AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 DALIA • travelling through our lives.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: DALIA • travelling through our lives. Dim 4 Sep 2011 - 23:28

Travelling through our lives



N'ayant pas eu le courage de faire les courses, Ekaterina décida d'aller manger à l'extérieur. Elle aurait probablement pu commander du chinois, ou quelque chose du même style, mais la solitude de sa grande maison commençait à lui peser – et plus encore depuis qu'elle avait pris contact avec Aleksei. Vêtu d'un simple jean, et d'un débardeur marron, elle sortit de sa maison et décida de faire le chemin à pied. Bien qu'elle ait pris l'habitude de faire la plupart de sa route en voiture, elle devait avouer que marcher lui manquait. A Moscou, elle avait toujours tout fait à pied. Elle évitait un maximum de prendre le métro, à moins qu'elle ne soit pressée, et adorait prendre des raccourcis, passant parfois par des rues sans savoir où elle l'a menée. Pourtant, même si elle se retrouvait dans un endroit qu'elle ne connaissait absolument pas – vu la taille de Moscou, cela lui arrivait plus souvent que vous ne devez le penser - , elle se sentait en sécurité. Elle était chez elle. Elle ne pouvait pas réellement se perdre, et encore moins perdre ses moyens. Tout le monde là-bas parlait sa langue. Elle n'avait pas besoin de faire attention à ne pas faire de faute, ou à chercher quel mot elle pouvait utiliser pour s'exprimer. Ici... cela était bien difficile. Elle parlait pourtant l'anglais couramment, et ce depuis des années. Mais elle ne se sentait pas forcément à l'aise pour autant. Tout était foncièrement différent. Et Katia n'était pas chez elle, ici. Il y avait même certains soirs où elle regrettait l'anonymat des rues de New York. C'était une ville qui, bien que foncièrement différente par tant de pointes de Moscou, lui rappelait le plus sa ville natale. Tout le monde était toujours entrain de courir, et personne ne se préoccupait des autres. Même si cette mentalité était à l'encontre de tout ce en quoi Katia croyait, c'était dans ce genre d'environnement qu'elle se sentait le plus en sécurité. Miami était une grande ville, c'était certain. Mais elle n'avait pas cette effervescence, cette force. Vous êtes vous déjà retrouver entrain de marcher à contre courant d'une foule ? Dans un couloir à la sortie des cours, ou dans une foule en délire, par exemple ? Vous détestez probablement ce sentiment. Katia le chérit profondément. Peu importe où l'on va, c'est toujours ce que l'on ressent, que l'on vive dans la capitale russe, ou à New York. Peu importe où l'on va, il faut se frayer son propre chemin. Il faut se montrer plus fort que le reste et être décidé sur notre destination. Et c'était ce que la jeune femme désirait pour sa vie. Etre plus forte que tout. Savoir où elle va. Ne pas hésiter à aller à contre-courant. Tenez, par exemple, combien de personnes ne ressentaient aucune gêne à manger seul dans un restaurant un soir de week-end ? Peu. Trop peu, probablement. Ekaterina, elle, s'en moquait. Le regard des gens n'importait pas pour elle, quoiqu'il puisse paraître. Elle avait depuis longtemps abandonné l'idée d'être à la hauteur de ce qu'ils attendaient d'elle – probablement parce qu'elle n'était même pas capable d'être à la hauteur de ce que son père attendait d'elle. Probablement parce qu'il n'y avait que l'avis d'une seule et unique personne qui comptait, au final.

