AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad Mer 4 Mai 2011 - 13:48

La porte du numéro 1687, Apple Road s’ouvrit sur la silhouette élancée du propriétaire des lieux. Il portait un chemise kaki dont les manches étaient retroussées jusqu’aux coudes, laissant deviner des avant-bras musclés et bronzés par le soleil de Miami. Il tenait dans ses bras des cartons pleins d’objets divers que les curieux interprétèrent comme étant des vestiges de la relation de Forrest Fitzgerald avec sa femme, Thea. Ils se trompaient, mais ce n’est certainement pas le jeune metteur en scène qui irait le leur dire. Il aurait d’abord fallu qu’il se rende compte qu’il était le centre d’intérêt de ses voisins les plus proches depuis le départ de sa chère et tendre. Mais comme il n’avait jamais été très regardant auparavant, il n’avait pas changé d’attitude et encore aujourd’hui, il lui arrivait souvent d’être complètement inconscient des regards qui se posaient sur lui et des sourires qui se dessinaient sur les lèvres de ses connaissances quand il pointait le bout de son nez. Forrest ne réalisait pas à quel point il pouvait plaire. Il n’avait rien à faire pour y arriver, sa gentillesse et sa candeur, associées à son look décontracté et sa démarche nonchalante faisaient un cocktail explosif qui faisait tomber bien des jeunes femmes. Mais comment aurait-il pu le remarquer quand toute son attention était et avait toujours été focalisée sur Theodora Tremblay ? Il n’avait d’yeux que pour sa meilleure amie d’enfance et cela n’aurait probablement jamais changé si elle n’avait pas mis un terme à leur liaison.
Forrest n’était pas idiot. Il avait bien senti qu’elle étouffait, il avait bien perçu qu’elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas laisser entrevoir que leur relation ne lui suffisait plus. Ils avaient tenté tous les deux d’y mettre du leur, de s’investir doublement mais si leur complicité était intacte, il était évident que Thea était malheureuse dans leur couple, mais aussi parce qu’elle se sentait coupable de ne pas parvenir à l’aimer comme il l’aimait elle. Forrest aurait probablement fait perdurer cette mascarade jusqu’au bout, mais la jeune femme, toujours égale à elle-même, plus forte que lui, avait su mettre de côté l’appréhension qu’elle avait à l’idée d’être jugée comme la méchante, à rompre ainsi un si joli couple. Alors elle avait plié bagages, prétextant devoir prendre de l’air, mais au fond, aucun des deux ne s’était leurré : elle mettait fin à une relation d’une vie, à vingt-cinq ans d’amitié, à dix ans de vie à deux. Elle mettait également un terme à toute perspective de bonheur pour Forrest, elle abandonnait toute tentative, tout espoir qu’un jour cet amour ressurgisse. Et il ne lui en voulait pas. Il ne pouvait pas lui en vouloir puisqu’il avait pressenti ce destin funeste. Si ça lui était tombé sur la tête, peut-être qu’il aurait vu les choses autrement mais en attendant, il restait seul, dans cette maison subitement devenue trop grande, où chaque centimètre carré de parquet ravivait des souvenirs. Une étreinte, une dispute, une maladresse. Des petites choses qui faisaient qu’il l’aimait tant.
Mais il n’était pas prêt. Il ne pouvait pas se débarrasser des affaires de la jeune femme si rapidement, surtout qu’ils étaient séparés, et non divorcés et que même divorcés, l’espoir subsistait dans un recoin de la tête du jeune rêveur. Un fol espoir qui ne s’atténuerait que s’il parvenait à tourner la page, ce qui n’était pas pour tout de suite, au vu de l’état d’abattement dans lequel il était, à soupirer et à se languir de sa bien-aimée à longueur de temps. Il tâchait simplement de taire ses plaintes quand il était avec les autres, il ne voulait pas empoisonner les soirées en se morfondant, en rappelant combien il était malheureux. Alors il tâchait de faire bonne figure, souriant du mieux qu’il le pouvait et acceptant les invitations qui lui étaient envoyées. Son seul véritable remède à la solitude toute neuve qu’il expérimentait : son métier.
