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 [N° 1207] IN WONDERLAND

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Message(#) Sujet: [N° 1207] IN WONDERLAND [N° 1207] IN WONDERLAND EmptyMer 28 Juil 2010 - 0:38


[N° 1207] IN WONDERLAND 993[N° 1207] IN WONDERLAND Bourne43fv7
IWA & THOMAS
I'm freaking out, where am I now? Upside down and I can't stop it now, Can't stop me now.I, I'll get by I, I'll survive. When the world's crashing down, When I fall and hit the ground, I will turn myself around, Don't you try to stop me.


Récapitulatif de mon début de week-end que le grand squale m’a gracieusement offert contre des mois de bons et loyaux services et d’enquêtes menées avec succès. Vendredi soir je sors du taff tranquille et pénard, avec pour seule idée en tête de me préparer au lendemain. Bon, ceux qui me connaissent savent pertinemment que je m’arrête toujours du coté du comptoir irlandais de la treizième, histoire de parler avec mes indics’ une bonne chope de mousse à la main. Samedi 22h00 c’est soirée " enterrement de vie de garçon". Non pas le mien, bien qu’un jour ça m’arrivera aussi, mais pour l’heure je ne suis toujours pas prêt à me laisser passer la corde au cou. Non, c’est celui du Lieutenant Davenport, mon coéquipier. Je suis non seulement son chaperon durant notre petite sauterie - dont les gars sont les seuls conviés - mais aussi son témoin dimanche après midi ce qui ne me laissera pas vraiment le temps de profiter de ma permission. Enfin j’aurais le privilège d’embrasser la mariée avant qu’elle ne prononce ses vœux !

Mais nous n’y sommes pas encore. Samedi, 15h00.
Gueule de bois avec un grand « B ». Une nuit de travail au frais de la princesse - à mes frais !- puisque j’étais officiellement de congé. J’avais préparé les différents dossiers en cours, discuté des derniers arrangements entre mes divers contacts sur des affaires potentiellement intéressantes pour mon département et m’étais même fait un nouvel ami : le chien de la madone du bistro qui semblait être attiré par la qualité de mon pantalon. Sale bestiole répugnante…. Il avait bien mérité son « discret » coup de pied sous la table. Tout çà pour dire que cette après-midi je me suis cassé la gueule dès mon réveil, une grasse matinée dont j’ai largement profité aux vues des divers évènements qui se sont déroulés durant les dernières vingt-quatre heures mais le pire reste à venir, je m’y suis préparé. C’est avec un sourire béat rempli de niaiseries et une main posée sur mon front que je me relève de mon parquet stratifié, les draps enroulés autour de mes jambes. Ma main tente à tâtons de se poser sur mon réveil pour y entrevoir les chiffres rouges écarlates mais c’est la fossette sur le parquet que je me retrouve de nouveau à terre, le peu de force retrouvée m’ayant déjà abandonnée. J’y reste au moins dix bonnes minutes à me demander si le frais gardon que je suis pourra en effet s’acquitter de sa tache un peu plus tard dans la soirée. Nul doute permis, il faut que je tienne parole ou plus jamais Mlle Cooper – aka Ex-future madame Davenport et peut-être future madame Sullivan – ne m’invitera à ses enchanteresques soupers. Avec un peu de temps mais avec surtout beaucoup de volonté, je parviens finalement à retrouver le chemin tortueux de la penderie où réside sur un cintre mon complet apprêté de la veille.

Samedi, 16h30
A présent j’en suis au stade de la cravate, un nœud qui me stresse énormément. J’ai beau le faire, le défaire et refaire, je n’arrive à rien et pourtant depuis huit ans maintenant c’est pour-ainsi-dire devenu le rituel de tous les matins. Des traits irrités, c’est tout ce que je perçois dans le reflet de mon miroir et ce putain de nœud toujours de travers. J’arrache donc ce bout d’étoffe et le balance sur le lit à quelques pas de là derrière moi en y déposant par la même occasion ma chemise et revête un bon vieux marcel histoire de trainer décontracté jusqu’à l’heure fatidique. Cette nuit allait marquer d’un trait à la craie blanche un virage dans mon existence. Je devais sortir de ce cocon de l’auto bannissement. Jusqu’à présent je m’étais trouvé un système de vie me permettant de ne pas m’attacher aux autres mais à présent, proche de la trentaine et disposant d'une bonne situation me mettant à l’abri du besoin, je devais trouver une sortie au travers de cette bouillabaisse de principes ancrés dans mon mode de vie. Dans quelques heures, un gars que j’appréciais énormément allait foutre les pieds pour la dernière fois dans un bar aux us et coutumes olé olé. Bien dommage…. Le mariage de mon point de vue: un seul mot qui traduit la mort de l’homme .

