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 ✩ in the back of a black limousine.

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Message(#) Sujet: ✩ in the back of a black limousine. Lun 27 Déc 2010 - 0:59

in the back of a black limousine.
FEAT. CLAY E. MOORE & DOLLY MISSONI.

Sur le perron de sa maison, la pointe de la chaussure de Dolly ne cessait de gratter le sol avec impatience. Cela faisait une quinzaine de minutes qu'elle attendait sans un mot que la voiture qu'elle avait réservé vienne la chercher. Elle aurait très bien pu patienter à l'intérieur, il est vrai, mais la jeune femme se disait tellement à chaque minute écoulée que la prochaine serait la bonne qu'elle n'osait plus bouger. Vêtue d'une élégante robe noire, ses cheveux blonds étaient parfaitement lissés et une broche sertie de diamants glissée dans ses cheveux dégageait son profil gauche. De toute évidence, ce n'était pas un taxi pour aller à la plage qu'elle attendait. Lasse d'attendre debout, elle alla s'asseoir sur sa balançoire installée juste à côté d'elle, toujours sous le perron. Avec l'ouragan, le siège avait été totalement ravagée mais la jeune femme n'avait guère attendu bien longtemps pour le remplacer. Cette balançoire pouvant supporter jusqu'à trois personnes à la fois servait tout à la fois de canapé de lecture les jours de grosse chaleur et de prétexte pour faire installer les voisins trop collants venant lui rendre visite. En effet, la demoiselle ne supportait que très difficilement la présence d'intrus chez elle et elle avait trouvé cette alternative plutôt efficace : ce petit « salon » extérieur ravissait majorité de personnes. Donc, une fois qu'elle fut installée et après avoir poussé un soupire, Dolly se remit à attendre pendant cinq minutes avant de se décider à appeler l'agence de limousines qu'elle avait contacté. Elle qui était de nature ponctuelle, voilà qu'elle allait devoir encaisser près d'une demi heure de retard à un gala scientifique d'importance nationale et ce, sans que ça soit de sa faute ! Comble du mauvais goût, elle allait bel et bien devoir sortir l'excuse du « c'est pas moi c'est truc. » à chaque personne qui lui reprocherait son retard. Elle sortit donc son portable de sa pochette et pianota le numéro de l'agence. Sentant l'agacement monter à chaque « bip » elle faillit pousser un cri quand elle entendit finalement un « Alo ? » au bout du fil.

« Mademoiselle Missoni à l'appareil, le n°3001, Lemon Street à Ocean Grove … Ça fait plus de vingt minutes que j'attends ma limousine, c'est inadmissible ! Dites-moi au moins si j'attends dans le vide ou non, j'ai vraiment besoin d'être dans le centre-ville de Miami au plus vite. […] Qu'est-ce qui me le garantie ? Non parce que, je veux bien être compréhensive et croire que votre chauffeur a une gastro mais ça ne m'explique pas pourquoi je devrais attendre encore plutôt que de joindre une autre agence. […] Vous me l'assurez ? En personne ? Je vous prends au mot monsieur, faites attention. […] Cinq minutes ? Très bien, alors à tout de suite. »

Elle ne le remercia pas, évidemment. De quoi l'aurait-elle fait ? De prendre enfin son travail au sérieux ? Elle lui dira merci quand elle sera arrivée à destination et qu'elle aura eu le droit à un excellent champagne à l'arrière de la voiture de luxe. Gardant son téléphone entre ses mains, elle fixa sa montre-bijou, déterminée à chronométrer ces cinq fameuses minutes. Avec Dolly, même la plus anodine des paroles prend une importance capitale. Une fois fait, elle se balança doucement sur le siège et pencha sa tête en direction des étoiles. Le ciel était dégagé pour la première fois depuis des jours et la lune se présentait de tiers, scintillante et majestueuse, visiblement ravie d'être à sa place et Dolly ne put s'empêcher de ressentir le sentiment qu'au contraire elle, n'était absolument pas là où elle devait être à l'instant. De plus en plus stressée, la jeune femme baissa ses yeux sur sa montre. Déjà quatre minutes s'étaient écoulées et aucun phare n'étaient perceptibles à l'approche de sa maison.

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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Mar 4 Jan 2011 - 17:56



Assit à son bureau, Clay se perdait sous la paperasse. Des factures, des factures et encore des factures ! Il n'en voyait plus le bout et ça avait le don de le rendre fou. C'était vraiment l'aspect le plus détestable lorsqu'on était son propre patron. Il aurait bien pu avoir un(e) secrétaire, mais il détestait déléguer le travail -ce qui était un sale défaut en tant que patron avouons le. Il ne confiait aux autres que ce qu'il jugeait pas trop important. Ainsi, s'ils rataient quelque chose c'était censé ne pas être trop grave et il pourrait récupérer leurs gaffes. Il n'y avait qu'à son second qu'il confiait des tâches importantes, le seul dans cette boîte dans lequel il avait véritablement confiance. Il fallait dire que pour le reste de ses employés, ils tournaient assez régulièrement. Il imposant un rythme difficile et même s'il s'avérait être un patron super sympa, il pouvait également être très dur, voir même injuste quand il s'agissait de sa petite personne. Plusieurs avaient démissionné, les autres il les avaient renvoyés pour divers motifs, plus incongrus les uns que les autres. Et bien qu'il ne puisse pas non plus renvoyer n'importe qui sur un coup de tête -maudites lois !- il parvenait toujours à ses fins, faisant craquer l'employé réticent. Clay n'aimait pas qu'on lui résiste ou lui tienne tête. Il était le patron, c'était lui qui décidait de comment se passait les choses dans son entreprise. Enfin bref. Noyé sous ses documents, le standardiste pénétra dans son bureau, la mine déconfite. Clay releva à peine la tête, bien trop occupé à vérifier ces maudits chiffres qui selon lui, possédaient au moins un zéro de trop. « Euhh... Monsieur Moore ? Je crois que vous devriez prendre cet appel. » Clay chassa l'air avec nonchalance, lui indiquant de partir. Mais comment il ne partait pas, il leva la voix, agacé. « Écoutez, vous êtes standardiste, c'est à vous de vous occuper des appels qui sonnent sur votre téléphone. Maintenant, je suis occupé alors sortez. » Mais il ne partait pas. Il le faisait exprès ou quoi ? Clay cessa ce qu'il était en train de faire, commençant à réellement perdre patience. Le jeune homme s'approcha de lui et déposa le combiné sur son bureau en soufflant : « Si j'étais vous, je ne la ferais pas attendre... » Et il disparut aussi vite qu'il était arrivé. Clay grimaça. Elle ? Qui ça elle ? Qu'est-ce que c'était que ce délire ? Il attrapa le téléphone, subitement intrigué. « Clay Moore, j'écoute. »

« Mademoiselle Missoni à l'appareil, le n°3001, Lemon Street à Ocean Grove … Ça fait plus de vingt minutes que j'attends ma limousine, c'est inadmissible ! Dites-moi au moins si j'attends dans le vide ou non, j'ai vraiment besoin d'être dans le centre-ville de Miami au plus vite. » Wahou, c'était quoi ça ? Un peu dépassé par le flots de paroles de la jeune femme, il lui fallut quelques secondes avant de réagir. Alors qu'elle finissait sa phrase, il attrapa la souris de son ordinateur et chercha le dossier de la cliente. En effet, Dolly Missoni, 3001 Lemon Street avait demandé une limousine pour ce soir et en effet, ça devrait faire une vingtaine de minutes que la voiture aurait dû arriver. Sérieux et diplomate, il répondit alors. « Mademoiselle Missoni, je suis désolé pour ce désagrément. Je n'en ai pas été avertit. Je m'occupe de ça immédiatement, nous vous envoyons une voiture sur le champs. » Mais la jeune femme ne semblait pas être du genre très compréhensive, ni patiente. Elle reprit de plus belle. « Qu'est-ce qui me le garantie ? Non parce que, je veux bien être compréhensive et croire que votre chauffeur a une gastro mais ça ne m'explique pas pourquoi je devrais attendre encore plutôt que de joindre une autre agence.» Joindre une autre agence ? Non, non, surtout pas ! Ça lui ferait une très mauvaise pub et c'était bien la dernière chose qu'il désirait. Après tous les risques qu'il avait prit pour monter cette entreprise, il était hors de question de laisser une excitée tout gâcher. La situation était sérieuse et il devait vraiment prendre les choses en main. Ne perdant pas une seconde, il répondit aussitôt : « Vous pouvez me croire mademoiselle, je m'engage personnellement à m'occuper de votre voyage. » Après les accusations, le temps des menaces. « Vous me l'assurez ? En personne ? Je vous prends au mot monsieur, faites attention. » Un peu surpris par l'aplomb de la jeune femme, il comprit rapidement qu'il valait mieux pour lui d'essayer de la calmer et de ne pas lui faire faux bond. Il conclua alors : « Je suis devant chez vous dans cinq minutes. A tout de suite mademoiselle et encore désolé. » Cinq minutes... Bon sang, mais pourquoi avait-il donc dit ça ? Il avait comme le mauvais pressentiment que s'il arrivait ne serait-ce qu'une minute en retard il allait se retrouver ligoté et jeté au fond d'un lac.