Ou plutôt, sa passion, d’ailleurs. Rêveur de toujours, il n’avait eu de cesse de fabriquer des scénarios durant toute son enfance, qu’il s’agisse d’un monde complètement imaginaire ou des figurines qu’il faisait vivre grâce à des aventures sans fins, tout comme les bandes dessinées qu’il avait toujours dessinées dans ses cours de mathématiques ou d’histoire. Lorsqu’il ressortait ses vieux cours du collège ou du lycée, il découvrait non pas des notes sensées et structurées mais un monde de superhéros ou de capes et d’épées. Alors il ne pouvait que se plonger davantage dans cet univers où il ne souffrait pas et il n’avait probablement jamais autant avancé dans ses projets que depuis qu’il était seul et largué dans la demeure – qui, entre parenthèses, était devenue un véritable capharnaüm. Les cartons qu’il transportait soigneusement de la maison à sa vieille Buick garée devant la maison étaient pleins de costumes, d’objets fantaisistes et d’accessoires qui lui serviraient pour la mise en scène du spectacle de fin d’année qui, mine de rien, approchait à grand pas.
Celui qu’il transportait à ce moment-là contenait des masques colorés et pailletés ainsi que des plumes chatoyantes et douces qui s’entremêlaient pour former un arc-en-ciel de jovialité. Traversant le petit jardin qui se trouvait devant la maison, il poussa le portail avec sa hanche et s’approcha de son coffre grand ouvert où reposait déjà un autre carton, plein d’étoffes soyeuses, à pois ou à carreaux.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad Sam 7 Mai 2011 - 23:33

Lorsqu'elle se réveilla ce matin-là, Eli mit quelques seconde avant de se rappeler où elle se trouvait exactement. Ces instants d'incertitudes étaient fréquents depuis qu'elle avait emménagé. Jamais, de toute sa vie, elle ne s'était trouvée dans une si grande maison, bien trop grande pour elle seule. La chambre et la salle de bains faisaient la taille de son ancien appartement. Une fois que la mémoire lui revenait, elle se laissait envahir par la délicieuse sensation d'y être chez elle, du moins pour le moment. Avoir pu obtenir cette habitation était une véritable aubaine, et surtout à un loyer modéré dans un quartier comme Ocean Grove, dont elle n'aurait pu que rêver si elle n'avait pas eu un adorable ami qui partait à l'étranger. Bien qu'elle aime bouger, elle savait qu'elle y resterait sans doute un bon moment. Elle jeta un coup d’œil vers le réveil posé sur la table de chevet. Une simple formalité. Elle avait du temps, elle ne travaillait que le soir. Elle se leva, et descendit jusqu'à la cuisine afin de préparer son petit déjeuner. Ou plutôt, de se servir un bol de céréales et de faire du café. En matière de repas, elle ne faisait jamais rien de très élaboré. Et pourtant, elle était plutôt bonne cuisinière, mais jugeait que la préparation du repas du Sabbat une fois par semaine avec sa mère demandait tant d'efforts qu'elle pouvait bien rester tranquille le reste du temps. Elle alluma la radio, et, assise sur le comptoir de la cuisine, se balançait au rythme de la musique diffusée. Après avoir terminé de manger, elle se dit qu'il lui faudrait faire les courses. Son frigo était pratiquement vide, et elle avait du temps devant elle. Elle remonta prendre une douche et s'habiller, enfilant un tee-shirt long violet qu'elle considérait, à tort, être une robe. Puis, elle sortit de chez elle avec son sac.
Son arrivée à Ocean Grove n'avait pas fait que des heureux. Aux yeux de bien des habitants, elle tranchait beaucoup trop. Elle était bruyante, voyante. Partout où elle allait, on la remarquait, ce qu'elle provoquait un peu parfois. Elle criait, jurait, disait haut et fort la moindre de ses opinions. Et le pire était qu'elle semblait se moquer éperdument de tout ce qu'on aurait pu penser d'elle. Elle savait qu'elle n'était pas forcément très populaire parmi ses voisins, et ne paraissait rien vouloir faire pour s'améliorer et rectifier la situation. Elle avait toujours eu des problèmes avec les autres, qui avaient commencé environ au lycée. Elle avait un caractère bien trop entier pour pouvoir être aimée de tout le monde. Mais il y avait certaines exceptions parmi ses voisins, l'une d'elle étant un jeune homme nommé Forrest Fitzgerald. Sans même lui avoir jamais vraiment parlé, elle savait ce qui lui était arrivé. Comment ne pas entendre ce dont tout le monde, absolument tout le monde parlait dans le voisinage ? Néanmoins, tout ceci ne l'avait pas empêcher de le considérer bien différemment, sans la curiosité malsaine des autres, et l'envie de le connaître l'avait prise.
