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 ~ i feel so

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Message(#) Sujet: ~ i feel so Ven 8 Juil 2011 - 11:41

Sincèrement, elle ne savait pas ce qui l'avait pris. Elle se retrouvait là, effarouchée, effrayée, assise dans un salle d'interrogatoire, transportée hors de la réalité. À un moment ou l'autre, le fil de la soirée lui avait échappé. Cette situation n'avait rien de prévisible - personne n'aurait pu dire « ça devait arriver » - elle avait simplement eu la poisse, c'est tout. Elle avait merdé. Elle le savait. Elle avait consciencieusement tout foiré. Et elle ne pouvait rien dire. Alors elle se taisait, depuis une heure elle se taisait, et dans le genre buté, il était difficile de faire mieux qu'elle. Lillian Hazel Fawkes était en effet imbattable sur ce genre de terrain, et l'officier qui l'avait ramenée ici commençait doucement à le comprendre, et il commençait tout aussi doucement à perdre patience, tout comme Haze avait perdu le contrôle.

Légèrement tremblotante, la jeune femme restait vissée sur sa chaise, les genoux repliés contre son corps, ses pieds s'appuyant sur le rebord de la structure métallique inconfortable qui lui servait de siège. C'était tellement ironique, en vérité. Elle sortait si peu souvent de chez elle, comment était-elle sensée connaître les codes, les pièges à éviter ? Comment était-elle sensée savoir à quel moment elle était supposée dire non, et prendre ses jambes à son cou ? Personne ne lui avait appris quoi que ce soit à ce sujet. Personne n'avait jugé cela utile. Et elle, avide de nouvelles sensations, n'avait pas su dire non. Dans sa tête, elle se revisionnait la soirée, tentant en vain de l'analyser, la structurer, et dénicher ce moment crucial où elle avait perdu pied. Elle croit le trouver, là, entre deux lignes de coke. C'est le moment où elle avait cessé d'être elle-même ; elle s'était perdue, oubliée. Elle avait adoré. Elle avait voulu recommencer. Elle sait pourtant qu'elle ne recommencera pas. L'idée a beau être alléchante, et ce n'est pas comme si la jeune femme était du genre à s'imposer des limites - de nombreux éléments le prouvent - mais elle ne le fera pas. Car elle aime sa vie simple, et cette soirée a tout des complications inutiles qu'elle abhorre tant. Le fait qu'elle se retrouve coincée dans un poste de police à cette heure tardive le montre bien. Si elles étaient au courant, Kate et Wendy Fawkes s'inquiéteraient ; et si Haze leur expliquait, posément, ce qui était arrivé, elles comprendraient. C'était bien ça le problème. Hazel ne voulait pas de leur gentille compréhension, de leur peine et de leur chagrin. Elle ne voulait pas les décevoir - d'une certaine manière, elle avait l'impression d'avoir atteint son quota. Alors s'il le fallait, elle se tairait. Le silence, elle trouvait ça simple. Beaucoup plus simple que de chercher à s'exprimer. Que d'expliquer à l'officier que c'était la première fois qu'elle voyait de la drogue en vrai, qu'elle n'en avait jamais consommée avant, et que, avant qu'il ne le lui dise lui même, elle avait à peine conscience de ce qu'elle faisait. Qu'elle n'était pas le genre de fille qu'il cherchait, le genre qui finit en taule ou morte d'une OD. Qu'elle allait rentrer chez elle, et que demain tout cela ne serait plus qu'un souvenir. Qu'elle n'était pas du genre dépendante, et qu'elle avait autre chose à faire de son argent. Alors elle leur faisait peut-être perdre leur temps, mais elle s'en fichait. Elle n'était pas pressée - elle était bien trop butée pour l'être. Peut-être, quand l'officier voudra bien envisager la chose sous un nouvel angle, et reconnaître qu'elle n'est pas une junkie, comme certaine apparences peuvent le laisser entendre, alors peut-être, à ce moment là, elle se laissera apprivoiser. En attendant, elle avait une couture légèrement déchirée de son jean qui la distrayait amplement et requérait toute son attention...


Dernière édition par L. Hazel Fawkes le Sam 8 Oct 2011 - 19:24, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Jeu 14 Juil 2011 - 22:01


Dexter était épuisé. La journée avait été beaucoup trop longue, et elle ne semblait pas vouloir en finir. Les témoignages s'étaient étrangement multipliés sur l'affaire qu'il avait en cours, mais en réalité, il s'agissait de voisins qui souhaitent se plaindre de l'attitude de Faith Harding d'une manière générale, et non pas qui avait des informations quant à une éventuelle relation avec Christopher Lenhart. En somme, son enquête n'avançait pas d'un poil. Ou pas réellement. La jeune femme était toujours sur surveillance accrue, mais rien encore ne semblait la trahir. Le lieutenant Fearghas, quant à lui, n'avait pas vraiment d'idées sur le sujet ; il y avait quelque chose d'étrange à propos de cette jeune femme sans aucun doute, mais de là à ce qu'elle soit coupable... Pour une fois, l'instinct policier de Dexter ne lui était d'aucune aide. Par chance, cependant, après avoir écouté de nombreux témoignages plus inutiles les uns que les autres, il avait été appelé pour une arrestation sur Apple Road pour violences conjugales. Il détestait se déplacer pour ce genre d'affaires. La femme finissait généralement par décider que son mari n'était pas aussi cruel, et que si elle avait eu les cotes cassées, la lèvre fendue, et le poignet fracassé, ce n'était qu'une erreur de parcours qui ne se produirait pas – et ce, même si c'était la cinquième fois depuis le début de l'année. Mais que pouvait-il y faire, honnêtement ? Plus jeune naturellement, il avait voulu essayer de changer les choses, mais désormais, il s'y était fait. Il discutait avec la femme pendant de longues minutes et si il ne parvenait pas à lui faire comprendre la vérité, il se contentait de classer le dossier, en attendant de devoir le rouvrir. Cette fois-ci avait été différente, cependant. Le dépôt de plainte avait duré une bonne partie de la soirée, et le temps de boucler le dossier en envoyant le tout au procureur pour que l'agresseur soit jugé en comparution immédiate. Il était environ vingt-trois heures lorsqu'il sortit du bureau. Enfin, il allait pouvoir rentrer chez lui, grignoter un morceau, et se coucher dans son lit douillet. Il n'en pouvait simplement plus. Garder ses yeux ouverts était tout simplement un véritable supplice, et il aurait probablement été plus prudent de se faire raccompagner par un collègue, ou d'appeler un taxi, mais Dexter détestait laisser sa voiture sur le parking, et c'est donc un café à la main qu'il s'installa au volant. Pourtant, il eut à peine le temps de sortir du parking que le secrétariat des stups' l'appelait. Il poussa un profond soupir, hésitant à décrocher. Rapidement pourtant, son professionnalisme prit le dessus, et il décrocha après s'être garé sur le bas coté. On avait besoin de lui pour signer des rapports importants à remettre au procureur le lendemain. Sentant la voix agacée de Dexter, l'officier de police se sentit obligé de préciser qu'ils avaient tenu au courant le lieutenant plutôt dans la semaine, mais qu'il avait sans doute été trop occuper pour répondre de suite.

