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 ✩ SNEAKING IN.

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Message(#) Sujet: ✩ SNEAKING IN. Jeu 7 Avr 2011 - 22:42

SNEAKING IN
FEAT. NOAH J. DICKERS & DOLLY MISSONI.



Dolly n’a qu’une parole. C’est bien connu : lorsqu’elle s’engage officiellement, lorsqu’elle promet de faire quelque chose, elle le fait. Certes, en soit, un serment n’est que suite de mots mais pour elle, cette suite de mots était sacrée et performative. Elle ne croyait pas en beaucoup de choses mais elle croyait en l’honneur et au respect. En promettant à Noah Dickers de lui prêter main forte pour son intérieur, elle n’imagina donc pas une seconde l’hypothèse de lui faire faux bond. Pour certains, ses qualités se comptaient sur les doigts d'une main mais si cela était bien vrai, la loyauté y avait en tout cas une place maîtrise. Après, elle n’avait pas non plus promis de donner son maximum et d’être la plus efficace possible … Ainsi, elle comptait bien utiliser cet espace de liberté dans la clause pour garder sa fierté intacte.

Suite au petit accident qu'elle avait eu avec la voiture de Noah, Dolly n'était plus tolérée parmi les clients de l'agence de voitures de location et ce, malgré le constat qui les avait épargnés. Ils avaient toutefois rendu à la jeune femme sa caution mais n'acceptaient plus de lui fournir une voiture, la qualifiant d'élément trop « risqué ». La jeune femme se retrouvait donc tout à la fois humiliée et sans voiture. Des deux, dur de savoir lequel faisait le plus de mal. Quoiqu'il en soit, la scientifique ne se démonta pas et dut trouver une alternative. Après avoir longuement rouspété et juré par tous les noms d'oiseau qu'elle connaissait, elle jeta son dévolu sur une bicyclette abandonnée par son précédent propriétaire au fond de sa cave. Ce qui n'était pas franchement une bonne idée : incapable de garder l'équilibre, elle risqua sa vie à chaque coup de pédale. Ce ne fut que lorsqu'elle se griffa le mollet avec la chaînette rouillée et après s'être précipitée sur son carnet de santé pour vérifier qu'elle était bien vaccinée contre le tétanos qu'elle mit un terme à ses vaines tentatives. Tant pis. Elle n'avait jamais sut tenir droite sur ce genre d'engin et visiblement, ça n'allait pas être en un après-midi qu'elle y arriverait. Elle rangea donc sans regret le vélo là où elle l'avait trouvé avant qu'un accessoire de cette machine ne trouve finalement grâce à ses yeux : le casque. En effet, une fois la nuit tombée et bien qu'elle avait décidé de se rendre chez son peu-scrupuleux-voisin à pieds, elle vissa le casque du vélo sur son crâne pour une simple et bonne raison : personne ne devait la reconnaître. Rien que l'idée d'avoir à se rendre chez Noah en soirée la faisait frissonner. Il allait certainement lui faire passer un sale quart d'heure pour lui faire regretter la matinée qu'elle lui avait fait subir et elle ne tenait absolument pas à ce que s'ajoute à cette situation une humiliation publique. A ses yeux, rien ne pouvait être plus compromettant que d'être aperçue se faufilant de nuit chez cet individu qui lui avait plus d'une fois mit le doute au sujet de la théorie de l'évolution de Darwin. Ainsi, déterminée à n'être qu'une ombre dans la nuit, elle ajouta une veste en cuir empruntée à Sinaya sur ses épaules et une écharpe tricotée par sa grand-mère envoyée en cadeau de Noël quelques jours plus tôt. En somme, lorsqu'elle sortit de chez elle, elle ne ressemblait à rien. Avec sa tête ronde et son écharpe traînant presque au sol, elle s'approchait d'avantage du bonhomme de neige que d'une jeune femme de vingt-six ans. Ce qui était parfait : personne ne saurait la reconnaître là-dessous à moins d'être devin. Et de toute façon, le faible éclairage des réverbères jouait en sa faveur. Ainsi, confiante en son accoutrement, elle traversa Lemon Street d'un pas galvanisé pour atteindre le fameux n°4496 mais à peine arriva-t-elle devant la boîte aux lettres qu'une grimace rabougrit son visage. C'était un automatisme : à la lecture du nom de « Dickers », elle se sentit dans la peau d'une lycéenne envoyée en heure de colle le soir du bal de promo. A contre cœur, elle poussa tout de même le portail d'un doigt, traversa la pelouse en silence, gravit le perron sur la pointe des pieds et appuya comme une forcenée sur le bouton de la sonnette. Même si cette fois-ci il n'y avait pas trop de risque que l'homme soit endormi, elle continua d'appuyer avec verve encore et encore. Elle ne cessait de jeter des coups d'œil à droite à gauche, comme si elle craignait de voir débarquer la police elle-même. Ses mains étaient moites et elle perdait de plus en plus sa patience (qu'elle n'avait de toute manière jamais vraiment eu) mais cela était aussi sans doute dut à son accoutrement qui même en ce début d'année restait excessif pour Miami. Lorsqu'elle vit une silhouette se mouvoir derrière les rideaux de la maison voisine, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase et elle se mit à paniquer. Elle créa alors un entonnoir avec ses mains posées contre la porte et colla sa bouche au centre avant de crier d'une voix mi-étouffée, mi-stridente. « Dickers ! Dickers ! Dickers, ouvrez vite ! »
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Sam 9 Avr 2011 - 5:33

