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 « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick

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Message(#) Sujet: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Jeu 12 Mai 2011 - 20:55

MAY 2011

Maya était allongée sur son lit. Une musique douce aux accents étrangers emplissait la pièce tandis qu’elle fixait le plafond, les bras et les jambes étendus pour former une étoile. Sa longue jupe formait un éventail et la fenêtre étant grande ouverte sur les sons de la vie de tous les jours. Adriel était parti au boulot une heure plus tôt et elle s’était activée dans la maison jusqu’à ce qu’elle sente l’ennui l’envahir peu à peu. À croire qu’elle n’était pas faite pour passer la journée à ne rien faire, et surtout pas enfermée. Elle était donc allée se doucher et s’était habillée de vêtements amples et confortables, comme à son habitude, avant de s’allonger pour se laisser bercer par des paroles dont elle ne comprenait un traitre mot. Elle avait fermé les yeux pour s’imprégner de l’atmosphère douce et délicate dans laquelle elle était baignée, espérant trouver le bien être que la mélodie suggérait. Mais c’était sans compter sur son incapacité à rester immobile bien longtemps. Tournant la tête vers sa droite, elle vit sa sacoche abandonnée sur l’une des tables de nuits qui bordaient le lit deux personnes. Maya tendit le bras dans l’espoir d’attraper la lanière qui pendouillait le long du meuble mais, sans grande surprise, elle devrait se redresser pour attraper l’objet hors d’atteinte. Elle s’exécuta donc avec un soupir et roula légèrement sur le côté pour combler l’espace qui la séparait de la lanière. Enfin parvenue à glisser ses doigts autour de celle-ci, elle tira lentement vers elle et regarda le sac pencher puis tomber mollement sur l’oreiller. Elle tira encore un petit coup puis enfonça la main dans la besace pour en tirer son téléphone portable – objet dont elle ne se servait que rarement. Il n’y avait aucun message et elle se laissa retomber sur le dos avec un soupir las. Adriel lui envoyait parfois un message quand il arrivait au boulot mais il était probablement trop tôt pour espérer recevoir quelque chose. Pianotant sur son clavier usé, elle parcourut son répertoire s’arrêtant sur chaque prénom, mettant plus de temps pour certains à les situer dans l’espace et dans le temps. Qui était Amy ? Et Calvin ? Elle eut beau fouiller sa mémoire, rien ne lui vint à l’esprit, aussi supprima-t-telle ces deux illustres inconnus avant de poursuivre sa visite électronique. Elle haussa les sourcils en tombant sur un pseudonyme particulier qui éveilla en elle une sensation différente. « Robinson Crusoé » lut-elle à haute voix. « Mais c’est que je t’aurais presque oublié, mon coco » Un sourire mystérieux aux lèvres, elle composa un message qu’elle lui envoya rapidement, espérant pour lui qu’il ne s’était pas trouvé une petite amie sérieuse entre temps – étrangement, cette idée lui parut saugrenue mais après tout, pourquoi pas, si elle-même avait été charmée par ce boute-en-train complètement à la masse, il devait bien y en avoir d’autres.

Citation :
« Salut, mon bel étalon ! Paré pour une séance de dessin ? Fais-moi signe quand t’es libre… mais ne tarde pas trop. Je ne voudrais pas avoir à te chercher partout ! »

Elle ne signa pas. S’il avait zappé leur étreinte dans la cabine, c’était qu’il avait vraiment la mémoire courte car leur dernier regard échangé ne datait pas autant. Elle pressa le bouton « send » et laissa retomber le téléphone à côté d’elle en soupirant. Il était tôt, il se pouvait qu’il dorme encore – c’était même probablement ce qu’il faisait – mais tant pis, elle s’emmerdait royalement et n’ayant rien prévu de spécial pour la journée, elle n’était pas contre une journée avec son amant de la plage. Finalement, elle s’était bien amusée avec lui et était surprise d’avoir presque oublié son existence. Il fallait dire qu’avec sa recherche de boulot et ses problèmes avec le visiteur indésirable, elle avait eu d’autres chats à fouetter et comme elle ne l’avait pas croisé par hasard entre-temps, il aurait été difficile de le faire revenir sur le devant de la scène.
Le téléphone ne tarda pas à émettre un son caractéristique et elle attrapa l’appareil avec un sourire ravi avant de découvrir qu’il ne s’agissait pas du jeune parieur fou mais d’Adriel qui annonçait qu’il serait en réunion toute la journée et qu’il lui serait impossible de la rejoindre sur le temps de midi comme il l’avait suggéré le matin même. Tant mieux, se dit Maya, parce que si sa proie répondait à l’appel, elle n’aurait pas envie de devoir regarder sa montre pour se rendre à un petit restaurant où elle ne passerait qu’une heure, voire une heure et demie avant de se retrouver à nouveau seule.

Citation :
« Pas de souci. Serai probablement occupée pour un temps indéterminé, t’en dirai plus ce soir. Bisous »

Elle se redressa et quitta le lit après y avoir de nouveau abandonné le téléphone, allant se pencher à la fenêtre pour regarder la rue qui s’activait doucement alors que le facteur passait de boite aux lettres en boite aux lettres, distribuant le courrier aux habitants d’Ocean Grove. S’installant sur l’appui de fenêtre, Maya replia les jambes contre elle et observa la vie continuer son cours paisible.
Ocean Grove était un coin de paradis, à bien des égards, mais il régnait également une aura étrange, un peu hypocrite et scrutatrice, comme si chaque habitant attendait le moment où son voisin ferait un faux pas. À croire que tout se jouait dans les apparences et que derrière ces façades, il n’y avait rien de plus. Pas étonnant qu’elle se sente toujours comme un élément étranger, même après plus de quatre mois d’existence au sein de cette communauté.


Dernière édition par Maya Mazzello le Ven 8 Juil 2011 - 12:30, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Dim 15 Mai 2011 - 0:18

Lorsque les gens vous emmerdent, il n’y a qu’une seule et unique solution : les emmerder à leur tour. Ils comprennent rapidement qu’ils ont fait une erreur et n’ont plus du tout envie de trainer dans vos pattes. Sauf que, comme l’arroseur arrosé qu’ils deviennent, vous n’avez plus envie de les lâcher. Et alors là, ils ont envie de pleurer. Parfois même ils supplient. Tout bonnement réjouissant. Et lorsque l’on connaissait Hareton Blitswick, il était évident qu’il ne fallait pas le pousser dans ses retranchements. C’était l’exact reflet de cette description. Il donnait envie de pleurer. Tellement il était saoulant, tellement il frappait juste et tellement il était insupportablement collé à vous. Murdock aurait du le savoir, depuis tout ce temps. Et pourtant, il avait joué avec lui. Mauvaise idée. Les conséquences seraient terribles. Mais ce qu’il y avait de bien avec le jeune animateur pour enfants, c’est qu’il ne précipitait jamais les choses et qu’il y allait doucement lorsqu’il savait cela utile. Aussi, lorsqu’il avait perdu son maudit pari, il avait accepté la défaite. Défaite qui n’en était pas véritablement une. Hareton avait bel et bien remporté son pari, il avait eu la demoiselle de la plage et ils avaient même passé un bon moment. Etait-ce cela qui l’avait poussé à nier la vérité ? Ou simplement le fait que malgré tout, il était humain et que, par conséquent, il trouvait cette histoire un peu malsaine ? Un peu de deux sans doute. Mais cela n’avait pas arrangé ses affaires du tout. De un, il n’avait pas gagné les maudits coupons pour lesquels il s’était tellement battu. De deux, il devait décrasser une maudite bagnole toute pourrie. O joie ! Pour lui, il n’y avait rien que de plus frustrant que de devoir nettoyer cette voiture. Surtout parce qu’elle représentait le mensonge qu’il avait volontairement énoncé et sans raison véritable et ensuite parce qu’elle le mettait dans une position de faiblesse. Hareton n’avait pas la chance d’avoir sa propre voiture, son maigre salaire n’aurait guère suffit à lui payer un super engin comme ceux de Loann. Il n’aurait même pas suffit pour une vieille caisse d’occasion et pourrie jusqu’au moteur. Il avait d’ailleurs déjà pensé à vendre son corps pour s’offrir une chose aussi intéressante qu’une voiture… Mais il avait vite abandonné l’idée, les péripatéticiennes sont vraiment mal considérées de nos jours ! Et pourtant, n’est-ce pas le plus vieux métier du monde ? Les gens n’y comprennent rien, heureusement qu’il était là, lui. Bref, tout ça pour dire que ce cher Murdock allait déguster et ça allait faire mal.

