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 From Arizona with love

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From Arizona with love Vide
Message(#) Sujet: From Arizona with love From Arizona with love EmptyJeu 25 Nov 2010 - 1:44

FROM ARIZONA WITH LOVE

    La sonnerie du téléphone retentit, stridente et nasillarde en plein milieu de salon encore plongé dans la pénombre. Réveillé en sursaut, Gabriel se leva d'un bond du canapé. Il renversa en passant la télécommande de la télévision toujours allumée avec laquelle il s'était endormit et lâcha dans le combiné d'une voix caverneuse.

    « Allo ? »

    D'un œil ensommeillé, il scruta sa montre qu'il n'avait pas eu la présence d'esprit d'enlever la veille. 08H12. Considérant qu'il était revenu du Parkwest d'une humeur de merde vers quatre heure du matin, et qu'il n'avait négocié que quelques heure repos, l'inconscient qui osait le déranger allait comprendre la signification du mot connard.

    « Sénateur McAllister, Willa Atkins à l'appareil. »

    La voix fluette et familière de l'assistante sociale en charge du suivit de la famille McAllister tempéra significativement son élan d'agressivité passagère. Elle prit manifestement son silence pour invitation à poursuivre car elle continua sur sa lancée. Les mots « affaire urgente », « vous entretenir personnellement » et « le plus tôt possible » avaient convaincus Gabriel d'acquiescer lorsqu'elle avait déclaré pouvoir être à sa porte dans la demi-heure qui suivrait.

    Le sénateur raccrocha, balança le combiné dans le canapé et quelques minutes plus tard, il gravissait l'escalier menant à l'étage et débarquait bruyamment dans la chambre où Romain dormait encore comme un loir. Sans un coup d'œil pour son mari, Gabriel ouvrit grand les rideaux, faisant jaillir la lumière matinale dans la chambre pour le réveiller sans douceur.

    « Avale ça. » Il déposa un mug de café brûlant, noir et serré (tout l'inverse du café au lait sucré, que Romain buvait habituellement) sur le meuble de chevet et fila dans la salle de bain.

    De là, il reprit d'une voix forte pour se faire entendre malgré le bruissement régulier de l'eau.

    « On a de la visite. Willa Atkins, l'assistante sociale qui gère le dossier d'Andrew depuis que j'ai sa garde. » Comme si j'avais besoin de ça, songea t-il à part lui. « Je veux pas entendre de 'chéri'. D'ailleurs, je ne veux rien entendre du tout. Contente toi de pas avoir l'air d'un paumé alcoolique. »

    Clair, concis et aussi polaire que la banquise. Une fois sa toilette terminée, Gabriel vint toutefois s'asseoir au bord du lit et saisit la mâchoire de Romain à peine redressé sur son oreiller.

    « Célibataire aux yeux des autres, tu dois pouvoir faire ça. Hmm ? »

    Il examina son visage. Ses gestes étaient méthodiques et dénués de toute tendresse bien qu'il ne puisse s'empêcher de vérifier que son amant ne souffrait aucune séquelle de sa soirée bien trop alcoolisée de la veille.

    FLASHBACK ~ La veille au Parkwest Night Club.

    « Dis-le ce que tu penses de moi. Vas-y. DIS-LE ! »
    « Ne me donne pas d'ordre ! » vociféra Gabriel en retournant Romain face à lui pour le regarder dans les yeux. « Ma seule erreur, c'est de t'aimer alors que tu me rends fou. Tu crois que tu vas faire de moi ton nouveau David parce que t'es taré et que t'as un besoin malsain d'assouvir tes penchants masochistes ! Mais tu sais quoi Romain ? Je vaux mieux que ça. »
    Puis il s'empara du poignet gauche du jeune homme et le leva à hauteur de son visage, toisant l'alliance qui entourait son annulaire, scintillante malgré la lumière blafarde des lampadaires.
    « Tu veux retourner voir Justin ? Très bien, vas y. Mais aie au moins la décence de l'enlever avant. »

    Dans une ultime provocation, Romain avait ôté son alliance et l'avait rendue à Gabriel avant de retourner à l'intérieur du Night Club. Il y avait noyé leur dispute sous des litres de champagne et de cocktails hors de prix pour lui et « ses amis », autrement dit tout ceux qui l'entouraient. Le tout commandé bien sûr sur le compte d'un Gabriel écœuré, qui avait fait de son mieux pour ne pas prêter attention à ses frasques.

    Retour au présent...

    Ivre mort il l'avait terminée la soirée. Tellement qu'il avait finit par se renverser un magnum de champagne sur le torse alors qu'il dansait sur un podium, obligeant Gabriel à l'en faire descendre et à le ramener à la maison sous le regard médusé de ses propres partisans et investisseurs.

    Le sénateur l'avait aidé à se déshabiller et à se coucher. Il était même resté jusqu'à ce que Romain s'endorme, histoire d'être sûr qu'il n'allait pas mettre la maison sans dessus-dessous. Puis incapable de se résoudre à se coucher, il avait broyé du noir devant la télé jusqu'à ce que le sommeil ai raison de lui.

