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 Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens.

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Message(#) Sujet: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mar 8 Fév 2011 - 23:36

Samedi soir, 23H30, plein coup de feu, le club était bondé jusque sur le parking où s'entassaient fumeurs et refoulés à l'entrée de l'établissement duquel émanait, en sourdine, une musique d'ambiance apparemment propice à l'excitation des sens. Diann, quant à elle, gara sa voiture un peu à l'écart, non désireuse de la retrouver dans un sale état à son retour (et par " sale " on sous-entendait aussi bien les coups et griffures envisageables sur un parking de boîte de nuit que les éclaboussures de vomi et tous autres fluides corporels qui, selon elle, n'avaient strictement rien à faire sur la peinture impeccablement lustrée de sa berline). Coupant le contact, elle s'accorda une poignée de secondes pour abaisser le pare-soleil, examiner la tenue de son maquillage dans le miroir qui y était incorporé et rouler ses lèvres l'une contre l'autre de façon à uniformiser l'aplat de glosse qui rendait son sourire plus éclatant que jamais. Point de tailleur et de chignon bien serré en ce début de week-end, le but n'était pas de paraitre pincée et frigide au beau milieu d'une foule de clubbers en délire mais bel et bien d'inspirer la confiance, la décontraction et ... la coopération. Lorsqu'elle ouvrit sa portière, seul le talon aiguille (dont la taille n'avait d'égal que la hauteur de ses ambitions) qu'elle sortit de l'habitacle afin de s'en extraire trahissait un certain standing qu'elle avait pourtant atténué de manière astucieuse en troquant chemisiers griffés et pantalons raides de grandes marques contre une robe qui - sans nécessairement valoir moins cher que ce qu'elle avait l'habitude de porter - avait ceci de bien qu'elle ne la faisait pas se promener avec un panneau imaginaire en néons roses au dessus de la tête sur lequel aurait été écris à l'intention de la foule " Regardez-moi, je suis riche, j'ai le pouvoir, je me pavane ", car - si elle reconnaissait sans mal toujours prendre soin de son image de marque lorsqu'elle se trouvait au tribunal de façon à entretenir un charisme le plus écrasant possible face aux accusés - elle n'en était pas moins persuadée que faire preuve de simplicité et de chic non ostentatoire restait la meilleure des manières de paraitre abordable et terre à terre, deux aspects de sa personnalité qu'elle voulait mettre en avant ce soir pour s'assurer que son interlocuteur ne voit pas en elle la procureur hautaine et bêtement certaine de ses capacités mais bel et bien la femme, confiante et audacieuse, qui - en plus de savoir ce qu'elle voulait - était aussi prête à dévoiler un aspect beaucoup plus redoutable de sa personnalité : la capacité d'adaptation. Qui, alors qu'elle avançait d'un pas assuré en direction de l'entrée, aurait pu s'imaginer que cette grande rousse enrobée de dentelles noires et légères était en réalité la femme entre les mains de laquelle la vie de centaine d'accusés avait été cassée nette ? Personne. Le regard était clair, les yeux brillants, les cheveux virevoltants, la voix chaude, la peau douce ... rien, absolument rien n'aurait pu laisser croire à quiconque attendait comme elle d'arriver au guichet qu'un requin venait de pénétrer la marre aux canards. Des canards qui, soit dit en passant, ne manquaient pas de piailler et de jacasser dans tous les sens en dodelinant de la tête à droite, à gauche, en rythme et en cadence.

Lorsqu'elle eut déposé veste et sac à main aux vestiaires, Diann fit son entrée dans la salle principale, tout de suite agressée par le surplus de décibels et le laisser-aller de la marrée humaine. Cependant, et avec une sérénité que la force de l'entrainement avait su rendre - au fil des années - inébranlable, elle slaloma habillement entre les danseurs anonymes de façon à atteindre le bar le plus proche afin d'y dénicher un tabouret qui lui servirait de tour de guet en attendant que se manifeste l'homme pour lequel elle s'était " madame-tout-le-mondisé " en acceptant de partager air et espace vital avec cette foule qu'elle n'aurait su tolérer en temps normal, elle qui aimait tant que chaque chose soit à sa place et que chacun reste chez soi. En attendant, elle mima le mot " cosmopolitan " du bout des lèvres lorsque la barmaid s'approcha d'elle et lui demanda ce qu'elle désirait boire. Jambes croisées et talon ancré à la barre à pieds du tabouret, elle engloba les lieux du regard et constata avec une pointe de désolation parfaitement dissimulée que son parallèle avec les canards n'était malheureusement pas hors contexte. Dérivant comme des bateaux ivres, certains fêtards se hurlaient dans les oreilles à la recherche d'un peu d'écoute tandis que d'autres, le bec non pas dans l'eau mais dans le whisky ou la vodka, semblaient déjà ne plus savoir par où trouver la sortie de cette enfer paradisiaque.

Patiente, sereine, intouchable, McGonoway se fit la réflexion qu'elle n'avait jamais été de ceux qui - comme bon nombre de personnes autour d'elle - cherchaient volontairement à perdre le contrôle. Boire à l'excès, se droguer, danser jusqu'à l'épuisement, n'importe comment, avec n'importe qui, tout ça n'avait jamais fait partie de ses pratiques. Plus jeune, elle avait déjà ce rôle de celle qui sait tout, qui voit tout, qui entend tout, qui retient tout et qui - les lendemains de soirées - jouissait du pouvoir de raconter (ou pas) aux personnes avec lesquelles elle avait brillé de par sa sobriété et son maintient la veille. Emmagasiner de l'information sur les moments de faiblesse des autres et être l'œil lucide sur leur perte de contrôle était devenu - avec le temps - une passion, un métier, une vie : Procureur fédéral de l'état. S'il n'était pas tout à fait juste de dire qu'elle était l'épée de la Justice, il fallait au moins reconnaitre qu'elle était la main qui frappe, celle qui allait jusqu'à avoir le droit de mettre en jeu la vie ou la mort d'un accusé lors de ses procès. La lucidité, le savoir, le pouvoir, l'efficacité étaient ses alcools à elle, ses drogues à elle, sa danse à elle. A l'inverse d'une grande majorité de la plèbe présente en ses lieux, Diann trouvait son parfait épanouissement non pas dans l'oublie mais dans la pleine conscience des choses. Et ce cosmopolitan qu'elle sirotait tranquillement en détaillant silencieusement les clients qui vagabondaient de ci de là n'était qu'un accessoire à sa panoplie de " Martine en boite de nuit ".

Citation :
Martine n'allait pas en boîte de nuit. Persuadée que sa ferme était l'endroit le plus agréable du monde, elle évitait de troubler la perfection maniaque de son quotidien avec les cris assourdissants de personnages plus bruyants encore que ses vaches et pintades. Toutefois, apprenant que l'homme avec lequel elle voulait entrer en contact était, lui, un fervent fêtard, elle se drapa de ses habits de ville et se rendit dans le night club le plus convoité du moment. Bien informée quant à la nature de cet homme (que nous appellerons Martin pour les besoins de l'histoire) puisque favorisée par son emploi de procureur dans la recherche d'informations personnelles (fermière n'étant - en fait - qu'une couverture idiote pour faire vendre des histoires moralisatrices à des parents soucieux d'étriquer l'esprit de leur progéniture naïve et innocente), elle savait qu'il finirait par faire son apparition tôt où tard et se commanda un cocktail au nom sophistiqué pour faire comme tout le monde. En réalité, rien de ce qui se trouvait à l'intérieur de la boîte de nuit n'éveillait l'intérêt de notre brave Martine. Focalisée sur sa recherche de Martin, elle repoussa d'un sourire faussement désolé les avances d'un citadin aux 2 grammes 4 dans chaque bras et se redressa imperceptiblement lorsqu'elle cru reconnaitre le visage qu'elle attendait.

