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 A l'arrière des taxis ...

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A l'arrière des taxis ...  Vide
Message(#) Sujet: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyJeu 14 Oct 2010 - 2:02

Il devait être aux alentours de 23 heures 30 ce soir là quand la séance de cinéma s’acheva, libérant la foule des spectateurs sur le trottoir de la devanture et incitant Noah à chercher un taxi pour rentrer à Ocean Grove puisque sa voiture était encore et toujours chez le réparateur. Dans le froid de plus en plus mordant de l’automne à peine arrivé, même la carrure de Dickers n’en menait pas large et l’idée de rentrer à pied jusqu’à chez lui le rebutait au plus haut point, lui, le monsieur parfait adepte du confort en tout lieux et en toutes circonstances. Ce soir, pour passer le temps loin de son quartier plongé dans le noir, Noah avait opté pour une séance de cinéma, délaissant son écran plat à l’incapacité de s’allumer faute de courant au profit de l’écran blanc sur lequel le dernier film à succès venait d’être diffusé devant une salle comble. Il aurait pu, s’il n’avait pas été paresseux, préférer marcher jusqu’au centre ville tout proche pour passer la nuit dans l’une des nombreuses discothèques de Miami, mais ses récents abus en terme d’alcool et de réveils chaotiques l’avaient convaincu que – pour une fois – rentrer tôt et prendre un bain de ministre était ce qu’il y avait de mieux à faire, d’autant plus que ni Gwenn, ni Bree n’étaient disponibles ce soir et qu’il refusait d’aller se trémousser en boîte pour se faire coller par un nombre incalculable de filles bourrées, toutes plus émerveillées les unes que les autres quant au fait que le mec qui posait pour la dernière campagne de pub d’une célèbre marque de prêt à porter était là, au milieu du dancefloor, et seul par-dessus le marché.

Portable en main, il consulta ses messages en attendant que la foule se disperse. Il avait espéré qu’Ella lui envoie un petit mot cynique et provocateur, qui – même si elle ne l’admettrait certainement jamais – aurait au moins pu le rassurer sur le fait que son coup de blues était passé et qu’elle reprenait du poil de la bête, mais il découvrit une boîte de réception désespérément vide de messages dignes d’intérêt. Un mail de la part de l’agence, l’informant qu’une réunion aurait lieu dans les jours à venir, une invitation pompeuse de la part d’une styliste qu’il avait du rencontrer lors d’un défilé, mais dont le nom ne lui disait rien et une pub sur les dernières nouveautés musicales que lui proposait i-tunes. Blasé, il rangea le mobile dans la poche arrière de son jean et releva le col de sa veste pour se protéger de la brise trop fraiche à son goût. Certes, il n’avait pas à se plaindre en comparaison des pingouins qui vivaient en antarctique, mais le fait était que 23 ° tout rond ce n’était pas assez pour sa petite peau douce d’éternel insatisfait. Enfin, les spectateurs venus en voitures commencèrent à se disperser, laissant à ceux qui restaient la possibilité de jauger la rue du regard à la recherche de taxis éventuels. Comme à l’accoutumée – et ce partout dans le monde, qu’importe la ville ou la période de l’année – ces derniers semblaient être aux abonnés absents. Un jour, quelqu’un prendrait le temps de lui expliquer pourquoi les taxis n’étaient jamais disponibles lorsque l’on avait besoin d’eux. Maugréant, il fourra ses mains dans ses poches et se rapprocha de l’extrême limite du trottoir, de façon à ce que le premier chauffeur qui passerait dans le coin ne puisse pas rater l’image du pauvre type frigorifié qu’il était et qui attendait avec dépit qu’un carrosse vienne le sauver de sa Sibérie tropicale.

Après quelques minutes d’attente à regarder à droite et à gauche en focalisant sur les voitures et en pariant sur le fait qu’un taxi déboulerait de telle ou telle intersection, le sain graal se matérialisa enfin en la petite boîte lumineuse «  taxi libre » qui clignotait sur le toit d’un véhicule arrivant au ralenti. Soulagé, Dickers se décrispa au possible pour lever le bras et attirer l’attention du conducteur. Ce dernier – vif d’esprit – orienta sa course dans la direction du mannequin, faisait ressentir à ce dernier la suffisance suprême d’être le premier à avoir réussi à interpeler l’attention de l’automobiliste. Seulement voilà, lorsque le taxi s’arrêta devant lui, une tornade de cheveux longs lui brouilla le champ de vision. C’était la feinte bien connue de la nana qui attend gentiment à l’intérieur qu’un blaireau commande un taxi pour sortir en courant et le lui piquer sous le nez, à grand coups de sourires enjôleurs et de regards qui interdisent toute protestation masculine. HORS DE QUESTION de se laisser damer le pion par une ingrate, il avait trop froid et ne se sentait pas assez gentleman pour passer son tour.

- Ah non, ça ne va pas être possible ma petite dame, ce taxi est à moi ! Grinça-t-il aussitôt, sans même s’être laissé le temps de détailler son adversaire et en s’agrippant à la poignée de la portière arrière, quitte à jouer des coudes pour être certain de ne pas se faire avoir. Enfin, la perfide se retourna pour lui rendre sa bousculade et c’est alors qu’un coup de tonnerre mental vint zébrer d’éclairs la mémoire de Dickers. JAE ?! S’exclama-t-il, mi horrifié, mi surpris, mi chancelant, mi tétanisé mais aussi, et surtout, totalement pris au dépourvu.


Titre © Noir Désir - A l'arrière des taxis.


Dernière édition par Noah J. Dickers le Jeu 16 Déc 2010 - 23:24, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyMar 26 Oct 2010 - 15:47


    « En tout cas, je te remercie Jane, j’ai passé une excellente soirée. » Un sourire radieux ponctua les propos de la jeune architecte avant qu’elle ne termine d’une gorgée, son délicieux cocktail orangé. La présence de Jane avait été des plus réparatrices et ce fut en sa compagnie qu’elle oubliait son éprouvante séparation. Pride demeurait indomptable et tenter de l’apprivoiser même passionnément n’était pas sans risques. Les efforts caducs de la jolie blonde n’attisèrent pas son besoin de liberté et sa crainte d’engagement, ainsi, elle observa son amant devenu amnésique glisser dans les bras gracieux d’une magnifique mannequin. Ce ne fût pas sans peine que Jaelyn digéra cette rupture, mais après tout, leur amour destructeur ne pouvait pas vivre au grand jour. Esquissant un sourire penaud, la jolie jeune femme reposa son verre avant d’observer les traits fins de son amie. « Merci d’avoir été là Jane, tu es une véritable amie ! » L’élégance clinquante de la brunette lui redonna du baume au cœur et sans plus attendre, elle lui paya un autre verre. Loin de toute agitation, elles avaient choisi de passer la soirée dans un bar chic et tranquille, installées sur de confortables fauteuils club, leurs rires enjoués troublaient la quiétude d’une pièce néo- contemporaine. L’alcool enivrant son esprit, Jaelyn déblatéra sans retenue et hilare quelques périodes gênantes de sa courte existence. Mêlant ses propres expériences, le rire tonitruant de Jane vint amplifier cette euphorie. Sous l’emprise de quelques verres d’alcool, la jolie brune pouvait se révéler extravertie et irrésistiblement drôle. Le regard accablé du barman suffit cependant à calmer leurs ardeurs. Observant l’immense cadran accroché au mur, Jaelyn prit conscience de l’heure tardive. Tout à coup éreintées, les deux jeunes femmes rassemblèrent leurs affaires avant de quitter l’endroit. Leurs incroyables talons claquèrent sur le bitume et rapidement, la fraicheur d’une nuit automnale s’empara de leurs peaux claires et frissonnantes. « Je t’aurais bien proposé de venir à la maison, mais je dois vraiment rentrer Jane, j’ai une importante réunion demain matin, mais si tu es dispo’ nous pouvons manger ensemble le midi ! » Acquiesçant, la brunette tremblante la quitta pour retrouver sa voiture.