    « Et prends une douche, ça sera pas du luxe. Tu pues l'alcool à des kilomètres » siffla t-il avec mauvaise humeur avant de le laisser là et de quitter la chambre.
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Message(#) Sujet: Re: From Arizona with love From Arizona with love EmptyJeu 25 Nov 2010 - 20:04

Emerger de son vaporeux sommeil fut douloureusement difficile pour Romain qui grogna de mécontentement lorsque la cascade de lumière inonda la chambre à coucher. Planqué sous la couette, il tentait de faire abstraction des mots prononcés par son mari pendant que celui-ci se lavait, la porte de la salle de bain grande ouverte. La tête en vrac, les oreilles bourdonnantes, la bouche pâteuse et l’estomac comprimé comme dans un étaux, Romain avait l’impression qu’à chacune de ses expirations nauséabondes, il allait vomir le trop plein d’alcool qu’il avait ingurgiter hier soir. Que lui était-il donc passé par la tête pour boire autant ? De mémoire, il n’avait pas souvenir d’avoir déjà bu avec autant d’excès. Il s’en voulait d’avoir exagéré à ce point. Deux, trois, six, huit magnums de champagne avaient été commandés si ses souvenirs étaient exacts, et il ne comptait même pas les cocktails hors de prix. Mais la fatigue et la gueule de bois aidant, Romain rangea ses remords dans un coin de son esprit embrumé. Il aurait tout le temps de se flageller plus tard, lorsqu’il se souviendrait exactement de toutes les conneries qu’il avait sorties hier soir.

Alors que sans une once de tendresse Gabriel examinait son visage marqué par les traits de l’ivresse sur le déclin, Romain poussa un gémissement. Il aurait bien voulu lui dire quelques choses, mais il resta simplement là à le regarder, comme un poisson hors de l’eau, le regard vitreux et la bouche légèrement entrouverte. Romain était crevé, épuisé, éreinté. Le moindre effort lui semblait être une tâche impossible à accomplir. Et pourtant, il savait qu’il devait se bouger. Malgré son état avancé de décrépitude, Romain avait bel et bien enregistré l’arrivée de l’assistante sociale. Si elle faisait le tour de la maison pour une inspection surprise, il serait fort inconvenant qu’elle tombe nez à nez sur le mari du sénateur, gisant à demi nu dans le lit conjugal, comme une loque. Il chercha donc à rassembler durant une grosse minute tout son courage avant de rouler hors du lit et de s’avancer d’un pas lent, incertain et chancelant vers la salle de bain.

« Putain la gueule ! » dit-il à son reflet une fois qu’il fut face au miroir. « Quelle horreur ! »

Et sans plus attente, il se glissa sous la douche. L’eau coula froide sur son corps, ce qui l’électrisa et lui donna un violent – mais nécessaire – coup de fouet. Pendant qu’il se savonnait afin de faire disparaître l’odeur d’alcool et de tabac froid de sa peau, les souvenirs de la veille se rappelèrent à lui. La dispute, les mots blessants échangés sur le parking, Justin, le retour dans la boite pour que Gabriel puisse aller saluer un investisseur important, et bien sûr, l’alcool à foison… Tout lui sauta à l’âme au point qu’il en eut des crampes d’estomacs. Dans un haut le corps, Romain fut forcer de quitter la douche et de l’échanger contre la cuvette dans laquelle il régurgita avec bruit ses excès de la veille.

« Mon Dieu ! » couina-t-il entre deux vomissements. « Plus jamais j’boirais une goutte d’alcool de ma vie ! Plus jamais ! »

Ce ne fut qu’une fois l’estomac vide et la gorge en feu que Romain retrouva la force de continuer de se préparer. Il se brossa intensivement les dents pour se débarrasser de sa langue pâteuse et de son haleine de fennec, puis il passa de l'anticerne sous les yeux, sauta dans un jeans et il enfila un polo et des converses. Il cacha ensuite son regard bouffit et ensommeillé sous une paire de lunette opaque avant de sortir de la chambre, la tasse de café apportée par Gabriel à la main.

Du salon, il pouvait entendre Gabriel discuter avec Willa. Romain décida délibérément de faire un détour et de passer par d’autres pièces pour rejoindre la cuisine. Il n’avait aucune envie de se mêler des affaires de Gabriel aujourd’hui. Moins il indisposerait son mari et mieux se porterait leur relation. Face à l’évier, il vida une partie de sa tasse de café pour la remplir aussitôt d'une grosse dose de lait avant de la bourrer de sucre. Une gorgée plus tard, il s’appuya contre le frigo et écouta d’une oreille distraite le murmure de la conversation provenant du salon. Romain pouvait entendre des « Connaissez-vous une certaine Gemma Douglas ? » et des « Ce nom me dit effectivement quelque chose. », ainsi que l’évocation d’un voyage d'affaire il y a plus de deux ans en Arizona. Où cette femme voulait-elle en venir avec toutes ces questions qui semblaient intriguer Gabriel ? Elle faisait même maintenant référence à un accident de cheval qui avait coûter la vie à la fameuse Gemma.

