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 where the hell did they go ? (pv)

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Message(#) Sujet: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptyJeu 24 Déc 2009 - 14:30


WHERE THE HELL DID THEY GO?

Panamee McCawley & Aiden Lancaster
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La période de fêtes de fin d’année était toujours synonyme d’augmentation d’activité aux urgences du Baptist Hospital. Et pour cause, tous les jours, on voyait défiler les pères de familles tombés de leur échelle en accrochant des décorations sur le toit de leur maison, d’autres qui avaient laissé tomber leur sapin sur le pied de leur femme, ou qui avaient marché dans les débris d’une boule de Noël qui s’était écrasée au sol et qu’on avait oublié de ramasser. Tous ces accidents étaient en général mineurs, douloureux mais pas inquiétants – et les médecins y étaient habitués. De grands stocks de glace et de bandage avaient été prévus pour cette période de fêtes, et le personnel s’efforçait de travailler avec encore plus d’efficacité et de rapidité que d’habitude. Cette année, la situation était encore pire, parce que depuis l’arrivée d’Aiden, les salles d’attente des urgences étaient mystérieusement en proie à une surpopulation de jeunes filles, apparemment en bonne santé mais qui prétendaient toutes êtes sûres d’être victimes d’une quelconque maladie tropicale rare, qui ne pouvait être soignée que par le jeune médecin. Autrement dit, cette année, les urgences étaient bondées comme jamais auparavant, et on avait, plus que jamais, besoin des internes. Les stocks prévus furent rapidement épuisés, et Aiden devait régulièrement demander à un des internes d’aller chercher du matériel dans une autre aile de l’hôpital. En général, les internes n’étaient pas censés jouer les petits assistants à tout faire, et Aiden était le premier à les considérer comme des « égaux », à défaut d’un autre terme. Régulièrement, ses internes avaient presque le même âge que lui, à peine un ou deux ans de moins, et il s’efforçait donc de les laisser faire un maximum de choses eux-mêmes, que ce soit ausculter, prescrire ou diagnostiquer. Mais à Noël, on manquait de place et si tout le monde se mettait à ausculter, ce serait un énorme bordel. Les internes se retrouvaient donc en train de cavaler dans les couloirs de l’hôpital, à la recherche de bandage, de désinfectant ou de glace.

    Ali, tu peux aller me chercher un rouleau de bandage ? lança Aiden à l’une de ses internes, alors qu’il auscultait un homme d’une trentaine d’années qui s’était fait une entorse à la cheville. Tu dis que c’est pour moi, ils te donneront ce que tu veux sans problème.


Il sourit à l’interne qui hocha la tête et tourna les talons. Cependant, Aiden eut beau attendre, ni Ali, ni le rouleau ne revinrent. Il était plus ou moins sûr de connaître la raison de cette absence prolongée : nombre d’internes en avaient marre d’être considérés comme des coursiers et profitaient de ces moments de liberté pour traîner un maximum, discuter avec d’autres et pourquoi boire une tasse de café. Aiden soupira, scruta son cabinet qui était désert, à l’exception de lui-même et de son patient. Il prit son téléphone de service et appela l’un de ses collègues, qui exerçait dans le box juste à côté du sien.

    Arthur, c’est Aiden. Tu pourrais juste m’apporter un rouleau de bandage ? Mes internes ont déserté et je peux pas laisser mon patient comme ça.
    J’ai personne là, va chercher tes internes, je m’occupe de ton patient. Sinon je sens que t’auras pas fini d’appeler tout le monde pour trouver du matos.
    Tu me sauves la vie. Je suis dans le 25, comme d’hab. Merci beaucoup, en tout cas !


Il raccrocha, s’excusa auprès du trentenaire en lui expliquant qu’on allait s’occuper de lui, le temps qu’il retrouve ses internes. Après s’être excusé une bonne dizaine de fois, il quitta la pièce et tomba nez à nez avec Arthur, qui lui lança un regard amusé. Aiden sourit puis prit le chemin du centre de l’hôpital au pas de course. Les couloirs étaient tous bondés, et il avait du mal à avancer à un rythme soutenu. Renonçant à attendre l’ascenseur, il monta les trois étages qui le séparaient du local où ils stockaient le matériel à pied. Mine de rien, les heures de jogging quotidien qu’il s’imposait lui étaient utiles : Aiden était à peine essoufflé en arrivant sur le palier du troisième étage. Le couloir était désert, et il n’y avait aucune trace d’Ali. Marmonnant un juron, il regarda autour de lui, repéra la cafeteria réservée au personnel et s’y rendit, soupçonneux d’y trouver quelques internes. Mais celle-ci était déserte, les étudiants n’étaient pas aussi naïfs et négligés que l’on pourrait le croire : aller dans cette pièce avec le rush permanent qui régnait dans l’hôpital était quelque chose d’assez inhabituel, et ils se seraient sûrement faits repérer par un médecin qui leur aurait demandé pourquoi ils n’étaient pas au travail. Ali était donc sûrement dans les étages de l’immense hôpital de Miami, bavardant avec d’autres internes qui avaient déserté. Décidé à retrouver les étudiants, Aiden fit volte-face et parcourut le couloir, toujours au pas de course. Il ne regarda pas devant lui, et c’était sûrement ce qui pouvait expliquer le fait qu’il se sentit brusquement entrer en collision avec quelque chose, ou plutôt, quelqu’un. Le choc fut brutal, et Aiden eut tout juste le temps d'éviter à la jeune femme (car c'était bien une jeune femme qu'il avait bousculée) de se retrouver les fesses au sol. Il ne put pas en dire autant des dossiers que celle-ci tenait dans sa main avant la collision, et qui se trouvaient maintenant par terre, relativement éparpillés. Sentant le rouge lui monter aux joues, gêné d'avoir causé un problème pareil, Aiden se mordit la lèvre inférieure, espérant que la jeune femme qui, à en juger par sa blouse blanche, travaillait ici aussi, ne pèterait pas un plomb.

    Je suis vraiment désolé, je ne vous avais pas vu... Je ne vous ai pas fait mal ? dit-il, toujours aussi gêné. La jeune femme s'était penchée pour ramasser les dossiers, et il se hâta de s'accroupir à ses côtés pour faire de même. Laissez, je vais m'en occuper, c'est ma faute s'ils sont tous tombés.


Heureusement, les dossiers semblaient tous avoir gardé leur contenu intact, et les feuilles étaient toutes restées ensemble, dans le bon ordre. Elle n'aurait donc probablement pas à passer des heures à classer les feuilles en question. Heureusement, car Aiden s'en serait encore plus voulu si cela avait été le cas.
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Message(#) Sujet: Re: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptySam 26 Déc 2009 - 1:04

    PANAMEE « Qu'est ce qu'on a ? »
    POMPIER « Peter McLowe, 22 ans. Il a fait une chute du troisième étage en accrochant son père Noël à sa fenêtre, disons qu'il a perdu ses rennes en route. » annonça t il à la jeune femme en entrant avec le brancard à ses côtés alors que la sonnerie du camion persistait à travers les portes. Elle attrapa à la volée le dossier du patient qui avait déjà commencé à être rempli par l'ambulance, et se mit à froncer les sourcils en soupirant avant de lever les bras au ciel en regardant le pompier.
    PANAMEE « Faites moi taire cette alarme incessante, je n'entends plus rien dans ce vacarme. »
    POMPIER « C'est que en te voyant, je pensai que t'avais besoin qu'on éteigne un feu... », il se mit alors à la contempler en tournant le lit à roulettes au moment où Dexter et les autres internes arrivaient sur le cas d'urgence. « Et cesse de me vouvoyer, à chaque fois j'ai l'impression que tu me prends pour un inconnu. » Elle releva son joli minois de la fiche du dossier en arquant un sourcil alors que le garçon lui faisait pour la énième fois des sous entendus, elle se racla la gorge en contemplant ses internes abasourdies par l'état pitoyable du patient les voyant tourner leurs visages vers le médecin. « Traumatisme crânien, on a mobilisé le rachis cervical par un collier cervical, mais je pense qu'un jour il faudrait qu'on se voit ailleurs que dans les murs blancs... »
    PANAMEE « Je pense surtout que ton travail se termine ici. » Elle fit alors un petit sourire niais au creux des lèvres au pompier qui déguerpit en direction de la sortie, puis se tournant face à ses internes qui appuyaient sur les plaies et refaisaient quelques bandes, elle reposa le dossier dans la poche du brancard et ajouta sans plus attendre. « Bloc 8 d'urgence pour cet hématome extra-dural il va nous falloir enlever cette jolie ecchymose bleue à notre Monsieur McLowe. Dexter, tu files appeler les proches de notre patient et tu cavales jusqu'au bloc. » Son meilleur interne hochait la tête tout en écarquillant les yeux, il marchait dans l'autre direction à pas lents tandis que Panamee avançait précipitamment vers les ascenseurs du personnel pour emmener son patient au bloc.