« Dex, tu penses que tu peux nous aider ? » Las, Dexter se tourna vers son collègue s retenant de répondre « non ». Rapidement, on lui expliqua l'affaire, et Dexter demanda quelques minutes pour grignoter une barre de chocolat si ils désiraient qu'ils soient capable de tenir un interrogatoire. La jeune femme qui était apparemment dans la salle d'interrogation était en garde à vue. Elle avait de la drogue sur elle, et les chiens de la police l'avaient détecté lors d'une décente. Elle n'avait apparemment pas été très coopérative jusque là, mais Dexter connaissait assez ses hommes pour savoir qu'ils ne se montraient pas toujours diplomates, qui plus est sur une affaire comme celle-ci. Il s'agissait en effet d'un gang de dealers qu'ils recherchaient depuis longtemps, quelque chose sur quoi ils n'avançaient pas vraiment, et ils savaient que si ils ne faisaient pas de progrès dans les semaines à venir, l'affaire serait close sans qu'ils n'aient arrêté qui que ce soit. Peut être alors que c'était le moment de prendre du recul, et de ne pas se montrer aussi impatient. Par chance, Dexter n'était plus sur l'affaire, et la pression qu'il ressentait à l'idée de clore ce dossier était moins forte, plus.. distante. L'affaire Lenhart était beaucoup plus délicate, et cela l'aidait probablement à y voir plus clair. Il alla donc chercher une canette de soda, et entra dans la salle d'interrogation, et s'assit en face de la jeune femme. « Bonsoir. Je suis le Lieutenant Dexter Fearghas. Vous avez soif, peut être ? » Compatissant, il fit glisser la canette jusque la jeune femme, et sourit. « Et si on commençait par votre nom, et votre prénom ? » Le secret de tout interrogatoire, il le savait, était d'établir une zone de confiance mutuelle entre l'un et l'autre. Evidemment, ce n'était pas toujours possible, et il y avait de nombreuses autres techniques, mais c'était celle, selon l'instinct du jeune homme, qui semblait correspondre le plus à la demoiselle qui se trouvait en face de lui. Ainsi, il avait besoin de son prénom, et de son nom avant d'aller plus loin. Il pouvait très probablement le lire sur le procès verbal de son arrestation, mais si elle le lui donnait, cela serait beaucoup plus simple. Petit à petit, il pourrait ramener les questions qu'il avait à lui poser sur la raison de sa présence ici, et donc sur l'affaire qui l'inquiétait.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Lun 1 Aoû 2011 - 1:01

Depuis qu'on l'avait emmenée ici, Lillian Hazel Fawkes se comportait comme un animal captif, dont le regard humide exprimait tour à tour la crainte et l'agressivité. Ce genre de situations la dépassait, et de loin. Qu'était-elle supposée dire, qu'était-elle supposée faire ? Elle ne savait même pas ce qu'elle devait ressentir, car finalement la seule chose qu'elle éprouvait à l'instant c'était un trouble profond. Tout cela était si sérieux, et se retrouver ici, dans cette salle d'interrogatoire, c'était bien trop grave pour qu'elle puisse saisir la portée l'évènement. Tout ce qu'elle comprenait, c'est qu'elle ne se trouvait pas dans la bureau du directeur, on n'allait pas la houspiller gentiment et sa mère ne viendrait pas la sauver, justifiant son comportement comme elle savait si bien le faire. Cette fois-ci, Haze ne pourra pas jouer la carte super-maman, et elle n'en a aucune envie. Elle aimerait se convaincre que c'est par altruisme, et elle parvient même à y croire : il ne faut pas que Maman s'inquiète, je veux lui éviter des soucis inutiles, c'est cela. La vérité, bien moche et plus écœurante, c'est que ce sont les conséquences de l'inquiétude de sa mère qu'elle craint en réalité. Elle n'a pas envie d'être plus étroitement surveillée et d'avoir le droit à d'incessantes questions concernant son état moral - non, elle veut éviter ça à tout prix. Et si cela implique de se débrouiller seule sur ce coup, et bien elle devrait pouvoir y parvenir.

Les interrogateurs se suivent mais ne se ressemblent pas. Aucun ne semble retenir l'attention de la jeune femme, qui ne daigne à aucun moment répondre à leurs questions. Au début, lorsqu'elle était encore en état de choc, elle avait ouvert la bouche pourtant, mais seuls des mensonges s'en étaient échappés. Ce n'est pas tant qu'elle y avait réfléchi, ou qu'elle avait prémédité son geste afin d'éviter que ces types en uniforme n'en sachent trop sur elle et parviennent à remonter jusqu'à sa mère. Elle n'avait simplement pas eu le réflexe d'être honnête. De surcroît, comme elle évitait d'avoir sur elle tout objet superflu, elle ne possédait lors de son arrestation rien qui n'indiquait son identité. Sa carte d'identité, Haze la détestait. Sa mère lui avait pourtant dit qu'elle devait toujours l'avoir sur elle, à partir de sa majorité, parce que tous les adultes sont supposés l'avoir sur eux en permanence ; et c'est bien ça qui l'avait gênée. Devoir se comporter comme une adulte. Et pourquoi pas payer des impôts, tant qu'on y est ?

Hazel avait donc déclaré s'appeler Cara Lockheart, un alias qu'elle avait déjà utilisé plus d'une fois, et qui lui venait donc parfois plus naturellement que son véritable nom. Un connaisseur aurait pu entrevoir que le prénom ainsi que le nom de famille provenaient des jeux vidéos Final Fantasy, mais cela avait visiblement échappé à la vigilance du type en uniforme qui lui avait soutiré cette fausse information.

Un nouvel interrogateur entre dans la salle, et la jeune femme ne se cache derrière aucune fausse pudeur pour le dévisager et le jauger du regard. Ou du moins, prétendre qu'elle le jauge du regard - disposant d'une capacité à évaluer ses interlocuteurs pour le moins médiocre, elle avait bien conscience qu'elle ne retirerait rien de cette observation sommaire. Tout en se faisant la réflexion que la vie serait bien plus simple si tout se passait comme sur WoW : il lui aurait alors suffit de régler son interface afin d'afficher le niveau de menace des créatures rôdant autour d'elle, et elle aurait aussitôt su à quoi s'en tenir. Au lieu de quoi elle se bornait à fixer ce type, qui ne l'inspirait pas plus que ceux qui l'avait précédé. Jusqu'à ce qu'il mentionne son nom, et alors elle ne peut s'empêcher de tiquer. Il porte le même prénom que son ordinateur ! Si ça ce n'est pas curieux comme coïncidence... Toujours muette, Haze s'empare de la cannette de soda qu'il lui tend, et l'inspecte méticuleusement, la tapotant du bout des ongles sans se décider à l'ouvrir. Elle a mieux à faire. Elle réfléchit. Depuis tout à l'heure, ça file à cent à l'heure dans sa caboche, elle imagine des tas de tournures de phrases, les rejette, les tords, les tronque, les agrémente, sans réussir à trouver LE discours qui lui permettra de sortir d'ici. C'est un véritable challenge ; cette fois-ci, elle ne peut pas se permettre de jouer l'idiote, de se laisser aller et d'agir sans y penser. C'est dans cette petite salle exiguë, bercée par la douce menace d'une nuit en détention, que Hazel comprend. Elle comprend que sa stupidité et ses échecs répétés ne viennent pas tant d'une prédisposition naturelle que de sa fainéantise, et qu'elle ne serait sans doute pas aussi idiote si cela n'avait pas été aussi confortable. Or, dans l'instant présent, elle devait dépasser tout cela. « En quoi importent-ils, mon nom et mon prénom ? » répond-t-elle brusquement, après une courte réflexion. Ce n'est pas par mauvaise volonté qu'elle pose cette question, mais bien parce qu'elle se demande si son mensonge au sujet de son identité risque de lui porter préjudice s'ils en venaient à percer à jour sa petite comédie. « Merci. Pour le soda. » ajoute-t-elle prudemment en relevant les yeux pour ancrer son regard dans celui du Lieutenant Dexter. Même si elle avait effectivement soif, se résoudre à ouvrir la cannette lui était encore difficile ; certes, les chances pour que le liquide soit empoisonné étaient infimes, mais cette mince certitude ne l'aidait pas à se sentir plus à l'aise. « Qu'attendez-vous de moi ? » demande-t-elle de but-en-blanc, passant finalement à l'attaque - tout ce cirque durait depuis trop longtemps, et la jeune Fawkes n'aspirait, au fond, qu'à rentrer chez elle.


