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 ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do.

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Message(#) Sujet: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Mer 19 Jan 2011 - 20:39

et tu vois parfois je regarde tout autour de moi et je me dis si ça se trouve, tout cela n'est qu'un décor, et je regarde les gens, je leur parle, ils intéragissent avec moi et... je me dis si ça se trouve, ce sont pas des vrais gens. genre moi je sais ce que je suis, je suis à l'intérieur de moi, rien que par mon existence j'ai la preuve que j'existe, tu sais ? mais eux ? comment je peux savoir qu'ils sont réellement des sortes de... entités indépendantes. si ça se trouve ils sont contrôlés par la machine, tu vois ? peut-être qu'eux aussi ils font parti du décor, comme les pnj de world of warcraft... »

Lillian Hazel Fawkes n'avait présentement qu'une très vague idée de ce qu'elle était en train de raconter, ce qui n'était en soi pas très inhabituel ; ce qui l'était un peu plus, en revanche, c'est qu'elle n'avait également qu'une très vague idée de ce qui avait pu l'emmener dans un tel endroit, endroit qu'elle n'était d'ailleurs pas sûre de reconnaître, et qu'elle ignorait jusqu'au nom même du jeune homme -fort charmant, soit dit en passant- qui lui tenait compagnie. Depuis un moment, elle l'appelait sans arrêt Barry -la pauvre a trop regardé Misfits- et n'avait pas l'air d'envisager que son prénom pouvait être autre.

« et le pire au fond c'est que si les autres existent vraiment et ne sont pas des pnj... ils peuvent me soupçonner d'en être une, tu te rends compte ? ... et toi t'en penses quoi, barry ? »

Obnubilée par son petit tube rempli de produit vaisselle qui lui servait à faire autant de bulles que possible, Haze ne prend même pas la peine de dévisager Barry en même temps qu'elle s'adresse à lui ; ce n'est pas qu'elle cherche sciemment à se montrer malpolie, mais changer l'axe de son regard lui semble bien trop contraignant et elle a peur que ça lui donne des vertiges. Si elle n'était pas aussi stone, elle se ferait sans doute la réflexion qu'elle supporte bien mieux l'alcool habituellement, et se demanderait ce qui a pu la mettre dans un tel état, mais dans l'état actuel des choses justement, elle s'en soucie peu. Peut-être qu'elle a fumé quelque chose, ou pris une mauvaise pilule, ce n'est pourtant pas son genre mais qui sait ? Sortir de chez elle n'est déjà pas son genre à la base, alors on peut s'attendre à tout.

En réalité, aucun des deux jeunes gens n'était vraiment en mesure de se souvenir de ce qui venait de se passer. Bien sûr, si par magie ils décuvaient à l'instant présent, ils pourrait nous expliquer toute l'histoire et retracer pour nous le parcours nocturne qui, de leur maison, les a mené jusqu'ici. Étaient-ils dans un bar, une boîte de nuit, à une soirée endiablée ? Assistaient-ils à une réunion tardive de catéchèse, un rendez-vous de franc-maçons ou une rencontre de passionés d'ornithorynques ? Quand et comment en étaient-ils venus à se tenir mutuellement compagnie ? Peut-être que la narratrice qui m'accompagnera dans cette enquête menée sur nos deux lascars en saura plus long que moi, toujours est-il qu'en attendant nous ne disposons d'aucune piste. Enfin, nous tâcherons de mieux surveiller nos personnages à l'avenir, il serait en effet regrettable qu'ils parviennent de nouveau à échapper à notre surveillance, qui sait quelle bourde ils commettront si on leur laisse l'occasion ?
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Sam 22 Jan 2011 - 0:00

Spoiler:
 
Des dizaines de petites bulles s’envolaient dans le ciel assombrit. Des dizaines de petites bulles qui, pour une raison étrange, choisissaient d’éclater toutes au même moment. Des dizaines de petites bulles apparue dont ne sait où. Absorber par leur contemplation, un jeune homme sursautait à chaque clapotis que leur petite explosion faisait entendre. N’était-ce pas magnifique ? N’y avait-il pas dans ses milles ombres quelques choses d’envoûtant et de fascinant ? En tout cas, Flynn semblait conquis par l’effet que le savon et l’eau apporté à son petit univers. Ce n’était qu’un infime détail. Tout petit. Et pourtant, il lui semblait grandiose. Une grosse bulle éclata, et il redescendit sur terre. Où était-il ? Le mystère était entier. Que faisait-il ? Même réponse. Par un heureux – ou malencontreux – hasard, le jeune homme se trouvait en charmante compagnie. La demoiselle à ses côtés était si jolie qu’il s’étonna qu’elle lui adresse la parole mais il fallait avouer qu’elle n’était pas non plus des plus parfaites. Sa bouches faisaient des tas de mouvements que Flynn suivit consciencieusement du regard. Pourtant, le son qui bourdonnait à ses oreilles n’avait strictement aucun sens pour lui. Que racontait-elle ? Quel était ce vocabulaire étrange et désolant qu’il ne parvenait pas à comprendre ? « et le pire au fond c'est que si les autres existent vraiment et ne sont pas des pnj... ils peuvent me soupçonner d'en être une, tu te rends compte ? ... et toi t'en penses quoi, barry ? » Flynn leva l’index et ouvrit la bouche pour répondre à cette question. Le problème, c’est qu’il n’avait absolument rien compris à toute cette théorie étrange et singulière. Il ne pouvait donc donner son avis à cette fille. Oh, bien sûr, il aurait pu jouer les grands philosophes aux grandes pensées, faire semblant de voir plus loin que la simplicité de ces phrases… mais dans son état – que l’on ne peut véritablement qualifier – il était tout bonnement incapable de dire quoi que ce soit d’intéressant. Ou en tout cas, il était impensable que la réponse qu’il fournirait correspondrait à la demoiselle face à lui. Il agita alors l’index comme les vieilles ivrognes le font, tâcha de s’approcher de la jeune fille tout en tanguant d’un pied sur l’autre, et laissa enfin libre cours à la profondeur intense de ses pensées : « Dis Pocahontas, y a des tas de mots qui font frétiller ta bouche et… il forma un bec de canard avec ses doigts qu’il ouvrait et fermait à vive allure j’entends tout mais je comprends rien ! » Son bras retomba le long de son corps alors qu’un air suspicieux se peignait sur ses traits. Avait-il loupé un épisode ?

« Et puis c’est qui Barry, bordel ? » Flynn chercha partout autour de lui après ce Barry. Il ne le connaissait pas et n’avait jamais entendu parler de lui. Il avait conscience – un peu surement – qu’il s’agissait de lui mais il refusait de l’accepter pour une raison que lui seul connaît. « Et c’est quoi world of… truc-muche-bidule-machin-chose ? » Il n’avait pas la moindre idée de ce que c’était et il n’était peut-être pas certain de vouloir le savoir. Mais bon, il fallait bien qu’il se montre poli avec… avec qui ? Soudain se fut la révélation. Un cri d’effroi s’échappa du tréfonds de sa gorge alors qu’il plaça sa main sur sa bouche qui formait un Ô de surprise, telle l’image parfaite d’une petite fille découvrant un vilain secret sur son amoureux secret. « Hey mais je te connais pas toi, d’où que tu me parles ! Et puis t’es pas un peu toquée ? Et qu’est-ce que je fous là ? Ah. Je vois… » Flynn garda le silence quelques secondes afin de mettre ses idées aux claires et de prononcer la phrase tant redouté avec une vitesse hallucinante « En-fait-tu-m’as-drogué-parce-que-tu-veux-me-violer-et-ensuite-me-tuer. Ah-je-sais-qui-tu-es-JACK L’EVENTREUR !! » Un rire complètement benêt vient accueillir cette réplique. Flynn Nielson se rappelait-il seulement son nom en ce soir étrange face à une… chose qu’il ne pouvait identifier ? Mystère et boule de gomme !


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:14, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Dim 30 Jan 2011 - 16:30

Il n'y avait vraiment que quand elle était ivre morte qu'Hazel imaginait sérieusement que... non, en fait, je ne vois pas l'utilité d'une proposition relative ici. Ça sera 'imaginait sérieusement' tout court, plutôt. Il n'y a donc qu'en étant bourrée qu'Hazel était apte à penser par elle même. Et encore. Ce n'est pas tant qu'elle émettait des théories qui lui étaient venues à l'esprit pendant qu'elle prenait son petit déj' en méditant sur le sens de la vie, non, cet ersatz de réflexion dont elle faisait part à Barry c'était plus le fruit d'une laborieuse digestion des préceptes que des films tels que Matrix lui avait approximativement inculqué, fruit qu'elle finissait invariablement par régurgiter un jour ou l'autre, son estomac n'étant pas fait pour ce genre de mets. Mais arrêtons là la métaphore filée si vous le voulez bien, je crains que cela ne vous embrouille plus qu'autre chose. Et alors qu'elle pensait avoir enfin trouvé en Barry un compatriote digne de ce nom avec lequel elle pourrait discuter de l'éventualité qu'ils se trouvent actuellement dans la Matrice, alors qu'elle levait vers lui de grands yeux plein d'espoir quant à la réponse qu'il allait lui fournir, il lui casse violemment son trip avec autant d'aisance que si il avait voulu percer un de ses jolies bulles, ce qui entraîne chez la jeune geek un froncement de nez à la signification plus ou moins équivoque.

« Hum. M'appelle pas Pocahontas, maugré-t-elle en pointant un index qui se voulait probablement furieux et autoritaire sur le torse du jeune homme. Pocahontas c'est une traînée. J'suis pas comme elle. Même si j'aime bien les ratons-laveurs, hihihi... »

Mollement adossée à l'un des murs de la maison abandonnée que Lilly-Haze appelait la Cabane Hurlante (qui n'avait rien d'une cabane hurlante, en vérité) -il fallait bien ça pour la maintenir debout- la jeune femme plaque les paumes de ses mains contre celui-ci (le mur hein, Flynn ça viendra plus tard uhuh) afin de se hisser un peu plus et gagner quelques centimètres de hauteur (car elle avait tendance à glisser progressivement et perdre de l'altitude sans le vouloir, et si elle n'y prêtait pas un peu plus d'attention son arrière-train finirait probablement par heurter le sol sans aucune douceur) ce qui lui conféra momentanément l'impression d'avoir un semblant d'aplomb par rapport à son petit camarade.

« Et puis c’est qui Barry, bordel ? »

Hazel émerge, de nouveau. Où était-elle partie pendant tout ce temps ? Avec un sourire conciliant, un peu amusé et touché à la fois, ce même sourire qu'ont la plupart des mamans quand elles regardent leurs jeunes enfant, Haze replace délicatement une mèche de cheveux de son Barry -une mèche de cheveux qui n'avait d'ailleurs pas vraiment besoin d'être replacée où que ce soit, mais elle avait juste très envie de jouer avec cette tignasse qui avaient l'air si soyeuse- en articulant prudemment, doucement, comme si elle s'adressait à une personne souffrant de déficience mentale.

« Mais enfin Barry, c'est toi Barry. Si ton prénom t'perturbe, on peut le changer... ? J'ai toujours trouvé que t'avais plus une tête à t'appeler Oscar, personnellement. Mais ça n'engage que moi, hein. »

La distance entre eux s'agrandit ensuite très distinctement quand Barry/Oscar mentionne World of Warcraft dans des termes et sur un air que Lilly-Haze n'apprécie guère, et puis, d'abord, qui ne connaît pas World of Warcraft ? WoW, quoi, merde. C'est cet éberluement total qu'exprime le regard à la fois vide et plein de la jeune Fawkes, qui ne pensait pas avoir un jour affaire à un inculte pareil. Un inculte qui connaissait Jack l'éventreur, tout de même, visiblement.

« Jack...» répète Hazel, sans trop savoir pourquoi, en déformant bizarrement sa bouche en même temps qu'elle prononce ce nom, comme pour vérifier qu'il lui est possible de grimacer en même temps qu'elle parle.

Le truc c'est que le prénom Jack était plutôt cool, et qu'elle trouvait qu'il lui irait relativement bien, et que 'l'éventreur' c'est pas trop mal non plus, même si c'est un peu glauque, cela va sans dire. Pas vraiment perturbée par la perturbation de Barry/Oscar, Hazel se contente de le dévisager, un sourcil haussé, envisageant un instant, très sérieusement, la possibilité de le violer.

« C'est possible ça de violer un mec ? J'veux dire, pour une fille. Sans accessoires. C'est pas que je suis intéressée, je me demande juste, tu vois. Théoriquement. Hypothétiquement. Imaginons, genre, juste un instant. »

Et en même temps qu'elle débite tout cela, elle trouve la concentration nécessaire pour, à la fois le déshabiller du regard et calculer ses chances de l'attraper avant qu'il ne s'enfuie, compte tenu de leurs capacités actuelles à tous les deux. L'adrénaline doit décupler ses facultés de réflexion, ou un truc dans le genre.

