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 Le vent nous portera ... tout disparaîtra.

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Message(#) Sujet: Le vent nous portera ... tout disparaîtra. Sam 12 Mar 2011 - 4:12

2 FÉVRIER 2012



FLASHBACK, 1 février 2012
23H39


* POK *

Interpelé par ce bruit sec et fugace, Jed releva les yeux du bouquin qu'il tentait de lire tant bien que mal sans pour autant parvenir à focaliser son attention. Avait-il rêvé ? Rêvait-il ? ... Bizarre.

* POK *

Il ne pouvait tout de même pas avoir fantasmé ce bruit deux fois de suite ! Intrigué, il repoussa sa couette et se releva précautionneusement pour ne pas se faire mal à la clavicule. A pas de loup, il s'approcha de la fenêtre de sa chambre à travers laquelle il scruta la nuit pour trouver une explication à ces bruits qui le dérangeaient depuis une minute tout au plus. Là, en bas, dans le jardin, la silhouette d'un jeune homme était ciselée dans la lumière de la lune. Soupirant d'on-n'aurait-su-dire-quoi (amusement, exaspération, soulagement ?), Jed ouvrit la fenêtre le plus silencieusement possible et fit un signe à son homologue pour lui signaler qu'il avait bel et bien capté sa présence. Voyant l'autre lui intimer de le rejoindre par un appel de la main, il hésita un instant, regardant sa chambre, son lit et - plus précisément - les boîtes de médicaments qui reposaient sur la table de nuit et qui semblaient lui faire les gros yeux comme pour lui rappeler qu'il n'avait pas le droit de sortir, encore moins en pleine nuit et en compagnie d'une personne avec laquelle il avait pour habitude de tout faire sauf de jouer aux dames. Cela dit, arrogant et rendu téméraire par presque un mois d'enfermement intensif, il haussa les épaules, attrapa un t-shirt qui trainait sur son bureau, enfila un jean troué à la va vite et n'oublia pas de remplir ses poches de son nécessaire à fumette avant d'enjamber l'encadrement de la fenêtre, ni plus ni moins. Là, bien que handicapé par son bras en écharpe, il longea la corniche, atteignit la gouttière et inspira profondément avant de s'y laisser glisser, prévoyant par avance que la réception au sol lui ferait mal du fait que ses côtes fêlées s'en retrouveraient secouées. Pourtant, rien n'aurait pu l'arrêter, il avait trop besoin de prendre l'air. Trop besoin de sortir, de voir d'autres visages, de décompresser et, pour ce faire, quoi de mieux qu'une virée nocturne en compagnie d'un pote, un vrai ; tellement vrai à vrai dire qu'il était venu le chercher jusque dans ce jardin qui pourtant n'était pas le sien mais bel et bien celui de Lawson ...


00H12

Affalé contre le mur de gauche de la ruelle tandis que Lennox lui renvoyait l'image d'une posture similaire à la sienne contre le mur d'en face, Jed ne sentait plus ses fesses mais il n'aurait pas su dire si cela était du au fait que le pavé du sol soit glacé ou s'il s'agissait tout simplement d'un effet suspect de la ganja, une fois de plus. Assis dans la pénombre un peu glauque de cet endroit désert, perdu entre deux porches à l'abandon et quelques cadavres de cannettes qui devaient reposer là depuis des siècles, il se sentait si ce n'est renaître, au moins retrouver goût à la liberté. Son regard tourné vers les étoiles laissait clairement deviner que l'alcool et la drogue l'attiraient toujours un peu plus dans leurs paradis artificiels, loin, si loin de la réalité dans laquelle il n'était qu'un ado dépressif et suicidaire (selon les médecins, attention !).

« Tu crois qu'on vit pour quelque chose Bas ? » Expira-t-il en même temps que sa fumée tout en lui tendant le pétard, sans nécessairement se rendre compte du caractère abstrait de sa question.
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Message(#) Sujet: Re: Le vent nous portera ... tout disparaîtra. Lun 14 Mar 2011 - 3:05