Alors que Romain s’apprêtait à quitter la cuisine pour rejoindre son bureau à l’étage afin de s’exiler pour la journée, il entendit Willa dire : « Je ne sais pas comment vous l'annoncez, sénateur, mais selon le testament de Gemma Douglas, vous seriez probablement le père du petit Samuel, son fils de deux ans. » et il lâcha sa tasse par surprise. L’éclat coupa l’assistante sociale dans son élan et un silence pesant s’abattit sur la maison. Choqué par cette révélation, Romain resta immobile devant la flaque de café au lait, comme pétrifié. Dans le salon, Gabriel donnait l’impression d’encaisser assez bien l’information. Il semblait même plutôt indifférent. Il se comportait en sénateur qui préférait d’abord déceler le vrai du faux dans cette histoire, plutôt que de foncer tête baisser et de croire la première bonne femme prétendant lui avoir fait un gosse dans le dos. Un rendez-vous en début d’après-midi fut alors fixé où Gabriel annonça qu’il passerait avec son équipe. Willa semblait à son tour fort compréhensible. Quelques politesses furent à nouveau échangées et le sénateur raccompagna l’assistante à la porte. Romain en profita pour rejoindre le salon. Il voulait savoir.

Sur la table basse, près de la tasse de thé que son mari avait dû servir à l’assistante sociale, se trouvait un dossier sur lequel une photo était posée. Romain s’en saisit et après avoir enlever ses lunettes de soleil, il regarda attentivement la femme d’une trentaine d’année aux longs cheveux bruns cachés sous stetson qui lui allait à ravir. Elle était belle et possédait un sourire sincère. Sur ses genoux, se tenait assit un petit garçon aux cheveux noirs et aux yeux d’un bleu profond. Il devait avoir à peine un an et demi. Romain les trouvait beaux. Ils donnaient l’impression de bien s’amuser.

« Il est très mignon. Voir même adorable. » dit-il d’une voix calme en relevant les yeux vers Gabriel qui était de retour dans le salon. « Et elle, elle est assez jolie. Tu as quand même bon goût pour les filles. » Il jeta à nouveau un coup d’œil à la photographie, s’attardant sur le sourire de l’enfant. « J’ai tout entendu… j’étais dans la cuisine. Tu crois que c’est vrai ? Tu penses qu’il peut être ton fils ? » Il releva la tête vers son mari, une impression étrange et indescriptible dans le corps. « Qu’est-ce qu’on va faire ? »


Dernière édition par Romain S. Parker le Sam 27 Nov 2010 - 4:00, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: From Arizona with love From Arizona with love EmptySam 27 Nov 2010 - 3:45

    Au salon, l'ambiance était nettement moins froide que quand Gabriel était passé par la chambre. La relation du sénateur avec l'assistance sociale avait toujours été des plus cordiale et le coup de l'inspection surprise n'était pas de mise entre les deux. Un des nombreux avantages de figurer en haut de la chaîne alimentaire sociale de l'état.
    Bon au début, il avait quand même cru qu'il allait se faire remonter les bretelles à cause de l'affaire "Leslye enceinte". Bien qu'aux dernières nouvelles, c'était quand même mission impossible d'empêcher un ado aux hormones en ébullition de s'intéresser d'un peu trop de près a la gente féminine. Comme prévu, Willa avait prit des nouvelles d'Andrew, mais pas d'histoire de bébé à l'horizon. D'un côté Gabriel était soulagé que cette histoire ne soit pas arrivée aux oreilles de l'assistante sociale, de l'autre l'air timide avec lequel ce petit bout de bonne femme zélé triturait la hanse de sa tasse de thé ne lui disait rien qui vaille. Il y avait anguille sous roche.

    Elle lâcha finalement sa tasse pour sortir un dossier de son sac et le déposa religieusement sur ses genoux en relevant un regard professionnel dans celui orné d'une belle paire de cernes, de Gabriel. « Connaissez-vous une certaine Gemma Douglas ? » Ah on en venait aux faits. Gabriel afficha une moue pensive sans trop comprendre toutefois pourquoi ce nom ressortait de son passé, ni pourquoi il en ressortait de la bouche d'une assistante sociale. « Ce nom me dit effectivement quelque chose. » répondit-il, docile mais dubitatif, puis il précisa « C'est une femme que j'ai connu lors d'un voyage d'affaire à Phoenix il y a... environ trois ans. »

    « Bien. » Elle posa ses mains à plat sur la chemise plastifiée, apparemment satisfaite que Gabriel la replace dans ses souvenirs. Puis elle se racla la gorge et se dandina un peu sur le sofa avant de reprendre la parole d'un ton mesuré « Tout d'abord, j'ai le regret de vous annoncer que mademoiselle Douglas est décédée. »

    Un pincement au cœur saisit Gabriel qui ne trouvant rien à rétorquer sur l'instant, invita son interlocutrice à poursuivre. Il s'avéra que Gemma avait trouvé la mort suite à un accident de cheval et que c'est à la lumière de son testament que les services sociaux venaient frapper à sa porte en cette belle mâtinée déjà foireuse.

    « Je ne sais pas comment vous l'annoncez, sénateur, mais selon le testament de Gemma Douglas, vous seriez probablement le père du petit Samuel, son fils deux ans. » lâcha finalement Willa d'un air contrit, tout en lui tendant une photographie sortie de son dossier.

