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 Encore un soir auprès de toi [PV ENERY]

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Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Vide
Message(#) Sujet: Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] EmptyDim 23 Mai 2010 - 23:31

Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Sign_210

MAISON DELANAY - 18 HEURES

    Ce fut à cette heure que notre jolie demoiselle se retrouva devant la porte d'entrée de sa demeure suite à une journée plutôt pénible. Elle avait effectivement passé la plupart de son temps à trier des papiers administratifs, elle qui pourtant n'était là que pour apporter des soins aux patients. Son patron se servait d'elle ces derniers temps pour effectuer les tâches non faites par les soit disant "stagiaires". Une assez bonne excuse avouons le pour éviter le refus de notre jolie blonde. A vrai dire, elle n'avait d'autre choix que d'accepter, sous peine de se voir éventuellement virée. Non pas qu'elle n'était pas un bon élément, au contraire, mais qu'elle redoutait une nouvelle arrivante, qui avait fait preuve d'efficacité dès ses premiers jours. Quoi qu'il en soit, Ainsley avait terminé la journée par un soin qu'elle chérissait particulièrement ces derniers temps. Car il s'agissait tout simplement d'une petite fille plus adorable que jamais. Deux semaines qu'elle était à ses petits soins et deux semaines que la petite et elle prenaient une bonne dizaine de minutes pour parler de tout comme de rien. Avoir ainsi un contact avec une petite demoiselle de son genre confortait l'envie d'Ainsley, celle de vouloir un enfant. Mais n'était-ce pas trop tôt ? C'était de plus une décision à prendre à deux, et non seule sur un coup de tête. A vrai dire, ça n'était pas l'argent qui leur manquait, non. Mais peut-être était-ce l'envie finalement ? Elle ne manquait pas du côté de notre demoiselle, mais qu'en était-il d'Enery ?

    Mais revenons-en à nos moutons! Ainsley était enfin à destination, toujours vêtue de son habituelle blouse blanche. Tout se passa comme chaque jour, elle sortit délicatement les clés de son sac à main, qu'elle déposa avec tact dans la serrure. Puis elle trouva la chaleur de son chez soi, un sourire se dessinant au coin de ses lèvres. Elle déposa rapidement ses affaires, ne prenant soin de se changer de peur de n'avoir le temps de préparer à temps le dîner. A vrai dire, elle n'eut le temps de déposer sa veste sur le porte manteau situé juste derrière la porte d'entrée que le téléphone fixe se faisait déjà entendre. « Madame Delanay vous écoute et est toute à vous Monsieur Trent! ». Monsieur Trent! Une grande histoire! Qui est-il ? Un grand client de son mari. Attrapant un des crayons de papier ainsi que l'agenda de son mari, elle laissa son écriture ronde et régulière envahir le mercredi de la semaine suivante. « Donc... Mercredi à 13H30 c'est bien ça ? Et bien c'est noté. Je n'y manquerais pas, au revoir monsieur Trent. » La demoiselle avait bien sûr prit soin de mordiller le crayon de son mari en écoutant le fameux client, crayon qu'elle déposa à sa place initiale.

    Les heures suivantes furent consacrées à la fois à la préparation du repas mais aussi à la prise de nombreux rendez-vous, ainsi qu'un appel de la belle famille, qu'Ainsley prit soin de supporter malgré sa grande et pressante envie de raccrocher. Fut-ce par chance ou par malheur que notre demoiselle eut la charmante idée de mordiller tous les crayons qu'elle utilisa lors de ces longues minutes ? Une chose est sûre, le repas fut prêt à l'heure malgré tout. Ce fut en effet une légère et douce odeur de poulet qui prit place au sein de la cuisine et dans les pièces environnantes, la demoiselle n'ayant toutefois pas eu le temps de se changer, toujours en tenue d'infirmière. Jetant un coup d'oeil à l'horloge de la cuisine, elle se rendit compte que son mari ne tarderait plus. A vrai dire... Il était déjà là, Ainsley ayant reconnu le bruit sourd de la portière de sa voiture, puis ses pas jusqu'à la porte d'entrée. Souriant à l'idée de retrouver l'homme de sa vie, elle était prête à le recevoir comme chaque soir.
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Message(#) Sujet: Re: Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] EmptyLun 24 Mai 2010 - 15:52

