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 Tempête sénatoriale - Gabriel

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Tempête sénatoriale - Gabriel Vide
Message(#) Sujet: Tempête sénatoriale - Gabriel Tempête sénatoriale - Gabriel EmptyLun 22 Fév 2010 - 12:04

Tempête sénatoriale - Gabriel Romrom10 Tempête sénatoriale - Gabriel Gabby10 Tempête sénatoriale...


Vendredi 25 février 2011, 18h12
► Miami ~ bureaux sénatoriaux

A quelques rues des bureaux sénatoriaux, les vingt et un membres de l’association Sea Shepherd Conservation Society finissaient de s’équiper, et surtout de se mettre d’accord sur la manière d’opérer. Assis sur un banc un peu plus loin en compagnie d’une femme de quarante ans aux allures de hippies et d’un jeune homme aux cheveux blonds cendrés lui descendant jusqu’aux épaules, Romain terminait de noter sur son avant-bras à l’encre indélébile, les numéros de téléphone important en cas d’échec de cette opération commando. En bon manifestant, il avait noté sur sa peau où joindre Maât, ainsi que Laurence Ferdison, son amie et avocate, et également son frère. Romain savait que cette descente musclée dans les bureaux du sénateur ne se feraient pas sans risque. Il était fort possible qu’il y laisse quelques plumes.

« On va aller en prison. » se lamenta Kyle, le stagiaire de Romain.
Avec un sourire compréhensif, le jeune océanologue hocha la tête.
« Oui, il y a de forte chance. Au moins pour 48 heures. »
« Tu vas voir le bleu… » intervint la femme avec un large sourire, visiblement impatiente que tout commence. « C’est très agréable de pisser dans une cellule devant 20 détenus. »
« Si tu veux abandonner, tu peux. On ne t’en voudra pas. »
« Non. Je vous suis. Je vais sans doute rater mon année à cause de cette prise de position, mais ce n’est pas grave. Les convictions avant tout ! »
Romain se leva en rebouchant la pointe de son marqueur.
« Si ça peut te consoler, je comptais te mettre une très bonne appréciation pour ton stage. »
Flash Back ; vendredi 25 février 2011, 11h21
► Floride ~ Parc national des Everglades

Il faisait chaud en ce début d’après-midi dans les Everglades. Debout au bord de la coque d’un hydroglisseur, accompagné de deux rangers et de Kyle, Romain regardait avec désolation les nombreux poissons morts qui flottaient à la surface, autour de l’embarcation. Il devait y avoir un peu plus de 300 cadavres qui émergeaient à la surface de ce bras de bayou. De la radio qu’il tenait à la main, la voix de Sara résonnait. Celle-ci lisait le rapport de l’autopsie faite ce matin.
« QUOI ?! TU TE FOUS DE MOI, SARA ? » gueula Romain dont la voix fit sursauter un alligator sur une berge. Celui-ci plongea aussitôt à l’eau.
« Ne crie pas, je t’entends très bien, tu sais ? »
« SARA ! DU MERCURE ! ENCORE ! Il faut qu’il y ait un mort pour que les autorités daignent faire quelque chose ou quoi ? »
« Rome, ouvre les yeux. Le décès prématuré de quelques poissons, ça n’a jamais fait pleurer dans les chaumières. Les politiciens n’en on rien a cirer. »
Kyle se pencha par-dessus bord.
« Vous avez une idée d’où peut provenir ce mercure ? »
Romain hocha la tête. Bien sûr qu’il savait la cause de cette contamination. Il jeta un coup d’œil aux deux rangers occupés à emballer dans des sacs quelques poissons et il dit pour répondre à son stagiaire :
«C’est à cause de la nouvelle zone industrielle. Le gouvernement cède de plus en plus de terre au développement des zones résidentielles, commerciales et industrielles des petites villes alentours afin qu’elles se développent… même en bord de rive. Chaque année, ce sont plus de 300.000 nouvelles personnes qui viennent vivres en Floride. Tout ce monde perturbe forcément l’équilibre de l’eau et son écosystème. »
Le stagiaire se gratta le haut du crâne.
« Il faut le dire au maire. Aux dirigeants. Au sénateur ! »
« Il est mignon ton stagiaire, Rome. » fit Sara par la radio. « Comme si le sénateur en avait quelque chose à faire de ce genre d’histoire. Ecoute mon petit, voilà comment ça marche dans la profession ; nous autres les petits scientifiques, nous sommes payer à observer, à analyser et à synthétiser les informations recueillies pour les envoyer aux hauts responsables de notre pays. Si on a de la chance et que nous sommes en période électorale, un gras du bide se penche sur le rapport qu’on lui a pondu et fait une ou deux promesses aussitôt oubliées une fois les élections terminées. »
Le jeune océanologue fit une légère grimace. Il prit Kyle par l’épaule et l’éloigna un peu du bord. Même si Sara avait raison, il préféra adoucir ces propos :
« Ce que Sara veut dire, c’est que le gouvernement est très lent à agir. La préservation de notre écosystème n’est pas leur priorité. Là-haut, ils estiment que nous avons suffisamment de moyen mit à notre disposition pour réussir à bien notre mission. Le problème, c’est qu’ils ne comprennent pas que les actions qu’ils décident… comme par exemple celle d’autoriser la construction de nouvelles zones industrielles en bord de zones protégées, enraillent nos progrès, et pire, nous fait parfois régresser comme aujourd’hui avec cette contamination. »
Fin du Flash Back.
Vendredi 25 février 2011, 18h31
► Miami ~ bureaux sénatoriaux