« Mais déstresse hein. C'est pas avec mon machin à bulle que je vais t'éventrer. Ça me prendrait mille fois trop de temps. Puis j'ai la flemme. »
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Mar 15 Fév 2011 - 18:29

S’il y a bien un sujet sur lequel on est tous d’accord et qui fait rarement débat, c’est bien le fait que Pocahontas soit une salope. Et là chose est prouvé, nous avons ouvert un sondage pour connaître le premier qualificatif de cette personne et tout le monde semble d’accord : petite cochonne ! On n’a pas idée de virer un John (Smith, en plus) pour un autre John (dont on se souvient rarement du nom), c’est absurde ! Enfin, tout ça pour dire que Flynn partageait l’avis de la demoiselle concernant la reine des mini-jupes à froufrous et qu’il ne se risquerait plus jamais à le surnommer de la sorte. Mais il fallait avouer qu’elle l’avait mérité. Et puis, ce n’était pas véritablement une insulte. C’est juste qu’il avait pressentis qu’elle aimait les ratons-laveur et que le tout s’accordait tellement bien dans le contexte… oui, toute les excuses sont bonnes quand les véritables idées manquent ! Soit, cette soirée semblait particulièrement absurde au jeune homme. C’était sans doute la première véritable cuite de sa vie – on va dire que les autres étaient relativement étrange car ses camarades de beuveries étaient un tant soi peu plus normaux qu’Hazel – et il avait bien du mal à se concentrer. Des Pocahontas, des ratons-laveur, des Barry… Il y avait de quoi s’y perdre. Rien d’étonnant à ce qu’il ne comprenne pas que le fameux Barry, bah, c’était lui.

Flynn regardait chaque mouvement de la demoiselle pour se hisser sur son mur sans véritablement savoir quoi faire. C’était sans doute pour cette raison que la question – débile, certes – avait franchi ses lèvres. Et il se sentait d’autant plus con lorsqu’il voyait le sourire qu’affichait la jolie brunette à ses côtés. « Mais enfin Barry, c'est toi Barry. » Logique. Rien de trop étrange, de trop incontrôlable pour le moment. Sauf peut-être cette main qui s’égare dans ses cheveux. « Si ton prénom t'perturbe, on peut le changer... ? » Euh… oui, mais encore ? Non pas que s’appeler Barry le dérangeait, c’était juste que ce n’était pas ce que sa carte d’identité stipulait. Enfin, carte d’identité… C’est l’Amérique ici, il n’y a plus personne qui se balade avec ses papiers ! Et puis encore moins un ex-sans abri squatteur de lieux glauques mais vivables. « J'ai toujours trouvé que t'avais plus une tête à t'appeler Oscar, personnellement. Mais ça n'engage que moi, hein. » Flynn ouvrit la bouche dans l’espoir vain qu’un joli discours brodé de mille et une paroles rocambolesques et romantiques se déversent mais… rien, nada. Le néant. Il prit donc son pâle courage à deux mains et il osa. Quel homme ! « Donc, JE suis BARRY ? Mais pourquoi ? Je veux dire, toi tu veux pas être Pocahontas et moi, je devrais être Barry ? Y a pas comme une erreur dans ton raisonnement ? » Ce n’est pas qu’il avait un pur esprit de contradiction, ou l’envie absurde de contrecarrer les thèses de cette fille : il ne comprenait véritablement pas, le pauvre enfant. Mais il devait avouer qu’Oscar, c’était fun. « Mais ok. Appelle-moi Oscar, si tu en as envie. » Un petit remake à la Bambi, tant que nous sommes plongés dans des références hautement élevées. « Et moi, je dois t’appeler comment ? Numéro 13 ? L’inconnue du Nord-Express ? Ou simplement Jack ? » Il faut avouer que les connaissances de Flynn se limite à quelques vieux magazines rencontrés ça et là sur les sols des gares. Et par conséquent, les références qu’il essaye d’utiliser sont peut-être vieillottes et sans intérêt, mais qu’importe.

Il était fasse à Jack l’éventreur. Enfin presque. C’était simplement une désaxée, une marginale, que la société à rejeté et qui fait ce qu’elle peut pour s’en sortir. Il n’allait pas la blâmer pour autant. Cependant, il commençait avoir les pétoches à force de la voir faire des formes bizarres avec sa bouche en reformulant le mot Jack. Et la réplique qui allait suivre n’allait guère apaiser son stresse. « C'est possible ça de violer un mec ? J'veux dire, pour une fille. Sans accessoires. C'est pas que je suis intéressée, je me demande juste, tu vois. Théoriquement. Hypothétiquement. Imaginons, genre, juste un instant. » Les yeux du jeune homme s’écarquillèrent. Plus par intérêt que par crainte, finalement. C’est vrai ça, est-ce qu’une fille peut théoriquement violer un homme ? Il faut supposer que cela dépend de l’homme et du lieu. Ou tout simplement, de la fille même. Cette question était vraiment très intéressante. Tellement intéressante que Flynn se perdit quelques secondes dans ses pensées et son regard emplit d’un vide intersidéral semblait diriger vers un être mystique et… transparent. « Merde. J’en sais rien. Les filles ça violent ? » Flynn était véritablement désolée d’ignorer la question. À vrai dire, cela l’embêtait carrément. Mais le regard qu’elle posait sur lui le fit rougir. Il avait la désagréable sensation qu’elle allait le bouffer. Un peu comme dans The Faculty, sauf qu’il n’avait pas de droguer sur lui en cas de pépin. Boarf, ces extraterrestres venus d’ailleurs, il ferait bien de se contenter de téléphoner chez eux !

« Mais déstresse hein. C'est pas avec mon machin à bulle que je vais t'éventrer. Ça me prendrait mille fois trop de temps. Puis j'ai la flemme. » Flynn se mordit la lèvre inférieur. Finalement, il était déçu. Ou pire, il semblait même déçu. « Qu’est-ce que tu veux dire ? Je suis genre… pas violable dans mon genre ? Non parce que si c’est ça, je peux me rendre violable ! Enfin, si je savais comment faire, cela va de soi. » A traduire ces paroles, on pouvait en conclure qu’il voulait désormais être violé. Absurde ou en manque de faculté mental ? Question pour un champion ! « De toute façon, si les filles savaient violer les mecs – théoriquement, hypothétiquement, imaginairement et tout ce que tu veux-ment – tu crois pas que je mériterais ça ? Je suis pas assez joli, c’est ça ? C’est mes deux poils au menton ? MES CHEVEUX BLONDS (vénitien, je tiens à préciser) ET PAS NETS ? » Pendant son petit monologue, Flynn s’était approché de la demoiselle et avait agité férocement son doigt devant son nez. Trop près et s’il continuait, il finirait par le lui mettre dans les narines.


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:15, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Ven 25 Fév 2011 - 23:08

Pas rancunière pour un sou, surtout dans la mesure où sa mémoire est bien trop déficiente pour qu'elle puisse se le permettre, Hazel passe volontiers sur l'insulte à peine voilée du jeune homme ; de toute façon, il est si charmant qu'elle n'aurait pas pu lui tenir rigueur pour quoi que ce soit, l'eusse-t-il traitée de Cendrillon - qui est quand même, rappelons-le, l'une des plus grandes garces de l'histoire de Disney puisqu'elle va même jusqu'à réduire de gentils petits oisillons en esclavage pour qu'ils lui confectionnent une jolie robe et l'habillent, contribuant par la même occasion au culte séculier que l'humanité voue au superficiel en renforçant le rôle de l'apparat et sa signification. Bah ouais, quand même. Bon après, il n'est pas impossible que Lilly-Haze se soit fait une interprétation assez particulière du dessin animé qu'on lui a fait regardé il y a quelques années de cela, mais on ne lui ôtera pas de la tête qu'il y a quelque chose de très sombre dans cette histoire (sans parler de la marraine qui transforme des souris tout ce qu'il y a de plus innocentes en chevaux alors qu'elles n'ont rien demandé les pauvres - ces humains, ils se croient tout permis).

Alors que, dans l'étroite cavité crânienne qui était supposée abriter son cervelet, la jeune Fawkes était activement occupée à débattre avec elle-même quand à la question de l'esclavage des objets par Merlin l'enchanteur (peut-on parler d'esclavage quand il s'agit de choses inanimées ?), celui qu'elle croyait être Barry réfléchissait de son côté à tout autre chose et c'est légèrement surprise que Haze tente de réfléchir à ce que son « Donc, JE suis BARRY ? Mais pourquoi ? Je veux dire, toi tu veux pas être Pocahontas et moi, je devrais être Barry ? Y a pas comme une erreur dans ton raisonnement ? » signifie. Une erreur dans son raisonnement ? Certes, ce ne serait pas une première. Mais pourtant, elle ne comprend pas où est la faille, ici. « Mais enfin, Pocahontas est un personnage de dessin animé, moi je suis Haze, ça a rien à voir. Et toi t'es Barry et... 'fin t'es pas un personnage de dessin animé et... Je comprends pas ! » Butée, le nez froncé, elle cherche à voir où Barry veut en venir, en vain. De toute façon, il finit par capituler, à la grande joie de Hazel qui claque ses mains avec enthousiasme. « Ça marche Oscar ! J'ai toujours eu envie d'avoir un pote qui s'appelle Oscar, en plus. C'est trop un nom de squelette, c'est franchement la classe. Je parlerai de toi aux gens et ils seront genre 'Woaw, tu traînes avec un squelette, woaw' ah, c'est cool, vraiment. » L'air béat, la jeune fille se fait plus pensive quand Oscar lui retourne la question, et elle, comment il va l'appeler ? Humm... En proie à une envie de changement, elle raye directement les possibilités liées à ses prénoms, pas de Lilly-Haze, Lillian, Hazel ou Haze ici. Ce serait ennuyant. Désireuse d'opter pour un nom qui plairait à son nouveau 'pote', elle étudie ses propositions, toujours un peu hésitante. « Hum, j'aime bien Numéro 13. C'est par rapport à Thirteen de Dr House ? Olivia Wilde est bandante dans son genre. L'inconnue du Nord-Express c'est un peu long, je retiendrai jamais et je tournerai pas la tête quand tu m'appelleras comme ça. Mais Jack, Jack c'est bien. J'aime bien Jack. J'aime bien Olivia Wilde aussi, aahah c'est dur ! Tu me fais soufrir Oscar. »

S'en suivit un léger silence, dont Hazel a à peine le temps de prendre conscience que déjà Oscar reprend la parole qu'elle avait laissé, quelques secondes plus tôt. « Merde. J’en sais rien. Les filles ça violent ? » Haussement d'épaules de la part de la brunette qui n'en savait pas plus à ce sujet. « Aucune idée. Je crois pas. En fait, je crois pas que dans l'Histoire de la vie, une fille ait déjà eu besoin de violer un mec. Les mecs sont toujours d'accord. C'est pas évident de trouver un mec pas consentant. C'est dur d'être une violeuse de nos jours, j'imagine. » Nouveau haussement d'épaule, un peu plus dubitatif cette fois. D'ailleurs, Hazel trouve ça tellement amusant de se secouer les omoplates comme ça qu'elle le fait deux, puis trois fois d'affilée, pour ensuite glousser légèrement en toute féminité bien entendu avant de se reprendre, et de retrouver son, hum, sérieux.

Bizarrement, après avoir tenté de rassurer le pauvre Oscar en lui certifiant qu'elle ne comptait pas l'éventrer, Haze constate que le pauvre petit homme n'avait pas l'air plus rasséréné que ça, et son expression faciale dégageait quelque chose de, hum... piteux ? Elle n'en était pas sûre. Les expressions faciales n'étaient pas son fort. C'est trop subtil pour elle ! Elle préfèrerait que les gens soient comme des smileys, bien nets, bien clairs, et qu'on sache à quoi s'en tenir. Si tout le monde se mettait à tirer la langue après avoir dit une blague, les choses seraient tellement plus simples. Alors qu'elle s'évertuait à comprendre ce que Oscar pouvait ressentir en se basant sur les plis trop implicites que formaient son visage par endroits, le nez froncé par la concentration, la plombière se laisse momentanément distraire par l'apparition fugace des incisives supérieures du jeune homme venues s'emparer de sa lèvre inférieure - oh oh. C'est presque injuste en vérité, comme ça peut lui donner envie. Par mimétisme, la jeune brune en fait de même, et se mordille rêveusement la lèvre inférieure à son tour. Le discours qu'il lui sort continue de la perturber royalement (comme si elle avait besoin de ça, la pauvre) et elle fronce les sourcils en cherchant à comprendre, une nouvelle fois, où il veut en venir. Elle veut bien se rendre utile et le violer, c'est pas ça le problème, mais il lui semble que s'il a l'air volontaire pour l'expérience, ça risque un peu d'aller à l'encontre de, euh, du principe, hum, fondateur du truc, non ? Troublée, Hazel l'est encore plus alors qu'il continue de parler tout en se rapprochant d'elle et, instinctivement, elle baisse le regard et se met à jouer nerveusement avec ses mains, comme prise en faute. Elle a l'impression d'avoir fait ou dit une bêtise, mais quoi ? Le mouvement de doigt d'Oscar finit par attirer son attention et elle relève la tête piteusement, esquisse un légère moue un peu enfantine du bout de ses lèvres trop remuantes. « Mais non, dis pas ça Oscar. T'es trop joli. Je te jure, croix de bois, croix de fer, si je mens je... hum, je vais en enfer. Juré craché. » Et elle crache. Mince. Tant pis pour la chaussure droite d'Oscar. L'air de rien, elle relève les yeux, et son regard par la même occasion, pour le planter dans celui de son nouveau pote. « Et t'es très très violable, je t'assure. Tiens, je vais te le prouver ! » Et, comme pour ponctuer sa phrase, elle lève l'index en l'air, avec cette mine réjouie de ceux qui viennent d'avoir une idée d'enfer. « Je ne suis pas sûre de savoir comment m'y prendre, toutefois, je n'ai jamais violé qui que ce soit. Ça doit pas être bien compliqué. Allez, enlève ton pantalon. » Joignant le geste à la parole, et sans attendre d'approbation de la part de son partenaire (le principe n'est-il justement pas qu'il n'approuve pas ?), la jeune Fawkes pose ses mains sur les hanches du jeune homme et entreprend de tirer son jean, vers le bas, évidemment. « Tu verras, ça fait un peu mal la première fois. C'est normal, faut pas que tu t'inquiètes. J'irai doucement » Comme si elle y connaissait quoi que ce soit...
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Sam 26 Fév 2011 - 21:10

Il arrive que par le plus grand des hasards, vous tombiez nez à nez avec un fou. Un fou bavard et qui vous parle comme si vous étiez son meilleur ami. Ce genre de fou qui effraye mais qu’au fond, vous aimez bien. Avec lui, vous n’avez plus la sensation d’être seul. Vous inventez des théories à deux cents litres de salive à l’heure et vous vous me demandez ce que ça fait d’exister. Et puis, soudain, vous vous rendez compte du vrai sens de la vie. Et pourquoi ? Justement parce que cette personne est folle et que c’est peut-être la seule au monde qui a tout compris à l’existence. Sans vraiment savoir pourquoi, Flynn voyait Hazel comme ce fou rencontré au détour d’un chemin. Une erreur de la nature, un chiot égaré, une poupée démantelée envoyée pour lui montrer le vrai chemin de la vie. Ou peut-être seulement celui de la délinquance, de la débauche et de la démence passagère.

