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 (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison

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Message(#) Sujet: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Lun 28 Mar 2011 - 18:34

Un soupir échappa du grand corps affalé en travers du canapé. Il n’ouvrit pas les yeux immédiatement, laissant sa conscience reprendre le pas sur le sommeil et, par la même occasion, découvrir qu’une fois de plus, il avait la gueule de bois. En plus des maux de tête habituels, il avait la bouche pâteuse, un goût désagréable qui devait certainement présager une haleine atroce. Il avait également les muscles endoloris, l’estomac noué. Il mit quelques minutes à émerger de son coma et quand ses yeux d’un bleu délavé apparurent derrière ses paupières lourdes, ils étaient rouges, comme incendiés, et pourtant sans lueur. Il referma les yeux presque aussitôt et émit un grognement sonore, mécontent. Il était bon pour cuver durant les heures à venir et si cette perspective ne l’enchantait guère, elle ne l’étonnait pas non plus. Il avait tant de fois fini dans cet état que les rares soirées où il n’avait pas bu lui restaient en mémoire. C’était triste à dire, mais c’était comme ça.
Après une vingtaine de minutes, il parvint à se lever, découvrant le carnage qu’était devenu son logement en une poignée de semaines à peine. Lorsque le propriétaire des lieux viendrait faire sa visite hebdomadaire, il ne serait certainement pas ravi de voir dans quel état était la maison et il regretterait amèrement de l’avoir louée à un alcoolique bordélique comme l’était le photographe de presse. Mais ce n’était pas vraiment ce qui préoccupait l’ex musicien pour l’instant. Son seul objectif était de trouver la salle de bain et ce, les yeux clos, puisque la lumière lui donnait une migraine atroce. Il parvint dans la pièce – la seule encore un temps soit peu épargnée – et passa les mains sous le jet glacial du robinet avant d’asperger son visage et ainsi retrouver si pas une allure convenable, un état d’éveil suffisant pour se doucher et se brosser les dents. Il avait beau être devenu une épave en quelques mois de temps, il avait toujours un minimum d’amour propre qui l’empêchait de sortir avec une odeur abominable ou une tête de Frankenstein. Le passage sous l’eau brûlante le requinqua juste assez pour s’habiller et entamer un peu de rangement – ce qui n’était pas du luxe. Il attrapa un sac poubelle et passa en revue les pièces, jetant les canettes de bière et de coca, les paquets de cigarettes vides et les déchets de repas préparés qu’il avait abandonné là Dieu sait depuis combien de temps. Certains emballages dégageaient des relents de moisissure et le visage du jeune homme se crispa, une grimace dégoûtée lui déformant les traits. Il avait pourtant vu pire, senti pire. Le sac poubelle, une fois plein, fut abandonné sur la terrasse qui donnait sur le jardin.
Estimant avoir fait son dû pour la journée, le locataire des lieux investit la cuisine et mit des pâtes à cuire, sortit la première sauce qu’il trouva dans le frigo à moitié vide puis, pendant que son repas chauffait, il alla chercher le courrier. Étrangement, il y avait plusieurs enveloppes, là où il en avait reçu deux ou trois, à tout casser, depuis son arrivée à Ocean Grove – toutes de Sam, qui lui proposait des bons plans pour tel ou tel magazine. Toutes étaient restées sans réponses jusque-là. Personne d’autre ne lui écrivait puisqu’il n’avait plus rien, plus personne. L’entourage qu’il avait autrefois s’était perdu dans les limbes du passé. Depuis, ses voyages ne lui avaient pas vraiment permis de faire des rencontres durables – en admettant qu’il en aurait eu envie, ce qui n’était pas du tout le cas. Il ne prit pas la peine de regarder qui écrivait, il déchira l’enveloppe en s’installant au buffet et il découvrit avec stupeur un fascicule qui vantait les bienfaits d’une science dont il n’avait entendu parler que vaguement, et pas en bien. Fronçant les sourcils, il tourna alors l’enveloppe et découvrir un prénom qui lui était inconnu : « Laurence Ferdison ». Sa première idée fut qu’il s’agissait de l’ancienne propriétaire mais à y regarder de plus près, il remarqua que le numéro n’était pas le 1500 – la maison où il logeait présentement – mais le 1598. Un air blasé vint ternir les traits déjà moroses du jeune homme et il abandonna le courrier pour aller arrêter la cuisson des pâtes et de la sauce. Il n’avait pas faim, pas au point d’attendre d’avoir ingurgité son repas pour aller remettre le courrier dans la bonne boite aux lettres. Il rangea soigneusement le folder dans son enveloppe d’origine et s’acharna à la refermer. Le piètre résultat l’agaça : il ne faisait aucun doute que l’enveloppe avait été ouverte. Tant pis, il n’y pouvait rien lui si le facteur était pas foutu de livrer les lettres à bonne adresse. Qu’elle soit contente qu’il ait l’honnêteté de venir les rapporter. Elle ne saurait pas qui l’aurait ouverte, il se contenterait de glisser le courrier dans la boite et repartirait, comme si de rien n’était.
Le plan lui plut. Aussi prit-il sa veste et sortit-il à l’air libre. Il ne prit pas la peine de fermer derrière lui puisqu’il serait de retour dans la minute et que, de toute façon, il n’y avait rien à voler chez lui.
Pavel marcha jusqu’à chez la demoiselle Ferdison et fut irrité de la voir sur son porche. Voilà que sa manœuvre tombait à l’eau, il pourrait revenir plus tard, passer son chemin comme si de rien n’était mais il n’avait pas envie de perdre son temps aussi s’approcha-t-il de chez la jeune femme et s’arrêta-t-il devant le petit portail, brandissant le courrier de la jolie brune :

« Je pense que c’est à vous »

Une entrée en matière des plus franches et sommaires. Il n’avait pas envie de se présenter, d’expliquer que le facteur avait dû se tromper et qu’il habitait à tel numéro, encore moins de justifier l’enveloppe froissée et abîmée qui était soigneusement dissimulée dans le tas.