Richard écrasa sa cigarette, puis il raccrocha. Le chef de cette petite meute d’écologistes aux tendances extrémistes se tourna vers Romain avec un sourire satisfait.
« Les médias sont contactés. Nous pouvons y aller. »
Kyle s’étonna :
« Pourquoi ont-ils appelés la télévision ? »
« Parce que devant les caméras, les flics sont doux comme des agneaux avec les manifestants ! » répondit Sara en nouant autour de sa tête un bandeau multicolore.

Sans plus attendre, la vingtaine de manifestants descendit la longue avenue au pas de course. Ils brandissaient des banderoles aux slogans chocs, des drapeaux multicolores, symbole de la paix (qu’ils allaient malmener dans quelques minutes) et faisaient beaucoup de bruit. Pendant qu’il courait, son sac à dos sur l’épaule et son rapport sous le bras, Romain eut une légère pensée pour Maât. Celui-ci n’apprécierait sans doute pas ce qu’il était entrain de faire, mais tant pis. Son meilleur ami savait très bien que ce genre de combat lui tenait particulièrement à cœur, et que le fait qu’il soit l’ex du sénateur n’entrait pas en ligne de compte.

« Si jamais tu te fais chopper le bleu, tu ne te défend pas. » s’écria Sara, une habituée de ce genre d’opération en force. « Ferme juste les yeux. Ça pique le gaz ! »

En moins de temps qu’il n’en fut pour le dire, ils arrivèrent devant les portes des bureaux sénatoriaux. Tout se passa extrêmement vite ensuite. Les manifestants de la Sea Shepherd Conservation Society ouvraient la voie, rentrant dans le lard des vigiles qui s’opposaient à leur présence. L’objectif était simple. Il fallait permettre à Romain de traverser les bureaux sénatoriaux jusqu’à celui du sénateur, afin de lui donner en main propre le rapport sur l’état des eaux des Everglades. Fini la diplomatie. Il n’y avait plus que l’action musclée qui comptait, et les membres de l’organisation de Paul Watson savaient exactement s’y prendre pour ce genre d’opération… opération que Greenpeace condamnait toujours.

Malgré la mêlée, Romain et une poignée de manifestants réussi à passer le premier barrage. Le jeune homme courait comme un fou à travers les couloirs, évitant tout de même de bousculer l’une ou l’autre secrétaire. Il dût à un moment sauter sur un bureau et enjamber une rampe d’escalier afin d’éviter deux gros bras qui tentèrent de l’intercepter. Après quelques minutes de course poursuite éreintante, il réussit enfin à atteindre le bureau du sénateur en compagnie de Sara, de Kyle (qui semblait sur le point de s’évanouir) et de trois manifestants. Ces dernières ouvrèrent à nouveau la voie, foutant le souk sur leur passage.

« Grouilles-toi, ils ont sûrement déjà appelés les flics ! »

Dans un élan, Romain se précipita vers le bureau du sénateur malgré les cris de la secrétaire. La porte s’ouvrit à la volée et aussitôt, il jeta le contenu de son sac à dos en avant. Trois gros poissons morts, nauséabondes et luisants heurtèrent lourdement le bureau, renversant son contenu. Il lança également le rapport de 221 pages à terre, faisant face avec une arrogance toute illusoire au sénateur.

« Bon appétit monsieur le sénateur ! Du Sheepshead au mercure ! Une spécialité de l’Etat de Floride ! Et cela grâce à vous ! »

Le jeune homme déglutit difficilement, la gorge nouée. Il sentit dans son dos la présence de quelques vigiles et surtout l’agitation retomber. Il tenta malgré tout de sauver les apparences et de se concentrer sur son objectif premier qui était d’atteindre le sénateur. Les conséquences de son acte, il y penserait plus tard.

« Goûtez-y, c’est très sain il parait. »

Le souffle court, Romain faisait face. Derrière lui, Kyle et Sara, ainsi que les trois autres manifestants se faisaient maîtriser.
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Tempête sénatoriale - Gabriel Vide
Message(#) Sujet: Re: Tempête sénatoriale - Gabriel Tempête sénatoriale - Gabriel EmptyDim 28 Fév 2010 - 20:12

    Gabriel acheva le gratte papier qui se tenait en face de lui d'une remarque acerbe quant à sa manière de déformer ses propos alors qu'il les retranscrivait sur son calepin. Le journaliste dévia immédiatement son regard des yeux bleus acier du sénateur en bredouillant une excuse. De la conseillère en image aux agents de sécurité, en passant par Billy et même Gérard le directeur de cabinet. Tous surveillaient du coin de l'œil le prédateur qui jouait avec sa proie tremblotante. Depuis la révélation de sa liaison avec Maât, Gabriel n'avait fait montre d'aucun signe de faiblesse malgré le délabrement artistique de sa carrière et la condamnation de son couple conjugués en cette seule journée du 12 février. Mieux que ça, il menait bataille avec cette aisance insolente qui était sienne : il captivait son auditoire de sa voix naturellement profonde et envoûtante, tournait les interviews en sa faveur, endormait la méfiance de ses collaborateurs et sa capacité remarquable à mener la danse d'une main de maître face à l'orage suscitait le respect, même parmi ses détracteurs. Le sénateur McAllister n'était rien sinon un adversaire féroce. Peut-être était-ce parce qu'ils craignaient qu'il ne craque sous cette ténacité apparente, que son équipe avait insisté pour qu'il soit en permanence accompagné durant ses entretiens. Précaution futile s'il avait eu son mot à dire.