Il se leva alors de son bureau en catastrophe et se mit à hurler afin que tous l'entendent : « BON SANG !! Qui était chargé du dossier 319 ?! C'est pas possible ça, vous n'aviez qu'à prévoir un chauffeur et une voiture et c'était tout et vous n'êtes même pas capable de faire ça ! A cause de vous, je vais me retrouver à devoir faire le chauffeur ce soir. Vous croyez que j'ai que ça a foutre franchement ? » Il avait finit d'enfiler sa veste de costard et sortant dans les couloirs il continua sur sa lancée : « Tom ! Je prend la voiture 35 alors organisez-vous autrement. Et demain en rentrant, croyez moi ça va mal se passer pour vous. J'en ai vraiment marre de cette équipe ! » Furieux, il claqua la porte derrière lui et dévala les escaliers à toute allure en direction du garage ou était stationnées les limousines. Il attrapa les clés de la numéro 35 et s'installa dedans à la hâte. Pendant qu'il s'attachait et faisait quelques rapides vérifications il déclencha l'ouverture automatique de la porte du garage. Dès qu'il pu, il s'engouffra dans l'ouverture et fila en au numéro 3001. Une chance pour lui, son entreprise était postée non loin d'Ocean Grove. Il n'aurait donc pas trop de retard. Ce n'est pas cinq minutes qu'elle attendit, mais huit. Il se gara devant chez elle, n'ayant aucun mal à deviner de quelle maison il s'agissait puisqu'elle était là, devant chez elle, au bord de la crise de nerf. Si, si, ça crevait les yeux. Il prit une grande inspiration, s'attendant au pire. Il sortit alors de la voiture et se dirigea vers elle pour la saluer. Puis, tout il marcha jusqu'à la portière arrière en déclarant : « Je suis réellement navré pour l'attente que nous vous avons imposé mademoiselle. Si vous le désirez, nous parlerons en route des dédommagements. J'espère que vous ne serez pas en retard. » Il ouvrit la porte afin qu'elle puisse monter dans la voiture. Clay ne savait pas encore qu'il allait vivre le trajet le plus infernal de toute sa vie.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Sam 8 Jan 2011 - 0:29

Lorsque les cinq minutes finirent par s'écouler, le nez de Dolly se fronça, ce qui était très mauvais signe. Elle sentit son impatience grandir de plus en plus en elle tandis qu'elle laissa retomber son poignet sur ses cuisses. Si elle décidait de n'écouter qu'elle-même, elle se lèverait immédiatement, appellerait l'agence pour les traiter de tous les noms de gorilles qu'elle connaissait avant de composer le numéro d'un taxi banal mais au moins d'une fiabilité à toute épreuve. Mais il fallait croire qu'elle était plus lasse en cette soirée trop longue à son goût et prit donc une profonde inspiration, décidant de faire de son mieux pour se comporter comme une femme socialisée devait le faire en ce genre de situation. C'est à dire, attendre. Aussi ennuyeux, irritant et incertain que l'activité puisse être, il fallait qu'elle reste immobile en accordant à la limousine le droit d'être en retard de deux ou trois minutes. Oui, c'était ce qu'elle allait faire. Crispée comme jamais, Dolly était droite comme un piquet sur son siège et luttait de son mieux pour ne pas jeter un coup d'œil à sa montre toutes les quinze secondes. Elle pouvait le faire, elle devait le faire.

Au bout de trois minutes supplémentaires, lorsque des phares apparurent à quelques mètres de sa maison, Dolly ne put cependant plus continuer sa fausse retenue. Elle se leva d'un bond et dévala les petites marches de son perron sans faire attention au fait qu'elle était en talon de dix centimètres. Arrêtant sa course devant son portail, elle lissa le derrière de sa robe qui s'était légèrement froissé lorsqu'elle s'était assise et croisa ensuite les bras sous sa poitrine en attendant que le conducteur daigne sortir sa tête du véhicule. Elle bouillonnait intérieurement et malgré tous ses efforts pour ne pas avoir l'air d'une hystérique finie, ses yeux lançaient des éclairs qui ne laissaient aucune place au doute. Elle était bel et bien furax. Une carrure assurée et professionnelle finit par sortir de la limousine mais cette vision ne réussit qu'à peine à l'apaiser : superman aurait pu se planter devant elle qu'elle n'aurait sans doute pas perdu sa rancœur. Le visage dur, elle l'écouta l'inviter à pénétrer dans la limousine et ses excuses glissèrent sur elle comme l'air. Les excuses, elle n'y croyait qu'après que la personne les prononçant ait prouvé qu'elle méritait qu'elles soient acceptées et pour le moment, rien ne lui donnait envie de pardonner à cet homme. Certes il était très élégant et séduisant dans son costume et son ton paraissait aimable mais elle ne voulait pas s'y fier. Il conduisait peut-être comme un pied. Après tout, si elle en croyait la conversation téléphonique qu'ils avaient eu juste avant, il n'était pas censé conduire les limousines lui-même. Soudain inquiète, son regard froid se mouva en un œil suspect, légèrement prise par la panique. Sentant pourtant qu'elle se faisait longue à réagir, elle se reprit et s'arma de son courage et de sa logique légendaire : elle ne pouvait juger une situation avant de l'avoir vécue. Elle allait donc devoir expérimenter les talents de conducteur de cet homme avant de se permettre la moindre critique. Et puis si elle mourrait ce soir dans un terrible accident de la route, cela lui épargnerait le problème; pas plus compliqué. Retrouvant instantanément son air pincé, elle passa devant le chauffeur et s'arrêta à sa hauteur. Sans ciller, elle lui répondit. « Je compte bien discuter avec vous des dédommagements, oui. Si vous pensiez un instant que je passerai outre, vous vous mettiez le doigt dans l'œil. Quant à espérer que je ne sois pas en retard, tirez une croix dessus. Votre mission n'est plus de m'amener à ma destination à l'heure mais de m'y amener avant qu'il ne soit trop tard. » Elle appuya ses paroles d'un long regard à glacer le sang puis fit volte face avec aplomb, comme si à présent qu'elle avait prophétisée ses menaces, elle pouvait profiter du trajet comme elle était censée le faire. Elle prit alors la porte que le chauffeur lui tenait et s'introduisit à l'intérieur de la voiture rapidement. Elle prit à peine le temps de regarder ce qui l'entourait qu'elle fit signe à l'homme de fermer derrière elle. « Allez, allez ! » Lorsqu'il eut claqué la portière, elle jeta sa pochette sur la banquette à ses côtés, allongea ses jambes à moitié dénudées devant elle et poussa un profond soupire. La soirée n'avait même pas commencé qu'elle en avait déjà marre. Malheureusement pour elle, hors de question de ne pas se rendre à ce gala. Observant le décor qui l'entourait, elle sursauta quand la voiture démarra et chercha alors la télécommande permettant d'ouvrir la vitre tintée qui séparait le client du conducteur. Quand elle l'eut trouvée, elle se déplaça, le dos voûté, jusqu'à l'emplacement lui permettant d'être la plus proche du chauffeur. Une fois fait, elle abaissa d'un coup la vitre et déclara à son oreille, ne prenant pas conscience de l'effet de surprise qu'elle venait possiblement de créer. « Vous connaissez le chemin j'espère. Ou vous avez un GPS ? Vous voulez que je tape l'adresse moi-même, pour être sûrs ? »
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Mar 11 Jan 2011 - 23:25



Dieu quel sourire, il était renversant... Clay était vraiment dépité face à la mine froide de la jeune femme, pourtant des plus charmante. Mais elle l'aurait été encore plus si elle s'était montrée moins sèche et désagréable. Elle posa sur lui un regard accusateur et accablant que Clay n'apprécia que très peu. Il soutint son regard avec calme et détermination. Elle avait de la chance d'être une cliente, car Clay n'était pas vraiment un exemple de patience et il ne supportait pas qu'on s'adresse à lui de cette façon. C'était pourquoi il était patron d'ailleurs. Il ne supportait pas d'avoir une autorité au-dessus de lui et c'était ainsi depuis toujours. Mais là, il était coincé. Enfilant le rôle de chauffeur, il n'avait d'autres choix que de la boucler et d'encaisser sans broncher toutes les remarques exacerbées de la blonde. Il souffla un grand coup, cherchant à se calmer alors qu'elle déversait sur lui toute son immense sympathie. « Je compte bien discuter avec vous des dédommagements, oui. Si vous pensiez un instant que je passerai outre, vous vous mettiez le doigt dans l'œil. Quant à espérer que je ne sois pas en retard, tirez une croix dessus. Votre mission n'est plus de m'amener à ma destination à l'heure mais de m'y amener avant qu'il ne soit trop tard. » Clay détourna la tête, contenant son envie de lui dire ce qu'il pensait d'elle. Qu'elle soit fâchée de leur retard d'accord, c'était plus que compréhensible. Mais ce n'était vraiment pas une raison pour utiliser un ton pareil sur lui. La mâchoire crispée, il dû faire un effort terrible pour ne pas lui claquer la porte dessus. Il la referma le plus délicatement possible puis s'empressa de regagner sa place à l'avant, espérant ainsi ne plus l'entendre de tout le trajet. Enfin, ne plus trop l'entendre puisque de toute façon ils devraient parler "dédommagements" et Clay avait comprit depuis déjà bien longtemps qu'il ne serait pas trop en position de marchander.