    Assis dans un parc alors que la nuit tombait. En fait elle le soleil était caché depuis longtemps. Seulement le bleu de la nui commençait à tourner au noir que tant trouvaient inquiétant. Pas pour Lennox, c'est la nuit qu'il vivait. Venant brisé le calme paisible qu'il vivait, le ventre de Lennox gargouilla. Il avait affreusement faim et son foutu corps lui lançait une alerte. Il y avait maintenant deux jours qu'il n'avait mangé presque rien. Un sac de croustilles saveur original et un beignet au sucre blanc. Le tout arrosé de plusieurs litres d'alcool et de nombreuses substances illégales. C'était là dedans qu'allait tout son argent ce qui venait expliquer son alimentation moindre. Il avait de l'argent, un peu, mais il le gérait très mal et se retrouvait sans rien à manger comme un con. Ce soir il ne voulait pas manger. Il préférait garder son argent pour boire et fume plutôt qu'aller se payer un repas dans un fast-food ou encore quelques trucs à grignoter dans un commerce environnant. Non, il allait se défoncer la tronche et se nourrirait un autre jour. Ce soir il devait nourrir son âme. Au diable son corps et ses besoins vitaux. Il ne vivait maintenant plus que pour la débauche. Ça lui permettait de tout oublier en un instant. Sa mère, sa Anna, son frère, lui. Oui, il arrivait à s'oublier. Le connard de Lennox était bien bas sur terre et s'oubliait en s'envolant. Par contre seul c'était quelque peu emmerdant. Il pensa donc immédiatement à kidnapper son récent ami Jed. Il aurait pu aller chercher Robyn, mais il trouvait qu'il commençait à lui accorder trop d'importance et qu'à force elle serait ferait des idées. Elle n'était pas importante pour lui, il se le répétait encore et encore. En plus, il y avait sacrément longtemps qu'il n'avait vu Vargas.

    Comme être, il était assez injoignable. Comme si ce n'était pas assez, il adorait l'être. Il voyait les gens qu'il voulait quand il le voulait. Aucunes obligations ni attaches. Il se déplaçait constamment. Il dormait rarement deux soirs de suite au même endroit. Il n'avait pas de maison, pas d'adresse donc encore moins de téléphone. Quant aux téléphones portables il considérait que c'était pour les riches et les rejetaient. Il n'avais pas internet et ne faisait certainement pas partit des réseaux sociaux. À peine était-il au courant de ce qu'était facebook. Pour trouver Lennox Bastien King on devait arpenter la rue de haut en bas. Parfois même, ce n'était pas assez. Ses cachettes se révélaient parfois efficaces. Pour ne pas dire toujours. Il aurait donc été impossible pour Jed de le retrouver, surtout dans l'état où il était et avec l'interdiction qu'il avait. C'était ainsi qu'après environ une semaine sans donner de nouvelles, Lennox débarquait dans le jardin des Lawson une bouteille à la main. En voyant la bouteille encore pleine, il n'allait pas pouvoir y résister. Lennox s'était penché pour trouver quelques pierres au sol. Visant la fenêtre du garçon, il les avaient lancés les unes après les autres jusqu'à ce qu'il voit les rideaux bouger puis la fenêtre s'ouvrir. Lui faisait signe de le rejoindre. Son ami avait hésité à son invitation quelques instants, puis c'était vêtu et était descendu. Pauvre homme tout de même avec son corps amoché.

    Ils étaient présentement assis dans une ruelle, face à face. Lennox occupait le mur droit. King et Vergas avaient entamé la bouteille d'alcool depuis longtemps, mais elle était présentement sous la surveillance accrue de Len. Ses pensés vagabondaient, n'étant étrangement pas joyeuses. Il pensait à son frère et au pourquoi du comment toute la merde tombait sur des personnes déjà désavantagés. Chassant ses sombres idées de kidnapping, l'image d'une belle jeune femme lui vient. De dos, sa peau si pâle qu'elle éclairait cette nuit obscure. Son dos était comme le ciel, parsemé d'étoiles qui étaient des tâches de rousseurs. Lorsque son image tourna la tête, il n'y avait plus de doutes sur son identités. Des yeux bleus à en faire pâlir un sain. Un sourire béa s'était alors affiché sur les lèvres du garçon. Comme il aurait aimé qu'elle soit contre lui à cet instant précis. Jed fit disparaitre ce beau mirage en expirant une volute de fumée bleue dans les airs. Demandant par la même occasion : « Tu crois qu'on vit pour quelque chose Bas ? » Le jeune homme avait baissé les yeux vers son pote pour remarquer du même coup le calumet de paix qu'il lui tentait. Comme en échange, Lennox lui donna sa bouteille sans jamais perdre ce sourire naïf et con. Il prit son temps. Pas pour réfléchir à la question, mais pour tirer de la fumée sur le pétard pour ouvrir son esprit. Expirant sa réponse d'un même coup.

    « Pour souffrir. » Il marqua une pause pour prendre deux autres inspiration de folie et les expirant pour ensuite continuer.