« Mais enfin, Pocahontas est un personnage de dessin animé, moi je suis Haze, ça a rien à voir. Et toi t'es Barry et... 'fin t'es pas un personnage de dessin animé et... Je comprends pas ! » Vu comme ça, sa théorie tenait encore debout. Flynn commençait soudain à se trouver très stupide face à cette fille qui avait toujours le dernier mot. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse : elle avait raison ! Quoi, c’était donc ça que le destin lui avait envoyé ? Une sorte de monstre n’ayant qu’un objectif, pourrir ses neurones à coup de « j’ai raison, tu as tort. Je suis grande, tu es petit. Emballé, c’est pesé » ? Il était déçu. Il pensait tout de même mériter mieux que ça. Merde quoi. « T’façon, je t’aime pas ! Que tu sois réelle ou un pure fantasme de mon imagination ! » Le jeune homme avait toujours eu un tact fou avec les demoiselles. Alors saoul, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup mieux. « Mais tu sais quoi ? J’ai une super imagination. Parce que tu es super… comment ils disent les jeunes, déjà ? – ah ! Oui ! Bonne ! T’es carrément bonne. » Quelle classe. Il était vraiment distingué ce chérubin. Oh et puis, elle méritait bien un tel compliment avec ce qu’elle lui faisait endurer. D’abord Barry, maintenant Oscar. En fait, c’était peut-être des messages que son cerveau voulait lui faire passer, non ? Peut-être qu’il connaissait un Barry ! Et un Oscar ! Peut-être qu’il les admirait, même que ! Oh et puis voilà que cette petite voix réapparaissait dans sa tête. « Ça marche Oscar ! J'ai toujours eu envie d'avoir un pote qui s'appelle Oscar, en plus. C'est trop un nom de squelette, c'est franchement la classe. Je parlerai de toi aux gens et ils seront genre 'Woaw, tu traînes avec un squelette, woaw' ah, c'est cool, vraiment. » Le jeune homme fit la moue. Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Était-elle entrain de l’insulter ? « Quoi ? Tu veux dire que je suis trop maigre ? Ou alors tu parles des vrais squelettes ? Non parce que tu sais, on n’mange pas vraiment à sa faim quand on traine dans les rues hein. Et puis d’abord, j’ai pas envie que le monde entier sache que je traine avec une allumée du sifflet ! » C’est qu’il pouvait vite devenir agressif le petit Flynn lorsqu’il se sentait menacé. Ahlala. C’est comme les enfants qui se fourrent les sucettes dans le nez pour pas qu’on leur vole. Pour garder sa dignité, le blondinet abîmait celle des autres. Toujours sympathique. « Hum, j'aime bien Numéro 13. C'est par rapport à Thirteen de Dr House ? Olivia Wilde est bandante dans son genre. L'inconnue du Nord-Express c'est un peu long, je retiendrai jamais et je tournerai pas la tête quand tu m'appelleras comme ça. Mais Jack, Jack c'est bien. J'aime bien Jack. J'aime bien Olivia Wilde aussi, aahah c'est dur ! Tu me fais soufrir Oscar. » Dr House ? Connait pas. Trop long ? Sans aucun doute. Olivia Wilde ? Ce n’était pas la voisine, ça, par hasard ? « Je connais pas Dr House. Il travaille à l’hôpital ? Non, j’ai vu ça dans un magazine une fois et y avait même une rousse. Elle avait la dégaine d’Eve. Tu connais Eve, hein ? La madame toute nue de la bible ? Je l’aime vraiment bien ! Si tu souffres, je peux te proposer du bouche à bouche… mais j’ai pas la pratique. Je me suis pas entrainé depuis… quoi… huit ans ! » Conversation absolument absurde !

Et le silence devant lequel parfois on aimerait s’extasier. Que cela fait du bien de l’entendre. De se regarder dans le blanc des yeux, une mine de réflexion implantée sur le visage et cette sensation de penser à la même chose. D’être en symbiose. En parfait accord avec quelqu’un. C’était bien. Même si cela impliquait un quelconque viol de mâle. « Aucune idée. Je crois pas. En fait, je crois pas que dans l'Histoire de la vie, une fille ait déjà eu besoin de violer un mec. Les mecs sont toujours d'accord. C'est pas évident de trouver un mec pas consentant. C'est dur d'être une violeuse de nos jours, j'imagine. » Vu comme ça, elle n’avait sans doute pas tort. Flynn acquiesça. À vrai dire, il ne voyait pas quoi ajouter. Elle avait tellement raison. Ca devenait lassant à la fin ! Quand aurait-il droit au dernier mot ? Mince quoi !

De toute façon, il ne faisait aucun doute que Flynn allait la bouder. On ne peut pas sous-entendre devant un jeune homme un peu orgueilleux qu’il n’est pas assez violable. Après, ça lui met les nerfs en pelote et il perd les pédales. Bien que visiblement, c’était toute la soirée qui partait en sucette ! Mais en regardant cette demoiselle jouer avec ses mains, il commençait à penser qu’il aimait ça. Ouais, peut-être que le fou que la destinée lui avait envoyé était le plus parfait du stock ! « Mais non, dis pas ça Oscar. T'es trop joli. Je te jure, croix de bois, croix de fer, si je mens je... hum, je vais en enfer. Juré craché. » Flynn regarda sa chaussure avec regret. Boah, de toute façon, cela finirait bien par sécher. « Et t'es très très violable, je t'assure. Tiens, je vais te le prouver ! » Les yeux de Flynn s’écarquillèrent. Même si ses paroles avaient pu être mal interprétées, il ne voulait pas être violé. Finalement, c’était mieux ainsi puisque sinon, il n’y aurait plus rien eu d’un viol dans cette histoire étrange. « Allez, enlève ton pantalon. » Si le reste de la phrase lui avait échappé, il était clair qu’elle venait de lui intimer de virer son pantalon. Flynn ouvrit grand la bouche et sortit un : « Oh ! » qui se voulait offusquer mais qui finalement… n’était que très pitoyable. La jeune fille posa soudain ses mains sur ses hanches et un frisson le parcouru. Elle était vraiment sérieuse là ? « Tu verras, ça fait un peu mal la première fois. C'est normal, faut pas que tu t'inquiètes. J'irai doucement » Oh mon Dieu, de toute évidence elle l’était ! Et lui, qu’est-ce qu’il allait faire ? Ca va faire mal ? Doucement ? Elle rigolait hein ? C’était pas ce qu’était supposé lui apporté le destin ! Il n’y avait aucune réponse là-dedans ! « Non, non, non, non, non ! » Phrase simple. Explicite. Claire. Concise. Compréhensible, non ? « On peut pas violer un type sous prétexte qu’il est trop joli, Jack ! Et qu’est-ce que tu fais avec mon pantalon et je… NON ! » Flynn se mit à reculer doucement. « Je peux endurer la douleur, j’suis pas une chochotte ! Mais… ça va faire mal comment ? » Finalement, il ne savait plus s’il était pour ou contre cette idée. Mais il reculait quand même. Très très très doucement. Il s’arrêta non loin – on peut considérer qu’il a essayé de s’enfuir hein, cinq pas, c’est énorme ! – et un petit sourire sardonique éclaira son visage. « Moi aussi je veux violer quelqu’un, Jack ! On échange, après ? » Il était peut-être qu’il décuve, ça allait mal finir cette histoire…


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:15, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Ven 4 Mar 2011 - 22:03

« T’façon, je t’aime pas ! Que tu sois réelle ou un pur fantasme de mon imagination ! » Vaguement vexée, Hazel fronce le nez et les sourcils à la fois, avant de baisser les yeux pour échanger un long regard plein d'amertume avec ses pieds. Qu'est-ce qu'elle a fait encore ? C'est vrai quoi. Elle ne comprend pas. D'habitude il lui est plus ou moins facile de comprendre l'inimitié des gens à son égard, elle a beau être très à côté de ses pompes, elle finit toujours par capter ce qu'elle a fait de travers, ce qui n'a pas plu. Mais là cela fait à peine quelques minutes qu'elle est en grande discussion avec Oscar et elle l'insupporte déjà. Au fond d'elle, très au fond, là où elle pense, Haze trouve ça injuste. Déglutissant avec difficulté, elle finit par relever les yeux vers celui qui n'était peut-être pas tant son pote que ça, et lui adresse un regard venimeux, tout en lui signifiant bien par sa moue boudeuse qu'elle n'appréciait pas ses propos. S'il lui avait accordé quelques secondes de plus, elle aurait répliqué violemment, l'aurait peut-être éventuellement poussé du bout du doigt et lui aurait fait comprendre qui commande ici, mais il enchaine aussitôt, lui clouant le bec au passage. « Mais tu sais quoi ? J’ai une super imagination. Parce que tu es super… comment ils disent les jeunes, déjà ? – ah ! Oui ! Bonne ! T’es carrément bonne. » Nouveau froncement de nez. Hésitante, Hazel cille, baisse le regard, brusquement en proie à un mutisme qui ne lui ressemble pas. Il l'a traitée de quoi là ? Bonne ? Hazel n'est pas offusquée. Hazel est dévastée. Dévastée qu'on puisse la réduire à son apparence physique, alors que depuis la puberté elle s'évertue à dissimuler tout signe de son appartenance à la gente féminine, jetant son dévolu sur des tee-shirts informes et des jeans qui ne la mettent pas en avant, justement pour ne pas ressembler à ses jolies filles des magazines dont l'attitude la dépasse, de loin. Hazel n'a jamais voulu être belle. Au mieux, elle visait le 'potable'. Être belle lui paraissait être la pire des malédictions. Elle ne voulait pas être comme ça, attirer des garçons dont la seule ambition serait de la toucher là où personne n'avait mis les mains jusqu'à présent, elle ne voulait pas provoquer ce genre d'intérêt, et n'avait aucune inclination pour le mode de vie des jolies filles. Tout cela la rebutait tellement. L'apparence, le physique, les impressions, quelle importance au fond ? Hazel ne voulait pas être de ces gens là. Hazel voulait plaire pour ce qu'elle est - ce qui consiste un challenge en soi, mais un challenge qu'elle est prête à relever. Alors si Hazel craignait d'être belle, sa hantise d'être bonne était elle plus de l'ordre de la phobie. Car en réalité, s'il y a bien quelque chose de certain concernant la jeune fille, c'est qu'elle n'a pas vraiment évolué sur le plan mental depuis l'âge de huit ans, et que les connotations impures qui viennent s'incruster dans son esprit avec le terme qu'Oscar avait employé la révulsaient tout simplement. De façon presque autiste, elle est soudain prise de l'envie de se boucher les oreilles en plaquant la paume de ses mains des deux côtés de sa tête, tout en se mettant à crier. Mais, comme prise de catalepsie, elle reste muette, muette et immobile. « Quoi ? Tu veux dire que je suis trop maigre ? Ou alors tu parles des vrais squelettes ? Non parce que tu sais, on n’mange pas vraiment à sa faim quand on traine dans les rues hein. Et puis d’abord, j’ai pas envie que le monde entier sache que je traine avec une allumée du sifflet ! » Incapable de répondre, encore en état de choc, elle relève les yeux vers lui, se pince les lèvres, ouvre la bouche comme pour dire quelque chose puis se ravise et se tait, soupire et se met à respirer de façon légèrement arythmique, tout en jetant de fréquents coups d'oeil à droite et à gauche, comme prise d'un malaise. Ce n'est plus drôle. Elle ne s'amuse plus. Elle veut partir maintenant. Plus rien d'autre ne lui importe. Son cerveau enregistre ce qu'Oscar lui dit, sans vraiment daigner lui transmettre l'information. Alors elle n'entend pas vraiment quand il évoque le fait d'avoir vécu à la rue, ou du moins elle n'emmagasine pas l'information. L'insulte aussi lui passe bien haut au dessus de la tête - sur le moment, elle ne réalise même pas qu'il parle d'elle. « Je connais pas Dr House. Il travaille à l’hôpital ? Non, j’ai vu ça dans un magazine une fois et y avait même une rousse. Elle avait la dégaine d’Eve. Tu connais Eve, hein ? La madame toute nue de la bible ? Je l’aime vraiment bien ! Si tu souffres, je peux te proposer du bouche à bouche… mais j’ai pas la pratique. Je me suis pas entrainé depuis… quoi… huit ans ! » À présent elle a reculé jusqu'au mur, sans vraiment s'en rendre compte, il faut dire que ça ne représente pas une grande distance, vu qu'il y a quelques secondes encore elle y était déjà adossée. « Je connais pas Eve. Et je parle pas aux gens tous nus. » marmonne-t-elle, sans vraiment comprendre ce dont il s'agit. Elle est ailleurs, maintenant, de toute façon. C'est trop tard. « Et je souffre pas, crétin. » fait-elle ensuite siffler entre ses dents, beaucoup plus acerbe, et beaucoup moins enjouée. L'idée qu'il vienne poser ses lèvres contre les siennes lui donne envie de s'arracher la peau à coups d'ongles. C'est idiot, au fond. C'est juste parce qu'il a pris le contrôle. Le contrôle de la conversation. Quand c'est elle qui fait illusion avec ses allusions, rien ne la dérange et elle trouve cela amusant. Mais quand ce sont les autres, ça la perturbe et l'horripile, surtout quand elle n'est plus sûre que ce soit entièrement une plaisanterie. Il y a moins d'une minute, Hazel riait, jouait, et tout cela semblait sans conséquences. Il aura suffit d'un mot pour qu'elle sombre dans un bad trip profond - ce n'était pas la première fois que cela arrivait, et ça ne serait sûrement pas la dernière.