HJ : Martine à la plage, Martine à la pêche, Martine à la montagne ... J'ai carrément déraillé, excuse-moi XD
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mer 9 Fév 2011 - 0:38

Le monde de la nuit : ivresse et décadence, alcool, fumée nicotinienne, demoiselles aux robes aussi courtes que la vie d'un damné Kennedy, superficialité, paillettes, poudre... Un univers en somme délicieux et délicieusement attrayant pour un homme dont la passion première demeurait les charmes féminins et la débauche facile, depuis quelques déceptions idylliques. Toisant la jeune femme s'étant perchée à son bras comme un capitaliste à son paradis fiscal, Pride la jaugea brièvement d'une moue peu convaincue. La belle, élancée et tenant miraculeusement debout grâce à des talons vertigineux, avait pour elle la grâce aguicheuse de jambes longues et sveltes, vulgairement peu vêtues (euphémisme, sans doute était-elle une exhibitionniste refoulée ne souhaitant que s'habiller en parka), une silhouette de rêve, un déhanché ravageur... mais un visage à la beauté toute relative. Où étaient passés les canons de beauté, les vrais ? Ceux qui alliaient corps de Vénus et visage d'ange ? Cette demoiselle pendue à son bras, éclatant de rires stupides telle une dinde à qui on aurait donné gracieusement un couteau, avait un nez trop long, des yeux trop petits, une cervelle trop étroite. Tant pis, pensa alors le jeune homme peu scrupuleux, s'ils devaient en venir à la chambrée pour une partie de sport en salle sur les ressorts grinçants d'un matelas, alors penserait-il à une autre. Une plus belle encore, sans qu'il n'ait besoin de froncer les sourcils de mépris à la vue de son nez qui n'était pas à son goût. Un roc, un pic, un cap. Que dire, une péninsule ! « Tu n'as jamais pensé à la chirurgie esthétique ? » Première remarque. Virulente. Pas méchante, aux yeux du goujat : il l'aidait à se remettre en question. Toisant la demoiselle d'un regard inquisiteur, il observa ses traits qu'elle tenta de cacher par une main posée sur la protubérance de son museau. Gênée, la blondinette resta coï face à son jeune cavalier : après tout les dollars de son compte en banque avaient de quoi la rendre muette. Encaisser pour mieux débourser par la grâce de quelques billets offerts par leurs riches flirts de quelques soirs, tel était le triste quotidien des femmes vénales. Les Desperate Housewives pouvaient se rhabiller, Gabrielle la première. Soufflant alors un soupir las, conséquence directe de l'ennui que lui inspirait cette femme sans caractère alors qu'ils n'avaient pas même passé encore l'antre de la boîte de nuit, Pride se jura de se trouver une autre compagne une fois le Parkwest conquis. Voire deux ou trois ; cela dépendrait de son humeur du moment. Loto, à qui le tour.

Passons donc l'introduction du couple éphémère – par ailleurs Pride ne se souvenait même plus où il l'avait dénichée, celle-là, peut-être entre deux actes de Cyrano donnés au théâtre du coin – et revenons-en au monde de la nuit, fief du dénommé Berrington dont les excès aussi bien caractériels que quotidiens, en avaient fait la réputation. S'avançant vers le Royaume de débauche et de filles faciles, les vibrations d'une musique lourde se faisaient entendre déjà de l'extérieur. Quelque chose de rythmé, de bien trop fort, des ondes grisantes et vous prenant d'assaut ; c'était un groupe prisé de la très haute. Peut-être parce que le nom de la bande était en lui-même très high : 3HO3, 3!H0... Quelque chose avec des chiffres, des lettres, et une ponctuation. Alors le roi de la nuit passa les barrières du club prisé, accueilli par des armoires massives au nom de vigiles et se montrant monstrueusement polis à l'approche du patron du Soho's 1515. Lui, avait l'argent et en plus les filles dansaient pour son business. Eux, avaient trimé, trimaient et trimeraient toute leur vie, pour finalement gagner un salaire moyen, et une femme moyenne. Elle est pas dégueulasse la vie ? Acceptant les salutations polies, les grands sourires hypocrites, les poignées de main amicales (dont Pride ne reconnaissait pas la moitié de ces nouveaux amis enthousiastes), le jeune homme vêtu d'un costume griffé rehaussant son charisme envoûtant, put enfin atteindre le coeur du fief. Une piste de danse, quelques valets qui s'agitent au rythme des courtisanes (call girls ou prostituées, selon votre niveau poétique de langage), de la désinvolture, de l'insolence... Car il en fallait, pour daigner se trémousser ici, un verre à la main poudreuse, main qui bifurquait jusqu'aux narines respirant par à coups secs les traces de coke imprégnant encore les doigts gras de nicotine, quand dehors certains miséreux pleuraient encore les ravages de l'ouragan. Le regard mordoré de Pride se porta alors jusqu'à un coin VIP à l'autre bout de l'immense club ; comme à son accoutumée, il viendrait s'y asseoir. Comme à l'accoutumée, le propriétaire lui apporterait une bouteille de champagne gratuite dont le coût exorbitant ferait pâlir n'importe quel ouvrier suant corps et âme chaque jour pour nourrir sa famille et dont le salaire n'atteignait pas même le prix du quart de ces foutues bulles, comme à l'accoutumée, ledit propriétaire lui taperait la bise (à la frenchy, car c'est ainsi que fait la très haute à Paris) en lui assurant que son dernier show mis en scène par ses filles était bandant, et comme d'habitude, d'autres demoiselles viendraient le rejoindre. Pas forcément plus belles les unes que les autres, mais éventuellement se jouant concurrence au niveau du quotient intellectuel le plus bas. « Je te rejoins. » fit-il alors à sa demoiselle perchée, donnant un coup de tête vers le carré VIP. Explicitement, il la virait simplement de son champ de vision... Encore fallait-il que la dinde puisse lire en filigrane. Puis, d'un pas assuré et enfin libéré de l'emprise de la fausse beauté, Pride se dirigea au bar, prit place auprès d'une rousse charismatique qu'il remarqua à peine, trop plongé dans ses pensées – une brune ou une blonde pour ce soir ? Les deux peut-être ? Ou trois, si on compte les fausses blondes – commanda un Manhattan, et pria pour que la demoiselle qu'il avait accompagné, prenait vraiment en considération sa remarque concernant la chirurgie esthétique. Il se retourna ainsi et toisa la blonde assise au loin : oui, vraiment.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mer 9 Fév 2011 - 2:09

C'était bien lui ! Martin ! Plus connu sous le nom de Pride Sheridan Berrington (parce que, dans la vrai vie, il est assez rare que les gens n'aient pas de nom de famille. Sauf qu'évidemment, les auteurs de livres pour enfants préfèrent (et de loin) fumer des pétards en oubliant la moitié de leurs phrases et en imaginant des gamines mangeant des champignons pour grandir en parlant à des chats roses plutôt que de faire les choses bien, toutes en cohérence et en vraisemblance). L'oiseau rare venait de faire son entrée au bras d'une bimbo dont la chevelure peroxydée semblait briller sous la lumière noire de la boîte au même titre que les t-shirt blancs de certains danseurs. Impressionnée par cet effet de style qui avait du (misons sur l'éventualité que la faute de goût ait été volontaire ...) prendre des heures de massacre avant d'en arriver à un rendu aussi poignant, Diann arqua un sourcil pour finir par ne plus accorder d'attention qu'à l'objet de ses désirs. Maintient impeccable, indifférence de rigueur, convergence des regards cupides et intéressés dans sa direction, aucun doute à avoir sur l'identité du jeune homme. Il était forcément le Pride dont on lui avait parlé, celui à propos duquel elle avait lu des pages et des pages de rapports d'enquêtes et, accessoirement parlant, celui aussi pour lequel elle avait fait le déplacement en personne, elle qui avait pourtant l'habitude de se considérer comme la Rome vers laquelle tous se devaient de converger par soucis de temps (le siens étant, à ses yeux, toujours bien plus précieux que celui des autres, cela va de soi).

