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 No questions, no doubts | Lyann

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No questions, no doubts | Lyann Vide
Message(#) Sujet: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptyLun 19 Oct 2009 - 22:37

En l'espace de quelques mois, la vie à Ocean Grove avait été plus perturbée que celle de n'importe quelle autre ville de l'état. Les accidents, catastrophes et faits divers sordides s'étaient succédés, sans même laisser le temps au habitant de souffler entre chaque. Et pourtant, par le plus grand des hasards il faut bien l'avouer, Basil n'avait jamais eu l'occasion d'y être directement concerné. Il avait suivi les affaires, mais à chaque fois de loin, une fois que tout était passé et terminé, sans courir le moindre risque. Ça en étant presque frustrant à force. Il y avait comme une sorte de fatalité bienveillante au dessus de ses épaules, allant jusqu'à le faire tomber malade la veille du gala de charité, le clouant au lit au lieu de vivre cette fameuse prise d'otage. Elle aurait pu très mal tourner pour lui, il aurait pu y rester, mais monsieur regrettait quand même un peu d'avoir été si près sans y avoir un quelconque rôle. Comme quoi on n'est jamais content de son sort. Mais avec la rentrée scolaire tout semblait s'être à nouveau calmé. Les gens reprenaient peu à peu le cours de leur vie, oubliant ce qui les les angoissait tant avec une facilité déconcertante puisque tout était plus facile comme ça. Et tout le monde en arrivait à regretter la fin de l'été, malgré tout ce qui l'avait accompagné, parce que l'on ne veut pas retrouver son quotidien habituel. Sauf pour lorsqu'on est comme Basil, où cela signifie reprendre une vie à peu près normale et tirer un trait sur toutes les difficultés existantes quand on veut voir quelqu'un régulièrement, mais en secret. Pour ça, la routine était un véritable luxe qui lui avait manqué. Mais après deux mois de complications, les choses revenaient à la normale.

Enfant, j'avais toujours détesté les jours de rentrée. Rencontrer de nouvelles personnes, se plier à leurs manies, changer de salles, de batiments, tout ce qui peut en faire le charme me déplaisait au plus haut point. J'étais toujours le dernier à rentrer dans la classe, celui qui s'asseyait tout au fond pour ne pas qu'on le remarque tout de suite et me laisser le temps d'observer ces autres autour de moi. Je guettai le moindre geste de leur part, ce qui aurait pu me dire qui ils étaient avant qu'ils n'ouvrent la bouche et me confrontent à la réalité. On me prenait toujours pour un enfant timide dans les premiers temps, et puis ça passait. Mais là, la situation était différente. Toutes les semaines j'allais retrouver Lyann pour nos consultations si particulières, deux heures probablement les plus enrichissantes de ma semaine quand je les comparai à ce que j'allais faire en cours. Nos rendez-vous duraient deux heures, parfois un peu moins, parfois un peu plus, sans que personne ne s'en offusque. C'est comme ça chez les psys. On parle, on évoque une chose puis une autre, et alors que la séance approche de la fin on réalise où est situé le nœud de l'affaire et on tente d'y remédier avant de le perdre de nouveau. Tout le monde sait très bien qu'il s'agit d'une tentative désespérée, après tout rien de bon ne se fait dans la précipitation, mais il en va de cette urgence quelque chose de quasi-vital. C'est courir après l'espoir que tout s'arrangera, et que l'on sera débarrassé une bonne fois pour toute de nos démons. Et cela prend évidement énormément de temps comme vous pouvez vous en douter. Il y a ainsi certaines choses qui s'étirent dans le temps, tant par besoin que par envie, et cela est aussi vrai des baisers. On tend la joue, on avance les lèvres, et tout devient horizontal sous nos yeux. Et c'était comme ça que se passaient les choses entre Lyann et moi. On discutait, et puis un peu plus... Ca restait des rendez-vous "officiels", j'étais toujours inscrit sur son registre, mais j'osais espérer que ce que nous faisions n'était pas habituel dans sa façon de s'occuper des patients. Non, c'était particulier. Elle était celle à qui j'avais tout dit, tout dévoilé -ou presque- de ce que j'avais sur la conscience. Comment expliquer que, alors que je n'étais venu que pour un simple problème d'insomnie, j'en étais arrivé à lui raconter les véritables raisons qui m'avaient poussé à venir à OG? Elle était la seule au courant, tout comme elle l'était de multitude de petits détails de mon passé que je n'aurai pas racontés spontanément. Elle donnait envie de lui faire confiance, d'essayer de se mettre à nu devant elle, métaphoriquement parlant bien entendu. Et peut être que c'était pour ces mêmes raisons qu'un jour je l'avais embrassée. Et cela durait encore aujourd'hui. On se voyait une fois par semaine, sous l'alibi que j'avais besoin d'elle en tant que psy, et à chaque fois avec au loin l'idée que cela pourrait être la dernière fois. Nous n'avions pas le droit d'être ensemble, mais notre couple n'avait pas été prémédité. Ca s'était fait comme ça et nous y avions tous les deux suffisamment trouvé notre compte pour avoir envie que cela continue. Et puis le goût de l'interdit rendait les choses si intéressantes... Ca en était même étonnant de réaliser qu'après plus d'un an personne ne s'en était encore rendu compte. Il fallait croire que l'on était assez doué pour ne pas se faire remarquer. Nous ne sortions jamais ensemble dans des endroits où l'on aurait pu nous rencontrer, préférant faire plusieurs heures de route plutôt que de prendre des risques inutiles, et ça avait payé.
Et aujourd'hui, c'était le premier rendez-vous de cette nouvelle année. Je reprenais les cours et nous aurions plus d'occasions de nous voir, même si ce serait juste pour se dire un simple "bonjour". Et même si de mon côté je sentais que je n'éprouvais plus les choses avec autant de force, je restais terriblement attaché à elle. Car elle me faisait un bien fou.
    Bonjour Basil... Entre, elle t'attends!
    Merci.

A force de venir, j'avais sympathisé avec Hailey. On n'avait jamais vraiment l'occasion de discuter vu que j'arrivais plus souvent en retard que le contraire, mais ça nous laissait quand même le temps d'échanger quelques mots. Et puis, quand on voit quelqu'un aussi souvent, c'était normal.
Et puis je m'approchai de la porte, tapai deux coups brefs comme à chaque fois, et l'ouvrai sans attendre de réponse. Aujourd'hui était un jour particulier et je ne me sentais pas d'humeur à tourner autour du pot pendant des heures. Passer du temps avec elle n'en était pas une perte, mais je contenais déjà difficilement l'excitation que me procurait cette découverte. J'étais comme un enfant au matin de Noël, attendant d'ouvrir ses cadeaux. J'allai vers elle, déposai un baiser sur ses lèvres avant d'y apposer mon index pour l'empêcher de parler.
    Si ça t'embête pas il faut qu'on parle. J'ai quelque chose à te raconter. Quelque chose de très intéressant... et important...

