AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Rhea S. • « Show me your heart »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Rhea S. • « Show me your heart » Lun 2 Mai 2011 - 23:54






La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée [Platon]
30 / 04 / 12
Le disquaire du coin
Rhea Stark & Tristan A. Fergesson


    Pour apprécier, fermer les yeux était recommandé. Pour comprendre, se laisser guider, par le mouvement invisible des notes qui vont et viennent, était nécessaire. Rien ne pouvait être plus vrai que ces mélodies qui adoucissaient les mœurs. L’instrument, quel qu’il soit, avait son propre langage. Il s’exprimait d’une tendre façon, avec souplesse ou fermeté mais toujours d’une variante inégalable. Lorsqu’il s’unissait à ses compères, ce n’était plus un langage mais une émotion voilée qu’ils mettaient à nue. Pour y être sensible, il fallait la deviner et la laisser vous transporter afin d’en être touché au plus profond de soi. Tristan était l’un de ceux qui ressentaient la beauté d’un merveilleux présage ou la souffrance d’un instant fugace. Seulement, son imagination ne trouvait cette aisance qu’en compagnie d’un fond sonore. La réalité était plus impérieuse et inextricable où se mélangeait les passions. Généralement, chacun se devinait aveugle et incapable de discerner les émotions. Personne ne prenait vraiment le temps de s’y attarder. Tout le monde vivait ainsi avec des sensations qui s’entremêlaient. L’art permettait de les poser à plat. Les écrivains se servaient de leurs plumes, les peintres utilisaient leurs pinceaux, les musiciens rendaient leurs instruments vivants. Et il y avait ceux, une minorité rêvant d'un don artistique, qui essayaient de retrouver leurs empruntes à travers l’interprétation. La musique pouvait rendre ces choses possibles. Elle permettait à ceux qui y étaient sensibles, d’appuyer sur « pause » pendant quelques minutes et de percevoir. Entrevoir leurs couleurs. Ecouter n’était pas donné à tout le monde. Même en temps normal, la terre était peuplée d’égoïstes et d’idiots qui ne prenaient guère la peine d’ouïr. Et pourtant, c’était un cadeau. Tristan en était conscient.

    Dans une des ruelles, peu fréquentée mais pourtant reconnue par les connaisseurs d’art, se trouvait un local. A l’intérieur, des vinyles et des CD’s étaient dispersés de part et d’autre. Une perte de temps, diraient certains, puisqu’à présent tout se retrouvait sur internet et l’industrie du disque s’effondrait un peu plus chaque jour. Une perle rare, exprimeraient les amoureux de la musique, puisqu’il n’y avait rien de mieux qu’écouter une mélodie avec le son particulier d’un vinyle ou de prêter attention à la couverture d’un CD. Le disquaire, quant à lui, se fichait pas mal de ce qu’on pouvait dire au dehors, tant qu’il pouvait partager sa passion avec de nouveaux clients. Justement, Tristan en était un. Ce dernier lui avait fait part de ses goûts. « Eclectique, je vois » avait marmonné le monsieur à barbe, d’un certain âge. « Vous avez bien raison p’tit gars ! Il faut s’ouvrir à tout pour ne pas avoir un esprit trop étroit. Dites-moi ce que vous recherchez, j’essaierai de vous trouver un petit bijou ! » Le jeune homme ne put s’empêcher de sourire « On m’a parlé d’un certain Gabriel Fauré en classique. J’ai cru comprendre que La Pavane était une œuvre à ne pas rater. Bien sûr, après ça, je vais sans doute fouiller un peu partout. » Son interlocuteur lui fit un clin d’œil et lui demanda de le suivre. Le local n’était pas très grand mais il réunissait pourtant plusieurs étagères présentant différents styles de musique « Classic, Pop, Soul, Rock, World, Indie … » Et bien sûr les gens trouvaient aussi leur bonheur parmi ces quelques comptoirs au milieu de la pièce. Tristan n’avait jamais vu un tel endroit. Il existait bien de grandes industries, là où il habitait dans le Colorado, mais ce n’était pas aussi atypique. Laissant le barbu chercher dans les CD’s, Tristan observait attentivement autour de lui. Le lieu mais aussi les clients plus âgés que lui et sûrement, experts en ce domaine. « Tiens, voilà mon bonhomme ! La première piste du second CD… Pavane Op.50. Je te conseille d’écouter les autres si tu aimes ! » Tristan prit le CD, y lut « Requiem – Pelléas et Mélisande – Pavane ». Il regarda le propriétaire avec intérêt. « Pelléas et Mélisande ? – Oui tu ne connais pas cette pièce de théâtre de Maeterlinck ? La tragique histoire d’amour de Pelléas et Mélisande ? … C’est une malheureuse histoire mêlant amour et jalousie entre deux frères. Ceux-là étaient amoureux de la même femme Mélisande. Golaud, l’aîné, se maria avec Mélisande mais cette dernière tomba éperdument amoureuse de Péllas. Malheureusement, ils ne s’avouèrent leur amour qu’à la fin. Golaud, fou de jalousie, tua son frère après avoir découvert leurs sentiments partagés. Et Mélisande donna naissance à une fille avant de mourir à son tour. - Comment est-elle morte? - De tristesse mon bonhomme... De tristesse.» Tristan aurait du connaître cette pièce de théâtre. N’était-ce pas commun, deux frères se battant pour la même femme ? Et pourtant, il avait l’impression d’entendre cette histoire pour la première fois, d’où son air intéressé et subjugué par les paroles du vieil homme.

