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 verdict final | basil (terminé)

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Message(#) Sujet: verdict final | basil (terminé) Dim 27 Mar 2011 - 12:43




Rhiannon n’aurait jamais cru que ce boulot la mènerait à vivre tant d’aventures et à faire tant de rencontres dont elle ne pourrait se passer à présent. Il y eut le riche et célèbre Noah Dickers en premier lieu qui lui en fit voir de toutes les couleurs, dans le bon sens du terme et puis Basil par la suite, un nouvel auteur de livres pour enfants. Au départ, tout était purement professionnel. Basil avait eu vent de cette nouvelle dessinatrice en ville et avait fini par la contacter avec l’accord de sa maison d’édition. Le courant passa tout de suite entre eux et il s’agissait là pour Rhiannon d’un nouveau défi à réaliser, un travail inédit et d’autant plus intéressant qu’il s’agissait de donner vie à de petits personnage enfantins qui peupleraient bientôt les rêves d’un grande partie des petits américains. Afin de se claquer au mieux avec les souhaits de Basil, ils se rencontrèrent très souvent, travaillant la plupart du temps chez lui lorsqu’il devait s’occuper de ses adorables jumeaux. C’est d’ailleurs ainsi que Rhiannon se rapprocha de cette famille ou plutôt de Basil car elle ne rencontra jamais la fameuse Parfaite. Au fur et à mesure du temps passé ensemble, une complicité quasi fraternelle apparut entre les deux associés, une complicité nécessaire en un sens pour leur travail mais qui aurait pu s’arrêter à la sphère professionnelle. Ce ne fut pourtant pas le cas et en l’espace de quelques semaines, les deux compères mêlèrent professionnel et amical de façon si naturelle que personne n’aurait pu se douter qu’au départ, ils ne faisaient que travailler ensemble. Rhiannon, qui était fille unique, appréciait cette relation de confiance. Il n’était pas son meilleur ami, ni son frère mais comme un savant mélange des deux, une relation instinctive comme s’ils avaient été programmés pour s’entendre si bien. Il n’y avait bien sûr aucune ambigüité là-dessous et jamais une telle chose ne leur serait venu à l’esprit d’autant plus que Basil était marié, père et malgré ses problèmes, il était comblé.

Depuis maintenant des mois, Rhiannon travaillait d’arrache pied sur les illustrations de Basil, un projet d’autant plus important pour elle qu’il commençait à lui faire comprendre que la biologie n’était finalement pas son truc et que se lancer dans le dessin (voire la peinture, elle en avait toujours rêvé sans jamais prétendre avoir assez de talent pour le faire) à temps complet pouvait être une alternative professionnelle sérieuse. Malgré la relation complice qui était née entre les deux jeunes gens, Rhiannon appréhendait leur futur rendez-vous, celui où elle devait enfin lui présenter les dessins finaux, ceux qui seraient soumis à la maison d’édition pour validation finale. Une nouvelle fois, rendez-vous avait été pris au domicile de Basil ce qui laissait supposer qu’il avait les jumeaux avec lui (ce qui ne dérangeait pas le moins du monde Rhiannon qui avait trouvé en eux une inspiration non négligeable pour ce travail). Rassemblant son travail dans sa grande chemise d’artiste, elle vérifia une nouvelle fois qu’elle n’oubliait rien et prit enfin la route. Basil habitait non loin de là, toujours dans le même quartier d’Ocean Grove, chose qui surprenait toujours autant Rhiannon. A croire que le destin prenait un malin plaisir à réunir les habitants d’OG, quelque soit les circonstances… Arrivée sur le pas de la porte, elle entendit quelques pleurs d’enfants comprenant alors que ses suppositions étaient justes. Elle sonna alors, deux coups, comme à son habitude et attendit finalement qu’on vienne lui ouvrir tout en espérant que son travail plairait finalement à Basil.


credit; tumblr.


Dernière édition par Rhiannon Tägtgren le Sam 6 Aoû 2011 - 15:50, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Dim 3 Avr 2011 - 0:07

    Si la vocation d'écrivain ne m'avait pas saisi à la gorge dès la sortie du berceau, comme certains auteurs se plaisaient à le raconter pour leur cas, une fois en moi elle ne m'avait plus quittée. J'aimais ça, tout simplement, et les mots me le rendaient suffisamment bien pour me pousser à continuer et m'en donner un goût tel que je ne voyais désormais pas quoi faire d'autre de ma vie. Tant pis si je ne gagnais pas le prix Nobel ou le Pulitzer, que je ne devenais pas milliardaire et n'étais pas assailli à la moindre de mes sorties par une foule enflammée: du moment que je pouvais donner à mes lecteurs ne serait-ce que la moitié du plaisir que je trouvais à la tâche, alors ça me convenait. Mais, après tout, il était quand même un peu tôt pour tirer des conclusions. Mon premier roman avait plutôt bien marché, le projet d'adaptation en film avançant d'ailleurs plutôt bien, tandis que le second semblait suivre les pas de son ainé. Pour un début de carrière, je n'étais pas mécontent, bien au contraire. Une fois passés les premiers mois d'appréhension, tout avait marché pour le mieux. Et ma vie professionnelle d'être l'une des rares composantes de mon existence à ne pas complètement s'effondrer, ce dont je n'étais pas peu fier: c'était la seule chose que je pouvais à peu près planifier, et les résultats étaient là. Et, d'une certaine façon, ça compensait un peu le reste.

    A notre retour de Londres, nous avions retrouvé Ocean Grove dans le même état que nous l'avions laissé, sans aucun effet de surprise. Dès l'instant où elle avait arrêté la voiture devant le garage, nous avions senti quelques coups d'œil lancés en notre direction par nos voisins les plus curieux, complétés quelques heures plus tard par la visite de l'une d'entre eux: officiellement, c'était pour nous donner le courrier qu'elle nous avait récupéré pendant notre absence, mais je savais que c'était avant tout pour être la première à voir comment les choses se passaient désormais entre Parfaite et moi. Elle avait d'ailleurs eu l'air déçue de nous voir réconciliés, comme si ça serait moins intéressant à raconter à ses amies amatrices de ragots... Les faits étaient pourtant là, Parfaite et moi étions de nouveau ensemble, pour de vrai, et comme cela n'aurait pas du s'arrêter. Si les derniers mois avaient été difficiles -janvier dans l'incertitude la plus totale, février avec trop de rancœur pour être autre chose qu'excessivement froid, mars n'esquissant que de légers changements-, j'avais désormais l'impression que les choses étaient reparties dans le bon sens. Je pouvais me tromper, c'est sûr, mais nous avions suffisamment discuté pour mettre au clair tout ce qui avait besoin de l'être, et jouer enfin cartes sur table. Et, une fois le goût amer de ses mensonges passés, j'avais été forcé de reconnaître que tout n'était pas de sa faute, pas autant que ce que j'avais pu le lui reprocher, remettant là aussi les compteurs à zéro entre nous.
    C'était ainsi qu'au moment du décollage, l'aéroport étant la dernière chose encore visible de ma tendre Albion au travers des nuages, j'avais compris à son sourire qu'une fois de plus on s'en était sorti, et qu'en aucun cas ça aurait pu mieux se passer. Enfin, si l'on avait pu s'épargner tous les problèmes de décalage horaire ce n'aurait pas été plus mal, mais c'était le seul inconvénient réellement notable de notre échappée... ne restait donc plus qu'à laisser faire le temps et reprendre le cours normal de nos vies. Rendez-vous avait ainsi été pris avec Rhiannon pour qu'elle me montre la version définitive de ses dessins, ce que j'attendais avec impatience, curieux de découvrir ses derniers choix de couleurs ou éventuelles retouches. La hasard avait voulu qu'une fois de plus Parfaite ne soit pas là durant notre séance de travail, appelée la veille au soir par son frère complètement paniqué face à des papiers qu'on lui demandait de remplir et pour lesquels il ne possédait pas tous les documents administratifs nécessaires. Elle était donc partie en début d'après-midi, un énorme classeur rose clair posé sur le siège passager de la voiture, me laissant seul avec les jumeaux qui dormaient. Profitant du calme, je fis un peu de place au salon pour que Rhiannon et moi puissions nous y installer confortablement et observer ses oeuvres sans avoir besoin de se tordre dans tous les sens, mais fus vite rappelé à l'ordre par les pleurs d'Elinor, eux-même suivis par ceux de son frère. Et je venais seulement de finir de lui donner son biberon que résonnèrent les deux coups de sonnettes annonçant l'arrivée de mon amie. Soupirant malgré moi alors que je prenais conscience du fait que tout s'était suffisamment bien déroulé pour que j'aie le temps d'achever un acte avant d'avoir besoin de passer au suivant, je serrai Hector contre moi pour éviter qu'il ne parte dans une nouvelle crise, et me dirigeai vers la porte que j'ouvris je ne sais comment. Et c'était bien elle, un sourire vaguement inquiet aux lèvres que je ne m'expliquai pas tout de suite.