Dernière édition par L. Hazel Fawkes le Sam 8 Oct 2011 - 19:24, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Dim 7 Aoû 2011 - 21:34


Dexter poussa un léger soupir quand il entendit la jeune femme lui demandait en quoi son nom et son prénom importait. Cela ne laissait prolonger rien de facile. Elle avait du caractère, et il ne saurait probablement pas aisé de l'amadouer, et d'obtenir plus d'informations sur cette soirée – et plus précisément, son dealer. Le tic-tac de l'horloge accroché au mur en face de lui rappelait à Dexter qu'il ne serait pas pas chez lui avant une heure du matin, voire même plus tard. Pour un peu, il aurait eu envie de dire à la jeune femme qu'il n'avait pas toute la nuit, et que soit elle coopérait maintenant, soit elle passait la nuit ici, et la journée du lendemain. Mais cela ne les ferait pas avancer de beaucoup pour cette affaire, et la conscience professionnelle du jeune homme l'empêchait d'agir de la sorte si il n'avait pas l'intention que cela puisse fonctionnait. Cela inciterait probablement la jeune femme à se braquer, et à attendre que la garde à vue passe. Car le problème était là : il n'avait rien de concret contre elle et ne pouvait pas faire grand chose si ce n'est la noter dans leur fichier. Quelque chose disait à Dexter que si il lui mentait, si lui faisait croire qu'elle finirait devant le juge et risquait d'écoper une peine de prison, il y avait de grandes chances qu'elle parle. Mais si elle connaissait le nom de son dealer, ou comment le contacter, il pourrait obtenir plus d'elle. L'idée d'en faire un indic' lui avait traversé l'esprit, naturellement. Mais il devait également la tester, et savoir si elle tiendrait le coup. C'était quelque chose qui impliquait énormément de pression, et de bien savoir mentir. C'était un engagement qui durait des mois, des années voire même une vie, parfois tellement l'affaire était compliqué. Cela demanderait une grande part d'implication de la jeune femme, et il y avait toujours le risque qu'elle craque – ou se fasse découvrir. C'est la raison pour laquelle il l'observa attentivement lorsqu'elle joua avec la canette de soda. Elle ne l'ouvrit pas, mais le fait qu'elle la touche tout de même était relativement bon signe. Elle ne serait probablement pas hermétique à toute discussion, et peut être réussirait-il à obtenir quelque chose d'elle. En tout cas, cela valait le coup de tenter quelque chose. Il fallait de toute façon qu'il montre de l'avancée sur cette affaire sinon les supérieurs de Dexter lui ordonneraient de clore celle-ci – et le lieutenant ne pourrait plus rien faire. Cela faisait déjà un moment qu'il repoussait l'échéance. Quelque part, c'était donc le coup de la dernière chance, la balle de match. En reprenant à tous les enjeux derrière cette affaire, à toutes les personnes qui avaient été impliqués, et à cet agent qu'ils avaient perdu une fois son infiltration découverte, le jeune homme était complètement replongé dans l'affaire. Il voulait réussir. Il fallait qu'il trouve un moyen de convaincre la jeune femme de collaborer avec eux, quoiqu'il advienne. Il était désormais déterminer à mentir si cela pouvait le mener sur la voix, même si une relation indic/flic était sensée être basé sur la confiance. Il était monnaie courante que les policiers accentuent les enjeux pour que la personne en prenne réellement conscience. Il était également possible que des informations soient cachées – en l'occurrence, il s'agirait du décès de l'agent sur le terrain. Cela se révélerait probablement beaucoup trop effrayant pour cette dernière, et il ne souhaitait pas lui faire tellement peur qu'elle aurait plus envie de prendre ses jambes à son cou que d'aider. « Eh bien, tout d'abord, vous connaissez le mien. Je ne vois donc aucune raison que vous me cachiez le votre. » Il esquissa un sourire, puis enchaîna. « Cela nous permettra aussi de vérifier que vous n'avez pas disparu, que le nom que vous connaît ne correspond pas à des empreintes déjà prélevées, et que vous n'êtes pas déjà recherchée pour quelque chose de plus grave que d'acheter de la drogue. » A vrai dire, tout cela avait déjà été vérifié par les agents qui l'avaient arrêtée, et ils n'avaient rien appris. Mais au cas où elle avait donné un faux nom, elle changerait peut être d'avis. Et si ce n'était pas le cas, il aurait au moins appris son nom par elle-même. « mais si vous préférez, je peux prendre sur moi, et regarder votre nom sur le dossier qui se trouve devant moi. »

Il fut amusé par la façon dont elle le remercia pour le soda. Soit elle hésitait à le boire par fierté, soit elle craignait que la canette ne contienne quelque chose de dangereux – ou une forme de serum de vérité. « Il n'y a rien dedans, si vous vous posez la question. » Il demanda au policier qui surveillait la pièce de lui apporter deux gobelets, comptant montrer à la jeune femme que lui-même n'hésiterait pas à en boire. Pendant l'absence de ce dernier, elle lui demanda plus franchement qu'il ne s'y attendait ce qu'elle attendait de lui. Il s'agissait rarement de la première chose que les gens en garde à vue lui demandait. Cela ressemblait plus souvent à un « Dans combien de temps je peux sortir ? » « est-ce que j'ai le droit à un avocat ? » ou une quantité de questions similaires. Dexter s'était assuré que quelqu'un lui avait demandé si elle désirait appeler quelqu'un, et lui ait cité ses droits. C'était le cas, et il n'allait donc pas s'embêter de cette formalité aussi essentielle qu'agaçante. En l'occurence, cela ne changerait pas grand chose pour la jeune femme, mais il s'agissait parfois d'une perte de temps cruciale dans un interrogatoire, et une garde-à-vue parfois bien trop courte. Il prit donc la parole, décidant d'y aller pas à pas. « Pour l'instant, j'aimerai simplement savoir ce qu'il s'est passé ce soir. Comment vous vous êtes retrouvé dans cette situation, et pourquoi. »
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Dim 4 Sep 2011 - 0:52

Toute cette discussion semble bien formelle à Hazel, qui commencerait presque à s'ennuyer - les circonstances ne s'y prêtent guère pourtant, mais dès qu'on parle paperasserie avec elle, l'effet est immédiat : elle s'endort. En l’occurrence, elle fait tout de même un effort pour rester éveillée, et réprime au dernier moment un bâillement indésirable même si elle se voit bien obligée d'admettre qu'elle ne parvient pas à prêter une oreille attentive au discours du lieutenant Dexter. « Je m'appelle Lillian Hazel Fawkes. » finit-elle par céder. Elle commençait plus ou moins à se convaincre qu'elle n'encourait rien de grave et, quand bien même ce serait le cas, était-ce vraiment important ? « Vous ne trouverez rien de bien intéressant avec ce nom. Ma vie jusque là a été plutôt ennuyante. » Seule la première phrase n'est pas un mensonge éhonté, mais ça il n'a véritablement aucun moyen de le savoir. Raffermissant sa prise sur sa cannette de soda, Hazel se décide progressivement à se laisser apprivoisée ; peu à peu, sa tension revient à la normale, elle se décontracte de façon presque imperceptible et réalise que toute cette affaire se résoudra bien plus rapidement si elle se montre coopérative. Peut-être se trompe-t-elle, mais le lieutenant Fearghas n'a pas l'air profondément méchant, et la façon qu'il a de laisser entendre qu'il y a plus grave qu'acheter de la drogue laisse espérer à la jeune fille qu'elle s'en tira à bon compte, avec seulement un avertissement peut-être - ou une amende : font-ils payer des amendes dans ce genre de cas ? Ça n'étonnerait pas Lilly-Haze, qui reste intimement convaincue que tout ce qui ressemble de près ou de loin à un flic a pour ambition première de se faire du fric sur le dos de l'honnête contribuable qui a fauté une seule fois dans sa vie seulement, et presque sans le faire exprès. « Si votre dossier contient les informations que j'ai fournies à vos collègues, je doute qu'il vous apprendra grand chose. Quand je stresse, j'ai un mécanisme de défense assez particulier, enfin, dans ce genre de moments... Je deviens incapable de dire la vérité. » confie-t-elle en fronçant les sourcils, une moue faussement embêtée sur le visage. Comme toujours, elle rejette le blâme sur autrui, d'une certaine manière : ce n'est pas de sa faute si elle a raconté n'importe quoi aux précédents flics - ou quel que soit exactement le nom de leur fonction, Haze ne comprenait rien à leurs dénominations - c'est eux qui, par leur comportement, l'ont mise dans un tel état qu'elle n'était plus complètement en possession de ses moyens.

