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 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non".

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Message(#) Sujet: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyMar 1 Fév 2011 - 20:58


Tadeck & Dolly

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver,
qu'avec un mot gentil tout seul. »




Assit en tailleur dans son canapé, les yeux clos, les bras posés le long de ses cuisses, Tadeck se concentrait. Dans la chaine hi-fi passait en boucle depuis près d'une heure maintenant l'hymne Américain. En l'écoutant, il recherchait son courage d'autrefois. Celui qui lui avait donné la force d'aller au combat, de surmonter la moindre de ses peurs, de ne reculer face à rien. Mais aujourd'hui, il n'était plus sûr de rien, et surtout pas de lui. Il soupira une énième fois et passa ses mains sur son visage, exaspéré et blasé à la fois. En voyant ce qui l'attendait, il n'avait qu'une envie : barricader sa maison et partir se cacher sous ses draps. Qu'on l'oublie, bon sang, qu'on l'oublie un peu ! Il rouvrit les yeux et les posa sur l'horloge du salon. Il était déjà 14h30. Dans une demi heure, Dolly arriverait. Dans une demi heure, le cauchemar recommencerait. Non, le cauchemar n'était pas Dolly -quoi que- mais plutôt ce qu'il allait lui apprendre. Manier une arme. Voilà ce qu'elle voulait. Mais qu'elle bonne femme aurait envie de savoir ça ? Ne pouvait-elle pas se contenter d'aller se faire dorer les miches à la plage comme toutes les bourgeoises du quartier ? Pourquoi avait-il fallut qu'ils se rencontrent, qu'elle apprenne pour lui et qu'elle soit aussi obstinée ? Combien de fois lui avait-il dit non ? Combien de fois l'avait-il repoussé et montré des plus désagréables pour la faire abandonner ? Il ne comptait même plus à présent. Elle avait gagné, elle était encore plus bornée que lui. Il espérait qu'elle apprendrait vite, et ainsi il pourrait rapidement se débarrasser d'elle. Il avait déjà suffisamment de choses à penser ces derniers temps, avec cette Appoline qui lui collait aux fesses avec ses histoires de centre pour ancien combattant. "Ça te ferait du bien" qu'elle disait. Il n'avait rien demandé alors pourquoi venait-elle le tirer du lit au petit matin et l'emmerdait jusqu'à ce qu'il retourne se coucher ? Si le centre fonctionnait si bien que ça elle ferait mieux d'y retourner et de s'occuper de ceux qui voulaient qu'on les aide. Lui, il voulait juste qu'on lui foute la paix. Il voulait juste geindre à longueur de temps, se morfondant dans son malheur.

N'arrêtant toujours pas la musique, il monta alors dans sa chambre pour se changer. Enfilant un jean usé et un tee-shirt blanc qu'il ne mettait jamais, il redescendit avec sa béquille. Son genoux lui faisait légèrement mal dernièrement, et vu le stress que tout ceci lui procurait il préférait anticiper plutôt que de demander de l'aide à cette dingue. Retournant dans le salon, il jeta un coup d'œil dans son jardin, regardant les dispositifs qu'il avait installé avec mélancolie. L'Irak ne lui manquait pas, non. Tout comme la guerre en elle-même et tout ce qu'il avait vécu là-bas. Non, ce qui lui manquait c'était la sensation qu'il ressentait autrefois quand tous ensembles ils s'entraidaient pour surmonter les moments difficiles. Quand ils remportaient une petite bataille et qu'ils avaient l'agréable sensation d'avoir fait quelque chose de bien. Qu'importe le débat pour savoir si les USA avaient leur place là-bas ou non, qu'importe les divergences d'opinion. Sur le terrain, on avait pas le temps de penser à ça. L'impression d'être un héros avait quelque chose de grisant. En fait non, ce qui était aussi palpitant c'était le fait de ne pas être invincible. Ça vous donnait une autre estime de vous, de votre place sur terre. Là-bas tout seul vous ne survivez pas. Là-bas, on existe uniquement à travers les autres et c'était ça qu'il aimait. Cette sensation d'avoir une deuxième famille, de servir à quelque chose. Il avait apprit à se surpasser, à tout donner. Aujourd'hui, on lui avait tout enlevé, tout. Il ne travaillait même plus. Il s'appuya un instant sur la baie vitrée, amer. Malgré la puissance de la musique, il entendit la sonnette de la porte d'entrée retentir. Ça le tira brusquement de ses pensées infernales. Il boitilla jusqu'à la chaine et se contenta de baisser le son avant de rejoindre la porte. Jetant au passage un coup d'oeil sur l'horloge, il put constater qu'elle était du genre très ponctuelle. Il soupira, sachant déjà qu'il allait trouver une blondinette excitée comme une puce à l'idée de manier une arme. Et à vrai dire, il ne comprenait pas pourquoi. Dépité d'avance, il espérait au moins qu'elle ait enfilée une tenue appropriée pour l'occasion. Il ouvrit alors la porte, résigné. Et avant même qu'elle n'eut le temps de dire quoi que ce soit, il déclara : « Salut ça va ? Moi aussi, quoi de neuf ? Moi non plus rien de spécial. Bon maintenant de deux choses l'une : un, j'ordonne tu obéis. A la moindre contestation j'te fou dehors. Et deuxièmement, au moindre témoignage de joie j'te tire une balle entre les deux fesses. » Il marqua une pause et ouvrit la porte afin qu'elle puisse passer. Et d'un sourire hypocrite il déclara avec une voix mielleuse : « A part ça, tu es la bienvenue. Entre donc Dolly. » Il roula des yeux en refermant la porte derrière elle d'un geste nerveux.



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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyDim 6 Fév 2011 - 21:40

Lorsqu'une idée entrait dans la tête de Dorothy, alias Dolly, Missoni, rien n'y personne ne pouvait la lui retirer. Son père en avait été la première victime : de ses cinq ans jusqu'à ses dix-sept elle n'avait eu de cesse de lui demander son enseignement sur les armes à feu. Mais la fille tenant évidemment de son père, il fut bien plus buté et déterminé qu'elle à ce qu'elle ne touche jamais à un révolver. Jamais, jamais, jamais. Lorsqu'il nettoyait son arme à feu et qu'il l'entendait monter les escaliers du foyer familial, il s'empressait de ranger son arme avant qu'elle ne débarque dans sa chambre et recommence avec sa rengaine mielleuse de fille à papa. Ils s'aimaient très fort mais n'étaient jamais d'accord. Alors aujourd'hui qu'elle était débarrassée de l'autorité de son père, Dolly comptait bien accéder à son rêve, peu importe les moyens qu'elle devrait emprunter. Quand elle apprit qu'un militaire – en retraite, certes mais ce n'était qu'un détail – vivait juste à quelques maisons de la sienne, elle n'hésita pas une seconde. C'était comme apprendre que Bill Gates était votre voisin : on fonce sans poser de questions. Elle s'était donc présentée à lui et n'avait pas tardé à amener le sujet qui lui tenait à cœur. Il refusa, de manière assez forte d'ailleurs mais rien n'y faisait, Dolly voyait le mot « Rêve » à la place de son visage et restait résolue. Il allait lui venir en aide, il ne le savait juste pas encore.

