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 « Time can make more rubble out of dreams than anything... »

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Message(#) Sujet: « Time can make more rubble out of dreams than anything... » Sam 11 Juin 2011 - 21:48

« Time can make more rubble out of dreams than anything... »
FELIX FLETCHER & PIPPA FINK


Le front brûlant, des mèches de cheveux blonds collées dans sa nuque... Pippa Fink avait la sensation de brûler sous le soleil ardent de Floride. Assise dans son jardin, seule la terre qu'elle venait de retourner parvenait à lui apporter la fraîcheur nécessaire pour tenir. Elle avait passé une grande partie de l'après-midi à ras du sol, enlevant les mauvaises herbes à l'aide de son transplantoir, une espèce de petite pelle qu'elle ne lâchait plus depuis son arrivée à Ocean Grove. Lorsqu'elle avait découvert sa nouvelle demeure, la jeune fleuriste voyait en cet espace vert son unique lot de consolation. Car rien en ce quartier résidentiel, ni le calme, ni la beauté des environs, ne la charmait. Jardiner était devenu son occupation favorite. Du matin jusqu'au soir, tandis que son fiancé partait exercer son métier de directeur artistique à Miami, Pippa transformait cette surface délaissée par son ancien propriétaire en un petit coin de Paradis. Elle désherbait, retournait la terre, coupait des tiges, arrosait la pelouse... Tout ce qui pouvait lui vider l'esprit et l'emmener loin de sa réalité.

Debout sous le porche, Jimmy Rosewood observait d'un air paisible sa future femme. Entourée de jonquilles, de tulipes et autres iris, elle avait tout d'un personnage de conte de fées. Revenant de la cuisine, il allait lui ramener de la limonade bien fraîche lorsque cette vision l'arrêta subitement dans son élan. Elle semblait si merveilleuse et tellement ailleurs à la fois qu'il ne put s'empêcher de ressentir un étrange mélange de joie et de tristesse, comme si le bonheur à portée de mains lui échappait de peu. Il avait toujours eu cette sensation vis à vis de la créature blonde qu'il aimait, ou du moins, depuis qu'il avait retrouvé la moitié d'elle au bord de la route, il y a cela bien longtemps. Il avait conscience que les années ne guérirait pas ses fêlures, mais portait l'espoir que des évènements radieux pourraient arranger les choses.

En entendant les pas de son fiancé derrière elle, Pippa laissa tomber ses outils et ôta ses gants plein de terre avant de se retourner et d'apercevoir Jimmy au dessus d'elle. En contre-plongée, elle vit la limonade se vider dans un gobelet transparent. Lorsqu'elle le prit, elle en avala le contenu d'une traite, les bulles et l'acidité glissant de manière exquise dans sa gorge. Le gobelet vide, elle le tendit à Jimmy en s'essuyant la bouche de l'autre main.

Merci.
Les fleurs ont poussé si vite... Je n'en reviens pas que ce soit le même jardin que la première fois.
Là où nous vivions, le froid rendait la terre totalement stérile...
Nous avions de beaux sapins, cependant. Rien à voir avec ces espèces de cocotiers qu'ils plantent partout.

Pippa détourna son regard avec un léger sourire. Il avait perdu son attention.

Bien, j'ai une réunion dans vingt minutes. En anticipant les embouteillages, je suis déjà en retard d'une bonne demi heure. J'essaierai de rentrer tôt pour dîner. A ce soir !
A ce soir.


Il déposa le pichet de limonade sur une table d'extérieur et, furtivement, déposa un baiser sur le front bouillant de la jeune femme. Tandis qu'il se dirigeait vers sa voiture, la veste sur l'épaule et l'attaché-case à la main, Pippa l'observait silencieusement. Lorsque la voiture disparu de l'allée, les yeux de la fleuristes tombèrent avec surprise sur ceux de sa jeune voisine...
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Message(#) Sujet: Re: « Time can make more rubble out of dreams than anything... » Ven 24 Juin 2011 - 12:39

