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 too much to ask (pv)

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Message(#) Sujet: too much to ask (pv) Lun 20 Déc 2010 - 9:50







too much to ask


PRIDE S. BERRINGTON, AUBREE DEHZKEL





Qui eût cru que la sérénité pût, un jour, habiter à nouveau Aubree Dehzkel ? Ceux qui l’avaient vu, froide et si indifférente qu’elle en paraissait impersonnelle, n’y auraient jamais cru – tout comme ceux qui, quelques semaines plus tôt, l’avaient vue rentrer chez elle après de longues semaines passées en cure de désintoxication, abattue, la tête baissée comme si elle croulait sous le poids d’une infinie détresse. Non, Aubre Dehzkel n’avait pas semblée sereine, ou reposée, depuis bien longtemps. Et pourtant, alors qu’elle tout juste rentrée d’une énième escapade, la jeune femme semblait être en paix avec elle-même. Vous ne verrez pas la moindre lueur de joie ou de satisfaction dans son regard, non, celui-ci semblait toujours empreint d’une tristesse inouïe. Aubree Dehzkel avait peut-être effectué un grand pas vers la rédemption, elle avait peut-être commencé à tourner une page essentielle de sa vie, mais elle n’était pas heureuse pour autant. Le poids écrasant du deuil qu’elle avait à faire, après l’avoir reculé sans cesse pendant vingt mois, l’assaillait sans jamais lui accorder une seconde de répit. Et si Aubree Dehzkel était prête à prendre un nouveau départ, armée de résolutions qu’elle se savait capable de tenir, elle n’en était pas moins en proie à une détresse et un désespoir dont elle ne pouvait percevoir la fin. Elle savait que cette prise de conscience venait trop tard, elle savait que le mal avait déjà été fait. Et pourtant, elle était animée d’une volonté dont elle n’aurait su déterminer l’origine. Aubree Dehzkel voulait essayer, encore une fois, une seule. Elle voulait tenter de reconstruire sa vie sur les ruines encore fumantes de celle qu’elle laissait derrière elle, et bien que le cœur n’y fût pas vraiment, étant donné qu’il était toujours tourné vers le passé, occupé à cultiver le souvenir de ses défunts parents, elle ferait tout pour y parvenir. Aubree savait que c’était le moment ou jamais de recommencer. De réussir à aller de l’avant, peu importe la douleur qui s’acharnait à l’accabler. Bien sûr, cela n’allait pas se faire comme ça, en quelques jours, ou quelques semaines. Elle savait que ce nouveau départ demanderait autant de temps que d’efforts, et qu’elle avait du pain sur la planche. Elle savait combien elle était haïe à Miami, combien les personnes qui habitaient son quartier espéraient la voir se ramasser une fois de plus, rien que pour éprouver la satisfaction qu’elle avait tenté, sans succès, de trouver en les torturant et les humiliant au cours des derniers mois. Elle savait tout cela, et, si elle avait agi comme elle l’aurait fait habituellement, elle n’aurait même plus remis les pieds ici. Mais Aubree Dehzkel ne voulait plus fuir – cela faisait partie de ses nouvelles volontés, ces promesses qu’elle s’était faite avec la ferme intention de ne jamais y déroger. Et pourtant, la perspective de ce qui l’attendait, des crasses auxquelles elle aurait droit en réponse à celles qu’elle avait administrées avant d’être terrassée par son overdose, la terrorisait. Aubree Dehzkel avait conscience qu’elle n’aurait pas droit à une once de compassion ou de patience, à un grain de tolérance, ni à une nouvelle chance venant de quiconque. Elle n’avait personne sur qui compter, et elle s’était déjà, péniblement, faite à cette idée. La seule personne qui était là pour elle et qui le serait toujours, elle le savait maintenant, c’était Blade. Mais Blade était le seul à Miami qui l’avait connue avant sa transformation en reine des glaces intraitables. Et sans doute l’image bien plus agréable qu’il avait conservé de celle qu’elle était avant la mort de ses parents avait-elle grandement contribué à sa décision de lui pardonner, de lui accorder une deuxième chance malgré tout ce qu’elle avait pu lui infliger. Les autres n’en savaient rien. La seule image sur laquelle ils pouvaient se baser étai celle qu’elle avait donnée depuis son arrivée à Miami, et ne jouait guère en sa faveur. Aubree savait tout cela ; et pourtant, elle ne voulait pas abandonner. Pas encore une fois.

L’après-midi touchait déjà à sa fin lorsqu’Aubree se pointa devant Soho’s 1515, ce jour-là. Ce ne furent pas de bons souvenirs qui remontèrent à la surface lorsqu’elle contempla l’endroit. Les traces de l’ouragan y étaient nettement perceptibles, et voir cette boîte autrefois si luxueuse et attirante dans un tel état était étrange. L’entrée n’était pas accessible, et Aubree réalisa avec amertume que ses plans se compliquaient : elle n’avait pas la moindre idée de l’endroit où elle pourrai trouver Pride. Après quelques instants de réflexion, la jeune femme dégaina son Blackberry et composa un numéro qu’elle ne pourrait jamais oublier, passé professionnel oblige. Quelques mots échangés avec la détestable secrétaire de Pride, et la voilà renseignée sur l’emplacement de son ancien patron. Selon la secrétaire, Pride devait retrouver un client au Four Seasons, pas loin du Soho’s. Aubree la remercia et raccrocha, avant d’accélerer le pas. Elle parvint devant le luxueux bâtiment dont elle poussa la porte, l’estomac tenaillé d’un stress sans pareil. Un peu perdue, elle ne sut comment réagir et quel comportement adopter pour retrouver Berrington – après tout, elle ne pouvait pas débarquer comme ça, au milieu d’un rendez-vous qui devait sûrement être très important, si Pride avait daigné se déplacer jusqu’ici. Elle se dirigea vers le restaurant de l’hôtel, légèrement hésitante, lorsqu’elle fut assaillie par un maître d’hôtel. « Puis-je vous aider, madame ? » Aubree fronça les sourcils, et tenta de retrouver le ton assuré avec lequel elle avait pris l’habitude de s’exprimer au cours des derniers mois. « J’ai rendez-vous avec M. Berrington. Pride Berrington. » Après un bref coup d’œil à sa liste, le maître d’hôtel lui indiqua l’emplacement du jeune homme et Aubree le remercia d’un sourire. Elle ne bougea pas, observant la scène de loin. Lorsque le client de Pride finit par se lever et échanger une poignée de main avec le Diable en personne, Aubree amorça quelques pas. Elle attendit que le client fût loin puis se précipita vers la table de Pride, qui s’était rassis, probablement pour terminer son verre.. Son entrée n’avait plus rien à voir avec celles que Pride lui avait connues auparavant : la délicieuse arrogance et l’insupportable prétention d’Aubree avaient disparu, ne laissant derrière elles qu’une allure douce et réservée. Aubree n’attirait plus les regards par sa teinture blond platine, ni par sa taille spectaculaire qu’elle devait à ses compensées Louboutin. Depuis qu’elle avait retrouvé son brun naturel et qu’elle était redescendue sous le seuil du mètre 75, Aubree n’était plus qu’une jeune femme comme les autres, qui n’avait plus que sa beauté, sérieusement entamée par les traitements négligeants qu’elle lui avait infligés au cours des derniers mois, pour se faire remarquer. Sans compter qu’en l’absence de sa prestance froide et si bien assortie à celle de Berrington, Aubree perdait ce charme glacial qui auparavant la caractérisait si bien. Mais elle restait Aubree, elle conservait ce petit quelque chose qui intriguait – elle n’avait plus qu’à espérer que cela suffirait pour attirer l’attention de Pride, et la conserver pendant plus d’une minute. Aubree finit par se dresser devant Berrington, le dominant par sa taille, mais pas par son attitude. « Il faut que je vous parle. », dit-elle d’une voix dont la douceur était inhabituelle aux oreilles de quiconque avait fréquenté Aubree depuis son arrivée à Miami. Ces six mots n’avaient rien d’un ordre impérieux, ils n’avaient pas été prononcés de ce ton pressant qui avait l’art d’agacer. La requête qu’ils constituaient était facilement repérable, et pour cause : Aubree ne cherchait plus à cacher qu’elle avait besoin de Pride, qu’il était en position de force, en mesure de lui accorder ce dont elle avait besoin. Sous le regard imperturbable du jeune homme, Aubree s’installa. Comme au bon vieux temps, si tant est que l’on puisse qualifier une période aussi sombre d’un tel sobriquet, Aubree patienta, attendant un assentiment de son ancien patron avant de poursuivre. De poursuivre pour enfin mettre fin à ce cercle vicieux dont elle peinait à s’extirper.