    Par manque d’intuition et de bon sens, la jolie architecte avait préféré laisser sa voiture au bon soin d’un ami. Voilà plusieurs jours qu’il lui promettait une réparation à moindre prix et doutant de son efficacité Jaelyn avait tout de même cédé à ses caprices. Emmitouflée dans son cardigan beige, elle se rapprocha du trottoir priant qu’un taxi daigne s’arrêter. Puis le souvenir d’Edward et de son taxi flambant neuf raviva ses espoirs. Elle avait sympathisé avec ce chauffeur lorsque la ville fut paralysée par l’importante coupure d’électricité. Ensemble et pendant de longues heures ils firent connaissance oubliant les heures et le temps. D’ailleurs son itinéraire passait souvent par cette rue animée et ce fut avec un grand sourire qu’elle le vit patiemment se garer à l’arrière d’autres taxis. Impatiente de le retrouver, Jaelyn ne prêta pas attention au jeune homme qui souhaitait prendre place. Retrouvant la chaleur de l’habitacle, la jolie blonde ajouta « Edward ! Je suis si contente de te voir ! Tu tombes vraiment à pic ! » Le chauffeur prit le soin de se retourner avant de la saluer. « Bonsoir ma grande ! Je dois t’avouer que tu faisais peine à regarder, impossible de ne pas m’arrêter ! » Pouffant d’un rire franc, la jeune femme voulu répliquer, mais une voix masculine s’interposa « Ah non, ça ne va pas être possible ma petite dame, ce taxi est à moi ! » S’agrippant fermement à la poignée, le jeune homme joua des coudes afin de pouvoir s’asseoir, harassée par un tel culot, Jaelyn lui rendit la pareille avant de le dévisager. « JAE ?! » Sa surprise fut aussi intense, son cœur loupa un battement et muette, elle observa les traits ô combien incroyables mais stupéfaits de Noah. « Mais qu’est ce … Enfin … Je … » Balbutia t’elle avec difficulté lorsqu’un puissant klaxon les pria de bien vouloir se décider. Edward assena Noah d’un ordre strict « Montez !» et sous les propos impuissants de la belle, le séduisant mannequin vint prendre place sur la banquette.

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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyMer 27 Oct 2010 - 18:32

« Mais qu’est ce … Enfin … Je … » Oui, c’était à peu près ce à quoi pensait Noah en cet instant lui aussi. Moins qu’un ensemble de pensées cohérentes, c’est toute une armée de débuts et de fins de phrases sans queue ni tête qui lui vinrent à l’esprit tandis que son regard exorbité se plongeait dans celui de la jolie blonde. « Oh putain ! » aurait tout aussi bien pu résumer le maelström de souvenirs tous plus brulants les uns que les autres qui lui ravagèrent alors la mémoire tandis qu’un coup de klaxon bien sentit les firent tous sursauter, blonde, chauffeur et lui-même qui se cogna la tête contre l’encadrement de la portière sous le coup de la surprise « Merde ! ». « Montez ! » lui ordonna-t-on, si bien qu’il ne trouva rien d’autre à faire que d’obéir bêtement, quitte à le regretter amèrement une fois le taxi en route pour une destination encore non spécifiée. « Qu’est ce que … Tu ... » Bégaya-t-il, incrédule avant de se tourner vers le chauffeur pour reprendre contenance « Ocean Grove s’il vous plait. »

Fallait-il y voir une moquerie éhontée de la fatalité ? Se retrouver à se disputer une course de taxi avec Jaelyn qu’il n’avait pas revue depuis des années le dépassait complètement, il n’en revenait pas de voir la boucle se boucler avec autant d’ironie, comme si le destin avait voulu que les taxis en général se trouvent être un sacerdos à leurs rencontres. Dépité, il regarda d’abord la route, puis le dos du siège passager, puis le profil du chauffeur, puis le plafond, puis ses mains, puis - sans plus rien d’autre à regarder – il se tourna enfin vers Austen qui semblait visiblement tout aussi retournée que lui. « J’en reviens pas de te retrouver ici ! » Conclut-il, mi stupéfait, mi amusé par ce coup du sort aux probabilités qui ne devaient pas dépasser le un pour cent de chances sur dix millions. « Ca va ? » Question bête et d’une banalité affligeante, mais que pouvait-il lui demander d’autre alors que son estomac se nouait sous le coup de l’émotion et des réminiscences ? Rien.

Au final, il y avait tant de questions qu’il avait toujours brûlé de lui poser après son départ qu’un embouteillage pur et simple était en train de se créer dans son cerveau, réduisant ses capacités verbales à ces deux petits mots dont le caractère passe partout jurait affreusement avec le souvenir d’exceptionnalité qu’il gardait de leurs premières et dernières vacances dans le Maine. Tel un barrage qui explose, la barrière mentale qu’il avait édifié pour classer les évènements révolus dans la casse « passé » de sa mémoire sembla rendre les armes sous l’affluence de souvenirs et obligea son esprit à se prendre de plein fouet toutes les traces indélébiles laissées par la jeune femme dans sa mémoire. Le prenant au dépourvu, des flashs toujours plus violents de soirées, de rires, d’alcool et de défis malsains lui revinrent, le laissant pantois et le faisant s’enfoncer dans son siège pour éviter que la tête ne lui tourne trop. S’il y avait bien quelque chose qu’il n’avait pas prévu en se rendant au cinéma ce soir là, c’était de se prendre un choc émotionnel en pleine face sur le chemin du retour …

Rendu brillant par le spectre des souvenirs, son regard s’attarda sur les traits toujours aussi délicats de Jaelyn et quelque chose qui ressemblait fort à de la nostalgie mêlée à de la colère sembla s’abattre sur ses épaules en lui donnant l’impression de ne plus être maître de ses propres émotions. S’il avait eu plus de recul sur la situation, il aurait pu s’offusquer de voir à quel point tout ce passé refoulé arrivait encore à le faire se sentir en demande perpétuelle vis-à-vis de la jeune femme. Sur le coup, il n’identifia pas la nature de l’oppression qu’il ressentait au niveau de la gage thoracique, mais plus le compteur cumulait les mètres de bitume parcouru, plus il devenait évident qu’il se mettait malgré lui en apnée face à la montagne de problèmes qui repointaient le bout de leur nez en la présence de Jae et de tout ce qu’elle avait pu représenter à l’époque. Presque malgré lui, Noah du reconnaitre qu’un goût d’inachevé lui emplissait la bouche et c’est précisément ce goût de frustration latente qui lui fit pressentir qu’il n’aurait pas du obéir à l’ordre que lui avait donné le chauffeur une minute à peine auparavant.


Dernière édition par Noah J. Dickers le Sam 4 Déc 2010 - 14:52, édité 2 fois
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A l'arrière des taxis ...  Vide
Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyLun 22 Nov 2010 - 23:38

    FLASHBACK

    Assise dans l'herbe fraichement coupée, les yeux rivés sur l'eau claire du lac, la jeune Jaelyn fredonna encore quelque parole lorsqu'un parfum typiquement masculin embauma l'air ambiant. Appréciant cette douce effluve ambrée, la jolie blonde quitta ses écouteurs afin d'en apprécier tous les arômes. Souriante et sans même daigner prêter attention au nouvel arrivant, elle ajouta d'une voix claire teintée de malice "Noah, je reconnaitrais ton parfum bon marché entre mille !" Avec une nonchalance déroutante, le jeune homme au regard fauve vint prendre place à ses côtés. Sans le quitter du regard, la jolie Jaelyn le défia d'une malice sans pareille "Alors, qu'en est-il de cette garce de Matthew ? Plutôt mignonne non ?" Noah acquiesça d'un sourire conquérant. "Elle s'est quelque peu moqué de moi ce matin et comme j'ai réalisé ma part du marché, c'est à ton tour. Savannah mériterait une petite leçon tu ne crois pas ?" Glissant son portable ainsi que ses écouteurs dans la poche de sa veste légère, Jaelyn toisa Noah, satisfaite. "Très bien, mais j'ai quoi en échange ?" répliqua t'il avec froideur. Surprise par un tel engouement, la divine manipulatrice hésita un instant. Bien que ce jeu hypocrite et grivois excitait ces longs mois de vacances, tout deux n'avaient pu obtenir ce qu'ils souhaitaient réellement. Remake pitoyable de Laclos, Jaelyn s'était transformée en une Mertueil des plus avides et détestables, Noah quand à lui, avait choisi naturellement le rôle sadique mais ô combien passionné de Valmont. Mais malgré cette frasque d'adolescent, un réel désir naissait entre les deux protagonistes, éperdument entichés mais bien trop jaloux et fiers pour se l'avouer, ils prenaient plaisir à se détruire. Il ne fallu pas longtemps à la jolie blonde pour décider de sa récompense. Puis, prenant un malin plaisir à jouer avec lui, elle murmura langoureusement " Moi... Cette nuit, je serais à toi."