Debout, à équidistance du carré VIP au sein duquel il comptait visiblement prendre ses quartiers sous peu et du bar où elle-même se trouvait, Berrington lui parut un tantinet blasé, comme si le 90 C de sa comparse sur lequel louchaient tous les mâles à l'entour n'avait selon lui pas plus d'intérêt qu'un plat de brocolis face à un enfant de 4 ans ... S'étant attendue à ce qu'il lui faille intercepter la cible durant le seul instant où il se trouverait seul (en effet, il était bien question de le suivre jusqu'aux toilettes mon cher Watson, en émettant toutefois la réserve qu'il ait pu ne pas s'y rendre seul ...), McGonoway accueillit avec un enchantement intérieur papillonnant le fait de le voir délaisser sa blondasse pour mieux venir la rejoindre au bar (avouez qu'un comptoir en guise de point de discussion était " ça " plus alléchant qu'un urinoir).

A son aise, détendue au possible, elle l'écouta passer commande sans pour autant changer de position, attendant plutôt qu'il se retourne et fasse de nouveau face à la piste pour engager la conversation :

« Remerciez le ciel qu'elle ne soit pas susceptible, d'autre vous aurez giflé pour moins que ce regard dépité que vous lui lancez ... » Commença-t-elle de profil pour attirer son attention, le yeux rivés dans la même direction que lui. Puis, pivotant sur son tabouret, elle enchaina : « A moins que son amour propre n'ait en réalité été étouffé par son désir de s'afficher à votre bras, Pride. Diann McGonoway, enchantée. »

Levant son verre en souriant, elle n'hésita pas à l'inviter à trinquer, assez peu regardante sur les eusses et coutumes qui voulaient qu'en général ce ne soit pas la femme qui fasse le premier pas puisque, de toute façon, rien de ce qu'elle était venu lui dire ce soir n'entrerait dans le cadre du conventionnel et du politiquement correct.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mer 9 Fév 2011 - 13:35

Une voix féminine s'éleva alors qu'il daigna se retourner, non sans avoir observé avec un certain mépris cette demoiselle aux longues jambes mais au visage intrigant, de part une incompatibilité de beauté entre le botox de ses lèvres rehaussant la protubérance de son nez, et son corps aux courbes généreuses affamant la grande majorité de ces messieurs. Cette voix, posée et assurée, ne pouvait qu'appartenir à une femme d'âge mûr ; son timbre s'imprégnait d'une certaine maturité affirmée, aucune intonation ne laissait paraître un quelconque jeu de flirt si propre aux minettes abandonnées. Toisant alors d'un coup d'oeil inquisiteur la rouquine osant remettre son comportement en question (en espérant qu'il n'était pas tombé sur une de ces féministes prônant avec excès voire ridicule, le droit de ses comparses, là où il existait déjà), le visage sombre de Pride vint s'assombrir un peu plus par la remarque de l'inconnue. Déjà que sa blonde ne correspondait pas à ses attentes, si en plus une rouquine quarantenaire se mêlait de ses affaires dans l'espoir de combler un quelconque élan de maternité, autant rentrer directement chez lui, dans sa baraque à peine retapée. Tournant ses yeux fauves droit devant lui, le jeune homme arbora une mine lasse et insolente, de celles que les minettes qualifiaient de ''ténébreuse''. Soyez inconvenant, révoltant, ignoble, secret, brun (très importante, la touche noirâtre) et vous obtiendrez le prix du jeune homme cabalistique le plus excitant. Les normes de la société sont impénétrables ; la preuve en était l'attitude de Pride qui s'évertuait encore à se demander s'il devait jeter ou non cette blonde restée seule dans son carré VIP : jolies jambes ou visage laid... Pouvait-il faire des concessions ? Non, finit-il par penser, alors déterminé à s'en trouver une autre. Un soupir bref s'échappa de ses lèvres blêmes alors qu'il se saisit du verre qu'on lui apporta aussitôt, visiblement blasé d'avance de sa soirée. Jusqu'à ce que les dires de sa mystérieuse interlocutrice ne vienne éveiller ses soupçons. « A moins que son amour propre n'ait en réalité été étouffé par son désir de s'afficher à votre bras, Pride. Diann McGonoway, enchantée. » McGonoway, de la branche des investisseurs ? Diann demeurant alors la valeur ajoutée au patronyme, quelques souvenirs lui revinrent en mémoire : ainsi fronça-t-il les sourcils, plus aux aguets, plus suspicieux, plus intéressé finalement par cette femme qu'il n'avait pas pris en considération jusque là. Plus encore, elle connaissait son prénom ; s'il n'était pas inconnu au bataillon des richissimes exaspérants, Berrington n'était pas non plus une figure de proue au même titre qu'une star hollywoodienne. Quelle tristesse par ailleurs, lui qui enfant aurait aimé devenir le futur James Dean. Qu'à cela ne tienne, il ne voulait pas mourir en porsche comme la fameuse idole de toutes façons ; lui, voulait crever avec son Aston, c'était bien moins cliché. C'est alors que quelques dires de ses connaissances louches (autant dire mafieuses, cela sera plus rapide), frappèrent à son esprit : Pride se remémorait d'une conversation ciblée sur la corruption des juristes, jusqu'à ce que le nom de Diann McGonoway ne tombe sur la table. Procureur fédéral fraîchement arrivé à Miami, brillante, intraitable, intransigeante, intouchable. Sentant alors le vent tourner quant à sa pseudo immunité judiciaire, Pride se redressa avec arrogance et arbora un sourire appuyé et vil : l'escroc face à la figure de la justice, accoudés à un bar, souriant l'un envers l'autre et trinquant à... trinquant à quoi ? « J'aimerais pouvoir dire que l'enchantement est réciproque, laissez-moi en douter encore un peu. J'offre ma tournée, paraît-il que les employés de la justice fonctionnent par échanges de bons procédés. » Provoquant, mais bien conscient de la pénibilité de la situation qui pouvait à tout moment échapper à son contrôle, le jeune homme adapta un comportement en conséquence : séditieux mais perspicace quant aux revers dérangeants s'il venait à titiller un peu trop Mme la Procureur. Persuadé pourtant que son immunité était immuable, Mr le mafioso ne daigna pas frémir sous le glas personnifié de la justice : c'était là le paroxysme de l'insolence agaçante. Portant son verre à ses lèvres, Pride se rendait néanmoins méfiant quant à son interlocutrice ; si McGonoway connaissait son nom, il y avait fort à parier que quelque chose de plus défiant qu'une simple présentation pseudo détachée se tramait derrière ses grands sourires. « Pardonnez-moi d'être aussi direct, je sais que le puritanisme américain fait qu'on ne s'adresse pas à un procureur de la sorte, qu'il soit accoudé à un bar, en proie à une solitude noyée dans un cocktail ou non... » Première approche : lui faire comprendre à son tour qu'il avait cerné ce qu'elle était vraiment. Ou presque. La partie risquait de se faire sur une pente glissante. « Mais je doute que vous connaissiez tous les noms de ceux qui ont osé foulé le sol de la cour de justice du coin. A moins que mes exploits héroïques de braquage de banque n'aient marqué votre esprit. » Foutage de gueule ? Pas vraiment. Admettons seulement que Pride abordait la chose avec cynisme afin de savoir exactement pourquoi et comment cette femme le connaissait, et jusqu'à quel point. Le jeune homme se doutait bien que dévaliser un coffre-fort, même sans avoir recours à la violence, n'était pas assez original pour qu'un procureur ne se souvienne de vous... Quelques autres attitudes malhonnêtes à se reprocher, Mr Berrington ? Si peu.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Jeu 10 Fév 2011 - 5:06

