, mais parce que le jeune homme n'avait jamais vécu selon des règles préétablies. Et lorsque, à son adolescence, on lui avait imposé des limites, il se faisait une joie de les dépasser. Encore aujourd'hui, ce n'était guère le gène de l'honnêteté qui coulait dans ses veines : corrompu et frauduleux, Pride concevait que les lois et la norme sociale n'étaient faits que pour ne pas les respecter. Aussi arqua-t-il les sourcils, surpris : allait-il vraiment arrêter son activité parce qu'on lui avait ainsi interdit de pouvoir la continuer ? « Qu'est-ce qui t'empêche de pratiquer vraiment, le fait qu'ils te retirent de l'ordre des médecins ? Crois-moi, le travail au noir, c'est aussi très bénéfique. » souffla alors le jeune homme dénué de sens moral, dans un timbre suave d'une voix détachée. Finalement, ne s'attardant pas encore sur la question, Pride s'empressa de lui annoncer la seconde grande et belle nouvelle : son union avec celle qui s'était appropriée son coeur. Néanmoins, l'annonce n'eut pas vraiment l'effet escompté. « Tu vas donc te marier? Avec elle? Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis? T'aurais même pas pu la voir en peinture avant! » L'étonnement naissant avec brutalité dans le timbre de la voix de Liam, ne laissait plus place au doute : l'union de Pride et de Muse paraissait improbable pour bien des personnes. Fronçant alors les sourcils sous la stupeur abrupte de son ami, Berrington vint à se remémorer les dires de Goldie quand à la belle Hannigan. S'il avait eu la présence d'esprit de croire que la jeune blonde s'était lancée dans des élans suspects sur la véracité de leur couple dans le seul but sournois de s'amuser, il ne pouvait se borner à croire que Liam faisait de même. Quand bien même la fierté de Pride l'empêchait de les croire, il fallait bien admettre que l'étonnement de l'interné trahissait une nouvelle plutôt épatante. Muse et Pride, Pride et Muse. Pride qui n'avait jamais pu supporter Muse. Où se dissimulait la vérité, où s'immisçaient les détails importants lui permettant de reconstruire le puzzle de ses souvenirs, et vers où penchait son envie : son coeur ou sa raison ? Il aurait été si facile de les ignorer et de les narguer en leur envoyant un faire-part annonçant leur prochain mariage, et pourtant le jeune homme sentait plus que jamais ce besoin de savoir... Pour autant, ce fut piqué d'une colère froide, d'un agacement légitime, et d'une exaspération futile, que Pride se permit de renchérir. « C'est quoi votre problème ? Je côtoie Muse depuis cinq mois, et vous n'êtes foutus de me dire ce genre de chose que maintenant ? Prenez de la coke, excitez vos méninges et arrêtez de vous piquer au tranquillisant. » Toujours trop franc dans ses propos, il n'avait su retenir son venin face à l'homme affaibli devant lui. L'ancien escroc glissa sa main étrangement assurée dans sa tignasse brune, il eut un soupir las non dans une envie de repentance, mais dans le désir d'une retenue. Pride ne regrettait pas ses propos, après tout il était légitime de scander son incompréhension face à leurs attitudes : pourquoi maintenant, pourquoi s'obstiner à vouloir lui briser ses rêves, ses désirs, ses envies... son palpitant. Pourquoi dès maintenant, et pourquoi ne pas l'avoir évoqué lorsqu'il s'affichait déjà aux bras de la jolie brune. Fallait-il penser qu'ils étaient piqués d'une jalousie ou d'une frustration coupable pour le lui annoncer une fois que sa belle avait la bague au doigt ? S'agissait-il de se montrer plus sadique encore que l'adorateur du sadisme lui-même ? … Autant de questions venant traverser les méandres de ses pensées, avant qu'il ne reprenne ses esprits : ne pas les imputer de tous ses maux, et se remettre enfin à la recherche de la vérité, lui paraissait la meilleure alternative. S'il l'avait refusée face à Goldie, ce fut bien Liam qui l'aida, sans qu'il ne le sache, dans sa décision. Ainsi, Pride releva sa tête brune et serra la mâchoire dans la seule optique de se taire : ne pas blâmer, ne pas fustiger, afin d'entreprendre une autre quête. La sienne.

Se calmant alors, ses prunelles brunes suivirent avec appréhension la silhouette tremblante d'un Liam plus que mal en point. Le calme régnant dans la pièce se faisait témoin de la faiblesse du patient, le moindre son semblait être une menace de plus, prêt à achever Liam et le mettre à terre. Ce fut donc taciturne que Pride observa son ami tenter de se retenir à un meuble, refusant de venir l'assister : car Liam devait trouver la force de se relever seul. Cette étrange manie de ne pas prêter secours dans ce genre de situation délicate était propre au jeune homme, et inhérente à sa personnalité sombre. Élevé à la dure, dans le cadre rigide et violent d'une vie sans pitié, il s'était de cette façon endurci. Ainsi, il ne voyait guère l'utilité d'assister Liam alors que ce dernier se relèverait bien plus en affrontant seul sa faiblesse physique. « J'ai besoin de toi. Je peux pas continuer comme ça. Juste un peu. Un verre! » Et là où beaucoup se seraient offusqués, auraient jugé la faiblesse implorante de l'ancien alcoolique, Pride eut au contraire un sourire amusé et amical. Une facette humaine et pure qu'on ne lui connaissait que peu. « Parce que tu crois vraiment que je me promène avec des bouteilles de Whisky dans les poches ? Je gère un club de striptease, je ne suis pas sheriff. » souffla-t-il non sans hésiter à railler les autorités, avant de prendre place sur une chaise face à Liam. Prenant ses aises avec assurance malgré la situation, Pride porta ses doigts songeurs à ses lèvres, toisant Liam comme si ce dernier se portait bien. Une façon comme une autre de lui faire comprendre que malgré tout, il ne portait pas un regard différent sur son ami. « Et ce n'est pas parce que tu vas bien finir par subir une greffe du foie ratée que tu as le droit de refuser mon offre de cabinet médical. Souris, bientôt tu vas pouvoir revoir tes collègues à l'hôpital, et cette fois encore ce sera pour une expulsion. » L'expulsion barbare de son organe abdominal pour en greffer un autre. Si Liam n'avait nullement évoqué cette histoire de greffe suite à un éventuel dépistage de cirrhose, Pride ne s'était guère gêné pour ne pas mâcher ses mots et provoquer l'électrochoc : le jeune homme en parlait comme si une certaine fatalité était déjà toute tracée. « Je me demande s'ils sont foutus d'ouvrir un abdomen sans y perdre leur scalpel. » rajouta-t-il non sans arquer les sourcils. Et malgré le détachement dont il faisait preuve, Pride demeurait intérieurement inquiet. Non seulement pour la santé de Liam, mais également pour ces accusations portées sur Muse. Derrière la princesse se cacherait-il une opportuniste sans scrupules ?
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyDim 9 Jan 2011 - 23:26

« Qu'est-ce qui t'empêche de pratiquer vraiment, le fait qu'ils te retirent de l'ordre des médecins ? Crois-moi, le travail au noir, c'est aussi très bénéfique. » « Tu me vois pratiquer la médecine? Sérieusement? Je ne suis pas apte à le faire, ils me l'ont bien assez dit. » soupira Liam en fermant les yeux, conscient que la chance que Pride lui offrait était de celles qui ne se représenteraient jamais plus. Mais tout se mélangeait dans sa tête et s'il avait d'abord cru pouvoir poursuivre ses activités, le manque d'alcool le rendait soudainement bien moins confiant quant à ses aptitudes. Il avait perdu toute confiance en lui-même, tout comme les autres avaient perdu confiance en lui. Comment pourrait-il effacer ce renvoi, si soudain, si pathétique et pourtant si prévisible de sa tête et tout reprendre à zéro? C'était définitivement impossible. C'était un choc pour lui de savoir qu'il n'exercerait plus jamais et son esprit d'analyse n'étais pas en suffisamment bon état pour se dire qu'il n'avait pas encore tout perdu, qu'il pourrait toujours revenir, un jour. Peut-être. L'incertitude, lui qui se basait toujours sur des réalités, lui donnait l'impression de se perdre dans des dédales sans fin.