Je souriais, je n'arrivais pas à m'en empêcher. Depuis la veille rien n'arrivait à me l'enlever. J'étais véritablement comme un enfant. Je pris la chaise la plus proche et la tournai pour m'assoir en face d'elle.
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No questions, no doubts | Lyann Vide
Message(#) Sujet: Re: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptyJeu 26 Nov 2009 - 4:47

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No questions, no doubts


Quelques jours à peine séparait la rentrée scolaire de la prise d’otage qui avait eu lieu lors du gala des Blythe et, malgré le choc qu’elle avait subit – et les multiples blessures, Lyann avait tenu à être présente à son travail, malgré les avertissements soutenus de son médecin qui lui avait conseiller de prendre au moins une semaine de repos. « Impossible ! » lui avait-elle seulement répondu; elle craignait les moments de solitude depuis l’évènement, probablement parce que ses pensées rejouaient sans cesse cette scène ancrée avec insistance dans son esprit, celle-là même où elle avait frôlé la mort de près... À bout de patience, son docteur avait renoncé et aujourd’hui, Lyann avait reprit la route de l’université, la tête ailleurs, songeant à tout et rien à la fois, cherchant simplement une prétexte pour se changer les idées. En définitive, elle finit par ouvrir la radio, d’où s’échappait désormais une mélodie qu’elle connaissait bien, soit celle du groupe Our Lady Peace. Si elle n’avait pas eu cette blessure à la côte qui lui faisait un mal de chien, elle aurait sûrement chanté à tue-tête, mais elle se contenta seulement de faire un peu de lipsing, ce qui l’occupa le reste de son trajet.

Se frayer un chemin parmi la foule d’étudiants qui se trouvait sur le campus, ce matin-là, ne fut guère évident. Déjà, sa démarche n’était pas aussi élégante qu’à la coutume – un léger étirement de la cheville en était le responsable. Ensuite, ses nombreuses coupures au dos et aux bras, causées par le verre qui se trouvait sur la table qui avait amortie sa chute, lui donnait un léger inconfort, même si le tout était protégé par une multitude de bandages. Cependant, comme rien de tout cela n’était visible – merci aux vêtements d’être un si bon camouflage, les gens qui l’accrochait ne se rendait compte de rien, s’excusant à peine, mais ils lui causaient des douleurs qui la firent grimacés. Elle soupira d’aise quand elle arriva enfin dans son bureau, s’y réfugiant avec bonheur. Elle mit un certain temps à retirer le veston qu’elle portait; un dernier bandage, se trouvant sur sa main gauche, lui rendait la vie quotidienne plutôt compliqué. Quand elle fut assise sur son fauteuil, elle prit enfin le temps de consulter son horaire de la journée et fut heureuse de voir qu’il n’était pas aussi chargée qu’à l’ordinaire : en dehors de ces habitués, il n’y avait que deux nouveaux patients.

La matinée passa sans soucis, quelques petits élancements ici et là, mais comme elle avait des antidouleurs dans son sac à main, ils furent vite mit aux oubliettes. Elle rencontra ses deux nouveaux étudiants, apprit à les connaître, revus certains de ses habitués et ils passèrent une bonne partie de la séance à parler de leur été respectif plutôt que de leurs problèmes. Elle dîna en compagnie d’Hailey, qui eut la gentillesse de lui apporter un repas de la cafétéria dans son bureau, consciente que le chemin jusque là-bas serait un véritable calvaire pour sa patronne. Lorsque fut l’heure de reprendre le travail, elle fit comprendre à Hailey que son prochain patient pouvait venir la rejoindre dès son arrivée – elle se doutait bien qu’il serait en retard. C’était Basil, après tout et il était probablement le patient qu'elle connaissait le mieux parmi ces étudiants.

Leurs rencontres avaient commencés il y avait un peu plus d’un an de cela ; Basil désirait avoir de l’aide pour soigner de l’insomnie et on lui avait conseillé de venir voir une psychologue plutôt qu’un médecin, pour régler ce problème à la source. Effectivement, il s’était avéré, après plusieurs rendez-vous, que ce garçon en avait des choses à dire et il devint un patient régulier de Lyann. Puis un jour, tout bascula sous le simple effet d’un baiser : c’est qu’il était perspicace, celui-là. Certes, elle avait bien remarqué la chimie qui émanait d’eux, mais jamais elle n’avait eu la moindre idée des intentions qu’avait à son égart Basil Lane. Avec surprise, elle avait répondu à ses avances et cela n’avait été que le début de toute une aventure… L’interdit, le mystère, le danger, il y avait quelque chose d’excitant dans tout cela, si bien qu’après plus d’un an, leur petit secret dure encore et personne ne s’en doute, pas même Hailey qui connaît pourtant ses patients aussi bien qu’elle.

Deux petits coups se firent entendre, puis la porte s’ouvrit, laissant passer son patient préféré – si l’on peut dire ainsi. Elle se leva – difficilement - pour l’accueillir, cueillant le baiser qu’il déposa sur ses lèvres. Il fut court, précipité, loin de ressembler à ceux qu’elle avait l’habitude de recevoir de sa part. Elle voulu lui en faire part mais il posa son index sur ces lèvres, l’obligeant au silence.

BASIL ▬ Si ça t’embête pas il faut qu’on parle. J’ai quelque chose à te raconter. Quelque de très intéressant… et important.
LYANN ▬ Je savais bien qu’il y avait quelque chose. Assied-toi et raconte-moi.

Il ne fallut pas plus de trois secondes pour que Basil se retrouve à ses côtés, assis sur le premier siège qu’il avait vu. Lyann en fit de même, grimaçant de douleurs : il lui faudrait reprendre une autre dose d’antidouleurs si elle voulait passer aux travers de son après-midi… Elle se pencha pour prendre son sac à main et elle y trouva rapidement ce qu’elle cherchait.

LYANN ▬ Excuse-moi Basil… je dois prendre ces médicaments. Ce n’est rien de grave, tu sais. Rien que certaines conséquences du gala des Blythe… rien que ça.

Elle avala les deux petites pilules blanches d’un seul trait, puis elle prit une gorgée de son verre d’eau afin de faire passer le tout. Avalez lui faisait toujours aussi mal, mais elle avait fini par s’habituer à la douleur, elle se sentait ainsi bien vivante.

LYANN ▬ Alors, qu’avais-tu à me dire de si important.
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No questions, no doubts | Lyann Vide
Message(#) Sujet: Re: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptySam 5 Déc 2009 - 0:06


    Le temps de m'assoir, je jetai un rapide coup d'œil à la pièce autour de moi. J'y étais venu tellement souvent que je la connaissais presque par cœur, de la place de chaque livre aux tableaux sur les murs en passant par cette tâche sur le mur, souvenir d'un café que j'avais renversé ce même jour où je l'avais embrassée pour la première fois. C'était venu spontanément, je ne pouvais pas dire le contraire. On s'était vu un certain nombre de fois déjà et à chaque fois je repartais en me sentant bizarre, comme si quelque chose me manquait dès l'instant où je la quittais. Je n'avais pas ressenti une attirance aussi forte pour quelqu'un depuis près d'un an, tentant de guérir de vieilles cicatrices qui tardaient à disparaître. J'avais fait foirer ma dernière histoire avant même qu'elle ne se mette en route, quant à la précédente ce n'était même pas la peine de l'évoquer. Tout ça pour dire que le fait d'éprouver quelque chose d'aussi fort m'avait prit de court. Je n'avais rien prévu, rien planifié, et d'un coup tout semblait évident. Je ne savais pas grand chose d'elle mais ça me suffisait. Alors un jour, au lieu de parler de moi comme j'étais sensé le faire, je l'avais embrassée, renversant son café au passage qui s'était répandu sur le sol et une partie du mur le plus proche. Et elle n'avait prit mal ni l'un ni l'autre, me regardant nettoyer mes bêtises en riant et m'embrassant à son tour une fois ma tâche accomplie. C'était inattendu, et particulièrement agréable. Le genre de situation qui parait si parfaite sur le moment que l'on voudrait qu'elle dure éternellement.
    J'aimais sans compromis, m'emballant très vite. J'avais besoin de voir la personne qui m'était chère régulièrement, même pour ne rien faire d'autre qu'un petit signe derrière un carreau, et c'était aussi pour cela que les choses ne pouvaient que bien se passer. Je faisais suffisamment attention pour ne rien gâcher. Personne ne devait découvrir ce qui se passait réellement entre nous, alors nous nous amusions à brouiller les pistes et c'était une partie du plaisir que nous tirions à être ensemble.
    Je tenais à elle, réellement, et pourtant je ne pouvais pas me dire amoureux sans avoir l'impression de trahir quelque chose. Il n'y avait pas de mots pour dire ce que j'éprouvais à son sujet, du moins pas à ma connaissance. Je l'aimais d'une façon un peu spéciale, comme l'on aime ces personnes avec qui l'on partage plus que de simples banalités, qui nous font sentir que l'on est plus important que ce que l'on est réellement. Elle me rassurait, m'encourageait, me fait aller bien, me faisait apprécier tout ce que j'aurai pu ne pas remarquer. Elle était celle dont j'avais besoin à un moment de mon existence, et je ne pouvais pas m'estimer autrement qu'heureux d'avoir eu cette chance. D'une certaine façon, ce que j'avais perdu en la perdant elle, je savais que c'était irremplaçable. Même en laissant passer du temps, même en rencontrant d'autres personnes, je sentais qu'une relation de ce type ne pouvait pas se reproduire de fois. En un sens c'était peut être mieux ainsi, comme une mise en forme d'une sublimation future.