Enery avait passé toute sa journée aux côtés d’un client très difficile dans la conception de sa future maison. Etant lui-même riche, il pouvait parfois admettre les caprices que certains peuvent avoir. Mais comprenez sa réticence quand cette personne exige d’avoir un salon digne d’un champ de mine. Chaque recoin de la place ayant sa propre fonction, regroupant plusieurs meubles dans un espace exigüe. Le modernisme se voulait épuré. Lui il le voyait encombré. Chacun ses goûts après tout. Cela faisait partit des aspects de ce métier, apposer des limites pour dépasser les requêtes. Tout un art me diriez-vous. Une journée banale en somme. De toute manière il n’y avait pas de quoi s’éterniser sur un boulot commun. Quittant le client avec un dernier sourire plein de bonne volonté. La patience griffée jusqu’au bout. C’était comme un bout de papier qui égrainait les ressources de calme, qui arrivé au bout annonçait quelque chose d’impétueux. Par chance, ce fut évité de justesse, non pas que l’idée de meurtre s’était tenu éloigné de son esprit.

C’était donc en un long soupir de soulagement qu’Enery démarra sa voiture dans la joie à venir. L’idée même de retrouver sa femme et son nid douillet était une source d’apaisement. Il était étonnant de voir combien un espace familier pouvait adoucir quelqu’un. Endroit remplit de marques, d’objets, comme un territoire où l’on appose son sceau. On l’imagine tellement sûr et rassurant. Traversant le quartier d’Ocean Groove, bien trop idéalisé à son goût. Il regarda ses voisins avec un sourire ironique. Un petit chien qui se balade avec plaisir au rythme des pas de sa maîtresse. Telle une danseuse de Moulin Rouge, se dandinant avec fierté. L’image même de la superficialité. En un dernier frisson d’horreur, Enery accéléra.

A peine eut-il garé la voiture devant la somptueuse maison, qu’une douce odeur vint l’aguicher d’autant plus vite. Comme les chants des sirènes au loin pour les matelots. Malgré toute la force du monde, on échappait rarement à leur emprise. La dangerosité en moins, il y avait toutefois bien une jolie femme derrière tout cela. Au moins tout cela eut raison de son humeur. Adieu poils de chien et fourrures blanches.
Il inséra sa clef dans la serrure et pénétra dans la demeure. Aussitôt qu’il eut posé le pied à l’intérieur une vague de chaleur vint à lui. Aussi figuré que physique, elle représentait en elle-même toute l’affection que cet endroit concentrait mais aussi la chaleur du foyer. Au delà de cette porte se tenait tout ce qui un jour l’avait repoussé, étouffé. Il avait aimé être un Delanay, mais ses principes et idéaux avaient fait de lui un homme autre que celui qui ne se définit que par le mot riche. Dorénavant il était fortuné d’amour et d’affection et c’est bien tout ce qui comptait à cette heure précise.

Ainsley se tenait là devant lui, ravissante comme toujours. Toujours habillée en infirmière ce qui n’enlevait rien de son charme. Elle avait probablement été débordée depuis son arrivée. Enery s’approcha lentement et l’embrassa avec amour. Comme si c’était la première fois qu’ils étaient réunis, un jour de plus qui s’acquiert aux côtés de l’autre. Unique.

« Hey bonsoir toi. »

Il se souvint de la première fois qu’ils s’étaient rencontrés dans ce petit bar miteux. Précis comme si l’action se déroulait sous ses yeux. Vif et pleins d’émotions.

FLASH BACK | 2 Août 2003 | Argentine

Enery mélangeait lentement son verre de cocktail, les yeux rivés vers un détail imaginaire. Tout cela pour éviter de rester hagard face à la jeune femme qui n’était qu’à quelques centimètres de lui. Il luttait de toutes ses forces, mais le désir de revoir les quelques lignes de son visage était plus fort que lui. Pour tout dire, il était possible que le désir physique primait plus sur un quelconque sentiment amoureux. Mais à l’heure actuelle, il n’arrivait à penser à rien. Sa douce voix lui parvenait alors qu’elle commandait un verre d’une quelconque boisson. Anglais. Elle était donc américaine.