    I am finished with you.
    Plus tôt dans la journée :

    Adossé contre le mur du couloir, Gabriel regardait fixement l'écran de télévision. Dans la grande salle de conférence du bâtiment où il se trouvait actuellement, Maât Blythe-Sheldon paradait devant une foule de journalistes et photographes. Leur offrant une prestation mensongère pourtant retentissante de vérité à laquelle le sénateur assistait en backstage. Peu enclin à la guerre juridique, le Blythe sauvait ainsi les apparences et pensait convaincre Gabriel de retirer sa plainte.
    Une fois le démenti prononcé, il demeura sur place, pensif. Billy apparut peu de temps après au coin du couloir, le rejoignant d'un pas cadencé après avoir assisté à la scène au sein de la salle principale. Elle se posta à côté de lui sans un mot. Elle n'avait pas besoin de poser la question à laquelle elle savait que son patron réfléchissait. Puis ce fut Maât qui montra le bout de son nez, le pas scellé par Pocahontas, son stagiaire que Gabriel avait déjà croisé une ou deux fois. Son ex petit ami lui offrit un sourire avant de prendre la parole
    « Je crois que nous sommes maintenant quitte. Si cela ne suffit pas, tu ne pourras pas dire que j'aurais pas essayé. »

    Gabriel ne rétorqua rien à cela et laissa Maât reprendre sa route afin de quitter le bâtiment par l'arrière, loin des cohortes de journalistes. La scène lui laissait une amère impression d'adieux. Mais il n'y avait rien à dire ou faire d'approprié.

    « On annule le procès. » dit-il se détachant du mur, à l'intention de son assistante.

    S'il n'avait jamais eu l'intention de faire la guerre à Maât, Basil ne devait son salut qu'a l'intensité du battage médiatique qui, il le savait, ne manquerait pas d'entourer ce procès. Décision de paix judicieuse car bien qu'il n'en ai pas conscience, les évènements étaient en marche et rien n'épargnerait Gabriel du vent de chaos qui soufflait inexorablement dans sa direction.

    Retour au présent...

    La journée avait été épuisante autant physiquement que moralement. Le menton posé dans la paume de sa main, accoudé à son bureau, Gabriel relisait un rapport de sondage en attendant son énième reporter du jour censé arriver à 18h30, sur lequel il comptait bien se faire les dents, comme il l'avait fait sur son malheureux prédécesseur. D'ailleurs il avait virer toute la clique des surveillants improvisés, argumentant qu'avoir constamment 10 paires d'yeux braqués sur lui pendant les interviews le rendait dingue et que jusqu'à preuve du contraire son bureau était quand même son « putain d'espace privé ». Il ne jurait pas souvent, mais Gerard et sa posture insistante, mains sur les hanches tapant du pied par terre, avait le don de le mettre hors de lui.

    Un brouhaha assourdi au dehors lui fit relevé la tête de sa paperasse. Et alors qu'il commençait à se demander ce qui pouvait bien se passer, il vit la porte de son bureau s'ouvrir à la volée sur un jeune homme qui déboulait telle une furie dans sa direction. Réagissant au quart de tour, Gabriel s'était redressé et bondit vivement en arrière tel un saumon, lorsque l'intrus lança le contenu de son sac sur son bureau.
    « Bon appétit monsieur le sénateur ! Du Sheepshead au mercure ! Une spécialité de l’Etat de Floride ! Et cela grâce à vous ! »
    Passablement médusé, Gabriel fit courir son regard sur les trois poissons qui trônaient fièrement là où se trouvait auparavant le rapport de sondage qu'il feuilletait il y a encore cinq secondes de ça, puis il reporta son attention sur son indésirable invité.
    « Goûtez-y, c’est très sain il parait. » fit-il avec une arrogance particulièrement irritante.
    En arrière plan, la sécurité était au prise avec cinq individus que Gabriel comprit être une bande de manifestants écolos. A croire que les emmerdeurs de tout poils s'étaient donné rendez-vous ce 25 février, dans l'unique but pervers de mettre à l'épreuve la résistance moral du politicien.

    Deux agents de sécurités se précipitèrent sur celui qui se permettait de lui faire face, mais Gabriel leva la main d'un geste impérieux pour les arrêter alors qu'ils se saisissaient de lui. « Laissez le » commanda t-il, sévère, avant de désigner du menton les poissons échoués sur son bureau dont l'odeur suspecte lui saisissait violemment les narines. « Et débarrassez moi plutôt de ça. »

    Puis il se déplaça vers Romain avec lenteur, rivant un regard sombre dans les iris ambrées de son vis à vis. « Vous n'êtes pas mon rendez vous de 18h30 », remarqua-il avec une sagacité tout ce qu'il y avait de plus ironique.