    Depuis quelques jours, j'avais beaucoup réfléchi à cette rencontre que j'avais faite et à ce qu'elle pourrait m'apporter. J'avais en partie laissé passer ma chance sur le moment, mais avec du recul je réalisai que c'était déjà une bonne avancée. En l'espace d'une semaine, j'avais apprit plus qu'en l'espace d'un an, et le sourire qui accompagnait cette petite victoire ne quittait plus mon visage. C'était plus fort que moi, dès que mon attention se relâchait elle se retournait sur cette nouvelle et tout mon esprit repartait dans une autre direction. Déjà incapable d'effectuer plusieurs taches en même temps, là c'était encore pire, mais le fait d'en parler me permettrait peut être de tourner en partie la page. Je savais bien qu’il y avait quelque chose. Assied-toi et raconte-moi. Elle me connaissait trop bien pour ne pas s'en douter. Jamais je n'avais commencé notre séance hebdomadaire autrement qu'avec un long baiser et en lui demandant de ses nouvelles. Préoccupé par mes propres petites histoire, je négligeais mon devoir, mais je n'y pensais même pas. Le temps de prendre un siège, de m'assoir et de poser mon sac au pied du fauteuil, j'allais entamer mon récit quand je la vis sortir un petit tube de son sac. Elle du remarquer mon trouble puisqu'elle s'en justifia aussitôt. Excuse-moi Basil… je dois prendre ces médicaments. Ce n’est rien de grave, tu sais. Rien que certaines conséquences du gala des Blythe… rien que ça. Si je n'avais pas fait aussi attention à elle que ce que j'aurai du en arrivant, je pris alors conscience de ces petites marques qu'elle tentait de camoufler: ces éraflures sur sa main, son poignet bandé et surtout ces grimaces que lui arrachait le moindre mouvement. Comment avais-je pu être égoïste au point de ne pas voir qu'elle n'était pas bien?
    Le soir du gala, j'étais resté enfermé chez moi à combattre un gros rhume, probablement la maladie la plus ridicule à attraper en plein été, mais qu'importe. J'étais enroulé dans ma couverture, l'ordi posé sur les genoux à regarder des films pour compenser l'ennui que j'éprouvais à rester dans mon lit. J'avais fini le troisième de la journée quand un flash d'information sur la page d'accueil internet attira mon regard: "Prise d'orage au Gala des Blythe!" Je n'avais pas assez de fièvre pour délirer et personne n'aurait osé faire une plaisanterie de si mauvais goût, ce ne pouvais être que vrai. J'avais alors attrapé mon portable, le rallumant le plus vite possible pour appeler Lyann. Elle m'avait dit qu'elle irait, mais je me raccrochais à l'espoir qu'elle ait eu elle aussi un empêchement. Je l'appelais à quatorze reprises, laissant quatorze message sur son répondeur. Entre deux, j'appelais les autres personnes que je savais présentes au gala avec toujours le même résultat: messagerie. Je tournai en rond pendant deux bonnes heures jusqu'à ce que la fatigue ne reprenne le dessus. Il arrivait ainsi que le corps impose sa volonté.
    En me réveillant, tout était fini. C'était comme sortir d'un mauvais rêve sauf qu'il avait été réel comme en attestaient les messages sur mon portable. Ils trahissaient toute l'angoisse et le soulagement de leurs auteurs même s'ils ne prenaient pas le temps de trop détailler leur était d'esprit. Même Lyann ne m'avait passé qu'un court appel pour me rassurer, et au moment où cela était arrivé cela m'avait suffit.

    Alors, qu’avais-tu à me dire de si important. Comme souvent, je m'égarais dans mes propres pensées mais la voix de Lyann m'avait ramené sur Terre. Oui, j'avais des choses à lui raconter. Mettant de côté toute cette histoire de gala et je me repris à sourire.

      J'ai rencontré mon demi-frère!

    Le prononcer à haute voix, et à destination de quelqu'un, était particulièrement bizarre: c'était admettre pour de bon cette éventualité que je ne réalisais qu'à peine. En faisant quelques recherches préliminaires sur mon père j'avais bel et bien découvert qu'il avait eu des enfants de son mariage "officiel", mais dans mes hypothèses multiples ils n'entraient jamais en jeu. Et même si rien encore ne me prouvait qu'il s'agissait réellement de mon demi-frère, c'était ainsi que je considérais Neal Rowlands.

      J'ai pas eu l'occasion de lui expliquer qui j'étais, ni de trop lui poser de questions... enfin c'était tellement bizarre de le croiser comme ça, au Starbucks, que j'ai pas trop su comment mener la conversation... Et puis il se méfiait un peu... il a du me prendre pour un fou ou je ne sais trop quoi, que je le draguait peut être... mon propre frère j'aurai pas osé quand même...
      Je suis pas très cohérent je crois...

    J'avais beau tout avoir en tête, le raconter n'était pas aussi facile que ce que j'avais cru, et tout les mots s'emmêlaient au moment de sortir. Mais l'essentiel du message était passé et je me sentais mieux. Ce n'étais pas un poids, bien au contraire, mais partager ce qui était à mes yeux la nouvelle du mois, de l'année même, était véritablement un bonheur.
    Tout au long de mes recherches, elle avait été là, me soutenant autant qu'elle le pouvait. Elle m'avait toujours encouragé, quoi que je décide de faire, et d'une certaine façon je lui devais ce moment: si je n'avais jamais envisagé d'abandonner quoi que ce soit, elle m'avait témoigné le soutien dont j'avais besoin quand tout ce que je faisais se résumait à une absence d'avancées. Je m'avançais jusqu'à elle, pas grand chose nous séparait, et posait ma main sur la sienne. La réalité reprit alors contact avec moi. Même si mon geste n'avait rien de violent, elle fit une légère grimace que j'interprétai par sa douleur. Ses blessures, je les avais oubliées. Je retirai aussitôt ma main, comme si je m'étais brûlé.

      Oh, pardon!
      Désolé, je ne t'ai même pas demandé comment tu allais. J'étais tellement obnubilé par cette histoire que... Bref, comment tu te sens?



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No questions, no doubts | Lyann Vide
Message(#) Sujet: Re: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptyVen 18 Déc 2009 - 0:29


No questions, no doubts


Le regard de Lyann se posa un instant sur sa tasse de café, pas très loin d’elle. Toujours au même endroit, toujours cette même tasse. Il y avait des choses, des habitudes, que l’on était incapable de changer. Mais cet objet représentait une stabilité étrange à laquelle elle s’était attachée, symbole du secret qu’elle partageait avec son patient. L’odeur du café, elle, lui rappelait cette journée-là, celle où tout avait basculé. Elle se souvenait du liquide brulant qui souillait son tapis, de cette tasse qui roulait sur le sol, de ses lèvres sur les siennes, de ses mains qui la serraient tout contre lui. Il lui semblait que cette époque était lointaine, désormais, dans un autre monde, peut-être. Sans doute la distance de Basil y était pour quelque chose.