Face à la perplexité que laissait visiblement paraître Hazel devant sa cannette, Dexter Fearghas finit par la rassurer sur le fait qu'ils n'ont rien ajouté au soda - cette révélation surprend dans un premier temps la jeune fille qui ne s'attendait pas à une telle réflexion, mais rapidement elle esquisse un sourire amusé et ses yeux ternes pensifs finissent par pétiller de malice tandis qu'elle rétorque : « Ne me diriez-vous pas exactement la même chose si vous y aviez ajouté quelque chose ? » Elle n'y croit pas réellement et ce n'est que sa façon maladroite bien à elle de faire de l'esprit ; pour le prouver, elle finit par ouvrir la cannette, mais attend avant de se servir que les deux gobelets arrivent. Si elle n'avait pas prévu de partager à l'origine, elle se dit que ça part d'une bonne intention et qu'après tout ce n'est pas comme si elle avait payé pour l'avoir.

Quand il lui explique ce qu'il attend d'elle, Hazel reste pantoise quelques secondes. « Vous voulez que je vous raconte ma vie ? » demande-t-elle, incrédule, de but en blanc. Elle n'imaginait pas que cette interrogatoire allait ressembler de près ou de loin à une entrevue avec un psy ou quelque chose du même acabit. Très franchement, elle pensait plutôt qu'il allait lui faire promettre de pas recommencer, ou une connerie du style, et puis basta. « C'était la première fois que... Que j'avais de la drogue devant mes yeux. Je vous le promets. Je ne suis pas ce genre de filles, vous voyez ? Qui sort, tous les soirs, fait la fête, se dévergonde, patati, patata... » commence-t-elle, hésitante, mais avec fluidité : raconter sa vie, elle pouvait le faire très naturellement. « Et ce soir, je me suis retrouvée à une soirée chez un type, on m'y a presque emmenée de force en vérité. Et un gars que je n'avais jamais vu avant ce soir m'en a... M'en a proposé. Il m'a dit que ça te faisait vraiment te sentir vivant. Ma vie est un peu minable, comme beaucoup de monde. J'avais bien envie de savoir ce que ça fait, que de se sentir vivant, alors je me suis laissée tenter. » avoue-t-elle franchement. « Mais je ne suis pas celle que vous recherchez. Je suis pas dangereuse, à risque, ou quoi que ce soit. J'ai juste testé, mais je paierais jamais pour un truc pareil, je suis pas comme ça, et sincèrement je crois que vous avez d'autres chats à fouetter que me remonter les bretelles. Non ? » Elle ne parvient pas à faire complètement preuve d'assurance sur ce coup - elle avance en terrain inconnu, et ne connaît tellement rien aux lois en vigueur dans son propre pays et tout ce fatras qu'il pourrait aisément se jouer d'elle si il le voulait. Mais même si ça l'inquiète un peu, elle est bien décidée à ne pas le laisser paraître et sortir le plus tôt possible de ce guêpier.


Dernière édition par L. Hazel Fawkes le Sam 8 Oct 2011 - 19:24, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Mar 6 Sep 2011 - 22:11

Lorsque la prévenue lui révéla un nom différent de celui qui était inscrit sur le procès verbal, Dexter comprit qu'il avait gagné. Ou du moins, que si elle donnait son vrai nom, tout était gagné. Il savait qu'à travers la vitre teintée de cette salle d'interrogatoire se trouvaient les agents ayant participé à l'enquête, et l'un d'entre deux devait probablement être entrain de vérifier l'existence de cette dernière. Lorsque l'on viendrait déposer les deux gobelets qu'il venait de demander, il aura cette confirmation. Pour le moment, il choisissait de croire la jeune femme. Après tout, il n'avait pas vraiment d'autres choix. Il avait bien conscience que même si il avait obtenu une garde à vue pour une durée de vingt-quatre heures, il n'aurait probablement l'occasion de la prolonger. La demoiselle ne présentait ni un danger pour elle-même, ni pour les autres, et elle ne recevrait, au grand maximum, qu'une amende. Il devait donc essayer de récolter un maximum d'information dans le temps qui lui était imparti. Vu que la jeune femme semblait vouloir coopérer, ils auraient probablement une chance d'obtenir ce qu'ils désiraient d'elle, des informations sur les personnes qui lui avaient donné sa drogue, et petit à petit, ils auraient probablement l'occasion de remonter tout le réseau jusqu'à obtenir un plus gros poisson, et enfin le requin qui régissait le tout. Cela ne serait peut être rien à ses yeux, un simple nom. Cela n'était en réalité pas grand chose. Un nom gribouillé sur un papier, en somme. Mais c'était tout ce dont ils avaient besoin pour le moment pour pouvoir continuer à travailler sur ce dossier. Et Dieu seul savait ce qu'ils pourraient obtenir de son nom.
Se replongeant petit à petit dans l'affaire, Dexter ressentait l'excitation naître en lui, il savait qu'il détenait l'avenir de l'affaire entre ses mains, et un sentiment de victoire commençait tout doucement à s'insinuer en lui. Ce n'était pas la fin de l'affaire, bien au contraire. Ils en étaient même probablement qu'au début, mais c'était la victoire contre les règles procédurales qui peuvent être parfois d'un ridicule à en faire pâlir n'importe qui. C'était le petit rien qui faisait que le tout pourrait exister. Pourtant, cet espoir prit un sacré coup dans l'aile lorsque la jeune femme, Lillian Hazel ou Cara, précisa que elle avait une tendance certaine à mentir si elle se sentait stressée. Elle avouait elle-même avoir menti sur toutes les informations qui se trouvaient dans son dossier, et si cela pouvait laisser présager une certaine confiance, cela laissait aussi entendre qu'elle était peut être entrain de mentir à ce moment-même. Il remarquait une différence dans son attitude, il voyait bien qu'elle était plus à l'aise. Mais Dexter n'aurait pas été jusqu'à parier qu'elle l'était au point de lui dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Comme prévu précédemment, il décida donc de lui faire confiance jusqu'à ce qu'ils puissent être certain de la crédibilité de la personne qui se trouvait en face de lui.

Un large sourire se dessina sur le visage du lieutenant.« Ne me diriez-vous pas exactement la même chose si vous y aviez ajouté quelque chose ? » Il secoua légèrement la tête, et s'amusa de la naïveté de la jeune femme. Tout le monde pensait que les séries télévisées relataient la réalité quotidienne de la vie d'un policier, et qu'il y avait forcément un ripou dans chaque station de police. Dexter n'irait jamais jusqu'à dire que cela n'arrivait jamais, bien au contraire. Mais probablement pas aussi régulièrement que les séries policières ne le laissaient penser. Et jamais, oh grand jamais, Dexter n'avait-il entendu dire qu'il ait été versé quelque chose dans une canette, ou même dans une boisson distribuée à un prévenue. Il ne s'agissait pas d'un mauvais film d'espionnage. Poli, mais ferme, Dexter lui expliqua alors qu'elle ferait mieux d'arrêter de réfléchir à ce genre de théorie. « Mettons les choses au clair. Nous ne sommes pas dans une série télévisée. Il n'y a pas de complots ici, on ne vous droguera pas. Et on ne cherchera pas non plus à vous tabasser pour obtenir ce que nous désirons de vous. Cela n'aurait aucune valeur. »

