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 be patient, everything will come to you. (r)

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Message(#) Sujet: be patient, everything will come to you. (r) Ven 3 Fév 2012 - 21:24


be patient, everything will come to you.

« ADRIEL LAMONTAGNE AND POLLY MOROE »


Lorsque Polly partait en déplacement, même s’il ne s’agissait que de se rendre en ville, elle pensait toujours aux éventuelles personnes qui la suivraient. C’était le risque à prendre si l’on pouvait dire. Les Moroe ne passait pas inaperçu depuis pas mal d’années, mais Polly étant la plus discrète, elle pouvait malgré tout sortir sans être suivit par une horde de vautours. Néanmoins son programme de la journée était un peu différent et elle redoutait beaucoup que ce soit le jour précis où un magazine à scandale décide de prendre de ses « nouvelles ». L’endroit où elle se rendait n’était pas des plus ordinaires et cela susciterait une fois de plus des ragots abracadabrantesques. Les journalistes avaient une imagination débordante et une notion très personnelle du journalisme ces derniers temps. A première vue, on croirait que l’important serait de relayer des informations véridiques et vérifiées. Même si ce n’est qu’un torchon visant à alimenter des ragots, il n’en reste pas moins un journal en théorie alimenter par -je vous le donne en mille- des journalistes. Et en faite non ! A ce niveau là, monsieur et madame tout le monde était capable d’y travailler, aucune étude ne formait à la mythomanie. Cela agaçait d’autant plus Polly qu’elle voyait son frère et sa sœur s’en prendre généralement plein la tronche. L’exubérance et les excès de Neal étaient connu des médias, quant à la vidéo classée X de Slythein qui était apparue sur internet .. De quoi pondre des tonnes de conneries à son sujet. La jeune femme préférait de loin que l’on s’attaque à elle plutôt qu’à sa famille, pas par manque d’attention -elle était bien ravie d’échapper à ce calvaire une partie appréciable de son temps- mais surtout parce qu’elle avait peur que cela ne finisse par blesser Neal ou Slythein. En apparence tout deux doter d’un très fort caractère, cela pouvait vite s’effriter face à la pression médiatique. Néanmoins, Slythein et Polly avaient fait un pacte il y a quelques années, si l’une d’entre elles venait à péter un plomb, que l’autre lui colle quelques baffes avant de basculer dans le ridicule et se raser la tête ! Polly était encore toute chamboulée par ce que Britney avait pu faire, elle ne semblait pas choisir correctement ses amis non plus. Comment se remettre sur pied et prouver une certaine crédibilité en trainant avec Paris Hilton ? L’héritière avait très souvent croisé les Hilton durant des soirées, de quoi l’écœurer à vie de la constante comparaison avec sa propre famille. Quoiqu’il en soit, dans un élan de paranoïa, Polly ne voulait pas être remarquée. C’est pourquoi, bien qu’elle ait porté un soin tout particulier à sa tenue -une robe rouge de créateur, suffisamment courte pour laisser entrevoir ses interminables jambes fines sculptées par ses années de danse. Et un décolleté moyennement plongeant au niveau du dos, laissant deviner sa chute de rein. ses atouts ainsi mis en valeur comme elle l’avait apprit à sa petite sœur alors qu’elles n’étaient même pas en âge de porter des talons.- elle se dissimula sous une épaisse et longue doudoune noir lui couvrant la cheville. Sa chevelure blonde aux boucles impeccables, cachée d’abord par un bonnet puis par la capuche qu’elle avait rabattu sur sa tête. Et pour parfaire la panoplie de l’incognito, les épaisses et encombrantes lunettes noires. Pour s’assurer de ne pas être reconnue, elle avait même prit le soin d’appeler un taxi à qui elle donna l’adresse de Davanee Hawkins. Une amie qui avait l’habitude des exubérances des Moroe, et ne fut pas surprise de la voir débarquer comme une voleuse dans son jardin. Ainsi, elle avait mit toutes les chances de son côté pour se rendre en ville sans être repérable. C’était tout un art que l’on apprenait pas à l’école, et pour lequel elle aurait été pourtant très douée. Une fois à destination -le commissariat- Polly eut un léger mouvement d’hésitation, ce n’était pas la première fois qu’elle y mettait les pieds, mais c’était plus fort qu’elle, ce genre d’endroit lui fichait la chair de poule. A peine avait-elle franchit les portes de la bâtisse, qu’elle fut frappé par le bruit excessif qui en émanait, l’effervescence qui y régnait donnait le tournis, et le chauffage était poussé si fort qu’elle les soupçonnait de vouloir maintenir un environnement tropical. Hottant alors son épaisse doudoune, elle s’adressa à un jeune homme de corvée de café, qui s’empressa de lui répondre sans la moindre sympathie : « Attendez ici mademoiselle ! » Elle n’appréciait que très peu ce genre de réponse mais devait admettre qu’elle s’y était attendue. Un commissariat n’était pas vraiment le lieu idéal pour une visite surprise d’autant qu’elle n’était pas certaine d’être toujours la bienvenue. En faite elle était certaine de ne pas l’être. C’était une nouvelle tentative, une approche comme elle les connaissait si bien, mais elle avait déjà essuyé un premier refus et s’attendait au second. Néanmoins, quiconque connaissait Polly, pourrait affirmer et confirmer que cela ne suffirait pas à l’arrêter pour l’instant. Lorsqu’elle avait une idée en tête, elle ne l’avait pas ailleurs c’était le cas de le dire. Le seul bémol était sans doute sa patience, elle n’en avait pas une once et se voyait déjà forcée de poireauter pendant des minutes interminables. En y réfléchissant, elle aurait surement dû prendre un bouquin pour passer le temps, mais elle n’était pas vraiment à l’aise dans ce commissariat. Et au bout de quelques longues minutes d’attentes elle le vit sortir de son bureau, adosser contre l’encadrement de la porte, parlant avec le jeune homme qui l’avait rabroué quelques minutes auparavant. Elle crut même apercevoir l’esquisse d’un sourire et dans son esprit, tout cela ne fit qu’un tour, ils se jouaient d’elle. De qui pouvaient-ils parler d’autre si ce n’était-elle n’est-ce pas ? Ce n’était pas comme si des personnes travaillaient ici après tout. Remontée et bien décidée à ne plus attendre une minute de plus, Polly sauta sur ses pieds et avança avec conviction vers le bureau du Lieutenant, apposant alors une main sur son torse pour l’entrainer ensuite à l’intérieur du petit bureau et adresser un simple : « Je vous l’emprunte » à ce stagiaire -du moins c’était ainsi qu’elle l’avait perçu- avant de refermer la porte. Prenant immédiatement ses aises tandis que son interlocuteur semblait agacé -quoi de plus normal ?- Polly s’afférait à poser ses affaires sur l’une des deux chaises faisant face au bureau, avant de se retourner vers lui avec toute la grâce conférée à une danseuse expérimentée. « Tu sais ce que je regrette de l’époque des grands monarques et de la bourgeoisie plus conventionnelle ? On ne se permettait pas de faire attendre une dame. » Persuadée d’être dans son bon droit que d’exiger que toute son attention lui soit désormais consacrée, elle enchaina de plus belle. « D’autant que la dernière fois tu as expédié notre entretient en trois minutes à peine, peut être quatre ? Qui pourrait avoir une réelle conversation constructive en ce si petit laps de temps ? » Elle se flanqua alors en face de lui, à quelques petits centimètres de lui, comme si elle en avait oublié tout sens d’espace personnel. Un sourire radieux fendit son visage avant qu’elle ne reprenne. « Dois-je t’inviter à diner la prochaine fois pour espérer avoir au moins une petite demi-heure de ton temps ? » Bien qu’elle ait la sensation que sa place ici était parfaitement légitime, Polly ne réalisait pas à quel point elle se montrait impolie et opportuniste. Elle était venue ici dans deux buts bien précis, l’un et l’autre se rejoignaient, du moins le premier lui offrait un prétexte pour le second. Mais dans l’immédiat, elle ne marquait pas que des bons points, et elle était très loin d’en prendre conscience.