Il avait perdu beaucoup trop de sang. Elle avait attendu entre autre le retour de son interne qui gambadait dans les couloirs à la recherche d'un téléphone, la jeune mère n'était pas certaine de ses capacités au moment d'attraper le scalpel étant donné l'état critique de ce McLowe. Une heure plus tard, elle n'était toujours pas sortie de son bloc et avait bouché l'opération chirurgicale de l'un de ses collègues ayant prévu une crâniotomie dans l'endroit où elle se trouvait, Panamee avait dû retiré de nombreux graviers dans son lobe temporel et commençait à faiblir de la main droite. Murmurant quelques mots au patient à travers son masque blanc et ses lunettes chirurgicales, elle attrapait une masse solide entre ses instruments au moment où son rythme cardiaque se réduisit rapidement. Elle le perdait. Se précipitant d'attraper autre chose dans les mains elle ouvrit un peu plus le haut du crâne de son patient, et retira le caillot de sang qui s'était niché derrière l'hématome à une vitesse exemplaire. Oui, elle avait beaucoup sué et beaucoup suffoqué à l'instant même de la chute du coeur de monsieur McLowe, mais reprenant petit à petit son souffle bien que endormi sur la table d'opération, elle savait que quelque part elle lui avait sauvé la vie mais qu'il ne se réveillerait peut être pas. Par geste obsessionnel, elle se mordait la lèvre à chaque fois qu'elle sentait quelque chose qui clochait, et par ailleurs, lorsqu'elle doutait du réveil de son patient. Panamee mit plus d'une heure à refermer l'ensemble du crâne de ce dernier tout en retirant le coup de la chute, et passant sa main sur son front, elle regardait autour de la table les autres chirurgiens, infirmières et internes.

    PANAMEE « Où est Dexter ? » interrogea t elle en direction des internes qui n'étaient pas les siens avant de se rendre compte qu'aucun de ses internes n'étaient présents dans la pièce. « Non plutôt, où sont mes internes ?! ». reprit elle en fronçant les sourcils


Elle retira un à un les gants stériles dans la poubelle externe et enleva alors son masque, elle se munit rapidement du dossier du patient contenant le numéro de la personne à prévenir en cas d'accident, et partit dans les couloirs à la recherche de ses internes disparus. Elle partit tout d'abord en neurologie où l'un de ses patients atteint d'une tumeur lui donnait une fiche de non réanimation avec un sourire, ce sourire de persuasion qu'il allait y rester suite à sa chimiothérapie et son intervention. La jeune mère parla un moment avec ce dernier avant de le laisser au coin d'un couloir, tenant entre ses mains une bonne dizaine de feuilles volantes et du dossier du mourant dans le coma, qu'elle venait d'opérer. Lâchant un profond soupir après une bonne demie heure en quête de ses futurs chirurgiens, elle s'apprêtait à les biper d'urgence pour leur faire une leçon de morale sur l'abandon de l'opération, mais quelque chose la heurta alors de plein fouet. Sa paperasse en l'air alors qu'elle se frottait les joues en chutant popotin sur le carrelage, elle vit ses dizaines de feuilles volées en éclats au dessus d'elle alors qu'elle venait d'atterrir sur la couleur blanchâtre du sol. Évidemment, trop précipitée à marcher avec de grandes enjambées dans l'établissement médical elle avait eu la tête baissée sur son bipeur -qui vola en même temps que les feuilles – et n'avait pas eu le temps d'éviter la personne concernée. Elle se releva immédiatement sur ses jambes en se massant rapidement l'arrière train avec une légère grimace, et n'ayant toujours pas regardé qui était rentré en contact avec sa silhouette, elle resta perturbée et sous le choc pendant un bon moment avant de lever les yeux en direction du garçon.

    AIDEN « Je suis vraiment désolé, je ne vous avais pas vu... Je ne vous ai pas fait mal ? » annonça t il légèrement inquiet du fessier de sa patiente, apparemment. Panamee rencontra alors le visage du jeune homme qui se présentait devant lui et ne put qu'avoir un faible sourire, sentant la gêne et les joues rosies de son partenaire, elle se massa doucement la nuque avec un mal être face à la situation et ne répondit rien. Au contraire, elle dégagea quelques mèches de son visage qu'elle cacha derrière son oreille et tomba nez à nez avec l'écriteau : Aiden Lancaster, urgentiste spécialiste. Elle écarquilla soudainement les yeux en voyant qu'elle se trouvait en face de l'un de ses collègues, et gardant cette même zen attitude, elle leva la main en sa direction comme pour lui montrer qu'elle n'avait rien et que tout allait bien. Ne sentant plus ses papiers en main, ses prunelles pivotèrent jusqu'au sol où ses feuilles s'étaient délicatement déposées sur le parquet frais de l'hôpital, elle se pencha immédiatement pour ramasser la masse de feuilles qui s'étaient éparpillées sur les dalles. Elle sentit soudainement d'autres mains à l'encontre des siennes et redressa immédiatement le visage, apeurée, elle fronçait les sourcils avant de s'apercevoir qu'il amassait à son tour les affaires au sol pour l'aider. « Laissez, je vais m'en occuper, c'est ma faute s'ils sont tous tombés. »


Quelque part, son arrogance avait failli répondre au tac au tac – Je sais, je sais que vous allez ramasser – mais contre toute attente la jeune femme se tût et se contenta de joindre sa main sur les papiers près de ses jambes tandis qu'il faisait de même de son côté. Elle secoua doucement la tête en souriant et se redressa en tassant son amas de feuilles, contemplant une deuxième fois l'allure de l'urgentiste vêtu de vert alors qu'elle était tout en bleue et blanc. Panamee avait passé de longues secondes dans le vide à reluquer le minois du garçon, cherchant un détail marquant qui aurait pu lui faire rappeler une table d'opération commune, mais même son grain de beauté au creux du cou ne semblait pas la faire se souvenir d'un acte mutuel. Elle haussait alors les épaules et mal à l'aise devant le jeune garçon qui se tenait toujours droit devant lui, elle se passa machinalement sa main dans sa tignasse attachée et tenta alors une approche en tendant la main jusqu'à ce qu'il daigne la prendre.

    PANAMEE « Non, c'est moi. Je ne regardai pas où je marchai et je vous ai percuté. Panamee, McCawley adjointe au service neurologie. », elle s'était exclamée avec une certitude extrême en pointant son index sur sa pancarte de blouse, un petit sourire au coin des lèvres en se souvenant rapidement de son but premier. Elle tenta alors de passer devant son voisin au moment où il fit le même pas de côté et qu'elle se retrouve bloquée contre lui, elle essaya de passer par la droite mais le même geste se produisit entre les deux personnes. Se mettant alors à rire légèrement en lui ouvrant la marche tout en gardant un oeil sur sa démarche alors qu'il s'annonçait, elle hocha la tête en signe de reconnaissance et lâcha soudainement la main de ce Aiden. « Enchanté. » Reprenant la route en direction de ses internes, elle se mit à sourire bêtement à sa rencontre en percutant une autre personne au passage et s'excusant immédiatement, elle continua son chemin à la quête de ses 'enfants' de médecine.
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Message(#) Sujet: Re: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptyDim 27 Déc 2009 - 2:17


Aiden était chanceux, apparemment il n’était pas tombé sur une colérique. Inquiet, il vit la jeune femme se relever, se massant les fesses. Il attendit qu’elle réponde mais il n’en fut rien, et il se contenta de suivre son regard, qui lisait son nom inscrit sur sa plaquette de médecin. Il arbora un sourire en coin devant la surprise de l’inconnue lorsqu’elle reconnut l’uniforme, et lorsqu’elle lui adressa un petit signe pour lui dire qu’elle n’avait rien de cassé. Bon, elle n’était peut-être pas très bavarde, mais au moins, ce n’était pas une furie, c’était toujours ça. Alors qu’il l’aida à ramasser les papiers, il remarqua qu’elle eut d’abord une réaction effrayée, comme si elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui vienne en aide. Ramasser les feuilles ne prit que quelques minutes, et rapidement, Aiden put se redresser alors que la jeune femme faisait de même. Un sourire aux lèvres pour cacher sa gêne qui n’était toujours pas partie, il tendit le paquet à sa collègue, qui le prit, toujours muette. Il ne remarqua pas qu’elle l’observait, heureusement, car cela aurait rendu la situation encore plus délicate : en effet, le silence s’éternisait, et ils étaient là, plantés bêtement l’un en face de l’autre. Ce fut alors que la jeune femme lui tendit une main, qu’Aiden s’empressa d’attraper et de serrer, alors qu’elle se présentait. « Non, c'est moi. Je ne regardais pas où je marchais et je vous ai percuté. Panamee McCawley, adjointe au service neurologie. » Aiden eut un mouvement étrange, quelque part entre l’envie de répliquer et le haussement d’épaules, rien de négatif, il n’était tout simplement pas sûr qu’elle soit fautive – en fait, il était quasiment persuadé qu’il était seul responsable, comme toujours. Il ne put pas entièrement réprimer un regard surpris en entendant le poste de Panamee. Elle lui semblait extrêmement jeune pour être chirurgienne et, en plus de ça, adjointe. Mais il ne dit rien, après tout, il avait aussi une année d’avance et, qui sait, sans doute Panamee était-elle particulièrement intelligente ou douée.

