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 n°1630 Let's start over again [Muse]

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Message(#) Sujet: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyLun 30 Aoû 2010 - 14:41

Les dix-neuf heures tapantes étaient passées, et comme à son habitude, la ponctualité ne demeurait pas la meilleure compagne de Pride Berrington qui visiblement aimait se faire désirer. Ce fut accablé de nombreuses minutes de retard qu'il daigna enfin garer sa voiture au devant de la maison coquette de Muse Hannigan, ou la demoiselle qu'il avait rencontré une semaine auparavant. Depuis la remise de son état accidenté, le jeune homme avait ressenti comme une étrange impression d'épanouissement serein : si les premiers jours l'avaient amené à se retrouver tant perdu qu'il avait songé partir de Ocean Grove pour retourner à Chicago, la suite des événements l'avait beaucoup plu. La rencontre de nouvelles têtes qui le connaissaient déjà, le compte en banque bien renfloué qui lui permettait de remplir ses dressing de multiples costards griffés, son entreprise portant le doux nom de Soho's 1515... Cette vie de faste et de paillettes qui semblait être fait pour lui, indubitablement, l'attirait tel un papillon vers la lumière, quitte à s'en brûler les ailes par un peu trop d'avidité. Bien sûr, trop de zones d'ombre planaient dans sa nouvelle vie ; on lui avait soufflé plusieurs fois qu'il n'avait jamais rien eu d'un homme irréprochable, ce à quoi Pride s'était contenté de rire. Bien sûr, qu'il n'était pas parfait, il se souvenait des passages à tabac de ses bizuts des ghettos, et des rails de coke sur les voitures des sherifs lorsqu'il était entré dans la bulle très fermée des gamins de riches aux alentours de ses quinze ans. Alors peu importait qu'on ne l'accuse d'être un homme malhonnête et peu scrupuleux : il ne craignait pas la vérité, trop confiant envers lui-même. Il avait encore tant à rattraper, tant à se remémorer, tant à revivre... Et pourtant plongé dans son irresponsabilité légendaire, le jeune homme refusait pour le moment de partir à la recherche de son passé. Le présent lui seyait admirablement bien, et le jeune homme comptait bien profiter de sa liberté pour mieux se lancer dans les nuits festives et endiablées. Bien sûr qu'il était cruel et égoïste de renier ainsi les proches qu'il avait aimés, en leur certifiant qu'il ne voulait pas se remémorer d'eux. Mais cela pouvait bien attendre, pas vrai ? Descendant de son carrosse à la robe noire, le jeune homme se dirigea d'un pas assuré vers la demeure de la demoiselle qui semblait-il lui avait tapé dans l'oeil, car Pride n'avait pas lésiné sur les moyens pour retrouver sa trace. Ce fut en effet une surprise qui avait attendu la demoiselle lorsqu'elle avait ouvert son courrier, et c'était sans doute sur cette même fibre étonnée qu'elle avait eu au bout du fil un Pride très assuré qui lui avait soufflé d'une voix mutine qu'il viendrait dans deux jours, chez elle, pour le dîner. C'était, on pouvait bien l'avouer, un rendez-vous peu habituel.

Sonnant alors à la porte, la belle jeune femme venant l'ouvrir pouvait apercevoir sur le seuil un jeune homme seulement vêtu d'un jean et d'un T-shirt noir, volontairement habillé avec décontraction par provocation taquine sans doute ; de toute évidence, leur rendez-vous n'avait rien de très pompeux. Et ce fut dans un regard de braise et un sourire affamé en coin qu'il lui tendit un superbe bouquet de camélias blanc. « Vous êtes d'une beauté parfaite. » susurra-t-il d'une voix suave. «  C'est ce que les fleurs évoquent. » rajouta le ténébreux jeune homme, visiblement très à l'aise.
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Message(#) Sujet: Re: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyLun 6 Sep 2010 - 2:46




Cela faisait un peu plus d’une semaine que Pride Berrington hantait les pensées de la jeune Hannigan. Depuis qu’elle avait volontairement provoqué un accident avec sa voiture, elle ne parvenait pas à le sortir de sa tête. C’était incroyable le pouvoir qu’il pouvait avoir sur elle. Elle avait cherché l’accident, pour avoir l’occasion de passer du temps avec lui. Elle avait profité de son amnésie, elle s’était servi de son triste accident pour se le mettre dans la poche. Enfin, ce n’était pas vraiment dans sa poche qu’elle voulait l’amener, mais plus précisément dans son lit. Bref, dans tous les cas, la jeune femme ne pensait qu’à ses yeux ténébreux, et au prochain rendez-vous qu’il lui avait promis. Les jours étaient passés, et comme elle avait refusé de lui donner son numéro de téléphone, elle s’était attendue à ce qu’il laisse tomber. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle découvrit dans sa boite aux lettres, une lettre avec un téléphone portable. Elle avait été amusée, et surprise par cette approche plus qu’original. Au final, elle avait reçu un coup de téléphone, et rien qu’au son de sa voix suave, elle avait frissonné. Finalement elle avait craqué, elle avait accepté un rendez-vous…Chez elle. Et oui Pride Berrington était plein de surprises, il l’avait toujours été.

Ainsi, cela faisait un quart d’heure que la jeune femme vérifiait si tout était parfait. Elle avait d’abord vérifié sa tenue. Sa robe noire, courte, mais pas trop, mettait son corps parfait en valeur. Ce n’était pas une tenue qui faisait trop habillée, ni une tenue trop banale. Muse trouvait qu’elle était parfaite pour cette soirée, elle espérait qu’elle serait du gout du garçon. Elle ne s’était pratiquement pas maquillée, mais s’était juste parfumée. D’ailleurs, elle n’avait pas choisi son parfum au hasard… Non, fini le parfum Cacharel qu’elle mettait depuis qu’elle avait quinze ans, elle avait opté pour du Dior. Pourquoi ce changement ? Parce qu’elle avait lu dans un magazine que les odeurs pouvaient aider les amnésiques à retrouver la mémoire, et il n’était pas question que Pride retrouve la mémoire. Muse allait tout mettre en œuvre pour que cela n’arrive pas. Ensuite, Muse s’était afférée à retirer toutes les photographies d’elle à l’université. Il n’y avait plus la photo du jour où elle avait obtenu son diplôme, plus non plus de photos d’elle en train de faire la folle. Tout avait été soigneusement rangé, ou plutôt caché, pour que Pride ne se rappelle pas du moindre souvenir. Si cela venait malheureusement à arriver, Muse savait que jamais il ne lui pardonnerait. Après tout, il était sensé la détester… Et non pas lui donner un rendez-vous. Pour finir, la demoiselle avait prévu à manger, pas quelque chose de grandiose, après tout, il s’était invité chez elle, s’il avait désiré de la cuisine gastronomique, il n’avait qu’à l’inviter au restaurant. Muse avait donc préparé quelques toasts pour l’apéritif, et comme plat, avait fait des spaghettis à la carbonara. Oui c’était banal, et alors ? Plus l’heure approchait, plus elle se sentait ridicule avec son plat de pâtes. Oui elle était pathétique, et oui il allait lui rire au nez ou tourner les talons lorsqu’il verrait son assiette. Mais c’était trop tard, elle n’avait pas le temps de préparer autre chose.