J’entends alors comme un appel à ma détresse, me retournant vers ce qui me semblait être la source d’un son continu, un son délivré uniquement à mon intention. Mes yeux se posent sur un verre de scotch laissé là sur le mini-bar. C’est interdit Thomas, défense. C’est un piège grossier auquel ma dépendance voudrait me voir succomber. Je passe donc mon chemin jusqu’à la salle de bain d’où j’entreprends de chasser ma lassitude par un bon jet d’eau tiède. Je vais me battre, résister !

Deux heures plus tard… le verre vide à la main, je suis en train de mater l’un de mes vieux dvds où joue majestueusement l’un de mes acteurs préférés. Robin Williams qui incarne avec brio l’un de ses meilleurs rôles sous les traits d’une vielle gouvernante de bonne famille. Ce film me fait toujours autant marrer à chaque visionnage, allez savoir pourquoi. Peut-être est-ce cette morale défaitiste sur le mariage et les contraintes qu’il apporte sans préavis. Je suis les yeux rivés sur Mrs Doubtfire et soudainement alors que je connais les scènes qui vont s’en suivre dans les dix prochaines minutes, comme repris par un élan de vigueur, je file direct dans la chambre attraper des lunettes de soleil. Me voilà devant l’écran plat, le son d’Aerosmith m’entrainant dans une danse grossière et complètement puérile que seul mon état saurait facilement expliquer. Je me trémousse, la matraque portée à hauteur de la bouche, le tout en marcel et caleçon blanc contrastant affreusement avec mes chaussettes noires. Je suis seul à l’appart, rien à priori ne saurait m’arrêter sauf bien évidemment un petit détail que j’ai malheureusement omis. Le samedi c’est le jour que la jeune Iwa et moi avons choisi pour qu’elle s’acquitte de sa dette envers moi. Un brin de ménage c’est tout. Plumeau et balai brosse sont pour moi aussi étrangers qu’un Beretta le serait pour elle. Je ne suis qu’un homme après tout ! Au bout d'un moment tandis que la voix de Steven Tyler se fait de plus en plus discrète annonçant de part ce fait la fin du morceau, je ressens une présence dans mon dos de plus en plus oppressante. La surprise est de taille et pourtant, j'aurais dû m'y attendre.

* Mais oui Thomas, tu lui as refilé une clef de ta baraque. Tu lui avais dit que t'étais de sortie ce soir! T'as l'air bien con là hein? Abruti va! * Abaissant mes lunettes et la dévisageant sans cacher ma gêne, je me risque à lui lancer « Vous savez sans doute que je vais devoir vous tuer maintenant..... »




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Message(#) Sujet: Re: [N° 1207] IN WONDERLAND [N° 1207] IN WONDERLAND EmptyDim 1 Aoû 2010 - 23:23

Moi qui ai toujours juré que je ne m’abaisserais pas à un métier inintéressant et ingrat, je me rends compte aujourd’hui que la vie n’est pas aussi simple que je l’imaginais lorsque, enfant, je criais à tout venant que je ferais des études et que je deviendrais un grand professeur. Bien sûr, des gifles de la vie, j’en avait pris quelques unes avant aujourd’hui. D’abord la mort de mon père. Ensuite ma vie de nomade à travers le monde et les Etats-Unis, traînée d’un coin à l’autre par une mère incapable de se fixer. Et puis mon départ précipité pour Orlando. Depuis que je suis rentrée ici il y a deux ans, je n’ai pas retrouvé le bonheur. J’exerce deux métiers pour pouvoir payer mon loyer, je suis serveuse et vendeuse, deux professions que j’aurais préféré évité. Mais sans diplôme, je dois me contenter de ce que je trouve. J’ai fini le lycée, éludé les études supérieures. Et que fait-on aujourd’hui sans un diplôme universitaire, si ce n’est serveuse ou vendeuse ? L’ironie a voulu que mon emploi du temps serré le devienne encore plus. Aujourd’hui je dois passer chez Thomas Sullivan, un inspecteur. Je fais le ménage chez lui régulièrement depuis qu’il a accepté de me rendre un petit service. Au début, je l’ai trouvé odieux. Que penser d’autre de cet homme imbu de sa personne et profitant de sa position de policier pour se sentir supérieur ? C’est du moins l’impression qu’il m’a donné dans les premiers temps. Mais j’ai appris à le connaître. Et j’ignore si c’est son côté hautain et supérieur ou si c’est autre chose, mais je commence à le trouver attirant. Il n’est pourtant pas du tout mon genre d’hommes. Je n’apprécie pas pour autant de jouer les bonniches chez lui quand il claque dans les mains. J’ai l’impression d’être son esclave. Faire le ménage, cuisiner, nettoyer, repasser… je passe beaucoup plus de temps chez lui que chez moi ces week end. Et pourtant, Dieu sait que mes week end sont chargés. J’aimerais pouvoir faire autre chose de mes samedi que de traîner chez lui à faire les poussières et nettoyer ses crasses. Ce pauvre Thomas Sullivan ne prends guère le temps de ranger sa demeure en semaine. Je me demande souvent comment il faisait avant que je ne lui propose lâchement mes services de ménagère en échange d’un petit travail de sa part.

