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 « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite)

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Message(#) Sujet: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite) Ven 8 Juil 2011 - 12:28


Cela devait bien arriver un jour, avec le train de vie qu’elle menait, à jouer dangereusement avec sa santé. Elle en assumerait les conséquences et puis elle poursuivrait sa vie, même avec un cancer du poumon ou un corps complètement paumé sans sa dose de drogue. Mais fallait-il vraiment que cela arrive aujourd’hui, par une si belle journée ? Avec la chance qu’elle avait, oui, il fallait que ça tombe maintenant, et en présence de ce petit ingrat, en plus ! Elle ne voulait pas apparaitre en situation de faiblesse. Elle ne voulait pas dépendre de quelqu’un, elle aurait préféré gérer sa douleur en solitaire, dans sa chambre ou dans un endroit à l’abri des regards. Mais la sensation était tellement désagréable et la nausée si forte qu’elle ne pouvait même pas tenter de dissimuler son malaise. Alors tant pis. Si Hareton devait trouver un nouveau prétexte pour l’accabler, autant que ce soit celui-là.
La douleur n’était pas étrangère à Maya. Mais elle était rarement physique et si elle était, c’était plutôt la résultante d’une souffrance psychologique qu’une réelle douleur. Chaque fois qu’elle pensait au trou béant laissé par son ainé, par exemple, elle avait la sensation que son cœur se ratatinait, se desséchait, se crevait tristement. L’angoisse, aussi, pouvait se révéler psychosomatique. Mais jamais un réel mal ne l’avait étreinte à ce point. Elle avait déjà été malade, bien sûr. Mais pas comme ça, pas avec une telle précision. Même sa démarche en était altérée, comme elle devait se tenir légèrement pliée pour avoir l’impression que son corps se calmait. Sa vue – ou était-ce un effet de la migraine qui lui tenaillait le crâne ? – se troubla et elle eut le vague sentiment qu’elle allait s’effondrer, perdre connaissance. Mais la sensation passa et elle poursuivit son chemin. Hareton la rattrapa et visiblement peu regardant sur l’état de la jeune femme, se lança dans l’une de ses diatribes dont lui seul avait le secret : « Tu sais, il n’y a rien à pardonner. C’était pas méchant ce que j’ai dit, c’est toi qui a été méchante avec des ‘areuh areuh’. » La main toujours cramponnée à son estomac, Maya lui jeta un regard blasé et peu amusé. Elle avait simplement été naturelle et si après son contact lui déplaisait tant, il n’avait qu’à le dire. Elle avait simplement l’habitude d’être plutôt tactile, démonstratrice dans ses gestes, plus que dans ses paroles et cela ne dérangeait généralement pas ses interlocuteurs. Mais tout le monde était différent, Hareton encore plus, aussi garda-t-elle pour elle la remarque acerbe qui lui traversa l’esprit. Elle avait de toute façon trop mal pour se lancer dans une conversation pour savoir qui avait tort et qui avait raison. « Je supporte pas qu’on me prenne pour un mignon petit nounours au cœur tendre. C’est pas le cas. » Comme si elle l’ignorait ? Elle n’aimait pas les gens trop gentils, transparents, sans aucune saveur. C’est justement son côté marginal et franc qui lui avait plu. Mais là encore, elle garda son argument pour elle. « Et le croire finira par te faire souffrir. » Un léger gloussement douloureux traversa le corps de Maya. Elle secoua la tête. Il avait peur qu’elle souffre ? Qu’il ne s’inquiète pas pour cela, elle n’était pas du genre à pleurer sur une amitié perdue. Elle ne cherchait pas à installer une relation durable. Elle voulait simplement passer un bon moment, poursuivre une existence dépourvue de conflits. Visiblement, il voyait beaucoup plus de choses dans cette rencontre qu’elle n’en accordait. « D’ailleurs, peut-être que c’est une punition du tout puissant, là. C’est pour ça que t’as mal ! ». Elle marmonna un « ferme-la ! » à peine audible et accéléra le pas, même si cela accentuait la gêne. Elle n’en pouvait plus de ses bavardages, elle n’était pas en état de les supporter pour l’instant.