    FLASHBACK

    « Qu’est ce que … Tu ... Ocean Grove s’il vous plait. » La voix pourtant suave et mielleuse du jeune homme trahit sa surprise. Effectivement, après plusieurs années de silence, Jaelyn en avait presque oublié la perversité de leur relation. Ces vacances dans le Maine avaient été bénéfiques pour la jeune femme qui, sortant d'une aventure passionnée et destructrice, avait enfin pu sortir la tête de l'eau. Noah y avait été pour beaucoup, si bien qu'entichée, elle avait apprit à l'aimer. Bien trop craintive et fragile à l'idée de se mettre en couple, elle endossa le rôle de la femme fatale jouant de ses charmes avec les sentiments et les désirs de son compagnon. Pourtant, ce jeu lubrique n'en vit jamais la fin. « J’en reviens pas de te retrouver ici ! » Une once de remord envahit son esprit déjà quelque peu embrumé par l'alcool, trop lâche pour s'adonner à lui, elle avait quitté la ville avec ses parents sans laisser aucunes traces, sans donner aucunes nouvelles ... Le visage fin et gracieux de l'architecte laissa transparaître un soupçon de culpabilité. « Ça va ? » Haletante, Jaelyn ouvrit la fenêtre priant pour que cet imposant malaise disparaisse. "Plutôt bien Dickers, je t'avoue être assez surprise de te revoir. Tu n'as pas changé ..." Dissimulant une profonde rancœur, faire face à cette situation le plus naturellement possible était la seule échappatoire. Le regard malicieux du chauffeur à son égard acheva de la convaincre en ce sens.

    Un silence pesant s'installa au sein de l'habitacle, malgré une douce torpeur qui s'émanait de leurs êtres, Noah demeura muet mais Jaelyn soudainement emportée par une fougue libératrice, le toisa avec malice. "J'ignorais que tu vivais ici, et qui plus est à O.C ... Tu sais quoi ? Honnêtement, j'ai envie de fêter ça et puis je te dois bien quelques excuses pour avoir quitté le Maine sans te prévenir." L'idée de reprendre cet ancien rôle était si tentant, adopter cette prestance passée, séduire, désirer, pourquoi se priver d'un tel délice ? Se délectant du personnage, suggestive, Jaelyn savoura les traits séduisants et masculins du jeune homme. "Alors Dickers ? Sans rancune ?"
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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyMar 23 Nov 2010 - 12:35

Accompagnant le couinement électrique de la descente automatique de la vitre, une vague de fraicheur nocturne vint ébouriffer les cheveux de Noah, attaquant la peau de son visage et lui apportant un coup de pouce inattendu pour lui remettre les idées claires. " Plutôt bien Dickers, je t'avoue être assez surprise de te revoir. Tu n'as pas changé ... " Pas changé ? Bien malgré lui, Dickers tenta de se projeter plusieurs années en arrière, à l'époque où ses ambitions professionnels se tournaient encore vers le marketing et où il n'était qu'un étudiant comme les autres, jeune et con et insolent. Bien que cela fut difficile à admettre de prime abord, avec le recul et une bonne dose de franchise il devait bien reconnaitre qu'il n'était pas encore vieux, certainement toujours aussi con et peut-être même plus insolent que jamais. Elle avait raison, il n'avait pas changé. Le monde autour de lui avait changé, les perspectives d'avenirs, les gens, les conversations, mais lui était restés le même, avec quelques années de plus.

Silencieusement tourné vers elle, il ne chercha plus à fuir son regard et s'appliqua même à la détailler avec précision pour finir par se dire mentalement qu'elle n'avait pas changer non plus. Tout du moins pas dans sa façon d'être. Le fait de lui répondre avec cette même désinvolture que jadis et d'y afficher une assurance qu'elle n'avait peut-être pas sans jamais vouloir accepter de le laisser paraitre, tout ça lui rappelait tellement la Jaelyn des temps passés. L'âge n'y faisait rien, que ce fut à l'époque du Maine ou là, dans ce taxi de tous les souvenirs, cette façon qu'elle avait de le snober le rendait fou, dans tous les sens du terme. Et la réplique qui suivit ne fit que confirmer sa théorie selon laquelle il ne pourrait jamais vraiment se déclarer comme étant indifférent à cette façon de faire si particulière dont elle avait usé et continuait à faire usage en sa présence. " J'ignorais que tu vivais ici, et qui plus est à O.G ... Tu sais quoi ? Honnêtement, j'ai envie de fêter ça et puis je te dois bien quelques excuses pour avoir quitté le Maine sans te prévenir. " Garce. Garce, garce, garce ! Fallait-il vraiment qu'elle lui rappelle sa fuite de vive voix ? Ne se doutait-elle pas que c'était précisément ce à quoi il avait pensé dès l'instant où il l'avait reconnue ? Bien sûr que si, elle s'en doutait, elle le savait certainement très bien même, garce ! Oui mais quelle jolie garce ... La plus douées de toutes, assurément. " Alors Dickers ? Sans rancune ? " La perche était là, tendue, offerte, tellement tentante, mais il refusait de s'y accrocher comme le premier amoureux transi venu, ç'aurait été faire honte au niveau d'excellence dans l'hypocrisie dont ils avaient su faire preuve de par le passé ; ç'aurait été se rabaisser à du banal, or il n'avait jamais été question de quoi que ce soit de banal ou de bêtement quelconque dans leur relation. Aussi lui décocha-t-il un regard qu'il était certain qu'elle identifierait comme n'annonçant rien de bon - l'un de ces regards compétitifs à souhait qu'elle avait déjà eu l'occasion de se voir adresser à l'époque où leur duo malsain avait fait plus d'un ravage de vacances - avant de dégainer son portable et de mimer avec adresse la composition d'un numéro qu'il ne lui laissa pas le temps d'épier ou de mémoriser. Collant l'appareil à son oreille, il prit soin de la regarder droit dans les yeux avant de lui répondre avec toute la désinvolture dont il était capable : " Sans rancune. Laisse-moi le temps de prévenir ma femme, je t'invite à boire un verre " ... " Allo, Narcisse ? Oui, je rentrerai plus tard que prévu, ne m'attends pas, je te raconterai. Bisous ... Moi aussi. " Il lui fallu toute la force de sa volonté pour ne pas sourire narquoisement en baissant la tête lorsqu'il rangea son portable dans la poche qui lui était attribuée. Il avait beau se savoir faible et manipulable, il avait beau se rendre compte de la facilité avec laquelle il était retombé dans le jeu, cela ne l'empêchait pas de se dire qu'il n'avait pas perdu la main, car lui seul savait que - en guise de femme - c'était l'horloge parlante qu'il avait appelé, et que ce faux appel n'avait été là que pour remettre sa Mertueil à sa place. Une Mertueil qui - si elle n'avait pas changée - allait être piquée à vif par un élan de jalousie comme à l'époque et qui, comme à l'époque toujours, se retrouverait contrainte et forcée de ne pas l'afficher, orgueil oblige. C'était petit, c'était vicieux, mais c'était aussi tellement bon de se savoir capable de lui rendre la monnaie de sa pièce sans que - comme lui - elle ne puisse réellement exploser pour manifester sa frustration.

