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 n° 1691 · as usual · callum

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Message(#) Sujet: n° 1691 · as usual · callum Lun 20 Juin 2011 - 20:06

Une flamme se consume dans l'obscurité de la pièce. Il est bientôt midi et pourtant je suis toujours là. Allongée sur le dos en travers du lit, une cigarette posée sur le bout de mes lèvres. Il entre dans la chambre, sa silhouette se découpe dans ce rai de lumière qu'invente la porte qu'il vient d'entrouvrir. J'entends ses pas qui avancent vers moi. Paupières closes et bras le long du corps, cela ne m'empêche pas de sentir soudain la présence du bel éphèbe à côté de moi. Je sens la chaleur de sa main tentant, sans doute, de se rapprocher de la mienne. Je ne sais plus ce qu'il fait là. Je ne veux plus de lui ici. Il va m'en vouloir. Qui que ce soit, se voir remercier ainsi ne lui plaira pas. Mais peut-il réellement m'en vouloir. À moi. Un regard attendrissant, un sourire confus, quelques caresses ... Je sais quoi faire afin d'éviter les foudres des hommes. C'est une seconde nature. Encore faut-il que je m'en laisse l'occasion. Je ne sais plus ce que j'ai fait de ma journée. Suis-je sortie ? J'ai la tête lourde et les mains engourdies. Je ne me rappelle pas avoir bu. La veille oui. Mais aujourd'hui ? J'ai été une âme en peine. Aujourd'hui, j'aime à penser que je m'en suis sortie. Alors que fait cet homme près de moi ? Sous mes cils baissés, je sens qu'il m'épie. Il épie chaque centimètre de mon corps qui se rétracte, refuse de commencer l'éternel dialogue, souligne, vindicatif, la distance entre nous. Il devine l'impatience qui grandit, la force brutale qui monte en moi, prête à le rejeter si il avance la main ou pose sa tête sur mon ventre, l'envie de me lever et de claquer la porte. Mais c'est chez moi. Si il y en a un qui doit prendre la porte, c'est bien lui. Quand daignera t-il le comprendre ? Deuxième cigarette que je fume. La flamme se consume et toujours pas un mot. Il le fait exprès. Il veut que je craque, que je parle. Mais rien à faire. Soudain, je me redresse, écrase ma cigarette dans le cendrier à côté et pose un pied à terre en ramenant distraitement mes cheveux sur mon épaule gauche.

« Je sors. Je viens de me souvenir, j’suis en retard. Pas de douche pour toi désolée, tu te rhabilles et tu t'en vas. » dis-je simplement d'une voix étonnamment douce.

