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 I tried to forget you ♦ ANYA

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Message(#) Sujet: I tried to forget you ♦ ANYA Sam 7 Mai 2011 - 15:30



Anya & Tadeck


I tried to forget you.



Pour une fois depuis un moment, Tadeck s'était levé plutôt de bonne humeur. Enfin, d'aussi bonne humeur qu'il savait l'être. Aujourd'hui, Laurence lui avait promis qu'ils ne se verraient pas et qu'il pourrait être tranquille. Tant mieux, il en avait bien besoin. Fatigué de toutes ces histoires, Tij ne rêvait que d'une chose : passé une journée seul, oublié de tous. Il avait coupé son portable depuis la veille et ne prit pas la peine de le rallumer. Il n'était joignable pour personne. Il ne voulait pas voir Laurence, ni Roxanne, ni Sona. Se trainant de son lit jusqu'à sa salle-de-bain, il se fit couler un bain avant de descendre à la cuisine se chercher du lait, un bol et des céréales. Il remonta à l'étage, se prépara son petit déjeuner dans la pièce, et se glissa dans son bain tout en dévorant ses céréales, au calme, paisible. Il soupira, quasiment de bien-être. Un véritable miracle en cette période hostile ! Il resta un long moment, presque une heure. Puis, il termina de se doucher, en profitant pour se laver les cheveux. Puis, il sortit, s'enveloppa dans sa serviette bleu, ramassa son bol et redescendit. Là, il déposa le tout dans la cuisine, à côté de la vaisselle qui s'empilait déjà depuis un moment. Il fallait dire que lui et le ménage, ça faisait 50. Il était du genre à toujours remettre à plus tard ce qui pouvait attendre. Certainement qu'il ferait sa vaisselle quand il n'en aurait plus le choix, parce qu'il n'aurait plus de couverts ou d'assiettes. En attendant, il laissait tout en plan. Se posant sur son canapé, il alluma la télévision, calme. Mais rapidement, il sentit une vague d'ennui l'envahir. Ses yeux se posaient souvent sur ses fenêtres ou il pouvait apercevoir un magnifique soleil. Le temps était parfait, et plus les minutes filaient plus il se disait qu'il serait mieux dehors. Oui, mais pour aller où ? Et pour faire quoi ? De plus, il risquait de croiser du monde et avec la poisse qu'il avait, il tomberait certainement sur une des trois femmes qu'il essayait le plus d'éviter. Il commença alors par se résigner, se disant qu'il était plus sûr de rester terré chez lui.

Et puis finalement, il céda. On était en plein mois de Mai, il n'allait pas rester enfermé dans sa baraque avec un soleil pareil ! Ça s'apparentait à de la torture, à un crime contre l'humanité même. Il éteignit alors la télé dans un geste rapide et se leva rapidement, regagnant sa chambre. Là, il enfila un jean délavé et un tee-shirt à manche courte blanc, en col V avec quelques boutons parsemés sur le col. Les cheveux en bataille et mal coiffés, comme souvent, il quitta sa villa et grimpa dans sa voiture. Lunette de soleil sur le nez, il emporta avec lui sa béquille -au cas où. Vitres baissées, il roula un peu au hasard dans la ville, musique en fond sonore. Il tournait un peu n'importe où, ne sachant pas ou s'arrêter pour se promener. Quant au loin il aperçut le pont de la ville, un sourire entendu se glissa sur ses lèvres. Ce serait parfait ! Là-bas, aucune chance de croiser certaines personnes. Elles n'avaient aucune raison de s'y rendre, tout simplement. Changeant de direction, il roula vers le pont et se gara un peu en retrait. Il était temps, il commençait à ressentir quelques douleurs à son genoux. Descendant de sa voiture, il s'empara de sa béquille et claqua la portière derrière lui. Une pression sur sa clé, un petit "bipbip" et la voiture était fermée. Et ce fut tranquillement qu'il remonta le trottoir jusqu'à atteindre le pont.

Un vent frais venait lui caresser le visage, et la vue de l'eau qui luisait sous ce soleil brûlant l'emplissait de plénitude. Ça lui faisait du bien de sortir un peu, tout seul, sans prise de tête ni rien. Pas de rôle à jouer, pas de mensonges, rien. Juste lui. Il s'arrêta au milieu du pont et s'appuya contre la rambarde. Le visage caché derrière ses lunettes, il laissait son regard glisser sur les ondulations de l'eau, se vidant l'esprit. Il resta un long moment comme ça, totalement immobile. Il finit par se redresser, se détachant de la barrière. Là, il retira un instant ses lunettes et se frotta les yeux. Il aperçut une fine silhouette passer derrière lui, mais il n'y prêta pas attention. Remettant ses lunettes sur son nez, il prit appuis sur sa béquille et s'apprêta à reprendre sa route et continuer sa traversée. Mais une voix l'en empêcha. « Tadeck ?! » Oh non, merde hein ! Même ici les gens trouvaient le moyen de venir l'emmerder. Quand je vous disais qu'il avait la poisse ! Et encore, il ne savait pas ce qui l'attendait... Il soupira et se retourna, le visage crispé. Mais ce fut la stupeur qui vint alors déformer ses traits en voyant la jeune femme qui lui faisait face. Les yeux écarquillés -bien que ça ne se voit pas derrière ses lunettes- il entrouvrit la bouche, à la limite de la panique. Aussitôt, il sentit une violente douleur au niveau de la poitrine alors que son regard s'assombrissait au fur et à mesure que certains souvenirs lui revenait en mémoire. Anya... La belle Anya. La dernière fois qu'il l'avait vu ? Juste avant son départ pour l'Irak, alors qu'elle lui annonçait qu'elle mettait fin à leur relation, car elle ne se sentait pas de taille à affronter ça (autrement dit de sortir avec un marine qui risquait de mourir chaque jour). Et même si d'une certaine façon, sa réaction était parfaitement compréhensible, pour Tadeck elle ne l'avait pas été. Lui, il avait juste retenu le fait qu'elle ne l'aimait pas assez pour l'attendre. Très attaché à elle à l'époque, il avait vraiment mal vécu cette rupture et lui en avait voulu à mort, déprimant pendant un moment. Mais la guerre lui avait rapidement occupé toutes ses pensées, et il avait finit par "oublier". Mais la vérité, c'était qu'il n'avait toujours pas digéré cette histoire. Et la voir ici, aussi belle soit-elle, lui donnait la nausée. Elle s'approcha alors de lui, déposant une main sur son bras, un sourire rayonnant sur son visage si délicat qui avait longtemps hanté ses nuits. Qu'est-ce qu'elle fichait bon sang ? Elle n'était plus qu'à quelques centimètres de lui, comme si elle avait l'intention de venir se blottir contre son torse. C'était une blague là ? Revenant à la réalité, Tadeck la repoussa d'une main sèche et brutale, se dégageant de sa main au passage. D'une voix froide, il lâcha : « Dégage ! » Sa main droite se resserra sur sa béquille, alors que son souffle s'accélérait progressivement. Il avait l'impression d'être en pleine hallucination. Qu'est-ce qu'elle fichait là bon sang ?! C'était à peine croyable... Sa gorge s'était nouée alors que ses entrailles se tordaient douloureusement. Sa simple vision suffisait à lui rappeler l'état dans lequel il avait été après qu'elle l'ait quitté. Et il avait comme l'impression de ressentir ça à nouveau. C'était insupportable. D'une voix toujours aussi agressive, il ajouta finalement : « Désolé, mais j'te connais pas. Et ça, j'ai pas envie qu'ça change. » On pouvait difficilement être plus clair que ça... Ça crevait les yeux qu'il n'avait toujours pas digéré la pilule malgré les années passées déjà. Quand on est rancunier, on l'est vraiment ou on l'est pas.

