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 « When she walks in the room my heart goes boom! »

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Message(#) Sujet: « When she walks in the room my heart goes boom! » « When she walks in the room my heart goes boom! » EmptyMar 26 Jan 2010 - 14:57

« When she walks in the room my heart goes boom! » 2i6hvd2
D. Portsmith & N. Westwood
Ned se présenta chez le vieux Mario, comme prévu. Après tout, c’était un job, et il serait probablement le seul à prendre le risque d’embaucher un ex drogué dans son bar. Savait-il seulement ? S’était-il renseigné avant de décider d'écouter la vieille dame, lorsqu’elle lui avait fait part du retour du garçon ? Avait-elle insinué quoi que ce soit ou avait-il réellement proposé de lui-même de prendre le garçon à l’essai ? Ned ne le saurait probablement jamais. Tout simplement parce qu’il ne prendrait pas le risque de demander à ce quasi inconnu s’il avait pris pitié ou s’il s’était donné pour objectif d’employer un vaurien pour le remettre sur le droit chemin, ou pour attirer la sympathie d’autrui. « Ah, vous êtes un brave homme, monsieur Mario. Un brave homme ! Personne n’aurait offert une seconde chance à Ned Westwood, et pourtant, vous, vous lui ouvrez grand la porte de votre bar ! Quel courage, Dieu sait quelle mouche pourrait encore piquer ce garçon… » Ces dialogues, évidemment, ils étaient imaginaires. C’était Ned qui se les imaginait alors qu’il se préparait, enfilant un t-shirt et un jean propres. Il n’était pas paranoïaque, il savait parfaitement à quoi s’attendre de l’esprit étriqué de certaines personnes, de certains habitants d’Ocean Grove qui avaient été plus ou moins témoins de la déchéance du jeune homme. Mais comment pouvaient-ils le juger alors qu’ils ignoraient ce que c’était d’être accro à une substance, de vouloir s’en débarrasser mais d’en vouloir le double à la moindre tentative d’arrêter. Des échecs cuisants qui n’avaient eu de cesse d’amoindrir la volonté de Ned. Plus il voulait s’en sortir et plus il avait l’impression de devenir complètement fou. Alors il avait cessé de se battre et quand Arthur, son frère aîné si sain et droit, avait voulu le faire admettre dans un centre de désintoxication, Ned avait vu là un moyen comme un autre de le faire disparaître. Ils avaient tous terriblement honte de son comportement passé. Pouvait-il seulement les blâmer ? Bien sûr que non. Et il ne l’avait jamais fait. Il avait préféré se renfermer. C’était plus simple, finalement. L’abandon plutôt que la résistance. « Ned Westwood est un faible, il use et abuse des gens, il rend malade ses grands-parents. C’en est écœurant ! »

« Ned ? »

La voix abîmée mais encore énergique et volontaire de sa grand-mère résonna dans l’escalier et le jeune homme sortit de sa chambre, les cheveux encore en bataille, pour se pencher au-dessus de la rampe d’escalier. Son aïeule se tenait debout en bas des marches et elle lui décocha un sourire fier avant de lui faire signe de descendre, l’invitant à venir prendre un solide petit-déjeuner avant cette journée qui se révélait prometteuse. Le jeune Westwood émit un bref soupir mais finit par s’exécuter, descendant les marches avec lenteur tandis qu’il essayait de discipliner sa tignasse explosée. Une odeur délicieuse de pancakes émanait de la pièce et le jeune homme se laissa guider par celle-ci pour retrouver sa grand-mère qui s’affairait dans la cuisine. Il s’installa rapidement à table et avala goulûment trois ou quatre pancakes avant que la vieille dame ne remarque son empressement.