    Il sursautèrent tout les deux lorsqu'un fracas de verre brisé résonna dans une pièce voisine. Bon sang mais qu'est ce que Romain était encore en train de faire comme connerie ? Un pique d'irritation manqua de submerger Gabriel. On était en train de lui annoncer qu'il avait un fils et il fallait encore que môssieur centre du monde Romain fasse son intéressant en cassant tout dans la cuisine. C'était lui qui en rajoutait trente six couches quand ils s'engueulaient pour être le plus emmerdant des deux, c'était lui qui se dandinait sur un podium aussi imbibé d'alcool qu'une éponge et là, c'était encore lui qui accaparait toute l'attention de Gabriel alors que son présumé fils était quand même censé avoir la vedette sur ce coup. Il fallait toujours qu'il ait le dernier mot. Toujours.

    Le brun secoua la tête, autant pour chasser ses envies de meurtres que pour signaler à l'assistante sociale que ce n'était sans doute rien. Il prit tout de même soin de la congédier poliment. C'est à dire après lui avoir assuré avec tout l'aplomb dont il était capable et sans avoir l'air en colère qu'il passerait tirer cette histoire au clair dans l'après midi, et qu'il était fort peu probable que cet enfant soit le sien.

    Lorsqu'il revint au salon, il ne put s'empêcher d'être de nouveau agacé en voyant Romain penché sur le dossier de Samuel Douglas.

    « Il est très mignon. Voir même adorable. Et elle, elle est assez jolie. Tu as quand même bon goût pour les filles. » Gabriel leva les yeux au ciel, décidé à prendre toutes les réflexions de son mari pour des attaques personnelles. Vu sa jalousie excessive envers ses exs, il n'y avait pas trop à douter de la lourde ironie contenue dans ses propos. Il allait rétorquer un quelconque truc cinglant sur son flirt de la veille avec Carpenter mais lorsqu'il se redressa après avoir ramassé la tasse de thé de Willa sur la table basse, ce qu'il vit dans les yeux de Romain toujours posés sur la photo du petit garçon et de sa mère l'en dissuada.

    Il y avait quelque chose dans son regard. Une lueur nouvelle que Gabriel ne sut trop comment interpréter mais qui mit tous ses sens en alertes.

    « J’ai tout entendu… j’étais dans la cuisine. Tu crois que c’est vrai ? Tu penses qu’il peut être ton fils ? Qu’est-ce qu’on va faire ? »

    « Si tu veux savoir si j'ai couché avec Gemma Douglas il y a trois ans, la réponse est oui. Et oui, si on va par là, il y a effectivement une chance qu'il soit mon fils. » Une chance oui. Sur un million. On lui avait déjà trouvé un frère en la personne de Chris, et voilà qu'on lui dégotait un fils. Son avis ? Un nouveau truc à ajouter en tête de la bullcrap liste de ce que les gens s'amusent à éparpiller dans la vie d'un homme d'état, juste parce que quitte à avoir un gosse d'un père inconnu, autant choisir celui qui a la plus belle carrière à son actif au moment de faire son testament.

    « Ce qu'on va faire ? » dit-il en appuyant sur le « on » avec emphase. « Je vais tirer ça au clair, toi tu fais ce que tu veux c'est pas mon problème. » Il s'approcha de Romain et lui prit la photo des mains pour la ranger dans le dossier qu'il cala sous son bras. « J'ai déjà la garde d'un frère qui panique complétement à l'idée d'être père et un mari ingérable qui ferait bien d'aller plus souvent chez le psy...» Il s'interrompit, brandit un doigt en l'air et se reprit d'un ton dégoulinant de sarcasme « Ah non excuses moi, depuis hier on est plus tellement un couple toi et moi. C'est bien ça que ça veut dire quand l'un des deux enlève son alliance, non ? »

    Si Romain croyait que Gabriel allait partager la nouvelle avec lui après son brillant coup d'éclat, il se fourrait profondément le doigt dans l'œil. Le sénateur traversait sa vie de dingue avec le cynisme et l'ironie en bandoulière, ça l'aidait à ne pas se noyer dans la colère ou le désespoir chaque fois qu'on s'acharnait à mettre à mal sa carrière. On pouvait dire ce qu'on voulait, il était un excellent homme d'état et il le savait. Il était éloquent, il n'avait peur d'aucun défi, surmontait tout les chantages, connaissait les façons de se débarrasser des parasites et avait le cran de le faire sans une once de remords.

    Gabriel était un homme brillant et pragmatique oui. Mais avec Romain, la partie était truquée. Avec Romain il n'était plus qu'un homme perdu qui se demandait où allait son mariage. Un homme prit au piège d'un amour passionnel, indomptable et destructeur qui comme une terrible vague le laissait échoué, vide et épuisé. Dans ces conditions, comment pouvait-il seulement envisager d'élever un enfant ? Non, Samuel Douglas n'était pas son fils. Parce qu'il le fallait. Et plus tôt Romain le comprendrait, mieux ce serait pour eux deux.
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Message(#) Sujet: Re: From Arizona with love From Arizona with love EmptySam 27 Nov 2010 - 15:11