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Message(#) Sujet: Re: I tried to forget you ♦ ANYA Dim 12 Juin 2011 - 2:46

Aujourd’hui, Anya avait eu droit à un jour de repos. Et autant vous dire qu’elle avait pris la nouvelle avec beaucoup de joie. Ces derniers temps avaient été réellement éprouvants. Elle n’avait cessé de courir partout, intervenant sur des incendies, des noyades, des accidents de la route, elle n’avait pas eu une seule seconde de répit. La jeune femme ne se plaignait pas non, elle adorait son métier, vraiment, mais par moment, elle aurait voulu pouvoir se poser plus de cinq minutes sans devoir courir partout dans tous les sens. Ainsi, elle avait passé plus de 48 heures sans dormir, c’était presque une mission suicide, elle ne tenait pratiquement plus sur ses jambes tellement elle était épuisée et à bout de force. Son chef lui avait donc accordé deux jours de repos, lui expliquant que dans cet état elle était tout sauf efficace et qu’elle pouvait au contraire être ‘dangereuse’ pour les autres mais surtout pour elle-même. La jeune Surich avait donc accepté sans rechigner, et avait passé sa première journée chez elle dans le noir le plus complet. Elle était restée cloitrée dans sa chambre et avait dormi, essayant de récupérer un minimum de force. Zackaria avait été adorable. Il ne lui avait pas trop posé de questions, et avait même cuisiné pour elle. Il lui avait apporté des plateaux repas dans sa chambre le midi et le soir. Anya lui était profondément reconnaissante, il était adorable avec elle, il gérait pas mal de choses à la maison ces derniers temps. Il s’occupait des courses, du ménage, et maintenant il s’occupait d’elle. Entre ses crises de nerf la nuit, ses cauchemars incessants qui obligeaient Zackaria à dormir avec elle, et son manque de courage pour se nourrir, le garçon était le colocataire idéal. Anya s’en voulait un peu d’être une sorte de poids pour lui. S’il semblait comprendre et ne se plaignait jamais, la jeune femme se sentait coupable. C’est ainsi que pour son deuxième jour de repos, elle décida qu’elle pourrait lui faire une surprise. Oh non, rien de bien extravagant, juste cuisiner un peu pour lui. Il faisait tellement, qu’un bon repas entre eux deux ne pourrait que leur être bénéfique. Ils n’auraient pas besoin de tout se dire, juste de bavarder un peu. La présence de Zackaria était essentielle dans la vie d’Anya, elle s’en était rendue compte ces derniers temps, et même si elle était effrayée d’être dépendante de quelqu’un, elle était ravie de s’entendre avec lui. Mais revenons-en à la surprise.

En début d’après-midi après avoir pris une longue douche rafraichissante et revigorante, Anya s’était habillée, elle avait enfilé un jean slim qui soulignait sa taille parfaite, et avait mis un tee-shirt marin, qui soulignait ses formes sans montrer sa poitrine opulente qui continuait de la complexer. Elle avait dans un premier temps envisagé de prendre sa voiture pour aller en courses, mais il faisait tellement beau qu’elle préféra s’y rendre à pied. Prendre l’air ne lui ferait pas de mal. C’est donc ses lunettes de soleil posées sur son nez, son sac à main sur l’épaule, et son bipper dans la proche (au cas où une urgence ait lieu) qu’elle quitta son domicile. Anya marchait et se disait que cela faisait un bien fou de profiter du soleil et du petit air frais qui venait chatouiller ses joues. Polie et toujours de bonne humeur, la demoiselle saluait ses voisins et les gens qu’elle croisait. Sans s’en rendre vraiment compte, la jeune femme continua à marcher, prenant son temps pour observer le paysage, pour regarder les enfants jouer sur les balançoires, les gens promener leurs chiens, les amoureux se tenir la main. Soudain elle aperçut le pont de Miami. Un délicat sourire s’afficha sur son doux visage, et elle décida de faire une petite pause sur celui-ci afin d’observer les alentours et l’eau qui passait en dessous. Elle avança donc, lorsqu’elle aperçut une silhouette au loin qui lui était étrangement familière. Anya pensa qu’elle se faisait des films comme toujours, c’était juste impossible qu’elle se retrouve sur le pont en même temps que quelqu’un qu’elle connaissait. Néanmoins, poussée par la curiosité, elle avança lentement, se rapprochant de façon plus ou moins discrète de sa cible. Elle aperçut une canne ou bien une béquille et se dit alors qu’elle s’était trompée. Elle ne connaissait en effet personne qui utilisait ce genre d’objet. Plus naturellement, elle continua à avancer dans le but de dépasser l’individu, mais lorsqu’elle passa derrière lui, elle se figea. La gorge nouée, elle n’en revenait pas. « Tadeck ?! » Sa voix s’était faite douce, tandis que le garçon se retournait pour lui faire face. A cet instant, une vague de souvenirs assaillit la jeune femme. Elle n’en croyait pas ses yeux, Tadeck, son Tadeck était là et lui faisait face. Tous deux pétrifiés, ils s’observaient, tandis qu’Anya sentait une vague de soulagement la parcourir en se rendant compte qu’il était en vie, qu’il était bel et bien de retour. Elle se souvenait de ce jour où il lui avait dis qu’il s’engageait dans la marine, ça l’avait brisée. Et avec déchirement, elle avait mis fin à leur relation, elle n’était pas assez forte, elle ne pouvait pas, non elle était incapable de gérer ça. Incapable d’attendre dans la crainte et la peur qu’on vienne un jour lui annoncer que son petit ami était décédé. Elle avait cru qu’en mettant un terme à leur relation, alors tout serait plus simple pour elle, elle n’aurait pas à s’inquiéter. Mais elle s’était trompée, elle avait eu peur, chaque jour, elle avait espéré qu’il s’en sortirait. Et voilà qu’à présent il était face à elle. Cherchant à briser ce silence pesant, elle s’approcha et posa une main sur son bras avec un sourire tendre et heureux. Alors qu’elle s’approchait de lui pour le prendre dans ses bras, il la repoussa violemment en lui crachant au visage un: « Dégage ! » acerbe. Anya recula et écarquilla les yeux. Pétrifiée devant le comportement de Tadeck, elle ne savait comment réagir. Elle ne l’avait jamais vu sous cet angle, et le moins que l’on puisse dire, c’était qu’elle ne s’y attendait pas. Son sourire éclatant avait disparu, et elle le regardait sans savoir quoi dire. « Désolé, mais j'te connais pas. Et ça, j'ai pas envie qu'ça change. » Rapidement, Anya sentit les larmes monter jusqu’à ses paupières. Elle était blessée, profondément touchée par sa réaction. Elle savait qu’il l’avait reconnue, ce n’était pas possible autrement, elle ne s’était juste pas attendu à ce qu’il la repousse de la sorte. Elle ne comprenait pas. Non, elle n’imaginait pas qu’il puisse lui en vouloir parce qu’elle avait rompu avec lui juste avant son départ. Pas une seule seconde elle avait pensé que cette rupture l’avait touché, l’avait fait souffrir. Elle se racla la gorge, et d’une voix nouée elle lui dit: « Tadeck qu’est-ce qu’il se passe ? C’est Anya, je sais que tu ne m’as pas oubliée… » Après tout, peut-être que… Peut-être qu’elle avait changé, oui c’était ça, peut-être qu’elle avait grandi que son corps et son visage avaient pris une autre apparence, peut-être qu’il n’avait pas la mémoire photographique, peut-être que… Oui, Anya ne pouvait concevoir qu’il lui parle de manière si sèche et si mauvaise de façon délibérée. Elle esquissa un nouveau sourire timide et lui dit: « Je suis tellement contente de voir que tu vas bien ! » Et sans s’en rendre compte, ses yeux glissèrent sur la béquille de l’ancien homme qu’elle avait aimé. Le seul durant toute sa vie d’ailleurs. Qu’il était bon de revoir des personnes aussi importantes de son passé. Et les mots qu’elle n’aurait sans doute jamais du prononcer lui échappèrent: « Tu m’as manquée. »
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Message(#) Sujet: Re: I tried to forget you ♦ ANYA Lun 20 Juin 2011 - 21:47