Néanmoins, Pride ne s'était pas attardé sur ses explications et avait préféré, aussitôt, enchaîner sur la seconde bonne nouvelle, apparemment. Nouvelle qui soutira un hoquet de surprise au neurologue, qui ne s'y attendait pas du tout. La colère de Pride, légitime alors que Liam ne semblait pas vraiment se réjouir de la nouvelle, suffit à calmer le médecin, sans pourtant qu'il ne puisse avouer haut et fort qu'il s'était emporté trop vite sans savoir. « C'est quoi votre problème ? Je côtoie Muse depuis cinq mois, et vous n'êtes foutus de me dire ce genre de chose que maintenant ? Prenez de la coke, excitez vos méninges et arrêtez de vous piquer au tranquillisant. » Un soupir pour le moins amusé s'échappa des lèvres entrouvertes de Liam. « Si tu m'en donnes, je veux bien. Ça va faire changement. » Et puis, prenant conscience qu'il ne répondait en rien à la question posée par son ami, il se frotta un oeil en haussant les épaules. « Écoute ... » Incapable de trouver les mots pour expliquer ce qu'il ressentait et les raisons de ce silence, pendant cinq mois, Liam dut prendre quelques instants de réflexion avant de redresser son regard dans celui, toujours autant énigmatique, de Pride. « Pour ma part, sincèrement, je pensais que tu comprendrais. Je pensais pas qu'elle saurait te garder aussi longtemps. » Il avait légèrement froncé les sourcils, les yeux perdus dans le vague, alors qu'il se refusait à observer Pride en face. Il ne savait pas pourquoi il n'avait pas tenté à mettre Pride en garde contre Muse. Pour le préserver? Le ménager? Il avait vécu tellement de choses ces derniers temps, il recherchait encore ses souvenirs, sa vie qui s'était envolée, comment aurait-il pu lui cracher au visage que la femme qu'il croyait aimer n'était pas faite pour lui? Il n'aurait jamais pu, évidemment.

Liam n'avait pas espéré l'aide de Pride, il ne voulait l'aide de personne. Il ferma simplement les yeux un moment et malgré le fait qu'il ne voulait rien demander, il ne put s'empêcher de supplier de quelques mots afin de tenter d'obtenir ce à quoi il n'avait malheureusement plus le droit. La réaction de Pride, alors qu'il avait espéré, en vain, qu'il remette entre ses mains une bouteille aux relents d'alcool qui lui faisait tant envie, lui fit baisser les yeux alors qu'il tentait de contenir la colère et l'envie qui grimpaient sans qu'il ne puisse rien faire pour s'apaiser. Même le sourire amusé de son ami, que Liam venait d'apercevoir en reportant son attention sur lui, ne suffit pas à le calmer. « Parce que tu crois vraiment que je me promène avec des bouteilles de Whisky dans les poches ? Je gère un club de striptease, je ne suis pas sheriff. » « Tu devrais. » Il tentait de garder le contrôle de ses émotions et il dut saisir l'une des serviettes posées à sa disposition pour essuyer son front, en sueur.

« Et ce n'est pas parce que tu vas bien finir par subir une greffe du foie ratée que tu as le droit de refuser mon offre de cabinet médical. Souris, bientôt tu vas pouvoir revoir tes collègues à l'hôpital, et cette fois encore ce sera pour une expulsion. » Surpris, mais surtout paniqué par un trop plein de «peut-être» dont il n'avait pas l'habitude, Liam fit les quelques pas qui le séparaient du lit pour s'y asseoir, soudain dépassé par les évènements. Était-il vrai qu'il risquait une greffe? Personne n'avait jamais parlé de greffe. Pas à son âge, non? Sous le choc, il sentit que son coeur s'affolait et dut prendre une grande respiration pour se calmer complètement. « Mon foie va très bien. » Un peu trop brusque pour les paroles amusées se voulant sympathiques de Pride, Liam ne parvenait pas à faire la part des choses. « Je me demande s'ils sont foutus d'ouvrir un abdomen sans y perdre leur scalpel. » « ARRÊTE! » Sans le vouloir, il venait d'élever la voix contre son ami, effrayé, perdu et complètement déboussolé. « À quoi tu joues? Tu veux me faire payer la révélation que je viens de te faire? Reste avec ta Muse, si tu veux! Je te dis simplement ce qu'il en était, avant! Tu trouves pas ça étrange que tout à coup, elle t'ouvre les bras comme si ça avait toujours été comme ça? » Il ne comprenait pas pourquoi Pride tentait de l'effrayer, surtout que toutes ses sensations étaient désormais décuplées, changées ou même complètement inversées, ne serait-ce qu'à cause du manque d'alcool flagrant dans ses veines. « Ils sont compétents, au Baptist Hospital. Oublier un scalpel ... Ça peut t'emmener en cour, c'est trucs-là! » fit-il simplement alors que son ton de voix baissait légèrement, comme s'il se rendait finalement compte que Pride ne voulait pas mal faire.

Le médecin saisit sa tête entre ses mains, posant les coudes sur ses genoux pendant un court moment, histoire de reprendre le peu de dignité et de contenance qu'il possédait. « Tu l'aimes? » demanda-t-il en redressant simplement la tête vers lui, toujours courbé dans une position difficilement enviable, sa main droite posée sous son menton pour soutenir sa tête. Si l'amour était un sentiment que Liam avait su éprouver, il n'y parviendrait sans doute plus jamais. « Comment tu peux savoir qu'elle te fait pas tourner en bourrique et qu'elle profite pas du fait que tu ne sais pas? » Pessimiste, il ne parvint pas à tenter d'encourager son ami, pas tant qu'il ne saurait pas les véritables intentions de Muse. Or, cloîtré ici, ce n'était pas la tâche la plus aidée qu'il lui ait été donnée de réaliser.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyMer 12 Jan 2011 - 17:27