Il soupira et démarra la voiture, en ayant déjà marre. Il avait noté l'adresse à laquelle elle devait se rendre avant de partir et l'avait rentrée dans le GPS de la limousine. C'était comme ça que ça fonctionnait. Chaque chauffeur avait pour obligation de se servir du GPS, pour éviter les petits imprévus ou les doutes, même s'ils pensaient connaître la route. Habitué à conduire ce genre de voiture, Clay repartit aisément, se dirigeant vers la sortie du quartier afin de rejoindre les axes principaux de la ville. Mais il n'était pas au bout de ses surprises. La vitre qui le séparait de l'arrière de la voiture était fermée, et préférant la laisser se calmer avant de parler avec elle de comment il allait pouvoir s'excuser de tout ça, il avait mit de la musique en fond sonore, du blues. Il adorait ça, c'était pimpant, rythmé, léger, ça redonnait le sourire sans pour autant vous agresser les oreilles. Tapotant tranquillement ses doigts sur le volant, il n'entendit pas la vitre s'ouvrir. « Vous connaissez le chemin j'espère. Ou vous avez un GPS ? Vous voulez que je tape l'adresse moi-même, pour être sûrs ? » Surpris, Clay sursauta et pendant l'espace de quelques secondes il n'eut plus aucun contact avec la voiture. Il se reprit bien vite, le cœur encore emballé. Il se retourna rapidement pour lui jeté un regard affolé avant de reporter aussitôt son attention sur la route. Il répondit du tac au tac, reprenant son souffle : « Mais vous êtes inconsciente ou quoi ?! Vous voulez qu'on ait un accident ? Ne refaite plus jamais ça, vous m'avez fait peur ! » Il souffla et étira sa nuque à droite à gauche pour se détendre. Cette fille était complètement folle ! Faire peur à quelqu'un qui conduit, il n'y avait rien de plus dangereux. Se souciant alors bien peu du ton qu'il venait d'employer avec elle, il reprit, plus calme. Bien que physiquement, on pouvait voir l'impatience et l'agacement qui s'emparait de lui au fur et à mesure. Il coupa la musique et répondit enfin : « J'ai un GPS. Et merci de votre proposition, mais je sais rentrer une adresse dedans, ce n'est pas la peine. Maintenant, je vous demanderais s'il vous plait de regagner votre place, pour votre sécurité. » Il était vrai qu'avoir la tête à cet emplacement n'était pas vraiment conseillé. S'il était amené à freiner brusquement ou s'ils se faisaient percuter, elle risquait de se blesser très gravement, et pire encore...

Bon, puisqu'elle était "là", autant parler de suite des dédommagements. Ainsi, avec un peu de chance elle redisparaitrait dans le fond de la limousine et lui ficherait la paix jusqu'à ce qu'il la dépose à son gala. Il se racla la gorge avant de reprendre la parole. Étant donné qu'il était le patron, il allait pouvoir décider comme bon il lui semblait de ce qu'il allait lui "offrir". Il tenta alors, pas vraiment persuadé de parvenir à la satisfaire dès la première proposition. « Pour ce qui est des dédommagements, je vous fait une remise de 50% sur le prix de ce trajet. Est-ce que cela vous conviendrait ? » Surtout, ne pas la braquer, ne rien lui imposer. Il sentait que si il lui imposant son choix, elle refusait aussitôt, par "principe" en quelque sorte. Là, il lui laissait la possibilité de remanier un peu tout ça. Après, libre à lui de refuser ou non. Mais s'il voulait la recompter parmi ses futurs clients, il avait tout intérêt à se montrer conciliant et compréhensif. Chose dont il avait absolument horreur. Le règne des clients... Mais quelle horreur !
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Ven 21 Jan 2011 - 20:22

Le visage de Dolly afficha une sincère incompréhension à la réaction de son chauffeur et s'agrippa tant bien que mal lorsque la voiture s'agita sous les défauts de conduite de l'homme. Elle n'avait bien entendu jamais eu l'intention de lui faire peur et encore moins de lui faire perdre le contrôle de son véhicule, cela aurait été idiot puisqu'il tenait sa vie entre ses mains en quelque sorte avec ce volant. Le regardant donc avec de gros yeux, elle n'osa pourtant pas lui faire la moindre remarque lorsqu'il lui hurla dessus. En théorie, elle n'aurait laissé personne lui parler ainsi mais quelque chose dans son regard sévère la dissuada d'en rajouter une couche. D'une main nerveuse, elle vérifia sa coiffure par réflexe même si ses espoirs d'arriver à ce gala s'amenuisaient de secondes en secondes. Lorsqu'il ajouta ensuite qu'il n'avait nullement besoin de son aide, elle sembla très peu convaincue et dut se retenir une fois de plus de faire une remarque sur le fait que de l'aide ne devait jamais se refuser, surtout quand la personne qui vous la propose est de manière aussi évidente mieux placée que vous sur le sujet. Ce fut très dur pour elle mais une fois de plus, l'arachnologue comprit qu'il serait plus judicieux de se plier à ses volontés si elle voulait rester en vie et surtout, si elle voulait un jour arriver à son gala. Se consolant en tirant une moue mécontente, elle marmonna de manière tout de même assez audible pour son chauffeur après lui avoir lancé un regard renfrogné. « C'était simplement pour aider. » Elle était sur le point de se déplacer en glissant le long de sa banquette jusqu'au fond de la limousine lorsque l'homme reprit la parole, visiblement pas aussi pressé de se débarrasser d'elle qu'il le laissait paraître. Son humeur remontant en flèche, ravie qu'il aborde le sujet des dédommagements (puisqu'elle savait pertinemment que c'était elle qui allait mener la danse et pouvoir ainsi se venger comme il se devait de cet outrageant retard) elle plia ses jambes sous elle et se retourna de sorte à avoir son bras droit accoudé à la barrière qui les séparait. Son visage près de celui du conducteur, elle lui répondit du tac-o-tac, de toute évidence stimulée par ce nouveau jeu. « 50% ? Laissez-moi rire. 70% si j'arrive un jour à ma cérémonie, 100% de remboursement si je suis recalée à l'entrée. » Son regard bleu glacé fixait le profil de l'homme avec dureté mais concentration. Elle savait qu'elle en demandait beaucoup mais elle était persuadée que c'était à la hauteur du dommage que son entreprise lui avait causé. Néanmoins, et étant donné que le refus était très difficilement envisageable pour elle, elle rajouta comme une concession, la voix doucereuse, espérant qu'il verrait l'immense privilège qu'elle lui faisait. « Et je ne ferais aucune remarque à mes amis mondains du service déplorable de votre compagnie. » Affichant un mince sourire, plutôt satisfaite de cette contre-partie, elle ne semblait pas réaliser que ce qu'elle pensait formuler comme une faveur raisonnait d'avantage comme une insulte et même une menace supplémentaire. Son visage reflétant à la perfection l'auto-satisfaction et la sérénité, elle patienta pour ses réponses en le fixant sans ciller. Elle n'avait pas non plus conscience que regarder autant quelqu'un pouvait être mal perçu ou carrément mettre mal à l'aise. Ou peut-être le faisait-elle exprès : après tout, il l'avait bien torturée en la faisant poireauter sur son banc-balançoire pendant très très très longtemps (selon elle), elle pouvait bien se permettre de l'embêter un peu aussi, surtout qu'il semblait assez prompt à l'énervement. Bien sûr, il y avait l'hypothèse que le pousser à bout pendant qu'il était au volant n'était guère très malin mais d'un autre côté, c'était son boulot d'être professionnel. S'il n'arrivait pas à gérer ses clients, c'était son problème et s'il leur causait un grave accident à cause de ses nerfs à vif, elle le hanterait dans l'au-delà. Ce n'était pas plus compliqué.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Dim 30 Jan 2011 - 16:10



« C'était simplement pour aider. » Ignorant ses regards désagréables, Clay secoua la tête de gauche à droite, nerveux. Puis il se retourna quelques secondes, le regard dur, comme s'il lui disait : oui et bien la prochaine fois, vous vous abstiendrez. Clay avait beau être super sympa et Dolly une cliente, il ne pouvait pas pour autant enfouir son impulsivité. Et quand il conduisait, il aimait qu'on lui foute la paix. Malheureusement, ça ne semblait pas être dans les plans de la jeune femme. C'était pourquoi il avait préféré rapidement aborder l'histoire des dédommagements -ne se doutant pas une seconde que cela se transformerait en véritable argumentation marchande- espérant ainsi être tranquille ensuite et refermer la vitre qui les séparait. La plupart du temps, les clients laissaient cette vitre bien close, ne se souciant pas une seule seconde du chauffeur. Ça pouvait paraître peut-être impoli, ou méprisant. Mais pas pour Clay en tout cas. Lui à cet instant il aurait tout donné pour que Dolly soit ce genre de personne. Mais on avait visiblement décidé de pourrir sa journée, enfin soirée, alors autant aller jusqu'au bout. Il sentit que la jeune femme avait déjà oublié sa frustration. Elle opta pour une position plus confortable et vint coller son visage en sien. Enfin, façon de parler. Mais elle était si proche qu'il pouvait sentir son souffle sur sa joue. Il se crispa et un long frisson parcouru son corps. Surtout, ne pas criser. Mais la suite était encore pire. « 50% ? Laissez-moi rire. 70% si j'arrive un jour à ma cérémonie, 100% de remboursement si je suis recalée à l'entrée. » Alors ça, c'était trop ! Clay éclata de rire. Elle se foutait de lui là, n'est-ce pas ? Il lui fallut quelques secondes pour se calmer. C'est là qu'il vit qu'elle ne plaisantait absolument pas et que son rire semblait plutôt l'avoir fortement contrariée. Il se racla la gorge, légèrement désarmé. Son comportement changea alors du tout au tout. Alors comme ça elle avait l'audace de lui demander autant ?! Ah ça non, certainement pas. Sa mâchoire se crispa. Il se concentra pour ne pas se mettre à lui hurler au visage, arrêter la voiture et la faire descendre tout de suite. Ce genre de femme était tout à fait capable de ruiner sa réputation. Il se contenta d'articuler avec froideur : « Éloignez votre visage du mien s'il vous plait. »