Assise en terrasse de l'un des nombreux restaurants de Fairway Place, la jeune femme était tranquillement entrain de siroter un coca-cola et de grignoter une salade composée. Bien qu'elle soit attablée seule, elle trouvait particulièrement agréable d'avoir de la compagnie autour d'elle. A sa droite, se trouvait un enfant particulièrement mécontent de ne pas avoir le droit de prendre un second dessert. A sa gauche, un couple d'amoureux jouait à la Belle et au Clochard en se partageant une assiette de frites. Enfin, en face de Ekaterina, se trouvait un groupe d'amis, similaires à celui qu'elle avait il y a plusieurs années de cela, entrain de jouer de la guitare et de chanter autour de la fontaine. Attendrie par cette vision, Katia se laissa emporter quelques minutes par les souvenirs du passé, et des moments passés à la dacha. Elle avait rarement ressenti pareille sérénité depuis. Pourtant, en voyant cet endroit plein de vie, l'idée qu'elle puisse finalement se faire à une vie dans un Etat aussi chaud, et bien loin de ce qu'elle avait toujours recherché, lui traversa l'esprit. Après tout, il y avait pire endroit sur Terre.
Après avoir payé l'addition, la jeune femme décida d'aller prendre un café pour la route du retour. Par chance, il n'y avait pas encore grand monde au Starbucks Café, chacun étant probablement entrain de finir son repas. Il lui fallut à peine quelques minutes pour choisir sa boisson – il y avait tellement de choix possibles ! - puis elle se décida à reprendre la direction de chez elle. Cherchant son téléphone dans son sac afin de faire le trajet en musique, elle ne se rendit pas compte qu'elle était sur le point de percuter quelqu'un et de créer une catastrophe. En effet, Katia venait de renverser l'intégralité de son café sur une grande et jolie rousse. Celle-ci est vêtue d'une magnifique robe assortie à la nuit qui s'installait doucement sur Miami, et avant même que la personne en face d'elle pu prononcer le moindre mot, la moscovite se confondit en excuse. « Oh mon dieu, je suis tellement désolée ! Je ne vous ai pas vu arriver ! » Sincèrement désolée, elle lui tendit quelques mouchoirs qu'elle avait sorti de sa poche, son visage déchiré en une grimace. « Je me doute bien que ça ne fera pas grand chose, mais je vous paierai naturellement le... le... le teinturier ? » C'était ridicule. Paniquer pour si peu ! Et bien que Katia soit quelqu'un qui aurait proposé d'amener le vêtement chez le teinturier de toute façon, le fait de se retrouver dans une situation comme celle-ci dans un pays étranger du sien semblait être insurmontable. Elle poussa un soupir léger, et ferma les yeux quelques secondes. Il fallait simplement qu'elle se donne du temps. « Encore désolée. Vraiment ! »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: DALIA • travelling through our lives. Ven 30 Sep 2011 - 2:23

    Devant un miroir, les bras dans les airs, ses doigts parcourant sa chevelure rousse, Dalia tentait de se coiffer. Elle et quelques connaissances avaient l’intention de sortir en boite et l’une d’elles-Leah- avait insisté pour qu’elle se prépare avec elle. La belle avait accepté, n’ayant pas réellement d’autre endroit où aller. Les nuits où elle ne se trouvait pas de lieu où dormir, elle passait la nuit dans sa voiture. Elle n’avait aucune envie de payer un loyer et surtout, d’avoir une colocataire. Elle n’avait plus les moyens pour prendre quelque chose pour elle, sa sortie de Russie ayant été beaucoup plus difficile qu’elle ne l’avait espéré. La jeune femme avait peu de ressources financières, mais il lui restait sa ruse. Ainsi, elle avait demandé à son amie de passer la nuit ensemble, puisqu’elle habitait plus près qu’elle-même du bar et que, ce serait bien plus drôle de faire une nuit blanche. Évidemment, il s’agissait de son plan de secours. Dans la mesure du possible, elle espérait rencontrer un mec qui pourrait au moins lui procurer un certain plaisir. Leah, tout de même assez jolie dans son genre, lui souriait. Dalia était plutôt sur le point de perdre patience. Elle détestait ses cheveux ou plutôt, elle détestait essayer de les coiffer, puisque cela ne la satisfaisait jamais. Encore une fois, elle abandonna. Elle passa un coup de brosse et les laissa ainsi, choir sur ses épaules. Son amie protesta, elle la fît s’assoir sur un petit banc dans la salle de bain et lui fît un chignon peu serré, de sorte que quelques mèches s’en échappaient. Elle disait qu’au moins comme cela, on verrait son dos en entier. Dalia lui sourit, de manière un peu crispé. Leah avait raison, la robe marine que portait la jolie rousse était ouverte dans le dos, c’était la particularité du vêtement et il aurait été un peu idiot de le cacher. Elle n’avait pas l’habitude qu’on s’occupe d’elle. Il ne s’agissait que d’une aide minime, mais la belle ne l’avait pas demandé. Elle ne considérait pas qu’elle en avait besoin. Elles continuèrent à se préparer avec la musique dans l’appartement qui jouait des airs légers. La brésilienne n’appliqua sur sa peau claire qu’une petit couche de maquillage, beaucoup plus pour satisfaire Leah que pour elle-même. Cela prit un temps fou encore à la brunette pour se préparer, elle ne cessait d’ajouter des couches de poudre sur son visage. Le résultat était magnifique, heureusement. Pendant ce temps, Dalia repassait le pinceau sur ses joues, faisait un tour sur elle-même. Elle tentait de passer le temps.