Dernière édition par Aubree Dehzkel le Mar 28 Déc 2010 - 0:57, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Lun 27 Déc 2010 - 16:31

L'ouragan avait beau avoir dévasté bien des maisons ou des vies, cela ne signifiait pas pour autant que la Terre cessait de tourner : pour Pride Berrington, le business et l'argent ne cesseraient de hanter son esprit que lorsqu'il aurait passé l'arme à gauche. C'est ainsi que le jeune ambitieux s'était empressé de reconstruire son petit royaume de striptease et de reprendre ses activités d'actionnaire et de requin de la finance. Bien que l'esprit de Noël, malgré les malheurs noyant Ocean Grove dans un pieux vague à l'âme, invitait à se faire altruiste et généreux, Berrington ne pensait plus qu'au rapide rétablissement de ses affaires. Détrompez-vous par ailleurs, Noël n'a jamais été aussi capitaliste depuis que 'God Bless America' ne soit devenu l'hymne officiel d'un pays tourné vers la chrétienté... Jésus faisait son business également, aussi les quelques reproches que Pride aurait pu avoir quant à sa manie de s'occuper bien plus de ses finances que d'une potentielle collecte de jouets, l'auraient fait sourire au vu de l'hypocrisie alors employée. Ainsi se retrouvait-il pour le déjeuner face à un négociateur à la dent dure, au détour d'un repas de luxe venant narguer la misère des ruines du quartier résidentiel autrefois si calme. Les deux hommes eurent tôt fait de dévier leurs conversations vers un jargon de businessmen dont la sournoiserie ne laissait plus à désirer : c'était à qui manipulerait le mieux l'autre, et à qui ploierait en premier. En l'occurrence, Berrington était pourvu d'une rhétorique si persuasive et bluffante, que le jeune homme aurait été capable de convertir n'importe quel mormon à la monogamie. Ainsi remporta-t-il la joute verbale ainsi qu'une marge bénéficiaire juteuse, sous le sourire enchanté de son naïf interlocuteur se croyant gagnant : ils se levèrent, échangèrent une poignée de main ainsi que des salutations polies, et le businessman tourna les talons afin de partir, attaché-case en main. Aussitôt, le sourire charmant et charmeur de Pride s'effaça alors qu'il vint se rassoir non sans une moue triomphale mais narquoise, portant son verre de vin à ses lèvres carmin, et sa main de libre tapotant sur le clavier de son téléphone portable. D'une impassibilité glaçante mais toujours prompte à le rendre élégant et imposant esthète, il reposa son verre sans jamais quitter l'écran de son cellulaire du regard. Jusqu'à ce qu'une présence ne se fit sentir à ses côtés, le poussant à lever ses rétines fauves sur la silhouette debout lui faisant face.

Lentement, ses rétines ambrées se levèrent sur l'ombre familière, détaillant de bas en haut les courbes de la demoiselle s'offrant à lui : Aubree se tenait debout, le regard moins arrogant qu'à l'accoutumée, la tenue moins provocante, d'un air plus tendu et moins indifférent. Mais plus encore, la jeune femme avait retrouvé une chevelure brune discrète, éteignant sa beauté froide mais ravivant ses traits fins et délicats. Ainsi, elle s'en était bien sortie, et à croire que c'était une autre Aubree qui s'offrait à lui, suite à sa cure probable de désintoxication. Il se souvenait encore de la nuit de son départ où il l'avait trouvée inerte : malgré son angoisse, Pride avait laissé son ex employée dans les mains des autorités venant la secourir avant d'embarquer pour Chicago. Il n'était pas resté avec elle, malgré l'inquiétude d'avoir failli la voir mourir dans ses bras : ce n' était pas son problème, et il doutait également qu'elle ne soit ravie de le voir à son chevet une fois éveillée. Certes ils avaient partagé une certaine complicité, mais rien qui n'engageait un tel rapprochement : entre ces personnalités dures, froides et faussement placides qu'ils avaient tous deux, c'était impossible. Le jeune homme fut néanmoins soulagé de la revoir.... vivante. Quand bien même elle n'était visiblement plus la même : où était passée sa compagne de jeu ? « Il faut que je vous parle. » D'un geste galant mais d'un regard sans doute un peu trop ferme, Pride lui indiqua le siège lui faisant face, taciturne mais gentleman. Il n'allait pas lui demander de ses nouvelles, si tout s'était bien passé : bien sûr que non. Une cure n'est jamais évidente à porter, un manque n'est jamais aisé à combler : le combat d'une désintoxication de telle sorte nécessite une bataille quotidienne qui s'abstenait bien de recevoir des questions stupides de la sorte. Et si la demoiselle désirait en parler, alors elle le ferait de son plein gré et recevrait, contre toute attente, une oreille attentive. Berrington n'était en aucun cas une langue de vipère ; il fallait bien quelques avantages, à son égocentrisme. Il laissait les personnes avoir leurs secrets, leurs vies, leurs enfers, sans les questionner en permanence pour nourrir une curiosité malsaine... Alors respectueux du silence de Aubree qui venait de prendre place, Pride se contenta de poser son téléphone sur la table et de croiser ses mains devant lui, plongeant ses yeux noisettes dans ceux moins assurés de son interlocutrice. « Je t'écoute. » fit-il d'une voix suave, arquant alors les sourcils.
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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Mar 28 Déc 2010 - 0:56





