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 You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey

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Message(#) Sujet: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey Ven 21 Jan 2011 - 22:37

    Où que j'aille désormais, je ne parvenais pas à me défaire de cette odeur qui me collait à la peau. Dans la maison, sur les sièges de la voiture, mes vêtements, ses cheveux, mon sac... il me semblait même qu'elle avait réussi à s'infiltrer dans les carnets sur lesquels j'écrivais. Ou alors c'était moi, juste moi qui me l'imaginais. Après tout, ce n'était pas impossible. Quoi qu'il en soit, pour la première fois depuis leur naissance, et plus encore depuis leur arrivée chez nous, il m'avait semblé que cette odeur de bébé avait quitté l'atmosphère, ne serait-ce que momentanément. Je ne l'avais pas remarqué tout de suite, mais, quelques minutes après avoir passé le seuil de la porte, ça m'avait comme sauté aux yeux: je respirais autre chose dans cette pièce, quelque chose de différent... Probablement l'euphorie de retrouvailles trop longtemps différées, et puis cet environnement auquel je n'étais pas habitué y étaient pour quelque chose.

    Une fois les nouvelles de chacun de nos proches prises, ce qui avait mis plusieurs jours vu les circonstances, il s'était avéré qu'Abbey était la plus à plaindre. La plupart n'avaient que des dégâts matériels à signaler, comme nous d'ailleurs, les véritables sinistrés ne faisant pas, par chance dirons nous, partie de notre entourage. Seule exception, Aaron, dont la maison tombait quasiment en ruine, mais qui avait aussitôt trouvé une solution de substitution en installant ses quartiers chez Dakota; bon prétexte au passage pour le surveiller durant son traitement.
    Pour être honnête, je ne m'étais pas tout de suite inquiété de l'absence de réponse de la part d'Abbey, habitué à tomber sur son répondeur lors de l'une de ses fréquentes absences pour cause de tournage ou de promotion. Je lui avais quand même laissé un message, casant au passage l'annonce de la naissance des jumeaux, ce qui pouvait très bien passer pour la raison principale de mon appel. Autant dire que, lorsque j'avais finalement appris qu'elle faisait partie des personnes physiquement touchées par l'ouragan, je m'étais senti très bête, et très mal. Le pire était peut être de l'avoir appris bien après coup, alors qu'elle était déjà rentrée chez elle, et surtout pat hasard. Je savais que j'avais des excuses, on me les trouvais d'ailleurs à ma place, mais ça n'arrangeait pas tout. Je me sentais coupable d'avoir si vite interprété les faits, surtout de manière à ce qu'ils me conviennent. En temps normal j'aurai un peu plus gratté sous le vernis, pour m'assurer de ce qu'il en était réellement, mais là j'en avais tout simplement conclus que l'hypothèse la plus simple, et accessoirement celle qui m'arrangeait le plus, était la meilleure... Bel exemple! Et, comme pour essayer de me faire pardonner, je l'avais aussitôt appelée pour prendre de ses nouvelles, découvrant avec soulagement la vérité derrière toutes mes élucubrations. Tant que je l'imaginais saine et sauve, loin d'Ocean Grove, ça allait; mais dès l'instant où j'avais appris qu'elle avait été blessée, et qui plus est bloquée sous les décombres d'une maison qui lui était quasi-littéralement tombée dessus, je m'étais imaginé le pire. Tendance à la dramatisation, comme d'habitude. Il fallait toujours que j'envisage le pire concernant les gens auxquels je pouvais tenir, toujours. On avait beau ne pas se voir très souvent elle et moi, nos emplois du temps respectifs n'étant pas franchement compatibles, on avait pris l'habitude dès le début de correspondre par mails pour se donner des nouvelles, ou juste entretenir les choses entre nous. Mon installation à Miami n'avait ainsi pas changé tant de choses que ça entre nous, il était juste presque plus facile de se voir quand l'envie nous en prenait; et là cette envie s'était présentée à moi comme une évidence.
    Par téléphone, elle m'avait néanmoins rassuré. Elle avait bien quelques séquelles suite à l'ouragan, mais elle s'en tirait malgré tout sans trop de mal. Sa voix n'était pas complètement affranchie de tout doute, mais j'avais quand même perçu assez d'enthousiasme pour croire qu'elle allait bien. Puis je m'étais proposé de lui rendre visite, et elle avait accepté, d'où ma présence devant sa porte. Un coup de sonnette, à peine le temps de regarder autour de moi pour constater que son jardin avait moins souffert que le nôtre, et puis elle avait ouvert, souriante et semblable à l'Abbey que je connaissais, même si l'on voyait qu'elle avait connu de meilleurs jours. Enfin, il me semblait le voir.

    Salut !