Lorsqu'elle sortit de chez elle, son regard fut immédiatement attiré vers la voiture de son si intéressant voisin, dont le coffre était ouvert. Mais ce fut l'intérieur qui lui parut le plus intéressant. Elle apercevait un carton, dans lequel se trouvaient des étoffes de multiples couleurs. Sans aucune gêne, et voyant que personne ne se trouvait là, Eli regarda le carton, avant de farfouiller à l'intérieur. Elle commença par en sortir un tissu violet, dont elle fit un bandeau autour de sa chevelure sombre. Elle fouilla encore un peu plus et en trouva un bleu, et un rouge, dont elle s'entoura. Elle était si occupée à ses essayages qu'elle n'entendit pas le jeune homme revenir, chargé d'autres cartons. Lorsqu'elle le vit, elle lui sourit, sans aucune gêne, comme s'il était tout à fait normal de fouiller ainsi et d'emprunter les affaires de quelqu'un sans le lui demander.

« Comment tu me trouves ? »

Elle ne vouvoyait jamais les gens ou presque, même ceux qu'elle ne connaissait pas. Eli n'avait aucune conscience d'être absolument impolie. Forrest aurait eu tous les droits de s'énerver contre elle et de l'envoyer promener. Mais elle ne voyait jamais le mal. Elle avait une conception très particulière de ses rapports avec les autres. Elle crut même utile d'ajouter une mise en garde tout à fait inappropriée.

« Au fait, tu devrais fermer ton coffre, tu risquerais de te faire voler tes affaires. »

Etait-elle sérieuse et totalement inconsciente de la contradiction de ses paroles ou plaisantait-elle ? Il aurait été impossible de le savoir...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad Sam 14 Mai 2011 - 22:17

Quelle ne fut pas la surprise de Forrest en découvrant sa voisine en pleine essayage public ? N’ayant pas vu la demoiselle approcher, trop concentré qu’il était pour prêter attention à ce qui l'entourait, il fut d’autant plus surpris de la trouver à farfouiller dans ses cartons, sans gêne aucune et visiblement ravie de sa trouvaille.
L’arrivée récente de la jeune femme n’avait pas été manquée par Forrest, tout comme la plupart des résidents qui vivaient dans cette rue depuis des années. Une nouvelle tête était toujours rapidement repérée et analysée sous toutes les coutures. Les étrangers étaient vus par la plupart des voisins comme des bêtes curieuses qui ont forcément quelque chose à cacher. Forrest n’appréhendait pas les nouveautés avec ce regard-là mais il éprouvait lui aussi une certaine curiosité à l’égard de ce qui était neuf. Un nouveau visage impliquait forcément une nouvelle relation, une nouvelle histoire et il n’y avait rien qui puisse intéresser davantage notre jeune metteur en scène que les histoires qui l’entouraient. Celle de sa voisine n’échappait pas à la règle. Si Forrest l’avait saluée à plusieurs reprises, il n’avait pas encore eu réellement l’occasion de lui parler. Tout d’abord parce qu’il n’était pas du genre à s’incruster dans la vie des autres comme certains pouvaient le faire avec un prétexte aussi peu original qu’un gâteau de bienvenue, mais surtout parce qu’il avait vu son quotidien chamboulé par des événements qui l’avaient vidé de son énergie et ne lui avaient donné aucune envie d’aller tenter une conversation avec une personne qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Mais les choses étaient visiblement sur le point de changer puisque la jeune femme demanda, de but en blanc : « Comment tu me trouves ? » Forrest resta immobile, le carton dans les mains, et il l’observa de haut en bas, les sourcils à demi-froncés, piqué par la curiosité. Voilà qu’il faisait la connaissance d’une bien étrange jeune femme. Il n’aurait pu citer personne dans le quartier qui se serait permis d’agir de la sorte. Le qu’en dira-t-on régnait en maitre total sur la ville de Miami et Ocean Grove ne faisait pas exception. Si les environs semblaient si parfaits, si bien sous tout rapport, c’est parce qu’on ne lavait pas son linge sale en public et qu’on ne faisait pas de remous. Car le moindre problème restait dans les mémoires et était évoqué comme une arme fatale qui avait le pouvoir