    Ce fut au tour de Billy de se joindre à la petite réunion improvisée. « Je suis désolée Gabriel, ils sont une vingtaine... » Ses yeux lançait des éclairs à Romain et elle avait l'air prête à l'égorger avec son coupe papier. « ...mais la police a été prévenue, ils ne devraient pas tarder. »

    Gabriel leva un sourcil « Note qu'on aurait pas tant de problèmes si la sécurité faisait son travail. » Il jeta un coup d'œil corrosif aux deux vigiles en charge d'évacuer les poissons. « Bon ! Tout le monde dehors maintenant. Monsieur... » il indiqua d'un geste bref le dernier manifestant encore en lice « ...désir une audience, alors je m'occupe de lui. » Son regard carnassier en disait long sur ses intentions réelles.

    Finalement son espace privé retrouva enfin un peu de sa notion privative, le laissant en tête à tête avec l'extrémiste écolo. Il avisa le rapport aussi épais qu'un bottin jeté au sol à la hâte et fronça les sourcils en relevant les yeux sur Romain. « Vous avez vraiment la prétention de croire que je vais accorder le moindre crédit à vos revendications avec de telles méthodes ? » A vrai dire Gabriel était partagé entre l'admiration de l'engagement que le jeune homme vouait à sa cause et l'envie de condamner l'opération commando bien trop extrémiste à son goût.

    Pourtant il eut un sourire indéchiffrable, comme s'il était satisfait de l'action que l'arrivée inopinée de Romain avait forcée à mettre en œuvre. Il alla s'appuyer contre son bureau, face à lui et laissa passer dix secondes règlementaires de silence pour mettre ses nerfs à l'épreuve avant de reprendre la parole. « Donnez moi une bonne raison, une seule, de ne pas vous jeter dehors. »
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Tempête sénatoriale - Gabriel Vide
Message(#) Sujet: Re: Tempête sénatoriale - Gabriel Tempête sénatoriale - Gabriel EmptyMar 2 Mar 2010 - 17:06

Tempête sénatoriale - Gabriel Romrom10 Tempête sénatoriale - Gabriel Gabby10 Tempête sénatoriale...


Une grimace douloureuse déforma quelques secondes le visage de Romain lorsque les deux agents de sécurité l’empoignèrent par les épaules sans une once de finesse. Il eut durant un instant la désagréable impression d’avoir injurier toute leur famille et une partie de leurs ancêtres. Ce fut du moins l’impression que les deux gorilles donnaient tant leurs gestes étaient peu délicats. Heureusement pour le jeune océanologue, Gabriel ordonna qu’on le lâche et qu’on débarrasse le bureau des poissons. L’odeur semblait beaucoup indisposer les deux vigils et cela fit sourire Romain. Le jeune homme s’était habitué depuis très longtemps à ce genre de fumet nauséabond.

Alors qu’il remettait en place son pull à capuche malmené par les chiens de garde du sénateur, une furie déboula dans le bureau, coupe-papier à la main. Elle lançait des éclairs à Romain qui soutenu avec une pointe d’arrogance son regard, les épaules droites et la mine fière.

« Je suis désolée Gabriel, ils sont une vingtaine mais la police a été prévenue, ils ne devraient pas tarder. »
« Tout comme les médias. » se permit de souligner à voix basse Romain, histoire d’éviter toute effusion de sang inutile.

Loin d’être décontenancé par toute cette histoire, le sénateur ordonna qu’on les laisse seuls. Les portes furent rapidement fermées derrière Romain qui se tourna vers le maître des lieux. Gabriel semblait contrarier, et il y avait de quoi l’être. Son cabinet venait quand même d’être prit d’assaut par des militants du Sea Shepherd, une organisation aux méthodes discutables et parfois même condamnables. Si les hauts dirigeants de Greenpeace venaient à savoir que Romain était impliqué dans ce genre d’opération commando, il risquait de se faire taper sur les doigts et d’être gentiment mener vers la sortie, car Greenpeace n’usait jamais des mêmes méthodes que celles employées par les militants de Paul Watson.

« Vous avez vraiment la prétention de croire que je vais accorder le moindre crédit à vos revendications avec de telles méthodes ? »

Les sourcils de Romain se froncèrent, visiblement contrarier à son tour. Il s’y attendait à celle-là. On lui avait fait remarquer plus d’une fois que le sénateur allait se braquer et refuser de discuter avec des terroristes, mais Romain croyait en sa chance et surtout, il avait confiance en son bagou. Il en avait déjà maté des plus coriaces, et puis, il possédait dans sa manche bien des atouts qu’il n’hésiterait pas à abattre sous le nez du sénateur si celui-ci le poussait à bout.

« Donnez moi une bonne raison, une seule, de ne pas vous jeter dehors. »

Toujours planté immobile à l’entrée du bureau, Romain inspira profondément, puis finalement, il s’approcha d’un pas assuré, un petit sourire audacieux sur les lèvres. C’était amusant la façon que le sénateur avait de se croire maître de la situation. Le jeune homme allait se faire un plaisir de lui ramener les pieds sur terre.

