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 N°1903 - sorry to interrupt you

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N°1903 - sorry to interrupt you Vide
Message(#) Sujet: N°1903 - sorry to interrupt you N°1903 - sorry to interrupt you EmptyDim 13 Juin 2010 - 15:40

désolée de vous déranger, mais...
N°1903 - sorry to interrupt you 2f0aubn •• N°1903 - sorry to interrupt you 112hj5f
ft. Fanny Dalloway & Iwa Kibembe

Je venais de rentrer du travail. De la boutique, c'est-à-dire. J’avais fait la fermeture. Cette nuit, je n’étais pas de service au bar, et c’était un grand soulagement pour moi. J’étais épuisée et je rêvais de m’enfoncer dans mon canapé pour regarder la télévision ou lire un livre. Je n’avais plus eu cette chance depuis longtemps, mais j’avais échangé mon service avec celui d’une collègue qui ne pouvait pas venir la veille. J’étais trop gentille. Mais c’était ainsi. Je pourrais profiter de mon vendredi soir pour paresser. Et j’avais ainsi tout mon week end à disposition pour travailler dans la maison. J’avais enfin acheté les pots de peinture pour les volets et la façade. Seulement je n’avais pas encore trouvé le temps de me mettre au travail. Entre la boutique et le bar, je n’avais pas de temps pour moi. Ou du moins pas assez. Je n’avais que les week end pour faire ce que je voulais faire et ce que je devais faire. Autant dire une aiguille dans une botte de foin quand on voyait l’état de la maison. En deux ans, je n’avais eu le temps de faire que de petits travaux. Mais j’avais enfin terminé l’extérieur, hormis la façade et les volets. Les parterres de fleurs étaient mis en place et je les entretenais pratiquement chaque soir, ou entre chacun de mes deux jobs, ainsi je n’avais pas de gros travaux à faire dans mon jardin. Je rentrais donc vers 19h avec une grande faim qui me tiraillait l’estomac. J’avais acheté la veille quelques légumes frais pour mes repas et je pensais bien faire un plat à base de pâtes. Je n’avais pas de viande, j’avais oublié, mais je mangeais de toute façon peu de viande. Je n’étais pas végétarienne, mais le goût trop fort de ces aliments me donnait parfois la nausée. Je me souvins que ma mère me forçait à avaler des bouts de steak et me faisait chanter pour que je mange. Cette pensée m’ôta un sourire amusé. Je garai la voiture dans l’allée de garage. Je la rentrerais plus tard, pour l’instant, je n’avais qu’une envie : me mettre aux fourneaux et dévorer une grande assiette de pâtes. Je pris bien soin de fermer à clé derrière moi. J’étais quelques fois un peu trop paranoïaque, mais j’aimais mieux être prudente. Je n’avais rien à voler à la maison, et c’était de notoriété publique que j’étais assez fauchée, mais j’aimais prendre mes précautions, c’était plus sécurisant. Et cela me rassurait.

Alors que je mettais l’eau à bouillir, j’entendis un bruit dans le jardin à l’arrière de la maison. Je sursautai et lâchai ce que j’avais en main sur le plan de travail. Par réflexe, je serrai dans ma main le manche du couteau qui se trouvait dans l’évier. Il fallait que je me calme, ce n’était probablement rien du tout. Et puis j’entendis un léger tintement et je me détendis instantanément. C’était le chien du voisin qui avait encore dû s’échapper. Je pensais pourtant qu’un autre voisin s’en occupait depuis le décès de Mr. Dalloway. Je sortis dans le jardin pour lui éviter de déterrer mes plantations et repérai, par-dessus la barrière en bois, qu’il y avait de la lampe dans la maison de Mr. Dalloway. Etrange. J’attrapai le chien par son collier, et lui donnai quelques caresses avant de le traîner vers la maison d’à côté. Quelqu’un pourrait peut-être me dire où rendre le chien. La bête me connaissait et n’avait donc pas peur. Il avait confiance en moi. Combien de fois ne l’avais-je pas ramené chez Mr. Dalloway ! Il semblerait qu’il aimait beaucoup piétiner mes bégonias. Arrivée à hauteur de la sonnette, je me retins un instant. Et si la personne qui était là n’était pas réellement là légalement ? Je sortis cette idée de ma tête : c’était ridicule. Pourquoi un cambrioleur allumerait-il les lampes de la maison ? Cela n’avait aucun sens, totalement aucun. Mon doigt appuya sur la sonnette avant que mon cerveau n’ait compris ce que je faisais. Le chien remuait et tentait de s’échapper. Malheureusement pour lui, je tenais fermement son collier. J’entendis un bruit de clé dans la serrure et lentement, la porte s’entrouvrit. Je distinguai le visage d’une jeune femme blonde. Elle ressemblait énormément à Mr. Dalloway. Elle avait ses yeux et son nez. J’ignorais qu’il avait une fille. Mais peut-être que je rêvais. Je bégayai légèrement lorsque je me mis à parler. « Dé… Désolée de vous déranger, mais… J’ai retrouvé le chien dans mon jardin. Il a pris l’habitude de s’échapper. » Je tentais un sourire, mais j’étais réellement déstabilisée de voir une jeune femme chez Mr. Dalloway. La maison avait peut-être déjà été vendue ? Non, son décès était relativement récent. Et cette ressemblance, cela ne pouvait être innocent. Ma curiosité reprenait déjà le dessus. J’étais décidément incorrigible !