Dernière édition par Pavel Chelmsford le Ven 22 Avr 2011 - 14:06, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Mar 29 Mar 2011 - 21:41

Au téléphone depuis presque trente minutes, Laurence avait raconter toute l’histoire avec Jovan – expliquant à ses parents qu’ils avaient eu raisons de dire qu’il n’était pas assez bien pour elle. Elle n’aurait jamais été jusqu’à émettre cette possibilité, mais l’entendre de la bouche de sa mère lui gonflait un peu plus l’égo en se disant qu’effectivement; il ne devait pas avoir été à sa hauteur. Ne restait plus qu’elle se trouve celui qui serait à sa ‘’hauteur’’ et qui accepterait d’élever sa fille comme si c’était la sienne. Aussi dire que ce n’était pas gagné. Ça existait que dans les téléromans à l’eau de rose qui passaient l’après midi pour divertir les membres de l’âge d’or. Laurence manqua de raccrocher immédiatement après que sa mère eut la brillante idée de lui parler de son rival, lui aussi avocat qui selon elle ferait un bon partit pour sa fille. Ah, elle pouvait bien y rêver mais ce n’était pas demain la veille qu’elle et Tray – réussiraient à s’entendre assez pour ne pas s’entretuer aux 30 minutes. Lui expliquant que c’était en parti par sa faute si Jovan l’avait quitté, Laurence dût mettre fin à leur discussion, prétextant un invité surprise simplement pour ne pas l’entendre se réjouir de cette nouvelle. Car oui, ses parents étaient enchantés qu’elle ne fréquente plus ce professeur de tennis qui gagnait trop peu contrairement à Laurence. Il y a rien de plus important que l’argent quand on vient d’une famille à la situation financière, plus qu’aisée. Sa conversation téléphonique terminée, Laurence jeta un coup d’œil à l’horloge du salon. Il était passé midi et à son grand malheur, sa petite fille préférait ne pas l’écouter et dormir le jour. Laurence était découragée de voir toute ses techniques – apprises et appliquées grâce à un livre qui lui expliquait correctement des trucs pour facilité la croissance des bébés - échouer. Aussi, il y avait différentes techniques pour essayer d’adapter son enfant à son rythme, sauf que Rachel devait avoir hérité de son fort caractère préférant que sa mère s’adapte au rythme qu’elle voulait bien. Certes elle aurait pu demander de l’aide à Jovan, mais le voir le moins possible était sa règle d’or. Il l’avait quitté injustement, qu’il la laisse tranquille. Après tout, elle était capable de se battre contre n’importe quel criminel, elle était sans doute capable d’élever sa fille.

Décidant de profiter au maximum de la journée ensoleillée, elle décida sur un coup de tête de passer le balai dans son entrée jusqu’à ce que son balcon soit bien balayé. Ensuite elle s’installerait dans une des chaises pour regarder les passants dans la rue puis siroter un verre de thé glacé bien mériter. Même s’il faisait beau soleil, Laurence en profita pour habiller sa petite princesse de chauds habits – faisant de son mieux pour lui éviter d’avoir froid. Les bébés étaient si fragiles, que si ça n’avait pas été trop excessif, sans doute qu’elle aurait enroulé des coussins autour de sa fille comme quoi, si elle tombait jamais elle pourrait se faire mal. Rachel installé dans la poussette, Laurence entreprit de passer le balai d’une manière peu agile heureuse que le soleil plombe sur son visage. Il n’y avait rien de mieux que de prendre un peu de couleurs. Entendant quelques pas dans sa direction, Laurence leva sa main devant ses yeux pour se cacher du soleil et remarquer un voisin qui venait lui tendre du courrier. « Je pense que c’est à vous » Empoignant doucement le courrier, Laurence se mit à faire défiler le paquet dans ses mains observant l’adresse inscrite sur chacune des lettres. 1598, lemon street. Pas de doute. « Ah? Le facteur s’est encore trompé! » Ses doigts s’attardèrent finalement sur la lettre décachetée qui était dissimulée entre les autres. Fronçant les sourcils, elle ouvrit le contenu avant de voir de quoi il s’agissait. Quelques secondes puis elle releva la tête vers Pavel, un petit sourire aux lèvres. « Vous étiez curieux? » demanda-t-elle préférant jouer la carte douce. Oui elle était de bonne humeur.

