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 N°1727, Frères ennemis

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N°1727, Frères ennemis Vide
Message(#) Sujet: N°1727, Frères ennemis N°1727, Frères ennemis EmptyDim 4 Juil 2010 - 18:54

N°1727, Frères ennemis Eric_Dane_013 N°1727, Frères ennemis 3136e4l N°1727, Frères ennemis Eric_Dane_011_0
frères ennemis
« ce que tu m’as fait, je ne l'oublierais jamais… »



Le vendredi 6 mai 2011
Miami ~ N°1727, Apple Road


« JE TE HAIS ! »
La main de Romain claqua si violemment la joue de Ceasar qu’elle laissa sur son passage une marque de doigts rouges. Face à son frère aîné et amant, le jeune homme ne décolérait pas. Il débordait de rage. Une rage épaisse et intestine qui avait saccagée dans un premier temps le salon de l’inspecteur de police. Tout autour de Romain, assiettes, vases et bibelots jonchaient le sol. Même la télévision était en piteux état. Comme à son habitude lorsqu’il s’emportait, le jeune Parker s’en prenait violemment à tout ce qui l’entourait, pour finalement (lorsqu’il n’y avait plus rien a briser), s’attaquer à l’objet même de sa frustration, c'est-à-dire, à Ceasar ce soir. Comment son frère avait-il put lui faire ça ? Comment avait-il osé briser son cœur de la sorte ? Romain n’arrivait toujours pas à y croire. C’était un vrai cauchemar.
« Laisse-moi au moins l’occasion de m’expliquer… » tenta de protester Ceasar avant de recevoir une nouvelle gifle, gifle qui le fit grincer des dents et froncer amèrement les sourcils. « Arrête ça ! » Il agrippa le poignet de son cadet avant qu’il ne puisse réitérer son geste une nouvelle fois. « Calme-toi ! »
« Comment veux-tu que je me calme après ce que tu as fait ? » blâma Romain dont la voix tonnait à travers tout le salon. « Je ne veux rien entendre ! Je te déteste Ceasar ! Et je te détesterais aussi longtemps que je vivrais. » En larmes, il se dégagea brusquement de la poigne de son frère et amant, puis il le poussa. « C’est fini. Je ne veux plus jamais te voir. Tu ne vaux pas mieux que lui. Sale mafioso. Sale ripou de merde. Sale meurtrier ! »

Le mardi 28 juin 2011
Miami ~ N°1670, Apple Road


Face à son armoire, Romain sortait un à un ses vêtements avec la désagréable impression d’abandonner ses souvenirs. Cela faisait une petite heure maintenant qu’il pliait soigneusement ses habits et qu’il les rangeait dans des cartons. Tout à l’heure, Shemar passerait les chercher pour les apporter à une association s’occupant de nécessiteux. Puisqu’il avait décidé que sa vie était désormais en Inde, Romain se débarrassait de tout. Il avait accepté d’abandonner son ancien confort matériel pour un autre style de vie bien plus en adéquation avec ses propres convictions. Qu’importe les sacrifices. Qu’importe s’il avait aimé durant des années ses vêtements et ses souvenirs s’y rattachant. Tout ce qui comptait aujourd’hui, c’était le bonheur de son âme. Et celui-ci ne passait pas par ce genre de possession.

Pendant que son regard s’attardait avec une certaine mélancolie sur l’échappe de l’équipe de basket-ball de son université, Aaron entra dans la chambre. L’ex de Romain s’arrêta aussitôt, anxieux face au regard du jeune homme. Il lui demanda alors tout en déposant sur son épaule une main chaleureuse :

« Tu regrettes ? »
Romain inspira profondément, puis il termina de se souvenir et enfin, il rangea l’échappe dans le carton devant lui qu’il referma.
« Non. Je me souvenais c’est tout. Une dernière fois. »
« Tu as fait le bon choix en quittant cette vie. Tu méritais mieux qu’un mari qui te bat et qu’un frère qui te trahit. »