    « On est un peu comme en enfer sur terre. On souffre, tous le monde souffre. On souffre lorsqu'on nait. Y parait que la première fois où l'air entre dans nos poumons, la douleurs est si insupportable qu'on l'oublie. Les cris des nouveaux nés, c'est pour ça. S'ils ne crient pas, ils ne respirent pas. J'étais là quand mon frère est né. Puis on souffre toujours en grandissant. Parce que personne comprend ce qu'on veut réellement. Puis on souffre à l'école. On souffre par nos familles, nos amis. On souffre ensuite par les femmes. Ça c'est le pire mec. Les femmes sont incompréhensibles. J'pense que ça fait plus mal encore que les douleurs physiques, que vieillir et se dégrader. T'as déjà souffert pour une femme Jed ? » Un long monologue qui se finissait sur une question. Marquant par la même occasion l'échange des jouets qu'ils utilisaient tous les deux pour s'élever comme de grand homme. Son bras tatoué tendu vers l'autre adolescent avec au bout ce cylindre enflammé.
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Message(#) Sujet: Re: Le vent nous portera ... tout disparaîtra. Lun 14 Mar 2011 - 4:53

Le coude levé bien haut comme si plus le liquide coulerait vite dans sa gorge, plus l'envol serait puissant, Jed ferma les yeux et avala une longue rasade d'alcool. Avec le temps, ce geste aussi provoquant que significatif quant au besoin d'évasion de l'adolescent avait pris une connotation quasi banale et quotidienne. Combien de bouteilles avait-il descendu en approximativement 10 mois de deuil ? Certainement plus que tout au long des 17 années qui avait précédé la mort de sa sœur ... « Pour souffrir. » Interpelé, Jed figea son geste, avala ce qu'il lui restait d'alcool dans la bouche, frissonna sous le mordant du liquide qui lui brulait l'œsophagectomie et remit la tête droite pour mieux apprécier la vision passablement floue d'un Bas en train d'expirer tout ce qu'il venait d'inspirer en fumée toxique. « On est un peu comme en enfer sur terre. On souffre, tous le monde souffre. » Tout le monde souffre ... Approuvant cette constatation d'un reniflement digne, Jed se garda pourtant d'ajouter le " certain plus que d'autres " qui lui traversait l'esprit. Tout en écoutant le monologue de King et en faisant le rapprochement avec ce qu'il savait de lui et de son passé pourri, il gardait l'intime conviction de ne pas avoir besoin de le plaindre à vive voix. Être là, avec lui, défoncé comme lui, dans ces rues qui pouvait tout aussi bien être sa chambre pour la nuit à lui, le vagabond ... tout ça valait toute les compassions du monde. Plus que de l'empathie mais moins que de la pitié, c'était de l'amitié et rien d'autre. De l'amitié qui se passait de mot, de l'amitié qui se savourait dans le silence, dans la drogue, l'alcool, le sexe et - parfois - les questions existentielles comme celle qui avait amené Lennox à se lancer dans cette satyre.

Reportant son regard vers le ciel, Jed assimila les mots de son homologue comme autant de compresses à mettre sur les plaies de son âme. Sans se sentir plus léger ni même soulagé, il avait au moins pour lui la certitude de ne pas être seul. Lennox souffrait lui aussi. Il comprenait, il partageait. En définitive, Bas n'était rien d'autre qu'un Jed qui ne serait pas né en France et qui n'aurait pas eu la chance d'avoir des parents riches, aimants et capables de lui payer une école privée, tout comme Jed n'était rien d'autre qu'un Bas, mais d'un univers différent. Pareils jusque dans leurs différences. Drogue et alcool aidant, cette pensée permit à Vargas de respirer plus librement qui ne l'avait fait ces 3 dernières semaines dans le monde aseptisé qu'Ella et Lawson avaient pris soin de construire au sein de leur demeure et qui - décidément - n'était pas fait pour lui et ses idées noires, complétement hors cadre en comparaison du diapason de la maison McArthur.