Et elle eut raison. Quelques jours après cette rencontre, elle obtint ce qu'elle désirait le plus depuis son enfance (après bien sûr un vivarium d'araignées domestiquées de la taille d'une cité mais sur ça, elle ne misait pas beaucoup d'espoir …) et se présenta donc à la porte du Marine avec l'enthousiasme d'une jeune lycéenne venant d'obtenir son diplôme. Bien entendu, elle était venue à l'heure ; c'était un réflexe chez elle et puis l'occasion était trop excitante pour se permettre de perdre la moindre minute. De toute façon, en temps qu'ancien militaire, Nosborn devait forcément apprécier ce détail et consentirait peut-être à se montrer moins bougon à son égard. Non pas que cela la dérangeait excessivement, elle n'avait que faire des avis négatifs sur son compte et ne semblait entendre que les louanges mais s'étant depuis toujours imaginée vivre cette expérience avec son père, elle s'attendait peut-être de la part de l'ancien soldat une certaine bienveillance. Lorsqu'elle attendit sur le perron qu'il vienne lui ouvrir, Dolly retira ses lunettes de soleil et glissa une branche dans le col de sa chemise blanche avant d'enfin connaître l'honneur de voir la porte de son voisin s'ouvrir. Elle eut immédiatement un large sourire quand elle le vit mais qui ne tarda pas à se faner en entendant ses mots, surtout ses « conditions ». Elle ne rétorqua rien dans l'instant mais son expression faciale indiquait clairement qu'elle n'en pensait pas moins. Elle, obéir ? Mais surtout, se taire sur ses pensées ? Comment diable allait-elle pouvoir apprendre quoique ce soit si elle devait se retenir sans cesse ? C'était saugrenu et totalement contreproductif. Elle entra tout de même dans la maison avec son légendaire air pincé et d'un coup d'œil rapide, détailla le hall dans lequel elle venait d'atterrir. Elle se retourna ensuite vers son hôte et lui répondit d'une voix limpide et loin d'être impressionnée. « Je ne suis pas la bienvenue, inutile de le prétendre. Mais ça ne m'offense pas, après tout, moi aussi j'ai bien à bosser avec des couleuvres parfois alors que je les ai en horreur. Donc peu importe, tes règles seront les miennes du moment que j'estime qu'elles sont raisonnables et apportent leurs fruits. Je suis une femme d'expériences alors bien que je possède la conviction que tes conditions seront castratrices, j'accepte de te suivre aveuglément – du moins pour commencer – et voir ce que ça donne. » Elle fit glisser son sac à main le long de son bras, retira sa veste en cuir et plaqua ses affaires contre Tadeck avec un grand sourire, comme si ce qu'elle venait de lui dire venait de tourner la page sur les irritables paroles qu'il avait eu. Visiblement, il en fallait beaucoup plus pour la mettre en rogne. « Tu seras gentil de ne pas les poser n'importe où. » Elle fit ensuite demi-tour et avança le long du hall sans tout à fait se permettre d'aller plus loin. Elle était très curieuse de découvrir cette maison, après tout, entrer dans la demeure d'un héros national n'est pas donné à tout le monde, mais elle ne tenait pas non plus à être expédié dehors à coups de balai pour intrusion trop excessive. Attendant qu'il la rejoigne malgré son allure bancale du à ses blessures, Dolly en profita pour continuer de détailler ce qu'elle avait sous les yeux et Tadeck faisait évidemment parti du décor. « Est-ce que j'aurais le droit de m'entraîner avec l'une de tes armes de guerre ? Et inutile de me répondre "Oui, avec mes grenades", merci. » De toute évidence, elle ne connaissait pas grand chose sur le tact ou même la guerre en elle-même pour savoir qu'il n'était pas très malin de parler à un blessé de son arme de combat ni que cette fameuse arme avait probablement été récupérée par les services militaires depuis belle lurette.
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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyDim 13 Fév 2011 - 3:18


Tadeck & Dolly

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver,
qu'avec un mot gentil tout seul. »




Tadeck avait à peine fait attention à sa mine si réjouie lorsqu'il avait ouvert la porte. Il valait mieux de toute façon qu'il zappe ce détail, car ça risquait de le mettre hors de lui. Non vraiment, il ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi elle était si enthousiaste à l'idée d'apprendre à se servir d'une arme. Si vraiment c'était son rêve de toujours, elle aurait mieux fait de s'engager dans l'armée ou la police au lieu de venir le faire chier. Bon d'accord, il n'avait rien d'autre à faire vous direz. Mais voilà, depuis "l'accident", il n'avait plus touché à une arme. Il les avait entretenue tous les jours certes, c'étaient ses "bébés", mais il n'osait plus s'en servir. D'abord parce que chaque coup de feu réveillait en lui des images atroces et une douleur psychique d'une violence assommante, mais également parce qu'il n'en avait pas eu l'occasion. C'est vrai, pourquoi se servirait-il d'une arme maintenant ? Pour tirer sur les chats des voisins qui traversent sans cesse les jardins ? Sur les chiens qui se lâchent juste devant votre portail ? Ou encore sur la voisine qui vous épie du deuxième étage ? Pas très politiquement correct tout ça -et pourtant, ce n'était pas l'envie qui manquait parfois, mais bref, passons.

La mine renfrognée et apparemment agacée, Dolly pénétra malgré tout chez lui. Oui, d'accord, il avait vainement espéré qu'un accueil pareil lui donnerait envie de rentrer chez elle et d'aller emmerder quelqu'un d'autre. Mais non, elle était bien décidée à le prendre comme "professeur". Pauvre de lui. Il soupira prestement, avant de la rejoindre. Les couleurs de sa maison étaient chaudes, toutes dans les beiges/orangés, avec quelques touches de rouge et de marron. Enfin ça, c'était pour l'entrée et le salon. La cuisine elle, était blanche et très design. Il ne l'avait pas choisit, c'était une cuisine intégrée qui était déjà là lorsqu'il avait acheté la maison. Canapés en cuirs et meubles en bois, quelques cadres photos de l'armée, de ses amis là-bas, quelques peintures, quelques plantes vertes, une énorme télé, une chaine hi-fi hors de prix et un tas de bibelots qui trainaient de part et d'autre dans les pièces. « Je ne suis pas la bienvenue, inutile de le prétendre. Mais ça ne m'offense pas, après tout, moi aussi j'ai bien à bosser avec des couleuvres parfois alors que je les ai en horreur. Donc peu importe, tes règles seront les miennes du moment que j'estime qu'elles sont raisonnables et apportent leurs fruits. Je suis une femme d'expériences alors bien que je possède la conviction que tes conditions seront castratrices, j'accepte de te suivre aveuglément – du moins pour commencer – et voir ce que ça donne. » Cause toujours. Il l'a regarda, l'air blasé, arquant un sourcil. Puis, il échappa un petit grognement semblable à un rire moqueur avant de rétorquer sans grand enthousiasme, faisant référence à sa première phrase : « Obstinée et perspicace avec ça. Wouhou. » Il soupira à nouveau. Et alors qu'il allait s'éloigner d'elle, ignorant la suite de ses propos -pas la peine de s'attarder là-dessus, il était chez lui, il était le professeur, alors on suivait ses règles, point. N'oublions pas qu'il avait été marine, et que là-bas, on ne conteste pas l'ordre- elle lui donna son sac et son manteau, un large sourire sur les lèvres. Elle se foutait de lui là ? En plus de venir lui pourrir sa journée, elle le prenait pour son larbin, sans oublier qu'il avait une main prise par sa béquille. Rageux, il balança les affaires de la jeune femme sur la commode qui trainait dans l'entrée, renversant les objets qui y trônaient, ignorant royalement sa réclamation, comme quoi il ne devait pas les poser n'importe où. Si elle n'était pas contente, elle s'en occupait elle-même ! Il déclara aussitôt : « Recommence jamais ça. » Sa voix était calme et sérieuse, il l'a fixait avec une intensité gênante. Il ne plaisantait pas et on sentait qu'il refoulait une hargne sauvage. Cette fille n'avait aucune éducation, ce n'était pas possible ! Venant lui-même d'une famille bourgeoise -et même s'il avait complètement renié ses origines- il savait parfaitement que ça ne se faisait pas.