« Pardonnez mon arrogance monsieur le sénateur, mais c’est plutôt à vous de me donner une seule bonne raison pour que je ne divulgue pas à la presse la catastrophe à venir. Je doute fort que vos concitoyens apprécient de boire de l’eau empoisonnée, d’autant plus lorsqu’ils sauront que votre gouvernement n’a rien fait pour éviter l’épidémie. Le seuil critique est dépassé depuis un moment dans les Everglades. Vous voulez un élan de panique ? » Romain haussa les épaules. « Jetez-moi dehors et je vous promet qu’en moins d’une heure toute la Floride sera au courant que du mercure se balade dans les canalisations et que monsieur le sénateur – qui je ne manquerais pas de rappeler n’a aucune compétence en matière d’environnement – recommande à tous les bébés de l’état d’en boire une gorgée matin, midi et soir. »

Il déposa le bout de ses doigts sur le bureau, s’appuyant légèrement dessus pour fixer profondément son regard noisette dans les iris bleus de son interlocuteur.

« Mais si vous voulez passer pour un héros et tenter de redorer votre blason malmené depuis quelques temps, alors descendez de vos grands chevaux et écoutez-moi. » Il se redressa, la mine moins provocatrice. « J’admet que c’était peut-être un peu excessif cette entrée en fanfare, mais forcer le passage était le seul moyen pour vous atteindre, monsieur. Les consultants de l’environnement ne sont apparemment pas les bienvenus dans le coin, même lorsqu’ils réclament sagement un rendez-vous depuis plusieurs mois. » Il indiqua de l’index le dossier. « Foutez moi à la porte si cela vous chante, ou même au trou ça m’est égale, mais il faut vraiment que vous vous penchiez sur ce problème. J’insiste monsieur. »
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Tempête sénatoriale - Gabriel Vide
Message(#) Sujet: Re: Tempête sénatoriale - Gabriel Tempête sénatoriale - Gabriel EmptyMar 9 Mar 2010 - 17:12

    Après le court instant de silence qui suivit sa condition, Gabriel darda un regard sibérien sur son interlocuteur tandis qu'il s'approchait pour lui faire face. Encore. Qui que soit cet homme, il ne se laissait apparemment pas démonter. Restait à voir s'il avait autant d'arguments que d'audace ou s'il n'était qu'un de ces arrogants de plus, frêles et inutiles, qui prenaient un plaisir malsain à se heurter vainement à l'inaccessible sénateur.

    Gabriel sentit un pic d'irritation s'emparer de lui mais resta parfaitement stoïque, alors que les mots « Pardonnez mon arrogance monsieur le sénateur » et « Jetez-moi dehors et je vous promet qu’en moins d’une heure toute la Floride sera au courant que du mercure se balade dans les canalisations » agressaient son ouïe -après que trois poiscailles s'en soient auparavant violemment prit à son odorat- de part leur contradiction flagrante. L'écologiste pavoisait, fort de son entrée en scène romanesque. Poussant l'affront à s'enorgueillir de ses vaines menaces. Il y avait plus que le minimum syndical requit pour se mettre Gabriel à dos. On le disait impatient. Sa soudaine envie de faire bouffer son pull, capuche comprise, à l'impertinent avait-elle un quelconque rapport avec sa supposée impatience ? Il faudrait qu'il demande à Billy.

    Il soutint cependant le regard appuyé de Romain, dans lequel il lu une luisante lueur de fierté qui malgré leur affrontement, n'était pas pour lui déplaire. Faisant honneur au paradoxe de la situation qui se jouait en lui : incapable de supporter qu'on lui tienne tête et pourtant enflammé par le répondant de son adversaire.

    « Mais si vous voulez passer pour un héros et tenter de redorer votre blason malmené depuis quelques temps, alors descendez de vos grands chevaux et écoutez-moi. »

    Jusque là il ne faisait que ça, l'écouter. Et vu le début de leur échange, il n'était pas convaincu que la suite lui plaise. Mais à bien y réfléchir, il avait le choix entre un petit manifestant à la gouaille plus ou moins divertissante, même si ses manières restaient à revoir, et un foutu journaliste de plus. Ce qu'il ne fallait pas subir pour rendre les entretiens un peu moins mornes, songeât-il avec une pointe d'amertume. Il prit son courage, ou plutôt en l'occurrence sa patience, à deux mains et écouta la plaidoirie du jeune homme sans broncher. Au moins reconnaissait-il l'absence totale de subtilité de la méthode mise en œuvre pour l'atteindre. Le début triomphant d'un semblant de diplomatie au milieu de ce monologue bien ficelé de menaces, d'explications puis d'excuses, enfin de quelque chose qui ressemblait vaguement à des excuses. Et dire qu'il n'avait demandé qu'une seule bonne raison...

    Bien, il avait subit les assauts du porte-parole de Dame Nature, c'était maintenant à son tour. Il se redressa et fit quelques pas en direction de son invité, sans le quitter des yeux.

    Tout d'abord, le remettre à sa place. Pour ce qui était de le mettre au trou, il gardait l'idée dans un coin de sa tête pour plus tard.