« [...] T'as déjà souffert pour une femme Jed ? » Interpelé une nouvelle fois par les propos que lui tenait Lennox, Vargas décrocha de sa contemplation pensive pour échanger une nouvelle fois l'ordre des possessions matérielles. Récupérant le joint, il se cala contre le mur mais ne releva plus les yeux. La question, violente, sale, terre à terre, venait de le faucher en plein vol. Désespéré, il enfuma sa détresse au détour d'une énième inspiration toxique et concentra son attention sur la multitude de bracelets idiots et usés qui pendaient à son bras, lui même pendant par dessus son genou relevé comme table d'appoint improvisée. « Pour et à cause ... Je crois même qu'elles auront ma peau, un jour. » Avoua-t-il, tiraillé entre le souvenir de sa sœur, celui de Rose et celui encore cuisant d'Ella et de son attitude tout bonnement insupportable. D'ailleurs, pour et à cause de qui avait-il fait le grand saut le 17 décembre 2011 ? Pour lui, certes, mais aussi pour Rose, pour Sally et - à moindre mal, mais un peu quand même - pour Ella. Bas avait raison, les femmes avaient le pouvoir de faire courir le monde à sa perte ... « T'étais vraiment amoureux d'elle hein ? » Murmura-t-il par la suite en se remémorant les maigres informations dont Lenny lui avait fait part à propos d'Anna. « Blonde ou brune ? Dis moi, que je sache desquelles me méfier en priorité ! »


Dernière édition par Jed Vargas le Mar 15 Mar 2011 - 21:11, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Le vent nous portera ... tout disparaîtra. Lun 14 Mar 2011 - 5:51


    C'était presque à bout de souffle de Lennox avait fermé sa gueule sur le goulot de la bouteille qu'il venait tout juste de prendre entre ses mains. Rebaissant le flacon de vie pour avaler un gorgée assez immense de liquide translucide dont ils n'auraient surement pas assez pour terminer la soirée. Lennox buvait comme un trou, il l'avait toujours fait. Plus résistant encore qu'il en avait l'air. Les concours d'alcoolique finissant leurs verres en premier, il en avait gagner bon nombre haut la main. Il n'avait pas toujours été aussi endurant. On ne nait pas Dionysos, on le deviens. Lennox avait commencer à boire vers environ quinze ans. Trois bières qu'il avait dégueulés dans une ruelle. Il avait cessé lorsqu'il avait rencontré Anna, mais dès sa mort, ça avait triplé. Il noyait son chagrin dans ce liquide qui lui faisait perdre la tête. C'était particulièrement ce qu'il aimait de l'alcool et la drogue. Il frôlait les horizons de la fin de la vie. Il avait l'impression de frôler le visage sa Anna par la même occasion. « Pour et à cause ... Je crois même qu'elles auront ma peau, un jour. » Des lèvres du jeune homme s'échappa un rire noir devant le pathétisme de la chose. Il avait tellement raison. Les femmes étaient toutes bonnes pour les torturer autant qu'elles étaient. Toutes les femmes qui étaient passées dans la vie de Lennox l'avait torturé. Sa mère physiquement, sa Anna émotionnellement et Robyn le torturait charnellement un peu plus à chaque jours. Peut-être même qu'ils aimaient souffrir, idiots d'hommes. En y repensant bien, il n'aurait jamais renoncé à ce qu'il avait vécut avec sa copine et n'était pas prêt de délaissé Rob. Sa mère, il l'aurait voulu différente. Différente, mais bien présente dans sa vie. Cette vie qui avait mal commencé. Il reproduisait sa relation maternelle avec toutes les autres femmes. Il refusait de les aimer, il restait distant et avait parfois même envie d'être le premier à frapper. Une seule exception à tout cela, il n'en aurait pas d'autre.

    Le regard de l'américain était devenu sombre et vide alors que des images lui revenaient en tête. Un mélange paradoxale entre la tendresse et la colère. Il revoyait son sourire éclatant dans ses souvenirs et ça lui donnait presque envie d'en sourire aussi. Pourtant la sensation de sa peau, il ne pourrait plus jamais la revivre. Elle était douce, certes, mais trop douce pour que sa mémoire de connard s'en soit imprégné. « T'étais vraiment amoureux d'elle hein ? » Lennox se contenta de hocher de la tête positivement. Relevant rapidement la bouteille pour en caler une énorme gorgée. Si bien que trop d'alcool coula en même temps et il toussota en rabaissant la bouteille. Reniflant pour ensuite passer une main dans ses cheveux sales. Il n'avait toujours pas fait son deuil. Tout c'était trop mal passé. Il n'avait pas pu lui dire adieu, l'embrasser une dernière fois. Il avait insisté pour aller la voir quand même, malgré le fait qu'elle était fort, l'hôpital avait refusé. Ils avaient fait venir les gardes de sécurité et il avait été sortit. La famille d'Anna avait refusé qu'il vienne lui dire adieu. La souffrance de tout cela était indescriptible. Une souffrance bouillante et cruelle, mais bon, tous le monde souffre.