Ce matin là, Hareton avait mis son réveil pour être sûr de se lever bien tôt, il s’apprêta rapidement et pris son déjeuner en quatrième vitesse. Ses parents l’avaient dévisagés, sidérés de le voir de si bon matin. Evidemment, son père n’avait pu s’empêcher de faire remarquer qu’il était tombé de son lit. Ce à quoi Hareton avait répondu par un grognement passif. Tout cela ne l’intéressait pas et ce fut pour cette raison qu’il se retrouvait rapidement hors de la maison, marchant jusqu’à chez ce qui ressemblait le plus à un ami. Une fois arrivé devant la petite maison ; le jeune homme se stoppa net un sourire amusé aux lèvres. Honnêtement, il aurait bien voulu se la jouer Roméo et Juliet en balançant des petits cailloux à sa fenêtre mais il était certain que ce crétin finit trouverait ça drôle. Il s’approcha alors de la porte d’entrée et frappa comme un forcené tout en poussant de drôle de hurlements. Réveiller tout le quartier, ça pouvait être drôle aussi. Et là, tout en sueur, qui vint ouvrir ? MURDOOOOOOOOCK. Un triomphe pour la star du jour, je vous prie. Enfin, nous allons passé tous les détails futiles racontant combien il se montra ronchon en voyant Hareton tout sourire sur le pas de la porte. Le pire, c’est qu’il était là pour respecter sa part du marché pour une fois. Et il allait encore se plaindre ? Vraiment, les gens ne savent pas ce qu’ils veulent. « Bon, tu me passes les clés que j’aille la laver ton épave ? » Les clés lui furent lancer au visage alors qu’il les attrapa au vol, littéralement mort de rire. « Quelque chose me dit que t’es pas du matin, toi ! Je te la rapporte une fois que je te l’aurai bichonnée. » Bien sûr, il va s’en dire qu’Hareton avait sa propre idée du verbe « bichonner ». Il salua son camarade et grimpa à l’intérieur du véhicule. Pendant d’innombrables minutes, il se battit contre la radio complètement pourrie et abandonna au moment même ou quelques couinements se firent entendre. En avant l’endroit crépitant de mec torse nu entrain de frotter leur super totomobile. Oui, parce que les filles en bikini, c’est bon que dans Sexe Crimes hein.

Arrivé sur place, Hareton resta un moment assis sans savoir vraiment quoi faire. Voulait-il vraiment laver cette caisse ? Non ! Il sortit alors du véhicule et s’approcha d’une demoiselle pour lui demander d’une voix pausée : « Excusez-moi, vous n’auriez pas du rouge à lèvre ? » La jeune fille le dévisagea une minute avant de lui tourner le dos et prendre ses jambes à son cou ! Merde quoi, il voulait juste écrire FUCK YOU sur toutes les vitres. C’est bon, ce n’était pas la fin du monde, non plus. Et alors qu’il s’apprêtait à raconter tous ses déboires à une parfaite inconnue, il sentit une vibration dans sa poche. Il en sortit le petit boitier qu’il détestait temps et découvrit le message qu’on venait de lui laisser. Il fronça les sourcils une minute, se demandant de qui il pouvait bien s’agir et rapidement, l’idée se fait un petit bonhomme de chemin de son esprit. La fille de la plage ! Ca devait sans doute être un signe, il ne voyait que cela. Il répondit rapidement et sans détour.

Hareton a écrit:
Envoi l’adresse, princesse ! Le jour où ton prince viendra est arrivé. J’espère que t’es heureuse, je me suis fait tout beau.

Il était loin de s’être fait tout beau à vrai dire. Il avait enfilé un vieux jean tout amoché, un t-shirt un peu trop large avec des dessins absurdes, ses cheveux étaient tout emmêlés et il avait sur le nez une paire de lunette de soleil à la monture rose. Très sexy, vous imaginez bien. Il retourna donc jusqu’à la voiture ou il attendit patiemment le petit message qui lui indiquerait le lieu du rendez-vous. Et à peine eut-il lu l’information qu’il démarra au quart de tour. Et lorsqu’il arriva à l’adresse indiqué il se sentit bien con et se demanda si elle n’avait pas mis une heure et un jour précis à côté de l’adresse, il ressortit donc son téléphone pour vérifier qu’il n’avait pas fait là une bêtise plus grosse que lui. Bien qu’au fond, il s’en moquait pas mal.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Dim 15 Mai 2011 - 15:44

Maya ignorait combien de temps elle resterait encore à Ocean Grove, si ce n’était qu’une transition vers un autre changement radical de mode de vie ou si elle avait trouvé là son nouveau domicile, sa véritable maison. Adriel jouait un rôle essentiel dans cette sensation qu’ici, elle pourrait enfin construire quelque chose de valable et ne pas se contenter de voyager au gré de ses envies – ou de ses problèmes, au choix – sans port d’attache, sans réelle relation. Sa famille ? Il y avait longtemps qu’un profond fossé la séparait de ses parents, à leur plus grand désarroi. Mais Maya avait perdu la seule personne qui la maintenait réellement les pieds sur terre et depuis sa mort, c’était comme si elle ne planifiait rien. Elle ne savait pas où elle serait d’ici une dizaine d’années, si elle serait parvenue à s’attacher suffisamment longtemps à quelqu’un pour construire une relation sérieuse, créer un nouveau foyer empli d’amour et de souvenirs. Finalement, elle n’avait pas le sentiment d’avoir eu ce genre d’enfance alors l’offrir à d’autres lui paraissait compliqué. C’est en tout cas ce qu’elle se disait alors qu’elle observait le voisinage s’activer. Un homme sortit de son garage avec une tondeuse à gazon qu’il fit aller et venir sur sa pelouse au poil ras qui, aux yeux de Maya, n’avait nullement besoin d’être tondue. Dans un autre jardin, une grand-mère tricotait à l’ombre du porche pendant que ses petits enfants se chamaillaient pour un jouet. Elle n’était pas certaine d’un jour en arriver là, ce n’était vraiment pas une perspective qui l’enchantait ou l’attirait. Bien sûr, elle ne la réfutait pas complètement puisqu’on ne savait jamais ce qui pouvait survenir au prochain tournant mais à l’heure actuelle, elle ne se voyait pas coincée entre quatre murs, sans échappatoire si c’était nécessaire. Adriel l’avait bien compris, il ne l’interrogeait pas au sujet de ses plans, la félicitait pour le boulot qu’elle avait trouvé dans un bureau d’architecte et lui répétait de temps à autre – à sa manière, parce qu’il n’exprimait pas vraiment ce sentiment avec des mots – qu’il était ravi qu’elle soit là et espérait qu’elle se plairait suffisamment pour rester. Elle se plaisait, là n’était vraiment pas le problème, mais la précarité de sa situation n’était pas le souci non plus. En réalité, elle n’arrivait même pas à situer l’origine de son incertitude. C’était ancré en elle, cela occupait une partie de son esprit sans qu’elle puisse y échapper.
Le bruit caractéristique de la réception d’un message la tira de ses pensées et elle quitta sa position recroquevillée et son observation rêveuse pour revenir près du lit sur lequel elle s’assit en prenant son téléphone, découvrant la réponse de son futur mannequin préféré. Un sourire ne tarda pas à venir étirer les lèvres de Maya qui répondit, d’un pianotage expert, par l’adresse de l’église de St Patrick, sans préciser de quel lieu il s’agissait. Il devait sûrement connaitre l’endroit à moins de n’avoir jamais mis un pied près de cette église ou son cimetière. Une fois le message envoyé, elle attrapa la lanière de son sac, y laissa tomber le téléphone et alla fermer la fenêtre, non sans jeter un dernier regard aux voisins qu’elle espionnait la minute précédente. La tondeuse avait cessé son vrombissement et elle vit l’homme rassembler les quelques millimètres d’herbes pour former un petit tas vert qui devait exhaler un doux parfum d’herbe coupée. Quant aux enfants, le petit garçon avait visiblement obtenu gain de cause parce que la gamine pleurait toutes les larmes de son corps en se précipitant vers sa grand-mère, toujours trop distraite pour remarquer le conflit qui se tramait deux générations en dessous. Ces petites scénettes de la vie de tous les jours ne l’intéressant plus, Maya les laissa à leur train-train quotidien ennuyeux et descendit les marches pour rejoindre le rez-de-chaussée où elle laissa comme à son habitude un dessin affectueux à l’attention du propriétaire des lieux. Elle ferma ensuite et partit, le sac sur l’épaule.
Il lui fallu un petit quart d’heure pour atteindre le lieu de rendez-vous et comme elle ne vit aucune trace de son modèle, elle alla s’installer sur un muret où, les jambes ballantes, elle alluma une cigarette qu’elle fuma distraitement en observant les gens passer. Lorsque la voiture arriva enfin, elle était occupée à inspecter et gratter son vernis écaillé, le mégot écrasé à côté d’elle. Elle leva les yeux et se pencha pour voir qui était le propriétaire du véhicule. Elle ne tarda pas à reconnaitre le look débraillé qui seyait tant au jeune homme. Il portait une paire de lunettes de soleil à la monture colorée et il semblait concentré sur quelque chose. Descendant de son perchoir, Maya attrapa son sac et se dirigea vers l’engin, jetant un coup d’œil à l’intérieur pour voir ce qu’il fabriquait avant de taper quelques petits coups sur la vitre côté passager. Elle lui adressa un signe quand il leva la tête et fit le tour du véhicule pour venir s’accouder sur la portière ouverte quand il sortit de l’habitacle. « T’as fait vite, c’est bien. J’espère que je n’ai pas chamboulé une journée bien chargée. » Elle avait dit ça avec un sourire en coin qui ne révélait pas si elle était sincère ou s’il fallait déceler derrière cette remarque une douce moquerie qu’elle n’infligeait qu’à lui. « Sympa, la voiture, c’est la tienne ? » s’enquit-elle ensuite en s’appuyant contre la carrosserie, les bras croisés sur sa poitrine. « Oh, et j’espère que tu n’as pas le cafard à proximité des églises. Je ne savais pas trop où faire ça et puis je me suis souvenue être passée par ici et l’endroit m’a inspiré. » N’ayant elle-même jamais été une adoratrice des monuments religieux et de la religion en général, elle pouvait comprendre la réticence de certains à venir se balader dans un lieu « saint ». Toutefois, elle n’avait pas l’intention d’aller dans le cimetière, elle n’avait jamais mis les pieds dans un lieu de recueillement comme celui-là et ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’elle allait commencer.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Dim 15 Mai 2011 - 17:29