Ecoutant avec attention tout ce que la jeune femme avait à lui dire, le lieutenant en profita pour prendre des notes. En soit, son histoire tenait la route, et il n'y avait rien d'improbable, rien qui ne concordait pas dans sa déclaration. A dire vrai, il était fort probable que cette simple déclaration suffise à faire abandonner les charges qu'ils pouvaient porter contre elle, mais il n'était pas impossible qu'elle ait inventé cette histoire de toute pièce. Décidant de tester la réaction que la jeune femme pouvait avoir par rapport aux différentes questions que serait amenée à lui poser Dexter, il lança : « ne me diriez-vous pas exactement la même chose si vous étiez une habituée de ce genre de fêtes ? » Interrompus par l'un des agents qui apporta les deux gobelets, et fit signe à Dexter que la jeune femme semblait dire la vérité. Sans prononcer le moindre commentaire à ce sujet, il remercia son collègue et attendit qu'il sorte pour continuer son interrogatoire. « Vous n'avez pas une idée du nom de l'individu qui vous a mené là-bas, ou qui vous a proposé cette drogue, je présume ? » Elle ne le saurait pas, il s'en doutait. Quand bien même elle aurait un nom, cela ne serait qu'un surnom. Si elle était sincère, elle n'aurait même aucun moyen de le contacter. Pourtant, c'était ce que voulez obtenir Dexter. L'idée de l'utiliser pour obtenir plus que ce qu'elle pouvait lui offrir lui traversa l'esprit, mais elle ne risquait pas de vouloir se mouiller dans une affaire pareille. Après tout, elle risquait tellement peu qu'elle n'avait aucun intérêt à vouloir collaborer avec la police. « Vous avez refusé de prévenir qui que ce soit tout à l'heure. Souhaitez-vous le faire maintenant ? » l'interrogea-t-il alors qu'il remarqua sur son dossier qu'elle avait plus de dix-huit ans, et que donc il n'était pas tenu d'appeler les parents. Par expérience, cependant, il était à peu près certain qu'elle désirerait les contacter – la présence de nos parents à nos côtés est toujours rassurante.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Mer 7 Sep 2011 - 1:09

« Mettons les choses au clair. Nous ne sommes pas dans une série télévisée. Il n'y a pas de complots ici, on ne vous droguera pas. Et on ne cherchera pas non plus à vous tabasser pour obtenir ce que nous désirons de vous. Cela n'aurait aucune valeur. » Lentement, Hazel relève les yeux vers son interlocuteur. Elle sait pertinemment qu'ils n'emploieraient pas de tels méthodes avec elle, mais s'imaginait que cela aurait plus tenu à une question d'éthique qu'autre chose, aussi la dernière phrase du lieutenant la fait légèrement tiquer : s'ils ne la maltraitent pas, c'est uniquement parce que sa parole n'aurait alors aucune valeur ? Vaguement vexée d'être considérée comme une pauvre gosse abrutie par la télé, Haze ne souffle pas mot pour autant, et ne cherche pas à détromper son interrogateur. La réduire au cliché de la jeune éduquée par les séries télévisées est certes plutôt dégradant, mais quelque part la jeune femme réalise que Dexter Fearghas n'est pas si loin de la réalité que cela, et plutôt que lui expliquer en quoi exactement elle constitue une parfaite idiote, elle préfère le laisser continuer sur sa voie première, beaucoup plus simple. Aussi ne lui avouera-t-elle pas qu'elle n'a jamais regardé d'émissions policières dans ce style, et qu'à part la science fiction et la fantasy elle ne s'intéresse pas à grand chose. Non, ils ne sont décidément pas assez intimes pour qu'elle admette devant lui qu'elle se contrefiche de la réalité, et de tout ce qui s'en approche. « C'est très clair dans mon esprit, répond-t-elle tout de même. Limpide. » Elle pourrait lui expliquer que si la cannette la rebutait dans un premier temps, c'est parce qu'elle est bien trop effarouchée pour accepter quelque chose d'un potentiel ennemi, mais elle ne le fera pas - ce serait se compliquer inutilement la vie, et Hazel, qui - on ne le répète jamais assez - aime plus que tout la simplicité, a du faire face à suffisamment de complications pour cette nuit.

Et puis il lui pose une question, une question à laquelle elle aurait du s'attendre. Un sourire obscur s'empare des lèvres de la jeune femme tandis qu'elle cherche ses mots pour lui répondre. « Je n'en sais rien. Je raisonnerais sans doute très différemment si j'étais ce genre de fille, alors il m'est difficile de savoir comment j'aurais réagi. En plus, j'ai une mauvaise image des habitués de ce genre de fêtes, et ça risquerait de m'influencer dans ma réponse. » Elle hausse les épaules, puis se tait en recouvrant sa mine fermée du début quand un autre flic fait intrusion dans la salle, avant de repartir une fois les deux gobelets déposés. Une nouvelle question s'en suit, prévisible également, et Hazel hausse une nouvelle fois les épaules en répondant sur un ton incertain : « Il m'a dit s'appeler Travis. Tout comme je vous ai dit que je m'appelais Cara, au fond. » ; elle ne pensait pas qu'il avait été assez stupide pour lui donner son vrai prénom. Ça reste envisageable, mais tout de même, ce serait étonnant. « En ce qui concerne l'amie qui m'a poussée à sortir ce soir là, et qui m'a introduit dans, hum, cette petite société, je ne crois pas qu'elle ait quoi que ce soit à voir avec ça. Je ne crois pas qu'elle connaissait le gars en question. » Les lèvres pincées, elle décroise les bras pour se servir et servir le lieutenant ; alors qu'elle pousse le gobelet qu'elle lui destinait dans sa direction, il lui pose une nouvelle question qui cette fois la surprend. Soudainement alarmée, Haze ancre son regard dans le sien avec fermeté. « Je veux bien répondre à autant de questions qu'il le faudra et vous aider comme je le peux, mais en échange je préférais que personne ne soit prévenu. Je peux gérer ça toute seule, et je veux le faire. » explique-t-elle avec une autorité et une détermination qui ne lui ressemblent pas. Elle a bien conscience que ses propos peuvent sonner curieusement aux oreilles de son interlocuteur, et que ce genre de comportement ne donnera pas forcément d'elle l'image d'une innocente créature, mais au fond elle s'en moque. La dernière chose qu'elle veut, c'est bien que cet incident parvienne aux oreilles de ses parents.


Dernière édition par L. Hazel Fawkes le Sam 8 Oct 2011 - 19:24, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Sam 10 Sep 2011 - 22:27

Dans la mesure du possible, Dexter essayait de respecter les règles de l'éthique et ses propres règles morales. C'était quelque chose qu'il exigeait d'ailleurs notamment du reste de ses collègues afin d'éviter tout problème. Mais il savait que la réalité du métier exigeait parfois de transiger à cela, et il devait avouer le faire lui-même. Faire paraître les choses pires qu'elles ne le sont vraiment était parfois la meilleure technique pour faire parler la personne qui se trouvait en face de vous, et ce, même si vous saviez pertinemment que la personne ne risquait rien du tout, il fallait parfois tricher pour obtenir exactement ce que vous désiriez. Car il ne s'agissait pas toujours d'obtenir un aveu, mais parfois simplement une observation, ou une « faveur ». Le travail de policier était à la fois un travail d'enquêteur et un travail de négociateur. Il fallait bien sur réunir tous les éléments nécessaires à l'enquête, pour trouver et prouver qui était le coupable dans cette affaire, mais il fallait surtout être fin psychologue et trouver la façon d'appréhender la personne en face de vous. Il fallait parfois se montrer violent, parfois tendre. Parfois, il fallait les laisser mariner, d'autres fois réagir très rapidement. Par chance, pour Dexter il s'agissait de quelque chose de relativement instinctif. Il n'avait pas à réfléchir pendant des heures. En posant, les questions basiques, il voyait rapidement l'attitude générale à adopter. Naturellement, cela ne signifiait pas nécessairement qu'il ne commettait pas d'erreur, bien au contraire, mais dans l'ensemble, il cernait bien les gens. Preuve en était l'attitude de la jeune femme en face de lui. La lassitude qu'elle devait ressentir à se trouver enfermer dans cette pièce avait probablement jouer dans l'équation, mais Dexter pensait pouvoir s'attribuer une partie du relatif succès de cet interrogatoire.

