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 first night

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Message(#) Sujet: first night Ven 2 Sep 2011 - 15:38

    Les cours réguliers avaient repris en début de semaine et enfin, Elliot commençait à voir des points positifs à son emménagement à Miami. Il avait longtemps broyé du noir, ne se sentant pas bien du tout dans cette ville. Il avait regretté New-York et sa famille, mais voilà que le vent changeait de direction. Ses cours étaient excessivement intéressants, il réalisait que c’était ce qu’il voulait faire de sa vie. Il rêvait de travailler pour la NASA. Le jeune homme avait toujours été un peu geek, il était fanatique de Star Wars, par exemple. Pendant si longtemps, il avait pensé que ce n’était qu’un hobby et que l’art était ce qu’il allait faire de sa vie eh bien maintenant, il savait que c’était tout le contraire. Certes, son rêve était maintenant de créer un sabre laser ou quelque chose du genre, c’était ambitieux, irréaliste même. Il n’en demeure pas moins qu’il avait de nouveau un but. Le fait d’étudier la physique n’enlevait rien au plaisir qu’il prenait en peignant ou en jouant de la musique. Il avait toujours le désir de s’exprimer, de faire voir au monde sa manière de percevoir la vie. Il voulait raconter son histoire, d’une certaine manière. Mais faire des sciences comme passe-temps, ce n’était pas aussi agréable, c’était même incroyablement triste. Et il ne pouvait simplement pas vivre sans le côté logique des sciences.

    Le jeune homme referma son livre de mathématique, posa son crayon de plomb derrière son oreille et se leva pour quitter la salle de classe. Il n’avait pas de sac ni d’étui. Il n’apportait qu’un crayon et les livres dont il avait besoin durant la journée. Il sourit poliment à son professeur et se dirigea vers son casier. Il s’empara rapidement de son livre de physique III et alla s’assoir à l’extérieur. Il avait une heure à perdre avant son cours suivant et même s’il n’avait pas encore d’amis dans cette ville, il ne se sentait pas vraiment seul. Il sortit de la poche de son jeans une feuille de papier sur laquelle il avait commencé un dessin la nuit précédente. Il griffonna ainsi, totalement hors du monde. Lorsqu’il eut terminé, il regarda sa montre et poussa un soupir. Elliot était en retard pour son cours, il avait raté les quinze premières minutes. Il s’y rendit, entra dans la salle le plus discrètement possible et resta silencieux tout au long. Le jeune homme posait habituellement des questions en cours, ou du moins, il y répondait. Lorsque le cours se termina, il alla à la bibliothèque pour faire quelques recherches sur un projet. À sa sortie, vers 15h, il croisa quelque chose qui le fit sourire. Il regardait les affiches, les deux mains dans les poches. Il ne cherchait rien en particulier, il était seulement curieux. Et puis, le bus ne passait pas avant une dizaine de minutes. Et voilà qu’il y avait un carton qui indiquait des auditions dans le but de trouver un guitariste et un bassiste pour monter un groupe rock. L’affiche n’avait rien de réellement accrocheur, ils ne semblaient pas avoir de nom encore, reste que c’était un rêve de jeunesse qui pourrait se réaliser. Elliot avait longtemps suivit des cours, dans l’espoir de gagner sa vie de cette manière. Il avait rapidement abandonné, mais voilà que l’occasion se présentait à lui. L’audition était la journée même. Le garçon couru jusqu’au bus, afin de ne pas le rater. Il rentra chez lui, prit sa douche et s’empara de son vélo, sa guitare sur l’épaule. Il n’avait rien mangé depuis le matin, mais il ne pouvait pas se permettre de rater cela. Il n’y avait personne lorsqu’il arriva à l’adresse indiquée. Il frappa à la porte et n’obtint aucune réponse. Elliot en était vraiment déçu, il se sentait comme un enfant à qui on promet quelque chose et qui, ouvrant ses cadeaux le jour de Noël, n’obtient pas ce dont il avait tant rêvé. Évidemment, rien ne promettait au jeune homme qu’il serait choisi, qu’il ferait parti d’un groupe. Il n’avait pas non plus convoité cet espoir bien longtemps. Et pourtant, il ne cessait de soupirer, il s’assied devant la maison, ne se sentant pas la force d’abandonner tout de suite. Après tout, les auditions n’étaient peut-être pas terminées. Après une vingtaine de minutes durant lesquelles il avait fixé les fourmis sur le sol, Elliot entendit quelqu’un. Il se retourna et vit un garçon, à peine semblait-il âgé de seize ans, quitter la demeure. Il semblait être sorti par l’arrière de la maison et donc l’étudiant se leva et suivit le chemin en sens inverse. Il avait quelques doutes soudainement, quant à l’âge des membres du groupe, par exemple. Mais l’appel de la musique fût plus fort et il entra dans l’abri placardé d’affiches de groupe. Trois personnes, deux gars et une fille, étaient assis sur des sofas et rigolaient, une bière à la main. Ils regardèrent Elliot lorsqu’il entra sans frapper, le dévisagèrent même et celui-ci eut un sourire en coin, pas gêné le moins du monde. Il leva la main nonchalamment et dit : « Salut ». Il enleva la guitare de dans son dos et commença à la sortir de son étui. Un des mecs lui demanda ce qu’il faisait et il lui répondit qu’il venait pour l’audition. « Ouais, mais on en a marre d’écouter des imbéciles qui ne savent pas jouer, alors laisse tomber. » Elliot fronça les sourcils, il était un peu insulté qu’on croit qu’il n’avait aucun talent et surtout, qu’on ne lui laisse même pas une chance. Il observa l’air un peu blasé des deux autres et décida qu’il ne partirait pas sans avoir fait ses preuves. Le jeune homme regarda autour de lui et fini par trouver une feuille de partition, il se dit que ce devait être une de leur chanson puisqu’elle était écrite à la main.