    Enchanté – Aiden Lancaster, urgentiste, répondit-il, conscient de la grande différence de poste qu’il y avait entre eux. Mais il n’en avait rien à faire, il n’avait pas besoin d’une carte de visite impressionnante pour se sentir bien : aussi bizarre que cela puisse paraître, il aimait son job, malgré les horaires impossibles et les quelques interventions ennuyeuses. Il n’avait pas besoin de plus, de moins, pour le moment, et c’était sa modestie qui lui permettait de ne pas se sentir gêné d’être plus bas dans la hiérarchie que son interlocutrice. Celle-ci tenta de le contourner au moment où il bougea, lui aussi, et cette petite scène se reproduisit une nouvelle fois dans l’autre sens. Aiden rit légèrement, amusé. Oups, désolé. Il s’arrêta et attendit qu’elle passe.


« Enchanté. » Sur ce, elle fit volte-face et laissa Aiden là. Celui-ci mit quelques secondes à réagir. Un sourire amusé aux lèvres, il la regarda s’éloigner et foncer dans une autre personne. Il ne savait pas du tout quoi penser de cette rencontre des plus singulières, pendant laquelle ils n’avaient échangé quelques mots et qui s’était terminée aussi brusquement qu’elle avait démarré. Pas un mot pour dire au revoir ou quoi que ce soit, et, loin de vexer Aiden, il en fut intrigué. Il eut envie de se lancer à sa poursuite pour en savoir plus, pas forcément qu’il avait une quelconque idée derrière la tête, au contraire, Aiden était loin d’être calculateur ou, tout simplement, dragueur alors qu’il ne connaissait même pas la personne en question. Il voulait tout simplement connaître un peu mieux Panamee qui avait fait une entrée et une sortie fracassantes dans sa vie. Les jeunes femmes comme elle l’intriguaient énormément, celles qui ne vous couraient pas après mais qui savaient faire en sorte d’intéresser suffisamment leur interlocuteur pour lui donner envie d’en savoir plus. Aiden n’était pas tombé sous son charme, non, il était juste curieux. Secouant la tête en se rendant compte qu’il était toujours planté à l’endroit où elle l’avait laissé, il fit volte-face à son tour, se remettant à la recherche de ses internes, sans avoir la moindre idée de l’endroit où ils pouvaient se trouver.

Après un petit moment, Aiden se retrouva au cinquième étage du Baptist Hospital, et il n’avait toujours pas trouvé la trace des étudiants. Il doutait de les trouver dans l’aile de neurologie, mais on ne sait jamais, pas vrai ? Aiden ne faisait que suivre ses pieds là où ils le menaient, et, à force de passer l’hôpital au peigne fin, il finirait par trouver ceux qu’il cherchait. Il savait qu’il pouvait en avoir pour un moment, étant donné que l’hôpital était immense et que les internes se déplaçaient en même temps que lui, mais il ne désespérait pas et comptait sur un quelconque miracle. Après tout, c’était la période des fêtes, et peut-être le père Noël aurait-il pitié du jeune urgentiste qui courait après ses internes. Mais il semblait bien que la pitié se ferait encore attendre pendant un petit bout de temps, étant donné qu’après un quart d’heure passé dans les couloirs de neurologie, il n’avait toujours pas avancé. Il accéléra le pas, agacé, maudissant intérieurement les étudiants qui avaient vraiment choisi leur moment pour déserter. Alors qu’il se prépara à laisser tomber et retourner aux urgences où la situation devait s’être empirée avec un médecin en moins, il fit demi-tour et, toujours aussi rapidement, se déplaça en direction de l’ascenseur. Cette fois-ci, il parvint à voir une personne qui s’avançait au même rythme que lui dans sa direction, et évita tout juste la collision, attrapant automatiquement avec douceur les bras de celle-ci. Il eut un sourire stupéfait en reconnaissant la plaquette, et le visage, de Panamee. Il les fit pivoter et relâcha les bras de la chirurgienne, toujours avec ce sourire surpris aux lèvres.

    Comme on se retrouve…


Il remarqua l’expression crispée de Panamee, et eut l’intuition que ce n’était pas leur quasi-collision qui en était la cause. Apparemment, elle était aussi préoccupée que lui, et il se demanda pourquoi. Craignant de la vexer ou de passer pour indiscret, il décida de détourner la question.

    Vous avez l’air préoccupée… Je peux vous aider ?


Il était loin de se douter que leur problème était exactement le même, et la situation en était d’autant plus comique. Tous deux se croisaient à plusieurs reprises, à cause d’un même but, celui de retrouver leurs étudiants en cavale. À ce moment-là, le portable de service d’Aiden se mit à sonner dans la poche de sa blouse, et après avoir lancé un bref regard d’excuse à Panamee, il le prit et décrocha.

    Oui ?
    Aiden, c’est Arthur. Tu fais quoi là ? On a besoin de toi, les urgences sont bondées !
    Je suis désolé de mettre autant de temps, je trouve pas les internes, ils se sont volatilisés. J’allais revenir mais j’ai été… euh… distrait sur le chemin du retour. Je fais aussi vite que possible, d’accord ?
    Ok, dépêche-toi. Mais essaie vraiment de les retrouver, sinon ça sert à rien, tu vas de nouveau manquer de matos et ça va recommencer. Trouve tes internes, bipe-les, je sais pas, mais dépêche-toi, tu veux ?
    T’en fais pas, dès que je les ai trouvés, j’arrive. (…) Arthur ? T’es toujours là ?
    … Oui… oui, désolé. T’es sauvé, on a trouvé du renfort, Quinn te remplace donc y’a pas le feu, traîne pas trop quand même, on a déjà assez d’absents.
    Oh, génial. Et t’en fais pas, tu sais bien que c’est pas mon genre.
    Non, je m’inquiète pas trop pour ça, en effet, je sais bien que t’es pas du genre à filer en douce. Bon, je dois te laisser, bonne chance !
    Merci, à toi aussi !


Aiden raccrocha en secouant la tête, puis se souvint que Panamee était toujours là, en face de lui. Se rappelant qu’il lui avait proposé de l’aide, il posa les yeux sur elle, et lui dit joyeusement :

    Vous ne m’avez toujours pas dit en quoi je peux vous être utile… Ça me changera de courir après mes internes.


Aiden ne pouvait pas se douter qu’il avait tout faux en prononçant cette simple phrase, étant donné que s’il aidait Panamee, ce serait précisément en courant après les fameux internes. Il faut dire qu’il n’aurait pas pu deviner de quoi il retournait, c’est pourquoi il s’attendait à ce qu’elle lui dise simplement qu’il lui manquait du matériel, ou que la secrétaire ne lui avait toujours pas transmis la liste des patients de janvier, ou même que son ex-petit ami la harcèle au travail parce qu’il voulait absolument la revoir pour s’excuser d’avoir commis je ne sais quel acte. Quelque chose de plus probable, en gros.
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Message(#) Sujet: Re: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptyDim 27 Déc 2009 - 14:35

    « Enchanté – Aiden Lancaster. » réagit il tout en serrant la fine main de sa collègue qui se tenait droite, face à lui. Elle eut un petit sourire avant de hocher la tête et de se détacher des doigts du jeune homme, ne se soucient guère du statut social de Aiden ni même de ceux de son entourage, après tout son petit ami avait été un escort boy pendant plusieurs semaines. Après ce genre de profession, le métier du garçon présent à ses côtés lui paraissait presque être à la même hauteur que le sien, et puis elle n'était pas non plus responsable, hormis de ses internes. Ses internes, elle les avait presque oublié avec l'altercation fracassante qu'elle venait de faire. Voulant repartir en route dans les couloirs du Baptist hospital, elle tenta de le contourner pour reprendre la route, au moment où il fit de même, et qu'ils se retrouvent une nouvelle fois bloquée. Elle essaya l'autre côté mais le même mouvement se reproduisit et elle secoua la tête avec un petit sourire ravissant au coin des lèvres, n'osant plus bouger de peur de commettre encore une collision avec ce dernier. « Oops, désolé. », elle se mit alors à rire en secouant une nouvelle fois la tête tout en plaquant ses documents contre sa poitrine, prête à partir à la recherche de ses étudiants et meugla une faible reconnaissance à Aiden avant de disparaître dans les couloirs.