La claque fut violente. Trop pour en sortir indemne. Si Gabriel avait voulu le blesser en lui sortant tout cela, il y était arrivé. Romain avait mal au cœur. Il n’aimait pas voir son époux si en colère contre lui. Car c’était bien de la colère et un océan de mépris qu’il sentait s’abattre sur sa personne à chacun des regards du sénateur. Le jeune homme se sentait sale et minable, voir carrément indésirable au sein même de ce foyer. Mais malgré toute la peine et la honte qui le meurtrissait au fond de lui et qui lui donnait envie de régurgiter de dégoût, une petite voix bagarreuse au fin fond de son esprit torturé par une gueule de bois puissante, exigeait de foncer tête baisser dans la bataille et de provoquer un affrontement. Une partie de Romain brûlait d’envie de rétorquer à Gabriel que contrairement à son adorable et estimé mari bien sous tout rapport, lui, minable parmi les minables, il n’enlevait pas son alliance de son annulaire tous les matins lorsqu’il s’en allait travailler. Que lui, la reine des Maries-couche-toi-là, il assumait leur amour. Que lui, le patient complètement barjo du docteur Franklin, il n’avait pas besoin de glisser cette alliance autour de son cou suspendu au bout d’une chaîne pour se donner bonne conscience.

Mais il ne le fit pas.

Il laissa à Gabriel cette victoire injuste. Il le laissa gagner cette manche, ravalant au fond de lui ce petit élan d’indignation. D’abord parce qu’il savait qu’une nouvelle dispute ne mènerait nulle part et qu’il valait mieux faire profil bas, et ensuite, parce qu’il était épuisé et on ne peut plus abattu pas l’indifférence et le mépris qu’affichait son compagnon à son égard. Romain ne se sentait pas de taille à essuyer ses reproches en cascade. Pas aujourd’hui. Pas dans cet état lamentable. Il se contenta dès lors d’encaisser les pics et de faire bonne figure, même si son regard noisette trahissait la peine que venait de lui faire Gabriel. Romain ne comprenait pas comment son époux pouvait le tenir écarter de ce qui se passait aujourd’hui. D’accord, il avait merdé hier soir, et il méritait sans doute tous les reproches de la terre, mais Gabriel n’avait pas le droit de le tenir éloigner de cette histoire. Croyait-il sérieusement qu’il allait rester-là sans réagir alors que l’homme qu’il aimait profondément était peut-être le père d’un petit garçon en Arizona ? Cette nouvelle, si elle s’avérait être exacte et fondée, allait sans aucun doute à jamais changer leur vie.

« Tu ne vas quand même pas m’exclure, Gabriel ? » s’indigna Romain d’une voix basse et brisée. Il n’en croyait pas ses oreilles. Gabriel le laissait-là, préférant gérer seul la situation comme s’il ne comptait plus dans ce mariage. Comme si le sénateur était bien décidé à faire route en solitaire… comme avant. « Ne me fait pas ça. Je t’en prie. »

Et avec tout le dédain dont le sénateur était capable, celui-ci sortit du salon, sans un mot ni même un regard. Romain déglutit difficilement, les larmes lui montant aussitôt aux yeux. Poussé par son désir d’être toujours le second pilier fondateur de ce couple, il emboîta le pas à son époux et tout en le suivant à travers les pièces de la maison, il demanda, inquiet, blessé et triste à la fois :

« Je veux savoir, Gabriel. J’ai un millier de questions à te poser. Ne me laisse pas dans ce brouillard. S’il te plaît ! Arrête-toi et raconte-moi. » Sa voix se faisait de plus en plus forte à mesure que Gabriel montait les escaliers pour rejoindre son bureau… place que Romain savait qu’il ne pourrait raisonnablement investir aujourd’hui sans déclencher une dispute titanesque. « Dis-moi qui elle est ! Comment tu l’as connue ? J’ai besoin de savoir ! S’il te plaît ! » Il se mit à courir pour dépasser Gabriel et lui bloquer le passage menant à son bureau. « Si il se peut que ce soit ton fils, je suis en droit de savoir. Ne me fait pas ça. Ne me laisse pas sur le côté. »

Les bras écartés de part et d’autre, Romain fit barrage de son corps. Il n’était pas question de laisser Gabriel pénétrer dans son bureau et gérer seul la situation. Ne pas savoir de quoi retournait tout ceci arrachait petit à petit le cœur du jeune homme. La punition était injuste.

« Je sais que je n’ai pas été correcte hier soir mais si tu me laissais l’occasion de t’expliquer, je pourrais… enfin chéri… je… je… » Les yeux ancrés dans ceux de Gabriel, Romain sombra. Il n’y avait aucun amour dans ce regard. Tout n’était que colère et déception. Romain compris alors que quoiqu’il dise ou quoiqu’il fasse, rien n’apaiserait le courroux de son époux. Tout était encore trop frais. « Je n’ai aucune chance d’apaiser ta colère n’est-ce pas ? Quoique je dise ou que je fasse, je suis condamné à purger ma peine jusqu’au bout. » Il se mordit brièvement l’intérieur de la joue comme à chaque fois qu’il voulait refouler un sentiment. « Très bien. Si c’est ce que tu veux… » Un soupir triste et lasse. « Rend-moi mon alliance, s’il te plaît. » conclut-il en tendant la main, les larmes de tristesse et de fatigue au bord des cils.