Jamais l’expression se sentir con ne fut plus appropriée ! Hareton aurait du réfléchir à deux fois avant de se rendre sur les lieux de l’agression. Parce qu’il s’agirait sans doute d’une agression sexuelle si elle voulait l’exhiber aux yeux de Dieu le père… Mais assis à l’intérieur du véhicule, il ne put s’empêcher de laisser son regard courir sur ce qui l’entourait. Il se sentait con mais surtout mal à l’aise. Il avait déjà eu du mal à trouver le lieu et s’il avait su, sans doute qu’il se serait volontairement égaré dans une quelconque cambrousse. Vous vous doutez bien qu’il n’y avait aucun GPS dans ce maudit engin et qu’Hareton, tout sauf fervent amateur du Seigneur, n’était jamais venu auparavant. Heureusement, les églises sont toujours signalées par de petites flèches. Enfin, beaucoup trop criarde à son goût, il était persuadé qu’elles servaient d’attrape-nigaud. C’est comme si elles affichaient en gros : la prière c’est gratuit, bougez votre cul jusqu’ici. Mais bon, même en ayant vu ces maudites flèches, il était persuadé que ce n’était pas vraiment là-bas qu’il se rendait. Du moins en avait-il eu l’espoir. Erreur. Cette fille qu’il n’avait rencontré qu’une fois et dans un endroit exigüe était on ne peut plus surprenante et il aurait du s’attendre à ce genre de piège. Complètement déphasé par ce lieu qui l’intimidait, Hareton refusait de quitter l’habitacle si rassurant que formait alors la poubelle de son ami. Il avait d’ailleurs ressorti son téléphone portable, histoire de vérifier qu’il n’avait pas commis une incompréhensible erreur. Mais il n’y avait pas à dire, il se trouvait exactement au bon endroit. Gêné comme il l’était rarement, Hareton se mordilla la lèvre inférieure, incapable de savoir s’il fallait fuir ou rester. Bien qu’il ne fût pas du genre lâche, la question se posait vraiment.

Des coups sur la vitre côté passager le ramenèrent sur Terre alors que son regard coula sur la demoiselle qui lui faisait signe. Posant alors sa main sur la poignée, Hareton sortit du véhicule. A peine avait-il mis le pied dehors que la jeune femme était accoudé à sa portière. Il savait qu’il faisait pas mal d’effet, mais tout de même, il ne fallait pas aller plus vite que la chanson ! « T’as fait vite, c’est bien. J’espère que je n’ai pas chamboulé une journée bien chargée. » Le jeune homme fit glisser ses lunettes sur le haut de son crâne avant de répondre au sourire de la demoiselle par un sourire énigmatique. Peut-être avait-il des plans ? Le truc avec lui, c’est qu’il n’y avait jamais rien de prévu mais toujours quelque chose à faire. Par déduction, la réponse était à la fois oui et non. Il haussa alors les épaules, comme si la réponse n’avait, finalement, pas le moindre intérêt. « Sympa, la voiture, c’est la tienne ? » Appuyée contre la carrosserie, un sourire aux lèvres et les bras croisés, Hareton ne put s’empêcher de penser qu’il l’avait bien mal jugée lors de leur première rencontre. Elle était loin d’être aussi moche qu’il n’avait pu le dire ou le laisser paraitre. Vraiment. Comment avait-il pu se fourvoyer à ce point ? « Cette poubelle ? Non. C’est à un abruti. Je devais lui laver et du coup, bah ton message est tombé à pique. J’aurais du me taper le chemin à pieds, sinon. Et puis quoi, tu m’as emmené dans le trou d’cul du monde ou..? » Hareton évita soigneusement de signifier la raison pour laquelle il devait laver ladite voiture. Il aurait eu l’air de quoi s’il avait du dire la vérité ? Sans doute de rien et c’est pour ça qu’il l’aurait certainement tue. Il n’aimait pas les mensonges, mais parfois, il faut ce qu’il faut comme on dit. « Oh, et j’espère que tu n’as pas le cafard à proximité des églises. Je ne savais pas trop où faire ça et puis je me suis souvenue être passée par ici et l’endroit m’a inspiré. » Hareton grimaça légèrement. A vrai dire, si, ça lui foutait le cafard. Pour des raisons purement personnelles et diverses qu’il estimait endroit de garder pour lui. Il se voyait mal balancer avec jovialité qu’il adorait ça et que sa vie durant il avait attendue ce moment. C’était tout bonnement ridicule et impensable.

Hareton referma alors la porte de la voiture et alla s’installer sur le capot de la voiture. Son regard se perdit sur l’église alors qu’il réfléchissait à ce qu’il pourrait répondre pour ne pas avoir l’air d’un petit con frustré pour si peu. Mais pourtant, il l’était. Frustré, s’entend ! C’était loin d’être un con, et ça personne ne pourrait jamais l’en dissuadé. Un sourire amusé glissa alors sur ses lèvres alors qu’il poussa de l’épaule la jeune femme qui se trouvait à côté de lui. « T’as mauvais goût, Cendrillon. » Il ne comprenait le fait qu’elle puisse être inspirée par un tel lieu. Ça puait la frustration, l’espoir mêlé au désespoir, la dernière chance et toutes ces conneries bibliques qu’on sort aux gosses lorsqu’on n’a pas les bonnes réponses à leurs questions. « J’suis pas fan de Dieu et toutes ses conneries. Je trouve ça profondément pathétique même. La seule personne en qui tu peux compter, c’est toi. Donc le seul Dieu en lequel je crois, c’est moi. Et franchement, j’ai pas besoin de sanctuaire pour savoir que j’existe. Les églises, c’est juste bâtit pour nous obstruer la vie sur les merveilles de la vie. Vas-y que je mets des œillères pour pas que tu t’éloignes du droit chemin céleste. Des conneries, ouais. » Un rictus amère lui échappa alors qu’il croisa les bras et reporta son attention sur le lieu dit Divin. Il haussa alors les épaules et sourit amusé. « Mais si t’es inspirée, ça me va. De toute façon, c’est toi l’artiste. C’est pas comme si j’avais le choix, pas vrai ? » Hareton sauta du véhicule pour se mettre sur ses deux pieds et ouvrant les bras en signes de croix, il se mit à tourner sur lui-même une ou deux fois. « Sers-toi, c’est cadeau ! » Petit clin d’œil et moue allumeuse. Il était multitâche le petit Blits.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Dim 15 Mai 2011 - 19:21