Étonnant comme un regard, une seconde, un mot peuvent faire voler en éclat plusieurs années de silence radio et réveiller les démons les plus profondément refoulés par le temps.
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A l'arrière des taxis ...  Vide
Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptySam 11 Déc 2010 - 23:47

    Un sourire conquérant vint se dessiner sur ses lèvres maquillées. Revoir Noah après ces quelques années s’avérait être étonnamment plaisant. Reconnaitre un visage familier lui mis du baume au cœur, désormais, son semblant de vie pourrait prendre une autre tournure à ses côtés. Bien que leur jeu malsain restait cloué dans les mœurs, l’ennui lui, ne fera plus partie de son quotidien. Noah lui avait toujours apporté une dose enivrante d’amusement et d’adrénaline et même si elle ne lui avait jamais avoué, son béguin pour le jeune homme demeurait évident et toujours profondément ancré en elle. Engageant une rixe hypocrite, la jolie blonde ne fut pas surprise par l’engouement dont Noah fit preuve. Il s’empara de son téléphone, composa un numéro avec une aisance déconcertante avant d’ajouter " Sans rancune. Laisse-moi le temps de prévenir ma femme, je t'invite à boire un verre " ... " Allo, Narcisse ? Oui, je rentrerai plus tard que prévu, ne m'attends pas, je te raconterai. Bisous ... Moi aussi. " A ces mots, Jaelyn demeura bouche bée. Ainsi le jeune Dickers était bel et bien marié avec une prénommée Narcisse. Piquée par un élan de jalousie, elle maudit un instant sa rivale, puis reprenant son rôle à la perfection, son rictus blasé se transforma en sourire faussement enjoué. Croisant ses interminables jambes, elle toisa son compagnon avant de reprendre « Et bien, quel étonnante nouvelle ! Te voilà marié, je ne pensais pas que tu serais tombé si bas Noah ! » Le mariage ... Engagement pour le moins stupide qui stipulait corps et âme de se livrer éternellement à une seule et unique personne. Ce traité n'était qu'une cage qui freinait toutes ardeurs et toutes libertés. S'engager ainsi était surprenant de la part du jeune homme, mais Jaelyn devait se montrer réaliste. Comme elle, il avait changé. Alors qu’elle lui assurait un clin d’œil malicieux, Jaelyn quitta son siège avant de se rapprocher du conducteur. « Tu n’aurais pas une bonne adresse à nous conseiller ? Je viens de retrouver un vieil ami et j’aimerais aller boire un verre dans un endroit calme et feutré. Je crois que nous avons pas mal de choses à rattraper ! » Toujours souriante, la jeune architecte vint retrouver le confort du dossier avant de se laisser mener paisiblement par le chauffeur. Malgré sa rupture récente et douloureuse avec Pride, Noah, par sa présence et son charisme, lui avait redonné confiance en elle, désormais plus sûre, elle endossait le rôle d’une séductrice caractérielle et désireuse de futilités, comblée par un valet fourbe et vicieux. Son regard azur se perdit dans les méandres d’une cité animée, bercé par les effluves épicées et exotiques de son doux parfum masculin. Leur voyage se fit silencieux, bien trop perdue dans l’abîme de ses pensées, Jaelyn en avait oublié d’être incisive et fatale. Seul le crissement des pneus sur le bitume ramena la jeune femme à la réalité. Le chauffeur annonça à voix haute leur arrivée et pria aux deux anciens amants de ne pas régler le montant total de la course. Une fois à l’extérieur du véhicule, celui-ci parti à grande allure avant de disparaitre au coin d’un boulevard vivace.

    C’est ainsi que Jaelyn et Noah se retrouvèrent devant un bar discret aux résonances cubaines. Une musique exotique s’émanait de l’endroit enfiévré. Surprise par un élan d’assurance, la jolie blonde devança son compagnon et pénétra dans l’enceinte. Les notes ardentes et suaves de la salsa assénèrent son corps frêle d’une chaleur enivrante et prenant ses aises, Jaelyn prit place sur une banquette aux couleurs orangées, priant Noah de la rejoindre d’un regard. « Je ne connaissais pas cet endroit, c’est vraiment parfait. » Saisissant la carte, elle détailla celle-ci sans grande attention avant de prendre de commande auprès du serveur. Noah fit de même puis lorsqu’ils se retrouvèrent enfin seuls , la jolie jeune femme avoua dans un murmure « Je m’attendais à tout sauf à toi Noah … Mais je suis vraiment contente de te revoir … »
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A l'arrière des taxis ...  Vide
Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyDim 12 Déc 2010 - 6:43

Qu'est ce qui était le plus délicieux dans tout ça ? Noah n'aurait su dire ... La fraction de seconde horrifiée qui l'avait conforté dans son idée que - quoiqu'elle puisse laisser croire - elle n'était pas indifférente à la nouvelle ? Le croisement de jambes clairement destiné à lui faire passer un " regarde ce que tu perds " silencieux et narquois ou le clin d'œil malicieux qui accompagna sa pique sur la bassesse du mariage ? Ou bien peut-être était-ce tout simplement le fait de la voir se pencher à l'oreille du chauffeur et de sentir la voiture bifurquer à un carrefour qui ne menait pas du tout dans la direction d'Ocean Grove ? Dieu qu'il était plaisant de voir cette fin de soirée dériver doucement mais surement vers quelque chose qu'il présentait déjà comme potentiellement dangereux, mais de follement enivrant. Lui-même confortablement enfoncé dans son siège, il se complut dans le silence prometteur qui accompagnait ce changement de direction et de perspectives. Jaelyn n'avait pas besoin de savoir qu'il n'était que fiancé à Narcisse, bien au contraire, il se plaisait à croire que l'idée même de l'homme marié stimulerait l'esprit compétitif et la flamme de l'interdit qu'il se souvenait avoir connu chez elle à l'époque. Changements ou pas, la facilité avec laquelle ce taxi avait pris la direction d'un bar au sein duquel ils étaient tous les deux tombés d'accord pour prendre un verre et renouer avec leurs souvenirs commun ne trompait pas : autant chez l'un que chez l'autre, l'envie de s'enliser dans les sables mouvants de ce jeu qui représentait à lui seul toute leur histoire était présente.

Lorsque le conducteur les extirpa de leur rêverie à la fois songeuse et d'une impatience palpable, Dickers eut le réflexe de chercher après son portefeuille, mais il s'avéra qu'on ne leur demandait rien pour la course, preuve de plus qu'aujourd'hui comme hier, Jaelyn savait se faire les amis qu'il fallait pour se simplifier la vie. Ils se retrouvèrent donc face à la devanture d'un bar sans grande prétention, mais dont l'ambiance musicale laissait deviner la chaleur du lieu et l'intimité qui l'habitait. Curieux, Noah emboita le pas de la blonde en se débarrassant de son écharpe dès qu'il eut franchit l'encadrement de la porte, conforté dans son impression quant à la température plus que raisonnable à l'intérieure. Charmé, il prit place en face de Jaelyn en approuvant d'un signe de tête appréciateur lorsqu'elle lui fit par et de son goût pour le lieu et c'est d'un air distrait lui aussi (puisqu'il était évident que le verre qu'il devait prendre l'intéressait beaucoup moins que la personne avec laquelle il allait le partager) qu'il commanda le premier cocktail sur lequel son regard s'était arrêté avant de reporter toute sa concentration sur compagne d'un soir.