Anya & Tadeck


I tried to forget you.



Il n'y avait pas de mots pour décrire ce qu'il ressentait à cet instant. La revoir le plongeait des années en arrière, des années qu'il avait d'ailleurs préféré oublier en même temps que l'Irak. Ou du moins, il avait essayé. Un trouble déstabilisant s'emparait de lui de façon croissante et l'incitait à se montrer de plus en plus méfiant et replié sur lui-même, aboutissant alors à une attitude agressive et protectrice vis-à-vis de lui-même. Il la toisait de haut, le regard sombre et méprisant, comme si elle n'était rien. Ou tout au plus un souvenir encombrant qu'il aurait aimé faire disparaitre du revers de la main. Mais la vérité, c'était qu'il n'aspirait qu'à une chose : pouvoir glisser ses doigts sur la peau délicate de ses joues, retrouver son parfum et savoir ce qu'elle était devenue depuis tout ce temps. Mais rien à faire, pas à un seul instant il ne laissa apparaitre cette envie qu'il jugea d'ailleurs bien ridicule. Anya lui avait bien plus de mal qu'elle n'avait pu l'imaginer, et il était à présent persuadé qu'elle ne méritait aucun ménagement de sa part, aucun effort. Il la traiterait comme il traitait tout le monde à présent, et peut-être pire encore. Pour qu'elle sente elle aussi cette horrible sensation de trahison qui lui avait éreinté le cœur à l'époque ou elle l'avait quitté. Alors que lui partait affronter la guerre elle-même, aussi courageux pouvait-il être, elle, elle n'avait même pas essayé d'affronter sa peur. La peur de voir des hommes venir lui annoncer un jour que celui qui partageait sa vie n'était plus. Tadeck n'avait pas supporté cet acte de lâcheté qui l'avait tant infecté et auquel il avait pensé des nuits durant. Lui, il aurait voulu s'endormir chaque soir en pensant à elle, en se disant qu'il fallait qu'il survive pour elle. Il aurait voulu qu'elle soit sa raison de lutter, que sa pensée soit ce qui l'aurait poussé à se surpasser et à être le meilleur soldat. Mais au lieu de ça, durant des semaines il s'était endormis avec la peur au ventre, mais également avec l'esprit blessé. Et ça, il n'était pas prêt de lui pardonner. Jusqu'à lors, il n'avait jamais songé à une quelconque vengeance. Qu'elle soit loin de lui, lui suffisait amplement. Mais maintenant qu'elle était là, à Miami et qu'elle se comportait comme si tout allait parfaitement bien entre eux, il fallait bien avouer que l'idée lui traversait l'esprit. Lui faire mal, l'enfoncer, lui faire regretter son choix... Oh oui, plus il la regardait et plus cette envie se faisant oppressante. Pourquoi pas après tout ? Chacun son tour, non ? Et visiblement, avant même qu'il ne réfléchisse à ce qu'il pourrait lui infliger pour le retour de bâton, il l'avait déjà touché. Alors qu'il feintait ne pas la reconnaitre et qu'il la repoussait brusquement, tout sourire disparu des lèvres fines de la jolie brune qui semblait soudainement perdue et blessée. Elle ne comprenait visiblement pas ce qu'il se passait. Oui, elle ne c'était certainement pas attendu à une telle réaction de sa part. Mais en plus d'avoir toujours eu la rancune tenace, il se trouvait également qu'il avait changé. Et à présent, il n'éprouvait plus grands remords à se montrer hostile vis-à-vis des autres. Et la pauvre Anya allait vite s'en rendre compte.