Elle était elle-même surprise d’être aussi ravie de le retrouver. Elle avait la sensation de retrouver un vieux pote alors qu’en réalité, on ne pouvait pas vraiment dire qu’elle le connaissait. La preuve : elle ne savait même pas comment il s’appelait. Mais peu importait ce détail qui viendrait bien à point à un moment ou un autre. Pour l’instant, Robinson lui suffisait amplement et lui seyait toujours autant. Elle plongea son regard dans celui du jeune homme dès qu’il ôta ses lunettes pour les transférer sur le haut de sa tête, dans sa chevelure en bataille. Si on lui avait dit qu’elle ressentirait une telle bouffée d’amitié pour un petit fanfaron, elle aurait ri au nez de celui qui avait osé lui prédire un avenir aussi ridicule. Mais voilà, elle devait bien avouer que cette boule qui lui gonflait la poitrine était de l’affection, aussi étrange celui puisse paraitre. Rien qu’à voir son visage, elle souriait, curieuse de voir quelle énormité il allait lui servir encore.
« Cette poubelle ? Non, c’est à un abruti. Je devais lui laver et du coup, bah ton message est tombé à pique. J’aurais dû me taper le chemin à pieds, sinon. Et puis quoi, tu m’as emmené dans le trou du cul du monde ou… ? » Maya fronça les sourcils tout en souriant, se demandant ce qu’il avait encore pu faire pour écoper d’une telle besogne. Comme elle ne doutait rien avec ce personnage, elle le lui demanda sans détour : « Encore un pari ? Tu l’as raté, cette fois, c’est ça ? Tu as surestimé tes capacités ? Note que ce n’est pas étonnant, il faut bien que cela t’arrive un jour ou l’autre ». Elle ignorait évidemment tout du manège qui avait conduit à cette pseudo défaite, si elle avait su qu’il avait été un gentleman après leurs galipettes, il y avait fort à parier qu’elle l’aurait félicité d’une façon qui aurait mis à mal l’attitude un peu revêche qu’il tentait de prendre à l’heure actuelle.
Elle reporta son attention sur la haute bâtisse qui accueillait des pratiquants, une visite hebdomadaire à laquelle Maya n’avait jamais participé de son existence. Elle avait parfois été curieuse de savoir ce qu’ils faisaient exactement à l’intérieur mais rien qu’à voir comment se comportaient certains pieux personnages, elle n’avait pas voulu pousser son exploration jusqu’au bout et laissait donc une part de mystère à ce lieux de culte. Elle tourna la tête pour remarquer la grimace de son compagnon, visiblement peu ravi de se trouver là. Il était vrai qu’elle aurait pu choisir un autre endroit, mais elle n’avait pas eu envie de lui donner rendez-vous à la plage et les autres lieux étaient trop publics à son goût. Elle voulait du calme, de la douceur. Pourtant elle ne proposa pas d’aller ailleurs alors qu’il aurait été si simple de monter dans sa bagnole et d’aller trouver un autre endroit pour cette séance. Il allait vite changer d’avis, elle ne comptait pas entrer dans l’église, de toute façon. « T’as mauvais goût, Cendrillon. » déclara-t-il honnêtement en la bousculant gentiment. « Je sais, mais c’est pas grave, ça va pas nous empêcher de passer un bon moment » répondit-elle en quittant son appui, se tournant vers lui alors qu’il poursuivait sa pensée : « J’suis pas fan de Dieu et toutes ses conneries (…) Vas-y que je mets des œillères pour pas que tu t’éloignes du droit chemin céleste. Des conneries, ouais. » Maya sortit un paquet de cigarettes et en alluma une nouvelle avant de répondre : « On est au moins d’accord sur ce point. » Elle souffla la fumée par ses narines alors qu’il affirmait : « Mais si t’es inspirée, ça me va. De toute façon, c’est toi l’artiste. C’est pas comme si j’avais le choix, pas vrai ? » Il sauta de son perchoir et étendit les bras avant de tourner sur lui-même. « Sers-toi, c’est cadeau ! »
Souriant mystérieusement, Maya glissa la cigarette entre ses lèvres pincées et s’approcha de son modèle. « On dirait pas que je suis tyrannique et que tu ne peux rien me dire ! » Elle l’attrapa par le bras et l’entraina vers la façade de l’église. « Mais tu parles trop vite, tu ne sais même pas où on va. Tiens, d’ailleurs, t’as qu’à fermer les yeux. » Elle s’arrêta, relâcha son étreinte et vint se placer derrière lui et glissa ses paumes devant les yeux du jeune homme. « Va falloir me faire un minimum confiance, maintenant. Ce n’est peut-être pas dans tes cordes mais je peux difficilement t’emmener en Enfer, surtout ici » plaisanta-t-elle avant de se mettre à marcher, le forçant à avancer à son rythme. Elle le dirigea vers la façade est dont elle contourna le coin, longeant le mur grâce à un petit chemin de pierre. Ils parcoururent une dizaine de mètres avant d’atteindre un escalier de quelques marches. « Attention, il y a une marche… Une deuxième… Une troisième… C’est bon, tourne vers la droite, maintenant. » Elle le força à se baisser d’une légère pression et ils passèrent sous la branche d’un saule pleureur. « On y est presque » commenta-t-elle alors qu’ils approchaient d’un petit rebord de pierre qui entourait une fontaine où l’eau coulait paisiblement, à l’ombre de l’arbre qui protégeait ce petit sanctuaire. Si on faisait abstraction de la statue de la Vierge Marie qui était mise en avant sur un promontoire au cœur de la fontaine, l’endroit était dépourvu de distinction religieuse. « Prêt ? Tadam ! » s’exclama-t-elle en le libérant. « Ose me dire maintenant que j’ai mauvais goût ! » Elle sauta avec agilité sur le petit muret et s’éloigna de deux ou trois mètres avant de revenir près de lui. « Maintenant, c’est simple, tu te mets où tu veux, comme tu veux, tu gigotes autant que tu veux, tu parles de la pluie et du beau temps si ça te chante, mais tu ne me fais pas faux bond, c’est dans tes cordes, tu crois ? » Et elle se laissa glisser pour se retrouver en tailleur sur le rebord, de façon à pouvoir tremper les doigts dans l’eau si elle en avait envie.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Dim 15 Mai 2011 - 20:29

« Encore un pari ? Tu l’as raté, cette fois, c’est ça ? Tu as surestimé tes capacités ? Note que ce n’est pas étonnant, il faut bien que cela t’arrive un jour ou l’autre. » Hareton haussa les épaules à cette remarque. Évidemment, il n’avait fallut qu’un après-midi à cette fille pour le cerner. Du moins en partie. Parce que si elle avait compris qu’il s’agissait d’un pari, elle n’avait pas pensé une seule seconde qu’il s’agissait de celui qu’il avait remporté grâce à elle. Il faisait souvent des choses auxquelles ont ne s’attendait pas. Lui-même s’étonnait par moment. Pourquoi faisait-il telle ou telle chose ? La réponse n’avait pas d’importance à ses yeux, il le faisait et c’était tout ce qu’il y avait à savoir. « Quelque chose dans le genre, ouais. » Il ne voulait pas en dire plus de peur de révéler ce qui s’était réellement passé. Oh, il n’avait pas honte d’avoir agis comme il l’avait fait mais il n’était pas non plus prêt à accepter de n’être qu’un gentil garçon. Parce qu’il n’y avait bien que les gentils pour faire un truc aussi débile que perdre volontairement. Il n’était pas gentil. C’était un bad boy et puis, c’est tout. Comme pour se convaincre lui-même, il poussa un petit grognement en direction de la demoiselle essayant de l’intimider. Tout ça pour quoi ? Pour ne pas admettre qu’Hareton Blitswick était plus qu’un petit rigolo et qu’il avait parfois la décence d’être un humain normal avec des réactions normales. Beurk. Toutefois, il fut content de penser à autre chose et d’aborder le point sensible que représentait l’église et tout ce qui va avec. Il avait des tas d’arguments contre ces morales à deux francs, ces religions qui privaient les gens d’être comme ils étaient réellement. Il s’en était pourtant tenu à la version courte, histoire de ne pas effrayer la demoiselle. Et si elle était partisane du Christ après tout ? Si ça se trouve, elle avait une croix au dessus de son lit ! Cette pensée le fit frissonner de dégoût. Puisse le Christ être en paix. « On est au moins d’accord sur ce point. » Cette remarque le rassura et il put enfin se détendre. La gêne laissa place à ses habituels petites manies tape à l’œil et grotesque. Un vrai boétien dans toue sa splendeur.

La jeune fille sortit alors un paquet de cigarette et ne se gêna pas pour en glisser une entre ses lèvres. Hareton fronça le nez, mécontent. S’il y avait bien quelque chose qu’il n’aimait pas, c’était voir une dame fumée. Il trouvait cela grossier et vulgaire. C’était un prétexte absurde et bon nombre de demoiselles s’écrieraient au macho, mais c’était plus que ça… Sans doute encore quelque chose d’inexplicable dans sa foutue vie. Qui finirait par lui expliquer toutes ses choses qui lui venaient en tête sans en trouver la provenance ? « On dirait pas que je suis tyrannique et que tu ne peux rien me dire ! » « Oh si je te jure, on dirait ! » Jurer dans un lieu saint n’était-il pas un blasphème ? Mais quel rebelle ! Il ne put d’ailleurs s’empêcher de sourire face à cette constatation. Mais il n’eut guère le temps de se pencher davantage sur la question qu’il sentit une main encercler son bras et se sentir tirer en avant. Pourquoi les filles faisaient-elles toutes ça ? C’est bon, il était encore capable de suivre quelqu’un sans y être forcé ! « Mais tu parles trop vite, tu ne sais même pas où on va. Tiens, d’ailleurs, t’as qu’à fermer les yeux. » Certainement pas, au grand jamais il n’accepterait ça ! Fermer les yeux ? Maintenant ? Avec elle ? Il ne savait ni où ils allaient ne ce qu’ils allaient faire et puis surtout, il ne la connaissait pas ! Comment pouvait-il lui faire confiance ? Il ne put s’empêcher de se raidir lorsqu’elle plaça ses deux paumes sur ses yeux. Elle dû d’ailleurs le remarquer car elle ne se priva pas d’une charmante petite remarque : « Va falloir me faire un minimum confiance, maintenant. Ce n’est peut-être pas dans tes cordes mais je peux difficilement t’emmener en Enfer, surtout ici » « C’est pas drôle ! » La réplique était partie toute seule alors que gauche, Hareton avançait à tâtons. Il ne voyait rien et les deux mains posés sur ses yeux ne suffisait pas à apaiser le mal être qu’il ressentait. C’est qu’il avait un peu peur du noir. « Sérieusement, tu vas payer pour ça. J’espère que tu t’en rends compte. J’ai HORREUR des surprises, en plus ! » Ses pas étaient hésitant et il commençait à avoir les mains moites. Mais il ne voulait pas avouer cette faiblesse qu’il avait toujours trouvée ridicule. Pourtant, la peur du noir était tout ce qu’il y avait de plus normal chez quelqu’un comme lui. Le noir, ça représentait le néant. Tout ce qu’il avait perdu. Douze ans de noir complet. « Attention, il y a une marche… Une deuxième… Une troisième… C’est bon, tourne vers la droite, maintenant. » Troublé et n’ayant pas la moindre notion d’espace, Hareton eut peur de manquer une marche ou l’autre. Par chance, il restait sur ses deux pieds et ne chuta pas. Après avoir tourné à droite comme elle le lui avait si gentiment demandé, il ne put s’empêcher de cracher son venin. « Qui que tu sois, quelque soit ton nom : je te déteste, SATAN ! » Il fut bien entendu heureux d’apprendre qu’il n’était plus très loin et que très bientôt il pourrait recouvrer la vue. Ce n’est pas qu’elle lui manquait, mais presque. Comment faisait-il les aveugles ? Hareton se mit à les plaindre sincèrement alors que l’heure de vérité approchait à grand pas.