    Enfin, elles furent prêtes à partir. Ou plutôt, un texto de la part de Marissa les força à quitter l’appartement. Les autres étaient toutes déjà là et les attendaient. Elles marchèrent, puisque ce n’était pas trop loin et que la température était clémente. Elles passèrent devant le Fairway Place et Dalia, à travers la baie vitrée, cru voir quelque chose. Elle se figea d’abord, s’arrêtant carrément sur le trottoir. Puis, elle inclina un peu la tête, plissa les yeux afin de mieux voir. Leah revint sur ses pas, la questionna du regard. Après une ou deux secondes, Dalia posa un regard détaché sur elle, puis sur l’immeuble. « J’ai trop envie d’un café, je te rejoins au bar, okay? » Puis, sans lui laisser le temps de répondre, elle pénétra dans cet endroit banal. Elle regarda par-dessus son épaule afin de s’assurer qu’elle n’était pas suivit. Puis, elle resta immobile, le regard fixé sur une jeune femme dans la ligne au Starbucks. Elle ne parvenait même pas à croire qu’elle l’avait reconnue. Après tout, elles ne s’étaient jamais rencontrées et mis à part une photographie, qui devait dater de quelques années… Elle eut un sourire satisfait, elle se mordit la lèvre inférieure pour contenir sa joie et ne pas se faire remarquer. La belle était déjà assez voyante avec sa robe, si elle éclatait d’un rire presque diabolique, ce serait raté. Longtemps elle avait cherché la suite du jeu et voilà que comme cela, par pur hasard Ekaterina apparaissait? C’était presque trop facile. Naturellement, de manière aussi rapide son plan prenait place dans sa tête, elle prévoyait tous les coups qu’elle aurait à jouer. Elle se détourna lorsque la blonde prit son café. Dalia sortit de son champ de vision, afin de ne pas être remarquée. Puis, en voyant Katia s’avancer, sans regarder devant elle. Elle poussa un soupir, c’était beaucoup trop facile. La brésilienne s’avança, avec une prestance incroyable et resta devant la jolie Russe. Elle aurait très bien pu éviter la catastrophe, mais cela aurait été raté une occasion en or. La robe devait subir le coup, de toute façon ce n’est pas comme si elle l’avait payée. L’accident se produisit, Katia renversa le contenu brulant de son verre sur son vêtement. Dalia sursauta et pencha son sa tête vers la robe, les mains sur le ventre avec une expression horrifié sur le visage. La Russe fondit en excuse, tenta d’essuyer le dégât avec des mouchoirs, laissant plutôt de petit morceau blanc sur le tissu. Dalia releva la tête croisa le regard de la belle et eut un petit sourire, un sourire poli. Elle secoua la tête, l’air tout à fait patient. « Ce n’est rien, ce n’est pas grave. Il n’y a pas de blesser, c’est l’important » Elle eut un petit rire et ajouta : « Je vais survivre, ne vous en faites pas ». Elle passa elle-même ses mains sur sa robe, un petit air désolé sur le visage. Puis, elle eut un grand sourire à l’égard de Katia. « En fait, vous me sauvez la vie! Je devais aller à une soirée à laquelle je ne voulais pas du tout participer. Mes amies croient que parce que je suis récemment célibataire… » Non mais quelle merde elle pouvait inventer… « Je dois sortir et rencontrer des gars. Maintenant j’ai une bonne excuse, ma robe est foutue! » Dalia se pencha même pour ramasser le gobelet vide sur le sol et le jeta dans la poubelle la plus proche. Puis, elle revint vers la jeune femme et, aimablement se présenta et dit : « Je n’ai pu m’empêcher de remarquer votre accent, c’est russe, non? Je suis désolée, c’est tellement étrange! Je reviens tout juste d’un voyage en Russie et c’était magnifique! » Elle semblait si gentille, elle se surprenait elle-même. Évidemment, rencontrer quelqu’un comme cela l’aurait ennuyé au possible, mais Katia était différente. D’après ce qu’elle savait d’elle, c’était une bonne personne. Elle ne serait donc pas du tout mesquine envers elle, au contraire, c’est comme cela que l’on se faisait des amies…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: DALIA • travelling through our lives. Lun 3 Oct 2011 - 22:38