    S'ensuivit le rituel habitue. Elle me fit entrer, me laissant découvrir un salon qui n'avait visiblement pas trop souffert de l'ouragan lui non plus... Tout notre contraire en gros: sa maison avait bien résisté tandis que chez nous le jardin et le salon avaient été dévasté; et nous n'avions pas été physiquement touchés contrairement à elle. Je lui tendis la boîte de chocolats que j'avais apporté, Parfaite et ma mère m'ayant toutes deux soutenu que c'était le cadeau idéal dans une situation de ce genre, et je voulais bien les croire.
    S'ensuivit le temps des banalités d'usage, quoi qu'un peu exceptionnelles finalement vu leur contenu. Elle me raconta ses trois jours jours passés sous les décombres en compagnie d'Ethan, son agent qui se trouvait également être le mien, me faisant prendre un peu plus conscience encore de ma totale déconnexion avec le monde extérieur. Elle ne fit pourtant pas toute une histoire de son statut de miraculée, comme d'autres auraient pu le faire, au contraire elle me donnait l'impression de ne pas encore tout à fait réaliser, à moins qu'elle ne souhaite pas trop en parler ni entrer dans les détails. En un sens, elle me rappelait quelqu'un... Elle enchaina ainsi rapidement sur l'autre grande nouveauté du moment, la naissance des jumeaux. Comble de malchance, moi aussi j'avais un peu de mal à faire de longues déclarations sur ce sujet, comme encore trop étonné pour y parvenir. J'avais assisté à l'accouchement, puis étais venu leur rendre visite tous les jours à la maternité, mais je n'arrivais pas à dépasser le stade des plus simples évidences - ou, du moins, qui m'apparaissaient comme telles. Par chance, les photos pouvaient parler d'elles-mêmes, et je lui montrai la petite sélection prise depuis mon portable. Ce n'était pas du grand art, et il s'était par moment avéré acrobatique de prendre un cliché sans que l'un des deux ne cache l'autre, mais au final on les voyait assez pour se faire une idée de ce à quoi ils pouvaient ressembler. Deux bébés, bien sûr, mais comme tout père je leur trouvais des particularités extraordinaires. Et Parfaite faisait de même bien entendu, ma mère ne venant ensuite pas bien loin derrière au niveau des éloges. Quant aux autres personnes venues les voir, la plupart n'avaient pas été beaucoup plus originales que nous, à l'exception comme toujours d'Aaron qui, en les pointant du doigt, avait demandé qui, du "chauve" et du "velu" était un garçon. Ou l'art et la manière de poser une question face à ma fille qui s'avérait être plus chevelue que velue contrairement à ses sous-entendus...
    Le visionnage des photos terminés, je reposai mon portable sur le coin de la table devant nous, me rappelant de ne pas l'oublier en partant. Dans tous les cas il n'était pas perdu, mais si je pouvais m'éviter l'angoisse de le cherche partout chez nous avant de me souvenir où je l'avais laissé, ça m'arrangeait plutôt. Pas que ça me gène de revenir la voir, bien au contraire, mais si je pouvais enfin avoir l'opportunité de m'arrêter de courir en tous les sens je votais pour! Et dire que l'on venait de s'engager pour de longues années de labeur. Pauvres fous que nous étions! Et Abbey pouvait même s'ajouter au compte, puisque pour elle aussi les choses sérieuses commençaient: sa carrière que je suivais de près étant enfin en train d'être considérée à sa juste valeur.
    Et, dans le confort de son intérieur, je me surpris à rêver des béatitudes de l'avenir. Un avenir plus tranquille que ce que j'avais pu connaitre ces derniers mois.

    On aura pas eu une fin d'année de tout repos tous les deux quand même, mais je trouve qu'on s'en tire pas trop mal!

    Non, effectivement, on ne s'en tirait pas trop mal. Tous deux en vie, relativement en forme malgré la fatigue qui pointait le bout de son nez, et puis prêt à attaquer la suite. D'ailleurs, en parlant de suite, ça me rappelait quelque chose...

    Au fait, c'est quoi le truc que tu avais à me dire et qui pouvait pas l'être par téléphone? Un secret?

    Je souris, comme un gamin que la curiosité venait chatouiller et s'était déjà imaginé toutes sortes de possibilités. Son nouveau projet peut être, puisqu'il nous était arrivé à plusieurs reprises de parler de ses rôles à l'avance, amorçant le tour du personnage ensemble. Ou alors une bonne nouvelle du côté de sa vie sentimentale, idée essentiellement motivée par le fait qu'autour de moi la plupart des gens s'étaient progressivement mis en couple et qu'elle méritait un bonheur de ce genre. Et, parmi la multitude d'hypothèses envisagées, j'attendais de savoir quelle était la part de vérité que j'avais vu trouver...
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Message(#) Sujet: Re: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey Lun 9 Mai 2011 - 19:22