de faire taire l’esprit le plus rebelle. Visiblement, cela n’était pas venu à l’esprit de cette jeune femme au regard malicieux et au sourire communicatif, parce qu’elle semblait apprécier son déguisement et se contrefichait qu’on puisse la ramener à l’ordre ou la juger, apparemment. « Euhm… » dit-il en s’approchant pour poser son fardeau au côté de la boite ouverte dans laquelle sa voisine avait été piocher son déguisement coloré. « La couleur te va à ravir » dit-il en désignant le bandeau de fortune dont elle avait ceint son front. « Une chose est certaine, si tu te balades comme ça, les gens ne pourront pas te manquer. » Ayant toujours été d’un naturel sociable, Forrest ne se formalisa pas de cette intrusion, contrairement à d’autres voisins qui auraient été outrés de voir leurs affaires « violées » ainsi par une étrangère. « Au fait, tu devrais fermer ton coffre, tu risquerais de te faire voler tes affaires. » Forrest lui décocha une œillade amusée et haussa les épaules. « Je n’ai jamais eu de problèmes de vol, surtout pas pour ce genre de babioles. Mais je me méfierai des petites fouineuses à l’avenir, c’est promis » plaisanta-t-il avant d’ouvrir le carton qu’il tenait une minute plus tôt. « Tiens, il manque quelque chose à ta tenue, mets ça. » Il extirpa un chapeau de pirate tout bariolé qu’il posa sur la tête de la jolie brune avant de croiser les bras sur son torse, prenant un air sérieux, comme s’il jugeait l’effet de la tenue sur la demoiselle. « Tu as une tête à chapeau, il te va à ravir. » Se penchant à nouveau dans son coffre, il poussa les cartons vers le fond pour faire de la place puis ajouta à l’intention de la curieuse : « Tu n’as qu’à venir m’aider pour te faire pardonner cette fouille impolie. Peut-être que tu trouveras d’autres trucs qui te plairont. » Il agrémenta sa parole d’un hochement de la tête en direction de sa maison, invitant l’inconnue à le suivre. « Forrest Fitzgerald, au fait » dit-il en lui tendant la main tout en marchant. « Bienvenue dans le quartier. Je ne sais pas cuisiner, d’où l’absence de cupcakes de bienvenue » précisa-t-il en grimpant le perron.
Ils entrèrent dans la maison et il désigna une pile de cartons dans lesquels d’autres objets en tous genres reposaient, attendant d’être transportés dans son véhicule.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad Lun 30 Mai 2011 - 16:56

Oui, Eli n'était pas le genre de personne qui se souciait du qu'en dira-t-on. Elle était au contraire très libre, et considérait que ses faits et gestes ne concernaient absolument personne. Les seules limites qu'elle s'imposait dépendaient d'elle, et non de l'image qu'elle pouvait renvoyer. Elle savait que ce n'était pas le cas de tout le monde, en particulier à Ocean Grove où la vie semblait réglée en fonction des opinions de son voisin. Il s'agissait de quelque chose qu'elle avait du mal à concevoir. Oh, elle ne savait que trop bien ce que ses voisins devaient penser d'elle. Il y avait fort à parier que pour beaucoup d'entre eux elle était persona non grata. Mais le fait d'avoir une maison aussi grande rien que pour elle contrebalançait à merveille tous les petits inconvénients qu'elle pouvait rencontrer au quotidien. Autant dire que lorsqu'elle se trouva devant la voiture de son voisin, elle ne se priva pas d'essayer de si jolies étoffes, un peu n'importe comment d'ailleurs. Beaucoup à sa place aurait craint le regard impromptu d'un quelconque voisin qui aurait eu l'idée de sortir de chez lui. Lorsqu'elle vit le propriétaire de la voiture arriver vers elle, elle ne ressentit aucune gêne à l'idée d'avoir emprunté ses affaires sans même le lui avoir demander. Il ne lui vint pas à l'esprit un seul instant que cela aurait pu le mettre en colère. Heureusement pour elle, s'il sembla étonné, il n'eut pas l'idée de la chasser. Il parut même plutôt amusé, bien qu'un peu déstabilisé par l'accoutrement de la jeune femme. Ce n'était pas la première fois qu'elle se faisait remarquer, et sans doute pas la dernière. Elle savait qu'on la voyait, et devait bien admettre que cela lui plaisait.