    « Commençons par mettre les choses au clair entre vous et moi. J'aurais très bien pu laisser la sécurité vous virer sans intervenir. Au lieu de ça, je vous accorde une chance de vous exprimer, en retour de quoi vous me menacez. Franchement, à qui croyez vous avoir affaire ? » Gabriel s'immobilisa près de Romain. A cette distance un peu trop proche qui incitait à reculer d'un pas, tout en restant politiquement correcte. Puis il lui adressa un sourire mordant, dénué de toute trace de chaleur. Il acceptait qu'on le critique, qu'on conteste ses décisions ou sa politique, mais il n'estimait pas avoir fait quoi que soit à cet homme qui lui vaille un second scandale en moins de deux semaines. « Par ailleurs, comme vous l'avez justement constaté, un élan de panique ne servirait personne et s'il suffisait d'alerter les médias, vous ne seriez pas ici, maintenant. Vous le savez, je le sais. Alors si vous caressiez l'espoir de m'intimider, laissez tomber. »

    Il détourna malgré tout son regard des yeux fauves de son interlocuteur, et s'intéressa de nouveau au rapport. « Si vous dîtes vrai -et sachez que je vous soupçonne d'en rajouter, à moins que vous daignez me dire à quel consultant de l'environnement j'ai affaire- je me pencherai sur le problème. » Nouveau regard vers Romain, ses paupières se plissèrent un peu comme s'il le sondait silencieusement. Puis il reprit la parole, d'une mine moins glacée, mais désormais teintée d'une lassitude qu'il ne parvenait pas entièrement à dissimuler. « Mais là, c'est le moment où vous allez me dire que je ne vous fais qu'une promesse que je n'ai pas l'intention de tenir, non ? »

    Gabriel avait comme dans l'idée qu'il n'allait pas débarrasser si facilement du nouveau "Problème Mercure" qui prenait place au milieu de tous ceux qu'il cumulait déjà. Seulement il ne fallait pas non plus le prendre pour le messie, car il connaissait mieux que personne les tortueux rouages de ce genre de guerre. Les questions d'écologies étaient bien souvent liées au développement économique. Et s'il existait un genre d'homme plus hargneux qu'un écolo qui vous prenait en flag de ne pas trier vos ordures, c'était bien un investisseur auquel on retirait une partie de ses profits en faveur de cette bonne vieille Terre.
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Tempête sénatoriale - Gabriel Vide
Message(#) Sujet: Re: Tempête sénatoriale - Gabriel Tempête sénatoriale - Gabriel EmptySam 13 Mar 2010 - 10:28

Tempête sénatoriale - Gabriel Romrom10 Tempête sénatoriale - Gabriel Gabby10 Tempête sénatoriale...



Pas un seul instant, Romain ne quitta des yeux le sénateur. Il l’observa sans ciller reprendre peu à peu le contrôle de la situation en homme de pouvoir qu’il était. Comme un lion se pavanant sur son territoire, Gabriel reprit possession de son antre. Après tout, il était chez lui, et ici comme ailleurs, il avait tous les droits. Le jeune homme reconnaissait volontiers sa supériorité. Qui aurait été assez fou pour prétendre le contraire ? Oui, il ne faisait aucun doute que si Gabriel le désirait, il pouvait même mettre des bâtons dans les roues de sa carrière. Malgré cette épée de Damoclès qui pesait au-dessus de sa tête, Romain était loin de penser pour l’instant aux conséquences de son entrée en fanfare. Son objectif était que le sénateur soit au courant de ce qu’il se passait dans les Everglades, et si pour y parvenir, il devait y laisser des plumes, il était prêt à se sacrifier.

« Commençons par mettre les choses au clair entre vous et moi. J'aurais très bien pu laisser la sécurité vous virer sans intervenir. Au lieu de ça, je vous accorde une chance de vous exprimer, en retour de quoi vous me menacez. Franchement, à qui croyez vous avoir affaire ? »
« A un sénateur con et prétentieux qui se soucie bien plus de son image que de la santé de ses concitoyens ? » pensa férocement Romain alors qu’il se mordait l’intérieur de la joue pour garder le silence, et qu’il faisait un pas en arrière afin de conserver une distance de sécurité respectable entre le sénateur et lui.
« Par ailleurs, comme vous l'avez justement constaté, un élan de panique ne servirait personne et s'il suffisait d'alerter les médias, vous ne seriez pas ici, maintenant. Vous le savez, je le sais. Alors si vous caressiez l'espoir de m'intimider, laissez tomber. »

Une petite expiration d’incrédulité emprunt de lassitude s’échappa des lèvres de Romain. Ce type avait du culot et de l’arrogance à revendre en masse. Ce devait être l’apanage des politiciens ; tout dans le paraître et rien dans la tête. Le jeune homme avait du mal à croire qu’un mec dans son genre avait pu plaire à Maât plus d’une nuit. Qu’est-ce que son meilleur ami lui avait-il bien trouvé ? A part son faciès agréable et sans doute un compte en banque bien garni, Gabriel McAllister n’avait rien pour lui… surtout pas sa jugeotte. Romain se rendait compte qu’il aurait peut-être mieux fait d’écouter Richard. Celui-ci lui avait conseillé d’outrepasser l’autorité du sénateur et d’envoyer ce dossier alarmant à de plus hautes instances qui auraient pu mettre une réelle pression sur les épaules de ce gouvernement. Mais non, en bon idéaliste, Romain avait réellement cru que se pointer ici avec ce rapport suffirait pour faire bouger les choses.