Levant finalement les yeux il tomba nez à nez avec elle. Plongeant dans son regard bleu, il essaya un sourire gêné qui à force d’assurance donnait un sourire resplendissant. L’avait-elle seulement remarqué ? Mais pour le moment il n’avait qu’une envie, c’était bien de l’emmener dans sa chambre. Il est vrai qu’à l’époque Enery parcourait ses années d’errances à la sexualité très ouverte on pourrait dire. Un jardin secret qu’il s’était bien gardé de dire à ses parents. C’était peut-être bien pour cela qu’il était venu en Argentine. A force d’être tiré à quatre épingles, on finit par vouloir sortir du cadre. Quelques fois, ça ne faisait pas de mal. Cédant à l’invitation de la musique endiablée, il ne pu réfréner un sourire presque charmeur.

« Vous partagerez bien un verre avec moi ? »

Voilà les premiers mots qu’Enery lui avait dit. Après tout, elle était d’une beauté à se damner. Son accord par contre relevait de raisons obscures. Lui avait-il plu dès la première minute ou était-elle aussi animée par un désir charnel ? Mais il était bien loin de se douter que ce sentiment presque primitif, était la source même de la naissance d’un sentiment plus profond. N’allez pas le blâmer. Un homme sans instinct primaire, ne serait pas un vrai homme non ?

FIN DU FLASH BACK

En la regardant de nouveau maintenant, il pouvait retrouver encore une partie de celle qu’elle était avant. Une once de fougue, et de joie. Avec les mêmes traits, qu’il rêvait alors de caresser. Suivre les sillons de sa peau dans une douceur infinie. Et une chaleur sensuelle qui s’en dégageait. Il se souvint aussi de cette envie qui l’avait submergé. Enery lui embrassa lentement la main, fermant les yeux comme pour se rappeler une dernière fois de ce moment. Pour finir par oublier ce désir primitif qu’il avait alors. Finalement il enleva son manteau et déposa son sac dans l’entrée.

« Mon père a appelé ? Il faut que je règle quelque chose avec lui. »

Après cet instant fort comme à chaque fin de journée, Enery reprenait ses petites habitudes. Il aimait se déchausser et marcher pied nu sur le parquet délicat, avant de s’aventurer plus loin dans la maison en direction de son bureau.
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Message(#) Sujet: Re: Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] EmptyMar 1 Juin 2010 - 21:23

    Ainsley avait toujours pris plaisir à rentrer au sein de leur petit cocon familial. Pouvait-on le qualifier de tel après tout ? Eux qui malgré leurs cinq années de mariage sincère et profond n'avait jamais entamé le sujet d'un éventuel nouveau petit Delanay. Quoi qu'il en soit, ça n'était pas la question, enfant ou non, Ainsley était heureuse. Bien sûr qu'elle était prête à être mère, bien sûr qu'elle le désirait au fond, mais n'était-ce pas cruel d'imposer un tel choix à son mari ? Surtout dans leur situation ? Eux qui venaient à peine d'arriver, Enery qui enchaînait les heures sur le terrain entre un client compliqué et d'innombrables rendez-vous, sans oublier tout ces cartons qu'ils n'avaient pas encore eu le temps de réellement déballer. De quoi les occuper pour un petit moment n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit ça n'était pas ce détail pourtant important et tout à fait concevable qui importait à Ainsley. Du moment qu'elle était avec Enery, plus rien n'importait. Et ce soir là, comme chaque soir, elle le retrouverait. A vrai dire, notre jolie demoiselle ne prenait plus la peine de compter ces innombrables questions du genre "N'est-ce pas lassant de toujours retrouver le même homme chaque soir ?" "N'est-ce pas étouffant de se savoir mariée pour la vie au même homme, que l'on devra respecter mais surtout ne pas tromper ?". Ainsley ne prenait plus la peine d'y répondre, les trouvant bien trop superflues. Après tout c'était bien simple, elle aimait Enery, non pour sa situation aisée, encore moins pour son apparence physique - bien qu'elle compte un minimum je vous l'accorde - mais bel et bien pour sa personne, son caractère. Après tout n'était-ce pas lui qui avait réussit à calmer l'arrogante demoiselle qu'était Ainsley autrefois ? N'était-ce pas lui qui lui avait permis de redevenir la demoiselle qu'elle était autrefois ? Alors pourquoi s'obstiner à répondre alors que la réponse était claire ? Oui Ainsley aimait retrouver Enery chaque soir et oui elle aimait se savoir liée pour la vie à cet homme. Et pour couronner le tout, elle ne comptait absolument pas modifier son train de vie, bien trop confortable mais surtout bien trop agréable pour envisager du changement.