« À quoi tu joues? Tu veux me faire payer la révélation que je viens de te faire?  » « Quoi ? » Jusque là, Pride avait essuyé les remarques blasées de son ami avec plus ou moins d'amusement, se contentant de surenchérir par de la provocation, conscient que ce n'était guère une passe facile à vivre pour l'ancien médecin. Mais sous l'emportement insolent et puéril que Liam avait, en pensant visiblement que les mots de Pride n'étaient là que pour lui faire payer un semblant d'opinions qu'il n'avait pas apprécié, le businessman s'était malgré lui offusqué. Sa voix habituellement posée et suave, se dotant d'un timbre plus haut et légèrement plus agressif qu'à l'accoutumée : le premier palier avant d'entendre la voix de Pride sortir de son murmure frémissant légendaire. Une aubaine en vérité pour ce jeune homme qui montrait difficilement ses émotions : même sa voix se faisait souffle rauque et délectable ; qu'il aime, qu'il haïsse, qu'il méprise, qu'il raille ou qu'il compatisse – dans des cas toutefois plus rares – , son intonation se bornait à un murmure. Quelque part enviait-il cette faculté qu'avait Liam à savoir exorciser ses émotions d'un simple timbre chantant ; lui se bornait à se faire mystérieux dans les quelques inflexions frissonnantes vocales qu'il desservait. Mais avant même que Pride ne puisse renchérir, Liam vint terminer sa réplique un peu trop spontanée : à défaut de mots, ce furent ses yeux mordorés qui parlèrent pour Pride. On ne pouvait que sentir la contrariété piquée de ce dernier, face aux pensées de son ami. « Reste avec ta Muse, si tu veux! Je te dis simplement ce qu'il en était, avant! Tu trouves pas ça étrange que tout à coup, elle t'ouvre les bras comme si ça avait toujours été comme ça? » « Va te faire voir Liam. » Froncement de sourcils, coeur qui s'accélère sous le penchant d'une colère naissante, sentiment de se faire attaquer : il était temps d'ériger une défense venimeuse. « Tu crois que ça m'amuse d'oublier les noms de mes négociateurs, de ne plus savoir ce que j'ai fait la veille, d'avoir des putains de trous noirs chroniques et d'oublier ce que j'ai fait de mes sept dernières années ? Tu crois que j'ai lâché Jaelyn parce que je l'ai voulu ? Bordel mais t'étais où quand je savais même plus où j'habitais ? Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse, que je lise dans les entrailles des macchabées de ton putain d'hôpital pour savoir si Muse avait déjà joué un rôle dans ma vie auparavant ? » Premier angle d'attaque un peu trop virulent mais qui témoignait d'un certain mal être : bien sûr qu'il lui en avait voulu. Mais il comprenait aussi que chacun avait ses problèmes à régler, la preuve en était de l'état actuel de Liam. Néanmoins, puisqu'était venu le temps des aveux... « J'étais seul avant de la connaître, Liam. Seul, comme toi face à tes putains de bouteilles. » Le silence après la tempête : un mutisme lourd s'installa dans la chambre tandis que Pride tourna la tête dans un soupir glacé. Ce ne fut qu'après de trop longues secondes qu'il accorda qu'il était allé trop loin : sa dernière phrase, loin de vouloir être mauvaise, trahissait son impuissance face au désarroi de Liam. Et voilà une chose qu'il ne se permettait pas. « D'accord, ça m'a échappé. » Une excuse déguisée tandis qu'il passa une main dans ses cheveux d'ébène, avant de caler son cou contre le dossier de la chaise en bois brut. Fermant les paupières un instant, Pride les rouvrit pour mieux tenter de faire le vide dans son esprit, ses prunelles brunes fixant un plafond terne. Dieu que Liam virerait cinglé s'il restait trop longtemps dans cet endroit : on n'aurait pas même idée d'y enfermer des bonnes soeurs. Et finalement, la remarque de Liam sur les scalpels lui arracha un sourire amusé. Un vrai, pas un de ceux qui se teintent d'une lueur narquoise, mais qui se voilent d'une belle humanité. D'une belle amitié, en l'occurrence.

« Tu l'aimes? » Doucement, Pride baissa sa tête brune, ses prunelles pénétrantes glissant du plafond grisâtre à Liam inconfortablement installé sur le lit. Sa question n'était pas tant déroutante, d'ailleurs il la considéra même comme légitime. Aussi ce fut dans un calme retrouvé et avec naturel qu'il répliqua enfin. « Ca me semble plutôt évident. Les mariages de convenance ne sont plus autorisés aux Etats-Unis, à moins d'être Mormon. » Légère boutade cynique, qui ne fut reçue qu'avec un certain pragmatisme de la part de l'intéressé : « Comment tu peux savoir qu'elle te fait pas tourner en bourrique et qu'elle profite pas du fait que tu ne sais pas? » « Et comment tu veux que je sache ? » Pride alors fronça les sourcils : agacé par l'acharnement de Liam et de Goldie auparavant, trop amoureux encore pour les croire, ce sentiment qu'ils tentaient de lui arracher quelque chose auquel il tenait vraiment... Néanmoins, il était étrange que l'ancien neurologue et son employée n'ait tenu le même discours : coïncidence ou énigme à creuser ? Un silence s'installa de nouveau, au cours duquel Pride ne lâcha pas des yeux le jeune homme encore fébrile. Puis enfin, vint la question cruciale. « Pourquoi maintenant Liam ? Pourquoi vous vous obstinez à vouloir me monter contre elle ? Qu'est-ce qu'il y a, tu es jaloux peut-être ? Jaloux du fait que le mec instable que je suis arrive à mieux gérer sa vie qu'un brillant médecin ? » La colère, l'insolence, la tension de la situation les poussait à prononcer des paroles qu'ils ne pensaient pas... Typique dans quelque dispute que ce soit, face à un être cher. Typique, mais dangereux. Enfin, Pride se leva avec aplomb, d'un maintien puissant mais d'une aura sombre, il sentait sa colère s'intensifier au fur et à mesure qu'on s'attaquait à sa future femme, qu'on suspectait la véracité de leur amour, qu'on le mettait en proie au doute... Car c'est parce qu'il doutait que le jeune homme commençait à vaciller et à ne plus comprendre : l'attaque était la meilleure de ses défenses, notamment pour tenter de prouver qu'il ne les croyait pas. Pourtant, c'était bel et bien le cas. « Mais puisque tu insistes, je vais vous prouver que vous avez tort, qu'elle n'est pas une opportuniste. Et je continuerai à prendre ma vie en mains, chose que tu devrais faire d'ailleurs : te battre pour récupérer ta place au lieu de piailler pour un peu de White Spirit. Fous ta vie en l'air si tu veux, mais ne t'attaque pas à la mienne. » Les propos du jeune homme, sous un élan d'agacement, de colère et de trouble, dissimulaient autant de provocation destinée à un électrochoc, que d'affection rude pour tenter de lui faire comprendre la dangerosité de sa situation, qu'un appel à l'aide cachant une confusion de son esprit. Sitôt sorti de cette chambre, Pride se rendrait à Harvard, lieu de ses souvenirs à retrouver.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyJeu 13 Jan 2011 - 0:19

Le « Va te faire voir Liam. » que lui servit son ami ne l'atteignit pas plus que ça, alors que Liam tentait désespérément de suivre le fil de ses propres pensées. Le timbre de voix, glacé et venimeux, de Pride suffit à attirer son attention sur un monologue qui ne manqua pas de l'exaspérer, lui qui s'en serait d'abord et avant tout sentit interpellé, dans une autre conversation. Dans une autre situation. Dans une autre chambre. « Tu crois que ça m'amuse d'oublier les noms de mes négociateurs, de ne plus savoir ce que j'ai fait la veille, d'avoir des putains de trous noirs chroniques et d'oublier ce que j'ai fait de mes sept dernières années ? Tu crois que j'ai lâché Jaelyn parce que je l'ai voulu ? Bordel mais t'étais où quand je savais même plus où j'habitais ? Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse, que je lise dans les entrailles des macchabées de ton putain d'hôpital pour savoir si Muse avait déjà joué un rôle dans ma vie auparavant ? » « EX - hôpital. » N'était-ce là que les seuls mots qu'il avait pu retenir de la tirade de son ami? « Les entrailles des macchabées de ton putain d'hôpital »? Bien sûr que non, mais l'état actuel de Liam faisait en sorte que le début des phrases trop longues lui échappait, qu'il gardait en mémoire sans réellement savoir quoi rajouter. Il devait faire un effort de concentration maximal pour réussir à saisir le sens de ses propos, alors qu'il y voyait là un reproche peu avisé. « J'étais où? Quelque part en ville en train de baiser n'importe qui, tu me diras? Et bien si tu ne t'en souviens pas, je te signale que j'étais avec toi. Je t'ai offert mon aide, mais j'avais d'autres soucis en tête que de voir à ce que tes relations amoureuses se déroulent bien, tu vois? » Pride était un grand garçon et Liam le connaissait suffisamment pour savoir qu'il n'aurait sans doute pas apprécié de se faire materner. De toute façon, si l'ex-médecin avait tenté de l'aider coûte que coûte, il avait également d'autres obligations qui l'occupaient ailleurs. Si la loyauté envers ses amis était reconnue comme étant légendaire chez lui, alors qu'il tentait d'apporter son aide du mieux qu'il le pouvait, son travail, sa fille, tout lui avait demandé beaucoup trop de temps, temps qu'il avait tenté de départager également selon ses priorités.