Leur histoire n’était pas de celle qu’on voyait dans les romans d’amour, ni même dans les films ou les dessins animés. Ils n’avaient pas prévus de « se marier et avoir beaucoup d’enfants » ou « d’être heureux jusqu’à la fin des temps », pareillement à ces contes de notre enfance qui nourrisse notre imaginaire d’enfant. Car l’adulte ne voit plus cela avec innocence, mais avec réalisme : être heureux pour toujours implique des sacrifices que l’on n’est pas toujours près à faire. Leur relation ne pouvait pas s’éterniser, mais le temps qu’elle durerait, ils s’en contenteraient, heureux d'être là l’un et l’autre. Et ils en savoureraient chaque parcelle, chaque détail, décidant que vivre au présent était plus vivifiant que de penser au lendemain. Pourquoi se poser des questions auxquelles on ne peut pas apporter de réponses, si ce n’est que pour vous torturer l’esprit? Eux ne s’étaient posés aucune question, suivant simplement leur instinct. Mais ils n’appartenaient pas au même monde, ils n’étaient pas destinés à être ensemble. Ils le savaient mais à quoi bon. Alors qu’était-il pour elle? Un jouet? Un passe-temps? Non, il n’était point cela. Il était son ange gardien, son ami, son amant. À l’image de ce que ressentait Basil à son égart, il avait été là au moment où elle avait besoin de quelqu’un. Ce n’était pas de l’amour, du désir peut-être. Il comblait un manque que son être et son corps réclamait. Sa logique implacable n’y avait vu que des problèmes et son cœur, lui, n’avait point cessé de battre en sa présence, plus vite, plus fort que jamais.

Quel était donc cette chose qui semblait tourmenter Basil, à un point tel qu’il ne lui accordait désormais que le tier de l’attention qu’il lui réservait, d’ordinaire. D’ordinaire, dès que son humeur déclinait, il était là à s’inquiéter pour elle plus qu’elle-même… et voilà que quelques jours seulement après le gala, où il s’était fait un sang d’encre à son sujet, il n’était déjà plus le même. Mais n’avait-elle pas changé, elle aussi, au cours de cette soirée? L’approche de sa mort, si évidente, lui avait-elle fait réaliser certaines choses qu’elle ignorait, ou au contraire, cela lui avait-il seulement ouvert les yeux sur ce qu’elle désirait vraiment?

FLASHBACK
Une lumière étincelante brillait au dessus d’elle, forçant ses yeux à se refermer d’eux-mêmes… même s’ils étaient déjà bel et bien clos. Dès que ses paupières s’étaient mises à remuer, elle avait brusquement disparu et une voix s’était fait entendre, inconnue à priori. Puis, tout à coup, ce fut comme un choc : les cris, les larmes, les sirènes d’ambulance et de police. Les lumières des flashs, autant des véhicules sur place que des caméras de la télévision locale éblouissaient Lyann. Un infirmier se tenait à ses côtés, ajoutant un dernier bandage à son corps meurtris. Semblait-il que les autorités avaient décidé de soigner tous les blessés directement au port et d’envoyer uniquement les pires cas à l’hôpital, pour ne pas les surcharger. Elle poussa un soupir de soulagement qui lui arracha une plainte aigüe.

INFIRMIER ▬ Vous avez une blessure à la côte, faite-bien attention. Vous allez rencontrer un médecin à la première heure, demain, mais pour l’instant, beaucoup de repos et quelques antidouleurs feront l’affaire.
LYANN ▬ Merci. Savez-vous où se trouve mon portable?
INFIRMIER ▬ Ici, un agent de police l’a récupéré pour vous. C’est intelligent d’avoir inscrit votre nom sur ce dernier, auriez-vous l’habitude de le perdre?
LYANN ▬ C’est possible, lui fit-elle, affichant un sourire en coin, malgré la douleur de ses blessures.

Il lui tendit le dit appareil, qu’elle s’empressa d’ouvrir. Les petits bips l’avertissant d’un message résonnèrent alors, assourdissant. Plus de quatorze messages, certains venant de gens qu’elle connaissait, mais principalement, il venait tous d’une seule et unique personne. Lyann remercia l’infirmier d’un sourire, lui faisant signe qu’il pouvait aller voir un autre blessé. Elle composa le numéro de l’intéressé mais raccrocha aussitôt… cela pouvait attendre, non? Pour l’instant, elle avait d’autres priorités, comme celle de retrouver Conner et celle de dormir, évidement. Basil comprendrait, n’est-ce pas?

Elle chassa d’un léger hochement les souvenirs de cette soirée qui hantait encore ses nuits, essayant de se centrer sur son unique préoccupation du moment, soit de faire son travail. Et en ce moment, il s’agissait de Basil. S’il avait quelque chose à lui dire, une révélation, une découverte, il devait lui en parler, c’était son travail après tout d’être là pour lui, d’une manière professionnel, s’entend. Être amant n’était qu’un à côté, rien d’autres. Son métier avait toujours passé en priorité. Elle s’entendit lui demander ce qu’il avait de si important à dire, afin de le pousser à enfin lui parler de ce qui lui occupait l’esprit en ce moment.

BASIL ▬ J’ai rencontré mon demi-frère !
LYANN ▬ C’est une bonne nouvelle, ça. Comment s’est arrivée? Tu lui as dit qui tu étais? Elle était vraiment intéressée à cette nouvelle, qui permettrait un avancement intéressant dans son cheminement personnel.
BASIL ▬ J’ai pas eu l’occasion de lui expliquer qui j’étais, ni de trop lui poser de questions…enfin c’était tellement bizzare de le croiser comme ça, au Starbucks, que j’ai pas trop su comment mener la conversation… Et puis il se méfiant un peu… il a du me prendre pour un fou ou je ne sais pas trop, que je le draguait peut-être… Lyann ne pu que réprimer un sourire en coin à cette remarque. Mon propre frère j’aurais jamais osé quand même… Je suis pas très cohérent je crois…

Lyann lui fit un sourire compréhensif, lui signifiant qu’elle avait comprit le plus important de son histoire. Il s’avança alors vers elle, posant sa main dans celle de la jeune femme, qui étouffa un léger cri de douleurs. Seulement, son visage l’avait trahit, elle avait dû faire une petite grimace, car il se retira aussitôt, s’éloignant d’elle. Ne voulant pas qu’il prenne peur, elle attrapa, de sa main valide, la main de Basil. Elle ne voulait pas qu’il craigne de la toucher, de la blesser… c’était seulement une question d’habitude.