Assise sur son canapé, elle commençait à s’impatienter, les minutes s’écoulèrent lentement, et lorsque Pride sonna enfin, elle faillit lui ouvrir en lâchant un: « La ponctualité n’est toujours pas ton fort. » Mais elle ne pouvait pas, elle risquerait de lui rappeler certains souvenirs. Ainsi elle ouvrit la porte, un sourire ravageur accroché à son visage. Les yeux pétillants d’excitation, elle saisit le bouquet de fleurs du garçon, et sourit à sa délicieuse remarque. Pour le taquiner, elle lui répondit: « Et vous, vous êtes d’une simplicité éblouissante » Un petit clin d’œil s’ajouta à sa phrase, puis elle se décala pour le laisser entrer. Elle se dirigea dans son salon, à la recherche d’un vase, tout en lui disant: « Mettez-vous à l‘aise, après tout, vous vous êtes déjà invité, vous êtes donc ici chez vous. » Pour montrer que ce n’était pas une remarque méchante, elle lui fit un petit sourire. Tandis qu’il s’installait dans le canapé en cuir du salon, la jeune femme remplissait le vase d’eau et y glissa les fleurs. Elle était tout émoustillée de savoir Pride dans son salon, on aurait dit qu’elle revenait quelques années en arrière, lorsque les deux étaient déjà des amants. Que le temps lui paraissait si proche désormais. Elle apporta plusieurs bouteilles d’alcools, une de whisky, une de vodka, une de vin blanc, une de champagne, et déposa le tout sur la table. Elle s’installa sur le canapé à ses côtés, et lui dit: « Qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir ? » Elle marqua une courte pause, et sans détourner son regard de celui du jeune homme, retrouvant son petit côté provocateur, ajouta: « Je parle de boisson évidemment. »



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Message(#) Sujet: Re: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyMer 8 Sep 2010 - 22:51

La demoiselle irradiait d'une beauté éclatante et particulière, quelque chose de pur et éthéré émanait de son naturel frais et spontané. Car de toutes les demoiselles que Pride avait pu avoir l'occasion de rencontrer depuis sa sortie d'hôpital, n'attendant guère longtemps pour jouer les don juan, Muse demeurait l'une des seules à la superficialité absente et au charme ingénu. La malice de son sourire venait faire pétiller ses yeux turquoises, et une simple esquisse de ses lèvres cerises allégeait le coeur du jeune homme qui trouvait cette demoiselle absolument délicieuse : à la fois femme et femme-enfant, dotée d'un charisme en diable et d'une beauté angélique, elle avait pour elle quelque chose de particulier. Loin des bimbos croqueuses d'hommes et de diamants, loin de ces demoiselles trop terre à terre qui ne relâchaient pas la bride, Muse semblait insaisissable et à la fois pleine de ressources pour mieux appréhender la suite des événements avec légèreté. Car si le jeune homme aimait à flirter durant ses nombreuses fêtes, et passer des nuits torrides avec des filles faciles, depuis la redécouverte de Miami, son inconscient lui scandait qu'au fond, il n'aspirait pas à cette vie qui n'était que poudre aux yeux. Entre liberté et stabilité, entre simplicité et paillettes, il n'aspirait qu'à un équilibre qu'il ne parvenait guère à trouver, et la compagnie de la jeune femme à peine rencontrée lui allégeait l'âme d'une étonnante facilité. Leur rencontre sans doute, n'était pas le fruit du hasard, et quand bien même Pride n'était pas de ceux qui s'engageaient aisément dans une relation stable et trop longue, il percevait en cette nymphe une luminosité qui l'attirait avec force, balayant sa facette obscure et attisant ses envies. Le prédateur lubrique, bien qu'affamé des courbes des filles faciles, ne comblait son appétit que par les femmes à l'honneur décent. A tort ou non, Berrington pensait avoir à faire à l'une d'entre elles, et à la vue de son regard illuminé de joie sous les fleurs qu'il lui tendit, il lui semblait que son visage, finalement, lui était familier. L'espace de quelques secondes donc, le jeune homme la toisa avec trouble, perdu dans les pensées de son passé qu'il ne retrouvait pas : faisant fi de son esprit embrumé qui tentait en vain de se souvenir, le jeune homme passa aussitôt à autre chose – à savoir les courbes divines de Muse – et la suivit jusqu'au salon où il put prendre place. « Qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir ? » Et le jeune homme de laisser son regard incandescent se poser avec étonnement sur les nombreuses bouteilles, avant de souffler un bref rire amusé. Tant d'alcool en une seule fois ne signifiait que quelques petites choses concrètes : ou bien la demoiselle était peu sûre d'elle, ou bien elle désirait inconsciemment mettre toutes les chances de son côté pour le séduire. Refusant de lui dresser le profil psychologique de son simple geste, Pride resta un instant taciturne avant de l'aviser d'un regard séducteur voire complice. La jeune femme-enfant l'amusait, et dieu qu'elle était belle dans ses habits châtoyants et ses effluves parfumées. Comprenant par ailleurs le sous-entendu de la demoiselle, le jeune homme leva légèrement le menton, plongeant son regard de braise dans les pupilles provocatrices de son hôte : les mots demeuraient bien moins explicites que ses yeux fauves et affamés qui auraient pu la faire frémir avec ardeur. « Je parle de boisson évidemment. » Pride se pencha alors légèrement, ne la quittant jamais de ses yeux ambrés, avant de laisser sa voix suave se profiler tel un murmure brûlant et lascif. « Quelque chose qui excite les sens et qui pénètre en vous pour mieux vous réchauffer le corps. » Un léger silence s'installa suite à sa provocation susurrée avec un peu trop de lubricité pour qu'elle ne puisse paraître sage, et le jeune homme se redressa dans un autre sourire joueur. « Je parle du whisky, évidemment. » La provocation avait toujours fait partie du don d'orateur du jeune homme, qui parfois allait trop loin : trop franc, trop cru, ou trop blessant, il poussait tant dans l'excès que ses mots, plus tranchants encore que la force physique, achevaient parfois ses détracteurs sans même qu'il n'hausse la voix. Par ailleurs il était rare, voire même miraculeux, d'entendre son timbre suave se lever et se faire hurlement... Laissant son hôte lui servir un verre, Pride prit ses aises en s'adossant contre le canapé, avant de taquiner la jeune femme sur le nombre impressionnant de bouteilles posées sur la table. « Si vous tentez de me saouler, c'est peine perdue, je suis imbattable en concours de shooters vodka. » fit-il en adressant un léger signe de main vers lesdites bouteilles, avant de porter son verre ambré à ses lèvres. Puis son regard de braise, perçant et séducteur, vint dévisager la belle avec application : fronçant légèrement les sourcils et détaillant le moindre de ses traits, il cherchait où il avait pu déjà la rencontrer auparavant. « Je suis certain que je vous connaissais déjà, de vue, tout du moins. Avant votre attentat contre ma voiture, bien sûr. » Un sourire taquin et séducteur, avant qu'il ne s'applique à chercher, encore et encore. Cette femme ne lui était pas tant inconnue... « J'y suis... » murmura-t-il de sa voix suave et basse, un air grave luisant dans l'alcôve sensuel et frémissant de ses rétines dorées. « ... Vous êtes mannequin, c'est bien ça ? » Oui bien sûr, il l'avait sans doute déjà aperçue dans une de ces multiples publicités où le moindre défaut physique est retouché par la magie de l'informatique... A l'exception prêt que Muse semblait en tout point parfaite ; un coup d'oeil subtile et charmeur sur ses longues jambes suffisait à le lui confirmer.