Pivot, froncement de sourcils, regard suspicieux. Diann devinait sans mal les rouages de son esprits qui cliquetaient allégrement à la recherche du rapprochement à faire entre le nom sous lequel elle venait de se présenter et le titre de sa fonction qu'elle lui avait laissé le soin de découvrir tout seul, comme le grand garçon qu'elle savait qu'il était. Sans prétention aucune, elle avait l'intime conviction qu'il la connaissait, ne serait-ce que de nom (et même sûrement " que " de nom, car s'il l'avait reconnue physiquement, peut-être aurait-il eut l'idée pertinente de ne pas la choisir pour voisine de comptoir). Après tout, le classement comparatif annuel des médias en terme d'efficacité judiciaire et de dureté des jugements n'avait pas manqué de la citer dans la liste des 10 procureurs les plus incisifs du pays et de faire état de sa capacité quasi irréaliste à faire tomber les têtes les unes après les autres, sans différence de statu, qu'il s'agisse de grands méchants loups ou de délinquant sans grande envergure. Vantée ou blâmée, là n'était pas la question. On gardait surtout à l'esprit que c'était son intransigeance et sa redoutable efficacité qui faisait d'elle un procureur auquel les avocats de la défense faisaient tout leur possible pour ne pas avoir à se confronter. Aussi lui semblait-il tout à fait normal qu'un homme aux antécédents mafieux et dont elle savait de sources sûres que les acquittements s'étaient fait sous l'influence de pots de vins et non pas par preuve de non-culpabilité connaisse son nom et ses propres antécédents professionnels car elle était la menace latente qui planait au-dessus de lui et de chacun de ses semblables. Mafieux, hors-la-loi, criminels, escrocs : une armée d'adversaires dont chaque tête qui tombait était une marche de plus pour la mener au sommet du pouvoir, de la gloire et de la reconnaissance (vanité, quand tu nous tiens). Autant dire que cette danse des canards était susceptible à tout moment de virer aux dents de la mer car marcher sur les cadavres pour atteindre le sommet de la colline n'avait jamais été un problème aux yeux de Diann qui - comme bon nombre de ses compères d'ailleurs - gardait sous le coude l'excuse bien trouvée qui consistait à dire que les cadavres de criminels ne méritaient pas mieux que de servir de paillasson aux pieds des justes. Ceci étant dit - et c'est en ça qu'elle se différenciait de ses collègues - McGonoway savait tourner chaque situation à son avantage et faire acte de moralité seulement quand cela l'arrangeait bien, autrement dit " pas tout le temps ". C'est pourquoi elle ne put que rire avec entendement à la remarque somme toute pertinente de Berrington sur les échanges de bons procédés. Brave petit, s'il savait ...

« Pardonnez-moi d'être aussi direct, je sais que le puritanisme américain fait qu'on ne s'adresse pas à un procureur de la sorte, qu'il soit accoudé à un bar, en proie à une solitude noyée dans un cocktail ou non ... mais je doute que vous connaissiez tous les noms de ceux qui ont osé foulé le sol de la cour de justice du coin. A moins que mes exploits héroïques de braquage de banque n'aient marqué votre esprit. » Résistant à l'envie de lui rendre son sarcasme en lui répondant que ce n'était pas tant ses exploits en terme de braquage qui lui avait valu de retenir son attention mais peut-être bien la façon dont lui-même semblait " noyer " sa solitude dans la blondeur peroxydée de créatures au charme discutable, Diann se contenta de le gratifier d'un sourire hypocrite au possible. Laissant volontairement le silence s'installer pour mieux rebondir et donner plus de poids à ses propos comme à chaque fois qu'elle voulait s'assurer d'être comprise bien comme il faut, elle enchaina : « Pour être tout à fait précise, je reformulerai en disant que ce ne sont pas tant vos exploits en terme de violation de la loi qui ont attiré mon attention, mais plutôt ceux vous ayant permis de ne pas payer pour les crimes commis ... »

Tu sens l'air frais Pride ? Non, ne soupçonne pas la climatisation, c'est bel et bien le relent putride de la liberté moribonde qui vient te narguer d'outre-tombe. Sens la mauvaise odeur, devine la décomposition et sois gentil avec la dame, car chacune des dents de son sourire bienséant te crie qu'elle sait pour la mafia, pour les pressions, pour les magouilles jusqu'alors tenues secrètes par l'armée de juges qu'elle n'a pas hésité à aller malmener elle-même afin de leur tirer les vers du nez et, pis que tout, qu'elle a des preuves de ce qu'elle sous-entend.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Dim 13 Fév 2011 - 21:01

Le silence ; habituellement la meilleure arme de Pride afin de sublimer le poison de ses mots tranchants, mais en l'occurrence ce soir il le rendait impatient. Car son interlocutrice peu bavarde ponctua leur échange de quelques instants muets, laissant l'indifférent arrogant à son verre. Non, pas indifférent... Insolent, téméraire sans doute, ne jaugeant pas le danger qui se jouait sous ses yeux probablement. Car le jeune homme se pensant intouchable, n'était pas suspendu aux lèvres du procureur : certes cette femme avait du charme. Une présence certaine, un charisme poignant, quelque chose de rigide et de coulant à la fois : ce n'était pas pour rien, qu'on la qualifiait de brillante dans son travail au vu du reflet de pilier de la justice qu'elle renvoyait. Mais qu'importait que la reine des tribunaux ait fait tomber des têtes, elle ne ferait pas tomber la sienne. Non, il en était certain : car le mafioso avait ses sources, ses ressources même, violentes ou pourvues de gros billets... Cette femme ne pouvait pas le défaire, pas lui, pas par elle. Imaginons les gros titres dans un futur proche : « Le procureur McGonoway répare une faille de la justice et renvoie l'escroc Berrington en prison. » Pas question, c'était tellement... banal. A s'en retourner l'estomac par la fadeur d'une telle fin, vraiment. Pourtant agacé par sa présence, certes arrogant mais sentant l'intruse comme lui faisant un peu trop d'ombre, Pride n'aspirait plus qu'à mettre fin à cette discussion. Aussi attendait-il qu'elle ne réponde, avant de la saluer galamment afin de rejoindre sa 'jolie' blonde. « Pour être tout à fait précise, je reformulerai en disant que ce ne sont pas tant vos exploits en terme de violation de la loi qui ont attiré mon attention, mais plutôt ceux vous ayant permis de ne pas payer pour les crimes commis ... » Changement de plan indéniable ; lentement, Pride releva son regard fauve et menaçant sur cette femme qui enfin portait sur elle le parfum du danger, mais pas seulement... Des effluves amères également, celles lui scandant la fin de sa liberté. Aussi le jeune homme menacé vint faire ce que tout chef de meute se devait de faire : il montra les crocs. Ou plutôt, concrètement parlant, assombrit son regard et devint agressif par la froideur polaire de sa voix tranchante. C'était en attaquant, que Pride se protégeait : gageons qu'il y mettrait les moyens... « Vous me semblez au courant de bien des choses, je ne pense pas que la coïncidence de notre rencontre ait beaucoup à voir là-dedans. Le procureur fédéral ferait-il preuve de harcèlement moral ? » La voix suave du jeune homme grinçait d'un poison mauvais et virulent, les feux même de ses yeux ambrés brûlaient d'une ardeur véritable : celle de l'abattre avant que cette conversation n'aille trop loin. Finalement, osant un sourire en coin dans toute sa provocation mal placée et surtout malvenue au vu de sa position délicate, Pride décidait pourtant de jouer avec ironie la carte de la justice. Réunissant en effet toutes les pièces du puzzle, son esprit vif avait enfin compris que McGonoway ne se trouvait pas ici par hasard. Brillante, c'était vrai. Mais était-elle assez habile pour esquiver les balles de plomb fondues dans ses répliques grinçantes ?