    Au même moment, une jeune femme passa à ses côtés. Tristan entendit le propriétaire lui désigner le fond du local pour pouvoir écouter tranquillement. Ce qu’il fit. Il s’installa au fond, mit le casque et se laissa emporter par les œuvres de Fauré. Habituellement, il aurait fermé les yeux mais étrangement, ces derniers se portèrent sur cette jeune femme d’environ son âge. Une magnifique chevelure blonde laissait apparaître à l’arrière, un visage concentré. Tristan se fit une réflexion. Elle semblait indifférente à tout ce qui se trouvait autour d’elle. Tout au long de son écoute, ses yeux restèrent fixés sur la demoiselle. Non pas qu’il s’intéressait à elle, loin de là, il n’y faisait même plus attention. Son esprit était ailleurs. Après avoir bien écouté La Pavane, il comprit ce que Lindsay voulait qu’il apprenne en écoutant cette mélodie. Cette œuvre avait inspiré plusieurs grands compositeurs classiques. Debussy s’était inspiré d'elle ... mais aussi Ravel. Il comprenait pourquoi. Cette œuvre était transcendante. Evidemment, il existait de meilleurs œuvres, de meilleurs compositeurs sans doute… Même si Tristan pensait que chacun avait un talent unique qui ne pouvait être égalé. Mais pour un amateur, qui découvrait (ou redécouvrait) la musique, il avait l’impression de comprendre le grand art. Par curiosité, il écouta les autres œuvres. Il eut plus de mal à être ému par le Requiem ou Pelléas et Mélisande. Pourtant, cette histoire l’avait touchée. Peut-être lirait-il la pièce de théâtre… Il y avait une première fois à tout.

    Tristan garda le CD dans ses mains. Il aurait préféré un vinyle. Depuis que Lindsay lui en avait fait écouter un, il essayait par tous les moyens de trouver tout en vinyle. Malheureusement, la difficulté était de mise. Il s’apprêtait à retrouver le disquaire mais ce dernier était occupé à conseiller un autre client. Le jeune homme se concentra sur d’autres œuvres, lui qui voulait trouver des merveilles… A ses côtés, l’inconnue prit un CD qu’elle retourna afin de regarder les titres y figurant. Tristan laissa échapper son regard, poussé par un brin de curiosité. « Bon choix » finit-il par dire, en souriant.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Rhea S. • « Show me your heart » Lun 16 Mai 2011 - 9:54

Un rond. Un immense rond. Tout semblait tourner en rond. Tout allait trop vite et trop lentement. Rien n'allait. Tout s'éloignait. Tout revenait. Tout voguait dans les airs. C'était l'enfermement, l'ennui. Une vague d'ennui qui l'entourait, s'emparait de chaque moment de sa vie. Le rond des volutes de fumée, le rond de ses boucles, les habitudes qui tournent en rond. Et ce moment précis où tout se brise dans un déchirant silence qui brise les cœurs, les habitudes. Ce moment précis où, tournant sur elle-même, la belle danseuse se précipite sur le tourne-disque, ayant l'idée précise de la suite et se retrouve prise de court devant le retour cinglant de la réalité. Et rien ne tourne plus rond. Ses gestes perdent leur assurance légendaire, leur grâce, leur subtilité. Ils sont bruts, ils sont violents, ils sont perdus dans l'espace encombrant. Elle s'agite, se perd dans sa collection musicale et s’effondre de dépit face à une telle fatalité.

