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 Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose

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Message(#) Sujet: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Lun 22 Aoû 2011 - 22:55

    En recevant mon invitation au 27ème gala annuel organisé par Ramble, ma maison d'édition, mon premier réflexe avait été de chercher une bonne excuser pour ne pas m'y rendre. Je n'avais même pas pris le temps d'y réfléchir que mon choix était déjà fait, et je le pensais forcément immuable, quelles que soient les réflexions que l'on pourrait me faire à ce sujet. J'avais suivi ma mère dans des soirées, after et autres galas suffisamment de fois en était jeune pour savoir que je ne m'y sentais pas à ma place, et le fait d'être invité personnellement, et non comme accompagnateur, n'y changeait rien. Je voyais d'ici le tableau. Une vaste salle de réception, pleine à craquer d'écrivains, de journalistes, d'employés de Ramble, d'invités saugrenus et autres parasites, chacun se gaussant ouvertement de la concurrence, avalant des petits fours et coupes de champagne à un rythme effréné. Et puis des discours à n'en plus finir, l'annonce des réussites de l'année passée et de celle à venir, des sorties les plus attendues, et puis les remerciements, les félicitations, peut être un prix ou deux, des applaudissement polis ou plus fournis, la présentation de personnes soit disant très importante dont n'avait -et n'entendrait plus- jamais parlé, quelques chiffres pour impressionner tout ce beau monde, un niveau sonore dépassant l'entendement pour un événement lié de si près (quoi que) à l'écriture, et une quantité de personnes suffisante pour que l'envie de m'y ajouter ne me traverse même pas l'esprit.
    Quand j'avais fait part de ma décision à Parfaite, elle m'avait regardé de la même façon qu'elle le faisait parfois avec les jumeaux, quand l'un d'entre eux se lançait dans une tirade incompréhensible pour toute personne âgée de plus de 10mois, et puis nous fixait, l'air d'attendre une réponse à ce qu'il venait de nous dire. Bon. Je m' énorgueillais de savoir écrire, et donc de m'exprimer convenablement, le problème devait donc être dans le contenu. Et c'était bien évidement le contenu. Elle avait hoché la tête en soupirant, s'était emparée de mon invitation et l'avait lu avec application. Elle avait alors entreprit de me convaincre d'y aller, m'expliquant que c'était une opportunité dans ma carrière à ne surtout pas négliger, et que, si je n'avais pas pu y aller à cause d'elle l'an dernier, mais que cette fois elle refusait que je refasse la même choix. D'accord elle était cette fois encore enceinte, et d'accord il y avait encore des problèmes liés à son père ; mais pour ces deux points la situation restait suffisamment gérable pour que je n'aie pas à me priver. J'eus beau lui expliquer que c'était précisément en m'y rendant que j'allais me priver qu'elle ne voulut rien savoir. L'appel de mon agent, qui voulait avoir la confirmation de ma présence, acheva de me faire capituler.

    Le jour J était finalement, et presque fatalement, arrivé, et mais pas l'impatience qui aurait du aller avec. Parfaite s'en était amusée en me voyant partir, tirant sur le coin de mes joues pour essayer de me faire sourire, mais sans grand effet. Je fis pourtant un effort une fois sur place, me montrant plus enjoué que je ne l'étais à toutes ces personnes à qui je devais serrer la main d'un air satisfait. Non, là je n'étais pas honnête. Une fois sur place, ce n'était pas si horrible d'être entouré de tous ces gens et de les écouter me complimenter ou demander des nouvelles sur l'avancement de mes prochains écrits. Les réponses étaient toutes faites dans ma tête, mais elles sortaient avec naturel, et je compris rapidement que je faisais plutôt bonne impression. Après une première demi-heure, mon agent vint me trouver et me félicita pour mon professionnalisme, chose qui me parut bizarre. Je ne travaillait pas depuis longtemps avec Seth de Wilde, mais il fallait croire qu'il m'avait mieux cerné que je ne l'avais cru, et ce n'était pas une mauvaise chose. Et, pour être totalement honnête, je m'amusais assez à cette soirée. Là encore, je ne l'aurais pas cru, mais c'était pourtant bel et bien le cas. Même les discours ne me paraissaient pas ennuyeux, et ce alors que mon nom ne fut cité qu'une seule fois. Inutile pourtant de chercher une raison à cela dans l'alcool, je m'étais contenté d'un seul verre depuis mon arrivée, et ne l'avais pas encore terminé. J'avais encore en mémoire le soir du mariage de Maât, et ne tenait pas à en rejouer la fin. Un accident par mois était plus que suffisant, d'autant plus que je ne m'étais pas encore totalement remis du précédant... Mais cette fois je prenais toutes mes précautions, et j'étais sûr que rien de si fâcheux ne se produirait. Enfin, jusqu'à ce que je repère une certaine personne dans la foule.
    Depuis mon arrivée, j'avais salué je ne savais combien de personnes, un certain nombre que je connaissais et plus encore que je n'avais jamais vues. Il était plus probable qu'on m'en ait présenté certains à deux ou trois reprises sans que je ne m'en rende compte, et qu'il en était de même, mais elle... Quand je la vis, je la reconnu tout de suite. Son portrait était généralement accolé à ses articles, et vu celui qu'elle avait écrit au sujet de mon deuxième roman, et le nombre de fois que j'avais pu le relire, je n'aurai pas pu faire autre chose que la reconnaître.  Amy-Rose Sullaway. J'inspirai une large bouffée d'air et me dirigeai vers elle, l'air de rien. Un des auteurs phare de Ramble, Dudley Elson, était actuellement en train de prononcer un discours et de montrer, une fois de plus, son incapacité à parler en public. Il avalait la moitié des mots, mangeant le quart des syllabes restantes, et seul son statut d'écrivain célèbre lui assurait l'attention de la salle. Quand il posa enfin ce qui ressemblait à un point final, des applaudissements nourris éclatèrent, et je me mêlai à eux, bien que sans grande conviction personnelle. A mes yeux, le succès d'Elson était surestimé, et je savais que mademoiselle Sullaway partageait mon point de vue sur la question pour avoir tout à fait d'accord avec la critique de son dernier roman qu'elle avait écrit. Je vis alors là une bonne accroche, et décidai de m'en saisir avant que ma chance ne s'échappe.

    Après quinze ans à écrire tout et n'importe quoi, et à monopoliser la parole lors de ce genre de soirées, peut être qu'il se décidera un jour à prendre sa retraite...

    C'était pas très malin, mais c'était le genre phrase pseudo-polémique que ne pourrait qu'enclencher la discussion, et c'était ce que je cherchais. Après tout, j'avais quelques comptes à régler...
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Mar 23 Aoû 2011 - 18:23

    Quand elle avait reçu son invitation pour la soirée, Amy-Rose avait immédiatement tenté de trouver un prétexte pour y échapper. Elle avait même pris soin de contacter sa maison d'édition en prétextant une affaire plus urgente à régler. Hélas, il n'y avait rien à faire: sa présence était indispensable. Tout le monde savait pourtant qu'elle détestait les réceptions mondaines ainsi que les simagrées des auteurs en mal de succès cherchant à capter l'attention des éditeurs et des critiques littéraires. Elle trouvait tout ce beau monde extrêmement pompeux et de toute façon, n'étant pas capable de suivre les conversations des uns et des autres, elle était rapidement larguée au cours de ce genre d'évènement. Sans compter qu'elle trouvait cette histoire de remise de prix proprement affligeante. Chaque année, tout le monde connaissait par avance les noms des vainqueurs pour la simple et bonne raison que les auteurs n'étaient pas récompensés pour leur talent ou leur originalité, mais simplement pour l'argent qu'ils avaient apporté aux caisses déjà bien fournies de Ramble. Ainsi, on laissait de côté les jeunes auteurs talentueux et plein d'avenir pour venir féliciter des écrivains populaires dont les noms étaient à eux seuls une véritable mine d'or. De son côté, Amy-Rose tâchait toujours d'être juste dans son travail. Elle ne récompensait jamais le plus populaire, mais celui qui était selon elle le plus méritant. Ainsi, elle n'hésitait pas à ruiner la carrière d'un célèbre auteur en publiant de lamentables critiques à son sujet ou au contraire, à attirer l'attention sur de jeunes écrivains encore dans l'ombre. Dans son domaine, on peut dire qu'Amy-Rose faisait partie des critiques les plus redoutés car elle n'avait pas sa langue dans sa poche. Elle écrivait pour de nombreuses revues littéraires publiées à échelles nationales et était celle qui avait le pouvoir de lancer une carrière ou au contaire, de l'anéantir, celle qui pouvait faire de vous le nouvel auteur en vogue ou au contraire, ruiner votre carrière en l'espace de quelques semaines. Discrète comme à son habitude, Amy-Rose se fraya un chemin au beau milieu de la foule, évitant soigneusement d'engager la conversation avec qui que ce soit. Naturellement, ce n'était pas chose aisée étant donné que la demoiselle était relativement connue dans le monde de la littérature. Comme il fallait s'y attendre, quelques auteurs peu scrupuleux ne tardèrent pas à l'aborder, espérant sans doute obtenir ses faveurs lors de la publication d'un prochain roman. Mais Amy-Rose n'était pas dupe, elle savait faire la part des choses et n'émettait jamais la moindre critique avant d'être certaine d'adopter un point de vue parfaitement objectif. Ainsi, elle n'hésitait pas à valoriser le roman d'une personne avec qui elle était en froid si c'était justifié, de même qu'elle ne prenait jamais de gants pour dire à ses amis que leur oeuvre était plutôt moyenne voire carrément médiocre. C'est un peu ce qui s'était passé avec Dudley Elson. Bien qu'elle entretienne de cordiales relations avec l'écrivain, elle n'hésitait pas à émettre de sérieux doutes quant à ses talents d'auteur. Visiblement, elle n'était pas la seule à penser que son succès n'était pas mérité. Tandis que Dudley tentait de n'oublier personne au cours de ses remerciements, Amy-Rose remarqua le jeune homme qui se trouvait près d'elle. Une chance que son regard se posa par hasard sur ses lèvres au moment où il se mit à parler. Quand elle déchiffra ses propos, Amy-Rose se mit à sourire avec sincérité. Il était sans l'ombre d'un doute la première personne qu'elle rencontrait à avoir l'audace de critiquer Dudley. Ce dernier était considéré à tort comme le nouveau pilier de la littérature américaine et rien ne pouvait exaspérer davantage Amy-Rose que la consécration d'un auteur dénué du moindre talent.

    « N'en soyez pas si certain. Dudley est un homme surprenant. Il sait rebondir et trouve toujours le moyen de revenir sur le devant de la scène en dépit de son manque évident de talent. Ce qu'il fait est simpliste à souhait. C'est d'ailleurs ce qui fait son succès si vous voulez mon avis. Ses romans ne valent pas grand chose mais ils touchent un large public. Les gens qui n'ont pas plus de trois mots de vocabulaire se retrouvent facilement en ces personnages. L'identification est sans doute la meilleure arme que puisse posséder un auteur. Ses personnages sont simples, la trame est généralement si peu construite qu'on la devine dès les premières pages et la narration suit toujours le même schéma, de manière très scolaire. Pas besoin d'avoir lu les grands classiques de notre littérature pourtant si riche pour comprendre ses oeuvres. Personnellement, je le trouve sans grand intérêt. Lui en revanche, semble persuadé du contraire. Ecoutez-le parler et vous comprendez rapidement que ce monsieur a une haute opinion de sa personne.»