« Je m’attendais à tout sauf à toi Noah … Mais je suis vraiment contente de te revoir … » « Plaisir et étonnement partagés, s'accorda-t-il à répondre en toute sincérité, alors comme ça tu vis aussi à Ocean Grove ? Quelle ironie que je ne t'y ai jamais croisée et qu'il ait fallu que l'on se dispute un énième taxi pour te revoir ... » Oui, c'était bien de la déception mal dissimulée qui perçait dans sa voix tandis qu'il retirait sa veste pour plus de confort. De la déception dans la voix, mais aussi et surtout, des souvenirs plein les yeux. Des yeux dont le regard confiant ne fuyait pas celui de la jolie blonde, bien au contraire, c'est avec assurance qu'il s'obstinait à ne pas perde le contact visuel, un peu comme s'il faisait le plein de sa beauté pour combler les mois et les années à ne plus l'avoir eu dans son viseur. « Et donc ? Enchaina-t-il, fiévreux malgré lui, que devient notre fervente étudiante en architecture ? 5 ans déjà ... J'imagine qu'on a rangé les bouquins au profit d'un joli diplôme encadré au dessus de la cheminée. » Sourire en coin de rigueur pour image conventionnelle et pompeuse à souhait, aka " moi j'ai ma cage, toi t'as la tienne, un point partout, la balle au centre ".
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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyDim 12 Déc 2010 - 13:41

    L’endroit était plaisant, propice au désir et à l’ivresse, quelques couples déjà s’élançaient avec sensualité sur une piste de danse farouchement aménagée. Une douce lumière orangée et tamisée révélait leurs spectres amourachés et possédés par une musique latine. Appréciant leurs danses follement charnelles, la jeune architecte se laissa bercer par ses effluves cubaines. Ainsi, la musique guérissait tous les maux et par quelques sorcelleries, elle transformait Jaelyn en séductrice fatale. Face à Noah, la jeune femme détailla la carte avec négligence avant d’opter pour un cocktail aux saveurs d’ailleurs. La vie était vraiment déroutante et le destin, malgré leur lourde séparation, avait choisi de les rassembler. Désormais, qu’attendait-il des deux jeunes gens ? Jaelyn prenait peu à peu conscience de la dangerosité de ces retrouvailles. Vulnérable, elle replongerait sans nul doute dans ces jeux futiles mais ô combien délicieux. Noah ne la laissait pas indifférente, son charme avait toujours eu raison d’elle et cette fois, après cinq ans d’absence, voilà qu’il la touchait en plein cœur. Le fait qu’il soit engagé auprès d’une autre femme mettait un peu de piment dans cette nouvelle relation. Narcisse ne rendait pas la chose facile et évidente et réalisant qu’il lui appartenait corps et âme, un profond sentiment de mal-être assena l’esprit troublé de la jolie blonde. De part son attitude craintive, elle l’avait abandonné dans ce camp de vacances miteux, s’offrir à lui était son ultime défi mais profondément amoureuse, elle appréhendait que ses sentiments prennent le dessus et gâchent tout ce qu’ils avaient construits. Mais voilà que la fatalité s'avérait bien dure, aujourd'hui Noah ne lui appartenait plus et réalisant ses erreurs, Jaelyn n'avait que ses yeux désabusés pour pleurer. L'existence est faite d'opportunités à saisir, mais les faiblesses de la jeune femme ne lui apportent que des désillusions. Maintenant, se retrouver face à lui, totalement impuissante était la preuve formelle de sa crainte d'engagement. Poussant un léger soupir emplit de peine et de remords, elle feinta un sourire lorsque son compagnon l'observa avec plus d'intêret. Après tout, rien était perdu, Noah ressentait peut être la même chose, peut être que la vie leur réservait quelques frasques fusionnelles et magnifiques. Sans aucune once de réflexion, Jaelyn lui avoua qu'elle ne s'attendait pas à le revoir, sans prétendre davantage, elle posa ses mains fines sur ses genoux tout en se mordant la lèvre, honteuse de ne pas savoir par où commencer. "Plaisir et étonnement partagés" De sa voix suave et mielleuse, Noah toisa la belle qui se sentit perdre pied. "Alors comme ça tu vis aussi à Ocean Grove ? Quelle ironie que je ne t'y ai jamais croisée et qu'il ait fallu que l'on se dispute un énième taxi pour te revoir ... " Coupé par le serveur qui vint leur ammener leurs boissons, Jaelyn remercia celui-ci avec politesse avant de lever son verre. "Et bien, le destin réserve parfois de bonnes surprises !" Ajoutant un clin d'oeil malicieux à ses propos, la jolie blonde se délécta du nectar envoutant avant de reposer son verre. " Pour être plus sérieuse, je vis ici depuis un an et pour tout t'avouer, je ne me déplace jamais en taxi ... Du moins c'est plutôt rare, te retrouver ici est vraiment un pur hasard ! Et toi alors ? Que fais-tu à Miami ?"

    Noah était un homme emplit d'ambition, du moins tel qu'elle le connaissait. Avide d'en apprendre davantage sur lui, elle prit ses aises et se débarassa de son cardiguan beige afin de lui laisser le loisir de se délecter de sa superbe robe noire, fine et dentelée. Le jeune homme ne la quitta pas du regard et comblée, Jaelyn s'abreuva une nouvelle fois. « Et donc ? Que devient notre fervente étudiante en architecture ? 5 ans déjà ... J'imagine qu'on a rangé les bouquins au profit d'un joli diplôme encadré au dessus de la cheminée. » Un sourire enjoué se dessina sur ses lèvres maquillées, haussant les épaules en toute modestie, la jeune architecte répliqua " J'exerce depuis plus d'un an, j'ai eu la chance de pouvoir travailler à Miami dans un cabinet assez réputé. C'est vraiment un bonheur d'y être parvenu, il y a cinq ans j'étais en très mauvaise posture ..." Leurs jeux malsains lui revinrent en mémoire mais ses souvenirs scolaires la rendirent plus qu'honteuse. Soucieuse de ne pas aborder ce sujet, Jaelyn se délecta de son charme viril et malicieux, puis taquine, elle enchaina "Et toi ? Parles moi un peu de toi Noah" Puis, baissant le regard, les yeux emplit d'images factices de sa fiancée, Jaelyn murmura avec peine "Parles moi d'elle, comment a t'elle réussi à t'apprivoiser ?" Songeur, Noah demeura cependant silencieux et maudissant sa curiosité, elle dissimula son malaise par une autre gorgée d'alcool. "Je suis désolée, cela ne me regarde pas, c'est qu'à l'époque, j'aimais la façon dont tu parlais de moi... Enfin bref, je ferais mieux de me taire ..." Muette, la jolie blonde se laissa bercer par quelques notes de salsa, fuyant le regard mordoré de son compagnon.


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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyDim 12 Déc 2010 - 23:59

L'arrivée du serveur avec les cocktails ne suffit pas à faire décrocher le regard de Noah. Vaguement conscient qu'on attendait de lui les politesses d'usage, il dispensa un " merci " plat et sans valeur du coin des lèvres pour que cette interruption ne prenne en aucun cas plus d'importance qu'une basique coupure nécessaire à la réception de leur commandes. Plus réactif - par contre - lorsque Jaelyn l'invita à trinquer, il lui rendit sourire et clin d'œil avant de porter à ses lèvres son verre dont le contenu était à l'image des lieux : doux et enivrant.

" Pour être plus sérieuse, je vis ici depuis un an et pour tout t'avouer, je ne me déplace jamais en taxi ... Du moins c'est plutôt rare, te retrouver ici est vraiment un pur hasard ! Et toi alors ? Que fais-tu à Miami ? " Surprit par la réponse, Noah écarquilla légèrement les yeux et reposa son verre pour répliquer : " Un an !? C'est incroyable qu'on ne se soit pas recroisés plus tôt ! Je suis sur Miami depuis 3 ans dont environ 2 mois de vie à Ocean Grove ... Si je ne te connaissais pas, j'irais presque jusqu'à soupçonner que tu m'évites. " Enjôleur, il marqua un temps de pause pour lui décocher un sourire entendu. " Je suis mannequin maintenant, c'est pour ça que j'ai quitté New York, le siège de mon agence se trouve en ville, alors autant allier l'utile à l'agréable : plus de soleil, moins de distance. " Et des jolies blondes qui refont surface quand on s'y attend le moins ... Ajouta-t-il intérieurement.

