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 ✩ in the back of a black limousine.

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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Dim 21 Aoû 2011 - 19:58

Clay était un homme de parole. C'était un homme d'honneur et très patriotique, pas du genre à vous faire des coups bas, à mentir pour la gloire, à manipuler les gens... Non, c'était tout le contraire. Les gens avaient parfois du mal à y croire, car Clay apparaissait souvent comme un homme "cool" et encore un peu adolescent. On le prenait par erreur pour un adulte qui ne voulait pas grandir. Ce qui était totalement faux. Particulièrement mâture et débrouillard, il était très malin et le travail ne lui faisait pas peur. Très fier d'être américain, il n'hésiterait pas à aller donner sa vie pour sauver sa patrie. Mais à côté de ça, c'était un bon vivant. Il aimait juste profiter de la vie et être entouré de gens. Dynamique, il était difficile de le faire tenir en place et il avait toujours envie de bouger, de visiter, de découvrir, d'apprendre... Une soif qu'il ne parvenait pas à étancher au fil des années. Mais ça le rendait particulièrement agréable à vivre et il était de bonne compagnie. Il fallait seulement s'habituer à sa franchise et ses sautes d'humeurs parfois un peu exagérées. Mais il avait un très bon fond et un cœur gros comme ça. C'était toujours ce que retenais les gens qui avaient prit le temps de le connaître.

Lorsque Clay se mit à rire, il remarque aussitôt la mine renfrognée de son interlocutrice qui ne semblait visiblement pas apprécier son rire. Était-elle allergique à la bonne humeur et la légèreté ? Cela semblait probable à première vue... Mais Clay ne s'en accommoda pas plus longtemps, poursuivant la conversation, imperturbable. Se montrant alors particulièrement honnête avec elle et sur ce qu'il pensait d'elle à première vue, il l'a vit réagir assez mal. Elle n'appréciait pas ses propos ? Malheureusement pour elle, c'était la simple vérité. Il savait que la vérité n'était pas toujours très agréable à entendre, mais malheureusement c'était ainsi. Et seules les personnes qui acceptaient les critiques étaient susceptibles de changer un jour. Enfin, encore fallait-il en avoir envie. Et Clay était persuadé qu'il n'était pas le premier à lui dire ce genre de choses. A moins que la majorité des gens aient été trop effrayés par la détermination de la blonde et ce soient écrasés face à elle ? Ça paraissait très possible également. Mais Clay n'était pas ce genre de personnes. Bien pour ça qu'il était à la tête d'une énorme entreprise d'ailleurs. Il fallait être dur pour pouvoir se faire une place, sinon on se faisait bouffer. Mais Dolly ne semblait vraiment pas apprécier ses remarques. Elle le fixait, le regard froid et sur, visiblement vexée. Elle ne pipait pas mot, n'ayant certainement pas envie de s'engager sur cette voie là pour le moment. Clay se leva alors, décidant qu'il était temps de changer de sujet puisque celui-ci ne plaisait pas à sa compagnie. Au même moment, le taxi arriva. Clay tendit sa main à Dolly pour l'aider à se relever à son tour, déclarant qu'il était temps d'aller sauver le chat. Toujours un peu renfrognée, elle grommela : « Ouais. » Clay n'y prêta pas attention, se contentant de sourire discrètement face à cette réaction qu'il trouvait plutôt amusante. Elle qui quelques instants auparavant semblait si fière, si sûre d'elle, prenait à présent l'allure d'une femme blessée dans son orgueil et presque d'une enfant boudeuse. Les gens étaient vraiment surprenants.