Au vu des questions qu'il lui avait posé, et de ses réponses, il n'aurait pas grand chose à retirer d'elle, et même si il était plus que probable qu'elle soit entrain de protéger son amie en disant qu'elle n'avait peut être aucune idée de ce qu'il s'y tramait, cela était égal au lieutenant. A la réponse à sa dernière question, celle sur les parents, tout laissait entendre que Lily-Hazel avait comme intention de s'en sortir seule, et surtout au plus vite. Elle serait de toute manière libérée d'ici quelques heures. Ils n'avaient rien pour la retenir, et ils n'avaient tout simplement à remplir quelques papiers avant cela. Il était donc l'heure pour le lieutenant de faire éclore l'idée qui germait dans son esprit depuis un petit moment. Naturellement, il devait prendre soin de présenter les choses dans le bon sens, et de manière à ne pas effrayer la prévenue. Il passa une main sur son visage, comme si cela allait l'aider à faire passer la fatigue qui lui pesait de plus en plus, et avala une gorgée du gobelet qu'elle venait de lui donner. « En toute honnêteté, je vois les choses de deux façons. » Il marqua une légère pause, pour être certain que la demoiselle l'écoutait attentivement, puis continua. « Soit vous attendez quelques heures, vous rentrez chez vous, et vous recevrez une convocation pour le tribunal. » Il s'arrêta le temps qu'elle digère l'option. Elle ne risquait pas grand chose, un avertissement au grand maximum selon Dexter, mais il n'avait aucune intention de lui dire. Elle avait l'air assez intelligente pour se douter qu'elle n'occuperait d'une énorme peine. Elle s'attendait probablement à quelques heures d'intérêt général ou quelque chose du style, mais si il parvenait à l'inquiéter un minimum... De toute façon, même si elle acceptait sa proposition, elle pourrait toujours refuser plus tard – ce qui était à la fois une bonne chose pour elle et une mauvaise pour l'enquête. Mais après tout, les règles du jeu étaient ainsi, et le lieutenant Fearghas l'avait toujours accepté. « La seconde option, c'est que vous nous aidiez. Il ne s'agit naturellement de rien de dangereux, mais si vous nous rendiez ce service, il n'y aurait aucune charge contre vous, et le juge n'apprendrait jamais votre nom. » Il veillait à ne pas tout dévoiler pour le moment. Le but était de voir si il pouvait éveiller son intérêt, ou si il pouvait complètement laisser tomber cette idée car elle préférait aller au tribunal – c'était généralement l'hypothèse où les citoyens connaissaient bien leurs droits. « Je peux vous laisser un moment pour y réfléchir, si vous voulez. »
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Sam 8 Oct 2011 - 19:24

Le dos fermement calé contre le dossier inconfortable de sa chaise, Hazel fixe le lieutenant Fearghas tandis que ce dernier esquisse un geste qu'elle interprète comme un signe de fatigue, et pour la première fois depuis le début de leur "entrevue" la jeune femme ressent un semblant d'empathie envers l'homme qui lui fait face. Jusque là, elle n'avait pas réalisé, ou n'avait en tout cas pas cherché à le comprendre, que le gradé assis de l'autre côté de la table n'est pas seulement un énième représentant des forces de l'ordre, mais également un homme, un être humain, avec ses propres problèmes, ses propres humeurs et ses propres besoins. Il est sans doute aussi harassé qu'elle, sauf que lui n'a pas passé une partie de sa nuit à faire la fête, et il a probablement une femme voire éventuellement des enfants qui l'attendent à la maison. Ou pas. Elle n'en sait rien, au fond - comment le pourrait-elle ? Et puis quel âge peut-il avoir ? Elle jetterait bien un coup d'oeil à annulaire gauche histoire de vérifier sa théorie, mais, par crainte qu'il surprenne son indiscrétion, elle préfère éviter. Après s'être servie une deuxième gorgée de soda, Haze repose son gobelet sur la table et ancre son regard dans celui de son interlocuteur pour lui faire comprendre qu'il a toute son attention, ou, du moins, le minimum requis - il y aura, de toute manière, toujours une partie de son esprit qui sera occupée à buller dans son coin.

De but en blanc, Dexter Fearghas annonce que toute cette histoire peut se terminer de deux façons, avant de laisser planer un léger temps de suspens, et Hazel le soupçonne alors de chercher à créer un effet dramatique. Il lui annonce ensuite la première de ces hypothétiques solutions, et la jeune femme s'efforce de rester impassible, aussi difficile que cela lui semble. Bien sûr, elle n'est pas aussi sotte qu'elle peut parfois le paraître, et se doute, ou du moins espère, qu'elle n'écopera pas d'une peine de prison - ça se saurait, tout de même, si on pouvait terminer en taule pour une possession aussi minime de produits illicites. Néanmoins elle n'a aucune envie de se retrouver devant un tribunal, et rien que la simple idée d'une audience sans grands risques de conséquences l'angoisse au plus haut point. Et la façon qu'a son interlocuteur de lui présenter les choses, en lui proposant une alternative qu'elle imagine plus intéressante, la pousse à refuser mentalement la première option : il n'y a rien à y faire, elle ne s'imagine décidément pas devoir plaider son cas devant un jury. Outre cela, elle fera tout son possible pour qu'il n'y ait aucune trace de ses erreurs de cette nuit passée dans son casier judiciaire, qui a su miraculeusement rester clean jusqu'à ce jour.

« Ce serait quel genre d'aide, plus précisément ? » demande-t-elle enfin, posément, bien déterminée à accepter dans tous les cas. D'ailleurs, il a beau argumenter, déclarer que cela n'aura rien de dangereux, elle espère que ce sera tout de même le cas, au moins un peu, et s'imagine déjà combattre le crime au cours de trépidantes aventures. Ce qu'elle garde bien évidemment pour elle. Tout comme elle garde pour elle le fait qu'elle voit un intérêt tout particulier à accorder une faveur à un policier, quand elle a bien conscience qu'une telle relation pourrait lui être utile par la suite - elle n'est pas aussi calculatrice habituellement, mais il faut croire que certains évènements récents auront fini par lui faire comprendre qu'elle n'est à l'abri de rien.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Dim 9 Oct 2011 - 21:37


Avoir un indic' pour un policier était toujours quelque chose de complexe. Plus qu'un avantage certain sur le terrain, il s'agissait d'une véritable responsabilité. Il fallait prendre le temps de gagner la confiance de cet individu, travailler jusqu'à savoir qu'on peut lui faire confiance. Et à ce moment-là seulement, le vrai travail pourrait commencer. C'était quelque chose qui prenait des mois, voire des années. On devait faire assez confiance à la personne pour lui confier des informations importantes, des missions qui l'étaient bien plus, mais aussi garder assez de méfiance pour toujours être au courant des conneries que ce dernier pourrait faire. C'était tout ce travail qui faisait que Dexter n'avait disposé que de peu d'indics dans sa carrière, et qu'il évitait toujours d'en avoir dans sa carrière dans la mesure du possible. Il n'aimait pas travailler avec des personnes en dehors de son équipe, c'était aussi simple que cela. Il avait énormément de mal à accorder sa confiance à qui que ce soit dans le domaine professionnel, et avait vu trop de coups échoués alors que des agents avaient passé des mois, voire même un ou deux ans à les préparer, à cause d'un indic qui avait tout lâché pour de la drogue, ou par crainte de perdre la vie. Ce qu'il pouvait obtenir de Hazel était cependant moins exigeant, et il doutait que la jeune femme n'ait à craindre pour sa vie. A moins que ses amis ne soient bien plus impliqués dans ce trafic qu'elle ne le pensait... C'était bien évidemment une éventualité, mais Dexter n'était pas convaincu que lui mentionnait celle-ci soit la meilleure chose à faire. Il ne la connaissait ni d'Eve ni d'Adam mais avait vu trop de jeunes filles paniquer pour un rien, sans même qu'il ne leur demande à un quelconque service vis à vis de leurs amis, qu'il préférait se contenter du strict minimum – du moins, jusqu'à ce qu'il soit certain de pouvoir lui faire confiance. Elle semblait cependant particulièrement intéressée par son offre, et c'était une bonne chose. Il n'était pas dit qu'elle l'accepterait, dans la mesure où elle avait quand même pris le soin de demander du genre d'aide dont il serait question, mais c'était toujours mieux qu'un refus catégorique. Mais, qui refuserait d'écouter au moins la proposition que l'on a à vous faire si elle peut vous épargner la prison ? « Eh bien, c'est assez simple. Dans un premier temps, tout du moins. Je veux simplement que vous continuiez de fréquenter ces personnes, et essayez de vous en rapprocher. » Il marqua une pause, puis reprit, allant lentement afin de s'assurer qu'elle assimilerait toutes les informations. « Vous faîtes ça comme vous le désirez, je n'ai rien à vous dire sur ce sujet, et je ne vous forcerai pas à vous droguer. » Même si, selon Dexter, c'était plus ou moins inévitable. Naturellement, il y avait plein plus d'options que celle-ci pour pouvoir se rapprocher d'un dealer, mais la plupart des gens avait cette fameuse tendance à choisir cette éventualité, aussi débile soit-elle. Peut être que la jeune femme le surprendrait en agissant différemment. C'était tout ce qui lui souhaitait... Dans la pire des hypothèses, cependant, l'Etat ne verrait probablement aucun inconvénient à sponsoriser sa cure de désintoxication.