« Tadeck qu’est-ce qu’il se passe ? C’est Anya, je sais que tu ne m’as pas oubliée… » Et comment ! Bien sûr qu'il ne l'avait pas oublié. Mais il se plaisait à le laisser croire. Si ça pouvait lui faire mal, tant mieux. Il posa sur elle un regard méprisant et haussa les sourcils, l'air de dire : Anya qui ? Comme s'il ne la reconnaissait vraiment pas. Oui, la voir aussi dépitée lui faisait étrangement beaucoup de bien. Elle semblait peinée par son comportement et ne savait visiblement plus trop comment réagir face à son attitude inattendue. Tadeck restait à présent silencieux, plantant ses prunelles dures dans les siennes, comme pour la mettre au défis de rester là. Mais Anya comptait apparemment bel et bien rester là. Tant pis pour elle, elle ne pourrait pas dire qu'elle n'avait pas été prévenue. Elle tenta alors un petit sourire timide, se faisant douce, exactement comme dans ses souvenirs enfouis. Mais même s'il sentait une petite pression au niveau de son palpitant, il resta impassible et froid, refusant de dévoiler la moindre faille. « Je suis tellement contente de voir que tu vas bien ! » Bah tiens. Tadeck échappa un très bref rire nerveux et détourna la tête en la secouant lentement de gauche à droite, en signe d'agacement. A vrai dire, il avait l'impression de nager en plein délire. Elle était sérieusement culottée d'agir ainsi, comme si rien ne s'était passé des années en arrière, comme s'ils s'étaient quitté en bons termes et que tout allait pour le mieux entre eux. Il se mordit la lèvre inférieure alors que son regard se posait dans le vide, songeur et nerveux à la fois. Il sentait une colère vivace monter en lui, se doutant d'ores et déjà qu'il ne pourrait pas se maitriser bien longtemps. Il lui tourna alors le dos pour revenir s'appuyer contre la rambarde du pont et murmura froidement : « Ouais c'est sûr, j'vais super bien même. Faite pas attention à la béquille, c'est décoratif. » Il avait volontairement vouvoyé Anya, pour bien montrer qu'il restait sur sa lancée du "je fais semblant de ne pas te connaitre, même si je sais que tu sais que je fais semblant. Et même si tu sais que je sais que tu sais." Enfin bref. Tadeck avait beaucoup de mal à accepter son handicape, il sentait à présent inutile, impuissant. Il y avait pleins de choses qu'il ne pouvait plus faire seul, ou plus faire du tout d'ailleurs. Il détestait le regard des gens, et encore plus leur pitié. Il ne supportait pas ceux qui voulaient absolument l'aider tout le temps, ou qui lui proposait de s'asseoir dans les transports en commun, comme s'il était incapable de tenir debout ! Non vraiment, ça le rendait dingue. Mais là, ce fut l'inverse. Qu'elle lui dise "de voir que tu vas bien" le mettait à bout. Non il n'allait pas bien ! Tant mentalement que physiquement ! Pourquoi est-ce qu'elle ne voyait jamais lorsqu'il allait mal ? Le garçon était tendu, crispé, les nerfs en pelote et près à exploser au moindre mot de trop.

« Tu m’as manquée. » ... Une seconde. Deux secondes. Trois secondes. Tadeck se retourna brusquement et lui fit face, s'approchant d'elle jusqu'à ce qu'il puisse sentir son souffle contre sa peau. La dépassant d'une tête, peut-être même de deux, Tadeck la fusilla du regard, les traits déformés par une rage évidente. Sa main s'était crispée sur sa béquille et il avait le souffle court. Bouillonnant de colère, il s'écria alors : « Tu te fou de ma gueule là Anya ?! Dis moi que tu te fou de ma gueule ! » Sa respiration était rauque et haletante, signe qu'il tentait tant bien que mal de se maitriser encore un tant soit peu. Elle aurait été un homme qu'il lui aurait déjà cogné dessus depuis un moment. Mais là, il ne ferait jamais ça. Oh certes il avait déjà retourné une gifle à une femme -Dolly pourrait confirmer- et même s'il ne l'avait jusqu'à présent jamais regretté, il n'oserait cependant jamais lever la main sur Anya. C'était une femme si douce, si gentille et si fragile qu'il aurait l'impression de la briser. Et même si l'idée de lui faire mal semblait plutôt l'enchanter, il avait malgré tout des limites. Et ça, jamais il ne le ferait, c'était au-dessus de ses forces. Il posa alors une main brutale sur son épaule et la repoussa en arrière avant de se détourner d'elle et de faire quelques pas, comme s'il s'en allait. Mais finalement, il s'arrêta et s'immobilisa. Au bout de quelques secondes à reprendre son souffle, il soupira longuement et se passa une main nerveuse sur le visage qu'il laissa ensuite se perdre dans ses cheveux. Il se retourna alors, froid, meurtri, dégouté. Il n'en revenait pas qu'elle ose dire tout ça. Il ne comprenait même pas qu'elle vienne lui parler d'ailleurs. Il déglutit et prit une grande inspiration avant de se lancer. Sa voix était sèche et très dure, seules ses lèvres bougeaient, pour le reste il était complètement figé par la douleur que représentait cette confrontation. Cessant de faire semblant, ce fut en toute franchise qu'il répondit enfin : « Tu n'as pas le droit de me dire ça. Je ne veux même pas que tu m'adresses la parole, c'est comprit ? T'es plus rien pour moi ! Y a bien longtemps que je t'ai sortit de ma vie et jamais, jamais je ne voudrais que tu en refasses partie. T'es égoïste et lâche et je ne veux pas m'encombrer de gens comme ça. De personne d'ailleurs. Mais surtout pas de toi. » Il lui jeta un dernier regard emprunt de dégout et de violence avant de revenir s'appuyer contre la rambarde une nouvelle fois. Il secoua la tête de droite à gauche en signe de désappointement. Il lâcha, plus pour lui-même que pour elle : « "Tu m'as manqué" ... Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! Putain... » Nerveux, il tapait son pied sur le sol de façon rapide et saccadée. Il aurait pu partir, mais il n'en fit rien. Non pas qu'il regrettait ses paroles et qu'il espérait pouvoir arranger quoi que ce soit.. Mais peut-être qu'au fond, ce qu'il voulait, c'était des explications. Pas d'excuses, rien, ça il n'en voulait pas, surtout pas même ! Tout ce qu'il voulait, c'était comprendre pourquoi ?!

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Message(#) Sujet: Re: I tried to forget you ♦ ANYA Mar 12 Juil 2011 - 1:15

Le regard triste d’Anya était plongé dans celui sombre de Tadeck. Elle ne le reconnaissait pas. Elle avait l’impression d’avoir face à elle un homme totalement différent de celui qu’elle avait connu. Adieu la chaleur humaine qu’il dégageait, la joie de vivre qui se lisait dans son regard, adieu son sourire charmeur, sa voix douce, son regard amusé, sa tendresse, sa douceur, adieu l’homme qu’elle avait aimé éperdument. On dit que la guerre vous change un homme, et bien c’était vrai. A regrets, Anya devait bien reconnaitre qu’il avait changé du tout au tout. Il était froid, replié sur lui-même, méfiant, méprisant, agressif. La jeune femme le regardait de manière désolée. Oui elle était désolée pour lui, désolée qu’il ait tant changé, désolée qu’il soit sur la défensive, désolée. Elle aurait voulu lui faire baisser les armes, lui faire comprendre qu’elle n’était pas là pour lui faire du mal, bien au contraire. Oh oui, plus elle le regardait, et plus l’envie de le prendre dans ses bras grandissait en elle. Elle avait besoin de sentir son cœur battre contre sa poitrine, besoin de sentir la chaleur de son corps contre le sien, elle avait besoin qu’il la serre contre lui, qu’il la berce pour la rassurer comme il l’avait fait tant de fois dans le passé. Elle voulait retrouver son Tadeck. Mais Anya devait se rendre à l’évidence, ce n’était pas prêt d’arriver, en tout cas pas aujourd’hui. Pétrifiée sur place, elle regardait médusée, le spectacle qui se jouait devant ses yeux si beaux mais si tristes. Elle observait ses traits, si son visage était marqué par les évènements qu’il avait vécu, si ses traits étaient tirés par la fatigue et par la douleur, il avait toujours ce petit quelque chose qui le rendait si beau au regard de la jeune sapeur pompier. Il avait toujours cette petite fossette sur la joue droite, les mêmes lèvres blêmes, les même cheveux sauvages. A la vue de cette chevelure, Anya n’avait envie que d’une seule et unique chose, passer ses doigts dedans. Mais pour le moment, elle se contentait de rester debout sur place. Elle se sentait ridicule, elle ne savait pas comment réagir. Maintes fois elle avait imaginé ses retrouvailles avec Tadeck, mais jamais elle n’avait pensé qu’elles se dérouleraient de la sorte. Non, elle avait cru naïvement qu’avec du recul, il comprendrait sa décision. Elle avait imaginé qu’il aurait pensé à elle, à eux, et qu’il aurait compris qu’elle avait fait le bon choix. Mais avait-elle réellement fait le bon choix ? Anya disait à qui voulait l’entendre qu’elle n’avait pas eu le choix, que c’était réellement la chose à faire, mais en secret, elle avait toujours douté. Elle s’en était même voulue, mais par fierté, et surtout parce qu’elle ne voulait pas faire souffrir Tadeck elle ne lui avait pas écrit pour s’excuser. C’était trop tard, elle avait rompu, et elle pensait qu’il avait rapidement tiré une croix sur eux. A l’époque, lui écrire pour lui dire qu’elle regrettait n’était pas quelque chose de sensé à ses yeux. Pourtant aujourd’hui, lorsqu’elle lisait la haine et la colère dans les yeux de son ancien amant, elle comprenait qu’elle avait eu faux sur toute la ligne.