En toute logique, Hazel lâche donc le pantalon d'Oscar et ne cherche pas à réduire la distance qui les sépare - c'était un jeu, son adversaire a dépassé les limites, elle ne va pas lui pardonner de sitôt. Tout ça pour un mot, un pauvre mot, un pauvre « bonne » qui avait été articulé trop vite, et qui résonnait encore sourdement dans les oreilles de la jeune Fawkes. Le sourire sardonique d'Oscar, cerise sur le gâteau, donne encore plus d'ampleur à ses propos, et, à l'idée qu'il la viole - tout comme elle avait l'intention de le violer un peu plus tôt, au final - elle ne peut s'empêcher de criser encore un peu plus intensément, et se laisse glisser le long du mur en sentant des sanglots naître au creux de sa gorge... « Non, je veux paaaas... » balbutie-t-elle en commençant à pleurer.

Et oui, c'est comme ça marche une fille.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Mer 9 Mar 2011 - 21:34

J’imagine que certaines personnes naissent avec la tragédie dans le sang. Que pour une raison ou l’autre, ils arrivent toujours à se mettre des bâtons dans les roues. Que malgré leurs nombreuses tentatives pour sortir de leur Enfer, ils s’y enfoncent et en sourient. Ces personnes qui naissent avec, tout au fond de leur être, la conviction étrange que le monde n’est pas fait pour eux et que, quoi qu’il arrive, ils seront toujours derrière. À courir après un train, à courir après leur vie. Ces personnes qui passent leur temps à blesser leur entourage afin de ne pas être ceux qui comptent. Ceux de qui on se soucie. Ceux pour qui on a mal. Mais j’imagine que ces personnes n’ont pas compris le genre humain. En tout cas, c’était vrai pour Flynn. Lui, enfant déjà trop grand, pensait qu’il n’était rien et qu’il ne valait rien. Que sa vie toute entière était régie d’avance et qu’il n’avait prise rien. C’était sa façon à lui de repousser l’inévitable. Se dire qu’il avait fait des choix, mauvais certes, mais que ce n’était pas entièrement de sa faute si tout s’envolait. Et pourtant. Tout était toujours de sa faute. Il n’avait conscience de rien. Il vivait les choses sur le moment, y pensait quelques minutes et puis, il s’en allait. Comme à chaque fois. Il partait pour ne pas devoir assumer. Ou, s’il restait, il agissait en être égoïste. Il ne pensait qu’à lui, ou simplement, il ne pensait pas. Était-ce pour cette raison, qui lui avait bizarrement échappé, qu’Hazel se trouvait face à lui sans qu’il ne puisse l’atteindre ? Quelque part dans leur petit moment d’évasion, il avait loupé le coche. Avait dit le mot de trop, avait une attitude déplacée, s’était montré méprisant ? Il n’en avait aucune idée. Ce qu’il savait, c’est qu’il le regrettait.

Le silence qu’elle gardait pendant qu’il débitait ces aberrations dont il n’avait même pas idée, ne le gênait pas. Il semblait le comprendre, il pensait même pouvoir l’apprivoiser. Mais au fond, il savait bien qu’il se leurrait. Il avait dit ou fait quelque chose qui ne plaisait pas à la demoiselle et il n’avait aucune idée de ce qui pourrait défaire ce nœud de problème. Elle aussi il l’avait déçue ? Etrangement, Flynn se mit à penser qu’il était un cas désespéré. En pleine possession de ses moyens, il faisait toujours le mauvais choix. Le choix qui blesse, celui qui transperce le cœur comme une lame bien aiguisée. Et il le faisait en connaissance de cause. Même s’il n’était pas certain du résultat, il arrivait toujours à l’imaginé. Et voilà qu’il se rendait compte que… même ivre, ou défoncé, il n’était pas foutu de faire mieux. Et là encore, il avait pourtant évolué ces dires. Certes, il n’avait sans doute pas véritablement évalué de la portée de ses paroles, mais il était seul coupable de les avoir prononcé. Et bien qu’il ne comprenait pas ce qui avait pu blesser la jeune fille à ce point, il se sentait mal. Tellement mal. En la regardant, il avait l’impression de faire un bon dans le ton. C’était Ella, elle était enfant et il lui avait que le Père Noël n’existait pas. Ça, seulement ça… Et cette Terre comptait une enfant de moins. Il s’en était toujours voulu. Et cette peine qu’il avait ressentie autrefois remontait à la surface et lui pressait les tripes si fort qu’il en avait la nausée. Il aurait voulu vomir sur ses paroles prononcées, vomir sur l’humanité et sur la difficulté qu’il avait d’être… simplement comme tout le monde.

« Je connais pas Eve. Et je parle pas aux gens tous nus. » avait-elle marmonné. Flynn avait alors réussi à posé les yeux sur elle sans les détourner. Il la regardait avec cette appréhension étrange de l’avoir s’en aller. De la voir courir à grandes enjambées et puis, de l’abandonné. « Et je souffre pas, crétin. » Bien ! Bonne nouvelle. Flynn se permit de respirer à plein poumon pour reprendre quelque peu confiance en lui. Essayant fébrilement d’effacer toutes les images qui lui parcouraient l’esprit. Tout ce charivari qui lui embrouillé la conscience et qui l’emprisonnait dans cette sensation étrange de n’être rien pour le reste du monde. Si ce n’est, une erreur. Et il allait bientôt se rendre compte qu’il n’était pas totalement à côté de la plaque.

La jeune fille relâcha son pantalon et celui retomba le long de ses cuisses. Rapidement, il le rattrapa et le maintient d’une main. Il était évident qu’ils avaient fini jouer et de s’amuser. En quelques minutes, l’espace d’une fraction de seconde… Tout s’était envolé. Les petites bulles, les répliques amusantes et absurdes. Il ne restait plus que lui et son remord, elle et… Ses larmes. Flynn vit la jeune fille se reculer contre le mur et s’y laisser glisser. Un frisson le parcouru, il n’avait pas imaginé faire naître autant de larme en débarquant à Ocean Grove. « Non, je veux paaaas... » Le cœur du jeune homme se serra si fort dans sa poitrine qu’il eu l’impression d’étouffer. Il aurait d’ailleurs aimé que cela se passe de cette façon. Que la vie lui échappe pour un simple mot. Mais la vie, ce n’est pas vraiment comme ça que ça marche, hein ? Elle ne vous lâche pas quand vous en avez envie. Elle vous lâche qu’on vous voulez la garder. Flynn posa son regard sur elle. Il était vide. Remplit de cette absence qu’on lui connait. Il s’approcha de la jeune fille et se laissa glisser à côté d’elle. Assez près pour ressentir la chaleur de son corps à côté du sien, mais assez loin pour ne pas qu’ils s’effleurent. « Je suis désolé. » Pourquoi ? Il n’en savait trop rien. Peut-être pour tout, peut-être pour rien. Mais une chose était sûre, il le pensait sincèrement. « Toi aussi tu vas être fâché après moi ? » La question était posé tel un gamin de six ans qui rentre chez lui en ayant troué son pantalon. Il encerclait ses genoux de ses bras et y déposa son menton. « Tout le monde est toujours fâché après moi, tu sais. Je crois que je passe ma vie à… Je sais pas. Tout ce que je dis, tout ce que je fais… Ca tourne toujours mal ! Je suis tellement fatigué de tout ça. » Au fur et à mesure que les mots s’échappait de sa gorge, celle-ci se resserrait. Il avait de plus en plus de mots à trouver les explications qu’il devait formuler ou dire. Et il tout au fond de lui, il ressentait cette chose qui s’apparentait à des sanglots dissimulés. Flynn ne pleurait pas. Jamais. Mais il connaissait cette sensation que les autres ressentait, ça lui faisait mal. Là bas, tout au fond. Là ou personne ne pouvait rien voir. « Et puis merde, tu peux pas être fâché après moi ! Ella, elle est fâchée parce que je suis parti. Mais elle sait pas. Elle peut pas savoir. Et puis, Donald aussi, il est fâché. Il est fâché parce que j’ai abandonné. Parce que je suis parti. JE SUIS ENCORE LA, TU PEUX PAS ÊTRE FACHEE ! Je t’ai pas laissée toi… pourquoi tu pleures ? » Flynn se rapprocha doucement de la jeune fille, il porta ses lèvres à ses oreilles et dans un murmure pratiquement inaudible, il lui susurra de ne pas lui faire ça. De ne pas être fâchée et puis surtout, de lui faire oublier. « Toi, tu me fais souffrir, par contre ! J’ai mal, là tout au fond ; y a comme un feu de forêt dans mon ventre. Il faut que s’arrête ! Il faut que j’oublie… » Le viol, ça pourrait le faire oublier..?


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:16, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Jeu 10 Mar 2011 - 15:45

L'espace d'un instant, Hazel oublie Oscar ou Barry, ou quel que soit son nom, peu importe. Elle reste là, coincée entre le mur et ses jambes repliées, à sangloter, et ses mains viennent doucement prélever ses larmes, soulageant ainsi ses joues d'un déluge qu'elles ne sont pas habituées à devoir supporter. Ses paumes viennent ensuite se perdre sur le sol, s'imbibant au passage de ce produit à bulles dont il est aspergé depuis qu'elle a laissé tomber le flacon, quelques secondes plus tôt. Elle déteste être comme ça. Faible. Larmoyante, au sens propre du terme, ou peut-être pas propre, au fond elle n'en sait rien. Pleurer c'est un truc de filles. Et le terme 'filles' est ici à percevoir avec toutes les connotations négatives qui vont de paire avec. Hazel ne pleure pas, pas même devant les films romantiques, pas même quand un chien meurt dans un film, pas même quand Sirus meurt dans le tome 5 d'Harry Potter (t'façon elle a pas lu Harry Potter, c'est trop littéraire pour elle), elle ne pleure pas quand elle s'est fait mal, sauf si elle pense que ça peut faire culpabiliser quelqu'un, et là elle ouvre les vannes à fond, mais en règle général, ses yeux demeurent imperméables. Alors pour se rassurer, plus tard, elle se dira que c'était à cause de l'alcool, qu'elle était pas dans son état naturel. Ou elle ne se dira rien, parce qu'elle cherchera à enfouir ce souvenir dans sa mémoire, à l'enfouir si profondément que jamais elle ne le retrouvera, même pas par hasard, même pas par erreur en cherchant une réminiscence égarée. Parce que c'est ce que fait Hazel, la plupart du temps. Et c'est pour cette raison qu'elle est si souvent souriante : elle fait abstraction de tout ce qui pourrait la blesser ou l'ennuyer, et l'oubliant, tout simplement.