Ekaterina Ivanova avait une personnalité telle que l'on en trouve peu à l'heure actuelle. D'une gentillesse infinie, elle était prête à faire son maximum pour quelqu'un qui aurait simplement l'audace de lui demander de l'aide. A partir du moment où il ne s'agissait pas de quelque chose, d'indécent, ou d'immoral, Katia faisait toujours tout ce qu'elle pouvait pour pouvoir faire plaisir. Sa générosité n'avait pas de fond, et c'était tout simplement parce qu'elle trouvait qu'il n'y avait pas de plus belle reconnaissance que le sourire sincère de quelqu'un, qu'il s'agisse d'un inconnu, ou de quelqu'un de plus proche d'elle. Il fallait dire que ses deux meilleurs amis, qu'il s'agisse de Vlad, ou d'Aleksei, avaient toujours eu du mal à sourire. Du moins, tout particulièrement ce dernier. Alors, la valeur d'un sourire, d'un visage serein, Katia la mesurait beaucoup plus que la plupart des gens. Quand quelqu'un était brisé, blessé, c'était la même chose. Elle ressentait une forme d'empathie envers lui – ce n'était pas qu'elle ressentait vraiment la douleur de la personne en face d'elle, mais elle sentait que quelque chose n'allait pas. Et aussi naïf, candide, que cela puisse sembler, elle était le genre de jeune femme qui souhaitait sincèrement la paix dans le monde, que plus personne ne meurt de faim, et soit heureux. Alors, si il y avait la moindre chance qu'elle puisse soulager cette personne de sa peine, elle trouvait une solution au problème qui se posait, et espérait que tout irait mieux par la suite pour cette personne. Et puis... elle continuait sa route. C'était en tout cas, ce que la jeune femme avait fait ces derniers temps. Elle ne s'était pas arrêtée dans un quartier particulier de Moscou alors qu'elle avait commencé à jouer au poker. Ce jeu changerait sa vie à jamais, elle le savait. Elle avait quitté le pays pour, ou à cause selon la vision des choses, ce jeu, alors pourquoi prendre le risque de s'attacher à des personnes qu'elle ne reverrait plus d'ici quelques mois ? Cela lui aurait rendu les choses bien trop difficiles, douloureuses. Plus encore qu'elles ne l'étaient... Il n'y avait plus rien qui la retenait à Moscou, alors Katia avait veillé à se donner aucune raison de rester, afin de ne laisser aucun regret derrière elle. Car la jeune femme était en fait le genre de personnes qui aimait sincèrement. Qu'il s'agissait d'amour ou d'amitié, elle ne connaissait pas de demi-mesure. Elle aimait toute entière. Et lorsqu'elle partait, lorsqu'il y avait une « rupture », c'était son coeur tout entier qui se déchirait, sa poitrine qui se serrait, et il lui fallait des mois pour réapprendre à respirer sans ne plus sentir cette déchirure de l'absence de la personne qu'elle avait perdu... C'était parfois tellement douloureux, et tellement impossible à guérir qu'elle allait à l'autre bout du monde pour retrouver cette personne.
Un autre trait caractéristique de sa personnalité était probablement le fait qu'elle ne pouvait s'empêcher de voir le bien chez les personnes qui l'entouraient. Elle avait pourtant probablement plus conscience que quiconque de la cruauté du monde qui l'entourait, de ce que les gens pouvaient faire par amour, par jalousie, par méchanceté, ou simplement pour s'amuser. Elle savait combien elle souffrait lorsqu'elle était déçue, combien cela était douloureux de voir quelqu'un que l'on aimait perdre pied. Mais c'était plus fort que tout. Ekaterina ne pouvait se résigner à arrêter de croire en l'Humanité, en l'Homme. Peut être était-ce un tort mais elle trouvait facilement des excuses aux personnes qui agissaient de travers. Elle était capable de haine, bien entendu, il lui arrivait de ne pas aimer certaines personnes, mais généralement, elle essayait de se montrer compréhensive. C'était peut être un tort, un moyen de pardonner aux personnes les plus proches d'elle – si elle pouvait excuser des inconnus, ou presque, d'actes horribles qu'ils commettaient... alors pourquoi pas tout pardonner à ses proches ? L'une des corollaires de cela était qu'elle ne se doutait absolument pas que quiconque puisse lui vouloir du mal. Ainsi, c'était parfait pour Dalia – même si elle était d'une subtilité épatante, elle n'était pas à l'abri d'un faux pas. Cependant, cela ne serait pas très risquée – Katia préférait se remettre en question que d'imaginer le pire dans son entourage.