    Et effectivement, Dudley semblait convaincu que son succès était amplement mérité.Amy-Rose était vraiment amusée par la situation. Elle trouvait que Dudley Elson ressemblait à un personnage de cartoon. Ridicule mais persuadé d'être le meilleur. En un sens, il n'était pas responsable de tout ça. Chacun lui laissait entendre qu'il avait du talent et par la force des choses, il avait fini par y croire. Fort heureusement, Amy-Rose était là pour le rappeler à l'ordre assez régulièrement et c'est sans doute la raison pour laquelle il n'appréciait pas particulièrement la jeune femme.

    « Il est un monstre publicitaire coincé au beau milieu des circuits commerciaux. C'est son nom qui se vend, pas son talent. Il y a une grande différence entre être doté d'un véritable don pour l'écriture et avoir beaucoup de chance. Il fait partie de cette seconde catégorie.»

    Amy-Rose venait de retrouver son sérieux. Dès qu'elle commençait à parler littérature, il était extrêmement difficile de l'arrêter. Bien plus qu'un métier, c'était une passion à ses yeux. Pour elle, les livres avaient une valeur inestimable et la littérature n'était pas un sujet à prendre à la légère. Tandis que Dudley continuait son discours théâtral, Amy-Rose croisa ses bras devant elle et esquissa un sourire en coin.

    « Et attendez de lire son prochain roman. Je viens d'en recevoir un exemplaire. Un vrai torchon. En général, ce n'est pas trop difficile de se plonger dans un ouvrage annoncé comme un best-seller en puissance et que toute la concurrence convoite, mais je peux vous assurer que la lecture de celui-ci est une vraie corvée. Certains s'évertueront à dire que c'est une oeuvre vivante, puissante et inscrite dans notre temps. Moi je pense au contraire que Dudley va à contre-courant des oeuvres actuelles. Au lieu de s'élancer vers la modernité, il adopte un style d'écriture qui est dépassé depuis longtemps déjà. Il ne fait rien pour innover, il se contente de copier ce qui a déjà été fait par le passé. Je pense qu'il y a un manque de recul évident de sa part. Ce soir on l'encense mais demain, il sera aux oubliettes. Les lecteurs ne sont pas dupes, il savent faire la différence entre un écrivain ayant du talent et un écrivain n'étant ni plus ni moins qu'un phénomène de mode. Son succès ressemble à une chandelle en plein courant d'air. Dans un an tout au plus, aucun éditeur ne sera prêt à prendre le moindre risque avec lui, vous verrez. »

    Et pour cela, elle n'aurait pas besoin d'écrire la moindre critique. Le succès de Dudley allait s'essouffler par lui-même car à vouloir trop en faire, on finit toujours perdant. Se rendant compte qu'elle était en pleine déformation professionnelle, Amy-Rose ne put s'empêcher de sourire à nouveau et haussa les yeux au ciel.

    « Pardonnez-moi, j'ai tendance à toujours beaucoup parler quand on me lance sur le sujet. Amy-Rose Sullaway, je suis critique littéraire. »

    Amy-Rose, ou le grand méchant loup susceptible d'effrayer n'importe quel écrivain en manque de talent. Quand elle rédigeait ses critiques, la jeune femme était parfois cinglante et n'épargnait pas les auteurs peu scrupuleux de se prétendre auteurs. Parfois, ses critiques étaient juste destinées à rebooster les auteurs, comme une sorte d'avertissement avant le coup de grâce qui risquait de mettre un terme à leur succès. Comment aurait-elle pu deviner l'identité de ce charmant jeune homme face à elle ?
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Mer 31 Aoû 2011 - 0:18

    En voyant Amy-Rose Sullaway au milieu de cette foule, je n'avais pas hésité. Ce n'était pas dans ma nature de chercher les conflits, et encore moins pour des raisons aussi futiles que celles qui me poussaient à agir, mais ça avait été plus fort que moi. Dès l'instant où j'avais achevé l'écriture de ma toute première nouvelle, au lycée, j'avais cru entendre le doux appel de la félicité et y avait aussitôt répondu. Il était bien évidemment alors trop tôt pour que je ne me place en tant que futur auteur à succès -et futur lauréat du Prix Nobel de Littérature tant qu'à faire- mais j'avais eu envie d'y croire, et j'y avais cru. Et quand l'équipe du journal du lycée m'avait gentiment remercié, m'expliquant que ce n'était pas vraiment le genre de choses qu'ils recherchaient, je ne l'avais pas pris mal, mettant leur refus sur le compte de leur ignorance et de leur refus à prendre des risques. J'avais alors continué à écrire ces articles insipides dont ils me donnaient les sujets au dernier moment, et je faisais ce que je pouvais avec ce que j'avais. C'était un exercice purement mécanique qui avait néanmoins l'avantage de m'amener à essayer d'écrire tout et n'importe quoi, et à force j'y avais presque trouvé une forme de plaisir. Je savais que je pouvais raconter n'importe quoi et que ça passerait, mais je faisais l'effort de rester assez près du réel pour conserver ma place, et j'avais fini ma scolarité londonienne sans avoir jamais vraiment eu ma chance. Aux Etats-Unis, en revanche, j'avais décidé de prendre mon destin en main. J'y croyais toujours autant, peut être même plus encore, et le résultat avait assez rapidement été au rendez-vous. Il y avait bien eu quelques cafouillages au démarrage, avec un manuscrit que je n'arrêtais pas de reprendre pour lui trouver à chaque relecture de nouveaux défauts, et puis un refus de la maison d'édition à laquelle je l'avais envoyé, mais une fois ces détails réglés... Au fond, c'était surtout ma vie personnelle, et privée, qui s'était révélée chaotique ces derniers temps, d'un point de vue professionnel je n'avais pas à me plaindre. Mon premier roman avait bien marché, un second tirage ayant même été lancé au début de l'été, et ce alors que le tournage de son adaptation cinématographique venait de s'achever. Le facteur chance n'était pas négligeable puisque le projet avait été lancé par une amie qui s'avérait être actrice, mais ça restait malgré tout quelque chose de fantastique. Quant à mon deuxième roman, il semblait suivre les traces du premier, marchant suffisamment bien pour recevoir dans la quinzaine qui avait suivi sa sortie un mail de félicitations de mon agent. Tout aurait donc pu être pour le mieux dans le meilleur des mondes si seulement il n'y avait pas eu ces maudites critiques.
    J'étais conscient du fait que j'avais été très chanceux jusque là, mais à mes yeux c'était avant tout une question de travail. Je n'avais pas écrit un truc à la va-vite, accumulant les scènes provocantes pour faire parler de moi, et attendant le moment où je gagnerai le jackpot tant attendu. Non. J'avais consacré du temps et de l'énergie pour écrire The Ambersand, passant je ne savais combien de nuit blanche à raturer ce que j'avais mis des jours à écrire, visant un niveau de perfection tel que je n'aurais rien à regretter. Et aujourd'hui, un an et demi plus tard, j'étais toujours aussi fier. Il y avait bien quelques maladresses qui me sautaient désormais au yeux, mais c'était convenable, et même un peu plus que ça. J'avais donc eu confiance au moment de la parution de This is how the world ends, et ne m'étais pas du tout attendu à la fureur de certains critiques à mon sujet. Et même si je n'avais pas pris leurs commentaire autant à cœur que l'on aurait pu le croire en me connaissant un minimum, ça m'avait quand même fait un choc. En un sens, l'effondrement de mon couple m'avait permis de prendre un peu de recul vis à vis de ma carrière, et ce n'était pas plus mal. Après tout, la plupart des critiques se bornaient à dire que le résultat était décevant par rapport à ce que j'avais laissé présagé avec mon premier roman, et qu'il faudrait attendre un éventuel troisième pour se faire une réelle idée de mon potentiel. Il y en avait bien une qui m'avait clairement descendu, mais avec des arguments tellement futiles que je ne n'en avais retenu aucun, préférant ne pas m’encombrer l'esprit avec. Et il en restait une autre, celle qui posait le plus problème.

    J'écoutais Mlle Sullaway parler avec une attention presque grave, mais je ne pouvais m'empêcher de sourire à certaines de ces remarques. Elle avait non seulement une bonne analyse du personnage de Dudlay, mais aussi de son œuvre, et du monde littéraire au sens commercial du terme. On voyait qu'elle savait de quoi elle parlait, et que la passion qui l'animait n'était pas juste une posture qu'elle voulait se donner auprès de vulgaires inconnus. Un peu plus et je me serais pris de sympathie pour elle, estimant que nous pourrions être de bons amis. Dommage que certains événements passés en aient décidé autrement.
    Quand elle s'arrêta enfin, elle sourit avec l'air d'en avoir trop dit, et enchaîna avec une petite phrase de présentation. Dans ma tête, ma petite voix intérieur eut envie de lui répondre "Oui, je sais", mais je la fis taire et souris aimablement.

    Ne vous excusez pas ! C'est toujours appréciable de savoir que tout le monde n'est pas complètement béat d'admiration pour lui, mais qu'il existe encore des gens pour se rendre compte que Dudley n'est plus qu'une machine bien rodée... John Bishop, je travaille pour Ramble.

    Je lui tendis la main et serrai la sienne, essayant de garder en mémoire le fait que je n'étais pas Basil Lane mais John Bishop pour l'instant. Prendre un pseudonyme n'était pas une lubie passagère mais le fruit d'une longue réflexion, à la fin de laquelle je n'avais pas pu trouver mieux. Est-ce que je devais me présenter d'entrée de jeu et lui demander des comptes, ou est-ce que je devais m'avancer de manière détournée pour essayer de mieux comprendre ses motivations à se montrer si blessantes à mon égard ? La plupart du temps, j'étais assez d'accord avec les critiques qu'Amy-Rose pouvait écrire, mais celle me concernant m'avait paru particulièrement injuste, et je ne l'avais pas totalement digérée. Alors oui, ma décision finale était assez puérile, je devais bien l'admettre, mais comme me l'avait si bien fait remarquer Parfaite, ce n'était pas en provoquant un scandale que j'obtiendrais quoi que ce soit. Je ne cherchais pas à obtenir grand chose de toute façon, alors pourquoi pas. J'improviserais en fonction.
    Voyant que le silence commençait à s’immiscer entre nous, je décidai de relancer le sujet Dudley Elson, le considérant suffisamment porteur pour nous aider à avancer un peu. Et, plus encore, pour me permettre de faire quelque chose de ma stratégie dont les limites s'approchaient plus vite que je ne l'aurai cru : c'était bien beau de ne pas donner mon vrai nom, mais si l'on ne parlait pas de moi, ni d'un quelconque autre sujet, quel intérêt y avait-il à l'aborder?

    Et je suis au courant pour son dernier roman, je crois que c'est la première fois que je me force à ce point pour finir un livre depuis la fac. Mais les gens qui le lisent depuis le début l'achèteront par habitude, les autres par curiosité, et ça lui assurera de très bonnes ventes. Je suis prêt à parier qu'on le retrouvera en train de faire un discours semblable l'an prochain, à s'auto-congratuler de sa réussite et des vocations qu'il fait naître de par le monde. Honnêtement, il est le dernier à me donner envie d'écrire, alors que ce n'est pas la motivation qui manquerait...

    Et tout d'un coup, je réalisai que j'en avais un peu trop dit. Légèrement trop, mais quand même. Je me repris aussi vite que possible, balbutiant un semblant de précision.

    Je travaille au service chargé d'écrire les quatrièmes de couverture, les résumés pour la presse, et tout le reste dans ce genre, donc on a droit de lire les nouveautés en avant première. Ca inspire autant que ça peut vous couper toute envie d'écrire un jour.