Elle sourit lorsqu'il la complimenta sur la couleur. Immédiatement elle regretta de ne pas lui avoir parlé plus tôt. Il semblait très sociable et sympathique, loin de certains autres voisins assez froids qu'elle avait pu croiser. « Merci beaucoup. Je devrais m'habiller comme ça tout les jours je crois. ». Elle ne plaisantait qu'à moitié, trouvant très amusant de se déguiser. À sa remarque sur le vol, il répondit par une plaisanterie, ce qui fit rire la jeune femme et lui plut. Peut-être que ses voisins n'étaient pas tous aussi antipathiques après tout. « Oh, c'est mieux, les fouineuses sont les pires, et j'ai entendu dire qu'il y en avait un peu partout dans le coin. » Puis, il sortit un chapeau du coffre et le plaça sur sa tête. Elle se regarda dans le rétroviseur. « Tiens, c'est vrai, je devrais porter plus de chapeaux. Celui là serait parfait pour le boulot. ». L'avantage de travailler dans un bar était que cela lui donnait de nombreuses possibilité quant à ses choix vestimentaires, et dans ce domaines, les goûts d'Eli étaient assez spéciaux, voire à la limite de la vulgarité. C'était sans doute pour cela que d'emblée, on la jugeait à ce sujet. Étrangement, cela ne l'avait jamais ennuyée.
Lorsqu'il lui proposa de l'aider, elle en fut ravie. Elle adorait manipuler tous ses accessoires, et puis c'était là l'occasion de sympathiser avec son si charmant voisin. Elle acquiesça donc à sa proposition d'un signe de tête et le suivit. « Tu fais quoi comme boulot pour devoir transporter tous ces trucs ? ». Il est vrai que posséder tant d'accessoires soulevait des interrogations et excitait sa curiosité. Immédiatement, elle fut persuadée qu'il exerçait un métier passionnant. Le fait de l'entendre se présenter lui fit réaliser qu'elle n'avait même pas songé à lui dire son nom. Elle lui serra vigoureusement la main. « Moi c'est Eli. Tout le monde croit que c'est le diminutif d'Elizabeth, mais en fait c'est celui d'Êlichèvâ . Êlichèvâ Lahad. T'as rien contre les Juifs au moins ? » Tout en lui posant cette question, elle le jaugea du regard. Oui, elle avait des opinions très tranchées, et Forrest par sa réponse avait le pouvoir de parvenir à l'apaiser ou de s'attirer ses foudres pour un bon moment. Elle ignorait à quel point cette question pouvait être déstabilisante, et n'avait absolument pas peur de la poser. Elle était plus que directe, c'était certain.
Cela lui faisait plaisir qu'il lui souhaite la bienvenue. Étrangement, elle n'avait pas eu droit à tant de cupcakes que ça. Son arrivée n'avait pas été forcément bien vue par tous ses voisins. Le fait qu'une simple barmaid puisse se payer le loyer d'une telle maison soulevait des questions, et des rumeurs plus folles les unes que les autres s'étaient répandues. D'autant plus que son propriétaire était un homme charmant, qui avait été très apprécié, et dont beaucoup d'habitants regrettaient le départ. « Ne t'en fais pas pour ça, je préfère les déguisements. »
En entrant dans la maison de Forrest, elle fut assez admirative quant à la décoration, beaucoup plus soignée que chez elle. « Wahou, elle est belle ta cuisine. Tu as de sacrés talents en décoration d'intérieur ! »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad Lun 13 Juin 2011 - 11:50

Depuis toujours, Forrest avait eu une facilité déconcertante à nouer des liens avec les gens. Il ne s’agissait pas de relations durables, la plupart du temps, et ce n’était pas le but, que ce soit de l’un côté ou de l’autre, mais vous ne trouveriez jamais personne pour dire du mal du jeune homme. Les liens restaient superficiels sans en laisser la sensation. La communication était aisée, ciblée et toujours intéressante. C’était comme si le jeune metteur en scène avait un don particulier pour trouver quoi dire ou quoi faire pour établir une connexion avec son entourage. Même en ayant eu une enfance effacée, retirée dans des jeux imaginaires avec un petit cercle d’amis, on se souvenait de lui et il y avait toujours à Ocean Grove quelqu’un pour évoquer une anecdote, un souvenir, du gamin qu’il était. Les choses s’étaient améliorées encore davantage avec l’arrivée de Thea qui, d’un avis général, ne passait pas inaperçue et si leur amitié solide et immédiate avait surpris bien du monde, les gens s’y étaient rapidement fait et les deux jeunes gens étaient ainsi devenus une paire à part entière. On ne voyait pas l’un sans l’autre, dès que l’un apparaissait, il y avait fort à parier que le second suivait dans le sillage. C’était réconfortant, surtout pour Forrest.