La gentillesse avec laquelle l’accueillie Dalia toucha sincèrement Katia. Ce n'était pas tant qu'elle ne fasse pas preuve d’agressivité qui l'étonnait mais la sincérité avec laquelle elle ne semblait pas du tout être gêné par le fait que sa robe nécessité un bon tour chez le teinturier, et le soulagement qu'elle lisait sur ses traits d'être libérée de sa fameuse soirée. Elle laissa échapper un petit rire de ses lèvres, reprenant légèrement confiance – elle se sentait étrangement à l'aise en compagnie de la jeune femme alors qu'elle était certaine de ne pas l'avoir croisée une seule fois dans sa vie... « Ravie d'avoir pu vous aider » lança-t-elle alors, son accent étant d'ores et déjà prononcé. Elle ne le perdait naturellement jamais vraiment, mais il était plus ou moins remarquable selon son degré d'anxiété. Voyant la jeune femme se diriger vers la poubelle, Katia reprit sa route, ne s'attendant pas un seul instant à ce que la jeune femme revienne vers elle. C'est pourtant ce qu'elle fit, et c'est non sans surprise qu'elle entendit la jolie rousse lui dire qu'elle revenait justement d'un voyage en Russie. « Quelle coïncidence ! C'est, en effet, un magnifique pays... Je ne peux que vous conseillez Moscou, si vous ne l'avez pas fait. Qu'avez-vous visité ? » Elle regarda sa montre, il était encore tôt. « Laissez moi vous offrir un café, vous me raconterez votre voyage en le dégustant. » Ekaterina n'était pas forcément du genre à inviter si facilement les gens à se joindre à elle autour d'un café, mais elle se sentait quelque peu fautive du sort de la robe de la jeune femme, et se disait que c'était un bon moyen de commencer à se faire des amies.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: DALIA • travelling through our lives. Lun 31 Oct 2011 - 15:24

    Elle sentait glisser quelques gouttes de ce café chaud que sa robe n’avait pas réussi à absorber, le long de sa cuisse. Si elle ne s’en était pas préoccupée avant, c’était parce qu’elle avait d’autres pensées en tête. Elle avait été dans un état presque comatique, ne portant aucun intérêt au monde extérieur. Elle avait tenté une approche et mettait doucement son plan en place. Le reste importait peu. Toutefois, Dalia venait de recevoir une proposition qu’elle ne pouvait accepter. D’abord, parce qu’elle ne supporterait pas de passer plus de temps dans ce vêtement humide. Puis, la belle n’était pas préparée pour une soirée entière en compagnie de Katia. Aussi rapide avait été la formation de son plan, aussi bonne soit-elle dans l’art du mensonge et de la manipulation, elle n’avait pas le droit à l’erreur. La brésilienne n’était pas une femme réfléchit, mais cela aurait été prendre trop de risque. Elle n’aurait pas su l’expliquer, mais elle le sentait de tout son être. Ainsi, Dalia eut un magnifique sourire qui s’évanouit doucement de son visage. Elle semblait touchée par cette proposition, mais aussi sincèrement désolée. « Cela aurait été avec plaisir… » Commença la jeune femme. « Je ne suis simplement pas à l’aise du tout dans cette tenue, je crois que je vais rentrer et prendre une bonne douche! » Ce sourire, si irrésistiblement attirant lui donnait l’air tellement naturel et enjouée, Dalia en devenait presque méconnaissable. Ses traits, habituellement froids et prétentieux se faisaient alors très doux. Il n’y avait aucune malice sur son visage, ce qu’on ne pouvait pas voir souvent. Il n’y avait que son regard qui se faisait dur, comme toujours. Ce petit détail était pourtant invisible pour une inconnue, l’éclat de son sourire volant toute l’attention. « Ravie d’avoir fait ta connaissance, en tout cas… » Elle lui fit un petit signe de la main qui était en fait, une hésitation de sa part. Puis, après un nouveau sourire, elle retourna par là où elle venait. La belle rousse regarda par-dessus son épaule, croyant que peut-être, le hasard aurait fait que Katia serait derrière elle, allant dans sa direction. Sa silhouette marchait à l’opposé. Dalia s’arrêta et après quelques secondes d’immobilité, rebroussa chemin une nouvelle fois. Elle n’était pas certaine du pourquoi elle retournait vers Katia, elle n’était pas non plus convaincue de ce qu’elle allait faire. Reste qu’elle marcha assez vite afin de la rattraper. À sa hauteur, Dalia lui fit un petit salut de la main, avec un sourire un peu gêné. « En fait, je dois quand même aller au bar chercher mon amie, je dors chez elle puisque mon appartement est assez loin et elle a les clefs… » Elle fit une pause, regarda le sol et releva la tête avec un sourire aimable. « Et j’aurais besoin d’un petit service… J’ai vu que tu te dirigeais vers là, tu risques de passer devant et comme je suis absolument dégoutante… Je me demandais si tu ne pouvais pas entrer avec moi, je me sentirais un peu moins mal… » La belle jouait bien la timidité, cela ne paraissait pas maladif, seulement la gêne naturelle d’entrer dans un endroit plutôt classe alors qu’on ne se sent pas bien dans sa peau. Elle ajouta, suppliante : « S’il te plait, après tout c’est un peu ta faute » Puis, elle éclata de rire, pour bien signifier à Katia qu’elle n’était pas sérieuse.