« Il faut cependant que vous vous rendiez compte que cela va prendre du temps. Vous devez gagner notre confiance. » Interrompu par un policier, il se leva quelques secondes et sortit de la pièce. Comme il s'en doutait, on venait de lui annoncer que les papiers étaient prêts si il désirait relâcher d'ores et déjà la demoiselle. Dexter n'était pas certain de la suite qu'il désirait donner aux événements. La demoiselle Fawkes n'avait pas eu le temps de réagir verbalement à ce que le lieutenant venait de lui dire, et on ne pouvait pas dire que son visage soit très effectif. « N'imprime rien. On va discuter encore un peu, je pense. » Il salua son collègue, et retourna dans la salle d'interrogatoire. « Désolé. Je disais donc.. » Il chercha où il en était, et reprit, comme si cette interlude n'avait pas eu lieu. « Vous devez gagner notre confiance comme je dois probablement avoir à gagner la vôtre. Enfin, je peux vous expliquer tout le protocole, mais je n'en vois pas l'intérêt si vous n'êtes pas intéressé. » C'était en réalité plus que cela risquait de compromettre la mission si il lui racontait ce qu'il prévoyait exactement, et la manière dont il devrait décider d'un moyen de se rencontrer en restant le plus discret possible. « Vous avez bien sur le temps de réflexion que vous désirez. » finit-il par ajouter. C'était un moment qui, professionnellement, l'ennuyait assez. Il fallait toujours prendre les gens avec des pincettes, veillait à ne pas braquer la personne en face de soi et toujours, toujours prendre soin que cette personne se sente en confiance, et libre de ses faits et gestes. Naturellement, si la jeune femme refusait cette offre, elle serait libre de partir comme elle le désirait dans les quelques minutes à venir, mais il se devait, selon le protocole, de toujours le préciser juste « au cas où », et comme toute cette discussion allait se retrouver sur procès verbal... Mieux valait suivre les règles.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Lun 31 Oct 2011 - 14:42

Qu'elle continue de fréquenter ces personnes, et essaye de s'en rapprocher ? Un sourcil haussé, Hazel observe fixement le lieutenant Fearghas, comme pour vérifier qu'il n'est pas en train de se moquer d'elle. Elle s'attendait à un tout autre type de discours, quelque chose dans le genre « On en reste là si vous me promettez que vous resterez en dehors de ce genre d'histoires à l'avenir. » même si maintenant qu'elle y pensait ça aurait été plutôt absurde - c'est dans une salle d'interrogatoire qu'elle se trouve, pas dans le bureau du directeur du lycée, et il est grand temps qu'elle se défasse de cette idée. Et plus il développe cette seconde option, plus Hazel a le sentiment qu'il va l'investir d'une mission, aussi est-elle plus attentive que jamais et acquiesce doucement pour lui signifier que, jusque là, elle le suit. Déjà, l'imagination de la jeune femme se débride, elle commence à réfléchir, songe à la façon dont elle va procéder ; elle n'a pas encore formulé clairement son accord pourtant, mais ce début de proposition que lui soumet Dexter Fearghas titille sa curiosité, et elle réalise rapidement que tout cela l'aurait tentée même si elle n'avait rien pu obtenir en contrepartie. Il a beau la prévenir que cela ne sera pas tâche aisée, qu'elle devra gagner non seulement la confiance du dealer mais aussi celle du service de police, Hazel en tient à peine compte, et fantasme déjà à l'idée d'être une infiltrée. Non, il ne parviendra pas à la convaincre que ça sera difficile. Elle a la gouaille des beaux parleurs et le désespoir de ceux qui n'ont plus rien à perdre : que lui faudrait-il de plus ?

Sagement, Haze attend que son interrogateur revienne dans la pièce, et elle ose même un discret et timide sourire dans sa direction quand il vient la retrouver. Docile, elle s'assure qu'il a bien fini de lui dire tout ce qu'il lui restait à lui préciser avant de s'autoriser à prendre la parole. « Récapitulons donc un peu... J'ai besoin de reformuler tout ça, histoire d'être sûre d'avoir tout bien compris... » commence-t-elle en s'avançant un peu sur sa chaise, avant de poser ses avants bras sur la table. « Ce que vous me proposer, c'est d'aller recueillir des informations sur, hum, sur le 'terrain' en m'infiltrant dans un réseau de trafic de drogue ? Afin de vous aider à le démanteler ou quelque chose dans ce goût ? » Les mots qui sortent de sa bouche lui paraissent étrangers à elle-même, elle n'a pas l'impression que c'est elle, en face de ce lieutenant, qui parle et qui semble si assurée, si confiante tout d'un coup. « Je suis d'accord. annonce-t-elle sans ambages. Je n'ai pas vraiment besoin d'y réfléchir d'avantage. Je ne vous promets pas des résultats qui défient toute concurrence, mais je vais faire ce que je peux. » ajoute-t-elle en hochant lentement la tête, avant de se caler de nouveau plus confortablement contre le dossier. « Comment est-ce que je vous tiendrai au courant de mes avancées - enfin, si c'est bien vous que je dois contacter ? J'imagine que je vais quand même pas me pointer au commissariat dès que j'ai un petit tuyau à partager... » suppute la jeune femme sur un ton légèrement sarcastique.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Lun 7 Nov 2011 - 23:00

Dexter s'était probablement attendu à tout type de réaction, sauf celle que venait de lui fournir Hazel. Evidemment, elle avait exagéré ce qu'il lui avait demandé, imaginant qu'elle devait complètement s'infiltrer alors qu'il lui demandait simplement de jouer les intéressés et se mettre progressivement à acheter de la drogue. Le mécanisme était simple. Il avait arrêté Hazel, il arrêterait la personne qui lui vendrait de la drogue, et ferait tout pour le convaincre de devenir, à son tour, son indic. Le manège continuerait ainsi jusqu'à ce que Dexter estime être remonté assez haut pour pouvoir infiltrer l'un de ses agents de manière plus permanente jusqu'à enfin démanteler le réseau entièrement. Mais Hazel ne serait plus là depuis un bon moment lorsqu'il en arriverait là – du moins, c'était tout le mal que Dexter lui souhaitait. Il acquiesça cependant lorsqu'elle lui décrit le tout. Si les mots n'étaient pas exactement ceux du jargon policier, elle entendait probablement la même chose que lui au final. Il s'apprêtait à essayer de la rassurer encore une fois sur l'étendue de sa mission. Mais il n'en eut pas le temps puisque l'adolescente, la jeune femme affirma d'emblée qu'elle était d'accord, et qu'elle le suivrait dans cette histoire. Il arqua un sourcil, se demandant ce que cela cachait. C'était un peu trop facile. Elle aurait du demander à réfléchir, s'inquiéter plus des risques... Pourtant, l'instinct qu'il avait développé lui soufflait de lui faire confiance, qu'il ne craignait pas grand chose en sa compagnie. D'un geste, il balaya alors sa question sur la manière de le contacter. « Attendez une seconde. Ce n'est pas une décision que vous devez prendre à la légère. » Pour un peu, il allait se faire l'avocat du diable... Cela ne lui plaisait pas plus que ça, mais il savait pertinemment qu'une décision prise aussi précipitamment pouvait être éphémère, et c'était tout l'inverse de ce qu'il désirait. « Etes vous sure de vous ? Vous pouvez prendre votre temps. Si comme vous le dites, ce n'est vraiment pas votre truc, ça va vous prendre du temps. Tant pour intégrer, que pour avoir l'air naturelle. »