Elle s'éloigna alors, sans pour autant aller trop loin. Au point ou il en était, elle pouvait bien aller se prendre un bain maintenant qu'il ne serait plus choqué. Il la rattrapa aussi vite qu'il pu, alors qu'elle détaillait chaque parcelle de sa maison. « Est-ce que j'aurais le droit de m'entraîner avec l'une de tes armes de guerre ? Et inutile de me répondre "Oui, avec mes grenades", merci. » Tadeck se braqua totalement. Il cessa d'avancer, alors que tout son corps semblait s'être pétrifié. Certes, elle ne pouvait pas savoir qu'elle venait de toucher un point extrêmement sensible chez le jeune homme, mais cette précision n'avait aucune importance à ses yeux. Il avait comme la soudaine impression de perdre pieds alors que des souvenirs houleux lui revenaient en mémoire, venant se fracasser douloureusement contre ses tempes. Son regard semblait totalement vide à présent, vitreux même. Déconnecté de la réalité, elle aurait pu se foutre à poil qu'il ne l'aurait même pas remarqué. Il se reprit quand il sentit le regard insistant de la jeune femme sur lui. Il déglutit, le visage fermé et crispé. Il se remit à marcher, lui passant devant. Puis, il expliqua : « Nouvelle règle : interdiction de parler de grenade, et même de prononcer ce mot. » Il pénétra dans le salon, et au passage abaissa un cadre, cachant la photo qu'il contenait. Il se retourna et lança un regard noir à Dolly, lui montrant bien qu'elle n'avait pas intérêt à essayer d'en savoir plus. Le cadre contenait le portrait d'une petite fille Irakienne, âgée de 7 ou 8 ans à première vue. Oui, c'était la petite fille qu'il avait tué. Il n'y avait pas un jour ou il passait devant ce cadre sans s'excuser mille fois. Seule Roxanne avait déjà eu le privilège de voir le cadre, bien qu'elle n'ait jamais eu d'explication sur cette photo malgré tout. Tadeck ne voulait pas en parler, il avait bien trop honte. C'était encore trop récent, les plaies ne s'étaient pas refermées. Il lui fallait plus de temps. Puis, répondant enfin à sa question il déclara : « De toute façon, je n'ai que mes armes. Mais je les ait chargées à blanc. Enfin, celles dont tu vas te servir uniquement. J'suis pas fou non plus. » Il lui jeta un coup d'œil qui en disant long sur ses pensées. De un, elle ne savait pas tirer donc ça pouvait être dangereux. Et de deux, il ne la connaissait pas finalement... Rien ne lui disait qu'elle n'était pas une psychopathe échappée de l'asile, ou une meurtrière à la recherche d'une arme. Il préférait prendre toutes les précautions possible.

Sur la table du salon, deux étuis fermés. Un petit, et un plus grand. Tadeck s'empara du plus grand et fit signe à Dolly de prendre le plus petit. Puis, il lui demanda, calme : « Tu peux ouvrir la baie vitrée s'il te plais. » Lui, il avait les deux mains prisent. Une par la béquille, l'autre par l'étui. Il fit néanmoins un petit détour par sa chaine hi-fi et remonta légèrement le son, se laissant enivrer par la voix envoutante de la chanteuse. Ils arrivèrent alors dans le jardin de Tadeck, qu'il avait donc aménagé pour l'occasion. Plusieurs cibles, de tailles et à des distances différentes. Il posa son étui sur la table du jardin et invita Dolly à faire de même. Il ouvrit le sien, révélant un M1 Garand. L'étui de Dolly lui, contenant un Colt M1911. Sans la regarder, il expliqua : « Tu passeras à une autre arme quand tu maitriseras celle-là déjà. » Là, elle n'avait vraiment pas le choix. Tant qu'elle ne maitriserait pas à la perfection ce Colt, interdiction de toucher à une autre arme. Toutes les autres étaient beaucoup plus puissantes. Il lâcha sa béquille un instant, la posant contre la table, le temps de monter son arme.




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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyMar 8 Mar 2011 - 20:57

La jeune femme broncha à peine lorsqu'il ria et souligna sa ténacité et sa perspicacité. Elle prenait cette remarque au premier degré donc comme un compliment et des compliments, elle en recevait par dizaines. Principalement vis-à-vis de ses travaux scientifiques certes, mais elle y était tout de même habituée. Elle attendit donc qu'il retrouva son sérieux avant de poursuivre sa découverte des lieux. L'endroit était assez agréable à la vue mais n'était pas non plus transcendant. Ça restait une piaule de jeune homme célibataire ; à comprendre : un rangement approximatif et des goûts décoratifs très discutables. Elle s'épargna l'effort de la moindre remarque mais il est parfois plus éloquent de garder le silence que de dire quoique ce soit. Après tout, entrer dans une demeure pour la première fois et ne faire aucun commentaire, ne serait-ce que par politesse, sur l'intérieur est un assez mauvais présage. Son but n'était évidemment pas de paraître ingrate d'entrée de jeu mais Dolly n'avait jamais accepté le jeu de l'hypocrisie et ce n'était certainement pas aujourd'hui qu'elle allait commencer. Il l'aidait certes, avec plus ou moins de bonne volonté, mais cela ne voulait pas forcément dire qu'elle devait se mettre à lui cirer les chaussures pour autant. D'ailleurs, lorsque, piqué au vif, il se défit de sa veste sans le moindre avertissement, Dolly se figea et le dévisagea, outrée, par ce qu'elle venait de voir. Elle sentit son sang ne faire qu'un tour dans ses veines mais elle retint sa langue et se contenta de hocher vivement la tête l'air de dire « Okay, très bien, je retiens ... ». Ses poings s'étaient serrés mais elle avait accepté de laisser couler pour cette fois, se languissant évidemment de la première occasion qu'elle aurait de lui rendre la pareille. Une fois de plus, aucun égard quant au fait qu'il l'invitait chez lui pour réaliser l'un de ses plus grands rêves. Dolly et les bienséances, ça fait deux. Elle attend beaucoup des autres mais n'agit pas forcément comme il le faudrait pour autant. Quelque chose avait du court-circuiter dans son éducation à un moment ou un autre … Elle se remit donc en route, toujours sous tension mais réceptive, dans la limite du possible chez elle. En effet, très peu apte à sonder les âmes d'autrui, elle n'avait pas remarqué le froid qui s'était décuplé entre eux dès l'instant où elle évoqua les grenades de guerre. Trop absorbée par son observation des lieux, elle attendait tout simplement qu'il lui réponde mais voyant que sa réponse tardait à venir, elle finit par lui lancer un regard en biais. Ce fut ce moment qu'il choisit pour se reprendre et lui administrer sa nouvelle interdiction totalement incompréhensible pour elle. Fronçant les sourcils, elle était sur le point de rétorquer que le fait de parler de quelque chose ne le rendait pas plus concret ou dangereux et qu'il était idiot d'éviter le moindre sujet mais elle fut dépassée par les mouvements du jeune homme. Il venait d'abaisser une photo et s'il n'avait pas poursuivi sa marche, elle l'aurait sans doute rejoint pour retourner sans la moindre gêne le cadre. Mais il s'était approché d'un endroit plus stratégique et focalisa par la même occasion l'attention totale de la jeune femme en une fraction de seconde. Sur la table principale de la pièce, deux étuis reposaient tranquillement et Dolly n'eut guère besoin de bien longtemps pour comprendre de quoi il s'agissait. Elle avait très souvent vu des étuis similaires dans le passé mais n'avait jamais eu l'occasion de poser la main dessus. Maintenant qu'elle était à deux doigts de régler cette lacune, sa tension avait doublé. Trépignant d'impatience comme une gamine devant un marchand de glaces, elle était prête à accepter tout et n'importe quoi de la bouche de ce soldat. Donc, quand il lui demanda d'aller ouvrir la baie vitrée, elle ne vit pas le moindre inconvénient et souffla un « Tout de suite ! » avant de se précipiter vers la porte et de la coulisser, les yeux toujours rivés par dessus son épaule en direction de Tadeck. La musique qu'il mit à un volume plus élevé embauma d'avantage la jeune femme qui affichait à présent un grand sourire avide. L'hymne américain était l'un de ses airs préférés et additionné au spectacle qui se jouait sous ses yeux, son bonheur devenait complet. Lorsqu'il lui fit signe de le rejoindre, Dolly ne se fit pas prier deux fois. Elle le regarda extirper son impressionnante arme et attrapa rapidement la sienne. Évidemment, elle ne put cacher sa légère déception. Tadeck s'était réservé la meilleure arme. Néanmoins, elle n'en fit pas tout un plat car elle comprenait assez bien les raisons : Tadeck restait un homme et comme tout homme, il était fier ; inutile donc de préciser le coup à son égo qu'il prendrait si elle réussissait à mieux maîtriser son arme que lui avec sa faible expérience. Lui lançant donc un regard de connivence (alors qu'elle était totalement à côté de la plaque mais elle ne pouvait s'en douter), elle analysa sa propre arme avec attention, passant ses doigts fins et minutieux sur la silhouette ferme aux angles bruts du Colt. « Tant qu'il ne lance pas des jets d'eau, ça marche pour moi. » S'écartant ensuite de la table, elle s'essaya à viser en tentant ses deux bras devant elle, tenant fermement l'arme entre ses deux petites mains de manière assez maladroite mais elle semblait si convaincue ! Elle avait même fermé un œil et semblait prendre en vue un vase particulièrement laid exposé en face d'elle. Puis, soudainement prise d'une question, elle pivota en direction de Tadeck, les bras dans la même position et l'arme à présent pointée vers la poitrine du soldat sans s'en rendre vraiment compte. L'arme était peut-être chargée à blanc, mais si le coup partait, il ne manquerait pas de faire quelques dégâts. « Est-ce que c'est vrai que tirer avec une arme c'est comme le vélo ? Ça ne s'oublie jamais ? » Ses yeux bleus étincelants semblaient impatients d'entendre la réponse, comme une petite élève modèle … Simplement armée d'un Colt professionnel.
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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyLun 14 Mar 2011 - 22:37