    « Blonde ou brune ? Dis moi, que je sache desquelles me méfier en priorité ! » Avait-il ajouté par la suite. Lennox ne le regardait toujours pas. Il était dans sa bulle à lui où le souvenir d'Anna était doux et bon. Il revoyait parfaitement ses cheveux. Il y a de ses filles qui on des cheveux parfait, soyeux, en cascades. Ceux d'Anna était un champ de bataille, un feu de forêt. Doux, mais affreusement ondulés et emmêlés. Il passait de longues après-midis à perdre ses doigts dans ses cheveux. Ses cheveux au parfum enivrant.

    « Ni un ni l'autre. Elle avait les cheveux roux, presque rouge. Et les yeux verts avec une touche de bleu. J'crois que cette fille était le démon, je lui ai vendu mon âme... »
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Message(#) Sujet: Re: Le vent nous portera ... tout disparaîtra. Mar 15 Mar 2011 - 21:51

C'était fou comme Jed se reconnaissait dans chacun des gestes de Lennox. De la façon dont il s'accrochait à la bouteille comme un noyé à une bouée à celle qu'il avait de secouer la tête en silence ou de se passer la main dans les cheveux pour mieux pouvoir détourner le regard et ravaler sa peine tête baissée, chaque attitude, chaque façon d'être le renvoyait à lui-même et à sa propre douleur, à ses propres trucs et astuces pour tenter de survivre au mal occasionné d'une part tout en se détruisant sciemment de l'autre. Tout, jusque dans la manière dont il lui détailla les cheveux d'Anna et la couleur de ses yeux, lui donnait l'impression d'entendre un autre Jed lui parlait d'une autre Sally, à ceci prêt que le discours de Lennox avait des consonances amoureuses là où le sien à lui n'était teinté que d'un amour fraternel fort et terriblement torturé par le départ de sa sœur. « [...] J'crois que cette fille était le démon, je lui ai vendu mon âme ... » « Amen. »

La messe était dite, quoi ajouter d'autre si ce n'était un reniflement perdu entre la tristesse, la compassion et les prémices d'un rhum qu'apportait avec elle la brise nocturne ? « Moi c'est son âme que j'ai vendu au diable ... » Divagua-t-il en fixant un point imaginaire situé quelque part au dessus de l'épaule de Lennox. « Elle ... » Elle n'aurait jamais du sauter. C'était lui le bénéficiaire du cadeau, c'était son nom à lui qui avait été écris sur le bon pour un saut à l'élastique et c'était donc lui qui aurait du se jeter dans le vide ce jour là. Au lieu de quoi il avait préféré céder au caprice de sa sœur. Pourquoi ce jour là et pas un autre ? Pourquoi avait-il fallu qu'il décide d'être un grand frère généreux et attentif ce jour là plutôt qu'un autre ? Pourquoi n'avait-il pas eu le réflexe de l'envoyer chier comme il le faisait si bien les jours où elle se permettait de venir l'emmerder dans sa chambre avec ses histoires de taille 38 et de scandale vestimentaire ? Pourquoi ? Pourquoi, POURQUOI ?! Il n'avait de cesse de se poser la question sans jamais parvenir à trouver la réponse et - comme à chaque fois qu'il s'égarait sur la pente glissante de ses souvenirs - l'image de Sally s'écrasant au sol lui revint en plein visage, lui arrachant des larmes de colère teintées de désespoir qui l'empêchèrent de terminer sa phrase.

Ébranlé mais silencieux malgré les sanglots qui menaçaient de le secouer à tout moment, il tendit le joint à son vis à vis comme pour s'en débarrasser afin de mieux remonter ses jambes contre sa poitrine et de former une sorte de nid à l'aide de ses bras où il enfouit son visage. Il avait tout raté. Tout. Sally était morte et lui n'avait même pas trouvé le moyen de s'achever convenablement, alors qu'il n'avait même pas été rattaché à un élastique le jour où il avait sauté dans le vide. Jamais rien ne pourrait aller mieux, il le savait, il le sentait, il se tuait à le dire et mourrait de rage chaque fois qu'un abruti de médecin ou qu'une Ella optimiste à vomir s'acharnaient à le contredire. Il n'en pouvait plus d'être en colère. Il n'en pouvait plus d'avoir mal. Presque un an après la mort de sa sœur, il ne pouvait s'empêcher de constater que la douleur allait crescendo, alors qu'il avait pensé - le jour de l'enterrement - qu'il ne pourrait jamais avoir aussi mal qu'en voyant le cercueil disparaitre sous terre, preuve ultime que tout était fini, qu'ils ne se reverraient jamais. « Je mourrais pour qu'elle revienne ... » Trembla-t-il, des larmes plein la voix.
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