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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Jeu 9 Fév 2012 - 20:52

Lorsque Johnson l'avait prévenu de la présence de Pauline Moroe dans le commissariat, Adriel n'avait pu s'empêcher de pousser un long soupir. Il savait pertinemment qu'il était inutile de dire qu'il n'aurait pas le temps de la recevoir; elle était bien capable de choisir de passer la journée ici, et attendre qu'il finisse son quart. L'expérience avait appris à Adriel que la ténacité de la demoiselle était telle qu'elle prenait généralement les refus pour des encouragements. « Hm, je n'ai pas le temps de la recevoir pour le moment. » répondit-il, la tête plongée dans un dossier. A la vérité, ce n'était pas qu'il n'avait pas le temps, c'était plus le courage qui lui faisait défaut. Sa rencontre avec la jeune femme avait pourtant été des plus banales; une soirée mondaine à laquelle Adriel était obligé d'assister à cause de son poste au sein de la police de Miami, et Pauline fut l'une des personnes qu'il fut amené à rencontrer. Rapidement, cependant, le jeune homme se rendit compte qu'elle éveillait quelque chose en lui de particulier, et qu'il n'avait pas ressenti depuis belle lurette. Elle avait cette façon de s'insinuer dans son esprit, et de lui donner des frissons dans le dos. Chacun de ses muscles se contractait lorsqu'elle était devant lui, et il n'arrivait à détacher son regard d'elle lorsqu'elle se trouvait dans la pièce. Pauline Moroe donnait envie à Adriel Lamontagne de sortir de ses gonds, et de la prier de le laisser tranquille. Elle n'était pas méchante, pourtant. Mais sans pourtant pouvoir être qualifiée de superficielle, et pourrie gâtée, la demoiselle était sans aucun doute quelqu'un au tempérament capricieux qui n'acceptait pas qu'on puisse avoir un avis qui diffère du sien, et de ne pas lui accorder ce qu'elle désirait. On ne pouvait pas dire que cela soit la première personne que le lieutenant ait eu à rencontrer avec ce trait de caractère, mais chez la demoiselle... c'était particulièrement irritant. Aux yeux du jeune homme presque trentenaire, en tout cas. Si il pouvait donc éviter cette entrevue, ou en tout cas, l'écourter auicesteelblue maximum, cela ne serait pas de refus. Attentif, mais hagard, Adriel écouta attentivement le bleu lui parlait de l'avancée d'une des enquêtes sur laquelle il était affecté. Il s'enquit ensuite de son intégration au sein de l'équipe, comme il le faisait avec tous, et répondit aux diverses questions que ce dernier avait, tant vis à vis de certains procédés que de son évolution, et des postes qui pourraient éventuellement lui être offert sur le long terme à Miami. Leur discussion durant tant et si bien que Adriel en omit la présence de la jeune Moroe dans les bureaux, et sortit en sa compagnie, restant sur le pas de la porte alors qu'il lui proférait quelques encouragements. Il fut cependant coupé en plein milieu de sa phrase par la certes jolie mais particulièrement agaçante blonde, qui se trouvait toujours dans le couloir. Adriel fit signe à son collègue que tout allait bien et suivit, bon grès mal grès, Pauline dans son bureau. Il grimaça légèrement lorsqu'il entendit la porte se fermer derrière eux - cela laissait présager un long entretien auquel le jeune homme n'était pas du tout enclin. Les mâchoires serrées, il fit le tour de son bureau pour s'installer sur son siège - il parvenait ainsi à mettre un minimum de distance entre les deux, pour son plus grand soulagement - et attendit qu'elle prenne la parole, ce qui ne tarderait pas, c'était certain. En effet, à peine fut-elle installée sur son siège, qu'elle fit une remarque peu commode. Esquissant un sourire forcé, Adriel s'efforça de ne rien laisser paraître. Il craignait de ne l'encourager à s'acharner comme elle semblait d'ores et déjà décidée à le faire. Il se retint donc de lui faire remarquer qu'à cette même époque, une dame attendait qu'on lui fasse la cour, sagement, et n'avait surtout pas intérêt à venir déranger un homme sur on lieu de travail. Il était cependant à peu près certain de s'attirer les foudres de la jeune femme si il osait une telle remarque, et préféra s'abstenir. Du moins, c'est ce qu'il se disait. Pourtant, c'était surtout l'idée qu'il puisse blesser la jeune femme par une telle remarque qui l'empêchait de faire une telle remarque. Si il avait vraiment voulu se débarrasser de cette énergumène, il lui aurait suffit de simuler une urgence – mais il voulait au moins faire mine de l'écouter -, ou de quitter son bureau, plus simplement.