Dans la suite logique des choses, la conversation dévia sur le parcours professionnel de la jeune femme. Noah, attentif, gardait le silence pour mieux lui laisser le privilège de faire le point sur tout ce qu'ils avaient raté de leur vie respective, en commençant par la sienne. " J'exerce depuis plus d'un an, j'ai eu la chance de pouvoir travailler à Miami dans un cabinet assez réputé. C'est vraiment un bonheur d'y être parvenu, il y a cinq ans j'étais en très mauvaise posture ..." Hochement de tête appréciateur et silence songeur en guise de réponse ... De toute évidence le spectre de la séparation planait encore au dessus de leurs têtes et c'est avec une certaine surprise que Noah se rendit compte qu'il s'était mis à jouer avec l'ombrelle de son cocktail. " Et toi ? Parles moi un peu de toi Noah ... Parles moi d'elle, comment a t'elle réussi à t'apprivoiser ? " Cessant de triturer son ombrelle, Dickers eut un regard pénétrant en direction de Jaelyn. Une Jaelyn rendue visiblement mal à l'aise par la prise de conscience de ce qu'elle venait de demander puisqu'elle s'empressa de bafouiller des excuses avant de fuir son regard. Toujours pensif, il eut l'intuition que c'était le moment où jamais de prendre un poil d'ascendant sur elle. Cruel certainement pas, mais joueur ça ce n'était plus à prouver, il ne laissa pas passer ce moment de faiblesse sans taquiner la ligne pour voir ce qu'en disait le poisson : " Elle est blonde ... comme toi. Avec des yeux bleus ... comme toi. "

Que cherchait-il à faire passer au juste ? L'idée qu'elle puisse ne pas être irremplaçable pour la blesser autant qu'elle avait pu blesser son ego en prenant la fuite ou bien celle qu'il ait pu se choisir une femme de substitution faute de l'avoir eu elle ? Suspens ... et c'est avec un air de mystère teinté de sadisme passablement refoulé qu'il s'évertua à ne rien laisser paraitre, juste pour le plaisir d'imaginer les doutes et les questionnements qui lui torturaient peut-être l'esprit alors il se passait la main dans les cheveux avec cette souplesse rendue gracieuse par les centaines d'heures passées devant les objectifs à mimer toutes sortes d'attitudes dont la séduction faisait bien évidemment partie.
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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyLun 13 Déc 2010 - 15:40

    « Elle est blonde ... comme toi. Avec des yeux bleus ... comme toi. » Jaelyn avait laissé échapper un moment de faiblesse, faiblesse que Noah ne put s’empêcher de saisir. Laissant libre cours à ses interrogations naïves, le jeune homme s’était emparé de cette faille avec adresse et Jaelyn, piteuse, maudit son compagnon. Laisser transparaître une once de sentiment était un véritable comble pour l’architecte qui se refusait d’aimer avec ardeur. Cependant, face à son compagnon, elle refusa de s’avouer vaincue et terminant son cocktail d’une traite, elle lui adressa un sourire ravageur emplit de fausse modestie. « Et bien, les jolies blondes ont toujours su te faire craquer Dickers. Quelle malheureuse faiblesse … remarque, je tenterais bien ma chance à nouveau … » Consciente de l’effet que ses quelques mots provoqueraient au jeune homme, Jaelyn savoura un instant sa victoire. Voilà quelle reprenait le dessus, comme elle l’avait toujours fait et désireuse de faire flancher le mannequin, elle ajouta « D’ailleurs je crains que ta belle s’inquiète. Tu ne devrais pas trop tarder … » Inutile d’avouer que cette pique narquoise dissimulait un réel défi. Maintenant, Noah allait-il le relever ? Croisant ses interminables jambes, la jolie blonde posa ses coudes sur la table de bois avant de passer sa main fine sur sa nuque dénudée. En termes de séduction, Jaelyn n’était en rien une novice et déterminée à le faire succomber, elle se sentit plus que désirable. Un étrange silence régnait entre les deux jeunes gens et simplement bercés par une musique suave, ils ne se quittèrent pas du regard. Le sadisme de Dickers avait conforté la belle dans ses espérances, ce nouveau jeu fatal serait bel et bien le dernier épisode de leur amour fourvoyé. Aspirant à une fin heureuse, la jeune femme s’amusa un court instant avec la petite ombrelle qui ornait son verre désespérément vide. Toutefois, un serveur vint rompre ce silence pesant d’une politesse sans pareille. Jaelyn lui tendit son verre alors qu’il leur proposait de goûter au cocktail de la maison. Retrouvant son sourire délicat, elle se tourna vers son compagnon, enjouée. « Avec plaisir ! » Noah semblait tout aussi réjoui. « Dans ce cas, deux derniers cocktails et après je te rends à ta douce … »

    […]

    Perdant toute notion du temps, la jolie blonde s’abreuvait de ses paroles. L’éloquence de Noah était sans pareille et ce fut avec plaisir qu’elle se remémorait leurs délicieuses conversations passées. A la fois chat et souris, Jaelyn succombait totalement à son charme enfantin et joueur. Le mannequin savait y faire et la prenant par les sentiments elle était prête à lui accorder toute faveur. Terminant un énième verre, une douce chaleur vint caresser le corps frêle de la belle. À présent, une délicieuse torpeur s’émanait des deux êtres et par une quelconque folie, elle ne pu s’empêcher de rétorquer. « Je savais que tu étais devenu mannequin Noah, comment t’ignorer face à ces immenses panneaux publicitaires … mais j’ignorais que tu étais ici à OG. De plus, je n’aurais pas osé t’aborder. L’attitude que j’ai eu avec toi il y a cinq ans me rend suffisamment honteuse … et je ne mérite aucune excuse. »

    Ses doigts fins glissèrent le long de la paroi glacée du verre à cocktail, maintenant silencieuse, elle lui laissa le temps de digérer ce semblant d’excuse. Sa fierté désormais mise au plus bas, Jaelyn ravala son égo et détaillant le couple magnétique qui dansait au centre de la pièce tamisée, elle murmura « Ils sont grandioses … »

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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyMar 14 Déc 2010 - 18:37

« Et bien, les jolies blondes ont toujours su te faire craquer Dickers. Quelle malheureuse faiblesse … remarque, je tenterais bien ma chance à nouveau … » Retour de bâton bien mérité, Noah le savait et ne broncha pas. Le fait qu'elle lui rappelle - preuve à l'appui dans sa tournure de phrase - qu'il n'avait pas le monopole de la franchise et qu'elle aussi savait le titiller sur la corde sensible de ses sentiments refoulés le fit serrer les dents et l'imiter dans la descente bien trop rapide de son propre cocktail. « D’ailleurs je crains que ta belle s’inquiète. Tu ne devrais pas trop tarder … » Sur cette nouvelle provocation, Noah reposa son verre un peu trop lentement pour que le geste paraisse naturel. Farouche, il la défia du regard, conscient du défi qu'elle lui lançait implicitement et du fait qu'il n'avait qu'à partir pour la blesser. Seulement voilà, partir s'était accepter de passer pour un homme à sa fa-femme (ce qu'il n'estimait pas être), mais c'était aussi - et surtout - écourter leurs retrouvailles en tirant un trait acide sur cette soirée et sur tout ce qu'elle ravivait de flamme en lui. A l'instar d'un alcoolique, Dickers se retrouvait bien malgré lui dans le rôle de celui qui découvre - enivré et blasé à la fois - qu'il suffit d'un seul verre pour replonger. Un seul verre : précisément et humblement tout ce qu'il venait de boire en compagnie de Jaelyn et c'était visiblement déjà trop pour faire marche arrière puisqu'il ne sut pas dire non à la proposition que leur fit le serveur avec son cocktail maison ...