Tadeck & Dolly

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver,
qu'avec un mot gentil tout seul. »




Heureusement pour lui -et pour elle du coup- elle n'avait pas perdue son temps à lui faire d'autres remarques agaçantes, ou à le reprendre sur chacune de ses paroles pour lui expliquer le fond de sa pensée ou tout simplement lui faire remarquer qu'il avait fait une faute de conjugaison -ou une connerie du genre- dans sa phrase. Si, si, il était sûr qu'elle en était capable. Le reprendre à chaque fois, persuadée qu'il ne s'en sortirait pas dans la vie s'il ne parlait pas à la perfection -sous entendu, comme elle quoi. Enfin bon, là n'était pas la question. Il prenait bien soin de lui tourner le dos alors qu'il s'emparait des deux mallettes. Il savait déjà qu'elle regard elle lui lançait et quel sourire elle affichait. Ça le dégoûtait. Et il se demandait encore comment ils en étaient arrivés là. Certes Dolly était entêtée, mais lui aussi fichtre ! Il y avait vraiment fallut qu'elle y aille à fond pour le désespérer à ce point et le faire céder dans l'idée -naïve- de se débarrasser rapidement d'elle ensuite. Il lui demanda d'ouvrir la baie vitrée et elle s'exécuta aussitôt, visiblement enthousiaste. Elle semblait déjà avoir oublié l'humeur et le comportement exécrable qu'il avait eu vis-à-vis d'elle jusqu'à lors. Ce qui n'était pas pour le réjouir à vrai dire. Plus elle passerait outre ses remarques désobligeantes et son ton autoritaire, plus elle risquait de le coller. C'était bien sa vaine tiens ! Enfin bon. Pénétrant dans le jardin il déposa les deux mallettes sur la table, tendant celle du colt à Dolly en lui précisant auparavant que son arme était chargée à blanc. Ce a quoi elle finit par répondre : « Tant qu'il ne lance pas des jets d'eau, ça marche pour moi. » Il soupira et marmonna pour lui-même, se fichant bien de savoir si elle l'écoutait ou non : « C'est pas passé loin. » C'est vrai que l'idée de lui refiler un pistolet à eau le réjouissait pas mal. Il s'imaginait avec un malin plaisir la tête qu'elle aurait fait en découvrant le jouet en plastique. Jouissif ! Malheureusement, il avait bien conscience qu'elle lui aurait fait payer ça et aurait redoublé d'ardeur dans ses supplications agaçantes. Alors il valait mieux en finir une bonne fois pour toute !

Il termina les derniers réglages sur son arme et jeta un coup d'œil à Dolly qui passait ses doigts sur le colt, visiblement enchantée de le tenir dans ses mains. Il grimaça légèrement. Ses mains n'étaient pas faites pour tenir une arme. Aucune main ne l'était d'ailleurs. Il se reconcentra sur ce qu'il faisait, cherchant vainement à faire abstraction de la jeune femme. Sa bonne humeur -absolument pas communicative- lui tapait sur le système et il avait envie de lui hurler dessus et lui faire la morale si longtemps, si fort et en lui faisait si peur qu'elle rentre chez elle en courant et ne pense plus jamais à une arme de toute sa vie. C'était ce qu'il pourrait lui arriver de mieux. Mais il se retenait, doutant de l'efficacité de ses menaces sur cette femme. Quand il eut terminé, il attrapa sa béquille et s'approcha de Dolly qui se prenait pour Angelina Jolie dans Mr&Mrs Smith. Ridicule. Elle se retourna, pointant alors l'arme sur Tadeck. Ce qui ne lui fit ni chaud ni froid à vrai dire. Même si elle tirait, elle ne le tuerait pas. Elle lui ferait mal vu sa proximité certes, elle le blesserait certainement selon l'endroit qu'elle visait, mais elle ne le tuerait pas. Il en avait vu d'autres et ce n'était pas une blonde des beaux quartiers qui allait le faire frémir. Il s'arrêta devant elle, alors que l'arme n'était plus qu'à quelques centimètres de son torse. Il posa alors son regard dans le sien, la défiant de tirer. Comme s'il lui disait : va s'y, tire su tu l'oses. Il resta quelques secondes comme ça, le regard froid et le visage interdit. Il finit par lever sa béquille et la poser sur le colt et la forcer à abaisser ses bras. Il rétorqua d'une voix sèche : « Où tu te crois ? Dans un film ? Oublie tout de suite l'idée d'apprendre en 3 leçons à viser les yeux fermés. Ça marche qu'au cinéma ça. Tu vas en chier. Alors j'espère que t'es patiente et que t'as de bons yeux, sinon tu peux rentrer chez toi. » Il lui tourna de nouveau le dos et commença à s'éloigner, s'avançant dans le jardin. Il ajouta alors, d'une voix blasée : « Et en plus, tu te tiens mal. »

