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 (1514) CAN'T FIGHT ENOUGH. (R)

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Message(#) Sujet: (1514) CAN'T FIGHT ENOUGH. (R) Sam 30 Avr 2011 - 16:13

❝ god only know what we're fighting for ❞
evadne leichhardt and ralfes hurlsberth
Les rideaux fermés, un fin rayon de lumière parvenait jusque dans la pièce tapissée et carrelée. Les paupières se soulevèrent doucement puis se refermèrent soudainement, les yeux aveuglés par la lumière éblouissante. Ralfes se leva, jetant la couette à l’autre bout de la pièce et ferma les volets à moitié. Il sentit la lumière tamisée qui balayait la pièce et il parvint jusqu’au salon, tout en traînant des pieds. Aujourd’hui était censée être une journée extraordinaire. Une journée qui resterait gravée au fin fond de sa mémoire. A jamais. Pourtant, le jeune homme n’était pas si pressé d’avoir affaire à cette journée. S’il avait pu, il serait resté au creux de son matelas, sous sa couette toute fraîche et lavée de la veille. Il serait resté chez lui, à sentir les effluves de la lessive, la couette calée contre son visage, lui caressant ses joues empourprées dès qu’il se tournerait d’un côté ou d’un autre. Cette journée aurait dû être parfaite. Il aurait dû se lever précipitamment, peut-être oublier de déjeuner, tellement il avait hâte, et sortir même en chaussons. Il ne se serait pas retourné. Tant pis, ses chaussons seront teintés de la couleur grise du bitume mais qu’importe ! Il aurait ressenti cette joie, cet enthousiasme. Mais rien de tout cela n’était arrivé. Il avait franchi le seuil de la porte, ramassant son journal comme chaque matin, d’un œil avide. Il avait aperçu son voisin, qui prenait soin de son potager et qui l’avait distraitement salué. Il aurait dû lui rendre son bonjour. Il aurait dû venir l’aider, même. Mais non, il continua ses pas feutrés, en direction de la maison. Il jeta le journal sur la table en verre, se servit un café, alluma le poste de radio et retourna à la table, le journal contre la paume de sa main. Les nouvelles ne l’enthousiasmaient pas vraiment non plus. Comme d’habitude, le journal relatait tous les faits qu’il expliquait corps et âme, chaque jour, à la radio.
Mais aujourd’hui était une journée extraordinaire. Lui-même l’avait répété la vielle, le casque de radio calé sur ses oreilles, le ventre accolé à la table, les doigts pianotant sur son ordinateur. A travers l’obscurité, il ferma les yeux et dut se faire violence pour ne pas s’endormir, la tête posée entre ses bras, étendu sur la table à manger. Au lieu de cela, il jeta un coup d’œil au poste de radio. Des auditeurs réagissaient au dernier buzz trouvé sur Internet. Cela ne l’intéressait pas. Du moins cela ne l’intéressait plus. Il éteignit le poste d’un geste presque machinal, but son café d’un trait et se leva. Il avait gagné la motivation de la journée dans une tasse de café. Etait-ce cela qui l’inspirait ? Etait-cela qui le forçait à se lever tous les matins et à travailler dur ? Etait-ce cela qui le faisait oublier qu’il avait abandonné femme et enfants ? Désormais, il s’était promis une seule chose. Vivre comme si de rien n’était. Vivre. Il avait appris à oublier sa vie auparavant. Certes, le retour de Nora Heiser n’était pas en accord avec cette promesse mais il devait faire avec. Il ne devait pas se trahir. Il était déjà suffisamment bizarre, aux yeux de ses voisins. Il n’avait pas le droit de faire le moindre faux pas. Alors il atteignit sa chambre, balayant la pièce du regard. La couette était sur le sol, rafraîchie, tandis que les pieds du lit étaient bancals, peut-être posés sur un livre plus ou moins épais et trop vieux pour être lu. Le jeune homme enfila un jean déchiré aux genoux et un tee-shirt que sa femme lui avait offert pour son anniversaire. Il ne s’en souvenait plus. Il ne voulait pas s’en souvenir. Il passa la main dans ses cheveux ébouriffés, posa une casquette de baseball sur le sommet de son crâne et quitta la maison, fermant à clé derrière lui. Sans argent ni papier d’identité, il posa les pieds sur le bitume. La chaleur du sol traversait ses chaussures et parvenait jusqu’à son corps bouillonnant. Il jeta un œil autour de lui. Le quartier d’Ocean Grove semblait dormir. Ils cachaient bien leur jeu. Ralfes savait pertinemment que derrière chaque fenêtre teintée, derrière chaque rideau tiré se trouvaient des femmes dont le seul hobby était de l’épier. Leur motivation se trouvait dans la vie des autres. Elles étaient voyeuses, elles les regardaient d’un œil avide, profitant du moindre geste pour en faire le sujet de leurs ragots. Il rit en y pensant et continua sa route. En rêvassant comme il avait l’habitude de le faire, il ne fit même pas attention et ne remarqua pas que derrière lui était caché une jeune fille. Avec ses boucles blondes et ses yeux de biche, il était difficile de la rater. Elle marchait dans ses pas, prenant garde à ne pas faire trop de bruit. « Il n’y a pas trop de monde mais vous ne devez pas vous en faire. Toute la ville va se réunir, j’en suis certaine. » Ralfes se retourna précipitamment et violemment, ne comprenant pas. Il fit face à la jeune fille et sur son visage, au lieu d’un sourire, se dessina un regard de colère et d’étonnement. Il détestait qu’on le prenne par surprise. La surprise, ce n’était pas un sentiment qu’il aimait ressentir. Il préférait qu’on le prévienne. Il préférait avoir toutes les cartes en main. Il préférait pouvoir réfléchir et tout prévoir à l’avance. Comme abandonner sa famille et partir à Miami. Ou bien démissionner et se faire recruter par la suite pour un meilleur salaire et un meilleur job. Jusqu’à aujourd’hui, il n’avait jamais échoué. Il avait maîtrisé la situation jusqu’au bout et tout avait fonctionné. Sa vie avait fonctionné. Ses pas cessèrent. Il se souvenait de cette bouille enfantine. Il se souvenait parfaitement de cette jeune fille. Il avait une impression de déjà vu. Il avait la nette impression de la connaître mais il ignorait où et comment. Les questions fondamentales. « Vous me suivez ? » demanda le jeune homme, n’ayant besoin de sa réponse pour le certifier. C’était davantage une affirmation qu’une question. La question était une pure formule courtoise. Il ne voulait rien affirmer sans avoir son consentement. Peut-être ne voulait-il pas prendre de risque inutile et évitable. Peut-être. Il plongea son regard dans le sien et, n’attendant pas même une réponse, il continua son chemin vers le lieu de la manifestation.
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Message(#) Sujet: Re: (1514) CAN'T FIGHT ENOUGH. (R) Jeu 30 Juin 2011 - 19:34