    Pour une raison obscur, l’idée de fréquenter quelqu’un comme Katia, le fait d’agir comme une personne normale l’amusait. Ce n’était pas seulement le plaisir de mentir, mais cela lui donnait l’impression de vivre ce qu’elle avait vu autour d’elle toute sa vie. Dalia n’avait jamais été une enfant, une adolescente comme les autres. Alors que les jeunes filles jouaient aux poupées et imitaient les grands, la rousse volait les passants pour manger. Alors que toutes les ados vivaient leur premier amour, gloussant près des garçons qui leur plaisaient, la brésilienne, elle, baisait avec qui voulait bien d’elle. Elle se préoccupait plutôt de où on l’enverrait ensuite… La belle avait toujours été solitaire, elle n’avait jamais réussis à faire confiance aux autres. Il faut dire que son passé n’aidait pas, elle n’avait rien avec quoi comparer. Sa seule amie avait été sa grand-mère. Elle avait toujours été violente, incroyablement sarcastique et froide. Le fait d’agir comme une personne normale la troublait énormément. Ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait expliquer. Car en réalité, elle se fichait bien d’Ekaterina, elle allait même la faire souffrir plus que de raison. Elle n’enviait pas la jeune femme, qui au contraire d’elle-même avait eu des gens sur qui compter, même qu’elle considérait cela comme une faiblesse. Elle ne croyait pas en l’homme, elle était convaincue qu’ils finissaient tous par nous laisser tomber. Elle ne comptait sur personne d’autre qu’elle-même et pourtant…

    Elles marchaient toujours, attendant que la jolie blonde donne sa réponse. Dalia n’avait pas choisi ce qu’elle préférait, un oui ou un non. Elle considérait qu’elle jouait avec le feu et risquait de tout gâcher en voulant aller trop vite. Mais d’un autre côté, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir connaître davantage cette femme qu’Aleksei aimait depuis toujours. Elle n’était pas jalouse, seulement curieuse. Curieuse de savoir ce qu’il pouvait aimer d’elle, même si elle s’en doutait déjà. Curieuse aussi de savoir si l’amour serait plus fort que tout, au final…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: DALIA • travelling through our lives. Mer 30 Nov 2011 - 18:29

Lorsque Dalia affirma qu'elle allait rentrer, Katia acquiesça d'un signe de tête, comprenant parfaitement. Elle n'aurait pas voulu elle non plus aller dans un bar, ou traîner pendant des heures alors qu'elle était tâchée. Du moins, elle ne serait pas sentie foncièrement à l'aise en terrain étranger. « Je comprends. Il n'y a pas de problème. » affirma-t-elle alors. Elle devait avouer regretter que la jolie rousse est déclinée son invitation. Elle se sentait un peu seule ici, et elle aurait aimé avoir plus de contacts avec les autres. Mais elle n'en était pas non plus au point de vouloir forcer les gens à se trouver en sa compagnie. Elle se ferait des amis, petit à petit. Il fallait juste qu'elle se laisse un peu de temps. Elle fit alors un signe à la jeune femme, et reprit la route vers chez elle – non sans lui avoir certifiée qu'elle aussi était heureuse d'avoir fait sa connaissance. Finalement, ce n'était peut être pas plus mal. Katia devait avouer être un peu fatiguée, et avait hâte d'être chez elle. Et puis, peut être aurait-elle la chance de croiser Aleksei en arrivant chez elle. C'en était ridicule, mais c'était plus fort qu'elle. A chaque fois qu'elle entrait ou sortait du quartier, elle ralentissait légèrement en passant devant l'endroit où il semblait habiter en espérant l'y voir. Des fois, elle l'apercevait, occupé à lire, ou à faire autre chose dans le salon. Mais la plupart des temps, ses espoirs restaient vains. Peut être que ce soir serait différent – elle avait eu assez de coup de blues pour la soirée. Rapidement, cependant, alors qu'elle s'apprêtait à tourner, Katia entendit des pas derrière elle. Elle tourna la tête, se demandant d'où venait le cliquetis des talons et aperçut la malheureuse sur laquelle elle avait renversé un café. « Hey. » dit-elle, un léger sourire éclairant son visage. Elle écouta les explications de la jeune femme avec attention, se concentrant pour être certaine de tout comprendre comme il le fallait, et acquiesça d'un signe de tête. Evidemment qu'elle acceptait de la suivre. Même si Dalia rigolait, elle n'avait pas tout à fait tort lorsqu'elle disait que c'était la faute de Katia. Elle lui devait au moins ça ! Elle n'avait de toute façon rien prévu de sa soirée, et plus tard elle rentrait chez elle, plus elle avait de chance de voir Aleksei sortir de chez lui, probablement pour se diriger vers une de ses parties de poker. « J'allais tourner à droite, mais d'accord. » Elle continua alors tout droit, en compagnie de la jeune femme. L'espace d'une seconde, elle se demandant comment elle pourrait bien entamer la conversation. Elle avait envie d'en entendre plus sur le voyage en Russie de la jeune femme, et sur ses impressions, mais Ekaterina craignait que cela ne la rende trop nostalgique de son pays, de sa famille, et de tout ce qu'elle avait du laisser derrière elle. Alors, cette discussion serait pour une autre fois. Elle pouvait toujours lui demander l'origine de son accent, cependant. Ekaterina n'en avait jamais entendu de similaire, et était curieuse d'en apprendre un peu plus sur la jeune femme. « Tu viens d'où ? » demanda-t-elle, avant de justifier sa question. « Tu as un accent que je ne reconnais pas. »