L’après-midi s’est encore écoulé trop vite. Après un bref service au magasin de vêtements, je suis rentrée chez moi et ai fait mon ménage. La lassitude m’a envahie alors que je réalisais que je devrais répéter ces mêmes gestes vers 17h chez mon inspecteur de police préféré. J’ai donc laissé tomber mon balais et mon plumeau pour m’enfoncer dans le canapé avec du popcorn et les séries stupides diffusées l’après-midi sur les chaînes américaines. Je n’apprécie pas de passer mon temps devant la télévision, mais n’ayant guère d’amis ou de collègues disponibles pendant mes temps libres, je dois souvent me résoudre à me caler dans le canapé et regarder défiler les images. Il y a quelques temps, je faisais encore du sport, mais j’étais maintenant trop épuisée pour cela. Surtout depuis que je travaille chez Sullivan. Qui eût cru que le ménage pouvait me fatiguer autant ? Je me suis finalement endormie devant un feuilleton pour grands-mères et, lorsque je me réveille, mon bras est parcouru de picotements. Je jette un regard rapide à l’horloge pour constater que j’ai le temps d’aller me rafraîchir avant d’aller chez Sullivan. Je monte donc à la salle de bains, attrapant mon téléphone portable au passage. Je ne quitte plus ce petit appareil depuis quelques semaines. Depuis que j’ai demandé ce service à l’inspecteur de police. J’ai toujours l’impression qu’il va se mettre à sonner lorsque je ne l’aurai pas à portée de main. Et je ne peux me permettre de louper un seul de ses appels. Je fais couler de l’eau dans le lavabo en imitation marbre et y plonge mes mains. Je m’asperge le visage d’eau pour me réveiller et faire disparaître toute trace de fatigue. Lorsque je croise mon reflet dans le miroir, je ne mens même pas : j’ai l’air d’un macchabée déterré de sa tombe. Mes joues se sont creusées et des cernes se dessinent progressivement sous mes yeux. Après avoir passé une serviette sur mon visage, je décide de masquer ma fatigue par une touche de fond de teint en poudre, discret. Ainsi Thomas ne le verra pas. J’ai peur qu’il pense que je me fais belle pour lui. En vérité, je me fais belle pour moi, pas pour les autres. Mais allez dire ça à un homme…