Le jeune homme ne releva pas. D’abord parce qu’il n’avait pas envie d’entrer dans ce débat, et ensuite parce qu’il ne souhaitait pas se souvenirs des mauvais moments passés dans cette maison. Romain voulait la quitter le cœur léger et en laissant derrière lui tous les bons souvenirs. Il se contenta dès lors de terminer de vider son armoire en silence et de remplir les cartons de son contenu. Puis, lorsqu’il eut accomplit cette tâche, il prit une petite caisse posée soigneusement au coin de la pièce et il sortit de la chambre en direction du rez-de-chaussée. Sans un mot de plus à l’égare d’Aaron ou des déménageurs qui embarquaient les meubles, il quitta la maison…

Le mardi 28 juin 2011
Miami ~ N°1727, Apple Road


Durant tout le trajet qui le sépara de son domicile à celui de Ceasar, Romain réfléchit aux mots qu’il pourrait utiliser face à son aîné. Comment pourrait-il justifier sa longue absence ? Et comment pourrait-il revenir sur leur alternation sans s’engueuler ? La dernière fois qu’ils s’étaient quittés, des mots cruels avaient été échangés et des coups avaient été donnés. Du jour au lendemain, la relation des deux Parker s’était dégradée au point de passer de frères à ennemis.

En Inde, Romain essayait jour après jours de pardonner ses actes à son frère. Ce n’était pas chose facile car aujourd’hui encore, il lui en voulait énormément de lui avoir ainsi brisé le cœur, mais il savait que s’il ne lui disait pas ce qu’il avait sur le cœur aujourd’hui, plus jamais il n’aurait l’occasion de le faire, et donc plus jamais il ne pourrait espérer arriver à lui pardonner. Baba, son chef spirituel, lui avait conseillé de profiter de son bref séjour à Miami pour parler une dernière fois à Ceasar, et tenter d’apaiser leur grief. Ce fut donc pourquoi Romain se présentait en ce beau matin de juin au pas de la porte de son aîné, les bras chargé d’une caisse dans laquelle se trouvait les quelques babioles que Ceasar lui avait un jour offertes, ou qu’il avait oublié chez lui.

Sur le seuil de la porte, Romain resta longuement immobile. Il tentait de calmer la boule d’inquiétude qui lui tiraillait l’estomac, et de trouver la force et le courage de sonner. Affronter la colère de Ceasar Parker n’était jamais une mince affaire, même pour lui qui possédait pourtant une immunité naturelle en tant que petit frère.

« Que la déesse soit avec moi. » se murmura avant de finalement presser le bouton de la sonnette.

Un mince instant plus tard, la porte s’ouvrit sur un Ceasar visiblement à peine tiré du lit. Romain planta courageusement son regard dans celui de son frère, cherchant à garder toute sa contenance. Si Ceasar avait quitté un Romain plutôt fashion qui aimait s’habiller chez H&M et Springfield, il retrouvait aujourd’hui un jeune homme au look tout à fait différent. Exit les jeans et les tee-shirts à la mode. Ceux-ci avaient laissés place à un pantalon de toile et à une chemise de lin aux notes orientales. Sur les mains et les avant-bras de Romain, des tatouages aux hennés zébraient sa peau d’entrelacs précis et géométriques, et au centre de son front, un point noir lui portait bonheur.

« Bonjour. » se hasarda-t-il à dire avant de soulever légèrement la caisse qu’il tenait entre les mains. « Je suis venu te rapporter quelques affaires t’appartenant. Il y a ton rasoir électrique, le pull que tu as tâché l’autre jour avec du vin – il est lavé et repassé – et quelques trucs sans grande importance. Je préférais te les rendre moi-même avant de partir. »

Toujours sur le pas de la porte, il lui tendit le carton avec une pointe d’hésitation dans le geste. Romain était tiraillé entre la colère qu’il éprouvait envers son frère et le besoin quasiment irrépressible de retrouver le piédestal duquel il était tombé jadis. Même s’il en rageait un maximum contre Ceasar, une partie de lui était toujours profondément attachée à son grand frère.

« Tu as l’air en forme. » conclut-il sans plus de cérémonie.
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