Attendant que le taxi ne se gare pour les récupérer, Clay se tourna lorsque Dolly reprit la parole, se plantant face à lui, calmée. Intrigué, il haussa un sourcil et l'écouta attentivement. « Ce n'est pas volontaire. Je ne m'en rends même pas compte, si vous voulez tout savoir, mais je ne veux pas changer. Je ne veux pas faire le moindre effort. Soit on m'accepte tel que je suis, sois je m'éloigne. J'ai toujours procédé ainsi, j'ai certes peu de monde dans mon entourage mais je sais de manière certaine que je peux avoir confiance en eux. Je n'échangerai ça pour rien au monde. » Clay tiqua un peu, surprit de la façon dont elle se défendait. Il ne l'avait accusé de rien, il avait seulement constaté certaines choses. Et jamais il n'avait exigé d'elle qu'elle change. Mais le fait qu'elle prenne les choses tant à cœur l'interpellait. Souffrait-elle au fond de son comportement ? Sans savoir comment changer sans se trahir elle-même ? Il resta silencieux quelques instants, attendant avant de pénétrer dans le taxi. Elle le coupa dans sa réflexion, lui confiant le chat. Surprit il l'attrapa sans riposter et s'avança ensuite pour lui ouvrir la porte du taxi afin qu'elle y pénètre. « Considérez-moi comme ce chat : je suis inattendue et handicapante mais je ne suis pas décidée à bouger. J'attends simplement que quelqu'un vienne me ramasser telle que je suis. » Cette réflexion le fit rire, le regard rêveur. Encore une fois il ne se moquait pas de Dolly, mais ce genre de métaphore l'avait toujours fortement amusé. Il ne saurait dire pourquoi... Peut-être que cela venait du fait qu'il était parfois très terre à terre et qu'il prenait les métaphores pour des choses concrètes. Et imaginer Dolly en chat était particulièrement attrayant. Il toussota et reprit son sérieux, se rappelant alors que la jeune femme n'était pas très fan des rires. Il l'invita à monter d'un signe de main et la suivit, s'installant confortablement sur la banquette et posant le pauvre chat qui gémissait encore sur ses genoux. Là, il se pencha un peu en avant et déclara au chauffeur : « Amenez-nous dans la clinique vétérinaire la plus proche s'il-vous-plait. Ils me semble que les urgences sont ouvertes la nuit.» Le taxi approuva et tapa la recherche sur son GPS.

Pendant ce temps, Clay se réinstalla en arrière et boucla sa ceinture avant de tourner la tête vers Dolly pour continuer leur conversation, qui était couverte par le bruit de la radio qu'écoutait le conducteur. Caressant doucement le chat qui semblait de plus en plus épuisé, il soupira et reprit la parole : « Vous savez, vous n'avez pas à vous justifier auprès de moi je vous ai dit... Auprès de personne d'ailleurs. Chacun est comme il est. Et ce n'est pas parce que je pense tout ce que j'ai dit sur vous, que je vais vous fuir comme la peste ensuite. Je n'aime pas les gens qui sont méchants de façon gratuite. C'est tout. Les autres, s'ils m'apprécient en retour, il n'y a pas de raisons que ça ne marche pas. » Il lui adressa un sourire réconfortant avant de poursuivre : « Et puis, le plus important est bien que VOUS, vous soyez heureuse ainsi. Si c'est le cas, le reste n'a pas d'importance. On se fiche bien de ne pas plaire à tout le monde, c'est impossible de toute façon. » Il hocha la tête de façon entendu. Certaine personnes étaient certes plus détestées que d'autres, mais personne ne pouvait être aimé par tout le monde. C'était statistiquement impossible. Il leva les yeux en coin, signe qu'il réfléchissait. Puis, d'une mine enjouée et intriguée à la fois il continua : « Vous vous qualifieriez de handicapante ? Inattendue, je suis d'accord. Mais expliquez-moi en quoi vous êtes handicapante ? »

Quelques minutes après, ils arrivaient enfin à la fameuse clinique. « Ah ! Nous y voilà. » Il ouvrit sa portière et déclara au taxi : « Attendez-nous, nous avons encore besoin de vous après ça. » Le taxi approuva et coupa le moteur. Les deux adultes se rendirent donc jusqu'à l'entrée ou une jeune femme -certainement une stagiaire vu son âge- les prit en charge. Clay leur expliqua la situation et tout ceux qu'ils croisèrent leur furent reconnaissant. Il était si rare que les gens prennent la peine d'amener les animaux qu'ils renversaient. Pour Clay, cela semblait être la moindre des choses et pour Dolly, c'était visiblement la même chose. Après quoi, la vétérinaire s'empara du pauvre chat et disparue dans la pièce à côté. Sentant une certaine anxiété chez sa binôme, il posa une main rassurante sur son épaule et demanda : « Vous voulez que l'on reste jusqu'à avoir le diagnostique du vétérinaire ? Mais après, on file s'occuper de vous hein. Un marché est un marché. » Il la toisa gentiment, prenant un air de gros dur l'air de dire : attention hein ! Vous n'y échapperez pas.