De nombreuses fois, elle avait imaginé deux hommes frappant à sa porte pour lui annoncer la mort du soldat Nosborn, de nombreuses fois aussi, elle s’était imaginée l’apercevant au bout d’une longue allée et courant dans sa direction pour se jeter dans ses bras. Mais jamais elle n’avait imaginé devoir faire face à des retrouvailles aussi froides. Et comme à chaque fois où elle était stressée, Anya se sentit obligée de combler le silence. Elle appréciait souvent ce dernier à sa juste valeur, mais en ce moment précis, il était tout sauf agréable. Au contraire, il était plus qu’oppressant, plus que stressant. Il fallait que quelqu’un brise cette glace, il fallait que quelqu’un fasse le premier pas, et c’est la jeune Surich qui décida de le faire. Malheureusement pour elle, elle ne savait pas encore dans quoi elle se lançait. En montrant de la sympathie à son égard, et en cherchant à tout prix à parler, plus pour entendre la voix de quelqu’un -même s’il s’agissait de la sienne- plutôt qu’autre chose, Anya ne s’était pas rendue compte qu’elle fonçait tout droit sur la pente glissante et dangereuse qui résidait dans la santé de son ancien petit ami. Le petit rire mauvais qui s’échappa du jeune homme fit froid dans le dos à la jolie brune. Un long frisson parcourut son échine tandis qu’elle prenait pleinement conscience qu’elle ne connaissait plus ce jeune homme. Elle le sentait agacé par sa présence, par ces retrouvailles, par cette discussion. Il n’avait envie que d’une seule chose, qu’il disparaisse de sa vue, et sans doute, par la même occasion, de sa vie. Pourtant Anya ne pouvait s’y résoudre sereinement. Elle se sentait…Redevable. Prise de culpabilité vis-à-vis de ce qu’elle avait fait quelques années plus tôt, elle ne pouvait s’enfuir une nouvelle fois. Baisser les bras aurait été trop facile, et une nouvelle fois, elle aurait fait preuve de lâcheté, ce qu’elle refusait obstinément. Alors qu’il lui tournait le dos pour s’appuyer sur la rambarde, il lâcha dans un sarcasme: « Ouais c'est sûr, j'vais super bien même. Faite pas attention à la béquille, c'est décoratif. » Et lentement, les yeux d’Anya descendirent le long du bras de Tadeck et virent la présence de la canne. Anya sentit son palpitant accélérer tandis que sa bouche s’asséchait. Elle se trouvait stupide et débile d’avoir parlé avec autant d’insouciance et de légèreté. Elle n’avait pas relevé le vouvoiement, elle savait qu’il faisait ça pour lui faire mal. Mais il se trompait ce n’était pas comme ça qu’il la blessait, il lui faisait mal par son allure, parce qu’elle avait mal pour lui. Elle aurait adoré poser sa main sur son épaule et lui demander ce qu’il s’était passer, oh oui elle aurait adoré, pourtant, elle n’en n’eut pas le cran. Alors, dans un murmure, elle lui avait dévoilé avec sincérité ce qu’elle ressentait, à savoir qu’il lui avait manqué. Tadeck avait toujours apprécié la sincérité d’Anya, c’était une des raisons pour lesquelles leur couple avait fonctionné. Mais aujourd’hui, était-il prêt à l’entendre ? Apparemment non puisqu’il se retourna brusquement. Sous la surprise et aussi un peu la peur, Anya recula de quelques pas. Elle pouvait lire la colère et la haine dans les yeux de son ancien compagnon et autant vous dire qu’elle sentait les pulsations de son cœur excéder le rythme habituel. Il s’approcha finalement d’elle, et cette proximité qu’elle avait tant espérée quelques secondes plus tôt devint rapidement oppressante. La jeune femme déglutit lentement, et osa relever le visage pour pouvoir plonger son regard dans le sien. Elle pouvait sentir son corps trembler de colère, il semblait crispé et sur le point d’exploser, tandis qu’elle de son côté, sentait ses jambes trembler. Et enfin, il arrêta son petit jeu du « je te connais pas, je sais pas qui t‘es », énervé au plus haut point, il hurla alors: « Tu te fous de ma gueule là Anya ?! Dis moi que tu te fous de ma gueule ! » Tremblante, la jeune femme ne savait plus ce qu’elle devait faire. Elle qui savait se montrer si bavarde et loquace habituellement, se retrouvait juste sans voix. Non elle ne se foutait pas de sa gueule, et oui elle le pensait réellement, mais comment lui faire comprendre sans qu’il ne s’énerve ? Prenant son courage à deux mains, elle osa murmurer d’une voix tremblante un petit: « non » qui n’avait rien de convaincant, mais qui pourtant était sincère. Apparemment, ce n’était pas ce que le garçon attendait puisqu’il la repoussa en arrière. Anya écarquilla les yeux face à ce geste. Jamais ô grand jamais, il n’avait agi de la sorte avec elle. Il avait toujours été calme, doux et compréhensif, il n’avait pratiquement jamais haussé la voix sur elle, il ne l’avait jamais insultée, ne l’avait jamais touchée de la sorte. Là, à cet instant précis, alors qu’il se retournait pour s’éloigner, Anya prenait pleinement conscience qu’elle l’avait perdu pour toujours. Les larmes lui montèrent alors rapidement aux yeux tandis qu’elle essayait en vain de les contenir. Elle avait aimé cet homme, et sans doute qu’une part d’elle continuerait de l’aimer toute sa vie, mais là, meurtrie, et blessée, elle ne savait pas comment faire pour lui faire face, et pour retrouver une part de ce qui lui plaisait tant chez lui. Elle avait besoin de savoir que tout n’était pas mort en lui, qu’il était toujours un peu le même. Elle s’apprêtait presque à laisser tomber, et à lui accorder ce qu’il semblait tant désirer, à savoir la paix, mais contre toute attente, il se retourna et planta son regard sombre dans le sien. Lorsqu’elle le vit ouvrir la bouche, la petite brune ferma les yeux quelques secondes, se préparant psychologiquement à subir les foudres du jeune brun qui lui faisait face. « Tu n'as pas le droit de me dire ça. Je ne veux même pas que tu m'adresses la parole, c'est comprit ? T'es plus rien pour moi ! Y a bien longtemps que je t'ai sortit de ma vie et jamais, jamais je ne voudrais que tu en refasses partie. T'es égoïste et lâche et je ne veux pas m'encombrer de gens comme ça. De personne d'ailleurs. Mais surtout pas de toi. » Les mots furent si durs que la jeune femme ne put retenir quelques larmes qui vinrent perler ses douces joues. Il venait de lui faire mal, de la toucher en plein cœur. Elle venait aussi et surtout, de se rendre compte qu’il disait vrai, qu’elle avait été lâche et égoïste, qu’elle n’avait pensé qu’à elle et pas à lui, pas à eux. Elle n’avait pas le droit de revenir comme une fleur et de faire comme si elle ne lui avait pas brisé le cœur, parce qu’apparemment c’était ce qu’elle avait fait et Tadeck méritait mieux, oui il méritait une meilleure considération. Anya le regarda se retourner et s’appuyer contre la rambarde. Une nouvelle fois elle ne savait pas quoi faire. « "Tu m'as manqué" ... Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! Putain... » Lorsqu’elle l’entendit se murmurer ces propos, Anya fit demi-tour et commença à s’éloigner. Les larmes baignaient son visage si rayonnant habituellement, tandis qu’elle n’avait qu’une envie, prendre ses jambes à son cou. Oui mais voilà, plus elle marchait, et plus elle se disait qu’elle ne pouvait pas faire ça, pas encore. Fuir était beaucoup trop simple, et elle ne pouvait pas continuer sur cette voie. Prenant le peu de courage et d’estime de soi qu’il lui restait, elle rebroussa chemin et retourna auprès de Tadeck. Elle se plaça derrière lui, à quelques mètres, et sans vraiment réfléchir, choisit de parler avec son cœur: « J’ai eu peur. » Fermant les yeux quelques secondes, elle cherchait ses mots. « J’avais peur, sans doute pas autant que toi, mais j’ai paniqué beaucoup plus que je n’aurais du. J’étais jeune, et je…Tu sais comment j’étais. Tu sais à quel point m’engager était quelque chose qui m’effrayait. Pourtant avec toi, c’était pas pareil, je veux dire, je me suis mise en couple avec toi ! » Cela pouvait paraitre banale pour n’importe qui, mais lorsque l’on connaissait Anya on savait que ce n’était pas le cas. Tadeck le savait, il l’avait toujours su. Anya ne pouvait s’engager auprès des gens, elle faisait un blocage, elle paniquait, elle avait peur d’être déçue, d‘avoir mal, elle avait peur de souffrir. Pourtant avec Tadeck, elle avait osé franchir le pas, elle avait osé se mettre en couple avec lui. Il avait été son seul petit ami officiel de toute sa jeune vie, et ce n’était pas rien à ses yeux. Se doutant que ce peu d’explications était loin d’être suffisant, Anya continua sur sa lancée: « Je pouvais pas. Je pouvais pas attendre la boule au ventre tous les jours. Je pouvais pas sentir mon cœur battre à tout rompre dès que le téléphone sonnait, je pouvais pas trembler comme une feuille dès que quelqu’un frappait à ma porte. J’en avais pas le cran, pas la force, pas le courage. » Anya sentait les larmes couler le long de ses joues, et sa voix se faisait plus chevrotante. « Je croyais que ça serait plus simple, que je m’inquiéterais moins pour toi, je croyais que… Je me suis trompée. J’ai eu peur pour toi Tadeck. Tous les jours un peu plus fort. » Sa dernière phrase, Anya l’avait murmurée, mais Tadeck avait pu l’entendre. Oh oui qu’elle avait eu peur, mais cela n’avait plus d’importance aujourd’hui. Le jeune homme semblait n’en avoir que faire de ses belles paroles, et après tout, pouvait-elle l’en blâmer ? Certainement pas. Lentement, elle osa une nouvelle approche. A quelques centimètres de lui, elle posa une main sur son épaule et murmura: « Je sais que tu me pardonneras jamais. Je sais qu’on ne retrouvera jamais ce qu’on avait. Mais laisse moi une chance, laisse moi une chance d’être là pour toi aujourd’hui. » Je t’en prie Tadeck, laisse moi entrer à nouveau dans ta vie.
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Message(#) Sujet: Re: I tried to forget you ♦ ANYA Mer 27 Juil 2011 - 13:57