Aubree ne put déceler aucun signe de joie ou de soulagement sur le visage de Pride lorsqu’il l’aperçut. Elle devina qu’il était surpris, mais le jeune homme était resté plutôt impassible, créant un sentiment difficile à décrire chez la jeune femme. Elle ne savait pas quoi en penser. Bien sûr, elle ne s’éait nullement attendue à ce qu’il se lève pour la serrer dans ses bras et pour lui crier qu’il était soulagé de la voir en bonne santé – même si elle ne semblait pas vraiment péter la forme. Au contraire, Pride semblait calme, posé, détaché – même si Aubree savait que ce n’était pas le cas, étant donné que Pride Berrington ne cessait jamais de réfléchir, de comploter et de calculer. Elle savait qu’à l’intérieur du crâne de l’homme d’affaires, les pensées fusaient par milliers, certaines à son sujet, certaines sans rapport, et ce malgré le masque impassible qu’il affichait. Aubree eut du mal à se l’avouer, mais quand bien même savait-elle que Pride n’avait aucune raison de manifester la moindre joie à sa vue, elle était quelque peu frustrée de n’avoir suscité aucune réaction, sinon un vague intérêt sans doute causé par sa transformation physique et son apparition après plus d’un mois d’absence de la ville. Après tout, Pride était celui qui l’avait trouvée et sauvée, celui qui avait fait en sorte qu’elle ne rende pas son dernier souffle sur le carrelage glacé de sa salle de bain. Elle savait qu’il n’était pas resté après cette péripétie, et il n’avait jamais cherché à la contacter pour prendre de ses nouvelles. Elle ne l’en blâmait pas, il n’avait aucune obligation à son égard, et la seule raison pour laquelle il ne l’avait pas laissée agoniser, en pleine overdose, est sans doute qu’il aurait pu être inculpé pour non assistance de personne en danger s’il l’avait abandonnée. Aubree connaissait Pride Berrington, du moins suffisamment pour savoir ce qu’elle pouvait attendre de lui et ce qu’elle pouvait définitivement oublié. Mais son retour à la personnalité qu’elle avait incarnée pendant vingt-deux ans, après ces longs mois de comédie si convaincants qu’elle avait marché dans son propre jeu, l’avait sans doute laissée croire que tout le monde ne pouvait pas être si mauvais que ça. Son optimisme proche de la naïveté, trait de caractère autrefois omniprésent dans son caractère, à tel point qu’il lui avait joué de sales tours, avait ressurgi et l’avait poussée à attendre plus de la part de Berrington. Mais une fois de plus, elle allait être déçue. Ce n’est pas pour autant qu’elle allait se laisser abattre : elle était venue avec un but précis et n’allait pas repartir penaude sous prétexte qu’elle avait espéré recevoir un câlin réconfortant de la part de son infâme et perfide patron. Malgré la froideur toujours présente chez Pride, elle crut déceler un signe encourageant dans sa voix lorsqu’il lui répondit « Je t'écoute. » Étrangement, elle sut qu’elle disposait de son entière attention. Une chose qu’elle aurait payée cher autrefois, lorsqu’il la considérait avec dégoût et mépris, mais qu’elle n’était pas sûre de pouvoir exploiter convenablement aujourd’hui. Aubree baissa brièvement les yeux, chose qu’elle n’aurait jamais fait autre fois. Automatiquement, deux doigts de sa main droite se saisirent d’une mèche de cheveux bruns pour les tortiller et les tripoter, un tic qu’elle avait toujours eu et qui trahissait son hésitation ou sa nervosité – deux traits de caractère qu’elle avait enfouis dans les abysses de son âme pendant vingt mois. Elle savait qu’elle devait donner une bien piteuse image d’elle-même à Pride, qui serait sûrement déçu de ne pas retrouver sa princesse des complots et manipulations après cette absence obligatoire mais néanmoins nécessaire. Sous le regard incandescent du jeune homme, Aubree se sentit légèrement trembloter, mais sa voix fut ferme lorsqu’elle reprit la parole et plongea ses iris bleus dans ceux, noisette, de Pride. « Je veux démissionner. » Si elle n’avait pas recouru au conditionnel, elle avait cependant fait usage d’un verbe de volonté, toujours pour ne pas paraître trop pressante ou autoritaire. Elle était là pour obtenir quelque chose, à savoir une délivrance de ce jeu malsain qui avait trop longtemps duré. Bien qu’elle doutât que Pride la force à continuer, elle savait qu’il serait stupide de le sous-estimer et ne comptait pas se risquer à le provoquer, lui ou sa colère. Cependant, toute manipulation avait disparu de son esprit. Seule la politesse et la modestie l’animaient lorsqu’elle avait décidé de parler avec douceur et retenue. Aubree soupira, consciente que Pride attendait qu’elle ajoute quelque chose pour justifier sa requête. Elle se mordit la lèvre mais ne baissa plus les yeux. Pas encore. « Je dois avoir un millier de bonnes raisons pour expliquer ma requête. Mais je doute qu’elle vous intéressent, alors je me contenterai de vous demander de me croire si je vous dis qu’elles sont plus que valables. » Avoir travaillé pendant des mois aux côtés de Pride avait appris à Aubree que lorsqu’on voulait obtenir quelque chose du ténébreux jeune homme, mieux valait ne pas s’étendre ou s’éterniser. La brièveté était une qualité que Pride semblait apprécier lors des entretiens, et Aubree avait donc emprunté cette voie, consciente qu’il ne serait sûrement pas intéressé de tout savoir de ses problèmes personnels. « Et je pense que tout ça a suffisamment duré. Ce jeu malsain, ces plans destructeurs, ce n’est plus mon truc. Je ne veux plus faire ça, ce serait signer pour un nouveau tour en Enfer, et j’en ai eu assez au cours des derniers mois. » Aubree baissa à nouveau les yeux, les souvenirs honteux fusaient dans son esprit. Silencieuse, elle attendit le verdict. Pride agirait-il en patron adepte des lois, ou montrerait-il son côté mafioso en l’enchaînant à jamais à la mission dangereuse à laquelle elle avait été assignée il y a quelques mois de cela ?
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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Mer 29 Déc 2010 - 21:11