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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Sam 27 Aoû 2011 - 16:10

Décidément, c'était une manie chez lui de rire sur tout ce qu'elle disait de réellement sérieux. Comprenant qu'il était inutile de le rappeler à l'ordre, elle se contenta d'afficher une moue boudeuse et suivit son invitation à entrer dans le taxi qui venait de les rejoindre. La voiture était bien plus petite que la limousine endommagée mais c'était suffisant et Dolly n'était de toute manière pas d'humeur à faire la fine bouche après tout ce qui venait de se passer. Plus rapidement ils arriveraient à un centre vétérinaire pour le chat, plus rapidement elle pourrait rentrer chez elle pour s'évanouir tranquillement sur son lit et ne se réveiller qu'à la fin du week-end. Oui, elle avait encore la conviction (ou plutôt, le vain espoir) qu'elle réussirait à éviter la case hôpital pour sa tête. Une fois installée à l'intérieur du véhicule, elle défit la lanière de ses sandales et voulut étendre ses jambes devant elle mais la superficie de l'intérieur du taxi ne lui permettait pas un tel luxe. Résignée à prendre encore sur elle, elle poussa un soupire de lassitude et n'écouta que d'une oreille son partenaire indiquer à leur chauffeur l'endroit où ils voulaient se rendre. Un instant, elle se dit que se devait faire drôle à ce Clay Moore de commencer une course en tant que chauffeur mais de la terminer en tant que simple passager. Lorsqu'elle vit son voisin boucler sa ceinture, elle se souvint qu'il serait plus prudent pour elle de faire de même et se ceintura à son tour. Malheureusement, la sensation d'être bloquée de la sorte lui donna mal au cœur et elle se sentit encore plus mal à l'aise. Cette soirée ne faisait qu'empirer.
Et pourtant, la nouvelle prise de parole de Clay réussit à la la surprendre et à lui faire oublier ses douleurs pendant un moment. C'était la première fois qu'on lui disait avec autant de sincérité qu'elle n'avait pas à changer. Elle l'écouta attentivement, observant son profile avec attention comme si elle se trouvait devant un imminent scientifique détenant la science infuse. Étonnamment, il arrivait effectivement à la détendre. La gorge serrée, elle fit simplement un signe de la tête en guise de réponse et esquissa un timide sourire, réalisant qu'elle l'avait peut-être jugé un peu trop vite. Mais attention, elle n'allait pas baisser la garde si facilement pour autant : elle attendait toujours de lui des réparations autre que de jolies paroles pour ce qu'il lui avait fait subir pendant leur trajet précédant. Quand il lui posa alors la question sur ce qu'elle entendait par « handicapante », elle eut un doute sur son sérieux. Est-ce qu'il prétendait vraiment ne pas la voir comme une plaie ambulante ? Cela serait d'un hypocrite, lui qui n'avait cessé de tenter de la remettre à sa place pendant qu'il conduisait quelques minutes plus tôt. Haussant les épaules, elle tendit un bras vers le chaton posé sur les genoux de Clay pour lui accorder une petite caresse avant de reposer sa main sur son propre genou, lasse. « Ne nous voilons pas la face, je ne suis pas facile à vivre. Je m'exprime de façon décousue, sautant du coq à l'âne, j'insiste quand il ne le faut pas, je ne comprends pas la majeure partie des allusions que me font les gens … Je suis handicapante, c'est comme ça, je le sais. Mais j'ai tendance à croire que c'est pour cette raison que je suis un génie dans mon domaine. Si j'avais été comme tout le monde, je réfléchirais comme tout le monde et je ne serais pas allée bien loin. » De toute évidence, elle avait oublié de se qualifier d'égocentrique et de parler de son manque incroyable de tact. Elle venait de prouver une fois de plus qu'elle était très confiante en elle-même et qu'elle prenait de haut le reste du monde.