« J'étais seul avant de la connaître, Liam. Seul, comme toi face à tes putains de bouteilles. » Comme happé par la foudre, Liam demeura pétrifié sur place alors que les paroles de Pride le brisaient comme une roche balancée contre une vitre pouvait la faire éclater. Incapable de prononcer ne serait-ce qu'un son, il demeura silencieux, la déception et la véracité des propos de son ami venant entraver la maigre confiance en soi qu'il avait réussit à gagner. « D'accord, ça m'a échappé. » Résigné, une grimace étira ses traits en un rictus douloureux, qui venait sans aucun doute témoigner de la brutalité du sujet abordé. « Non t'as raison. On se demande juste comment on a pu atteindre ce plateau si élevé que lorsqu'on fait un pas de plus, on tombe dans le vide, non? C'est ça, ta perception? Toi, t'avais la chance de reprendre ta vie. Moi, je détruisais la mienne. » Il ferma les yeux et déglutit, préférant donc se poser sur son lit pour tenter de retrouver ses esprits, esprits qui semblaient s'envoler de plus en plus sous la menace d'une ombre permanente.

C'était difficile de se dire que son ami était tombé amoureux de la femme qu'il n'aurait apparemment jamais pu aimer, avant, mais Liam ne put s'empêcher de lui poser la question, tentant d'obtenir une réponse. « Ca me semble plutôt évident. Les mariages de convenance ne sont plus autorisés aux Etats-Unis, à moins d'être Mormon. » Bien sûr. Il l'aimait. Liam, pourtant, ne put s'empêcher de hausser le ton légèrement pour tenter de lui faire entendre raison, encore une fois. « Et comment tu veux que je sache ? » « J'en sais rien, moi! » « Pourquoi maintenant Liam ? Pourquoi vous vous obstinez à vouloir me monter contre elle ? Qu'est-ce qu'il y a, tu es jaloux peut-être ? Jaloux du fait que le mec instable que je suis arrive à mieux gérer sa vie qu'un brillant médecin ? » « C'est vraiment ce que tu penses? Jaloux de quoi, tu veux bien me dire? Je ne PEUX PAS tomber amoureux! Tu vois, la seule femme, en neuf ans, que j'ai côtoyé est partie. Comme l'autre. Je ne peux pas être jaloux de ce que tu vis; on n'envie pas ce qu'on ne connait pas! » « Mais puisque tu insistes, je vais vous prouver que vous avez tort, qu'elle n'est pas une opportuniste. Et je continuerai à prendre ma vie en mains, chose que tu devrais faire d'ailleurs : te battre pour récupérer ta place au lieu de piailler pour un peu de White Spirit. Fous ta vie en l'air si tu veux, mais ne t'attaque pas à la mienne. » Les propos de Pride firent l'effet d'une bombe dans l'esprit déjà embrumé de l'alcoolique. Repenser à Panamee et à sa désertion n'arrangeaient pas les choses et Liam en venait à se dire qu'il était cent fois mieux seul. Il n'avait que lui à gérer, il ne souffrait pas. Autrement dit, il venait de décider en un instant qu'il se refermait sur lui-même et qu'il n'ouvrirait plus jamais son coeur. Bien sûr, c'était sans compter qu'il ne fallait jamais dire jamais.

« Récupérer ma place? Tu veux rire? J'ai TOUT fait foirer, Pride! Ils me reprendront jamais. Ils s'en fichent, de ce que j'ai pu réussir de bien, ils vont voir ce que je pourrais rater. Ils ne prendront jamais le risque, même si je m'en sors! Je pourrais replonger. Je pourrais tuer un patient. L'hôpital pourrait en souffrir si jamais il y avait un procès contre eux. Ils évitent les problèmes avant qu'ils ne leur tombent dessus et je ne peux pas les en blâmer. » Liam avait élevé la voix, mais malgré sa tête qui avait de nouveau retrouvé sa place au creux de ses mains, son désespoir guidait ses mots. Il n'avait plus aucune chance d'espérer ne serait-ce qu'exercer à nouveau. Jamais. « Toi, tu dois bien savoir ce que ça coûte, un procès? Au delà de l'intégrité, de la confiance et du prestige? » Son regard avait accroché celui de son ami et il préféra de lui-même répondre à sa question, qui devenait tout à fait rhétorique. « Une putain de fortune. » Découragé, il avait déjà été impliqué dans un procès, un procès qui avait sans doute bien emmerdé l'hôpital, qui avait finalement réussit à étouffer l'affaire. Malheureusement, l'histoire d'un médecin alcoolique qui diagnostique des maladies du cerveau et qui supervise l'opération de l'un des organes les plus importants du corps humain ne passerait pas inaperçue, Liam pouvait en être assuré.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyLun 17 Jan 2011 - 18:51

Signe de mésentente cordiale, Liam poussa le vice jusqu'à clamer haut et fort qu'il n'était pas ici pour mieux superviser les idylles amoureusement chaotiques de Pride. Ce qui, en d'autres termes, trahissait son incapacité totale à comprendre ce que Berrington lui reprochait : il se fichait bien de l'actuelle remise en question de son couple, les histoires de coeur n'avaient rien à voir dans ce fichu échange virant en dispute. Pride lui reprochait sa non-réactivité, celle qui avait empêché Liam de lui faire part de ses doutes avant qu'il ne s'engage avec Muse, avant qu'il ne ressente quelque chose, avant que cela n'aille plus loin qu'une banale histoire éphémère. Les relations idylliques n'étaient pas le propos, mais l'ancien médecin, trop fragile dans tout son manque d'alcool, ne percevait plus rien. Son ordre des priorités semblait avoir changé : il s'agissait sans doute pour lui de lutter contre l'envie d'un bon cognac, plutôt que d'écouter le procès de son ami. Procès qui tombait mal, il fallait bien l'avouer, mais puisque le sujet en était venu sur le tapis... Un dialogue de sourds s'était instauré, et pour une fois on ne pouvait blâmer Pride qui faisait son possible pour remettre Liam sur les rails. Mais plus les échanges affluaient, plus le neurologue faisait preuve d'un pessimisme monstre : il lui semblait que quoiqu'il dise, et quoiqu'il fasse, Pride n'arriverait jamais à lui faire passer son fameux message. Pourtant, le jeune homme avait un don pour la rhétorique indéniable, mais peut-être manquait-il à son discours une touche plus affective et sentimentale ; domaine dans lequel il exécrait. Fallait-il parler encore et encore, jusqu'à la dispute virulente, jusqu'à le secouer, jusqu'à en venir aux mains pour lui prouver qu'il était un médecin aguerri ? Fallait-il se planter une dague dans le flanc droit sous ses yeux pour le sommer de lui soigner la plaie ? Liam comprendrait-il la méthode douce, la méthode forte, ou bien celle qui, plus subtile voire plus vicieuse, demanderait bien plus de temps ? Autant de questions qui lassaient Pride bien avant qu'il ne tente de les élucider : sur ce terrain-ci, la patience était loin d'être son fort. Soit on l'écoutait et percevait l'impact de ses mots précis comme des balles de plomb, soit on décidait de ne pas l'écouter tout en risquant de se mettre Pride à dos. En l'occurrence, Liam l'écoutait à moitié tout en remettant en doute ses capacités : chose qui exaspérait le plus l'ambitieux businessman. « Récupérer ma place? Tu veux rire? J'ai TOUT fait foirer, Pride! » Première preuve en direct d'un ultime pessimisme noir, Pride ne put s'empêcher d'esquisser une moue froidement agacée, se retenant avec force de renchérir. « Ils me reprendront jamais. Ils s'en fichent, de ce que j'ai pu réussir de bien, ils vont voir ce que je pourrais rater. Ils ne prendront jamais le risque, même si je m'en sors! Je pourrais replonger. Je pourrais tuer un patient. L'hôpital pourrait en souffrir si jamais il y avait un procès contre eux. Ils évitent les problèmes avant qu'ils ne leur tombent dessus et je ne peux pas les en blâmer. » Bien sûr que non, puisque c'était précisément Liam qui était à blâmer dans le cas actuel : pour sa faute passée, et pour sa non volonté de la racheter. Toujours taciturne, Pride jugea qu'il valait mieux économiser son souffle puisqu'aucune de ses paroles ne serait entendue par son interlocuteur. Ses yeux noisette se plantèrent néanmoins avec virulence dans les prunelles sombres de son ami, signe évident qu'il n'approuvait pas ce timbre élevé d'une voix criarde. « Toi, tu dois bien savoir ce que ça coûte, un procès? Au delà de l'intégrité, de la confiance et du prestige? » Première attaque ; violente, mauvaise, venimeuse. Bien malgré lui, Pride vint durcir son regard qui ne s'en rendit que plus meurtrier. Liam s'avançait sur un terrain glissant qui avait éveillé ce feu violent dans les rétines pénétrantes d'un Pride en colère. Crispant sa mâchoire dans un tic qui le caractérisait si bien lorsqu'il tentait de contenir toute sa hargne, le jeune homme dut se faire monstre de violence pour garder son calme. Paradoxe. « Une putain de fortune. »