    Il était donc là, juste devant elle, une habituelle mallette digne d'un ministre dans sa main droite. N'oublions pas ce sourire, qui ne fit qu'accentuer celui d'Ainsley. Puis vint l'heure du baiser, baiser qu'Ainsley ne raterait pour rien au monde. Un baiser tendre et à la fois amoureux, un baiser doux, léger, furtif, mais digne d'un homme bel et bien amoureux.

    FLASHBACK

    « Vous partagerez bien un verre avec moi ? »
    « C'est avec plaisir. »

    Ce soir là, elle n'avait pas hésité, non. Et pourtant, les recommandations de sa mère la poussant à ne jamais accepter une proposition d'un inconnu n'avaient pas manqué. A croire qu'elle avait improvisé les choses, ressentit cette flamme qui vous fait succomber, au tout premier regard. Car Enery était à première vue très beau, mais possédait avant tout un charme et une prestance incontestable. Et pourtant, il ne portait qu'un jean, ainsi qu'une chemise dont les deux premiers boutons étaient ouverts. A vrai dire, Ainsley ne l'a jamais oublié. Ils partagèrent donc un verre, et cette discussion fut différente. Ainsley fut différente. Tout fut tout simplement différent. Elle ne fut plus cette insolente qu'elle avait été autrefois. Ce soir là, elle regretta même de ne pas avoir eu plus de prestance, elle aussi. Et pourtant, cela du suffire à notre jeune homme qui ressortit tout aussi époustouflé de ce fameux bar du centre-ville.

    FIN DU FLASHBACK

    « Mon père a appelé ? Il faut que je règle quelque chose avec lui. »

    Secouant légèrement la tête afin de reprendre ses esprits, la demoiselle reprit son habituel sourire, lui confiant à son tour.

    « J'ai eu ta mère, ton père semblait pressé. Tu te doutes bien que je ne suis pas restée une éternité avec elle au téléphone. Mais ton père a dit qu'il te rappellerait en soirée. Comme d'habitude... » Ajouta-t-elle avec amertume, sachant qu'Enery et elle perdraient encore un moment de leur soirée pour répondre à ce fameux "papa".

    A vrai dire, ça n'avait jamais été l'amour fou entre la famille d'Enery et Ainsley. Et pour cause, notre demoiselle était "pauvre", soit disant "hautaine" et "incapable de se tenir en société". Raison pour laquelle Ainsley n'avait plus vu sa belle famille depuis quelques temps déjà, raison pour laquelle ils avaient tout simplement déménagés, pour mieux fuir les problèmes familiaux qui nuisait à leur couple.

    « Sans oublier des appels de tes clients, tu as un agenda de ministre! » Ajouta-t-elle en souriant, amusée.

    Enery se dirigea comme à son habitude vers son bureau, alors que la demoiselle le suivait, s'arrêtant dans l'encadrement de la porte de son fameux bureau, contre laquelle elle s'appuya, un sourire toujours aux lèvres. Sourire qui se transforma en grimace quand elle prit conscience de l'état des crayons de papier d'Enery, qu'elle avait pris soin de mastiquer durant les fameuses prises de rendez-vous. Avec un peu de chance, il ne verrait pas cet affreux... Carnage...
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Message(#) Sujet: Re: Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] EmptyMer 2 Juin 2010 - 13:16

Parcourant les quelques mètres qui le séparait de son bureau, Enery écouta attentivement la réponse de sa femme. Il ne pût échapper à ce ton d’amertume qui reflétait ce dédain qu’elle avait pour eux. La famille Delaney était de celles qui très côté dans les soirées mondaines souhaitaient toujours faire bonne apparence. Une famille heureuse, épanouît. Souvent très loin de la réalité. Cela cachait souvent d’autres aspérités qu’on ne saurait concevoir dans ce monde. Un monde d’hypocrisie en somme. Enery avait reçu une éducation des plus strictes. Partagée entre le golf, les cours particuliers de toutes les matières imaginables et un suivit dans l’entreprise familiale. Pas le temps pour les vrais amis, l’idée même de copine n’était pas sensé parcourir l’esprit du jeune Delaney. Fait ceci, fait cela. En dépit de ce que l’on peut penser, il avait apprécié cela. Connaissez-vous ces familles où le travail est légion et toute forme d’amusement précaire ? Les enfants n’étant habitués qu’à ce mode de vie, ils s’imaginaient que le monde était fait de cela et qu’une quelconque lacune entraînait une exclusion de la vie normale. Les SDF qu’on les appelait. Puis au final on ne trouve cela pas si mal, on devient distingué, pleins de principes. La vie est assez simple. Plus de besoin que des acquis !