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Message(#) Sujet: Re: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyMar 19 Oct 2010 - 13:31




Muse se surprenait à ressentir divers sentiments qu’elle n’avait pas éprouvé depuis des mois, si ce n’était pas des années. Perdue dans la contemplation du jeune homme qui lui faisait face, il lui semblait l’espace de quelques secondes, être retombée dans le gouffre des années passées. Elle se revoyait au bras de ce ténébreux que rien ne semblait effrayer. Elle, petite mannequin, junkie à ses heures perdues, perdant les pédales suite aux trop nombreuses soirées alcoolisées, s’accrochant de tout son être à ce Don Juan qui l’avait choisie elle. Tandis qu’il entrait dans son salon, le regard émerveillé de Muse laissait transparaitre un bout de leur vie ensemble, de leurs aventures. Elle se souvenait de tout, de leurs virées nocturnes en voiture sur les routes les plus sombres et incroyables de l’Amérique, mais aussi de leurs disputes, parfois violentes, passionnées comme ils l’avaient été. Et puis bien sûr, elle se souvenait de ce jour où elle était partie sans jamais se retourner. A cette pensée amère, elle baissa quelques instants le visage. Non, pas ce soir. Ce soir, tout était différent. Il était là, un bouquet de fleurs à la main, son sourire carnassier accroché au visage, sa démarche élégante, ses mains, son regard, ses mots... Ses mots. Parce que c’était ce dont elle se souvenait le plus. Sa répartie renversante et acerbe, sa façon incroyable de maitriser la langue et tous ses aspects. Il savait manier les mots, et se faisait un plaisir de les utiliser en sa faveur et contre les autres. Et c’était ce qui l’avait séduite, ce qui l’avait touché en premier, après ses mains bien sûr…

