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 Reminds me that it's killing time | Aiden

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Reminds me that it's killing time | Aiden Vide
Message(#) Sujet: Reminds me that it's killing time | Aiden Reminds me that it's killing time | Aiden EmptyMar 28 Déc 2010 - 9:49

    Il était maintenant évident que la vie telle que j'avais pu la connaître jusqu'alors était définitivement révolue. Finies les grasses matinées paresseuses où, chacun notre tour, nous tentions de convaincre l'autre de rester encore un peu au lit. Finis les rendez-vous à l'autre bout de la ville, à la recherche d'imprévu et d'escapades romantiques en solitaire. Finies aussi les retrouvailles dans les coins les plus calmes de la fac, entre deux cours barbants, l'attente d'une éventuelle sécurité dans notre relation, et les questionnements sans fin quant à notre façon d'imaginer l'avenir, ensemble ou non. Tout cela était désormais derrière nous, peut être pas i loin mais en arrière quand même. Alors bon, est-ce que je regrettais? Non, il ne me semblais pas... Après tout, je venais d'accéder à ce dont je rêvais depuis bien longtemps, même si le plan avait quelque peu changé en cours de route... Et si certaines choses tardaient finalement un peu plus que ce que j'aurai voulu croire, l'idée de passer par des chemins de traverse pour gagner en crédibilité n'était au final pas plus mal. Quant au fait de m'être marié; si j'avais encore un peu de mal à prononcer spontanément les petites phrases du type "Parfaite, mon épouse" ou "Parfaite, ma femme", la répulsion que j'avais pu éprouver vis à vis de ce genre de pratique s'était en partie éteinte. Mais c'était aussi ça l'intérêt du jeu, vivre sans avoir la moindre idée d'où ça allait bien pouvoir nous mener, et voir disparaître des pans entier de son existence pour en découvrir d'autres à la place...

    Je m'étais réveillé de bonne heure comme tous les matins depuis une dizaine de jours, tiré hors du lit par les cris stridents en provenance de la pièce voisine. Et si j'avais l'habitude de me lever tôt, le manque de sommeil commençait à se faire sentir puisque répété. Nous avions bien mis en place une sorte de roulement, nous levant chacun notre tour pour réchauffer les deux biberons tant réclamés, mais il était difficile de ne pas se réveiller dès que les premiers pleurs venaient à se faire entendre. Et puis, le faire aurait remis en cause nos capacités en tant que parents, ce qui n'aurait pas franchement été très judicieux. J'étais donc en charge de celui qui marquait le passage de la fin de la nuit au début de la journée, et si je trouvais un certain plaisir à voir le soleil se lever au loin tout en nourrissant l'un des jumeaux, le rêve d'une nuit complète commençait à pointer le bout de son nez, encore plus cruel qu'il ne se réaliserait pas avant quelques mois au mieux, une année au pire. Mais bon, l'enjeu en valait amplement le coup, et c'était ce dont les lueurs de l'aube parvenaient à me convaincre.
    Les quelques heures qui suivaient le repas des affamés étaient ensuite parmi les plus douces de la journée. Encore seul éveillé dans la maison, je me préparais ma première dose de caféine, puis m'installais sur la petite table de la cuisine, un bloc de papier et un vieux stylo bille noir à la main, sirotant le plus divin des nectars en écrivant, selon les jours et l'humeur, ma chronique pour l'un ou l'autre des magasines auxquels je collaborais, de brèves histoires pour mon blog ou mon usage personnel, des bribes d'histoires quelconques... Et si mon éditeur aurait été ravi d'apprendre que j'avais entamé la rédaction de mon troisième roman, il allait devoir attendre un peu! De toute façon, le deuxième ne sortirait qu'au printemps, j'avais donc encore un peu de temps pour voir venir les choses et suffisamment de projets en cours pour me retrouver complètement vampirisé par eux. Mais, ce matin-là,je n'eus pas le temps de faire plus de 10lignes que l'on me rappelais déjà à l'ordre, aussitôt rejoint dans la chambre des jumeaux par Parfaite qui venait de faire une croix sur l'idée de dormir un peu pour une fois. Et là, la journée commençait pour de bon...
    Ma mère ne tarda pas à faire son apparition à son tour, visiblement de très bonne humeur, ce qui n'était pas bien difficile à interpréter. Cela faisait maintenant presque un mois qu'elle était avec nous à Ocean Grove, et si elle ne s'en plaignait pas, elle était quand même impatiente de retrouver son chéri. Et, alors que l'avion de ce dernier ne devait atterrir que dans deux bonnes heures, elle s'était faite belle, maquillée avec soin bien qu'habillée avec une robe très simple; plutôt judicieux quand on voyait l'état dans lequel les jumeaux pouvaient mettre un vêtement. La connaissant, j'étais d'ailleurs persuadé qu'elle n'aurait pas été contre l'idée de partir dès maintenant pour l'aéroport, si seulement elle en avait connu la route... Et même si je lui avais assuré que l'itinéraire était très bien indiqué, elle avait pour une fois fait le choix de la raison et avait préféré me confier cette charge. Faux argument prêchant en son sens? Elle en profiterait pour apprendre à Parfaite la réalisation du Christmas Pudding, sa "spécialité" comme elle s'amusait à l'appeler, et le "seul plat qu'elle arrivait à ne pas rater" comme je le lui avais aussi rappelé. Une chance que les petits se soient vite habitués à sa manie d'éclater de rire pour un rien, faute de qui on aurait vraiment été mal, une fois de plus...