Encore sous pression, il ne répondit rien d'autre pour le moment. Il voulait s'accorder quelques secondes de réflexions, afin de trouver les bons mots et les bons arguments pour lui faire oublier de tels pourcentages. Mauvaise idée. Elle en profita alors pour ajouter : « Et je ne ferais aucune remarque à mes amis mondains du service déplorable de votre compagnie. » Clay se contracta complètement alors que sur son visage défilait toutes les couleurs possibles et imaginables. Ça, c'était une très mauvaise idée. S'il y avait bien quelque chose qui le mettait hors de lui, c'était les menace, le chantage et les ultimatum. Clay était bien trop fier pour accepter ça. Il serra ses mains sur son volant, refusant alors la priorité à un piéton. Mais alors là, il n'en avait franchement rien à faire. Sa seule envie c'était de se retourner, d'attraper cette insupportable femme par le cou et de l'étrangler jusqu'à ce qu'elle lui demande pardon et qu'elle retire ce qu'elle venait de dire. Il bougea sa tête de manière à faire craquer sa nuque, cherchant vainement à se détendre. Abandonnant alors totalement l'idée d'une relation client/chauffeur, il se mit à lui parler comme d'égal à égal. Et tant pis pour les répercussions. De toute façon, son entreprise marchait déjà à la perfection et il avait sa clientèle qui était plus que satisfaite. Et si elle était ainsi avec tout le monde, ses amis mondains devaient se compter sur les doigts d'une main. Pas de quoi s'inquiéter en somme. N'est-ce pas ? En tout cas, il tentait de s'en persuader afin de se trouver une excuse à son futur comportement. « Vous savez quoi ? Puisque vous semblez avoir de l'argent, au lieu de le dépenser à embêter les chauffeurs de limousines vous feriez mieux de vous payer des cours de bonnes manières. Voir, de politesse par la même occasion. » La colère montait de plus en plus et ça se voyait. Ses gestes se faisaient plus secs et précipités, quant à son visage il était dur, voir agressif. Il reprit ensuite : « Quant au service de ma compagnie, il est irréprochable. Personne ne s'est jamais plaint. Vous êtes victime d'une simple erreur, et ça arrive. Je me suis déplacé en personne pour rectifier ça alors que j'étais censé rentrer chez moi m'occuper de ma belle-fille. Alors je ne vous permet pas de critiquer quoi que ce soit ! » Il avait beau tenté reprendre son souffle et chercher à s'apaiser, rien n'y faisait. Il fulminait de façon croissante. Et ça, c'était assez mauvais. Car quand Clay était énervé, il avait tendance à faire abstraction de tout ce qu'il y avait autour de lui, et au volant ce n'était pas franchement conseillé. Il conclut alors d'une voix autoritaire : « 50% si vous arrivez à temps. 65% si c'est trop tard. » Clay n'avait plus franchement envie de négocier avec elle. Elle lui tapait sur le système et tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle disparaisse.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Dim 20 Fév 2011 - 12:41

C'était étonnant comme le rire de cet homme était peu communicatif. A vrai dire, Dolly le trouvait même assez grinçant à l'oreille et elle put sentir sans trop de mal qu'il n'était pas rempli de joie et de légèreté. Elle se fit alors la réflexion qu'il ne devait pas avoir beaucoup d'amis : une personne avec un tel rire ne devait pas rassembler les foules. C'était dommage, parce qu'il avait précisément l'air de quelqu'un qui aurait besoin d'être bien entouré. Dolly n'était pas du genre fêtarde et ultra sociale mais elle se permettait de penser qu'il lui fallait se détendre avec des personnes insouciantes. Elle lui aurait bien conseillé la compagnie de certaines personnes … mais son propre carnet d'adresse ne contenait que des scientifiques loufoques et moustachus. Et évidemment, hors de question de proposer sa propre compagnie : quelque chose lui disait que cette première rencontre allait certainement être la dernière. Non pas parce qu'ils ne semblaient pas sur la même longueur d'onde (ça, ça n'affectait pas outre-mesure la jeune femme : bon nombre d'individus de son entourage ne la supportaient pas) mais parce qu'au vu de la conduite crispée et émotive de cet homme, ils ne risquaient pas de survivre très longtemps. Quand il lui ordonna de s'éloigner de lui, elle lui lança un regard dédaigneux de biais avant de s'exécuter non sans afficher une moue boudeuse. Elle détestait qu'on lui dise quoi faire. Elle se trouvait donc à présent plus en retrait mais toujours placée d'une manière peu conventionnelle pour une cliente et gardait une vue parfaite sur la route en face d'eux comme sur son chauffeur à qui elle n'accordait évidemment qu'une très faible confiance.
Bien qu'elle ne cessait de le regarder, elle ne remarqua qu'à peine la vague de colère qui venait de le traverser. Pour n'importe qui, il était évident qu'il était à deux doigts d'exploser mais pas pour Dolly. Elle pensait simplement que c'était naturel chez lui d'être aussi tendu. Bon nombre de personnes ne savait pas se détendre, toujours stressées par tout et n'importe quoi. Lorsqu'il ouvrit enfin la bouche pour parler business, Dolly fut outrée de découvrir que ce n'était pas forcément pour aller dans son sens. Des cours de politesse ? Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Elle était la femme la plus correcte qui soit. Avec l'hypocrisie en moins, tout simplement. Instantanément, elle se tendit à son tour et lui lança un violent regard comme s'il venait de la traiter de la pire chose qui soit. Elle venait d'une famille très respectable et sa mère avait fait les pires sacrifices pour elle, il était hors de question qu'elle tolère une telle insulte à son éducation. Elle était sur le point de rétorquer (ou de l'étrangler, elle hésitait encore) lorsqu'il enchaîna sur une nouvelle rengaine sur le fait qu'il ne s'agissait que d'une erreur sans importance et blah blah blah … Lorsqu'il parla de sa belle-fille, la colère de Dolly se calma pour laisser place à de la béatitude. Pourquoi lui parlait-il de sa vie privée ? C'était très peu professionnel et surtout, elle s'en fichait comme de la dernière chanson à la mode. Le coup de grâce tomba enfin lorsqu'il déclina son offre et proposa un pourcentage tout à fait dérisoire par rapport à ce qu'elle avait espéré. Malheureusement pour Dolly, le chauffeur ne semblait pas disposé à d'avantage de négociations et elle dut serrer les poings pour ne pas piquer une crise de nerfs. Gardant le silence et un calme apparent, elle tourna la tête autour d'elle à la recherche d'une solution et lorsque son regard croisa la bouteille de champagne dans sa cabine de passager, elle répondit vivement. « Ça sera forcément trop tard donc j'accepte pour 65%. Mais je veux un retour gratuit du coup, sachant qu'il me sera impossible de trouver une nouvelle limousine aussi tard pour me reconduire. Et le champagne gratuit aussi. » A son tour d'aborder un ton qui ne laissait aucune place au refus. Dolly était une femme qui savait ce qu'elle voulait et qui tenait dur comme fer à l'adage « le client est roi ». Cet individu essayer visiblement de violer cette phrase mais il en était hors de question avec elle. Pour conclure ce qu'elle pensait être la fin de la discussion, elle ajouta d'un ton détaché mais on ne peut plus sérieux. « Évitez de raconter votre vie à vos clients à l'avenir, c'est assez désagréable, pour ne pas dire plus. » Ou comment remettre à sa place un chauffeur qui se croit un peu trop tout permis.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Dim 6 Mar 2011 - 16:35



Clay se crispait sur son volant, à la limite d'arrêter la voiture, de la foutre dehors et de la regarder y aller à pieds avec ses talons trop haut. Mais ce n'était vraiment pas une excellente idée, alors il tentait tant bien que mal de rester calme, ou du moins de ne pas l'étriper. Il manqua même de griller un feu rouge et pila brusquement. Il souffla, nerveux. Elle continuait de le fixer, froide et calme. Son attitude l'agaçait de plus en plus. En vérité, quand il s'énervait il n'aimait pas se retrouver confronter à des personnes qui avaient ce que l'on peut appeler une colère "froide". C'est-à-dire un ton qui reste assez calme, pas de grands gestes, de paroles qui dépassent la pensée. Autrement dit, une colère toujours sous selfcontrole. Lui il avait le sang chaud et quand il s'énervait sa prenait toujours des proportions énormes. Et quand la personne en face de lui ne faisait pas pareil, ça le stressait. Il avait l'impression de passer pour un abrutis ce qui évidemment, ne faisait qu'accroître sa rage. Enfin bref, un véritable cercle vicieux en somme. Et encore, heureusement pour lui qu'il ne savait pas tout ce qui se passait dans la tête de la jeune femme à cet instant. Qui sait comment il aurait réagit s'il avait su tout ça. Dolly, ne sembla pas apprécier sa nouvelle offre. Mais alors là, il en avait rien à faire, mais alors rien du tout. C'était son entreprise, c'était lui qui décidait. Et elle avait beau être cliente ou avoir des connaissances ou même un château si elle voulait, ça n'y changerait rien. Résignée, elle commença par accepter l'offre, mais cela se finit un peu moins bien qu'il ne l'aurait espéré malheureusement. « Ça sera forcément trop tard donc j'accepte pour 65%. Mais je veux un retour gratuit du coup, sachant qu'il me sera impossible de trouver une nouvelle limousine aussi tard pour me reconduire. Et le champagne gratuit aussi. » Nouveau soupire. Bon allé, d'accord. Il en avait marre de l'entendre parler, tout ce qu'il voulait c'était qu'elle retourne se foutre au fond de la limousine comme toute bonne riche et ferme la vitre qui la séparait d'un simple chauffeur. Et tout le monde serait bien content. Les dents serrées, il grogna : « On fait comme ça alors. » Il faillit ajouter "vous pourrez trinquer à l'insupportable personne que vous êtes et à la triste vie qui va avec", mais il se ravisa au dernier moment n'ayant nullement l'envie de prononcer encore ne serait-ce qu'un mot.