Merveilleuse journée. Délectable. Rayonnante et, pour tout dire, parfaitement inattendue compte tenu de la cuite mémorable de la veille. Pour une fois, notre charmant Dickers encaissait plutôt bien le contre-coup de ses excès. La raison de cette bonne humeur inopinée ? La façon dont s'était terminé son accrochage du matin même avec la folle du quartier, celle dont il avait découvert le nom en même temps que l'incompétence derrière un volant, aka la tristement célèbre Dolly Missoni. Cette brave Dolly. Si douce, si charmante. Un rayon de bonne humeur qui vous hurlait dans les oreilles de bon matin après vous avoir ruiné un coupé sport hors de prix, qui rêver de mieux comme voisine de quartier ? Bien du monde, c'est certain. Et pourtant, tandis qu'il pianotait négligemment sur son téléphone pour répondre aux multiples messages de bonne année qu'il avait reçu, Noah ne se sentait en rien irrité où rancunier vis à vis de cette altercation matinale. Contre toute attente - et avec un peu de recul, il était même au contraire très heureux que les choses ce soient déroulées ainsi. Plus il y avait pensé et plus son éternelle insolence lui avait fait regarder avec mépris le constat de l'accident avant qu'il ne l'envoie comme promis à son assurance. Argent, matériel, malus ... Du bla bla ! Rien, absolument rien en comparaison de ce qu'il avait gagné en retour ; soit la perspective de voir rappliquer le danger public chez lui le soir même et ce pour l'aider à faire le ménage après le passage de l'ouragan. Le simple fait d'y pensait lui arracha un sourire. Bien que ne connaissant pas personnellement cette aliénée de Missoni, il n'avait pas de mal à imaginer la gêne, voire même l'angoisse, que cette dernière ressentirait rien qu'en faisant l'effort de remonter la rue pour honorer sa promesse et venir le rejoindre. C'était puéril, c'était petit, c'était bas ... et c'était parfaitement assumé. Oui, Noah - en bon enfant capricieux et sadique qu'il avait toujours été et qu'il continuait d'être - se délectait de cette perspective affligeante et mesquine. Philosophe dans l'âme, il n'avait même aucun mal à se dire que le délice de voir cette fêlée du casque se mordre des doigts d'avoir accepter pareil engagement avait bien valu de payer les pots cassés pour un accident dont il n'était pas responsable (preuve s'il en fallait des actes disproportionnés, insensés et / ou ridiculement stupides qu'il était parfois prêt à faire pour le plaisir d'obtenir quelque chose de satisfaisant en retour). Finalement elle l'amusait beaucoup cette maniaco-détraquée en puissance. Une fois passé outre la colère et l'exaspération - et maintenant qu'elle lui avait donné la preuve que, quoiqu'il fasse (même avec de la bonne volonté), le courant ne passerait jamais entre eux - il fallait bien avouer qu'elle avait pour elle de ne ressembler à aucun autre être humain connu. Aussi tordue qu'instable et complétement hors cadre d'un point de vue d'humain lambda (ce qu'il s'estimait être plus ou moins, physique d'exception mis à part ^^), Missoni allait devenir - il l'avait décidé le jour même - son jouet préféré. Un jouet qui, s'il avait fallu le comparer à quelque chose de déjà existant, aurait trouvé sa place aux côtés des élastiques et autres matières extensibles (le but final étant de voir jusqu'où les nerfs et la patience de cette bonne femme pouvaient tenir avant que le monstre antisocial qu'il devinait tapi en elle ne fasse surface et ne prenne le dessus ...). Qu'elle le veuille ou non, cette femme allait donnait son énervement (faute de son corps) pour la science d'un Dickers qui se sentait l'âme d'un véritable Pavlov en ce début d'année 2012 !

Soudain, tandis qu'il ressassait ses plans tout en continuant de répondre à ses messages et tout en étouffant un rire diabolique digne du plus bateau des dessins animés pour enfants, la sonnette de la porte d'entrée retentit ! Réactif, Noah se redressa et - fier d'être habillé cette fois-ci ! - se dirigea vers l'entrée d'un pas aérien. Volontairement, il prit tout son temps et s'accorda même un petit pas de moonwalk sur les dalles du hall pour laisser le temps à son invitée de le maudire pour sa lenteur. Une lenteur qui porta visiblement ses fruits, puisque quelques secondes plus tard des couinements de chien mouillé qui gratte à la porte se firent entendre et lui arrachèrent un sourire éclatant. Enfin, après s'être encore un peu délecté de la situation, il pressa la poignée et ouvrit la porte de manière théâtrale, écartant grand les bras et gratifiant la voisine d'une accolade dégoulinante de spontanéité et d'affection amicale.

« Dolly ! DOLLY MISSONI ! » S'exclama-t-il en y mettant l'accent latin, après s'être reculé, et d'une manière qui laissait croire à un ravissement débordant. « Soyez la bienvenue dans mon taudis ! Entrez, entrez, faites comme chez vous ! Méfiez-vous des rats cependant, leur goût prononcé pour les belles choses risquerait de ne pas vous être profitable ! » Minauda-t-il dans une parodie assez réussie de bonne femme au compliment imagé et au rire faux agrémenté d'une révérence destinée à lui ouvrir le chemin vers l'intérieur.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Mar 12 Avr 2011 - 22:25