    J'avais ainsi quitté la maison avec à ma charge la mission de ramener Blake à bon port après être allé acheter mélasse noire dans le seul magasin du quartier -à ma connaissance- en ayant constamment à disposition, m'obligeant au passage de faire un détour... mais ma mère avait été catégorique: tout Christmas Pudding qui se respecte devait avoir dans ses ingrédients de la mélasse noire! J'avais donc été obligé de céder, quittant la famille Lane rassemblée au grand complet pour Noël pour la première fois depuis bien longtemps, laissant mère et femme à leurs petits secrets.
    La mélasse fut plus facile à trouver que prévu; la parking étant désert en cette matinée de décembre, sans parler de la caisse où j'eus l'impression de déranger plus qu'autre chose la jeune fille qui y lisait un magasine en attendant d'éventuels clients.. Et un seul coup d'œil à ma montre confirma ce que je pressentait: j'allais être terriblement en avance à l'aéroport, et serais bon pour attendre comme un rat mort dans le hall surchauffé que l'avion daigne bien se poser et me rende celui que je venais chercher...
    Mais une délicieuse odeur de café m'offrit la perspective d'une alternative, et je me dirigeai sans même y réfléchir vers le comptoir de la boutique dont elle émanait.

    - Bonjour, un café long s'il vous-plait.

    L'employé attrapa le récipient prévu à cet effet et le remplit sous mes yeux, le tout sans décrocher le moindre mot ou sourire, puis me tendit ma boisson en échange du biller que j'avais posé devant lui. Ma foi, tout le monde ne pouvait pas être matinal!
    Et je me retournai, bien décidé à aller boire tranquillement mon café sur l'un des nombreux bancs de la zone centrale du Cocowalk qui avait le mérite d'être calme et une source d'inspiration sans cesse renouvelée, me retrouvant alors quasiment nez à nez avec quelqu'un. Je sentis le café faire un looping dans mon gobelet, remerciant mentalement celui qui avait eut l'idée d'y apposer un petit couvercle et d'éviter ainsi tant d'accidents idiots.

    - Oh, pa...

    Le mot se coupa entre mes lèvres lorsque je réalisai de qui il s'agissait. Évidement, ça ne faisait que trop longtemps que nos routes ne s'étaient pas croisées; à croire qu'il nous fallait une piqure de rappel de temps à autre. Et si ce n'était pas l'envie de lui coller mon poing dans la figure qui manquait, j'avais mieux à faire en ce jour, et lui fit un sourire hypocrite au possible.

    - Toujours là quand il ne faut pas à ce que je voie... Ça devient une véritable spécialité!
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Reminds me that it's killing time | Aiden

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