« Prêt ? Tadam ! Ose me dire maintenant que j’ai mauvais goût ! » Hareton pu enfin découvrir les lieux et se frottant les yeux pour ne pas devoir refaire face à la lumière trop rapidement, il fit quelque pas pour s’éloigner de la traitresse. « Je te déteste quand même. » ne put-il s’empêcher de faire remarquer. Mais il était vrai que le lieu était époustouflant et que même la Vierge Marie donnait une beauté divine à tout cela. « Maintenant, c’est simple, tu te mets où tu veux, comme tu veux, tu gigotes autant que tu veux, tu parles de la pluie et du beau temps si ça te chante, mais tu ne me fais pas faux bond, c’est dans tes cordes, tu crois ? » Le jeune homme la regarda s’installer ébahi. Quoi, c’était tout ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Il était tout sauf d’accord avec la suite du programme. D’abord, il ne savait pas quoi faire et ensuite, il n’oserait pas le faire s’il se sentait épier. Pourtant, il était loin d’être pudique. Mais les deux prunelles de cette jeune fille le transperçaient si bien qu’il avait peur qu’elle voit plus que ce qu’il ne montrait. Étrange façon de penser et quelque peu ridicule aussi. Hareton restait pétrifié sur place et porta sa main à sa nuque il demanda : « Avoue que tu te fous de ma gueule, aujourd’hui ? » Le son de sa voix se voulait amuser mais dans ses prunelles, une lueur d’appréhension était perceptible. Quoi faire, quoi dire, comment et pourquoi surtout ? Puis, s’animant soudain, il se mit à faire les cents pas de droite à gauche en se lançant dans un speech digne d’un talk show pourri. « Tu vois ! C’est exactement pour ça que j’étais réticent la dernière fois. Tu me dis, allez viens Hareton, je vais te dessiner tu vas être un beau modèle ! Alors moi je te dis que non parce que je me connais et que je sais que je suis tout sauf mannequin. Je hais les mannequins, soit dit en passant. Mais bon, t’es cool, t’es mignonne donc je me dis : pourquoi pas ? Alors je me pointe, avec cette foutue bagnole que j’suis obligé de nettoyer à cause de toi et là… Qu’est-ce que tu me balances ? Fais ce qui te chante mais reste là ? Je suis pas d’accord ! » En une fraction de secondes, il avait laissé filtré plus d’information qu’il ne l’aurait fallut. Il venait de dire son nom et pire, que c’était à cause d’elle qu’il devait nettoyer la voiture de Murdock. Il se sentait soudainement bien con. Encore. Il s’arrêtait alors net et pointa la jeune femme du doigt : « Tu me dis ce que je fais et je le fais. Mais ne me dit pas de faire ce qui me chante. Sinon, ce qui me chante, c’est de me barrer tu vois ? Et je dis pas ça pour toi mais bel et bien pour le concept de ce rendez-vous. » Laissant retomber les bras le long de son corps, Hareton afficha un air de chien battu suppliant pour qu’on lui fournisse des règles à appliquer. Il n’allait pas tout faire, et puis quoi encore.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Dim 15 Mai 2011 - 22:07

A peine avait-elle donné les directives qui, elle le pensait sincèrement, rassureraient le jeune homme qui s’imaginait sûrement déjà devoir rester immobile pendant une heure, au point qu’il se retiendrait de respirer, qu’elle entama la fouille de son sac duquel elle sortit son carnet fétiche et deux ou trois crayons ainsi qu’une gomme usée de tous côtés. Elle tourna les pages les unes après les autres en quête d’une surface vierge de tout trait de crayon qu’elle finit par dégoter en fin de carnet. « Il va vraiment falloir que je m’en achète un autre » dit-elle tout haut, plus pour elle-même que pour son modèle. Elle jeta un coup d’œil amusé au jeune homme qui n’avait eu de cesse de ronchonner tout au long de leur courte marche jusqu’à ce coin à reclus derrière un rideau de feuilles, à l’abri de regards inconnus qui auraient pu venir troubler leur tranquillité. Elle adorait la façon qu’il avait de jouer les rebelles mais d’obéir comme un petit mouton sur certains points. Il avait rouspété durant sa marche aveuglée mais il n’avait pas cherché à retrouver la vue, se laissant guider par Maya. La preuve pour elle qu’il cachait un cœur tendre derrière son attitude farouche et contrariante. Il prenait visiblement un malin plaisir à contredire tout ce qu’elle pouvait bien dire et elle le laissait faire, parce que c’était ce qui faisait son charme, en grande partie. « Qu’est-ce qu’il y a ? » s’enquit-elle en voyant l’air interloqué qui figeait ses traits alors qu’elle s’apprêtait à donner le signal de départ. « Avoue que tu te fous de ma gueule, aujourd’hui ? » La réaction de Maya fut naturelle : elle haussa les sourcils puis les fronça, cherchant l’erreur, guettant dans sa mémoire le moment exact où elle s’était fichue de lui. Okay, elle l’avait taquiné, mais c’était fait gentiment et avec affection. Elle ne le faisait pas pour l’humilier. Elle aimait leur relation taquine, basée sur des réparties acérées et bien lancées, sans méchanceté, juste pour donner à l’autre l’occasion de rétorquer quelque chose et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils se quittent pour elle ne savait combien de temps. Mais visiblement, il n’avait pas la même vision des choses. « Non, pourquoi penses-tu ça ? » dit-elle en croisant les bras sur sa planche. « Je te facilite la tâche, c’est tout. Tu préférerais devoir rester immobile et remuer le nez si ta narine te gratte ? » « Tu vois ! C’est exactement pour ça que j’étais réticent la première fois ! » déclara-t-il en faisant les cent pas d’un air énervé qu’elle ne comprit pas. Elle garda le silence et le suivit des yeux alors qu’il s’élançait dans tout un tas d’explications qui ne tardèrent pas à surprendre la jeune femme. « Tu me dis, allez viens Hareton, je vais te dessiner, tu vas être un beau modèle. » Hareton, voilà donc le nom du mystérieux personnage. Elle ne fut même pas surprise de la source étonnante de ce prénom et elle le trouva d’autant plus attachant. « Alors moi, je te dis que non parce que je me connais et que je sais que je suis tout sauf un mannequin. Je hais les mannequins, soit dit en passant. Mais bon, t’es cool, t’es mignonne donc je me dis : pourquoi pas ? » Un sourire attendri arqua les lèvres de Maya qui cala son menton dans le creux de sa main, de plus en plus intéressée par les paroles décousues de son cher modèle. « Alors je me pointe, avec cette foutue bagnole que j’suis obligé de nettoyer à cause de toi et là… Qu’est-ce que tu me balances ? Fais ce qui te chante mais reste là ? Je suis pas d’accord. » Une lueur d’incompréhension traversa le regard de Maya quand il mentionna qu’elle était fautive. Qu’avait-elle fait pour qu’il écope de cette corvée ? Mais elle n’eut pas vraiment le temps d’analyser plus en profondeur parce qu’il poursuivit en la pointant d’un doigt accusateur : « Tu me dis ce que je fais et je le fais. Mais ne me dis pas de faire ce qui me chante. Sinon, ce qui me chante, c’est de me barrer, tu vois ? Et je dis pas ça pour toi mais bel et bien pour le concept de ce rendez-vous. » Il se tut et Maya attendit d’être certaine qu’il avait fini son laïus avant de poser son carnet devant elle et de se lever. « Attends, attends. En quoi est-ce ma faute si tu… » Elle s’arrêta à mi-chemin et son visage exprima une soudaine compréhension. « Oh… » Non, il était inconcevable que… Perplexe et soupçonneuse, elle le regarda en mettant les poings sur les hanches. « Attends une seconde. Tu les as eus tes coupons ou pas, au final ? Parce qu’à part si tu t’es vendu tout seul, je ne vois pas comment ça peut être ma faute. » Elle ne parvint pas à réprimer le sourire qui vint figer ses lèvres. « Ah ! Hareton ! » Que ce prénom sonnait doux sur la langue ! Elle combla l’espace qui les séparait et vint passer ses bras autour de la nuque de son mannequin. « En fait, derrière ta carapace de monsieur je sais tout, tu caches un tout petit cœur de moineau ! C’est adorable ! » Elle approcha son visage, chatouilla le nez du garçon avec le sien et ajouta, avant qu’il ne se rebelle face à cette marque d’affection spontanée. « Promis, je garderai cette information pour moi. » Elle s’écarta pour glisser les doigts sur la ligne de la mâchoire cachée sous la barbe naissante. « Mais tu sais, tu n’as pas à sauver mon honneur, je l’ai perdu y a bien longtemps et je ne pense pas le récupérer un jour. Enfin bon, je te remercie. Je pense qu’on ne m’a jamais traitée avec autant d’égard. N’importe qui se serait empressé d’aller se vanter de m’avoir eue si facilement. » Bon, elle n’avait pas été très difficile à avoir, au final, mais tout de même, elle était sincèrement et agréablement étonnée qu’il ne soit pas allé se vanter de son exploit pour obtenir ces coupons dont il parlait tant et avec tellement d’amour dans le regard. « Maintenant, voilà ce que je te propose. Si t’enlèves tes chaussures, tu pourrais aller t’asseoir près de la Vierge Marie et jouer les saints, comme ça tu as une pose et le cadre autour de toi sera magnifique à transposer sur papier et, en même temps, on fera un pied de nez à cette bonne vieille Eglise. Qu’est-ce que t’en penses ? Si t’as une autre idée, c’est bienvenu aussi. J’aime la créativité, aussi bien de mon côté que de celui qui pose. Et je suis sûre que dans ton adorable petite tête, il y a pleins de choses qui se bousculent. » Elle recula d’un pas et fit volte-face pour aller récupérer ses affaires. Elle ne manqua toutefois pas d’ajouter par-dessus son épaule : « Oh, au fait, je ne m’appelle pas Satan mais Maya. » Et la revoilà assise avec la planche soigneusement disposée sur les cuisses, le crayon prêt à passer à l’action.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Sam 18 Juin 2011 - 22:12

