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 TAKE A SEAT, PLEASE.

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Pamela Auber
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Pamela Auber

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Message(#) Sujet: TAKE A SEAT, PLEASE. TAKE A SEAT, PLEASE. EmptyMer 24 Mar 2010 - 21:40



YOU CAN'T SPEAK, YOU'RE SHORT OF BREATHE WHEN YOU FIND OUT HE'S GETTING WEAK. YOU START TO REALLY DOUBT WHEN YOU FIND OUT WHAT HE'S ALL ABOUT (…)
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FEAT PRIDE S BERRINGTON & MICAELA CARECA
24.03.11 ; PRISON DE MIAMI




« Vous venez voir qui? » demanda le gardien en baissant les yeux sur son ventre rond.
« Pride Berrington. » répondit Micaela, mal a l’aise.
« D’accord, allez attendre à une table. » Le gardien s’éloigna. Puis sur un ton mauvais il s’adressa à l’un de ses collègue : « Encore une qui va nous ramener son fouineur de gamin … » Il continua de baragouiner quelques mots mais la mexicaine ne comprit plus rien. Elle soupira lourdement et partit prendre place comme le lui avait indiqué.

Micaela attendait depuis quelques minutes, assise seule à une table modeste. Autour d’elle se trouvaient quelques autres visiteurs accompagnés des détenus qu’ils venaient voir. Il y avait un avocat qui venait régler les derniers détails stratégiques quant à la défense de son client. Une adolescente qui dépassait difficilement les dix-huit ans rendait visite à son père, les yeux bordés de larmes. Et il y avait cette femme avec un nourrisson dans les bras, le père posait difficilement ses mains tremblantes sur l’enfant. Micaela regarda le couple pendant un bon moment, complètement aspirée par la scène qu’elle devrait rejouer d’ici quelques mois. Dans un premier temps, l’arrestation de Gabriel et Pride avait eu le mérite de rapprocher Micaela de son bébé. Il avait été sa bouée de sauvetage, elle s’y était raccrochée pour ne pas perdre pieds, elle en était même venue à la conclusion qu’il était tout ce qui lui restait. Elle nourrissait cependant l’espoir de les voir sortir rapidement pour retrouver son quotidien sentimentalement chaotique, ses repères et l’idée rassurante de pouvoir compter sur Pride pour élever leur fils. C’était sans compter sur l’acharnement du Destin (ou les bons soins de Gabriel). Comme si les voir faire face au procès ensemble n’était pas assez stressant, il avait fallut que Gabriel se retourne soudainement contre Pride, lui mettant tout sur le dos. Le pire était sans doute qu’il parvenait à ses fins, plus le procès avançait plus les chances de Pride étaient minces alors qu’on devinait la peine de Gabriel se réduire de plus en plus. Officiellement rien n’était encore joué pour Berrington, officieusement personne ne donnait cher de sa liberté. Micaela avait d’abord développé une furieuse envie de remonter les bretelles au sénateur (chose qu’elle avait fait) puis, déçue, elle s’était désintéressée de son ami pour tenter de revenir vers Pride. Elle avait deviné sa rancœur la première fois où elle avait croisé son regard depuis ce malheureux rebondissement. Non pas qu’il soit très expressif, mais la mexicaine commençait à le connaitre, a décrypter les changements infimes de ses traits pour le comprendre un peu mieux. Le connaitre plus signifiait aussi l’apprécier plus. Ces derniers mois avaient été porteurs d’une entente plus ou moins cordiale entre le deux parents, ils avaient maintenant la meilleure des raisons pour tenter de s’apprivoiser. Leur relation restait pourtant bien nébuleuse. En apparence ils ne se tiraient plus dans les pates, ils arrivaient à tenir une conversation dans tenter de blesser l’autre, mais une méfiance viscérale persistait malgré tout. Chacun avait comprit que le bien être du bébé ne serait pas mit en péril par l’autre, mais les habitudes du passé avaient la vie dure. Comme s’ils n’étaient pas tout a fait à l’abris d’une attaque personnelle et vicieuse, ils continuaient de surveiller leurs arrières, ils ne donnaient jamais complètement. Micaela ne s’attachait qu’à demi-mots alors que Pride faisait son possible pour taire ses sentiments détestés. Dans cet optique toute particulière, Micaela avait pourtant ressenti le besoin d’épauler Pride, elle ne désirait pas le laisser porter ce fardeau seul. En somme, elle se souciait de lui.