    Il n’est pas la peine de dire qu’il avait un certain talent, ayant suivi des cours depuis son enfance. Et puis, il avait la passion. Et donc, il fût choisit. On lui montra une place sur un divan, à côté d’une magnifique blonde et on lui tendit une bière tablette qu’il déboucha en se laissant tomber sur les coussins. « On essayait de trouver un nom, avant que t’arrives. Je suis Andrew, je chante et fait un peu de tout, tu as Jackson, au drums et notre superbe bassiste Midnight ». Elliot leur leva son verre et tous burent en l’honneur de…
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Message(#) Sujet: Re: first night Sam 3 Sep 2011 - 1:00


« Comment s'est passée ta journée ma chérie ? » Elle est radieuse, ma mère. Comme si son coeur était branché sur une batterie de cent mille volts. Elle irradie le bonheur à des dizaines de kilomètres à la ronde. Ma mère a cette douceur, cette fragilité dans la façon d'être, qui fait que quoi qu'elle soit en train de vivre, elle ne peut véritablement le cacher. Ses rares rides d'expressions laissent transparaître les moindres soubresauts de son âme, et jamais elle ne nous épargne ses bonheurs, ni ses malheurs. Ce n'est pas un principe, ni une question de valeurs. Ma mère n'a ni l'un ni l'autre. Ma mère est pure, elle vit simplement, c'est un joyau à l'état brut et elle ne réfléchit jamais trop - ce qui pourrait la ternir. « Géniale. Je me suis fait un tas d'amies. » Je ne prends même pas la peine d'y mettre l'intonation - ma mère y croira parce qu'elle voudra y croire. Et les premiers signes de satisfactions ne tardent pas à apparaître. Déjà, elle tape dans ses mains en souriant - sa bonne humeur est communicative, et je surprends les commissures de mes lèvres à se redresser des deux côtés de ma bouche, sans que je leur ais au préalable donné la permission. Mais je ne me formalise pas de leur rébellion, et reprend une gorgée de café. « D'ailleurs, je vais les voir ce soir. Je sors. » Ça ne l'étonne pas, mais elle prend tout de même la peine de me congratuler. Elle sait que je ne comptais pas rester croupir ici cette nuit, elle sait que dès que le soleil se couche, je pars vagabonder dans les rues en solitaire, tous les jours de la semaine. Mais elle pense sincèrement que, ce soir, je compte retrouver une bande de nanas bien féminines, bien comme il faut, qui vont m'apprendre à me mettre du vernis à ongle et toutes ces conneries. « Ne rentre pas trop tard, tu as cours demain. » m'intime-t-elle, parfaitement hypocrite dans ce rôle maternel qui lui va si mal - mais, pleine de tact, je ne le lui avouerai jamais. Je regarde ensuite Helena Matthews tourner les talons et quitter la cuisine, sans doute pour rejoindre son nouveau mari, et une moue ironique s'empare diligemment de mes lèvres vermillons. J'admire autant la facticité de sa vie que la facilité avec laquelle elle se ment à elle-même, la facilité avec laquelle elle nie l’entièreté de notre existence avant Ocean Grove. Je n'ai jamais été tentée de la confronter à la vérité, la réalité. Elle n'est pas prête pour cela. Elle ne pourrait pas l'emmagasiner correctement. Alors je la nourris d'une vérité alternative. Une vérité qu'elle peut comprendre. L'important n'est pas réellement qu'elle sache pour quelles raisons je suis heureuse - ce qu'elle doit savoir, c'est que je le suis.