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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Jeu 31 Mar 2011 - 22:22

Elle ne sembla pas agacée outre mesure. Elle semblait même prendre ce problème avec philosophie, ce qui eut le don d’irriter Pavel. Si elle se contentait d’un facteur trop bigleux pour livrer les enveloppes à bonne adresse, il ne serait pas si clément. Un boulot était fait pour être exécuté convenablement et si un type était trop négligent que pour s’acquitter de sa tâche, il ne voulait pas en pâtir. Mais il pouvait difficilement faire une scène au milieu de la rue, surtout que la jeune femme s’était approchée avec désinvolture, comme si c’était fréquent de devoir échanger les lettres et publicités. Peut-être que c’était un moyen de converser avec ses voisins, d’investir leur vie en commérant autour de cette excuse mais le jeune Russo-américain n’était pas là pour copiner avec le quartier. Il n’avait pas envie de passer en revue son courrier à chaque fois qu’il le ramassait, c’était une perte de temps qu’il n’était pas prêt à accepter et si cela ne la dérangeait pas plus que ça de ne pas recevoir son courrier, il se contenterait à l’avenir de le glisser dans une boite aux lettres voisine, pour laisser son voisin de droite ou de gauche faire le voyage.
Un soupir émana du jeune homme alors qu’il la regardait éplucher le courrier qu’il venait de lui rendre. Qu’est-ce qu’elle s’imaginait ? Qu’il n’avait pas vérifié les noms sur les enveloppes avant de faire ce trajet, certes court mais qu’il aurait pu éviter, pour les lui rapporter ? Il ne savait même pas pourquoi il attendait son approbation, il aurait pu simplement tourner les talons et rentrer chez lui, ayant fait sa part du boulot. Mais non, il resta bêtement debout, surplombant ce petit bout de femme en la dévisageant alors qu’elle prenait tout son temps pour passer en revue ses lettres. Il voyait l’enveloppe abimée approcher de la première place et l’envie de s’en aller se fit plus urgente. Il n’avait pas, en plus, envie d’expliquer la raison pour laquelle le papier avait été déchiré sans ménagement. Si seulement elle avait gardé sa réflexion pour elle – la façon dont elle s’était exclamée « Ah, le facteur s’est encore trompé ! » avait eu l’art de blaser Pavel car cela le confortait dans l’idée qu’il ne s’agissait pas d’une simple maladresse mais bien d’une erreur récurrente. Quand il vit les sourcils se froncer, il grogna et cessa de l’observer, faisant mine de trouver le paysage soudainement très intéressant. « Vous étiez curieux ? » Qu’avait-elle à sourire ainsi ? L’erreur était humaine, après tout, et si ça l’amusait que le facteur aille livrer ce qui lui était destiné à d’autres, elle ne se formaliserait pas pour une petite enveloppe déchiquetée. Surtout vu son contenu.

« Non. Il ne m’est pas venu à l’esprit que je recevrais le courrier de quelqu’un d’autre, alors je n’ai pas vérifié ce qui était écrit ! »

Il avait prit un air vexé et il était d’autant plus agacé qu’il ne se sentait pas fautif pour un sou. Mais l’ancien Pavel avait l’art de se manifester aux pires moments et celui-là en était un. L’ancien Pavel aurait été gêné, aurait rougi jusqu’à la pointe des cheveux, aurait balbutié des excuses… mais l’ancien Pavel aurait probablement vérifié le nom du destinataire avant de décacheter l’enveloppe. Le nouveau n’avait pas la patience, ni l’énergie, ni l’envie de s’attarder sur ce genre de détails. Il agissait, point barre, quitte à le regretter par après, comme à cet instant précis alors qu’il soufflait son exaspération.

« La prochaine fois que ça arrive, je mettrai votre courrier sur mon porche et vous n’aurez qu’à venir le prendre ! » répliqua-t-il, comme pour prendre congé de la demoiselle.

Il n’avait aucune raison de l’agresser, surtout si elle semblait si peu ennuyée par l’erreur du facteur. Mais il n’y pouvait rien. Il avait les nerfs à fleur de peau et il laissait son cerveau parler sans réfléchir plus loin.
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Mar 5 Avr 2011 - 14:42

Laurence avait jeté un simple coup d’œil à l’enveloppe ouverte et il ne lui en fallu pas beaucoup pour en reconnaître le contenu. Simplement aux couleurs représentées sur le dépliant qui logeait au fond de l’enveloppe, elle comprit que c’était sans doute un document de l’organisme donc Jay lui avait parlé et qui avait finalement fait avancer ses travaux dans un temps record. Avait-il prit la peine de retirer le contenu pour ensuite lire ce que l’enveloppe contenait? « Non. Il ne m’est pas venu à l’esprit que je recevrais le courrier de quelqu’un d’autre, alors je n’ai pas vérifié ce qui était écrit ! » À l’entendre réagir aussi brusquement, elle eu l’impression qu’il avait quelque chose à se reprocher dans toute cette histoire. Qui de nos jours ne prenait pas la peine de lire le nom à qui était adresser son courrier? « La prochaine fois que ça arrive, je mettrai votre courrier sur mon porche et vous n’aurez qu’à venir le prendre ! » Laurence resserra plus fort les lettres contre elle alors qu’elle se dirigea aux cotés de sa petite Rachel qui venait de commencer à s’époumoner pour avoir un peu d’attention. « Et vous croyez que je vais venir jusqu’à chez vous pour récupérer mon courrier? Vous savez les gens, et ici je parle des gens normaux et pas désagréables – ils prennent la peine de faire quelques pas pour aller remettre le courrier des autres. Continuer de venir me porter mon courrier et si par malheur une de vos lettres se retrouve dans ma boîte aux lettres, hé bien vous vous sentirez soulager que je vienne vous le déposer au lieu que vous retrouver par hasard… vos factures réduites en cendres. » Ce qu’il fallait savoir avec Laurence, c’était qu’elle rigolait rarement quand elle émettait de telles suppositions. Elle aurait bien mit le feu au courrier de Pavel – bien évidemment après avoir regarder le contenu de ses lettres… dans le cas où il recevrait un document extrêmement important comme un chèque ou un appel à la cours – et il n’en aurait jamais rien su. À moins que l’envie de répandre les cendre dans le fond de sa boîte au lettre lui vienne à l’esprit. Mais depuis cette histoire de corbeau et les mésaventures avec les lettres destinés à Maât Blythe-Sheldon; Laurence se méfiait que des soupçons s’orientent vers elle. Surtout qu’elle avait assez à gérer dans sa vie pour avoir le temps d’écrire des lettres à tous les habitants.