Profitant de son silence, celle qui se prenait pour un écrivain enchaîna rapidement pour faire un second reproche. Une nouvelle fois, Adriel s'abstint de répondre. Il n'était pas d'un naturel bavard, et encore moins lorsque c'était pour répondre à de telles choses. Il n'avait pas grand chose à dire, sinon qu'elle disait vrai. Ils n'avaient pas le temps d'avoir une réelle conversation en trois minutes, mais la jeune femme avait cette exceptionnelle et perturbante capacité à donner à Adriel l'impression d'étouffer, et l'envie de prendre ses jambes à son cou. Il n'avait jamais été particulièrement à l'aise en société, préférant largement la tranquilité d'une soirée passée en compagnie de la plus agréable des femmes : la lecture. Il avait d'ailleurs lu le livre de la demoiselle, et ne savait quoi en penser. Ce n'était pas quelque chose de mauvais à proprement dit, mais ce n'était pas... le genre de lecture du jeune homme. Et cela ne contribuait pas à améliorer l'image qu'il avait de Pauline ; s'acharner ainsi à se qualifier d'écrivaine alors qu'elle avait écrit un seul et unique livre, qui n'avait eu qu'un succès mitigé, et ne semblait travailler sur aucun projet à l'heure actuelle, semblait pire qu'exagéré, être le comportement du jeune femme qui pensait qu'il suffisait qu'elle bouge le petit doigt pour avoir tout ce qu'elle désirait. Il se recula légèrement lorsqu'il vit son visage approcher du sien – même si le bureau continuait de les séparer, la proximité n'avait jamais été le for d'Adriel -, et hésita avant de répondre à la jeune femme. Il était hors de question qu'il aille dîner, ou même déjeuner en sa compagnie. Il était plutôt bien occupé ces derniers temps, et si il prenait le temps de déjeuner, cela ne serait pas pour passer du temps en sa compagnie, alors qu'il n'avait aucune affinité particulière à celle-ci. Mais Adriel étant Adriel, il restait lui même malgré l'impression qu'il avait sur la demoiselle Moroe, et ne tenait pas à la blesser. Même si cela prendrait probablement un peu de temps, il préférait faire comprendre à la demoiselle en douceur qu'il n'était pas intéressé par ses propositions plutôt que de lui dire clairement et de devoir lui faire du mal. Cela ne servirait à rien, ne lui apporterait aucune satisfaction, et honnêtement, l'idée d'être à l'origine des larmes de qui que ce soit le révulsait. « Je ne prends pas vraiment le temps de manger, en ce moment. » dit-il, simplement, sans chercher à mettre de forme. N'ayant jamais été très doué avec les mots, Adriel avait renoncé depuis longtemps à l'idée de jouer avec eux, et disait les choses comme elle lui venait. L'espace d'une seconde ou deux, il hésita à l'interroger sur la raison de sa venue, et son envie apparemment irrésistible d'avoir une discussion constructive avec lui. Mais il n'était pas dupe ; la jeune femme reviendrait à la charge, encore et encore et toujours jusqu'à ce qu'elle obtienne ce qu'elle désirait. Du moins, Adriel en était convaincu, et c'était un risque qu'il ne se sentait pas prêt à prendre. « Et pourquoi tiens-tu tant que ça à avoir cette discussion constructive avec moi ? »
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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Mer 29 Fév 2012 - 0:01



Ses approches n’étaient jamais très fructueuses ce qui n’empêchait jamais Polly de persévérer. Bien sur comme tout un chacun il lui arrivait de baisser les bras, comme lors d’un concours de danse. Enfin il s’agissait plutôt « d’America got talent » et elle s’était faite recalée dès les auditions prétextant que sa notoriété porterait préjudice aux autres participants. Où qu’elle aille son nom lui revenait en plein figure telle un boomerang ou même un boulet dont elle ne parviendrait pas à se détacher. Si elle voulait montrer un peu de talent elle serait automatiquement plus sévèrement jugée ou à peine regardé parce qu’il s’agissait de Polly Moroe. Une riche héritière, une incapable, passant ses journées à dépenser le fric de papa et pouvant ainsi tout s’offrir. Ce qui était en partie vrai, mais elle ne se servait pas toujours de cet argent dans ce but, bien sur elle aimait vivre dans le luxe et tout les avantages allant avec, mais ses rêves dans la vie étaient bien plus simples. Devenir une grande danseuse demeurait sur sa liste même si elle avait délaissé la danse après cette humiliation publique. Montrer alors qu’elle avait un certain talent pour l’écriture était une petite revanche même si bien sur elle ne rivalisait pas avec de grands auteurs. Mais le plus important pour elle étant de fonder sa propre famille, un désir que son père approuvait bien sur, un peu moins son frère et sa sœur. Pourquoi s’enchainer à un seul homme lorsque l’on est aussi jeune et avec autant de possibilités ? Polly Moroe en grande rêveuse, ne pouvait concevoir sa vie de la même façon que son aîné qui, à une époque, enchainait les conquêtes aussi bien féminines que masculines et ne se préoccupait de rien d’autre. Bien sur si elle avait souhaité l’imiter rien n’aurait été plus facile pour elle, mais elle avait hérité de toute la responsabilité qui manquait au reste de sa fratrie et préférait de loin la stabilité d’une véritable relation. Mais un brin autodestructrice dans l’âme, elle choisissait toujours les hommes qui se fichaient un peu d’elle. Son aventure avec Sheldon l’avait quelque peu échaudé -un homme se servant de sa notoriété pour se faire un nom dans la musique- et elle n’avait pas envie de retenter l’expérience. Peut être était-ce pour cela qu’elle n’attendait plus que l’on s’intéresse à elle, préférant les plus récalcitrant pour se prouver qu’ils n’en avaient pas après son argent ou sa renommé bien que bancale. Elle ne voulait plus représenter un tremplin pour une carrière quelconque tandis qu’elle resterait sur le bord de la route, tout ses espoirs piétinés par sa propre naïveté. Alors, malgré les refus et les rejets, Polly ne baissait plus les bras lorsqu’elle trouvait un homme digne de son intérêt. Du moins pas aussi facilement. Lorsqu’elle avait rencontré cet homme à Philadelphie, ce professeur de yoga avait irradié la pièce et la jeune héritière ne voyait plus que lui. Il lui avait fallut rassembler tout son courage pour l’affronter et ainsi faire le premier pas. Une relation malsaine qui n’avait pas porté ses fruits, peut être avait-il finit par s’intéresser à elle, mais ses nombreux mensonges, ses désistements à répétition, sa distance avaient eu raison de la détermination de la jeune femme. Si elle voulait trouver le grand amour, elle ne voulait pas passer tout son temps à en souffrir. A Miami le taux de superficialité battait des records et parfois elle en venait à se demander pourquoi Neal détestait tant cette ville alors qu’elle lui correspondait si bien finalement. Quoiqu’il en soit trouver un homme digne d’intérêt dans un endroit comme celui-ci s’avérait compliqué. Du moins jusqu’à ce que la jeune femme se rende à cette soirée mondaine qui n’avait pas une grande importance à ses yeux. Adriel se détachait de la foule, du moins à ses yeux. Pour beaucoup il n’était qu’un lieutenant un peu distant peu sociable et même légèrement (?) coincé. La jeune femme y voyait tout autre chose et n’aspirait plus qu’à une chose, percer la carapace qui l’entourait, percer le file de ses pensées et un jour obnubiler les siennes comme il ne tarderait pas à occuper celles de l’héritière. Son regard était à la fois distant et perçant si elle n’était pas elle, sans doute serait-elle bien trop gênée pour poursuivre ses efforts et se serait empressée de rebrousser chemin. Mais si elle renonçait maintenant elle avait la sensation d’y perdre beaucoup trop. Reprenant alors sa place dans cette chaise si peu confortable, si enfonçant presque pour lui montrer qu’elle n’était pas prête de quitter les lieux, la jeune femme se contenta d’esquisser un sourire. « Se nourrir n’est pas vraiment un luxe tu sais. Tu ne seras pas plus efficace ici en refusant de manger. Mais soit, je fais déjà la guerre à ma sœur je ne vais pas pousser le vice à faire des heures supplémentaires. » S’il ne comprenait pas où elle voulait en venir cela lui était égale, cette remarque était plus pour elle-même en un sens. Une façon de se dire tant pis ma grande, si cette approche n’a pas marché ne perd pas le file et continue. Il se montrait poli et c’était un avantage qu’elle ne pouvait se permettre de laisser passer. Habituée à se faire rabrouer sans aucune forme de courtoisie, sans qu’on prenne le temps d’y mettre les formes, elle en appréciait les manières d’Adriel. Loin d’être dupe, elle savait qu’il s’agissait plus d’un refus à l’éventualité d’une invitation plus qu’à un refus de s’alimenter, mais elle n’avait pas abattue toutes ses cartes. « Tu es un homme intéressant Adriel et autant te dire que dans mon entourage cela n’arrive que très peu. » Convaincue qu’elle ne faisait que confirmer quelque chose qu’il savait déjà à savoir qu’elle vivait dans un monde très superficiel et qu’il était définitivement trop bien pour elle. Peut être bien en un sens, mais égoïstement sans doute, cela ne l’arrêtait pas. « Si cela peut te rassurer, je suis aussi venue pour te demander un service. On pourrait ainsi reparler de mon livre et de tout tes conseils juridiques quant à la succession des droits d’auteurs pour l’adaptation cinématographie, et cela quoique tu penses de mon livre et de moi. Mais .. » La jeune femme s’interrompit un instant pour se redresser légèrement et poser les coudes sur le bureau du lieutenant. « J’aimerai beaucoup avoir une conversation qui tourne autour d’autre chose. Je te mets au défi de te faire une image différente de moi. Différente de celle que tu t’es faite sur de toutes petites choses. C’est pourquoi, j’ai bon espoir de parvenir à rester dans ce bureau plus des minutes qui me furent initialement impartie la fois précédente. » Toujours avec un brin d’opportunisme, Polly pouvait se montrer sous un meilleur jour et elle le savait, néanmoins, il ne semblait pas enclin à lui accorder la moindre chance de lui montrer autre chose. « Alors en attendant, nous pouvons toujours parler de mon livre. Tu es au service du citoyen non ?! Tu ne peux pas vraiment me le refuser. » C’était une démarche un peu bancale mais cela en restait une. Pas peu fière, la jeune femme attendait d’avoir enfin un peu plus de crédit à ses yeux. Demeurer l’éternelle héritière capricieuse n’était pas l’image la plus flatteuse sous laquelle elle pouvait être présentée.