Le silence vint s'établir une nouvelle fois. Pesant, lourds de non dits, et oppressant. De bien longues minutes s'écoulèrent alors, sous le joug d'un mutisme que Pride voulait volontaire. Et enfin, sa voix calme mais froide trancha l'air, teintée d'une douloureuse et profonde déception. « Tu me fatigues. » Inutile d'en dire plus, le jeune homme faisait comprendre en filigrane que tenter d'établir une discussion avec Liam était peine perdue. Quoiqu'il dise, le médecin le contredirait : aussi Pride tenta quelque chose d'éventuellement risqué, mais donnant parfois ses fruits ; la psychologie inversée. L'assommer de paroles froides lui suggérant sa déception, pour que Liam fasse le contraire ; lui faire comprendre qu'il était effectivement un mauvais médecin, comme il le disait si bien, pour le faire réagir. « Et je vais te dire quelque chose que je ne pensais pas, avant de passer cette porte aujourd'hui. J'ai honte de ce que tu es devenu Liam : un incapable. » Le jaugeant avec insistance de haut en bas, Pride redoubla de virulence d'une voix toujours aussi posée, suave, mais terriblement glaçante et déçue. « ...Si tant est que je doive toujours t'appeler Liam, regarde-toi, ce n'est même plus toi. Je sais, tu t'en fous de ce que je pense, après tout je suis qu'un escroc qui connaît bien plus les procès que tu n'en connaitras probablement jamais. » Petite pique lancée en référence à l'accusation implicite de son ami, et le jeune homme continua, toujours serein mais ce rictus en plus esquissé sournoisement au coin de ses lèvres blêmes. « Garde-le bien en mémoire, un arnaqueur te traite de pauvre type. J'ai beau avoir braqué des banques, abusé de la faiblesse de certains, avoir fait le con et voulu jouer à Dieu... Tu resteras un pauvre type tant que tu changeras pas de disque. Je donne pas cher de ce que doit penser ta fille sur ce que t'es devenu. » Le sourire qui s'efface, le regard qui se fait volontairement méprisant : voilà que Berrington a quitté son rôle d'ami compréhensif pour volontairement endosser celui de l'homme malhonnête et cruel, celui que Liam ne connaît pas, celui qui se veut objectif et qui pourtant l'attaque dans un faux mépris qu'il espère salvateur.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyMar 18 Jan 2011 - 4:32

« Tu me fatigues. » « T'es pas obligé de rester. » Liam avait levé un regard exténué et dénué de toute émotion sur la silhouette de Pride, conscient que ses mots dépassaient sa pensée. Sa visite lui avait fait plaisir et si au départ Pride était venu le voir avec deux bonnes nouvelles, la première n'avait fait qu'accentuer le sentiment d'impuissance de Liam, la seconde l'ayant rendu sceptique quant à l'amour réciproque qui unissait Pride et Muse. Non pas qu'il soit jaloux, comme l'avait laissé sous-entendre le jeune Berrington, mais il ne parvenait pas à comprendre ce qui pouvait désormais les lier alors que tout les avait déjà séparé. Non pas que c'était son genre de se mêler des relations amoureuses des autres, mais en ce qui concernait Pride, la situation était suffisamment surprenante pour qu'il ne se pose pas de questions. L'état dans lequel il se trouvait présentement l'avait empêché de garder ses pensées pessimistes pour lui en acceptant bien évidemment d'être le témoin de Pride, alors qu'il n'avait pu faire autrement que d'ouvrir sa gueule pour commenter une union qui n'était, en d'autres termes, pas de ses affaires.

« Et je vais te dire quelque chose que je ne pensais pas, avant de passer cette porte aujourd'hui. J'ai honte de ce que tu es devenu Liam : un incapable. » Le mot utilisé contre lui le fit frémir, alors qu'il fermait les yeux pour tenter de se contenir. Liam s'était toujours dis que les mensonges, lorsqu'on les savait faux et irréels, ne venaient jamais blesser autant que la vérité. Et si en ce moment même l'ex-médecin avait du mal à ne pas exploser, c'était bel et bien parce qu'il savait ces paroles entièrement véridiques. Il n'était rien d'autre qu'un incapable, Pride avait tout à fait raison, comme deux plus deux font quatre, comme l'affirmation selon laquelle la Terre est ronde. « ... Si tant est que je doive toujours t'appeler Liam, regarde-toi, ce n'est même plus toi. Je sais, tu t'en fous de ce que je pense, après tout je suis qu'un escroc qui connaît bien plus les procès que tu n'en connaitras probablement jamais. » Se pinçant l'arête du nez entre le pouce et l'index alors qu'il refusait de le regarder, seul un soupir témoigna de sa conscience plus ou moins malmenée, que Pride n'hésitait pas à utiliser contre lui. Il essuya d'un revers de la main la sueur qui coulait sur son front, alors qu'il ne parvenait pas à reprendre suffisamment ses esprits pour éloigner dans un coin de sa tête le besoin irrépressible qu'il avait de sentir son gosier s'enflammer sous une bonne rasade de vodka. Ses tremblements se faisaient désormais incessants, alors que son rythme cardiaque s'accélérait sous les reproches mal dissimulés. « Garde-le bien en mémoire, un arnaqueur te traite de pauvre type. J'ai beau avoir braqué des banques, abusé de la faiblesse de certains, avoir fait le con et voulu jouer à Dieu... Tu resteras un pauvre type tant que tu changeras pas de disque. Je donne pas cher de ce que doit penser ta fille sur ce que t'es devenu. » Les mots de trop. La phrase de trop qui le fit se lever malgré sa faiblesse et se jeter rudement sur Pride en lui décochant un coup à la mâchoire qui le fit lui-même vaciller. « Utilises-là pas. T'as pas le droit, c'est qu'une gosse! Elle peut penser ce qu'elle veut, TU peux penser ce que tu veux, mais ce sera toujours ma fille! » ragea-t-il en refusant de voir Pride se rabattre sur sa fille pour tenter de lui faire comprendre son message. Leah n'avait rien à voir là-dedans et surtout, ce n'était aucunement sa faute si son père n'avait pas su gérer sa vie et ses déceptions. Bien sûr qu'elle ne devait pas être fière de lui, bien sûr qu'elle le regarderait sans doute différemment lorsqu'il finirait par rentrer. Tout changerait, mais s'il y avait bien une chose qui serait du pareil au même, ce serait leur vie à tous les deux. Ensemble. Seuls. Comme toutes les années qui avaient précédé le dixième anniversaire de sa fille, en fait.