[…]

10 minutes ? Une demie-heure ? Une heure ? Qu'importe, Noah non plus n'avait plus aucune notion du temps. Déridé par l'alcool et bien incapable de contenir plus longtemps son envie de rattraper avec elle tout le temps perdu, il parlait, gesticulait, riait, agitait les mains et poussait des exclamations au ryhtme de la conversation en savourant ce moment sans plus faire entrer de rapport de force dans le dialogue. Le temps d'une trêve et d'une ribambelle de cocktails, il avait voulu retrouver Jaelyn et juste Jaelyn, histoire de renouer avec cette époque durant laquelle tous deux, le temps d'un été, n'avaient plus fait qu'un seul et même bloc compact et uni pour le meilleur ... comme pour le pire. « Je savais que tu étais devenu mannequin Noah, comment t’ignorer face à ces immenses panneaux publicitaires … mais j’ignorais que tu étais ici à OG. De plus, je n’aurais pas osé t’aborder. L’attitude que j’ai eu avec toi il y a cinq ans me rend suffisamment honteuse … et je ne mérite aucune excuse. » Silence. Le mannequin rieur et extravagant venait de laisser place à l'homme à l'orgueil blessé, à l'air interdit et à la réflexion intérieure vive sur le thème du pardon : faut-il ou faut-il pas ? « Ils sont grandioses … » Son regard, assombri par ce retour en force du sujet le plus tabou de leur souvenirs communs, dévia dans la même direction que celui de la jeune femme pour finir par observer songeusement le couple qui se déhanchait sur la piste. Il y avait quelque chose de lascif dans la souplesse de leurs mouvements, quelque chose qui donna envie à Dickers de peut-être laisser à Austen une chance de se rattraper. Impulsif, il se leva sans plus attendre et contourna la table pour se planter à côté d'elle, droit et fier comme il savait si bien l'être lorsqu'il voulait quelque chose. « Danse avec moi. » Dit-il alors en lui tendant la main sans qu'on sache vraiment situer le ton de sa phrase entre demande et ordre. Son regard, brûlant, semblait ne vouloir laisser aucune place au refus et c'est d'ailleurs avec une délicatesse distinguée mais ferme qu'il attrapa la main de la blonde pour l'inciter à se lever, comme si elle lui devait bien ça, faute de lui avoir donné ce qu'il avait voulu cinq années auparavant.

Conquérant, il l'entraina sur la piste de danse à la fit tourner avec grâce sur elle-même avant de la coincer contre lui, main dans la main, main sur la hanche. A croire que la musique salsa se voulait être une véritable allégorie de leur relation : un pas en avant ... deux pas en arrière ? Quoiqu'il en soit, cette proximité soudaine eut le don de lui faire tourner la tête et ce phénomène n'était certainement pas tant à mettre sur le dos de l'alcool que sur celui du parfum délicat qui émanait du cou de Jealyn au moindre frôlement de l'air contre sa peau fine.
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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyMer 15 Déc 2010 - 16:37


    Désormais, le temps n’avait plus d’importance et face à Noah, Jaelyn réapprenait à le découvrir. Malgré l’insoutenable chaleur due à l’alcool et à cette étrange fièvre, qui peu à peu, avait raison d’elle, la jeune femme se sentait délibérément vivante et allègre. Leur rixe verbale laissait place aux rires et aux souvenirs tendres et face à l’engouement de son compagnon, elle ne put s’empêcher de féliciter sa réussite. L’atmosphère s’était détendue et l’alcool y était pour beaucoup, euphorique, Jaelyn ne savait plus trop quoi penser. Les regards brûlants de son ancien amant trahissaient ses pensées et elle, troublée, ne pouvait dissimuler son désir grandissant. Mais quelle attitude adopter ? Noah était désormais un homme marié et Jaelyn se devait d’agir en conséquence. Bien que la tentation demeurait plus forte que la raison, elle s’obligea à ne pas succomber à ses charmes. Quelle affreuse torture que de rester courtoise alors qu’intérieurement, elle bouillonnait de jalousie. Mais, rester à l’écoute de ses envies devenait potentiellement dangereux, et la jolie blonde ne désirait pas être la principale cause d’une violente dispute entre le couple. D’ailleurs, elle en avait déjà trop fait, embarquer Noah dans ce bar brûlant et jouer un jeu frivole était de très mauvais goût, sa réputation était suffisamment entachée, il était donc inutile de la détériorer davantage. Narcisse n’avait donc rien à craindre, et Jaelyn ravalerait son égo et ses désirs lubriques, faute de mieux. Assumer ses erreurs, voilà qui était un choix raisonnable et judicieux. Cette remise en question massive embruma son esprit déjà trop alcoolisé, et ce dilemme était maître de tous ses maux. Poussant un léger soupir, la jeune architecte réalisa qu’il était temps de passer aux aveux. Noah était maintenant engagé et il se devait de savoir la vérité. Sa honte ne connaissait pas d’égal et pleine de remord, elle lui avoua la véracité de ses actes. Le regard plongé dans le vide, ses yeux clairs se posèrent cependant sur le couple de danseurs aux ondulations sensuelles. Face au silence de son compagnon, le cœur sclérosé de Jaelyn s’enterra six pieds sous terre, son infime soulagement ne suffit pas à guérir ses regrets et peinée, elle termina son ultime verre coloré.

    Dickers demeura silencieux et dans un fracas soudain, il quitta sa chaise avant de se poster face à elle, son visage à présent doux ne semblait dissimuler aucune colère et telle une seconde chance, il lui tendit la main avec fermeté. « Danse avec moi. » Sa voix suave ne témoigna aucune faille, ce simili d’ordre convaincu la jeune femme, qui, souriante attrapa sa main avec véracité. Sans le quitter du regard, Jaelyn se laissa tendrement mener sur la piste de danse. Une pirouette gracieuse acheva de la placer entre le corps puissant et les mains adroites de son compagnon. Ainsi, blottie entre ses bras, la jolie blonde perdit pied. Retrouver sa carrure imposante, et apprécier les effluves ambrées de son parfum étaient un véritable bonheur sans nom. Les doigts masculins du jeune homme vinrent trouver ses hanches et un frisson de plaisir acheva la belle avec délice. Les notes teintées d’exotisme conduisirent le couple au sein d’un nirvana musical et ainsi enlacés, ils succombèrent à l’envoûtement de la Bachata. Privés de toute honte, ils s’adonnèrent à un spectacle délicieux et terriblement sensuel. Consciente de la faveur que Noah lui livrait sur un plateau d’argent, la jolie architecte, frivole, savoura cet intense moment de plénitude, clairvoyante que celui-ci ne durerait pas éternellement. Ses doigts fins et cavaliers glissèrent sur la nuque de son amant et lascive elle se plaisait à onduler son corps à la perfection. Lucide, elle savait que Noah ne resterait pas indifférent et tous deux se plurent à jouer avec le feu. Leurs corps s’effleurèrent avec envie et dans une ultime valse, la mélodie s’acheva pour laisser place à un rythme endiablé et plus rapide. Dans cette euphorie et toujours délicatement bercée aux creux de ses bras, leurs visages se frôlèrent par mégarde, les mains de son compagnon toujours posées sur ses hanches fines se resserrèrent par surprise. Dans un soupir, son regard clair détailla ses yeux mordorés … le désir, l’interdit … tout s’embrumait dans son esprit et prête à succomber la jeune Jaelyn implora avec délicatesse. « Cesse de me torturer comme ça Noah …» Désormais, la balle se trouvait dans son camp. Face à une jeune femme prête à ployer, le mannequin se retrouvait dans une situation de force, le dilemme en était fatal et sans appel.
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Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyJeu 16 Déc 2010 - 0:32