Puis Flynn finit par se rappeler à elle, il vient prend place à ses côtés et ça ne la gêne pas, pas outre-mesure ; plus rien ne la gêne. Puisqu'elle en est réduite à pleurer en public, comme une fille, c'est qu'elle est déjà au fond du gouffre et qu'elle ne peut pas tomber plus bas. Alors le peu de pudeur qui lui restait et qui était parvenu mystérieusement à résister aux attaques éthyliques répétées fini par s'envoler à son tour, c'est d'une logique indiscutable, en vérité. « Je suis désolé. » Oui, c'est ce qu'il était supposé dire. Et Hazel le voyait bien, à son air piteux, qu'il regrettait vraiment, sans pour autant être tout à fait certain de ce qu'il devait regretter. Ce n'était pas la première fois qu'elle se retrouvait dans ce genre de situation, et ça ne serait probablement pas la dernière. Mais elle ne s'y faisait tout simplement pas. « Toi aussi tu vas être fâchée après moi ? » Elle lève les yeux vers lui, plante son regard dans le sien, sans détour, intriguée, peut-être, par son intonation. Est-ce qu'elle allait être fâchée après lui ? Ce n'était pas au programme. Il s'était radouci, d'un seul coup, et elle se sentait moins agressée. Hazel n'avait pas assez bonne mémoire pour être rancunière. Alors oui, certes, il y a quelques secondes de cela, il lui crachait au visage qu'il ne l'aimait pas, mais au fond, qu'importe ? Le contexte était de toute manière bien trop alcoolisé pour qu'elle s'attarde trop longuement sur le sens des mots et la façon dont ils s'ancrent dans une quelconque réalité. Séchant ses larmes, la triste brunette l'écoute, attentive, s'efforçant de saisir au vol les mots qui s'échappent de sa bouche. « Tout le monde est toujours fâché après moi, tu sais. Je crois que je passe ma vie à… Je sais pas. Tout ce que je dis, tout ce que je fais… Ca tourne toujours mal ! Je suis tellement fatigué de tout ça. » Bizarrement, Haze a l'impression de comprendre ce qu'il veut dire. Comme si ce sentiment qu'il exprime lui était familier. Alors même qu'elle se sentait si différente de lui, sans en savoir trop à son sujet. Si son comportement à elle avait tendance à attirer les foudres d'autrui, c'était toujours de façon presque comique, et elle soupçonnait que les choses étaient sensiblement différentes pour celui qu'elle nommait Oscar. Le voir par la suite prendre une position si enfantine, le sentir si vulnérable, finit de l'apprivoiser et elle cesse aussitôt de lui en vouloir. Le mal-être persiste, mais pas la rancoeur. « Et puis merde, tu peux pas être fâchée après moi ! Ella, elle est fâchée parce que je suis parti. Mais elle sait pas. Elle peut pas savoir. Et puis, Donald aussi, il est fâché. Il est fâché parce que j’ai abandonné. Parce que je suis parti. JE SUIS ENCORE LA, TU PEUX PAS ÊTRE FACHEE ! Je t’ai pas laissée toi… pourquoi tu pleures ? » Mais qui est Ella ? Et qui est Donald ? Qui sont ces gens ? Hazel ne comprend pas ; c'est pas faute d'essayer, pourtant. Mais tout cela la dépasse. Étranglant violemment les sanglots qui naissent au creux de sa gorge, les contraignant ainsi à rester à leur place, Haze s'essuit une nouvelle fois les yeux, et tente de lui répondre entre deux hoquets. « Je pleure parce que je veux pas être comme ça. Je veux pas être perçue comme ça. Je veux pas être une fille qu'on trouve jolie et puis c'est tout. Je veux pas être jolie. Je veux pas être bonne. » Ses narines se dilatent et son souffle se fait saccadé tandis qu'elle accentue cette dernière syllabe tant abhorrée. « Je suis pas comme ça, tu m'entends ! Je suis pas comme ça. Je suis juste... Je suis juste une gosse, je veux pas que... J'ai rien à voir avec tous ces trucs dégueulasses, je suis pas une bombe, je suis pas une mangeuse d'homme, je suis pas la fille qui pique les copains des autres, je suis pas cette fille qui adore faire du shopping et porter de la lingerie fine, tu m'entends, JE SUIS PAS COMME ÇA. » Et de nouveau elle se noie dans ses larmes, et ça la frustre car elle pleure énormément de l'oeil droit et beaucoup moins de l'oeil gauche, et elle trouve cela bizarre. Même pleurer elle n'est pas fichue de le faire de manière équilibrée. « Je suis une gentille fille moi. Et je suis pas fâchée, je suis pas fâchée. Je suis juste triste parce que parfois je me dis que ça aurait été tellement plus simple si... Si j'avais grandi normalement et si j'étais devenue comme toutes les autres filles. Mais je suis pas comme ça, non je suis pas comme ça. » C'est à peine si elle se rendait compte à quel point elle se répétait et à quel point cette litanie se faisant obsédante. Repliée sur elle même comme elle le peut, les bras croisés contre la poitrine et le menton perdu entre ses deux poings crispés, elle s'alarme légèrement quand Flynn se rapproche d'elle mais ne réagit pas, et se contente de frissonner quand il se met à lui glisser de mélodieux mots murmurés au creux de l'oreille. « Toi, tu me fais souffrir, par contre ! J’ai mal, là tout au fond ; y a comme un feu de forêt dans mon ventre. Il faut que s’arrête ! Il faut que j’oublie… » Doucement, lentement, Hazel tourne la tête vers lui, et l'expression se retrouver nez-à-nez avec quelqu'un a rarement eu l'occasion de revêtir son sens le plus littéral. Contrite et compatissante elle se met à caresser doucement la joue gauche du jeune homme de sa main droite, comme elle le ferait avec un animal qu'elle a difficilement réussi à approcher et qu'elle ne souhaite pas faire fuir. « Je veux pas te faire souffrir. Et je suis pas fâchée, non non. Et même si tu me laisses, même si tu m'abandonnes, et ben ça sera pas grave. Je ne me fâche pas. Je ne suis jamais déçue, moi. Mais je suis désolée que Ella et Donald soient fâchés. Ça leur passera, tu verras, ça passe toujours. Et je suis désolée pour le feu de forêt. » Finalement calmée -quoique pas encore tout à fait sereine- Haze penche légèrement la tête sur la gauche et esquisse un petit sourire triste qui se veut consolateur. La main droite de la jeune Fawkes s'égare ensuite dans la chevelure du jeune homme, et c'est avec un sourire vaguement plus malicieux qu'elle continue de fourrager sa chevelure en cherchant à ramener les quelques mèches rebelles derrière son oreille. « J'ai toujours rêvé de remettre les cheveux d'un mec derrière son oreille. » lâche-t-elle, amusée, sans trop savoir pourquoi.


Dernière édition par L. Hazel Fawkes le Jeu 10 Mar 2011 - 22:11, édité 3 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Jeu 10 Mar 2011 - 18:13

Lorsque l’on ingurgite une certaine dose d’alcool, les comportements de chacun son différents. Certains sont joyeux et imprévisibles, d’autres simplement somnolant ne font qu’observer le monde tourner et d’autres encore, comme Flynn, finissait par déprimer. Il se rappelait désormais pourquoi l’alcool n’avait jamais été son fort. Lorsqu’il était en pleine possession de ses moyens, il luttait déjà énormément contre ses mauvais souvenirs. Ceux qui le hantaient et qui lui faisait honte. Mais lorsqu’il avait bu, il était déjà trop tard. Tout revenait, si rapidement et sans aucune subtilité. Alors assaillit par toutes ces images qui le hantait, Flynn se laissait aller à quelques paroles trop personnelles pour que cette inconnue les comprenne. Pourtant, il ressentait ce besoin étrange de lui dire, de lui expliquer et de se faire pardonner. Parce qu’il n’avait pas su le faire avec les autres, ou bien simplement, qu’il ne pourrait jamais effacer toutes ses erreurs passées. De toutes, c’était bien celles-ci la plus réparable. Du moins, le pensait-il. Au fond, il ne pouvait pas être certain de ce qui se tramait dans un esprit aussi étrange que celui de la demoiselle. Il n’avait jamais connu quelqu’un comme ça. Et au fond, ça lui faisait peur. Une chose de plus qu’il pourrait jouter à sa longue liste de phobie. Il n’était, décidément, pas au bout de ses peines. Et toutes ses larmes qui coulaient avec abondance sur son joli minois, comme il avait honte de les avoir fait naître. Tellement honte. Et pourtant, il ne comprenait toujours pas pourquoi.

« Je pleure parce que je veux pas être comme ça. Je veux pas être perçue comme ça. Je veux pas être une fille qu'on trouve jolie et puis c'est tout. Je veux pas être jolie. Je veux pas être bonne. » Flynn ressassait ses paroles dans son esprit. Chaque mot se répercutait sur les murs de sa mémoire, il s’en imprégnait et essayait de les comprendre. C’était la première fois qu’il entendait ça de sa vie. Il y avait beaucoup de fille qui le pensait, mais elle ne le montrait pas. Que du contraire, elle renforçait cette image de fille facile et simplement belle à regarder. Plus il se répétait ses mots et plus il les comprenait. C’était normal qu’elle ne veuille pas être considérer de cette façon, mais ce n’était pas ce qu’il avait voulu dire. Il s’était parjuré tout seul, comme un grand. Et tout ça pour un vulgaire mot tel que « bonne » ? « Je suis pas comme ça, tu m'entends ! Je suis pas comme ça. Je suis juste... Je suis juste une gosse, je veux pas que... J'ai rien à voir avec tous ces trucs dégueulasses, je suis pas une bombe, je suis pas une mangeuse d'homme, je suis pas la fille qui pique les copains des autres, je suis pas cette fille qui adore faire du shopping et porter de la lingerie fine, tu m'entends, JE SUIS PAS COMME ÇA. » Et les larmes jaillissaient de plus en plus nombreuses de ces si jolis yeux. Et plus les larmes s’écoulait, plus il se sentait mal. Il voulait ouvrir la bouche, la rassurer. Mais pour dire quoi, au juste ? Il l’avait blessé sans l’avoir voulu. Enfin, si, un peu quand même. Il avait dit clairement qu’il ne l’aimait pas, mais l’avait-il seulement pensé ? Sans doute pas le moins du monde ! « Je suis une gentille fille moi. Et je suis pas fâchée, je suis pas fâchée. Je suis juste triste parce que parfois je me dis que ça aurait été tellement plus simple si... Si j'avais grandi normalement et si j'étais devenue comme toutes les autres filles. Mais je suis pas comme ça, non je suis pas comme ça. » Sur le visage de Flynn, une moue compréhensive apparue alors que son cœur se voyait libéré d’un fardeau. Elle n’était pas fâchée. C’était déjà ça de gagner. Certes, la bataille n’était pas finie et il y aura sans doute d’autres petits accrochages. Mais elle n’était pas fâchée. La phrase tournait en boucle dans sa tête, lui laissant un petit sourire de ravissement. Elle n’était pas fâchée. « Je voulais pas dire ça, tu sais ? Je voulais pas dire bonne pour… bonne. C’est juste que cette soirée est tellement surréaliste. Un moment… j’ai cru que n’était que dans ma tête et c’est le seul moyen que j’ai contre les visions dans ma tête. Je les envois valser, aussi loin que je peux. Mais je vois bien que tu existes et que tu n’es pas comme ça. » Ses paroles se voulaient réconfortantes, mais à vrai dire, il doutait de leur efficacité. Il se trouvait même pitoyable. Cette fille ne semblait pas être comme n’importe quelle autre fille. Et ça lui plaisait, au fond. Mais le problème avec ce genre de fille, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. On sait jamais ce qu’on va dire ou faire se bien interpréter. Et la clé du problème, elle était là.

Et se rapprochant soudain pour lui glisser quelques mots à l’oreille, Flynn finit par s’abandonner à cette drôle de chose qui lui ravage les entrailles. Il sait bien que cela va passer. Il en est persuadé et puis, elle n’était pas fâchée, par extension : ça ne pouvait que se calmer ! Quelle joie. Elle se tourna d’ailleurs face à lui et leurs nez se frôlèrent. Alors que doucement, elle se mettait à lui caresser la joue. Le jeune homme commença doucement à se calmer et à oublier. Déjà. L’alcool aidant un peu sans doute, mais surtout grâce à elle et à sa présence. Même s’il ne la connaissait pas, elle l’aidait. « Je veux pas te faire souffrir. Et je suis pas fâchée, non non. Et même si tu me laisses, même si tu m'abandonnes, et ben ça sera pas grave. Je ne me fâche pas. Je ne suis jamais déçue, moi. Mais je suis désolée que Ella et Donald soient fâchés. Ça leur passera, tu verras, ça passe toujours. Et je suis désolée pour le feu de forêt. » Elle penche la tête sur le côté et lui sourit tristement. Flynn hypnotisée par son regard, n’ose pas bouger d’un pouce. Il voudrait lui dire qu’elle se trompe. Ça ne finit jamais par passer. On a beau faire semblant, les gens sont ce qu’ils sont et la haine perdure. C’était ainsi la vie. Pas vraiment ce que l’on attendait, mais simplement ce que l’on devait endurer. « Merci… » Le mot avait glissé doucement de ses lèvres. Il la remerciait pour ses excuses, mais aussi pour être la fille qui ne se fâche pas. Qui n’est jamais déçue. Oh, bien sûr, il n’était pas assez stupide pour y croire, mais l’illusion était tellement belle qu’il ne voulait pas la rompre. Et cette main qui vient finalement s’amuser avec ses cheveux et se sourire si charmant. Flynn se sentait mieux. L’orage était passé. Il n’avait pas duré longtemps, mais suffisamment pour l’avoir épuisé. « J'ai toujours rêvé de remettre les cheveux d'un mec derrière son oreille. » L’amusent dans sa voix le fit sourire. C’était une drôle d’idée. Dans les films romantiques, c’est toujours le gars qui glisse ses doigts dans la belle chevelue. Enfin, les filles aussi le font. Sans doute. Il ne savait plus. Depuis combien de temps n’avait-il pas regardé un film romantique en entier ? Trop longtemps pour qu’il ne s’en rappel. « Pourquoi ? » Et cette question que le monde ne pouvait s’empêcher de penser. Pourquoi ci, pourquoi là. Pourquoi pas, après tout ?

Flynn redressa quelque pas la tête et, s’approchant doucement de la jeune fille, il vint déposer ses lèvres sur sa joue. Le baiser dur quelques secondes et puis, son regard se plonge à nouveau dans celui de Hazel. « J’ai jamais eu de vrai rêve. Comment tu sais c’est quoi un rêve ? Tu t’es levée un matin avec cette idée ? Tu l’as vu et t’as voulu le reproduire ? Je veux dire… comment ça marche, un rêve ? » Cette question était tellement plus intéressante que la première et tellement plus sincère également. Cela lui ressemblait tellement plus. « Et tu ne peux pas n’être jamais déçue. Je suis sûre que tu l’as déjà été. Je parie que tu caches beaucoup de chose sous cette surface. Tu n’es pas seulement jolie, tu as l’air tellement vraie… J’en connais pas beaucoup, des gens vrais. Et toi, t’es là et… tu mets mes cheveux derrière mes oreilles. Je sais pas, c’est trop bizarre la vie. » Était-il seulement conscient de l’absurdité de ses paroles ? Pas vraiment. Il leva alors la main, et du bout de l’index, il fit le tour du visage d’Hazel. Comme une douce caresse oubliée. Son doigt s’arrêta ensuite au sommet de son front. Il le fit glisser sur l’arrête de son nez, former le contour de ses lèvres et finalement redescendre sur son menton qu’il coinça entre son pouce et son index. « T’as le droit d’être fâchée ou déçue… Mais pas aujourd’hui, d’accord ? » Il lu sourit alors innocemment.