Voyant qu'elle ne semblait pas démordre de sa position, cependant, il se décida à lui expliquer le protocole. « On va éviter de se voir pendant quelques semaines pour commencer. Ensuite, je vous contacterai pour que vous vous déplaciez dans un endroit bien précis – que vous connaîtrez en temps et en heure. A partir de ce moment-là, je vous expliquerai comment nous procéderons, et vous me direz où vous en êtes. » Il se leva de sa chaise, en ayant assez d'être assis, l'excitant d'avancer enfin dans une telle affaire lui donnant un regain d'énergie. Observant avec la jeune femme, Dexter se demanda comment elle pouvait être aussi sure d'elle-même, et de son choix, alors que quelques heures auparavant, elle n'avait a priori absolument rien d'une criminelle. « Evidemment, n'attendez pas que je vous contacte pour commencer... Ca nuirait à votre couverture. » dit-il, pourtant certain que c'était inutile. Il ouvrit ensuite la porte, et la laissant ouverte derrière lui, comme si il tenait à montrer à Hazel qu'elle allait bientôt être de nouveau libre comme l'air, il alla chercher quelques papiers à lui faire signer ; des formalités qui, en somme, lui disaient qu'elle s'engageait à lui transmettre toutes les informations dont elle disposerait en échange de l'oubli de certaines de ses charges – et également, qu'il lui serait donné une somme en liquide de manière mensuelle afin de la récompenser des services rendus à la communauté. « Voilà, vous n'avez plus qu'à parapher les pages, et signer et vous serez libre. » Dexter n'émit aucun commentaire sur le fait qu'il trouvait profondément ridicule de devoir faire signer une sorte de contrat à quelqu'un qui était sensé être un criminel, car c'était là laisser une preuve de sa collaboration – et donc de sa trahison. Mais cela ne s'appliquait pas à un cas comme celui de Hazel, qui n'avait aucun casier. Il se tut alors, attendant qu'elle daigne signer les papiers.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i feel so Sam 24 Déc 2011 - 0:35

Bien à son corps défendant, Hazel laisse son visage trahir une expression de légère surprise amusée ; au lieu de rebondir sur ses paroles, le lieutenant semble presque se rétracter. Quoi, il ne lui fait plus confiance, soudainement ? Au fond, la jeune femme est convaincue qu'il ne devrait pas se fier à elle, et elle se rend compte que si elle parle trop, il risque de s'en apercevoir. Aussi garde-t-elle pour elle toutes les réflexions qui lui traversent l'esprit. Elle aurait pu lui expliquer qu'elle fonctionnait toujours comme ça, que ça vaut mieux, quelque part, qu'elle prenne toutes ses décisions à la légère, parce que quand elle réfléchit trop, elle finit par faire des trucs stupides. Elle aurait pu lui parler de cette logique assez absurde, qui veut que, étant d'un naturel plutôt idiot, elle préférait faire confiance à son instinct plutôt qu'à sa raison. Elle aurait pu lui avouer qu'elle trouvait ça plutôt confortable, dans un certain sens, car cela la privait d'une certaine pression qu'elle avait toujours cherché à fuir, et que se laisser guider par le feeling, les coïncidences hasardeuses et les signes envoyés par l'univers était bien plus simple et tout aussi fructueux. Mais elle sentait qu'il valait mieux taire tout cela. On peut dire tout ce qu'on veut d'Hazel, mais il a été maintes fois prouvé qu'elle savait se taire aux bons moments - parfois.

« Je suis sûre de moi. J'ai mes raisons, et je comprends que cela peut vous sembler obscur comme explication, mais j'ai pas spécialement envie de m'étaler. Disons que j'ai juste envie de faire quelque chose de bien, vous voyez ? » L'espace d'un instant, la jeune Fawkes baisse les yeux sur ses mains jointes, posées devant elle sur la table. Là, dans l'entrelacement serré de ses doigts, elle semble apercevoir quelque chose de visible à elle seule. Cela faisait vingt-cinq ans, bientôt vingt-six, qu'elle errait sans but réel sur Terre, tant d'années qui n'avaient servi à rien, dont elle n'avait pas su profiter, et, si elle n'avait jamais eu l'ambition de la grandeur, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser, à présent, qu'elle avait gâché sa vie. Elle ne s'était jamais intéressée aux conséquences, à la morale, aux principes, aux intérêts des autres, elle avait dilapidé ses précieux jours sans y penser, sans se soucier de construire quoi que ce soit. Il faut bien dire que cela lui paraissait perdu d'avance. Jusqu'à aujourd'hui, elle ne s'était autorisé aucune velléité d'action sur le monde, parce qu'elle ne souhaitait pas s'infliger un échec de plus, et même là, en face du lieutenant Fearghas, une voix lui soufflait à l'oreille que ce n'était pas par dévouement qu'elle agissait, et qu'aucune soudaine prise de conscience ne se trouvait à l'origine de cette drôle d'initiative, mais qu'elle avait simplement, innocemment, insouciamment et naïvement songé que cela pourrait être amusant, et riche en sensations fortes.

Plus attentive qu'elle ne l'avait été durant une vingtaine d'années scolaires, Hazel écoute scrupuleusement les consignes énoncés par son interlocuteur. Elle aimait assez la liberté qu'il lui laissait et, tout en se doutant qu'elle était encore loin d'avoir gagné sa confiance, elle appréciait qu'il ne cherche pas à la « fliquer » de trop. Sagement, elle s'empare des documents qu'il est allé chercher pour elle, puis les parcourt du regard, leur portant sans doute plus d'attention qu'à toutes les formalités administratives qu'elle avait pu avoir à approuver jusque là. C'est qu'elle ne voulait pas se faire couillonner tout de même. Quand elle apprend qu'elle touchera même un petit salaire, ses yeux brillent un instant mais elle s'empresse de camoufler cet éclat fugitif ; elle ne fait pas ça pour l'argent, non non, ça ne serait vraiment pas noble de sa part et elle vaut mieux que ça. Mais tout de même, ça lui permettrait de participer un peu au loyer et aux courses - c'est Elyès qui sera content. D'ici à ce qu'elle rentre chez elle, Hazel réalisera que cet argent lui permettra principalement de s'acheter la drogue qu'elle sera supposée consommer mais ça, pour l'instant, elle n'y pense pas - chaque chose en son temps.

Sans vraiment s'attarder sur ce détail, Hazel signe de ses initiales chacune des pages, sans cacher son exaspération. Tout ce qui touchait à la paperasserie tendait à l'agacer, et, si elle comprenait l'intérêt de ces documents, cela n'empêchait pas qu'elle trouvait toute cette mascarade légale ridicule. Sans doute un peu trop idéaliste, la jeune femme aurait aimé vivre dans un monde où toutes ces précautions auraient été inutiles, un monde où personne n'aurait à se « couvrir légalement » et où une poignée de main pouvait faire office de serment. Arrivée enfin à la dernière page, elle revérifie rapidement n'avoir oublié aucune clause, puis se lève en faisant racler sa chaise au passage, et s'approche du lieutenant pour lui tendre le paquet de feuilles. Elle ne peut pas s'empêcher de sourire, ayant l'impression fugace de se retrouver cinq ans plus tôt, quand elle rendait des copies quasi-vierges lors de ses examens universitaires. « Je vous ai laissé mon numéro de portable. Inscris sur un petit bout de papier, entre les deux premières feuilles. » explique-t-elle au moment où elle tourne les talons et se dirige vers la sortie, pour se retourner une dernière fois au moment où elle atteint la porte. « À bientôt. » lâche-t-elle malicieusement, avant de quitter définitivement la salle.


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