« Je veux démissionner. » D'un air étrangement posé et placide, Pride se contenta d'arquer les sourcils. Etait-ce vraiment étonnant, là était la réflexion à mener : certes Aubree semblait avoir abandonné les démons de son passé en les exorcisant durant sa cure, mais le jeune homme était également le mieux placé pour savoir que les apparences étaient bien souvent trompeuses. Au fond de lui, il avait compris à l'instant même où ses yeux avaient croisé son regard singulièrement nerveux que la jeune fille quémanderait quelque chose de cet ordre. Mais jamais, il n'aurait cru possible de la part d'Aubree qu'elle abandonnerait toute chance de pouvoir se divertir de la plus sadique façon qui soit. Ce contraste était donc si étonnant que Pride ne put ainsi qu'esquisser une moue brièvement surprise, demeurant néanmoins atrocement silencieux. Et là où le mutisme de Berrington logeait lorsque la conversation en valait la peine à ses yeux, c'était la promesse de paroles acides à venir, sonnant le glas d'un soit disant échange tout en diplomatie. Laissant la demoiselle s'expliquer autant qu'elle le souhaitait – car plus cette dernière s'étendait en excuses et élucubrations, et plus Pride pouvait piocher ici et là des détails pour les retourner contre elle avec mesquinerie – il demeura donc silencieux, respectant son laïus en lui accordant toute son attention. « Je dois avoir un millier de bonnes raisons pour expliquer ma requête. Mais je doute qu’elle vous intéressent, alors je me contenterai de vous demander de me croire si je vous dis qu’elles sont plus que valables. » Effectivement, mieux valait se rendre au but pour ne pas perdre toute la capacité, et l'envie, d'écoute du jeune homme. Se perdre dans les dédales d'un discours ou dans un flux de paroles trop conséquent, était le meilleur moyen de perdre toute l'attention d'un Pride très peu patient. Aller droit au but était, pour lui, un certain gage de franchise. « Et je pense que tout ça a suffisamment duré. Ce jeu malsain, ces plans destructeurs, ce n’est plus mon truc.  » Enfin, le jeune homme eut une réaction en étouffant un bref rire mué en un soupir, tandis qu'il détourna brièvement le regard piqué d'une lueur amusée. A l'entendre, elle le comparait à Satan et ses manies de répandre fléaux et malheurs sur Terre : bien loin de l'en vexer, les dires de Aubree l'amusèrent avec un peu trop d'insolence. De son point de vue, l'affaire du Full Moon n'avait pas été bien démoniaque ; Pride avait pour lui une vision de la moralité toute relative, et la citation célèbre d'un 'le mal est une question de point de vue', lui collait à la peau. Non, cette affaire n'avait pas été fourbe, pas plus que leur capacité à mettre à profit leur amour pour le sadisme. Tout au plus, il y avait eu un brin de malhonnêteté, mais qui ignorait ce mot dans le monde de la concurrence ? Berrington préférait de loin renommer cela : politique de marketing. Chacun sa manière de construire son empire. « Je ne veux plus faire ça, ce serait signer pour un nouveau tour en Enfer, et j’en ai eu assez au cours des derniers mois. » Ah, les 'Enfers', on y revenait donc. Ainsi, elle associait son duo avec Berrington de sorte de voyage dantesque vers les Géhennes : comparaison plutôt flatteuse lorsqu'on connaissait l'ambition et la ruse du Diable en personne, et qui de nouveau, l'amusèrent bien plus que cela ne vint le piquer. Ainsi conserva-t-il son sourire grandement mutin, un régal d'insolence charmeuse et de légèreté mesquine. Enfin, après un bref silence, le jeune homme laissa sa voix suave venir résonner d'un timbre railleur. « Tu plaisantes ? Exporter du Miley Cyrus partout dans le monde, ça c'est malsain et destructeur. Il n'y a rien d'immoral à s'en prendre à une boîte rivale... » Et le jeune homme de se redresser quelque peu pour mieux se pencher légèrement vers Aubree, sans jamais la quitter de ses yeux fauves. « ...On appelle cela 'gérer ses affaires'. »

Le jeune homme se reposa contre le dossier de sa chaise d'un air entendu et soudain plus sérieux. Le sourire amusé s'était dissipé de ses lèvres carmin, tandis qu'il plongeait en pleine réflexion. D'abord fermement fixées sur Aubree, ses rétines pénétrantes dévièrent sur un point invisible à l'horizon, car trop plongé dans ses pensées. Le jeune homme examinait la situation, sous toutes les coutures : était-ce un coup bas de la part de son ancienne stripteaseuse ? Peut-être pas, après tout il lui avait sauvé la vie.... Mais était-ce un détail que l'on prenait en compte lorsqu'on était dénué de moralité ? Dehzkel avait sans doute bien plus le sens moral de Berrington, pourtant. Quoique... Et certes, perdre sa partenaire de jeu avait quelque chose de frustrant, mais la garder sous sa coupe pour mieux la forcer à marcher dans ses pas ne ferait que lui rapporter des résultats minables. D'un soupir, il daigna reposer ses yeux mordorés sur la demoiselle qui n'attendait plus que son verdict. « Bien, j'accepte. Je ne vais pas te forcer, ce serait comparer la Cadillac que j'avais auparavant à une simple Ford. » Premier impact froidement mesquin lancé à l'encontre d'Aubree, condamnée à recevoir les blâmes de son ancien patron qui pourtant l'appréciait toujours autant, simplement pour la faire payer de la frustration alors suscitée en lui. Il ne la détestait pas, en toute probabilité, il s'était attaché à cette demoiselle ayant traversé des étapes douloureuses. Mais le discours de la belle, sonnait aux oreilles de Pride comme un abandon. Puisque pour lui, elle le fuyait, alors elle ne partirait pas sans avoir été touchée par le venin de ses mots. « Mais tu prendras bien en compte que n'ayant pas eu de contrat de travail présentable aux yeux de la loi, tu ne toucheras aucune prime dans ta démission. Tu es libre de regagner la vie de Monsieur et Madame tout-le-monde, Aubree. Visiblement certains se complaisent vraiment dans leur routine. Tant mieux pour eux. » Un nouveau sourire en coin, calquant les charmes du diable, vint s'associer à son oeillade pénétrante et incandescente. « Ne t'en fais pas pour moi, je trouverais quelqu'un de meilleur que toi encore. Je ne doute pas y parvenir rapidement. » rajouta-t-il d'un ton faussement amical. Ou comment faire sentir au concerné, qu'il était facilement remplaçable pour mieux tenter de le faire vaciller de le ramener à sa décision. Quelle bassesse, Mr Berrington.
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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Mar 11 Jan 2011 - 23:30