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:16, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Jeu 10 Mar 2011 - 23:10

« Je voulais pas dire ça, tu sais ? Je voulais pas dire bonne pour… bonne. C’est juste que cette soirée est tellement surréaliste. Un moment… j’ai cru que n’était que dans ma tête et c’est le seul moyen que j’ai contre les visions dans ma tête. Je les envois valser, aussi loin que je peux. Mais je vois bien que tu existes et que tu n’es pas comme ça. » Hazel fronce les sourcils. Ne comprend pas. Il répète deux fois le mot tabou et l'agace, l'irrite, la met mal à l'aise de façon indescriptible, lui donnant envie de se cacher et s'enlaidir, mais elle n'en fait rien, et fait même l'effort de camoufler son ressenti derrière un masque vide d'expression. Elle n'est pas sûre de saisir où il veut en venir dans tout ça. Est-il fou ? Il en a l'air. « Tu en as souvent des... des visions comme ça ? » interroge-t-elle du bout des lèvres, en osant un regard discret vers Oscar avant de reporter son attention sur ses mains à elle, tortillant nerveusement ses doigts dans tous les sens et se tournant les pouces, comme si elle n'avait que ça à faire. Déstabilisée, Haze ne sait pas si elle aime bien ou non son compagnon ; il est difficile de savoir sur quel pied danser avec lui, et la plupart du temps elle se base sur les réactions des autres à son égard pour se faire sa propre opinion. Quand elle réalise que quelqu'un a l'air de l'apprécier, le sentiment devient immédiatement réciproque, comme un retour de faveur. Car Hazel n'est pas difficile, elle s'accommode de tout, mais là elle craint de se risquer à accepter Oscar pour finalement se rendre compte qu'il ne la supporte pas. Prise d'une soudaine envie, elle se tourne vers Flynn et, le regard brillant d'espièglerie, vient lui pincer le bras - relativement doucement, le but n'étant pas de l'assassiner non plus. « Tu vois. Je suis bien réelle. J'existe. Ne remets plus jamais ça en question. » lui intime-t-elle sentencieusement, avec toujours cette lueur dans les yeux. Exister, c'est tout ce qu'elle sait faire. Il ne faut surtout pas qu'on lui retire cela.

« Merci… » lâche-t-il ensuite, après qu'elle l'eut rassuré comme il lui incombait de le faire. Un petit sourire en coin s'esquisse sur ses lèvres l'espace d'un instant tandis qu'elle hausse les épaules, l'air de dire 'pas de quoi'. Au bout d'un certain temps, Hazel cesse de triturer les cheveux de Flynn et pose finalement ses deux mains par terre, paumes contre le sol, de chaque côté de son corps. Légèrement repliée sur elle-même, elle relève toutefois la tête à l'entente d'un « Pourquoi ? » inquisiteur qui la surprend. Relevant les yeux, elle darde son regard dans celui du jeune homme et énonce, comme sur le ton de l'évidence : « Pour rien. Pas parce que je le ressentais, mais parce que j'avais envie de le dire. Tu vois ? » Chez la jeune Fawkes, c'était presque habituel en vérité, cette façon d'agir par impulsion, sans raison, sans motif valable et sans pouvoir expliquer ses gestes par la suite. S'expliquer, ça n'avait jamais vraiment été son truc. Même précédemment, faire comprendre à Flynn ce qui l'avait mise dans cet état avait été particulièrement ardu et désagréable, et elle avait tout à fait conscience qu'elle n'avait absolument pas été capable de mettre les mots justes sur ce qu'elle éprouvait.

Le contact des lèvres du jeune homme sur sa joue la perturbe en profondeur, mais elle parvient à réfréner de justesse un frisson indésirable. Le fait est qu'elle n'est tout simplement pas habituée à ce que quoi que ce soit entre en contact avec son visage. Personne ne lui fait la bise, ses quelques amies au féminin ayant compris depuis belle lurette que ce n'était pas son style, et ni sa mère ni sa soeur n'étaient particulièrement du genre bisouteuse. Son père, jadis, était du genre câlin, mais quelque part en cours de route il avait oublié ce trait de sa personnalité, ce dont personne ne lui tenait rigueur, au fond. Peinant à réagir naturellement, Hazel entre en phase d'analyse intense, intriguée par cette nouvelle sensation, et par son incapacité à réagir comme elle se devrait de le faire. Quand un de ces potes tentait une approche de ce style, elle se mettait systématiquement à gesticuler dans tous les sens en criant 'Au secours, au viol !' en courant partout, mais là, rien. Aucune réaction. Au contraire, lorsque la bouche de Flynn s'éloigne, Haze, par curiosité, est tentée d'essayer à son tour et, spontanément, vient poser un baiser sur sa joue à lui, mais avec une rapidité telle que cela ne dure même pas une seconde. Fascinée par cette découverte, la jeune fille met un certain temps à revenir à la réalité et emmagasiner les propos d'Oscar. « J’ai jamais eu de vrai rêve. Comment tu sais c’est quoi un rêve ? Tu t’es levée un matin avec cette idée ? Tu l’as vu et t’as voulu le reproduire ? Je veux dire… comment ça marche, un rêve ? » La question est intéressante. Hazel réfléchit quelques secondes, pas trop parce que ça devient douloureux, avant de se lancer : « Non, c'est pas comme ça. C'est plus sournois. C'est progressif. Mais tu le vois pas venir. Ça commence et c'est tout petit, tout doux, puis ça grandit et ça te dévore. Et à la fin, tu es incapable de dire quand ça a commencé. Tu saurais pas dire si c'est quand tu avais 5 ans, 12 ou 23. Parce que c'est si flou. Et ça a été alimenté par tellement de choses différentes. Et parfois ça s'est déformé en chemin. Mais c'est lent, lent et graduel. Non, vraiment, tu ne le vois pas venir le rêve. Mais un jour, il est là. Et à partir de là... Faut faire avec. » Satisfaite de sa réponse, elle se tait. A-t-elle seulement un rêve elle ? Les gens la considèrent si souvent comme une fille sans ambition, aurait-elle fini par se laisser contaminer par leurs opinions ? Au fond, ce qui est le plus probable c'est que l'imaginaire de Lilly-Haze regorge de rêves en tous genres, mais qu'aucun ne colle véritablement à la réalité établie. « Et tu ne peux pas n’être jamais déçue. Je suis sûre que tu l’as déjà été. Je parie que tu caches beaucoup de chose sous cette surface. Tu n’es pas seulement jolie, tu as l’air tellement vraie… J’en connais pas beaucoup, des gens vrais. Et toi, t’es là et… tu mets mes cheveux derrière mes oreilles. Je sais pas, c’est trop bizarre la vie. » Un sourire amusé s'impose sur les lèvres de la jeune fille tandis qu'elle lance un regard en coin à celui qui, elle venait de le décider, était son ami. Même si elle est ennuyée par la forte inclination du jeune homme à en rester à son apparence physique, ses propos l'intéresse, et lui donne matière à déblatérer. C'est tout ce qu'elle demande, en vrai. « Je ne crois pas avoir déjà été déçue. Je n'ai pas de grosses attentes aussi. Je prends les gens comme ils sont. Je profite de ce qu'il y a de bon en eux, et parfois aussi de ce qu'il y a de mal. Tout ça s'équilibre. Être déçu ça sert à rien, je comprends pas pourquoi vous, tous, vous vous échinez à l'être. C'est tellement plus simple d'admettre qu'on est tous humains, et que personne n'est infaillible. Et puis, si personne n'était 'décevant' comme tu dis, la vie serait super ennuyante, non ? » Elle hausse une nouvelle fois les épaules, une moue hésitante au visage. Sans être certaine de tout ce qu'elle affirmait, cela restait sa façon à elle de voir les choses, et elle n'avait pas envie d'en changer. « Et je crois que je suis vraie. C'est pas que je sois honnête ou quoi que ce soit. Mais juste... Je trouve ça plus simple. J'aime pas m'encombrer de fausseté. C'est trop contraignant. »

Intriguée par la façon dont Flynn promène son doigt sur son visage, elle ne souffle mot, amusée, se retenant de rire pour ne pas troubler la 'poésie' de l'instant. « T’as le droit d’être fâchée ou déçue… Mais pas aujourd’hui, d’accord ? » Ça semblait plutôt juste. Elle lui en avait déjà assez fait voir pour la soirée. « Ça marche. Mais tu sais, même si je me fâche, ça dure jamais longtemps. Les disputes m'ennuient rapidement. Tu veux bien relâcher mon menton si je te promets de rester cool pour la nuit ? » demande-t-elle, l'air angélique.
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Sam 19 Mar 2011 - 12:24

L’alcool a cela d’étrange que, s’il ne soigne guère les cœurs brisés, il permet aux âmes déchirées la fantaisie d’un répit… juste le temps d’un oubli. C’était sans doute cette magie de l’oubli qui avait égaré Flynn. Il n’avait jamais été du genre blessant, du genre attendri ou encore pire, du genre à montrer à quel point il était heurté par la vie, blessé par sa famille. Et là, en une seule soirée, il avait tout fait. Comme il aurait honte le lendemain en se levant. Et si cette fille venait à parler de ce soir étrange ? Il ne la connaissait pas après tout, elle était peut-être du genre à aimer se moquer d’autrui. Il pensait qu’elle était différente des autres puisqu’elle ne réagissait pas comme n’importe quelle jeune femme mais, l’alcool lui avait bien tourné la tête alors peut-être qu’elle se jouait de lui. Bien sûr, il avait conscience que cette soirée serait probablement totalement oubliée au levée mais en proie en doute, il espérait que son comportement change à nouveau. Pour lui rendre ce qu’il était. À savoir, silencieux et perdu dans sa bulle. Empêchant le monde de pénétrer dans son tiroir à secret. C’était sa la vie. Se préserver d’autrui ! « Tu en as souvent des... des visions comme ça ? » La question se perdit quelque part. Le regard de Flynn s’était déjà égaré plus loin. Des visions ? A vrai dire, oui, il en avait souvent. Comme tout enfant, il se construisait un château merveilleux dans sa tête. S’imaginant preux chevalier pour un roi tel Arthur, il s’inventait une vie de frasque. Puisqu’il parait que la seule arme qu’on les enfants contre le monde est l’imaginaire. Il avait toujours tâché de l’appliqué. Parfois en vain, mais il essayait au moins. C’était déjà ça. Il ressentit soudain un petit pincement sur son bras. Il tourna alors son regard vide vers la demoiselle. « Tu vois. Je suis bien réelle. J'existe. Ne remets plus jamais ça en question. » Ses yeux à elle scintillait d’espièglerie alors que lui essayait tant bien que mal de rester connecter à la conversation. Il aurait voulu murmurer un accord. Lui signifier qu’il avait entendu et qu’il ne remettrait plus jamais rien en question devant elle, mais il semblait avait apprivoisé le silence et ne plus vouloir le quitter.