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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Jeu 5 Avr 2012 - 22:24

Lorsque Polly était dans la pièce, Adriel se méconnaissait. Il n'avait aucun envie d'être un minimum agréable, lui qui l'était pourtant si naturellement. Il n'avait généralement pas besoin de faire d'efforts pour essayer de faire un minimum plaisir aux gens – c'était comme ça qu'il se retrouvait à parler plus qu'il n'en avait vraiment envie, et à rendre des services à des gens qu'il ne connaissait pas plus que ça. C'était un tort, une partie de lui qui l'agaçait profondément, en même temps qu'elle le rassurait. Il avait beau paraître hors de tout, comme se plaisaient à lui rappeler ses collègues, à ne s'attacher à rien ni personne, c'était comme si ce coté de sa personnalité était là pour rappeler à toutes ses personnes qui se targuaient de le connaître sans que ce ne soit réellement le cas qu'il était un humain comme les autres. Mais cela ne le gênait pas plus que ça, au final. Lorsqu'il voyait que son service avait été réellement utile, que cela bénéficiait réellement aux gens, Adriel sentait quelque chose se réveiller en lui, et qui lui donnait le sourire lorsqu'il allait se coucher. C'était mielleux, mais que pouvait-il y faire ? Et puis, il n'était pas totalement une cause perdue puisque lorsque Pauline se retrouvait devant lui, il avait plus envie de le mettre dehors que de l'aider. Il n'arrivait au final pas le courage de refuser clairement, de lui claquer la porte au nez, ou de lui dire de le laisser tranquille – aussi chiante soit-elle, elle n'en était pas moins un être humain avec des sentiments. Mais l'envie y était, c'était indéniable. C'était étrange, d'ailleurs. Il n'avait jamais apprécié les personnes capricieuses qui pensaient que tout leur était du mais avec la jeune Moroe, il pouvait sentir son sang bouillonner à l'intérieur de lui, comme pour le pousser à réagir. Il n'en faisait rien, pourtant. Il était peut être un peu plus sec qu'avec les autres interlocuteurs, un peu moins agréable, mais l'un dans l'autre, il restait très cordiale, et assez aimable. Ce qui était probablement la raison pour laquelle elle ne cessait d'essayer, de le convaincre de venir dîner, de rester discuter avec elle plus qu'au détour d'un couloir. Prisonnier de son bureau, Adriel ne pouvait désormais plus échapper à la discussion, cependant. A moins que le bon Dieu soit de son côté, décide de lui accorder miséricorde, et l'appelle pour une urgence, le jeune femme ne pourrait absolument pas se dépatouiller de la situation. Il s'efforçait alors de ne pas être trop bavard, de ne pas la relancer sur chacune de ses phrases – et de ne pas dire tout ce qui lui passait par la tête quant à son attitude, puisqu'elle risquerait de voir cela comme un encouragement à rester encore un peu plus longtemps que ce qu'elle avait d'ores et déjà prévu. Pourtant, les paroles coulaient de manière plus fluide qu'avec les autres, et il devait presque retenir les mots avant qu'il ne sorte de sa bouche. Elle le décontenança cependant lorsqu'elle mentionna sa soeur. En homme intelligent qu'il était, Adriel pensa automatiquement à une maladie s'apparentant d'une manière ou d'une autre à l'anorexie, et se concentra légèrement sur les yeux de la jeune femme pour essayer de comprendre le message qu'elle essayait de faire passer. Sa bonté naturelle reprenant le dessus, il ne put s'empêcher de préciser qu'il avait un régime alimentaire à peu près correct. « Ne t'inquiète pas, je mange normalement. Mais je ne fais simplement qu'un repas. » Et voilà, de nouveau, il parlait trop. Et en quoi cela pouvait-il importait que la jeune femme s'inquiète pour lui ou non ? Elle ne semblait pas être névrosée au point de vouloir lui donner la becquée et de s'assurer qu'il faisait bel et bien trois repas chaque jour, alors autant éviter lui donner ce genre de détails. Par chance, l'état dans lequel elle le mettait ne le rendait pas complètement débile, et il n'avait pas émis cette idée à voix haute. Polly ne s'attarda d'ailleurs même pas sur le sujet.
Installé dans son fauteuil, Adriel attendit patiemment qu'elle réponde à sa question. Il devait avouer être curieux de l'intérêt qu'elle lui portait. Il avait beau ne pas l'apprécier, cela restait quelque chose de plutôt flatteur – et encore plus venant d'une femme, Adriel n'y étant absolument pas habitué. Légèrement gêné par son compliment, il passa une main doucement sur sa nuque, comme pour masser délicatement une douleur. C'était un beau compliment, il devait l'avouer. « Merci... » dit-il, s'interrogeant sur la façon dont il devait prendre ce compliment. Ils ne vivaient absolument pas dans le même monde, et si s'entendre dire qu'on était quelqu'un d'intéressant était toujours flatteur, Adriel n'était pas certain que cela ait quelque chose d'exceptionnel en comparaison du monde de strass et de paillettes dans lequel elle semblait vivre. Mais puisque le lieutenant ne connaissait pas son interlocutrice plus que cela au final, il se retient de faire une telle remarque. Après tout, qui était-il pour la juger ? Il laissa son visage se déformer en une légère grimace lorsqu'elle parla de lui demander un service. Non, cela ne le rassurait pas particulièrement. Adriel n'aspirait pas à lui rendre service, puisque cela impliquerait nécessairement de devoir passer du temps avec elle. Sans parler du fait qu'il ne s'y connaissait absolument pas pour tout ce qui concernait le droit d'auteur et autre subtilité du genre. Mais, si c'était ce service qu'elle désirait qu'il lui rende, qu'à cela ne tienne. Il la re-dirigerait vers l'un des avocats de la ville dont le cabinet avait une section consacré aux droits d'auteur, et enfin peut être accepterait-elle de le laisser tranquille. Il s'apprêtait à chercher la carte de celui-ci dans l'un des tiroirs de son bureau lorsque Polly s'accouda sur le bureau sans la moindre gêne et continua son laïus. La franchise avec laquelle il li répondit l'étonna d'ailleurs lui-même. « Ton défi ne m'intéresse pas, Pauline. Je n'ai pas le temps pour tous ces petits jeux. Pendant que tu vis ta vie de princesse, des gens sont occupés à gérer la vraie vie, et ne vive pas dans un monde où tous leurs caprices leur sont accordés. Et ne me dis pas que ce n'est pas ton cas, ta seule présence ici prouve le contraire. Tu ne me lancerais pas de défi si tu étais si différente de l'image que tu renvoies. Crois le ou non, il y a plus important que tes problèmes d’ego. Je ferai peut être l'effort d'apprendre à te connaître le jour où tu en auras pris conscience. » Agacé, il ouvrit la porte de son tiroir, attrapa la carte qu'il avait voulu chercher précédemment, et la tendit à Pauline. « Voici pour ton livre. » lâcha-t-il, espérant que cette fois, cela suffirait à l'éconduire définitivement. Pourtant, à peine eut-il lâcher la carte dans la main de la jeune femme, les remords l'envahirent. Il n'était pas habitué à tenir ce genre de propos, et si il avait peut être – et il n'en était pas sûr – raison sur le fond, il avait complètement tort sur la forme. Il hésita l'espace d'une seconde, mais n'eut pas le temps de s'excuser, la jeune femme prenant la parole.
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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Sam 12 Mai 2012 - 16:31