Se redressant alors, Pride effaça son sourire pour une mine se voulant plus menaçante... dissimulant en vérité ses ressentis inquiets. Conscient de l'inconstance de sa position, Berrington ne parvenait pourtant pas à se montrer conciliant : la sagesse aurait voulu qu'il ne détourne les yeux, se taise et ne lui demande quelques compromis. Son instinct de survie, celui qui le faisait s'accrocher avec tant de fougue à sa liberté et son indépendance tant chéries, l'amenait à attaquer pour mieux faire saigner. Inconsciente attitude, révélatrice du caractère combattif, fougueux et sauvage du jeune inconstant... Oui Pride était perdu, angoissé face à ce procureur lui soufflant en filigrane qu'il était en train de perdre sa liberté. Sans elle, il viendrait à s'asphyxier. Plutôt crever que de rejoindre encore l'humidité des cellules. Plutôt la crever elle, surtout... C'est ainsi que, épris de sa liberté, le jeune homme se battait par des paroles insolentes et provocatrices. Que la fougueuse jeunesse est déraisonnable et démente. « J'espère que ma seule présence à vos côtés vous nargue, et que vous crevez d'envie de me jeter dans une de vos prisons. Rêvez-en cette nuit, car je suis intouchable. » fit le présomptueux toujours avide de se débattre, vindicatif et enfiellé. « Mettez-moi devant vos juges, ils plieront tous devant les menaces ou les pots de vin. La justice est criminelle, vous savez. Tout s'achète. Par le fric ou par la peur, c'est une question de goût. » Léger sourire carnassier et haïssable. « Et vous ne faites pas justice toute seule. » Ainsi acheva-t-il son laïus, portant sur lui les effluves combattifs pour sa liberté... Preuve que cette femme avait en vérité gagné l'estime d'un Pride terriblement aux aguets, sans quoi il lui aurait simplement rit au nez, plutôt que de sortir ainsi les crocs.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mer 16 Fév 2011 - 1:59

« Vous me semblez au courant de bien des choses, je ne pense pas que la coïncidence de notre rencontre ait beaucoup à voir là-dedans. Le procureur fédéral ferait-il preuve de harcèlement moral ? »

S'il avait été possible de traduire par un son l'état d'esprit de Diann, le roucoulement de la perdrix en période d'ovulation aurait certainement été celui le plus approprié. Enchantée, voilà le topo ; il n'y avait pas d'autre mot pour définir le miel qui coulait derrière sa façade polie et bienséante, exaspérante presque, puisqu'on attendait certainement d'elle que les coins de son sourire confiant s'affaissent sous les propos acides de son interlocuteur. Au lieu de ça, c'est un haussement de sourcil peu impressionné qui fit guise de réponse silencieuse. A ses yeux, rudesse et regards noirs étaient autant de preuves que l'attention de son comparse se focalisait de plus en plus sur elle et c'était en définitive tout ce qui comptait pour que la suite des évènements suive la ligne directrice qu'elle s'était mentalement fixé. Droite, cadrée, préméditée, si - de prime abord - cette conversation n'avait aucun air de symphonie parfaitement menée, McGonoway ne doutait pas d'arriver au but qu'elle s'était donné en décidant de forcer le destin et de rencontrer Pride contre le gré de ce dernier. Qu'importe les détours et contournements à faire et à refaire afin de le piquer assez à vif pour qu'il la prenne au sérieux, le but ici n'était pas tant de le défaire de sa légendaire arrogance que de lui faire comprendre qu'elle seule ne suffirait pas à le sauver dans le cas où elle - Diann - se mettrait en tête de pousser le premier domino de la longue chaine de causes à effets qui risquaient fort - voir même assurément - de faire s'écrouler son monde d'illusion de pouvoir, d'argent sale et de semblant de suprématie.

D'un calme olympien, elle continua de siroter son cocktail en prêtant l'oreille au discours enflammé que Berrington lui tint au sujet de l'intouchabilité, le tout sur un ton toujours plus rude mais au travers duquel elle ne manqua pas de déceler les trémolos subtiles et quasi indétectables de ce qu'elle se plaisait à définir comme étant une tentative d'auto-persuasion. Qui pensait-il convaincre au juste ? Elle ? Ce qu'il pouvait être naïf. Naïf ou bête. Naïf parce qu'il fallait forcément l'être pour avoir la prétention de se croire capable d'échapper aux griffes de la mère supérieure qu'elle représentait au sein de l'état mais aussi - et surtout - parce que les fondements mêmes de ce qu'il pensait être une sorte d'immunité diplomatique n'étaient en réalité pas si solides que ça et, ça, Diann en savait quelque chose pour avoir été plus d'une fois celle qui donnait le coup de pied dans la fourmilière en faisant s'effondrer les structures d'apparences les plus solides. Bête, parce qu'il fallait l'être pour ne pas avoir encore saisi que son calme inattaquable ne pouvait signifier qu'une chose : oh que si, elle pouvait faire justice toute seule et ce malgré les apparences qu'elle prenait un malin plaisir à entretenir pour qu'on ne la soupçonne en aucun cas d'avoir ce pouvoir scandaleusement dangereux une fois placé entre de mauvaises mains. Être l'avocat et le juge à la fois, le tout au nez et à la barbe d'une société aveuglée par un besoin de sentiment de sécurité si puissant qu'elle n'aurait jamais voulu croire qu'on puisse la berner de la sorte, c'était là la force qui faisait la différence entre le sourire de Diann et le regard mauvais de Pride. Son immoralité - contrairement à celle du mafieux - avait l'avantage d'être enrobée de sucre, et quel sucre ! Le plus propice à inspirer la confiance qui soit : celui la justice.

Terminant son verre avec une nonchalance calculée, elle prit le temps de se recoiffer avant de lui répondre, déduisant sans peine que ce genre d'attitude snobinarde ne devaient pas souvent lui être réservée et qu'il s'en irriterait peut-être. Enfin, se redressant pour descendre de son tabouret, elle se planta devant lui sans hésiter à jouer la carte de la franchise dérangeante :