Quelques minutes de route plus tard, ils arrivèrent enfin devant les urgences pour animaux blessés. Soulagée d'être enfin arrivée, Dolly défit sa ceinture dès que possible et confisqua le chat des bras de Clay comme si elle avait le sentiment qu'elle avait priorité sur lui. Certaine que Clay allait se charger de payer le taxi (de toute façon, il n'avait pas trop le choix : Dolly ne comptait pas mettre la main à la poche), elle sortit par sa portière sans un regard pour le chauffeur. Elle contourna la voiture et s'avança sur le trottoir et attendit que Clay vienne la rejoindre. Elle fit une grimace en l'entendant demander au chauffeur de les attendre parce qu'ils devaient se rendre ailleurs juste après. Visiblement, il ne lâchait pas l'affaire. Quand il vint la rejoindre, Dolly se remit rapidement en route avec lui et ensemble, ils entrèrent dans le centre. La fréquentation était faible à cette heure-ci mais une permanence était de mise et ils furent rapidement pris en charge. Un peu sceptique face au jeune âge de la demoiselle qui les accueillit, la scientifique accepta tout de même de lui léguer l'animal. Elle expliqua en quelques mots ce qu'il était arrivé au chat et ne répondit rien quand la demoiselle les remercia pour avoir pris la peine de le leur amener. Comme Clay, elle ne comprenait pas ce qu'il y avait d'extraordinaire là-dedans. Quand on casse, on répare, et cela valait encore plus d'un être vivant. Étrangement silencieuse, l'appréhension de Dolly la trahit sûrement car la main chaude et puissante de Clay vint se poser doucement sur son épaule comme pour lui faire comprendre qu'il la soutenait. Dans un premier temps, elle n'eut aucun mouvement pour le repousser mais tout changea lorsqu'il lui rappela leur marché. Levant les yeux au ciel, elle se dégagea un peu trop sèchement et lui présenta son dos, les bras croisés sous sa poitrine et fixant obstinément la porte par laquelle la vétérinaire avait disparut avec « leur » chat. « Oui oui, on ira embêter un pauvre docteur en pleine nuit pour qu'il me pose un pansement et un bisou sur le front. » Wow, bravo Dolly, du cynisme assumé ! Elle devait être particulièrement chamboulée pour réussir à faire de telles tournures de phrase. Faisant taire sa fierté, elle baissa son regard sur sa gauche et ajouta d'un ton plus conciliant, voire enfantin. « Je veux rester pour le diagnostic. Si c'est OK pour vous. » Elle demandait cela comme une faveur – ce qu'elle détestait faire – et pour une fois, demandait l'accord de son chauffeur de limousine comme si enfin elle le prenait véritablement en considération, comme un égal dans l'étrange binôme qu'ils formaient.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Mer 28 Sep 2011 - 17:47