You danced your dance and
my sweet song was sung.
FT. BASIL LANE & ABBEY KASSIDY


Approximativement trois jours. Exactement deux jours, vingt-deux heures et vingt-neuf minutes. C’était le temps qu’il avait fallu aux secouristes pour venir à leur secours, sous les décombres de la maison d’Ethan, après le passage de l’ouragan qui avait fait des ravages dans la petite bourgade tranquille d’Ocean Grove. Si certains n’avaient subi que de faibles conséquences aux suites de cette perturbation métrologique, d’autres – comme Abbey – en avaient subi les conséquences physiques et psychologiques. Déshydratée, blessée et ayant perdue une grande quantité de sang, faible, affamée… c’était l’état dans lequel on l’avait retrouvée, au bord de l’évanouissement, alors qu’Ethan gisait déjà à ses côtés, inconscient ou endormi, elle l’ignorait. Les secours avaient aussi pris soins d’eux et les urgentologues de Baptist Hospital avait fait un travail fabuleux, si bien qu’après seulement une semaine aux soins intensifs, elle reçut son congé et put retourner chez elle – sa maison étant pratiquement intact, ne serait-ce que les quelques fenêtres ayant éclaté sous la force du vent, et les problèmes de plomberie, le système ayant été abimée durant la tempête, mais rien de grave, vraiment. Et puis, Bluenn avait tout géré durant son absence. Ainsi, le jour de son retour au N°3139 Apple Road, les traces de l’ouragan avait presque toute disparu – si l’on excluait, bien entendu, les débris dans les rues et le paysage chaotique qu’offrait le quartier… à croire que d’autres avaient été plus malchanceux qu’elles, du côté matériel de la chose.

Les fêtes de Noël et du jour de l’an passèrent, et Abbey, toujours aussi généreuse, en profita pour donner un peu du sien. Vu les difficultés que connaissaient certains habitants, elle donna généreusement aux organismes venus à leur secours, autant en argent qu’en bien. Son état ne lui permettait pas de s’investir davantage, avec un bras dans le plâtre et certaines blessures superficielles aux jambes et à la tête qui la faisait parfois souffrir. Néanmoins, elle ne pouvait pas rester passive face à la misère de certains de ses voisins. C’était tout elle, d’ailleurs, le cœur sur ma main et toujours là pour aider son prochain. Elle se faisait d’ailleurs un devoir de rassurer sa famille et ses amis qui s’inquiétaient pour elle, certains, comme Basil, ayant appris tardivement ce qu’elle avait enduré durant les jours qui suivirent le désastre climatique. Elle ne leur reprocha pas la chose, sachant que tout un chacun avait sa propre part d’inquiétude de leur côté. Leur bonne pensée, même en retard, mettait un baume sur son corps meurtri.

Puis, janvier arriva, et avec lui la nouvelle année. Et les nouveaux projets. Partiellement remise de la plupart de ces blessures, Abbey recommença à travailler, à sortir, à prendre part à diverses entrevues et soirées-bénéfices pour des organismes qui lui tenaient à cœur. Mais une chose en particulier retint toute son attention durant les premières semaines de l’année, et, lorsque Basil lui proposa de venir lui rendre visite, elle trouva le moment tout à fait approprié. Ce jour-là, quand la sonnette retentit dans sa résidence, Abbey sut immédiatement de qui il s’agissait. Elle fut d’ailleurs très heureuse de l’accueillir. « Salut! » lui lança-t-il. « Bonjour! » lui répondit-elle de sa voix enjouée, lui intimant d’entrer chez elle, après quoi elle lui le serra dans ses bras, plus qu’heureuse de le voir. Lorsqu’ils se séparèrent, elle l’invita à s’installer au salon alors qu’elle passait à la cuisine chercher quelque chose à boire. « Fais comme chez toi, mon cher. » Puis, dès qu’elle fut installée à ces côtés, ils se mirent à papoter comme deux commères, se racontant ce qu’ils n’avaient pu se dire au cours des derniers mois. Abbey lui parla de ce qu’elle avait vécu sous les décombres, de son hospitalisation et des blessures qu’elle avait subies – et dont il ne restait que peu de traces, excepté la prothèse qu’elle portait au poignet, qui avait le plus souffert durant l’ouragan. Basil, quant à lui, lui raconta la naissance de ces enfants, agrémentant le tout de photographie, certes, prises sur un téléphone portable, mais pour l’essentiel, on voyait très bien ces deux jumeaux. « Ils sont magnifiques, vraiment. Je t’envie, tu sais. Je rêve d’avoir des enfants, mais dans ma situation actuelle, ce n’est pas prêt d’arriver. » Il était vrai qu’en étant célibataire sans aucun potentiel en vu, la chose s’avérait plutôt compliqué. Mais si Abbey semblait prendre la chose plutôt à la légère, son horloge biologique, elle, sonnait le glas. Néanmoins, elle n’avait pas envie d’en discuter davantage. Pour l’instant, elle profitait bien des instants passés avec les enfants de ses amis, cela la comblait de bonheur, même si ce n’était que superficielle. « On aura pas eu une fin d’année de tout repos tous les deux quand même, mais je trouve qu’on s’en tire pas trop mal! » La remarque de Basil la remmena à la réalité, et elle acquiesça. « Ça aurait pu être pire, je te l’accorde. Mais je pense que si cela doit se reproduire, je préfère passer mon tour, j’ai assez payée!» conclua-t-elle finalement, un léger sourire aux lèvres. Puis, alors que l’envie de lui parler de ce projet dont elle avait eu vent se manifestait, Basil lui-même lui ouvrit la porte. « Au fait, c’est quoi le truc que tu avais à me dire et qui pouvait pas l’être par téléphone? Un secret? » « Presque. » susurra-t-elle, un grand sourire aux lèvres, désormais. À l’instar de Basil, même s’il ignorait de quoi elle parlait. Elle tenta bien le faire languir plus longtemps, gardant le silence en l’observant, mais elle-même impatiente de lui apprendre la chose, elle n’en pouvait plus de se retenir. « J’ai eu un téléphone au début du mois, un ami réalisateur. Il m’a parlé d’un projet et avant même qu’il termine son explication, j’avais accepté d’y participer. Mais… mais il fallait que je t’en parle avant. » Elle laissa en suspens la phrase, assez de temps pour que Basil se questionne sur la teneur de ces propos. Et puis, depuis quand lui demandait-elle son avis pour ces projets? Jamais. Elle se leva alors et, se dirigeant vers sa bibliothèque, elle en extirpa un livre qu’il dût reconnaître, aisément. Peut-être que là, il ferait le lien. Elle le posa entre eux sur le divan, attendant qu’il fasse quelconque remarque. Mais finalement, elle s’exclama d’une voix vive et légèrement trop enjouée : « Il veut adapter ton roman à l’écran, Basil! Tu te rends compte!» Et voilà, la bombe était lancée.