Comme déjà bien des fois auparavant, Aubree fut déçue de la réaction de Pride, qui ne semblait que peu ébranlé par la nouvelle. Elle put deviner qu’il ne s’attendait pas à cette démission pourtant longuement préméditée, mais, comme toujours, le jeune homme faisait tout pour rester impassible et il y arrivait plutôt bien. Aubree pouvait sentir l’impatience et l’agacement de celui qui ne serait bientôt plus jamais son patron et elle redoutait la réaction ultérieure de Pride, consciente que le silence dans lequel il se cloîtrait n’était que le calme avant la tempête. « Tu plaisantes ? Exporter du Miley Cyrus partout dans le monde, ça c'est malsain et destructeur. Il n'y a rien d'immoral à s'en prendre à une boîte rivale... On appelle cela 'gérer ses affaires'. » Un millier de répliques acerbes se pressèrent aux lèvres d’Aubree, qui n’était, malgré sa transformation pour le moins déroutante, toujours pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et à serrer les dents sans rien dire. Mais elle se contenta d’un sourire sincèrement amusé par la comparaison, accordant à Pride cette douce illusion dans laquelle il semblait vouloir se bercer sans rien ni personne pour le faire changer d’avis : il ne faisait rien de mal, il ne faisait que s’amuser, ce n’était pas si grave, après tout. Aubree était bien placée pour savoir que s’amuser aux dépens des autres sans penser aux conséquences à plus ou moins terme revenait à jongler avec le feu sans jamais avoir appris à rattraper quoi que ce soit : à moins d’un miracle, on finissait toujours par se brûler. Peut-être Pride avait-il était chanceux, ou tout simplement plus qu’intelligent, rusé et fourbe, prêt à s’enfoncer dans son infamie pour échapper aux représailles de chacun des coups bas qu’il avait assénés sans scrupules, ce qui expliquerait son état encore indemne. Mais quelque chose disait à Aubree qu’un jour, le jeune homme se brûlerait les ailes et subirait un atterrissage douloureux, sans personne pour le rattraper, exactement de la même façon qu’elle avait failli mourir quelques semaines plus tôt. Ironie du sort, la seule personne qui avait été là pour la sauver était précisément Pride, autrement dit le seul individu de cette ville qui appréciait toutes les propriétés d’Aubree que les autres considéraient comme les plus vilains des défauts. Maintenant que la jeune femme s’était débarrassée de ses pires vices, elle ne voyait que mieux ceux de Pride. Nullement du genre à juger et à tourner le dos au jeune homme sous prétexte que son âme n’était pas des plus pures, étant donné qu’elle avait conscience avoir touché le fond en cette matière, Aubree n’émettait pas le moindre jugement. Il n’empêchait qu’elle désapprouvait désormais les activités qu’il menait en toute impunité et auxquelles elle était toujours conviée.

« Bien, j'accepte. Je ne vais pas te forcer, ce serait comparer la Cadillac que j'avais auparavant à une simple Ford. » Berrington comptait-il vraiment se livrer à de telles bassesses ? Loin de se sentir offensée, Aubree prit enfin son courage à deux mains, abandonnant peu à peu l’air effarouché qu’elle ne quittait plus ces derniers temps. Elle sourit une nouvelle fois, sans quitter Pride du regard, consciente qu’il attendait qu’elle réagisse à la provocation. « Je suis terriblement vexée, en dépit de mon amour pour les Ford. » L’ironie qu’elle maîtrisait toujours avec habilité avait perdu son côté acerbe, mordant et désagréable d’autrefois. Elle était désormais teintée d’humour et de légèreté, témoin du véritable changement qu’avait subi Aubree au cours de sa cure. « Mais tu prendras bien en compte que n'ayant pas eu de contrat de travail présentable aux yeux de la loi, tu ne toucheras aucune prime dans ta démission. Tu es libre de regagner la vie de Monsieur et Madame tout-le-monde, Aubree. Visiblement certains se complaisent vraiment dans leur routine. Tant mieux pour eux. » Nouvelle pique de Berrington, qui semblait déjà avoir assimilé la démission d’Aubree à un abandon et une perte de contact totale. Le sourire d’Aubree s’élargit, comme si elle se délectait des piques désagréables de son ancien patron. Elle ne broncha pas, comme si ses paroles ne l’atteignaient pas, alors que quelque part au fond d’elle, bien qu’elle sût que ces paroles n’étaient que partiellement dues à la perfidie innée de Pride, mais essentiellement au mécontentement qu’elle suscitait en abandonnant ce job qu’il lui avait offert en sachant qu’elle était incontestablement la meilleure dans ce domaine… du moins, jusqu’à preuve du contraire. Et Pride continuait sur cette lancée, celle du ‘‘tu n’es qu’une garce parmi des milliers d’autres, tu ne comptes pas autant que tu peux le croire, tu n’as rien de particulier’’. Aubree le croyait volontiers, et n’y accordait en outre pas vraiment d’importance. Elle ne voyait plus l’intérêt d’être la pire des garces, celle qui surpassait tous les autres en matière de coups bas et de remarques acides. Elle avait passé de longs mois à se surpasser de jour en jour dans ce domaine, et était parvenue à saturation. Cela ne lui manquait absolument pas, et elle laissait volontiers le flambeau à une autre demoiselle prête à gâcher sa propre vie et celles des autres. Sur ce point, au moins, Pride semblait partager son avis, comme il ne se manqua pas de le lui faire remarquer : « Ne t'en fais pas pour moi, je trouverais quelqu'un de meilleur que toi encore. Je ne doute pas y parvenir rapidement. » Aubree haussa les épaules et répondit d’une voix égale mais aimable : « Eh bien, bonne chance. J’espère que vous n’aurez pas trop de mal à supporter celle-là. » Elle sourit brièvement et s’empara d’une de ses longues mèches châtain qu’elle entortilla autour d’un doigt, signe qu’elle n’en avait pas fini avec les requêtes et que celle à venir était bien plus gênante à faire que la précédente – aussi surprenant cela puisse-t-il paraître. Son hésitation et son air songeur se lisaient avec facilité sur son visage désormais semblable à un livre ouvert. A plusieurs reprises, Aubree ouvrit puis referma la bouche sans prononcer un mot, et finit par se jeter à l’eau. « Ce que vous avez dit quant à ma vie de Madame tout-le-monde… C’est pas ce que je veux. Je ne veux peut-être plus être impliquée dans des plans douteux, mais je ne compte pas tourner le dos à ce que j’avais et qui en valait la peine. » Craignant de parler trop et d’ennuyer Pride, Aubree décida de ne pas s’éterniser en déclarations larmoyantes et poursuivit rapidement, comme si le nombre de mots prononcés paraitrait moins important si le débit était plus rapide : « On pourrait croire le contraire mais je vous dois ma santé mentale autant que la vie. Je vous suis vraiment reconnaissante, pour tout ce que vous avez fait – j’aurais peut-être pu trouver un passe-temps plus sain que votre ‘gestion d’affaire’, comme vous l’appelez, mais en tout cas, ça m’a permis de ne pas devenir complètement cinglée. » Elle s’interrompit brièvement et conclut à voix basse : « Je ne veux pas vous perdre. J’ai déjà tout perdu et je ne pourrais pas endurer un adieu de plus. » En aucun cas, elle sous-entendait qu’elle tenait à leur fragile relation parce qu’il s’agissait d’une des seules et qu’il était son seul moyen d’échapper à la solitude. Il n’y avait rien d’intéressé, rien d’autre qu’une entière sincérité dans sa voix. Aubree tenait à Pride parce qu’elle réalisait que malgré toutes les remarques désagréables et les airs las qu’il arborait en sa présence, il lui avait apporté quelque chose d’essentiel qui lui avait permis de ne pas sombrer à tout jamais. Aubree lui était reconnaissante et ce n’était pas le manque de choix ou l’obligation qui la poussait à lui demander de rester en contact – tout simplement l’envie de le savoir présent, quelque part, quelque peu à sa disposition malgré son agenda surchargé et son envie pas toujours présente de la voir, même si elle ne faisait plus partie du duo diabolique qu’ils avaient autrefois constitué.