Dolly le suivit en demandant alors : « Est-ce que c'est vrai que tirer avec une arme c'est comme le vélo ? Ça ne s'oublie jamais ? » Il s'arrêta et roula des yeux. Qu'est-ce qu'elle était pénible bon sang ! Il tourna la tête vers elle et lança d'une voix stricte : « On est pas là pour bavasser d'accord ? Si tu peux pas tenir ta langue, va dans un salon de thé, comme toutes les femmes normalement constituées au lieu de me casser les oreilles, pour ne pas dire autre chose. Alors tu vois, tu gardes tes deux lèvres serrées l'une contre l'autre et tu m'écoutes. C'est tout. Je parle, je montre et tu imites. Point. » Oui, Tadeck n'était pas très patient ni même conciliant. Déjà qu'il avait accepté de lui donner des "cours", elle allait pas en plus vouloir qu'il lui fasse la conversation et lui parler de ça comme s'il s'agissait d'équitation ou d'un tout autre sport banal. Il lui fit signe de la main de s'approcher et de s'arrêter à côté de lui. Il lui montra du doigt sa première cible. C'était un large morceau de carton qu'il avait appuyé en hauteur contre un des murs en ciment de sa dépendance qui lui servait d'abris pour son matériel de jardinage etc. Il avait grossièrement dessiné des cercles de plus en plus petits dessus. Il lui fit signe de se reculer un peu pour lui laisser de la place. Il lui tendit sa béquille pour qu'elle la lui tienne le temps qu'il lui fasse une démonstration. Cela faisait deux ans qu'il n'avait pas tiré, qu'il ne s'était pas servit d'une arme. Il sentit une vague d'appréhension l'envahir. Il était d'un calme troublant, prenant position de façon machinale, comme s'il s'agissait d'attraper sa fourchette et son couteau pour manger. Il lâcha un faible : « Regarde bien, tu devras faire pareil ensuite. » Ne pas trembler, ne pas se laisser submerger par ses émotions. Il resta quelques secondes en position, fixant l'objectif d'un œil. Est-ce qu'il allait réussir à tirer ? Est-ce qu'il visait toujours aussi bien ? Il doutait, il redoutait même. Et puis, le tir partit, le bruit du coup de feu claquant dans l'air. Son cœur avait bondit dans sa poitrine, lui coupant brutalement le souffle. C'était comme si des milliers d'images lui revenaient en mémoire par flash aveuglants. Il vacilla quelque peu, ne parvenant pas à cacher son trouble. Ses oreilles sifflaient, comme s'il se retrouvait à courir sur un terrain miné. Il finit par se ressaisir, redressant péniblement la tête pour voir le résultat. Il avait fait mouche. Il était parfaitement au milieu. Visiblement non, tirer ça ne s'oubliait jamais. Dommage.

Il tendit sa main pour qu'elle lui rende sa béquille et prit appuie dessus. Il en avait besoin. Puis il se recula et lui fit signe de venir à sa place. Il expliqua alors, tout en se servant de sa main libre pour la guider et placer ses bras : « Écarte un peu plus les pieds d'abord, t'auras un meilleur appuis. Ensuite lève les bras. Non, non pas si haut ! Là voilà, comme ça. Reste pas aussi droite, faut que tu sois plus souple ! On dirait qu'on t'a mit un flingue entre les deux fesses là. Voilà, c'est mieux comme ça. Fixe bien tes bras, faut pas que tu trembles ou que tu bouges. Maintenant tu vises. Prend ton temps, ça sert à rien de vouloir aller trop vite. T'y vas quand t'es prête. » Il se recula ensuite, l'observant avec attention. Il n'en revenait pas... Il était en train de former quelqu'un à tirer avec une arme. La vie était bien cruelle parfois. Il baissa les yeux quelques secondes, légèrement désemparé par cette situation. Puis il se redressa, la fixant à nouveau. Bon, sa position était encore loin d'être parfaite, mais c'était normal. Il se retint d'ailleurs de le lui faire remarquer. Un peu de pédagogie ne lui ferait pas de mal pour une fois. Restait plus qu'à attendre qu'elle tire pour voir ce que ça donnerait.



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1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". Vide
Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyDim 27 Mar 2011 - 17:36

Cet homme était étrange. Un paradoxe à lui seul. Son attitude disait « N'approche pas » mais pourtant, Dolly avait bien réussi à entrer chez lui et à commencer à prendre des cours de tirs avec lui. Bon sang, ne pouvait-il pas tout simplement se détendre maintenant qu'il avait perdu le bras de fer ? Quand il se planta face à elle et qu'il la défit d'un regard implacable, elle soutint son regard mais ne put s'empêcher de ressentir une crispation dans tout son corps. Qu'elle veuille ou non le reconnaître, il savait se montrer impressionnant et il ne la rassurait pas vraiment. Après tout, elle ne connaissait rien de lui, hormis le fait qu'il était un vétéran et qu'il était très bougon. Il pouvait parfaitement être complètement siphonné et décider d'une minute à l'autre de se débarrasser d'elle par une balle dans le crâne. Mouais … Elle n'aurait peut-être pas du penser à ça maintenant. Soudainement mal à l'aise, elle secoua la tête vivement avant de faire retomber son bras contre son flanc sous la pression de la béquille du soldat et de mentalement se reprendre. Il n'allait pas lui faire de mal. C'était dans son propre intérêt, il était peut-être désagréable mais il ne prendrait jamais le risque ne serait-ce que de toucher un seul de ses cheveux pour une bonne et unique raison : elle était une éminente scientifique et s'il devait être responsable de sa disparition il risquait de voir sa réputation et sa vie fichues en l'air. Du moins, c'était ce qu'elle se disait et elle semblait s'en convaincre bien assez pour retrouver sa mine assurée et lumineuse. Elle n'allait pas se laisser démonter par cet ours mal léché, c'était décidé. Même les mots « tu vas en chier » qu'il lui adressa ne réussit qu'à lui arracher une expression sensiblement outrée mais elle ne se laissa pas d'avantage impressionnée. Elle savait ce qu'était le monde des révolvers et de la violence par balles même si elle n'y avait jamais touché ou été impliqué personnellement. Tenant toujours son arme dans sa main, elle s'avança à petits pas pressés dans le sillage du jeune homme pour le rejoindre dans le jardin. Elle profita d'avoir son dos devant elle pour froncer des sourcils à sa nouvelle critique concernant son maintien. C'était bien beau de lui dire qu'elle se tenait mal, il ne pouvait pas plutôt l'aider au lieu de souligner tous ses problèmes ? Quand il fit enfin volteface et lui hurla presque dessus, elle couina de surprise et le dévisagea comme si elle avait à faire à une espèce particulièrement vorace et féroce d'araignée tropicale. Ça, elle en était sûre, n'était pas une réponse acceptable à sa question. Déçue, elle lui présenta une mine renfrognée qui ne dura pourtant guère longtemps. Ils allaient passer aux choses sérieuses, il n'avait pas tord : elle devait laisser la place à la pratique et non pas aux bavardages. De nouveaux excitée comme une puce à l'idée d'être à deux doigts (c'est peu dire) d'enfin concrétiser son rêve, elle suivit le moindre de ses gestes avec une attention toute particulière. Quand il lui tendit sa béquille, elle l'attrapa vivement et s'appuya dessus avant de lui faire un signe de la main du genre « Allez allez, ne perds pas de temps ! » Elle le regarda se mettre en condition, tentant de retenir le maximum d'informations. Enfin, le coup parti et lui arracha au passage un petit cri étouffé. « Bravo ! » s'exclama-t-elle, tentant tant bien que mal d'applaudir avec dans une main son Colt et dans l'autre la béquille. Malheureusement, son entrain n'était pas vraiment partagé et elle se calma rapidement sans pour autant perdre de sa bonne humeur.