Anya & Tadeck


I tried to forget you.




Il y avait quelque chose dans le regard d'Anya qui le rendait fou. Incapable de véritablement déterminer ce que c'était réellement, il n'y voyait que de la pitié et ça l'insupportait. Il ne voulait pas qu'on ait pitié de lui. Qu'on soit désolé pour lui. Il ne voulait pas de la bonne pensée des gens, de leur compassion ni quoi que ce soit dans ce genre. Il ne voulait rien qui vienne des autres. Juste leur indifférence, comme ce qu'il s'évertuait à leur offrir. Il ne comprenait pas pourquoi les gens se faisaient tant insistant avec lui. Pourquoi vouloir à tout prix s'immiscer dans son quotidien, faire partie de sa vie et toutes ses choses ? Il n'en voulait pas bon sang ! Il ne voulait rien qui vienne d'autrui. Ne se montrait-il pas assez méchant avec les autres ? Fallait-il qu'il soit encore plus dur et agressif ? Si c'était ce qu'il fallait pour retrouver un semblant de tranquillité, Tadeck n'hésiterait pas. Lui qui auparavant était si enthousiaste, sociable et avenant... Il semblait qu'à présent, il ne restait plus rien de ce Tadeck là. Tout était partis en fumée à chaque coup de feu qu'il avait tiré. A chaque mort qu'il avait vu. A chaque blessure qu'il avait eu. Jusqu'au coup final, qui avait terminé de l'achever, l'emmenant à ce qui semblait être un point de non-retour. Et même se retrouver aux côtés de la première femme qu'il avait aimé ne réveillait pas en lui les doux sentiments du passé. Non, il n'était que rancœur et amertume. Une envie folle de vengeance coulait dans ses veines, l'aveuglant devant le désespoir et la peine qu'éprouvait à cet instant Anya de le voir dans un tel état. Mais ça n'avait pas d'importance... Plus rien n'avait d'importance.