BASIL ▬ Oh pardon! Désolé, je ne t’ai même pas demandé comment tu allais. J’étais tellement obnubilé par cette histoire que… Bref, comment tu te sens?
LYANN ▬ Ne t’excuse pas, ce n’est rien. Ce n’est qu’une blessure mineure à la main, de toute façon. Bien moins importante que ce que tu as appris, et je comprends ton empressement à m’en parler. On voit ça souvent lorsque le patient réalise enfin qu’il a comprit quelque chose ou, justement, lorsqu’il découvre des éléments qui pourrait l’aider à avancer, à découvrir une partie de son passé ou tout simplement qui il est réellement. J’ai vu ça des dizaines de fois. Alors ne t’inquiète pas pour moi, je vais m’en remettre…

Elle n’avait pas vraiment envie de parler d’elle-même. Parler du gala et de toutes les conséquences qu’il avait entraîné lui donnait une humeur triste, découragé, ravagé presque. Le fait que Conner ne retournait même pas ses appels ajoutait à toute cette agitation médiatique causé par le fiasco de cette soirée. Faisant partie des victimes de la prise d’otage, elle avait eu droit à sa petite heure de gloire, si l’on peut dire ainsi. Mais elle n’avait pas désiré cette publicité gratuite, elle n’avait eu qu’une envie et c’était d’être avec lui, d’aller le voir… Et voilà qu’il l’évitait. Maintenant, elle aurait tuée pour n’avoir jamais été présente sur les lieux. Que ce serait-il passé s’il ne l’avait pas accompagné? Serait-elle morte? Serait-elle simplement allée au gala? Soupirant, elle leva les yeux vers Basil et lui fit un sourire qui, malgré tout son bon vouloir, sembla forcé. Il semblait vraiment inquiet pour elle. Levant la main, elle caressa son visage d'un geste tendre, délicat.

LYANN ▬ Je vais bien, ne t’en fais pas pour moi.
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Message(#) Sujet: Re: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptyJeu 31 Déc 2009 - 10:31

    J'avais beau ne pas aimer les surprises et préférer avancer en terrain connu, être avec Lyann n'avait rien à voir avec ce que l'on pourrait considérer comme de la routine. Vivre une relation "secrète" empêchait tout ennui d'apparaitre, ou à peine pointait-il le bout de son nez que tout changeait sans que l'on ne puisse se dire que les choses devenaient lassantes. Il ne fallait pas se faire repérer, alors nos quelques rendez-vous en extérieurs se déroulaient dans les villes environnantes, là où personne n'aurait pu nous croiser ou nous suspecter. Autant de précautions était peut être inutile, mais ça nous permettait de prendre encore plus de plaisir à nous voir. C'était comme quand un enfant joue le long d'un trottoir et se dit que s'il arrivera jusqu'au bout de la rue sans marcher sur un chewing-gum il deviendra le roi du monde. Il sait que ça ne sera pas le cas, mais il met tant de cœur à s'en convaincre, à s'imaginer ce qu'il fera quand il y arrivera, que tout le reste ne compte plus, les voitures, les passants, ses parents qui l'appellent au loin... Et nous roulions, loin, vite, comme si nous avions un besoin urgent de nous retrouver que tous les deux, deux inconnus dans une ville inconnue, où tout nous serait enfin permis, même le plus banal. Un simple baiser échangé à un passage piéton et nous savions que nous avions la journée pour nous. Enfin.

    Vu la façon dont elle me regardait, elle s'était doutée dès le début que quelque chose s'était passé, quelque chose de suffisamment important pour que je la néglige presque alors que ce n'était vraiment pas dans mes habitudes. Je ne savais pas me consacrer à autre chose que la personne en face de moi, que ce soit quelqu'un de ma famille, un ami, ou plus encore. J'écoutais, j'observais, comprenant des choses mêmes dans ce qui n'était pas dit. On me reprochais parfois d'être trop curieux quand j'étais petit, alors j'avais cessé de poser des questions à tort et à travers, tentant d'y trouver des réponses par moi même, et pour cela il n'y avait rien de mieux que de regarder les choses devant soi. J'imaginais aussi, quand je n'avais pas assez d'éléments pour tout comprendre, mais j'essayais de rester le plus fidèle possible à ce qui se passait. Tout cela pour dire que me voir distrait ne pouvait que l'étonner. Et en tant que psy, elle ne pouvait pas ne pas le remarquer. Et comme patient, et comme amant, elle était doublement en position d'y arriver.
    J'avais commencé mon explication de la façon la plus simple possible: j'avais rencontré mon frère, je ne pouvais pas le dire autrement. C’est une bonne nouvelle, ça. Comment s’est arrivée? Tu lui as dit qui tu étais? Elle manifestait autant d'enthousiasme que ce que j'avais espéré. C'est bien simple, je savais qu'elle comprendrait pourquoi j'étais si heureux de cette découverte, et je ne m'étais pas trompé. Je lui avais tout raconté des raisons qui m'avaient poussé à m'installer à Ocean Grove, elle était la seule, et nous avions eu l'occasion d'en discuter à de nombreuses reprises. Je n'étais pas assez naïf pour m'imaginer que tout se passerait vite et bien, ça n'avait pas été le cas d'ailleurs, mais elle me permettait d'avoir un autre regard sur la quête. Elle ne me jugeait pas, ne m'influençait ni ne m'aidait comme aurait pu le faire quelqu'un d'un peu maladroit, mais elle m'écoutait, me donnait son avis en tant que psy, et qu'amie. Et ça valait tous les conseils du monde.
    J'avais alors tout déballé, sans réfléchir plus que ça, essayant de tout lui raconter dans les détails, sans rien oublier, ni de moi ni de Neal, m'emportant plus que ce que les choses demandaient. J'étais à la limite de l'euphorie, mais elle me connaissait et ma réaction ne devait pas vraiment l'étonner. Cependant, la sienne fut une surprise, mauvaise surprise. En la voyant grimacer je réalisai que je l'avais complètement oublié. Comme avais-je pu faire ça? Ce n'était pas mon genre de négliger les autres, et là, alors qu'elle comptait tant pour moi, j'oubliais même de lui demander de ses nouvelles...
    Ne t’excuse pas, ce n’est rien. Ce n’est qu’une blessure mineure à la main, de toute façon. Bien moins importante que ce que tu as appris, et je comprends ton empressement à m’en parler. On voit ça souvent lorsque le patient réalise enfin qu’il a comprit quelque chose ou, justement, lorsqu’il découvre des éléments qui pourrait l’aider à avancer, à découvrir une partie de son passé ou tout simplement qui il est réellement. J’ai vu ça des dizaines de fois. Alors ne t’inquiète pas pour moi, je vais m’en remettre… Je ne pus m'empêcher de sourire en l'entendant parler. Déjà parce que savoir qu'elle n'avait rien me faisait plaisir. Elle me l'avait dit par téléphone, mais nous n'avions pas eu beaucoup de temps pour discuter, et je m'étais imaginé qu'elle avait réellement rien, du genre ni égratignure, ni côte douloureuse... juste quelques bleus, à la rigueur. Je m'étais rassuré du mieux que je pouvais, et savoir qu'elle était entière passait pas là. Mais elle avait tout de même des séquelles de cette prise d'otage, et même si elle considérait que ce n'était rien, je ne pouvais pas laisser filer la conversation sans garder dans un coin de ma tête qu'elle avait souffert, et qu'à cause d'un malheureux accident beaucoup d'autres personnes en avait souffert aussi. Et puis il y avait le reste de sa phrase, que j'avais plus ou moins vu venir, mais qui m'amusait quand même. A force de passer nos séances à autre chose que de parler problèmes et névroses en tous genre, l'entendre à nouveau se comporter en psy avec moi c'était... surprenant. Si l'on continuait à discuter, ce n'était plus vraiment concernant mes problèmes. Mes insomnies, je m'en étais débarrassé depuis bien longtemps, et tout le reste étant en attente, on discutait surtout de banalités, sur notre quotidien, ce que l'on faisait de nos journées... bref, des histoires que s'échangent un couple, pas un psy et son patient. Elle y faisait bien de temps en temps une allusion, voulant être au courant de ce qui m'arrivait, mais quoi qu'il se passe je lui disait tout, alors il n'y avait pas grand chose à ajouter.
      Tu sais que ça me fait bizarre de t'entendre me parler comme une vraie psy? J'ai perdu l'habitude ces derniers mois...