« Oui? » râla Pride d’une voix rauque, tirant ainsi la brunette de ses pensées. Elle releva aussitôt la tête vers lui et fut frappée par la froideur extrême qu’il dégageait. Visiblement il n’était pas bien heureux de la voir ici. Micaela fit de son mieux pour ne pas se laisser démonter, elle ne pinça les lèvres avant d’esquisser un sourire gêné. « Pride … Je, enfin Est-ce que tu … ? » La mexicaine avait visiblement du mal à s’exprimer. Pour la première elle se sentait intimidée par Pride et toute la répulsion qu’il dégageait. Sans doute était-ce parce que, pour la première fois aussi, elle se sentait horriblement coupable. Techniquement, elle n’y était pour rien, mais que Gabriel soit à l’origine de la situation l’impliquait d’une manière abstraite. Elle soupira alors pour se reprendre, se trouvant beaucoup trop ridicule. « Assied toi, non ? » suggéra-t-elle en désignant la chaise face à elle. « Je voulais te voir … Savoir si tu tiens le coup » demanda-t-elle sur un ton clair mais inquiet.

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Message(#) Sujet: Re: TAKE A SEAT, PLEASE. TAKE A SEAT, PLEASE. EmptyJeu 1 Avr 2010 - 19:26

    Si on lui avait dit qu'il retournerait à la case prison avant ce fâcheux incident croulant sous des affaires d'argent sale, sans doute que le jeune homme aurait pris la nouvelle avec dérision, mué dans une arrogance certaine et presque agaçante. Son statut de policier devait bien après tout pouvoir le couvrir pour ce genre d'imprévus que Pride n'avait cette fois pas vu venir, n'ayant pas anticipé pour cette fois la situation : s'il était vrai que les trafics de billets verts afin de rendre service au sénateur souhaitant assurer sa campagne n'avait rien de très glorieux ni même de légal, le jeune homme n'y avait jamais vu de très grands dangers quant aux conséquences de l'affaire. Plus encore, suite à sa première incarcération de plusieurs mois et à sa sortie miraculeuse, l'arrogance du jeune homme l'avait conforté dans l'idée que jamais plus il ne se retrouverait derrière les barreaux : pris à son propre piège, Pride n'avait pas même assuré ses arrières suite à cette histoire avec Gabriel. Le jeune homme méfiant qu'il était pourtant, n'avait pas même vu venir le coup porté par McAllister, l'enfonçant un peu plus dans les tréfonds de la justice : le sénateur s'en sortirait avec des charges amoindries, quand Berrington croupirait très certainement en prison, au vu des nombreuses autres accusations que l'on pouvait alors lui décharger. Sa colère aveugle envers McAllister en était même fatalement venue à se dire que ce dernier n'hésiterait peut-être pas à balancer d'autres charges contre lui afin de sortir la tête de l'eau ; en un sens, Pride se demandait s'il n'allait pas être sacrifié dans l'histoire et mené dans les couloirs de la mort afin de redorer le blason du sénateur. Cette manière manichéenne qu'avaient les américains en matière de justice était d'une absurdité totale, néanmoins bien ancrée dans les racines de ce pays, il était presque certain que bientôt les journaux finiraient par louer la bravoure d'un sénateur ayant affronté vents et marées, pour mieux avilir le méchant de l'histoire et portant le nom de Berrington. Ce dernier fronça un instant les sourcils lorsque l'idée morbide de la vue d'une chaise électrique passa en écho dans son esprit assombri par le peu de lumière de sa cellule humide : avec un peu de chance l'Etat de Floride aurait d'ici là aboli la peine de mort. Laissant s'échapper un soupir las de ses lèvres, et bien loin de finalement se préoccuper d'une fin aussi peu glorieuse, le regard ambré du jeune brun se tourna vers son geôlier lorsque celui-ci s'avança vers la cellule seulement occupée par Berrington : les deux autres prisonniers partageant la pièce avec lui étant partis rejoindre les leurs durant cette heure de visite trop courte. Le gardien sortit alors ses clefs de sa poche de cuir avant d'ouvrir la porte qui émit un cliquetis de ferraille suivi d'un grincement sordide sous le soupir du geôlier adressant un bref sourire à Pride.

    « T'as déjà de la visite. »
    « Qui ? » demanda alors le brun ténébreux de sa voix suave alors qu'il s'avançait dans les couloirs grisâtres.
    « Une jeune femme typée... Très jolie demoiselle, mais en cloque forcément. »
    « Ah. » murmura Pride d'un souffle glacé tandis que son regard noir se posait droit devant lui.
    « Tu ne m'avais pas dit que tu allais être père. Pauvre petiot... »

    Pride n'offrit en retour aucune réponse quant aux dires du gardien avec qui cependant il avait sympathisé : malgré la colère glacée dont il irradiait depuis le procès qu'il avait vécu comme une trahison de la part de Micaela et Gabriel, le jeune homme avait toujours joué à son avantage de son charisme fort. Néanmoins les dernières paroles du gardien ne faisaient que renforcer ce qu'il pensait alors : il allait sans doute passer beaucoup de temps à l'ombre... si toutefois la justice le laissait sortir d'ici un jour. Passant le seuil de la salle aux murs de briques apparentes, Pride s'avança parmi les tables autour desquelles familles ou amants s'étaient installés le temps de retrouvailles trop courtes, de larmes ou des sourires échangés. Le regard ambré du jeune homme néanmoins ne quitta pas la silhouette gracile de Micaela vers qui il s'avançait d'un pas assuré malgré son visage impassible : à la simple vue de la jeune femme, son coeur s'emballa d'une fureur imminente. Pride était en effet persuadé que la belle mexicaine était de mèche avec le sénateur, et qu'elle aussi avait alors tout fait pour sortir de prison son ex-amant au détriment de Pride avec qui elle possédait beaucoup moins d'atomes crochus. Persuadé de cette pensée, ce fut d'une froideur ténébreuse qu'il s'adressa à elle.