    Salut, entre! Je retourne le coucher, et je suis à toi!

    Habituée à me voir débordé par les petits, elle entra en acquiesçant avant de fermer la porte derrière moi. Je lui fis un geste de la tête pour la remercier et filai en direction de la chambre des jumeaux où je recouchai Hector, bougon de se voir remettre au lit si vite, m'assurant ensuite avant de sortir qu'Elinor dormait bel et bien. Rassuré, je sortis en tirant la porte afin qu'ils ne soient pas trop gênés par le bruit de notre discussion, et constatait que Rhiannon avait commencé à déballer son travail de la grande chemise qu'elle avait avec elle. M'approchant pour mieux voir, elle m'entendit arriver et se retourna, interrompant son mouvement d'une manière un peu brusque.

    Désolé, je voulais pas te faire peur...

    Elle se reprit cependant rapidement, à mon grand soulagement, et j'enchaînai avec un large sourire.

    Avant que tu me montres tout ça, tu vas bien?
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Sam 16 Avr 2011 - 22:45


Tout ceci était assez inédit pour elle au final, elle n’avait travaillé que pour des projets bien moins ambitieux, pour des magazines ou des prospectus. Illustrer un livre était donc un pas important dans sa carrière, mot qu’elle osait à présent utiliser en parlant de ce qui n’était qu’il y a peu de temps, un simple passe-temps. Depuis quelques temps déjà, ses études l’ennuyaient et le peu de temps libre qu’elle pouvait se dégager, elle le passait à dessiner. Elle avait également repris la peinture, art qu’elle avait abandonné adolescente, persuadée de n’en avoir aucun talent. Pour le moment, elle n’en avait encore parlé à personne, préférant garder son travail secret et se protéger des possibles critiques mais elle espérait, un jour, pouvoir les exposer quelque part. Mais il n’était plus l’heure de rêver, enfin Rhiannon allait montrer son travail à Basil et son avis pouvait changer pas mal de chose. Voir son travail publié serait une vraie chance pour elle. « Salut Basil ! Ah et bien je vois que tu n’es pas seul ! » lui dit-elle en touchant du bout de l’index le petit nez d’Hector qui semblait bien fatigué. Elle sourit à Basil et la laissa partir coucher les jumeaux en s’assurant de bien fermer la porte derrière elle. Elle avança alors vers le salon qu’elle connaissait bien grâce à leurs nombreux rendez-vous de boulot et commença à ouvrir son carton à dessins afin d’en sortir les esquisses finales de son travail. Elle entendit alors un bruit derrière elle et se retourna brusquement se trouvant alors face à Basil qu’elle n’avait pas entendu arriver. « Ah non désolée, c’est juste que je ne t’avais pas entendu venir ! Tout semble plus calme une fois que tes petits monstres sont endormis ! » lui répondit-elle en riant. Elle continua donc à sortir son travail tout en répondant aux questions de Basil, une sorte de rituel avant de se mettre au travail. Il est vrai qui depuis le temps, leur relation n’avait plus rien de professionnel.

« Ca va et toi donc ? Excité par la prochaine parution de ton livre ? En tout cas, j’espère que mes dessins conviendront ! Bref, sinon, pour parler d’autre chose, oui ça va ! Ma vie est un peu mouvementée en ce moment mais je gère assez bien ! Et toi alors ? Parfait est encore absente ? Dis moi si ça t’ennuie d’en parler surtout, je comprendrais tout à fait ! » Ce sujet épineux n’était certes pas le préféré de Basil mais Rhia savait que parfois, parler pouvait s’avérer salvateur et tant qu’elle pouvait aider un mai, elle ne s’en privait pas. « D’ailleurs, c’est assez drôle le nombre de bébés que je côtoie en ce moment, ça ne m’était jamais arrivé ! » ajouta-t-elle en riant légèrement. Il est vrai qu’entre Hector, Elinor et plus récemment la petite Rachel, Rhia était servie en bambins. Non pas que cela la dérangeait mais il s’agissait pour elle de situations tout à fait inédites que n’était pas sans lui rappeler qu’elle n’était plus l’adolescente irresponsable du passé mais une femme qui allait peut-être bientôt pouvoir fonder sa propre famille. Elle y pensait parfois, sa nouvelle relation avec Jovan n’y étant pas étrangère mais seul le temps pourrait maintenant lui en faire savoir plus…


(c'est court, vraiment désolée Silent)
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Ven 22 Avr 2011 - 0:05