A quoi bon lutter davantage ? Gabriel était un homme trop fier et trop orgueilleux. Il ne gagnerait jamais la partie face à lui. Romain se rendait compte que rien ne changerait jamais. Tous ces mois n’avaient servi à rien. Il s’était piégé lui-même, condamné à purger comme sentence une éternité dans l’ombre du sénateur. Car après tout, il connaissait la chanson. Comme Gabriel le lui rappelait si bien, Romain savait à qui il avait dit « oui » à Las Vegas et à quoi il s’engageait. Il ne pouvait donc s’en prendre qu’à lui-même s’il souffrait de devoir cacher leur relation. L’amour qu’ils se portaient avant-hier soir n’était pas assez grand, pas assez beau, ni même assez puissant pour donner à Gabriel l’envie de changer cela. Il ne surplombait pas le plaisir d’être sénateur. Face à elle, face à cette maudite carrière qui bouffait peu à peu sa confiance, Romain se rendait compte qu’il ne gagnerait pas. Pour la première fois de sa vie, il était le second choix. Que restait-il donc à faire face à cet amer constat et cette terrible désillusion ? Comment retrouver foi en son couple et à leur avenir ? Romain ne voulait y penser. Pas aujourd’hui, ni même demain… mais il savait qu’un jour ou l’autre, il devrait faire un choix, car rien ne changerait… jamais !
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Message(#) Sujet: Re: From Arizona with love From Arizona with love EmptyLun 29 Nov 2010 - 23:01

    Dans le genre tenace, Romain se posait là. Depuis qu'il avait investit ses bureaux en Février, Gabriel avait été confronté de façon directe au côté buté du jeune homme et aujourd'hui une fois de plus, qu'il soit face au sénateur ou au mari, Romain faisait preuve d'une pugnacité étonnante. En véritable poisson-pilote, il s'était mit à le poursuivre partout dans la maison. C'était sans compter sur l'as du mépris qu'était Gabriel qui dans toute sa splendeur ne lui accorda pas un iota d'attention.

    « Dis-moi qui elle est ! Comment tu l’as connue ? J’ai besoin de savoir ! S’il te plaît ! Si il se peut que ce soit ton fils, je suis en droit de savoir. Ne me fait pas ça. Ne me laisse pas sur le côté. »

    Faire la sourde oreille aux suppliques de l'homme qu'il aimait n'était pas chose facile. Romain avait raison, en l'épousant Gabriel avait désiré partager sa vie, sa famille avec lui et il était donc en droit de savoir. Mais enlever son alliance avait quelques conséquences auxquelles faire face ne pourrait pas lui faire de mal.
    Lassé de leur chassé-croisé, Gabriel allait enfin trouver refuge dans son bureau mais Romain le lui interdit. Sûrement poussé par un de ses élans masochistes, il s'était stratégiquement placé dans l'encadrement de la porte et lui faisait effrontément face.

    « Je sais que je n’ai pas été correcte hier soir mais si tu me laissais l’occasion de t’expliquer, je pourrais… enfin chéri… je… je… » Gabriel plissa les yeux, perplexe avant de baisser sur lui un regard corrosif. Lui expliquer quelle partie au juste ? Son petit collé-serré avec Justin, l'agression délibérée de son Aston, les magnums de champagne descendus à un rythme vertigineux ou alors le pire : lorsque même avec un bras tordu dans le dos Romain n'avait pas baissé les armes et poussé jusqu'au bout la provocation dans le but pervers de les détruire un peu plus ?
    L'envie de le dégager de là et de lui claquer la porte au nez concurrençait de prêt celle de le gratifier d'un simple mais efficace « Ta gueule » qui réexpédiait fissa les plus courageux dans leur trou. « Je n’ai aucune chance d’apaiser ta colère n’est-ce pas ? Quoique je dise ou que je fasse, je suis condamné à purger ma peine jusqu’au bout. Très bien. Si c’est ce que tu veux… Rend-moi mon alliance, s’il te plaît. »

    Un mince sourire mesquin s'insinua sur les lèvres de Gabriel. Il inclina doucement la tête sur le côté comme s'il examinait la requête de son vis à vis. Après quelques longues et délibérées secondes d'attente, il répondit avec froideur. « Qu'est ce qui te fait croire que j'ai encore envie de te voir la porter ? » Même si c'était un mensonge, la vengeance était une douce et coupable compagne. Après tout, si Romain pouvait lui reprocher, passer le seuil de la maison, de porter sa propre alliance au bout d'une chaîne par soucis de dissimuler son mariage, il ne pouvait pas l'accuser de s'en être un jour débarrassé, même après leur plus virulentes disputes.

    Sans autre forme de procès, il poussa le jeune homme sur le côté, pénétra dans son bureau et se retourna une dernière fois pour lui lancer au visage : « Quant à Gemma, elle était très belle, elle avait des lèvres à se damner et d'interminables jambes fuselées. » A vrai dire, quand on fait carrière dans la politique, on évite autant que possible les conquêtes du même sexe. Gabriel n'avait pas vraiment tenu alors qu'il était en pleine campagne, à ce qu'un amant d'une nuit lui fasse le coup de la sexe-tape où autre chantage du même style. Et même si Gemma avait été tout ce qui lui plaisait chez une femme, Gabriel en rajoutait exprès, titillant la jalousie de Romain juste pour le plaisir de voir son visage se figer alors qu'il encaissait les coups. Comme il l'avait lui-même fait la veille, en somme. « Et elle m'a plut dès que je l'ai rencontrée, elle. »

    Cette fois, il claqua la porte au nez de Romain et se terra dans son bureau jusqu'au rendez vous fixé plus tard, l'après-midi. Romain avait voulu blesser Gabriel, il avait réussit. Le sénateur était blessé et le dialogue rompu.