Cette manie que pouvait avoir les gens à mélanger richesse et imbécilité. Comme si plus un compte en banque était élevé, moins le QI du détenteur du compte pouvait être élevé. Comme si cela avait un rapport de cause à effet, c’était totalement stupide et impensable. Pourtant c’était bien la, la conclusion ou l’amalgame que l’on faisait par rapport à elle, et cela allait de paire avec sa soit disant absence de talent. Son nom ne lui ouvrait aucune porte, au contraire il avait le don de lui en fermer. Naitre une cuillère en or dans la bouche, ce n’était pas vraiment le genre de chose que l’on pouvait décider. Elle n’avait jamais eu de problèmes d’argent effectivement, était-ce pour cela qu’elle n’avait jamais aucun problème ? Non pas tellement, on jugeait si facilement le monde dans lequel elle vivait, comme si tout n’était que superficialité, apparences et jeux stupides de gamins gâtés. Oui de l’extérieur c’était ce dont ça avait l’air oui. De l’intérieur, Polly le vivait de manière tout à fait différente, elle ne nierait pas profiter de ses avantages, et apprécier le monde dans lequel elle vivait, néanmoins il y avait un paquet d’accroc dans sa vie. Riche ou non, Polly Moroe était une jeune femme comme les autres et malheureusement la vie ne l’épargnait pas en fonction du nombre de chiffres sur son compte en banque. Seulement c’était un détail pour le reste de la population, on imaginait très certainement qu’elle était élevée au champagne et au caviar, qu’elle n’avait rien a envier à qui que ce soit, et qu’elle se couchait tout les soirs avec un sourire aux lèvres. Vraiment ? Bien sur ça lui arrivait, mais la plus part du temps, la jeune femme se contentait de lutter contre la facilité. La facilité de se plonger dans l’alcool pour oublier tout ce qui pouvait tourner de travers dans sa vie, ou la drogue, c’était tellement facile pour elle d’obtenir tout ce qu’elle voulait. Mais elle ne pouvait pas se permettre de se montrer faible, comment aiderait-elle son frère et sa sœur si elle se laissait aller ? Oh oui de l’extérieur Polly ressemblait à toutes les autres gosses de riches. Superficielle, idiote peut être bien, égoïste et égocentrique, capricieuse, même l’ainée des Moroe à la réputation d’être insupportable, ne ressemblait pas tant que ça au portrait qu’on en faisait dans les journaux. Mais qui se préoccupait vraiment d’eux finalement ? Pas grand monde, et aux yeux de la jeune héritière, les amitiés qu’ils pouvaient nouer tout les trois, étaient tout aussi dangereuses. Polly ne comprenait pas leur besoin d’agrandir leur entourage dans le monde où ils vivaient, pourquoi ne pas s’adresser à des personnes plus simples ? C’était de cette façon que la jeune héritière se rapprocha de Sienna, une jeune femme simple, chacune pouvait alors s’apporter de nouvelles choses de par leurs différences et elles y gagnaient finalement. Cette amitié lui semblait bien plus sincère que celle qu’elle aurait pu nouer avec Paris Hilton -ce qui n’arrivera jamais-. Alors à l’image de ses relations amicales, la jeune Moroe recherchait la même chose en amour, de la simplicité, elle ne voulait pas d’un homme riche et superficiel qui n’était intéressé que par sa propre image, la couvrant de diamants pendant qu’il enchaine les conquêtes lors de ses soi-disant déplacements d’affaires. Elle recherchait un homme sincère et de confiance, elle ne le trouverait pas dans son monde, ce ne serait pas plus facile pour autant, la preuve en était avec Sheldon, ce petit avorton s’était contenté de profiter d’elle. A ses yeux Adriel était si loin de tout ça, si gentil et si agréable avec les autres, qu’il ne se permettrai jamais un jugement hâtif, au contraire même. En bon lieutenant, il serait logique qu’il ne se permette d’émettre un quelconque jugement qu’après avoir analysé tout les éléments. En l’occurrence elle se trompait .. Son sourire se fanait à mesure que son venin s’extirpait hors de sa bouche. Pas un instant elle ne s’était doutée qu’il réagirait de la sorte, elle n’était pourtant pas dupe, et se rendait bien compte qu’il était plutôt agacé par ses manière. En revanche, elle le croyait bien trop poli et soucieux des autres pour faire parti de la longue liste des personnes rabrouant et jugeant si aisément. S’emparant de la carte qu’il lui tendait, elle restait calme et bien que blessée elle tentait de ne rien laissé paraître. Tâche particulièrement difficile en vue de sa sensibilité exacerbée. Elle parcourue la carte du regard avant de la plonger dans son sac. « Je te remercie. » Dit-elle en esquissa un sourire forcé alors qu’elle ne songeait qu’à fuir le plus loin possible de ce commissariat. Récupérant alors sa veste qu’elle avait déposé sur le siège voisin, elle prit simplement la direction de la sortie, sans intention de se montrer polie ou tout du moins lui souhaiter une bonne journée. Humiliée, oui c’était ainsi qu’elle définirait son ressentit, ce n’était pourtant pas la première fois que cela lui arrivait, mais nous habituons-nous un jour à cela ? C’était fort peu probable. Ce n’était pas uniquement son orgueil qui en souffrait, simplement elle-même, las des déceptions comme si elle n’en avait pas déjà assez au compteur. Ce ne fut que lorsqu’elle s’apprêtait à tourner la poignée qu’elle se surprit elle-même à rompre le silence. « Oui je suis capricieuse, mais il y a des choses qu’un caprice ne saurait offrir. Mais si tu penses que je ne l’ai pas compris, crois bien que cela fait très longtemps que je l’ai appris. » Se retournant alors vers lui, ne faisant que quelques pas pour se rapprocher du bureau d’Adriel, la jeune femme habituée à faire profil bas, ne comptait pas en rester là pour cette fois. « Tu es un homme peu loquace et presque froid et cela aurait du m’arrêter ? Tu vois, je suis peut être née dans un monde superficiel, mais je ne suis pas celle qui m’attache à l’image que les autres renvois. Je ne suis pas celle qui est incapable de voir plus loin que le bout de son nez. » Légèrement amer, l’héritière se contenta d’un sourire las, épuisée d’avoir constamment à faire ses preuves auprès des autres. « Je suis riche oui, et pour cela je devrais valoir moins que toi ou ces personnes dans ce commissariat ou encore tes amis ? Je suis fière de la réussite de mon père, je suis fière de mon frère et ma sœur. Je ne vais pas renier ma famille ou mon nom pour donner une illustre image de ma personne. » Farfouillant dans son sac elle en récupéra vite la petite carte qu’il lui avait donné un instant auparavant, pour la déposer sur son bureau. « Je n’étais pas là pour mon bouquin, mais pour toi. Je te pensais différent mais tu viens de me prouver le contraire. Même si j’espère sincèrement me tromper. »