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Message(#) Sujet: Re: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey Dim 29 Mai 2011 - 0:12

    De toutes les personnes qui avaient pu me soutenir dans mon obsession à devenir écrivain, Abbey avait une place toute particulière, et il était fort probable qu'elle ne s'en doute même pas. Je n'étais même pas sûr qu'elle se rappelle en détail du soir de notre rencontre et tout ce que nous avions pu nous raconter... pour être honnête, je devais moi même en avoir oublié une bonne partie. Maladroitement, j'étais allé lui présenter des excuses pour le comportement de Linwood, mon ami n'ayant pas eu le tact de tempérer ses critiques à l'égard du film que nous venions de voir, et son actrice principale en avait fait les frais. Tout le monde l'avait reconnu, ce n'était pas un chef d'œuvre intemporel, soit. Mais elle n'avait pas mérité un tel traitement pour le simple fait d'avoir joué dedans et, à la voir isolée dans le courant de la soirée, je m'étais dirigé machinalement vers elle. Pour Linwood, les choses étaient soit noires, soit blanches. Il n'acceptait aucun intermédiaire, et pour les gens qui ne le connaissaient pas c'était parfois déroutant. Pour les habitués aussi, mais dans une moindre mesure. En fait, à force, je ne l'écoutait même plus, ne supportant plus de l'entendre rabâcher encore et encore ses éternelles théories sur l'Art, le Monde, la Vie, la Vérité et tout le reste, à accompagner bien évidement d'une majuscule puisque dans sa bouche ça sonnait plus comme un prêche que comme n'importe quoi d'autre. Au début, j'avais trouvé ça presque fascinant de l'entendre déblatérer sans arrêt, et puis j'avais compris que ses paroles étaient majoritairement vides. Il faisait de belles phrases et savait comment les enrober, mais ce n'était que de la forme. Avec lui, j'avais appris à faire semblant. Semblant d'écouter, semblant d'aimer, semblant de vivre. Et là, tout d'un coup, ça m'avait sauté aux yeux: je faisais fausse route. J'avais alors rejoint Abbey, essayant de lui dire de la manière la plus objective possible à quel point certaines personnes sur terre peuvent parfois se comporter à la manière de l'Empereur des Cons, et qu'il ne faut surtout pas en tenir rigueur faute de quoi on risque d'y perdre plus que ce que cela mérite. Je pensais m'arrêter là, persuadé qu'elle n'aurait rien à faire de la compassion d'un petit anglais, mais nous nous étions ensuite mis à discuter. Personne ne nous prêtait attention et nous pouvions parler tranquillement, mais au bout d'un moment nous nous étions discrètement éclipsés vers l'extérieur. Elle n'avait qu'une nuit à passer à Londres, et je m'étais proposé pour être son guide, bien que l'heure tardive ne soit pas vraiment celle rêvée pour découvrir une aussi belle ville. Je connaissais néanmoins la capitale quasiment par cœur et, même de nuit et malgré nos tenues si peu appropriées pour partir à l'aventure, je l'avais reconduite à son hôtel en lui montrant quelques lieux pouvant lui laisser un souvenir plus agréable que celui que lui aurait laissé l'avant-première. Ce n'était pas grand chose, mais pendant les deux petites heures qu'avait durée notre escapade, je m'étais senti revivre, et il me semblait que ses sourires n'étaient pas feints. Quand, arrivés à destination et dans sa chambre plus particulièrement, j'avais hésité le temps d'un instant sur ce qui était en train de se passer. Ça avait été une belle nuit, et je ne cherchais rien d'autre. Elle m'avait pourtant retenu, m'affirmant que, vu l'heure, il valait mieux que je reste, sa petite suite étant bien assez grande pour y loger deux personnes. Au final, le jour s'était levé alors que nous étions toujours plongé dans nos discussions, et de mon côté j'avais pris deux importantes décisions. La première concernant l'avenir de ma vie sentimentale, la seconde cette envie d'écrire qui me taraudait désormais avec force. Abbey était encore quasiment une inconnue, et pourtant je lui avais livré tout ce que j'avais sur le cœur et la conscience, l'alcool et le manque de sommeil aidant peut être. Elle était la première à qui je faisais clairement part de mon envie d'écrire et, même si elle n'avait pas la moindre idée de ce que je pouvait valoir, elle m'avait encouragé et c'était alors tout ce qui avait compté. Je n'avais aucune idée de si je pouvais ou non me fier à son jugement, mais c'était le coup de pouce dont j'avais besoin. Le simple fait de savoir que ce n'était pas une connerie monumentale m'avais suffit, puis les pages s'étaient enchaînées sur un coin de mon bureau. Si elle m'avait ri au nez, peut être que j'aurais abandonné, suivant des études qui m'auraient ennuyé au plus au point, postulant ensuite pour un boulot quelconque où je n'aurais rien fait de plus palpitant que compter les minutes me séparant de la fin de la journée, flottant dans un entre deux continuel plutôt de prendre en main mon destin. Comme quoi les choses pouvaient parfois tenir à d'infimes détails...