Doucement, je prends le chemin de chez Thomas. Il vit assez loin, donc je prends ma voiture. Sur le trajet, j’allume la radio et tombe sur un jeu. Je m’amuse à répondre aux questions avant les candidats et, doucement, je vois émerger la maison où vit Sullivan. Avec une certaine appréhension, je me gare dans l’allée. Je me demande toujours si je le trouverai là, seul ou accompagné, dans quel état et surtout si j’aurai beaucoup de travail. En général, j’en ai rapidement fini s’il est pas dans les parages. Je ne vois pas sa voiture, mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’est pas là. Je fouille mon trousseau à la recherche de la clé qu’il m’a confiée au cas où il serait absent lorsque je passe. Je la retrouve assez facilement et la glisse dans la serrure. Une musique assez forte retentit dans la maison et j’entends des pas. C’est avec une grande surprise que je vois débouler Thomas en caleçon et marcel dansant au rythme de la musique, se déhanchant comme un possédé. Je reste coite, incapable de réagir. Je sens le fou-rire monter, mais je ne peux pas me permettre de lui rire au nez ainsi. J’ai énormément de mal à conserver mon calme lorsqu’il se retourne et me remarque. Je me mords les joues pour ne pas éclater de rire. J’avoue avoir toujours eu du mal à l’imaginer s’amuser. Aujourd’hui, je regretterais presque d’avoie eu cette vision de lui dans cet état. Lorsqu’il abaisse ses lunettes pour me dire qu’il va devoir me tuer après ce que j’ai vu, je ne tiens plus. Je pouffe de rire. « Ne vous inquiétez pas, personne ne risque de me croire si jamais je le raconte. Mais on dira que c’est notre petit secret. Et puis qui ferait votre ménage si vous me tuiez ? » Je lui adressai un sourire amusé, ayant réussi à me ravoir. Je déposai mon trousseau de clés et mon sac sur le petit meuble près de la porte. « Vous ne vous débrouillez pas si mal. » Je n’arrive pas à le tutoyer. J’ai pourtant essayé. Mais je n’y parviens pas. Il représente une figure d’autorité et, quelque part, je ne peux me résoudre à le considérer comme un pair. Malgré ce à quoi je viens d’assister. « Vous vous entraînez pour ce soir ? » Je ne peux pas m’empêcher de taquiner Sullivan, même si le tutoyer est une épreuve insurmontable. Mais il me rend la pareille, ainsi je complexe moins à malmener son amour propre. Je me dirige vers la buanderie où je range l’aspirateur, le plumeau et les chiffons. J’entends son pas qui me suit d’assez près et je manque de sursauter lorsque je me retourne et me retrouve nez à nez avec lui. Pour éviter de laisser mes yeux s’attarder sur son torse musclé et sa peau bronzée, je le regarde dans les yeux et, sérieuse, lui demande s’il a besoin que je repasse quelques chose avant qu’il ne parte. « A moins que vous n’y alliez en caleçon ? » Je me sens mal à l’aise avec lui aussi proche de moi, mais je me garde bien de le lui montrer. Inutile de lui donner de quoi se sentir encore plus supérieur.

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Message(#) Sujet: Re: [N° 1207] IN WONDERLAND [N° 1207] IN WONDERLAND EmptyDim 22 Aoû 2010 - 23:49

Un peu cliché comme réplique mais qui fait toujours son effet quelque soit les circonstances. Là je n’avais pas eu l’air d’un demi con mais au moins elle avait souri. C’était déjà un bon début comparé aux dernières semaines où je l’avais trouvée légèrement morne et sans éclat. La fatigue sans doute. Dans mon cas, lorsque l'harassement d’une vie de labeur prend le pas sur mon quotidien, je m’enferme dans ma demeure pour n’en pointer le museau qu’une fois le ciel clarifié mais ma position me le permet…Iwa, elle, doit tous les jours bosser afin de joindre les deux bouts en fin de mois. Et cette fois, la voir rire de cette manière me fait douter sur un point : notre petit arrangement lui convient-elle toujours ? Lui donnais-je trop de boulot ? D’un coup, toutes ces questions empiètent sérieusement sur l’atmosphère bonne enfant que j’avais établie. Et le pire – cette fille est incroyable – à peine est-elle entrée qu’elle se dirige directement au débarras afin de se mettre à la tache. C’est la première fois que je m’en rends véritablement compte? D’habitude je suis soit de sortie, soit affairé derrière mon ordinateur sur l’intranet du service de mon département. Je n’ai jamais aimé rester, là, durant ses heures de travail même si au début j’admets que je surveillais ses allées et venues chez moi. D’une part parce que ma présence pourrait la ralentir dans son travail, de deux parce que c’est une femme et que d’un certain point de vue, sa présence à elle m’incommode légèrement. Pour le peu de temps qu’elle passe ici, j’ai comme l’impression d’être un tout autre homme, tourmenté aux pieds et poings liés, comme qui dirait presque casé avec cette délicieuse sensation d’appartenir enfin à quelqu’un.