Muse l’observa s’installer sur le canapé, tandis que d’un regard étonné, il parcourait le nombre de bouteilles présentes sur la table. Alors qu’un doux rire amusé s’échappa de la gorge du garçon, Muse se mordit la lèvre inférieure, se sentant soudainement bien stupide. Une adolescente à son premier rendez-vous, voilà ce à quoi elle faisait penser. C’était simplement pathétique, et la jeune Hannigan se maudissait d’avoir perdu le contrôle d’elle-même et de la soirée, juste pour de simples bouteilles. Il s’agissait là de sa première faiblesse, combien d’autres allait-elle en laisser transparaitre ? Le moins possible. Reprenant son sourire en coin, elle s’installa à ses côtés, mettant néanmoins une distance respectable entre eux deux. Il ne s’agissait pas non plus de lui sauter dessus dès le départ. Bien que tout son être brulait de désir pour Pride, la jeune mannequin savait se tenir, elle était une femme qui aimait se faire respecter, un comportement de catin ne serait donc pas le sien. Pride releva le menton vers elle, et tandis qu’il la perforait du regard avec ses yeux avides de bien plus que d’alcool, Muse sentit son cœur s’accélérer. Elle avait l’impression que c’était la première fois, la première fois qu’il la regardait de la sorte. Et Dieu que cela pouvait lui faire du bien. Il se pencha alors vers elle, et d’une voix qui la fit frémir il lui répondit: « Quelque chose qui excite les sens et qui pénètre en vous pour mieux vous réchauffer le corps. » Son cœur manqua un battement devant cette provocation à peine voilée. Pride Berrington avait toujours su tourner ses phrases de telle sorte qu’il passait pour un gentleman. Ou du moins, pour un parfait orateur. Ce n’était pas vraiment le cas de Muse. Si elle avait toujours eu pas mal de répartie, elle avait un langage plutôt vulgaire et cru. Mais elle faisait tout pour changer la donne, on lui avait dit, à juste titre, que cela n’était pas élégant pour une jeune femme. Alors elle tentait de se contrôler, malgré le fait que bien souvent, sa nature reprenait le dessus. Mais passons. Ne quittant pas du regard Pride, elle attendit qu’il poursuive. « Je parle du whisky, évidemment. »
Un petit rire échappa de la gorge de Muse. Touché, coulé. Elle l’avait cherché en premier, elle l’avait trouvé. Elle prit donc un verre et lui servit du whisky. Elle fit ensuite de même pour elle. Mettant néanmoins une plus petite dose dans son propre verre. Elle saisit ensuite des glaçons se trouvant dans un bol, et en glissa deux dans chaque verre pour finir par tendre le sien à Pride. « Si vous tentez de me saouler, c'est peine perdue, je suis imbattable en concours de shooters vodka. »
Une nouvelle fois, Muse laissa échapper un petit rire doux. Rien d’un rire hypocrite, non, tout ce qu’il y avait de plus sincère. Il l’amusait énormément. Et elle sentait que cette soirée allait être au-delà de ses espérances. Ce soir, elle & Pride commenceraient une nouvelle route ensemble, elle en avait l’intime conviction, l’intime sensation. Alors qu’elle venait de boire une gorgée du délicieux breuvage qui lui réchauffa la gorge, elle allait répondre à sa douce provocation lorsqu’elle aperçut les froncements de sourcils de Pride qui la dévisageait. Les doigts de la demoiselle se resserraient sur le verre tandis qu’elle se demandait à quoi il pensait. La sentence fut immédiate: « Je suis certain que je vous connaissais déjà, de vue, tout du moins. Avant votre attentat contre ma voiture, bien sûr. » Une gifle, violente, vient s’abattre sur la jeune femme. C’était impossible, il ne pouvait pas se souvenir, pas maintenant, c’était trop tôt. Muette de stupeur, elle attendait que le glas s’abatte sur elle. Ne parvenant même pas à sourire à son petit pique concernant sa voiture. Elle le regardait, patiemment, sans rien laisser transparaitre. « J'y suis... » Muse sentit les battements de son cœur accélérer, il avait trouvé, le ton suave et sombre qu’il avait employé était mauvais signe. Elle le savait. « ... Vous êtes mannequin, c'est bien ça ? » Muse écarquilla les yeux à cette révélation, et un rire soulagé s’échappa de ses lèvres. Elle but une longue gorgée de whisky, comme si cela allait faire redescendre le nombre de pulsassions par minute de son cœur. Elle passa ensuite une main dans ses cheveux, et murmura d’une voix suave: « Ne faites pas semblant, je suis sûre que vous le saviez depuis le premier jour. » Prétentieuse ? Légèrement, mais elle plaisantait tout de même. Elle se pencha vers lui jusqu’à son oreille et murmura: « Mais par pitié, ne me cataloguez pas comme toutes ces mannequins anorexiques et sans le moindre esprit. Je ne fais définitivement pas partie de leur secte. » Et sans plus de cérémonie, elle se recula, et tandis qu’elle lui lançait un regard joueur elle prit une olive (oui la jeune Hannigan avait pensé à tous, même aux amuses-bouche) qu’elle plaça délicatement dans sa bouche. Ne lâchant pas une seule seconde le regard épicé du bellâtre, elle ajouta: « Revenons-en au fait de vous souler. Pensez-vous sincèrement que j’ai besoin de vous souler pour obtenir de vous quelques fins que je rechercherai ? » Provocation quand tu nous tiens. Et tandis que son pied frôlait doucement l’une des jambes de Pride, elle poursuivit: « Enfin, si fins il y avait. » Jouer faisait partie des activités préférées de la jeune femme. Et elle n’avait de cesse d’agir de la sorte. Femme-enfant jusqu’au bout des ongles, elle savait néanmoins se montrer femme fatale lorsqu’il le fallait. Et tandis qu’elle contemplait Pride, la minuterie indiquant que les pates étaient cuites, retentit. Elle se leva et lui dit: « Si monsieur veut bien m’excuser quelques minutes… » Un dernier regard gourmand et complice, puis elle lui tourna le dos lentement, jusqu’à se diriger vers la cuisine. Une fois à l’intérieur de celle-ci, elle s’occupa de son plat. Cela ne lui prit pas plus de cinq minutes. La présence du jeune Berrington était tellement appréciable qu’elle ne voulait pas louper une seule seconde à ses côtés. Elle revint enfin dans le salon avec le plat de spaghettis et le déposa sur la table de la salle à manger. Elle regarda Pride, et murmura: « Comme vous avez pensé bon de venir manger chez moi, je me suis dis que vous deviez apprécier les plats maison ainsi que la simplicité et non forcément la haute gastronomie. » Elle se trompait sans doute, mais elle avait osé, et c’était tout ce qu’il comptait n’est-ce pas ? Alors que Pride s’était levé, Muse, ne pouvait s’empêcher de penser au dessert, priant pour qu’il arrive vite. La chaleur qui se dégageait du corps du bel apollon se faisant plus présente dans la pièce. Et en toute sincérité, Muse savait bien qu’elle ne tiendrait plus très longtemps…



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Message(#) Sujet: Re: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyMer 20 Oct 2010 - 21:05