    Assis dans son canapé, attendant qu'elle revienne avec les boissons, je me sentais quelque peu nostalgique à repenser aux circonstances de notre rencontre. Ça me paraissait désormais si loin, comme si j'avais vécu des dizaines de vie entre temps. Quand elle revint pourtant, elle était la même. Nous avions pris quelques années bien sûr, mais le fond n'avait pas changé, et nous étions toujours capable de discuter sans fin de sujets puis d'autres, rebondissant de l'un à l'autre. Ils sont magnifiques, vraiment. Je t’envie, tu sais. Je rêve d’avoir des enfants, mais dans ma situation actuelle, ce n’est pas prêt d’arriver. Pour avoir déjà évoqué le sujet ensemble, je ne pouvais que comprendre ce qu'elle voulait dire, même si elle assumait les choix qui l'avaient conduit à sa situation actuelle. Elle ne s’appesantit cependant pas là dessus, me laissant enchaîner avant de reprendre le fil au vol. Ça aurait pu être pire, je te l’accorde. Mais je pense que si cela doit se reproduire, je préfère passer mon tour, j’ai assez payé! Effectivement. D'ailleurs j'étais prêt à soutenir sa cause si jamais je me retrouvais à avoir son sort entre mes mains. Ca aurait bien entendu pu être pire, mais aussi tellement mieux...

    Puis vint le moment de mettre les pieds dans le plat, et sa réponse me laissa penser qu'elle aussi avait envie d'aborder ce mystérieux point de nos discussion. Presque. Presque? Est-ce que c'était une réponse ou juste une tentative supplémentaire d'attiser ma curiosité? Si c'était le cas, c'était réussi! J’ai eu un téléphone au début du mois, un ami réalisateur. Il m’a parlé d’un projet et avant même qu’il termine son explication, j’avais accepté d’y participer. Mais… mais il fallait que je t’en parle avant. J'avais beau suivre l'évolution de sa carrière et parler avec elle de ses rôles quand elle s'apprêtait à les interpréter, elle ne m'avait jamais demandé mon avis à l'avance. Je ne lui demandais pas de le faire de toute façon, n'étant ni son agent ni forcément de très bon conseil vu mes goûts en matière de cinéma, mais peut être que cette fois un détail dans son personnage me rendait nécessaire dans son travail. Restait à savoir de quel type de détail il pouvait bien s'agir, et là je nageais complètement.
    Elle se leva alors, prenant dans la bibliothèque un livre que je crus reconnaître aussitôt. Et que j'avais bien reconnu. Le mien. Elle revint s'asseoir et le posa entre nous, me regardant avec un grand sourire. Mes yeux oscillaient entre elle et son exemplaire de "The Ambersand" tandis que je cherchais à rassembler dans le bon ordre les morceaux de l'histoire à ma disposition. Il me semblait entrapercevoir un lien, mais tellement fou qu'il me semblait bon à rejeter. Me voyant patiner, elle se lança à mon secours, l'intonation de sa voix achevant de me clouant sur place. Il veut adapter ton roman à l’écran, Basil! Tu te rends compte!
    Non, je ne me rendais pas compte. Attendez. Mon roman, adapté à l'écran, c'était bien ça? Je n'imaginais pas Abbey me faire une plaisanterie d'aussi mauvais goût, mais le fait d'imaginer une future adaptation de mon texte au cinéma me paraissait tout aussi dingue.

    Tu es sérieuse?

    Question bateau dont la réponse résonna dans ma tête avant même qu'elle ne la formule. Je baissai la tête en direction du roman, souriant jusqu'à l'excès, regardant cette couverture que je ne connaissais que trop bien. L'exemplaire d'Abbey avait quelques pages dont dépassait un post-il coloré, et dans tous les cas en bien meilleur état que celui qui trônait dans ma propre bibliothèque et qui avait connu un usage plus que soutenu.
    Je relevai alors la tête, retenant cette envie que j'avais de la prendre dans mes bras et de pousser un cri de joie à lui faire regretter de s'être lancée dans pareille aventure, mais j'avais tellement de choses à lui demander que les manifestations d'émotion restèrent bloquées quelque part dans mon cerveau, tournant en rond avant de pouvoir remonter à la surface. Seul ce sourire arrivait à jaillir.