Une sonnerie se fit entendre derrière elle alors qu’elle semblait avoir perdu son sourire radieux. Après tout, Pavel lui avait répondu effrontément. « Ah zut…» Lança-t-elle alors qu’elle essayait progressivement de retirer le mot bordel et merde de son vocabulaire afin de ne pas imbriquer de mauvais mots dans l’esprit de sa fille. Elle jeta un coup d’œil en arrière d’elle tendant l’oreille pour être certaine qu’elle n’hallucinait pas la sonnerie de son téléphone. « Vous pouvez la surveillez, 2 minutes? » Pressée, elle jeta un coup d’œil à Pavel l’air de dire j’ai-besoin-de-votre-aide-et-vous-avez-pas-le-choix – puis sans crier gare, elle déposa la petite dans les bras du jeune homme avant de disparaître dans l’entrée de sa maison pour y chercher le dit appareil téléphonique. Elle se jeta sur le combiné où elle regretta déjà d’avoir parcouru tout le salon pour répondre à son ex. Laurence ne voulait plus lui parler au téléphone, car ça se terminait toujours dans des discours enflammés où ils se chicanaient toujours. Après plus de 5 bonnes minutes où elle essayait de planifier la prochaine sortie de Rachel pour que Jovan puisse la voir – qu’elle essayait de rapporter le plus loin possible pour avoir Rachel plus longtemps. C’était égoïste et elle le savait, mais elle avait du mal à digérer toute cette histoire. Beaucoup de mal. Le combiné raccroché, elle revit à la rescousse de Pavel à qui elle avait laissé sa petite fille pendant quelques instants. « Ah, elle a l’air de bien vous aimer… » Constata-elle tout haut en voyant sa fille gesticuler comme une petite grenouille dans les bras de Pavel qui semblait avoir du mal à assurer cette tâche.
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Dim 10 Avr 2011 - 16:11

La pauvre jeune femme avait eu le malheur de rencontrer la mauvaise face, la part d’ombre de Pavel. Si elle l’avait rencontré deux ou trois ans plus tôt, elle aurait vu à quel point le jeune homme pouvait être timide et discret, rougissant presque pour un rien et veillant au bien être de tous ceux qui l’entouraient. À présent, il ne restait rien de ce Pavel-là. Il n’y avait qu’un homme au tempérament brutal et irascible, un garçon torturé par des souvenirs aussi douloureux qu’envahissants. Il avait beau faire ce qu’il voulait, les images lui revenaient sans cesse et même l’alcool n’avait pas le pouvoir de les faire disparaitre, ne serait-ce que le temps d’une cuite. Alors il ne faisait plus aucun effort, il ne ménageait pas les autres, comme il ne se ménageait pas lui-même. Ils fuyaient tous, tôt ou tard. Plus tôt que tard, d’ailleurs, et c’était tant mieux. Il n’avait ni la patience ni l’énergie à consacrer à des relations qui, un jour ou l’autre, seraient la source d’une souffrance sans nom. Alors c’en était fini de Pavel et les autres, c’était aussi simple que ça. Il ne leur laissait même pas le temps d’approcher, les chassait dès la première tentative et ne leur adressait pas un regard de plus.
Ici, en l’occurrence, il se serait bien évité cette peine si le courrier n’avait pas été en jeu. Parce que s’il avait écopé de celui de Laurence, il se pouvait aussi que quelqu’un d’autre ait reçu le sien par erreur, peut-être même cette nana haute comme trois pommes qui trouvait très amusant de voir son courrier privé éparpillé chez les uns et les autres. Il pensait avoir mis les points sur les i et s’apprêtait à rentrer chez lui lorsque le ton de la jeune femme le força à écouter, parce qu’il n’était plus désinvolte comme la minute d’avant mais bien indigné. « Et vous croyez que je vais venir jusqu’à chez vous pour récupérer mon courrier ? » Pavel lui jeta un regard courroucé par-dessus son épaule. Il ne lui en laisserait pas le choix, point final. Il ne s’amuserait pas à perdre son temps en venant distribuer les enveloppes à leur propriétaire, il avait mieux à faire de ses journées – c’était faux, puisqu’il ne foutait rien, ne bougeant son derrière que pour sortir le soir et aller sauter des nanas dans les toilettes d’une discothèque – que d’aller faire le boulot d’un autre. « Vous savez les gens, et ici je parle des gens normaux et pas désagréables – ils prennent la peine de faire quelques pas pour aller remettre le courrier des autres. » Il eut envie de la couper en plein milieu de sa tirade, n’ayant aucune envie de se faire sermonner par un petit bout de femme comme elle, mais comme elle poursuivait d’un trait, il fut bien forcé de la laisser continuer jusqu’à ce qu’elle cesse. Il croisa les bras, arquant un sourcil, la jaugeant d’un air qui frisait le mépris. Était-elle réellement en train de le menacer ? Pour qui se prenait-elle ? À qui croyait-elle avoir affaire, à lui donner des ordres comme ça ?! L’irritation de Pavel ne fit qu’augmenter. Décroisant les bras, sur le point d’aller envoyer cette petite mégère sur les roses, il fut coupé dans son élan par la sonnerie du téléphone. Elle avait bien de la chance, car si le son n’était pas venu interrompre leur échange, Pavel ne se serait pas gêné pour lui dire ses quatre vérités, quitte à passer pour un gros goujat. Il n’en avait rien à faire, de ses états d’âme, il était venu la prévenir qu’elle ne devait pas espérer de lui plus que ce qu’il faisait aujourd’hui et si elle ne voulait pas écouter, c’était bien son problème !
Ce à quoi il ne s’attendait certainement pas, c’est qu’elle passe aussi vite de la colère, abandonnant ses sermons, à l'inconscience, lui demandant de surveiller son bébé. Pavel s’apprêtait à l’envoyer sur les roses quand elle le força à prendre l’enfant. S’il avait été le pire des salauds insensibles, il n’aurait eu aucun cas de conscience à rejeter sa demande mais une fois la gamine glissée dans ses bras, Pavel se sentit désarmé. Il n’avait pas l’habitude des enfants, encore moins des êtres aussi minuscules et inoffensifs. N’en croyant pas ses yeux, il vit la mère s’éloigner et disparaitre sans un regard de plus dans sa direction. Était-elle sincèrement dépourvue d’instinct maternel ou était-elle simplement inconsciente de la situation dans laquelle elle aurait pu mettre son enfant ?! Elle ne le connaissait pas, venait presque de se faire agresser verbalement par son voisin, et voilà qu’elle lui confiait la vie de l’être sans défense qu’elle avait porté neuf mois dans son ventre. Ou alors ce n’était pas le sien, il ne voyait pas d’autre explication et quand bien même ce serait l’enfant d’un autre, comment pouvait-elle le mettre dans les bras d’un homme aussi peu avenant que l’était Pavel ? Un mystère de la nature qu’il n’eut pas vraiment l’occasion d’approfondir, son attention s’étant focalisée sur la fillette.
Un passant croisa la scène étrange et Pavel lui décocha une œillade assassine, le défiant de commenter s’il avait le malheur de connaitre la propriétaire de la maison. L’homme passa son chemin, non sans se retourner à plusieurs reprises en fronçant les sourcils. Pavel se mit à jurer tout bas en Russe et guetta le retour de la mère de l’enfant. Au bout de deux minutes, elle ne reparaissait toujours pas.