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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Mer 6 Juin 2012 - 18:49

Pourquoi se montrait-il aussi irascible en sa compagnie ? Pourquoi était-il si différent qu'en compagnie des autres ? Il ne comprenait simplement pas. Adriel n'était pas quelqu'un de méchant. Certes, il n'était pas particulièrement bon non plus, pas selon lui en tout cas, mais il n'avait jamais été méchant. Il avait pu se montrer agressif lorsque la situation l'exigeait, menaçant parfois même mais jamais ne s'était-il attaqué à une personne innocente en touchant sur un sujet blessant alors qu'il en avait pleinement conscience. Jamais, sauf aujourd'hui. En prononçant ses mots, le lieutenant ne savait que trop bien l'impact qu'ils auraient sur la jeune femme, combien cela pouvait la blesser. Il ne souhaitait certes pas la blesser à proprement parler, mais il avait conscience que pour qu'elle quitte son bureau, il devait la blesser, ou tout du moins la vexer. Et c'est ce qu'il avait fait sans la moindre hésitation. Sans la moindre hésitation, mais certainement pas sans remords. A peine eut-il prononcer ses mots qu'il se rendit compte de à quel point il avait tort. Pauline était certes particulièrement agaçante et envahissante mais elle n'était pas méchante. Elle n'avait jamais eu un mot plus haut que l'autre et si l'on racontait de nombreuses choses sur elle, il n'avait jamais entendu de rumeurs à ce sujet – et elles étaient pourtant si rapides à naître de choses qui n'avaient pas lieu d'être. Pourtant, il n'ouvrit pas la bouche quand il la vit se lever pour quitter les lieux. Il avait obtenu ce qu'il voulait, mais il ne se sentait pas bien pour autant. Au contraire, en réalité. Il culpabilisait, profondément. Son visage ne l'exprimait probablement pas mais c'était une culpabilité sincère. Il s'apprêtait à se lever pour aller s'excuser devant elle lorsqu'elle prit la parole. Il hésita à l'interrompre, l'espace d'une seconde puis se rétracta. Elle avait son mot à dire, et si elle voulait déverser la colère due aux mots qu'il venait de prononcer, c'était ce qu'il méritait. Il la laissa parler, l'écoutant attentivement. Elle touchait juste. Peut être était-il en effet celui qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Peut être qu'il se trompait totalement sur sa personne. Mais peut être pas également. Mais surtout, ce n'était pas là le problème. Adriel avait besoin de liberté, d'espace. Il était sauvage à sa manière, peu importe qu'elle qualifie son attitude de froide, mais c'était pour une raison. Il avait sa tranquillité, et c'était quelque chose de plus précieux que n'importe quoi. Il savait que c'était aussi ce qui lui valait sa réputation, et le fait que les gens ne cherchent généralement pas particulièrement à l'approcher mais c'était également quelque chose qu'il cultivait. Il aimait sa solitude, sa tranquillité. Il n'y avait guère que la présence de Maya qu'il était capable de supporter à temps plein, d'apprécier à temps plein, même. De nombreuses fois, on lu avait conseillé d'avoir un psychologue à ce sujet, que c'était probablement une forme de maladie, ou peut être d'autisme. Mais il s'en moquait. Adriel était bien comme il était, et avec son passé, il n'y avait rien de particulièrement inquiétant à ce qu'il apprécie sa solitude. Mais il concevait que des gens puissent être différents, et plus particulièrement que quelqu'un comme Pauline Moroe ne le comprenne pas. Elle était habituée à être entourée, avec sa fratrie mais aussi avec la vie publique qu'ils menaient. La solitude était un luxe qu'elle ne pouvait pas vraiment se payer, et comme Adriel avait appris à apprécier sa solitude parce qu'il y avait été forcé, d'une certaine manière, elle avait appris apprécier son statut social. Mais elle ne voyait absolument pas ce que Adriel venait de lui dire. Il ne lui reprochait pas d'être riche ni même capricieuse ou superficielle – elle l'était, il en était convaincu même si peut être pas à tous les niveaux – mais simplement d'être aussi envahissante. Il l'avait mal exprimé mais c'était l'idée. Pourquoi fallait-il qu'il ait autant de difficultés avec les mots ? Pourquoi était-il tout simplement incapable de s'exprimer clairement comme le reste des individus ? Dans ces moments-là, il n'y avait rien de plus qui pouvait l'agacer que son incapacité à communiquer normalement. Naturellement, il l'avait cultivé, mais il aurait probablement été plus simple de s'exprimer normalement. Il poussa un soupir une fois qu'elle eut fini, et lui ai dit ses quatre vérités et chercha ses mots. Il était différent, oui, c'était certain. Il était différent, mais pas dans ce sens-là. Il ne se mêlait pas à la société, vivait indépendamment de tout ce qui la constituait tant que faire se pouvait, malgré son métier. Mais depuis que Maya l'avait réveillé, en quelque sorte, il s'y mêlait doucement. Il ne faisait plus que résoudre les enquêtes maintenant, il s'intéressait vraiment aux personnes qui étaient impliquées, ou plus naturellement qu'avant en tout cas. Il se mêlait à la société, un petit peu aussi mais il était certain que c'était sa différence qui faisait qu'il n'appartiendrait jamais réellement à ce monde-là. « Je suis désolé si je t'ai blessée, Pauline. » finit-il par lâche au bout de quelques secondes. « Mais... comment dire ? » souffla-t-il. « Je suis différent, mais pas intéressé. » Ses mots étaient durs comme toujours mais il ne pouvait pas faire autrement. Il ne savait pas comment faire autrement. Il décida alors de continuer, cherchant à ménager son interlocutrice. « Ce n'est pas ta personnalité, ou ton histoire familiale. C'est juste que j'aime ma tranquillité, et ma vie comme elle est. » Il hésita puis décida d'en rajouter une dernière couche. « Je n'ai besoin de personne d'autre dans ma vie. » Mais était-ce assez ? Il ne savait pas vraiment comment s'y prendre, si c'était des excuses en bonne et due forme... Ni encore moins comment elle allait le prendre. Alors, il en rajoute une dernière couche sachant pertinemment qu'il risquait de s'en mordre les doigts. « Mais... je dois me faire pardonner, alors... j'accepte ton offre, si elle tient toujours. » dit-il en faisant référence au déjeuner. Bon sang ! Il ne se rappelait pas la dernière fois où il s'était senti aussi perdu dans ce qu'il devait faire, ou dire.