Maintenant que Thea avait pris une autre route, laissant un homme au cœur brisé derrière elle, les choses étaient différentes pour Forrest, mais ne semblaient pas avoir déstabilisé qui que ce soit dans le voisinage. Forrest était et restait un garçon ouvert d’esprit, à la conversation facile, qui s’intéressait à tout et à n’importe qui. Jamais personne ne se sentait dépourvu d’intérêt quand Forrest était dans les parages, comme s’il avait une faculté extraordinaire à toujours se tourner vers chacun, sans oublier qui que ce soit. Autant dire qu’il n’était pas étonnant qu’il aborde la chapardeuse avec l’aisance qui le caractérisait. Un confort qu’il dégageait sans donner la sensation d’être imbu de sa personne. Il était d’un naturel gentil et sociable, voilà tout. Il n’y avait pas besoin de grand-chose d’autres pour rendre ses amis et connaissances heureux. De plus, c’était un atout non négligeable dans sa profession, un milieu où les connexions étaient essentielles pour se faire un nom et une place.
Lorsqu’il croisa pour la première fois réellement sa nouvelle voisine, Forrest fut enchanté. À aucun moment, un jugement ne lui traversa l’esprit même s’il devait avouer avoir été surpris par les gestes spontanés de la jeune femme. Personne n’aurait jamais osé faire ça, dans le quartier. On se serait arrêté près du véhicule pour l’interroger, tout au plus, et encore, c’aurait été la façon de faire d’un enfant ou d’un adolescent curieux, mais pas d’un adulte qui se serait contenté de regarder, d’intégrer les informations et de poursuivre sa route pour aller donner sa version des faits à ses voisins. C’était comme ça que les rumeurs naissaient et se propageaient, c’était un fait prouvé. « Je devrais m’habiller comme ça tous les jours, je crois. » déclara la voisine, ce qui fit rire Forrest. Indéniablement, si elle optait pour un tel accoutrement quotidiennement, elle serait la reine du quartier, mais pas forcément dans le bon sens du terme. « Tu fais quoi comme boulot pour transporter tous ces trucs ? » l’interrogea-t-elle de but en blanc. Il apprécia sa curiosité et lui répondit tout naturellement, d’un haussement d’épaules : « Je suis metteur en scène, et professeur de théâtre, accessoirement. Ce n’est pas pour moi mais pour les comédiens. Pour le spectacle de fin d’année » précisa-t-il. Intrigué par le joli phénomène, il se présenta et elle ne tarda pas à l’imiter. « Moi, c’est Eli. Tout le monde croit que c’est le diminutif d’Elizabeth, mais en fait, c’est celui d’Êlichèva. » Eli-quoi ? eut-il envie de dire avant de l’entendre poursuivre. « Êlichèva Lahad. T’es rien contre les Juifs, au moins ? » Interloqué par la question, Forrest fronça les sourcils dans un mélange d’incrédulité et de négation. « Mmmh, les Juifs ne m’ont jamais rien fait, donc non. » répondit-il finalement en riant, enchainant en lui souhaitant la bienvenue, préférant retourner sur un terrain neutre. « Ne t’en fais pas pour ça, je préfère les déguisements. »