C'était étrange comme situation. Ekaterina ne savait pourquoi, mais elle avait l'impression au fond d'elle même que cette rencontre avait plus d'importance qu'il ne pouvait y paraître au premier coup d'oeil. La jeune femme chassa cependant rapidement cette idée. Elle n'avait cette impression que parce qu'elle ne connaissait que peu de monde ici, et qu'elle ne savait pas vraiment comment elle allait faire pour rencontrer des personnes, et créer des liens d'amitié avec eux – ce n'était certainement pas avec ses adversaires au poker qu'elle allait créé quoique ce soit. Elle ne cherchait rien d'eux, d'ailleurs, sinon l'adrénaline. Ce que lui apportait ce jeu était parfois tellement fort que c'en était assourdissant. C'était un plaisir indescriptible – elle ne se sentait jamais aussi vivante que lorsqu'elle jouait. Et dans ces moments-là, elle ne se sentait pas seule, fatiguée ou nostalgique. Non, elle se sentait elle-même, avec un petit truc en plus. Tandis que là, maintenant, elle se sentait elle-même, et un petit peu perdu. C'était comme si elle ne parvenait pas vraiment à trouver d'équilibre, mais cela viendrait sûrement avec le temps. En attendant, elle avait tout intérêt à profiter du temps qu'elle passait en compagnie de la demoiselle pour faire un plein de relations sociales et repartir le coeur plus léger. « Le bar est encore loin ? J'habite tout près si vous voulez vous changer avant de prendre les clés de votre amie... Je dois avoir quelque chose à votre taille dans mon placard. » Elle aura probablement même une robe du même style que celle que portait actuellement la belle rousse. Ce n'était pas son look de tous les jours, mais dès lorsqu'elle se mettait à jouer, elle se transformait en véritable fatale – son look n'était pas le seul métamorphosé. Ainsi, de plus, Dalia pourrait profiter de sa soirée. Ce n'était pas comme si Ekaterina ne pouvait pas se permettre de s'acheter une nouvelle robe si elle en laissait une à cette inconnue. Et, cela serait un bon moyen de se faire pardonner.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: DALIA • travelling through our lives. Dim 29 Jan 2012 - 2:16