Collés, serrés, ondulés, à l'heure où leurs corps se confondaient en ryhtme et en cadence, il devenait de plus en plus évident aux yeux de la morale qu'aller prendre un verre en compagnie de Jaelyn était la bêtise la plus sensationnelle que Noah ait faite depuis son arrivée à Ocean Grove. Aux mépris de tous les regards indiscrets qui auraient pu les reconnaître et faire courir des rumeurs de tromperie, Dickers n'avait d'yeux que pour Jea et la blondeur électrique de sa sublime chevelure qui virevoltait au ryhtme de leurs pas. Au bout d'un moment, ses mains n'eurent même plus la décence de n'être présentes sur ses courbes uniquement pour les besoins de la danse et tout un chacun aurait facilement pu remarquer qu'en guise de gestes techniques, c'était de véritables caresses qu'il lui dispensait. Et puis soudain, le crescendo final du morceau leur fit se sentir pousser des ailes si bien que les quelques millimètres de pudeur qui avaient survécu à ce rapprochement se firent anéantir par un désir toujours plus grand de proximité physique. De concert au lancement du morceau suivant, leurs visages s'effleurent et ce fut certainement le contact de trop. Soudainement tendu, Noah ne put s'empêcher de resserrer sa prise autour des hanches de la jeune femme et sa bouche entre-ouverte par laquelle s'échappait une respiration rendue haletante semblait comme suspendue aux lèvres si proches de sa partenaire. « Cesse de me torturer comme ça Noah … ».

Oui Noah, cesse, cesse ! Arrête ça tout de suite avant de le regretter et de te prendre un retour de flamme : CESSE ! Pense à tout ce mal qu'elle t'a fait, pense à Narcisse, pense à tes engagements, pense à tes obligations, pense au fait qu'il y ait du monde à l'entour et aussi à celui qu'elle habite dans le même quartier que toi ... Pense aux doutes, à la souffrance, aux répercutions, au scandale et aux mensonges qu'il faudrait faire pour excuser 10 secondes de foirage facilement évitable si seulement tu acceptais de penser plus loin qu'à la seconde même. Pense, bordel, pense !

Mais penser en pareilles circonstances n'était pas envisageable dans l'esprit épicurien de Noah. Le philosophe disait : cueille le jour, et c'est avec application que le mannequin s'évertua, ce soir là plus que jamais, à faire honneur à la doctrine. Bouillant, il laissa l'une de ses mains descendre le long de la cuisse de Jealyn avant d'approcher ses lèvres si près des siennes qu'il pouvait sentir la chaleur de son souffle se mêler au sien. « Non ... » Répondit-il alors, les yeux mi-clos et la voix tremblante de désir avant de la forcer à le suivre dans un nouveau mouvement de danse à la limite de l'indécence. Plus entêté que Icare dans son envie à peine avouée de se brûler les ailes, il se laissa guider par le tempo endiablé, le visage toujours cruellement proche de celui de la blonde puis - quand vint la fin du morceau - n'y tenant plus, il profita qu'elle tourne une dernière fois sur elle-même pour l'attirer à lui d'un geste vif, arrêtant leur danse pile sur la dernière note de trompette pour finir par brusquement cueillir ses lèvres et mettre fin à cette tension insupportable. Passionné, il donna à ce baiser une fougue qui résumait à elle seule toute la frustration qu'il avait pu ressentir en découvrant qu'elle était partie sans lui et sans un au revoir 5 ans plus tôt, à l'époque où - si elle était restée - ils auraient pu danser et s'embrasser à perdre haleine pendant des heures sans qu'aucun des regards qu'on leur portait alors ne fut un pourcentage de plus dans la probabilité qu'on les dénonçât, comme c'était malheureusement le cas en cet instant.
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A l'arrière des taxis ...  Vide
Message(#) Sujet: Re: A l'arrière des taxis ... A l'arrière des taxis ...  EmptyJeu 16 Déc 2010 - 22:39


    Cette torture était divinement douloureuse et serrant le cœur en liesse de la belle à chaque instant, la jolie blonde pria pour que la musique ne cesse jamais. Après tout, ce moment était à eux, à eux seuls et personne ne pouvait les déranger au beau milieu de cette valse sensuelle. Peu à peu, Jaelyn retrouvait la chaleur de son compagnon, appréciant le contact de sa peau, elle voyagea cinq années auparavant, là où elle avait encore le loisir de l’embrasser amoureusement. Laissant ses regrets de côté et consciente de la chance qu’elle avait de danser ainsi avec lui, Jaelyn se laissa bercer, protégée par ses bras puissants. Emportée par une fièvre sans nom et par une douce promiscuité, la jeune femme ne put s’empêcher de succomber aux caresses charnelles de son compagnon, cette danse aphrodisiaque fit naître en elle une fièvre brûlante et frôlant ses lèvres masculines, Jaelyn laissa échapper un soupir de plénitude. Désormais, Noah était maître de tout acte, toutes décisions impliquaient des conséquences et par respect, la jeune architecte laissa à son amant la liberté de choisir. Succomber où non, telle était la question. Entreprenant, les doigts de son compagnon glissèrent sur sa cuisse satinée et dénudée et balançant sa chevelure blonde en arrière, les mains fines de Jaelyn se resserrent sur ses épaules massives. Dans une énième valse, Noah la plaqua tout contre lui avant de caresser ses lèvres et murmurer impuissant « Non ... » La jolie blonde poussa un soupir peiné, il devenait raisonnable et malgré tout, il avait raison. « Bien sûr … » ajouta Jaelyn profondément déçue. Délicatement, elle lâcha prise mais sans crier gare Noah la rattrapa avec aisance et habileté. Leur danse n’était pas terminée et indécente, la jeune femme habilla ce bal de souplesse, d’érotisme et de grâce. Les mains posées sur sa nuque, la jolie architecte virevolta une dernière fois et abusé par cette mélodie exotique, Noah plongea ses doigts dans sa chevelure avant d’apposer son visage contre celui de la belle. Et, sous une dernière note suave, le baiser lascif du mannequin déclencha en elle, un feu d’artifice de sensation. Surprise par une telle initiative, Jaelyn resta stupéfaite. D’abord timide, le baiser de Noah s’emplit de fougue et de passion et succombant totalement, la jeune femme ne pût s’empêcher de le prolonger encore et encore. Ce fut comme si, elle y mélangeait sa colère, sa honte, sa terrible attente et par-dessus tout, son amour ardent. Révélateur d’un attachement puissant, les deux amants scellèrent ainsi leurs divines retrouvailles. Consciente qu’ils se trouvaient au centre de la piste sous l’œil interrogateur du public, Jaelyn baissa les yeux balbutiant « Euh … Je crois que je devrais rentrer maintenant … » Noah acquiesça visiblement gêné et ensemble ils quittèrent le bar après avoir payé leurs nombreuses boissons. D’un sifflement leste, la belle arrêta un taxi, et sans mot dire, ils grimpèrent dans l’habitacle.

    Le trajet se fit en silence et une fois arrivés devant la jolie demeure de Jaelyn, Noah sortit du taxi avant de l’accompagner galamment. La jeune femme se posta devant la porte et en lui adressant un sourire magnifique et sincère, elle passa ses doigts fins sur ses quelques mèches brunes qui parsemaient son visage. « C’est bon de te retrouver Dickers … » Le cœur toujours en émoi par ce puissant baiser, elle baissa les yeux avant de se mordre la lèvre. « Je … je te proposerais bien de rentrer mais … j’ai peur que ça ne soit pas raisonnable … » N’est stupide que la stupidité. Poussant un léger soupir, elle ouvrit la porte mais lorsqu’elle voulu pénétrer dans l’enceinte de la maison, Noah attrapa sa main avec douceur « Qui a dit que j’étais raisonnable ? » Son palpitant ne fit qu’un tour et à ces mots, brûlante, Jaelyn s’empara du col de sa chemise avant de l’embrasser avec fougue. Cette exaltation fut partagée et brusquement, Noah s’empara d’elle. Toujours pendue à ses lèvres, l’amante transie enroula ses interminables jambes autour de sa taille avant de refermer la porte avec avidité.


FIN
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