« Ce qui fait votre force fait aussi votre faiblesse Pride. Buté comme un âne dans vos convictions que vous pensez être inébranlables, vous n'ouvrez pas les yeux sur la réalité des choses et manquez des occasions de vous taire. Mais qu'importe, je n'en attendais pas moins de vous. » Récita-t-elle sans la moindre once d'agressivité dans la voix tout en laissant à son regard le soin de détailler le bar et les clients alentours pour jauger de la sureté de l'endroit afin de s'assurer qu'aucune oreille autre que celle de son interlocuteur ne puisse saisir la suite du discours qu'elle avait en tête. Jugeant que la qualité du parasitage n'était de toute évidence pas assez optimale à son goût, Diann enchaina : « Vous n'êtes ni intouchable, ni irremplaçable Berrington. Vous êtes un pion, un pantin, un représentant. Une image et rien de plus. Vous êtes ce que vos supérieurs attendent de vous et grand bien vous fasse que ce rôle vous plaise. Seulement, sachez que toute place des hautes sphères - qu'elles soient légales ou non - est munie d'un siège éjectable et que vous seriez bien sot d'imaginer que la votre vous est attitrée à vie. J'ai vu défiler bon nombre de Pride avant vous et j'en verrai défiler beaucoup d'autres le jour où vos pères décideront que vous ne faites plus l'affaire ou que vous ne valait plus la peine qu'on vous vienne en aide. Soyez arrogant, vous êtes mignon quand la conviction d'avoir la science infuse vous habite, mais ne soyez pas idiot pour autant. Vous comme moi savons que vous êtes capable de bien mieux. D'ailleurs ... » Nouveau coup d'œil alentour. « Raccompagnez-moi à ma voiture et je vous révélerai comment remédier à ce statu de jeune premier qui n'a rien d'indispensable. Croyez-en mon expérience, on gagne plus à laisser sa chance à quelqu'un de nous apprendre quelque chose qu'à dédaigner une offre sans en prendre connaissance et de s'en mordre les doigts par la suite ... » Lourd de sous-entendus, le regard de Diann s'encra dans celui du jeune homme comme pour lui faire comprendre qu'ils jouaient à pile ou face et qu'il avait beaucoup plus de chance de gagner en la suivant qu'en se drapant d'un orgueil qui - de toute façon - ne lui tiendrait pas chaud longtemps.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mer 16 Fév 2011 - 10:27

« Vous n'êtes ni intouchable, ni irremplaçable Berrington. Vous êtes un pion, un pantin, un représentant. Une image et rien de plus. » Que de bien vilains mots de la part de la justicière, elle qui pour le moins était aussi éphémère que tout le monde, avait cette stupide faculté de cracher des vérités qu'elle estimait blessantes tout en se pensant à part. Du moins au vu de son sourire certain et raffiné ; la poule se prenait-elle pour un cygne ? Car la jolie rouquine, parlait en non conséquence de cause, voilà pourquoi ses dires ne touchèrent pas Berrington. Et pourtant, l'arrogant jeune homme était connu pour sa susceptibilité, pourquoi donc la bave du crapaud n'atteignait-il pas la blanche – la couleur étant relative, voyez les daltoniens – colombe. Simplement parce que le brun ténébreux avait été embarqué dans ces affaires mafieuses malgré lui : porter la violence en étendard et le sang sur les mains, lui avait été exigé contre sa liberté. C'était pour elle que Pride avait rejoint leurs rangs, à en frôler la dépression lors de ses premiers mois sur les bancs des mafieux. Rembruni et virulent, le jeune homme avait à l'époque troqué un palpitant amoureux pour une mexicaine, contre l'illégalité immorale, et de ce fait assurait mal cette nouvelle propulsion vers les hautes sphères d'Al Pacino. Oh certes il gagnait bien plus d'argent, renforçait son réseau et son influence, il aurait été un mensonge d'affirmer qu'il n'aimait ni cette adrénaline, ni cette violence terriblement exutoire. Ce qu'il détestait, c'était de sentir ces chaînes s'enrouler autour de ses poignets depuis qu'il avait signé ce contrat : en vérité Pride n'avait pas troqué des services contre sa liberté, il avait échangé une captivité contre une autre. Seulement celle-là n'avait pas de barreaux, et possédait cet âcre goût de sang. Plutôt jouissif aussi... Alors l'arrogant sourit à la présomptueuse, tous deux d'apparence véritablement charmante alors qu'ils se crachaient du venin à la figure. Et quand bien même Pride ne se sentait guère visé par un siège éjectable – puisse-t-il en avoir un pour lui au contraire, tant qu'il ne passe pas par la guillotine. Ce qui était du domaine du rêve puisqu'il était impossible de sortir de la mafia sans en avoir la carotide tranchée – , il subsistait ce doute d'aller en prison. Mais puisque Madame La Toute Puissante affirmait pouvoir faire justice seule – mais depuis le temps qu'on vous affirme que les Etats-Unis sont des tyrans, même envers leurs propres missionnaires – autant lui prêter un minimum de considération. Vraiment un minimum. Puisque le respect n'était pas réciproque, pourquoi s'embêter à rester un tant soit peu gentleman. Ainsi Pride laissa un soupir blasé s'échapper de ses lèvres, son regard insolent se reportant droit devant lui. Immature, vous avez dit ? Et alors, c'est pas un scoop.

« Raccompagnez-moi à ma voiture et je vous révélerai comment remédier à ce statu de jeune premier qui n'a rien d'indispensable. Croyez-en mon expérience, on gagne plus à laisser sa chance à quelqu'un de nous apprendre quelque chose qu'à dédaigner une offre sans en prendre connaissance et de s'en mordre les doigts par la suite ... » Le jeune homme amusé – oui, ou presque – se redressa, foulant le sol après avoir daigné s'être levé de son siège, voilà qu'il se tenait debout, le dos droit et le bras offert à la dame. « Vous mentez. Vous n'avez jamais rencontré d'autres Pride auparavant. » fit-il avec certitude. D'abord parce qu'il n'adulait pas son job (oh du moins, pas temps qu'il n'avait pas fait tomber la tête de son supérieur. Projet ambitieux mais qui bien sûr traversait régulièrement l'esprit du jeune homme arriviste), ensuite parce que lui-même ne s'était jamais confronté à un quelconque jumeau maléfique, enfin parce qu'il était unique. Point. Et comble de l'ironie, le bellâtre avait raison. Raccompagnant alors Madame la justicière hors de ces lieux sous le regard affolé de la blonde aux abois, Pride gagna bien sûr en méfiance mais demeura d'apparence flegmatique. « Bien. Quel type de contrat vous me proposez ? » fit-il enfin, toisant la jeune femme d'une oeillade farouche, à l'affût du moindre détail visible quant à la suite de l'épopée.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Dim 20 Fév 2011 - 4:06

« Vous mentez. Vous n'avez jamais rencontré d'autres Pride auparavant. » Avec un sourire qui n'avait plus rien d'hypocrite cette fois, Diann attrapa le bras que lui tendait Berrington tout en se félicitant d'avoir pris la peine de faire le déplacement en personne. A bien y réfléchir, cette arrogance et cette confiance en lui qu'elle avait fait semblant de lui reprocher un peu plus tôt relevaient plus des traits de caractère qu'elle savait apprécier chez d'éventuels collaborateurs que de manies qu'elle aurait pu considérer comme des tares. Quoiqu'on en dise et quoique son discours menaçant destiné à éveiller l'attention du jeune homme ait pu laisser sous-entendre, elle n'aurait pas pris la peine de lui proposer de la raccompagner s'il s'était laissé impressionner. Ce soir, elle était venue chercher un homme fort, quelqu'un capable de répondre à ses attentes et dont elle pourrait être sûre qu'à l'avenir il ne se laisserait pas intimider par une éventuelle autre Diann qu'elle-même. La moindre faiblesse autre que celle de l'angoisse (légitime lorsqu'un procureur vient vous narguer jusque dans l'un de vos antres ...) aurait suffit à ce qu'il perde tout intérêt aux yeux de McGonoway qui avait pour habitude de ne pas s'encombrer d'éléments insatisfaisants, que ce fut dans son équipe professionnelle ou - comme ici - dans ses manœuvres à caractère privé. Or la première vague de tests venait d'être passée avec succès et c'est donc d'un pas aérien qu'elle suivit Pride jusqu'à l'extérieur du night club tout en lui laissant le soin de fendre la foule pour lui épargner les bousculades et autres rapprochements trop intimes qu'elle refusait de la part d'inconnus à moitié - voir totalement en fonction des cas - saouls.