Le rire délicieux et cristallin de la demoiselle résonnait entre les murs, d'une grâce enivrante qui apaisait son esprit torturé. S'il était vrai que le jeune homme subissait encore les affres de questionnements éprouvants, entre la peine qu'il faisait à ses proches en ne se remémorant pas même leurs noms, et le trouble d'un chaos régnant dans son esprit, il tentait autant que possible de s'extirper de ce gouffre sans jamais tomber dans l'abattement. La dramaturgie, l'abandon de soi, le laisser-aller... tant de choses que Pride ne pouvait supporter, et qu'il ne désirait pas appliquer. Néanmoins, il était toujours difficile d'échapper à ses problèmes seul, plus encore lorsque l'amnésie était la compagne mesquine de la solitude et de la perte de repère. Mais ce soir, tout s'allégeait, tout semblait si facile : ne pas se souvenir et oublier, laisser son coeur et ses envies divaguer où bon lui semblait, quelque part entre les monceaux de sourires de cette magnifique femme. Peut-être était-ce là que l'histoire d'un soir, peut-être serait-ce le début d'une amitié facile ou complice, peut-être s'aventuraient-ils plus loin encore. Peut-être, et peut-être, et peut-être, qu'importait : que ce soit vers l'infini ou l'éternel, tant que son chaos pouvait être illuminé par les éclats de son rire éclairant son gouffre ténébreux. Le charme de Muse jouait un rôle primordial dans le bien-être soudain de Pride, autant que son esprit, son regard pétillant de malice, cette aisance qu'elle avait de le faire sourire et de le faire éradiquer son passé, son parfum, ses fossettes, son cou opalin, ses mains délicates, et ses lèvres... Ces lèvres galbées au parfum de cerise sans doute, de miel et de pêche, quelque chose de sucré venu lui arracher l'amertume des siennes. Pride sortit de ses pensées absentes lorsque la demoiselle brisa le silence qu'il n'avait pas entendu, la toisant se redresser avec grâce et passer une main dans ses cheveux bruns. Ah, et ces cheveux déployés tel un manteau d'ébène sur ses frêles épaules, était-il possible de les dégager de son cou pour y déposer quelques baisers alanguis ? ...Passons, il s'évadait encore. L'ambre de son regard vint rallumer une lueur attentive dans ses prunelles, le jeune homme espérait qu'il n'avait pas eu une oeillade trop affamée. Pour une fois. « Ne faites pas semblant, je suis sûre que vous le saviez depuis le premier jour. » La prétention magnifiquement tournée de la jeune femme, piqua Pride d'un amusement certain qui eut alors un sourire ravageur. Il ne prônait pas la modestie, il ne prônait pas non plus l'étalage de soit. Il aimait simplement les femmes de caractère, et il avait sous ses yeux bruns l'incarnation de la sensualité retenue. « Mais par pitié, ne me cataloguez pas comme toutes ces mannequins anorexiques et sans le moindre esprit. Je ne fais définitivement pas partie de leur secte. » La proximité de la demoiselle affola son palpitant : son parfum de lys et de vanille, allié à l'atmosphère voluptueusement tendue des lieux, lui brûlait les sens et attisait ses envies. Qu'à cela ne tienne, Pride savait être gentleman et il se contenta de partager un regard joueur et félin à la jolie brune. « Je vous donnerais le verdict en fin de soirée. », murmura-t-il non sans détailler brièvement, et bien malgré lui, la jeune femme de haut en bas, son regard redessinant ses courbes avant de se poser galamment sur son visage d'albâtre. Finalement, qu'y avait-il de mieux qu'une bonne gorgée de whisky sec pour se remettre les idées en place : Pride porta son verre à ses lèvres assoiffées, son regard se détournant de son hôte dans un assagissement passablement retrouvé. « Revenons-en au fait de vous souler. Pensez-vous sincèrement que j’ai besoin de vous souler pour obtenir de vous quelques fins que je rechercherai ? » Et alors, ce qui aurait pu faire imploser d'envie n'importe quel homme, ce qui aurait du lui arracher une moue désireuse, ce qui aurait du, en somme, lui enflammer les sens par le simple toucher d'un pied féminin venant caresser sa jambe quant à cette sensuelle provocation... eut tout un effet opposé sur Pride. Car le mot 'fins', vint résonner dans son esprit soudain agité : homme mesquin et passablement indigne de confiance, il était logiquement méfiant envers tout ce qui ressemblait de près ou de loin à l'espèce humaine, pensant que ses compères avaient cette même faculté que lui à berner leur monde. Toujours sur ses gardes, jamais apte à faire confiance à quiconque, il avait de surcroit rencontré nombre de femmes depuis son amnésie qui affirmaient le connaître mais qui avaient des vues sur son compte en banque. Blondes sexy, escort girls déguisées, cougars confirmées... des femmes attirées par le sexe et l'argent. Ce qui en outre et en premier lieu, n'aurait pas du déplaire au jeune homme vénal et séducteur, mais qui dans le contexte actuel le rebutait : il avait conscience que dans son état de faiblesse, il était aisément manipulable, aussi sa méfiance s'en retrouvait exacerbée. Muse faisait-elle partie de ces femmes là, quand bien même sa paie de mannequin devait être conséquente ? Relevant ses prunelles pénétrantes pleines de vigilance et de défiance sur la demoiselle, Pride resta taciturne, aucun sourire ne venant habiter ses lèvres, car trop enfermé dans un réflexe défensif. Son esprit se refermait soudain, s'habillant d'une carapace dure et froide qui venait se lire sur son visage assombri, l'espace d'une demi-seconde. « Enfin, si fins il y avait. »

Et la demoiselle de se lever pour se diriger vers la cuisine, laissant derrière elle un Pride qui se trouvait stupide d'avoir eu ce geste glacial d'auto-défense. Posant son verre sur la table basse non sans en avoir bu de nouveau une gorgée lui brûlant l'œsophage, le ténébreux jeune homme passa une main dans ses cheveux dans un soupir las. Pas ce soir, il ne pouvait pas laisser sa méfiance tout gâcher, pas avec cette femme qui, le jour de leur rencontre, lui avait déjà ouvert les yeux. Combattant sa propre vigilance, Pride vint se convaincre que se méfier de Muse était absurde, et ce fut dans un sourire retrouvé qu'il se leva tandis que la belle revint dans le salon, un plat à la main. Devait-il s'excuser de son étrange attitude ? Peut-être pas, pas tant qu'elle n'y faisait pas référence... Enfin il lui semblait, car Pride n'était pas un expert des bonnes manières et des codes de conduite de la société. Euphémisme. Il se promit alors de rattraper son faux pas dès que possible. « Comme vous avez pensé bon de venir manger chez moi, je me suis dis que vous deviez apprécier les plats maison ainsi que la simplicité et non forcément la haute gastronomie. » Un rire léger et sincère s'échappa des lèvres du jeune homme, tandis que son regard noisette se posa sur le plat de pâtes : cette approche n'avait rien d'une tactique de jeune femme intéressée. Les vautours attiraient leurs proies avec de l'or, pas avec de l'acier, et la simplicité de son hôte reflétait une tranquillité d'esprit, ce qui n'était pas pour déplaire à notre Don Juan, au contraire. « Je n'ai jamais su cuisiner. Même un plat de pâtes fait maison vaut pour moi tous les homards grillés des cinq étoiles. » souffla-t-il avant de se mettre à table, invité par Muse. Arquant les sourcils, il eut alors un regard charmé et charmeur sur la demoiselle. « Vous êtes une femme étonnante. C'est pourquoi je vous propose de passer à la phase deux : le tutoiement. » Au diable les formes de politesse instaurant un fossé entre elle et lui, Pride plongea son regard dans celui de la femme désirable avant de reprendre, cette fois complètement détendu. « Je suis curieux de connaître tes secrets. Pourquoi une demoiselle comme toi est-elle célibataire ? Peine de coeur, mauvaises surprises, envies orgiaques ? » continua alors le bellâtre d'un ton naturellement détaché. « Les clichés sont intraitables avec les mannequins. » Inutile de développer, leurs réputations n'étaient plus à refaire ; entre drogues et facultés à papillonner, quoi de plus logique lorsqu'on vivait dans le monde intraitable de la beauté. Et non pas que Pride se nourrissait de clichés, car il les brisait bien au contraire, dans une jouissance malsaine, satisfait de pouvoir rompre les lois tacites de la société. Mais la provocation animait toujours diablement bien les interactions entre les personnes. Autour d'un plat, autour d'un verre, durant une réunion, comme dans un lit... La dernière phase.