Elle tente vainement de retourner dans son monde. Elle tente de danser sur un autre morceau. Elle tente de se remettre au violon. Elle tente de s'occuper. De se coiffer, de ranger, de s'intéresser à quelque chose. Et elle s'effondre finalement sur son lit, s'enfonçant profondément dans le monde cotonneux de l'ennui. Elle aurait voulu pouvoir faire quelque chose, pouvoir surmonter le vide du quotidien, dépasser toutes ces habitudes farfelues. Mais, allongée sur ce nouveau lit, examinant un plafond qu'elle décrétait pas assez blanc, elle se rendit à l'évidence qu'elle allait devoir se relever, ouvrir les rideaux, souffler les bougies, et sortir de cette maison qu'elle ne quittait presque jamais. Cela faisait à peine quelques semaines qu'elle avait emménagé à Ocean Grove, quelques semaines qu'elle fuyait ce monde, ce soleil auquel elle n'était pas habituée et que sa peau virginale fuyait.

Ce devait être le cœur de l'après-midi, à en supposer par ce beau soleil qui rayonnait bien trop, tous ces gens qui retournaient chez eux, qui prenaient une pause, qui passait d'une activité à une autre. Il ne fallut pas plus longtemps pour que Rhea mette fin à son errance dans son nouveau quartier. Il n'y avait vraiment rien d'extraordinaire, les gens semblaient trop survoltés, elle n'aimait pas cette drôle d'ambiance. Elle finit par se réfugier dans cette seule boutique où elle s'était senti à l'aise à son arrivée : le disquaire. Il était vieux, il était un peu plus élégant que ses nouveaux voisins, et surtout, il était tendrement adorable. Il pouvait tenir une conversation sans devenir inquisiteur. Il pouvait parler de toutes ces merveilles artistiques sans être dédaigneux. Naturellement, Rhea s'était avancée vers lui, s'adoucissant par la conversation amicale qu'il lui imposait. Elle sentait la délicatesse reprendre place dans chacun de ses gestes, elle sentait son corps se détendre, se décrisper, lorsqu'elle baladait ses doigts sur ces boîtiers plastifiés. Elle n'aimait pas particulièrement les Cds, pour la simple raison que pour les lire elle devait brancher sa chaîne stéréo et qu'elle se retrouvait avec des morceaux de plastiques foisonnant dans les moindres recoins de sa maison. Elle se laissait donc guidait par les titres des compilations, oubliant presque ce qu'elle était venue chercher, prenant le temps de s'émerveiller intérieurement de tous ces morceaux qui faisaient renaître une foule de souvenirs quelconques et enfantins. Elle aurait pu continuer des heures, jusque la fermeture sûrement, si cette voix ne s'était pas élevée face à elle. Elle l'avait bien sentit la regarder un instant, elle l'avait bien vu déambuler à la recherche d'un quelconque opéra, mais elle aurait tellement apprécié que ce jeune homme reste dans son coin et disparaisse dans le décor. Ces quelques mots eurent raison de sa gaieté retrouvée. Elle s'arrêta un instant, ses doigts survolant d'autres boîtiers. Elle eut un instant d'hésitation, ne réalisant pas totalement qu'il s'adressait réellement à elle. Mais elle ne put s'empêcher un rictus dédaigneux, posant à peine le regard sur lui, le jugeant d'avance, elle repartie dans sa conquête musicale, ne lui accordant qu'un vague
« Un bon choix ? … Certes, oui. » qui sonnait comme une accusation de stupidité avérée. Elle se rendit sûrement compte, lorsqu'elle faisait passer les couvertures rapidement, qu'elle n'était pas tout à fait correcte, que son attitude était des plus blâmables, que pour commencer une nouvelle vie elle devrait se montrer aimable. Elle releva la tête, surprise de le voir encore devant elle après son manque de tact. « Vous parlez du quel ? Sir Elgar ou Phil Phillips ? ». Le ton qu'elle adoptait, à peine plus agréable, semblait surtout trahir le fait qu'il serait sauvé à ses yeux selon sa réponse, ou qu'il serait à fuir à jamais s'il répondait mal.

(bon, c'est considérablement médiocre, mais je ferais un peu mieux pour le prochain angel mes excuses).
Revenir en haut Aller en bas
 

Rhea S. • « Show me your heart »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: Bayside Street & Ruelles-