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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Lun 24 Jan 2011 - 21:53

Ses paroles acerbes et son impassibilité froide ne laissaient passer qu'un cynisme amer et destructeur : pourtant c'était bel et bien derrière eux que se dissimulait la déception du jeune homme. La perte d'une personne n'était jamais aisé, plus encore lorsqu'il s'agissait d'un partenaire qui décidait de suivre sa propre voie, sans vous à ses côtés. Tel était le ressenti de Pride : ancien cocaïnomane, certes pas du même gabarit aussi dangereux que la frêle Aubree mais suffisamment loyal à l'époque à la poudre blanche pour en connaître les fâcheuses conséquences, il n'ignorait pas la difficulté qu'elle avait eu à s'en sortir. Il n'ignorait pas sa force de volonté, sa détermination, toutes les réflexions qu'elle avait du mener pour se rendre aujourd'hui jusque lui. Perdu entre cette envie de lui en vouloir terriblement, et celle plus humaine de la prendre sous son aile ; pauvre mésange qu'il avait bien failli voir mourir dans ses bras, ce fut sa facette plus sombre qui vint prendre le dessus. Il était tellement plus facile de faire preuve d'ignominie en rejetant les personnes, que leur ouvrir les bras et en souffrir d'avantage par la suite : Pride Berrington ne cessait d'économiser ses forces en fermant son coeur à tous. Moins de déception, moins de meurtrissures à son palpitant, moins de remords également, lorsque l'on parvenait à devenir un parfait égocentrique. Une façon de se protéger comme une autre, que de se montrer terriblement venimeux et carnassier sans jamais daigner montrer une facette plus lumineuse : tout le monde s'apitoie devant un loup blessé, alors que le monstre de la forêt est la personnification parfaite de nos peurs les plus enfouies. Être craint plutôt qu'aimé, sans doute était-ce l'étrange finalité de Pride, et la preuve en était que plutôt d'avouer à Aubree qu'il lui en coûtait de la voir partir, il faisait preuve d'une répartie désagréable et glaçante. Dans le fond, lui en voulait-il aussi... Egoïste attitude, face à cette jeune fille qui pourtant avait tenté de mettre fin à ses jours : peu importait, car Berrington n'avait pas la sensibilité assez exacerbée pour prendre ainsi assez de recul. Elle le laissait tomber, là était le seul message qu'il avait compris ; et en cela il s'évertuerait à trouver bien meilleur qu'elle, par fierté. Insolent et d'une humeur massacrante, Pride vint attraper d'une main déterminée son cellulaire trônant sur la table, afin de le ranger dans la poche intérieure de sa veste griffée : message plus ou moins subliminal pour lui faire comprendre qu'il partait. Jusqu'à ce que la demoiselle ne prononce quelques paroles surprenantes. « Ce que vous avez dit quant à ma vie de Madame tout-le-monde… C’est pas ce que je veux. Je ne veux peut-être plus être impliquée dans des plans douteux, mais je ne compte pas tourner le dos à ce que j’avais et qui en valait la peine. » Enfin, il daigna lever ses yeux fauves sur la demoiselle qui lui paraissait tellement plus posée, tellement plus... vivante. Elle ne respirait certes pas encore la joie de vivre, mais elle parvenait à respirer autre chose que de la poudre blanche coupée.

Taciturne, le jeune homme la dévisagea de son regard pénétrant, attendant la suite d'un étrange trouble : sa mine toujours voilée de cette prestance sombre, ses traits sérieux paraissaient beaucoup moins rigides. Pride n'attendait ni la faille, ni la chute ; il ignorait simplement la finalité des paroles d'Aubree : était-elle vraiment en train de le qualifier autrement que comme un salaud fini, malgré les mots acerbes qu'il lui avait balancés au visage ? « On pourrait croire le contraire mais je vous dois ma santé mentale autant que la vie. » Ses yeux noisette vinrent fuir aussitôt le visage opalin de la jeune femme, comme gêné par de tels aveux il vint observer brièvement les autres cliens du restaurant, s'assurant qu'ils n'avaient rien entendu. Car cet homme assis face à elle, ne s'illustrait que par des faits et gestes douteux voire craints, réputé pour son aura sombre et sa personnalité peu loyale et carnassière, il n'était pas fait pour accomplir des choses humaines. Et cette certitude qu'il se faisait n'était guère pour s'apitoyer, mais parce qu'il ne désirait simplement pas être vu comme une personne salvatrice : avouons qu'il est plus facile de lâcher la main de son prochain, que de la lui tendre ; le poids à porter n'en est que moins lourd. Cette gêne étrange, comme si parler de ses bonnes actions n'était que tabou, vint se lire sur son visage ténébreux, même lorsqu'il reposa ses rétines fauves sur la demoiselle. « Je vous suis vraiment reconnaissante, pour tout ce que vous avez fait – j’aurais peut-être pu trouver un passe-temps plus sain que votre ‘gestion d’affaire’, comme vous l’appelez, mais en tout cas, ça m’a permis de ne pas devenir complètement cinglée. » Regard pénétrant et plus sûr de la part de Pride envers Aubree, alors qu'il recroisa les mains d'une lueur résignée, ni cynisme, ni agacement, ni amusement quelconque à l'encontre de son interlocutrice. Rien, si ce n'était un mélange d'affection, de déception et d'un peu trop de froideur qui lui était propre. L'homme incapable d'ouvrir son coeur, face à l'ancienne cocaïnomane qui goûtait enfin à la vie. « Je ne veux pas vous perdre. J’ai déjà tout perdu et je ne pourrais pas endurer un adieu de plus. » Que répondre à de tels aveux poignants ? Etait-ce une nouvelle fois le moment de blesser l'autre pour moins se blesser lui-même ? Il lui suffisait simplement d'être venimeux à souhait pour la voir partir, en pleurs, indifférente ou en colère. Ils couperaient les ponts, elle l'oublierait, regretterait de s'être livrée, et aucune affection propice n'aurait eu d'avantage l'occasion de mûrir entre eux. La négation des sentiments était si facile, n'est-ce pas Mr Berrington. « Il faut que tu saches Aubree, que lorsqu'on n'est pas avec moi, on est contre moi. » Légère pause quelque peu douloureuse mais faisant suite à des paroles acides et sincères, le jeune homme avait choisi les adieux pour moins souffrir d'un départ qui surgirait tôt ou tard. Tant pis pour eux, peut-être pourrait-il veiller sur elle de loin. S'il y pensait. « A partir d'aujourd'hui, tu n'es plus avec moi. C'est injuste mais c'est ainsi : je ne suis pas manichéen, je simplifie la vie. Dégage de là et va profiter de la vie loin des enfers, avant que je ne change d'avis. » Léger sourire, loin d'être cynique mais étrangement amical quoiqu'insaisissable, malgré ces prunelles ténébreuses et cette voix suave : s'il pouvait l'éloigner d'une vie soit disant malsaine qu'il lui avait offert auparavant, autant s'y atteler brutalement. La tendresse ne faisait que peu partie du vocabulaire de son palpitant, quoiqu'il en soit.
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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Dim 6 Fév 2011 - 17:36