« Après vous, madame. » La portière ouverte, le siège où elle pourrait se poser auraient dû être une perspective réjouissante mais la simple idée de devoir passer dix minutes dans le véhicule renforça son sentiment que le malaise n’allait pas se calmer de sitôt. Sans un regard pour le galant à deux sous, elle passa derrière la portière et se glissa dans l’habitacle. La portière claqua et Maya ferma les yeux quelques secondes. Qu’est-ce qu’elle avait fait pour mériter ça ? Elle n’avait pas encore bu aujourd’hui, ne gardait pas les séquelles d’une gueule de bois. Elle fumait trop, d’accord. Elle buvait exagérément, mais cela faisait des années que c’était comme ça. Et elle ne refusait pas un joint ou une pilule à l’occasion. Mais elle était jeune, elle avait un corps vigoureux, pourquoi fallait-il qu’il la trahisse maintenant ? « Tu préfères pas aller à l’hôpital, directement ? Je veux dire, si ça se trouve, c’est hyper grave ! » Maya tourna vers lui un regard agacé. Lui arrivait-il seulement de se taire ? « Et je m’en voudrais à mort si je te déposais chez toi et me barrais… Bon, ok, peut-être pas. Mais ça s’pourrait ! Et puis, je sais pas où t’habite, je crois que ça résout la question. » « T’inquiètes pas pour ta conscience » répliqua Maya sur un ton glacial qui était rare chez elle mais provoqué par l’impuissance que lui imposait son état. « Si j’en suis là, c’est ma faute, alors je préfères rentrer chez moi. J’ai envie de m’allonger. J’habite sur Lemon Street, au numéro 9643. » Maya ne prêta dès lors plus attention à la direction qu’il prenait et ferma les yeux en tâchant de faire abstraction de la nausée qui allait et venait en fonction des mouvements de la voiture ainsi que de la crampe qui lui tenaillait le ventre et qui était bien résolue à ne pas se calmer, malgré sa paume pressée contre le point douloureux. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant non pas le joli quartier où résidait Adriel mais la haute façade du Baptist Hospital. Maya contempla le bâtiment avec un regard où se mêlait un certain dégoût mais surtout une folle appréhension. Les hôpitaux n’avaient jamais été son fort, elle les redoutait depuis sa plus tendre enfance, tant elle y avait passé de mauvais moments lorsqu’elle était gamine. « Bon, je te laisse ou tu veux me trimballer avec toi comme un sac à main ? » Maya soupira et entrouvrit la portière. « Non, ça ira, je te décharge de ce fardeau. Et merci d’avoir écouté mes doléances, hein ? » railla-t-elle avant de s’extirper péniblement de la voiture. Elle détestait être d’une humeur aussi massacrante mais tous ces petits éléments mis ensemble la mettaient hors d’elle. Elle s’accorda un instant de répit en se laissant aller contre le véhicule puis après une brève inspiration, elle prit la direction des urgences, donnant deux petits coups sur le capot comme pour dire au conducteur « vas-y, tu peux y aller maintenant, va donc retrouver ta petite vie ». Elle gravit les quelques marches et entra dans cette bâtisse qu’elle avait déjà en horreur. Elle se dirigea vers un comptoir et s’y accouda, se penchant vers une petite demoiselle. « Que puis-je pour vous, mademoiselle ? » « Je ne me sens pas bien du tout » fut la seule réponse de Maya. « Qu’avez-vous ? Pouvez-vous me dire les symptômes ? » La pâleur cadavérique de Maya dut suffire à alerter l’infirmière qui se leva au moment où Maya se sentait partir. Ça y était, elle allait se vautrer lamentablement en pleine salle d’attente des urgences. Dieu qu’elle se haïssait à l’instant présent. Elle guetta le moment où elle allait heurter le sol carrelé et glacial. Mais au lieu de s’effondrer, elle sentit un bras ferme la retenir et le reste ne fut qu’un trou noir.

(…)

Combien de temps se passa-t-il entre le moment où elle perdit connaissance et celui où elle ouvrit doucement les yeux ? Elle n’en eut aucune idée. Elle soupira, se jura en elle-même que plus jamais elle ne toucherait à une substance toxique, tout en sachant qu’elle ne tiendrait pas parole, et elle jeta un coup d’œil circulaire et fut surprise de trouver un visage familier qu’elle n’attendait certainement pas dans cette pièce avec elle. « Eh bien, tu étais libéré de tes obligations, il me semble ? » dit-elle en haussant les sourcils avec un certain mépris. Elle avait beau ignorer ce qu’elle fichait là, elle n’en avait pas oublié son discours sur le fait qu’il n’était pas un nounours et qu’en gros, il n’était pas une âme charitable. N’empêche qu’il était quand même là et que de le voir rassura légèrement Maya.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite) Sam 9 Juil 2011 - 21:06

Il avait roulé en silence, se contentant de jeter quelques coups d’œil à sa passagère. Cela se voyait comme le nez au beau milieu de la figure qu’elle n’allait pas bien du tout. Et loin de prendre ce genre de signe à la légère, il n’avait pas pris la peine d’écouter ce qu’elle lui avait dit. S’il l’avait ramené chez elle, il n’était pas moins sûre de la retrouver vivante le lendemain. Et bien que l’on pouvait en douter par moment, Hareton n’allait certainement pas clamser un être humain. Surtout une demoiselle aussi sympathique. Certes, il avait toujours été du genre grognon et individualiste, mais il était humain aussi et laisser sa race survivre était un devoir qu’il prenait à cœur. Enfin, presque quoi. Il s’était alors arrêté devant l’hôpital et avait posé une question plus que fidèle à lui-même. Se le balader comme un sac humain était l’image la plus réaliste qu’il avait trouvé. Parce qu’il avait toujours eu horreur des hôpitaux et qu’il donc fallu le trainer jusque là. Avec une force que Maya ne possède plus, de toute évidence. Aussi, il soupira d’aise à l’entente de sa réponse. « Non, ça ira, je te décharge de ce fardeau. Et merci d’avoir écouté mes doléances, hein ? » Hareton avait alors haussé les épaules, un faux sourire innocent aux lèvres. Il était de notoriété qu’il était loin d’être la personne la plus fiable que l’on pouvait côtoyer. Il avait toujours fait les choses dans son propre intérêt et non pour satisfaire qui que ce soit. Elle ne l’avait, tout simplement, pas encore compris. Elle sortit alors du véhicule et tapota sur le capot par deux fois. Cependant, Hareton ne bougea pas. Il la regarda entrer dans la bâtisse et s’installa confortablement dans la voiture qu’il avait gentiment emprunter. Bien sûr, il aurait pu partir. La laisser en plan. Il avait fait sa bonne action de la journée, autant ne pas perdre plus de temps… Mais fidèle à lui-même et pur phénomène de contradiction, il n’allait pas se décharger de ce fardeau. Il avait bien l’intention de camper là jusqu’à la sortie de la demoiselle afin de savoir qu’elle était ses tourments. Il s’occupa comme il put la première demi-heure. Coup de téléphone pour blague en tout genre, et quelques tours de carrousel gratuit grâce aux ronds-points environnants. Mais la patience n’avait jamais été son fort ! Se garant alors dans le parking réservé à l’hôpital, Hareton ferma le véhicule à clé et se rendit en direction de l’entrée.