    Je souris une nouvelle fois, laissant au passage un léger indice sur qui j'étais réellement, bien qu'il ne lui permette pas de le deviner pour autant. Disons que, si elle venait à me reconnaître, elle pourrait comprendre ce choix que j'avais fait de me dire affecté au service de rédaction des résumés. Dans sa critique, elle n'avait fait qu'en parler au détour d'une phrase, mais lire que j'aurais mieux fait de n'écrire que l'extrait constituant la quatrième de couverture de mon roman, qui en était la meilleure partie, ne m'avait pas vraiment plu.


Dernière édition par Basil Lane le Sam 3 Sep 2011 - 23:22, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Ven 2 Sep 2011 - 22:05

    Quand elle déchiffra le nom complet de l'homme qui se trouvait face à elle, Amy-Rose arqua un sourcil avant de retrouver son éternelle expression impassible. Elle ne se souvenait pas d'avoir déjà entendu parler d'un certain John Bishop travaillant pour Ramble, mais il semble évident qu'elle ne pouvait pas connaître personnellement chacun des employés de cette célèbre maison d'édition. Sans compter qu'Amy-Rose ne pénétrait que rarement dans les locaux, préférant de loin travailler depuis son domicile. Quoi qu'il en soit, elle ne fit nullement le rapprochement entre ce qu'il venait de lui révéler et cet auteur dont elle n'avait pas apprécié le dernier ouvrage. Peut-on lui en vouloir ? En dépit des apparences, Amy-Rose était une jeune femme naïve et crédule. Bien qu'elle soit tentée de se montrer méfiante à l'égard des autres, la nature ne l'avait pas dotée d'un esprit perfide et elle avait tendance à croire -souvent à tort- que tout le monde était comme elle. Elle se contenta donc de sourire avec sincérité et de serrer la main de ce jeune homme fort sympathique. Bien qu'elle ait détourné le regard l'espace de quelques secondes afin de savoir si Dudley avait enfin terminé son lassant discours, elle parvint à saisir les dernières paroles de son interlocuteur. Visiblement, il était tenté de se lancer dans l'écriture, une décision qu'elle ne trouva pas surprenante étant donné que la plupart des gens présents à cette soirée étaient des passionnés de littérature. Certains osaient franchir le pas et pondaient d'effroyables navets, tandis que d'autres beaucoup moins téméraires, laissaient filer entre leurs doigts l'occasion de dévoiler au monde entier leur incommensurable talent.

    « Puisque vous êtes motivé, je pense sincèrement que vous devriez vous lancer. Après tout, le monde de l'écriture n'est pas réservé exclusivement aux arrivistes comme Dudley. Il n'est pas toujours évident de s'y faire une place mais avec un peu de talent et beaucoup de passion, on arrive à beaucoup de choses vous savez. »

    De nouveau, elle détourna le regard afin de savoir où en était Dudley. Visiblement, il avait enfin mis un terme à ses éternels remerciements et était en train de répondre aux questions des journalistes. Amy-Rose reporta donc son attention en direction du fameux John Bishop et l'espace d'une seconde, eut l'impression de l'avoir déjà rencontré par le passé. C'était un sentiment étrange. Toutefois en y réfléchissant plus sérieusement, elle trouva cette idée parfaitement saugrenue. Si elle avait déjà vu cet homme, c'était probablement au cours d'une autre soirée comme celle-ci. Ils avaient dû se croiser, sans forcément se parler et son visage lui était resté en mémoire. Quoi qu'en y réfléchissant bien, son visage ne lui disait rien. C'est plutôt son regard qui lui parlait. Et son sourire aussi. Pourquoi avait-elle l'impression de l'avoir déjà vu sourire ? Sortant de ses pensées, la journaliste se concentra à nouveau sur les propos de John.

    « Un excellent métier... c'est vous qui nous donnez envie de plonger dans un livre ou au contraire, de s'en éloigner au plus vite. On ne tient que rarement compte du travail que vous exercez, la plupart des lecteurs pensent d'ailleurs que la quatrième de couverture est écrite par l'auteur en personne. J'imagine que vous devez avoir un certain talent pour l'écriture et un sens critique particulièrement aiguisé. Si c'est vous qui êtes chargé d'écrire toutes celles de Ramble, alors je suis épatée. »

    Amy-Rose avait remarqué depuis longtemps la manière dont les ouvrages publiés par Ramble étaient médiatisés. La quatrième de couverture était toujours extrêmement bien travaillée et le résumé de l'histoire vous donnait inévitablement envie de la dévorer, y compris s'il s'agissait du pire roman jamais écrit. A l'instar de ceux de Dudley par exemple. Il n'est pas toujours facile de mettre en valeur un livre quand on sait que celui-ci est rébarbatif à souhait et pourtant, John Bishop (pour peu que ce soit effectivement lui qui soit chargé de ce travail) y arrivait à la perfection.

    « Dans l'ensemble, que pensez vous du palmarès de cette année ? En ce qui me concerne, je porte dessus un regard extrêmement mitigé. Certains méritent amplement leur succès tandis que d'autres sont affligeants de mauvaise foi. Ramble devrait faire le ménage parmi ces auteurs. Je me demande bien souvent comment certains ont réussi à obtenir de si bons contrats. Et puis il y a ceux dont on attend beaucoup mais qui au final, s'avèrent particulièrement décevants. C'est un peu le rôle des critiques de remettre tout ce beau monde dans le droit chemin. J'essaie toujours de rester neutre et de porter un regard objectif mais certains auteurs ont parfois l'impression que j'ai une dent contre eux ou au contraire, que je les admire. Ce n'est jamais le cas, dans un sens comme dans l'autre. C'est simplement mon métier.»

    Elle souria de plus belle avant de détourner le regard un court instant. Amy-Rose n'était pas une jeune demoiselle sure d'elle, au contraire, elle était toujours sur la réserve, assez timide et d'une discrétion incroyable. Quand elle parlait, il émanait d'elle une véritable douceur qui ne collait absolument pas avec l'image que l'on pouvait se faire d'elle en tant que critique littéraire. D'ailleurs, quand les auteurs peu talentueux qu'Amy-Rose n'hésitait pas à dénoncer dans ses articles parlaient d'elle entre eux, ils n'y allaient pas avec le dos de la cuillère. Elle était décrite comme étant la pire créature existant sur cette planète. Cette réputation faisait discrètement sourire la jeune femme. A vrai dire, elle se moquait pas mal de ce qui pouvait être dit à son sujet. Elle avait même tendance à trouver cette situation amusante, d'autant plus quand elle rencontrait ensuite les auteurs et qu'elle se présentait à eux sous le nom d'Amy-Rose Sullaway. Tous se mettaient à rire en lui demandant si elle était sérieuse. Fort heureusement, il y avait aussi les auteurs à qui elle avait consacré des articles fort élogieux. Ceux-là parlaient d'elle comme de la huitième merveille du monde et prenait sa défense lorsque le sujet Sullaway était mis sur la table.

    « En tout cas, j'espère avoir la chance de vous lire un jour. Ne perdez pas votre temps à vous poser tant de questions. Si vous avez envie d'écrire, faites-le. »
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Dim 4 Sep 2011 - 0:09

    J'avais beau m'être mentalement préparé à cette discussion, les choses ne se déroulaient pas vraiment comme je l'avais imaginé, et j'essayais de ne pas me montrer trop déstabilisé. J'avais toujours vu Amy-Rose Sullaway comme "la" critique absolue, une jeune femme élégante et à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession tant elle respirait la confiance. Ça, c'était l'idée que je m'en faisais avec les quelques photos d'elle que je connaissais, et pour lire et suivre ses critiques depuis de nombreuses années. Si elle disait du bien d'un livre, et que ses commentaires éveillaient mon intérêt, alors je marquais sur un bout de papier le titre et le nom de l'auteur, le mettant ensuite de côté pour une future visite en librairie. La plupart du temps je perdais entre temps mon papier, et je me retrouvais face à des rayonnages sans savoir quoi choisir, mais l'intention était là, malgré tout. Il en était de même avec les livres qu'elle déconseillait. Il arrivait que je les achète malgré tout, par curiosité ou fidélité à un auteur, mais généralement j'en arrivais aux mêmes conclusions qu'elle. C'était agréable de se dire qu'une autre personne de par le monde avait des goûts et des jugements similaires aux vôtres, et que vous pouviez vous reposer sur elle en cas de besoin. Je ne la connaissais pas personnellement, mais d'une certaine façon je ressentais une sorte d'affinité à son égard. Je ne lui avais jamais écrit, n'avait jamais cherché à la rencontrer, mais je la lisais avec plaisir. Parfaite m'avait d'ailleurs parfois taquiné à ce sujet, m'accusant avec un grand sourire de préférer les conseils d'une inconnue que ceux de ma propre femme. Soit. Je m'étais défendu du mieux que je le pouvais, essayant de lui expliquer que ce n'était pas la même chose, mais elle avait éclaté de rire, et était passée à autre chose. Elle n'avait pas à être jalouse de toute façon : j'appréciais la critique, la plume, mais ignorait tout de la personne. Et la curiosité que je pouvais ressentir à son égard avait disparu après son article concernant mon second roman, et avec elle tout le bien que je pouvais penser d'Amy-Rose. Peut être que c'était précisément parce que je l'avais si souvent suivie que je l'avais si mal pris. Après tout, les pires trahisons sont celles que nous font nos proches, et, en un sens, elle l'était devenue sans même le savoir.

    Me tenant à mon rôle de John Bishop, apprenti écrivain et employé de Ramble en attendant que son heure de gloire n'arrive enfin, j'écoutais avec une réelle attention mon interlocutrice. Je lui souriais poliment, hochant la tête de temps à autre, et essayant de garder mon sérieux. Dire qu'elle était en train de me donner des conseils ! Évidement que je pouvais faire mieux que Dudley, je n'en doutais pas un instant -ou alors juste un petit-! L'entendre parler de mon soit-disant métier alluma cependant tous les warnings que mon esprit pouvait avoir à sa disposition : là, le terrain était glissant. Je m'étais inventé cette activité en référence à ce qu'elle avait écrit à mon sujet, mais en réalité je n'avais aucune idée de comment pouvait fonctionner ce service. Est-ce que des gens lisaient à la suite tous les romans de la maison d'édition, en écrivaient un résumé et en extrayaient quelques phrases emblématiques pour servir à la promotion de l'ouvrage ? Probablement quelque chose de ce genre, à quelques détails près... En tout cas, elle semblait admirative, et je me sentis presque coupable de mon beau mensonge. Après tout, ces compliments ne m'étaient pas destinés, et je pouvais difficilement lui dire à qui les formuler à ma place, ne sachant pas de qui il pouvait bien s'agir. Un peu gêné, et essayant d'orienter la discussion dans une autre direction avant de mettre les pieds dans le plat, je baissai la tête avec un air timide. Avec un peu de chance, ça pourrait passer. Et il fallait croire qu'elle l'avait compris puisqu'elle enchaîna, et moi à sa suite.

    Je suis loin d'avoir tout lu, mais je pense que l'année n'a pas été aussi mauvaise que vous le laissez croire. Il y a peut être eu moins de romans vraiment marquants, qui se différenciaient de la production actuelle ou qui donnaient l'impression d'avoir vraiment une œuvre de poids entre les mains, mais il y en a eu malgré tout. Et pas mal de la part de jeunes auteurs en plus, ce qui est plutôt bon signe.