C’est dans cette ambiance qu’Ainsley du débarquer. Dans un monde à l’opposé du sien parmi une famille bien trop fermée pour l’accueillir à bras ouverts. Ce fût durant cette période qu’Enery découvrit une autre facette à cette image bien guillerette. On ne supporte pas la différence. « Les pauvres ne sont que ceux qui ont abandonnés toutes leurs chances dans la vie. » La voilà la phrase de prédilection de son père. Pas de faux-semblants, cela se sent qu’il y a de l’aversion dans l’air. Des regards et des bouches pincées. Ils s’arrêtaient avant d’éclater, mais tous savaient ce qu’il se tramait. Entre les deux un jeune homme penaud dont la situation le dépassait. Enery tenta de comprendre sa famille dont les principes lui furent inculqués pendant toute son enfance. D’un autre côté la femme de sa vie qui était rejetée avec violence alors qu’ils ne la connaissaient même pas. Dur dilemme où l’on vous impose un choix tandis que vous ne devriez pas.

Flash Back

« Je t’en supplie chérie, essaye de les comprendre ! »

Le jeune couple était dans leur chambre, coincé dans la maison familiale des Delaney. Enery à moitié habillé mais dont les traits montraient un désespoir criant. L’utilisation du mot « chérie » dénotait tout de la situation. En effet, il ne l’employait qu’avec une phrase de supplication, une demande ou toute autre interrogation. Ils se tenaient l’un face à l’autre, chacun à l’un des bouts de la salle. L’image même de la dispute conjugale. Comme une scène bien trop répétée qui à force ne finissait jamais de la même manière. Celle d’avant le coucher. La salle se comblait de leur discorde, tous les réunis mais séparé par tout cela. Le ton de sa voix se voulait calme mais on pouvait ressentir une pointe de colère poindre de son nez.

« J’aimerais juste que tu essayes de faire quelques efforts. Pour moi. »

Il savait que ces phrases feraient l’effet d’une bombe. De sa voix embuée de colère et de tristesse, il cherchait à faire passer un message au-delà des mots. Tout le monde pensait toujours qu’il ne s’agissait que d’Ainsley et de la famille. Mais Enery dans tout ça ? On se déchirait devant ses yeux, et dans un élan de force il tentait de rattraper toute la situation. Il avait espéré joindre un jour les deux parts de sa vie qu’il chérissait. Au final c’était peine perdue. Il attendait avec appréhension la réponse qui allait être dure de sa future fiancée. Tandis que dans la chambre d’à côté sa jeune sœur Maggie tentait de dormir, bien trop angoissée à l’idée d’une autre dispute sous le toit des Delaney.

Fin du Flash Back

Le souvenir de ces disputes à répétition dessina cette expression de douleur qui s’effaça aussitôt. Depuis qu’ils étaient rentrés de voyage, un silence murait leur différent. Il n’y avait plus rien à dire, à rajouter. De toute manière ils étaient bien loin de San Francisco dorénavant. La pensée de sa sœur vint pincer un peu plus le cœur d’Enery. Elle lui manquait terriblement, avec sa petite bouille magnifique. Il lui arrivait encore d’espérer un jour lui ébouriffer les cheveux et attendre la protestation de celle-ci.

Finalement notre homme pénétra dans son bureau. Alors qu’il tendit la main vers son agenda, un champ de bataille effroyable s’étendait au-delà de son bras. Éparpillés là, des dizaines de crayons. Tous mâchouillés avec plaisir ou ennui. Ce qui le gênait ce n’était pas la raison de ce carnage, c’était plutôt l’essence même de ses crayons. Il y avait bien une chose qu’Enery ne supportait pas c’était que l’on touche à ses affaires et qu’on les abimes. L’architecture était une sorte de luxe pour lui. Un loisir à temps plein. Il n’avait guère besoin d’argent, mais un besoin d’agir, de faire quelque chose. Il détestait ces riches qui trop confiants de leur argent passaient leurs journées à se prélasser sans se soucier d’autres choses que de leur personne. C’est pourquoi quand il vit ce qui lui servait d’outils, une pointe de stupeur apparût sur ces traits. Se retournant vers sa femme qui le regardait en grimaçant, il pu lire un « oops » sur ses lèvres.