Et trois quart d'heures plus tard, tandis que mes talons claquent violemment sur les trottoirs de Miami, je laisse mon regard couler d'un passant à l'autre, leur lançant des invitations qui restent sans réponse : personne ne s'attarde à le soutenir, l'affronter. Ils sont tous pressés, ont d'autres chats à fouetter et, si ça ne suffisait pas, me remarquent à peine. Je le vois bien. À la façon qu'ils ont de me dévisager trop brièvement pour enregistrer une quelconque information. Aucun d'eux ne se rappellera de moi. Ils m'entraperçoivent bien, mais c'est inconscient, et c'est leur inconscient qui analyse ma physionomie, mon attitude, et en déduisent que je suis insignifiante. Je m'en fiche, au fond. Ça me plaît bien d'avoir l'air insignifiante. Peut-être que leur subconscient me fera apparaître dans un de leurs rêves - la scène onirique a toujours besoin de figurants, je n'ai que cette idée pour me consoler.

Et je ne sais comment, après une hésitation fugace, je me retrouve confortablement lovée sur le canapé d'un type qui m'était inconnu quelques heures plus tôt. L'idée me plaît. L'audition, je l'ai réussi haut la main. La partie musicale n'était pas la plus ardue, et j'en avais conscience - n'importe quoi pouvait jouer en ma faveur comme me faire perdre toutes mes chances, de ma façon de les saluer à la manière dont mon pouce se cale contre les micros de ma basse quand je joue. Seulement trois bassistes se sont présentés - ce n'est pas l'instrument de musique le plus répandu il faut croire. Si j'ai été choisi, c'est principalement parce que le premier prétendant tremblait comme une feuille alors que le deuxième, au contraire, pêchait par excès d'assurance et d'enthousiasme. Ils avaient donc été finalement séduit par ma neutralité totale, mon laconisme efficace et mon je-m'en-foutisme branché. Officiellement. Officieusement, je les soupçonnais de trouver un certain intérêt dans l'apport d'une touche féminine au groupe.

Le temps passe et nous finissons même par dénicher notre guitariste, qui vient prendre place à mes côtés - pleine de bonne volonté, j'avais alors retiré ma basse de la place vacante pour qu'il puisse s'y installer, tout en gardant mon instrument à portée de main (je détestais m'en séparer, même si cela n'impliquait pas qu'elle sorte de mon champ de vision). Jusque là, je n'ai pas dit un mot, me contentant de hocher la tête malicieusement en signe d'assentiment quand les autres membres du groupe avait manifesté leur envie de voir le jeune homme rejoindre la bande. Mais personne ne daigne poser la question qui me brûle les lèvres, alors je finis par me pencher vers lui pour l'interroger d'une voix suave : « Et toi, tu as un petit nom ? » - les prénoms m'importent peu en général, mais puisque lui connaît le mien, je n'aurais pas l'impression que nous sommes quittes tant que les présentations n'auront pas été terminées. « Et ta guitare, ajoutai-je avec curiosité en désignant l'instrument d'un signe de tête. Tu l'as baptisée ? » J'imagine que c'est une question de filles, et que c'est plus ou moins ce que l'on attend de moi - rien n'est stipulé dans le contrat, ce n'est qu'une supposition de ma part.
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