    « Oui? »
    « Pride … Je, enfin Est-ce que tu … ? » Malgré la voix vacillante et fébrile de Micaela, Pride se faisant taciturne se refusa de l'aider ne serait-ce que par un mot encourageant. Alors que les deux anciens amants avaient fait ces derniers temps des efforts considérables pour enterrer la hache de guerre, cette histoire nébuleuse ne faisait que la déterrer. « Assied toi, non ? ...Je voulais te voir … Savoir si tu tiens le coup »

    Le jeune homme tira une chaise vers lui, silencieux et gardant pour lui toute la rancoeur qu'il pouvait éprouver. C'était en un sens presque sordide de le voir penser de telles choses de la jeune mexicaine, néanmoins le lien fort unissant celle-ci à Gabriel écrasait tant celui qu'elle possédait avec Pride, que leur relation paraissait en ce sens dérisoire. En somme, il apparaissait finalement presque logique que le jeune homme ne la voit que comme complice, quand bien même elle demeurait la mère de son enfant... Tout cela semblait relever d'un mauvais polar de série B.

    « Si je tiens le coup ? » répéta-t-il de sa voix suave non sans laisser se dessiner un sourire mordant au coin de ses lèvres carmin. « Je vais bien... J'ai déjà quelques connaissances ici, des amis sur qui compter... Ca évite la solitude des cellules. Très confortablement bien installées ceci dit. » continua-t-il dans un sarcasme terrible et froidement amusé. « J'espère que ta conscience est soulagée maintenant. Parce que de mémoire, les horaires de visite de ton sénateur sont juste après les miennes... Donc ne t'étends pas trop avec moi, tu risquerais d'être en retard. »

    Les paroles du jeune homme était lâchées dans un détachement presque insolent ; aucun venin néanmoins ne venaient teinter ses mots qui n'étaient en vérité que du sarcasme pur. Le regard de Pride se posa néanmoins sur l'une des fenêtres de l'immense salle peu accueillante, las sans doute de devoir batailler, et plongeant une nouvelle fois dans ses pensées à se demander s'il avait des chances de s'en sortir. Que disaient-ils à l'extérieur, quelle serait sa peine, allait-il bénéficier d'une sortie miraculeuse comme la dernière fois... Tant de questions auxquelles son avocat refusait pour le moment de répondre, et que Pride se refusait de poser à Micaela, toujours intimement persuadé que cette dernière était de mèche avec Gabriel. Finalement, après quelques secondes interminables de silence, il reposa son regard ambré dénué de froideur mais véritablement las et résigné sur la silhouette de la femme portant son enfant, avant de répliquer d'un murmure suave et entendu, presque compréhensif.

    « C'est bon, ne te donne pas autant de peine, tu peux y aller. Ce n'est pas très sain comme endroit.... » finit-il par dire dans un bref soupir, accusant ainsi la froideur grise des lieux bruyants.
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Pamela Auber
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Message(#) Sujet: Re: TAKE A SEAT, PLEASE. TAKE A SEAT, PLEASE. EmptyDim 4 Avr 2010 - 15:40