« Mais qu’est-ce que t’as bien pu faire avec mes crayons ?? »

Enery demanda cela comme pour se retenir d’une phrase beaucoup plus grossière qu’il pensa très fort. « Merde alors, Tu fous quoi ? » Néanmoins il savait qu’Ainsley le connaissait trop bien pour comprendre toutes les conséquences de son acte. C’était toujours avec stupeur qu’il rangea tous ses crayons et autres feuilles qui trainaîent sur son bureau, dans l’espoir de les épargner d’un autre futur meurtre.

« Tu sais parfaitement combien je suis maniaque à propos de tout ce qu’il y a dans cette salle ! Rah je comprends pas comment t’as pas pu réaliser. »

Il semblait continuer de marmonner, se parlant à lui-même ou maudissant tout bas. Il avait horreur que l’on touche à ses affaires, encore moins pour en faire de la chair à pâté. L'utilisation d'un langage à moitié élevé et usuel dénotait d'autant plus son exaspération. Une colère intérieure battait tout bas. Colère irrationnelle. Comme un petit gamin qui protège ses GI Joes. Une petite mine boudeuse vint achever le portrait.
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Message(#) Sujet: Re: Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] EmptyMer 2 Juin 2010 - 15:23

    Tout avait toujours bien fonctionné entre Enery et Ainsley. Mais un beau paysage est bien souvent maculé de certains points négatifs. Dans leur couple, il n'y en avait qu'un, la belle famille. Jamais notre demoiselle n'avait su trouver sa place au sein de tout ce luxe, cette prestance, ces règles interminables. Et pourtant, dieu qu'elle avait essayé de se plier à ces interdictions mais également ces obligations. "Vous pourriez vous tenir bien mieux à table Ainsley!" "Regardez moi ça, cette robe est pire que gondolée! On ne vous a jamais appris à repasser ?" Comment ne pas finir par prendre mal ces questions qui n'avait pour unique but de l'offenser ? Ainsley avait durant un moment préféré ne rien répondre, l'indifférence étant bien le pire des mépris. Mais comment ne pas riposter après de telles provocations ? Comment se retenir et se contenter de sourire niaisement pour ne pas provoquer l'énième dispute des Delanay ? Ainsley avait toujours tenté de se retenir, pour elle, mais surtout pour son mari. Car Enery avait toujours été déchiré, déchiré entre l'amour pour le cocon familial et la femme de sa vie. Dur choix que d'hésiter entre les deux n'est-ce pas ? A vrai dire, ce déménagement ne pouvait leur faire que du bien, les éloigner pour un moment de cette fameuse belle famille, voir pour une éternité. Éventualité qu'Ainsley espérait énormément. Et pourtant, en agissant ainsi, elle blessait au plus profond de lui Enery. Ne dit-on pas que tout est possible en amour ? Alors pourquoi vouloir s'éloigner et priver l'homme de sa vie d'une famille ? Bien sûr qu'elle n'était pas à son goût, elle et ses manières parfois plus que désagréables. Mais était-ce une raison pour ne penser qu'à elle et imposer ce déménagement ? A vrai dire, elle ne l'avait pas imposé, mais l'avait tout d'abord proposé. Tout s'était déroulé assez vite par la suite, de sorte qu'Ainsley n'avait eu réellement le temps de réfléchir à cette punition, qu'elle affligeait en quelque sorte à Enery.

    FLASHBACK

    « Je t’en supplie chérie, essaye de les comprendre ! »
    « Tu ne comprends donc pas que je ne peux plus supporter toutes ces réflexions, tout ces "Ne faites pas ça de cette façon Ainsley!" ou bien ces "Vous ne méritez pas mon fils" sans oublier les "Vos parents ont-ils pris la peine de vous éduquer ou bien ?" En quoi ont-ils le droit de me juger ? Est-ce que je les juge moi, eux et leurs habitudes luxueuses ?! Est-ce qu'un instant ai-je pu leur reprocher d'avoir leurs principes ? Personne n'est identique, je te l'accorde et heureusement, on s'ennuierait! Mais je ne supporte plus le regard qu'ils posent sur moi, cette façon qu'ils ont de me repousser et de toujours m'exclure de vos conversations. Certes je n'ai pas eu un cursus exemplaire, je n'ai pas un bac +8, mais la volonté n'est-elle pas le plus important dans l'histoire ? Oui, je ne suis qu'une pauvre petite infirmière, mais ce métier me plaît et peu importe ce qu'en pense les autres, je ne changerais en aucun cas ma situation. »