Can't Fight Enough. FT. RALFES HURLSBERTH & EVADNE LEICHHARDT

Il ne fallait pas s’y méprendre : Evadne était une jeune fille calme et visiblement sans problème. Certes, elle avait perdue l’envie de passer ses journées sur les bancs d’école et séchait souvent les cours, négligeant du même coup ses devoirs, mais elle avait cette habilité de toujours tout savoir et d’emmagasiner un max d’informations en un temps record, ce qui, bien souvent, lui sauvait la mise. Ce n’était pas quelqu’un de foncièrement méchant, ou même de mesquine. Seulement, comme tout et chacun, elle avait ses convictions auxquelles elle tenait, et plus souvent qu’autrement, elle arrivait toujours à se foutre dans la merde rien qu’en supportant des organismes ou des associations alors qu’il protestait ouvertement leur mécontentement. Alors, quand l’animateur de radio du coin annonça une prochaine mobilisation dans le but de contrée un des projets du maire, cela ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde. Et qu’importe si cela tombait lors d’une journée d’école : elle sècherait, comme toutes les autres fois. Ce n’était pas sorcier!

Elle s’était levée à l’aurore, faisant le moins de bruit possible pour ne pas ébruiter sa fuite auprès de ses parents. Robyn connaissait ses plans, et toutes deux avaient mit en place un alibi pour la jeune fille, elle n’avait donc aucune raison de s’inquiète… du moins, jusqu’à ce que la direction contacte ses tuteurs, mais passons. En douce, elle sortit de la maison et se rendit sur les lieux de la protestation, où elle constata bien vite qu’il n’y avait personne. Un simple coup d’œil à son portable la réconforta : elle était seulement en avance, c’est tout. Elle se mit alors à errer dans le quartier, pour finalement tomber sur quelqu’un qui sortait de chez lui, plus ou moins l’air réveillé. Elle le reconnut aussitôt pour avoir vu sa photo dans quelques reportages du journal de la ville : c’était lui, l’animateur-radio! Intimidée, la belle préféra se cacher dans les buissons lorsqu’il passa tout prêt d’elle, puis, après réflexion, décida de le suivre : ainsi, elle n’arriverait pas seule là-bas.

Ils marchèrent ainsi en silence pendant un petit moment, avant qu’Evadne ne se décide à lui faire savoir qu’elle était là – car visiblement, il ne s’était rendu compte de rien. « Il n’y a pas trop de monde mais vous ne devez pas vous en faire. Toute la ville va se réunir, j’en suis certaine. » Elle ne lui avait pas dit toute la vérité, mais à cette heure-ci, alors que le moment arrivait enfin, les choses devaient avoir changé. Il pouvait s’en passer des choses en une heure! Hélas, l’homme ne sembla pas très heureux de son intervention, et le regard qu’il lui jeta fit presque regretter à Eva de s’être ainsi déplacé. Il semblait… mécontent, furieux, mais surpris aussi. Il faut dire qu’à cette heure, il était peu nombreux à faire des balades dans les rues. « Vous me suivez? » Instinctivement, elle répondit sur la défensive. « Non! » Au départ, non, ce n’était pas son intention de le suivre, par la suite, elle n’en avait pas vraiment eu le choix, puisqu’ils allaient tout deux dans la même direction, vers le même endroit. « En fait, si, peut-être un peu. Je vais au même endroit que vous, alors, forcément... » Ça, au moins, c’était plus véridique, et plus près de la vérité. Elle n’allait certes pas lui dire qu’elle s’était cachée alors qu’il passait près d’elle, pour finalement changer d’idée, trois secondes plus tard. L’homme la regarda un moment, puis décida de continuer son chemin, l’ignorant de plus belle. Sans hésitation, elle couru le rejoindre puis ralenti le pas quand elle arriva finalement à ses côtés. « Vous ne me reconnaissez pas? » lui demanda-t-elle alors, accordant ses pas à ceux de l’animateur. La question pourrait paraître idiote vu le nombre de personnes avec qui il conversait, mais depuis quelques semaines – soit depuis le lancement de ce projet, ils avaient tout deux prit contact et discuter à maintes reprises de cette journée. Ils étaient même amis Facebook, c’est pour dire (et combien on s’en foutait, d’ailleurs, mais c’était pratique comme moyen de communication). Peut-être ne la replaçait-il pas, au tel cas, elle se ferait un plaisir de le lui rappeler. Mais pour l’instant, jouer à la devinette avec lui l’amusait beaucoup.

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