Quand il lui fit signe de le rejoindre, Dolly bondit sur place et se dépêcha de le rejoindre. Elle lui rendit sa béquille et se plaça à côté de lui sans remarquer que son visage s'était d'avantage obscurcit suite à ce coup de feu. Elle écouta chacun de ses conseils et fit en conséquence. C'était moins évident que ce qu'elle s'était figurée mais elle ne perdait pas patience et acceptait d'exécuter chacun de ses ordres. Lorsqu'enfin elle obtint une position qui sembla convenir au soldat, elle lui adressa un large sourire, visiblement très fière d'elle-même. « Je suis prête. Je le suis depuis des années, si tu savais. » Secouant la tête pour dégager une mèche rebelle venue se poser devant ses yeux, elle plissa les yeux et fit de son mieux pour être « souple » tout en gardant les bras « fixés » - ce qui n'était pas du tout évident pour une personne comme elle. Après seulement dix secondes de "concentration" (difficile d'être concentrée lorsqu'on était aussi excitée qu'elle), elle appuya sur la gâchette en direction de la cible mais … la manqua majestueusement. En fait, sa balle ne frôla même pas le carton et vint atterrir dans les buissons qui entouraient le jardin. Écarquillant les yeux, stupéfaite d'avoir été si mauvaise, elle se tourna en direction de son « coach », un air d'incompréhension sur ses traits. Impossible évidement pour elle de se remettre en question et elle accusa donc l'homme sans la moindre retenue. « Vous avez du vous tromper quelque part dans vos indications. Ou alors votre cible est trop petite pour une débutante, vous ne pouvez pas la régler ? Ou mieux m'expliquer, parce que je ne vois pas du tout ce que j'ai bien pu faire de travers. » Une moue triste se présenta sur son visage candide malgré la lueur autoritaire dont elle avait fait preuve en lui demandant de régler les paramètres qui avaient causé – selon elle – son échec.
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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyLun 4 Avr 2011 - 15:35


Tadeck & Dolly

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver,
qu'avec un mot gentil tout seul. »




Cette femme avait une capacité à passer d'une humeur à une autre qui lui donnerait presque le tournis. A chacune de ses remarques, elle faisait la tête. Mais la seconde d'après, elle semblait avoir retrouvé toute sa bonne humeur et se montrait des plus radieuses. Tadeck pensait de plus en plus que cette femme n'était vraiment pas équilibrée et qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans sa tête. A moins que l'idée d'apprendre à tirer la rende si joyeuse que ça, au point de passer outre ses remarques désobligeantes... C'était à vomir. Plus les minutes s'écoulaient, plus il regrettait de lui avoir cédé. Il aurait mieux fait d'aller chez les flics et de porter plainte pour harcèlement moral. Si, si, il en était parfaitement capable. Mais non voilà, il avait fallut qu'il accepte. Et il ne se souvenait même plus pourquoi d'ailleurs. En tout cas, il s'en voulait pas mal et la punition était bien sévère. La punition étant bien évidemment, Dolly elle-même. Il suffisait qu'il entende sa voix pour qu'elle lui tape sur le système. Tout ce qui émanait d'elle avait le don de l'agacer au plus haut point. Mais bon, il était trop tard. Il tira donc, pour l'exemple. Et alors que lui se sentait faiblir, assaillit d'images violentes et douloureuses, la jeune femme s'écria : « Bravo ! » Bravo ? Si Tadeck n'avait pas été aussi faible à cet instant, il lui aurait certainement assené un coup de béquille dans la tête pour la faire taire une bonne fois pour toute. Merde ! Il lui avait pourtant dit aucune démonstration de joie. Elle ne pouvait pas se tenir un peu ? Lui faisait l'effort de lui enseigner son savoir faire, elle pouvait bien faire l'effort de la fermer.

Récupérant sa béquille, Tadeck prit appuie dessus alors qu'il avait l'impression que ses jambes allaient le lâcher et qu'il allait s'écrouler par terre. Après lui avoir donné des "conseils" pour sa position, il déclara qu'elle pouvait y aller quand elle était prête. Ce à quoi miss tirée-à-quatre-épingle répondit : « Je suis prête. Je le suis depuis des années, si tu savais. » Tadeck grimaça et poussa une sorte de grognement des plus compréhensibles. Vous savez, un soupire rauque qui -pour faire court- signifierait : Et toi, si tu savais comme je m'en fou ! Alors tire et me casse pas les pieds. Elle resta quelques secondes immobiles, à viser sa cible. Et puis, le coup partit. Le bruit était moins puissant évidemment, elle ne disposait que d'un colt. Mais le simple bruit suffisait à lui faire perdre pied. Il ferma les yeux et posa sa main libre dessus, abaissant la tête. De nouveau, son esprit se remplie de mille souvenirs, des bruits, des odeurs, des voix, des images. Et ce goût amer dans la bouche, tout ce sang. Et puis, le visage de la petite fille... Il grimaça, comme s'il était victime d'une horrible douleur. C'est la voix de Dolly qui le fit ressortir de ses pensées. « Vous avez du vous tromper quelque part dans vos indications. Ou alors votre cible est trop petite pour une débutante, vous ne pouvez pas la régler ? Ou mieux m'expliquer, parce que je ne vois pas du tout ce que j'ai bien pu faire de travers. » Il ne réagit même pas. Il releva lentement la tête, le visage complètement fermé, les traits tirés et le regard sombre. Sombre et visiblement malmené. Une certaine souffrance se lisait aisément dans ses prunelles ambrées. Il ne regardait pas Dolly. Il fixait le vide, perdu dans ses pensées sinueuses.

Il finit par cligner des yeux, comme s'il revenait subitement à la réalité. Il tourna la tête vers Dolly qui le fixait avec intérêt, attendant une réponse. Il n'avait même pas vu ou la balle était partie. Et à vrai dire, il s'en foutait royalement. Il déglutit, cherchant ses mots et ses repères. Finalement, c'est d'une voix dépourvue d'agressivité, mais néanmoins froide et dur qu'il répondit : « On y arrive pas du premier coup, c'est normal. Il faut que tu trouves ton équilibre, ton meilleur angle et un tas de trucs encore. Il faut aussi que tu gères tes bras lorsque tu tires. La puissance du coup intervient sur la trajectoire quand on ne maitrise pas encore. Avance de 6 pas, et recommence. » Il se déplaça, commençant à avancer du nombre de pas indiqués pour rester à sa hauteur. Mais il l'arrêta avant, posant une main ferme sur son épaule. Il la serra si fort, qu'il laissa l'emprunte de ses doigts sur sa peau. Il se pencha à son oreille et lui murmura : « J'avais dis pas de démonstration de joie. Tu te souviens ? Vaut mieux pour toi, je ne te le redirais plus. » Puis, il franchit les trois pas restant avant de s'écrier d'une voix autoritaire : « Allé ! En place ! » Cet exercice allait l'achever. Il n'était pas sur de supporter encore longtemps le bruit des tirs.