Alors qu’il marchait dans cet endroit stérile, le jeune ne put refreiner un frisson qui lui parcouru tout le corps. Il aurait tout donné pour se retrouver dans un tout autre endroit à cet instant. Ici, un rien lui semblait morbide ou faux. Les voix qu’il entendait était toute d’une monotonie étouffante qu’il n’était pas capable de gérer. Alors qu’il marchait tranquillement, des gens mourraient dans les chambres alentours et cela le gênait. Il aurait bien fait un malaise lui aussi, si seulement il n’avait pas eu aussi peur de finir cloitrer dans un lit que mille autres personnes avaient eu le loisir de frôler. « Excusez-moi, je cherche quelqu’un vous pourriez m’aider ? » Hareton s’était approché du comptoir d’accueil et avec une politesse qu’on ne lui connaissait pas, il avait posé sa question. Il avait bien sûr scruté les alentours avant de poser la question. S’il avait pu l’éviter, il ne se serait pas gêner. Mais aucune Maya à l’horizon. « Que puis-je faire pour vous ? » Le jeune homme sourit timidement et chercha un moment les mots qu’il pourrait utiliser pour décrire Maya au mieux. « Une jeune femme, brune aux cheveux courts. Elle a un air un peu baba cool comme ça. » La jeune femme le dévisagea un instant. Est-ce que ce fout connaissait véritablement la patiente ? Et qui était-il pour pouvoir prétendre la voir ? « Je vois de qui vous voulez parler, vous êtes de la famille ? » Hareton soupira. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’il soit de la famille ou non ? Il était le seul présent ! On oblige pas des personnes malades à rester seul sous prétexte que ceux l’accompagnant ne font pas partie de la famille. « Non. Je suis un… Ami. Et je vous prie de ne pas me faire la scène typique et débile du : vous ne pouvez pas la voir. Je l’ai amené ici et je sais que son état n’était pas des plus folichons ! Alors vous bougez votre cul de petite dinde et vous m’amenez voir Maya. C’est assez clair ou vous voulez des dessins ? » Le petit cul de dingue le scruta sévèrement mais n’essaya même pas de répondre quoi que ce soit. Elle voyait tellement de gens tous les jours qu’elle devait se douter de qui il fallait emmerder et qui il fallait laisser passer sans question. Hareton était de ces gens bien trop chiants pour dire de vouloir s’y opposer. Un rien avait suffit à lui faire comprendre.

La jeune femme l’emmena jusqu’à la chambre de Maya où Hareton constata l’état sévère dans lequel la demoiselle se trouvait. Blanche comme un linge, elle reposait sur ce lit qu’il avait tant en horreur. Il se tourna vers celle qui l’avait amené et s’apprêtait à lui demander ce qu’elle avait. D’une voix tranchante avant même qu’il n’ait eu le temps de demander quoi que ce soit, elle répondit à sa question silencieuse : « Vous lui demanderez à son réveil. » Sympa ! Le voilà qui était obligé d’attendre avec un sentiment horrible d’incompréhension et surtout d’inutilité. La jeune femme quitta la pièce et Hareton s’installa sur le siège avoisinant le lit sur lequel son… amie – il avait toujours du mal avec ce terme – reposait. Ce ne fut qu’au bout d’une attente insupportable que la belle ouvrit les yeux. Sans baiser, je vous le jure. « Eh bien, tu étais libéré de tes obligations, il me semble ? » Un sourire amusé s’imposa sur les lèvres d’Hareton alors qu’il haussa les épaules. Et avec simplicité il répondit un : « Justement. » qui voulait tout dire dans sa bouche. C’est parce qu’elle lui avait demandé de partir qu’il était resté et qu’il l’avait rejoint. Hareton faisait toujours le contraire de ce qu’on lui disait, elle avait pu s’en rendre compte, alors à quoi s’attendait-elle ? Puis, dans un murmure il posa les questions qui lui encombraient l’esprit. « Et c’est quoi ton problème ? Cul de dinde à pas voulu me dire, je suis dans une totale ignorance. Et n’étant pas des plus fins, j’ai pas compris ce que tu pouvais avoir. Une explication, peut-être ? A moins que toi aussi tu l’ignores, et là, on est dans la merde ! Quoi qu’elle sera certainement plus cordiale avec toi. Je crois qu’elle t’aime bien. Une chance hein ! Elle fera attention en te piquant le derrière. » Il était, serait et resterait Hareton Blitswick. Peu importe la situation, visiblement.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite) Ven 15 Juil 2011 - 14:00