Liam attrapa la première chose qui lui passa sous la main - une lampe de chevet de surcroît - et la balança de toutes ses forces contre la porte heureusement refermée de sa chambre. C'était la deuxième fois qu'il ne réussissait pas à contenir ses émotions suffisamment pour ne pas laisser éclater sa colère et sa propre déception de lui-même. Il perdait complètement le contrôle, il ne distinguait plus le vrai du faux, le bien du mal, ni même ses amis de ses ennemis.

Ce fut vers Pride qu'il se retourna de nouveau, alors qu'il s'approchait de lui pour le pousser avec une force qui se voulait convaincante. « C'est ça que tu veux comme témoin à ton mariage? » Liam s'était auto-désigné du doigt en secouant la tête brusquement, tentant par le fait même de décourager son ami alors qu'il n'avait pour l'instant aucune perspective d'avenir pour lui-même. La vie après l'hôpital, c'était finit. Il saisit sa tête entre ses mains pour tenter de calmer la douleur fulgurante qui le prenait soudainement alors qu'il voulait à tout prix partir. Disparaître. Noyer sa solitude et ses ennuis dans l'alcool, comme il l'avait toujours fait depuis deux ans. « Regarde-toi! C'est toi qui rends visite à ce pauvre type, comme tu dis! Où est-ce que tu vois ton putain d'intérêt, hein!? À quoi ça te sert de venir? » Incapable d'accepter que Pride était venu pour prendre de ses nouvelles, comme tous ceux qui étaient venus avant lui, mais dont il avait refusé les visites, Liam se dirigea vers la porte en se maudissant d'agir aussi égoïstement.

Fuir. Déguerpir. S'évanouir.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyDim 23 Jan 2011 - 23:35

Le pousser dans ses retranchements jusqu'à l'en faire imploser, l'obliger à sortir de ses gonds, à gueuler sa peine et sa douleur, à se faire monstre de violence intérieurement comme extérieurement. La brutalité pour expiation, telle était la thérapie de Pride, par un mélange subtil de psychologie inversée et d'amère confusion qu'il souhaitait déverser dans l'esprit de Liam. Puisque les mots réconfortants, puisque les paroles encourageantes, ne faisaient pas effet, alors autant agir par le venin s'il désirait obtenir un résultat du médecin, même minime. La tactique de Pride fonctionna par ailleurs bien vite : car si le ténébreux jeune homme, peu délicat mais bien observateur, avait désiré comme finalité des gestes violents de la part de Liam, il n'avait pas pensé que le coup de poing salvateur s'abattrait si vite. Exorciser le mal par la brutalité physique, était une thérapie concluante, bien que parfois controversée. Sous le choc brutal lui arrivant à la mâchoire, Pride partit néanmoins légèrement en arrière, sentant son corps heurter le mur d'une brutalité toute relative, mais bien présente. La force de l'alcoolique en manque n'atteignait pas des sommets, au vu de son affaiblissement, mais la rage y était... D'un réflexe carnassier, trop élevé dans la colère et la véhémence, le jeune businessman se releva d'abord d'un geste vif, prêt à cogner en retour. Geste vain et inutile : Liam n'était pas un ennemi, et c'était lui-même qui l'avait poussé, voire invité, à l'asséner d'un coup virulent. Aussi, si en l'espace d'une demi seconde, Berrington eut le temps de serrer le poing avant d'esquisser un pas vif et de lancer un regard meurtrier envers Liam, sa raison se fit maîtresse de son jugement, et le jeune homme retrouva sa pleine conscience. Il n'était pas dans une de ces batailles régies par le sang et la cruauté gratuite, il était ici pour faire réagir Liam. Mission réussie. Alors, il posa sa main à sa mâchoire endolorie, esquissa un bref sourire qu'il s'évertua de cacher – non par amusement, mais par soulagement de voir son ami sortir de son attitude amorphe et de le savoir encore attaché à son entourage, signe d'un état de dépérissement non avancé – , s'assura qu'aucune goutte de sang ne venait perler à ses lèvres carmins, et se redressa face à son interlocuteur. Aussi respectueux vis à vis de sa douleur, que sévère dans sa volonté de ne pas le voir sombrer, Pride n'arrêterait pas son travail ici. Quitte à être infâme, quitte à lui envoyer des électrochocs pour mieux le ramener à la vie, quitte à lui faire prendre conscience, dans la douleur. Mieux valait un Liam éphémèrement meurtri, passant un cap difficile avant de s'en remettre, plutôt qu'un Liam pessimiste et se laissant sombrer sous le flux de trop de paroles soit disant encourageantes. Un "oui tu iras mieux", valait tellement moins qu'un " tu iras mal, puisque tu ne fais rien pour y arriver ".

Et l'ancien neurologue parla, déversant rage, colère et tristesse à s'en déchirer le coeur. Comment lui en vouloir, lui qui avait perdu son travail, un amour, et qui bientôt perdrait sa fille si ce venin qu'était l'alcool venait définitivement prendre possession de son âme. « Elle peut penser ce qu'elle veut, TU peux penser ce que tu veux, mais ce sera toujours ma fille! » « Continue sur cette voie, et tu ne seras pas toujours son père. » souffla-t-il d'une voix rauque et basse, avant de poser de nouveau sa main sur sa mâchoire, d'un geste qui se faisait plus réflexe qu'autre chose. Les mots de trop, peut-être, car alors Liam s'empara d'une lampe qu'il balança contre la porte, d'une rage hargneuse mais ne demandant qu'à être libérée. A travers ce geste désespéré, c'étaient là tout le chagrin, la colère et la désorientation qui parlaient pour lui : la violence pour remède, quel apaisement pour une âme. Quel revers qui pouvait aussi s'avérer dangereux lorsque le sujet s'emportait trop brutalement. Un soin à double tranchant. Pride néanmoins se fit stoïque et calme, son regard mordoré suivant la course de l'objet se brisant sur le sol : trop de violence régissait son monde, pour qu'il ne s'en offusque ou ne se sente en danger. C'était malheureusement pour lui, un facteur quotidien depuis son enfance, aussi le jeune homme ne vint pas réagir comme une tierce personne à la vie passée moins rude. Pas de sursaut, pas de stupeur, encore moins de peur ou de sentiment d'insécurité, juste de la compréhension. Aussi n'éleva-t-il pas même la voix pour tenter de le calmer : mieux valait qu'il ne s'en prenne à un bibelot immonde, plutôt que d'en venir à une auto-mutilation. Fait malheureusement peu rare chez les personnes à la santé mentale vacillante.