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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyVen 22 Avr 2011 - 22:02

Espérer de la jeune femme une once de compassion ou même un sobre intérêt pour les émotions qui bouleversaient son voisin serait vain. Ce n'était et ça ne serait jamais son domaine. Elle n'était pas vile ou mesquine, elle ne prenait pas de plaisir en particulier à voir les gens souffrir, loin de là : elle ne remarquait tout simplement pas la souffrance des gens avant qu'ils ne la déclarent eux-mêmes. Dans le cas présent, les vicissitudes qui creusaient des marques sur le visage de Tadeck passaient pour une crampe d'estomac quelconque à ses yeux. Un instant soucieuse, elle le fixa longuement tandis qu'il tardait à répondre à son appel à l'aide. Est-ce qu'il allait rendre son déjeuner sur la pelouse ? Craignant pour ses tennis toutes blanches, elle glissa discrètement d'un pas en arrière dans l'espoir de sauver ses petons mais c'était inutile. L'homme semblait s'être reprit, lui parla même d'une voix étonnamment douce et l'excusa sans lutter pour sa maladresse au tir. Il était malade. C'était certain, il venait d'attraper un X virus en quelques secondes à peine. Éberluée, Dolly continuait de l'observer avec insistance, comme si elle s'attendait à ce qu'il se mette à présent à jongler avec ses pieds. Il s'était montré si grossier avec elle depuis son arrivée que cette soudaine armistice la rendait méfiante. Lentement pourtant, elle s'exécuta et se positionna parfaitement comme il lui avait demandé. Elle espérait simplement qu'il ne s'agissait pas de sa mise en place avant un coup en traitre.
Quand elle sentit les doigts de l'homme se serrer sur son épaule, elle sursauta et poussa un cri bref mais aigu. La prise était ferme, presque douloureuse mais ce n'était pas ça qui l'avait fait crier mais bel et bien la surprise. Néanmoins, à l'entente de ses mots, elle se pinça fortement les lèvres et secoua la tête de gauche à droite pour signifier son accord. Plus de démonstration de joie, c'est vrai. Lui jetant un dernier coup du coin de l'œil, elle prit une profonde inspiration et leva une nouvelle fois ses bras, l'arme pointée sur la cible. Elle n'avait vraiment pas l'impression d'être plus préparée que précédemment mais quelque chose avait changé. La distance, pour sûr, mais aussi l'attitude de son voisin. De belliqueux et grognon, il était passé à impassible à tendance autoritaire. Elle ne savait pas si c'était mieux mais dans tous les cas, elle semblait avoir assimilé l'idée qu'elle ne devait pas faire le moindre commentaire là-dessus – du moins pour le moment. En effet, la foule de questions qui envahissait son cerveau n'était qu'ajournée, et pas du tout effacée. Elle ne voulait pas l'aider (certainement pas, elle se fichait pas mal de ses problèmes personnels) mais uniquement assouvir une curiosité atrocement attisée par ses sautes d'humeur.
Quoiqu'il en soit, Dolly avait gagné en confiance et reportait toute son attention sur les cercles rouges qui lui faisaient face et qu'elle était censée atteindre d'au moins une balle. Ce n'était pas sorcier, elle y arriverait. Elle avait magistralement raté sa première tentative mais comme Nosborn l'avait si bien affirmé lui-même « c'est normal ». Elle devait se calmer et se concentrer. Rien de plus ni moins. S'auto-coachant mentalement de la sorte, elle finit par appuyer sur la gâchette au bout de cinq minutes qui devaient paraître interminables pour son voisin mais qui n'était que nécessité aux yeux de la scientifique. Et elle eut raison. La balle qu'elle avait mit tant de temps à relâcher atteignit la cible. Pas au centre, évidemment mais elle ne s'était pas perdue dans les bosquets comme les précédentes et avait bel et bien marquée la cible installée par le soldat. Et naturellement, ce fut trop pour elle …
Oubliant sa promesse tacite de ne plus exprimer sa joie, elle bondit dans les airs, s'exclamant « J'ai réussi ! » puis s'applaudissant toute seule, claquant l'arme contre sa paume opposée, le visage rayonnant de satisfaction. Sa réaction allait sans doute être sévèrement réprimée mais elle s'en moquait : c'était son cœur qui s'exprimait. Elle qui ne se laissait jamais – ô grand jamais – submerger par ses émotions ne savait pas minimiser les effets lorsqu'une vague d'émoi aussi puissante surgissait. Elle ne connaissait pas l'étendue du panel de ses émotions et c'était uniquement dans des moments comme ceux-ci, d'extrême félicité, qu'elle pouvait en prendre la mesure. Elle venait de concrétiser l'un de ses rêves les plus vieux et les plus tenaces. Réussir à utiliser une arme à feu la comblait. Le visage peu amical qui lui faisait face ne réussit même pas à atténuer son excitation et ce fut en tournouillant sur elle, continuant de crier « J'ai réussi !! », s'improvisant même quelques pas de danses hawaïennes, qu'elle fêta sa réussite sous le regard implacable de son voisin.
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Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyJeu 5 Mai 2011 - 14:55


Tadeck & Dolly

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver,
qu'avec un mot gentil tout seul. »




Tadeck ne réagit pas au cri de Dolly lorsqu’il lui emprisonna l’épaule entre ses doigts. Il la regarda hocher la tête pour confirmer qu’elle se souvenait bien qu’en effet, il valait mieux pour elle qu’elle évite toute manifestation de joie. Bien, la « séance » pouvait continuer. Et plus vite ils reprendraient, plus vite elle s’en irait. Que demander de plus ? Il n’attendait que ça depuis le moment même où elle avait appuyée sur cette maudite sonnette. S’éloignant d’elle pour lui laisser de la place, il prit appui sur sa béquille et la regarda, calme, attentif, patient. L’œil fixe, l’air sérieux, il attendait qu’elle se lance une nouvelle fois. Les minutes s’écoulèrent, et Dolly n’avait toujours pas tirée, prenant véritablement son temps cette fois-ci. Habitué à attendre des heures sans bouger dans le froid, cette situation ne lui posait aucun problème. Il la fixait, détaillant sa posture et les erreurs qu’elle pouvait commettre. Seulement, elle semblait si concentrée sur la cible qu’il préféra ne rien dire pour le moment. Il commenterait une fois qu’elle aurait tirée. Et enfin, le coup partit, atteignant la cible de plein fouet. Le carton se plissa et tangua légèrement avant de se stabiliser. Bon, elle était encore bien loin du centre, mais même lui ne visait pas parfaitement à chaque coup, malgré l’entrainement militaire intensif qu’il avait reçu. Alors elle pouvait s’estimer déjà bien heureuse d’avoir réussi à toucher la cible. Tadeck allait lui expliquer ce qui n’avait pas fonctionné ce coup-là, mais la jolie blonde ne lui en laissa pas le temps. Elle se mit aussitôt à sautiller sur place, tapant ses mains l’une contre l’autre tout en maintenant son arme et en s’écriant à maintes reprises : « J'ai réussi !! » Mon, dieu, il allait la tuer. Elle n’aurait pas pu faire pire comme démonstration de satisfaction. Souriante, rayonnante, elle s’abandonna même à quelques pas de danse juste sous ses yeux. Elle cherchait à le provoquer ou quoi ? En tout cas, même si ce n’était pas l’effet désiré, il était trop tard. Tadeck avait viré rouge, alors qu’une colère grondante s’emparait de tout son corps. Sa main se crispa de toutes ses forces sur la béquille, jusqu’à s’en faire mal. Et puis, cédant à ses pulsions violentes il s’approcha d’elle et lui arracha l’arme des mains avant de l’envoyer plus loin dans le jardin. Il se mit alors à lui hurler après : « JE T’AI DIS QUOI ?! » Et puis, sans crier gare, sa main droite s’écrasa avec violence sur la joue porcelaine de la jeune femme. Tadeck n’était pas quelqu’un de mauvais, ni de malintentionné. Son but n’était pas de lui faire du mal. C’était juste que… ça lui était insupportable et il avait fallu qu’il évacue sa rancœur, sa culpabilité. Ses démons le hantaient et il arrivait souvent qu’il perde un peu les pédales. Dolly avait cessé de danser. Continuant de lui crier après, il s’époumona : « Et ça va pas de secouer une arme comme ça ?!! Un coup aurait pu partir, t’aurais pu blesser quelqu’un bon sang ! T’es complètement malade comme femme ! » Il pointa son index dans sa direction, au bord de la crise de nerf, et continua d’une voix étranglée : « Je veux que tu sortes de ma maison, TOUT D’SUITE ! » Il déglutit, alors que ses yeux s’humidifiaient contre toute attente. Le souffle court, l’image de la petite irakienne collée contre la fenêtre venait se heurter dans son crâne, le déstabilisant, le fragilisant. Sa gorge c’était nouée et la main qu’il avait pointée sur Dolly tremblait. Les années avaient beau passer, il ne s’en sortait pas. Peut-être parce qu’il ne faisait aucun effort pour aussi, c’était vrai. Mais qu’importe les raisons, le résultat était là. Tadeck ne guérissait pas, ce qui le rendait aussi borderline. Il boitilla jusqu’à la table où il avait déposé son arme quelques minutes auparavant. Là, il la pointa sur Dolly et murmura : « Dégage. » Oserait-il tirer ? Je préfère laisser planer le doute. Avec Tadeck, on ne savait jamais… Les lèvres tremblantes, son visage semblait défiguré par la douleur, la peine, la colère. Il ajouta finalement : « Tu reviendras quand tu sauras te contrôler. Ou tu ne reviens pas. Sinon c’est toi qui serviras de cible et j’plaisante pas. » Encore une fois, difficile de savoir s’il bluffait ou pas. En tout cas, à première vue il était sérieux. Les doigts posés sur la gâchette, il fixait Dolly d’un œil quasi suppliant. Pour un inconnu, on aurait parfaitement pu croire que Tadeck était un échappé de l’asile.