Pour la première fois depuis bien longtemps, l’espoir s’empara du cœur blessé et par trop de fois déçu d’Aubree. Alors qu’elle toisait le regard familier de Pride, impassible mais, cette fois-ci, clairement concerné par ses propos, elle s’imagina tout ce que pourrait être leur relation s’il acceptait de ne pas voir leurs chemins se séparer. Elle les voyait, tous les deux, installés de la même façon qu’ils l’avaient été pendant qu’ils préparaient leurs plans malfaisants pour détruire la vie de Samaël Monaghan, mais parlant, cette fois-ci, de façon détendue, sincère et spontanée. Elle imaginait le regard de Pride dépourvu de cette lueur calculatrice et malveillante. Elle s’imaginait, elle, souriant avec chaleur et riant de bon cœur, de quelque chose qui ne serait pas le malheur d’autrui. Elle les imaginait, tous deux, amis. Liés par une amitié sans nul doute bien différente de celles que l’on avait l’habitude de voir entre deux personnes, étant donné que les deux jeunes adultes étaient dotés d’un tempérament assez peu commun. Mais, en dehors des quelques bizarreries que comporterait leur relation, celle-ci serait sincère, authentique et, pour la première fois, bienfaisante. Pride veillerait sur elle, mais pas dans l’unique but de s’assurer qu’elle ne fasse rien qui nuirait à son business. Et elle lui rendrait service, le soutiendrait et l’aiderait, sans jamais penser à ce qu’elle en tirerait. Pride Berrington serait-il capable d’abandonner, pendant quelques instants, ses grands airs et sa froideur innée pour imaginer une telle chose ?

La réponse est non. « Il faut que tu saches Aubree, que lorsqu'on n'est pas avec moi, on est contre moi. A partir d'aujourd'hui, tu n'es plus avec moi. C'est injuste mais c'est ainsi : je ne suis pas manichéen, je simplifie la vie. Dégage de là et va profiter de la vie loin des enfers, avant que je ne change d'avis. » La réponse de Pride ne surprit qu’à moitié la demoiselle, mais cela n’empêcha en rien une vive douleur de se propager dans son cœur, puis dans l’ensemble de son corps. Le refus, pourtant prévisible, de Pride, fit éclater instantanément la bulle de bonheur qu’elle venait d’imaginer, avec un espoir puéril tant il était peu probable qu’il se réalisât un jour. Le cœur fraichement rafistolé d’Aubree sembla se briser en mille morceaux, dans un fracas assourdissant qu’elle seule pouvait entendre. Aubree n’aurait su dire si le plus douloureux étaient les paroles de Pride ou la sincérité avec laquelle il les avait prononcées. Quant au sourire qu’il esquissa en guise de conclusion à sa tirade, il ne fit qu’enfoncer davantage le poignard que Pride venait de planter dans le cœur d’Aubree. Celle-ci resta cependant de marbre, tentant de ne trahir aucune émotion, aucune tristesse, aucune déception. Pas avec la même froideur qu’autrefois, lorsque sentiment rimait avec faiblesse et danger. Aubree ne voulait tout simplement pas que Pride perçoive la tristesse et la déception qu’il venait de créer en elle, de crainte qu’il ne se moque d’elle tant les faux espoirs qu’elle s’était faits étaient risibles. L’espace de quelques instants, Aubree ne pipa mot, se contentant de rassembler le peu de dignité qu’il lui restait pour soutenir le regard de Pride, qui lui inspirait désormais une vive amertume.

Pourtant, et bien qu’elle ait fréquenté Pride suffisamment longtemps pour savoir ce qu’il en était de son tempérament et pour deviner que les paroles qu’il venait de proférer étaient sans doute les plus sincères qu’elle ait jamais entendues de sa bouche, Aubree refusait de laisser tomber et de tourner le dos à sa relation avec lui. Elle ne supporterait pas de le perdre – cela équivaudrait à un énième échec, un énième déchirement, une énième déception. Si Aubree savait que Pride ne mentait pas en disant qu’il valait mieux qu’elle lui fasse ses adieux tout de suite, elle savait aussi que, quelque part, il pourrait apprécier tout autant qu’elle d’entretenir une relation plus saine et plus sincère avec la demoiselle. Sans doute qu’au fond, il n’attendait que ça – avoir un ami, quelqu’un sur qui compter sans qu’il n’y ait d’intérêts ou de sentiments dans la partie. Peut-être se trompait-elle lourdement, mais elle avait le sentiment qu’elle n’avait rien à y perdre, et tout à y gagner. Au pire, elle se brûlerait une fois de plus et aurait à endurer une peine de cœur de plus. Au mieux, elle gagnait un ami qui, elle en avait l’intime conviction, valait de l’or. Aubree ne se faisait pas d’illusions quant à la personnalité de Pride, elle savait très bien qu’il continuerait sans doute à lui faire du mal, étant donné qu’il restait quelqu’un d’égoïste et d’égocentrique, de calculateur et de perfide. Mais elle était persuadée qu’il valait mieux que ce que pensaient la plupart des gens. Après tout, elle aussi avait longtemps prétendu être la plus infâme des garces pour cacher un cœur craintif de souffrir davantage après tout ce qu’il avait déjà enduré. Elle n’assimilait pas le cas de Pride au sien, mais elle se refusait à croire que cela n’en valait pas la peine. Elle voulait essayer. Elle ferait tout pour garder Pride à ses côtés, même si ce n’était pas de la manière à laquelle on aurait pensé en voyant les deux réunis.