S’il y avait une chose à savoir sur la vie, c’est qu’elle ne répondait jamais à vos attentes. Vous avez beau dire ou penser ce que vous voulez, les choses tourneront toujours à votre désavantage. Ou si, par le plus heureux des hasards, la vie venait à se montrer clémente, ce ne serait que pour se montrer plus virulente par la suite. C’était ce qu’Hareton avait appris avec le temps. Parfois, il avait la sensation d’avoir tout gagné et que rien ne pourrait le déstabiliser. Jamais. Personne. Mais la vérité c’est qu’il avait tort. Il était comme tout le monde et il avait son lot de problème. Il parvenait bien sûr à faire abstraction de ces derniers et les dissimuler derrière de petites choses sans importance et c’était sans doute pour cette raison qu’il s’était énervé sur la demoiselle qui l’avait emmené dans ces lieux trop pieux à son goût. Pour oublier qu’il n’avait jamais eu de religion, pour oublier qu’il n’était pas chaque jour maitre de son destin et pour oublier qu’il était plus gentil qu’il ne voulait bien le laisser paraître, il avait laisser libre court à son imagination. Avec cette dernière, il était capable de créer les plus longs et bizarroïdes monologues que l’on pouvait entendre. Ceci expliquait donc cela. Ou du moins, en partie. Parce qu’au fond, lui-même ne savait pas ce qui le dérangeait véritablement dans cette idée. Peut-être avait-il peur de découvrir le portrait que la jeune femme aurait fait de lui par la suite ? Le connaissant, il s’était sans doute imaginer un portrait du genre Dorian Gray et il avait peur de sombrer dans une luxure qui lui coûterait la vie. Les pensées d’Hareton étaient toutes véritablement étranges dans le fond. Qui pourrait prétendre un jour le comprendre réellement ?

L’énervement qu’il ressentait donc à cet instant était inexplicable même pour lui et voir la jeune femme se relever pour l’approcher ne fit que redoubler ce sentiment étrange. « Attends, attends. En quoi est-ce ma faute si tu… » L’avoir s’arrêter ainsi le fit soupirer. Mon dieu, faites qu’elle ne soit pas aussi perspicace qu’elle en avait l’air ! « Oh… » Visiblement le seigneur n’en n’avait que faire de ses prières et avait décidé de le rendre ridicule. Vraiment, merci ! Hareton leva d’ailleurs les yeux au ciel avant de froncer le nez de dégoût. « Attends une seconde. Tu les as eus tes coupons ou pas, au final ? Parce qu’à part si tu t’es vendu tout seul, je ne vois pas comment ça peut être ma faute. » Le jeune homme espéra de tout cœur qu’elle ne trouverait pas la bonne réponse à cette question et puis quoi qu’elle en dise, ce serait toujours de sa faute. Parce que si elle n’avait pas été aussi… aussi elle, les choses ne se seraient certainement pas passer de la même façon ! Et ça, rien ni personne ne parviendrait à lui sortir de la tête. Et beurk, c’était quoi ce sourire niais qu’il voyait éclairer son visage ? Ca y est, il avait envie de vomir. « Ah ! Hareton ! » Un court instant, il se demanda comment elle savait. Était-il écrit son nom sur son front ? Et soudain il réalisa qu’à nouveau, il avait été le seul à vendre la mèche. Décidemment, ce pauvre garçon était loin de savoir garder sa langue dans sa poche. Un jour, il lui arriverait de bien vilain tour s’il continuait dans cette lancée. Et sans qu’il n’ait eu le temps de la voir venir, il sentit le corps de la demoiselle se presser contre le sien alors qu’elle lui enlaça le cou de ses bras. Beurk ! Voilà pourquoi il ne voulait pas lui dire ! Non vraiment, il ne pourrait jamais se pardonner d’avoir fait une aussi horrible gaffe. « En fait, derrière ta carapace de monsieur je sais tout, tu caches un tout petit cœur de moineau ! C’est adorable ! » D’un geste plein de grâce, derrière le dos de la jeune femme, Hareton mima une régurgitation tout ce qu’il y avait de plus classe. Lui ? Un petit cœur de moineau ? « N’importe quoi ! » s’emporta-t-il. Il n’était sans doute pas prêt d’accepter cette faiblesse. il préfère de loin être le comique de service ou le barjot. D’autant plus que la demoiselle ne lui facilitait pas la tâche, là. Non mais, pourquoi frottait-elle son nez au sien ? Elle se prenait pour un couple de chats en chaleur ou quoi ? Hareton ne put s’empêcher d’effectuer un petit geste de recule face à ce trop plein de bon sentiment. « Promis, je garderai cette information pour moi. » Bah tiens ! En même temps, ce n’est pas comme si elle connaissait véritablement les gens qu’il fréquentait et puis, personne ne l’aurait cru. Un Blitswick resterait toujours un Blitswick, peu importe ce que pouvait dire ou même penser les abrutis qui peuplait cette planète à la con. Et puis, elle ne pouvait pas arrêter de le toucher là ? C’était bien la première fois qu’Hareton reculait la tête alors qu’une demoiselle lui caressait le visage avec douceur. « Mais tu sais, tu n’as pas à sauver mon honneur, je l’ai perdu y a bien longtemps et je ne pense pas le récupérer un jour. Enfin bon, je te remercie. Je pense qu’on ne m’a jamais traitée avec autant d’égard. N’importe qui se serait empressé d’aller se vanter de m’avoir eue si facilement. » Roulement d’yeux et soupir exaspérer. Comme s’il avait fait ça pour son honneur ! En fait, il ne savait pas pourquoi il avait fait les choses de cette façon mais c’était chose faite désormais et il était trop tard pour revenir en arrière. « Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je ne suis pas n’importe qui. Ca aurait du te mettre sur la voix. Et puis, je vois pas où est le mérite de se taper une fille facile, justement. A la limite, t’aurais été du genre reine des glaces intouchables, ça aurait été beaucoup plus valorisant pour moi hein. Donc tu vois, j’ai pas essayé de sauver ton honneur mais le mien. » était-il vraiment obligé de se montrer aussi exaspérant et même méchant ? Cette remarque était déplacée et il aurait mieux valait qu’il la ferme. Mais même admettre qu’il avait du respect pour le genre humain l’exaspérait et était en total opposition avec le personnage qu’il était. « Et puis, je suis pas adorable. C’est juste que je voulais pas me taper la honte à dire que je m’étais fait une pseudo nana… On peut pas dire que tu sois très féminine, non plus ! » Bien sûr, il aurait déjà pu s’arrêter à ce qu’il avait dit mais une fois, qu’il était lancé, Hareton Blitswick était une vraie machine de guerre. Inutilisable pour n’importe qui.