« Si vous dîtes vrai -et sachez que je vous soupçonne d'en rajouter, à moins que vous daignez me dire à quel consultant de l'environnement j'ai affaire- je me pencherai sur le problème. Mais là, c'est le moment où vous allez me dire que je ne vous fais qu'une promesse que je n'ai pas l'intention de tenir, non ? »

Le regard noisette de Romain se planta avec défiance dans l’océan de glace des yeux du sénateur. Le jeune homme lutait avec lui-même pour ne pas céder à ses élans furieux comme il en avait parfois lorsqu’il s’emportait. La cause avant son ego. Ne pas se laisser aller à la facilité. Ne pas démarrer au quart de tour. Romain ne devait pas détruire tout ce qu’ils avaient entreprit jusqu’ici. Il se mordit une nouvelle fois l’intérieur de la joue pour calmer ce démon de colère qui ne demandait pourtant qu’à remettre ce pédant de sénateur à sa place. Que croyait-il ? Qu’il n’était qu’un petit militant écologiste ? Il voulait ses casquettes ? Il allait les avoir !

D’un hochement de tête un peu raide, Romain dit alors d’une voix qui trahit malgré tout une pointe d’animosité :

« Je m’appelle Romain Parker-Walsh, et je suis docteur en biologie marine, monsieur le sénateur, diplômé de la University of Miami, et major de ma promotion. Je travaille pour le parc National des Everglades où je suis en charge de la préservation de la flore et de la faune aquatique du district. Je suis également consultant pour le National Geographic, ainsi que pour le gouvernement néo-zélandais qui lute activement pour la préservation de son littorale. Deux mois par année, je me rends en Antarctique pour surveiller la migration des baleines, et enfin, dans une toute autre mesure, j’appartiens à Greenpeace et je suis membre du collectif WWF Océanie. » Son regard s’intensifia. Il espérait que balancer tous cela au visage du sénateur le rendrait un peu plus crédible. « Toutes ces casquettes m’accordent je pense le droit à un minimum de crédit de votre part, malgré ce petit incident. »

Romain s’empara du dossier posé sur le bureau et il commença à le feuilleter à la recherche d’une page précise. Il se rendait bien compte que la perspective de lire toutes ces notes et ces nombreux schémas ne devait pas enchanter le sénateur.

« Vous semblez ignorer une chose monsieur le sénateur. Je laisse toujours une chance aux politiciens de faire leur travaille avant de le faire à leur place. Ne prenez pas cela pour une menace ou une quelconque attaque, mais j’aurais très bien put passer outre votre autorité et envoyer ce rapport à l’UNESCO. Je vous rappel que ce parc est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité, et qu’il est donc de votre devoir de le préserver. »

D’un geste précis, il arracha une page vers la fin du dossier. Celle-ci contenait le point essentiel du rapport, à savoir : la contamination au mercure causée par les zones industrielles trop proches des bras d’eau des Everglades. Il la tendit sans se démonter à Gabriel, fermement décidé à ce qu’il la lise ici et maintenant.

« S’il n’y a qu’une page à retenir de tout ce dossier, c’est celle-ci. Le reste, ce n’est que du blabla de scientifique qui ne vous parlerait pas. Alors lisez-là, maintenant… que je m’assure de ne pas avoir envoyé une vingtaine de personne au trou pour rien. »
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Tempête sénatoriale - Gabriel Vide
Message(#) Sujet: Re: Tempête sénatoriale - Gabriel Tempête sénatoriale - Gabriel EmptySam 10 Avr 2010 - 21:58

    « Toutes ces casquettes m’accordent je pense le droit à un minimum de crédit de votre part, malgré ce petit incident. » Cette fois, en l'espace d'une seconde, les iris brunes lourdement posées sur lui saisirent toute son attention. Gabriel inclina la tête lentement pour signifier à Romain qu'il avait assimilé son C.V et que oui, il lui accordait son crédit. Baissant sa garde malgré l'hostilité du ton de son vis-à-vis.

    « Vous semblez ignorer une chose monsieur le sénateur. Je laisse toujours une chance aux politiciens de faire leur travaille avant de le faire à leur place. Ne prenez pas cela pour une menace ou une quelconque attaque, mais j’aurais très bien put passer outre votre autorité et envoyer ce rapport à l’UNESCO. Je vous rappel que ce parc est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité, et qu’il est donc de votre devoir de le préserver. » Gros blanc. S'il y avait une chose que Gabriel n'aimait pas à part les entrées en force dans son bureau, les menaces, les journalistes, Scott, les chiens, les chauffards, les poissons sur son bureau, les terroristes de tout poils (écolos inclus), les frigidaires vides, les psychologues, l'absence d'eau chaude dans la douche le matin, les salles d'attente chez le médecin, les ascenseurs, les amis cleptomanes, les employés incompétents, c'était bien qu'on se permette de lui rappeler ses devoirs de sénateur. C'était qui le boss ici ? Qui avait conquit la Floride à seulement 26 ans ? Un frisson désagréable couru le long de l'échine de l'offensé, mais il se contenta de lever un regard oblique sur Romain, balayant sa remarque d'un air superbement indifférent. Il fallait parfois accepter de céder du terrain, et le sénateur savait le faire avec élégance.