Malgré le silence qu’il aimait et qu’il ne voulait pas quitter, certaines questions lui brûlaient les lèvres. Il ressentait ce besoin irrépressible de savoir, de comprendre. Il n’aimait pas les pourquoi. Ces questions hameçon qui vous attrape et ne vous relâche qu’une fois une bonne réponse donnée. Mais la vérité, c’est qu’il n’y avait jamais eu de bonne ou de mauvaise réponse à un pourquoi. C’est ainsi que va la vie. Pourquoi, et pourquoi pas. « Pour rien. Pas parce que je le ressentais, mais parce que j'avais envie de le dire. Tu vois ? » Non. Il ne voyait pas. Comment aurait-il pu voir quoi que ce soit ? Il ressentait beaucoup de chose mais n’avait envie de rien. Son problème était peut-être là, au fond. Cette manie de vouloir comprendre le monde mais de le faire à sa façon. Maudite façon qui n’était guère la bonne ! Mais pour remercier la jeune fille, il avait commis ce geste incompréhensible de déposer ses lèvres sur sa joue. C’était loin de lui ressembler. Il avait toujours évité les contacts physiques aussi longtemps que c’était possible. Il avait cet étrange sentiment que si on le touchait, il contaminerait le monde. De sa connerie, de ses vices, des ses faiblesses… C’était bien sûr absurde, mais il s’y était fait à la longue. Ca ne lui manquait pas. Mais l’alcool aidant, il avait sans doute oublié sa propre promesse d’éviter toute sorte de contact de ce genre. Et cela aurait pu très bien se passer si elle n’avait pas elle aussi perdu ses lèvres sur sa joue. Son corps se raidit quelque peu alors qu’il se forçait à penser à autre chose. Oubliant le plus rapidement possible qu’il venait de la contaminer par deux fois. Une intentionnellement et l’autre, elle l’avait elle-même cherché. « Non, c'est pas comme ça. C'est plus sournois. C'est progressif. Mais tu le vois pas venir. Ça commence et c'est tout petit, tout doux, puis ça grandit et ça te dévore. Et à la fin, tu es incapable de dire quand ça a commencé. Tu saurais pas dire si c'est quand tu avais 5 ans, 12 ou 23. Parce que c'est si flou. Et ça a été alimenté par tellement de choses différentes. Et parfois ça s'est déformé en chemin. Mais c'est lent, lent et graduel. Non, vraiment, tu ne le vois pas venir le rêve. Mais un jour, il est là. Et à partir de là... Faut faire avec. » Les mots s’écoulaient de la bouche de la jeune fille avec une facilité incompréhensible. Elle semblait avoir compris ce problème que lui-même ne comprendrait jamais et ce, même après qu’elle lui ait expliqué. Lorsque son regard se portait sur elle, il était plein d’admiration. Elle savait tellement de chose et lui, il était réduit au néant. Et alors qu’il devrait se taire pour profiter de la beauté des paroles de la jeune fille, voilà qu’il s’évertuait à prononcer des phrases sans quelconque intérêt. Il s’en veut pour ça. Mais trop tard. Le mal est fait, comme on dit. « Je ne crois pas avoir déjà été déçue. Je n'ai pas de grosses attentes aussi. Je prends les gens comme ils sont. Je profite de ce qu'il y a de bon en eux, et parfois aussi de ce qu'il y a de mal. Tout ça s'équilibre. Être déçu ça sert à rien, je comprends pas pourquoi vous, tous, vous vous échinez à l'être. C'est tellement plus simple d'admettre qu'on est tous humains, et que personne n'est infaillible. Et puis, si personne n'était 'décevant' comme tu dis, la vie serait super ennuyante, non ? » Il le regarda haussé les épaules et faire la moue. Ce qu’elle dit n’est pas faux. C’est même plutôt vrai. Pourtant, il ne parvenait pas à voir les choses à sa façon. Premièrement, lui était la personne qui était décevante et non l’inverse. Il était là le problème. Les personnes qui n’ont rien à se reprocher peuvent parfois accepter la déception. Mais les personnes en étant cause doivent vivre avec cette culpabilité sur les épaules toutes leur vie. Il serait toujours une déception pour les autres. Et ça, oui, c’était horrible. Il aurait préféré une vie ennuyeuse. « Et je crois que je suis vraie. C'est pas que je sois honnête ou quoi que ce soit. Mais juste... Je trouve ça plus simple. J'aime pas m'encombrer de fausseté. C'est trop contraignant. » Un sourire prit possession des lèvres du jeune homme un court instant. Ils étaient semblable et différent à la fois…

Flynn était la personne la plus fausse qu’il connaissait. Jamais personne n’avait pu lire en lui comme dans un livre ouvert. Tout était caché, dissimulé, amélioré. Il n’y avait rien en lui qui soit profondément vrai et bon. Il était, au fond, un être détestable et devait vivre avec ces contraintes toute sa vie. Et ça, parce qu’il l’avait choisi. Comment lui expliquer cela, à elle ? Lui dire combien son être était une enveloppe de mensonge alors que le sien n’était que vérité translucide ? Préférant alors éviter ce sujet de conversation, Flynn demanda à la jeune fille de ne pas se décevoir pour la première fois en ce jour. Ce à quoi elle répondit avec angélisme. « Ça marche. Mais tu sais, même si je me fâche, ça dure jamais longtemps. Les disputes m'ennuient rapidement. Tu veux bien relâcher mon menton si je te promets de rester cool pour la nuit ? » Elle ne dure jamais longtemps, mais pour Flynn, cela reste toute une vie dans sa mémoire. Et chaque tiroir, chaque recoin, chaque morceau de sa mémoire était dédié à cela. Il relâcha alors son menton gentiment. Il n’avait pas fait attention, le geste lui était venu spontanément. L’alcool aidant, de nouveau. En temps normal, jamais il n’aurait osé. Il se mit alors debout et frotta ses fesses de ses deux mains. Retenant ensuite son pantalon d’une main, il lui tend la seconde pour l’aider à se relever et ose enfin reprendre véritablement la parole. « Je propose qu’on zappe la partie cri, larme, désespoir de la soirée et qu’on fasse quelque chose de… de… » De quoi ? Il n’en savait rien après tout. Il ne vivait pas ici depuis très longtemps et les lieux lui étaient encore inconnus. C’était à elle de les divertir ! « Ca fait longtemps que t’habite ici, toi ? Je veux dire, tu dois savoir ce qu’il y a d’amusant à faire, non ? Enfin, un truc pas trop bizarre quand même hein. J’ai pas envie d’aller jeter des œufs sur la maison d’une vieille ou encore de l’entourer de papier toilette, que ce soit clair ! » Les références de Flynn étaient souvent désuètes, toujours bloqué quelque part dans son enfance. Il allait à nouveau ouvrir la bouche, pour dire une chose sans véritable intérêt, et la pluie se mis à ruisseler. Levant la tête, il ferma les yeux et ouvrit la bouche. Comme font les enfants, il se délectait de cette pluie glissant sur lui. Se reconnectant ensuite à la réalité, il posa sur la jeune fille un regard amusé. « Est-ce que tu as déjà dansé en sous-vêtement sous la pluie ? » A peine avait-il formulé ces mots qu’il relâcha son pantalon qui lui tomba sur les chevilles.


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:17, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Jeu 31 Mar 2011 - 3:13

Hazel papote, papote, laisse les mots s'échapper de sa bouche sans chercher à les retenir - après tout ils sont tellement mieux dehors, ne serait-ce pas cruel que de chercher à les refouler à l'intérieur ? Elle remarque à peine que son camarade ne pipe mot, elle trouverait ça naturel, si elle cherchait à y réfléchir deux secondes ; mais elle se laisse porter par les évènements, comme toujours, en vérité. Bien sûr, elle s'arrange avec sa conscience, dans tout ce qu'elle raconte. Elle oublie volontairement quelques détails. Son mot d'ordre n'a jamais été d'être vraie, en dépit de ce qu'elle peut déblatérer à ce sujet. Ce qui a toujours gouverné sa façon d'être, c'est la simplicité ; elle n'a jamais eu d'autre aspiration que celle de se rendre la vie le plus simple possible. Et si parfois c'est synonyme d'honnêteté, il s'agit également bien souvent de se voiler la face ou de vivre dans le déni. Hazel joue ainsi avec sa mémoire, ayant tendance à tout envoyer valser dans la corbeille comme cela lui chante, ne gardant à l'esprit que ce qui est important - et s'il y a bien un seul domaine dans lequel Haze se permet d'être exigeante, c'est quand il s'agit de définir l'importance des choses. Si on écrivait un livre faisant référence de tous ces petits trucs que la jeune fille avait refoulé tout au fond d'elle-même car elle n'avait pas le courage d'y faire face, il rivaliserait sûrement de par la longueur de son contenu avec la Bible. Pour autant, rien de tout cela ne l'avait jamais dérangée ; elle n'est pas comme tous ces gens qui tentent de retenir en eux des pensées qui finissent par les détruire de l'intérieur. À choisir, elle serait plutôt du genre à détruire des pensées qui pourraient la retenir quelque part. Et elle est au fond tellement à l'aise dans cette attitude que quand Flynn la regarde avec des yeux brillants d'admiration, elle ne se sent pas hypocrite le moins du monde ; touchée au vif, néanmoins, elle détourne le regard. S'il n'exprime pas à voix haute un quelconque type d'emballement, elle saisit immédiatement que ses mots ont su faire mouche, fait suffisamment rare pour être signalé, et ça la perturbe, peut-être dans le bon sens du terme - elle n'est pas sûre d'être en mesure de faire la distinction entre bon et mauvais sens, pour le coup. C'est bien la première fois que quelqu'un a l'air d'approuver ce qu'elle peut sortir avec difficulté de la petite cavité exiguë qui renferme son cervelet, et ça lui fait bizarre. Plus habituée à être le sujet de moqueries qu'autre chose pour ses raisonnements parfois quelques peu hallucinés, elle se rend compte que dans cette nouvelle dimension alcoolisée qu'ils explorent ce soir tous les deux, elle est susceptible de paraître, genre, intelligente, et ça l'émoustille hautement. Et si l'intelligence ce n'était pas, au fond, ce qu'ils croient tous ? Et si l'intelligence était ailleurs, et que Hazel, à sa manière, en possédait une certaine forme ? L'idée lui plaisait. Au cours des vingt-quatre dernières années de sa vie, on lui avait répété qu'elle courrait tout droit dans la mur, quand on ne lui affirmait pas tout simple qu'elle courrait sur place, alors forcément, une telle perspective, ça change la vie. À vingt-quatre ans, bourrée comme un coing, Hazel Fawkes envisageait pour la première fois de sa vie l'hypothèse selon laquelle elle pourrait posséder une once d'intelligence. Et demain matin, elle se réveillera, et toutes ces charmantes pensées se seront envolées en fumée. Sans doute. Peut-être pas ?

Et puis tout d'un coup il se lève et lui tend la main, main qu'elle saisit immédiatement, sans se poser la moindre question - où qu'il ait envie d'aller, elle est prête à le suivre. Parce que c'est tellement plus simple, et plus agréablement surprenant, de se laisser guider. « Je propose qu’on zappe la partie cri, larme, désespoir de la soirée et qu’on fasse quelque chose de… de… » Elle réalise qu'elle n'a pas crié. Que lui non plus. Larme et désespoir, check, coché, c'est bon, ça roule. Mais pas les cris. « On n'a pas crié. » lâche-t-elle, sans vouloir se la jouer pimbêche-correctrice. « Je veux crier, moi. » précise-t-elle, comme l'enfant capricieuse qu'elle est, qui se rend compte qu'elle n'a eu le droit à tout ce qu'elle peut réclamer. « Ca fait longtemps que t’habite ici, toi ? Je veux dire, tu dois savoir ce qu’il y a d’amusant à faire, non ? Enfin, un truc pas trop bizarre quand même hein. J’ai pas envie d’aller jeter des œufs sur la maison d’une vieille ou encore de l’entourer de papier toilette, que ce soit clair ! » Hazel non plus n'avait pas envie de faire ça. Avec les oeufs, on fait des crêpes ; la bouffe, c'est sacré, pas question d'y toucher. Et elle était bien trop flemmarde pour entourer la maison de qui que ce soit avec du papier toilette - sans avoir jamais essayé une telle chose, elle était intimement convaincue que l'exercice devait être redoutablement sportif. Si elle vit à Ocean Grove depuis son enfance, force est de constater que Lilly-Haze n'a qu'une très vague idée des trucs amusants qui peuvent être fait dans le coin. Faut dire qu'elle cherche rarement à s'amuser ailleurs que dans sa chambre, dans laquelle elle passe 90% de son temps, les 10% restants étant consacrés à la cuisine. Désireuse de faire un effort, elle s'apprête pourtant à ouvrir la bouche pour proposer d'entrer par effraction dans le zoo, histoire d'aller faire coucou aux animaux qui ne dorment pas, mais tout comme Flynn elle se retrouve interrompue par la pluie qui se met à tomber, comme ça, sans demander aucune espèce d'autorisation. « Est-ce que tu as déjà dansé en sous-vêtement sous la pluie ? » Interloquée, elle le regarde, puis regarde son pantalon qui, aux prises avec une gravité trop forte pour lui, finit par se laisser choir à même le sol. Amusée, les yeux pétillants, elle relève son regard noisette pour le planter dans celui de Flynn. « Bien sûr. Mais ça fait longtemps, ça me manque un peu. » Avec cet air enjoué qui la caractérise en temps normal, elle s'empare de son tee-shirt et le retire par la tête, un peu gênée, peut-être, au début, mais sans le laisser percevoir. Hazel se plaît à croire qu'elle à l'aise avec son corps, mais que c'est le regard des autres sur son corps qui la déstabilise. « Fais tomber la chemise, mec. Sois pas timide. » lui intime-t-elle, un sourire à la fois baroudeur et enjôleur collé aux lèvres. Tout en se dirigeant vers la rue, le dos cette fois-ci tourné au jeune homme, elle commence à batailler avec sa braguette pour retirer son vieux jean qui avait toujours tendance à faire des siennes aux plus mauvais moments.