Lorsque la porte s'ouvrit grand, Dolly ne dut son maintien qu'à un pur miracle : possédant un affreux équilibre et dans la position où elle était, elle aurait du s'étaler de tout son long sur le plancher de l'entrée mais sans doute était-ce un réflexe de survie, elle ne fit que vaciller … Jusqu'à subir une accolade sortie de nulle part et tout à fait inappropriée compte tenu de leur histoire commune. Déstabilisée mais pas assez pour perdre son aplomb, elle écarquilla les yeux en l'entendant hurler son nom de la sorte en direction de la rue. Horrifiée, elle se précipita à l'intérieur et trouva même le moyen de bousculer Dickers bien qu'il lui eut présenté une jolie révérence et se fut décalé de lui-même pour la laisser passer. L'ironie de ses paroles lui échappa et si elle n'avait eu d'autres soucis en tête à cet instant sans doute aurait-elle bondit au plafond à l'évocation des rats mais là, elle était bien trop énervée par ce qu'il venait de faire pour s'en soucier. Quel toupet ! N'avait-il pas compris à son accoutrement qu'elle tenait à une certaine discrétion ? Sans laisser le temps à son voisin de s'en charger, elle claqua la porte d'entrée derrière elle et retira d'un geste brusque son casque. Sa chevelure blonde souffrit d'une pagaille monumentale mais une fois de plus, il s'agissait du cadet de ses soucis. Pointant de son casque Noah, elle répondit à son accueil avec une majestueuse impolitesse. « Oh, vous ! Criez mon adresse aussi, la prochaine fois ! Ma tenue là, était censée me faire passer inaperçue ... » Elle conclut sa phrase d'un soupire d'exaspération avant d'abandonner son casque aux mains de Noah. Il était venu l'accueillir, non ? Qu'il se charge au moins de la débarrasser comme l'hôte parfait pour lequel il se faisait passer. Elle passa ensuite une main dans le nœud de son écharpe et la défit avant de se tourner non pas vers le couloir menant à la salle de séjour mais bel et bien vers les fenêtres avoisinant la porte d'entrée. Avec précaution, elle souleva un pan du rideau tandis que son autre main finissait de récupérer l'écharpe qu'elle balança ensuite par dessus son épaule, en direction de Noah – du moins l'espérait-elle. Elle se mit alors à observer la rue silencieuse pour s'assurer qu'aucun passant n'avait été susceptible de l'entendre et fixa pendant quelques bonnes secondes une fenêtre éclairée de l'autre côté du trottoir avant d'accepter de refaire face à son voisin. Son visage était toujours aussi crispé mais le rouge de ses joues avait disparu. Retirant à présent la veste qu'elle portait, elle se mit soudainement à observer Noah avec insistance, comme si elle le voyait pour la première fois. Quelque chose l'embêtait. Affublant ses bras déjà chargés de sa veste, elle profita de s'être approchée de lui pour l'analyser de plus près avant de lâcher l'affaire et de poser franchement la question qui lui encombrait l'esprit. « Quelque chose a changé chez vous. Vous vous êtes coupé les cheveux ? Ou vous avez pris quelques kilos ... » Sa voix se tut à cet instant pour laisser place à une exclamation silencieuse tandis qu'elle réalisait ce qui avait effectivement changé chez lui. « Par tous les atomes, vous êtes habillé ! Entièrement. » Elle eut un sourire insolent, visiblement épatée par cette constatation. « Comment cela s'est passé ? » Oui, c'était bien des détails qu'elle demandait. Depuis qu'elle le connaissait, c'était la première fois où elle n'avait pas l'honneur de faire face à ses pectoraux. Non pas qu'ils lui manquaient (du moins elle ne se l'avouerait jamais) mais c'était perturbant. Elle avait l'impression d'assister là à une évolution importante chez cet homme, comme si elle était témoin de ses premiers pas de bébé ou quelque chose comme ça. Fascinée par ce changement d'apparence, elle semblait avoir totalement oublié la raison de sa venue et n'aurait probablement pas dit non à une invitation à boire le thé avec lui pour partager une agréable conversation sur ce prodige dont il venait de faire preuve. N'oublions pas, après tout, que Dolly gardait la conviction que son voisin était « léger » d'esprit malgré les nombreuses crasses qu'il avait put lui faire subir. Il était doué pour bousiller chacune de leurs rencontres (inutile de préciser que Dolly ne se tenait jamais fautive de quoique ce soit) mais pas assez à ses yeux pour prouver qu'il était doté d'une intelligence à part entière. Veuillez accueillir le retour du petit sourire patient et irritable à souhait sur ses lèvres couleur saumon.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Sam 16 Avr 2011 - 23:55

Tandis qu'elle le bousculait pour rentrer dans la maison de façon à se mettre à l'abri d'éventuels regards indiscrets, Noah, lui, arborait un sourire suffisant et parfaitement confiant, même lorsqu'elle claqua la porte au passage et qu'elle le menaça de son casque. Avec ses cheveux en pétard et son accoutrement plus qu'improbable, elle n'avait même plus pour elle de représenter l'image idéale et lisse de la ménagère BCBG. « Oh, vous ! Criez mon adresse aussi, la prochaine fois ! Ma tenue là, était censée me faire passer inaperçue ... » Sans blague ... Souriant de plus belle, Dickers s'empara docilement du casque et la regarda épier à la fenêtre non sans se moquer intérieurement, amusé au possible de voir à quel point cette nana qu'à peine, quoi, trente ans à tout casser, avait déjà pris le pli et les manies d'une vieille commère, curieuse et voyeuse. Avec son nez collé à deux centimètres du carreau et le léger rond de vapeur que sa respiration faisait naître sur le verre, il n'avait aucun mal à l'imaginer avec quarante années de plus, appuyée sur une canne implacablement lustrée et vêtue d'une robe à fleurs qui la ferait se confondre avec ses rideaux ou la tapisserie lorsqu'elle reproduirait le geste pour épier les voisins ...

Finalement, c'est l'écharpe qu'elle lui lança sans crier gare qui le tira de sa moquerie silencieuse. Il rattrapa l'étoffe au vol et rendit à Dolly son regard suspicieux lorsque cette dernière - visiblement rassurée par ce qu'elle avait vu (ou plutôt par ce qu'elle n'avait pas vu) de l'autre côté de la fenêtre - se retourna vers lui et le toisa d'un œil interrogateur. Eh ben quoi ? Pensa-t-il, toujours d'humeur joueuse mais quand même sur ses gardes maintenant qu'il savait à quel point cette voisine pouvait se montrer étrange, voire même carrément barge, lorsqu'elle entrait en phase de crise ... « Quelque chose a changé chez vous. Vous vous êtes coupé les cheveux ? Ou vous avez pris quelques kilos ... » Plus susceptible qu'une femme dès qu'il s'agissait de kilos en trop, Noah préparait une réplique assassine sur la façon dont son ensemble faisait ressortir son infime (mais il ne comptait pas souligner le caractère microscopique de la chose ...) culotte de cheval lorsqu'elle ajouta le « Par tous les atomes, vous êtes habillé ! Entièrement. » qui, en plus de calmer sa langue de vipère, le fit lever la tête d'un air suffisant. Ne serait-ce que pour le principe, il n'était pas peu fier de pouvoir lui montrer que OUI, il lui arrivait aussi de s'habiller, voire même que l'habillage en général représentait une grande partie de son métier et qu'on le payait pour ça ... Seulement voilà, le « Comment cela s'est passé ? » qui s'en suivit fit légèrement s'affaisser ses épaules, comme s'il déplorait - moins qu'avant, certes, mais toujours avec un pointe d'irritation - qu'elle s'étonne encore de le voir doté les mêmes capacités et élevé dans les mêmes mœurs que bon nombre d'autres être humains. Haussant les épaules - car bien décidé à ne plus se laisser mettre les nerfs en pelote par les élucubrations d'une gonzesse probablement bonne pour l'asile - il lui rendit son sourire crémeux et lui répondit du tac au tac sans pour autant se départir du ton courtois avec lequel il l'avait accueillie : « Tiens c'est marrant que vous me parliez de ça ! Figurez-vous que j'ai appris à faire mes lacets et à zipper les fermetures éclair de mes jeans dans l'unique but de faire parler les cons ... » Pause. Tournant les talons, il remonta l'allée qui menait au salon et l'invita à le suivre d'un regard par dessus son épaule. « Vous connaissez le chemin, je vous laisse vous installer le temps d'accrocher votre déguisement dans le vestibule. Ensuite vous pourrez m'éclairer de vos conseils avisés et de vos trucs et astuces sur comment dresser l'aspirateur ou dompter la serpillère ! » Plus gentleman dans l'attitude que dans le phrasé, il tourna gracieusement à sa droite tandis que Dolly, elle, n'avait qu'à prendre sur la gauche pour se retrouver dans le même salon qu'elle avait connu lors de l'emménagement de Noah à Ocean Grove et qui - pour tout dire - n'avait pas tellement changé puisque l'ouragan s'était chargé de réduire à néant tous les efforts qu'il avait fait jadis afin de donner à la pièce un aspect confortable, chaleureux et ordonné.