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Message(#) Sujet: Re: N°1903 - sorry to interrupt you N°1903 - sorry to interrupt you EmptyJeu 17 Juin 2010 - 22:23

    Deux semaines. Deux semaines qu'elle vivait dans cet maison et elle ne parvenait à s'y habituer. Elle avait passé des années à vivre dans une chambre ressemblant davantage à un placard chez sa sœur aînée. Rien dont elle n'aurait pu se vanter, au point de trouver insupportables les regards emplis de pitiés que lui lançaient certains de ses amis. Les autres se mariaient, obtenaient des carrières, faisaient des enfants. Elle avait le sentiment d'en être toujours au même point, comme incapable de bouger. Et voilà qu'à présent, elle se retrouvait seule, dans cette maison bien trop grande. Elle était loin d'être superstitieuse, et pourtant elle se sentait peu à peu le devenir. Heureusement, le Chien était là. Sa présence la rassurait. C'était idiot sans doute. Elle se sentait redevenir une petite fille, qui la nuit, effrayée par ses propres cauchemars, venaient en silence jusqu'à la chambre de sa mère, ou de l'une de ses sœurs, afin de se réfugier dans son lit et se pelotonner contre elle. Elle se savait parfaitement idiote. Elle était adulte après tout. Elle aurait dû être capable de faire face à l'inconnu. Et dans une autre situation, elle était certaine qu'elle aurait pu y faire face. Mais il ne s'agissait pas de n'importe quel inconnu. C'était son père. Un fantôme qui l'avait hantée depuis ses huit ans, et qui avait influé sur son existence entière. Durant dix-huit ans elle avait souffert de son absence. Dix-huit ans où elle avait tenté tant bien que mal de se construire. Et voilà qu'à présent, sans être physiquement près d'elle, il était partout. Dans chaque meuble, chaque objet, sur chaque mur. Elle sentait sa présence, son odeur, au point de se sentir presque piégée. Peut-être que sa sœur avait eu raison, au fond. Elle était enceinte, elle avait la possibilité de tout recommencer à présent. De grandir enfin, de construire quelque chose. Au lieu de ça, elle retournait vers le passé.

    Elle se fit chauffer du café et reprit ce qu'elle avait commencé à faire à son arrivée. Elle fouillait minutieusement chaque tiroir, chaque placard, épluchait chaque papier qu'elle trouvait. Elle ignorait ce qu'elle cherchait exactement. Ce qu'elle voulait. Peut-être découvrir qu'elle, sa mère, ses sœurs, avaient eu une quelconque importance à ses yeux. Mais jusqu'à présent, ses recherches s'étaient révélées sans le moindre succès. Comme si aucune d'elle n'avait jamais existé. Mais au fond, que pouvait-elle espéré d'un homme qui avait tout abandonné sans raison apparente? Rien. Elle n'avait rien à espérer de lui. Et pourtant elle ressentait une vive curiosité à son égard, comme un besoin maladif de tout connaître de sa vie. Son emploi du temps, son travail, l'opinion qu'avaient de lui ceux qu'il fréquentait. S'il avait une femme dans sa vie. Le notaire qui s'était chargé de la succession lui avait précisé qu'il n'avait ni femme ni enfant. Ses recherches semblaient le confirmer. Il n'avait personne dans sa vie, pas même une petite amie. Elle ignorait si c'était oui ou non une bonne chose. Elle n'avait pas à faire face à une femme, et pourtant, elle aurait aimé avoir quelqu'un avec qui parler de lui.

    Vers quinze heures, elle se rendit compte qu'elle était affamée. Absorbée par sa tâche, elle n'avait pas vraiment pris le temps de manger. Elle fouilla dans le réfrigérateur de la cuisine et dénicha de quoi se faire une omelette. Elle était loin d'être bonne cuisinière, et ne se limitait qu'aux plats basiques, ce qui lui suffisait parfaitement pour se nourrir. Il lui fallut une demi heure afin de la préparer, puis de l'avaler toute entière. Elle devait admettre au bout de tout ce temps se sentir seule. Elle n'était pas habituée à rester sans personne à qui parler. Afin d'éviter de se plonger dans de telles pensées, elle se remit à trier les affaires de son défunt père. Il lui faudrait beaucoup de temps afin de faire le tour de toute la vie d'un homme qu'elle avait l'impression de découvrir. Sur les photos, il était à peu près conforme à l'image qu'elle en avait gardé. Plus vieux, avec davantage d'embonpoint peut-être. Elle songea que s'il s'était agi d'un inconnu, elle aurait sans doute pu l'apprécier. Mais à l'heure actuelle, elle ignorait ce qu'elle ressentait à son égard. Si elle le détestait, si elle était simplement curieuse de le connaître.
    Le cours de ses pensées fut interrompu par la sonnette de la porte d'entrée, qui la fit sursauter. Elle se leva pour aller ouvrir, et tomba nez à nez avec une jeune femme dont le visage lui était familier. Pour cause, il s'agissait d'une voisine qu'elle avait eu l'occasion de repérer à plusieurs reprises, et qui escortait le chien de son père. Fanny réalisa alors qu'elle ne l'avait pas vu depuis plusieurs heures déjà. Il avait dû s'échapper sans qu'elle ne s'en rende compte. Gênée, elle attrapa l'animal par le collier.

    « Oh, je suis désolée. Il n'a pas fait trop de dégâts au moins? »
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