Dolly avait visiblement un don inné pour se plaindre et être mécontente de tout et de rien. Oui vraiment, Clay voyait cela comme un don. Ce n'était pas donné à tout le monde de voir le pire dans chaque situation. Clay se contentait de lui jeter quelques regards amusés en coin, l'a trouvant vraiment amusante finalement. Ce côté "mon-dieu-que-moi-grande-scientique-je-suis-exaspérée" avait des airs théâtrales qui... le divertissaient. Mais il ne fit aucune remarque là-dessus, ne voulant pas se lancer dans ce genre de conversation avec elle. Nul doute qu'une fois encore, elle interpréterait mal ses paroles et se vexerait, alors qu'il n'y avait là rien de bien méchant. Clay n'était pas quelqu'un de méchant, ça non. Mais Dolly semblait encore un peu trop remontée contre lui pour lui laisser le bénéfice du doute, alors Clay eu la présence d'esprit de se taire et de se contenter de répondre à ses remarques. D'ailleurs, lorsqu'il l'interrogea sur ce qu'elle entendait par handicapante, il fut légèrement décontenancé par le regard qu'elle lui lança. Hey ! Il n'avait rien dit de mal là, alors qu'est-ce qu'elle reprochait, ENCORE ? « Ne nous voilons pas la face, je ne suis pas facile à vivre. Je m'exprime de façon décousue, sautant du coq à l'âne, j'insiste quand il ne le faut pas, je ne comprends pas la majeure partie des allusions que me font les gens … Je suis handicapante, c'est comme ça, je le sais. Mais j'ai tendance à croire que c'est pour cette raison que je suis un génie dans mon domaine. Si j'avais été comme tout le monde, je réfléchirais comme tout le monde et je ne serais pas allée bien loin. » Une fois encore, Clay ne pu pas se retenir de rire. Décidément, cette femme était plus que surprenante ! En tout cas, elle avait une bien piètre vision d'elle. Ce qui était d'ailleurs totalement contradictoire au vu de la haute opinion qu'elle avait d'elle dans le milieu scientifique. Fascinant. Il secoua la tête dans un énième soupire, les lèvres toujours tirées par un grand sourire enfantin. Caressant toujours le chat avec soin, il répondit : « Vous êtes vraiment... incroyable ! Je ne comprend même pas comment vous pouvez lister toutes ces choses qui vous qualifieraient d'handicapante et ensuite dire que vous êtes un génie. C'est totalement fou. » Tournant la tête vers Dolly, il posa un regard plus calme et sérieux, et lui offrit un gentil sourire : «Ce sont toutes ces petites choses qui font votre charme. » Euh... oups ! Le taxi se gara et Clay, un peu embarrassé par la situation déclara rapidement avant de sortir : « Euh enfin... J'imagine. » Petit sourire nerveux et Clay s’éclipsa de la voiture en poussant un long soupire. Cette femme était le diable incarné. Elle vous retournait le cerveau en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Effrayant.

Clay n'eut pas d'autre choix que de lui céder le chat alors qu'elle le lui reprenait avec détermination. Décidément, qu'elle tempérament celle-là. Pas vraiment d'humeur à retomber en enfance et à se disputer avec elle pour savoir qui allait porter le chat, il se contenta de préciser au chauffeur de les attendre avant de pénétrer dans la clinique avec Dolly. Après quelques mots échangés avec des internes, ils se retrouvèrent seuls. Clay, naturel, vint poser une main bienveillante sur son épaule. Et si le début de sa phrase était plutôt gentil, la fin néanmoins sembla bien moins lui plaire. Elle se dégagea aussitôt de son emprise et lui tourna le dos, croisant ses bras sur sa poitrine comme une enfant de 4 ans à qui ont aurait refusé des confiseries. Vraiment... incroyable ! Clay entrouvrit la bouche et la regarda de haut en bas, mi-interloqué et mi-amusé. Mais nullement vexé. Il en fallait plus pour qu'il le prenne mal, croyez-moi. « Oui oui, on ira embêter un pauvre docteur en pleine nuit pour qu'il me pose un pansement et un bisou sur le front. » Taquin, Clay posa son index sur son omoplate et la poussa tout doucement en déclarant sur un ton rieur : « Arrêtez un peu de faire l'enfant ! Je vais vous appeler Miss Boudeuse si vous continuez. Et puis vous n'êtes pas Wonder Woman, ce n'est pas parce que votre blessure apparente semble superficielle que là-dessous ce n'est pas plus grave. Et puis de toute façon, tout le monde aime les bisous ! Alors on ne se plaint plus, point. » Il la contourna pour revenir face à elle et l'obliger à le regarder. Non mais sérieusement, il avait l'impression de s'adresser à une enfant. Pire que Sixtine celle-là ! Et croyez-moi.... il fallait le faire ! Toujours sur un ton un peu boudeur mais plus doux malgré tout elle déclara : « Je veux rester pour le diagnostic. Si c'est OK pour vous. » Clay posa une main sur son dos et l'entraina avec elle vers les chaises qui constituait une salle d'attente visiblement. « Mais oui, pas de soucis. Allé, venez vous asseoir. » Une dizaine de minutes plus tard, un vétérinaire diplômé cette fois-ci s'approcha d'eux et expliqua : « Bonsoir monsieur, madame. » Il leur serra la main avant de poursuivre. « Vous avez bien fait de nous amener le chat, il a une légère hémorragie interne. Rien de grave ne vous inquiétez pas, elle a été prise à temps. Mais si vous n'étiez pas venu, cette pauvre bête serait morte d'ici quelques jours. L'animal est pucé, nous avons prévenu ses propriétaires qui ne devraient pas tarder à arriver. » Clay hocha la tête, soulagé d'apprendre que le chat allait s'en tirer. Il ne voulait pas sa mort sur la conscience. Surtout qu'il était persuadé que Dolly serait capable de venir sonner tous les jours chez lui pour le lui rappeler. Clay sortit une de ses cartes de visites et la tendit au vétérinaire : « Merci pour tout monsieur. Je vous laisse ma carte, si vous pouviez la transmettre aux propriétaires afin que l'on s'arrange pour le payement, ça m'arrangerait. Nous sommes pressés. » Le vétérinaire accepta et le petit duo repartit en direction du parking. Remontant dans le taxi il lui demanda à présent d'aller en direction des urgences les plus proches. Il se tourna vers Dolly et rappela les termes du contrat : « Ne vous en faites pas, dès que vous avez été auscultée, on parlera dédommagements. » Oui, il ne voulait pas que Dolly le prenne pour un tricheur ou quoi que ce soit dans le genre. Clay était un homme honnête !