« Je vous offre quelque chose à boire ? ... Du lait peut-être ? » Cria-t-il depuis la cuisine par laquelle il avait fait un crochet en revenant du vestibule, tout en tachant de ne pas ricaner en se remémorant l'épisode du bol de lait / céréales et de la façon dont elle s'était pris le liquide en pleine figure lors de leur première rencontre. Finalement, les choses n'avaient pas beaucoup évoluées pensa-t-il en ouvrant la porte du frigo. Ils en étaient toujours à se chamailler et ne pas se comprendre, le salon était dans un bordel similaire à celui de ce fameux jour, ne changeait en réalité que l'heure de la journée et le fait qu'il n'ait pas la gueule de bois cette fois-ci.


Dernière édition par Noah J. Dickers le Dim 24 Avr 2011 - 17:17, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Dim 24 Avr 2011 - 1:12

La réponse que son voisin lui accorda lui coupa le souffle. Est-ce qu'il venait bien de l'insulter indirectement ? Muette, son regard dévisageait Dickers. Dans ses yeux pouvaient se lire un affolement grandissant. Il ne pouvait pas, ce n'est pas possible, être aussi pitoyable ! L'insulter alors qu'elle venait l'aider, n'est-ce pas d'une totale inconscience ? Certes, elle l'avait cherché mais c'était très différent dans son cas : son but n'avait pas été d'attaquer son voisin, au contraire. Elle pensait s'être montrée amicale et bienveillante en remarquant simplement qu'il avait progressé. Et voilà comment elle en était remerciée … Découragée, elle le regarda s'éloigner d'elle et écouta d'une oreille distraite son invitation à pénétrer dans la salle de séjour. Sans émettre la moindre remarque, elle se traîna jusqu'à la pièce désignée, dépitée. Cet homme dépassait toutes les normes. Il avait la carrure d'un homme sain et dégourdi, et pourtant il se comportait comme un gosse de cinq ans. Dolly avait tout bonnement l'impression de voir toute l'espère humaine régresser en cet individu. Était-ce qui attendait l'Homme dans quelques années ? Dormir comme une larve, vivre dans ses propres ordures, utiliser l'attaque plutôt que la communication … ; ce qui séparait l'Homme de l'animal, en somme. Arpentant la pièce avec dégoût et désillusion, elle ne pensait même plus à sa tâche première de la soirée, elle voyait le bazar et la saleté sans vraiment les voir, sans se sentir concernée par eux. Noah avait détruit sa motivation – ou du moins sa détermination à en finir le plus vite par son attitude démoralisatrice et acrimonieuse. Ne sachant trop où se mettre (elle avait voulu s'affaler sur le sofa dans un élan de découragement absolu mais son instinct de survie l'en empêcha à temps), elle se contenta de rester debout comme un piquet près de l'ouverture de la pièce, visiblement plus désireuse de s'en aller maintenant, peu importe les conséquences, que de rester plus longtemps ici où de toute évidence, elle n'était pas la bienvenue.
Et puis, pouf tout vira du froid au chaud. De la cire à la flamme, de la goutte au torrent. Lorsqu'elle entendit les mots en provenance de la cuisine, le malaise de Dolly s'évanouit pour laisser la place à un sentiment bien plus familier : la révolte. C'était une chose de la traiter subtilement de conne mais s'en était une autre de s'amuser à la narguer ouvertement sur l'une des expériences les plus traumatisantes et blessantes qu'elle ait pu avoir depuis son déménagement. Serrant les poings, la jeune femme retrouva son aplomb et ses yeux brillèrent d'un éclat nouveau lorsqu'elle pivota sur elle-même et sortit de la salle de séjour, en direction de la cuisine. Elle connaissait le chemin maintenant et le fit presque machinalement, trop aveuglée par l'indignation qui l'animait. Une fois qu'elle arriva sur place, ses lèvres se tordirent en un sourire forcé et dénué de joie. Elle s'approcha d'une allure féline et redoutable jusqu'au plan de travail de la cuisine sans dire un mot, ne détachant pas son regard glacial de son hôte et ne s'arrêtant qu'une fois que ses mains tombèrent à plat sur la table dans un bruit mât. Là, elle articula doucement et de manière très audible afin que même lui, dénué de toute trace d'intelligence humaine, puisse le comprendre sans trop d'effort. « Je ne suis pas là pour rigoler. Je ne sais même pas ce qui a pu vous inspirer l'idée que votre humour puisse me convenir. De toute évidence, nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes – fort heureusement – et nous ne le serons jamais. » Elle contourna sournoisement la table jusqu'à arriver face à Noah, le visage aussi impénétrable que celui d'une impitoyable institutrice. A cette distance, il pouvait sans doute voir ses lèvres trembloter faiblement sous la tension. Elle attrapa d'un geste le torchon de vaisselle posé auprès d'eux (propre ou sale, ce n'était pas son problème) et le lança au visage de Noah sans ciller juste avant de lui asséner un coup de poing au niveau de son épaule en imitation parfaite du geste que pouvait lui faire son père lorsqu'elle était plus jeune et qu'elle devait lui obéir. « Au boulot, si vous ne voulez pas regretter d'avoir seulement croisé mon regard un jour. » La fierté de Dolly venait de s'exprimer dans toute sa splendeur et le poing serré avec lequel elle s'appuyait contre la table était la garantie qu'elle était bien assez forte pour utiliser ses doigts comme presse-burnes s'il le fallait. Qui aurait cru que leur relation pouvait descendre encore plus bas ?
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Dim 24 Avr 2011 - 18:14