    ***
    Il était environ dix-sept heures quand Gabriel referma la porte d'entrée derrière lui. Le rendez vous avec Miss Atkins lui avait laissé une étrange impression. Pendant quelques heures les tourments de son couple étaient passés au second plan et l'unique sujet de conversation avait été cet enfant. Le sien, si l'on en croyait les dates qui coïncidaient parfaitement ainsi que le ping-pong oculaire de Daryl entre la photo du bambin et son présumé père, puis cette façon embarrassée de se racler la gorge qu'il avait eu, comme à chaque fois qu'il se rendait compte de quelque chose qui n'allait pas plaire à son patron. Il ne fallait pas être un génie pour lire la déduction quant à leur ressemblance sur le visage pincé de l'assistant. Pour finir, Gemma n'avait apparemment pas de famille à laquelle Samuel aurait pu être confié, raison pour laquelle l'identité du père avait été dévoilée dans son testament. Tout reposait donc sur ses épaules (et un peu sur le test ADN qui suivrait), comme d'habitude. Bah ouais... trop facile.

    Dans un long soupir, Gabriel déposa les clés de son Aston sur le meuble de l'entrée. Son regard dévia ensuite sur Romain qui venait de faire une apparition timide dans le vestibule, un panier de linge à la main. Ses yeux bruns envahis de questions silencieuses étaient rouges et gonflés, et Gabriel devina qu'il avait dû passer une bonne partie de l'après midi à pleurer. Le coup avait été dur pour lui aussi et avec une journée de recul les remords commençaient doucement mais sûrement à s'emparer du sénateur.

    « Je prends le prochain vol pour Phoenix et de là je dois me rendre à Sedona. Le petit vivait là-bas dans un ranch avec sa mère et en plus de me laisser un fils... » Un fils. Gabriel secoua la tête. Ce terme lui semblait tellement inapproprié. « Elle m'a confié le ranch en attendant que Samuel atteigne sa majorité. »

    Ça ne l'enchantait pas de devoir traverser le pays pour une succession surprise et écoper du ranch du petit ne faisait qu'accorder du crédit au fait qu'il devait sans doute être son fils. Il haussa les épaules et adressa un regard indéchiffrable à Romain.

    « Mon avion décolle à vingt heures, ça te laisse trois heures pour te préparer. » Indiqua t-il avant de monter dans la chambre à coucher pour préparer ses propres affaires, invitant par ces mots Romain à se joindre à lui pour le voyage.

    C'était vrai, il ne pouvait pas exclure son époux de cette histoire, peu importe sa rancœur. Mais la vérité était que son éventuelle paternité lui glaçait le sang. Gabriel, tout sénateur qu'il était ne se sentait pas de taille à affronter seul l'enfant qui allait lui être présenté une fois surplace. Pour la première fois de sa vie, il ne pourrait pas affronter une épreuve en solitaire. Résoudre les problèmes à deux, c'était bien ça le mariage, non ? Même si d'ici quelques jours, il y avait de fortes chances pour qu'ils ne soient plus jamais deux... Mais trois.
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Message(#) Sujet: Re: From Arizona with love From Arizona with love EmptyMar 30 Nov 2010 - 21:10

Balayé très facilement sur le côté par son sénateur de mari en colère, Romain poussa un léger soupir d’indignation. Encore une fois, Gabriel mettait un point d’honneur à lui lacérer le cœur à grand coup de propos qu’il savait pourtant être blessant pour lui. L’entendre parler ainsi d’une de ses conquêtes – conquête qui lui avait peut-être laissé un enfant de deux ans sur les bras – était excessivement désagréable. Romain avait toujours beaucoup jalouser les femmes et les hommes qui avaient partagés des moments intimes avec son époux. Il n’aimait pas entendre parler de cette femme de la sorte. Mais de toutes les piques empoisonnées que lui servit en gavage Gabriel ce matin, ce fut le « elle » de « Et elle m'a plut dès que je l'ai rencontrée, elle. » qui donna le coup de grâce au jeune océanologue. Ce putain de « elle » était de trop ! Elle, elle lui avait plut dès leur première rencontre. Lui pas donc ? C’était comme ça qu’il devait le prendre ? Si Gabriel avait cherché à le blesser, il y était parfaitement arrivé. Ce « elle » assomma d’un coup Romain qui ne put retenir ses larmes plus longtemps. La fatigue, le mal de tête et de ventre, la jalousie et les remords eurent raison de lui. S’il devait encaisser les coups portés par Gabriel, il le ferait en pleurant, comme il l’avait toujours fait, à fleur de peau.

Bien que l’envie de se défendre et de réclamer à nouveau son alliance se fit ressentir au point de lui en brûler les lèvres, Romain ne put rien ajouter, coupé dans son élan. La porte venait de se refermer à la volée devant son nez. Un claquement si soudain qu’il cloua quelques longues secondes sur place le jeune homme. Abattu et déboussolé, Romain s’éloigna dans le couloir pour rejoindre leur chambre à coucher. Gabriel ne lui avait pas rendu son alliance. C’était une punition de plus. Une boule à l’estomac – qui n’avait rien avoir avec sa gueule de bois – s’était formée dans son ventre et remontait peu à peu vers son thorax. Elle avait le goût de la tristesse et de l’amer désillusion. Romain avait tellement envie de remonter le temps et de tout changer. Il se maudissait d’avoir lui-même provoquer tout ceci.