Pensant encore à cette rencontre si tactile avec l'urgentiste du deuxième étage, elle ne fit pas attention et percuta une nouvelle fois quelqu'un sous le regard amusé du jeune homme qui n'avait pas bougé. Elle eut un petit ricanement enfantin avant de se reprendre et de s'excuser auprès de la femme qui ne semblait pas amusée par la situation, mais Panamee continua sa route sans vraiment attendre le sourire de son interlocutrice et entreprit de tourner au premier virage pour se retrouver dans les couloirs de cardiologie. Elle qui avançait à grandes enjambées dans le service et qui cherchait au même instant son bipeur suspendu à sa blouse, le prit dans ses phalanges, indiqua le numéro de l'un de ses internes, et attendit. La demoiselle passa alors devant une machine à café où la boisson l'appelait, elle entra un jeton à l'intérieur de la machine pour faire descendre ce gobelet chaud qu'elle porta à ses lèvres tout en soufflant dessus. L'étudiant n'avait toujours pas répondu et elle commençait à s'impatienter. Elle jeta son verre en plastique dans la poubelle la plus proche et grimpa par les escaliers jusqu'au quatrième étage pour rejoindre son service, après tout, elle n'allait pas courrir sans cesses après ses internes et se garderait bien de les engueuler quand elle les verrait pointer le bout de leur nez. Panamee accélérait le pas tout en gronchonnant à voix basse sa hantise envers les gamins qu'on lui avait donné pour sa première année de résidente, elle se passait la main derrière sa nuque et tout en se massant le cou elle ouvrit la porte du service de neurologie en demandant à un interne - de l'un de ses collègues - s'il n'avait pas vu un pied ou une main de Dexter et cie.

Hurlant limite alors qu'elle passait devant l'une des multiples salle d'attente de l'hôpital, elle se rendit rapidement compte de sa pulsion hystérique et porta sa main à la bouche comme pour se taire. Elle pénétrait dans l'autre partie de l'aile et allait prendre l'ascenseur pour partir à l'accueil faire une annonce générale, au moment où elle sentit quelque chose et qu'elle perde l'équilibre sur ses deux jambes. Prête à glisser au sol, la personne la rattrapa par le bras et elle se remit sur pied avant même de tomber, grimaçant doucement elle redressa le visage en direction de son sauveur et remarqua alors Aiden. Bouleversée de le voir encore dans les parages, elle eut un petit rire satisfait de voir qu'elle n'aurait pas à s'excuser une énième fois, et réajustant sa blouse blanche elle attendit qu'il lâche son bras pour lui sourire.

    AIDEN « Comme on se retrouve… » Encore sous le choc de cette nouvelle rencontre avec le jeune homme, elle gardait cet impénétrable sourire au creux des lèvres - bien que perturbée par la collision, elle le fixait toujours du regard avec ce petit regard stupéfait. Elle se sentait mal à l'aise par la situation qui s'offrait une nouvelle fois à elle, et contemplant le jeune médecin sous ses yeux qui restait calme et intéressé, elle se gratta la nuque d'une manière stressée au moment où elle l'entendit reprendre la parole. « Vous avez l’air préoccupée… Je peux vous aider ? » Elle secoua la tête négativement telle une femme muette sans parole, et restant les yeux rivés sur l'attitude charmante de l'urgentiste, elle grimaça doucement en repensant à ses internes. Comment pouvait il l'aider ? Elle luttait elle même pour le faire apprendre une intubation sur un patient sexagénaire, alors avoir l'aide de quelqu'un dans ces moments là lui était tout bonnement impossible. Voulant répondre à sa question par une simple réponse courte, elle entendit alors le bipeur de l'un des deux se mettre à brouiller et à parler d'une voix rauque, portant ses pupilles sur son appareil, la jeune mère remarquait que rien ne s'affichait sur son mobile noir et releva le visage vers Aiden. Effectivement, si ce n'était pas son bipeur qui se mettait en marche pour une intervention chirurgicale, à l'opposé, le message codé était pour son interlocuteur qui exerçait une mine désolée avant de décrocher le haut parleur.


    AIDEN « Oui ? »
    ARTHUR « Aiden, c’est Arthur. Tu fais quoi là ? On a besoin de toi, les urgences sont bondées ! »
    AIDEN « Je suis désolé de mettre autant de temps, je trouve pas les internes, ils se sont volatilisés. J’allais revenir mais j’ai été… euh… distrait sur le chemin du retour. Je fais aussi vite que possible, d’accord ? » Panamee écarquilla soudainement les pupilles et explosa dans un fou rire sans vraiment le contrôler, elle porta alors sa main contre sa bouche en faisant un signe d'excuse et tenta rapidement de revenir au calme. En plus ils se percutaient sans raison apparente, et maintenant, elle venait d'apprendre qu'il avait le même soucis majeur pour lequel elle avait depuis cinq minutes, une mine boudeuse.
    ARTHUR « Ok, dépêche-toi. Mais essaie vraiment de les retrouver, sinon ça sert à rien, tu vas de nouveau manquer de matos et ça va recommencer. Trouve tes internes, bipe-les, je sais pas, mais dépêche-toi, tu veux ? »
    AIDEN « T’en fais pas, dès que je les ai trouvés, j’arrive. » (…) « Arthur ? T’es toujours là ? », elle fronça les sourcils sous la non réponse du coéquipier de Aiden.
    ARTHUR « … Oui… oui, désolé. T’es sauvé, on a trouvé du renfort, Quinn te remplace donc y’a pas le feu, traîne pas trop quand même, on a déjà assez d’absents. »
    AIDEN « Oh, génial. Et t’en fais pas, tu sais bien que c’est pas mon genre. », rétorquait il dans un sourire dans lequel elle lui répondit aussitôt par ce même écartement de lèvres. Il avait de l'humour.
    [b]ARTHUR « Non, je m’inquiète pas trop pour ça, en effet, je sais bien que t’es pas du genre à filer en douce. Bon, je dois te laisser, bonne chance ! »

    AIDEN « Merci, à toi aussi ! » annonça t il en raccrochant le mobile et l'enfournant dans sa poche extérieure de sa blouse.


Pendant tout ce temps, contrairement à auparavant, elle n'avait pas pris la fuite dans les couloirs de l'hôpital mais était restée planter comme un poteau à écouter avec curiosité la conversation du garçon et de son collègue, elle avait les bras croisés sous sa poitrine tout en gardant sa paperasse entre les doigts. Attendant qu'il eut fini pour reprendre le fil de leur discussion, elle le regardait remettre le téléphone - bipeur dans sa veste, et regardant au même instant son bipeur qui manquait d'appels et de réponses d'internes, elle reposa ses prunelles noires sur le visage de Aiden. Non, elle ne l'avait jamais vu auparavant. Ses yeux étaient ancrés dans les pupilles noires du garçonnet, et pendant dix secondes qui parurent une éternité, elle le fixa du regard sans rien dire mais se contentant de contempler la face masculine de son collègue. Son esprit sortit de ses songes lorsqu'il enchaîna sur la conversation primaire qui était le niveau d'anxiété de la jeune femme.

    AIDEN « Vous ne m’avez toujours pas dit en quoi je peux vous être utile… Ça me changera de courir après mes internes. » lâcha t il dans un soupir.


Elle avait un petit sourire en coin alors qu'il était persuadé de pouvoir lui venir en aide sans la connaître, Panamee cherchait autre chose à dire hormis le fait que son angoisse était dûe à la perte de ses étudiants, mais elle ne trouvait rien d'autre à avouer que la vérité. Après tout, il voulait se rendre utile ou tenter de l'être, elle pouvait bien tenter espérer retrouver la trace de ses internes avec l'aide du beau brun qui lui souriait sous le nez d'une manière amicale. La jeune mère se mordillait la lèvre en cherchant ses mots, placardant un peu plus son dossier contre sa poitrine, puis dans un souffle d'exaspération elle lui soupira quelques mots en plein visage.

    PANAMEE « Dans ce cas, je suppose que vous ne voudriez pas m'aider. » annonça la jeune mère en haussant les épaules tout en gardant un petit sourire narquois sur les lèvres. Il ne devait rien comprendre.« Mes internes ont pris la fuite en pleine intervention chirurgicale, alors... » ronchonna t elle à voix basse comme ci elle se traitait elle même de nulle, irresponsable qui ne savait faire la part de son métier de résidente. Elle prit alors une pause entre deux où elle se raccrocha sa tignasse brune avec ses pinces dans une rapidité extrême, tout en reprenant la parole sa pince dans la bouche pour ne pas perdre de temps. « Comme je vous le disais, je doute que vous pussiez me venir en aide. Mais je peux peut être vous aider ? » Tendant la main vers les couloirs de l'établissement, elle l'invita alors à se joindre à elle pour partir en quête de leurs internes. Elle avait un petit regard intéressé alors qu'elle l'écoutait discuter avec le vouvoiement, et fronçant tout d'un coup les sourcils en s'arrêtant net, elle fit une triste mine presque boudeuse en sa direction tout en gardant un faible sourire taquin. « Et puis cessez de me vouvoyer - je suis de votre génération - , je suis peut être chirurgienne mais pas une grand mère. Pas vrai ? », elle l'interrogeait pour le taquiner alors qu'ils s'avançaient tout deux à pas lent dans les couloirs de l'hôpital, scrutant les recoins possibles à une éventuelle bande d'étudiants criards et immatures.
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Message(#) Sujet: Re: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptyMer 13 Jan 2010 - 0:15