    « J’aimerais juste que tu essayes de faire quelques efforts. Pour moi. »
    « J'en ai déjà tellement fait Enery... Je ne supporte plus de devoir me battre pour que nos quelques soirées passées avec tes parents se passent à peu près bien. Comprends moi aussi... »

    FIN DU FLASHBACK


    « Mais qu’est-ce que t’as bien pu faire avec mes crayons ?? »


    Levant les yeux au ciel, la demoiselle fit mine de n'avoir compris la question. Mais le regard de son mari termina par se déposer sur elle, alors qu'une légère moue s'emparait de son visage.

    « Tu sais parfaitement combien je suis maniaque à propos de tout ce qu’il y a dans cette salle ! Rah je comprends pas comment t’as pas pu réaliser. »
    « Enery je sais bien que tu tiens à tes crayons mais tu ne va pas en faire une affaire d'Etat n'est-ce pas ? Je t'en rachèterais ça n'est pas le problème chéri. »

    Sentant la colère qu'il tentait d'intérioriser, elle croisa les bras, se permettant d'ajouter.

    « Très bon début de soirée. Et tout ça pour quelques malheureux crayons. »

    Soupirant légèrement, elle tourna talons, se dirigeant vers la cuisine. Etait-elle en train d'insinuer qu'elle lui en voulait ? Non, mais à vrai dire elle savait d'avance que son père viendrait les déranger, et qu'il n'était donc pas l'heure de se reprocher quoi que ce soit, mais plutôt l'heure de profiter de ce moment en amoureux. Une fois dans la cuisine, elle prit soin de sortir de quoi mettre la table, remuant les pâtes qu'elle venait de mettre dans de l'eau bouillante.




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Message(#) Sujet: Re: Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] Encore un soir auprès de toi [PV ENERY] EmptyVen 4 Juin 2010 - 19:17

Enery s’agitait dans tous les sens, animé par un besoin de rangement excessif. En entendant les pas légers de sa femme s’éloigner dans le couloir, notre homme baissa les yeux comme coupable d’une certaine honte ou peine. Fixant un point imaginaire, perdu dans ses pensées. Dessinant un quelconque schéma d’une vie pleine de routine, dans laquelle il s’était installé. Soit ils venaient tout juste de déménager ce qui devrait provoquer en lui un sentiment d’adrénaline vers un inconnu à découvrir. Mais la perspective de vivre dans un quartier où l’anonymat n’a pas lieu et le voisinage une obligation, n’enchantait guère Enery. Il était venu ici emménager avec sa femme, celle avec qui il s’imaginait vivre jusqu’à sa mort. Qui soit dit en passant, il l’espérait, ne serait pas à quatre-vingt dix ans, un appareil en bouche et une canne comme troisième jambe. Il était venu à la fois plein d’espoir de bonheur dans ce nouveau chapitre de la vie, mais aussi plein d’amertume vers un passé qui l’avait mené vers un destin qu’il aurait peut-être destiné à un autre chemin. Il avait déjà commencé à prendre un semblant d’indépendance, à ne pas se mêler à une foule de vies banales. Puis la vie en avait décidé autrement. Elle l’avait maintenue dans un quotidien limitant. Au final il se retrouvait ici, Monsieur tout le monde.
Mais Ainsley le désirait plus que quiconque. Avoir enfin un semblant de vie. Elle pour qui rien n’était acquis, où chaque instant était à gagner. Il se bataillait pour des futilités. Cependant il s’accrochait à quelques semblants de choses qui lui valaient des moments de passion.