Est-il surpris ou en colère ? Je ne le sais pas puisque je ne lui adresse pas un regard et m’engouffre dans ma salle de bain avec mon téléphone. Allongée dans mon lit, je me suis souvenue où j‘étais sensée être à cette heure ci. Dix minutes plus tard, je sors de la pièce dans un nuage de vapeur aux odeurs de bois de santal. J'attrape quelques vêtements dans mon dressing et rejoint mon lit sur lequel je les balance. Sursaut. L'autre est toujours là. « Je te préviens, si tu n'es pas prêt quand je m'en vais, tu vas te retrouver sur le palier en caleçon. » Je lui rappelle cela sans grande méchanceté et encore moins d'ironie. Il doit le savoir puisqu'il me sourit. Je ne suis pas quelqu'un de méchant et il l'a apprit. Je peux être froide - glaciale - quand je ne suis pas d'humeur, voilà tout. « Pixie, est-ce que tout … ? » «  Tu te souviens de mon prénom ? » Son regard se fait suspicieux mais c’est, heureusement, à ce moment ci que mon téléphone se met à sonner. «  Oui ? » « Pixie Grace Hell-Albright. N’aurais-tu pas des excuses à me présenter ? » « Pardon ? » « Tu m’as raccroché au nez hier. » Je soupire en reconnaissant la voix de ma grand-mère paternelle et cale le téléphone entre mon cou et mon épaule tout en continuant à farfouiller dans mes vêtements. « Pixie, tout va bien ? » « Toi arrête de répéter mon nom à tout bout de champs, j’ai compris. » « Qu’est-ce que tu racontes ? » « Non, grand-mère, je ne parlais pas à toi. » « Ah bon ? A qui parlais-tu alors ? » « Ecoute, grand-mère, je ne t’ai pas raccroché au nez hier pour la simple et bonne raison que je ne t’ai pas parlé hier. En fait, cela fait plus d’un mois qu’on ne s’est pas eu. » « Tu ne me feras pas croire que je suis folle Pixie … » « Arrête de m’appeler comme ça je t’ai déjà dit. »  « Mais je n’ai rien dit ! » « Mais non, pas toi ! Dieu … Ecoute, je te rappelle. » Puis, sans attendre sa réponse - elle aurait déjà oublié cet affront d’ici la fin de la journée - je raccroche. Au creux de mes mains, un débardeur ample blanc immaculé que j'agrémenterais d'une longue chaîne en or au bout de laquelle pendrait un pendentif. Le jean clair posé sur mon lit ferait l'affaire, je délaissais donc la robe choisie la veille. Il courait comme rumeur à New York que, depuis mon retour en Floride, ma vie rimait désormais avec farniente et laisser-aller. J’étais prête à leur donner de quoi jaser un peu plus. Mon mystérieux amant est fin prêt. Tout en sortant de la chambre, je peine à enfiler mes chaussures mais me voici dehors à mon tour. L'air frais de la matinée déjà bien entamée fouettant mon visage, tandis que je file à toute allure en voiture sur Lemon Street, me revigore. Mon téléphone sonne, je l’attrape et lis alors le mail m’indiquant que mon rendez-vous avait été retardé à JFK à New York et ne serait là qu’en fin de journée. Je soupire, remonte mes verres sombres dans mes cheveux et continue sur quelques pâtés de maison avant de m’arrêter devant la maison des MacKinnon. Repérant une voiture dans l'allée, et non sans quelques hésitations, je me décide enfin à couper le moteur. Je glisse mon sac sous le fauteuil du passager - je ne m'attarderais de toute façon pas - et sors de la voiture en claquant la portière derrière moi. J'ôte mes lunettes de soleil, les glisse sur le décolleté de mon top et sonne rapidement après avoir remonté l'allée menant à leur porte. Je recule d'un pas lorsque la porte s'ouvre, une fraction de seconde surprise de ne pas tomber sur la maîtresse de maison. « Oh. Bonjour ! » Je me reprends cependant rapidement et autorise un sourire à venir se dessiner sur mes lèvres. « Excuse-moi, j'aurais dû appeler, tu dois sûrement travailler. Eleanor était supposée me rapporter quelque chose cette après-midi mais j'étais dans le coin et je me suis dit que ça lui éviterait le déplacement. » J'ignore pourquoi je me montre aussi formelle. Premièrement, ce n'était pas mon genre. Deuxièmement, j'aimais à penser que Callum et moi avions dépassé ces rapports. La surprise sans doute ...
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Message(#) Sujet: Re: n° 1691 · as usual · callum Lun 1 Aoû 2011 - 22:55

Aujourd’hui, il avait décidé de ne pas aller travailler. En se réveillant ce matin, il avait vu le soleil briller et s’était dit qu’il pourrait bien lire des manuscrits chez lui. Il y serait mieux qu’au bureau et ne serait pas dérangé par des coups de téléphone ou des visites surprises de collègues. Et qui plus est, il n’avait envie de voir personne. Il avait appelé Jisel à l’heure où elle arrive habituellement et l’avait prévenue qu’il travaillerait de la maison aujourd’hui. Il vérifia qu’il n’avait pas de rendez-vous avec des clients ou de réunions importantes et prit le temps de prendre une longue douche. Eleanor était déjà partie travailler lorsqu’il sortit de la salle de bains embuée. Il se fit une cruche de café et se prépara quelques toasts qu’il beurra et tartina de confiture. Le genre de petit-déjeuner qu’il ne prenait jamais par manque de temps. Il sortit sur la terrasse et ouvrit un manuscrit. Armé de son crayon, il parcourut les lignes de ce pseudo roman tout en sirotant son café. Il avait pris soin de mettre son Blackberry en silencieux pour ne pas avoir à lire ses e-mails ou prendre des appels. Il l’avait d’ailleurs laissé à l’intérieur, sachant pertinemment que la petite diode rouge indiquant des messages finirait par l’agacer. Eleanor appela vers onze heures trente pour voir s’ils déjeunaient ensemble. Il refusa poliment, il avait trop de manuscrits à lire. Et ce n’était pas faux. D’autant qu’il n’avançait pas dans sa lecture. Ce futur livre était ennuyeux à mourir et il persistait à essayer de comprendre pourquoi ses collègues le lui avaient soumis. Personne ne voudrait jamais lire ça. Le thème était aussi ennuyeux que le reste et ne méritait même pas qu’on y passe du temps. Il finit par renoncer à continuer à se torturer et envoya le tas de papier dans la corbeille. Des arbres gâchés !