Sans s'inquiéter d'entendre les pas de son invitée se rapprocher avec une fougue peut-être juste un peu trop prononcée, Noah continuait de fureter dans le frigo à la rechercher de cette brique de lait qu'il était pourtant sûr et certain d'avoir entamée la veille. Pour la beauté du geste, pour la mesquinerie de la blague, il comptait bien la ramener sur un plateau d'argent à Dolly, même si - dans le fond - il ferait quand même l'effort de lui servir ce qu'elle demanderait sans protester, le but étant de la narguer, pas de la forcer à boire quelque chose si elle n'en avait pas envie. Il ne releva la tête qu'en entendant le bruit que firent les mains de la voisine lorsque cette dernière les posa sèchement à plat sur le plan de travail. Haussant un sourcil interrogateur, il referma la porte du frigo en douceur et se tourna vers elle pour comprendre quelle mouche avait bien pu la piquer tout en étant à des milliers de kilomètres d'envisager que ce soudain élan d'indignation trouvait sa source dans la provocation microscopique dont il venait de se rendre coupable. « Je ne suis pas là pour rigoler. » Sans blague ... Pensa-t-il en se retenant de lever les yeux au ciel. Comme si cette bonne femme avait été capable ne serait-ce que d'un petit rire anodin qui aurait pu prouver qu'elle était autre chose qu'une sorte de robot à l'aspect humain particulièrement bien imité. « Je ne sais même pas ce qui a pu vous inspirer l'idée que votre humour puisse me convenir. De toute évidence, nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes – fort heureusement – et nous ne le serons jamais. » Avec un sourire suffisant, Noah se fit la réflexion que - pour une fois - c'était elle qui avait un train de retard. Lui s'était rendu compte le matin même qu'ils n'auraient de toute évidence jamais la moindre chance de se découvrir un jour quelque atome crochu que ce soit ... Cela dit, il n'eut pas le temps de souligner sa perspicacité supérieure à la sienne sur ce point précis car le fait qu'elle contourne la plan de travail pour venir se planter face à lui le fit se douter que la situation était en train de dériver à vitesse grand V. Ce qui, contre toute attente, n'était pas pour lui déplaire. Dès lors qu'il s'était mis en tête de jouer avec ses nerfs et rendre à cette mégère toute l'indignation et le mépris qu'elle lui avait assené au fil de leurs rencontres, plus rien venant de sa part ne pouvait réellement le froisser ; l'attitude de " petit con insolent " en mode ON l'aidant à essuyer tout les affronts et ce de manière plus que horripilante avec son visage rayonnant et ses airs d'indifférence profonde. Pis, il ne put retenir un ricanement bête et méchant lorsque le poing de Dolly entra en contact avec son épaule, le faisant à peine vaciller d'un millimètre ou deux. « Au boulot, si vous ne voulez pas regretter d'avoir seulement croisé mon regard un jour. » « Pas de lait, donc. » Se paya-t-il l'audace de conclure en s'écartant du frigo pour retourner vers le salon, torchon à la main. Avant de disparaitre dans le couloir, il se retourna avec toute la superbe d'un dramaturge et reprit la parole. « Eh bien quoi ? Vous venez ? Ne me dites pas que vous allez rater une occasion pareille de me voir bâcler mon ménage et de le souligner avec tout l'effroi et le mélodrame dont vous êtes capable ! Si j'ai bien compris, vous vous proposiez de m'apprendre ... J'ai besoin d'un exemple ! » Là, tout de suite, avec son air suffisant, sa fausse attitude d'élève assidu et son bras tendu au bout duquel pendait le torchon qu'il proposait à Dolly, Noah James Dickers n'avait jamais autant représenté l'archétype même de la tête à claques. Et pourtant, il savait qu'en formulant sa requête de la sorte et en admettant qu'il était 1) incapable de bien faire le ménage et 2) tout à fait disposé à apprendre, Dolly ne pourrait pas lui reprocher de faire preuve de mauvaise foi. Ses manies d'institutrice sèche et frigide lui laissaient deviner qu'elle devait certainement adorer se poser en pédagogue et en grande prêtresse détentrice du savoir. Il l'imaginait donc mal aller contre sa prédisposition à toujours tout savoir mieux que tout le monde et à le faire comprendre de manière explicite, d'autant plus que - le matin même - elle s'était engagée, si ce n'était à l'aider, au moins à lui apprendre les trucs et astuces utiles à la tâche. Fier de lui et de la façon dont il la renvoyait à ses propres principes relatifs à l'engagement et aux promesses à tenir, Noah ne prit pas la peine de cacher l'amusement petit et puéril avec lequel il s'appliquait à jouer au con.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Jeu 2 Juin 2011 - 22:34

Ses yeux se plissèrent comme ceux d'un lynx sur le point de fondre sur son gibier mais elle ne lui fit pas l'honneur de lui répondre sur sa petite phrase concernant le verre de lait qu'il lui proposait deux minutes plus tôt. Il semblait avoir compris son message, c'était l'essentiel, puisqu'il s'écarta d'elle et se déplaça en direction du salon, armé d'un torchon. La tension qu'il l'avait saisi s'essouffla peu à peu. Dolly se détendit doucement, mais resta tout de même sur ses gardes : il lui avait prouvé plus d'une fois qu'il n'était pas digne de confiance. Avec suspicion, elle l'écouta lorsqu'il la pressa à venir se joindre à lui pour qu'elle effectue le rôle d'enseignante qu'elle était censée tenir. Dans un premier temps, elle garda le silence, confuse, comme tiraillée entre sa méfiance à son égard et son envie, il était vrai, de pouvoir lui apprendre un semblant de civilité. Ses doigts grattèrent un instant le plan de travail devant elle, comme si elle se retenait de se plier aussi facilement à son ordre mais finit par abandonner, se disant qu'après tout, elle était là pour ça et qu'au final, plus tôt elle s'y mettrait, plus tôt elle pourrait rentrer chez elle. « Bien. » souffla-t-elle d'un air pincé avant de contourner la kitchenette et atteindre le couloir. Là, elle se retrouva une nouvelle fois près de son voisin et profita de cette proximité pour pointer un index préventif sous son nez et ajouter de son ton assuré. « Je vais vous montrer mais ne faites rien de déplacer. Pas de moqueries. » Sa dernière phrase sonnait presque comme une supplication, comme si elle-même n'y croyait pas mais qu'un vain espoir en l'humanité lui faisait espérait qu'il était possible qu'il ne choisisse pas de profiter de la situation.