Arrivant dans une clinique privée, Clay en fut bien heureux. Qui disait privé, disait forcément beaucoup moins de blessés. Et il avait vu juste, il n'y avait qu'un père et son fils qui avait apparemment avalé un de ses jouets avant eux. S'installant à nouveau sur des chaises, Clay se pencha vers Dolly pour lui souffler : « Vous voyez, ça va être très rapide. » D'ailleurs, quelqu'un venait déjà vers eux.



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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Sam 29 Oct 2011 - 21:04

Dolly, pour la première fois de la soirée, resta sans voix, incapable de rétorquer quoique ce soit aux derniers mots que son ex-chauffeur lui adressa avant de s'engouffrer dans la clinique vétérinaire. Si elle reprenait sa logique, lui non plus n'était pas très sain puisque la qualifier de « folle » pour ensuite souligner son charme n'était pas très censé. Et pourtant, une petite partie de la jeune femme l'empêcha de lui en vouloir pour ce contre-sens, un peu comme si elle s'en réjouissait. Elle n'en était pas au point de virer au rouge, mais elle sentit ses épaules s'affaisser, un peu attendrie, par sa remarque. Néanmoins, lorsqu'elle alla le retrouver à l'intérieur de la clinique, rien sur son visage ne trahit cet instant de faiblesse. Elle poursuivit les démarches pour confier le chat à un docteur le plus simplement du monde, comme s'il s'agissait d'une activité naturelle alors que ce n'était pas du tout le cas pour elle.

Lorsqu'ils durent patienter dans la salle d'attente, Dolly fit preuve d'un silence peu habituel chez elle. Son inquiétude pour le chat et sa propre fatigue lui minaient le moral et évidemment, cela se faisait ressentir sur sa façon de s'adresser à Clay. Quand il la taquina sur son humeur boudeuse et son refus toujours tenace de consulter un médecin de plein gré, Dolly grimaça mais n'émit aucune objection. Cela ne servirait à rien de toute façon, il l'avait déjà classé parmi les personnes atteintes, c'était flagrant. Et pourtant, il continuait à lui servir de grands sourires et une bonne humeur vraiment déstabilisants, un peu comme s'il s'amusait de cette situation plus qu'autre chose. Il était surprenant : elle qui l'avait perçu comme un businessman intransigeant, elle réalisait qu'en fait, il était plus posé et détendu qu'il ne lui en avait donné l'impression avant et tout de suite après l'accident. D'une certaine façon, il lui faisait penser à son père : vif et toujours prêt à partir au quart de tour mais d'un calme exemplaire la plupart du temps, un homme de poigne mais qui savait relâcher la pédale. Elle, elle était plutôt l'inverse : toujours tendue et prête à s'époumoner pour n'importe quelle raison mais savait garder son calme et faire preuve d'un grand self-contral en temps de crise. Lorsque son partenaire vint se placer devant elle, elle ne put faire autrement que croiser son regard et le soutint du mieux qu'elle put même si elle avait une fois de plus envie de détourner les yeux, mal à l'aise sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle avait l'impression qu'il se moquait d'elle ou peut-être parce qu'elle commençait à lui trouver plus de qualités que de défauts. Quand il la guida d'une main placée dans son dos, Dolly ne rechigna pas à le suivre. Ses mots étaient bienveillants et allaient dans son sens, il n'y avait pas de quoi se plaindre. Perchée sur ses talons et toujours coincée dans sa robe de soirée amochée, la jeune femme retourna s'asseoir et attendit silencieusement le retour du vétérinaire.
Quelques minutes plus tard, l'homme en blouse blanche vint les rejoindre et les rassura sur l'état du chat. Il allait s'en sortir et les remerciait de l'avoir amené ici. Dolly le regarda sans broncher, elle ne comprenait pas pourquoi il émettait l'hypothèse qu'ils puissent n'être pas venus apporté l'animal après l'accident. Ils n'étaient pas des brutes, c'était un geste on ne peut plus normal qu'ils avaient eu. Tandis que Clay s'occupait des politesses, Dolly se contenta de hausser les épaules et s'écarta des deux hommes pour souffler un coup. Elle était soulagée, c'était certain et pouvait à présent se détendre – ou presque. Elle attendit que Clay vienne la rejoindre pour le suivre jusqu'à la sortie du bâtiment. Dehors, le taxi les attendait toujours et au lieu d'avoir l'air ravie, Dolly poussa un « Arg » en levant les yeux au ciel. Elle savait où aller l'emmener cette voiture. La réassurance de Clay concernant les dédommagements qu'elle avait marchandé plus tôt réussit toutefois à la dérider. Il semblait déterminé à tenir sa parole.