    Là, je pensais à moi. Oh pas qu'à moi bien sûr, je savais que l'on était un certain nombre cette année à avoir publié notre premier ou second roman chez Ramble, et j'en avais lu suffisamment pour comprendre qu'il y avait de la concurrence. Non pas que m'en inquiète, ou que je lance dans le projet totalement stupide de vouloir leur prouver, à tous, que j'étais le meilleur; au contraire j'aimais me dire que nous étions un petit groupe à pouvoir peut être compter dans l'avenir. Mais puisque je défendais mes intérêts, je pensais bien évidement à moi.
    Le discours de Dudley achevé, un homme le remplaça sur la tribune, et je reconnu le direction du service de communication. Je souris, comprenant que l'on était bon pour le voir féliciter, presque au cas par cas, chacun des auteurs phares de sa maison d'édition. Comme quoi, on n'était pas prêt d'en finir, et, sans faire plus attention que ça à lui, me reconcentrai sur ce que je disais. Où en étais-je déjà ?

    Qui sait, peut être que dans quelques années je serai encore là, mais cette fois à la place de Dudley, à rendre hommage à mon génie et à tous ceux qui ont bien voulu croire en lui... Et puis, vous m'avez déjà lu d'une certaine façon.

    Pris à mon propre jeu de ne pouvoir trop en dire sans perdre ma couverture, je m'arrêtai là, rejouant le rôle du jeune homme timide. Là encore, ça pouvait très bien fonctionner, surtout qu'elle m'apparaissait moins menaçant que j'avais pu le croire. Mais on n'était jamais trop prudent, et mieux valait pour moi rester encore un peu sur mes gardes.
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Mar 6 Sep 2011 - 22:14

    Amy-Rose déchiffra attentivement les propos de John Bishop et esquissa un léger sourire. Il semblait vraiment passionné par le monde de la littérature et c'était un véritable plaisir pour elle de s'entrentenir avec lui. Elle était capable de passer des heures entières à discuter vieux bouquins et auteurs contemporains. Malheureusement dans son entourage, personne ne comprenait cette passion dévorante qu'était la sienne. Certains allaient même jusqu'à lui reprocher d'accorder tellement d'importance à la littérature et aux auteurs disparus depuis longtemps déjà. Alors quand elle pouvait partager son amour des livres avec quelqu'un d'autre, Amy-Rose avait l'impression d'être sur un petit nuage. Fixant ses lèvres avec intérêt, elle ne pu qu'approuver ses dires. Il est vrai que Ramble comptait de nombreux jeunes auteurs extrêmement talentueux et destinés à de brillantes carrières. Amy-Rose éprouvait toujours un immense plaisir à l'idée de découvrir l'univers de ces jeunes romanciers à l'imagination débordante. Elle ne manquait jamais l'occasion de suivre leur carrière littéraire voire même de leur donner un coup de pouce dans les moments difficiles. S'il y a bien une chose que l'on ne pouvait pas reprocher à la jeune femme, c'était d'être totalement impartiale dans ses critiques. Elle se basait sur des éléments concrêts et laissait de côté sa propre subjectivité.

    « Je n'ai jamais prétendu que l'année fut médiocre. Comme la plupart des lecteurs, j'ai été agréablement surprise par l'incroyable originalité de certains auteurs. Et comme vous, l'avez souligné, il s'agit bien souvent de jeunes écrivains à l'avenir prometteur. John Wistle ou Basil Lane par exemple. Deux auteurs talentueux et qui savent parfaitement se démarquer de la tendance actuelle. Mais là où le premier persévère sur sa lancée, le second à tendance à croire que le succès est acquis. Vous connaissez leurs oeuvres ? Elles sont fascinantes !! Wistle a un style d'écriture remarquable, il sait parfaitement comment s'y prendre afin de nous transporter dans un autre monde. Quant à Lane, j'ai trouvé son premier roman captivant. Je crois l'avoir dévoré une bonne dizaine de fois. Une pure merveille si vous voulez mon avis. Il a un talent incroyable, un vrai don. Ce n'est pas pour rien que le cinéma lui fait les yeux doux. Mais contrairement à Wistle, j'ai l'impression qu'il pense que la notoriété lui est due. Son second roman est loin d'être à la hauteur des espérances du public. Le succès, c'est quelque chose d'éphémère et il faut savoir l'entretenir. Quoi qu'il en soit, je suis certaine qu'ils sont tout deux destinés à de longues et belles carrières. D'ailleurs, j'espère avoir la chance de les croiser ce soir. J'aimerais vraiment les féliciter et les encourager pour la suite. »

    Comme quoi, cela prouvait bien ce qu'elle s'évertuait à dire depuis le début: Amy-Rose n'avait rien contre Basil Lane. Elle pensait seulement qu'il devait se reprendre en main et ne pas se laisser griser par la succès de son premier roman. Certes, elle n'avait pas été tendre avec lui lorsqu'elle avait fait publié sa critique concernant son second ouvrage mais il ne fallait pas que l'auteur prenne ça comme une attaque personnelle. Au contraire, elle aurait été ravie de pouvoir rencontrer cet homme qui l'avait fait rêvé et voyagé dans son premier roman dont elle était une fervente admiratrice. Basil Lane faisait partie de ces jeunes auteurs sur qui elle était prête à miser gros et si elle avait osé saborder la parution de son second roman, c'est parce qu'elle savait qu'il était capable de faire de grandes choses, qu'il pouvait allait encore plus loin. Son sourire s'accentua lorsqu'elle comprit la suite. Si John Bishop avait envie de se lancer dans l'écriture, il ne fallait pas qu'il hésite un seul instant. Elle était certaine qu'il avait beaucoup de talent et il serait fort dommage de passer à côté d'un joli succès.

    « C'est tout le mal que je vous souhaite en tout cas. Mais hélas, je ne considère pas vous avoir déjà lu. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas tant de connaître votre style d'écriture mais plutôt de découvrir ce qui se cache dans les recoins de votre imagination. Dans quel univers pourriez-vous me transporter si je plongeais dans l'un de vos livres ? Je serais curieuse de le découvrir. »

    Elle souria avec sincérité puis détourna le regard un court instant. Voilà qu'elle était totalement perdu concernant le déroulement de la cérémonie. Elle reconnaissait parfaitement l'homme qui était en train de remercier les auteurs les plus en vogues de chez Ramble mais elle était beaucoup trop loin pour pouvoir déchiffrer ce qu'il était en train de dire. Amy-Rose préféra donc se concentrer de nouveau sur son interlocuteur et reprit:

    « En tout cas, ce fut un réel plaisir pour moi de faire votre connaissance. J'espère avoir le plaisir de discuter de nouveau avec vous à l'avenir et pourquoi pas d'apprendre que la publication de votre roman est imminente. »
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Mar 13 Sep 2011 - 0:16

    Après une admiration quasi sans bornes de ma part, Amy-Rose était brusquement devenue la personne à abattre. J'exagérais un peu, mais ce n'en était pas si loin. Je ne souhaitais pas qu'il lui arrive quelque chose de mal, pas même qu'elle se torde la cheville en descendant un peu trop vite les escaliers, perchée sur ses hauts talons, mais une petite remise en cause de son statut n'aurait pas été pour me déplaire. Malheureusement, à part un droit de réponse que j'aurai adressé au journal dans lequel elle était publiée, je n'avais pas vraiment de recours. En plus, en m'amusant à faire ce genre de chose, je serais inévitablement passé pour le prétentieux qui se prend pour la cinquième merveille du monde, sans savoir qu'il en existe déjà sept... J'avais donc ravalé ma bile, relu sa critique et les passages de mon roman auxquels elle faisait référence, et essayé de me calmer. J'avais cédé sur quelques maladresses de style, reconnaissant à mi-voix qu'un de mes chapitre était effectivement un peu faible -ce que Parfaite m'avait demandé de répéter, double affront involontaire de sa part puisqu'elle n'avait tout simplement pas entendu ce que je disais la première fois-, mais pour le reste, rien ! Et j'avais continué à la lire aussi régulièrement qu'avant, mais avec une irritabilité nouvelle. Ses compliments me paraissaient usurpés, les défauts qu'elle pointait complètement artificiels. Ça en était fini pour la confiance que je lui accordais jusque là, et j'étais persuadé qu'elle ne pourrait jamais plus la regagner. Jusqu'à ce que je la rencontre évidemment, et qu'elle vienne ébranler mes certitudes.

    Je l'écoutai silencieusement, manquant de me trahir au moment où elle prononça mon nom, en tournant un peu trop vite la tête vers elle, mais fis ensuite comme si de rien n'était. Elle me parlait de John Wistle et de moi, un parallèle fréquent et qui n'était pas pour me déplaire. Nous avions tous les deux moins de trente ans, deux romans publiés à notre actif, et avions rapidement sympathisé après une rencontre organisé par Ramble. Pour avoir lu son dernier roman, je savais qu'il avait amplement mérité le prix littéraire qu'il lui avait rapporté, et en avait éprouvé une petite jalousie qui n'avait pas duré plus que le temps de me convaincre que j'étais indigne de ce genre de gamineries, puisque ce n'était que partie remise. Cette grandeur d'âme nouvelle ne m'avait pas empêché pour autant de suivre d'une oreille très attentive les éventuelles pré-sélections concernant "This is how the world ends", avant de faire comme si de rien n'était en comprenant que ce ne serait pas pour cette fois-ci. Même si l'honneur m'aurait flatté, une part de moi savait que ce n'était pas possible, du moins pas avec ce roman là.
    La suite du développement des paroles d'Amy-Rose ne manqua cependant pas de m'étonner. Qu'elle parle de mon roman, sans savoir qu'il s'agissait du mien, était presque normal vu le sujet de notre discussion. Je faisais partie des jeunes auteurs, je savais qu'elle m'avait lu, c'était donc tout à fait logique que l'on en arrive là. De là à dire que je m'attendais à ce qu'elle venait de m'avouer, il y avait plus qu'un monde. Une "pure merveille", elle avait qualifié mon premier de "pure merveille"... Juste ça, ça valait toutes les mauvaises critiques du monde. Et combien de fois elle l'avait lu ? Une dizaine ?! A part Parfaite et moi, et peut être ma mère, c'était la première fois que j'entendais quelqu'un me sortir un chiffre aussi hallucinant. Dans un autre contexte, j'aurai probablement souris, heureux de recevoir tant de compliments, mais le choc m'en empêcha. J'étais bien évidement aux anges, mais quelque chose de chiffonnait. Entre ce qu'elle venait de me dire, et ce qu'elle avait écrit...
    C'est alors que j'entrevis une nouvelle possibilité à sa critique, elle ne me plaisait pas forcément plus que ce que j'avais pu croire jusque là. Après tout, si elle s'était montrée si dure, c'était peut être parce qu'elle avait été déçue. Je m'en sentis horriblement gêné. J'avais été tellement blessé par ce qu'elle avait pu écrire que je m'était focalisé sur le négatif, ne cherchant pas à voir plus loin.
    Et la suite de ses paroles ne trouva qu'un léger écho en moi. Je continuai de la regarder, hochant de temps à autre la tête pour lui montrer que je l'écoutais, que j'étais toujours là, mais ça me passait extrêmement loin. Quant aux paroles que je réussi à baragouiner, ce n'était pas de la grande littérature, loin de là.

    On verra bien, qui sait...