    Bien qu'encore fatigué, je me sentais d'attaque à reprendre ma vie en main et à partir à la conquête le monde, ou enfin non, peut être pas jusque là, mais j'avais néanmoins retrouvé en moi une motivation qui m'avait cruellement fait défaut pendant ces derniers mois. Je me réveillais alors le matin sans autre but que d'accomplir un certain nombre de tâches dictées par ma fonction, les accomplissant du mieux que je le pouvais, incapable de trouver un quelconque plaisir à ce qui aurait du me transporter de joie. J'avais entendu des gens louer mes qualités en tant que père, mais j'avais l'impression de passer à côté de l'essentiel: sans elle avec moi, ce n'était pas pareil. Et puis le temps avait passé, elle était revenu, d'autres inquiétudes avec elle, sans que je ne parvienne à m'extirper totalement des mes angoisses existentielles. Je ne savais pas où nous en étions, ou nous allions, ce que j'allais bien pouvoir faire le lendemain, et dans quelle mesure nous pourrions passer au-delà de nos problèmes. Et, pour être honnête, je n'étais même pas sûr de vouloir les surmonter, ni même de nous donner une seconde chance. Je n'étais pas sûr de pouvoir le supporter. Et puis, comme à chaque fois que nous nous rendions en Angleterre, comme par magie, les choses s'étaient arrangées d'elles mêmes. Était-ce l'environnement, les gens, l'air ambiant ou quelque chose dans l'eau? Allez savoir, mais ça nous avait permis de faire le point sur notre relation et de la relancer, au-delà même de mes espérances. J'étais persuadé qu'il nous faudrait encore quelques bons mois ne serait-ce que pour retrouver ce sentiment de confiance qu'elle avait emporté avec elle en disparaissant, mais même lui était bel et bien de nouveau installé entre nous. En fait, en dehors des effets du décalage horaire qui s'entêtaient à faire de la résistance chez moi, il n'y avait pas grand chose d'autre à arranger... du moins, rien qui ne soit vraiment important. Et quoi de mieux pour repartir sur de bonnes bases que de mener à bien ses projets? Ce qui tombait plutôt bien vu celle qui venait me rendre visite, ou plutôt "nous" rendre visite. Salut Basil ! Ah et bien je vois que tu n’es pas seul ! Bien qu'un peu surprise la première fois où je lui avais présenté ma petite famille, Rhiannon s'était très vite habituée à la présence des jumeaux à la maison lors de nos séances de travail, et c'était d'ailleurs réciproque. Il y avait des gens avec qui ils s'entendaient plus ou moins bien, et même si à leur âge ça se limitait globalement à faire des gazouillis en souriant ou à pousser des cris perçant à faire fuir le premier venu, le message avait le mérite de très vite passer. Avec elle en tout cas, ils étaient de vrais amours, et les ronchonneries présentes actuelles d'Hector n'avaient d'autre explication que la fatigue qui le tiraillait, aussi je m'empressai de le recoucher avant qu'il ne se remette à pleurer et ne réveille sa sœur. L'habitude aidant, je m'en acquittai rapidement avant de revenir au salon, surprenant Rhia en pleine installation. Ah non désolée, c’est juste que je ne t’avais pas entendu venir ! Tout semble plus calme une fois que tes petits monstres sont endormis ! Je souris à sa remarque, ne pouvant qu'être d'accord. Et encore, elle ne passait pas 24h sur 24 avec eux...
    Tout en discutant, je la regardais sortir ses dessins de sa chemise, les disposant dans un ordre avant de les réarranger autrement, et ce tandis que j'essayais de regarder ce que son travail avait donné. Pour avoir vu l'évolution de ses illustrations, j'étais sûr que le résultat serait une réussite, je n'en doutais pas un instant, mais j'étais quand même curieux de voir ce que ça allait donner. Pour avoir grandi auprès d'une mère peintre, je savais la patience que demandait le moindre petit détail; et pour m'être très vite rendu compte que je n'avais strictement aucun talent dans ce domaine, c'était avec une certaine admiration que je voyais ce que des artistes comme elles pouvaient faire en si peu de temps. Après tout, il ne s'était écoulé que quelques mois depuis le moment où elle avait officiellement été intégrée au projet, et voilà qu'elle avait déjà fini sa part. Ne restait donc plus qu'à espérer que la fin du processus ne connaîtrait pas plus de problèmes... Ça va et toi donc ? Excité par la prochaine parution de ton livre ? En tout cas, j’espère que mes dessins conviendront ! Bref, sinon, pour parler d’autre chose, oui ça va ! Ma vie est un peu mouvementée en ce moment mais je gère assez bien ! Et toi alors ? Parfait est encore absente ? Dis moi si ça t’ennuie d’en parler surtout, je comprendrais tout à fait ! Elle parlait à toute vitesse, ses bras suivant le mouvement, ne s'arrêtant qu'une fois l'ensemble de ses créations exposées sur la table. Une chance que ce soit un grand modèle, faute de quoi il aurait fallut rajouter un meuble!

    Non non, t'en fais pas! Et puis ça va mieux entre nous, donc c'est un sujet qui devient moins sensible... Là elle est chez son frère, mais j'espère pas que tu croies pas qu'elle t'évite une fois de plus!

    Je lui fis un petit sourire désolé, et au fond de moi j'espérais que ce n'était effectivement pas le cas. Ni Parfaite ni moi ne souhaitions qu'elles ne se rencontrent pas, mais l'occasion ne s'était jamais présentée, ma femme ayant toujours quelque chose de prévu à faire hors de la maison. Ne parlons pas bien sûr de sa période d'absence! Quoi qu'il en soit, comme je venais de lui dire, le sujet était devenu moins délicat et surtout moins douloureux. Pour nous être vus à plusieurs reprises alors que j'étais dans l'incertitude la plus totale concernant mon couple, Rhia savait par quoi j'étais passé, et sa question y faisait bien évidement référence. Mais ça allait. Pour l'instant, ça allait.

    Et tu disais quoi pour le livre? "Excité" c'est ça? Surtout impatient! Et de l'avoir entre les mains, et de voir ce que tu m'as préparé de beau...

    Même si je voulais garder un minimum de sérieux, je ne pouvais pas m'empêcher de rire, l'impatience et la curiosité prenant le pas sur la retenue. Je voyais toutes ces pages, si proches de moi, mais sans oser les regarder trop attentivement, attendant qu'elle me donne le départ. J'étais l'auteur, l'initiateur du projet, et on était chez moi, mais c'était son oeuvre, et je savais que l'on ne plaisantait pas avec ce genre de choses. Enfin, ma mère ne plaisantait pas avec ce genre de choses en tout cas, et pour l'avoir vue piquer une des rares crises monumentales de sa vie à cause de ça, je préférais rester prudent. Elle n'avait cependant pas l'air vraiment décidée à s'y mettre, changeant même de sujet de discussion alors que je me retenais du mieux que je pouvais de trop lorgner en direction de la table. D’ailleurs, c’est assez drôle le nombre de bébés que je côtoie en ce moment, ça ne m’était jamais arrivé !
    Je retournai la tête vers elle, marquant un temps d'arrêt. Vu la phrase, ça sous-entendait qu'il n'y avait pas que mes jumeaux qu'elle voyait, or elle ne m'avait jamais parlé de jeunes parents parmi ses relations. Il y avait donc quelque chose de nouveau, ou plutôt quelqu'un de nouveau... Et son petit sourire me laissait penser que ce quelqu'un ne la laissait pas tout à fait indifférente.

    Dis donc, qu'est-ce que tu m'as caché? Je crois que tu as des choses à me dire avant qu'on se mette au boulot...
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Lun 2 Mai 2011 - 22:11