« Si je tiens le coup ? » demanda Pride en esquissant une sourire captivant. « Je vais bien... J'ai déjà quelques connaissances ici, des amis sur qui compter... Ca évite la solitude des cellules. Très confortablement bien installées ceci dit. » Voila qui avait le mérite de donner le ton pensa silencieusement la mexicaine déstabilisée. « J'espère que ta conscience est soulagée maintenant. Parce que de mémoire, les horaires de visite de ton sénateur sont juste après les miennes... Donc ne t'étends pas trop avec moi, tu risquerais d'être en retard. » Micaela resta muette et fit défaut à la répartie spontanée qui la caractérisait. Une silence lourd voila alors les deux adultes sous tension. L’une s’était renfrognée dans son malaise alors que l’autre avait allégoriquement posé son regard sur la fenêtre. La future mère ne reposa pas de suite ses yeux bruns sur le jeune homme. Elle avait laissé son regard se perdre dans le vide, derrière lui. Ne sachant pas si elle lui devait vraiment une justification, elle hésitait longuement en pesant minutieusement les arguments de chaque cause. S’il ne lui faisait pas confiance, c’était son problème. Après tout il ne faisait confiance à personne. Mais était-il légitime de blâmer un homme pour son manque de confiance quand il venait de se faire lamentablement poignarder dans le dos? Elle soupira alors très légèrement et fit glisser son attention sur Pride dont elle devinait le centre d’attention derrière elle. Ses sourcils se froncèrent dans une moue affectée alors qu’au moment même où elle avait arrêté de se poser des questions, elle avait trouvé une réponse claire et indiscutable. Il était cette personne sombre et intrigante, l’homme qui échappait à tout le monde, la cible idéale lorsqu’il s’agissait de trouver un responsable pour tous les maux du monde. Mais dans tous ces vices qu’on déchargeait (souvent à juste titre, avouons le) sur son dos, quelqu’un avait-il déjà fait l’effort d’aller vers lui pour tenter de découvrir autre chose qu’un criminel à juger? Pride finit par reposer son regard sur la brunette, la sortant de ses pensées par la même occasion. Micaela resta ainsi quelques secondes, pendue à ses prunelles désillusionnées jusqu’à qu’il se décide à prendre la parole une nouvelle fois. « C'est bon, ne te donne pas autant de peine, tu peux y aller. Ce n'est pas très sain comme endroit... » Remarqua-t-il sans amertume cette fois-ci. La future mère fut touchée par ses paroles, inquiète pour lui malgré tout ce qui avait pu les séparer. Elle prit alors une profonde inspiration et retrouva une expression plus sereine puis, malgré son léger pincement au cœur, elle se pencha sur la table de fer glacé qui trônait entre eux. Pour accompagner son geste elle allongea ses bras vers lui jusqu’à ce qu’elle s’arrête sans se raviser pour autant. Son regard s’était posé sur leurs mains à quelques centimètres, puis elle releva le visage pour prendre la parole. « Je ne peux pas changer ce qu’il a fait, mais ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec lui. » Commença-t-elle en plantant sérieusement son regard dans le sien. « Donne moi une bonne raison pour que je veuille te voir en prison alors que tu es le père de mon fils … » Demanda-t-elle sans lui laisser le temps de répondre puisqu’elle ajouta « Et Gabriel n’en est pas une. » dès qu’il ouvrit la bouche. A vrai dire, aucune raison n'aurait trouvé son intérêt aux yeux de la mexicaine. Un rictus gêné mais sincère se dessina au coin de ses lèvres, cachant néanmoins l’appréhension d’un nouveau rejet.

Pourtant, Micaela ne voulait pas se justifier plus, elle gardait pour elle sa dispute avec Gabriel et les méchancetés qu’elle avait pu lui envoyer à la figure. Elle espérait que Pride serait apte à faire la part des choses et à ne pas la confondre avec Gabriel. Il est vrai que le sénateur et la mexicaine étaient extrêmement proches, mais ce n’était pas synonyme de cécité pour la jeune femme qui gardait un œil critique et un sens de la justice bien aiguisé. Tout comme Pride, elle avait prit le retournement de veste sénatorial comme une trahison. Les yeux toujours rivés sur le jeune homme face à elle, la brunette laissa un fin silence retomber malgré de brouhaha autour d’eux. Comme toujours, Pride avait eu le don d’accaparer toute son attention. La belle avait fait une totale abstraction des gens qui les entouraient. Et, quand bien même elle détachait son attention de lui, c’était pour se perdre dans le vide alors que ses pensées restaient dirigées vers lui malgré tout. Il avait beau être incarcéré, devenir plus sombre ou plus distant, jamais un n’avait perdu son aura captivante. Il avait simplement gagné en humanité et affection aux yeux de la jeune femme qui n’aurait jamais cru qu’ils en seraient là un jour.
Micaela se pinça alors les lèvres en s’apprêtant à reprendre la parole. « C’est tout ce que je peux faire, laisse moi au moins être là pour toi. » Sa voix était redevenue calme et claire. Ses yeux bruns qu’il avait connu trop sombre et furieux étaient emprunts d’une douceur bienveillante alors que ses mains s’étaient symboliquement ouvertes à lui.

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Message(#) Sujet: Re: TAKE A SEAT, PLEASE. TAKE A SEAT, PLEASE. EmptyDim 4 Avr 2010 - 23:33