    En même temps, je me serai sûrement senti assez mal à l'aise de continuer nos séances tout en étant avec elle à côté. Il y aurait eu un petit côté mélange des genres pas très sain peut être. Je ne dis que notre situation était bâtie sur de bonnes bases pour autant, si nous nous cachions ce n'était pas par hasard ou par plaisir de compliquer les choses, mais au moins les choses étaient claires. Il n'y avait pas à se demander si je sortais avec ma psy ou si ma psy avait droit à des avantages en natures peu recommandés, j'étais juste avec Lyann, qui avait été ma psy. Point.
    Elle me sourit à la manière de quelqu'un qui se force. Elle espérait probablement que je ne m'en rende pas compte, mais je connaissais le moindre de ses sourires, et je savais que celui-ci n'était pas vraiment sincère. Elle savait que j'allais m'inquiéter, elle avait reçu mes appels et savait dans quel état m'avait plongé cette prise d'otage. Elle pouvait peut être même s'estimer heureuse que j'aie été malade, sinon je ne sais pas comment j'aurai tenu le coup toute la soirée durant. Enfin si, j'aurai été sur place, je me serais surement moins inquiété, seul à l'écart du monde, mais on ne pouvait pas changer le passé. Je ne pouvais pas faire comme si j'avais été là et balayer d'un seul coup tout ce que j'avais imaginé. Mais elle voulait me rassurer, et je n'avais pas le droit de lui créer des inquiétudes supplémentaires.
    Elle leva la main vers mon visage qu'elle caressa délicatement. Je la laissai faire, fermant très légèrement les yeux le temps que dura son mouvement. J'aimais son contact, être avec elle c'était comme être avec hors du monde et du bruit extérieur. Elle me faisait oublier tout le reste, et je ne savais même pas par quel enchantement.
    Je vais bien, ne t’en fais pas pour moi. Une simple petite phrase, mais elle raviva beaucoup de choses. Je ne pouvais pas ne pas m'inquiéter, ou alors je lui mentirai en affirmant le contraire. Pendant quelques instants j'avais oublié toutes ces histoires, mais ça ne pouvait pas durer. Je pensais bien qu'elle n'avait pas très envie d'en parler, mais c'était tout de même important, et j'aurai voulu qu'elle partage avec moi ce qu'elle avait vécu ce soir là. Elle avait été ma psy pendant des semaines, je pouvais bien être le sien le temps d'une séance.
      Tu sais que tu peux m'en parler. Je demande que ça, de t'écouter.

    Je me rapprochais un peu d'elle, avançant mon siège. Nous n'étions pas très éloigné l'un de l'autre, mais je voulais l'être encore un peu moins. J'attrapais sa main dans la mienne, celle qui n'avait pas de bandage et qui, je l'espérais, n'avait pas eu de mal.
      Je voudrai savoir comme ça s'est passé, comment tu t'en es sortie... Tu es mon héroïne maintenant!

    Je lui souris, pas très fier de ma blague que je savais pas terrible, mais qui partait d'une vérité. Elle avait réussi à s'en sortir, et je ne pouvais que l'admirer. Certains n'y étaient pas arrivés, et la savoir parmi la liste des survivants faisait d'elle quelqu'un d'exceptionnel. En admettant que ce n'était pas déjà la cas, mais ça faisait bien longtemps qu'elle l'était déjà pour moi.
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Message(#) Sujet: Re: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptyJeu 14 Jan 2010 - 8:25

Spoiler:
 

NO QUESTIONS, NO DOUBTS
« He's everything you want, he's everything you need.
He's everything inside of you that you wish you could be.
He says all the right things at exactly the right time.
But he means nothing to you and you don't know why. »
VERTICAL HORIZON
Savoir feindre un intérêt quelconque envers les révélations et les réflexions de ces patients avait toujours été un jeu facile auxquelles elle s’était toujours prêter avec beaucoup de facilité, car voyez-vous, être psychologique n’avait pas que des bons côtés (comme celui de connaître les secrets de tous et chacun, entre autres, et bien sûr, d’aider les gens, cela va de soi). Parfois, écouter à longueur de journée les gens vous confier leur problème – qui parfois était les mêmes – pouvait devenir lassant. Cependant, avec Basil, elle n’avait jamais eu à faire semblant. Son histoire, la raison de sa venue à Ocean Grove et tout ce qui pouvait bien lui arriver comptait bien plus que les problèmes de couple de ce client quelconque. Seulement, lorsqu’elle l’avait questionnée après cette révélation au sujet de son demi-frère, elle avait eu l’impression de s’être forcée à paraître heureuse pour lui. Était-ce sa lassitude ou son état lamentable qui lui jouait des tours? Les médicaments peut-être… ou autre chose qu’elle n’était pas encore prête à s’avouer elle-même.

Par chance, une fois lancée sur le sujet, Basil avait prit la parole et lui avait décrit de long en large la rencontre avec Neal Rowland, celui qui lui permettrait d’avancer vers son objectif final d’enfin connaître son père. Elle l’écouta d’une oreille distraite, cependant, acquiesçant à ses dires, souriant et réagissant à certaines de ces paroles. Son esprit, lui, était ailleurs, songeant à d’autres instants, lointain, d’une autre époque. Seul le contact de la main de Basil sur la sienne pu la ramener à l’instant présent, alors qu’elle grimaçait de douleurs. Bien entendu, lorsqu’il lui demanda de ses nouvelles, elle le rassura sur son état : cependant, c’était mentir de lui dire qu’elle se portait bien. Elle fit rapidement déviée la discussion sur ces dernières révélations, comme si elle souhaitait éviter de parler de ce qui s’était passé, cette soirée-là. Et elle ne songeait pas seulement à l’attentat… Bien entendu, d’ainsi se prendre pour une psychologue – ce qu’elle était, non? – avec Basil était étrange, compte tenu qu’au cours de la dernière année, elle n’avait jamais réellement joué ce rôle en sa présence, ne serait-ce que pour blaguer et tenter de se prendre au sérieux. Disons qu’ils avaient mieux à faire, durant leurs séances, que de parler des problèmes de ce dernier… et je vous imaginez ce dont je parle! Comme ils s’agissaient souvent des seuls et uniques moments où ils se voyaient en semaine, la psychologie avait rapidement prit la clé des champs. Mais cette courte diversion ne passa pas inaperçue aux yeux de son amant.

BASIL ▬ Tu sais que ça me fait bizarre de t’entendre me parler comme une vraie psy? J’ai perdu l’habitude ces derniers mois…

Que pouvait-elle répondre à cela? Il avait raison sur toute la ligne, mais d’un côté, cette phrase la laissa pensive sur la question pendant un moment… Certes, aux yeux de tous, ils n’étaient que psychologue et patient, mais au fond, n’était-ce pas la base de leur relation? Avaient-ils été trop loin l’un et l’autre en jouant les petits couples parfaits? Le simple de devoir vivre leur passion caché du regard des autres aurait-il dû lui mettre la puce à l’oreille bien avant aujourd’hui? Et pourtant, ce besoin viscérale d’être avec lui subsistait malgré tout. Cette nécessité d’être auprès de lui, de le toucher, le sentir… c’était malsain et elle le savait très bien. Caressant son visage dans un infini élan de tendresse envers ce dernier, elle tenta une dernière fois de le rassurer, afin de clore la conversation à ce sujet. C’était se leurrer de croire qu’il accepterait aussi facilement de changer de sujet.

BASIL ▬ Tu sais que tu peux m’en parler. Je ne demande que ça, de t’écouter. Il se rapprocha d’elle, puis, il attrapa au passage la main qui venait de quitter son visage pour la serrer dans la sienne. Je voudrais savoir comment ça s’est passé, comment tu t’en es sortie… Tu es mon héroïne, maintenant!