Flash Back

Il avait écouté, imperturbable, la réponse qui comme il l’attendait était dure. Le résumé de tout un ressentiment, une envie folle d’explosion. Chaos. Un chaos dans lequel il s’était installé depuis son départ en voyage. Voilà le mot qui venait à l’esprit d’Enery à cet instant tandis qu’il essayait de lire sur le visage de la jeune femme. Il voulait la comprendre, la rassurer, lui dire qu’elle avait raison. Mais il ne le pouvait pas, il ne le voulait pas. Il était tiraillé, perdu. Dans cette bataille au but inconnu. On se tire dans les pattes. On rechigne et on se dispute. Mais au final on perd l’objectif. On ne se souvient même plus du départ de tout cela. De quoi était-ce donc partit ? Y aura-t-il seulement une fin ? Conflit irrationnel aux armes verbales.

« J’aimerais juste que tu essayes de faire quelques efforts. Pour moi. »

« J'en ai déjà tellement fait Enery... Je ne supporte plus de devoir me battre pour que nos quelques soirées passées avec tes parents se passent à peu près bien. Comprends moi aussi... »

A cet instant il lut une once de désespoir. Une grande peine se dessina sur ses sourcils tandis que ses yeux fixaient le sol. Une envie soudaine le submergea, celle de partir, s’évader loin. Il voulait la prendre dans ses bras, la kidnapper et traverser le monde avec elle. Quitter cet environnement étouffant, avec ses rideaux de soies. S’enfuir pour ne jamais revenir. Mais il y avait sa famille. Sa sœur qui ne lui pardonnerait jamais de la laisser. Son père et sa mère dont tant d’espoir étaient sur lui. Ce coup de folie disparut aussi vite qu’il n’était apparût. Evanescent. C’était quelque chose qui l’avait souvent suivit. Un coup d’adrénaline qui le pousse vers une action irréversible mais qu’il s’était évertué à fuir autant qu’il le pouvait.
Il s’approcha d’elle dans un dernier geste d’abdication. La prenant dans ses bras, il lui déclara tout bas.

« Je suis désolé mon amour. Je fais ce que je peux pour que tout aille au mieux. Tu sais, vous comptez tous tant pour moi. Si seulement … »

Tout en tendresse il avait laissé l’émotion le submerger, tandis que sa dernière phrase disparaissait sans qu’une fin ne semble la secourir. Un dernier reste de sa pulsion qui s’était lentement apaisée. Il l’avait appelé « mon amour », appelant à un pardon. Mais jamais il ne dévoilera ce coup de folie qui le guette si souvent. Cette facette qu’il s’évertue à cacher, la redoutant.

Fin du Flash Back

Reprenant lentement ses esprits, refermant sa boîte de Pandore. Il oublia son côté intrépide qui longtemps l’avait tiraillé, se remémorant les moments passés avec sa famille et combien il avait chérit le fait d’être un Delaney. L’heure n’était plus au songe de démons passés. Enery se leva et parcourut les quelques mètres qui le séparait de la cuisine. La douce odeur de poulet et de pates qui envahissait le rez-de-chaussée l’attira lentement.
Là se tenait sa femme, lui tournant le dos. Elle s’occupait de leur diner, mais peu lui importait. Il s’approcha d’elle et la prit dans ses bras, comme à l’époque. Poussé par le même désir d’apaisement. Passant ses bras sur son ventre. Il s’accrochait à elle comme à un semblant de maintient dans cette vie. Retrouvant petit à petit ce plaisir qu’il avait de vivre ainsi. Il est vrai qu’il l’avait rencontré alors qu’il était en plein dans cette envie d’évasion. De cette chose qui le dévorait et le faisait respirer à la fois. Parfois il percevait de nouveau cet instant fugace sur son visage à elle, pour revenir au temps de maintenant.

Il respira longuement dans le coup d’Ainsley tout en la câlinant. Un dernier air songeur sur le visage. Malgré qu’il ne puisse voir son visage, il sentait qu’elle était soucieuse. Ils n’avaient pas besoin de mots, juste des regards, des sensations, des gestes. Tout décrivait l’état d’âme de l’autre. Et quand on se connaît depuis si longtemps il n’y a plus de secret. On comprend l’autre si facilement.

« Ca sent bon tout ça. »

Finit-il par dire pour l’apaiser. D’une voix douce et suave. Comme une confidence au creux de l’oreille, rassurant. Il n’avait pas demandé pardon pour son emportement. Mais entre eux, il y avait comme une entente. Celle qui écrase les différents, qui pardonne sans mot. Une phrase qu’il avait dit pour l’inviter à un aveu.

« Tu m’as l’air soucieuse. Tu veux pas m’en parler ? »
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