Liam déversa de nouveau sa colère et sa déception envers lui-même devant un Pride réceptif mais taciturne. Ce dernier toisa le médecin sans jugement aucun, mais d'un regard sérieux et attentif : malgré son attitude stoïque, Berrington demeura sur ses gardes. Ce fut toujours plongé dans son légendaire mutisme qu'il toisa son ami s'approcher de la porte avant d'en passer le seuil, s'enfonçant à pas rapides dans le long couloir suintant l'amoxilline. Un soupir passa la barrière des lèvres du jeune Pride avant qu'il ne lève les yeux au ciel : si ce foutu bon Dieu existait, il espérait qu'Il n'ait vu au moins sa B.A. Prendre soin d'un ami n'était guère aisé, et ne consistait pas seulement à se montrer docile et hypocrite face à lui. Plus encore, on ne pouvait avouer que Pride était de ceux qui tendaient la main à leur prochain régulièrement, mais le contexte était là différent. Le tout, était de garder patience, chose affreusement difficile. Alors l'ancien escroc sortit de sa chambre à son tour, rattrapant Liam à pas rapide tout en prenant soin de ne pas marcher à ses côtés, mais bien derrière lui. « Dis-moi, tu en as pour combien de temps ici ? » Question qui n'était bien sûr pas anodine, et visant à le faire réfléchir. C'est à ce moment là que les deux hommes croisèrent une infirmière au physique ingrat et à la mine blasée et aigrie. Pride se retourna brièvement sur cette dernière avant de reprendre : « Si encore les infirmières étaient excitantes, je comprendrais volontiers ton envie de ne pas vouloir te battre afin de rester dans cette geôle, mais elles sont encore moins alléchantes que des gardiens de prison. » Une nouvelle infirmière vint alors croiser leur pérégrination : légèrement moins effrayante, mais d'une lourdeur de traits et d'une fraîcheur passablement passée. « ...Elles ont même les mêmes moustaches que les gardiens de prison. » Léger plissement de nez, semi-méprisant, semi-amusé, et le jeune homme sortit insolemment une cigarette qu'il plaça au coin des lèvres d'un geste nonchalant et assuré. Ultime provocation, plus légère, moins violente, mais non bénigne.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptyMar 25 Jan 2011 - 6:11

Liam avait tiré la poignée de la porte avec force pour se retrouver dans le couloir, sans néanmoins savoir où aller. Ses quelques instants de réflexion suffirent à Pride pour le rattraper, alors qu'il se dirigeait nonchalamment vers le bureau de la réception avec l'intention de faire comme si de rien n'était. Évidemment, le personnel du centre n'était pas sans connaître les patients qui y créchaient et ses possibilités d'évasion étaient très minces. « Dis-moi, tu en as pour combien de temps ici ? » La voix de Pride le stoppa net dans sa marche alors qu'il déglutissait sans pouvoir mettre un mot sur les sentiments contradictoires qui le submergeaient. Il aurait eu envie de courir sans s'arrêter, mais ses jambes auraient refusé de le porter. Il ne voulait pas rester ici éternellement et il savait, qui plus est, qu'il devait faire l'effort nécessaire à sa guérison, chose qui s'avérait difficile en ce moment. Laissant ses bras retomber le long de son corps alors que son regard se portait sur un point invisible au fin fond du couloir, Liam passa une main tremblante dans ses cheveux. « J'en sais rien. » Tout ce qu'il voulait, c'était sortir de là, un jour ou l'autre. C'était sortir sans avoir peur de faire de nouveau face à ses démons. C'était sortir sans avoir les regards moralisateurs des autres braqués sur lui.

« Si encore les infirmières étaient excitantes, je comprendrais volontiers ton envie de ne pas vouloir te battre afin de rester dans cette geôle, mais elles sont encore moins alléchantes que des gardiens de prison. » Les paroles de Pride le ramenèrent sur Terre alors qu'il levait les yeux sur l'infirmière qui venait de les dépasser en sens inverse. Il haussa les épaules en gardant le silence, alors qu'il commençait peu à peu à se calmer et que sa respiration reprenait un rythme normal. « ...Elles ont même les mêmes moustaches que les gardiens de prison. » « C'parce que t'as pas vu celle que je vois tous les matins. Tu changerais d'avis. » murmura-t-il sans pourtant afficher un sourire; l'envie n'y était pas. Liam posa durement sa tête au creux de ses mains en appuyant sur sa peau de façon à lui redonner un peu de couleurs et finit par poser le front contre le mur de l'établissement en fermant les yeux, résigné. Il ne pouvait pas sortir de là tant et aussi longtemps qu'il n'en serait pas prêt. Et évidemment, neuf jours était loin d'être suffisant; il en prenait totalement conscience. La fraîcheur sur son front lui fit du bien et il finit par se retourner en appuyant son dos contre le mur, soudainement beaucoup plus posé et prompt à la discussion maintenant que la crise était passée. Il poussa un soupir et son regard croisa de nouveau celui de son ami, alors qu'il le soutint sans ciller. « Je vais devenir fou, si je reste trop longtemps ici... » fit-il en lui assurant ainsi qu'il avait l'intention de se battre pour s'en sortir. Il ne pouvait pas simplement entrer en centre de désintoxication et espérer que les gens feraient le travail à sa place, il en avait toujours été conscient, mais il avait cru que ce serait plus facile parce qu'il connaissait déjà les étapes et qu'il savait ce qui l'attendait. Pourtant, Liam aurait dû le savoir; rien n'était donné d'avance en ce monde et peu importaient toutes les bonnes actions qu'on avait pu faire, on n'y échapperait pas. Il devait se relever de lui-même, sans l'aide de personne, avec sa seule force comme remède. La thérapie pouvait fonctionner, parfois, mais le sujet devait d'abord la quérir afin de parvenir à une pseudo-paix avec lui-même. Une thérapie imposée ne pourrait jamais résoudre tous les conflits intérieurs qui se déroulaient dans sa tête, mais il se promettait de faire tous les efforts possibles pour retrouver sa fille et vivre une vie dénuée d'alcool et d'addictions, peu importe le genre.

Ses prunelles se posèrent sur la cigarette de son ami et un sourire à peine perceptible semblait lui gruger le bord des lèvres, comme s'il n'avait même pas la force d'esquisser un semblant de rire. « T'as pas le droit de fumer ici, je crois. Si c'est une technique pour accrocher l'une des membres du personnel ... Tu te débrouilles bien! » Il avait fait quelques pas dans sa direction, sur des jambes désormais un peu plus solides et un peu moins flageolantes. Était-ce là une preuve qu'il savait se contrôler davantage que ce qu'il pensait? Qu'il était sur le chemin de la guérison malgré tout? Bien sûr que non. Tout le monde savait que la violence finissait par apaiser l'esprit et la fatigue musculaire et mentale dont il était victime suffisait à le calmer sans qu'il n'y mette vraiment du sien. Pride avait touché un point sensible en lui demandant combien de temps il resterait là: il avait déjà l'impression qu'il n'était plus lui-même et que les murs de sa chambre lui étaient trop familiers pour qu'il puisse partir bientôt. Comment relâcher dans la nature un homme qui ne savait même plus quel jour de la semaine on était et combien de temps on devait cuire les pâtes pour qu'elles soient juste à point, comme sa fille les aimait? Tous ces petits gestes du quotidien qu'il oubliait pour la simple et bonne raison qu'il n'avait plus à y porter attention l'horripilaient. Il se levait, s'habillait - lorsqu'il le voulait bien - mangeait, dormait, mangeait et se couchait sans vraiment avoir pris conscience du temps qui filait. C'était comme ça. « Je suis désolé, pour ça. » fit-il en levant le bras pour désigner la mâchoire de Pride, laquelle ne semblait pas en trop mauvais état malgré le coup qu'il lui avait asséné. Il avait agit comme un con et il s'en voulait. Pride était venu le voir dans l'optique de lui offrir deux propositions plus que généreuses - lui démontrant son amitié surtout - et Liam n'avait fait que le décevoir. « Je serais ravi d'être témoin à ton mariage. Si ton offre tient toujours. Et si je peux sortir d'ici, ne serait-ce que pour la cérémonie. C'est prévu pour quand? » Une boule se forma dans sa gorge alors qu'il savait pertinemment qu'il ne pourrait sans doute pas assister à la soirée qui suivrait. Après tout, c'était plus que légitime en sachant que l'alcool coulerait certainement à flot.