Puis, elle se détourna de lui et regagna la salle de séjour qui était dans un piteux état. Un moment, elle se demanda s'il ne vivait pas avec un gorille ou carrément un tigre. Portant les mains sur ses hanches, elle secoua la tête et articula pour elle-même. « Une vraie ménagerie. Mes araignées se plairaient bien ici ... » Enfin, elle claqua des mains et pivota sur elle-même, commençant à visualiser mentalement l'étendue des travaux ménagers qu'ils allaient devoir effectuer ce soir. Elle arriva non sans mal à la conclusion qu'il fallait en premier – et ce, de manière assez urgente – jeter tous les déchets. « Apportez-moi un sac poubelle en plastique, on va faire de l'espace. Des gants en caoutchouc ne seraient pas de refus. Vous savez, du genre des gants qui vous servent à faire la vaisselle … Si seulement vous la lavez ? » Elle jeta un coup d'œil à son voisin, un sourcil arqué, et arriva rapidement à la conclusion qu'il ne semblait pas être du genre à laver ses assiettes, les essorer puis les sécher consciencieusement. Haussant les épaules, elle sortit de la poche arrière de son jeans un élastique et releva ses cheveux en une petite queue de cheval. L'instant d'après, elle se retrouvait accroupie devant la table basse devant le canapé (elle aurait pu s'asseoir sur le siège mais les taches qui le recouvraient lui faisait craindre pour ses petites fesses) et feuilleta des bouts des doigts les magazines répandues. Ils n'avaient pas le moindre intérêt à ses yeux puisqu'aucun ne comportait la mention « Sciences » dessus. Malgré la nudité de ses mains, elle poussa donc les mags jusqu'au bord de la table, ayant décidé pour eux qu'ils allaient rejoindre les ordures aussitôt que Dickers lui aurait apporté le sac plastique. Elle se releva ensuite et se dirigea vers un autre meuble où quelques livres ouverts et cornés formaient une petite pile qui menaçait à tout instant de s'écrouler. Persuadée qu'il ne savait pas lire, elle attrapa la pile entre ses deux bras et se dirigea non sans difficultés vers la table basse pour qu'ils aillent rejoindre les magazines en attente de transfert, pour un vol direct vers la déchetterie.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Mer 8 Juin 2011 - 1:11

Plus le temps de décision de Dolly se faisait long, plus le sourire de Noah s'élargissait. Ne la connaissant pas personnellement mais la sachant assez suffisante pour ne pas résister à cette perche - ou, en l'occurence, ce torchon - qu'il lui tendait, Dickers savait qu'il n'était plus question que de quelques secondes avant que la nécessité de lui montrer qu'elle savait tout faire bien mieux que lui ne l'emporte sur le reste, quand bien même prit-il un plaisir ridiculement puéril à secouer l'étoffe qu'il tenait à bout de bras comme un os qu'on secoue sous le nez d'un chien. « Bien. » Tout en ravalant un rire sournois, Noah l'observa se rapprocher et loucha sur l'indexe qu'elle avait décidément pris pour mauvaise habitude de pointer dans sa direction. « Je vais vous montrer mais ne faites rien de déplacer. Pas de moqueries. » ... Silence. Noah ne pouvait décemment pas mentir au point de lui affirmer qu'il n'en ferait rien. Néanmoins, parfait dans son rôle d'enfant de cœur sous influence du malin, il sourit et acquiesça d'un air beaucoup trop sage pour signifier quoique ce soit de bon.

Après l'avoir suivie dans le salon qu'il avait pour habitude de voir dans cet état et dont le bordel ne le dérangeait pas le moins du monde, Noah ne se formalisa pas du fait que Dolly critique et fronce le nez. Ici aussi il commençait à avoir l'habitude de toutes ses mimiques maniérées de bonne femme maniaque et psychorigide. « Apportez-moi un sac poubelle en plastique, on va faire de l'espace. Des gants en caoutchouc ne seraient pas de refus. Vous savez, du genre des gants qui vous servent à faire la vaisselle … Si seulement vous la lavez ? » Pour toute réponse, Dickers la gratifia d'un reniflement dédaigneux qui - dans le milieu de la mode - se traduisait par un " Tu m'as bien regardé ? J'ai une tête à m'abaisser à ce genre de pratiques ? ". Toutefois, il consentit à lui fournir le sac poubelle dont elle avait besoin et fit un rapide retour en arrière vers la cuisine pour ramener avc lui tout un rouleau de ces contenants si peu glamour qu'il s'étonnait d'ailleurs d'en avoir dans ses placards (quelqu'un - Laurence peut-être ? - avait certainement cru bon d'en fourrer dans un coin en cas de besoin, lui-même n'ayant jamais pris la peine de se montrer au rayon balais / détergeant et produits ménagers de quelque supermarché que ce soit).