« Maintenant, voilà ce que je te propose. Si t’enlèves tes chaussures, tu pourrais aller t’asseoir près de la Vierge Marie et jouer les saints, comme ça tu as une pose et le cadre autour de toi sera magnifique à transposer sur papier et, en même temps, on fera un pied de nez à cette bonne vieille Eglise. Qu’est-ce que t’en penses ? Si t’as une autre idée, c’est bienvenu aussi. J’aime la créativité, aussi bien de mon côté que de celui qui pose. Et je suis sûre que dans ton adorable petite tête, il y a pleins de choses qui se bousculent. » Il soupira à nouveau face à cette perspective qui ne lui disait vraiment rien de bon. Il n’aurait jamais du venir. Il aurait simplement du rester chez lui, tranquillement, à mater des films porno. Bon, d’accord, ça n’avait jamais été son truc mais il fallait bien un début à tout ! Bref, alors qu’elle s’éloigna, il exécuta donc les idées de madame puisque son adorable petite tête ne lui permettait pas de faire mieux. Et alors qu’il enlevait ses chaussures, sa voix s’éleva : « Je devrais être payé pour ça. C’est presque de la prostitution quand on y pense. Je me mets presque à nu pour ton crayon, j’espère que tu t’en rends compte ! » Il la vit s’installer et alla jusqu’à la Marie qui l’attendait bien sagement et alors qu’il prenait pause, il entendit la voix de la demoiselle. « Oh, au fait, je ne m’appelle pas Satan mais Maya. » Et du tac au tac, il ne put s’empêcher de rétorquer : « Satan te va mieux. » Mais désormais assis à côté de la sainteté suprême, Hareton se sentait vraiment mal à l’aise. Il trouvait cette idée absurde tout à coup et se creusa les méninges pour trouver mieux. Mais rien à faire, il n’avait absolument pas la fibre artistique. Oh, certes, il savait dire si une peinture ou dessin méritait d’être contemplé ou non, mais ça s’arrêtait là. « Maya, c’est joli. Je sais pas pourquoi, je m’étais mis dans la tête que tu t’appelais Juliette et que, quelque part dans le monde, t’avais un Roméo qui t’attendait. Un flingue sur la tempe. Prêt à se donner la mort tellement tu serais chiante ! » Il laissa échapper un petit rire amusé. Bien sûr, il voulait plaisanter. Mais à sa façon. « Alors, je suis assez excitant pour te faire vibrer au point d’agiter ton crayon ? » C’était une façon de voir les choses… Chacun son truc.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Mer 29 Juin 2011 - 19:53

Le genre de remarques qu’il pouvait lui balancer à la figure lui importait peu, finalement. Des moqueries par rapport à son look, à sa coupe, elle en avait toujours entendu depuis qu’elle avait décidé de passer des coups de ciseaux dans sa chevelure brune. Ça avait été un geste spontané, probablement en réaction à quelque chose qui l’avait bouleversée. Un pied de nez qui, finalement, lui avait bien plu. Elle s’était habituée à la facilité que lui apportait ce côté garçon manqué. Toutefois, le terme garçon manqué était un peu exagéré, car si elle arborait effectivement des cheveux courts et des vêtements informes, elle avait davantage l’air hippie que garçon manqué. Mais très bien, si les gens voulaient voir en elle une fille manquant de féminité, cela lui convenait bien. Que le jeune en use et abuse à chaque fois qu’il était nerveux était par contre un brin irritant. Il l’avait pratiquement abordée en la traitant de garçon, ajoutant presque que c’était une faveur qu’il lui faisait à s’intéresser à elle. Heureusement pour lui, il avait changé d’optique assez rapidement. Mais voilà qu’il repartait là-dessus. Et si Maya dissimula derrière un sourire la pointe d’agacement qu’elle ressentit à ce moment-là, elle n’en était pas moins marquée et elle grava d’ailleurs ses mots dans sa mémoire. S’il poursuivait sur cette voie, cette entrevue serait probablement la dernière. S’il voulait la percevoir comme ça, elle ne chercherait pas à le faire changer d’avis, mais elle ne lui donnerait pas de raison supplémentaire de lancer ses assauts verbaux. Elle n’était pas masochiste. Elle voulait bien du Hareton qu’elle avait découvert, celui qui lui donnait envie de le taquiner, d’entendre le flot d’âneries qu’il pouvait déverser à la minute. Le reste, ses remarques blessantes sur elle et son physique, elle s’en passerait volontiers. Mais elle n’avait pas la tête à le remettre à sa place. Pas à l’instant même, en tout cas. Elle était de bien trop bonne humeur pour le laisser tout gâcher aussi facilement. Après tout, il avait accepté le deal, qu’il l’assume, à présent, au lieu de la malmener moralement, comme si ça allait changer quelque chose au fait qu’il devrait rester tranquille une vingtaine de minutes. Elle n’attendait rien de lui, elle ne cherchait pas à obtenir son amitié ou son affection. Elle avait simplement pensé qu’ils semblaient bien s’entendre. Finalement, elle s’était peut-être un peu leurrée à ce sujet-là mais après tout, elle ne prétendait pas être une experte en genre humain.
Faisant abstraction de sa grossièreté – elle savait que ce n’était pas le terme adéquat, mais elle ne savait pas vraiment comment qualifier cette rebuffade injustifiée – elle lui proposa d’aller se placer près de la statuette qui décorait la fontaine. À quelques mètres d’elle, peut-être ferait-il moins de dégâts. Parce que parti comme il l’était, il allait rapidement faire remonter des remarques acerbes chez Maya. Or, elle n’aimait pas utiliser ce ton ni ces manières. Elle préférait la simplicité à un échange houleux. Ils ne se connaissaient pas. Très bien. Inutile de se lancer dans des jugements hâtifs. Elle ne voulait pas lui ôter l’image qu’il avait laissé paraitre dans la cabane, près de la plage. Mais s’il continuait sur cette voie, il ne faisait aucun doute qu’elle l’arracherait volontiers pour aller coller sur son front un doux surnom tel que « connard », par exemple, ce qui la démangeait bien à ce moment précis. « Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je ne suis pas n’importe qui. Ça aurait dû te mettre sur la voie. Et puis, je vois pas où est le mérite de se taper une fille facile, justement. » L’envie de le faire taire avec une bonne gifle l’avait tentée mais plutôt que de montrer ne serait-ce qu’une once de blessure en cillant à ces mots, Maya resta impassible. Bonne humeur. Deux mots qu’elle faisait tourner inlassablement dans sa tête en attendant qu’ils s’imprègnent complètement.
Était-ce l’agacement ou la chaleur qui régnait ? Maya ne le savait pas trop mais elle sentit poindre une migraine qui lui vrilla les tempes alors qu’il soupirait, levait les yeux au ciel, faisait tout pour arborer son agacement sur ses traits sérieux. Ce devait être l’agacement. On lui tapait rarement sur le système mais en quelques minutes de temps, Hareton était parvenu à changer la couleur de cette rencontre. « Satan te va mieux. » Une remarque supplémentaire que Maya ignora royalement, tâchant de respirer et de se concentrer pour oublier la douleur naissante qui l’empêchait d’apprécier ce moment. Après tout, en temps normal, rien ne la rendait plus heureuse que de se poser pour dessiner, observer les lieux qui l’entouraient, s’imprégner de l’ambiance que la nature offrait. Elle était d’habitude apaisée par cette activité. À ce moment précis, elle avait plutôt l’impression qu’elle frisait la syncope et elle fut soulagée de retrouver la stabilité de la position assise. Elle en oubliait même le bavardage inutile de son compagnon. Il aurait pourtant été judicieux d’entendre ce discours là, puisqu’il était bien moins vindicatif. « Maya, c’est joli. Je sais pas pourquoi je m’étais mis dans la tête que tu t’appelais Juliette et que, quelque part dans le monde, t’avais un Roméo qui t’attendait. » Maya leva les yeux, les posa sur la silhouette qui lui faisait face. Une silhouette qui n’était pas nette. Elle ferma les yeux, plissa les paupières, comme pour reprendre ses esprits et les rouvrit alors qu’il continuait son monologue. « (…) Prêt à se donner la mort tellement tu serais chiante ! » Et bla, et bla, et bla. Elle n’enregistrait plus rien. Voilà que la nausée s’était ajoutée au reste des symptômes désagréables et elle fouilla son sac à l’aveuglette pour tirer un paquet de cigarettes à moitié écrasé. Elle en glissa une entre ses lèvres, chercha son briquet d’un geste tremblant et approcha la flamme de l’extrémité de la clope. « Alors, je suis assez excitant pour te faire vibrer au point d’agiter ton crayon ? » Maya le fixa d’un air absent, comme si elle ne le voyait plus et, sans raison apparente, elle se détourna vivement et posa les pieds à terre, du côté extérieur de la fontaine, la tête penchée entre les jambes avec l’envie pressante de vider son estomac. Sauf qu’elle n’avait rien mangé, ce matin. Rien de bien consistant, en tout cas. Elle n’avait pas un régime très équilibré ni très stable. Elle mangeait quand elle avait faim et engloutissait ce qui lui tombait sous la main : rarement de bonnes choses savoureuses, en somme. Il n’y avait que quand Adriel était aux fourneaux qu’elle s’assagissait. Elle avait bien cuisiné à plusieurs reprises mais cela ne valait jamais les délicieux plats de son meilleur ami.
Gardant les yeux fermés, Maya tâcha de respirer, de calmer les battements frénétiques de son cœur et l’impression de chaleur oppressante qu’ils lui procuraient. Penchée à une trentaine de centimètres des pierres poussiéreuses, elle maudit son corps, trop fragile pour endurer des années d’excès. Elle n’avait pourtant pas consommé quoi que ce soit d’illégal depuis deux jours, alors pourquoi était-elle tout à coup sur le point de se vautrer, en ayant la sensation que seule la position fœtale la préserverait de ce malaise ? L’odeur de la cigarette encore fumante la dégoûta et elle la propulsa à une poignée de mètres d’une pichenette avant d’enrouler ses bras autour de son ventre. Elle pourrait maudire Hareton, mettre ça sur son dos, peut-être qu’il y réfléchirait à deux fois avant de parler. Il l’avait bien mérité, après tout. Qu’avait-elle fait pour mériter ses propos blessants ? « Je crois que la séance est écourtée. Content ? » déclara-t-elle après un instant, se sentant légèrement mieux. Elle se redressa, attrapa la lanière de son sac et tenta d’y fourrer son carnet. Une nouvelle pointe douloureuse lui traversa le ventre et elle pressa sa paume contre l’endroit enflammé. Elle aurait bien parié sur la crise d’appendicite si elle ne l’avait pas déjà eue quand elle avait treize ans. Sa douleur n’était pas normale et c’est donc avec un certain regret qu’elle se tourna vers la seule personne qui pouvait l’aider : « Maintenant, si tu voulais bien jouer les preux chevaliers et me déposer chez moi, ce serait cool. Et peut-être que je pardonnerais tes mauvaises paroles. Peut-être. » Elle qui était bien décidée à jouer les imperturbables avait laissé sa rancœur prendre le dessus, rien qu’un instant mais ce n’était que pour une seule raison : elle ne voulait pas risquer un refus de sa part, chose dont il aurait été tout à fait capable, elle le savait parfaitement. Sans vraiment attendre son approbation, elle passa la lanière de son sac sur son épaule et reprit le chemin inverse. Comment ruiner une belle après-midi en un temps record ? Appelez Hareton et Maya, ils connaissent la recette idéale !
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Sam 2 Juil 2011 - 15:10