    J'essayais de mettre en ordre les pièces du puzzle, de comprendre ce qu'il m'avait échappé, et l'ensemble de mon esprit y consacrait ses ressources. Autant dire que lorsque je vis les gens autour de nous se tourner vers moi en applaudissant, je ne compris pas tout de suite de quoi il s'agissait. Et puis... Merde, le discours. Celui qui le faisait avait commencé à remercier tous les auteurs présents dans la salle, du moins ceux importants, et je n'avais pas pensé que je ferai partie du lot. Enfin si, j'y avais pensé, mais pas maintenant. J'avais rêvé du moment où la salle m'acclamerait, mais j'avais pensé que ça faisait seulement partie du fantasme. Là, non seulement c'était la réalité, en plus modéré, mais ça me mettait dans une situation très inconfortable vis à vis d'Amy-Rose. Après tout, je venais de griller ma couverture...
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Dim 18 Sep 2011 - 17:11

    Voilà la raison pour laquelle Amy-Rose détestait fréquenter les soirées mondaines et autres lieux publics: en une fraction de seconde, elle pouvait totalement perdre le fil des évènements et se retrouver plongée dans l'incompréhension la plus totale. C'était une sensation extrêmement déstabilisante et inconfortable. Interloquée, elle essaya de comprendre cette vague d'agitation qui venait de naître autour d'eux. Quelle était donc l'origine de cette frénésie soudaine et pourquoi tout le monde regardait-il en direction de John ? Le plupart des convives arboraient un large sourire et applaudissaient avec véhémence le jeune homme qui semblait de plus en plus mal à l'aise. Amy-Rose n'y comprenait rien. N'ayant plus de point de repère précis, elle tenta de fixer son regard sur les lèvres de l'orateur du précédent discours, mais il était malheureusement beaucoup trop loin pour qu'elle soit en mesure de déchiffrer quoi que ce soit. Elle avait horreur de perdre le contrôle et de ne pas comprendre ce qui était en train de se passer autour d'elle et pourtant, elle devait se résoudre à demeurrer la plus naturelle que possible afin que personne ne démasque ce qu'elle savait si bien cacher. Elle ne prononça pas le moindre mot et laissa à son étrange interlocuteur le loisir de remercier sa soudaine foule d'admirateurs. « Basil Lane », voilà ce qu'elle pouvait lire sur les lèvres des invités qui les entouraient. Les données se mélangèrent dans son esprit: qui était-il en réalité ? John Bishop ? Basil Lane ? L'un de ces deux noms n'était peut-être qu'un pseudonyme mais dans ce cas, pourquoi cet individu avait-il tenté de lui faire croire qu'il n'avait encore jamais rien écrit de concrêt ? La jeune femme eut besoin de prendre un peu de recul. Elle se faufila dans la foule afin de regagner un coin plus tranquille de la salle de réception. Amy-Rose demanda un verre d'eau et le porta à ses lèvres. Ce n'est que petit à petit qu'elle parvint à remettre en place les différentes pièces du puzzle. Cet homme avec qui elle venait de discuter n'était ni plus ni moins que Basil Lane, sauf que ce dernier avait tenté de la duper en se faisant passer pour ce qu'il n'était pas. Amy n'était pas en colère, simplement déçue. Elle n'aimait pas qu'on s'amuse à la manipuler de la sorte, d'autant qu'elle qui n'était d'ordinaire pas douée pour les relations humaines, s'était surprise à apprécier la compagnie de ce jeune homme. Décidément !! Que ce soit sur le point de vue professionnel ou personnel, les hommes prenaient un véritable plaisir à la prendre pour une idiote. Durant un instant, elle envisagea de quitter cette soirée afin de s'éloigner de ce monde bien trop superficiel à son goût, mais lorsqu'elle se retourna, elle se retrouva face à John. Enfin à Basil. Qu'importe.

    « Pourquoi m'avoir menti ? J'avoue que personne n'avait encore eu l'audace de me faire un coup pareil. En réalité, je ne sais pas lequel de nous deux est le plus à plaindre … moi pour être aussi crédule ou bien vous pour vous être montré aussi enfantin. Qu'attendiez vous de notre conversation exactement ? Pourquoi vous êtes-vous fait passé pour ce que vous n'êtes pas ? Expliquez-moi, car ça me dépasse tout ça. »

    Cela faisait partie des défauts d'Amy-Rose. Elle était d'une naïveté incroyable !! N'importe quel bon orateur aurait pu lui faire croire tout et n'importe quoi. Elle avait tendance à croire que tout le monde était comme elle et faire une chose pareille ne lui aurait jamais traversé l'esprit. N'attendant même pas de réponse de la part de Basil, elle haussa les épaules et reprit la parole:

    « Si cela fait partie de vos habitudes de manipuler ainsi les personnes que vous côtoyer, je crains que nous n'ayons finalement pas grand chose en commun. »

    Pas la peine d'être un expert pour se rendre compte qu'elle était profondément déçue et touchée par cette attitude. Voilà qui lui prouvait une fois de plus qu'elle ne devait faire confiance à personne et surtout pas à son entourage professionnel.
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Sam 24 Sep 2011 - 0:24

    Confronté aux limites de mon petit jeu, je devais maintenant bien admettre que je ne savais plus trop ce que j'en espérais au départ. Est-ce que j'avais voulu faire dire à Amy-Rose tout le mal qu'elle pensait de mon roman, là, bien en face, et trouver une répartie cinglante pour lui prouver qu'elle n'y avait rien compris du tout, ou est-ce que j'avais voulu essayer de comprendre son point de vue pour ne pas m'arrêter à la seule lecture des quelques lignes qu'elle avait rédigées à mon égard ? Je ne savais plus trop. La seule chose dont j'étais sûre était que je venais de tout gâcher. John Bishop n'existait pas, il n'avait jamais existé, et pourtant je m'étais abrité derrière lui en attendant de mettre mon plan au point. Ce n'était pas très malin. C'était même complètement stupide. Si je l'avais croisée dans un lieu quelconque, le parc, le marchand de glace ou la caisse d'un supermarché, un tel stratagème n'aurait pu que fonctionner, à moins d'une réelle malchance. Mais là, dans une soirée organisée par Ramble, où une bonne cinquantaine de personne devait connaître mon nom et pouvoir l'associer à mon visage, il n'y avait pas plus idiot. Enfin si, ça aurait bien sûr pu être pire si l'on nous avait distribué à tous un petit carton avec notre nom à épingler au revers de notre veste, et que je m'étais présenté à elle en me faisait passer pour celui que je n'étais pas. J'espérais néanmoins que j'aurai eu la présence d'esprit de ne pas faire une connerie pareille... Quoi que, vu mon dernier prodige, on pouvait être en droit d'en douter.
    Et je vis mon interlocutrice chercher une réponse dans mon regard. Elle me fixait à un point tel qu'elle ne pouvait que me déstabiliser, et je sus quoi dire. Des excuses peut être, à moins que des explications ne soient un meilleure choix... Mais, face à ma réaction qui tardait à venir, elle prit les devants et me tourna le dos, traversant la foule à grands pas. Je réalisai alors pleinement que ces applaudissements qui continuaient à résonner dans cette immense pièce m'étaient destinés, tout comme les sourires qui les accompagnaient. Wahou. J'aurais aimé mieux les apprécier, mais me contentai de quelques 'merci' que seules les personnes les plus proches pouvaient avoir une chance d'entendre, la poursuite du discours du directeur du service commercial ne demandant pas d'en faire plus que cela. Les regards étaient d'ailleurs déjà en train de se détourner de moi, et je m'élançai à la suite d'Amy-Rose. Je ne savais pas vraiment où elle était allée, mais en suivant la direction qu'elle avait prise j'avais peut être une chance de la retrouver. Coup de chance ou destin, appelez ça comme vous voulez, je la trouvai sans mal, bien qu'elle soit dos à moi. Je ralentis alors, hésitant quant à la meilleure façon de l'aborder, mais la solution vint d'elle même quand elle se retourna, et que l'on se retrouva nez à nez.
    Elle attaqua la première, et j'encaissai le tout en silence. Je n'avais jamais été du genre à m'emporter, et puis j'avais l'impression que je le méritais. En partie. Je l'écoutais, cherchant les mots adéquats pour ma réponse, et la vis reprendre la parole, assénant ses derniers coups. Elle était déçue, ça se voyait, et pas loin de la fureur. Autant dire que j'allais devoir jouer serré...

    Écoutez, je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris de faire ça. C'était stupide, et immature, et... Je ne sais même pas comment j'ai pu penser à truc pareil, ce n'est pas du tout dans mes habitudes, et je vous demande de m'en excuser.

    C'était un bon début. Pas de la grande littérature, et niveau stylistique c'était proche du néant, mais il fallait déjà sauver les meubles. J'eus l'impression que ces premières excuses apaisèrent en partie sa fureur, du moins assez pour qu'elle ne me jette pas le contenu de son verre à la figure, mais il était évident que ce n'était pas assez pour autant. Je laissai échapper un long soupir, rassemblant toutes mas facultés pour essayer de formuler quelque chose d'assez sincère et compréhensible pour expliquer mes agissements.

    Je n'aurais pas du me faire passer pour quelqu'un que je n'étais pas, je conviens que ce n'était pas très pertinent pour avoir une véritable discussion, mais j'avais l'impression que, si j'étais venu en disant "Bonsoir, je suis Basil Lane. Vous avez écris une critique assassine sur mon roman. Comment allez-vous ?" j'aurais été le pire des hypocrite. Ce que j'ai fait n'est pas mieux, c'est vrai, c'est même totalement vrai ; mais ça me paraissait plus facile. Bon, j'avais pas pensé que ça se finirait si mal par contre...

    Plus je parlais, et plus j'avais l'impression de m'enfoncer. Gêné, je me stoppai dans ma phrase, et m'apprétait à saluer Amy-Rose et lui souhaiter une bonne fin de soirée malgré tout, persuadé que c'était la meilleure chose qu'il me restait à faire...
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Dim 2 Oct 2011 - 20:03