Peu à peu, les choses lui revinrent. La façon dont elle avait senti ses jambes se dérober sous elle, la sensation de chute vertigineuse qui l’avait prise avant d’être recueillie par deux bras vigoureux. Son absence n’avait duré qu’une poignée de secondes mais elle avait été suffisante pour qu’elle se demande ce qu’il se passait. Elle avait levé les yeux et croisé le charmant sourire d’un médecin. « C’était moins une, hein ? » avait-il déclaré en la supportant le temps qu’elle retrouve une stature un temps soit peu stable. « Vous vous sentez en état de marcher ? » « Je crois… » Elle n’avait pas écouté la suite parce qu’il s’adressait à une infirmière. Elle s’était contentée de suivre son pas. Où qu’elle regarde, sa vue était brouillée, comme si elle regardait le monde depuis une pièce aux vitres sales ou déformées. Elle avait l’impression qu’elle regardait une dimension déformée de la réalité. La nausée était revenue en force, lui donnant des haut-le-cœur. Elle avait hoché la tête quand le médecin lui avait dit avec sollicitude que ce n’était que l’affaire de quelques pas et qu’elle pourrait s’asseoir. Il n’avait pas menti car elle avait bientôt senti les draps lisses d’un lit sous ses doigts, elle s’était installée avec prudence, comme si le moindre geste brusque risquait de provoquer des vomissements et avait soupiré. « Buvez ceci. » Le gobelet contenait un médicament au goût infect mais Maya l’absorba tout de même sans se plaindre. Elle était prête à avaler n’importe quoi si cela lui permettait d’être débarrassée de ce malaise. « Allongez-vous, maintenant. » Le médecin urgentiste l’aida à se coucher et il entreprit de l’examiner, lui posant de temps à autres des questions auxquelles elle répondait les yeux clos. Il était un peu brusque mais efficace. « Je vais vous faire une prise de sang. » Maya n’avait jamais particulièrement aimé les piqûres mais à cet instant, elle aurait accepté n’importe quel mauvais traitement. Il palpa ensuite son ventre et Maya ouvrit les yeux. Elle fixa d’abord le plafond puis détourna le regard pour le fondre dans celui du médecin qui la regardait d’un air équivoque. « Est-ce que vous avez bu, dernièrement ? Ou consommé quelque chose d’illicite ? » Maya émit un rire qui sonnait faux et répondit, sarcastique : « Si je devais vous faire un topo de ce que je consomme généralement… » Il haussa les sourcils, mais pas de surprise, plutôt d'un air consterné. « Dans votre état ? » Maya se rembrunit. Cette question pouvait faire redouter le pire. Mais au fond, elle savait parfaitement après quoi il en avait. Elle n’avait ni cancer, ni autre maladie incurable. Sa consommation de drogue n’était en aucun cas médicale. « Qu’est-ce que j’ai ? » demanda-t-elle dans un souffle, même si elle connaissait la réponse, et il le savait parfaitement. « A quand remontent vos— ? » « Oh, pitié ! » l’interrompit-elle en plaquant ses paumes moites contre son visage, dissimulant son nez et ses yeux. Un silence suivit et Maya entendit le médecin constater : « Vous avez saigné. » Interloquée, la jeune femme se redressa sur les coudes. « Ça veut dire qu’il est parti ? » Il y avait presque une note d’espoir dans sa voix, ce qui n’arrangea pas la mine grave de son sauveur. « Non, il est costaud, il est resté bien accroché. Mais je ne pense pas qu’il survivra à un autre malaise. Si vous continuez sur cette voie, c’est la fausse couche assurée. Désirez-vous que je vous apporte de la documentation sur les centres de désintoxication de Miami ? » Maya grimaça et soupira. Elle se sentait vannée, vidée de toute énergie comme jamais cela ne lui était arrivé jusqu’à aujourd’hui. Ce qu’elle craignait, pressentait était bien réel et maintenant, elle pouvait difficilement agir comme si de rien n’était. « Vous allez me donner quelque chose contre la douleur ? » « Je vais vous donner un antidouleur et je vais vous demander de rester ici cette nuit. Vous avez besoin d’être sérieusement suivie. » Un nouveau soupir émana de la jeune femme et le médecin quitta la pièce en lui indiquant qu’une infirmière allait venir changer les draps.