Rhiannon ne croyait rien, et d’ailleurs cela l’arrangeait presque que Parfaite soit le plus souvent absente lorsqu’elle rendait visite à Basil. Elle n’aimait pas tellement s’immiscer dans les histoires des autres, tout du moins, pas les histoires de couples tout comme elle n’aurait pas aimé qu’on le fasse pour elle. Mais malgré tout, elle connaissait le passé de Basil et de sa femme et chacune de ces absences la peinait un peu plus pour Basil qui jonglait si souvent entre ses projets personnels et sa vie familiale sans que sa femme ne se rende vraiment compte du mari formidable qu’il pouvait être. Rhia fut donc vaguement soulagée lorsque Basil tenta de la rassurer et même si la jeune femme restait perplexe, elle se jura de ne pas reparler de tout ça. Tout du moins pas pour le moment. Elle lui sourit donc et jeta un œil à ses dessins éparpillés sur la table qu’elle remit d’ailleurs en ordre rapidement. Et tu disais quoi pour le livre? "Excité" c'est ça? Surtout impatient! Et de l'avoir entre les mains, et de voir ce que tu m'as préparé de beau... Rhia sourit de nouveau, s’il avait voulu lui mettre un peu plus la pression, il y était arrivé. Des deux, elle ne savait pas qui était le plus impatient de connaître la réaction de Basil. La jeune dessinatrice avait adoré travailler avec lui, apprendre à le connaître, faire vivre des petits personnages enfantins mais elle n’était pas forcément triste de voir cette aventure se terminer. Ce projet avait été pour elle un vrai défi, humain et créatif qui avait beaucoup compté dans cette carrière dont elle osait à présent parler mais elle y avait mis beaucoup d’énergie et de temps, tellement qu’elle avait à présent envie de passer à autre chose. Ce n’était cependant pas une fatalité, elle resterait amie avec Basil et serait même ravie de travailler à nouveau avec lui. « Et bien écoute, tout est devant toi et en ordre à présent donc n’hésites pas, je t’en prie ! » Pourtant, il semblait que Basil ait envie de s’attarder sur toute autre chose, une malheureuse phrase que Rhia avait eu le malheur de sortir, une allusion assez minime à Jovan et sa fille. Elle ne savait d’ailleurs pas encore comment qualifié cette relation, et c’était certainement là que se posait le problème. Comment parler d’une relation dont elle ne connaissait même pas le nom exact ?

« Je ne t’ai rien caché ! » dit-elle en riant. « Je ne sais pas si tu connais Jovan Lennon, il habite dans ta rue. En fait je parlais de sa fille, Rachel, peut-être que tu les as déjà vu ? » Avec des enfants dans le même âge, il était fort possible qu’ils se connaissent, d’autant plus qu’ils habitaient le même quartier et la même rue ! Ocean Grove était un quartier plein de surprise d’ailleurs, comme s’il faisait partie intégrante de la vie de ses habitants et s’amusait à les lier et les délier à sa guise… « Pourquoi, ça t’intéresse dis-moi ? Plus que mes dessins ? Je vais finir par croire que tu les aimes pas tu sais ! » Ok, d’habitude, Rhia était bien meilleure pour cacher sa gène devant ses amis, à croire qu’elle traversait une période qui l’avait bien changé. Il y avait d’abord eu cette rencontre anodine avec Noah Dickers, riche en révélations et puis, Jovan, ce coup de cœur totalement inattendu. Rhia savait bien qu’elle ne sortirait pas indemne de tout ça, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens mais pour la première fois, elle avait le contrôle de sa vie et rien n’était plus excitant. Depuis toujours elle avait vécu comme une gamine et elle comprenait enfin que la vie n'était pas faite de soirées alcoolisées et de beaux garçons appétissants. Elle avait la sensation de mûrir et de voir sa vie évoluer. Enfin, elle pouvait assumer ses passions sans avoir peur du regard des autres, chose paradoxale pour une personne qui s'était toujours définie comme au dessus de tout ça. « Comme je sais que tu ne lâcheras pas le morceau, je vais t'en dire un peu plus mais n'en parle pas trop s'il te plaît, je ne suis même pas sûre que ce soit officiel tu comprends et puis, je n'aimerais pas passer pour celle qui n'est pas en phase avec l'autre et qui se ridiculise... En fait, il se pourrait que Jovan et moi soyons ensemble mais comme je te l'ai dit ce n'est pas vraiment officiel. En fait, j'en sais rien. C'est un peu nouveau pour moi! Avant, c'était simple tu sais. T'es à la fac, tu sors avec un mec, tu passes du bon temps et point final. Ici, tout est plus compliqué. Et puis, il a une fille, ce n'est pas rien! Et une ex aussi d'ailleurs mais ça, ce n'est pas vraiment mes oignons mais ça entre quand même en considération. »

Sans même s'en rendre compte, Rhiannon venait de sortir un nombre ahurissant d'informations en un temps record. Elle avait parlé vite, très vite comme lorsqu'on enlève un pansement à toute vitesse en espérant que ça fasse moins mal. A présent, elle redoutait l'opinion de Basil qui comptait pour elle. Et si elle faisait une connerie en s'engageant dans une telle histoire? Car après tout, son histoire avec Laurence avait été compliquée et ils étaient maintenant liés à jamais avec Rachel... Tout ça n'était peut-être que pure folie, mais dieu que cette folie était douce! « Désolée Basil, je parle trop... Mais tu me connais non? Sois honnête, tu sais que je pourrais l'encaisser. » finit-elle par dire en lui souriant à nouveau, mais d'un sourire penaud, un peu comme celui des enfants pris en flagrant délit de bêtise...
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Mar 10 Mai 2011 - 10:19

    J'avais passé de longues heures à imaginer puis transposer sur papier mes histoires, cherchant au fond de ma mémoire ce qui aurait pu m'intéresser enfant et l'inspiration là où elle voulait bien se manifester. Je n'avais pas vraiment de lecteurs-tests pour faire des essais, le fils de mes meilleurs amis étant bien trop loin et trop jeune pour avoir une réaction autre qu'un babillage incompréhensible, et Aaron ayant refusé de participer faute d'illustrations en face de mes texte. Au fond, je n'avais que mon propre jugement et celui si objectif de ma femme, dont les pics d'hormones avait gâché avec une violente crise de larmes ma première lecture: j'avais alors cru que être bon pour faire une croix sur une éventuelle carrière d'auteur pour enfant, la tranche d'âge me rendant mauvais, mais elle m'avait affirmé entre deux hoquets que c'était juste le bonheur de me voir déjà si concerné par mon futur rôle de père. Soit. Je m'étais donc entêté dans ma tâche, barrant et raturant plus que jamais, réalisant que telle tournure avait beau être stylistiquement parfaite, elle n'en restait pas moins trop compliquée pour un jeune lectorat... Et puis j'avais pris le coup. Je m'étais habitué aux structures et aux personnages, en avait même créé quelques uns de récurrents, et les histoires s'étaient enchainées, toutes soigneusement rangées dans un gros classeur qui grossissait en parallèle du ventre de Parfaite. Une fois le moment de faire une sélection arrivé, ça avait évidement été un crève cœur. Je ne pouvais pas tout présenter à l'éditrice, c'était normal, mais ça ne rendait pas la tâche moins difficile. Et la voir en refuser quelques unes non plus. Bon, il me fallait être un grand garçon et accepter les critiques, alors j'avais cédé sur certains points, insistant en revanche sur ma décision de confier les illustrations à Rhiannon. Elle n'était pas une professionnelle, elle n'avait pas des dizaines d'albums d'expérience, mais son travail me plaisait bien assez pour que j'en sois conquis. D'ailleurs, pour le peu que j'en voyais, étalé sur la table de mon salon, j'étais certain d'avoir eu raison. J'étais aussi certain de n'avoir définitivement aucun talent pour le dessin, la moindre de mes tentative passant pour du gribouillage à côté de ce qu'elle faisait: une chance que je n'ai pas eu la prétention de tout faire moi même dans ce recueil!
    Elle souriait, visiblement aussi impatiente que moi, à la seule différence que la norme sociale m'imposait assez de retenu pour attendre qu'elle m'invite à contempler son travail. Et bien écoute, tout est devant toi et en ordre à présent donc n’hésites pas, je t’en prie! J'hésitai alors un instant, un instant de trop, entamant une nouvelle discussion pour laquelle elle ne s'opposa pas de grande résistance, mis à part un éclat de rire. Je ne t’ai rien caché ! Ah, vraiment? Je ne sais pas si tu connais Jovan Lennon, il habite dans ta rue. En fait je parlais de sa fille, Rachel, peut-être que tu les as déjà vu ? Là elle m'intriguait, et alors que je m'étais penché vers ses dessins, je relevai la tête. Bien sûr que je connaissais Jovan et sa fille, je les avais vus pas plus tard que la veille. Et puis quelques jours auparavant, et comme ça depuis plusieurs semaines maintenant. Pourquoi, ça t’intéresse dis-moi ? Plus que mes dessins ? Je vais finir par croire que tu les aimes pas tu sais! Je secouai la tête en souriant, comme si elle avait dit quelque chose qui n'avait pas de sens.