Il ne savait pas quoi, il ne savait pas comment, mais il y avait quelque chose d’intrigant chez Panamee, qui forçait Aiden à garder le regard rivé sur elle. Ce fou rire, apparemment sans raison, qu’elle attrapa alors qu’il était au téléphone aurait pu l’exaspérer ou créer un sourire moqueur sur ses lèvres, mais il n’en fut rien, la seule réaction d’Aiden fut une mimique amusée. Les mimiques de Panamee accrochaient le regard du jeune homme, qui se demandait s’il l’avait déjà vue quelque part – mais il se doutait qu’il s’en serait souvenu, et puis, surtout, il ne se souvenait pas avoir rencontré de directeur, ou d’adjoint, d’un service aussi important que la neurologie. Non, il s’en souviendrait, s’il avait déjà rencontré la jeune femme, avec son regard brillant et son sourire qui contrastaient avec sa moue légèrement exaspérée. Après que le jeune homme eut raccroché et proposé une deuxième fois son aide, un petit silence prit place. Puis, dans un soupir las, Panamee reprit la parole. « Dans ce cas, je suppose que vous ne voudriez pas m'aider. » Aiden arqua un sourcil. Depuis quand se désistait-il lorsqu’il s’agissait d’aider quelqu’un ? « Mes internes ont pris la fuite en pleine intervention chirurgicale, alors... » Aiden écarquilla les yeux, puis laissa échapper un rire stupéfait. Il commençait à comprendre – en effet, ne venait-il pas de dire qu’aider la jeune femme le distrairait de ses problèmes d’internes ? Il se demanda s’il n’avait pas rêvé, ou si Panamee n’avait pas plaisanté : après tout, c’était quand même un très gros hasard qu’ils se croisent deux fois de suite pendant qu’ils recherchaient la même chose, ou plutôt, les même personnes. « Comme je vous le disais, je doute que vous puissiez me venir en aide. Mais je peux peut être vous aider ? » Aiden sourit, toujours amusé par la situation. Il avait toujours du mal à croire à la situation – c’était quand même dingue qu’ils se soient rencontrés précisément à ce moment-ci.
    C’est fou, je m’attendais à tout sauf à ça… Mais c’est une bonne idée, peut-être qu’à deux, on les trouvera plus facilement.

Il la suivit alors dans la direction qu’elle avait désignée de la main, et ils se mirent en route, toujours en quête de Dexter, Ali et les autres. Il espérait qu’ils auraient plus de chance à deux, même si, paradoxalement, il n’était plus aussi pressé : il appréciait la compagnie de Panamee, et elle lui permettait de se détendre pendant cette période aussi stressante. Ce n’était pas dans les habitudes d’Aiden de traînasser, il était du genre assidu, en partie parce qu’il savait qu’il avait de la chance d’avoir réussi à trouver un boulot dans la médecine, et surtout d’avoir réussi ses études à Dartmouth. Il n’avait jamais obtenu quoi que ce soit sans effort, et il avait travaillé dur, il avait dû faire de son mieux chaque jour pour pouvoir atterrir ici, même si ce n’était qu’un poste d’urgentiste aux horaires ingrats. Habitué à la malchance et, quelque part, à la misère, il n’avait jamais sous-estimé la valeur de son boulot et s’était donc toujours engagé à respecter ses horaires, à être présent au maximum et à ne pas trahir la confiance que l’on lui accordait. Jamais il n’avait raté un jour de travail s’il pouvait l’éviter, jamais il n’avait cherché de prétexte pour échapper à ses tâches et ses obligations, et jamais il ne s’était plaint de quoi que ce soit – excepté des internes qui prenaient leur tâche un peu trop à la légère, exactement à l’inverse d’Aiden. Il avait beau comprendre que le rôle d’interne en cette période n’était pas le plus drôle que l’on puisse imaginer, et il avait beau savoir faire preuve de compassion et d’indulgence, il y avait des limites à tout et cette petite escapade qu’il était obligé de faire pour retrouver les étudiants en cavale chamboulait tout le service des urgences, où l’on devait s’occuper de dizaines de patients avec un médecin de moins qu’en temps normal, où la situation était déjà critique. Aiden aurait donc, en toute logique, fait aussi vite que possible, et c’est aussi ce qu’il a fait : chercher sans relâche et dans tous les recoins possibles et imaginables. Mais là, malgré lui-même, il se disait que ça ne ferait de mal à personne s’il restait un peu avec Panamee – après tout, même s’ils n’avaient pas le rythme soutenu qu’ils auraient eu en cherchant séparément, ils étaient en train de faire quelque chose d’utile et même de nécessaire, pas vrai ?

Cette recherche des internes devenait tout de suite plus agréable, grâce à la compagnie de la jeune femme. Plus besoin de courir tout seul et de marmonner à voix basse, à présent, il pouvait marcher à un rythme normal bien que suffisamment rapide pour avoir l’air pressé, et discuter avec Panamee à sa guise. Automatiquement, il la vouvoya – pas spécialement par marque de respect, bien que ce critère était valable, mais surtout parce qu’il la connaissait à peine et que c’était une habitude qu’il avait prise depuis bien longtemps maintenant. Il n’avait pas de problème avec le tutoiement et le préférait même au vouvoiement, mais il avait du mal à se permettre de tutoyer des inconnus tant que ceux-ci n’avaient pas pris l’initiative eux-mêmes. Et c’est ce que Panamee fit après quelques minutes de « vous » et de terminaisons en –ez. « Et puis cessez de me vouvoyer - je suis de votre génération - , je suis peut être chirurgienne mais pas une grand mère. Pas vrai ? » Aiden rit, en partie à cause de la phrase de la jeune femme, mais aussi pour sa mimique boudeuse et taquine à la fois. Elle avait raison, et sa requête (qui était presque un ordre) pour qu’il la tutoie tombait à pic – Aiden pourrait à présent parler normalement sans avoir à se sentir coupable, ou impoli.
    Vous… tu as raison, à moins que la chirurgie esthétique permette de perdre soixante ans. Il toisa rapidement Panamee de haut en bas, cependant sans avoir un regard inquisiteur ou gênant. Non, quelque chose t’aurait trahie.

Aiden sourit d’un air taquin, continuant d’avancer au même rythme que Panamee. Ils croisèrent plusieurs personnes que soit la jeune femme, soit Aiden connaissait, et ils durent s’arrêter à plusieurs reprises pour saluer et faire les présentations lorsque celles-ci n’avaient pas encore été faites. Le temps avançait, et toujours aucune trace des internes – ils semblaient vraiment avoir déserté pour de bon. Cinq minutes passèrent, puis cinq autres, et Aiden avait l’impression de tourner en rond. Une envie de caféine s’était emparée de lui depuis plusieurs heures, et lorsqu’ils passèrent devant une des cafétérias réservées au personnel et, par-dessus tout, déserte, il ralentit le pas, toisant Panamee du regard lorsqu’elle fit de même avec un regard interrogateur.
    Ça te dit, cinq minutes de pause ? Au point où on en est, ça peut faire de mal à personne.

Où était passé l’Aiden assidu et respectueux des consignes que l’on connaissait ? Il n’agissait pas par désir de se rebeller, non, il commençait juste à avoir mal aux pieds et puis, cette cafétéria était équipée d’une machine Nespresso, bon sang ! Ce n’était pas le moment de revenir avec de grands principes. Cinq minutes ne tueraient personne, pas vrai ? Il attendit que Panamee acquiesce puis lui ouvrit la porte pour qu’elle entre avant lui. Il la suivit à l’intérieur de la petite pièce, qui n’était en fait pas une cafétéria à proprement parler – c’était plutôt une petite pièce où l’on trouvait toujours de quoi boire ou manger entre deux patients, et où l’on trouvait régulièrement un collègue avec qui discuter. Une chance donc que la pièce soit vide, chose rare vu la taille de l’hôpital et son nombre de médecins.
    Tu veux un café ?, demanda Aiden en actionnant la machine pour une première tasse. Pendant que celle-ci se remplissait, il se hissa sur une des tables et s’y assit, invitant Panamee du regard à faire de même ou, au moins, à s’installer et reposer ses pieds qui avaient sûrement souffert autant que ceux du jeune homme. Malgré qu’il ne soit pas du genre bavard et qu’il ne l’ait jamais été, Aiden lança, d’un ton légèrement ironique à cause de l’exaspération que ses internes provoquaient chez lui :
    C’est dingue, j’me souviens de ma première année en interne, à Hanover – j’aurais jamais fait un coup pareil en pleine période de fêtes. Il s’interrompit, réfléchit quelques secondes puis reprit, un léger sourire aux lèvres : en même temps, en y repensant, je devais bien être le seul assez bouffon pour rester en permanence près du médecin, les autres descendaient tout le temps dans les sous-sols désaffectés pour y fumer des pétards.

Aiden sourit une nouvelle fois à l’évocation de ces souvenirs. Il savait que Panamee pourrait les interpréter comme ceux d’un nerd qui ne pensait qu’à ses études et qui avait toujours observé scrupuleusement les règlements sans jamais ne serait-ce qu’imaginer les enfreindre. Ce n’était pas la vérité – Aiden n’était pas bête au point de respecter toutes les règles qu’on lui imposait, si celles-ci ne lui paraissaient pas justifiées. On l’avait déjà engueulé à plusieurs reprises parce qu’il n’avait pas obéi à telle ou telle consigne, mais il avait toujours une raison pour laquelle il n’avait pas fait ce qu’il fallait. De là à descendre dans les abysses de l’hôpital pour fumer de l’herbe… Ce n’était pas non plus son genre.