« Ralentis donc ! Tu vas attraper mal au ventre ! » s’exclama-t-elle sur un ton mi-réprobateur, mi-rieur.
« J’vais être en retard si je ralentis ! » répliqua Ned en engloutissant une nouvelle petite crêpe. « Mais si tu veux, tu m’en emballes quelques unes et je les mangerai sur le chemin. »

Il n’en fallait pas moins pour rendre Sarah heureuse et elle s’exécuta avec joie et lorsque Ned fut sur le point de partir, il se pencha vers la dame âgée pour déposer un baiser d’une douceur infinie sur le front plissé de Sarah, acceptant ensuite les pancakes encore tout chauds avec le sourire. Que ferait-il sans elle ? Sans son soutien ? A présent, elle était la seule personne à lui avoir pardonné ses erreurs, comme il n’était en paix ni avec son grand-père, ni avec Arthur. Il la quitta alors qu’elle semblait légère comme une plume. Le fait qu’il ait accepté d’aller rencontrer ce Mario devait avoir ravi la vieille dame qui voulait avant tout qu’il découvre les joies d’une vie stable et saine, comme celle d’Arthur. Cette notion avait paru tellement abstraite à Ned qu’il n’y avait jamais vraiment cru et pourtant, maintenant, il avait l’opportunité d’essayer de se ranger, d’être un jeune homme bien sous tous rapports et sans reproches. Oublierait-on son passé tumultueux ? Très improbable. Mais tant pis, il assumait ses faiblesses, il assumait la déception qu’il avait provoquée. Si les gens ne voulaient pas lui laisser le bénéfice du doute, s’ils étaient incapables d’accepter le fait qu’il veuille vraiment changer, eh bien, c’était tant pis pour eux. Il les laisserait en dehors de sa vie, de sa vue, il se focaliserait sur ceux qui croyaient réellement en lui et qui feraient l’effort de le soutenir, de l’aider dans les moments de faiblesses, de le ramener à la réalité lorsqu’il perdait de vue son objectif.
Le trajet qui séparait la maison de sa grand-mère du petit bar de Mario n’était pas bien long, mais il était suffisant pour que Ned doute, pour qu’il veuille faire demi-tour et retourner dans la chaleur rassurante de ses draps. Là où il ne serait pas forcé de croiser le regard scrutateur des gens, là où les préjugés ne l’accableraient pas de remords et de désespoir. Mais chaque fois que l’idée lui traversait l’esprit, Ned secouait la tête, chassant la faiblesse de ses pensées. Il devait garder cette unique information : il le faisait principalement pour sa grand-mère, pour qu’elle sache que la confiance qu’elle avait placée en lui n’était pas vaine et qu’il ferait tout pour la mériter et la garder précieusement, une eau de vie qui le sauverait du moindre faux pas. Oui, c’était cette assurance forcée qui avait aidé Ned à poursuivre sa route, alors qu’il traversait les rues d’une démarche rapide, la tête légèrement rentrée dans les épaules et le capuchon de son hoodie rabattue sur sa tête. Avait-il honte d’être revenu ? Oui. Mille fois oui. Et chaque minute passée à Ocean Grove semblait une torture. Tout ce qu’il espérait, à présent, c’était qu’elle diminuerait et finirait par disparaître. Un maigre espoir qui lui permettait de continuer. De traverser la route. De frapper à la porte. De ne pas reculer en voyant la silhouette du bonhomme s’approcher, derrière la vitre. Et surtout, de garder un visage serein et poli lorsque celui lui ouvrit et l’invita à entrer, lui annonçant qu’il était le bienvenu et qu’il allait lui faire faire le tour du propriétaire avant de lui présenter ses collègues.
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Message(#) Sujet: Re: « When she walks in the room my heart goes boom! » « When she walks in the room my heart goes boom! » EmptyVen 29 Jan 2010 - 13:39