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Message(#) Sujet: Re: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyVen 12 Nov 2010 - 0:19




Muse s’était-elle rendue compte du malaise, et surtout du changement radical de comportement du jeune homme lorsqu’elle avait prononcé le mot « fins » ? Bien sûr. Mais elle n’avait pas saisi, non, elle n’avait pas compris, ne savait pas ce qu’elle avait dis de mal. Elle avait lu son trouble, et senti le corps du garçon se crisper. Son regard si affamé, son sourire carnassier s’étaient évaporés aussi vite qu’elle avait parlé. Et la demoiselle avait beau se creuser les méninges en cuisine, elle n’était pas parvenu à mettre le doigt sur sa faute. Peu à peu, l’angoisse grandissait en elle. A chaque instant, elle s’attendait à ce qu’il lui dise: « Petite garce, je t’ai reconnue, je sais qui tu es. » A chaque moment, chaque seconde, à chaque fois qu’il entrouvrait les lèvres, elle s’attendait à ce que le glaive vienne briser leur nouvelle relation si importante aux yeux de Muse. Alors oui, lorsqu’elle l’avait vu se refermer sur lui-même, elle avait cru que s’en était fini. Pas une seule seconde elle n’avait imaginé qu’il avait pensé qu’elle voulait lui prendre son argent. A quoi bon ? Elle était mannequin, et disposait d’haut revenus. Elle faisait la couverture des magazines, tout le monde la voulait sur les podiums. Non, elle n’avait définitivement pas besoin de prendre l’argent de Pride Berrington. Si manipulation il y avait -et en effet, il y avait- ce n’était pas pour de l’argent, juste pour des sentiments. A la fois risible et pathétique, Muse ne demandait rien d’autre que la passion retrouvée, les bras d’un homme pour l’encercler, les sentiments de Pride pour se sentir vivante. Toute cette mise en scène, tous les stratagèmes qu’elle avait mis en place, n’étaient, à bien y réfléchir, pas méchants. Elle ne lui voulait pas du mal. Elle savait que cela pouvait fonctionner entre eux. Elle voulait leur redonner une chance. Chance que Pride ne lui aurait jamais accordé au vu de ce qu’elle lui avait fait quelques années plus tôt. Alors, quand elle avait appris pour l’accident, et la perte de mémoire du garçon, elle avait cru à un signe de Dieu -oui, elle qui ne croyait pas du tout en Jésus- et elle s’était dis que cette fois, Pride et elle iraient loin.