Et alors qu'il pensait en avoir terminé avec elle et qu'il portait sa main droite vers le bouton du volume de la musique pour le remonter, il fallut qu'elle en rajoute encore, histoire d'avoir le dernier mot certainement. « Évitez de raconter votre vie à vos clients à l'avenir, c'est assez désagréable, pour ne pas dire plus. » Non alors là, c'était trop ! Ne réfléchissant plus et oubliant toutes les commodités et règles de patron/client il se retourna brusquement vers elle hurlant alors : « BON SANG ! Mais tu sais c'que t'es ? T'es juste u.. » Il se coupa dans son élan alors qu'il réalisait que la voiture lui échappait. A bout, ses muscles s'étaient contractés et il avait appuyé avec insistance sur la pédale de l'accélérateur, tandis qu'en se retournant aussi vivement, sa main gauche avait fait tourné le volant sur la droite déviant la trajectoire de la voiture. En voyant qu'il fonçait droit sur le trottoir, il lâcha la pression sur la pédale de l'accélérateur pour venir presser celle du frein de toute ses forces. Il voulu rééquilibrer la voiture, mais c'était trop tard et il heurta violemment un des poteaux qui longeaient les trottoirs parfois. Il bascula en avant alors que l'airbag sortait, l'obligeant à fermer les yeux. Sa ceinture se bloqua, lui comprimant légèrement la poitrine et l'irritant au niveau du cou. Un bruit sourd ce fit entendre alors que sa carrosserie se pliait sous le choc. Heureusement, il n'allait pas bien vite, "l'accident" n'était pas trop grave. Non pas pour la voiture -les réparations allaient lui coûter une fortune- mais pour lui. Enfin, pour eux. Au bout de quelques instants, il reprit ses esprits et se redressa, appuyant violemment sur l'airbag pour le dégonfler et le dégager de son visage. Il reprit sa respiration et se laissa tomber en arrière, fermant les yeux et se mordant la lèvre inférieure. D'abord un peu sonné, il semblait être redevenu calme. Il finit par souffler : « Vous êtes une emmerdeuse. » Puis, sentant la colère remonter en lui, il sortit de la voiture ne prenant même pas la peine de voir comment elle allait. Il claqua sa portière et vint se placer sur le côté pour constater les dégâts. Il donna un coup de pieds dans le pneu avant avant de frapper violemment le toit de la voiture avec son poing. Il alla alors vers la portière de Dolly et l'ouvrit précipitamment. Oh, non pas pour prendre de ses nouvelles ou l'aider à sortir. Non, juste pour lui gueuler après. « C'est de votre faute ça ! Au moins maintenant on est sûr d'une chose : vous allez pas être à l'heure ! TANT MIEUX ! Je suis sûre que vos confrères seront ravis de savoir que vous ne pourrez pas honorer cette cérémonie d'étroits de la pensée. » Il avait prononcé sa dernière phrase sur un ton provoquant et moqueur, imitant la voix des gens de "là haut", de la "bourgeoisie". Qu'elle soirée pourrie putain.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Dim 27 Mar 2011 - 17:27

Dolly afficha un sourire impeccable lorsqu'il accepta enfin son deal. Elle pouvait être fière d'elle : la partie n'était pas gagnée d'avance et même si elle n'avait pas exactement obtenu ce qu'elle souhaitait au départ, elle s'en sortait honorablement. L'air supérieur, elle passa une main dans sa coiffure sophistiquée et se serait bien permise d'ajouter qu'avec une Missoni il ne servait à rien d'essayer de jouer au plus malin mais sa précédente remarque fit assez d'effet à elle seule. En effet, son conducteur piqua une nouvelle colère, beaucoup plus forte cette fois que les précédentes. Il n'essaya plus de se retenir et de faire bonne figure, c'était (et cela se voyait) la goutte d'eau qui fit déborder son vase. Il venait de perdre toute patience et avec, tout self control. Sans pouvoir rien faire d'autre que subir les évènements, Dolly resta muette comme une carpe même lorsqu'il lui fit face et se lança dans une injure à son encontre – injure toutefois rendue impossible par la perte de contrôle soudaine du véhicule. Évidemment, comme la jeune femme n'était pas assise à sa place et qu'elle avait encore moins sa ceinture autour du corps, elle ressentit tous les chocs sans exception, ballotée de gauche à droite comme une poupée de chiffon. Ses épaules percutèrent les côtés et sa tête se cogna même assez violemment contre une des vitres. Elle ne comprit pas ce qui leur arrivait mais une chose était sûre, elle finit cette course folle les fesses à terre, les jambes relevées sur les sièges en cuir et la tête lui tournant atrocement. Elle n'entendit que vaguement son chauffeur la traiter d'emmerdeuse. Elle n'avait pas la force, là tout de suite, de le contredire mais ce n'était que partie remise. Se massant douloureusement le front, elle était persuadée qu'une affreuse bosse viendrait la défigurer mais lorsqu'elle retira sa main, ce fut bien des gouttes de sang qui perlèrent sur ses doigts. Ah bravo! Elle allait arriver à son gala (elle avait encore cet espoir, oui oui) ensanglantée. Furieuse, elle garda sa main plaquée contre son front et lança un regard assassin en direction de la porte que l'homme venait de lui ouvrir. Lorsqu'elle vit qu'il osait la rendre responsable de cet accident et surtout qu'il se permit de critiquer ses confrères, elle rassembla ses forces pour se dépêtrer de sa position et ramper jusqu'à l'extérieur du véhicule. Au passage, elle le poussa de ses deux mains de son chemin, se moquant bien de laisser des traces de sang sur son costume. « Ma faute ? Pardon mais quand est-ce que j'ai eu le volant entre les mains, exactement ?! C'est vous qui n'êtes pas fichu de garder les yeux sur la route et de garder votre professionnalisme – si seulement vous en avez déjà eu. » Elle venait à son tour de perdre son sang froid et même la fraîcheur de la nuit ne réussit pas à calmer ses ardeurs. Elle qui avait passé tout son après-midi à se préparer pour cette soirée, voilà qu'elle ressemblait à une poupée Barbie passée à la moulinette. D'une geste rageur, elle retira la broche luxuriante coincée dans ses cheveux et la balança à l'intérieur du véhicule puis s'empressa de sortir de son sac un mouchoir blanc pour l'appliquer sur son front. Heureusement, la plaie n'était pas bien profonde et la douleur se faisait d'avantage ressentir au niveau du crâne entier qu'à la blessure même. Elle ne se rendait donc pas compte qu'en voulant soigner sa blessure, elle ne la visait pas correctement, ce qui accentuait son air paumé. Néanmoins, lorsqu'elle se retourna de nouveau vers Moore, ce fut avec cette même expression de fierté extrême. « Je vais me faire un plaisir de vous coller un procès pour négligence. » Elle ne plaisantait pas, elle était on ne peut plus sérieuse. Et pourtant, une fois de plus elle bouscula les conventions car, après cette déclaration très solennelle, elle poussa un cri aigu en pointant le pied du réverbère. Là, gisait un chat obèse soufflant bruyamment et suppliant de ses petits yeux félins qu'on lui vienne en aide. Sans attendre d'avantage, Dolly poussa de sa main libre (du moins essaya-t-elle, la carrure de cet homme était assez impressionnante) son chauffeur en direction de l'animal et la voix paniquée, presque suppliante, lui dit. « Allez l'aider ! Faites quelque chose, ne restez pas planté là ! »
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Mar 12 Avr 2011 - 20:37

Furieux, Clay avait donc ouvert la porte arrière de la limousine. Non pas pour prendre de ses nouvelles et lui filer un coup de main, juste pour être sûr et certain qu'elle l'entendrait lorsqu'il lui ferait porter toute la responsabilité de cet accident. Elle avait été visiblement pas mal sonnée et la position dans laquelle elle se trouvait n'était pas vraiment avantageuse. Il fallait lui faire une remarque, du genre "vous n'êtes pas vraiment sous votre meilleur profil" mais il se garda de toutes remarques inutiles. Malgré la colère encore bien présente chez l'homme, il savait que ça n'avancerait à rien de lui débiter ce genre de conneries. Même si ce n'était pas l'envie qui manquait. Elle roula alors sur le côté pour se sortir de cette position assez embarrassante et se traina jusqu'au dehors de la voiture, le poussant brusquement au passage. Clay recula de quelques pas et abaissa les yeux là où elle avait posée ses mains. « Qu'est-ce que... ? MERDE ! » Réalisant que son beau costume était tâché de sang, il s'agita dans tous les sens, retournant à l'avant de la voiture dans l'espoir de trouver un mouchoir pour essayer d'en absorber au maximum. Il valait mieux pour elle que le teinturier puisse sauver sa veste, ou sinon elle le lui rembourserait ! Ça coûtait une petite fortune ce genre d'ensemble ! Et même si Clay ne manquait pas d'argent, c'était surtout une question de principe. Malheureusement, la blonde ne lui laissa pas le temps de lui faire part de ce qu'il avait en tête puisqu'elle s'écria aussitôt contre lui, visiblement très contrariée : « Ma faute ? Pardon mais quand est-ce que j'ai eu le volant entre les mains, exactement ?! C'est vous qui n'êtes pas fichu de garder les yeux sur la route et de garder votre professionnalisme – si seulement vous en avez déjà eu. » Oui et non. D'une certaine façon elle n'avait pas tort, mais en même temps ce n'était pas vraiment ça son métier. Pointant son index dans sa direction alors qu'une veine dans son coup se faisait proéminente, il rétorqua de façon agressive : « Je vous signale que mon métier n'est pas de conduire des limousines à la base ! J'ai le permis et la formation pour, mais je suis avant tout un business man. » Et ça, c'était une énorme différence pour lui. Il n'était pas censé se retrouver face à face avec les clients dans ces conditions là. Alors oui, il n'avait pas fait preuve de professionnalisme et oui, il s'était laissé emporter. Mais aucun des deux n'étaient au bord de la mort, alors ça n'avait pas la moindre importance.