    Fallait-il se demander si tout était écrit ou si le hasard faisait véritablement si mal les choses... Car jamais le jeune homme n'avait pensé se retrouver dans l'humidité de ces cellules à nouveau, rien n'avait fonctionné comme il l'avait anticipé. Lui le petit génie pouvant résoudre les équations les plus complexes dans une logique et une facilité déconcertantes, était incapable d'anticiper les véritables réactions humaines, les heurts incessants de la fatalité, les heures sombres du temps passant alors... De ce braquage de banque n'ayant pas obtenu les conséquences escomptées, à sa vie bloquée à Ocean Groove quand il ne demandait qu'à partir, jusqu'à l'idylle avec Micaela qui semblait avoir si bien commencé pour finir dans la plus funeste des apothéoses, rien ne s'était déroulé selon les envies de Pride. Ainsi donc se retrouvait-il enfermé de nouveau, portant sur lui la tenue hideuse des prisonniers attendant un jour de pouvoir sentir l'air frais et vivifiant de la liberté, à passer son temps à jouer aux cartes, écouter les sordides histoires des cellules étroites, attendre que les minutes s'écoulent dans l'alcôve insoutenable de l'attente. A ainsi plonger dans ses pensées assombries par le pessimisme certain de sa situation, Pride ne pouvait finalement que se remémorer sans cesse ce qui l'avait aujourd'hui jeté ici : il se souvenait encore des dires de l'avocat de McAllister, venant noyer Pride dans des histoires troubles, appelant à ses derniers méfaits, engrossant les fautes de Berrington dans cette affaire d'argent sale, lui qui pourtant, et ironie du sort, était à présent un agent prisé au sein du service des fraudes... Il se souvenait ne pas avoir levé le regard vers Micaela, ressentant à son encontre une haine meurtrie et une colère farouche, il se souvenait jusqu'au moindre écho de ses pensées, persuadé alors que les deux anciens amants étaient de mèche contre lui. Il se souvenait avoir maudit la Floride et les habitants d'Ocean Grove, d'avoir haï McAllister, d'être persuadé que ce dernier élèverait son propre enfant, de ressentir contre son palais ces effluves ferreuses d'hémoglobine et de désir de vengeance amer. Aujourd'hui et en l'instant, Pride se retrouvait face à la compréhension d'apparence sereine de la mexicaine, gardant sa prestance malgré la difficulté de sa situation et teintant son visage d'une humanité qu'on ne lui connaissait plus depuis longtemps : l'on pouvait lire de nouveau sur les traits fins du jeune brun, la pétillance défunte des yeux de l'ancien étudiant qu'il avait été, retrouvant quelque part l'aura de l'ancien Pride, plus insouciant et légèrement plus lumineux. La sombre fatalité néanmoins semblait planer au-dessus de sa tête quand bien même il invitait Micaela à partir, prêt à la voir rejoindre le sénateur, mais surtout poussé par l'envie de l'éloigner de ces lieux sordides. Si le jeune homme éprouvait le besoin de tourner la page avec la demoiselle, il n'en demeurait pas moins que le bien-être de l'enfant dormant en son ventre rond faisait également partie de ses préoccupations premières. Néanmoins le futur père ne posa pas même son regard ambré sur la douceur du ventre maternel : les lieux et le contexte ne s'y prêtaient guère. Les pupilles fauves de Pride dévièrent alors sur la table, absentes et perdues en des pensées qui se faisaient fantôme, il se contenta de pousser un soupir las sans jamais vraiment décrisper sa mâchoire carrée. Les mains quémandeuses de Micaela s'avançant vers les siennes le sortirent néanmoins de sa léthargie, ne sachant néanmoins pas comment réagir face à la chaleur de ce contact demandé. Pride n'avait jamais été très expansif voire à l'aise avec le vocabulaire des sentiments, même gestuels : ce défaut était ancré en lui aussi bien que ses racines trouvant écho dans les ghettos de Chicago. Ancien caïd, ancien escroc, ancien braqueur... aucune porte ouverte ne lui avait permis de s'épanouir vers la chaleur humaine, quand bien même il était stupide de le voir comme un être sans coeur. Son palpitant n'avait seulement pas encore eu l'opportunité de se manifester ; ne trouvant pas les bonnes personnes, ou fuyant simplement le noble sentiment amoureux lorsque ce dernier pointait son nez. C'était ainsi qu'un an auparavant, Pride avait cruellement lâché des mots acerbes à Micaela, dont les syllabes enfiellées et venimeuses ciselaient sans doute encore la chair de la belle mexicaine : la preuve en était que leur relation s'était détériorée au fil du temps, et qu'il semblait impossible de la voir se rétablir.

    « Je ne peux pas changer ce qu’il a fait, mais ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec lui. Donne moi une bonne raison pour que je veuille te voir en prison alors que tu es le père de mon fils …  » Le regard du jeune homme se leva avec conviction sur son interlocutrice, persuadé de ses pensées, de ses dires, de ses opinions. Ses lèvres s'entrouvrirent alors, prêtes à laisser s'échapper une réplique de son cru, comme toujours. Teintée de sa voix suave, grave et épicée, comme toujours. Mais la réplique de Micaela se fit alors trop rapide. « Et Gabriel n’en est pas une. »

    Elle, savait anticiper, visiblement. Pride détourna un instant le regard, vaincu par les dires de la demoiselle pourtant déstabilisants : à ses yeux le sénateur n'avait été que le seul et unique motif de Micaela de le voir finir ses jours en prison, et voilà qu'à présent elle lui certifiait le contraire d'une véracité soufflée avec tant de sincérité du coeur que Pride ne pouvait s'amuser à ne pas la croire. Ce dernier secoua alors brièvement la tête, ne sachant que dire ; effectivement, il n'avait pour lui aucune bonne raison à décliner.