« Incroyable ! » grogna-t-il en cherchant maladroitement à changer de position pour rajuster le bébé, mais la crainte de lâcher la gamine semblait paralyser ses muscles.

Le temps qu’elle mit pour revenir sembla s’étirer et, à un moment, l’ex musicien commença même à douter qu’elle revienne, l’idée folle qu’elle veuille se débarrasser du chérubin lui traversant l’esprit. Finalement, au grand soulagement de Pavel, la jolie brune reparut, faisant toujours plus preuve d’une inconscience scandaleuse. « Ah, elle a l’air de bien vous aimez… » Pavel ne garda le silence que pour préserver l’enfant d’une chute accidentelle et dès que la mère fut assez près, il lui fourra son fardeau dans les bras, s’exclamant soudainement et avec une colère qui n’était accrue que parce qu’il s’était senti au bord de la panique durant les cinq minutes de son absence :

« Non mais vous êtes malade, ma parole ! A-t-on idée de donner son gosse à un parfait inconnu ?! Vous auriez fait quoi si j’m’étais cassé avec votre petit singe, hein ?! Ou si je l’avais fait tomber ?! Mais qu’est-ce que vous êtes pour une mère !! »

Il était dur mais c’était son angoisse qui parlait pour lui. Son angoisse et l’idée qu’il avait vu sa mère souffrir toute son existence pour espérer le rendre heureux. Une mère qui n’aurait jamais confié son enfant à un inconnu. Ou peut-être que c’était justement parce qu’il n’était pas certain que sa mère aurait agi de la même façon qui le rendait fou furieux. Il ne comprendrait décidément jamais les femmes !
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Ven 15 Avr 2011 - 14:44

Laurence tendit doucement les bras pour reprendre sa petite fille qu’elle gratifia d’un baiser sur la joue, le visage lumineux de voir cette enfant qui était si belle. Caressant doucement la joue de Rachel, Laurence releva les yeux vers Pavel qui semblait soudainement en colère. « Non mais vous êtes malade, ma parole ! A-t-on idée de donner son gosse à un parfait inconnu ?! Vous auriez fait quoi si j’m’étais cassé avec votre petit singe, hein ?! Ou si je l’avais fait tomber ?! Mais qu’est-ce que vous êtes pour une mère !! » Consternée, Laurence jeta d’abord un regard complètement surprise face à la réaction démesurée de Pavel. Décidément, ils n’étaient pas tous nets dans le voisinage. Elle encaissa les accusations alors que dans ses bras la petite fille s’agitait sous le ton agressif de Pavel à son intention. Devait-elle le croire? Croire qu’elle était une horrible mère de demander l’aide d’un voisin pour quelques instants? Elle avait beau le regarder, elle était certaine qu’il aurait tout fait pour protéger sa fille. C’était peut-être naïf, mais la preuve était là. Pavel n’avait même pas bougé d’un millimètre, trop crispé et peut-être trop effrayer. Et puis méritait-elle qu’on lui tombe dessus pour une si minime marque de confiance? Oui, il commençait à lui rappeler à quel point elle ne savait plus du tout à qui faire confiance, à quel point tous ses repères s’étaient dissipés… et encore à quel point tout le monde considérai qu’on ne pouvait faire confiance qu’à soit même. « Non mais qu’est-ce qui vous prends au juste?! » répondit-elle en brisant le silence qui s’était installé entre eux. Seul Rachel continuait à s’agiter dans ses bras, réceptive aux émotions négatives de leur conversation. Énervée de s’être fait si facilement agressée, Laurence recula d’un pas en déposant doucement Rachel dans la poussette pour essayer de la calmer et de l’éloigner de Pavel. « C’était un service. Rien de plus qu’un service. Qu’est-ce que vous en savez d’abord à être mère hein? Pour avoir le droit de me juger? Vous pensez que c’est facile.,. Hein?! » Elle était fâchée et blessée. Laurence n’avait qu’une envie rentrer chez elle et claquer la porte à ce voisin. Tout le monde avait dans la tête que c’était facile, mais quand on venait d’où elle venait – s’occuper d’un enfant était la chose la plus difficile à faire.