Felix était prête depuis une bonne vingtaine de minutes, pourtant. Mais elle était toujours coincée chez elle, fourrageant dans ses affaires avec un petit air agacé qu’elle n’affichait que chez elle, à l’abri des regards. Il n’y avait qu’une fois certaine que personne ne pourrait la voir qu’elle laissait son visage se métamorphoser, abandonnant son aspect impassible pour laisser entrevoir des émotions. Beaucoup la trouvaient bizarre. Tous, ou presque, fronçaient les sourcils à la vue de ce petit bout de femme filiforme qui arpentait les rues avec un look débraillé. Des pantalons noirs troués et usés jusqu’à la corde, Felix en possédait plein son armoire. Ses hauts se résumaient le plus souvent à des t-shirts informes qui dissimulaient sa poitrine menue, lui donnant un côté androgyne peu élégant. Ses cheveux, le plus souvent lâchés, étaient ternes, trop longs, parfois sales. Une apparence négligée qui n’était pas innocente, mais pas travaillée non plus. C’était plus le résultat d’une réaction allergique à son enfance, où elle devait toujours être apprêtée, enfilant des robes, des petites chaussures vernies, des bas aux douces couleurs pastel. Felix avait supporté cet accoutrement pendant une bonne partie de sa courte existence et puis on l’avait sciemment écartée de cette voie, à son plus grand bonheur – qu’elle n’afficherait pas, évidemment – parce qu’elle était trop étrange, parce qu’elle attirait invariablement les interrogations et parce qu’elle n’arborait pas la prestance qui aurait dû être sienne, simplement parce qu’elle était née dans cette famille-là, et pas une autre. Finalement, c’était bien qu’elle échoue – parce qu’aux yeux de ses parents, elle écopait réellement d’une punition, d’une honte qui devrait peser sur ses épaules alors que pour l’adolescente, il s’agissait de la voie qui s’ouvrait devant elle, la voie de la liberté – dans cette maison. Au moins, elle pouvait y faire et y porter ce qu’elle voulait. Raison pour laquelle il régnait un bordel monstre au rez-de-chaussée comme à l’étage. Raison, aussi, pour laquelle elle était toujours à l’intérieur, à retourner les coussins des canapés à la recherche de son carnet.
Enfin, après avoir fouillé la pièce de fond en comble, Felix s’arrêta. La couverture tachée d’encre venait de lui apparaitre. Il avait suffit qu’elle soulève son écharpe colorée pour trouver son objet fétiche. Abimé, les bords recroquevillés, les pages froissées, il avait vécu bien des aventures avec elle. Elle le possédait depuis tant d’années qu’elle ne savait même plus si un objet avait compté autant à ses yeux que celui-là. Il n’avait pourtant rien d’extraordinaire et son contenu n’était pas plus original puisqu’il s’agissait de croquis sombres et mélancoliques qu’elle traçait à longueur de journées sur les pages jaunâtres. Mais elle le considérait presque comme un ami. Chaque fois qu’elle avait ressenti le besoin de s’évader de la réalité, elle avait ouvert le carnet, avait attrapé le crayon qui était attaché au bout d’une ficelle et s’était mise à dessiner tout et n’importe quoi. Elle ne possédait pas de don particulier pour le dessin, mais les lignes qu’elle traçait lui étaient familières, c’était comme écrire un journal intime, sauf qu’elle était la seule à en comprendre le sens. Quiconque le lui aurait volé n’aurait rien trouvé de gênant parmi ces gribouillis et aurait rapidement abandonné sa quête. C’était probablement pour cela qu’elle l’avait tenu si longtemps.
Satisfaite d’avoir mis la main sur le fameux carnet, elle le fourra dans son sac et balança la lanière de celui-ci sur son épaule avant de se diriger vers la porte. Personne ne viendrait ranger dans son sillage mais cela lui importait peu. Elle vivait seule, après tout, et c’était toute la magie de cette maison. Son apparition sur le porche de la maison fut légèrement ralentie par les rayons de soleil aveuglants qui la forcèrent à s’arrêter pour permettre à ses yeux de s’habituer. Elle mit quelques secondes à voir le paysage se former devant elle. Les maisons alentours, toutes semblables, toutes coquettes, la firent grimacer. C’était bien une chose à laquelle elle ne parviendrait pas à s’habituer : l’aspect proche de la perfection de ce quartier. Il était ennuyeux, morose et les sourires des gens ne lui inspiraient aucune confiance. Mais, de toute façon, des sourires, elle n’en récoltait pas beaucoup sur son passage pour la simple et bonne raison qu’elle n’inspirait chez autrui que méfiance et curiosité. Comme chaque jour, elle traverserait les rues, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, les mains dans les poches, la démarche vive et assurée, sans se soucier des réactions qu’elle pouvait susciter de par son look et son attitude. Elle descendit les marches et atterrit sur le chemin qui menait vers le portillon avec la souplesse d’un félin. Un mouvement sur le côté attira son attention, une demi-seconde, tout au plus, pour découvrir un homme qui quittait lui aussi le jardin voisin, probablement pour se rendre au travail. Felix s’immobilisa, n’ayant aucune envie de franchir le portail en même temps que son voisin. Elle ne remarqua qu’une poignée de secondes plus tard l’autre silhouette qui se trouvait là, visiblement affairée. Si Felix n’était pas de nature à s’intéresser aux autres, elle ne put résister à l’envie de s’approcher du buisson qui l’empêchait de voir convenablement l’autre personne. Elle écarta une branche pour mieux découvrir le visage de la nouvelle résidente et elle observa un instant celle-ci. La jeune femme observait l’homme qui s’en allait, mais elle n’avait pas le visage familier de la parfaite petite femme au foyer qui observe fièrement et chaleureusement son mari s’en aller en lui souhaitant une bonne journée. Il y avait, au contraire, une ombre sur les traits fins et féminins, une ombre qui laissa Felix suffisamment songeuse pour oublier de faire preuve d’un peu plus de discrétion et quand les yeux de sa voisine se posèrent par hasard sur elle, Felix relâcha machinalement la branche et recula d’un pas. Elle se maudit un instant d’avoir été aussi distraite et c’est avec l’objectif de s’évaporer dans la nature qu’elle reprit le chemin du portail, se contrefichant cette fois de croiser quelqu’un sur le trottoir.
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