    C'est toi qui est à l'origine du projet, c'est ça? Enfin personne n'oserait se lancer là-dedans, c'est pas... D'ailleurs tu es sûre que c'est pas le contre-coup qui t'a donné cette idée? Enfin, c'est pas que je dis que c'est de la folie, mais quand même c'est... C'est génial!

    Je me relevai tout à coup, incapable de rester en place une minute de plus, riant à moitié tout seul, l'idée se faisant progressivement une place dans mon esprit. Et plus elle y restait, plus elle me plaisait. C'était dingue, mais en même temps particulièrement excitant.
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Message(#) Sujet: Re: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey Jeu 30 Juin 2011 - 17:25


You danced your dance and
my sweet song was sung.
FT. BASIL LANE & ABBEY KASSIDY


Le souvenir de sa rencontre avec Basil lui rappelait à la fois de bons et de très mauvais moments – disons que son avis était mitigé sur la question, vu tout ce qui avait suivi la chose. Son film faisant première à Londres, elle avait été obligée par son agent du moment de s’y rendre, malgré les critiques très peu élogieuse à l’égard du long métrage qu’ils présentaient. Abbey s’y était effectivement rendu à reculons, redoutant à chaque instant les critiques et les attaques sur ce navet auquel elle regrettait désormais d’avoir participer. La soirée fut longue et rude, certains lui jetant des regards de biais, signe visible de leur désapprobation. Elle, l’enfant chéri en pleine ascension, venait de se mettre des bâtons dans les roues. Coup dur pour l’orgueil, mais aussi pour le moral. Sans compter les commentaires désobligeant de ce jeune homme qui n’hésita pas une seule seconde avant de lui en mettre pleins la gueule avec ces remarques désobligeantes sur le film. Elle apprit, plus tard, qu’il était le petit ami de Basil. Après une nuit passée avec ce dernier à se balader dans les rues de la ville, et à bavarder dans sa chambre d’hôtel, elle fut bien heureuse de se rendre compte qu’il y avait encore des âmes charitables et aimantes dans ce bas monde. Elle n’avait fait qu’une seule erreur : celle de participer à ce projet. Elle souhaitait désormais mettre tout cela derrière elle et continuer, oublier. Malheureusement, tout alla de travers dans les années qui suivirent : le monde, lui, n’oubliait pas sa bévue. Elle passa difficile au travers de cette épreuve, perdit sa place dans des projets qui lui tenait à cœur… Par contre, ces proches se montrèrent présents pour elle, même Basil malgré l’océan qui les séparait.

Les discussions allaient toujours bon train entre eux, à croire qu’après toutes ces soirées à discuter, ils n’arrivaient jamais à épuiser les sujets de conversations! Ce n’était pas Abbey qui allait s’en plaindre, c’est sûr. Elle aimait passer quelques heures en compagnie de Basil, et la chose était plutôt réciproque. Tout coulait si bien entre eux : aucune ambigüité et une belle complicité. Ils étaient de véritables amis. Du moins, c’est ainsi qu’elle le considérait. À savoir si l’inverse était le même, l’actrice en aurait mit sa main au feu.

Dès qu’on lui avait parlée de ce projet, Abbey avait su qu’elle n’avait nul autre choix que de s’investir dans ce dernier, sinon, elle le regretterait amèrement. Mais avant toute chose, ils devaient avoir l’approbation de l’auteur, et visiblement, elle était la meilleure personne au monde pour lui apprendre cette nouvelle. Le connaissant, elle se doutait bien qu’il serait tout aussi enthousiasme qu’elle, voir peut-être même plus. Bien sûr, elle tourna autour du pot un moment, voulant garder le suspense à son paroxysme, mais elle ne put se retenir bien longtemps de lui annoncer cette merveilleuse nouvelle. La surprise se lut automatiquement sur son visage. « Tu es sérieuse? » la questionna-t-il, et elle ne pu s’empêcher de rigoler un peu. « Mais qu’est-ce que tu crois? Que je te raconterais tout ça pour ensuite te dire que c’est faux? Je n’oserais même pas faire cette blague même à mon pire ennemi! » Et connaissant Abbey, il devait savoir qu’elle était incapable de faire du mal à une mouche, alors… Blaguer sur une situation aussi sérieuse ne lui avait même pas traversé l’esprit. Elle dû toucher un point sensible chez lui, assez en tout cas pour le convaincre de la véracité de ses propos, puisqu’il afficha un énorme sourire sur son visage, s’accordant parfaitement avec celui de la jeune femme. Puis, les questions jaillirent, l’une après les autres, de sa bouche, trop rapidement que qu’Abbey puisse y glisser un seul mot. « C'est toi qui est à l'origine du projet, c'est ça? Enfin personne n'oserait se lancer là-dedans, c'est pas... D'ailleurs tu es sûre que c'est pas le contre-coup qui t'a donné cette idée? Enfin, c'est pas que je dis que c'est de la folie, mais quand même c'est... C'est génial! » Puis, soudainement, il se leva, commençant à faire les cent pas dans son salon, riant, un peu comme un fou ou comme un savant ayant enfin trouvé la solution à son problème. Abbey ne s’en offusqua pas, trouvant la situation particulièrement amusante : il faut dire que la bonne humeur actuelle de Basil en étant presque contagieuse. Quand il se montra un tantinet plus réceptif que l’instant auparavant, elle répondit enfin à ses questions. « Je suis en partie responsable, c’est vrai, voir pleinement selon ce que tu en penses. J’ai aimé ton roman dès le début, tu le sais et je ne pouvais m’empêcher d’y voir un certain potentiel cinématographique – c’est dans ma nature, que veux-tu! De fil en aiguille, j’ai discuté avec des collègues producteurs et réalisateurs. Certains se montraient intéressés, d’autres non. Mais un seul à vraiment mordue à l’hameçon. C’est pourquoi il m’a contactée, sachant que j’étais derrière tout ça. Il a déjà pleins d’idées pour ce projet, et je sais que ça lui tient autant à cœur qu’à moi. Assez en tout cas pour que j’accepte de le financer si tu acceptes sa proposition. » Un réalisateur sans argent n’aurait pas fait long feu pour son film, mais si Abbey y mettait ses efforts, que ce soit en argent ou en temps investit, elle savait que ce film serait un grand succès. Elle s’en était fait la promesse quand elle avait décidé de mener ce projet à bien. « Qu’en penses-tu? J'ai bien compris que tu trouvais cette idée, mais je veux vraiment savoir ce que tu en penses. Sans toi, sans ton approbation, nous n'irions pas très loin, tu sais. »