Toute son enfance ses parents avaient eu une nounou pour chacun de leurs enfants, et Laurence aurait presque souhaité en trouer une pour sa fille afin de souffler. Afin de pouvoir retrouver sa carrière. Tout simplement pour ne pas avoir l’impression de tout faire de travers et qu’au final on lui reproche tous ses efforts. Secouant la tête de gauche à droite en n’y croyant encore pas de la réaction excessive de Pavel, Laurence croisa les bras sur sa poitrine avant de faire un pas vers lui essayant de comprendre. Même si elle se trompait sans doute, elle préférait encore émettre des hypothèses hasardeuses afin de mettre de la lumière sur tout ça. « Vous avez été kidnappé quand vous étiez gamin c’est ça? » demanda-t-elle sans grande gêne, cherchant surtout à comprendre pourquoi il était aussi agressif avec elle. Pour une fois qu’elle n’avait rien fait de mal, et qu’il n’y était rien arrivé de grave… pourquoi fallait qu’un voisin lui tombe dessus? C’était la mode ou quoi? Elle avait oublié le téléphone de Jovan pour la garde de sa fille – non tout ce qu’elle voulait s’était comprendre les problèmes que tout le monde avait avec elle. Et si elle avait mit le doigt sur le véritable problème de Pavel, elle comprendrait. Sinon, s’il se montrait aussi sympatique elle préférait le congédier le plus rapidement possible. Elle était de moins en moins tolérante, et sans doute que les voisins auraient mal vu la scène si elle avait empoigné un balai afin de battre Pavel à mort. Radical comme image, mais Laurence ne voulait plus accepter toutes les critiques sur le moindre geste qu’elle effectuait.
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Lun 18 Avr 2011 - 13:18