    « Écoutez...Commença t-il d'une voix franche. Vous auriez pu passer outre mon autorité et envoyer ce rapport à l'UNESCO. Quant à moi, j'aurais pu faire valoir la mienne, et vous mettre dehors. C'est pas ce qu'on a fait. » Il sourit, d'un sourire léger qui jouait finement sur ses lèvres, piqué d'une curiosité non dissimulée par leurs répliques similaires...et plus surprenant, par leurs décisions respectives de laisser une chance à l'autre. « Et si on arrêtait de spéculer sur ce qui aurait pu arriver, et qu'on se concentrait sur les faits ? » Sur ces mots, il baissa finalement ses yeux azurs, passant de son interlocuteur, à la page qu'il lui tendait. Décidé à prouver à l'océanologue qu'il avait eu raison de lui laisser sa chance, il esquissa un geste pour s'en saisir lorsque des éclats de voix au dehors l'interrompirent. Perplexe, il jeta un coup d'œil en biais à la porte, puis à Romain, en quête d'une quelconque explication lisible dans son expression, avant de s'élancer vers la porte d'une mine incrédule pour aller voir ce qui se passait.

    La confusion totale qui régnait dans les locaux laissa un Gabriel sidéré. Figé dans l'encadrement la porte ouverte, main sur la poignée, dont les yeux s'écarquillaient à mesure que ses traits se décomposaient dans une harmonieuse déconfiture. Dans le pire des cas il s'attendait à voir la police aux prises avec quelques manifestants un peu trop virulents. Seulement là, c'est une marée humaine de journalistes alertés bien avant les autorités qui s'affairait sous ses yeux. Entre la police qui jouait des coudes pour faire son travail et les militants, dont certains essayaient de fuir dans la confusion tandis que d'autres tentaient de revendiquer l'attention de la presse, le sénateur distingua la silhouette de Gérard au beau milieu de la mêlée, puis celle plus frêle de Billy, qui semblaient les retenir hors de portée de son propre bureau, ou du moins occuper leur attention du mieux qu'ils pouvaient. Autrement dit, une diversion tout à fait inespérée.

    Gabriel fit un demi tour parfait, ni trop lent, ni trop rapide, faisant honneur à son maintient naturel, pour se tourner vers Romain à nouveau. « Vous, on peut dire que vous savez mettre l'ambiance quand vous allez quelque part. » remarqua t-il un rien sarcastique, tout en se déplaçant vers lui d'un pas leste pour récupérer son cellulaire. L'un des rares objets qui avait miraculeusement conservé sa place sur le bureau. En quelques secondes, il avait déjà identifié l'un des numéro de son répertoire, validé l'appel et présenté le téléphone à son oreille, parcourant son invité du regard tandis qu'on décrochait à l'autre bout de fil. « Gregory ? » Grégory Sullivan, employé de Gabriel. Chauffeur de son état, qui se débrouillait aussi bien au volant d'une limousine, qu'aux commandes d'un hélicoptère. Ça tombait bien, l'hélicoptère – lui épargnant d'ordinaire de longues heures de voiture – serait sa porte de sortie ni vue, ni connue loin de la presse. « T'es toujours sur le toit ?...Enfin une bonne nouvelle. Non non, bouges pas ! Mets les gaz même, je te rejoins et on décolle dans deux minutes. » Sans plus d'explications, le politicien raccrocha aussi brusquement qu'il avait appelé. S'il fallait filer à l'anglaise par le toit de l'immeuble et survoler Miami pour échapper à ses vautours de reporters, il n'était vraiment plus à ça près.

    Enfin, il pivota une dernière fois vers le fauteur de trouble « Je n'ai pas l'intention de passer la nuit cloitré ici avec vous, ni même de me faire encore une fois dépecer par les médias. Maintenant, si vous voulez bien sortir de mon bureau. » Gabriel joignit aussitôt le geste à la parole, glissant son bras dans le creux du dos de son voisin. Il l'entraina avec lui jusqu'à la sortie, referma la porte de son bureau derrière eux puis coula un regard en coin sur la page arrachée, toujours fermement tenue par l'océanologue « C'était un bel essai. Pas transformé, certes, mais un bel essai quand même. » lui susurra t-il d'un timbre bas, nimbé d'une nonchalance toute calculée tandis que la main passée dans son dos s'acheminait sur son épaule dans un simulacre de compassion « Vous ferez mieux la prochaine fois... » dans un souffle joueur, il s'était détaché de lui et se dirigeait dans la direction opposée au tumulte environnant, lançant une dernière remarque à la volée sans prendre la peine de se retourner « ...réessayez de prendre rendez vous par exemple. Je vous promet de ne pas oublier votre nom ! »
    A jamais traumatisé par les ascenseurs, Gabriel emprunta l'escalier menant au toit où l'hélicoptère l'attendait. Sans qu'il en ai conscience, ses lèvres s'étaient rehaussées en un sourire étrange. Bien incapable d'expliquer sa provenance si on lui demandait ce qui pouvait bien le mettre de bonne humeur. Non, il n'était même pas de bonne humeur. Tout juste si le goût épicé de cette première rencontre ne lui laissait pas un imperceptible sentiment d'inachevé.
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