    Amy-Rose était totalement décontenancée par ce que le jeune auteur était en train de dire. Elle n’en revenait pas. Cela faisait des années qu’elle exerçait ce métier et jamais personne n’avait encore tenté de la duper d’une manière aussi grotesque. L’image qu’elle se faisait de Basil Lane venait d’en prendre un sacré coup et elle se serait volontiers passé de cette rencontre. Laissant échapper un petit rire nerveux, elle observa attentivement son interlocuteur, trouvant son argumentation bien laborieuse pour un écrivain doté d’une imagination si fertile. « Quoi, c'est ça votre problème ? Que j'ai pu aller à contre sens de vos idéaux en rédigeant une critique infondée à vos yeux mais qui n'en demeure pas moins extrêmement pertinente ? Contrairement à ce que vous semblez croire, j'aurais beaucoup aimé en discuter avec vous et vous auriez pu vous présenter à moi sous votre véritable identité. Vous pensez que je suis un monstre peut-être ? Je n'ai encore jamais dévoré personne. Quand on fait un tel métier, il faut s’attendre à faire face aux critiques. » Amy-Rose n’était pas en colère, elle était simplement en train de lui faire part de sa déception quant à son attitude. Certes, Basil semblait désolé mais ce n’était pas suffisant à ses yeux. Elle n’avait de cesse de se demander combien de temps encore il avait eu l’intention de la prendre pour une imbécile. Elle détestait être dupée de la sorte et ces derniers temps, cela avait tendance à lui arriver souvent. Amy-Rose marqua une courte pause, cherchant les mots adéquats pour lui faire entendre que la critique qu’elle avait publié concernant son second roman n’avait rien de personnel. Elle avait à cœur de toujours s’appuyer sur des éléments concrets et non purement subjectifs. Basil était un jeune auteur talentueux, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute mais à ses yeux, les lecteurs étaient en droit de s’attendre à mieux surtout après un premier roman pour le moins fabuleux. « Que nous ne soyons pas d'accord quant à la valeur de vos écrits, c'est un fait. Mais gardez bien en tête que cela n'a rien de personnel. Au contraire, vous êtes même l'un des rares romanciers à avoir su me séduire ces derniers temps. Tout ce que je vous ai dit tout à l'heure était sincère. J'avais vraiment envie de rencontrer Basil Lane, de pouvoir échanger avec lui car je suis convaincue que c'est un jeune homme talentueux et extrêmement intéressant. Je ne m'attendais pas à le rencontrer d'une manière aussi… originale va-t-on dire. » Suite à cette phrase, Amy-Rose ne put s’empêcher de sourire avec amusement. Elle n’allait pas lui reprocher éternellement d’avoir essayé de la duper. Elle n’était pas rancunière et à vrai dire, elle savait que d’ici quelques jours, cette histoire la ferait sourire de bon cœur. « Je comprends que vous puissiez être en colère contre moi, j'ai l'habitude de ce genre de réaction, vous ne seriez pas le premier à me traiter de tous les noms pour avoir osé publier une critique peu élogieuse sur l'un de vos romans. Ca fait partie intégrante de mon travail et je l'accepte. D'ailleurs, j'aime beaucoup prendre du temps afin de bavarder avec les auteurs, échanger nos points de vue ne peut être qu'enrichissant. C'est l'occasion pour eux de m'expliquer ce que je n'ai pas compris dans leur ouvrage et de mon côté, cela me permets de donner de plus amples détails sur ce qui m'a poussé à rédiger ma critique. Vous semblez croire que je vous en veux mais c'est totalement faux. Vous oubliez sans doute que j'ai également été la première à promouvoir votre premier roman. Je l'ai défendu de l'instant même où le manuscrit est parvenu entre mes mains, au jour de sa publication et bien au-delà. » En toute objectivité, Amy-Rose avait contribué au succès de Basil d’une certaine manière. Pour avoir dévoré son premier roman une bonne dizaine de fois, elle le connaissait par cœur et avait publié un nombre incalculable de critiques élogieuses à son sujet. Elle était littéralement tombée amoureuse de ce roman. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas lu un ouvrage comme celui-ci. Peut-être que comme les fans inconditionnels de Basil, elle s’attendait à un second roman à la hauteur du premier, d’où son immense déception. Cela dit, l’avis d’Amy-Rose n’était pas universel et d’autres critiques étaient parues au sujet de ce second roman. Certains critiques littéraires avaient même prétendu qu’il surpassait de loin le premier !! Un avis qu’elle ne partageait pas, mais qu’importe. « Vous avez encore beaucoup de choses à apprendre sur le monde de l'édition monsieur Lane. Ce sont des autres auteurs dont vous devriez vous méfier, pas des critiques. Sans compter que bon nombre de mes collègues n'ont pas été d'accord avec ma publication. Je ne pense pas avoir le monopole de la critique. Votre troisième roman viendra sans doute trancher la donne. » De nouveau, elle souria. Elle attendait avec impatience la publication d’un nouvel ouvrage, elle serait sans doute la première à le dévorer.
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Sam 8 Oct 2011 - 0:12

    Si l'on me donnait la possibilité de revenir d'une petite demi-heure en arrière, il était plus que probable que j'accepte de le faire, et même sans trop réfléchir. C'était peut être justement ça le problème, cet empressement que j'avais parfois lorsque l'on touchait à quelque chose qui me tenait à coeur. Je faisais la queue à la banque pendant des heures sans me plaindre ne trouver le temps long -exception faite de délais vraiment inhumains bien sûr-, je ne prêtais pas attention à tous les ragots et rumeurs qui pouvaient tourner autour de moi, ou de mon couple avec Parfaite, mais il suffisait que l'on s'en prenne à elle, l'un des jumeaux ou de mes écrits, et c'était fini. Avec Amy-Rose en revanche, c'était plus par honte que j'étais tenté de m'enfoncer dans le sol pour ne plus avoir à poursuivre cette discussion que je ne voyais pas comment arranger. Non seulement j'avais été le dernier des abrutis en mettant en place pareil plan, mais en plus j'avais eu la naïveté de penser qu'il pourrait marcher. Dans mon esprit, il était quasiment infaillible, et l'aurait été entièrement si j'avais eu une idée de comment il était sensé s'achever. Car c'était là tout le problème : je n'avais pas imaginé de fin. Parfaite me l'avait signalé, me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire une fois mon petit numéro terminé, et je n'avais rien eu de mieux à lui répondre qu'un "j'improviserai..." confiant. Car oui, j'avais confiance. Si j'avais douté ne serait-ce qu'un instant, je ne me serais pas lancé. J'aurais vu et reconnu Amy-Rose de loin, et aurait probablement passé le reste de la soirée à l'éviter. Je savais pourtant que ce type de soirée n'était pas pour moi ! Non seulement je n'y étais pas à l'aise, mais cette forme d'anxiété qui me tiraillait me faisait faire des erreurs dignes d'un débutant, et tout le reste s'enchaînait à la manière d'un cercle vicieux. Je n'allais pas recevoir de prix, je n'allais pas faire de discours, je ne venais pas soutenir quelqu'un ou obtenir les bonnes grâces d'un grand ponte... Vraiment, qu'est-ce qui avait bien pu me passer par la tête pour le laisser convaincre d'accepter l'invitation ? Au moins, s'il fallait relativiser, je pouvais toujours me dire que je pourrais difficilement faire pire que cet exploit-là...

    L'explication que je tentai de donner à Amy-Rose était plus que laborieuse, et l'expression de son visage me laissait penser qu'elle devait être encore moins convaincante que ce que je le pensais... Je n'étais pas un bon orateur, ce n'était pas nouveau. Quand il fallait faire un exposé en classe, ou réciter une poésie, j'étais toujours celui qui s'embrouille dès le début, et consacre ensuite le reste de son temps à tenter de se rattraper du mieux qu'il le peut. Je n'étais pas timide, mais ce n'était pas un exercice pour moi. Il y avait des gens pour qui ça semblait venir naturellement, pas moi. Pour discuter d'un peu tout et n'importe quoi, j'étais plutôt bon. Pour offrir une oreille attentive et donner quelques conseils, ça allait aussi. Mais pour me vendre... Ou alors il fallait me laisser un petit moment de préparation, et là j'étais capable de pondre un argumentaire logique, pertinent, et parfois même brillant -en toute modestie bien sûr. Ce n'était pas pour rien que je m'énorgeuillais de mes qualités en tant qu'écrivain : j'avais me savoir médiocre à l'oral, et pire encore en situation de stress, à l'écrit j'étais dans mon élément. Mais il me fallait parfois sortir de ma zone de confort, au risque d'y perdre quelques plumes...
    J'avais essayé de formuler du mieux que je le pouvais ma pensée, lui courant après comme un dératé, mais le rire d'Amy-Rose sonna comme une gifle en pleine joue. Je n'étais pas crédible. J'étais juste ridicule et, pire que tout, loin d'être tiré d'affaire.
    J'écoutai sa réponse, ne pouvant m'empêcher de secouer la tête à plusieurs reprises. Non, ce n'était pas ça, je n'avais pas voulu dire ça... Allons bon, est-ce que j'étais devenu pathétique au point de ne même plus me faire comprendre ? Je ne l'avais jamais vue comme un monstre, ou à peine. Bon, oui, ça avait du m'échapper une fois ou deux. Je l'avais faite chuter de mon panthéon personnel, mais c'était une réaction tout simplement humaine. Je savais à quoi m'attendre de la part des critiques, conscient que l'on ne me ferait pas plus de cadeaux qu'à un autre juste parce que j'étais plus jeune, plus Anglais, plus tatoué ou plus motivé que d'autres. Mais de là à ce que je devienne l'homme à abattre, j'avais imaginé qu'il y aurait plus de marge que ça. Je m'étais fait à l'idée que j'avais eu beaucoup de chance pour m'en être si bien sorti du premier coup, mais le retour à la réalité avait néanmoins été douloureux. Plus encore du fait du contenu de mon second roman. J'aurais parlé de la vie d'un prince inuit du 18ème siècle que j'aurais probablement mieux pris les choses, mais là c'était tellement proche de moi que ça avait été trop me demander -d'où les conséquences que l'on connaissait.

    Je le sais très bien, et je me sens encore plus stupide pour... Awh non, je ne vais pas me lancer dans une séance d’auto-flagellation, je crois que j'en ai assez fait pour ce soir...

    Effectivement, il me semblait plus que conseillé de faire profil bas plutôt que de me lancer dans une tirade sans fin expliquant à quel point j'étais désolé, confus et tous les synonymes qu'elle voulait. Ca aurait le mérite de m'occuper en attendant que je ne trouve quelque chose de plus intelligent à dire, mais le peu de bon sens qu'il me restait me lançait de grands signaux de danger en face de cette idée.
    Autour de nous, personne ne semblait se soucier de notre discussion, et je préférais ça au contraire. Je me sentais déjà assez mal comme ça pour que l'on n'en rajoute pas. Bizarrement pourtant, cette boule d'angoisse qui me tenait le ventre tendait à se réduire au fil des paroles d'Amy-Rose. Elle avait le droit d'être en colère, et elle m'avait fait part de sa déception avec suffisamment de conviction pour que l'on ne m'y reprenne plus, mais je ne me serais pas attendu à la voir se remettre à sourire si vite. Et l'entendre me répéter tous ces compliments qu'elle m'avait déjà adressé sans le savoir auparavant, c'était un régal auquel je n'aurais pas pensé regoûter avant longtemps.

    Enfin vous voyez ce que ça fait d'être si élogieuse avec un auteur ? Je serais vous que j'y réfléchirais à deux fois avant d'être de nouveau aussi enthousiaste dans une critique, ne serait-ce que pour éviter d'avoir à revivre ce genre de mésaventure. Je ne vous souhaite vraiment pas que tous les grands blessés de la scène littéraire vous rejoue le même tour !

    Par un quelconque miracle, Amy-Rose avait réussi à me détendre suffisamment pour que je m'essaye à l'humour. Bon, ce n'était pas forcément très drôle, mais c'était ma façon d'essayer de me recomposer, et puis c'était sincère. Si des gens venaient se présenter à moi, m'annonçant être des personnes qu'ils n'étaient pas, je le prendrais évidement assez mal. Je virerais même probablement paranoïaque et courrais m'enfermer dans un refuge anti-atomique pour retrouver un semblant de sérénité, mais il semblait que ça ne soit pas le cas de mon interlocutrice.
    Et puisqu'il me restait une dernière carte à jouer, autant l'utiliser maintenant, avec un sourire d'usage aussi mérité que sincère.

    Ecoutez, si vous le voulez-bien je vais recommencer. Je m'appelle Basil Lane et je suis enchanté de vous rencontrer. Nous avons quelques désaccords concernant mon second roman, mais je suis enchanté malgré tout.