    La ville avait énormément changé. Delilah ne s'était jamais dit qu'à son retour, tout serait comme avant, loin de là; mais rien que le quartier d'Ocean Grove s'était métamorphosé en 4 ans. Il y avait eu des morts, comme ce vieux voisin qui habitait autrefois la maison en face de celle de ses parents. Et de nouveaux arrivants, énormément de nouveaux arrivants même, des adolescents, des jeunes gens, mais aussi des bébés, des couples, des célibataires. C'était assez impressionnant. Elle était revenue dans l'espoir de retrouver son chez elle, mais elle avait du mal à le reconnaître. Comment était-elle censée se sentir chez elle alors qu'elle ne connaissait même pas les noms de ses nouveaux voisins? Elle aurait pu prendre une maison sur Lemon Street; celle de ses parents par exemple, mais elle avait été racheté par quelqu'un lorsque sa famille avait déménagé. Sans la prévenir, bien évidemment... Lorsqu'elle s'était rendue compte que ses parents avaient quitté leur maison familiale, un réel sentiment d'abandon l'avait envahit. Elle l'avait appris la semaine dernière, alors qu'elle avait voulu allé leur rendre visite, les prévenir de son retour et de sa nouvelle vie... Parce qu'elle avait changé, et qu'elle était prête à le prouver à toutes les personnes qu'elle connaissait de son adolescence. Elle n'était plus cette ado rebelle, droguée et de mauvaise fréquentation; elle n'avait plus eu de contact avec Jake ni même avec ce qui restait de sa bande depuis qu'elle avait quitté la Floride, en 2007. Elle n'avait pas cherché à en avoir non plus, c'était une époque révolue de sa vie, la drogue, les embrouilles, les drames et les pertes, tout ça, c'était fini, la jeune fille s'était fait de nouveaux amis en Californie et même si elle les avait abandonné pour rentrer au bercail, elle ne perdait pas contact avec eux. C'était la nouvelle Delilah Portsmith; une jeune fille gentille et fragile... Parce qu'elle avait tout de même vécu beaucoup trop de choses pour ne pas se sentir en danger parfois, alors qu'elle traversait la ville à pieds, tard le soir. Elle sentait qu'une ombre menaçante planait au dessus de sa tête mais la seule et unique personne à qui elle en avait parlé l'avait traité de parano et avait éclaté de rire, blessant par la même occasion la jeune fille qui pensait avoir trouvé en cette personne une oreille attentive. Depuis, elle n'avait parlé à personne de ce qu'elle avait pu faire. Les gens savaient certaines choses ici de toute façon, et ils avaient leurs idées bien arrêtées sur les jeunes filles du genre de Delilah. Elle savait donc que ca ne serait pas une mince affaire de faire son retour. Mais elle s'était sentit suffisamment forte pour le faire et devait avoué que pour le moment, mis à part ce sentiment d'abandon et de nouveauté, elle se sentait relativement bien.
    Pendant une semaine, elle avait arpenté les rues de la ville à la recherche d'un petit boulot pour la tenir occupée. Elle ne travaillait qu'à mi-temps chez Mario, en tant que serveuse, puisque le vieil homme avait suffisamment de personnel pour l'instant. Alors elle avait du chercher autre chose et c'est au détour d'une ruelle, dans un petit magasin d'antiquité pittoresque qu'elle avait trouvé son bonheur. Elle y avait déposé son CV sans réelle conviction ni en en attendant quoique ce soit, mais la réponse était tombée cette après-midi; on lui donnait sa chance en tant que vendeuse. Elle était donc heureuse. Il lui en fallait peu en ce moment, le simple fait de savoir qu'on ne l'avait pas rembarré une fois de plus la fit se sentir mieux. Et c'est donc avec un large sourire aux lèvres qu'elle avait commencé son shift chez Mario, lui annoncant la bonne nouvelle par la même occasion.
    Mario était désormais la seule figure parentale que Delilah avait. Ils n'avaient aucun lien de parenté et pourtant c'était lui qui occupait la plus grande place dans son coeur. Elle savait qu'elle pourrait se tourner vers lui si elle avait besoin d'aide, il lui avait prouvé sa dévotion à mainte reprise, alors que la jeune fille était dans de sales draps:

    "Je suis très content pour toi ma grande" lui dit-il en lui offrant une forte étreinte. "Mais ces verres ne vont pas se ranger tout seul, tu le sais"

    Elle avait sourit et jeté un oeil aux verres vides qui traînaient effectivement sur les tables des clients. Elle avait reçu le message. En un clin d'oeil complice, elle s'éloigna du propriétaire et alla chercher un plateau derrière le bar pour faire la tournée des tables. La porte d'entrée s'ouvrit et elle jeta un coup d'oeil rapide au garçon qui rentrait, sans vraiment y faire plus attention; Mario l'avait prévenu qu'une nouvelle tête ferait son apparition aujourd'hui et qu'il l'avait embauché pour faire la plonge, aussi ne se soucia t-elle pas de voir débarquer quelqu'un à cette heure. L'homme alla à sa rencontre et déjà, Delilah avait contourné le bar pour exécuter sa tâche. Ce qui se passait ne la regardait pas à vrai dire. Elle se dirigea vers les tables désertées et ramassa les verres vides avant de les disposer sur son support, ayant l'impression d'avoir fait ça toute sa vie. Un coup d'éponge et elle passa à la table suivante, écoutant distraitement le vieil homme expliquer au petit nouveau le fonctionnement de la boîte. Il n'y avait pas grand chose à dire pour être honnête, le bar n'était pas des plus fréquentés aussi n'y avait-il pas de mesures drastiques à respecter. L'hygiène générale était bien évidemment un élément important mais pour Delilah, ca ne méritait même pas d'être précisé tant c'en était logique. Lorsque son plateau fut rempli, elle se dirigea habilement vers les cuisines et poussa la porte battante avec son dos:

    "Chaud derrière!" s'écria t-elle en prévenant de son arrivée et en allant déposer les verres sales près de l'évier en inox. Elle frotta ses mains sur son jean et s'assit sur le rebord du plan de travail, donnant un petit coup de menton vers le type qui était à la plonge en ce moment.

    "Tu vas avoir de la compagnie Monty, j'crois bien que Mario a embauché un nouveau plongeur".
    "Et toi tu vas avoir du travail, ya une nouvelle cargaison qui vient d'être livrée."
    Elle haussa les sourcils, surprise de ne pas avoir été mise au courant et descendit de son perchoir, soufflant bruyamment à la perspective de devoir ranger les nouveaux produits un à un sur une étagère. Le contact avec le client, elle adorait; devoir ranger des bouteilles et des bouteilles d'alcool et autres boissons ou nourriture, ça, elle aimait bien moins... Elle allait faire une remarque à Monty quand la double porte s'ouvrit et que la voix de Mario envahit la pièce:

    "...et ici, tu as la cuisine. Notre établissement fait bar et pub, donc de ce côté tu as les fourneaux, tu n'auras pas besoin de t'en servir ne t'inquiètes pas, et là, la plonge et mes deux employés favoris avec qui tu devras travailler: Monty et Delilah."
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Message(#) Sujet: Re: « When she walks in the room my heart goes boom! » « When she walks in the room my heart goes boom! » EmptyJeu 18 Fév 2010 - 21:33