La machine à café cessa de faire du bruit, mais Aiden, absorbé par ses pensées et dans sa contemplation quasi inconsciente de Panamee, n’y prêta aucune attention. Il se sentit brusquement fatigué, soumis au contrecoup qui aurait bien dû finir par arriver, après toutes les nuits de quatre heures de sommeil qu’il avait passées. Il suffisait de cinq minutes d’inactivité pour qu’il ressente la fatigue s’emparer de lui, et c’est pourquoi il buvait autant de café et bougeait autant. Aiden évita cependant de bailler ou de trahir tout sentiment de fatigue, ne voulant pas que Panamee les interprète comme des signes d’ennui. Il reposa son regard sur la jeune femme, tout en faisant en sorte de ne pas avoir un regard de pervers ou, tout simplement, trop gênant. Bizarrement, même s’il ne se souvenait pas l’avoir vue quelque part, son visage lui semblait familier, comme s’ils s’étaient déjà brièvement croisés dans le passé mais qu’Aiden n’en gardait pas de souvenir précis.
    Au fait, Pan –je peux t’appeler Pan ?– tu vis à Miami ? J’ai l’impression de t’avoir croisée en-dehors de l’hôpital mais j’arrive pas à me souvenir


Une fois de plus, comment aurait-il pu se douter que Panamee et lui habitaient dans la même rue, quasiment à des extrémités différentes, mais dans la même rue quand même ? Jamais il n’aurait pu imaginer une chose pareille, mais le monde est bien plus petit qu’il n’y paraît.
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Message(#) Sujet: Re: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptyJeu 14 Jan 2010 - 17:36

Alors qu'il avait reposé le téléphone qu'il venait de fourrer dans sa poche de blouse, elle s'était mise à rire sans pouvoir réellement le dissimuler et avait tenté de reprendre ses émotions au moment où il lui demandait comment lui venir en aide. C'était ironique. Lui parlant, elle le voyait écarquiller les yeux et se sentant presque gênée d'avoir le même soucis que Aiden, elle fut soudainement rassurée de le voir exploser de rire sous ses yeux. Souriant doucement en se frottant le haut du front alors qu'il ricanait sous ses yeux, elle redressait le visage en sa direction où elle le voyait sourire et ne put s'empêcher de faire de même. Un sourire plutôt marqué qui signifiait un commencement de grande amitié, effectivement, lui & elle était fait pour s'entendre si bien professionnellement que amicalement. Quelque part, elle s'était précipitée dans son chemin jusqu'à le bousculer pour le retrouver une seconde fois dans son propre service, alors quelque chose lui disait que s'ils cherchaient la même chose c'était qu'il y avait une espèce de destin derrière tout ça.

    AIDEN « C’est fou, je m’attendais à tout sauf à ça… Mais c’est une bonne idée, peut-être qu’à deux, on les trouvera plus facilement. » elle hôchait la tête en l'invitant à suivre ses pas.


La jeune mère était une toute autre personne à partir du moment où elle pénétrait dans cet établissement aux couleurs blanchâtres. Certes, elle pensait sans cesse à rejoindre son fils, mais lorsqu'elle était en contact avec ses patients elle songeait ni même à sa famille, ni même à ses désirs. Panamee avait ce don incroyable de réussir à se vider la tête grâce à un scalpel, elle rentrait dans le Baptist et tout d'un coup elle paraissait plus sereine et beaucoup plus sur d'elle. Trois ans d'études à Boston à zigzaguer dans de nombreuses villes avec son père chirurgien, elle avait été première dans de multiples stages avant de devenir à son tour ce que son père désirait. Médecin. Son désir de devenir une sauveteuse dans le crâne de chacun avait multiplié son travail, et seulement cinq ans plus tard et à vingt quatre ans elle était ce qu'elle était devenue : une femme.

Alors qu'ils s'avançaient tous les deux dans le couloir de l'hôpital, elle le zieutait du regard sans dire un mot et avait perdu tout fil de conversation depuis la présence de Aiden. Difficilement, elle faisait limite semblant de tourner la tête en cherchant ses internes, à en croire son attitude si curieuse, elle n'avait guère envie de trouver immédiatement ses étudiants - pour leur botter les fesses - mais préférait de loin rester en contact avec le jeune homme mystérieux. Elle diagnostiquait tous les faits et gestes de ce dernier, le voyant de temps à autre accelérer le pas en croyant voir l'un des leurs, puis ralentissant pour se remettre à la même hauteur que Panamee. Une tendance à s'extérioriser par la bouche, elle qui se mettait sans cesse à marmonner des choses inaudibles pour ses congénaires, avait perdu totalement son langage et ses paroles et semblait écouter son partenaire jusqu'à l'entendre vouvoyer. Elle s'arrêta nette en plein milieu du couloir, l'une de ses mains dans la poche et l'autre tenant un dossier tandis que ses sourcils se froncèrent, elle entrouvrit soudainement la bouche avec un air semi frustrée. Elle avait quoi ? 78 ans. Sur un ton ironique, elle lui lançait alors la première vanne de la journée pour détendre l'atmosphère, s'ils travaillaient dans la même enceinte durant plusieurs mois il fallait tout de suite mettre les choses au clair. S'enchaîna alors une mine attristée voir même boudeuse au sujet du vouvoiement, et elle le foudroyait du regard de ses iris nois alors qu'il semblait tout d'un coup destabilisé.

    AIDEN « Vous… tu as raison, à moins que la chirurgie esthétique permette de perdre soixante ans. » Elle secouait la tête négativement de droite à gauche en souriant, il n'y avait pas de quoi s'affoler sur le physique de Panamee, elle était conçue naturellement dans son intégralité. Se sentant tout d'un coup explorée de haut en bas par le jeune urgentiste - malgré son non regard inquisiteur - elle ne put que rougir doucement, mais se laissant montrer alors dans les moindres détails tandis qu'il semblait rentrer dans son jeu de taquinerie. Elle approcha soudainement son visage de celui de Aiden comme pour lui prouver qu'elle n'avait aucune cicatrice de lifting, et ricanant silencieusement elle se remit à marcher à ses côtés. Alors qu'il venait de la toiser dans la plus grande intimité, et ne voyant plus le jeune Lancaster à ses côtés, elle se retourna en continuant de marcher à reculons alors qu'il n'avait toujours pas bougé de place. Son sourire s'accentua alors qu'elle le voyait redresser la tête et venir la rejoindre, peut être déboussolé ou encore dans sa réflexion, elle voulut répondre à son intuition mais il prit la parole une nouvelle fois.« Non, quelque chose t’aurait trahie.» argumenta t il. C'est alors qu'ils tombèrent sur une patiente de Aiden qui était dans un mélange d'euphorie et d'envie à la vision du garçon, totalement éprise par un sentiment étrange, elle s'était limite agrippée à lui en lui demandant une dose de morphine. Panamee ria. Elle se moqua même de l'urgentiste et attendit alors qu'il calme la demoiselle pour reprendre la route, à deux, cherchant tour à tour les internes, lorsque la jeune mère n'était pas figée sur ce nouveau collègue. Curieuse ? Peut être. Elle tomba nez à nez avec un docteur de son service et s'arrêta un instant avec son collègue, lui présentant le jeune Aiden qui écoutait sérieusement toutes les phrases de la femme, elle le quitta et reprit son chemin au moment où son ventre bourdonna. Elle avait une faim de loup, et se mordant la lèvre de gêne vis à vis de son ventre, elle porta sa main libre sur son ventre comme pour le faire taire ce qui produisit le contraire.


Toujours aucun interne en vue. Finalement, même si elle contemplait de temps à autre le visage singulier de l'homme, elle n'arrivait pas à perdre en tête son travail de résidente, et la perte de ses étudiants était un échec pour elle. Quelques minutes plus tard, les deux jeunes gens arrivèrent vers l'accueil d'un autre service où une cafétéria attendait ses clients. Elle qui avançait toujours à la même allure perdit de vue Aiden qui venait de ralentir le pas, montrant une mine songeuse et portant son regard vers la machine à café. La jeune mère qui désirait son croissant français depuis le début de la matinée bénit immédiatement le plan de l'hôpital pour cette cafétéria tombée du ciel, et se mit à son tour à ralentir la marche et à scruter des yeux le stand de vienoiseries.