Alors qu’il souriait à sa blague – de mauvais goût, du point de vue de Lyann, cette dernière baissa les yeux vers le sol, songeant à ce qu’elle pouvait bien lui dire sans le blesser, car toutes ces attentions partaient d’un bon sentiment. Elle s’était retenue d’enlever sa main dans la sienne, pour ne pas qu’il s’inquiète, mais aussi en raison de ces blessures : un simple mouvement brusque lui aurait causé des douleurs qu’elle souhaitait évitée. Si seulement il savait tout ce qui lui avait passé par l’esprit depuis ce soir fatidique : le simple fait de frôler la mort avait changé sa vision des choses sur le monde qui l’entourait. Heureusement, son affection pour Basil n’en avait pas souffert… mais les choses allaient devoir changer. Elle-même était rendue à un tournant de sa vie où elle allait devoir faire des choix et certains s’imposaient d’eux-mêmes, malgré tout son bon vouloir. Elle devait arrêter d’agir comme un enfant capricieuse qui désire tout avoir, le petit côté égoïste que l’on avait en chacun de nous. Et dans toute cette histoire, ils allaient être deux à souffrir… plus tard, peut-être, se souviendrait-il du bon temps ensemble avec un certain recul.

LYANN ▬ Je ne suis pas une héroïne, Basil. Je n’ai sauvé la vie de personne, ni même la mienne. Plutôt que de vouloir sauver ma peau, je me suis avancé vers la mort comme un condamné le jour de son exécution. Je suis si lâche… je n’ai même pas la force de me battre pour survivre. Relevant les yeux, elle fixa le vide qui se trouva devant elle, revivant, en même temps qu'elle en parlait, les évènements de cette soirée qui, de toute évidence, l'avait marquée. Pourtant, lui s’est battu pour moi. L’homme que j’aime m’a sauvé la vie…

Elle garda un moment de silence, puis elle posa finalement ses yeux dans ceux de Basil, retirant lentement sa main de celle de son patient. Elle ne savait plus quoi lui dire, quoi faire pour qu’il comprenne… elle le savait intelligent, mais accepterait-il ces aveux alors que pour l’une des rares fois dans sa vie, elle était honnête avec elle-même. Il n’y avait toujours eu qu’un seul homme pour elle et il avait fallu qu’elle passe si près de la mort pour s’en rendre compte.

LYANN ▬ Je… je suis désolé Basil, mais j’aime un homme qui n’est pas toi. Et depuis toujours. J’étais seulement trop bornée pour m’en rendre compte.
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Message(#) Sujet: Re: No questions, no doubts | Lyann No questions, no doubts | Lyann EmptyMar 19 Jan 2010 - 23:47

    Someday i'm gonna be older than you
    I've never thought beyond that time
    I've never imagined the pictures of that life
    For now i will try to live for you and for me
    I will try to live with love, with dreams
    And forever with tears

    Tears . X Japan

    De ces mois passés avec elle, je ne regrettais rien. Même le fait d'avoir à se cacher avait un certain charme, et rendait notre relation encore plus forte, encore plus spéciale. C'était la seconde fois qu'une de mes histoires -peu nombreuses, il est vrai- durait si longtemps, et cette fois je me sentais aussi bien qu'au jour où les choses avaient commencé. Il n'y avait pas eu de dégradation de nos rapport, pas d'angoisse détestable de ce que serait le lendemain et de la suite à venir des choses. On vivait presque au jour le jour, une histoire à la fois dénuée de sentiments et en possédant en quantité plus que suffisante pour rester ensemble encore longtemps. C'était simple, je me sentais bien avec elle. Elle me manquait quand elle n'étais pas là, avec moi, mais je m'en accommodais et profiter doublement de nos rendez-vous. La situation aurait pu durer indéfiniment s'il n'y avait pas eu un élément perturbateur. Et celui-là, je ne l'avais pas vu venir...

    Je voyais que ce qui s'était passé cette soirée avait laissé de lourdes traces en elle, des traces dont je ne pouvais pas imaginer la profondeur. Mais le seul fait de voir ce poignet bandé m'empêchait de ne penser qu'à moi. C'était bête, et pourtant ce petit morceau de tissus blanc autour de sa peau attirait toutes mes pensées. Neal était désormais loin, très loin de moi. Et sentant qu'elle était réticente à me parler de ce qui s'était passé, j'avais tenté de prendre les choses plus légèrement qu'elles ne l'étaient, m'attendant à ce que cela brise la glace qui progressait entre nous. Mais non. Je ne suis pas une héroïne, Basil. Je n’ai sauvé la vie de personne, ni même la mienne. Plutôt que de vouloir sauver ma peau, je me suis avancée vers la mort comme un condamné le jour de son exécution. Je suis si lâche… je n’ai même pas la force de me battre pour survivre. Elle parlait avec émotion, comme si cela lui était douloureux d'évoquer ces événements. Je m'étais bien attendu à ce que ça ne soit pas évident, mais à ce point... Elle prononçait chaque mot comme si elle le vivait, comme si tout était une vérité qu'elle affrontait en même temps, les yeux perdus dans le vide. Et ce qu'elle me disait me faisait du mal. C'était moi qui l'avait poussée à me donner des détails, mais en les entendant je n'avais qu'une envie, la secouer pour lui dire qu'elle avait tout faux, qu'elle n'était pas lâche, qu'elle n'avait pas culpabiliser de ce qui s'était passé, que ce n'était pas sa faute... mais les mots ne sortaient pas.
    Pourtant, lui s’est battu pour moi. L’homme que j’aime m’a sauvé la vie… Et ces mots là firent un peu plus mal encore. L'homme qu'elle aimait? Ce n'était pas moi, ça ne pouvait pas être moi, et comprendre qu'il y en avait un autre me serrait le cœur. Non pas parce qu'elle m'annonçait avoir des sentiments pour un autre que moi, mais parce que cela signifiait que tout approchait de la fin entre nous. J'étais généralement jaloux, même possessif, mais avec Lyann je n'avais jamais vraiment eu besoin de l'être. Être ensemble, ça ne devait durer qu'un temps, alors même si je l'aimais d'une façon qui m'étais propre, qui nous étais propre, je n'éprouvais aucune angoisse quant aux autres hommes autour d'elle. Et voilà qu'un autre m'avais pris ma place, et je ne lui en voulais même pas. Je ne lui en voulais même pas de nous séparer. Je me surpris juste à penser que j'aurai aimé être lui pour la sauver, moi plutôt que lui.

    Le silence s'installa entre nous. Elle releva les yeux jusqu'à moi, moi qui n'avais pas cessé de la regarder, ne détournant le regard que maintenant. Et, comme si elle comprenait mon embarras, elle retira sa main, aussi lentement que possible, comme elle s'éloignait lentement de moi. Et je reculai la mienne, la ramenant le plus proche de moi, dans un mouvement involontaire qui avait pourtant plus de sens que n'importe quelle parole. Je… je suis désolé Basil, mais j’aime un homme qui n’est pas toi. Et depuis toujours. J’étais seulement trop bornée pour m’en rendre compte. Ça avait le mérite d'être clair. Je levai les yeux au ciel, aspirant une large bouffée d'air. Voilà on y était, c'était la fin.

    J'étais arrivé à notre rendez-vous d'une bonne humeur qui m'était rare, dans un état d'euphorie complète. Je me sentais bien, tout allait bien, et je ne m'étais pas douté de ce qui allait se passer.

      C'est Conner?

    Elle parut étonnée de ma question, comme si elle ne s'attendait pas à ce que je me souvienne de lui. Elle m'en avait pourtant parlé, un jour où nous en étions venu à discuter de nos premiers amours, allez savoir comment on en était arrivé là... Et j'avais donc appris l'existence de ce fameux Conner Matthews et de ce qui avait été leur relation. D'une certaine façon je m'étais retrouvé dans cette histoire, celle de deux amants dont la différence d'âge pouvait heurter à un premier abord, et où les choses s'étaient terminées d'une façon que personne ne pouvait souhaiter. J'avais donc gardé cette information dans un coin de ma tête, même si je n'avais jamais repensé à lui jusqu'à aujourd'hui.