Comment Gabriel pouvait-il raisonnablement le laisser en dehors de sa vie désormais ? C’était impensable. Leur vie de couple allait se trouver bouleverser – plus qu’elle ne l’était déjà admit-il – si ce mystérieux petit garçon s’avérait être le fils de son mari. Comment allaient-ils gérer cet événement, eux qui avaient déjà aujourd’hui bien du mal à communiquer sans se voler dans les plumes ? Elever un enfant dans ces conditions – car si Samuel était bien le fils de Gabriel, Romain savait que son mari prendrait ses responsabilités, aussi désagréables soient-elles pour lui – était impensable.

Allongé dans son lit, caché sous la couette où il sanglota en silence, Romain chercha à retrouver le sommeil, en vain. Il espérait s’endormir afin de ne plus penser à tout le mal qu’il avait causé au sénateur, et pour que se taise un instant sa douleur. Mais malgré sa fatigue, il n’arrivait pas à s’abandonner aux bras pourtant alléchants de Morphée. Son esprit était tourmenté par toute cette histoire. Où allaient-ils tous les deux ? Un océan de questions et d’incertitude s’étendait devant lui. Rien qu’à le contempler, Romain avait l’impression de perdre pieds et de se noyer. Tout était désormais incertain. Et si leur couple ne se relevait pas ? Et si il avait lui-même porter le coup de grâce à leur amour ?

Ce ne fut qu’après le départ de Gabriel que Romain daigna enfin sortir de sous la couette, toujours en larmes. Il passa l’après-midi à faire ce qu’il faisait toujours lorsqu’il était contrarié, triste ou agacé : il fit le ménage. Cela occupait généralement assez bien son esprit, même s’il ne put aujourd’hui contenir quelques sanglots entre deux jeans à repasser.

Lorsque Gabriel rentra du bureau où il avait dû passer de longues heures à débattre avec son équipe de l’affaire « Gemma Douglas », Romain sortit de la buanderie, un panier de linges soigneusement pliés dans les bras. Il le rejoignit dans le vestibule où il osa un regard chargé de question à son mari. Il se garda cependant bien de prononcer quoique ce soit. Il connaissait suffisamment Gabriel pour savoir qu’il valait mieux éviter de l’enquiquiner avec des questions auxquelles il n’avait visiblement aucune envie de répondre.

« Je prends le prochain vol pour Phoenix et de là je dois me rendre à Sedona. Le petit vivait là-bas dans un ranch avec sa mère et en plus de me laisser un fils... Elle m'a confié le ranch en attendant que Samuel atteigne sa majorité. »

Un fils ? Alors c’était officiel ? Face à l’attitude déplaisante du sénateur, Romain baissa quelques secondes les yeux, intimidé et penaud. Gabriel ne partirait pas au fin fond de l’Arizona s’il n’y avait pas une chance – même infime – que cette histoire soit fondée. Il ne laisserait certainement pas un gosse de deux ans mettre à mal sa carrière. Le connaissant lui et son équipe de requins, là-bas devait déjà attendre sagement une équipe de scientifiques qui – il en était certain – ferait passer un test ADN au sénateur et à son fils présumé dès leur arrivée en fanfare. Romain ne savait pas comment prendre ce demi-aveu de paternité. Il était partagé entre deux sentiments trop confus pour les comprendre sur le coup. La fatigue, les remords et la peine… Il y avait tant de sentiments et de sensations qui se bousculaient en lui qu’il n’arrivait pas à raisonner correctement. Son crâne allait exploser. Tout ce qu’il retenu de ce que venait de lui dire son mari, ce fut que celui-ci ne l’invitait pas à se joindre à lui. Une brève seconde, le cœur de Romain s’égratigna un peu plus avant que Gabriel ne daigne enfin lui accorder un peu de répit :

« Mon avion décolle à vingt heures, ça te laisse trois heures pour te préparer. »

Le soulagement l’envahit comme une vague de tsunami. Les yeux brillants de reconnaissance, Romain releva empressé le regard vers Gabriel. Il était heureux et soulager à la fois de l’accompagner en Arizona. Mais, bien que sa première envie fût de s’élancer vers le grand brun pour le serrer dans ses bras et fondre en larmes en lui demandant pardon, Romain s’obligea à rester immobile. Il savait qu’il n’en avait pas le droit. Gabriel concédait à ce qu’il l’accompagne. Il ne lui pardonnait pas. Ses centaines de questions, Romain devrait les garder pour plus tard. Il se contenta donc d’un simple hochement de tête qui laissa totalement indifférent le sénateur. Les deux époux se séparèrent dans un froid polaire, l’un montant à l’étage faire sa valise, et l’autre retournant à son ménage. Ils ne se retrouvèrent que deux heures plus tard – après s’être longuement évités – aux pieds des escaliers pour se rendre dans un silence pesant, à l’aéroport…


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