Placé devant la voiture, il regardait les dégâts avec désespoir. Les réparations sur ce genre de voiture coûtait une petite fortune ! Qu'elle merde, vraiment. Soupirant, il sortit son téléphone portable pour appeler un dépanneur. Mais à peine avait-il commencé à pianoter sur son téléphone sur internet à la recherche d'un numéro, que Dolly revint à la charge : « Je vais me faire un plaisir de vous coller un procès pour négligence. » Abaissant le bras qui tenait son portable, il se retourna vers elle, le visage sombre et le regard noir. Quoi ? Elle allait faire ça ? Il se redressa du capot de la voiture et avança vers elle, menaçant. Malheureusement -ou plutôt heureusement pour elle- elle fit rapidement diversion en poussant un cri aigüe qui le fit doucement grimacer. Elle était devenue cinglée ? Non, ça, elle l'était déjà en fait. Pointant de son doigt quelque chose qui se trouvait derrière lui, elle finit par tenter de le pousser pour se diriger vers la fameuse chose. Interloqué, il se laissa faire et se retourna. Là, il aperçut l'animal blessé qui soufflait par terre. « Allez l'aider ! Faites quelque chose, ne restez pas planté là ! » Se précipitant vers la pauvre bête, Clay contempla les dégâts en soupirant, embarrassé. L'homme adorait les animaux, et le voir souffrir comme ça le mettait vraiment mal. Caressant la fourrure du pauvre chat, il tourna la tête vers Dolly et réalisa alors qu'elle aussi était blessée au front. Il fit une petite moue, elle devait aller faire un tour aux urgences elle aussi. Puis, prenant les choses en main comme il savait si bien le faire il déclara : « Voilà ce qu'on va faire. J'appelle un dépanneur pour la voiture, je nous appel un taxi par la même occasion. Il nous dépose à la clinique vétérinaire la plus proche et on leur donne le chat, il est marqué à l'oreille ils retrouveront facilement ses propriétaires pour les prévenir. Puis, on reprend le taxi et on vous dépose aux urgences pour inspecter votre blessure et voir si vous n'avez pas d'autres séquelles. Moi, je reprendrais un autre taxi pour rentrer chez moi. Et dès que vous allez mieux, vous passez à mon agence et on règle tout ça. Je vous paye les dédommagements et je vous fait une petite carte rien que pour vous, avec 20% de réductions sur tous vos voyages. » Il baissa les yeux, échappant un petit sourire amusé avant d'ajouter finalement, plutôt soulagé qu'ils s'en sortent indemne : « Et promis... C'est pas moi qui conduirai. » D'accord, ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour plaisanter... Enfin, peut-être que si finalement. Le danger était écarté, tout allait "bien". Excepté le chat et le fait que Dolly n'allait pas pouvoir se rendre à sa soirée. Mais à vrai dire, ce dernier point, Clay s'en fichait pas mal. Tout ce qu'il voulait lui, c'était ne pas avoir de procès. Ce serait très mauvais pour l'image de son entreprise. Et il s'en voudrait énormément de voir son business s'écrouler à cause d'une petite bavure comme celle-là...

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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Ven 22 Avr 2011 - 23:51

Dolly eut une moue réticente lorsqu'il lui rappela que sa fonction première n'était pas de faire le chauffeur mais de superviser son entreprise. Certes. Elle se contenta donc de pousser un soupire d'exaspération et porta une main contre son crâne car une migraine aiguë se mit à la lancer. Elle qui n'avait jamais mal à la tête, cette douleur devint vite insupportable et l'irrita d'autant plus. S'appuyant contre le capot abimé de la voiture, elle resta pourtant tout à fait présente et disposée à aider Moore s'il avait besoin d'aide avec le chat. En effet, suivant sa supplication, il avait fait fi de leur altercation pour aller au chevet de l'animal blessé sans hésiter une seconde. La jeune femme le regarda manipuler le chat mais ne s'approcha pas d'avantage. Elle n'était pas certaine que si elle s'agenouillait à côté d'eux elle réussirait à rester consciente bien longtemps. Préférant jouer la carte de la prudence en restant appuyée sur la voiture, elle écouta les propositions de son chauffeur avec scepticisme et fut même touchée par la pointe d'humour dont il fit preuve alors que quelques minutes avant il aurait vendu père et mère pour pouvoir lui rouler dessus. Formellement, ce qu'il lui disait était correct et semblait la meilleure solution mais c'était sans compter l'obstination de la scientifique à se croire indestructible. Aussi, elle lâcha sa tête, se redressa et tacha de se montrer plus en forme. Sa vue se brouilla pendant une seconde mais rien d'alarmant selon elle. Elle tira sur sa robe pour effacer quelques plis et affirma d'une voix déterminée mais légère. « Je suis d'accord qu'il faille soigner le chat, j'accepte de vous accompagner au service vétérinaire pour qu'il soit prit en charge. Mais pour moi, l'hôpital ne sera pas nécessaire. Une bonne nuit de sommeil et tout rentrera dans l'ordre. Demain matin je serais tout à fait fraîche et disponible pour me présenter à votre bureau afin de parler des dédommagements, comptez là-dessus. » L'instant d'après, elle sortit son portable de sa pochette et chercha dans son répertoire le numéro d'un taxi mais une fois de plus, sa vue lui joua des tours. Fronçant les sourcils, elle essaya de se rapprocher du réverbère qui abritait le chat pour améliorer sa vision mais ce fut pire, l'éclat de la lumière l'aveuglant complètement. Ronchonnant, elle se détourna définitivement et retourna dans l'ombre de la nuit après avoir confié son portable à Moore en lui demandant d'appeler à sa place. « Vous saurez mieux que moi comment parler à ces types pour qu'ils viennent au plus vite. Je ne sais pas si le chat pourra tenir très longtemps. »
A cet instant, le félin poussa un faible miaulement qui fendit le cœur de la jeune femme. Elle n'avait aucune prédisposition à l'affection pour les humains mais les animaux mettaient son âme en petits morceaux. Sans réfléchir et ignorant sa propre douleur qui s'accentuait doucement mais sûrement, elle retourna sur ses pas pour venir s'accroupir auprès du chat et de son chauffeur. Elle dut plisser les yeux sous la force de la lumière pour rester avec eux mais elle n'émit pas la moindre plainte. Elle savait contrôler la douleur et ce, depuis très jeune. Elle attrapa donc l'animal entre ses mains et l'apporta sur ses genoux dont la robe (à présent bonne pour la décharge publique) offrait un meilleur confort que le béton du trottoir. Ses doigts d'ordinaire hystériques semblèrent avoir trouvé une paix nouvelle au contact du pelage de l'animal qu'elle caressait doucement, comme pour le rassurer ou ralentir le rythme de sa respiration anormalement rapide. Elle ne parla évidemment pas au chat, sachant pertinemment que les animaux étaient incapables de comprendre le langage humain mais il ne manquait pas grand chose. Le buste penché en avant, elle le couvait avec adresse et soin. Au bout d'un moment, elle tourna son visage vers Moore et lui dit d'une voix tout à fait sérieuse mais le regard moins agressif que précédemment. Le contre-coup, pour sûr. « Ceci reste entre nous. Je n'ai aucune idée d'où vous vivez exactement mais n'ébruitez pas que je me suis prise d'affection pour un animal qui mourra sans doute dans une heure. » C'était direct et sans illusion, du Dolly tout craché, qui pourtant cette fois cachait – non pas de la tristesse – mais de la lassitude.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Jeu 5 Mai 2011 - 10:15

« Je suis d'accord qu'il faille soigner le chat, j'accepte de vous accompagner au service vétérinaire pour qu'il soit prit en charge. Mais pour moi, l'hôpital ne sera pas nécessaire. Une bonne nuit de sommeil et tout rentrera dans l'ordre. Demain matin je serais tout à fait fraîche et disponible pour me présenter à votre bureau afin de parler des dédommagements, comptez là-dessus. » Cette femme était une véritable tête de mule, c’était pas croyable ! Clay lui jeta un regard désespéré et blasé. Il suffisait de voir comment elle tanguait à chaque pas pour se rendre compte qu’elle n’allait pas bien et qu’il y avait de fortes possibilités qu’elle se soit blessée plus gravement qu’elle ne le pensait. Et puis, dès que ça touchait la tête il ne valait mieux pas rire avec ça et vite le faire inspecter. Mais visiblement, la jeune femme se croyait dans un remake des Indestructibles et pensait que tout s’arrangerait avec un peu de sommeil. Elle avait une dent contre les hôpitaux ou elle était franchement inconsciente des dangers ? Peut-être les deux d’ailleurs. Clay esquissa un petit sourire mesquin. Si elle pensait s’en tirer comme ça, elle pouvait toujours rêver ! Clay l’accompagnerait aux urgences, qu’elle le veuille ou non. Et pas d’objection ! De toute façon, il suffisait de regarder leurs deux gabarits pour se rendre compte qu’il n’aurait pas la moindre difficulté à avoir le dessus sur elle. Donc, s’il fallait qu’il la mette sur son épaule pour l’amener de force se faire soigner, il n’hésiterait pas une seconde. Il préférait largement se prendre quelques coups de poing défensifs dans le dos plutôt que d’avoir sa mort sur la conscience. Inspectant le chat, il n’avait qu’une légère égratignure au niveau du flanc droit, mais vu les miaulements déchirants qu’il émettait, la blessure était certainement plus profonde qu’elle n’en avait l’air. Une hémorragie internet peut-être. Clay se mordit la lèvre inférieure, culpabilisant à mort. L’idée d’avoir blessé à mort ce brave chat au ventre imposant lui fendait le cœur. Il espérait sincèrement qu’il s’en tirerait. Et si c’était un chat de gouttière sans propriétaire et qu’il avait besoin de soins répétés, Clay le prendrait chez lui, parole de scout !