    Soulagée de la réponse positive de Katia, la jeune brésilienne continua à marcher à ses côtés, silencieuse. Elle n’était pas excessivement douée pour les conversations banales, sans but réel. Elle se fichait habituellement de la personne face à elle et donc, aucune question ne lui venait en tête. Heureusement, Katia lui demanda d’où elle venait, ayant remarqué son accent et cela fit sourire Dalia. D’un vrai sourire cette fois, puisqu’elle faisait de grands efforts pour ne pas perdre cette particularité. Il y avait désormais treize ans qu’elle avait quitté le Brésil. Elle n’était qu’une petite fille lorsqu’elle avait mis les pieds en Amérique et il aurait été facile de modeler son langage afin qu’il soit comme tout le monde. Pourtant, la jolie rousse ne se sentait pas comme tout le monde. Et cette manière différente de prononcer les mots la rendait fière, elle avait l’impression de n’avoir jamais délaissé ses racines sud-américaines. «Je suis née à Parà, dans le nord du Brésil. » répondit-elle, avant d’ajouter que techniquement, cela ne devrait plus s’entendre, mais qu’elle avait tout fait pour le garder, aimant beaucoup la sonorité. Elle se surprit elle-même d’avoir autant justifie sa réponse. La belle avait l’habitude des réponses courtes et qui ne révélaient rien de sa personne. Le silence retomba pourtant et Dalia regarda un peu autour d’elle, afin de savoir où elles se trouvaient. Le bar était un peu plus loin qu’elle ne le croyait, mais elles y étaient bientôt. Ekaterina lui demanda à quelle distance elles se trouvaient et alors qu’elle ouvrait la bouche pour répondre, la jolie russe émit une proposition extrêmement alléchante. Dalia n’aurait pas pu espérer mieux. Elle-même n’aurait pu s’inviter chez la jeune femme sans élever de soupçons et elle n’avait pas encore trouvé le moyen de tourner la conversation ou la situation de sorte que Katia fasse la proposition. Un grand sourire éclaira donc le visage du mannequin au point où elle eut du mal à retenir un rire. Elle avait une chance incroyable ce soir, absolument tout tournait en sa faveur. Elle n’avait même pas besoin de se creuser la tête, sa nouvelle amie faisait tout le travail pour elle. « Et ça ne te dérangerait pas? » Katia la rassura et la belle enchaina : « C’est vraiment gentil! Et au moins comme cela tu ne seras pas forcée de m’accompagner au bar ». Elle réalisa qu’elle tutoyait la jeune femme alors que cette dernière la vouvoyait toujours. Elle eut soudain un petit air effrayé, comme si elle venait de tout gâcher et s’excusa : « Je suis désolée, est-ce que je peux te tutoyer? Je n’ai pas réfléchit, c’est venu tout seul… » Elle allait continuer ses explications, mais son téléphone portable sonna dans son sac. Elle fouilla à l’intérieur et s’excusa auprès de la jeune femme. Lorsqu’elle mit enfin la main sur l’appareil elle ouvrit grand les yeux et s’empressa de répondre avant que Katia puisse voir le nom qui s’affichait à l’écran. Elle ralentit un peu le pas, fit signe à sa compagne qu’elle devait prendre cet appel, qu’elle la suivait. Puis, baissant la voix elle s’adressa à Aleksei. La conversation ne fût pas très longue, mais la pire chose se produisit lorsqu’elles tournèrent dans Lemon Street et s’approchèrent de la maison d’Aleksei; maison dans laquelle les lumières étaient allumées. Dalia disait à son ami qu’elle était comptait rentrer bientôt (elle évitait de lui mentir-ce qui aurait été tellement plus facile- afin d’éviter les questionnements de Katia, si par hasard elle écoutait). Aleksei l’invita chez lui, au moment où ils passaient devant sa fenêtre. Il était dos à la rue, marchant dans le salon, la main porté à son oreille. Dalia espéra qu’il ne se retourne pas et émit un grand soupir de soulagement lorsqu’elles furent hors de vue. Elle dit à Aleksei qu’elle le rappellerait, mais qu’il ne devait pas trop compter sur elle. Puis, elle raccrocha et revint à la hauteur de Katia. « Je suis désolée, c’est vraiment impoli de ma part ». La belle rangea son téléphone et observa un peu la jolie blonde afin de voir quel effet avait eu cette simple vision. Elle s’en voulait un peu d’avoir rater le moment où Katia avait vu son ancien ami et amour, elle n’avait aucune idée des sentiments qu’elle pouvait encore éprouver pour lui. Et ce n’est pas ce soir qu’elle le saurait puisqu’elles arrivèrent chez Katia. Ainsi, derrière la jeune femme Dalia n’avait aucunement la possibilité de bien regarder son visage et lorsque les lumières s’allumèrent, elle avait eu le temps de reprendre contenance (si prestance elle avait perdue).

    Dalia en tout cas, avait perdu son rôle quelques secondes. La sensation qu’elle avait ressentie en le voyant à la fenêtre alors qu’elle était accompagnée de la femme de sa vie. Son plan aurait pu s’effondrer en une seconde. S’il s’était retourné et qu’il les avaient vues, il aurait immédiatement compris ce qui se passait. Il aurait su qu’elle était celle à l’origine de tout et même si elle aurait encore eu quelque pouvoir sur lui, elle aurait perdu. Elle n’aurait jamais pu savoir ce qui comptait le plus pour Aleksei, elle n’aurait rien gâché si ce n’est sa relation avec le jeune homme. Car s’il pouvait lui pardonner presque n’importe quoi, s’attaquer directement à celle qu’il aimait n’était pas de ceux-là. Elle avait eu un instant de doute. Instant où le rôle qu’elle jouait pour Katia et celui qu’elle jouait pour Aleksei s’était évaporé et où elle n’avait su quoi faire. C’était comme si le temps s’était figé et elle n’avait plus contrôle sur sa vie. Elle avait eu l’impression que parler l’aurait fait se retourner tout comme le fait de rester silencieuse. Heureusement, tout s’était bien déroulé. Elle était maintenant chez sa victime et comptait en profiter.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





Message(#) Sujet: Re: DALIA • travelling through our lives.

Revenir en haut Aller en bas
 

DALIA • travelling through our lives.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: Fairway Place-