« Dis ... Tu saurais pas combien de temps ça prend à cuire, des pâtes? » demanda-t-il finalement en fronçant légèrement les sourcils, soudainement anxieux. C'était un geste tellement mécanique chez lui qu'il se rappellerait sans doute instantanément de la durée requise dès lors qu'il se retrouverait devant le four. Or, la question ne le quittait plus depuis qu'il avait fait l'erreur d'y penser et comme une chanson qui reste dans la tête une journée entière quand on a eu le malheur de se réveiller à sa musique, il y penserait jusqu'à ce qu'il obtienne sa réponse.
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Message(#) Sujet: Re: Back to origins. Back to origins. EmptySam 29 Jan 2011 - 16:45

Et Liam stoppa sa course, rattrapé par les mots de Pride qui s'étaient faits justes et tangibles. Chaque parole du jeune brun demeurait lourde de sens, chaque intonation, chaque syllabe, et jusqu'au moindre frémissement de sa voix suave, n'était que mise en forme adéquate pour toucher l'interlocuteur en plein coeur : quelques dérives psychologiques, quelques ondes électriques, un zeste de provocation, une pointe d'amitié dissimulée derrière ses répliques cinglantes. Il n'y avait rien qui n'échappait à la rhétorique de Pride, dont la répartie travaillée se voulait incisive ; à croire que tout avait fonctionné puisque le neurologue ne tarda pas à se stopper et à s'adoucir enfin. Certes Berrington ne prétendait pas pouvoir le guérir par le simple pouvoir persuasif de ses mots, c'était un travail sur soit-même que seul Liam pouvait accomplir, néanmoins il s'assurait de ne pas le voir sombrer d'avantage. Il était si aisé de se noyer dans les affres de ses propres tourments, lorsqu'on se sentait seul ou bon à rien. L'ancien escroc lui prouvait ainsi qu'il n'était ni l'un, ni l'autre, par le joug de paroles aiguisées qui avaient porté leurs fruits. Aussi prit-il parti à la trêve et décida de laisser derrière lui toute provocation directe ; Pride s'adossa également contre le mur, allumant sa cigarette dont la fumée tant désirée vint ternir ses poumons bien trop habitués à la nicotine. Une fois la superficielle conversation sur les infirmières passée, ce fut au tour de Liam de lui faire quelques réprimandes légères. « T'as pas le droit de fumer ici, je crois. Si c'est une technique pour accrocher l'une des membres du personnel ... Tu te débrouilles bien! » Un léger sourire amical se dessina sur son visage détendu, sans que pour autant il ne daigne dévier ses yeux mordorés qui fixaient distraitement le mur blanc face à lui, sa tête brune posée contre la froideur du béton peint. Un nuage grisâtre s'échappa de ses lèvres carmins, dans un soupir vaporeux à l'insolence rare. Il se contenta de hausser les épaules sans répondre, se délectant de son ignoble crime fait de tabac et de brume amère. « Je suis désolé, pour ça. » Enfin, Pride tourna ses yeux incandescents vers la mine coupable de Liam, lui offrant un sourire amusé qui peinait à se dessiner pleinement. Peu rancunier envers son ami, surtout pour geste qu'il avait délibérément cherché et qu'il avait trouvé avec soulagement – et avec une vive douleur, bien évidemment – Pride se fit nonchalant et pourtant attentif face à l'excuse du médecin. « C'est rien, je dirais que je suis tombé dans les escaliers. » Plaisanta-t-il d'une voix basse et suave, ses yeux se reposant face à lui comme la cigarette vint narguer la finesse de ses lèvres. Une excuse qui lui semblait passe-partout, quoique délibérément cynique et arrogante envers ceux à qui il la desservait : car c'était bien la même excuse qu'il avait soufflé méchamment à Liam, la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Première rencontre orchestrée par une balle de plomb logée dans le flanc droit d'un Pride récalcitrant aux médecins, et se refusant de fouler le sol des hôpitaux. Première rencontre dont il ne se souvenait bien sûr plus. « Mais ne t'attends pas à ce que je te tende l'autre joue. » ...Comme avait dit l'Autre, celui qui demeurait le protagoniste de la Bible. Un rire railleur s'échappa de ses lèvres au même titre qu'une épaisse fumée grisâtre. « Je serais ravi d'être témoin à ton mariage. Si ton offre tient toujours. Et si je peux sortir d'ici, ne serait-ce que pour la cérémonie. C'est prévu pour quand? » Une moue interrogative se dessina sur le visage du brun ténébreux, qui ne semblait ni oppressé par les préparatifs, ni vraiment bousculé par la question. « Je ne sais pas encore. J'attendrais d'abord que tu sortes de ce trou. » renchérit-il avant de se détacher de la rudesse du mur glacial, faisant face à Liam non sans laisser paraître un certain contentement retenu, suite à l'acceptation de son ami de devenir son témoin.

Puis le silence s'installa, détendu et complice, rythmé par les souffles plein de nicotine d'un Pride effronté dont la main libre plongea nonchalamment dans une de ses poches. Jusqu'à ce qu'une question ne vienne franchir la barrière des lèvres de Liam, inattendue et hors contexte, elle laissa le jeune homme néanmoins dubitatif. « Dis ... Tu saurais pas combien de temps ça prend à cuire, des pâtes? » Pride arqua d'abord les sourcils, interdit devant une telle question : non pas parce qu'elle lui paraissait surprenante.... Mais parce qu'il cherchait la réponse, sans la trouver. N'aurait-il pas pu lui parler plutôt d'équations vectorielles ou de la théorie des cordes qui expliquerait le concept gravitationnel de cette fumée de nicotine tourbillonnant vers le plafond ? Non il avait fallu que Liam ne lui parle d'art culinaire, le laissant alors pour le moins sceptique. Ôtant sa main de sa poche, il vint alors la passer à l'arrière de sa tête brune, tentant de trouver une réponse sérieuse. « Longtemps ? » souffla-t-il non sans froncer les sourcils. Voilà qu'il ne se mouillait pas... « ...Tu as vraiment besoin d'une cuisinière dans ta vie. » acheva-t-il alors, conscient que lui-même aurait bien du mal à se sustenter correctement sans l'aide d'une Muse parfois aux fourneaux, ou les restaurants voisins. Les deux jeunes hommes n'eurent pas le temps de s'étendre sur la suite de cette conversation existentielle, que déjà une infirmière aigrie s'approcha de Berrington, lui offrant un signe de tête dédaigneux envers sa cigarette consumée. Lui rendant son mépris par un rictus railleur, Pride se tourna vers Liam : « J'adore l'ironie, c'est un excellent tonique sanguin. » Inutile de développer plus : ils gardaient dans le ventre de leur structure, les personnes prêchant par excès. Excès de poudre, excès de cachet, excès d'héroïne. Mais l'excès de nicotine était quelque chose qu'on pouvait décemment exposer aux yeux des autres, cela ne valait pas un enfermement, quoiqu'on en dise. « J'ai bien l'intention de donner mon mariage cette année, alors tu te bouges de là rapidement : je ne prendrais pas d'autres témoins. » Salutation sonnant le glas des au revoir, bercée par une provocation chaleureuse et raffinée, Pride lui offrit un signe de tête avant de tourner les talons.

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