Une fois dehors, c'est elle qui fit office de guide pour ouvrir le chemin jusqu'à l'endroit où sa berline attendait bien sagement que sa " da-dame " (à prononcer sur le même air qu'utilise une mamie gâteuse pour faire des papouilles à son " chien-chien ") daigne en déverrouiller la fermeture centralisée. Ceci fait, Diann prit le soin de ranger sac et blouson sur le siège passager avant de ressortir de l'habitacle et de s'adosser à la portière conducteur laissée entre-ouverte. Seuls, il leur était beaucoup plus aisé de parler du sujet qu'elle tenait absolument à aborder ce soir : « Un échange de bon procédés, voilà ce que je vous propose. Il y a, en effet, un moyen imparable pour passer du statu de remplaçable à celui d'irremplaçable, Pride : le pouvoir. En prenant les devants et en ne vous contentant pas des devoirs et du pouvoir que vous inflige et vous offre le rang au sein de l'organisation à laquelle vous appartenez, vous passerez du statut de représentant somme toute talentueux et persuasif à celui de leader indétrônable. Je devine aisément vos ambitions, sachez que moi-même je n'en manque pas non plus et qu'à forces égales dans nos domaines respectifs nous pourrions faire de grandes choses, aussi profitables à l'un qu'à l'autre. Mais, pour ce faire, il faudra que vous me donniez ce que je vous demande sans jamais chercher à me rouler dans la farine, car sachez bien que si vous avez le bras long, le miens n'en est pas plus court pour autant. La preuve ? Je me propose d'anéantir toute forme de concurrence qui pourrait vous nuire. Absolument toute. Vous me donnez les noms et les preuves, je me charge de faire tomber les coupables. » Expliqua-t-elle les bras croisés sur sa poitrine pour se protéger du froid. « Vous gardez les mains propres, la guerre est légale, personne ne vous harcèle plus et ne tente plus de vous coincer, vous n'avez plus de préoccupation judiciaire, je m'occupe de votre cas. Par ailleurs, je m'engage à n'offrir cette fleur qu'à vous, ce qui vous confère un pouvoir que même vos supérieurs n'ont pas. Le deale ? Vous êtes présent et redevable lorsque j'ai besoin de vous, que ce soit en terme de force de frappe ou de mise en relation. » Temps de pause, regard pénétrant. « Je peux, d'un simple claquement de doigts, combler de manière pertinente et avantageuse les trous dans les dossiers d'instructions qui prouvent les pots de vins et autres pressions vous ayant permis de passer à travers les mailles du filet et - même si je sais que vous méprisez la justice - sachez qu'on gagne toujours à ce qu'elle nous prenne pour l'agneau innocent. »

Et que dire du sourire on ne peut plus innocent qu'elle lui servit de surcroit, comme pour illustrer ces mots :

Shakespeare a écrit:
Je drape la vile nudité de ma scélératesse sous quelques vieux haillons volés à l'évangile et passe pour saint à l'heure où je fais le diable.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Mar 22 Fév 2011 - 20:37

Et tandis que la rouquine ambitieuse s'affairait dans sa voiture, le mafioso en manque de nicotine dégaina un paquet de cigarettes afin d'en placer une au coin de ses lèvres. Dix ans de pratique, une dépendance accrue, et toujours pas de cancer des poumons en vue... du moins pour l'instant, et il était à parier que le vice de Berrington pouvait aller jusqu'à soudoyer un médecin pour qu'il se taise sur ce sujet suite à une radio, et ne lui affirme qu'il se portait bien. D'une attitude paraissant insouciante au vu de son geste flegmatique porté de ses doigts à ses lèvres, dans une course machinale de l'appel de la nicotine jusqu'aux bronches, le regard observateur de Pride ne s'en fit pas moins ombrageux et s'était ainsi porté à l'affût du moindre détail. Sait-on jamais si Madame la Procureur tentait de l'attraper dans ses filets, par un piège vulgaire où à l'instant même ou un 'c'est entendu' s'était échappé des lèvres de Pride suite à un contrat douteux, il se serait vu assailli par les flics, lui criant avec virulence qu'il était arrêté pour corruption tout en lui scandant le droit de garder le silence. Et face à des fonctionnaires zombifiés suspendus nerveusement à leurs tasers bien aimés, mieux ne valait effectivement pas engager la conversation : il était plus intéressant de s'adresser à un mur, voire un arbre qui eux avaient la sagesse de ne pas déblatérer d'âneries. Néanmoins sûr de lui (bien trop sûr, pour ne pas changer), Pride reposa l'ambre de ses yeux pénétrants sur McGonoway qui s'était alors redressée dans la rudesse du froid nocturne. Ce fut avec attention mais d'une apparence sereine qu'il écoutait les dires de la rivale jouant du côté lumineux de la force, retenant quelques termes forts tels que pouvoir, indétrônable, ou encore profitable. Que de belles paroles lui promettant monts et merveilles ; semblables à un vendeur de souk vous négociant du cuivre en vous affirmant qu'il s'agissait bien d'or, ou pire encore, à un démarcheur d'assurance vie. Se cachait-il quelques manigances obscures derrière ces promesses honorables ? Cependant, le regard mordoré de Pride vint luire d'une étincelle vivement intéressée sur les dernières répliques de celle qui, peut-être, deviendrait sa nouvelle 'meilleure amie'. « La preuve ? Je me propose d'anéantir toute forme de concurrence qui pourrait vous nuire. Absolument toute. Vous me donnez les noms et les preuves, je me charge de faire tomber les coupables. » Un sourire en coin vint étirer ses lèvres carmins, quand noyé dans un nuage de fumée, Pride analysa avec bien plus de sérieux la demande. Il attendait néanmoins de savoir quels services il se devait de lui rendre, en retour de telles promesses alléchantes. « ...vous n'avez plus de préoccupation judiciaire, je m'occupe de votre cas.  » Voilà qui devenait plus intéressant encore : il pouvait livrer toute concurrence même si les délits étaient minimes, se voyait revêtir d'une immunité judiciaire, et en plus passait un pacte avec la procureur qui la scellait sous silence elle aussi. La Terre promise des délinquants s'offrait à lui, et s'il n'était pas rare que la mafia ne s'associe à la CIA, cette fois Pride Berrington s'assurait une couverture certaine par la main qui se disait aveugle, de la justice. « Le deale ? Vous êtes présent et redevable lorsque j'ai besoin de vous, que ce soit en terme de force de frappe ou de mise en relation. » Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête, preuve que le marchandage lui paraissait de bonne grâce. Et quand enfin McGonoway paracheva son laïus en lui promettant de faire sauter tous les défauts de son dossier entreposé quelque part dans la cour de justice, il put enfin analyser l'ensemble de la situation. Pride était assuré que la procureur ne pouvait dès lors plus le vendre, une fois qu'elle aurait falsifié les dossiers du mafioso : ainsi s'assurait-il tacitement qu'il n'y aurait pas trahison. Les bénéfices étaient plus qu'appréciables, et enfin Berrington pouvait s'assurer d'une montée en puissance de leur famille mafieuse, sans craindre de représailles, et tout en tentant une ascension vers le pouvoir. A défaut de ne pas avoir eu une jolie blonde à son bras, le brun ténébreux n'avait pas perdu sa soirée. « Je prends. Mais à deux conditions. » fit-il en arquant les sourcils, levant sa tête brune pour mieux laisser s'échapper le tourbillon de fumée grise s'échappant de ses lèvres. « Je ne vous vends pas mes hommes, pas de force de frappe sur mes propres gars. Que serait un chef, sans sa meute. » renchérit alors Pride dans un sourire narquois qu'il arbora subrepticement. « Et là où tombent mes concurrents, je veux que vous nous laissiez les lieux. Plus les têtes tombent, plus vous nous laissez investir la ville sans tenter de nous déloger. Cela inclut toutes les activités que vous, vous nommez illégales. Je ne vous promets pas que je ne serais pas trop gourmand. » acheva alors Pride d'un timbre suave, soumettant avec panache ses demandes audacieuses à la représentante de la justice.
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Sam 26 Fév 2011 - 4:12