    « Je suis invivable. » finit-il par murmurer dans un bref rictus en coin, dans une pointe d'auto-dérision taquine et abandonnant de sa froideur. « Je conduis trop vite, j'insulte les banquiers, je suis un flic auto-didacte, je brise les coeurs des belles demoiselles, je ne connais pas même par coeur l'hymne national, j'ai horreur de Thanksgiving... Je pourrais encore vendre beaucoup de mes défauts pour trouver des prétextes à ce qu'on m'enferme ici pour avoir la vie tranquille. » Le jeune homme eut alors un bref sourire amusé malgré tout, tandis que ses paroles se perdaient en murmures songeurs tout comme ses pupilles absentes se posèrent sur les mains de Micaela sans oser les toucher. « Je ne devrais pas être ici... Je devrais être enseignant à Harvard et voyager encore pour dépouiller les casinos, avoir une femme et une maîtresse comme tous les enseignants de cette fac. » souffla-t-il dans un bref rire jaune. « … mais j'ai déconné. Si je n'étais pas venu à Ocean Groove... »

    Pride lâcha alors un soupir non sans froncer un instant les sourcils sans pour autant terminer sa phrase. Sa main toujours à proximité de la demoiselle se refusait de se rapprocher quand bien même le besoin de contact humain faisait suffoquer son coeur de soubresauts douloureux. La crainte sans doute de l'après, des désillusions, cette promesse également qu'il s'était faite de tourner la page : si pour Micaela cette simple caresse aurait pu être banale, pour le jeune homme elle n'aurait pu que déclencher les assauts trouble de son palpitant amoureux. Se refusant de compliquer sa situation, Pride finalement ôta ses mains de la table pour mieux les croiser au devant de ses lèvres carmin comme son regard ne se détachait plus de son interlocutrice. Les dernières paroles de la jeune demoiselle lui firent néanmoins du bien, approuvant ainsi d'un silence néanmoins explicite avant de reprendre.

    « Qu'est-ce qu'ils disent dehors... Est-ce que je vais m'en sortir... Je vais passer combien de temps dans ce trou ? Mon avocat refuse de me le dire clairement. »
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Message(#) Sujet: Re: TAKE A SEAT, PLEASE. TAKE A SEAT, PLEASE. EmptyLun 5 Avr 2010 - 19:38



Depuis ces dernières semaines, Micaela avait longuement songé à son avenir familial. Elle avait envisagé sa vie avec un enfant, imaginé sa grande demeure habitée par le rire cristallin de son fils dont elle tentait de deviner les traits. Elle qui avait eut tant de mal à accepter sa grossesse s’était trouvée étrangement confortée et impatiente à l’idée d’être mère. La mexicaine avait toujours pensé qu’elle porterait les enfants d’une homme à qui elle serait mariée, qu’ils auraient une maison avec de nombreuses chambres d’enfant et un brave chien. Mais lorsqu’elle avait fait l‘inventaire en apprenant sa grossesse, il n’y avait bien que l’enfant qui remplissait difficilement ses critères. Sa vie sentimentale était chaotique et les relations avec le père atrocement précaires. Le chien ne serait jamais qu’une peluche et la grande maison ne serait sans doute plus sienne dans peu de temps. En somme, Micaela ne donnait pas cher de ses capacité à combler en enfant. Pourtant Pride l’avait poussée à changer d’avis et depuis ce moment, elle se sentait plus sûre d’elle chaque jour. Son lien avec le petit humain en devenir se tissait lentement mais elle le sentait aussi bien qu’une brise sur sa peau. Depuis ces derniers jours, elle s’était même sentie plus proche de son fils que jamais. Tout s’écroulait autour d’elle, les deux hommes de sa vie se retrouvaient en prison, elle avait perdu son emploi et se demandait dans combien de temps elle serait forcée à vendre sa maison. Sans se l’expliquer, elle s’était accrochée à ce bébé comme au plus précieux des diamants. Il avait trouvé plus de valeur à ses yeux quiconque sur cette planète, il était devenu une bouée de sauvetage, sa seule issue alors que, au contraire, la logique aurait voulu qu’elle soit prise par de violentes crises de doute. Pourtant non, elle n’avait jamais été si sûre de la place de son futur fils. Il serait la plus grande entreprise de sa vie, pour lui elle trouverait un moyen de rendre sa vie plus agréable et ce, pour pouvoir un jour le rendre fier. La belle venait néanmoins de perdre son pilier le plus important en même temps que Pride avait perdu sa liberté. Malgré ses récentes certitudes, c’était non sans appréhension qu’elle abordait son futur. Venir à la rencontre de Pride était d’ailleurs très éprouvant. Il n’y avait que peu d’espoir quant à ses chances de s’en sortir. Le statut de Gabriel et les arguments de son avocat ne jouaient pas en faveur de l’ancien escroc dont la crédibilité en prenait un sacré coup. Aujourd’hui et pour la première fois elle se trouvait confrontée aux parloirs bruyants, froids et intimidants. Aux geôliers à la langue bien pendue et au désespoir des autres familles déchirées. L’idée de voir ce genre de scène devenir familière lui glaçait le sang. Ceci dit, croire qu’elle ne continuerait pas à répondre présente lors des heures de visite serait mal connaitre la mexicaine. Si elle n’avait pas dissimulé sa gêne face au jeune homme, il en était autrement pour son ressentit quant à la situation. Elle gardait son malaise solidement enfouit, jugeant égoïste et inutile et faire peser plus de peine sur les épaules déjà injustement chargées du futur père. Ainsi pour cette première visite, après sa culpabilité retombée, c’est une Micaela d’apparence calme et sereine qui se présentait à son ancien amant. La brunette désirait renvoyer l’image d’une femme forte sur la quelle il pouvait se reposer le temps de leurs courtes entrevues.