« Justement. » Maya regarda Hareton d’un air suspicieux. Elle renonça rapidement à comprendre ce qu’il sous-entendait. « Et c’est quoi ton problème ? Cul de dinde a pas voulu me dire, je suis dans une totale ignorance. Et n’étant pas des plus fins, j’ai pas compris ce que tu pouvais avoir. Une explication, peut-être ? A moins que toi aussi, tu l’ignores, et là, on est dans la merde ! Quoiqu’elle sera certainement plus cordiale avec toi. Je crois qu’elle t’aime bien. Une chance, hein ! Elle fera attention en te piquant le derrière ! » Maya l’observa un instant puis haussa les épaules. « Rien de grave. Mais je vais devoir rester ici pour la nuit. » Elle n’avait pas envie qu’il reste, qu’il découvre combien elle pouvait être irresponsable quand elle le voulait. Non pas que l’opinion du jeune homme lui fasse quoi que ce soit. Mais elle avait envie d’être seule, de réfléchir. Etrangement, cela ne se voyait pas trop. Ce soit disant petit être costaud était bien dissimulé sous une couche de peau. Elle avait l’air d’avoir pris du poids, d’accord, mais pour le reste, elle faisait partie de ces femmes chez qui la grossesse n’était visiblement pas évidente puisque personne jusqu’ici n’avait remarqué quoi que ce soit et qu’elle avait réussi à se leurrer elle-même en se convainquant que tous ces symptômes étaient dus à sa consommation de drogue. Belle erreur, visiblement ! Elle se glissa en bas du lit et se dirigea vers la fenêtre. La douleur s’était envolée mais elle sentait bien que son corps était encore en état de choc, qu’il repoussait le malaise et que le fœtus cherchait à se maintenir comme il pouvait, tenant déjà à la vie. Mais quelle vie ? eut-elle envie de dire. Elle ne voulait pas offrir une existence aussi instable que celle qu’elle avait vécue. Elle ouvrit la fenêtre et une brise fouetta son visage. C’est le moment que choisit également le docteur pour revenir. « Déjà debout ? » s’étonna-t-il. Maya se retourna et vit qu’il découvrait également la présence d’Hareton qu’il jaugea, les sourcils en accent circonflexe. Maya n’eut aucun mal à déchiffrer la mine du médecin : une droguée qui frise la fausse couche, un petit ami aux airs de sauvageons, une belle équipe d’inconscients pour faire un bébé. Elle n’eut pas le temps d’intervenir pour rectifier la vérité, l’urgentiste s’était déjà exclamé : « Vous êtes le père ? »
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite) Sam 16 Juil 2011 - 15:16

Les hôpitaux, il n’y avait vraiment rien de plus horrible. C’était l’exact reflet de ce qu’Hareton refusait d’accepter dans la société actuel. Tous ses gens qui crevaient pour rien et qui, en plus, devait payer pour mourir aussi mal accompagné. Mais ce qui pouvait l’agacer davantage encore, c’était de s’y retrouver sans savoir pourquoi. Il n’y était pas sans raison et si la charmante demoiselle qui gardait l’accueil n’avait pas voulu lui fournir des informations, il espérait bien en soutirer quelques unes à Maya. Après tout, il s’était montré très attentif avec elle ! Il l’avait gentiment déposé ici et alors qu’elle lui avait demandé de regagné son domicile, il avait bâti logis ici même, dans sa chambre d’hôpital. Il était restait assis à côté d’elle jusqu’à ce qu’elle se réveille. Il avait enduré cette odeur de désinfectant pendant trop longtemps pour accepte un silence de se part. Il espérait donc qu’elle ne le ferait pas autant chier que le cul de dingue et qu’elle lui dirait rapidement ce qu’elle avait. C’était bien connu qu’Hareton Blitswick n’était pas le plus patient des hommes, c’était même tout le contraire. « Rien de grave. Mais je vais devoir rester ici pour la nuit. » Hareton soupira, exaspéré qu’on lui parle de cette façon. Il n’allait certainement pas rester ici les bras croisés à attendre que madame daigne lui dire ce qu’il pouvait bien se passer ! Il a d’ailleurs prendre le soin de lui faire remarque mais le fait qu’elle quitte son lit pour se diriger vers la fenêtre le laissa quelque peu interdit et il referma la bouche. Il avait l’impression qu’elle était à des années lumières de lui et que quoiqu’il dise, elle ne l’entendrait même pas. Il garda alors le silence, se contentant de l’observer. Et alors que l’impatience commençait rapidement à le gagner, le médecin entra dans la pièce. « Déjà debout ? » Hareton se redressa rapidement et offrit au médecin le sourire le plus sympathique qu’il put. Mais son aversion pour le corps médical était si grande qu’on eut dit une belle grimace. D’ailleurs, le regard qu’il porta sur lui ne l’aidait pas à se sentir à l’aise. C’était quoi cet air pincé ? Pour qui se prenait-il avec ses grands airs ? Ce n’est pas parce qu’il avait un diplôme plus imposant que le sien qu’il était en droit de se prendre pour Brad Pitt ! « Vous êtes le père ? » Hareton arqua un sourcil et émit un rictus profondément désabusé. Il se foutait de sa gueule là ? Franchement, il était loin d’accepter des blagues aussi débiles que celle que le médecin voulait lui faire. Et sans avoir véritablement compris les sens de ces paroles, il répondit du tact au tac : « Pour quelqu’un qui a passé sa vie à faire des études, vous n’êtes pas des plus malins. J’ai l’ai d’être son père ? Je suis un peu jeune, vous croyez pas ? » Un rire dédaigneux lui échappa d’ailleurs alors qu’il posa son regard sur Maya en répétant : « Si je suis le père, non mais je te… » A cet instant précis, il se figea sur place. À répéter ces mots, il comprenait enfin leur véritable sens et bien qu’il aurait préféré ne pas le comprendre, Hareton s’en trouva soudain très mal à l’aise. Son regard perdu glissa de Maya au médecin, du médecin à Maya, puis finalement, il regarda ses bottines toutes poisseuses avec une envie évidente de prendre ses jambes à son cou.