Dernière édition par L. Hazel Fawkes le Ven 15 Avr 2011 - 18:58, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Sam 2 Avr 2011 - 21:57

Certaines soirées sont longues et ennuyeuses. Elles nous entrainent dans l’immensité de la nuit avec une lenteur exaspérante. Mais d’autres, celles qu’on ne prévoit pas, sont parfois exaltantes. Voués à de grandes émotions. Elles dureront longtemps et passeront pourtant si vite. Elles mèneront deux ingénus vers la plus sombre des folies. La plus incompréhensible de toute. Et surtout, la plus insensée. Et pourtant, bercé par les effluves d’un alcool inhalé, ils allaient s’oubliés. Redevenir des enfants. Juste le temps d’un instant. Comme si la mélodie du monde se suspendait à leurs lèvres déjà abîmées par des mots trop grossiers. Et pourtant ; la soirée ne faisait que commencé. Sous un clair de lune, un sourire égarée sur les lèvres et une pluie battante : un détail avait échappé à l’intention de Flynn. Ce détail qui ferait toute la différence. Une différence qu’il ne laisserait pas passer. « On n'a pas crié. » Il fronça alors les sourcils. Si. Ils avaient criés. Ou peut-être que… Non. Elle avait raison, ils n’avaient pas criés. Ce n’était pas plus mal, si ? Après tout, les cris ce n’est jamais gai à attendre. Et puis, ça rend sourd. « Je veux crier, moi. » Le jeune homme entrouvrit alors les lèvres pour signaler à sa charmante locutrice qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Mais plus les mots résonnaient dans son crâne douloureux, plus ils prenaient du sens. Mon dieu. Ils n’avaient pas criés. Comment avait-il pu ? « Alors on crie. » Les mots s’étaient détaché de ses lèvres avec une simplicité qu’il se connaissait peu. Flynn avait toujours été dans la retenue. Il pensait chaque mot et tournait sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Et voilà que d’un naturel déconcertant, il énonçait une idée. Et ce n’était pas n’importe laquelle. Celle de tout faire pour rendre la soirée plus agréable. Posant son regard dans celui de la jeune femme, Flynn déglutît difficilement. Crier, c’était compliqué. « Dis… T’aurais pas un mode d’emploi pour crier ? » Il remonta aussi loin que sa mémoire engourdie le lui permit et… rien. Pas un seul, pas une seule larme, pas un seule mot tendre. A bien y réfléchir, c’était un extraterrestre. Il était là, le problème avec lui. Il ne venait pas de la même foutue planète que les autres êtres humains. C’était vachement triste pour lui. « T’aurais pas aussi un mode d’emploi pour devenir comme toi ? Enfin, un truc qui ressemble à peu près à un humain quoi. Non pas que tu ne sois pas tout ce qu’il y a de plus humains hein ! Je parle de moi, pas de toi, ça va de soi. » Se mordant la lèvre inférieur, Flynn décida de garder le silence. C’était peut-être mieux ainsi. Mieux pour lui. Mieux pour elle. Pourtant, le peu d’humanité qui sommeillait en lui lui intimait de faire quelque chose. Quelque chose qui pourrait faire avance le temps. Quelque chose que la pluie ne pourrait pas abîmer de ses gouttes par millier.

Danser sous la pluie. Check. Être en sous-vêtement. Check. Danser en sous-vêtement sous la pluie, ça, ça ne lui était encore jamais arrivé. Mais les bonnes vieilles habitudes sont faites pour être changée. Alors, pourquoi pas après tout. « Bien sûr. Mais ça fait longtemps, ça me manque un peu. » Le regard pétillant qu’elle posait sur lui le rassurait et pourtant, ses paroles le refroidissait de l’intérieur. Elle l’avait déjà fait. Décidément. Il aurait beau être le plus original du monde, il faudrait toujours qu’elle l’ait fait ai préalable. Un peu déçu, Flynn fit la moue. Mais bon, ce n’était pas le plus important dans cette histoire. Et alors qu’elle commence à se dénuder sous ses yeux, le jeune homme pousse un petit cri d’effroi. Il avait oublié ce détail. Il devrait être capable de la regarder sans la reluquer et sans passer pour un taré, pervers, psychopathe. Ah ben dis donc, ce n’était pas gagné. . « Fais tomber la chemise, mec. Sois pas timide. » Mais cette phrase le rassure et c’est un sourire qui vient se lover sur ses traits. La jeune fille se rapproche alors de la rue et lui tourne le dos alors que de son côté, il fait tomber la chemise. Désormais en chaussette, caleçon au beau milieu de la rue, Flynn attend désespérément une réaction ; ou quelque chose qui s’en rapproche, de la jeune fille. Mais celle-ci semble véritablement concentrée sur son pantalon. S’approchant doucement, Flynn toussota pour annoncer sa présence et d’une voix embrumée de gêne, il murmura : « Hum… Tu as besoin d’aide ? Ne crois pas que ce soit une avance ! Je veux juste… danser sous la pluie. Même si j’sais pas danser, en fait. Ça aussi tu m’apprendras ? » Finalement, à bien y réfléchir, cette fille allait devoir tout lui apprendre ! Elle aurait dû y réfléchir à deux fois avant de soûler un Nielson de ce genre. Mais déjà il s’approche d’elle et essaye d’ouvrir cette satané braguette qui fait obstacle à son plan divin ; qui n’est pas de conquérir le monde comme vous vous en doutez bien. Et lorsque la braguette cède enfin, il lâche d’un air triomphant : « Mama mia ! J’ai des doigts de fées ! » Et se rendant soudain compte que sa phrase pouvait paraitre quelque peu tendancieuse, le jeune homme se mit à rougir violemment alors que la pluie lui foutait le visage et lui collait les cheveux à la peau. Et accessoirement, le caleçon à l’entre jambe. « J’ai quand même honte. J’ai pas mis le plus beau de ma garde-robe ! Enfin, c’est pas comme si j’avais une garde-robe, en fait. OH, ON S’EN FOUT ! Qu’est-ce qu’on va danser ? » La tarentelle peut-être ? Flynn Nielson et ses questions toujours très consciencieuse et bourrées d’intérêt.


Dernière édition par Flynn P. Nielson le Lun 25 Avr 2011 - 9:18, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ~ i don't like rabbits. they always look like they're about to say something, but they never do. Lun 18 Avr 2011 - 19:44

« Alors on crie. » Enthousiaste et satisfaite de voir sa demande acceptée, Hazel hoche la tête avec vigueur ; c'est rare qu'elle ait l'occasion d'hurler avec l'approbation de qui que ce soit. C'est rare qu'on lui fournisse un prétexte pour s'exprimer avec autant d'intensité également, et il n'y a vraiment que contre des PNJs incarnés par sa Playstation qu'il lui est réellement arrivé de s'énerver. Elle avait toujours eu du mal à se canaliser quand elle perdait face à la machine. Et sa fureur était d'autant plus grande qu'il lui était impossible de passer sa frustration en passant à tabac son adversaire, puisqu'il était évident qu'elle ne pouvait pas réellement s'attaquer à sa console. L'envie la démangeait parfois pourtant - contrairement à Alec, il y avait peu de chance que la Playstation rende les coups - mais elle s'en gardait bien car Kate Fawkes en avait plus que marre de payer de nouvelles consoles tous les mois, et contrairement à ce qu'elle pouvait parfois prétendre, Lilly-Haze craignait bel et bien le courroux de sa mère. « Dis… T’aurais pas un mode d’emploi pour crier ? » Curieuse question. Haze incline la tête, sur le côte, perplexe. Que ferait-elle d'un mode d'emploi ? Elle ne les gardait jamais bien longtemps, ces petits manuels qui lui prenaient la tête dès qu'elle posait les yeux dessus. Sérieusement, qui lit les modes d'emploi ? C'est tellement plus drôle d'y aller au feeling. « Tu n'as jamais crié ? Ce n'est pas bien difficile, tu verras. Rien qui ne mérite un mode d'emploi. Et c'est inné. T'es programmé pour le faire. Faut juste que tu trouves le bon bouton. Sérieux, tu cries jamais ? Tu devrais, ça fait du bien. Bon, pas trop longtemps, sinon ça te nique la gorge, j'te préviens. Mais bon. Ça vaut le coup. » Ne souhaitant pas non plus passer pour une masochiste, Hazel ne précise pas qu'elle aime bien ça, avoir mal à la gorge, parce que après elle trouve ça d'autant plus agréable de boire des boissons chaudes ou au contraire de manger de la glace. À la réflexion, elle se demandait si c'était réellement du masoschisme ou si elle n'avait pas tout simplement atteint le paroxysme de la gourmandise ? « T’aurais pas aussi un mode d’emploi pour devenir comme toi ? Enfin, un truc qui ressemble à peu près à un humain quoi. Non pas que tu ne sois pas tout ce qu’il y a de plus humains hein ! Je parle de moi, pas de toi, ça va de soi. » Quel curieux bonhomme. La tête toujours légèrement inclinée, la jeune plombière fronce les sourcils, comme si par un étrange mécanisme cela allait lui permettre de mieux se concentrer. « Je ne comprends pas tout ce que tu dis, je crois. Mais y'a pas de mode d'emploi pour être comme moi. Ou s'il y en a un, je ne l'ai jamais lu. Être comme moi, ça implique de jamais lire les modes d'emploi. De jamais agir comme on est supposé le faire, mais de toujours agir comme on a envie d'agir. Okay, ça a peut-être l'air facile comme ça, et c'est vrai que je trouve ça plutôt simple, mais, honnêtement, j'ai l'impression que les trois quarts de la population des environs a oublié comment on fait, je veux dire, comment on fait pour agir naturellement, instinctivement. Ils ont lu trop de modes d'emploi, c'est ça leur problème à mon avis. Le mode d'emploi de comment accueillir la nouvelle voisine, avec un panier de muffins tout chaud, que t'as pas fait toi même et que t'as juste réchauffés, mais ça elle le sait pas. Le mode d'emploi de comment draguer un mec, en touchant sans cesse tes cheveux et en gloussant comme une poule, en te faisant passer pour une idiote pour renforcer son complexe de supériorité. Le mode d'emploi de comment gérer sa vie sociale, en léchant l'cul des gens influents et en snobbant les autres. Je te le dis, de toi à moi, euh, ou de moi à toi, et je te le dis parce que je pense que t'es un chic type Oscar : j'emmerde les modes d'emploi. Et tu devrais en faire de même. Je dis ça pour ton bien. » Son petit laïus terminé, la jeune Fawkes se tait, enfin. Tout au long de son petit discours, elle s'était retenue de reprendre sa respiration, et elle se sentait à présent presque essoufflée. Essouflée et surprise. Surprise de constater qu'elle en avait visiblement gros sur la patate, et qu'elle avait bien plus de choses à dire qu'elle ne l'avait toujours cru.

Conservant son air espiègle quasi-effronté face à la moue de Flynn, Hazel réalise qu'il serait bon de préciser qu'elle déconnait - elle n'avait bien évidemment jamais dansé sous la pluie en sous-vêtements. Avait-elle seulement déjà dansé sous la pluie ? Oui, peut-être. Elle n'en était pas sûre. Elle se souvenait avoir souvent râlé sous la pluie, et avoir ronchonné au sujet du mauvais temps. Elle se souvenait également avoir ri sous la pluie, et s'être moquée de ceux qui se plaignaient de la météo, les traitant avec un plaisir non-dissimulées de «chochottes» ou de «tarlouzes», ses insultes favorites. Mais danser ? « J'déconnais, hein. J'ai jamais fait ça. T'es un privilégié, je me désappe pas devant tout le monde chaque fois qu'il pleut. Ce sera ma première fois. » Sourire taquin. Qui s'émousse légèrement quand le jeune homme laisse échapper un cri, qu'Hazel ne sait pas trop comment interprêter. Elle sait qu'elle sera sur la défensive si elle essaye de rétorquer quoi que ce soit, et n'est pas encore sûre d'être capable de faire de l'humour au sujet de tout ça. Habituellement, elle adore plaisanter au sujet de son corps, mais avec Flynn c'est différent, et elle ne se voit pas jouer la carte de la fille super prétentieuse quant à sa physionomie (carte qu'elle adore jouer pourtant) car elle avait la sensation que ça semblerait bien moins ironique que quand elle vantait son allure générale à Rhiannon, par exemple. « Hum… Tu as besoin d’aide ? Ne crois pas que ce soit une avance ! Je veux juste… danser sous la pluie. Même si j’sais pas danser, en fait. Ça aussi tu m’apprendras ? » Et avant qu'elle ait le temps d'ajouter quoi que ce soit, l'audacieux jeune homme prend les commandes et entreprend de décoincer la braguette récalcitrante. Sans y voir de problèmes, Haze lâche prise pour laisser champ libre à son Oscar, bien heureuse de n'avoir plus qu'à se tourner les pouces. D'habitude, c'est Wendy qui se chargeait de l'aider à retirer son pantalon, mais Flynn avait l'air de pas trop mal se débrouiller. « Je t'apprendrai. Mais qu'est-ce que tu sais faire au juste ? J'aimerais bien que tu m'apprennes quelque chose, histoire qu'on soit quittes. » Visiblement, Hazel avait momentanément oublié qu'elle n'avait pas la moindre notion de danse, et qu'avoir imité quelque fois certains mouvements plus ou moins suggestifs des Pussycat Dolls devant son écran ne faisait pas d'elle une danseuse aguerrie. « Mama mia ! J’ai des doigts de fées ! » Amusée, Haze plisse malicieusement le nez, les yeux brillants. « C'est bon à savoir. Je retiens... » lâche-t-elle évasivement, en commençant à retirer son jean, tout en s'efforçant de ne pas laisser son boxer noir partir avec, avant de se débarrasser de ses chaussettes. « J’ai quand même honte. J’ai pas mis le plus beau de ma garde-robe ! Enfin, c’est pas comme si j’avais une garde-robe, en fait. OH, ON S’EN FOUT ! Qu’est-ce qu’on va danser ? » Bonne question. Maintenant qu'elle y songeait, Hazel se rendait compte qu'elle ne savait même pas danser la macarena. « Ton caleçon est très bien, ne t'inquiète pas. Par contre retire tes chaussettes, ça manque de classe. Et, hum... En vue des circonstances actuelles, de notre tenue, de cette magnifique pluie, je dirais qu'on va danser... » Faisant planer le suspens, Haze, un éclat mystérieux planant dans son regard noisette, se met à onduler des poignets, ses doigts suivant la danse à la fois désarticulée et vaguement sensuelle du reste du corps, avant de s'arrêter brusquemment au moment même où ses deux mains viennent s'entre-choquer d'un coup net, en parfaite harmonie avec les deux coups de la pointe du pied dont elle assène le sol qui ne lui avait pourtant rien fait. Une sorte de mouvement qui, quand il est un peu mieux réussi, évoque une caricature de flamenco. « ... Le tango ! » Sauf que visiblement Hazel n'avait pas l'air au courant. Il faut dire que ces connaissances en matière de noms de danse n'allaient pas très loin, et les deux seuls qui lui étaient venus à l'esprit étaient le tango et la valse.
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