Il vit alors Dolly bouger autour de lui, s’approchant du réverbère avant de s’en éloigner pour finalement revenir jusqu’à lui et lui tendre son portable : « Vous saurez mieux que moi comment parler à ces types pour qu'ils viennent au plus vite. Je ne sais pas si le chat pourra tenir très longtemps. » Ces types ? Il attrapa le portable et vit le numéro d’un taxi qu’elle avait cherché sur internet. Mouais, si ça pouvait lui faire plaisir. Il se redressa alors, Dolly prenait le relais auprès du chat. Il composa le numéro et s’éloigna de quelques pas, venant s’adosser contre la carrosserie de la limousine. « Bonjour, j’aurais besoin d’un taxi immédiatement. J’ai avec moi un animal blessé et une jeune femme aussi, rien de grave mais il vaudrait mieux ne pas tarder. (…) Oui, je suis à l’angle de la 3ème et de la 5ème. (…) Très bien, merci. » Il raccrocha et jeta un coup d’œil vers Dolly qui semblait totalement hypnotisée par la pauvre bête. Au moins là, elle ne parlait plus et ne s’agitait pas dans tous les sens. C’était déjà ça ! Elle était même étrangement calme. Clay la regarda quelques secondes, presque méfiant. Visiblement, elle avait plus le feeling avec les animaux qu’avec ses semblables. Il haussa les épaules et sortit son propre portable ce coup-là. Il appela à son bureau. « John ? Ouais c’est Clay. Bon euh… Pfff. Y a eu un petit accident là. Envoie une dépanneuse à l’angle de la 3ème et de la 5ème pour la limousine s’il te plait. J’ai pas envie de la faire rouler encore plus, je voudrais pas aggraver les dommages. (…) Ah et débloque le compte 4 pour la réparation. Je te laisse t’occuper de la paperasse et tout ça, je ne passerais pas ce soir j’ai encore des trucs à faire là. (…) Mouais allé, à demain. (…) Non, j’ai besoin de toi, j’te les payerais en heures supp’. Bye. » Il raccrocha son téléphone avant de revenir vers Dolly. Il lui tendit le sien afin de le lui rendre et s’assit à côté d’elle, attendant que le taxi n’arrive. Il fut alors assez… surprit de ce qui allait suivre : « Ceci reste entre nous. Je n'ai aucune idée d'où vous vivez exactement mais n'ébruitez pas que je me suis prise d'affection pour un animal qui mourra sans doute dans une heure. » Tiens donc ? Le garçon commença par froncer les sourcils, interloqué. Puis finalement, c’est un sourire malicieux qui se glissa sur ses lèvres. Il fit une petite moue comme pour approuver à moitié, signe qu’il avait une idée derrière la tête. Il posa son regard sur elle et expliqua alors : « J’accepte… A une condition. » Il fixa sa blessure sur son front avant de lâcher : « Vous allez aux urgences faire examiner ça. » Et oui Dolly, le chantage ça va, ça vient… Il lui offrit un petit sourire entendu, l’air de dire : pas le choix ma vieille ! Il laissa s’échappa quelques instants de silence avant de reprendre : « Bon, j’ai l’impression qu’on va encore passer un bout de la soirée ensemble. Autant rendre ces moments les moins pénibles possibles, vous êtes d’accord ? » Il la regarda, arquant un sourcil en signe d’interrogation. « Je suis Clay. Et je me demandais… Vous êtes comme ça avec tous les êtres humains, ou vous avez un problème contre les hommes ? Ou les chauffeurs de limousines peut-être ? » Il n’y avait pas une once d’agressivité dans sa voix. Clay était détendu, sympathique même. Le regard brillant, comme un petit enfant et un sourire mutin sur les lèvres. Avec Clay c’était comme ça : crise de colère et d’un coup, tout retombait. Disons qu’il était du genre… Impulsif. Mais que ça ne durait pas longtemps.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Mer 8 Juin 2011 - 17:48

Cet homme pouvait maugréer et insister autant qu’il le voulait, Dolly ne cèderait pas. Elle ne mettrait pas le pied dans un hôpital pour une petite bosse alors que se tenait juste devant elle un petit être vivant qui nécessitait lui de véritables et utiles aides médicales. Bien sûr, ils n’allaient certainement pas (du moins, elle l’espérait quand même) être traités dans le même bâtiment mais cela revenait au même à ses yeux : c’était gâcher le temps des équipes hospitalières déjà bien tourmentées. Aussi fronça-t-elle les sourcils lorsqu’elle entendit son chauffeur l’inclure dans les personnes ayant besoin d’aide. Il se fichait d’elle ? Un moment, la colère pointa mais elle se radoucit rapidement d’une, parce que sa douleur la relançait quand elle s’énervait et de deux, parce qu’en y réfléchissant, cette information (erronée selon elle) pourrait les aider à être récupérés par un taxi plus rapidement. Dans cette optique, elle était même prête à prétendre l’agonie pour avoir la garantie que le chat sera apporté dans un centre vétérinaire au plus vite et qu’elle puisse partir de cet endroit au plus vite.
Lorsque Clay passa son propre appel à son agence, Dolly n’écouta pas. Ou à peine : ce genre de discussion ne l’intéressait pas puisqu’on ne parlait pas d’elle. Toutefois, elle devait reconnaître que d’après son ton autoritaire, cet homme semblait savoir s’y prendre avec ses employés. Elle ne cautionnait pas forcément l’idée d’un boss tout puissant profitant de sa position pour obtenir ce qu’il souhaitait de ses subordonnés mais dans ce type de situations d’urgence, c’était acceptable. Lorsqu’il vint prendre place à ses côtés, la jeune femme daigna libérer une main du pelage du chat pour attraper son portable. D’un geste rapide, elle le rangea dans sa pochette posée à même le goudron.
Puis, quand il lui répondit avec malice qu’il était d’accord à une condition, l’expression de Dolly se mouvait doucement mais sûrement en une mine plus suspicieuse voire carrément méfiante. Est-ce qu’il allait faire ce qu’elle pensait qu’il allait faire ? Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre qu’en effet, il osait. Il osait lui faire du chantage. Outrée, elle sursauta légèrement mais s’en voulut aussitôt car le petit animal poussa un cri au même moment. Se calmant, Dolly serra la mâchoire mais finit par baisser les armes. Il ne servait à rien de lutter, elle était en position de faiblesse. Poussant un soupire, elle leva bêtement les yeux en l’air, comme si elle essayait de voir sa propre blessure. « C’est idiot, ils vont me rire au nez. C’est à peine une égratignure et la douleur disparaîtra dans la matinée. » Elle eut une moue boudeuse mais ajouta tout de même. « Mais soit. J’accepte, mais vous avez intérêt à tenir votre parole. » Après tout, elle ne le connaissait pas et il pouvait tout à fait être du genre hypocrite et vil. Néanmoins, elle choisissait de lui faire confiance. Dans le pire des cas, elle n’hésiterait pas à utiliser la vengeance en retour s’il la trahissait.
Elle rabaissa l’instant d’après les yeux sur le chat, à la fois attendrie par l’animal et s’en voulant déjà d’avoir accepté de se faire ausculter mais sortit de sa réflexion boudeuse en entendant son chauffeur reprendre la parole. Cette fois, ses manières étaient beaucoup plus civilisées que tout ce qu’ils avaient pu affronter jusque là. Qu’essayait-il de faire ? L’amadouer pour lui faire oublier qu’il lui devait d’importants dédommagements ? Une part d’elle insistait pour qu’elle reste méfiante mais une autre, sans doute due aux circonstances tragiques de l’instant, lui soufflait qu’elle pouvait se détendre. Fatiguée et la tête douloureuse, elle décida de suivre son instinct et hocha donc doucement de la tête pour lui faire comprendre qu’elle acceptait cet échange. Elle fut alors sur le point de répondre « Enchantée » lorsqu’elle fut interrompue par sa question qui la surprit. Ecarquillant les yeux, elle l’observa avec appui, essayant de sonder s’il se moquait d’elle ou non. Etrangement, il semblait sérieux. Perplexe et soudainement inquiète sur l’image qu’elle pouvait donner, elle eut du mal à trouver ses mots dans un premier temps mais se lança finalement, confuse et fière à la fois. « Je … Non. Enfin, peut-être, je ne sais. Ca dépend ce que vous entendez par « comme ça ». Est-ce que savoir ce que l’on veut est une mauvaise chose ? » Elle le regarda de ses grands yeux bleus, comme une enfant posant une question particulièrement dérangeante à un adulte. Elle finit par hausser les épaules, regardant parfois le chat, parfois le visage de Clay qu’elle trouvait changé maintenant qu’il ne lui criait plus dessus. « Je suis tout le temps sous tension. Je suis comme ça, tout doit se passer comme je le planifie sinon tout dérape et rien ne va. J’ai beaucoup de responsabilités et mon seul but dans la vie est de toutes les relever du mieux que possible. » Elle eut un sourire désolé mais n’alla pas plus loin. Elle réalisait à cet instant que son comportement avait peut-être été excessif mais elle n’allait pas aller jusqu’à présenter ses excuses. Ce n’était pas de son ressort.
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Lun 27 Juin 2011 - 13:54

Clay dû retenir un petit rire alors qu'elle affichait une mine outrée face à son petit chantage, pourtant des plus légitimes. Allait-on blâmer un homme qui se faisait du soucis pour la santé d'une dame ? Ce serait peut-être un peu grotesque non ? Il était hors de question qu'il la laisse rentrer chez elle comme ça, tranquillement. Si à première vue la blessure semblait assez superficielle, ils n'étaient cependant pas certains qu'à l'intérieur il n'y ait pas de lésions bien plus grave. Et s'il lui arrivait le moindre malheur, Clay culpabiliserait jusqu'à la fin de sa vie. Alors il avait préféré agir, quitte à ce qu'elle soit mécontente. Ça ne l'empêcherait pas de dormir ce soir alors bon. Après lui avoir fait ses grands yeux choqués, elle finit par baisser les épaules et soupirer, capitulant. Elle n'avait guère le choix en même temps. Satisfait, Clay afficha un sourire victorieux. Elle leva les yeux vers sa blessure, comme pour l'inspecter bien que ce soit physiquement impossible, et répondit : « C’est idiot, ils vont me rire au nez. C’est à peine une égratignure et la douleur disparaîtra dans la matinée. (...) Mais soit. J’accepte, mais vous avez intérêt à tenir votre parole. » Clay hocha sérieusement la tête, une seule fois, dans un mouvement sec et déterminé. Il rétorqua en déposant sa main droite sur sa poitrine, en gage d'honneur : « Je suis un homme de parole. » Il s'était donné un air théâtrale volontairement, histoire de la dérider un peu alors qu'elle semblait encore légèrement tendue.