    Pour une raison que je ne m'expliquais pas, je trouvai ça bien plus facile que ça ne l'était habituellement. Je discutais avec elle depuis un petit moment déjà, c'était vrai, mais de là à ce que je me sente aussi à l'aise... Avec la plupart des gens, il me fallait apprendre à les connaître un minimum avant de me lancer, là c'était comme naturel. Ma foi, peut être qu'avoir été un fervent lecteur de ses critiques avait brisé la glace entre nous...
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Sam 8 Oct 2011 - 20:53

    Amy-Rose comprenait mieux pourquoi elle avait horreur de mettre les pieds dans ce genre de soirées. Ce monde artificiel n’était pas le sien. Elle était incapable de se fondre dans la masse, de faire semblant de partager des intérêts qui n’étaient finalement pas les siens. Tout était question de profit, de bénéfices, de nombre d’exemplaires vendus et de contrats cinématographiques. Les uns s’amusaient à tromper les autres, à se faire passer pour ce qu’ils n’étaient pas dans l’espoir d’obtenir un certain nombre de faveurs de leur part. Personne ne prenait le temps de s’attarder sur la vraie littérature, sur ce qui faisait que le monde de l’écriture était aussi fascinant. De son côté, elle avait choisi d’exercer ce métier par passion, parce qu’elle avait ça dans le sang depuis qu’elle était toute petite et qu’elle avait toujours préféré la compagnie des livres à ceux de ses semblables. Triste constatation mais qui n’en demeure pas moins réaliste. C’était peut-être prétentieux de sa part, mais Amy-Rose était convaincue que son goût en matière de littérature était irréprochable et qu’elle savait parfaitement faire la différence entre un auteur talentueux et un écrivain du dimanche. Personne n’obtiendrait jamais ses faveurs d’une manière quelconque. Amy-Rose publiait des critiques qu’elle jugeait pertinentes et veillait toujours à mettre en valeur les jeunes écrivains qui méritaient d’être connus. Basil en faisait partie. Plus elle déchiffrait ses propos et plus Amy-Rose le trouvait touchant et attachant. Elle se rendait bien compte qu’il était sincèrement désolé pour ce qui venait de se passer et elle ne voulait surtout pas que cette situation prenne des proportions démesurées.Elle n’avait guère apprécié son attitude mais elle n’avait pas l’intention de se lancer dans d’éternels reproches. Basil avait l’air d’être un jeune homme adorable, il avait simplement fait preuve d’une certaine maladresse à son égard. Mais elle-même n’était-elle pas une grande spécialiste des faux pas ? Amy-Rose ne perdait pas de vue toute l’admiration qu’elle portait à cet auteur extrêmement talentueux. Quoi qu’on puisse en dire, Basil était sans doute le meilleur jeune espoir de chez Ramble et que personne ne s’aventure à prétendre le contraire devant elle ! Et puis, il y avait autre chose. Quelque chose d’extrêmement troublant. Allez savoir pourquoi mais Basil lui faisait penser à un petit garçon dont elle s’occupait autrefois, alors qu’elle-même n’était qu’une enfant et qu’elle vivait encore à Londres. C’était un souvenir curieux étant donné que c’est un épisode de sa vie auquel elle n’avait pas songé depuis une éternité. A l’époque, Amy-Rose était déjà une grande amatrice de livres en tout genre et elle avait tenté de partager sa passion avec ce petit garçon pour le moins adorable. Le seul qui ne s’était jamais moqué d’elle, le seul qu’elle aurait adoré revoir. Il venait tout juste de lui revenir en mémoire. C’était un joli souvenir d’enfance, et dieu sait que les siens pouvaient se compter sur les doigts d’une seule main. Tout ce qui appartenait à cette époque était automatiquement refoulé dans un coin de son esprit où elle ne voulait jamais plus avoir accès. Malheureusement, à vouloir occulter le passé en permanence, elle avait fini par oublier ce petit garçon également. Chassant tout cela de son esprit, la jeune femme se concentra de nouveau sur les propos de Basil. Son sourire s’accentua légèrement quand elle déchiffra ses dernières paroles. Se redressant légèrement, elle lui tendit la main comme si elle le rencontrait pour la première fois.

    « Enchantée monsieur Lane. Je suis Amy-Rose Sullaway, critique littéraire mais avant tout, une fervente admiratrice. C’est un immense plaisir pour moi de faire votre connaissance. »

    Le regard pétillant d’Amy-Rose suffisait amplement à lui faire comprendre qu’elle avait déjà tiré un trait sur la dernière demie heure. Désormais, ils allaient tacher de laisser cette histoire de côté et pourquoi pas, apprendre véritablement à se connaitre afin que les préjugés puissent disparaitre, aussi bien d’un côté que de l’autre. Ainsi, il pourrait se rendre compte qu’elle n’était pas si terrible que certains pouvaient bien l’imaginer et de son côté, Amy-Rose aurait sans doute le plaisir de découvrir la véritable personnalité de Basil.

    « Et si nous sortions une petite minute pour prendre l’air ? Pour être honnête, je me sens assez mal à l’aise dans ce genre d’endroit, je n’aime pas vraiment l’agitation, je préfère quand c’est un peu plus calme. »

    Ce n’est pas de calme dont elle avait besoin, elle voulait juste se trouver dans un endroit où elle n’aurait pas à prendre le risque qu’une seconde personne lui adresse la parole. Suivre une conversation quand elle n’avait qu’un interlocuteur était facilement envisageable, à partir de deux, elle commençait à paniquer et à trois, c’était impensable. Elle n’y arrivait plus, se perdait dans le flot de paroles qu’elle devait déchiffrer et finalement, préférait s’éclipser avant que quelqu’un ne découvre qu’elle n’entendait pas. Amy-Rose avait envie de passer quelques minutes en compagnie de Basil afin qu’ils puissent se parler avec franchise et pour cela, il fallait qu’elle soit seule avec lui. Après s’être emparée de deux cocktails, elle tendit un verre à Basil à qui elle adressa un léger sourire avant de l’entraîner sur la terrasse.

    « Il me semble avoir lu quelque part que vous êtes anglais ? Cela nous fait au moins un point commun. Je suis née et j’ai passé toute mon enfance à Londres. Cela fait des années que je n’y suis pas retournée. Vous êtes originaire de quelle ville exactement ? »

    Ce n’était pas une manière détournée de faire la conversation. Amy-Rose était nostalgique de son pays natal. Depuis qu’elle avait quitté l’Angleterre, elle n’y avait plus jamais remis les pieds.
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Dim 9 Oct 2011 - 15:28

    Sans vouloir trop m'avancer, il me semblait que j'avais finalement réussi à m'extirper de ce gouffre sans fond dans lequel j'avais sauté la tête la première. Son souvenir resterait probablement encore longtemps associé à cette impression très désagréable d'avoir fait un choix stupide et inconsidéré, mais comme on dit le ridicule ne tue pas et je me sentais bel et bien vivant. On repasserait pour la fierté, mais je m'en remettrai. Amy-Rose en tout cas avait l'air d'accord pour passer à autre chose, et je lui en étais assez reconnaissant. A part m'excuser une nouvelle fois, je ne pouvais pas faire grand chose de plus. Je lui avait donné les raisons de mon acte, avait essayé de le justifier, mais après ça... Une chance qu'elle se soit avérée bien plus conciliante que ce que j'avais pu le croire avant cette soirée, et qui plus bien plus agréable. J'avais essayé d'imaginer quel genre de personne elle pouvait être en réalité, mais sans grand résultat. J'avais une idée du genre d'ouvrage qu'elle aimait lire ou pas, de ses auteurs préférés, mais pour le reste... Les magazines people ne faisaient pas vraiment partie de mes lectures habituelles, et de toute façon je n'étais pas sûr de l'y trouver. Et puis, je connaissais assez la qualité de leurs contenus pour ne pas m'y fier dans l'éventualité d'un article concernant quelqu'un de mon entourage. Ma mère en avait fait les frais plus d'une fois, et ne parlons pas d'Abbey qui avait une renommée plus internationale encore... Autant dire que cette rencontre avait un côté assez perturbant pour moi : je discutais avec quelqu'un que j'avais l'impression de connaître personnellement, et dont je ne savais en réalité rien du tout. Ne me restait plus qu'à éviter de faire un nouveau faux pas qui ruinerait une nouvelle fois tout entre nous. Puisque j'avais droit à une seconde chance, autant ne pas la gâcher.
    J’accueillis sa proposition de sortir avec un grand sourire, et pris le verre qu'elle me tendait en faisant attention à ne pas en renverser la moitié.

    Merci. Et je vais vous avouer que moi aussi, si je peux éviter de me retrouver au beau milieu d'une foule je le fais très volontiers !

    Se frayer un chemin jusqu'à la terrasse s'avéra plus facile que prévu, les gens ayant l'air ravi de nous voir nous éloigner des deux lieux de concentration par excellence, à savoir la scène et le buffet. Cette satisfaction était d'ailleurs réciproque et je me sentis revivre une fois arrivé à l'extérieur. Un rapide coup d'oeil me permis de voir que nous ne serions pas seuls, mais rien de comparable avec le cohue que nous avions quittée, et c'était l'essentiel.
    Quand Amy-Rose reprit la parole, je m'attendais à ce qu'elle rentre tout de suite dans la vif du sujet, mais ce fut tout le contraire. C'est ainsi que j'appris qu'elle était elle aussi originaire d'Angleterre, et de Londres plus exactement. A cette annonce, les dernières traces de mon malaise intérieur s'évanouirent. C'était là le pouvoir magique de ma tendre Albion : j'avais beau l'avoir quittée qu'elle continuait à avoir un effet réconfortant sur moi, comme si le seul fait de l'évoquer pouvait arranger tous les problèmes.

    De Londres aussi, Limehouse plus précisément. Je suis installé à Ocean Grove depuis cinq ans environ, mais j'y retourne assez régulièrement... Une fois ou deux par ans, même si maintenant ça risque d'être plus rare puisque ma mère est repartie vivre dans le Devon et que Londres n'est pas vraiment à côté...

    Je comprenais tout à fait les raisons qui avaient motivé ma mère à quitter la capitale, et même si elle y avait gardé son appart je devais bien admettre que ça serait maintenant plus compliqué pour aller y passer quelques jours. Il n'y aurait que la distance que l'on pourrait faire avec, mais vu la vitesse avec laquelle notre famille s'agrandissait et le relatif jeune âge de nos enfants, je me voyais mal partir pour pareille expédition dans l'immédiat. Et la réciproque était également valable pour ma mère, ce qui ne nous laissait pas beaucoup d'autre choix que de nous rabattre sur les mails pour palier au manque de communication et au décalage horaire.

    J'ignorais que vous étiez également anglaise, vous en avez d'ailleurs complètement perdu l'accent ! Le mien va et vient, il suffit que j'y passe quelques jours et je replonge...

    Un léger rire ponctua ma dernière phrase, qui était tout ce qu'il y avait de plus véridique. A chaque fois que j'y avais fait un séjour, il ne m'avait pas fallut plus d'une journée avant de reprendre de bonnes vieilles habitudes accentuelles dont je n'arrivais ensuite pas à me défaire. Ca ne me dérangeait pas de toute façon, du moment que l'on arrivait à me comprendre il n'y avais pas de quoi se plaindre, et puis Parfaite trouvait ça "adorable" selon ses propres dires, alors...
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Jeu 13 Oct 2011 - 22:26

    Limehouse … A son grand regret, Amy-Rose connaissait particulièrement bien cet endroit. Elle n’en gardait pas de bons souvenirs et pour rien au monde elle n’y remettrait les pieds un jour. C’est sans doute pour ça qu’elle n’était jamais retournée en Angleterre. Bien qu’elle soit parfois nostalgique de son pays, elle en gardait majoritairement de mauvais souvenirs. La mort de ses parents, l’orphelinat et les moqueries des autres enfants, sans parler des foyers d’accueil et de toutes ces familles ayant renoncé à l’adopter. Amy-Rose n’était heureuse que depuis quelques années. Depuis qu’elle s’était installée à Ocean Grove, qu’elle avait trouvé une certaine stabilité professionnelle et qu’elle pouvait se dire que son enfance était loin derrière elle. Elle ne comprenait pas pourquoi la plupart des gens regrettaient cette période de leur vie. Sortant de ses pensées, elle remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille et adressa un léger sourire à Basil.