« Je suis invivable. (…) Je conduis trop vite, j'insulte les banquiers, je suis un flic auto-didacte, je brise les cœurs des belles demoiselles, je ne connais pas même par cœur l'hymne national, j'ai horreur de Thanksgiving... Je pourrais encore vendre beaucoup de mes défauts pour trouver des prétextes à ce qu'on m'enferme ici pour avoir la vie tranquille. » Micaela l’écouta attentivement et s’amusa de ses remarques. Ses yeux bruns n’avaient jamais quitté le visage de Pride dont elle avait sondé chaque expression, chaque mouvement -même infime. Le voir retrouver un sourire amusé l’espace de quelques secondes avait suffit à troubler le cœur sous pression de la future mère. Oui, il était invivable. Mais elle apprendrait à vivre en le supportant. « Je ne devrais pas être ici... Je devrais être enseignant à Harvard et voyager encore pour dépouiller les casinos, avoir une femme et une maîtresse comme tous les enseignants de cette fac. » Il piqua alors la curiosité de la jeune femme qui fronça les sourcils dans une moue intriguée. « … mais j'ai déconné. Si je n'étais pas venu à Ocean Groove...» Il ne termina pas sa phrase, mais Micaela comprit facilement de quoi il était question. Des regrets. Elle se mordit alors la lèvre inférieure pour détacher son attention des élans douloureux de son cœur. Certes elle n’était pas la seule chose qui soit arrivée à Pride depuis son emménagement à Ocean Grove, mais elle avait la prétention de juger son influence sur sa vie comme étant assez importante. Or, l’idée qu’il pense à elle avec regret touchait tristement la mexicaine dont les yeux s’assombrirent un instant. La jeune femme lâcha finalement Pride des yeux pour laisser son attention se poser sur ses mains qu’il avait retiré de la table. Elle ne releva pas mais recula légèrement ses mains elle aussi, sans pour autant les mettre hors d’atteinte puis a nouveau, ses prunelles sombres s’ancrèrent aux siennes. « Qu'est-ce qu'ils disent dehors... Est-ce que je vais m'en sortir... Je vais passer combien de temps dans ce trou ? Mon avocat refuse de me le dire clairement. » Micaela fronça alors les sourcils en esquissant une moue qui ne présageait rien de bon. « Sincèrement … Ca s’annonce assez mal. » Dit-elle sans retenir un soupir inquiet. « J’ai entendu parler d’une quinzaine d’années mais ce ne sont que des spéculations pour le moment. » Chaque mots qui s’échappait de sa bouche brûlait les lèvres de la belle qui, au fond, refusait de se résigner si facilement. Elle détestait l‘idée de voir Pride enfermé, invivable ou pas, elle le voulait dans sa vie et non dans une cellule inhumaine. « Rien n’est encore joué. » commença-t-elle avant qu’un sourire amusé vienne se glisser au coin de ses lèvres. « Et rien ne se passe jamais comme prévu avec toi … Alors tu feras mentir les prédictions une nouvelle fois. » Micaela ne sut pas exactement d’où il provenait, mais elle se fit mordre la poitrine par un optimisme à la puissance insoupçonnée. Elle ne savais pas même où elle puisait les ressources de cet engouement soudain, mais il était bel et bien là et illuminait les traits fins de son visage halé.


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Message(#) Sujet: Re: TAKE A SEAT, PLEASE. TAKE A SEAT, PLEASE. EmptyMar 13 Avr 2010 - 23:01