Une fois qu'ils arrivèrent à la clinique privée, Dolly essaya de se faire toute petite derrière Clay mais c'était peine perdue : le bâtiment était presque vide. A cette heure-ci, les blessés se faisaient rares. Après s'être annoncé à l'accueil, ils allèrent s'asseoir sur de nouvelles chaises et Dolly retrouva son air boudeur. Lorsque Clay lui dit que ça allait être rapide, elle ne répondit rien mais le regarda longuement, les bras croisés sous sa poitrine. Son regard n'était pas sévère, mais plutôt perplexe. Elle n'arrivait pas à le cerner, et c'était déstabilisant. Elle n'eut cependant pas le temps d'aller plus loin dans son observation car un médecin de nuit les rejoignit. Elle hésita avant de se lever mais le fit tout de même. Elle serra la main que lui tendit le médecin et lui dit. « Pardonnez-moi d'avance, je vais vous faire perdre votre temps. Mais cet homme (elle désigna Clay d'un signe de la main) m'oblige à vous voir. » Le médecin secoua la tête et afficha un sourire bienveillant avant de lui assurer que son temps n'était jamais perdu lorsqu'il s'agissait de s'assurer de la santé de ses patients. Peu convaincue, Dolly le suivit quand même après avoir jeté un dernier coup d’œil consultatif mais cherchant surtout du soutien, vers Clay.
Une vingtaine de minutes plus tard, l'arachnologue réapparue dans la salle d'attente, un large bandeau autour du crâne, ruinant totalement ce qu'il restait de sa coiffure de soirée. Comme une enfant venant de comprendre qu'elle s'était gourée sur toute la ligne, elle rejoignit Clay après avoir dit au revoir à son médecin et promis de revenir dans cinq jours. Cinq jours, pour retirer les points de suture qu'il venait de lui faire. La démarche lente, elle s'arrêta devant son chauffeur et pointa son crâne bandé. « Pas de trauma, et je n'ai pas eu le droit à un bisou mais quelques points de suture. On peut rentrer maintenant ? » Trépignant sur place, elle n'en pouvait plus de vouloir quitter cet endroit.

Si elle s'était précipitée pour sortir de la clinique, Dolly ralentit considérablement sa marche lorsqu'ils se retrouvèrent dehors. Là, elle prit une profonde respiration de l'air frais de la nuit et passa une main sur son bandage en fermant doucement les yeux. Elle savait Clay non loin d'elle, aussi se permit-elle de dire sans même rouvrir les yeux, comme si c'était plus facile de prononcer ses mots sans avoir à le regarder. « Merci de m'avoir entraînée ici. Merci aussi pour le chat. »
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