Vous êtes le père ? Quelle était donc cette question horrible de sous entendus ! Plus il se la répétait et plus la doute lui tournait. Inconsciemment, il retourna s’asseoir dans le fauteuil près du lit et posa son front entre ses mains ouvertes, serrant les cheveux qui lui retombait dans les yeux. Sa voix s’éleva un instant dans le silence : « Rien de grave ? Et t’es enceinte, bordel ! » Il n’en revenait pas de s’être fait flouée de la sorte. Si ça se trouve, elle le savait depuis longtemps et c’était pour cette raison qu’elle n’avait pas voulu qu’il l’accompagne ici et qu’il reste. Un instant, il se demanda s’il pouvait être la cause de se désastre. Se pouvait-il qu’il l’ait engrossé rien qu’en tirant son coup une fois, sur une plage ? Non, non, non. Ce n’était pas possible. « Non, non, non, non, non… » Il fredonnait ça plus pour lui-même que pour le médecin et la jeune femme lui-même. Son air complètement désemparé devait faire de la peine à ce foutu médecin qui devait le prendre pour un inconscient. Ça se voit bien trop à sa dégaine qu’il était loin d’être prêt pour avoir un marmot. « Alors, est-ce lui le père ? » La question était adressé à Maya car même si c’était la malade de l’histoire, elle semblait bien plus en forme qu’Hareton à ce moment précis. Lui qui gardait obstinément sa tête entre ses mains et qui refusait d’écouter cette conversation qui le dépassait de beaucoup. Tout cela ne le concernait pas, mais qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre ici ? Il avait vu cette fille deux fois et voilà que maintenant, on l’accusait (c’était exactement ce que ça représentait pour lui, une accusation) d’être le malchanceux de père du truc qu’elle avait dans le ventre. « T’as un putain de polichinelle dans le tiroir ? J’y suis pour rien, hein ? » Il avait redressé le regard et avait porté son attention sur Maya. La mine déconfite, les yeux gonflés de trouille et un estomac noué comme jamais. Il ne pouvait pas avoir mis une fille en cloque. Et puis, de toute façon, vu comme il l’avait eue il ne doutait pas que c’était le genre de nana à se faire cinq mecs à la semaine. Du moins, il se surprit à l’espérer. « DOCTEUR ! Je vous jure que j’y suis pour rien ! JE LA CONNAIS PAS ! » Il avait l’air légèrement pathétique avec son air perdu et cette sensation étrange d’être ce qu’il n’avait pas envie d’être. Mais dans le fond, il savait que ça ne pouvait pas être lui. Ca n’avait aucun sens. Non, vraiment.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite) Dim 31 Juil 2011 - 20:12

En d’autres circonstances, Maya aurait peut-être ri en voyant la réaction d’Hareton. Mais pas aujourd’hui. Pas quand elle avait tenté de nier la réalité et que celle-ci lui avait explosé en plein visage. Elle aurait voulu qu’Adriel soit là. Elle aurait même voulu que Knox soit présent, même si c’était idiot. Elle lui en voulait toujours, et c’était probablement la raison qui faisait qu’elle était encore plus bouleversée d’être confrontée à la vérité qu’elle avait tant cherché à enterrer. Elle aurait voulu quelqu’un de fort et, surtout, quelqu’un de sérieux. Hareton n’avait pas les épaules assez solides, visiblement, pour qu’elle puisse se lâcher, ne fût-ce que quelques minutes. Aussi, en entendant la réplique du jeune homme, Maya leva les yeux au ciel, irritée, en plus d’être lasse. Le médecin capta sa réaction mais ne dit rien alors qu’elle se détournait des deux hommes pour retourner près de la fenêtre et observer la vie qui poursuivait son petit bonhomme de chemin pendant qu’un mélodrame digne d’une sitcom se produisait dans cette chambre immaculée. Posant les paumes sur la vitre, elle appuya le front contre le carreau et soupira. Elle aurait donné tout ce qu’elle possédait pour échanger sa vie avec celle de n’importe quel passant. Elle les observa un à un, se demandant s’il pouvait y avoir quelque chose de pire dans leur existence que le moment qu’elle vivait là, seule et désemparée, ne sachant pas elle-même comment réagir à la nouvelle. Elle aurait donc pu éprouver un peu de compassion pour Hareton qui n’avait rien demandé, qui n’avait rien fait pour mériter de se trouver au centre de son existence chaotique. Mais au moins il verrait qu’elle était aussi paumée qu’une autre, sauf qu’elle le cachait mieux que certains. Elle se droguait, fumait, buvait, menait