Si peu habituée à ce que l'on discute ses directives ou à ce qu'on lui demande de revoir ses ambitions - si ce n'était à la baisse, au moins sous un angle apportant des exigences autres que les siennes, Diann tiqua imperceptiblement sur les " deux conditions " dont semblait vouloir lui faire preuve son interlocuteur. Et si, en temps normal, elle aurait déjà coupé la parole pour préciser qu'il n'y avait pas de " mais " qui tienne, elle fit tout de même preuve de patience afin d'entendre lesdites revendications plutôt que de les refuser en bloc (car, après tout, Pride avait bien fait l'effort de l'écouter jusqu'au bout, lui). Cela dit, en analysant la portée des propos qu'il lui tenait, il lui parut évident de recentrer les tenants et les aboutissants afin qu'aucun malentendu ne vienne s'immiscer dans les closes du contrat éventuel :

« Vous ne vendez pas vos hommes, soit. Mais eux ne jouiront pas de ma clémence, en revanche. Il est indispensable que je garde l'intégralité de mon crédit au sein de la cour ; aussi leur faudra-t-il se montrer moins bêtes que les autres pour ne pas se faire prendre car nous n'avons pas - mon équipe et moi-même - pour habitude de refuser un dossier sans bonne raison. Or, faire partie de votre clique n'est pas une raison valable, ni à mes yeux, ni à ceux de mes employés, j'en suis certaine. Eux ne m'apportent rien, aussi ne leur apporterai-je rien en retour. Voyez ma position comme une neutralité exécutive vis à vis de vos sbires et dites-leur, s'il le faut, qu'ils ont tout à gagner à ne pas se faire prendre ... » Expliqua-t-elle avec cette froideur dans le timbre qui laissait clairement entrevoir à quel point le sort des autres (aussi funeste qu'il put être) la laissait de marbre. Puis, toujours aussi stricte, elle enchaina : « Quant à ce qui est de votre gourmandise, vous allez devoir apprendre à la juguler car je ne doute pas que vous ayez déjà pris conscience de l'équilibre subtile qu'il faut à ce genre d'arrangement pour perdurer dans le temps. Faire preuve d'ambition c'est aussi savoir faire des sacrifices. Soyez rusé, arrangez-vous pour ne pas faire partie des œufs cassés lors de la confection de l'omelette et je suis certaine que le profit qui en découlera permettra à votre conscience de très bien se remettre d'avoir eu à jeter par dessus bord d'éventuels collaborateurs à l'usage désuet afin de permettre à votre barque de rester à flots. »

Son regard pénétrant détailla un instant le visage du jeune homme à travers le nuage de fumée qui l'entourait, puis, comme pour s'assurer que l'image de la barque n'ait pas été trop nébuleuse, elle termina sur un « Vous faciliter la tâche, oui. Vous couvrir, éventuellement. Vous laisser mettre la ville à feu et sang sans réagir et en y perdant tout mon crédit non. Donnant / Donnant. La gourmandise de l'un, qu'elle soit mienne ou votre, sera fatalement néfaste aux ambitions de l'autre. Or, je n'ai pas pour habitude de me laisser marcher sur les pieds Pride, et ce n'est pas vous qui ferez exception à la règle. Si je m'en tiens à ma part du contrat, j'exige de vous que vous respectiez la votre. Ni trop, ni pas assez. Équilibre et discrétion restent les alliés les plus sûrs de la réussite, à vous de me prouver que vous savez être autre chose que le paon qui se pavane. » condensant logique imparable, rigueur et précision ; tout ce qui faisait d'elle un requin bien comme il faut, en somme.


Dernière édition par Diann McGonoway le Mer 16 Mar 2011 - 6:21, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens. Lun 14 Mar 2011 - 20:05

Et plus elle avançait dans ses dires, plus Pride vint comprendre que la Justice ne se prétendait pas aussi aveugle qu'elle ne voulait l'avouer : cette évidence ne s'appliquait pas seulement à la magouille qui se jouait cette nuit là, mais aussi aux mises en garde de madame la Procureur s'adressant à lui comme un enfant dont les bêtises étaient à anticiper. Taciturne, le jeune homme la laissa parler, laissant son visage impassible apparaître derrière d'épaisses fumées grises aussi toxiques que les deux protagonistes. Ainsi la laissa-t-il se conforter dans l'idée qu'il avait compris que le système reposait sur la subtilité : pensait-elle vraiment que Berrington se sentirait super héros investi du pouvoir de l'immunité, et ainsi capable de répandre la terreur sur Miami ? De toutes évidences, les guérillas du genre ont toujours été bien mieux cotées sur New York : lois bien connues de Hollywood, qui avait décidé de donner à Miami une image glamour, quand la grosse pomme méritait plus d'actions crapuleuses. Non vraiment, Miami n'était pas le cadre idyllique pour y planter un Gotham City à piller. Pride ne renchérit rien, ne cilla pas, se contenta de se repaître d'une nicotine brumeuse quant aux dires de la femme d'expérience ; c'était à peine s'il ne se retenait guère de rétorquer un « Oui professeur » mauvais et lui sifflant bien son état d'esprit. Enfin, elle acheva son laïus comme elle le commença : par des préjugés. La preuve en était de l'image de paon qu'elle lui colla d'emblée, alors que la seule entrevue qu'ils n'avaient jamais eue, n'était que celle-ci. « Que j'aime voir la justice sous-estimer ses consommateurs. C'est ainsi qu'elle offre des failles monstrueuses. » L'homme arqua un sourcil, souffla un dernier nuage argenté sans un sourire et toujours d'une pondération froide, et murmura ces quelques mots de sa voix suave sans jamais daigner offrir un quelconque sourire cette fois. Ni narquois, ni railleur, ni enchanté, ni carnassier... L'impassibilité mauvaise régnait sur son visage de marbre, comme le jeune homme s'affrontait tacitement face à la femme de poigne. La fougue de la jeunesse se heurtait à la rugosité de l'expérience ; néanmoins il leur fallait bien s'entendre sur quelques points, s'ils souhaitaient coopérer. « Apprenez à me faire confiance, et peut-être ferais-je des efforts sur ma gourmandise. Je sais, c'est difficile. » D'une provocation amère, voilà qu'il jeta sa cigarette sur le bitume, l'écrasant à la pointe d'une chaussure italienne... Fort heureusement, l'absence de rollex à son poignet ou de cigare au coin des lèvres, l'exemptait de tout cliché mafieux. « Mais soit. Le paon se retire, il laisse place à la geai. » D'un regard pénétrant et carnassier, le gentleman finit tout de même par saluer l'adversaire non sans quelques allusions à la fameuse fable accusant l'oiseau de malheur de vouloir prendre la place des autres. N'était-ce donc pas là le dessein de la femme de poigne : monter en puissance et en déloger certains par l'aide d'un mafioso peu scrupuleux ? « Nous nous reverrons bientôt, donc. » Moins une supposition qu'une affirmation, puisqu'aucune question du genre, même rhétorique, n'était alors utile, Pride tourna les talons dans un accord tacite. Malgré le bras de fer ayant eu lieu entre les deux entités différentes, il s'accordait à penser qu'il avait tout gagné cette nuit là : quel malfrat n'avais jamais rêvé être immunisé contre le symptôme de la justice ? Et, contre toute attente, Diann McGonoway deviendrait pour le moment sa nouvelle meilleure amie. Comme la justice est mal faite.

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Conjugaison du verbe savoir à la 1 ère personne du singulier : j'obtiens.

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