Travailler n’effrayait pas Ned. C’était le contact avec les gens qu’il appréhendait, en réalité. Devenu paranoïaque suite aux événements de son passé, il était devenu incapable de ne pas voir le mal dans chaque situation, de ne pas imaginer la moindre méfiance dans un regard légèrement fuyant ou un geste maladroit. Pourtant, il devait savoir pertinemment que la race humaine était suffisamment vaste que pour qu’il croise des gens timides ou peu sûrs d’eux, ils auraient le regard fuyant, ne jugeraient pas Ned d’une quelconque façon et pourtant, lui, il se sentirait mal à l’aise, essaierait de fuir le contact. Ce serait probablement souvent comme ça et son retour à Ocean Grove n’arrangeait en rien cette sensation d’être dépaysé, un retrait qu’il n’aurait pas dû ressentir puisqu’il était entouré, que sa grand-mère le soutenait de tout son cœur et qu’il pourrait toujours compter sur celle-ci. Il aurait toujours un toit sous lequel se réfugier, il bénéficierait toujours d’une oreille attentive s’il ressentait le besoin de parler, il pourrait toujours laisser baisser sa garde pour se blottir dans les bras de la vieille dame. Il trouvait que son parfum avait quelque chose de rassurant et la maison entière en était imprégnée. Une odeur de personne âgée, particulière et éternelle. Étrangement, il se sentait apaisé par le seul fait de passer le seuil de la demeure familiale et la quitter était donc d’autant plus difficile. Mettre le nez dehors signifiait sortir au grand jour, à la merci des jugements négatifs qui se rappelaient les conneries qu’il avait accumulées avec le temps. Le petit dealer incapable de se maîtriser. Quelle honte pour une famille si profondément ancrée dans les bonnes mœurs ! Mais pouvait-on réellement en vouloir à ce pauvre poulain égaré en cours de route ? Finalement, c’était la faute de sa mère, c’était elle qui avait apporté le malheur en tombant éperdument amoureuse d’un bon à rien. C’était elle qui avait déçu son entourage et qui avait fait naître ce chaos chez les Westwood. Ned, au fond, il n’avait eu que la faiblesse de se laisser emporter par ce tourbillon infernal, on ne pouvait réellement le lui reprocher mais on n’en avait pas pitié pour autant. Il avait fait trop de mal pour que les gens reviennent sur leur jugement, il avait trop blessé par le passé pour être pardonné dans le présent. C’était sa faute, la preuve, Arthur était bien parvenu à s’en sortir, lui. C’était peut-être également cette constante comparaison qui avait creusé ce fossé entre les deux frères, mais cela, personne ne le dirait tout haut, parce que cela reviendrait à dire que beaucoup de personnes ayant leur importance dans la vie de Ned étaient fautifs, en un sens, de n’avoir su le tirer de là, lui enfonçant plus la tête dans l’eau avec un sadisme mal assumé. Les gens étaient comme ça, un incident pouvait rendre la vie plus trépidante et il n’y avait qu’à regarder le cadet Westwood pour avoir son lot de mélodrames. Les disputes qui avaient si souvent éclatées dans le passé manquaient parfois au voisinage, même l’aïeule Westwood en avait conscience mais elle agissait comme si elle l’ignorait. Nier l’évidence était parfois plus simple que de s’énerver après des personnes à la cervelle étriquée et à l’éducation limitée, telle était sa conviction.
Heureusement, Mario n’était pas comme tous ces autres, Ned pouvait le sentir dans son attitude, sa bonhommie était rafraichissante et il remerciait muettement sa grand-mère de l’avoir poussé sur cette voie. Si cela n’avait tenu qu’à lui, il était certain qu’il serait resté cloitré chez lui, évitant tout contact avec la société et, surtout, avec les gens qui peuplaient le quartier, tous parfaitement au courant du passé tumultueux du jeune homme. Alors cette première rencontre, Ned l’évalua positive, meilleure que celle qu’il avait imaginée, en tout cas, comme il appréhendait la moindre nouveauté. Il aurait préféré pouvoir se cantonner à ce qu’il connaissait : personnes, environnement, train de vie sans remous, des vacances comparé à ce qu’il avait vécu jusque-là. Mais il avait suffisamment la tête sur les