Il enchaîna avec un second manuscrit, qui s’annonçait plus intéressant malgré les maladresses, dues certainement au jeune âge de l’auteur. C’était rattrapable, améliorable, mais le sujet était intéressant. Il fut interrompu dans sa lecture par la sonnette de la porte d’entrée. Il fronça les sourcils. Avait-il commandé quelque chose à manger sans s’en souvenir ? Il se leva et alla ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il reconnut Pixie. Visiblement elle fut aussi surprise que lui. Elle expliqua qu’elle était là pour récupérer quelque chose qu’elle avait prêté à Eleanor. Ces deux-là se voyaient de temps à autre et Pixie était parfois invitée à « boire le thé » ou à dîner. Eleanor l’appréciait plutôt, sinon la jolie blonde n’aurait pas eu d’autre occasion de revenir chez eux. Pixie était plutôt intéressante, en plus d’être agréable à regarder. Elle était tout de même assez différente de son épouse, et Callum se demandait ce que la jeune femme pouvait bien trouver d’intéressant à converser avec Eleanor. Elles ne semblaient pas avoir grand-chose en commun. Mais soit. Il lui offrit un large sourire et s’écarta de l’embrasure de la porte.

« Je t’en prie, entre. » Une fois qu’elle fut entrée, il ferma la porte derrière elle. « Eleanor est à la galerie. Elle avait un gros client à voir. Mais si tu me dis ce que tu lui as prêté, je peux essayer de trouver ça. Tu veux prendre un café ? » Et son regard croisa l’horloge qui trônait dans le couloir. 12h44. Déjà ? « Oh, il est si tard ! Je n’ai pas vu le temps passer, j’étais plongé dans un manuscrit pour le boulot. Tu as déjà mangé, tu veux déjeuner avec moi ? » La proposition ne cachait aucun sous-entendu, étonnant de la part de Callum, ces derniers temps d’ailleurs. Il lui proposa la carte d’un traiteur d’Ocean Grove chez qui il pensait commander son repas de midi. Il était incapable de cuisiner et aurait mis le feu à toute la maison s’il avait seulement essayé de se faire des œufs brouillés. Détail qu’il ne donna naturellement pas à Pixie. Ce n’était pas le genre de choses dont il aimait se vanter. Etant né avec une cuillère en argent dans la bouche, il n’avait jamais eu à cuisiner de sa vie. Lorsqu’il avait quitté le domicile familial pour ses études, il s’était toujours arrangé pour ne pas avoir à toucher une casserole ou quelque ustensile de cuisine que ce soit. Et après son mariage, il avait avec délice découvert les talents de cordon bleu d’Eleanor. « Ca me fait plaisir de te voir, ça fait un bail. Alors, qu’as-tu prêté à ma tendre épouse ? » Il ne put masquer le ton ironique de la fin de sa phrase. Habituellement, il ne faisait pas ce genre d’allusions, mais en ce moment, il était dépassé par les évènements. Eleanor passait de plus en plus de temps sur son dos, ce qui l’agaçait au plus haut point. Elle posait des questions, s’intéressait à son boulot, chose qu’elle faisait uniquement lorsqu’elle avait une idée derrière la tête. Le mystère serait bientôt éclairci, car la jolie Ecossaise n’avait aucune patience. Elle finirait par lâcher le morceau d’ici un jour ou deux et il n’aurait plus à supporter ces assauts continuels. En attendant, il prenait son mal en patience et s’efforçait d’être aussi tendre avec elle qu’elle ne l’était avec lui. Il l’avait invitée au restaurant ce soir dans l’espoir qu’elle finisse par lui dire ce qu’elle avait en tête. Avec un peu de chance, elle lui confierait tout sur l’oreiller tout à l’heure…

En attendant, elle n’était pas là et il était totalement inutile de penser à elle outre mesure. Quelle ironie ! Il en venait à tout faire pour éviter de penser à son épouse alors qu’il aurait dû faire tout le contraire. Sauf que leur mariage allait mal et que cela devenait de plus en plus difficile pour lui de le cacher. A qui que ce soit.
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