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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Sam 4 Aoû 2012 - 23:47



Polly était une jeune femme d’une extrême sensibilité, mais elle était avant tout très fière. Un mélange assez détonnant qui caractérisait assez bien l’ensemble de la famille, mais peut être que la cadette se montrait la plus honnête face à ses sentiments que ne le faisait Neal ou Slythein. Mais elle regrettait sa franchise plus que tout à cet instant. Elle avait décidé de faire demi-tour, elle s’apprêtait à partir, quitter ce bureau et ne plus jamais y remettre les pieds. Mais blessée et incomprise une fois de plus, la jeune héritière était revenue sur ses pas, expliquant le fond de sa pensé au lieutenant de police. Si sur le moment cela lui avait fait un bien fou, la seconde d’après, elle aurait préféré être n’importe où sauf ici. Une fraction de seconde elle fut légèrement soulagée par les excuses qu’il lui présentait, mais il n’en avait pas terminé et plus il parlait, plus il s’expliquait et plus elle mourrait d’envie de s’enfuir, de courir à toute vitesse et se cacher le plus loin possible pour pleurer et hurler. C’était sans doute une réaction enfantine, peut être était-elle trop sensible et plus d’une fois on lui avait précisé qu’elle n’avait aucune maturité face à ses propres sentiments, que les hommes la rendait faible. C’était peut être vrai après tout. Polly sentait le sol se dérober sous ses pieds, elle voulait pleurer, les larmes étaient prisonnières dans sa gorge mais sa fierté l’empêchait d’exploser. Elle ne comprenait pas que les hommes puissent la rejeter autant, elle ne comprenait pas qu’on puisse s’amuser d’elle ou la rejeter durement de cette manière. Ignorait-il qu’elle demeurait un être humain ? Il fallait croire que oui ! Néanmoins la jeune héritière ne supportait plus ces rejets à répétitions, elle ne les comprenait pas non plus. Si elle n’avait pas la prétention d’être parfaite elle pouvait au moins être certaine que personne ne l’était, alors qu’y avait-il de si repoussant chez elle ? Jusqu’ici, elle n’avait porté sur lui qu’un regard larmoyant, absorbant ses paroles et tentant d’en faire abstraction. Un exercice plus dure qu’il n’y paraissait. Elle coupa alors tout contact visuel avec Adriel, soutenir son regard devenait de plus en plus dure. Fixant ses chaussures, elle tentait d’imaginer ce que dirait son frère pour l’encourager, mais Neal n’avait pas les conseils de monsieur ou madame tout le monde, si lui, lui conseillerait de le tuer avec son coupe-papier, Slythein préconiserait l’arrachage de vêtement. Un instant, Polly eut presque envie de sourire, Adriel ne semblait pas être le genre d’homme à se montrer aussi fougueux. Ce n’était peut être pas grand-chose aux yeux des autres, mais c’était suffisant pour la jeune héritière, assez pour relever la tête. « Arrête de m’appeler Pauline ! » dit-elle avec douceur, sans la moindre agressivité ni animosité. La raison était simple, plus personne ne l’appelait comme ça, et la dernière personne à l’avoir fait, restait sa mère. Et si elle avait consentit à l’entendre l’appeler de cette façon, c’était simplement parce qu’elle le pensait « différent » comme elle l’avait dit elle-même. Grossière erreur de sa part. « Non tu n’as rien de différent crois-moi. » Avoua-t-elle résignée. Elle le pensait sincèrement, après tout, il n’était pas le premier à lui servir ce discours, à croire que l’intérêt qu’elle portait aux hommes leur paraissait toujours déplacé. Peut être alors devait-elle attendre qu’un homme fasse le premier pas vers elle, mais si c’était ainsi que les choses devaient fonctionner, mieux valait pour l’héritière qu’elle s’habitue tout de suite à sa solitude. « Peut être que ce n’est pas habituel mais je ne vais pas accepter tes excuses. Mais au moins les choses sont claires, sois en sûr. » Décidément cette conversation devenait de plus en plus difficile à entretenir, elle révisait son idée de fuite et la trouvait de plus en plus géniale et ne comprenait pas qu’elle puisse rester face à ce bureau, immobile. « Puisque il n’y a plus de place dans ta vie et que je n’y suis pas désirée, je ne vois pas pourquoi je continuerai à essayer d’attirer ton attention. » un léger sourire plus nerveux que sincère étira doucement ses lèvres. La jeune femme était impatiente de repartir et pouvoir enfin se laisser allez à ses larmes dans l’intimité de sa chambre. « Si tu tiens à te faire pardonner tu vas devoir trouver autre chose. Je ne tiens pas à avoir un rancard avec un homme qui ne supporte pas ma présence, et n’a ni le temps ni l’envie de l’endurer. » Elle pointa alors du doigt la petite carte qu’il lui avait initialement donné, ce pourquoi elle était sensée s’être invité dans son bureau. « Je te remercie pour le numéro de téléphone mais je vais trouver par mes propres moyens. » Elle se surprenait à être calme et posée, alors qu’intérieurement elle mourrait d’envie de se réfugier dans les bras de sa mère comme une petite fille blessée.