    AIDEN « Ça te dit, cinq minutes de pause ? Au point où on en est, ça peut faire de mal à personne. » , elle hôchait immédiatement la tête en restant figée sur la machine à confiserie, et alors qu'elle le voyait se diriger vers le distributeur de café, Panamee fonça droit vers les gâteaux et confiseries en tout genre. Entendant le bruit clinquant des pièces de son collègue qui tombait une à une pour rendre la monnaie, elle était tellement préoccupée par son choix qu'elle n'en donna pas le bon numéro dans la machine. « Tu veux un café ? » , elle secouait la tête négativement en regardant l'objet descendre avec une envie incontrôlable. Des Twix. Tant pis, remettant une autre pièce où elle attrapa les madeleines au chocolat puis une autre qui fit descendre une boîte de Maltersers et enfin de M&M's. Oui, lorsque la jeune mère avait faim ce n'était pas de la rigolade, telle une femme enceinte, elle se servait de tout et de n'importe quoi pour remplir l'ogre de son ventre. Se dirigeant ainsi avec ses quatre sacs vers la table où se dirigeait Aiden et son café, elle le suivit jusqu'à la chaise et déposa à la volée tous les cadeaux ainsi que son dossier, qu'elle avait dû tenir dans la bouche durant le trajet. Elle étira tout d'un coup ses jambes sur l'une des chaises vides de la salle, et attrapant son paquet de madeleine en main elle en enfourna une dans la bouche, sans politesse. Tendant le sachet en direction de son collègue qui lui souriait, elle l'invitait à goûter aux meilleures madeleines en sachet de distributeurs jamais vues. « C’est dingue, j’me souviens de ma première année en interne, à Hanover – j’aurais jamais fait un coup pareil en pleine période de fêtes. » Elle souriait et comprenait totalement la position de son collègue, car oui, elle tenait tant à son métier qu'elle ne pourrait se passer de la santé de ses collègues. « En même temps, en y repensant, je devais bien être le seul assez bouffon pour rester en permanence près du médecin, les autres descendaient tout le temps dans les sous-sols désaffectés pour y fumer des pétards. »


Interne, Panamee était la première. Choissisant dès sa première année sa classification pour la neurologie, elle s'était préparée à toutes les séries d'examens et était le petit robot des médecins, cherchant les anciens dans les caves en ingurgitant quelques secondes d'herbe. Elle avait un père chirurgien et connaissait ce monde stressant depuis sa naissance, elle n'avait eu aucun problème à se faire aimer de tous les résidents et à être acclamée pour les opérations chirurgicales. Et pourtant, elle était la première à emmener sa troupe d'internes dans les cachettes de son hôpital de Boston, alors quelque part, elle n'était peut être pas aussi bien que ses fumeurs de joints de s sous sols de Hanover.

La jeune mère n'était pas très bavarde et entamait à présent sa deuxième madeleine sous les yeux hagards de Aiden, entendant alors la machine à café qui s'arrêtait pour la boisson chaude du jeune homme, elle redressa la tête en un petit sourire. Il n'avait même pas entendu la fin de son chocolat, et elle se décida alors à se lever gentiment de sa chaise en poussant ses jambes jusqu'au distributeur. A une vitesse incroyable, elle se munit du gobelet en plastique, son autre main attrapait les pailles et le sucre pour se diriger vers son collègue où elle posa son verre sous ses yeux. Il était fatigué, ça se voyait. Panamee était la plus heureuse des femmes dans cet hôpital, et s'endormait sur son volant lorsqu'elle arrivait au parking de l'établissement en fin de journée. En gros, le contraire du garçon. Et voyant alors l'inactivité du jeune Lancaster qui continuait de regarder dans le vide - ou plutôt Pan qui bougeait la tête pour voir si il la bougerait et suivrait son mouvement, en vain - elle porta sa paume de main contre sa joue et croqua dans son gâteau.

    PANAMEE « Dis, je vais pas te donner la becquée tout de même. », disait elle en arquant le sourcil, se moquant totalement du jeune homme qui en sortit de ses pensées. Après tout, elle avait l'habitude de le faire tous les soirs avec son fils Oliver, alors une bouchée de plus ou de moins à nourrir ne lui semblait plus être si dure.
    AIDEN « Au fait, Pan –je peux t’appeler Pan ?– tu vis à Miami ? J’ai l’impression de t’avoir croisée en-dehors de l’hôpital mais j’arrive pas à me souvenir où… »


Elle relevait la tête une nouvelle fois et voyant le visage interrogateur de son collègue - elle commença à prendre peur - se connaissaient ils ? La première fois qu'elle l'avait croisé il lui avait semblait familier, et à présent il lui demandait où elle habitait, elle arrêta alors de croquer dans sa madeleine et la posa sur la table en fronçant les sourcils. Un instant plus tard, et remettant la fin de son gâteau dans la bouche avec vivacité, elle se tapa les mains pour retirer les miettes en portant ses deux mains contre ses joues et le regardait boire son café.

    PANAMEE « Ce sont mes amis qui m'appellent Pan. » disait elle dans un sourire alors qu'elle semblait le destabiliser encore plus. Un petit air enfantin sur le visage, elle ouvrit son paquet de M&M's et le déposa entre les deux en l'invitant à faire jouer sa gourmandise, puis reprenant la parole sur un ton plus monotone elle commença à bavarder avec Aiden. « Je suis d'un quartier de Miami - Ocean Grove - et je dois dire qu'à première vue et avec du recul, tu me dis aussi quelque chose. Du moins, si ma mémoire de sexagénaire ne flanche pas, tu sais ce que c'est lorsqu'on atteint la soixantaine... » ou comment être Panamee avec son humour sur le vouvoiement.
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Message(#) Sujet: Re: where the hell did they go ? (pv) where the hell did they go ? (pv) EmptyMar 19 Jan 2010 - 1:04


D’ordinaire si appliqué et rigoureux, Aiden n’éprouvait à présent plus la moindre envie de retourner aux urgence pour démêler ses patients de leurs guirlandes de Noël – il passait un bien trop bon moment en compagnie de la neurologue et espérait que celui-ci durerait encore un certain temps. C’était sans la moindre arrière-pensée – Aiden n’avait pas été sujet à un quelconque coup de foudre ou quoi que ce soit dans ce genre-là. Ou bien, si, il avait eu le coup de foudre, mais dans un autre sens. Il ressentait ce sentiment de confiance spontanée, celui qui lui avait dit immédiatement que Panamee et lui étaient faits pour être plus que de simples collègues, celui qui lui avait fait sentir que Panamee et lui deviendraient amis. Aiden, qui n’était pas du genre à se jeter dans les bras du premier inconnu sous prétexte que la personne en question était sympathique, n’avait pas la moindre réserve à l’égard de la jeune femme. Lui, d’ordinaire si renfermé et timide, ne ressentait plus le besoin de se protéger à tout prix, de se préserver d’une quelconque relation destructrice. Ce coup de foudre amical qu’il venait d’avoir à l’égard de Panamee était quelque chose de bien étrange, et pourtant, cela n’effrayait pas Aiden ni ne l’inquiétait. Il savait que la jeune femme l’appréciait, elle aussi, et qu’il y avait une raison à leur entente. Ainsi, lorsqu’une patiente désespérée s’agrippa à la chemise de l’urgentiste, Panamee se contenta de taquiner Aiden, ce qui était tout à fait au contraire de ses autres collègues féminines, qui souvent levaient les yeux au ciel, exaspérées, comme si Aiden était responsable de l’hystérie des pré pubères. Le moment en soi n’en était pas moins gênant pour Aiden, qui détestait être au centre de l’attention, mais la réaction de Panamee facilitait grandement les choses. Leurs caractères semblaient complémentaires et ressemblants à la fois, ce qui pourrait leur éviter bien des différends.

Dans la même lignée, Aiden apprécia le fait que Panamee ne soit pas un moulin à paroles – pour le jeune homme, le silence n’était pas forcément dérangeant et ne devait pas absolument être comblé. Panamee semblait partager cet avis pour le plus grand plaisir d’Aiden qui ne parlait que lorsqu’il avait quelque chose un minimum intéressant à dire. Lorsqu’ils entrèrent dans la cafétéria, il la vit prendre pas moins de quatre en-cas et sourit en voyant Panamee prendre toute sa nourriture sans un regard au nombre de calories. Aiden appréciait les femmes qui étaient capables de manger quelque chose sans se soucier en permanence du nombre de grammes que l’aliment en question leur apporterait. Voir Panamee mordre à pleines dents dans une madeleine sans le moindre égard pour leur valeur nutritive avait quelque chose que l’on pourrait presque qualifier de gratifiant pour Aiden, qui avait la preuve que toutes les femmes minces n’étaient pas toutes superficielles. Décidant de s’arrêter dans sa contemplation tant sur le point physique que psychologique de Panamee, de peur de passer pour un quelconque psychopathe, Aiden prit une madeleine dans le paquet que la neurologue lui tendit avec une expression de fine connaisseuse, ce qui amusa le jeune homme. Alors qu’il mâchonnait la pâtisserie, il se perdit à nouveau quelque peu dans ses pensées, et n’entendit pas la machine à café sonner pour annoncer qu’elle avait fini son travail. Il remarqua à peine que Panamee se leva pour aller lui chercher son café – s’il l’avait vue, il l’aurait aussitôt empêchée de se bouger pour lui, jugeant cela inutile puisqu’il avait lui-même deux bras et deux jambes parfaitement fonctionnels. Ce ne fut que lorsqu’il sentit quelque chose sur sa joue et entendit une voix cristalline lancer d’un ton moqueur ‘‘Dis, je vais pas te donner la becquée tout de même’’, qu’Aiden se réveilla de sa rêverie. Un sourire de remerciement coupable étira les lèvres de l’urgentiste tandis qu’il sentit malgré lui ses joues chauffer légèrement. Bon sang, pourquoi rougissait-il aussi vite et pour aussi peu de chose ?
    Désolé… et merci. J’espère m’en sortir sans biberon, répliqua Aiden, qui avait parvenu à jouer le jeu en troquant son sourire gêné contre un sourire plus assuré et rieur. Il n’avait pas la moindre idée de la situation familiale de Panamee, situation qui d’ailleurs ne le regardait pas le moins du monde, mais à en juger par l’âge qu’on lui donnerait et par sa silhouette svelte, il n’aurait jamais pensé qu’elle était mère d’un enfant.