Une fois dans la maison, il se dirigea vers ses cartons, les ouvrant les uns après les autres pour juger ceux qui seraient plus lourds et ceux, plus légers, qui pourraient être confiés à sa nouvelle voisine. Il était tellement absorbé par sa tâche qu’il ne vérifia pas que la jeune femme le suivait et quand elle commenta la cuisine et ses soi-disant talents en décoration d’intérieur, il se redressa et se tourna pour la regarder. Il fallait bien l’œil expert d’une femme pour reconnaitre le goût raffiné de la décoration. Et pour cause, Forrest n’avait rien à voir avec la disposition des meubles ou la couleur des murs. Tout était l’œuvre de Thea. Si cela n’avait tenu qu’à lui, la maison aurait été un véritable temple au théâtre et au cinéma. Il y aurait eu des posters de films mythiques en guise de papier peint et des figurines de collection partout sur les meubles. Or, pour l’instant, ils reposaient tous au grenier, où ils avaient été relégués quand Thea et Forrest avaient emménagé dans la demeure. « Je n’ai aucun talent pour la déco, au contraire. Tout est l’œuvre de Thea, ma femme… ex-femme… future ex-femme… » corrigea-t-il, perdant quelque peu son ton enjoué. Il avait encore du mal à réaliser que d’ici quelques semaines, on pourrait le qualifier de divorcé. Ce terme, il l’avait en horreur, c’était aussi simple que ça. Son cœur battait toujours autant pour Thea, et mettre un terme à leur mariage ne changerait pas cela. N’étant toutefois pas du genre à se plaindre ou s’étaler sur des sujets douloureux, encore moins avec une personne qu’il venait tout juste de rencontrer, il ajouta : « La déco risque de changer d’ici peu mais je n’ai pas le temps pour ça maintenant. J’ai trop de boulot avec la pièce. » Il s’accroupit, attrapa une caisse et se redressa, la maintenant contre lui d’un bras, farfouillant de sa main libre pour jeter un coup d’œil à ce que le carton contenait. « Tu aimes le théâtre ? » demanda-t-il, optant pour le changement de sujet avant que son humeur morose ne remonte à la surface. Il en avait assez de se morfondre, il voulait oublier la débâcle qu’était son mariage et se consacrer à d’autres choses. Heureusement qu’il y avait ses cours et ses projets pour maintenir le bateau à flot.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad Ven 8 Juil 2011 - 15:45

Malgré ce que l'on pouvait penser, Eli était loin d'être douée pour se faire aimer des autres. Elle n'était absolument pas timide ou réservée. Elle n'hésitait jamais à aller vers qui que ce soit. Mais elle avait une fâcheuse tendance à dire absolument tout ce qu'elle pensait, sans le moindre détour, ce qui n'était pas toujours apprécié, loin de là. Elle avait pour seule règle de faire ce qu'elle voulait, quand elle le voulait. Jamais elle ne trichait en se faisant passer pour quelqu'un d'autre. Elle était toujours entière, sans vraiment se demander si elle plaisait ou pas. Pourtant, elle était consciente de choquer, mais ne s'en souciait pas au fond. À Ocean Grove, elle n'était pas la bienvenue. La plupart de ses voisins la regardaient de travers. Elle ne correspondait en rien à la population locale. Elle était exubérante, parfois vulgaire et emportée, elle ne savait absolument pas se tenir en public. Une fois de plus, elle venait de le prouver aux yeux de ses voisins. Prendre les affaires de quelqu'un d'autre pour les porter n'était pas quelque chose de commun, ni même qui démontrait une très grande politesse. Elle avait de la chance, une chance dont elle n'avait aucune conscience, celle que le propriétaire se montre aussi agréable et compréhensif avec elle. Qui sait ce que leurs relations de voisinage seraient devenues si ça n'avait pas été le cas.