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Message(#) Sujet: Re: be patient, everything will come to you. (r) Mar 14 Aoû 2012 - 23:15

Il l'appelait Pauline, par habitude. Ils ne se connaissaient pas énormément, n'étaient pas amis et pas même des potes. Le lieutenant aurait donc trouvé cela parfaitement déplacé de se permettre de l'appeler par un petit surnom, même si tout le monde se le permettait, et qu'il en était presque devenu un deuxième prénom. C'était idiot, il en avait bien conscience. Mais Adriel Lamontagne était un homme avec des valeurs, parfois un peu vieux jeu mais cela lui convenait parfaitement. Tant pis si cela déplaisait, il était ainsi. Dans un réflexe qui n'allait probablement pas arranger le conflit qui les reliait désormais – ou les éloignait, plutôt -, Adriel répondit, peut être même un peu bêtement : « C'est ton prénom. » Ce n'était même pas un jugement, ni même vraiment une constatation, mais c'était la raison pour laquelle il l'appelait Pauline, aussi simple que cela. Il se rendit rapidement compte de son erreur, cependant et tenta de se rattraper, sans trop savoir pourquoi. « Je veux dire... Je vais faire un effort. » Il essayait de se montrer légèrement plus complaisant, cela devait compter, non ? Il se tut lorsqu'elle lui signifia qu'il n'était pas différent. Sur ce point, elle avait parfaitement tort mais le jeune homme préféra ne pas insister. Il n'avait que trop conscience que cela risquait de passer pour de la prétention, alors que c'était tout l'inverse. Adriel aurait donné beaucoup pour être quelqu'un comme les autres, pour mieux trouver sa place dans la société, et dans tout le reste. Il acquiesça d'un signe de tête lorsqu'elle précisa qu'elle n'avait aucun intérêt à chercher à l'intéresser. Il se retint de pousser un soupir soulagé mais le lieutenant ne put qu'apprécier qu'elle comprenne enfin que ce n'était pas contre elle, mais que c'était tout simplement ainsi. Certes, les a priori qu'il avait sur la jeune femme jouait dans la balance mais puisque le résultat n'en était pas altéré, en quoi cela importait-il vraiment ? Il n'allait pas le lui dire sinon il s'attirerait à coup sûr les foudres de la jeune femme et c'était bien la dernière chose que cet homme des forces de l'ordre désirait. Mais cela le gênait, qu'elle n'accepte pas ses excuses. Il ne comprenait pas pourquoi. Il ne voyait pas pourquoi elle ne voulait pas lui accorder cela. Elle était blessée, certes, mais son ton s'était complètement radouci et Adriel avait sincèrement pensé que cela suffirait. Mais ce n'était pas le cas, et il ne voyait vraiment pas comment il pourrait arranger cela, de quelque manière que ce soit. Il lui faudrait donc y réfléchir, ou dans le pire des cas, demander de l'aide à Maya. Cela ne l'enchantait pas vraiment. Elle serait sûrement prompte à s'imaginer qu'il y avait quelque chose derrière tout ça, alors qu'en réalité, ce n'était que l'altruisme du jeune homme qui était heurté. L'altruisme, ou son égo, il n'était parfois pas certain de savoir faire la différence entre les deux, à son grand dam. « Non, je t'en prie. Tu peux toujours utiliser ce numéro de téléphone, tu n'as rien à perdre. Ne dis pas que tu appelles de ma part si tu veux, mais ça peut toujours te servir. » dit-il, espérant sincèrement qu'elle ne gâcherait pas cette chance pour autant. Il avait bien conscience que cela ne ferait pas d'elle un grand auteur, et qu'elle ne serait peut être même jamais publié vu l'absence de succès de son premier livre, mais le lui dire sans qu'elle n'essaie aurait été rien d'autre que mesquin, d'autant plus qu'il ne s'y connaissait absolument pas en matière d'édition. Il s'apprêtait à insister pour qu'elle utilise le numéro quand son téléphone sonna. « Je suis désolé, je dois répondre. » dit-il, tout de même ravi d'avoir une interruption. Malheureusement la nouvelle qu'on lui annonça au téléphone n'avait absolument rien pour le ravir. Un corps venait d'être trouvé aux environs de Miami, dans un état des plus déplorables, et il devait se rendre sur les lieux immédiatement. D'ordinaire, il aurait envoyé quelqu'un d'autre sur les lieux et se serait contenté de regarder les photos de la scène de crime, mais c'était le capitaine lui-même qui avait insisté, laissant entendre que cette histoire pouvait avoir plus d'importance qu'il n'y paraissait. Perplexe, mais ne préférant pas de risque, Adriel se leva avant même d'avoir reposé le combiné à sa place. « Je dois partir, Paulin- Polly. Je suis désolé, c'est une urgence. » Attrapant sa veste au passage, il lui tint la porte, lui faisant comprendre qu'elle devait partir également. Il verrouilla son bureau derrière lui, et appela de deux de ses agents en renfort, prévenant qu'il prenait sa propre voiture. Il hésita à lui demander si elle avait besoin d'être déposée quelque part, mais renonça. Il n'avait non seulement pas le temps mais pas non plus le courage, n'ayant aucune envie de continuer cette conversation. « A plus tard. » dit-il, simplement, l'abandonnant à effervescence du commissariat de police, où les appels concernant l'affaire commençaient à se faire nombreux.


THE END
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