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1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". Vide
Message(#) Sujet: Re: 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". 1020 ▬ Parce que tu ne connais pas la signification du mot "non". EmptyDim 12 Juin 2011 - 0:50

En une fraction de seconde, la situation changea du tout au tout. Son large sourire n'eut pas le temps de s'effacer que Dolly vit son arme lui être brusquement confisquée. D'un regard vide, elle vit le revolver s'envoler et tomber lourdement sur la pelouse. Hébétée, elle reporta rapidement son attention sur l'homme qui lui faisait face et réalisa malgré elle qu'elle était paralysée. Par quelque chose qui ne lui était résolument pas familier, quelque chose qui ne lui ressemblait pas : la peur. Une peur comme elle n'en avait jamais éprouvée, la dépouillant totalement de ses réflexes de défense habituels. Comme une marionnette a qui on venait de couper les fils, elle n'eut aucun mouvement lorsque Nosborn lui hurla dessus et reçut alors la gifle qu'il lui administra de plein fouet. Jamais, ô grand jamais n'avait-elle été battue, ni même par son père qui était un homme de poigne. Le choc fut violent, autant physiquement que psychologiquement. La douleur, elle ne la ressentit pas immédiatement ; c'était plutôt ce que représentait ce geste qui la blessa. Vacillant sur ses jambes, elle fit un pas en arrière pour retrouver son équilibre et lentement, elle leva sa main opposée qu'elle posa doucement sur sa joue rougie et endolorie. A cet instant, elle réalisa que sa main tremblait entièrement – en écho au reste de son corps qui était prit de tremblements. Elle sentit son rythme cardiaque s'affoler mais ses yeux restaient secs. Elle ne pleurerait pas. Pas tant que du sang de Missoni coulerait dans ses veines.
Alors, fièrement, elle releva des yeux effrayées mais butés vers son agresseur tandis qu'il poursuivait ses remontrances de manière exponentielle. Ses mots n'avaient aucun sens à son ouïe : il la traitait d'irresponsable alors que c'était lui qui venait de lui flanquer une claque ? Toujours immobile, son souffle se coupa lorsqu'il pointa un index dans sa direction et lui déclama avec agressivité de foutre le camp. Un instant, elle crut qu'il allait la frapper une fois de plus mais ce ne fut pas le cas, à sa plus grande surprise. Le visage de cet homme était tellement révulsé et il tempérait si fort qu'il était étonnant qu'il ne l'ai pas encore rouée de coups. Toutefois, cet ordre eut le don de la secouer et elle retrouva petit à petit, trop doucement sans doute au goût de son hôte, l'autorité sur ses membres. Elle fit alors un pas en arrière mais rien de plus. Son instinct lui hurlait pourtant de s'enfuir, de courir à toutes jambes jusqu'à chez elle et d'appeler la police mais son cerveau l'en empêchait. Pour la première fois de sa vie, elle éprouvait de l'empathie spontanée. Elle comprenait d'elle-même que quelque chose n'allait pas chez lui, simplement en regardant ses yeux, et que ce quelque chose n'avait rien à voir avec elle. Qu'elle n'était pas la responsable de sa colère, que celle-ci était le fruit de conflits internes trop puissants et qui ne pouvaient s'exprimer que par la rage. Elle ne lui cherchait pas des excuses, loin d'elle l'idée de pardonner ce qu'il venait de faire mais elle réussissait à mettre un sens à ce geste d'apparence impulsif et absurde. Dolly le dévisagea alors comme si elle le voyait pour la première fois, comme si elle avait soudainement affaire un tout autre homme : un homme dangereux mais torturé. Elle ouvrit alors la bouche pour rétorquer quelque chose – quoi ? Elle n'en savait rien, elle avait juste le besoin de parler à son tour – mais ses réflexes n'étaient pas encore assez vifs et Nosborn fut bien plus rapide qu'elle. Sans lui laisser le temps de lui répondre, il reprit son arme en main et la dirigea à présent sur l'arachnologue. Son sang se glaça dans ses veines tandis qu'elle fixait l'objet mais étonnamment, cette vision lui redonna courage. Ce n'était pas la première fois qu'elle se retrouvait une arme pointée sur elle, loin de là. « C'est donc comme ça que ça marche ? On cogne, on hurle et on vire ? Vous avez oublié de menacer toute ma famille ainsi que ma future descendance. Vous me faites pitié. » Sa dernière phrase, dans la bouche d'une autre, aurait sonné avec dédain et écœurement mais Dolly pensait la phrase de manière littérale : elle éprouvait de la pitié, de l'affliction pour lui. Elle ne connaissait pas les raisons de son comportement excessif et violent mais elle réalisait qu'il était le symptôme de douleurs sérieuses et profondes. En tant que scientifique, elle avait l'œil pour ce genre d'observation, mais cette fois-ci, son sujet n'était pas un insecte mais un être humain, chose inédite. Ne souhaitant pas insister, préférant amplement quitter les lieux pour éviter de se prendre de nouvelles violences, elle fit marche arrière en direction de la baie vitrée qui la conduirait à l'intérieur de la maison, sans pour autant quitter des yeux le regard fiévreux de Nosborn. Il tremblait sur sa canne mais ses doigts flirtaient trop fermement avec la détente de son arme pour que Dolly choisisse de lui venir en aide. Tant pis pour lui, il allait devoir se sauver tout seul. « Ça ne se terminera pas ainsi. » souffla-t-elle enfin une fois qu'elle quitta la pelouse avant de s'échapper par le salon. Toujours sous le choc mais d'avantage bouleversée par ce qu'elle avait ressentit en lisant dans les yeux de Tadeck, elle mit quelques minutes à trouver la sortie. Une fois qu'elle trouva la porte, elle sortit précipitamment, oubliant derrière elle sa veste et son sac qui représentaient à cet instant le cadet de ses soucis.
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