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Message(#) Sujet: Re: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey Dim 10 Juil 2011 - 23:34

    Dire que mes écrits étaient comme mes enfants tenait à peine de l'euphémisme. Qu'on ne s'y trompe pas, je ne préférais pas ceux de papier à ceux qui m'attendaient actuellement à la maison, mais ils faisaient tous partie intégrante de ma vie, et j'étais prêt à les défendre si jamais le besoin s'en faisait sentir. Mais Parfaite n'avait pas à s'inquiéter outre mesure : entre mes personnages et les jumeaux, je choisirais toujours ces derniers. Aussi importants que soient les héros de mes romans, ils n'étaient pas réels, pas tout à fait, et ça faisait toute la différence. Avant de devenir père, ils avaient eu toute mon attention, la publication de mon premier roman ayant été accompagné de touts les petits soins possibles et imaginables, mais ils allaient désormais avoir une sérieuse concurrence. Qui allait m'en blâmer après tout ? A part moi-même, insatisfait peut être de ne pas pouvoir me consacrer autant à mon art que je l'aurai voulu, je ne voyais personne d'autre. Alys et les autres n'allaient pas jaillir d'entre les pages pour manifester leur mécontentements et me le reprocher par la suite -à moins que je devienne fou et n'arrive plus à distinguer la fiction de la réalité, mais ça serait une autre histoire-, ce qu'Elinor et Hector auraient tout à fait le droit de faire. Déjà, par le passé, Parfaite m'avait parfois fait la remarque qu'elle se sentait délaissée lorsque j'étais plongé en pleine activité créatrice, et quelque chose me disait que cette mauvaise habitude était appelée à durer. J'avais beau faire des efforts, il y avait des moments où, inspiré ou je ne sais trop quoi du même genre, je n'entendais plus rien du monde extérieur. On pouvait me parler, le téléphone sonner, les extraterrestres débarquer ou Dieu m'énoncer sa bonne parole à révéler à l'humanité que je n'en aurait rien entendu. C'était quelque chose de difficilement explicable, mais bien là. Quand j'écrivais, j'oubliais tout, de l'heure jusqu'à ce qui se passait autour de moi. J'exagérais peut être un peu en disant que rien ne pouvait m'atteindre, mais il y avait pourtant bien de ça. Et savoir que mon roman, que l'ainé de tous mes petiots, allaient avoir la possibilité de devenir un film... quelque chose me disait que je n'en avais pas fini de me sentir écartelé entre ma vie de famille et ma vie professionnelle...