Lorsqu'il revint dans le salon, cependant, et qu'il vit les vilaines mains de Dolly en train de tripoter ses magasines de mode, il se précipita pour faire barrage de son corps en émettant un bruit d'oie en colère. « TSSSSS ! Malheureuse, ne touchez pas à ces revues ! Un peu de respect pour mes outils de travail, j'ai besoin de ces magazines pour suivre la mode et ne pas avoir l'air aussi plouk que vous lorsque je me rends chez les gens - référence à votre tenue de camouflage tout bonnement infâme ! » Tel un enfant désireux de mettre les jouets chers à son cœur hors de portée d'une mère particulièrement rabat joie et acariâtre, il attrapa la pile de documents et s'empressa de la ranger en hauteur, sur le buffet le plus proche. Au moment de déposer les livres, l'un d'eux glissa et s'écrasa au sol, l'obligeant à se pencher pour le ramasser. Hasard ou coïncidence, il sourit lorsque son regard tomba sur le titre de l'ouvrage et se retourna promptement pour le lancer en direction de Dolly. « Tenez, celui-là je vous l'offre ! Il vous sera d'une aide précieuse, c'est certain. » En effet, les mille et une façons de découvrir le point G semblait être, à ses yeux, le remède idéal à la frigidité Missonienne.


Dernière édition par Noah J. Dickers le Ven 24 Juin 2011 - 15:03, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Mar 21 Juin 2011 - 20:47

L'intervention soudaine et inappropriée de Noah la surpris tellement qu'elle se crispa et se plaça instinctivement en position de défense, les bras relevés contre sa poitrine et la tête baissée, prête à attaquer. Toutefois, elle ne passa pas à l'acte puisqu'elle remarqua qu'une fois de plus, avec lui, c'était surtout de grands mouvements et des mots cinglants, mais pas de véritables violences, dieu merci. « Sauf quand il est véritablement en pétards », pensa-t-elle en se remémorant la façon dont il l'avait secouée comme un prunier lors de leur altercation à propos de leurs voitures. Le fixant avec méfiance, elle fit une grimace aux mots « outils de travail » et « pour suivre la mode ». Il était encore plus superficiel que ce qu'elle avait cru. Définitivement, ils formaient à eux-deux le pôle nord et le pôle sud de deux systèmes solaires différents. Elle croisa alors les bras sous sa poitrine lorsqu'il se permit de critiquer sa tenue : certes, elle n'était pas sous son meilleur jour mais cela ne lui donnait pas le droit de la traiter de « plouk » pour autant. Un habit ne pouvait pas condamner quelqu'un, c'était absurde ! Offusquée par sa remarque, elle retrouva son air hautain, se tenant droite comme un I, pour montrer de manière ostensible qu'elle s'assumait de A à Z. « Ma tenue de camouflage est assortie à ce lieu, Monsieur. J'ai le regret de vous annoncer que si je suis habillée comme ça, c'est précisément pour être en adéquation avec votre intérieur et ne pas prendre le risque d'abîmer mes vêtements habituels. » L'instant d'après, elle s'éloigna d'un pas mais ne fut pas assez rapide à se retourner puisqu'elle reçut en plein visage le magazine qu'il venait de lui envoyer. Dans un réflexe, elle rattrapa l'ouvrage et eut le souffle coupé en lisant le titre de la première page. Virant au rouge, elle releva les yeux vers son voisin et, armée du magazine roulé, elle le menaça vivement. « Non, merci ! Le point G n'existe pas, il reste au statut de théorie ! » C'était vrai, ça venait vraiment de se passer : Dolly venait de se mettre en rogne pour ce qu'elle estimait être une erreur scientifique et non pas pour l'insulte de frigidité qui se cachait derrière. Elle supportait si peu les approximations scientifiques, surtout lorsqu'elles étaient arborées par des individus aussi puérils que cet homme, qu'elle restait hermétique aux véritables messages qui pouvaient se cacher derrière elles. Dans sa lancée, elle revint alors vers Noah et secoua la tête, l'air affligé. « Si vous voulez de véritables informations sur la sexualité, il ne faut pas lire ces idioties. Il y a des spécialistes pour ça, des sexologues, il y a moi aussi, je peux vous apprendre pleins de choses, vous n'avez pas idée de toutes les découvertes que j'ai pu faire sur ce point en observant les araignées. » Son visage n'exprimait aucune arrière-pensée, ni gêne suite à ce qu'elle venait de lui dire : Dolly se dévouait sincèrement pour jouer la maîtresse d'éducation sexuelle avec son atroce voisin à moitié nudiste. Elle ne réalisait pas du tout que ses paroles pourraient être interprétées de travers et passer pour des avances déplacées puisque pour elle, le sexe n'était qu'un mécanisme humain aussi peu tabou que se nourrir ou dormir.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Ven 24 Juin 2011 - 15:40

« Non, merci ! Le point G n'existe pas, il reste au statut de théorie ! » Surpris par cette réaction bien loin de celle étouffée ou gênée à laquelle il s'était attendu, Noah ouvrit de grands yeux et détailla sa voisine sans trop comprendre. Pas bien informé sur la nature de son emploi et quant au fait qu'elle était une scientifique intransigeante avec les théories approximatives, il préféra conclure en se disant qu’on n’était pas prêt de le lui trouver, son point G, avec une attitude pareille. A croire que Dolly avait dépassé le stade de la frigidité pour entrer dans la catégorie de femmes auxquelles il est impossible de faire l'amour car trop bizarres ou trop peu adroites dès lors qu'il s'agissait d'amener la chose de manière à donner envie aux hommes ... Quoi, n'allez donc pas prétendre que discuter du bout de gras d'un point de vue purement éthique ou scientifique avait de quoi réveiller la libido de n'importe qui ! Ou d'un autre savant bizarre, peut-être ? ... Des images franchement glauques de parties de jambes en l'air " bien comme il faut ", voire même " académiques à souhait " dans un laboratoire aseptisé où Dolly ferait des pirouettes avec l'un de ses collègues tout en suivant un manuel d'anatomie du coin de l'œil pour être certaine de rester dans le scientifiquement correcte lui vinrent à l'esprit et lui firent froid dans le dos. Vite, vite, il fallait chasser cette vision d’horreur de son imagination débordante ! Mais Dolly ne semblait pas vouloir l’aider dans ce sens. Pis, quand elle se rapprocha de lui pour lui sortir son laïus à propos des vérités sur le sexe qu’elle se ferait un plaisir de lui apprendre, Noah ne put réprimer un air proprement horrifié. Les araignées ? Qu’est ce que c’était que ces conneries encore ? Voilà, c’était foutu, une flopée d’araignées perverses étaient venue s’ajouter à l’image mentale qu’il avait de Dolly et du scientifique mystère avec lequel elle devait très certainement débattre de leurs ébats une fois l’acte plié en règle, histoire de savoir si le fait qu’il ait duré moins de 20 minutes était révélateur ou non d’un manque de calcium chez l’un ou chez l’autre … Horrible !