Si aujourd'hui Tadeck paraissait si insensible, ce n'était pas le cas à l'époque où il était partis en Irak. Plus jeune il avait certes été un coureur de jupon, mais le jeune homme était un passionné. Et lorsqu'il aimait, il ne faisait pas dans la demi-mesure. Anya n'imaginait pas à quel point leur rupture avait pu l'affecter. Surtout pour de telles raisons en fait... Si leur histoire c'était terminée parce qu'elle n'éprouvait plus rien pour lui, parce qu'elle avait rencontré quelqu'un d'autre, parce qu'il l'avait frappé ou que sais-je encore, là oui, il aurait comprit. Oh certes, ça aurait été particulièrement dur à encaisser, mais il aurait accepté. Mais là... Est-ce que leur histoire n'avait été qu'une douce chimère ? Avait-il été le seul à prendre ça au sérieux, à leur accorder de l'importance ? Pourquoi avait-elle baissé si facilement les bras ? Est-ce qu'elle voulait le quitter depuis longtemps sans savoir comment lui annoncer et elle avait tiré profit de la situation pour le faire ? Tadeck ne comprenait pas. Si les rôles avaient été inversé, il ne l'aurait pas quitté lui. Il le savait. Il ne menaçait pas de la quitter dès qu'elle se rendait sur une opération dangereuse, et pourtant des pompiers qui mourraient il y en avait ! D'accord, sûrement moins que des soldats. Mais qu'est-ce que ça changeait ? Il risquait de mourir tous les jours et il avait eu besoin d'elle à l'époque. Mais non... En froid avec ses parents, il s'était retrouvé seul. Tout seul face à lui-même et à son chagrin. Et ça, jamais il ne l'oublierait. Et la revoir ravivait tous ces douloureux souvenirs, ne faisait qu'accroître une haine sans borne à son égard. Celui qui à dit "il n'y a qu'un pas entre l'amour et la haine" savait très bien de quoi il parlait...

Anya aurait certainement mieux fait de prendre ses jambes à son cou et de filer d'ici en vitesse. Mais elle se risqua à engager la conversation, à ses risques et périls. Elle ne pourrait pas dire qu'elle n'avait pas été prévenue. La première réplique de Tadeck tomba alors que lui personnellement, n'avait pas vraiment l'impression "d'aller bien". Anya sembla se rendre compte de sa gaffe, son regard glissant jusque sur l'appui artificiel de Tadeck. Elle resta silencieuse, n'ajoutant rien à ce sujet se rendant certainement compte que c'était une pente un peu trop dangereuse et qu'il valait mieux ne pas s'y aventurer. Tant mieux. Tadeck n'avait ni l'envie ni la patience de parler de ça. Il détestait parler de ses faiblesses. Il détestait qu'on voit qu'il était faible. Il détestait être faible... Et puis, la goutte de trop. Il lui avait manqué... Une colère terrible et incontrôlable le fit frémir alors que son sang ne faisait qu'un tour. A cet instant précis, il avait envie de briser tout ce qui lui passait sous la main. Et Anya en faisait partie. Il avait envie de crier, de frapper, d'anéantir tout ce qu'il trouverait. Il avait envie de blesser pour apaiser son mal. C'est pourquoi il fut brusque et imposant lorsqu'il s'approcha d'Anya, le regard rongé par une rage inquiétante. Elle n'avait pas le droit de lui dire tout ça. Pas le droit... Et il le lui fit bien comprendre. La jolie brune restait figée, ses grands yeux dorés levés vers lui dans une crainte évidente. Malgré sa carrure, Tadeck n'avait jamais été quelqu'un d'effrayant. Il était si souriant, si aimable. Mais là... Il semblait si sauvage et imprévisible, dieu seul sait ce qu'il pouvait faire. Et ça, ça le rendait menaçant. « Non. » Osa-t-elle finalement répondre, d'une voix peu assurée. Dans un excès de colère, les mains du jeune homme se posèrent sur les épaules d'Anya et il la repoussa violemment en arrière en signe d'exclusion et de rejet. DÉGAGE ! Voulait-il lui hurler. Mais les mots restaient coincés dans sa gorge, lui coupant le souffle. Il aurait voulu lui crier qu'il la haïssait, qu'il voulait qu'elle reparte d'où elle venait et qu'elle ne revienne jamais. Il aurait voulu lui faire mal comme elle l'avait blessé à l'époque. Lui faire payer au centuple, lui faire endurer cette douleur lancinante, cette humiliation couronnée d'une incompréhension non satisfaite. Ses pensées s'embrouillaient face à sa colère, à tel point qu'il avait envie de s'arracher les cheveux. Oui, il devait l'avouer... A cet instant, il aurait aimé trouvé suffisamment de contenance pour la frapper, pour extérioriser cette haine. Mais il ne fit rien. Par lâcheté ? Par courage ? Par moralité ? Par respect ? Il ne savait pas. Mais il ne le fit pas, point.

Il décida finalement de partir avant que les choses ne dégénèrent. Et puis la voir, si belle, si douce, si craintive rouvrait des plaies qu'il avait mit un temps fou à fermer. Elle n'avait pas le droit de revenir d'un coup, comme ça, et de lui faire perdre la tête. Pas le droit de revenir dans sa vie, de tout chambouler, de lui faire mal encore une fois. Elle n'avait plus ce droit...

Et puis, non. Il fit demi-tour. Il n'en avait pas finit avec elle. Il avait encore des choses à lui dire. Il voulait voir son visage se décomposer, il voulait voir la culpabilité l'assaillir et la meurtrir, il voulait voir la honte l'accabler, il voulait qu'elle s'en veuille encore plus, il voulait qu'elle se déteste elle aussi. Au moins autant que lui la détestait. Autant qu'il se détestait... Il ne voulait plus être le seul à morfler, il en avait marre, il état fatigué de tout ça. Lui balançant alors ce qu'il avait sur le cœur, il remarqua bien vite les larmes de la jeune femme envahir ses prunelles d'ordinaires si pétillantes et ruisseler sur ses joues délicates. L'ancien Tadeck se serait précipité vers elle et l'aurait enlacé, caressant avec douceur ses cheveux pour l'apaiser, lui dire que tout était terminé, qu'il regrettait ce qu'il venait de lui dire, que ça allait s'arranger. Mais là, ça ne lui traversa même pas l'esprit. Ce fut même l'inverse. Une sorte de jubilation intérieure le fit presque sourire. Il y arrivait. Il lui faisait mal et c'était tant mieux. Qu'elle pleure encore ! Qu'elle pleure jusqu'à ne plus avoir de larmes. Plus elle avait mal, et mieux il se sentait. Du moins, c'était ce qu'il croyait... Sous l'euphorie du moment, il ne pensait pas à la suite. Il ne pensait pas que ce soir en rentrant chez lui tout seul, il s'en voudrait de l'avoir fait pleurer injustement. Car Anya ne méritait pas de pleurer. Malgré ses erreurs, Anya avait toujours été une personne formidable. Il la savait fragile et il était tout bonnement dégueulasse de profiter de ça pour assouvir ses délires psychotiques. Mais il était déjà bien trop tard pour arranger ça maintenant. S'appuyant contre la rambarde en marmonnant, il ne la regarda même pas s'éloigner. C'est ça ! Va t'en ! Fuis encore. Mais cette fois, ne revient pas. Jamais. Mais encore une fois, Tadeck avait espéré trop vite. Alors qu'il fixait le côté opposé du pont, il l'entendit revenir. Qu'est-ce qu'elle lui voulait encore ? Elle allait peut-être lui dire qu'elle l'aimait toujours maintenant ?! Si elle faisait ça... Il la balançait par-dessus le pont.