Si Hareton Blitswick avait une passion dans la vie, c’était bien celle d’emmerder autrui. Il avait toujours été un chahuteur et un petit plaisantin à l’humour lourd. La plupart des gens étaient d’ailleurs rapidement agacé par cet énergumène, mais quand ce n’était pas le cas, le jeune homme mettait toutes les chances de son côté pour changer la donne. Au fond, il n’aimait pas que l’on s’attache à lui et qu’on le prenne pour quelqu’un de bien. Il savait ce que c’était de perdre un être auquel on tenait, il connaissait la douleur et le vide que cela engendrait et c’était pour ces raisons qu’il se montrait toujours peu impliqué et concerné dans ses relations avec les autres. Parfois même, il n’hésitait pas à se montrer brutal dans ses propos, insultant même. Il refusait tout simplement qu’on l’apprécie outre-mesure, que l’on voit en lui un ami sur qui l’on pouvait compter à n’importe quel moment de la nuit. Ce n’était pas le cas. Jamais Hareton ne se serait levé au beau milieu de la nuit pour secourir quelqu’un. Sa raison ? Il n’y a pas de raison. Il n’avait tout simplement pas que ça à faire. Mais dans le fond, il était le seul à savoir qu’il se tournerait et retournerait dans ses draps jusqu’au lendemain matin. Il ne voulait pas être ce genre de gars les filles tombent amoureuse. Comme il le répétait souvent, il était de toute façon allergique à l’amour. Allergique aux mots doux et aux bisous dans le cou. Mais si la véritable raison venait à se savoir, on dirait encore de lui qu’il était mignon à souhait et plein de prévenance. Non, rien à voir. Je vous le garanti. Même si son but premier était de garder les demoiselles à l’abri de toutes déceptions, c’était aussi, principalement, parce qu’il aimait tirer son coup sans devoir subir de représailles. Nettement moins mignon, n’est-il pas ? Il était donc désormais facile de comprendre la réaction d’Hareton face à une Maya trop proche. Oui, il l’appréciait beaucoup et il la trouvait très intéressante. Il aurait beaucoup aimé que leurs entrevues durent et qu’ils puissent nouer une sorte de relation amicale, ou ce qui s’en rapprochait le plus. Depuis longtemps, et bien qu’il refuse de lâcher l’affaire, il avait totalement fait abstraction de la chevelure un peu trop courte de la demoiselle. Il était loin d’être aussi superficiel que cela et même s’il aimait se prétendre parfait, il ne demandait jamais aux autres de l’être pour lui. Et parler de manière aussi peu élogieuse lui avait presque coûté un effort surhumain. Hareton savait qu’il point il fallait toucher pour dissuader les gens de l’apprécier. Il usait de ces manières de faire depuis qu’il avait douze ans et ça avait toujours fonctionné, jamais il ne changerait de méthode. Surtout qu’il avait l’impression que cette dernière faisait grand effet sur Maya. La demoiselle semblait véritablement exaspérée parce qu’il pouvait dire mais ne prenait jamais la peine de lui répondre. Un vague « la ferme » l’aurait poussé à aller plus loin dans ses petits discours, mais visiblement, elle n’avait pas envie que ce soit le cas. Alors, finalement, au bout d’un moment… Il faisait comme il faisait toujours, il redevenu le clown un peu stupide. Avec ses petites allusions à la con et ses sourires Colgate. Mais il avait finalement bien gagné la partie puisque la demoiselle avait définitivement l’air K.O. Victoire ?

Hareton dévisagea Maya alors que cette dernière enfouissait son visage entre ses jambes, au bord de la nausée probablement. Il l’observa en silence lorsqu’elle envoyé valser sa cigarette quelques mètres plus loin. C’était vraiment malin ça, ne put-il s’empêcher de penser ! Elle était dans un lieu saint et madame arrivait à s’allumer une clope pour ensuite l’envoyer au sol. Plus de respect, vraiment. Et il aurait d’ailleurs prit un malin plaisir à lui faire remarquer si elle n’avait pas élevé la voix avant même qu’il n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche. « Je crois que la séance est écourtée. Content ? » S’il étai content ? Ce n’était pas vraiment ce que l’on aurait pu dire. Dans le fond, même s’il n’aimait pas l’idée de devoir poser et de finir immortalisé sur du papier, il n’avait pas envie que la demoiselle lui faisait la tête plus longtemps qu’il ne se l’était imaginé. Avait-il été trop loin ? Cela aurait bien été son genre, mais il avait vu que Maya était une cliente difficile et qu’il lui faudrait beaucoup pour gagner la partie. Visiblement, il avait surpassé ses propres espérances et voilà qu’elle souhaitait partir ! Il la vit récupéré son sac et soupira lourdement, un peu déçu malgré tout. Jusqu’à ce qu’il la voit appliqué une main contre son ventre, l’air douloureux. Arquant un sourcil, étonné, l’animateur voulu questionner la jeune femme sur son état de santé mais là encore, elle le coiffa au poteau. Maudite fille. « Maintenant, si tu voulais bien jouer les preux chevaliers et me déposer chez moi, ce serait cool. Et peut-être que je pardonnerais tes mauvaises paroles. Peut-être. » Un sourire amusé glissa sur les lèvres du jeune homme. Pourquoi fallait-il toujours que les femmes fassent du chantage ? Comme si les hommes n’étaient pas capables de faire des choses pour la bonne cause. Bon, quand on connaissait Hareton, c’était en effet une chose à envisager. Mais pas ce genre de chantage qui, de prime à bord, n’aurait pas de véritable intérêt à ses yeux. La jeune femme glissa la lanière de son sac sur son épaule et fit le chemin inverse. Hareton récupéra vite fait ses chaussures qu’il enfila sans prendre le temps de les ajuster et se lança à la poursuite de Maya qui avait déjà pris de l’avance. Et comme il fallait s’y attendre, il ne se fit pas attendre pour un petit monologue digne de sa personne : « Tu sais, il n’y a rien à pardonner. C’était pas méchant ce que j’ai dit, c’était toi qui a été méchante avec des ‘areuh areuh’. Je supporte pas qu’on me prenne pour un mignon petit nounours au cœur tendre. C’est pas le cas. Et le croire finira par te faire souffrir. D’ailleurs, peut-être que c’est une punition du tout puissant là. C’est pour ça que t’as mal ! » Satisfait de sa répartie, il mit un petit coup de coude dans les côtes de la jeune femme avant de lui passer devant et de rejoindre la voiture.

Arrivé face à l’engin plutôt moche et plutôt crasseux de Murdock, Hareton fit le tour pour venir ouvrir la portière du passage et déclara d’un air pompeux : « Après vous, madame. » Dès que Maya fut installé, il fut à nouveau le tour de la voiture pour s’installer à son tour face au volant. Il enclencha le contact et resta un moment à regarder devant lui, en silence. Puis, il se tourna vers Maya et demanda très sérieux : « Tu préfères pas aller à l’hôpital, directement ? Je veux dire, si ça se trouve, c’est hyper grave ! Et je m’en voudrais à mort si je te déposais chez toi et me barrais… Bon, ok, peut-être pas. Mais ça s’pourrait ! Et puis, je sais pas où t’habite, je crois que ça résout la question. » Hareton quitta donc l’endroit saint pour l’hôpital. Parce que même si Maya venait à contrer ses arguments en disant que ce n’était qu’une petite grippe, il était bien plus têtu qu’elle et dans le doute, on s’abstient ! Il roula donc un moment avant d’arriver à l’endroit fatidique. Il se gara devant et coupa le contact, sans trop osé bouger. Quoi faire ? Quoi dire ? Se barrer tant qu’il en était encore temps ? Les solutions étaient diverses et variées… « Bon, je te laisse ou tu veux me trimballer avec toi comme un sac à main ? » Sa tête glissa sur le côté et il l’observa avec intérêt. Comme s’il la voyait pour la première fois.
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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick Ven 8 Juil 2011 - 12:29

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Message(#) Sujet: Re: « Surprise ! » feat. Hareton Blitswick

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« Surprise ! » feat. Hareton Blitswick

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