Cela dit, et parce qu’il s’était promis de jouer au con jusqu’au bout pour s’amuser de la voir tourner en bourrique, Noah fit un effort et prit sur lui pour refouler une bonne fois pour toute ce scenario de film d’horreur afin de rester fidèle à lui-même et de rebondir d’une manière qui ne permettrait pas à cette mégère de le prendre pour un ado facilement impressionnable ou pour un type pas assez ouvert d’esprit pour intégrer d’idée que la sexualité des araignées puisse être fascinante et bien pratique dans l’aide à l’apprentissage de celle des humains. Après une seconde ou deux passées à observer le magasine qu’elle triturait toujours dans le creux de sa main, Dickers parvint à reprendre contenance et à lui servir son sourire le plus séduisant qui soit (preuve tout de même qu’il était bon acteur, parce que Dolly s’apparentait de plus en plus à une veuve noire à ses yeux … ^^’). « C’était donc ça ! Vos visites à des heures pas possibles du matin pour me trouver à poil dans mon salon ou à la sortie du lit ! Vous êtes sous le charme ! J’aurais du m’en douter, bien que votre attitude – permettez moi de le souligner – n’est pas, mais alors pas du tout appropriée ! C’est plutôt moi qui devrais vous apprendre à mieux vous y prendre avec les hommes. Vous savez, s’attaquer à la voiture c’est une très mauvaise idée. Très mauvaise … » Le fait de reprendre la parole et de renouer avec son attitude de sale gosse l’aida à désamorcer les soupçons qu’il nourrissait à l’égard de cette folle furieuse et, comme pour mieux se rendre insupportable de stupidité et de confiance en lui horripilante, il s’accorda même de passer sa main dans les cheveux de la scientifique, le truc qui marche à tous les coups quoi ! Et même s’il sentait venir la claque, il aurait au moins la satisfaction de lui avoir fait perdre toute sa superbe de maitresse d’école pseudo bien attentionnée envers un sale gamin plus ingrat que toute la section CP d’Ocean Grove réunie !
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Message(#) Sujet: Re: ✩ SNEAKING IN. Ven 8 Juil 2011 - 20:20

Malgré les grimaces répétées qui défiguraient le visage d'Apollon de son voisin, Dolly ne broncha pas pour la simple et bonne raison qu'elle pensa, avec sens, qu'il digérait difficilement la nouvelle qu'elle venait de lui apprendre à propos du débat qui divisait les scientifiques sur le fameux point G. Comme toujours avec lui, elle avait l'impression (illusoire) de lui apprendre la vie et avait donc prit l'habitude de lui laisser un temps d'adaptation à toutes les nouvelles qu'elle lui présentait. Ainsi, gardant son air pincé comme si elle faisait face à une espèce de mouche verte géante particulièrement coriace, Dolly patientait. Un peu irritée par sa lenteur d'esprit, mais patiente tout de même. Après tout, autant que cette visite remplisse un peu le crâne de ce jeune homme – comme elle comptait vider son intérieur immobilier. Totalement prise par son rôle d'enseignante déterminée à rester la plus platonique qui soit face à ce sujet épineux, elle n'anticipa aucunement le nouveau coup de maître de son voisin. Pourtant, elle savait qu'avec lui, elle devait s'attendre à tout mais percer le jeu des autres n'avait jamais été son fort. Elle comprenait les dérapages qu'une fois qu'ils lui tombaient dessus. Et cet instant ne fit pas exception.

Son soudain rapprochement ne la mina pas immédiatement mais elle posa sur lui un œil méfiant. Cette proximité n'était pas de son goût et elle n'appréciait décidément pas le sourire victorieux qui illuminait ses traits. Il avait l'air encore plus benêt ainsi. A l'écoute de ses paroles, sa mâchoire inférieure s'affaissa et ses lèvres laissèrent s'échapper un « Oh! » scandalisé tandis qu'elle cherchait ses mots pour réfuter tout ce qu'il venait d'avancer. Elle cligna des yeux à plusieurs reprises comme pour s'assurer qu'elle ne faisait pas un mauvais rêve. Sous le charme, elle ? Multipliant les stratagèmes pour le croiser le plus souvent possible ? Il lui fallait bien plus qu'une belle gueule pour s'amouracher d'un homme. Plaquant une main contre le haut de sa poitrine dans une attitude exprimant ouvertement l'outrage qu'il lui faisait, elle commença à balbutier une défense mais n'eut pas le temps de construire la moindre phrase que la main virile de son voisin vint se faufiler dans ses cheveux blonds. Parcourue d'un frisson qu'elle n'expliquait pas, elle se raidit d'avantage en premier réflexe, les yeux rivés d'effroi sur lui. Il était cinglé. Et comme toute personne dénuée de sens, il franchissait les limites et allait bien trop loin. Ses joues s'embrasant, elle ne lui accorda pas d'avantage de temps pour se rétracter car déjà, elle passa à l'acte. D'un geste étonnamment expert, elle agrippa les parties génitales de son voisin à travers le tissu de son pantalon et les tint vigoureusement. Aucune lascivité dans le geste, juste la fermeté d'une scientifique prête à faire une dissection de sang-froid. Profitant de cette proximité, elle n'eut qu'à siffler entre ses dents pour se faire entendre de Dickers. « Un geste de plus, et je vous castre. Et vous savez que j'en suis capable. Reculez et elles restent intactes. Insistez et dites-leur adieu. » Son regard électrique était le calque exact de celui implacable de son père et il ne serait pas étonnant qu'elle ait appris cette technique de défense peu conventionnelle auprès de lui. Noah avait voulu jouer avec elle, il récoltait là la monnaie de sa pièce. Son cœur battait puissamment mais sa respiration restait contrôlée et régulière. Dolly était submergée par l'adrénaline qui lui accordait une force inattendue pour son gabarit. Il était clair et net que d'une main, elle était au moins capable de lui faire assez mal pour ne plus pouvoir faire son malin auprès des femmes pendant de nombreuses semaines.
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