    Non, pas plus que tes dessins. Juste que je m'intéresse et à l'artiste, et à la personne...

    Ma réponse eut alors l'air de la gêner, comme si elle aurait préféré que l'on change de sujet. Malheureusement pour elle, ce n'était que plus tentant. Je ne voulais pas l'embêter, et si vraiment ça la gênait et qu'elle ne souhaitait pas en parler, alors je n'allais pas insister, mais il me semblait qu'elle n'était pas totalement contre l'idée de tout me raconter. Comme je sais que tu ne lâcheras pas le morceau, je vais t'en dire un peu plus mais n'en parle pas trop s'il te plaît, je ne suis même pas sûre que ce soit officiel tu comprends et puis, je n'aimerais pas passer pour celle qui n'est pas en phase avec l'autre et qui se ridiculise... En fait, il se pourrait que Jovan et moi soyons ensemble mais comme je te l'ai dit ce n'est pas vraiment officiel. En fait, j'en sais rien. C'est un peu nouveau pour moi! Avant, c'était simple tu sais. T'es à la fac, tu sors avec un mec, tu passes du bon temps et point final. Ici, tout est plus compliqué. Et puis, il a une fille, ce n'est pas rien! Et une ex aussi d'ailleurs mais ça, ce n'est pas vraiment mes oignons mais ça entre quand même en considération. J'écarquillai les yeux, abasourdi par ses aveux. Elle avait parlé vite, très vite, enchainant les phrases les uns après les autres, et je devais avouer avoir eu un peu de mal à suivre par moment. Et, quand elle s'arrêta enfin, elle me donna l'impression de seulement prendre conscience de ce qu'elle venait de faire. Et oui, elle venait de me déballer l'essentiel de son histoire avec Jovan, mettant à plat tous les problèmes de leur éventuelle relation et les doutes que l'on gagne quand on abandonne les histoires sans importances pour enfin se lancer dans quelque chose de sérieux... Et sur ces doutes là, j'en connaissais un rayon! En même temps, elle n'avait peut être pas besoin que je lui donne le mode d'emploi pour faire foire son histoire en cinq leçons, bien que j'aie rodé la technique... Désolée Basil, je parle trop... Mais tu me connais non? Sois honnête, tu sais que je pourrais l'encaisser.

    Alors là, j'aurai jamais deviné...

    Elle ne parut pas comprendre là où je voulais en venir, mais il me fallait le temps d'assimiler l'information. Je savais que Jovan avait des problèmes avec Laurence depuis un petit moment déjà, et je n'avais pas caché ma satisfaction quand il m'avait appris qu'ils étaient séparés. Ce n'était pas bien de se réjouir du malheur des autres, mais là je n'avais pas pu faire autrement: je n'avais jamais compris ce qu'il pouvait lui trouver, et il m'avait semblé que c'était la meilleure des choses à faire qu'ils poursuivent leur vie chacun de leur côté. Pourtant, il y avait désormais leur fille, et je savais que ça compliquait beaucoup de choses. S'il n'y avait pas eu les jumeaux, je n'étais pas sûr que Parfaite et moi nous soyons remis ensemble. J'avais toujours trouvé ça idiot de continuer à former un couple juste pour sauver les apparences ou pour les enfants, mais j'avais capitulé. Je ne voulais pas croire que l'on avait pu réaliser quelque chose d'aussi beau pour que ça se finisse aussi minablement. Je refusais que les choses foirent, et j'avais peut être eu raison de lui accorder cette seconde chance...
    Mais, pendant mes divagations intérieures, Rhiannon attendait. La situation n'était pas évidente pour elle, que ce soit parce qu'elle venait de me déballer tout ce qu'elle avait sur le cœur, ou parce qu'elle était en train de s'engager dans une relation qui ne serait pas des plus facile. En admettant bien sûr qu'il existe des relations facile, et plus le temps passait, et plus j'en doutais.

    Je devrais peut être pas te dire ça, mais si tu le sens bien, alors fonce! Te prends pas la tête avec des questions auxquelles tu trouveras sûrement pas de réponse de toute façon, mais profite. Jovan est quelqu'un de bien, et vous mériteriez que ça marche... que ça soit officiel ou que ça reste pour vous pour l'instant.

    Je n'avais pas pour habitude de me mêler de la vie sentimentale de mes avis, juste de m'y intéresser parce que ça restait une part importante de notre existence, mais face aux interrogation de Rhia, j'étais un peu obligé de changer ma façon de faire. Et dire que j'étais peut être en train de la pousser à avoir une relation cachée! Enfin, ça faisait aussi partie de mon crédo: vivre en appréciant toutes les opportunités qui s'offre à nous, en sachant que l'on aurait bien assez de regrets à la fin pour ne pas s'en créer de nouveaux. Mais je devais quand même bien reconnaître qu'il y avait un obstacle de taille avec Laurence... Rachel était encore trop petite pour faire vivre un enfer à la nouvelle copine de son père, mais la mère, en revanche... Et évidement, si ça venait à bien marcher entre eux, il faudrait un jour que Rhiannon l'affronter. Et je préférais ne pas être là ce jour là, malgré toute l'amitié que je pouvais lui porter.

    Et j'en parlerai pas, t'en fais même. Je ferai même semblant d'être étonné si Jovan m'en parle si tu veux...

    Bon, je ne me faisais pas trop d'illusions non plus, je ne m'attendais pas à ce qu'il m'en parle de si tôt. Si elle était confuse, de son côté à lui ça ne devait pas être mieux, et malgré tout nous n'étions plus aussi proche pour qu'il me tienne informer de la moindre évolution de ses amours. D'ailleurs, on ne l'avait jamais fait, l'un comme l'autre.
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Dim 22 Mai 2011 - 19:24