un train de vie décousu et squattait chez son meilleur ami. A vingt-huit ans, elle savait qu’on s’attendait à mieux d’elle. Mais qui avait été là pour lui montrer la voie quand tout allait mal ? Pas sa famille, qui l’avait désertée. Pas son frère, qui était décédé. On l’avait laissée dériver et il n’était donc pas étonnant qu’elle en soit là maintenant. Elle était blasée, amorphe, n’ayant même plus l’énergie de faire taire son jeune modèle. Elle ferma les yeux en entendant le ton d’Hareton déchanter. Elle n’était pas fière de cette scène mais coincée comme l’était, elle pouvait difficilement y échapper. « Rien de grave ? Et t’es enceinte, bordel ! » Elle serra les dents, puis ses doigts se replièrent pour former des poings et elle repoussa la vitre pour s’en écarter. Elle tourna lentement son attention vers les deux hommes qui attendaient visiblement le dénouement de cette intrigue. Et rapidement, qui plus est. « Ce n’est pas une maladie, je te signale. Je ne suis pas en danger de mort, à ce que je sache » rétorqua-t-elle, mauvaise joueuse. Il reprit sa litanie, répétant sans arrêt la même syllabe et elle eut l’envie soudaine d’attraper un oreiller pour l’assommer. Ou mieux, pour l’étouffer, tiens, afin de ne plus entendre ses gémissements plaintifs. De quoi se plaignait-il ? Ce n’était pas lui qui allait devoir souffrir le martyre pour expulser cet être non désiré. « Alors, est-ce lui le père ? » Le premier réflexe de Maya aurait été de dire « Sérieusement ? Vous voyez ce gamin père ? » Puis elle se rappela l’âge qu’avait le véritable père et elle ne parvint pas à dire quoi que ce soit. De toute façon, Hareton était parti, il n’avait pas besoin qu’elle réponde pour laisser éclater sa terreur alors qu’il s’exclamait « J’y suis pour rien, hein ? » Il lui faisait presque pitié mais elle perdait patience. Il ne savait décidément pas tenir sa langue quand c’était nécessaire et il le prouva une fois de plus : « DOCTEUR ! Je vous jure que j’y suis pour rien ! JE LA CONNAIS PAS ! » Incrédule, le médecin chercha une réponse chez Maya mais elle ne le regardait pas, elle caressait le dessus de lit du bout des doigts, en proie à une rêverie, du moins c’est ce qu’on aurait pu penser. Mais quand elle leva les yeux, son regard était clair, sérieux et surtout, terriblement cruel : « Oh, il ne me connait pas, c’est sûr, mais il a quand même trouvé son chemin jusque dans ma culotte, hein ? Il fait l’innocent mais il est pas si con que ça, le petit ! Il m’a bien baisée, ça je peux vous l’affirmer. » C’en était visiblement trop pour ce pauvre docteur car il déclara : « Je vais vous laisser discuter tranquillement, je reviendrai vous voir plus tard. » Maya était prête à parier qu’il enverrait un interne ou une autre victime s’occuper du couple de tarés qui se trouvait dans la chambre des urgences. Mais elle s’en contrefichait. Dès que l’homme en blouse blanche eut quitté la pièce, elle tourna un regard enflammé vers Hareton : « Eh bien quoi, Robinson, t’es pas heureux ? Tu vas pouvoir montrer à un gamin c’est quoi le vrai sens de la vie : amadouer n’importe qui pour des coupons de bouffe ! La grande classe ! » Ah, Maya Mazzello était en colère mais pas après Hareton. C’était elle-même qu’elle maudissait mais elle ne trouvait d’autre moyen pour évacuer sa rancœur et sa crainte de l’avenir qu’en s’en prenant à un garçon assez malchanceux que pour se retrouver avec elle au mauvais endroit, au mauvais moment. Il ne faisait nul doute que si ç’avait été Adriel qui était avec elle, les choses auraient été plus simples. Plus pragmatique, son meilleur ami aurait su poser les bonnes questions. Mais Adriel ne se doutait pas une seule seconde du pétrin dans lequel Maya se trouvait pas sa faute alors elle devrait faire avec. Furieuse, elle tourna les talons, ignorant le pleurnicheur pour aller fouiller fébrilement dans son sac. Elle extirpa finalement un paquet de cigarettes et le retourna sur la table. Malheureusement, elle avait consommé sa dernière clope près de la fontaine. Le paquet vide fut broyé dans la poigne de Maya qui le laissa tomber sur la table et elle se pencha en avant, les paumes appuyées sur la table, la tête basse, le menton reposant contre le haut de sa poitrine. Elle était lasse. Pourquoi ne pouvait-elle pas faire machine arrière ?