épaules que pour savoir qu’une vie était faite pour être vécue et que le retranchement dans une maison n’était certainement pas un moyen de vivre, même s’il était chaleureux et rassurant. Sa grand-mère et son grand-père ne seraient pas éternels, un jour où l’autre, il se retrouverait seul et à ce moment-là, comment pourrait-il se débrouiller s’il n’avait pas fait d’effort pour reprendre une vie normale – cette fois –, une vie qui rappellerait les efforts fournis par son frère aîné. Lui non plus n’avait pas eu une vie facile, finalement, il avait vécu des événements aussi dramatiques que Ned et pourtant, il avait eu la force de remonter le courant, de se battre contre un destin presque tracé. Pour Arthur, Ned ferait donc cet exploit de reprendre le chemin de la vie, où le bon prédominait et où la drogue n’était pas un moyen de refuge mais une calamité qu’on évitait à tous prix.
La voix enjouée du propriétaire des lieux ressemblait à un flot lointain, comme des vagues qui viennent s’écraser sur la plage désertée. On les entend mais on ne les écoute pas vraiment, elles font partie d’un univers qui nous est inconnu. Ned était en effet davantage obnubilé par le décor qui s’offrait à lui que par les explications spontanées et pleines de bon sens de son nouveau patron. Tant pis s’il manquait la moitié des informations, il se ferait vite au train de vie. En tout cas, il ferait tout pour mériter la confiance du cet homme et, également, rendre sa grand-mère fière de lui. Oh, oui, rien qu’à l’idée que le visage ridé s’illumine, le cœur de Ned fondait comme neige au soleil. Toutefois, s’il ne suivait pas correctement la conversation, Ned ne manquait pas de remarquer une silhouette qui se fondait parfaitement dans la salle, comme si c’était son élément naturel, un vrai poisson dans l’eau. Et si la façon de se mouvoir titilla quelque chose dans sa mémoire, il n’eut pas le temps de chercher plus loin car, déjà, l’homme l’entrainait ailleurs et la jeune femme disparaissait par une porte, de l’autre côté. Forcé d’abandonner sa tentative de voir le visage de la jeune femme, Ned essaya de reporter son attention sur le doux blabla de Mario, qui poursuivait toujours, ne semblant pas avoir remarqué l’inattention de son nouvel employé.
« Et ici, tu as la cuisine. » Ned suivit son guide et pénétra dans ladite cuisine, son regard balayant la pièce machinalement pour découvrir la présence de deux autres personne : un employé… et la jeune femme de la salle. « … avec qui tu devras travailler : Monty et Delilah. » Est-ce que Ned sentit son cœur faire un bond à l’énonciation du prénom ? Pas certain. Il n’était même pas certain qu’il s’agisse de « sa » Delilah, mais il n’y pouvait rien, ce simple prénom avait toujours eu un effet instantané sur lui et lorsqu’il porta le regard vers la jeune femme, il réalisa que c’était bien elle, toujours aussi belle, même après ces années où il n’avait pas eu l’occasion de la voir. Déglutissant avec peine, il détourna machinalement le regard, pris d’un sentiment de panique. Elle ne le reconnaitrait probablement pas, mais lui avait la mémoire bien trop pleine de souvenirs pour agir comme si la présence de la jeune femme ne lui faisait aucun effet.

« Voilà, je pense qu’on a fait le tour. Je te laisse avec tes collègues, j’ai quelques papiers à régler là-haut » annonça finalement Mario en décochant une tape amicale sur l’épaule du jeune homme. « Passe une bonne journée, n’hésite pas à m’appeler s’il y a le moindre souci et puis sinon, rendez-vous à la fin de ton service pour un premier débriefing de cette première journée. »

Ned resta un instant stoïque, peinant à croire que là visite s’arrêtait là et qu’il devrait se débrouiller seul. Seul avec Delilah en collègue… Même dans un rêve, il n’y aurait jamais cru. Gérant mal l’angoisse qui était née au creux de son ventre, il se tourna vers le dénommé Monty et s’enquit des tâches à accomplir. Il fallait qu’il agisse, même si cela se résumait à passer la serpillière, il le prendrait avec plaisir plutôt que de rester ainsi comme un demeuré.
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