Il est clair que ce rendez-vous n’avait plus du tout comme sujet principal de finaliser les dessins pour le livre à présent même si cette situation était hautement prévisible. D’autant plus qu’avec le travail qu’ils avaient fournis auparavant, vérifier les dessins de Rhia ne leur prendrait quelques minutes tout au plus, autrement dit, cela leur laissant aisément le temps de parler d’autre chose. Ce couple avec Jovan, Basil était le premier à en entendre parler et pour cause, leur premier baiser ne s’était déroulé que la veille au soir. C’était dire à quel point cette histoire était fraîche. Et bien que Rhia n’avait pas pour souhait d’en parler avec qui que ce soit rapidement, le fait d’aborder le sujet avec Basil la rassurait, d’autant plus que vu ses paroles, ils semblaient se connaître. Alors là, j'aurai jamais deviné... Il est clair que ce couple était hautement improbable et Rhia elle-même n’aurait jamais cru qu’un homme comme Jovan s’intéresse à elle. Pourtant, elle n’était plus une gamine et devait se rendre à l’évidence qu’elle avait changée. Elle fut donc rassurée par les conseils de Basil qui allait dans le sens qu’elle souhaitait, d’autant plus que les difficultés qu’ils allaient devoir surmonter n’étaient pas des moindres. Laurence, un bébé, une vie différente, voila ce qui attendait Rhiannon autour de ce couple et non plus de simples amourettes universitaires. Intriguée par les paroles de Basil, Rhia ne put s’empêcher de satisfaire sa curiosité toujours aussi virulente… « Je suis contente que tu me dises tout ça parce que j’avais vraiment peur qu’on me dise que j’étais folle, que je devrais pas me lancer là-dedans… Je sais que certains le penseront et je peux les comprendre mais on ne choisit pas toujours ! Mais en fait, si je comprends bien ce que tu dis là, c’est que tu connais Jovan ? Enfin, on dirait que tu le connais même bien ! Ce serait une sacrée coïncidence ! Ocean Grove ne cesse de me surprendre ces temps-ci ! »

Depuis maintenant quelques mois, Rhiannon s’était retrouvée face à une multitude de coïncidence dans son quartier, à un point tel qu’elle avait failli se demander si elle n’était pas suivi par une émission de télévision piégeuse ou un truc de ce genre. Pourtant, elle avait bien du se rendre à l’évidence qu’il ne s’agissait que de la providence aussi taquine puisse-t-elle être. Réagençant ses dessins une nouvelle fois, ne sachant pas trop quoi ajouter, elle sourit à Basil et reprit la parole. « Mais tu sais, y’a pas grand-chose d’autre à dire en fait sur cette histoire. C’est tout récent donc je préfère ne pas trop m’attarder sur des possibilités qui risquent de ne jamais se produire. Mais bref. Parlons de plus concret donc et donne-moi enfin ton avis parce que ce suspense me tue ! » Elle ouvrit alors ses bras en direction des dessins comme pour lui montrer le chemin à suivre. Impatiente de connaître son avis final, elle ne pouvait attendre plus longtemps. Elle avait travaillé longtemps sur ce projet et avait hâte d’avoir le livre terminé entre ses mains pour pouvoir le feuilleter et le montrer à ses amis et sa famille. A présent, elle avait pris sa décision de quitter les études et cette parution était un coup de poker pour elle. Ca passe ou ça casse comme on dit même si elle se sentait assez confiante. Pourtant elle ne connaissait pas grand-chose au monde de l’édition et pouvait tout à fait se tromper. C’est pourquoi elle s’enquerrait de quelques informations auprès de Basil. « Ca se passe comment ensuite ? Il y a une validation par l’éditeur je suppose ? Ils ne vont pas accepter les yeux fermés ? Et pour la parution, ça prend combien de temps ? Désolée, je t’assomme de questions mais je ne m’y connais pas du tout dans ce milieu et comme je suis d’un côté de la barrière, j’ai un peu de mal à m’imaginer comment ça se passe de l’autre ! » D’autant plus que Rhiannon n’excluait pas de retravailler pour un auteur et qu’en s’informant, il serait plus simple pour elle de se faire accepter et d’infiltrer les rouages de l’édition. Même si récemment, elle était préoccupée par un tout autre projet, encore secret et dont elle avait garder pour elle, celui de se lancer dans la peinture et pourquoi, d’avoir l’opportunité d’exposer un jour…
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Dim 5 Juin 2011 - 0:02

    Quand j'entendais mes amis me raconter les bonheurs récents de leur vie amoureuse, avec ce sourire propre à ce type d'événement, je ne pouvais pas faire autre chose qu'être content pour eux. Ce n'était même pas de la fausse gentillesse, ou juste une question de politesse, je l'étais vraiment. Si j'en avais eu la possibilité, j'aurai fait en sorte que tous mes amis soient comblés de ce point de vue là. Que ceux qui avaient besoin d'être seuls, de faire une pause ou de seulement s'accorder un moment en profitent, et que ceux voulant vivre une relation, quelle que soit sa nature, en aient l'occasion. Bon, ce n'étaient que des idéaux sans aucune possibilité de réalisation, je le savais très bien, mais parfois je me surprenais à y rêver. A m'écouter, on aurait pu croire que c'était à cause d'un manque ou d'un trop plein d'amour que j'en venais à me montrer si mièvre, et pourtant ça n'avait pas grand chose à voir.
    On ne pouvait pas dire que j'avais eu une vie sentimentale très tumultueuse par le passé, néanmoins, ma situation actuelle avait grandement comblé ce manque. Je n'avais pas été de ceux enchaînant les histoires au moment de l'adolescence, sortant avec une fille puis une autre, profitant de ma jeunesse pour gaspiller le peu de potentiel à ma disposition. A la place, je m'étais tout de suite lancé dans une histoire longue, classée sans suites au final, mais qui avait quand même duré près de deux ans. Ce que j'en avais retenu? Que l'on pouvait souffrir à faire semblant, et plus encore à vouloir continuer de la même façon. Que je pouvais aussi me comporter comme un bel hypocrite, mais surtout comme le pire des salauds. J'en avais aussi gardé une certaine rancune contre un certain type de personnes, continuant à m'en méfier quand l'occasion m'étais donner de rencontrer l'un de ses représentants. Oui, j'avais appris des choses, même s'il n'y avait pas de quoi s'en vanter. Et ce n'était qu'en arrivant à Ocean grove que j'avais enfin découvert les joies de sortir avec quelqu'un que tout le monde considère ne pas être pour vous. Entre ceux qui me disaient qu'elle se servait de moi, et ceux qui me regardaient d'un air désolé en m'affirmant que je les décevais à tomber si bas, ma relation avec Parfaite n'avait pas laissé grand monde indifférent. Elle avait été la première à en souffrir, comme gênée de me savoir sous les projecteurs à cause d'elle, mais je m'en foutais. On pouvait raconter ce que l'on voulait que ça n'avait strictement aucune importance. J'avais suffisamment eu droit aux pires racontars du temps de Londres pour savoir que ça ne servait à rien de ce soucier de ce genre de trucs et, comme je m'y étais attendu, les remarques à notre sujet avait progressivement diminué alors que notre relation perdurait. Il y avait bien eu un regain d'intensité après son mystérieux départ, puis avec son retour, mais là ça avait été plus dur à encaisser. Les gens savaient que c'était plus douloureux, et j'avais eu l'impression qu'ils en profitaient. Les cons...
    Mais tout ça c'était de l'histoire ancienne. Pour l'instant, seul comptait ce que Rhia voudrait bien me raconter, et j'espérais qu'elle ne se contenterait pas d'une pirouette pour changer de sujet. Je suis contente que tu me dises tout ça parce que j’avais vraiment peur qu’on me dise que j’étais folle, que je devrais pas me lancer là-dedans… Je secouai la tête, lui faisant silencieusement comprendre qu'elle n'était pas folle. Certaines personnes l'en accuserait peut être, mais c'était le fait d'attendre sans rien faire qui aurait été de la folie. Si elle avait des sentiments pour lui et qu'ils étaient un tant soit peu réciproque, alors il fallait juste foncer! Je sais que certains le penseront et je peux les comprendre mais on ne choisit pas toujours ! Mais en fait, si je comprends bien ce que tu dis là, c’est que tu connais Jovan ? Enfin, on dirait que tu le connais même bien ! Ce serait une sacrée coïncidence ! Ocean Grove ne cesse de me surprendre ces temps-ci ! Ce qui était surprenant pour moi, c'était le contrôle qu'elle avait d'elle même. Elle me parlait de quelque chose qui lui tenait à cœur, qui plus est d'assez récent pour accaparer la moindre de ses pensées, mais elle ne s'emballait pas. Bon, elle parlait un peu plus qu'à l'accoutumée, je devais le concéder, mais c'était à peu près tout. Comment est-ce qu'elle faisait pour rester si calme? Soit toutes les personnes de mon entourage étaient vraiment des cas à part, soit Rhia était vraiment particulièrement impressionnante. Ma mère avait toujours eu la manie de manifester sa joie en sautillant dans tous les sens, renversant généralement un truc ou deux au passage, ce qui lui arrachait des éclats de rire sans fin. Pour Parfaite, c'était un peu plus retenu, mais il lui fallait parler, enchaînant les phrases les uns après les autres sans prendre le temps de reprendre sa respiration, passant d'un sujet à l'autre tandis que ses mains s'agitaient dans tous les sens. Passons sur Liv, qui se mettait à pleurer dès qu'une émotion vive la gagnait...