    « J’imagine que tout doit être bien différent désormais. Au risque de vous surprendre, j’ai passé un certain temps à Limehouse également. Comme quoi, le monde est petit. A l’époque, je passais déjà mon temps à la bibliothèque, vous savez celle qui se trouve au nord de Shadwell ? En fait, je ne suis même pas certaine qu’elle existe encore. En tout cas, je pense que votre maman a fait un bon choix. Je n’ai jamais mis les pieds dans le Devon mais je crois savoir que c’est une région magnifique et surtout, bien loin de l’agitation londonienne. »

    Amy-Rose s’était souvent intéressée à ce comté. Elle savait que son père y avait passé toute son enfance et elle avait eu envie de découvrir cet endroit au travers de livres, de manuel de voyage et d’internet. Elle n’avait encore jamais eu le plaisir de s’y rendre en personne mais ce n’était qu’une question de temps. Déchiffrant la suite, elle esquissa un sourire nerveux. Le simple fait de penser au mot « accent » l’incitait à se poser bon nombre de questions. A quoi ressemble un accent exactement ? Elle s’était interrogée à de nombreuses reprises à ce sujet mais cela faisait partie des subtilités orales qu’elle ne pourrait jamais comprendre. Elle savait que cela correspondait à une façon particulière de prononcer ou d’articuler les mots en fonction de son pays ou de sa région d’origine mais rien de plus. En fait, elle était quasiment certaine de ne jamais avoir eu le moindre accent. Apprendre à parler « normalement » avait été pour elle un travail long et fastidieux. Maintenant qu’elle parvenait à duper son monde, elle espérait bien le faire avec excellence. Articuler n’est pas chose aisée quand on ne s’entend pas. Mine de rien, Amy-Rose devait toujours faire attention à la façon dont elle s’exprimait, elle ne voulait pas qu’on s’aperçoive de quoi que ce soit. C’était son obsession depuis sa plus tendre enfance. Voilà pourquoi étant petite, elle n’hésitait pas à passer des heures entières à lire à voix haute, demandant aux quelques rares personnes qui s’étaient occupées d’elle avec gentillesse de la corriger quand elle ne prononçait pas un mot correctement. Tout était question de placement des lèvres et de vibration dans la gorge. Parler était simple. Parler comme n’importe qui était bien plus compliqué qu’il n’y parait. Mais avec le temps et l’acharnement, elle avait fini par y arriver, si bien qu’avant l’âge de dix ans, elle s’exprimait comme n’importe quelle autre petite fille. Parfois, elle buttait sur la prononciation de mots qu’elle ne connaissait pas mais en dehors de ça, personne n’aurait pu déceler quoi que ce soit. Les propos de Basil la firent sourire avec sincérité. Elle voulait bien croire qu’il ne suffisait que de quelques jours pour reprendre de vieilles habitudes.

    « Oh et bien … j’imagine que c’est l’habitude de vivre aux Etats-Unis. En fait, quand je dis que je ne suis pas retournée en Angleterre depuis longtemps, je veux vraiment dire depuis TRES longtemps. Je devais avoir douze ou treize ans quand je suis partie. »

    Peut-être un tout petit peu plus mais elle n’en était pas certaine. Ah fichue manie de vouloir tout oublier !!! Perplexe, elle porta son verre à ses lèvres et en bu une gorgée. En fait, elle n’était pas totalement certaine d’avoir envie d’aborder le sujet Londres pour l’instant. Quoi que … Basil lui faisait toujours penser à ce charmant petit garçon qu’elle avait autrefois connu. Elle laissa échapper un petit rire amusé. C’était ridicule de lui parler de tout ça.

    « Vous allez trouver ça ridicule mais vous me faites vraiment penser à un enfant que j’ai connu à Londres. J’étais petite à l’époque mais pour une raison qui m’échappe, cette rencontre m’a réellement marquée. C’est … votre regard, votre façon de sourire. Vous lui ressemblez Le charme à l’anglaise sans doute !! »

    Elle souria de plus belle et se condamna intérieurement d’avoir raconté tout ça. Elle n’était pas en train de lui faire le coup du « on s’est déjà rencontrés par le passé » car ce serait totalement absurde et le petit garçon auquel elle songeait était probablement plus jeune que Basil. Du moins, c’est ainsi qu’elle voyait la chose. Préférant occulter ce sujet de conversation pour l’instant, elle tâcha de retrouver une certaine contenance et reprit :

    « Bien hum… vous voulez qu’on parle de votre roman ? J’aimerais savoir ce qui vous a le plus dérangé dans ma critique. Peut-être que je n’ai pas bien saisi un élément ou la psychologie des personnages ou que sais-je encore !! Dites-moi. »
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Message(#) Sujet: Re: Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose Dim 23 Oct 2011 - 11:28

    Mon verre toujours en main, je me décidai enfin à en goûter le contenu. Ce n'était pas très poli de le faire alors que j'étais en pleine discussion avec Amy-Rose, mais j'avais la gorge sèche et ne rêvais à rien d'autre qu'une petite gorgée. C'était toujours pareil quand je me mettais à paniquer, je cherchais à me tirer d'affaire, inventais toutes les excuses possibles et imaginables et m'en sortais avec cette impression de ne pas avoir bu depuis des jours. Le seul fait de tremper mes lèvres dans ce cocktail atténua cette sensation, et je me sentis quasi instantanément revigoré. Je n'avais pas perdu un mot de ce que mon interlocutrice m'avait dit , toujours très intéressé lorsque l'on venait à parler d'Angleterre, et je l'étais d'autant plus qu'elle connaissait et avait elle aussi vécu à Limehouse. La plupart des gens n'en avaient jamais entendu parler et se contentaient de retenir que je venais de Londres, et je n'étais même pas sûr que tous sachent situer cette ville sur un plan. En même temps je ne pouvais pas trop leur en vouloir, ayant encore un mal fou à me repérer entre les différents états américains. La Floride c'était facile, les états du sud et de l'est aussi, mais pour le reste j'en étais encore à confondre l'Utah et le Kansas, l'Ohio, l'Indiana et l'Illinois. Parfaite s'amusait beaucoup lorsqu'elle me voyait écarquiller les yeux devant la télé avant de dire cette phrase quasi rituelle de "Je savais pas que c'était là ça...". Niveau géographie, j'étais un citoyen américain minable. Une chance que j'aie fait le choix de la double-nationalité, au moins je pouvais toujours me raccrocher à une branche en cas de problème. Encore qu'il me faudrait m'y mettre un jour, ne serait-ce que pour le moment où nos enfants seront à l'école et auront besoin de les apprendre....

    Au nord de Shadwell...? Euh aucune idée, je n'ai pas du y remettre les pieds depuis l'âge de six ou sept ans, peut être huit. J'adore lire, mais je n'ai jamais vraiment pris l'habitude d'aller en bibliothèque, à part celle de la fac, et encore... Et le Devon est effectivement une région magnifique. J'y allais quand j'étais petit et c'était le meilleur moment de mes vacances, j'avais l'impression d'y être à ma place.

    Faire des confessions sur mon enfance ne faisait pas vraiment partie des choses que je m'étais attendu à dire durant cette soirée, mais c'était sorti tout seul. Et c'était absolument vrai, ces quelques semaines que je passais à Teignmouth comptais toujours parmi mes préférées de l'année. Il y avait bien ma grand-mère à supporter par moment, mais quand elle faisait autre chose que critiquer le mode de vie de ma mère elle était une vraie mamie gâteau. Autant dire que je n'avais rien compris quand elle avait subitement décidé de ne plus nous voir, les histoire d'adultes m'échappant du haut de mes cinq ans... Aujourd'hui je comprenais un peu mieux, et l'image du Devon de mon enfance se mêlait désormais avec celui actuel, où ma mère était en train de refaire sa vie. Et en parlant d'accent, si elle y vivait depuis près de six mois, elle ne s'était toujours pas débarrassée du sien qui lui collait plus à la peau que les deux décennies et demi passées à Londres. Mais peut être qu'un jour, comme Amy-Rose...
    Je n'avais aucune idée de l'âge de mon interlocutrice, lui donnant entre 25 et 30 ans sans pouvoir nier qu'elle ait un peu plus ou un peu moins. Effectivement, si elle n'était pas retournée en Angleterre depuis l'adolescence, ça commençait à faire long. J'étais un peu curieux de savoir ce qui l'avait poussée à quitter le pays sans jamais y revenir, mais n'osai pas poser la question ; c'était trop tôt pour aborder ce genre de discussion si personnelle, j'en étais certain, et pourtant elle se lança la tête la première dans le jeu des confessions. Ah bon, je lui rappelais quelqu'un qu'elle connaissait ? C'était amusant. Sa dernière phrase m'arracha un sourire gêné, autant à cause du compliment que de sa portée. Ma première pensée fut d'imaginer la réaction de Parfaite si elle avait entendu Amy-Rose, ma femme ayant tendance à dramatiser le moindre petit détail, et plus encore quand la jalousie s'y mêlait. Mais ce n'était probablement qu'une remarque innocente et passai dessus sans m'y attarder, partageant le rire de mon interlocutrice.

    On sous-estime souvent le pouvoir du charme à l'anglaise, ravi de savoir que vous ne faites pas partie des sceptiques !

    Je ris tout seul de ma remarque, ne faisait pas partie de ceux qui s'énorgueillaient d'une quelconque supériorité anglaise. J'aimais mon pays, bien sûr, mais je n'allais pas partir en croisade contre le reste du monde pour les obliger à l'aimer aussi. Quant à ce petit garçon qu'elle avait connu, allez savoir ce qu'il était devenu. J'étais flatté qu'elle m'associe à un souvenir important de son enfance, mais ça ne me venait même pas à l'esprit qu'il pouvait s'agir de moi. Après tout, Londres était une grande ville, et Limehouse un lieu de passage. On y croisait tous les jours des centaines de personnes, pour la plupart des inconnues, et ce sans même y penser. Une chance d'ailleurs, sinon on deviendrait probablement dingue, moi le premier. Le seul fait de m'imaginer cerné par une foule m'arracha un frisson, et je repris une gorgée de cocktail pour masquer au mieux mon trouble. Et, cela tombait bien, Amy-Rose enchaîna au même moment, qui plus est sur un sujet que je maîtrisais plutôt bien : mon œuvre.

    Disons que, mon blog mis à part, c'est le texte le plus personnel que j'ai écrit, et je pense que ça a beaucoup joué sur la façon dont j'ai lu et reçu les critiques. Je comprends tout à fait que l'on n'aime pas ma façon d'écrire ou que ce soit le genre d'histoire qui ne plaise pas à certains, j'aurais même pensé que j'étais en train de rêver si je n'avais eu que des retours élogieux pour "The Ambersand" ou celui-là, mais là je me suis senti comme au centre de la curée . Bien sûr que mon personnage "phagocyte le roman" comme je l'ai lu chez je ne sais plus qui : Garrett est le narrateur et tout tourne autour de ce sentiment de perte qu'il ressent, et qui l'envahit jusqu'au point de non retour... On peut le trouver pathétique si l'on veut, mais je ne vois pas en quoi cet apitoiement sur lui même est gratuit, et c'est pourtant ce que vous avez été nombreux à écrire...

    J'avais parlé d'un seul trait, reprenant à peine mon souffle entre chaque phrase, ne laissait pas la possibilité à Amy-Rose de placer un seul mot. Mais c'était toujours pareil : quand je parlais de mes textes, on ne pouvait plus m'arrêter. J'avais tout de même conscience que je n'étais pas là pour ça : je n'avais pas à la convaincre de le lire puisqu'elle le connaissait déjà, et que l'on savait tous les deux de quoi on parlait. Autant aller à l'essentiel...
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Clowns to the left of me, jokers to the right, here I am | Amy-Rose

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