Aubree pinça les lèvres, rassemblant pour ce qui semblait être la millième fois le peu de courage qu’elle avait encore en elle, et n’eut besoin que de quelques instants pour formuler une réponse à ce que Pride avait espéré être des adieux définitifs. La voix d’Aubree était douce mais déterminée, animée d’une volonté qu’on ne lui avait longtemps plus connue. Aubree Dehzkel était redevenue battante, comme avant. Elle ne laisserait pas filer Pride, que celui-ci le veuille ou non. « Non. » Une seule syllabe, douce mais retentissante, annonciatrice de la détermination qui allait l’habiter au cours des instants à suivre. « Si tu tombes, je tombe avec toi. Bien sûr, le contraire est tout autant valable », récita-t-elle avec calme, restituant avec exactitude les mots qu’avait prononcés Pride lors de leur premier entretien des plus houleux. « Je suis tombée. Vous m’avez relevée. » Un sourire à peine perceptible, empreint d’une immense sérénité, étira les lèvres d’Aubree. « Pourtant, il vous aurait été tellement plus simple de me tourner le dos, pas vrai ? Tellement plus simple… » murmura-t-elle, soudain pensive. Mais ses yeux restaient focalisés sur Pride, qu’elle devinait intrigué et quelque peu perdu dans son raisonnement. « Je serai là le jour où vous tomberez et que vous n’aurez personne d’autre pour vous tendre la main. Car ce jour arrivera, vous le savez comme moi. Et vous ne pouvez pas être sûr d’être capable de vous relever tout seul. » Inconsciemment, Aubree avait joué la carte de l’intérêt, comme si elle espérait que cela appâterait Pride. Mais là, il s’agissait de quelque chose de beaucoup plus profond et de beaucoup plus pur que cela. Toujours douce mais pleine de détermination, Aubree tendit la main vers Pride pour attraper la sienne, pour s’en emparer sans manifester la moindre hésitation. Pourtant, l’appréhension faisait battre son cœur plus fort que jamais.

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Message(#) Sujet: Re: too much to ask (pv) Dim 20 Fév 2011 - 14:43

« Non. » Le jeune homme arqua un sourcil d'un flegme assuré, sous la réponse directe de la demoiselle. Surpris mais sans demeurer perplexe, il se demandait pourquoi son ancienne employée s'obstinait à rester alors qu'il lui ouvrait enfin la porte de sa cage étroite. Dieu que la nature humaine était étrange ; le jeune homme accédait à sa requête de la laisser partir, mais voilà qu'elle souhaitait poser ses conditions quant à son départ. Partir sans vraiment le quitter, voilà qui semblait motiver la frêle demoiselle, mais c'était sans compter la personnalité extrême de Pride. Tout ou rien, semblait rythmer la façon de penser du businessman dont la personnalité froide le menait à s'attacher aux personnes à sa manière. Avec distance, avec irrégularité, avec cruauté même... Ainsi le jeune homme se redressa dans un soupir, sceptique face à la négation d'une Aubree pourtant sereine. « Si tu tombes, je tombe avec toi. Bien sûr, le contraire est tout autant valable » Et, où voulait-elle en venir ? Toisant la demoiselle d'une oeillade froidement interrogative, Pride fronça les sourcils, en attente de la suite de son discours. « Je suis tombée. Vous m’avez relevée. Pourtant, il vous aurait été tellement plus simple de me tourner le dos, pas vrai ? Tellement plus simple… » Déviant son regard brun sur un point invisible, Pride esquissa une moue quelque peu blasée. Bien sûr qu'il aurait été plus aisé de ne pas lui porter secours, néanmoins la facilité n'était pas toujours synonyme d'excellence. Plus encore, le jeune homme n'ignorait pas les affres de la drogue ni les tourbillons néfastes dans lesquels l'addiction à ces substances illicites qui emportaient les pauvres âmes toxicomanes. Pour autant, il ne se considérait ni comme un sauveur, ni même un bienfaiteur : il avait simplement été là au bon endroit, au bon moment. Et il n'était pas question d'un pseudo élan de modestie, mais de lucidité quant à sa véritable personnalité. Reposant ses yeux fauves sur la demoiselle qui s'élançait dans un discours visant à le retenir, Pride écouta attentivement ce qu'elle avait sur le coeur. Son attitude impudente ne reflétait en rien ni son indifférence, ni son mépris, seulement le jeune homme ne comprenait pas l'élan de bonté qui habitait alors Aubree. La vie était une jungle, pourquoi faire confiance à la première personne rencontrée dans un moment de désespoir ? « Je serai là le jour où vous tomberez et que vous n’aurez personne d’autre pour vous tendre la main. Car ce jour arrivera, vous le savez comme moi. Et vous ne pouvez pas être sûr d’être capable de vous relever tout seul. » « Tu insinues que tu es la seule à te soucier de moi ? » souffla l'arrogant dans un bref sourire, avant de dévier son regard sur la main tendue de la demoiselle. Son geste touchant vint effacer le rictus narquois du jeune homme qui tenait pourtant à la frêle créature. Incapable pourtant de rejoindre son point de vue, il redressa alors la tête avec sérieux, sa voix suave se faisant souffle imperturbable mais dépourvue de toute froideur. « Je ne suis pas quelqu'un de bien, Aubree. J'ai été là pour toi, peut-être le serais-je encore si le hasard le veut bien. Mais pas éternellement. » Il ne s'agissait nullement d'une mise en garde, mais bien de la réalité des choses : Pride Berrington était un égocentrique notoire. Qu'il soit amoureux, attaché, qu'il soit un ami proche ou lointain, il arrivait fatalement un jour où son égocentrisme l'aveuglait. Le mal, pour lui, était une question de point de vue. « La nature humaine est dégueulasse, et je ne suis pas comme les autres. Je suis pire. » Attrapant la main frêle de la demoiselle afin de lui déposer un baise-main galant, Pride approuva d'un signe de tête, avant de se lever. « Merci de ta considération. » souffla-t-il dans un bref rictus arrogant, ses yeux fauves pétillant d'une malice vindicative. « Et prends soin de toi. » furent les derniers mots à peine audible, avant que le jeune homme ne tourne les talons et ne quitte le luxe du restaurant non sans avoir déposé un gros billet sur la table débarrassée.

- RP CLOS -
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