    Oui je le connais, depuis assez longtemps même! On s'était perdu de vu, et puis à forcer d’emmener nos enfants au parc, on a fini par se croiser, tout bêtement...

    C'était la version courte, mais l'essentiel y était. Dans les faits, ça ne s'était pas passé autrement de toute façon. Et mon explication eut l'air de la satisfaire puisqu'elle enchaîna. Mais tu sais, y’a pas grand-chose d’autre à dire en fait sur cette histoire. C’est tout récent donc je préfère ne pas trop m’attarder sur des possibilités qui risquent de ne jamais se produire. Mais bref. Parlons de plus concret donc et donne-moi enfin ton avis parce que ce suspense me tue ! Elle ouvrit grand les bras dans un geste un peu théâtral en direction de son travail, et je m'attendis presque à ce qu'elle me lance un "Tada!" enjoué, ce qu'elle ne fit cependant pas. Vu sa dernière phrase, ça ne serait pas très bien tombé de toute façon.
    Je m'approchai donc de la table, me penchant ensuite pour regarder chaque dessin l'un après l'autre. La vision d'ensemble m'avait donné l'impression d'un travail harmonieux, avec une palette de couleur agréable à l’œil sans être trop fade, ne restait donc plus qu'à découvrir en détail ce qu'elle avait réalisé. Je ne me faisais pas trop de souci sur le contenu, ayant bien assez discuté avec elle pour que nous soyons d'accord sur ce que j'imaginais et la vision qu'elle même en avait, mais j'étais curieux de voir concrètement ce que cela donnait. Ca se passe comment ensuite ? Il y a une validation par l’éditeur je suppose ? Ils ne vont pas accepter les yeux fermés ? Et pour la parution, ça prend combien de temps ? Désolée, je t’assomme de questions mais je ne m’y connais pas du tout dans ce milieu et comme je suis d’un côté de la barrière, j’ai un peu de mal à m’imaginer comment ça se passe de l’autre ! Je relevai les yeux vers elle à la première question, tournai la tête à la seconde, et me relevai à la troisième. Effectivement, "assommer de questions" était bien la bonne expression. Tant pis pour ses dessins, mon verdict allait devoir attendre encore un peu...

    Oui y'a une validation, mais honnêtement faut pas trop de tracasser avec ça. Ils ont validé mes histoires après m'avoir dit ce qui les gênait et que j'ai du retoucher, ils ont accepté de te confier les illustrations... à moins que tu te sois amusée à placer des détails scabreux, je pense que ça passera tout seul! Et ils m'avaient parlé de le sortir à la fin août, ou courant septembre. Comme quoi c'était la meilleure période pour un livre dans ce genre...

    Je fis une grimace, signe que je ne savais pas trop ce qu'il fallait entendre par "un livre dans ce genre". Après tout, il sortait des livres pour enfants toute l'année, et je ne voyais pas en quoi le mien était plus approprié à une fin d'été qu'un mois de juillet ensoleillé. Bon, probablement qu'ils avaient leurs raisons, et puis ça nous laissait encore un peu de temps pour régler les derniers détails.

    D'autres questions ou je peux y retourner?

    Je savais que je jouais avec sa patience, mais c'était plus fort que moi. Elle avait envie de comprendre comment la suite allait se passer, mais elle avait aussi envie de savoir ce que je pensais de ses oeuvres, et moi je ne trouvais rien de mieux à faire que de la faire mariner. Pauvre Rhia... Ne lui restait plus qu'à espérer que mon avis vienne vite désormais.
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Sam 11 Juin 2011 - 13:45

En apprenant que Jovan et Basil se connaissaient, Rhiannon ne put s’empêcher de penser aux conséquences que pourrait avoir une histoire entre eux mais également et surtout une rupture. Elle était assez familière avec le principe qui veut que lorsqu’un/une ami(e) se fait quitter par un/une ami(e), on doit directement boycotter l’ami(e) en question, et elle n’aimait pas ça. Surtout si dans cette situation, elle était la cause de la ruine d’une amitié. Pourtant, en général, Rhiannon n’était pas si pessimiste. Mais il existait des paramètres entourant cette histoire qui faisait qu’elle n’était pas sûre du futur. Elle ne le contrôlait pas et c’est ce qui lui faisait peur. Mais rapidement, la jeune femme chassa ces idées de son esprit et revint mentalement auprès de Basil qui semblait plutôt amusé par la situation. « Ah oui ? Vous vous connaissez depuis combien de temps ? Vous vous êtes connus où ? » Rhia, de son côté, était curieuse d’en savoir plus. Elle connaissait Jovan depuis peu et ne savait au final pas grand-chose de lui à part son histoire compliquée avec Laurence, sa fille Rachel, ses métiers de serveurs, gérant d’un restaurant et le fait qu’il vive à présent chez sa tante ou sa grand-mère, elle n’était plus trop sûre. Elle imaginait déjà Basil et Jovan au lycée, tout boutonneux, entrain de draguer quelques filles et cette vision la fit sourire. Mais le travail l’attendait, si l’on pouvait appeler ce rendez-vous du travail. Elle attendait toujours le verdict de Basil qui se faisait assez longuement attendre. Rassurée par ses explications sur la monde de l’édition, elle se sentait moins tendue car depuis quelques jours, elle n’avait qu’une peur : que ses dessins soient acceptés par Basil mais refusés par sa maison d’édition. Car honnêtement, elle ne se sentait pas la force de tout reprendre à zéro et encore moins d’avoir travailler pour rien. « Ok, ça me rassure un peu pour être honnête ! Et j’ai hâte que tout ça soit terminé, non pas que je n’ai pas aimé travailler avec toi mais j’ai envie de voir le projet édité pour pouvoir enfin voir quelque chose de concret dans mon travail ! Et je suppose que toi aussi tu dois avoir hâte non ? Et non, aucun message subliminal ne s’est caché dans mes dessins, ne t’inquiètes pas ! » rajouta-t-elle en riant et en repensant à ce cher Brad Pitt cachant des images porno dans Bambi dans un film qu’elle avait adoré étant adolescente, Fight Club. « Et non, je n’ai pas d’autres questions alors je t’en prie, donne moi ton avis ! C’est un ordre ! »