C’est la panique, en plus du fait de sa mauvaise humeur chronique, qui l’avait fait réagir avec tant de véhémence. Que se serait-il passé s’il avait fait tomber l’enfant ? Il n’était pas doué avec des êtres aussi petits, il n’était même pas certain d’en avoir tenus dans ses bras dans sa vie. Il était aussi maladroit que novice dans la matière et s’il n’était pas resté immobile, il était certain qu’un malheur aurait pu arriver. Parce qu’il les attirait comme des aimants. Et puis il aurait culpabilisé, même si elle était fautive pour avoir fourré son gosse à un inconnu sans même savoir si cet inconnu avait l’art et la manière avec les enfants. Mais s’il était arrivé quelque chose à sa fillette, il était certain que c’aurait été lui le grand méchant loup et qu’aurait-il pu dire alors ? Voilà pourquoi il était odieux. Voilà pourquoi il ne mâchait pas ses mots et se contrefichait de passer pour un goujat ou un rabat-joie, à hurler sur sa voisine comme si elle ne valait rien. Il avait besoin d’extérioriser la terreur qui l’avait maintenu immobile durant cinq longues minutes et si elle en faisait les frais, c’est parce que c’était à cause d’elle qu’il avait été en proie à cette sensation horrible.
Il était encore victime de l’excès d’émotion alors qu’il la regardait furieusement. Son torse se soulevait sous l’effet de sa respiration qui avait été altérée par son inquiétude forcée. Il serrait les poings avec la furieuse envie de frapper dans quelque chose. Mais il se contint, parce que chaque fois qu’il s’était vu abandonner toute résistance à ses pulsions, il avait découvert la bête qui sommeillait en lui et qui lui rappelait immanquablement ses anciens beaux-pères, des mecs qu’il exécrait et méprisait de tout son être alors il ne fallait pas s’étonner s’il tâchait de garder le contrôle de ses propres réactions. Mais dans des circonstances telles que celles-ci, pouvait-on vraiment le blâmer d’être sous le choc devant une telle inconscience ? Car s’il devait admettre être trop dur avec elle, on ne pouvait pas lui reprocher son accès d’humeur. Elle était irresponsable, il n’y avait pas d’autres mots. Elle avait juste la chance – même si elle ne le qualifierait pas ainsi – d’être tombée sur lui qui, malgré son air revêche, s’avérait être un homme de principe qui ne pourrait jamais faire de mal à une petite poupée comme celle qu’il avait tenue dans ses bras quelques secondes plus tôt, ravivant quelque chose au fond de lui qu’il aurait préféré garder éteint.
« Non mais qu’est-ce qui vous prend, au juste ?! » Il serra les mâchoires, ses yeux continuaient à lancer des éclairs et il restait là, tremblant de colère et d’indignation. Pourquoi ne la laissait-il pas en plan ? Pourquoi restait-il là alors qu’il suffisait qu’il tourne les talons pour clore ce sujet et rentrer chez lui ? Il y avait peu de chance qu’elle lui coure après avec sa gamine dans les bras. Pour quoi faire, d’ailleurs ? Avoir le plaisir de se faire engueuler au vu et au su de tout le monde ? Risquer de se mettre à dos l’un de ses voisins – un voisin qui était loin d’avoir l’air stable, qui plus est ? Non, elle lui crierait peut-être quelque chose mais l’appel s’éteindrait dans son sillage sans qu’il s’en soucie davantage. Non. Elle déposa son bébé dans son landau, l’installant précautionneusement avant de revenir à la charge. « C’était un service. Rien de plus qu’un service. Qu’est-ce que vous en savez, d’abord, à être mère, hein ? Pour avoir le droit de me juger ? Vous pensez que c’est facile… Hein ? »
Pavel resta interdit, les yeux dans le vague, le souffle coupé par cette réponse. Il aurait eu envie de la prendre par les épaules et de la secouer pour lui remettre les idées en place. Elle ignorait qui il était, ce qu’il avait bien pu faire dans sa vie. Elle ne connaissait même pas son prénom ! Comment pouvait-elle juger de sa capacité ou non à pouvoir assurer ce qu’elle lui demandait ? Et qu’est-ce qu’il en savait, oui, à être mère. Il n’était pas père, il n’avait jamais eu d’enfant à sa charge alors que pouvait-il en savoir ? Le regard fixe, il ne la voyait plus. Il était replongé dans des cauchemars qu’il avait réussi, d’une certaine façon, à enfouir quelque part dans sa conscience et qu’elle ravivait d’une simple question. Il n’avait pas le droit de la juger, c’est vrai. Il la rabaissait avec sa fureur alors qu’elle avait eu la naïveté de ne pas voir en lui le monstre qu’il s’imaginait être. Elle n’avait rien vu d’alarmant alors qu’il ne se serait pas confié la vie d’un être vivant, ne serait-ce que celle d’un chien.
Elle fit un pas vers lui et il ne réagit pas. Son regard délavé d’abord plongé dans une contemplation pensive se focalisa sur elle et se referma, regrettant déjà ce moment de faiblesse pendant lequel il avait laissé deviner qu’il n’était pas aussi horrible qu’il voulait bien le faire paraitre. « Vous avez été kidnappé quand vous étiez gamin, c’est ça ? » Pavel fronça les sourcils, la toisa un instant, fut tenté de répondre que si ce n’était que ça, il aurait préféré être kidnappé que de vivre sa vie merdique pendant plus de vingt ans. Mais comme il n’était pas vraiment du genre à s’épancher, surtout auprès d’une inconnue, il gronda simplement :

« Mêlez-vous de ce qui vous regarde. Apprenez d’abord à ne pas faire confiance au premier venu avant d’essayer de fouiner dans le passé des autres. J’pense qu’il y a assez à analyser chez vous. »

Et sur cette réplique cinglante, il tourna les talons, accablé par la faiblesse qu’il ressentait, atterré par la naïveté dont certains pouvaient faire preuve et furieux d’avoir ouvert la bouche. Il y réfléchirait à deux fois avant de faire un pas de ce côté de la rue, c’était certain !
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Mar 19 Avr 2011 - 20:33

Laurence était entrain de se demander ce qu’il pouvait bien y avoir dans l’air d’Ocean Grove pour que tous les habitants soient autant remonter contre elle. Vraiment, elle considérait que la réaction de Pavel – en plus d’être démesurée – était complètement injustifiée si ce n’était qu’il semblait vouloir lui faire comprendre qu’il n’était pas digne de confiance. Pire, qu’en lui demandant un service - aussi minime soi-t-il - elle passait comme la personne la plus irresponsable au monde. Et cette simple supposition la mit d’avantage en colère contre son voisin qui n’avait jusque là, aucune idée des efforts qu’elle déployait pour sa fille. C’était bien facile pour lui de juger les autres alors qu’il était surement dénuder de responsabilités. Il pouvait sortir quand bon lui semblait, et n’avait pas constamment à remettre en question le moindre de ses gestes pour s’assurer que non seulement c’était approprié pour sa fille mais que les gens qui vous regardaient n’allait pas vous juger. Comme à l’épicerie où elle avait vu une mère avec 3 enfants – démons seraient un mot plus appropriés – qui criaient partout. Les gens? Ils dévisageaient la mère qui avait que deux mains et n’arrivait pas à tout faire toute seule. Comme si c’était nécessairement sa faute à elle. Les bras croisés sur sa poitrine ainsi que les traits du visage froncés alors que la colère s’installait, Laurence patienta en se demandant si elle avait touché juste en considérant que Pavel avait peut-être été kidnappé quand il avait été enfant. Évidemment elle ne s’attendait pas de sa part qu’il fonde en larmes, qu’il secoue la tête pour lui montrer qu’elle avait raison ou tout simplement pour lui dire ce qui était son véritable problème. « Mêlez-vous de ce qui vous regarde. Apprenez d’abord à ne pas faire confiance au premier venu avant d’essayer de fouiner dans le passé des autres. J’pense qu’il y a assez à analyser chez vous. » Choquée, Laurence regarda son voisin résistant de toute ses forces à ne pas lui assigner une gifle au visage. Qu’est-ce qui lui prenait à oser lui dire ça? Elle avait simplement fait de son mieux pour être poli alors qu’il l’avait carrément agressé pour rien et il en remettait une couche? « Et vous commencez donc par régler vos problèmes avant d’en créer chez les autres! » lui lança-t-elle en se fichant bien qu’un passant dans la rue l’ai entendu, ou bien encore cette chipie de voisine qui jubilait sans doute à créer des rumeurs sur elle.