Elle n'écoutait jamais vraiment les rumeurs qui circulaient dans le quartier. Mais il était son voisin direct, et elle n'avait pas pu ne pas entendre ce qui s'était passé. Parmi les élucubrations des habitants, elle avait simplement retenu que sa femme l'avait quitté. Oh, elle ne comptait pas lui en parler, lui offrir une épaule réconfortante au cas où il aurait besoin de soutien. Elle estimait plutôt que cette histoire ne la regardait absolument pas. Bien sûr, s'il avait spontanément évoqué le sujet, les choses auraient été différentes. Mais comme ce n'était pas le cas, elle n'avait aucune raison de le ramener à la surface. Après tout, elle le connaissait à peine et il avait sans doute suffisamment à faire comme ça. Elle chassa très rapidement ce sujet de son esprit, se contentant de s'entretenir avec lui de manière très agréable. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait affirmer bien s'entendre avec l'un des résidents d'Ocean Grove. Son intégration était plutôt difficile, mais elle ne désespérait pas d'y parvenir et de nouer des liens durables.
La profession qu'il dit exercer lui parut incroyable et elle écarquilla les yeux. Elle aurait elle-même adoré travaillé au milieu de tous ces costumes. Elle n'avait pas conscience que ce travail devait être plus difficile que cela. Elle allait très rarement au théâtre et n'avait plus joué sur scène depuis les petits spectacles de Noël et de fin d'année mis en scène à l'école primaire. Nul doute qu'elle n'était absolument pas faite pour ce type d'activité. Elle n'avait aucune discipline et serait probablement une actrice épouvantable. Ceci dit, elle n'avait aucunement besoin de ça pour être aux yeux du quartier un véritable phénomène. Une fois de plus, elle se faisait remarquer par sa brusquerie envers Forrest, tout comme envers n'importe qui d'autre. Ses convictions étaient si profondément ancrées et elle les exprimait avec une telle hardeur que sans s'en rendre compte il n'était pas rare qu'elle mette les gens mal à l'aise. Elle se contenta de la réponse du jeune homme, qui lui parut tout à fait satisfaisante, sans voir avec quelle rapidité il avait embrayé sur un autre sujet de conversation.
Puis, elle le suivit dans la maison, regardant autour d'elle avec curiosité. C'était bien la première fois depuis qu'elle vivait ici qu'elle entrait chez l'un de ses voisins et pouvait voir au-delà de l'entrée. Elle était toujours admirative d'une jolie décoration, probablement parce que sa mère n'était pas du tout adepte de la chose, cultivant un goût hippie très douteux. Eli ignorait si elle avait des talents particuliers pour ce domaine, mais n'en avait en tout cas ni l'envie, ni l'énergie. Se contenter d'admirer l'intérieur des autres était ce qu'elle savait encore faire de mieux. Si elle y avait réfléchi à deux fois, elle aurait évité de faire une telle remarque. Mais elle avait un don particulier pour dire absolument tout ce qui lui passait par la tête. Il était rare qu'elle se sente gênée, et ce fut le cas lorsqu'elle prit conscience de sa gaffe. Il était évident qu'une décoration de ce genre avait beaucoup de chance d'être l’œuvre de son ex femme. Elle sentait bien qu'il s'agissait d'un sujet sensible et douloureux, qu'il avait de la peine à évoquer et le manque de délicatesse dont elle venait de faire preuve se rappela à elle encore plus cruellement. Elle ne réfléchit pas et s'avança doucement vers lui, presque hésitante. Elle passa ses bras autour de lui, en une brève étreinte. « Je suis désolée ». On pouvait lui reprocher de manquer de tact, mais pas de cœur, bien qu'elle ne le connaisse à présent que depuis à peine un quart d'heure.
Puis, elle s'écarta et reprit une attitude tout à fait ordinaire. « Oui, beaucoup... enfin je crois. Pour te dire la vérité, je n'y suis plus allée depuis les pièces qu'on nous emmenait voir au lycée. Mes parents n'ont jamais eu l'habitude d'y aller et je n'en ai pas souvent l'occasion. » A vrai dire, cela faisait partie de ces choses auxquelles elle ne pensait jamais. Sa mère estimait qu'il s'agissait d'un loisir bourgeois et n'avait jamais jugé nécessaire d'y initier sa fille. Sans compter que la plupart du temps Eli travaillait très tard et n'avait pas la possibilité de sortir. « Il parle de quoi ce spectacle de fin d'année ? »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





Message(#) Sujet: Re: « With a little help from my friends » feat. Eli Lahad

Revenir en haut Aller en bas
 

« With a little help from my friends » feat. Eli Lahad

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: Apple Road, Lemon Street & Le chantier-