C’est pourtant une sensation qu’il me faut dépasser. Je laisse tomber la paire de lunettes sur le fauteuil à mes cotés et la dévisage tout en me rapprochant d’elle. Un rien amusé par sa réaction, je n’aurai pas fait mieux moi-même. A sa place, j’aurais très certainement rebroussé chemin discrètement comme si de rien n’était et serai revenu un peu plus tard. Finalement après réflexion, j’ose admettre une vérité qui me blesse profondément : je suis vraiment un coincé de la vie. Elle ouvre le placard et commence à prendre position pour cette bataille qu’elle semble avoir déjà gagnée tandis que j’élance mon bras et range à l’intérieur mon second ustensile. Ne perdons pas de temps, trop de proximité me rend nerveux, j’ en ai déjà la main tremblante au moment même où je dépose le gadget sur la seconde étagère à l’intérieur alors qu'elle se retourne et me fait face. Ce sont dans ces moments là que je perds souvent tous mes moyens et que je reste planté raide comme un piquet. Étrangement cette sensation se dissipe peu à peu alors qu'elle me dévisage. A-t-elle perçue cette faiblesse que je tente de dissimuler? Je me retire promptement sans demander mon reste ni prendre part d'avantage au grand nettoyage, ce n'est pas mon job. Et pourtant une phrase glisse entre mes lèvres de manière tout à fait naturelle. « La chemise sur le lit à coté…et pt la cravate…. ». Je m’attarde un temps dans mes réflexions et me lance à moi-même dans un murmure quasi inaudible « ça se repasse une cravate ? » Je n’avais jamais repassé de ma vie, sauf durant les douze mois de formation à l’école de police à Boston et encore… Trop malin déjà à l’époque, j’avais profité de la naïveté de la bleusaille de ma promotion contre mon savoir et m’étais toujours débrouillé pour éviter cette corvée. Ceci-dit, depuis un certain temps et même si je disposais souvent de mes soirées, je préférais payer un pressing que de mettre les mains à la pâte.

« Tant qu’on y est, j’ai une chose à vous montrer sur le bureau. » Sur le bureau - disposé dans la chambre - ne réside pas grand-chose hormis un ordinateur compact de manufacture coréenne. Mon ordinateur personnel en fait, sur lequel je dispose et j’entasse des renseignements en rapport avec les différentes affaires sur lesquelles j’enquête officieusement. Je me sers à la fois de mes contacts professionnels, des renseignements internes ainsi que des dossiers sur les faits divers répertoriés officiellement mais le tout finalement pour mes propres besoins personnels. C’est ce que j’appelle un travail productif à l’encontre du système judiciaire. Je n'aurais jamais pensé, faisant mes classes, un jour contourner mes obligations et devoirs pour mon propre profit mais il suffit d'y réfléchir quelques secondes: je ne fais rien de mal, j'aide mon prochain sans aucun apport en échange. Oui je sais, ce n'est pas tout à fait exact. Mais demander à cette pauvre fille quelques heures de ménage.... ce n'est qu'un coup de chiffon ici et là, un coup de fer sur deux trois chemises, un coup de balai. Mais diantre! C'est une femme et doit en avoir l'habitude alors aider un pauvre malheureux dans mon genre, un rebut de la vie sentimentale, ne doit pas la déranger. J'ai laissé le pc allumé depuis des heures et sur le fond d'écran défilent les shoot de Megan Fox dénudée....oups. Je m'élance donc dans la chambre très rapidement, oubliant mon accoutrement et effleure de la main le pavé ce qui relance le ronronnement du disque en pleine recherche. La prochaine étape va se dérouler un peu plus loin, sur le pas de porte de mon armoire d'où j'extirpe d'une pile de fringues - bien rangées pour changer - un jean large dont les accrocs lui donnent un aspect usagé, celui qui me sert pour trainer à l'intérieur et que j'affectionne particulièrement pour sa légèreté. J'ai à peine le temps de le reboutonner que j'aperçois la chemise froissée sur la housse de couette accompagnée de la tristement célèbre cravate. Quelle idée de les avoir essayées, je n'en ai besoin que pour la cérémonie car après tout qui se met sur son trente et un pour aller dans une boite de strip tease? Au moins j'aurais eu la conviction de n'avoir fait que des bourdes ce soir. Je me pose une minute et me remets en question. Ma main qui s'attarde sur mon visage me rassure néanmoins sur une chose, j'ai réussi un rasage impeccable comme quoi tout n'est pas si noir. Trêves de conneries, il faut lui montrer à présent ce à quoi des semaines de recherches ont abouti et pas sûr que cela lui plaise ni lui convienne. Dans le doute je pourrais toujours les continuer mais étant donné que l'échec ne fait pas partie de mon vocabulaire, j'ose espérer avoir de quoi lui donner satisfaction si jamais elle me pose une question à laquelle je n'ai pas de réponse. Une seconde chaise en ma possession, je lui laisse naturellement mon fauteuil......que j'écarte d'un bon demi-mètre de ma position, trop de proximité....


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