Ne perdant pas de temps – trop aveuglée par la colère – Laurence entra dans la maison en courant avant d’enfoncer le bouton qui contrôlait les gicleurs pour arroser le gazon. Sachant que Pavel y était justement entrain de le traverser, elle se dit qu’un peu d’eau lui rafraichirait les idées. Elle revit pour retrouver sa fille et de saluer de la main un Pavel qui avait été surprit par les gicleurs et gagnait la rue, les vêtements trempés. Oh, elle brûlait d’impatience qu’un jour elle ai à lui redonner son courrier. Il était évidement que leur relation ne serait pas très amicale. Mais bon, s’il mettait un point d’honneur à vouloir lui faire croire qu’il ne fallait pas lui faire confiance, elle avait décider de mettre le même point d’honneur à lui faire comprendre qu’il avait pas à l’agresser de la sorte. Et puis tant pis pour lui. Sa vengeance était bien faible. Après tout, ce n’était que de l’eau.
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Message(#) Sujet: Re: (entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison Ven 22 Avr 2011 - 14:05

Il ne fallait pas se fier aux apparences. Il n’était pas dans les habitudes de Pavel d’agresser de parfaits inconnus comme il venait de le faire, encore moins les femmes, pour qui il éprouvait un respect sans fin. Mais il avait vu ce que la faiblesse maternelle pouvait être amenée à faire, il avait vu les malheurs qu’il avait vécu à cause de cette impuissance. Et le caractère qu’il avait aujourd’hui était le résultat de toutes sortes de choses qui, compilées, donnaient un résultat cauchemardesque comme il venait de le prouver sans effort. Mais Laurence ne le saurait pas, elle ne pourrait jamais deviner quel mal être habitait son voisin et de toute façon, pourquoi s’en soucierait-elle, surtout à présent, surtout après une vive altercation qu’elle n’avait pas voulu provoquer.
Mais il n’irait pas s’excuser, il n’irait pas expliquer les raisons de son comportement versatile ni la terreur qu’il avait ressentie en tenant la fillette dans ses bras. Parce qu’il n’avait jamais été dans la nature de Pavel de s’exprimer, de s’épancher, de se justifier. Même lorsqu’il était doux et timide, il enfouissait ses défauts et ses craintes en lui, ne laissant à personne – ou presque – la possibilité de les découvrir. Il avait appris avec le temps qu’il n’était jamais bon de laisser entrevoir ce qui pouvait nous faire le plus de mal. Aujourd’hui, il employait simplement une autre façon de faire et s’il aurait voulu pouvoir se maitriser au lieu de s’emporter comme il l’avait fait, le mal était fait, il ne pouvait plus faire grand-chose pour se rattraper. Mais il ne voulait pas avoir à rendre des comptes. A quoi bon ? Chacun menait sa vie comme il l’entendait, sans vouloir, en plus, porter le fardeau des autres. Alors il valait mieux qu’il s’en aille avant que quelqu’un, jugeant la situation dangereuse, appelle la police pour faire arrêter le fou furieux qu’il était.
« Et vous, commencez donc par régler vos problèmes avant d’en créer chez les autres ! » Il ignora cette dernière invective et poursuivit sa route, les poings serrés, le pas rageur, le visage fermé et le regard glacial. C’était davantage la colère envers lui-même que le faisait bouillir. Il se maudissait d’être aussi lunatique et incontrôlable. Cela n’arrangeait aucune ses affaires, lui qui voulait qu’on lui fiche la paix. Qui sait qui elle appellerait pour se plaindre du comportement de son voisin ? Qui sait quel connard elle allait envoyer pour qu’il lui remette les idées en place ? Rien que cette perspective l’agaça d’autant plus alors qu’il se dirigeait vers le trottoir avec pour seule hâte de retrouver la solitude de sa maison. Il ne remarqua pas immédiatement l’eau qui surgit de nulle part. A vrai dire, il était tellement enfoncé dans sa mauvaise humeur qu’il fallut quelques secondes pour qu’il réalise ce qui lui arrivait. Il pila net quand il comprit d’où venait le jet et il se tourna lentement vers la maison, interdit, le regard meurtrier. Il vit Laurence, sa fille dans les bras, agitant la main d’un air conquérant. S’il en avait eu l’envie, il aurait pu faire demi-tour. Elle semblait vivre seule, il lui ficherait une belle frousse s’il entrait et fondait sur elle mais, à vrai dire, il se sentait vidé de toute son énergie alors, au lieu de continuer à harceler la jeune femme, il poursuivit sa route, quittant le périmètre des jets d’eau et retrouvant le trottoir. Ses mèches dégoulinaient sur son front mais il n’essaya pas de les retirer, se contentant de quitter le territoire de cette folle pour rejoindre le sien.

THE END
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(entre les numéros 1500 & 1598) « I believe this is yours » feat. Laurence Ferdison

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