Car Rhia n’en pouvait réellement plus, c’était la première fois qu’elle travaillait sur un projet tel que celui-là et elle en attendait beaucoup : de la reconnaissance, de la confiance, des contacts et un peu d’argent aussi car depuis qu’elle avait arrêté ses études, ces parents lui mettaient quelque peu la pression… Même si concernant son père, elle avait beaucoup plus de points de pression que lui…
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Message(#) Sujet: Re: verdict final | basil (terminé) Ven 17 Juin 2011 - 23:23

    Parmi tout ce que j'avais pu écrire professionnellement parlant, ce recueil d'histoires pour enfants était ce qui m'avait demandé le plus de travail. Mes chroniques, qu'elles soient à destination de mon blog ou de magasines, se composaient quasiment d'elles-mêmes, comme si les mots n'avaient pas besoin de moi pour avoir du sens. C'était aussi le moment où j'abordais des sujets qui m'étaient assez proches pour ne pas avoir besoin de faire de longues recherches sur tout et n'importe quoi, contrairement à mes romans où j'essayais de conserver un fond de vérité. Je n'étais pas un scientifique dans l'âme, et ne m'aventurais dans la rédactions de théories simplifiant la pensée de tel ou tel philosophe dont je ne connaissais rien de plus que le nom, mais, en cas de doute, j'en venais toujours à faire quelques recherches. Mon premier roman avait d'ailleurs été particulièrement laborieux à ce niveau, mes prétentions littéraires me conduisant à poursuivre des rêves de perfection que j'avais finalement du revoir à la baisse. Je ne l'avais pas baclé pour autant, mais à partir d'un certain moment j'avais compris qu'il ne me servirait à rien de pinailler sur le moindre détail, mes réécritures successives ayant tendance, à mes yeux, à tirer l'ensemble vers le bas. Au final, de toutes les critiques que j'avais pu lire ou recevoir, personne ne s'était plaint de ces moment où je m'étais plus ou moins arrangé avec la réalité. Mes personnages étaient fictifs, les lieux non indiqués... qui donc était en mesure de venir me rappeler que ce n'était pas tout à fait ce que j'avais voulu exprimer? Personne. Et un problème similaire s'était posé lors de la rédaction de ce recueil d'histoires. Elles me venaient facilement en tête, mais j'avais un mal fou à les transcrire. Ceux qui dédaignaient ce genre de littérature n'y connaissaient vraiment rien ! Et il était très probable que Rhia ait été confrontée à ce même problème. Son style avait beau très bien se marier avec ce que l'on pouvait attendre d'une production à destination d'enfants, peut être que tenir sur la durée lui avait été difficile. Mais, pour l'instant, ce n'était pas de ça dont il était question.
    Si elle avait essayé de me faire comprendre que son histoire avec Jovan était trop récente pour devenir un sujet de conversation à part entière, elle mettait tout de même pas mal d'énergie pour y revenir dès que notre discussion s'en éloigne. A moins que ça ne soit ma faute, et qu'elle se contente de répondre à mes interrogations. C'était sûrement un peu des deux. Si les choses étaient récentes entre eux, alors, si elle était comme moi, elle devait être partagée entre l'envie d'en parler à tout le monde et la crainte de s'être fait un cinéma monstrueux à partir de faits sans importance. Je lui souhaitais juste de ne pas se prendre la tête autant que je pouvais le faire, parce que ça ne servait vraiment à rien. Dans le registre des relations impossibles, j'en tenais une sacré couche, n'ayant quasiment vécu que ça. Par moment d'ailleurs, je me disais qu'avec Parfaite ce n'était qu'un exemple de plus, bien que la situation tente à s'améliorer entre nous ces derniers temps. Mais Rhia n'était pas moi, alors ça ne devait pas être si chaotique. Ah oui ? Vous vous connaissez depuis combien de temps ? Vous vous êtes connus où ?
    Ses interrogations, bien que des plus simples, me demandèrent un minimum de réflexion. Si j'étais capable de décrire, et quasiment au jour près, l'évolution de ma relation avec celle qui était devenue ma femme, avec Jovan c'était un tout petit peu plus difficile. Le contraire aurait été suspect en même temps, il fallait bien le reconnaître.

    Euh ça remonte à quelques mois après mon arrivée à Ocean Grove, donc ça doit faire quatre ans. Il travaillait dans un bar où j'avais pris l'habitude d'aller, et à force on s'est mis à discuter, y'a rien d'extraordinaire à te raconter là dessus !

    J'esquissai un sourire désolé, ne pouvant lui donner de version plus intéressante que celle là. C'était d'un banal ! Le pauvre petit Anglais que j'étais n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'aller noyer sa solitude au comptoir d'un bar, et y avait trouvé la sympathie du barman. Même ça, ça sonnait faux. Je n'étais pas malheureux à l'époque, loin de là, juste un peu dépaysé. Je sortais peu, mais plus par choix que pour être rejeté par ceux de mon âge. L'alcool, c'était juste pour faire la transition, en douceur.
    Mes explications eurent pourtant l'air de la satisfaire, et elle enchaîna sur ce pour quoi elle était venue. Ok, ça me rassure un peu pour être honnête ! Et j’ai hâte que tout ça soit terminé, non pas que je n’ai pas aimé travailler avec toi mais j’ai envie de voir le projet édité pour pouvoir enfin voir quelque chose de concret dans mon travail ! Et je suppose que toi aussi tu dois avoir hâte non ? Et non, aucun message subliminal ne s’est caché dans mes dessins, ne t’inquiètes pas ! Je ris avec elle, même si je n'avais pas vraiment été inquiété. Il y avait peut être des gens pour s'amuser à faire des conneries de ce genre, mais, venant d'elle, ça m'aurait vraiment étonné. Quant à son désir que cette histoire soit enfin terminée, je ne pouvais que trop le comprendre. J'étais sur le projet depuis des mois, et même s'il me tenait à coeur, avoir mon livre entre les mains serait une petite délivrance. Et non, je n’ai pas d’autres questions alors je t’en prie, donne moi ton avis ! C’est un ordre !

    Chef, oui chef !

    Je me mis au garde à vous, singeant une sorte de salut militaire qui ne pouvait être crédible à cause de mon sourire. C'était idiot, mais l'entendre me dire que c'était un ordre, avec cet air qu'elle aurait voulu sérieux, me donnait une seule envie: éclater de rire. J'essayai pourtant de me retenir, me penchant enfin pour de bon sur ses dessins. Depuis le moment où elle les avait disposés sur la table, je n'avais pu que les regarder à la dérobée, un ou deux à la fois, sans avoir le temps de chercher à comprendre quelle était la logique de leur emplacement. Là, d'un coup, j'avais tout sous les yeux, comme si une partie de mon cerveau s'était détachée pour atterrir sur la table... et ça en était assez déstabilisant.

    Tu sais que tu es vraiment douée ? Je sais pas comment tu t'es débrouillée, mais c'est exactement ce que j'avais en tête...

    J'avais parler sans la regarder, mon regard s'attardant sur chacune de ses illustrations, l'une après l'autre. Et autant dire qu'un rapide coup d'oeil était loin de suffire.
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