Alors non, il n’était pas question que Pride reste sur la défensive comme il l’était à présent. C’est donc d’un pas assuré, et avec un sourire charmant qu’elle était venue dans la salle à manger, son plat -légèrement ridicule- de pâtes entre les mains. C’est avec soulagement -qu’elle dissimula- qu’elle retrouva un Pride à nouveau détendu et taquin. Elle reçut même avec plaisir le rire sincère du garçon lorsqu’il vit ce qu’il allait manger. Elle fut rassurer de voir qu’il n’était pas agacé par le culot dont elle avait pu faire preuve en osant lui servir cela. Et comme pour la rassurer complètement, il lui dit sur le ton de la confidence: « Je n'ai jamais su cuisiner. Même un plat de pâtes fait maison vaut pour moi tous les homards grillés des cinq étoiles. » A son tour, Muse eut un petit rire. Et se confiant à son tour elle lui dit: « Je ne peux pas dire que je suis aussi douée qu’un chef cuisinier, mais j’adore cuisiner. Chose que je ne fais pas assez souvent à mon gout. Cuisiner pour soi-même n’est pas forcément quelque chose de motivant. » Sa façon de lui laisser entendre qu’elle était seule, et qu’elle regrettait le fait de n’avoir personne à qui préparer de bons petits plats. Alors qu’elle remplissait l’assiette de Pride de ses spaghettis à la carbonara, celui-ci lui dit d’une voix ensorcelante: « Vous êtes une femme étonnante. C'est pourquoi je vous propose de passer à la phase deux : le tutoiement. » Un sourire amusé s’afficha sur le visage de la jeune Muse. Enfin, il passait à l’étape du tutoiement. Elle n’avait qu’une hâte, qu’ils passent rapidement aux étapes suivantes si vous voyez ce que je veux dire. Elle hocha la tête et lui répondit: « Je te retourne le compliment, parce qu’il s’agit bien d’un compliment non ? » Question purement rhétorique, parce qu’à ses yeux, évidemment que le fait que quelqu’un soit surprenant était un compliment. Rien de plus ennuyeux qu’une personne prévisible, qui fait tout ce dont on attend d’elle. La jeune Hannigan tendit l’assiette à Pride, remplit la sienne et s’assit sur sa chaise en face du garçon. Elle plongea son regard dans le sien quelques instants, essayant de sonder son âme à la recherche de ses pensées. Pensées qui sortirent rapidement de la bouche du bellâtre puisqu’il lui dit: « Je suis curieux de connaître tes secrets. Pourquoi une demoiselle comme toi est-elle célibataire ? Peine de coeur, mauvaises surprises, envies orgiaques ? » (…) « Les clichés sont intraitables avec les mannequins. » Un petit sourire aurait pu apparaître sur le visage de Muse lorsqu’il parla des clichés sur les mannequins. Mais bien trop prise au dépourvu par cette question sur sa vie sentimentale, elle resta muette quelques instants, sans pour autant quitter du regard le garçon. Que devait-elle lui dire ? Que l’une des rares personnes à qui elle avait tenu dans le passé se trouvait face à elle, mais qu’elle avait tout gâché ? Non bien sûr que non. Devait-elle lui dire que depuis une mésaventure elle avait en effet passé une bonne partie de sa vie à coucher à droite à gauche, évidemment, pas avec n’importe qui ? Non, dans l’immédiat cela ne lui semblait par pertinent. Choisissant alors la carte de la sincérité, du moins, une partie de sa vie qu’elle acceptait de dévoiler sans rien en échange, elle lui dit: « Disons que le jour où mon fiancé m’a lâchement abandonnée devant l’autel m’a légèrement refroidie quant aux relations sentimentales entre un homme et une femme. » Elle l’avait dit de façon un peu froide, mais ses paroles n’étaient pas dirigées contre Pride. Elle avait toujours mal, cela se ressentait, rien que lorsqu’elle parlait de lâcheté, on pouvait voir qu’elle était toujours blessée. Joe Cotton. Tout était de sa faute. Oui, il était responsable du fait que Pride se retrouvait en face d’une demoiselle toujours un peu brisée. Elle qui n'avait jamais vraiment osé donner sa confiance et son amour aux gens, l'avait fait avec cet homme qui n'avait eu aucune difficulté à la rabaisser plus bas que terre en l'abandonnant. Elle baissa enfin son regard sur son assiette, planta sa fourchette dans une pâte et la mangea. Elle releva le visage et ajouta: « Me lassant des orgies, je me dis qu’il faut avancer non ? » Sa phrase avait plusieurs buts. Le premier, rebondir sur son petit pic concernant les orgies. Une façon de détendre l’atmosphère, et de montrer qu’elle n’avait rien perdu de son coté provocateur. Le deuxième but ? Sa question. Elle était tout droit dirigée vers Pride. Elle voulait voir, voulait savoir s’il était prêt à avancer, à oublier son passé, et à se laisser aller dans une relation nouvelle. Et puis bien sûr, une façon de lui faire comprendre que même si elle avait souffert avec sa rupture, elle était prête à s’engager de nouveau. Elle se leva, débouchonna une bouteille de Bourgogne rouge et lui servit du vin dans un magnifique verre ballon. Elle fit de même pour elle, et se réinstallant elle lui demanda: « Ta présence ici… Ca veut donc dire que tu as pris ta décision ? » Phrase un peu vague. Mais si Pride se souvenait aussi bien qu’elle de leur dernière rencontre, il saurait de quoi elle parlait. Elle parlait en effet de Jaelyn, que Pride ne savait pas à l’époque s’il devait la quitter ou non. Elle but une longue gorgée de vin, tout en mangeant son plat. Elle espérait sincèrement qu'il allait dire qu'il l'avait choisi elle. Elle espérait même qu'il se lève, envoie valser tout ce qui se trouvait sur la table et la prenne sur le champs. Mais bon, là il s'agissait plus d'un fantasme qu'autre chose. Elle s'estimerait heureuse s'il lui annonçait juste qu'il avait envie d'essayer. Juste d'essayer.


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Message(#) Sujet: Re: n°1630 Let's start over again [Muse] n°1630 Let's start over again [Muse] EmptyDim 14 Nov 2010 - 23:18

Certains pouvaient avoir un don pour le tact et la délicatesse dans leurs mots hypocrites, d'autres déliaient la langue par un excès de franchise envoûtante. C'était le cas du jeune homme qui n'avait pas lésiné sur le remaniement d'une inquisition pour cette nuit : à trop questionner la belle demoiselle, il n'ignorait pas qu'il y aurait des risques d'instaurer une certaine tension pouvant les assaillir à tout moment, telle une épée de Damoclès. Néanmoins il éprouvait ce besoin de savoir, de la connaître d'avantage, et peu importait s'il allait bien trop vite, lui qui pourtant venait à peine de daigner la tutoyer. Plus par provocation et par fierté que par galanterie démodée, en vérité ; car il se souvenait des paroles de la brune aux yeux de braise qui lui avait certifié qu'il laisserait aussitôt tomber le vouvoiement. C'était sous-estimer la fierté du jeune homme qui en avait décidé autrement, et s'était évertué à laisser tomber l'éthique de la politesse seulement au milieu du repas. Et ainsi donc, puisqu'il ne semblait pas avoir entièrement confiance en sa belle hôte qui pourtant le mettait à l'aise, Pride la mit à l'épreuve en la soumettant à quelques questions déplacées, celles qu'on n'évoque jamais lors du premier rendez-vous. Toutefois Berrington demeurait un jeune homme plein de surprises qui n'aimait guère se fondre dans la masse : loin d'être prévisible, il charmait par une attitude déroutante mais toujours charismatique. C'était l'apanage des êtres fascinants, le charme des personnes dangereuses, la subtilité des auras intrigantes : il parlait, s'informait, allait au-delà des normes des bonnes règles de la société par quelques questionnements déplacés, mais n'offensait pas outre mesure. Grâce à son regard de braise sans doute, le velours de sa voix brune et épicée, le sourire naissant sur des lèvres désirables, et l'impressionnante présence d'une aura séductrice. Et sans doute que Muse était assez logique pour ne pas cracher toute la vérité à Pride, sans doute rentrerait-elle, comme tout le monde, dans les normes polies qu'imposaient la société, sans doute allait-elle lui mentir, lui accorder un large sourire, et lui répondre avec amusement que non, elle ne pratiquait pas des soirées orgiaques, sado-masochistes ou échangistes. La réalité, ce n'est ni un film pornographique, ni la vérité de force brute. Car quoiqu'il en soit, lorsque cette vérité est bien trop pure, elle demeure comme la cocaïne de la même trempe : on en meurt, par absence de faux substitut. La coke immaculée détruit le cerveau, la vérité inaltérée mutile votre âme, mais toutes deux ont la même fin. Quelle triste, triste comparaison.

Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque la si belle demoiselle, contre toute attente, vint lui livrer ses plaies et son histoire personnelle : sans fioriture, sans dramaturgie, juste la peine lancinante qu'elle s'évertuait de dissimuler. « Disons que le jour où mon fiancé m’a lâchement abandonnée devant l’autel m’a légèrement refroidie quant aux relations sentimentales entre un homme et une femme. » Le regard fauve de Pride vint soutenir celui de son interlocutrice, d'une lueur à la fois interloquée et grave. Pouvait-on vraiment abandonner une femme le jour de son mariage, en était-il capable, lui ? Et plus que la question, ce fut la réponse inévitable qui vint le perturber : oui, il le pouvait. Si cela le faisait parvenir à des fins : argent, motivation, vengeance... Pride aurait été capable d'une telle ignominie. Pour autant, à voir le regard brisé de la belle Muse, il sentit son palpitant se secouer de quelques spasmes douloureux. Non, impossible, c'était inhumain.... « C'est inhumain d'abandonner une si délicieuse jeune femme. » souffla-t-il de sa voix suave, son regard sérieux venant soutenir le satin de ses pupilles. Mais il ne dirait pas que l'homme en question ne la méritait pas, que lui à sa place, l'aurait épousée sur le champ, il n'esquisserait pas quelques formules de politesse hypocrite que l'on soulève à des moments pareils, car Pride ignorait au final tout de l'histoire de son hôte. Le jeune brun ténébreux pensait néanmoins fortement qu'il était un crime d'abandonner à l'autel une telle beauté arborant une robe blanche, quoique la peur de l'engagement aurait pu être circonstance atténuante... Peut-être, sans doute, non pas vraiment. Fermant un instant les paupières, le jeune homme continua son repas au même titre que la demoiselle au sourire retrouvé. « Me lassant des orgies, je me dis qu’il faut avancer non ? » Relevant à peine sa tête brune, Pride vint de nouveau dévisager Muse d'un air semi pensif : cette jeune femme avait eu le courage d'avancer, elle avait eu le courage de se confronter à un homme ce soir, se frotter à cette même espèce masculine qui pourtant l'avait déjà trahie. Et lui, avançait-il ? Reposant son attention sur son assiette sans mot dire, ce fut Muse de nouveau qui vint reprendre la conversation. « Ta présence ici… Ca veut donc dire que tu as pris ta décision ? » Muet, le jeune homme reconsidéra sa question plusieurs fois ; non pas qu'elle était impromptue, mais elle demeurait bien plus difficile qu'elle n'en donnait l'air. Car elle impliquait son renouveau, l'espoir et le courage d'une nouvelle vie, d'aller de l'avant, malgré son manque de repères. Pouvait-il faire confiance à cette Muse, savait-il vraiment ce qu'il faisait, et pourquoi avait-il l'impression jouissive qu'il faisait un immense pied de nez à tout et tout le monde en lui répondant éventuellement par l'affirmative ? Le sombre jeune homme se redressa alors, esquissa un sourire mutin et envoûtant, quand enfin son verdict tomba, au même titre que son regard de braise qui se faisait affamé des courbes de la divine Muse. « Je me lasse des orgies, moi aussi. » souffla-t-il d'un timbre épicé lourd de sous-entendus subtils. Ainsi, il admettait que lui aussi désirait avancer, quand bien même il revivait en une fraction de secondes le départ de Jaelyn. Comment regretter quelqu'un qu'on a oublié, peut-on se dire égoïste lorsqu'on ne se souvient à peine que de soi même ?

Ainsi se passa la soirée, détendue et pleine de charme, entre les deux jeunes gens dont le naturel avait laissé place aux formalités trop carrées. Quelques rires, quelques anecdotes racontées ici et là, quelques questions, quelques regards, quelques mains frôlées, quelques sous-entendus, quelques envies aussi, de venir l'embrasser et de l'embarquer à l'étage pour une nuit torride et battant à la sueur de leurs organes. Mais le gentleman se retint, conscient que cette jeune femme n'était pas comme les autres, qu'elle n'était ni une fille de joie, ni une conquête qu'il voulait trop facilement. Il désirait la conquérir, l'enlever, la faire rêver, la faire rire, se faire désirer, la désirer elle, et savourer l'instant présent et ceux à venir dans le creux de ses draps. Chaque chose en son temps, et le délice de leur relation n'en serait que plus voluptueuse... Vers la fin du repas néanmoins, un coup de fil tardif vint rompre leurs conversations voilées d'une sensualité ardente, obligeant Pride à quitter le salon et à se faufiler dehors, sur le seuil de l'entrée. Quelques paroles échangées à travers son téléphone portable, portant sur un business louche qui demandait au jeune homme d'être sur ses gardes : ce dernier observait les environs, de peur sans doute qu'on ne surprenne son étrange conversation. Cette dernière ne dura néanmoins que quelques minutes, suite à laquelle il vint raccrocher d'un soupir las avant de passer la porte d'entrée et de retrouver la chaleur de la maisonnée. S'avançant vers le salon, Pride le retrouva néanmoins vide, et ce fut avec logique qu'il s'avança alors vers la cuisine. La silhouette gracile de Muse lui tournant le dos se dessina alors, et le jeune homme dut s'arrêter à l'embrasure de la porte pour en admirer sa beauté : des courbes à s'en damner, une féminité envoûtante, des cheveux d'ébène tombant tel un manteau de soie sur ses épaules. Et ses yeux, ses yeux mutins et pétillants qui vinrent le toiser alors qu'il se retourna ; son coeur loupa un battement. S'avançant alors vers l'hôte délicieuse, le jeune homme esquissa un sourire charmeur et charmé. « Je dois te laisser pour ce soir, j'ai un travail de dernière minute qui m'attends. Merci pour le repas. Merci pour ce baiser malgré ma goujaterie improvisée, également. » Et sous la moue interrogative de Muse, Pride vint poser ses mains masculines sur la délicatesse de ses hanches, se penchant alors afin de poser avec sensualité ses lèvres sur les siennes pour s'en abreuver. De premier abord chaste, puis tendre et doux, et le miel de leurs lèvres devenant feu lubrique qui emportait les deux jeunes gens dans un baiser sensuel. Malgré l'envie, le désir, la convoitise et cette respiration accélérée trahissant la revendication de son corps de porcelaine, Pride finit par se détacher de la demoiselle, susurrant une excuse en quelques paroles taquines : « Jamais au premier rendez-vous. Appelle-moi. » Et le jeune homme de lui glisser un morceau de papier griffé de son numéro dans le creux de sa main fine, avant d'y déposer un dernier baiser gentleman et de tourner les talons dans un dernier regard affamé et joueur.

RP CLOS
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