      Oui, c'est lui.

    Je m'en étais douté, je l'avais compris à sa façon de parler de cet homme qu'elle aimait. Déjà, quand elle m'en avait parlé la première fois, elle avait eu une expression étrange que je venais de lui retrouver. Elle n'avais jamais évoqué personne d'autre de cette manière. Et d'une certaine façon j'étais presque rassuré que ce soit lui. Je ne le connaissais pas, je n'avais jamais eu l'occasion de le rencontrer et je l'aurait peut être jamais, mais c'était comme si je sentais qu'il pourrait la rendre heureuse. Je me trouvais un peu bête, à me demander si Lyann pourrait être heureuse avec Conner alors que nous étions en train de nous séparer. C'était comme si les choses ne m'atteignaient pas tout à fait, comme si cela n'était qu'un mauvais rêve dont j'allais me sortir sans conséquence, mais je savais que ça n'allait pas être le cas. Ou alors peut être que je m'étais habitué dès le début à l'idée que les choses ne pourraient pas durer, et ça en devenait presque un soulagement. Nous ne serions plus ensemble, nous n'aurions donc plus à craindre que l'on nous voie ensemble, que l'on découvre notre relation et les conséquences que cela amènerait. Ouf! Mais d'un autre côté, cela voulait dire ne plus jamais la prendre dans mes bras, ne plus jamais l'embrasser et me sentir bien ne serait-ce qu'en la contemplant à mes côtés, conduisant sur une route déserte par une douce matinée ensoleillée.

      Alors tant mieux. Enfin, ça devait arriver un jour, hein? C'est peut être mieux comme ça... un léger silence. Et puis ça a quand même bien duré. Je pensais pas qu'on aurait droit à autant de temps, ça a été une belle surprise...

    Ma façon de parler avait quelque chose de très rigide, comme si j'essayais de me convaincre tout seul que ce que je disais correspondait avec le fond de ma pensée. Pouvoir rester près d'un an et demi avec elle avait effectivement été une belle surprise, un vrai bonheur que je ne quittais qu'à regret. Je ne pouvais pas ne pas me sentir triste, même si j'essayais de ne pas trop le montrer. Elle avait visiblement beaucoup pris sur elle pour me faire cet aveu, et je ne devais pas lui rendre les choses plus difficiles. Mais putain, ce que c'était dur!
    Elle me regardait lui dire des choses que l'on savait tous les deux, avec l'air de ne pas vouloir les entendre. Peut être que je me faisais que des idées, mais j'avais l'impression que la moindre chose que je pourrai ajouter risquait de rendre les choses encore plus difficiles.
    La première fois, la première fois que j'avais aimé quelqu'un, j'avais mis moi même fin aux choses, et je ne lui avais pas laissé la possibilité de négocier. C'était fini, je ne voulais plus avoir à y penser, à me demander ce qui se passait de son côté, et c'était tout. J'étais parti avant d'avoir le temps d'entendre une réponse, sachant que je ne le supporterai pas. Ma décision était prise, et je ne voulais pas risquer d'avoir la faiblesse d'accepter une seconde chance. Avec Lyann, la situation était donc différente, mais il y avait toujours cette même constante qui m'empêchait de voir les choses à leur juste valeur. Je prenais tout trop à cœur. Lui, j'avais eu peur de le blesser, et là, j'avais peur... tout simplement peur, de faire un mauvais pas, de lui rendre les choses plus difficiles... Je ne savais même pas exactement ce qu'était le problème, je ne savais pas le définir, mais je ne savais pas non plus comment me comporter pour rendre les choses plus facile. Ce n'était qu'une séparation, et prévisible, rien de plus.

      Basil, c'est pas des adieux non plus...

      Non, c'est vrai.... Mais je crois qu'il vaut mieux qu'on évite de se voir pendant quelques temps quand même. Après tout, ma thérapie est terminé.

    Je lui souris. Nouvelle blague, et nouvelle mauvaise blague. Ce n'était pas drôle, mais je l'avais dit quand même. Quand je tentais de faire de l'humour, c'était aussi souvent pour dissimuler une certaine gêne. Je me sentais mal à l'aise, ne sachant pas vraiment quoi lui dire de plus. Et elle devait être dans la même situation puisqu'elle gardait le silence, me regardant affectueusement. Même si elle en aimait un autre, même si j'avais éprouvé de l'attirance pour une autre, il restait des sentiments entre nous. Ça avait toujours été un amour spécial, et d'un type qui ne pouvait pas disparaitre en claquant des doigts. Enfin, c'est comme ça que je le voyais, de mon coté en tout cas.
    Je me levai, me forçant à lui faire un beau sourire. Il était sincère, mais j'avais juste du mal à le former.

      Prends bien soin de toi. Je ne vais pas te répéter ce que tu sais déjà, mais...

    Je ne savais pas quoi ajouter d'autre, mais je lu dans ses yeux qu'elle avait compris le message. Il y avait ainsi des choses qui n'avaient pas besoin de mots pour êtres exprimées. J'hésitai à m'avancer vers elle, à lui dire au revoir d'une façon moins impersonnelle qu'un simple signe de tête, mais ça n'aurait rien arrangé.

      Je sais. Prends soin de toi aussi...

    Je lui fis un dernier sourire, un vrai, un beau avant de quitter la pièce, comme un acteur quittant la scène lors de sa dernière représentation. Je refermai la porte lentement, pensant une dernière fois à tout ce que j'avais vécu dans ce bureau, et à moment la poignée se bloqua avec un TAC sonore. C'était fini. Définitivement fini.
    Je me tournai vers la salle d'attente qui était vide. Vu l'heure de mon rendez-vous, je devais être son dernier patient de la journée, et cette pensée me rassura un peu. Je n'aurai pas voulu qu'elle ait à écouter les plaintes et problèmes de quelqu'un encore. Entre "ça" et ses douleurs, il valait mieux qu'elle rentre se reposer. Elle en avait besoin, et l'avait amplement méritée.
    Je m'approchais du bureau d'Hailey, en pleine conversation téléphonique, et me penchais vers elle en souriant, et feignant un état de bien être qui n'était qu'un masque prêt à se craqueler au moindre faux pas.

      Tu peux annuler mes prochains rendez-vous, c'était la dernière séance!

    Écartant l'appareil de sa bouche, elle murmura un "je note, tant mieux!" qui ne se voulait pas moqueur, loin de là. La connaissait, je savais que cela lui faisait plaisir d'apprendre que j'en avais fini avec mes problèmes, et qu'elle ne voyait l'arrêt de ma thérapie que comme le signe que tout s'était arrangé.

    Je venais de retrouver le monde extérieur et m'engouffrai parmi le flot de d'étudiants anonyme dans l'allée principale de la fac. Je marchais à la même allure qu'eux, invisible dans la masse et dans le bruit ambiant, incapable de me défaire de l'idée que ce n'était pas une "fin" au sens où on l'entend habituellement, mais peut être le tremplin nécessaire pour reconstruire ce que je n'avais jamais réussi à faire jusqu'ici. Malgré tout ce que je pouvais encore ressentir pour Lyann, et tout ce que j'avais vécu avec elle, et toute la douleur que j'éprouvais à devoir la quitter, j'avais envie de croire en la suite.
    A moins que ça ne soit que le contre coup, en attendant de réaliser ce qui venait de se produire.
    Et je m'éloignais d'elle, plus facilement que je ne l'aurai cru.
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