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite) Mar 2 Aoû 2011 - 22:57

« Ce n’est pas une maladie, je te signale. Je ne suis pas en danger de mort, à ce que je sache » En danger de mort, peut-être pas. Mais une maladie… SI ! Un enfant, c’était pire que tout aux yeux d’Hareton. Une sorte de maladie infectieuse qui s’accroche à chaque parcelle de votre être pour vous mener plus bas que terre. Un monstre vous dévorant la carcasse tout en vous déformant. Une sorte de virus tout droit venu d’un autre monde avec pour unique but de vous pourrir la vie. Couches, cris, biberons, énervements, stresse, tétines, lait, hurlements, nuits blanches… Si ce n’était pas une maladie, c’était bien pire que cela. Un fléau. Hareton se gratta la barbe tout en marmonnant un inaudible grognement. Il aurait bien voulu lui dire que ce n’était pas cool de sa part de jouer à ça avec lui. Elle aurait du lui dire dès le début qu’elle était enceinte. Franchement, il aurait vite fait bien fait de renier l’invitation et de se barricader dans les quatre murs de sa chambre. Un peu naïf, sans doute, il avait la prétention de croire qu’il pouvait avoir des spermatozoïdes surpuissants capable de féconder dès la première pénétration. Naïveté ou égocentrisme mal placé, honnêtement, il s’en moquait de trouver la réponse. Il savait juste que la situation l’accablait particulièrement et qu’il aurait donné n’importe quoi pour fuir au plus vite. Et voilà que le médecin répétait son horrible question. BIEN SÛR QUE NON, CE N’ÉTAIT PAS LE PÈRE ! Il croyait encore au père Noël, ce type, ou quoi ? Hareton misait sur le fait qu’il avait trouvé son diplôme dans une pochette surprise. Il ne fallait pas être une lumière pour comprendre qu’il était loin de faire le père idéal. D’accord, il travaillait avec des enfants et tout le tralala mais… Un bébé, ça dépassait largement ses compétences et il s’assura que le médecin n’en doute pas en criant bien fort ne pas connaître la demoiselle. Mensonge bien sûr et il du s’avouer qu’il n’avait pas volé la réplique qu’elle lui affligea. « Oh, il ne me connait pas, c’est sûr, mais il a quand même trouvé son chemin jusque dans ma culotte, hein ? Il fait l’innocent mais il est pas si con que ça, le petit ! Il m’a bien baisée, ça je peux vous l’affirmer. » Hareton ouvra la bouche, béat devant cette attitude qu’il jugeait vraiment exaspérante et surtout, disproportionner. Il aurait d’ailleurs pris un malin plaisir à lui faire remarquer si le médecin ne l’avait pas interrompu avant cela. « Je vais vous laisser discuter tranquillement, je reviendrai vous voir plus tard. » Plus tard ? Hareton pensa à supplier le médecin de rester avec lui. Il avait un tout petit peu peur d’une confrontation avec Maya. Qu’allait-elle encore trouvé de désobligeant à lui dire ? Parce que oui, voyez-vous, avec son égoïsme légendaire il ne lui vint pas une seconde à l’esprit qu’elle pouvait être chamboulée par cette nouvelle. Dans le fond, c’était quand même elle qui s’était fait engrossé. C’était quand même elle qui avait le mauvais rôle à jouer. Lui n’était qu’un simple spectateur. Et pourtant, il trouvait cela trop. Beaucoup trop pour son pauvre petit cœur à la dérive. Que faire ? Que dire ? Il se sentait tout bonnement perdu ! « Eh bien quoi, Robinson, t’es pas heureux ? Tu vas pouvoir montrer à un gamin c’est quoi le vrai sens de la vie : amadouer n’importe qui pour des coupons de bouffe ! La grande classe ! » Exaspéré, il fronça les sourcils et se redressa de toute sa hauteur. Son regard se fit froid alors qu’il la regardait fouiller dans son sac pour chercher un paquet de clope. Certes, Hareton n’était pas le modèle parfait pour un enfant, ou pour qui que ce soit d’ailleurs, mais lui n’aurait jamais fait l’affront de fumer devant un marmot. Et d’autant plus s’il avait du se le coltiner dans le bidon. Alors que Maya, elle, ne semblait pas plus préoccuper que ça face à une telle situation. Certes, elle semblait perdue, mais qui pouvait-il ? Il se concentra une fraction de seconde et se demanda si ces paroles d’énervement voulaient réellement dire ce qu’il pensait que cela voulait dire. Non. Impossible. Il aurait fallut calculer pour s’en assurer mais Hareton était trop dans le doute pour y songer. « Ah parce que c’est à moi que t’en veux ? Excuse-moi de te dire que le chemin de ta culotte, je ne l’ai pas trouvé tout seul. Et ne prends pas tes grands airs avec moi, ça ne prend pas. Tu crois quoi, Maya ? Parce que tu foires ta vie, tu peux en vouloir au monde entier comme si rien n’était de ta faute ? Réveille-toi princesse, tu n’as eu que ce que tu méritais. » Il se rendait compte de la violence de ses propos et s’en voulait de les balancer aussi nerveusement. Mais dans l’expectative la plus total, il perdait littéralement les pédales. Toutefois conscient d’aller trop loin et de pousser le boucher jusqu’à un point de non retour bientôt atteint, Hareton vint s’approcher de Maya pour prendre sa main dans la sienne et la forcer à se retourner. Il agrippa son menton entre son pouce et son index et d’une voix plus douce, il murmura : « Je suis désolé. Ce n’est pas ce que je voulais dire… Je… tu… Ca va aller ? Maya, sérieusement, comment t’en es arrivé là ? Tu m’as l’air plus perdue qu’au beau milieu d’un désert et je suis prêt à t’indiquer un chemin si tu me le permets mais... Faut que tu me parles ! Tu l’as dit toi-même, je suis qu’un Robinson, je connais trop rien à la vie. » Il esquissa un tendre sourire et déposa doucement ses lèvres sur son front, reprenant doucement un calme apparent. Pourtant, dans sa tête et dans son ventre, c’était la guerre.
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« Surprise ! » feat. Hareton Blitswick (suite)

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