« J’ai eu peur. J’avais peur, sans doute pas autant que toi, mais j’ai paniqué beaucoup plus que je n’aurais du. J’étais jeune, et je…Tu sais comment j’étais. Tu sais à quel point m’engager était quelque chose qui m’effrayait. Pourtant avec toi, c’était pas pareil, je veux dire, je me suis mise en couple avec toi ! » Tadeck ne bougea pas. Seules ses lèvres se pincèrent en signe de frustration. Ce n'était pas ça qu'il voulait entendre ! Ce n'était pas une excuse, c'était pitoyable de lui sortir ça. C'est lui qui était partis en guerre et c'est elle qui avait peur ? Certes il comprenait l'angoisse qu'elle avait pu ressentir, ce n'était pas franchement ce qu'on espérait quand on se posait avec quelqu'un... Mais tout de même ! C'était injuste et égoïste. Les doigts de sa main libre se crispèrent sur la pierre alors qu'il se retenait de l'insulter. Si elle continuait à lui dire ce genre de choses, il allait finir par croire que tout était de sa faute ! Que c'était elle la victime dans l'histoire et lui le méchant. Elle n'avait pas le droit de retourner la situation à son avantage. ELLE était en tort ! ELLE et pas lui ! A nouveau, il se sentait bouillir à l'intérieur. « Je pouvais pas. Je pouvais pas attendre la boule au ventre tous les jours. Je pouvais pas sentir mon cœur battre à tout rompre dès que le téléphone sonnait, je pouvais pas trembler comme une feuille dès que quelqu’un frappait à ma porte. J’en avais pas le cran, pas la force, pas le courage. » Alors, c'est que tu ne m'aimais pas, pensa aussitôt Tadeck. Son cœur faisait des siennes dans sa poitrine, imprimant une douleur vivace qu'il avait espéré ne plus jamais ressentir. Elle l'avait abandonné. Et on abandonne pas quelqu'un que l'on aime, n'est-ce pas ? En tout cas, c'était ainsi que Tadeck voyait les choses. Animé par une colère plus froide, il se retourna lentement vers elle, lui faisant face. Ses larmes ne l'émouvant pas. Doucement, il secoua sa tête de gauche à droite, en signe de dégoût et de déception. Il semblait que plus elle parlait, plus elle s'enfonçait. « Je croyais que ça serait plus simple, que je m’inquiéterais moins pour toi, je croyais que… Je me suis trompée. J’ai eu peur pour toi Tadeck. Tous les jours un peu plus fort. » A nouveau, un ricanement s'échappa des lèvres de Tadeck alors que son regard se faisait méprisant. De mieux en mieux. Elle venait de lui avouer qu'elle l'avait quitté... pour rien. Elle voulait vraiment le rendre dingue, c'était ça ? Qu'est-ce qu'elle voulait bon sang ! A cran, Tadeck rétorqua d'une voix froide et distante : « Et qu'est-ce que tu veux que ça me foute Anya ? T'as tout gâché, tout foiré. J'en ai rien à faire que tu es eu peur ou pas finalement ! RIEN A FAIRE ! » Il s'approcha d'elle et de sa main libre s'empara de son bras droit, la tirant vers lui en la secouant un peu. Plantant son regard dans le sien il s'époumona : « Qu'est-ce que tu crois Anya ? Hein ?! Pendant que toi, bien au chaud sous ta couette tu versais trois larmes en te demandant si tu avais prit la bonne décision et que tu sursautais en entendant ton téléphone sonner, MOI, je sursautais en entendant les coups de feu et les grenades péter autour de moi ! Et quand enfin, je pouvais m'accorder quelques instants de sommeil, j'étais TOUT SEUL ! Je m'endormais sans pouvoir me dire que bientôt, je rentrerais te voir. Que bientôt, j'allais recevoir une lettre de toi. Sans me dire que la personne que j'aimais pensais à moi. Alors franchement, ta peur à deux balles tu sais où tu peux te la foutre ??! » Il la relâcha et détourna le regard, suffoquant presque. Il détestait se remémorer tout ça. Ça faisait bien trop mal. Se passant une main nerveuse sur le visage, les paupières closes, le pire était encore à venir...

« Je sais que tu me pardonneras jamais. Je sais qu’on ne retrouvera jamais ce qu’on avait. Mais laisse moi une chance, laisse moi une chance d’être là pour toi aujourd’hui. » Tadeck se figea complètement à ses paroles. Il rouvrit lentement les yeux et les baissa vers elle. Surprit, choqué. Il avait mal entendu, c'est ça ? Elle ne venait pas de dire ça ? Vu le regard qu'elle posait sur lui, il semblerait que si... Hébété, Tadeck n'en revenait pas qu'elle ose lui demander une telle chose. Entre colère et indignation, le soldat se mordit la lèvre inférieure en s'éloignant d'elle de quelques pas, se passant une main derrière la nuque. Il hallucinait complètement là... Il resta silencieux un long moment, cherchant à reprendre ses esprits. Comment pouvait-elle oser se comporter ainsi ? Revenir comme une fleur, lui dire qu'il lui avait manqué, blablabla et maintenant qu'elle voulait qu'il la laisse revenir auprès de lui ? Qu'il lui donne une chance d'être là pour lui ? C'était trop gros pour être vrai. Finalement, ce fut d'une voix calme qu'il demanda : « Mais pour qui est-ce que tu te prends Anya ? Qui crois-tu être pour moi pour me demander ça ? » Il marqua une pause, la fixant avec insistance. Puis, il reprit : « Tu n'es plus rien Anya, comprend moi bien : plus-rien. J'ai compris la leçon du premier coup, tu ne me referas jamais ça. Je ne veux plus m'attacher à toi pour finalement me faire jeter comme si je n'avais jamais compté. » Il ne voulait plus s'attacher à personne. Même si c'était un peu trop tard à présent avec Roxanne... mais ça, c'était une toute autre histoire. Après quelques instants de réflexion, il revint se planter face à elle, et toujours calme mais choqué il demanda : « Pourquoi je te laisserais revenir ? Hein, dis-moi ! Pourquoi je ferais une telle chose ? » C'est vrai après tout... Pourquoi est-ce qu'il lui laisserait une chance ? C'était de sa faute s'ils en étaient là. Il n'avait pas à faire d'efforts pour lui permettre de se racheter. C'était trop tard maintenant.
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Message(#) Sujet: Re: I tried to forget you ♦ ANYA

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I tried to forget you ♦ ANYA

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