Alors que la conversation dérivait vers l’habitation de Panamee, Aiden eut l’impression qu’il n’aurait pas dû poser cette question. Était-ce un regard effrayé qu’il croyait distinguer dans les yeux noisette de la jeune femme ? Oh non, maintenant, elle devait vraiment le prendre pour un psychopathe. Déjà qu’il avait passé des heures à la fixer… Mais elle sembla retrouver son self-control après quelques secondes, répondant déjà en lançant une pique. ‘‘Ce sont mes amis qui m'appellent Pan.’’ Aiden sourit.
    Ouch… eh bien, préviens-moi quand tu me considéreras comme tel, Panamee, répondit le jeune homme d’un ton narquois. Il n’était pas vexé, ou intimidé, non, il jouait tout simplement le jeu. Il allait de soi qu’elle ne le considérait pas comme un ami, mais ce n’était nullement par manque de respect qu’il l’avait appelée Pan, c’était tout simplement parce qu’il était de nature paresseuse et que prononcer une syllabe au lieu de trois l’aurait bien arrangé. Il supposait que Panamee connaissait les raisons de sa tentative d’adoption de surnom et que c’était pour cela qu’elle n’était pas plus offusquée que ça. Pas besoin d’être devin, le sourire de la jeune femme en disait assez sur ses sentiments, qui ne devaient pas être négatifs. Lorsqu’elle posa le paquet de M&M’s entre eux, Aiden arqua un sourcil. Tenterait-elle de faire diversion ? Tu sais, je pose cette question par simple curiosité, pas parce que je suis pédophile ou quoi que ce soit… de toute façon, tu aurais du mal à m’accuser de pédophilie, tu fais peut-être pas tes soixante ans mais tu n’as pas l’air mineure – à moins que tu sois vraiment un prodige de la médecine qui serait neurologue à dix-sept ans. Toujours ce même ton narquois, qui n’avait cependant rien de désagréable. Mais voilà qu’elle répondait, coupant court à toute la belle théorie d’Aiden concernant sa pseudo-pédophilie. ‘‘Je suis d'un quartier de Miami - Ocean Grove - et je dois dire qu'à première vue et avec du recul, tu me dis aussi quelque chose. Du moins, si ma mémoire de sexagénaire ne flanche pas, tu sais ce que c'est lorsqu'on atteint la soixantaine...’’ Une chance pour Aiden qu’il n’avait pas de café en bouche à ce moment précis, parce que si c’eût été le cas, il aurait tout recraché sur sa collègue. C’était. une. blague ? Aiden n’arrivait pas à savoir ou non si elle plaisantait – en même temps, comment aurait-elle pu savoir qu’il habitait précisément ce quartier, quartier où ses modestes revenus d’urgentiste n’auraient pas suffi à acheter une maisonnette ? Non, il fallait croire que le hasard était omniprésent ce jour-là. Rassure-toi, même après soixante ans, ta mémoire m’a l’air intacte – en tout cas en ce qui me concerne… J’habite Ocean Grove aussi.

Nouveau sourire de la part de l’urgentiste, en coin, cette fois-ci. Panamee risquait d’être au moins aussi surprise (et « surprise » était un bien petit mot pour décrire ce qu’Aiden ressentait en ce moment même) que lui. Il s’était attendu à un vague « ouais, j’habite à côté du supermarché X » ou « je tiens l’épicerie Y pour arrondir mes fins de mois », mais pas à une révélation pareille. Maintenant, au moins, il était sûr de l’endroit où il aurait déjà pu la croiser. Il y avait une chance sur deux qu’ils habitent la même rue, étant donné que le nombre de rues vraiment habitées à Ocean Grove était de deux. Si elle habitait Apple Road tout comme lui, il n’aurait plus qu’à envisager l’hypothèse de la CIA qui aurait envoyé Panamee à ses trousses pour le surveiller dans ses moindres faits et gestes. Mais quelque chose lui disait que ce n’était pas le cas, et que la CIA n’était pas au courant de son existente – ou du moins, même si elle l’était, n’en aurait rien à faire de lui, ce qui était assez compréhensible étant donné qu’Aiden n’était pas vraiment le genre de personne que l’on pourrait qualifier de criminel. Non, tout cela était du pur hasard, et heureusement pour Aiden qu’il croyait précisément à ce hasard, sinon, il aurait pu passer des semaines à se torturer l’esprit pour trouver un quelconque lien logique entre tous ces éléments qu’il avait en commun avec Panamee. Mais maintenant n’était pas le moment de penser à tout cela, il avait suffisamment réfléchi pour aujourd’hui.

Les deux médecins furent interrompus dans leur fascinante occupation par un grand bruit venant de la porte, et Aiden releva aussitôt la tête. Devant lui se trouvaient Ali et une demi-douzaine d’autres personnes qui devaient avoir une vingtaine d’années. Les fameux internes, qui semblait s’être jetés dans la gueule du loup. Quelle merveilleuse idée Panamee et Aiden avaient eue en venant se reposer ici ! Lorsqu’Ali croisa le regard d’Aiden, elle déglutit, attendant la tempête. Mais celle-ci ne vint pas – Aiden se contenta de sourire, pas de ce sourire bienveillant qu’il avait l’habitude d’adresser à ses internes blasés par leurs tâches inintéressantes d’assistants, non. C’était un sourire qui ne présageait rien de bon, comme s’il cherchait à dire « je ne dirai rien devant la chef adjointe neurologue, mais quand on sera entre quatre yeux, ça va chauffer ». Ali semblait avoir capté le message à 100%, à en juger par la pâleur de son visage habituellement écarlate. Les autres internes se tenaient, maladroits, derrière elle. Ils feraient mieux de ne pas s’enfuir et ils le savaient – cela pourrait signifier la fin de leur travail ici, et aucun d’entre eux ne tenait à cela, même si leur travail à l’hôpital ne les passionnait pas vraiment. Aiden glissa à Panamee, tout bas :
    Tiens tiens, regardez qui vient d’arriver, docteur McCawley… Il reposa ensuite son regard sur les internes, dont certains lui semblaient inconnus – peut-être étaient-ce les internes de Panamee. D’une voix très neutre et indifférente, il lança à ses internes : Vous vous rendez compte que votre petite… pause a immobilisé les urgences pendant près d’une heure ? J’espère que vous aurez plein de morts sur la conscience, ça vous apprendra. En revanche, je dois vous féliciter – j’ai jamais autant galéré à retrouver quelqu’un, et même si l’hôpital est grand, vous avez bien réussi à vous cacher.

Aiden avait toujours été comme ça – relax, parfois moqueur, mais il évitait généralement de s’énerver. Il savait par expérience que les sarcasmes pouvaient avoir beaucoup plus d’impact que les cris et les engueulades. Il voulait se faire respecter de ses internes sans passer pour une brute terrorisante, et le sarcasme était un bon compromis pour arriver à ce résultat. En effet, Ali et les autres sourirent en entendant le compliment ironique d’Aiden, mais semblaient toujours aussi appréhensifs à l’idée de ce qu’il leur réservait comme sanction.
    Ali, Jack et les autres, vous allez déjà retourner aux urgences et prévenir Arthur de votre retour. Vous avez dix minutes, et je biperai Arthur pour m’assurer que vous soyez à vos postes d’ici là. S’il manque un seul de vous, je promets de faire des boules de bowling de vos têtes. Allez, ouste, on a perdu assez de temps comme ça avec vos parties de cache-cache !

Toujours quelque peu appréhensifs mais cependant l’air relativement rassurés, les internes d’Aiden firent volte-face pour suivre les instructions de l’urgentiste. Aiden tourna ensuite la tête vers Panamee, comme pour l’inviter à s’exprimer devant ses internes. Il ne savait pas si elle adopterait la méthode de l’humour comme lui l’avait fait, ou si elle se déchaînerait sur les étudiants – les deux alternatives pourraient se montrer aussi distrayantes l’une que l’autre. Ils étaient toujours assis sur la table, le paquet de M&M’s entre eux, Aiden tenant son gobelet de café et Panamee qui avait les genoux recouverts de paquets de friandises. Ils n’avaient clairement pas l’air de médecins exemplaires, à en juger par la manière dont ils étaient installés, et c’était sans doute la raison pour laquelle quelques internes arboraient de faibles sourires malgré la situation relativement critique dans laquelle ils s’étaient embarqués. Ils auraient tout de suite affaire à la grande colère de Panamee McCawley. Ou pas, ça reste à voir.
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