Clay reprit alors la parole, cherchant à détendre l'atmosphère. Puisqu'ils allaient être coincés encore un moment ensemble, autant rendre ces moments les plus agréables possible non ? Elle sembla suspicieuse pendant un instant, et finalement hocha la tête pour approuver ses dires. Parfait ! Car il voulait bien y mettre du sien, mais si elle ne lui rendait pas la pareille, il ne pourrait faire des miracles. Il se présenta poliment, mais ne lui laissa pas le temps de répondre quoi que ce soit, car déjà il lui posait sa petite question, un sourire malicieux sur les lèvres. Dolly se tut, visiblement surprise par son interrogation. Elle ne s'était très certainement pas attendue à ça. C'était compréhensible en même temps, pas sûr que ce soit le genre de question que l'on pose à tout va dans une journée. C'était typique de Clay de faire ça. Dire tout ce qui lui passait par la tête avec naturel. Il avait toujours eu un côté franc et impulsif -Dolly avait pu le remarquer d'ailleurs- ce qui n'était pas toujours une qualité. La preuve, c'était à cause de ça qu'ils avaient quitté la route pour enfoncer la carrosserie de la voiture contre un poteau électrique. Mais c'était déjà "oublié", Clay n'était pas rancunier et ses humeurs allaient et venaient à toute allure, ce qui le rendait parfois un peu difficile à vivre, on pouvait le dire. La jeune femme resta silencieuse un moment, le fixant avec intérêt. Elle semblait soucieuse et Clay ne comprenait pas l'origine de ce sentiment. Il fronça les sourcils, se demandant bien ce qui lui passait par la tête à cet instant. Avait-il dit quelque chose de déplacé ? Un peu perdu, il attendit patiemment qu'elle se décide à lui répondre, ce qui ne tarda pas. « Je … Non. Enfin, peut-être, je ne sais. Ca dépend ce que vous entendez par « comme ça ». Est-ce que savoir ce que l’on veut est une mauvaise chose ? » Clay se mit alors à rire, pas moqueur pour autant. Cette bonne femme était un sacré numéro, c'était affolant. Dolly se contenta de hausser les épaules et d'ajouter : « Je suis tout le temps sous tension. Je suis comme ça, tout doit se passer comme je le planifie sinon tout dérape et rien ne va. J’ai beaucoup de responsabilités et mon seul but dans la vie est de toutes les relever du mieux que possible. » Clay effectua une petite moue, signe qu'il comprenait où elle voulait en venir. Ayant lui-même de nombreuses responsabilités, il voyait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Mais ce n'était pas une excuse malgré tout, est-ce qu'il était désagréable lui avec les gens ? Non, pas du tout. Comme quoi, ce n'était pas incompatible. Sérieux, il reprit alors : « Quand je dis "comme ça", j'entends être désagréable, hautaine, sèche, horripilante et ce genre de choses. Je sais ce que je veux, j'ai des responsabilités aussi et j'aime quand tout file droit comme je l'avais prévu... néanmoins, ça ne m'empêche pas d'être agréable et courtois avec les gens. » Il tourna les yeux vers elle, un petit sourire en coin, et c'est en riant qu'il déclara : « Juste un peu impulsif, hein ?! » Il secoua la tête de gauche à droite en riant plus discrètement. Puis, il retrouva son calme et soupira en souriant. Il expliqua : « Vous savez, vous n'avez pas à vous justifier. Surtout pas auprès de moi, mais... C'est dommage, vous donner une sale image de vous alors qu'au demeurant, vous ne semblez pas être si terrible. » Clay n'avait pas toujours beaucoup de tact, il était parfois un peu brusque dans ses propos. Mais au moins, il avait l'avantage d'être une personne absolument sincère. Et c'était vrai que Dolly ne semblait pas si terrible que ça en réalité. Clay lui déposa une petite tape sur l'épaule avant de jeter un coup d’œil au chat qui soufflait bruyamment. Le taxi finit par arriver et Clay se leva le premier, tendant sa main pour aider Dolly à faire de même. « Allé mademoiselle, allons sauver ce pauvre chat ! » Il lui offrit un sourire légèrement charmeur, toujours aussi amusé par cette image d'elle soudainement attendrie face à un pauvre animal alors qu'elle l'avait précédemment traité comme un moins que rien. Les femmes étaient décidément pleines de surprises !
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Message(#) Sujet: Re: ✩ in the back of a black limousine. Sam 30 Juil 2011 - 2:40

Cet homme venait de lui donner sa parole qu'il ne raconterait pas sur tous les toits sa triste affection pour le petit chat mais ceci n'avait pas une grande valeur aux yeux de la jeune femme. Elle savait la nature humaine si facilement tentée par le mensonge et la trahison qu'elle n'imagina pas une seule seconde de lui faire aveuglément confiance. Toutefois, la scientifique n'était pas non plus résolue à ne pas le croire. Elle préférait simplement ne pas trop y compter, en espérant être au final agréablement surprise.

Lorsque Dolly s'expliqua non sans mal et qu'elle vit la réaction de son chauffeur, elle eut un mouvement de recul, n'étant visiblement pas à l'aise à l'idée qu'on puisse se rire d'elle et fronça définitivement les sourcils en entendant la salve de critiques à son égard. Elle en resta bouche bée, le contemplant comme si elle ne comprenait pas très bien où il voulait en venir. Pourquoi s'obstinait-il à lui donner maintes et maintes raisons pour qu'elle s'enflamme à nouveau ? Était-ce plus fort que lui de vouloir à tout prix la provoquer ? Néanmoins, contre toutes attentes, Dolly ne monta pas sur ses grands chevaux, en grande partie parce que le rire et l'intonation espiègle que Clay empruntait en s'adressant à elle semblaient signifier qu'il n'était pas fâché contre elle ou en tout cas que ses critiques n'étaient pas une fin en soit. Elle le trouvait à présent bizarre, n'arrivant pas à comprendre comment un individu pouvait créer un si grand fossé entre ses mots et son attitude. En tout cas, si elle n'était pas totalement adoucie, elle n'avait au moins plus envie de lui planquer ses ongles dans le cou. Elle haussa un sourcil, l'air de dire « c'est le moins que l'on puisse dire » lorsqu'il reconnu qu'il était impulsif et parut une fois de plus déstabilisée quand il lui fit remarquer sans passer par quatre chemins qu'elle était insupportable mais finalement, pas tant que ça. Dolly fut alors tiraillée par des sentiments contraires : l'indignation la surprit d'abord puis l'incompréhension et enfin l'acceptation. Il n'était pas le premier à lui faire ce genre de remarques, tristement. Elle aurait bien essayé de changer, d'être plus douce et posée, polie et attentive … Mais elle n'y arrivait pas. Ce n'était pas quelque chose de naturel chez elle parce qu'elle n'en comprenait pas l'utilité. A quoi bon ? A quoi bon prétendre être sereine lorsque le monde autour de vous vous scandalise ? A quoi bon enjoliver ses phrases de métaphores et d'ironie que votre interlocuteur risque de ne pas comprendre et de se hasarder au devant de quiproquos interminables ? C'était se compliquer la vie pour rien et il est bien connu que les scientifiques détestent les contrefaçons et les détours. Pour Dolly, une seule et unique chose comptait : la vérité. Et ce qu'elle était véritablement, c'était ça : une femme déterminée, honnête et spontanée. Si ça ne plaisait pas, qu'ils aillent au diable. Elle ne pouvait ni ne voulait faire autrement. Elle n'avait qu'une vie, elle ne voyait pas l'intérêt de se laisser corrompre par le monde extérieur. Lorsqu'elle sentit la main de son chauffeur s'abattre sur son épaule, elle poussa un soupire en se disant qu'il faisait finalement partie lui aussi des hommes qu'elle avait croisé et qui préféraient lui faire des critiques (qu'ils pensaient constructives et qui l'étaient sûrement d'ailleurs) plutôt que d'essayer de la comprendre et de l'apprécier tel quel. Un peu déçue, ce qui se voyait sur son visage dont les traits affichaient à présent une certaine fatigue, elle marmonna un bref « Ouais. » avant d'attraper la main qu'il lui tentait et de se lever à son tour, serrant toujours l'animal contre elle comme une précieuse peluche. Le taxi vint se garer auprès d'eux et la violente lumière des phares l'éblouit et aggrava son mal de crâne. Avant de se diriger vers le véhicule, elle se tourna vers Clay, luttant contre sa migraine qui la relançait. Là, elle profita de leurs dernières minutes de la soirée qu'ils partageraient en tête-à-tête. Le regard perçant mais à la fois profondément calmé, elle lui avoua. « Ce n'est pas volontaire. Je ne m'en rends même pas compte, si vous voulez tout savoir, mais je ne veux pas changer. Je ne veux pas faire le moindre effort. Soit on m'accepte tel que je suis, sois je m'éloigne. J'ai toujours procédé ainsi, j'ai certes peu de monde dans mon entourage mais je sais de manière certaine que je peux avoir confiance en eux. Je n'échangerai ça pour rien au monde. » Elle n'avait pas dit ça pour le défier, d'ailleurs son ton avait d'avantage était celui de la conversation que celui de l'affrontement. Elle conclut par un petit sourire avant de confier, contre toute attente, l'animal à Clay. Pendant la transition du chat de ses bras à ceux de Clay, elle ajouta doucement. « Considérez-moi comme ce chat : je suis inattendue et handicapante mais je ne suis pas décidée à bouger. J'attends simplement que quelqu'un vienne me ramasser telle que je suis. »

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