    Le brouhaha alentour n'était plus : seule importait la voix de Micaela qui s'était faite soudain évangile. Oubliant toute l'amertume qu'il avait eu à son encontre lors de son arrivée, Pride laissait se déglacer son coeur méfiant pour mieux l'humaniser : au final il n'y avait pas plus touchant que le défaut de la faiblesse, lui qui pourtant avait toujours su se montrer arrogant et plein d'assurance. Aujourd'hui il semblait que le jeune homme flanchait, que las de porter le poids de sa propre carapace de métal, il ne pliait sous la douleur tenace d'un abattement qu'il ne pouvait plus nier. Toujours combattif, toujours trop mordant, toujours trop vif et agressif, Pride avait toujours su fermer son âme insondable pour ne rien laisser paraître : même à l'époque de ses premiers émois avec Micaela, l'étudiant qu'il était alors semblait laisser sous-entendre dans son attitude, ses regards et ses paroles, que leur idylle était un jeu. Une partie de cartes, un lancer de dés, des défis à relever et des gageures à gagner, tel semblait être la vision du jeune brun qui n'avait jamais toisé la vie que comme un immense plateau de jeu sur lequel il menait les pions. Fermant son coeur à toutes ses conquêtes et se refusant de sombrer dans la dépendance amoureuse, manipulant son entourage par quelques joutes verbales ingénieuses, Pride s'était laissé prendre par son propre piège : il s'asphyxiait lui-même, puisque n'ayant pas laissé l'opportunité à ses poumons de respirer convenablement d'une vie faite d'air pur et non pas de manipulations habiles. Combien de temps encore allait-il tenir, à se montrer soit disant impassible et sans émotions pour se préserver, quel serait le jour où Pride Berrington enfin, n'en pouvant plus de ces sentiments humains brimés, libèrerait le poids de ses angoisses trop souvent intériorisées ? Il semblait que le jour tant attendu était arrivé, car loin de se montrer impassible et cinglant comme à son habitude, le jeune homme perdit de son aura sombre, du métal de son âme glacée, de la froideur de son regard dans lequel on pouvait lire cette fois un dénuement mal dissimulé. Micaela néanmoins n'avait jamais comploté contre lui, voilà qui ôtait une douleur de son palpitant jeté dans un nid épineux, cependant l'affaire était loin d'être conclue, car Pride n'était pas assez dupe pour se voir gagner face au sénateur, quand bien même il avait à l'extérieur des relations influentes également. La sincérité de la belle mexicaine acheva de le rendre plus humain et plus faible, malgré sa prestance intarissable : la détresse se lisait alors sur son visage et son regard désarmant n'offrait plus que la vision d'une âme déchirée. Déglutissant difficilement, son front blanc vint se poser doucement contre ses mains jointes dans un soupir las et pensif.

    « J’ai entendu parler d’une quinzaine d’années mais ce ne sont que des spéculations pour le moment. »
    « Quinze ans ? » fit-il de son murmure suave alors qu'il abaissa ses mains pour mieux lever son regard sombre sur Micaela, d'un sourire jaune. « Je vais passer quinze ans dans ce trou ? »
    « Rien n’est encore joué. »

    Pride vint alors hocher la tête non sans mordre pensivement sa lèvre blême comme il tourna son regard absent sur un point invisible au loin. Sans doute qu'à l'extérieur, il trouverait quelques relations persuasives pour faire pression, et le relâcher alors... Mais la vie n'était guère toujours aussi facile, et le jeune homme craignait ainsi que sa libération ne serait néanmoins pas aussi rapide que la dernière. Afin d'écarter tout soupçon, il savait alors que mieux valait laisser le temps s'écouler avant de tenter quelques pressions peu louables sur la justice... De quinze années, peut-être verrait-il sa peine se réduire à cinq, voire deux s'il estimait être chanceux. Quoique la chance ne semblait guère être à ses côtés ces temps-ci.

    « Et rien ne se passe jamais comme prévu avec toi … Alors tu feras mentir les prédictions une nouvelle fois. »

    Passant une main dans le sombre de ses cheveux, Pride laissa un silence s'installer tandis que, pensif, il s'attardait sur chacun des mots de la belle Mexicaine. Au moins son interlocutrice avait eu le cran de lui parler avec sincérité, ce que n'avait guère eu son avocat.

    « Mais cette fois j'ai un sénateur face à moi... Je suis flic, Micaela. Qui travaille au service des fraudes, qui a braqué une banque et qui a du faire bonne figure pour regagner la confiance des habitants. »

    Un silence de nouveau, et dieu que ce mutisme lourd de non-dits devenait oppressant. Malgré les mots doux et rassurants de la jolie Mexicaine, Pride ne pouvait se laisser aller à trop d'espoirs, dressant en contre-partie la réalité des choses... Quinze ans. Voilà qui paraissait une éternité qu'il ne pourrait sans doute pas supporter. Plongeant son regard dans le sien, pour une fois dénué de froideur mais teinté d'un trouble expressif, le jeune homme ne savait plus que dire suite à ces paroles échangées. L'un comme l'autre avaient raison, et l'un comme l'autre souhaitaient ardemment que le cauchemar ne prenne fin. Le mauvais rêve néanmoins ne s'acheva que pour Micaela, car la voix du gardien scanda alors que la visite était terminée : la demoiselle pouvait enfin quitter ces lieux lugubres et la froideur de ces murs, pour regagner la chaleur humaine du dehors. Adressant un bref sourire à la jeune femme afin de lui éviter un poids de trop, tentant d'alléger son âme comme il le pouvait, Pride se leva enfin, ne préférant guère s'attarder sur les au revoir.

    « Merci d'être venue. Prends soin de toi. » fit-il avant de tourner les talons et de se diriger vers la sortie.
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