    A tous ceux qui me posaient des questions sur la façon dont j'avais rencontré Abbey, j'avais un peu de mal à être honnête. Avouez que l'on peut difficilement expliquer que l'on avait passé une nuit ensemble, à discuter de tout et n'importe quoi alors que l'on ne se connaissait pas six heures plus tôt, et qu'il ne s'était rien passé entre nous. Même Parfaite, qui me connaissait assez pour savoir mes difficultés relationnelles avec les gens, avait eu un peu de mal pour accepter ma version des faits. Pourtant, c'était tout à fait ça. Dès le départ, les choses auraient pu déraper entre nous, mais elles n'étaient jamais allées plus loin que l'amitié, et ça me convenait tout à fait. Et j'étais sûr qu'il en était de même pour elle. Je l'appréciais, j'aimais passer du temps en sa compagnie, l'écouter me raconter les tournages et promotions qu'elle enchaînait, et j'aimais tout autant regarder les films dans lesquels elle jouait. Tous n'étaient pas des chef-d'oeuvres, mais j'aurai été incapable de citer un seul acteur ou réalisateur n'ayant pas fait la moindre daube dans sa carrière, aussi estimé et illustre soit-il. Les vrais cinéphiles auraient probablement une objection à faire sur ce point, mais je n'en étais pas un, et ne me prenais pas la tête avec ce genre de problèmes. Du moment qu'elle y faisait une apparition suffisamment importante pour pouvoir dire, la tête haute, "j'ai joué dans ce film", alors je le regardais. En tant qu'ami c'était la moindre des choses, et en tant que fan le minimum syndical. Heureusement que j'étais surtout le premier...
    Pour la connaître de longue date, le fait de lui demander si elle était sérieuse était un peu stupide de ma part, sachant pertinemment qu'elle ne se serait jamais permis de me faire une blague aussi cruelle. Mais bon, on n'était jamais trop prudent... Mais qu’est-ce que tu crois? Que je te raconterais tout ça pour ensuite te dire que c’est faux? Je n’oserais même pas faire cette blague même à mon pire ennemi! Pas faux. Même très juste. L'état d'excitation dans lequel sa nouvelle m'avait plongé était définitivement déconseillé pour tenir une conversation sérieuse. Sans pour autant m'arrêter de sourire béatement, je tentai intérieurement de me calmer, et surtout de reprendre contrôle de moi-même. Ok c'était inattendu, et très appréciable, mais ce n'était pas le moment de tout faire rater. Mes tentatives donnèrent rapidement de bons résultats et, comme si Abbey attendait de me voir calmé, elle continua. Je suis en partie responsable, c’est vrai, voir pleinement selon ce que tu en penses. J’ai aimé ton roman dès le début, tu le sais et je ne pouvais m’empêcher d’y voir un certain potentiel cinématographique – c’est dans ma nature, que veux-tu! De fil en aiguille, j’ai discuté avec des collègues producteurs et réalisateurs. Certains se montraient intéressés, d’autres non. Mais un seul à vraiment mordu à l’hameçon. C’est pourquoi il m’a contactée, sachant que j’étais derrière tout ça. Il a déjà pleins d’idées pour ce projet, et je sais que ça lui tient autant à cœur qu’à moi. Assez en tout cas pour que j’accepte de le financer si tu acceptes sa proposition. Plus les mots s'enchaînaient, et plus je me sentais fébrile. J'étais même tenté de me pincer pour vérifier que je n'étais pas en train de rêver, mais arrivai à me retenir. Je savais que le roman lui avait plu, elle me l'avait dit dès qu'elle en avait fini la lecture, mais je ne me serai jamais douté du reste. Enfin si, un peu pour le potentiel cinématographique, mais je ne pensais pas qu'une telle offre arriverait si vite. Et dire que le projet avait l'air déjà lancé, c'était dingue ! Et qu'est-ce qu'elle avait dit à la fin, qu'elle acceptait de le financer? Woh. Là le sourire m'en tomba, tellement surpris de la tournure que prenaient les événements. Qu’en penses-tu? J'ai bien compris que tu trouvais cette idée, mais je veux vraiment savoir ce que tu en penses. Sans toi, sans ton approbation, nous n'irions pas très loin, tu sais. Bon, l'instant était grave. Il me fallait prendre une décision, et une bonne.

    Je sais pas quoi dire...

    A voir son expression, je devais avoir l'air bête. Après tout, qu'est-ce que c'était que cette réponse que je lui faisais, qui ne servait strictement à rien? Mais, pour être honnête, je ne savais pas quoi en dire pour ne pas savoir quoi en penser. J'étais heureux bien sûr, mais il me fallait assimiler l'ensemble des informations, et ne pas agir de manière totalement irréfléchie. Une chance que l'ensemble de la décantation de ces explication se fit assez rapidement dans mon esprit, faute de quoi elle aurait pu attendre longtemps. Peut être allais-je trop en dire, ou pas assez, mais je me sentis de nouveau gagné par cette euphorie liée à cette idée, et me laissai porté par elle, recommençant à sourire de manière progressive.

    Sur le principe je suis pour, évidement, je vois même pas pourquoi je ne le serai pas ! Après, je tiens pas à ce que ça tombe aux mains de n'importe qui, mais je pense que tu t'en doutes. Si c'est pour en faire une version édulcorée, avec une scène sur deux de supprimée, ça ne m'intéresse pas ! Mais j'adorerais que ça marche, t'as pas idée. Je suis même d'accord pour participer au financement, tu peux compter sur moi !

    Mon sourire était réapparu, en alternance avec cet air sérieux que je prenais pour prononcer certaines phrases. J'avais d'ailleurs fini en l'étant terriblement, comme sur le point de promettre de leur confier aussi mon âme si ça pouvait être nécessaire, et j'en aurait été capable. Les histoires de pacte avec le diable m'avaient toujours fascinées, et, si je savais que ce type d'accord se payait toujours très cher, j'aurai probablement réfléchi à deux fois avant de refuser. L'ambition avait toujours été mon plus cruel défaut, celui qui me portait autant que celui qui risquait de causer ma perte.
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Message(#) Sujet: Re: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey Ven 19 Aoû 2011 - 20:59

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Message(#) Sujet: Re: You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey

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You danced your dance and my sweet song was sung (3139) | Abbey

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