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 Before you go

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Message(#) Sujet: Before you go Jeu 2 Déc 2010 - 19:03

Nuit du 31 Octobre au 1er Novembre, route de Chicago.
Le chemin en voiture vers Chicago n'avait pas été éprouvant ; pour le propriétaire de l'Aston à la robe noire, il avait été au contraire libérateur. Conduisant ainsi toute la nuit sur près de cinq cent kilomètres, il lui semblait respirer d'avantage lorsqu'il s'éloignait de la Floride. Et lorsqu'enfin, le bolide rapide passa les frontières de l'Illinois, les poumons de Pride se libérèrent de cette oppression terrible qui, lui semblait-il, l'empêchait de respirer depuis plusieurs semaines. Enfin, il quittait Miami, enfin il allait pouvoir s'abreuver à la source, s'oxygéner, revivre, ne plus douter, ne plus succomber à l'enfer des questions obsédantes qui se bousculaient dans son esprit. Là-bas à Chicago, il pourrait reprendre sa vie sans qu'on ne lui mentionne des noms sur lesquels il ne pouvait guère plus poser de visages ; dans sa région natale subsistaient des bribes de souvenirs encore présents dans son esprit. Son enfance et son adolescence ; assez pour qu'on vienne plus l'assaillir de doutes puisque l'enfant prodigue enraciné dans les banlieues, avait quitté Chicago pour Harvard à l'aube de ses dix-huit ans. L'âge phare à partir duquel ses souvenirs s'arrêtaient. L'Illinois demeurait donc symboliquement cette mémoire qu'il lui restait, celle à laquelle il pouvait se raccrocher, sans dépendre d'autres personnes. La chaleur sèche de Miami vint s'évanouir au profit d'un froid humide qui venait envelopper d'un manteau de brume la magnifique métropole, terre de ses souvenirs passés, landes de ses futures espérances. Sans eux, ces autres, ces habitants de Ocean Grove, ceux qui avaient fait partie de sa vie durant plus de deux ans et qui déjà n'étaient plus rien pour lui. C'était aussi pour cela que le jeune homme avait décidé de couper les ponts, de ne plus les revoir, de changer de numéro de téléphone. En vérité, Pride Berrington n'avait pas quitté Miami. Il l'avait fuie.

1er Décembre, Chicago.

D'une nuit blanche passée derrière le volant de son bolide tant aimé, Pride passa une grande partie de la matinée à réinvestir son ancienne chambre d'adolescent. Ses parents adoptifs, fiers de revoir leur fils mais anxieux de le savoir touché d'une amnésie qu'il niait, l'avaient bien sûr accueilli à bras ouverts, l'enlaçant avec amour, le questionnant avec tendresse, tentant de le goinfrer avec insistance pour combler son ventre vide, et enfin l'avaient laissé dormir dans sa chambre durant toute une matinée. Mais comme ils avaient pu s'y attendre, leur enfant n'était plus là lorsque la mère attendrie avait poussé les portes de sa pièce attitrée pour l'inviter à se lever et déjeuner avec eux : Pride, poussé par une envie de se ressourcer, noyé dans le cauchemar d'une amnésie effritant son passé à présent brumeux, avait ressenti la nécessité presque vitale de se rendre dans les ghettos chaotiques de Chicago. El Little Mejico, ce quartier poussiéreux et morbide, ne l'avait lui pas accueilli les bras ouverts : les putes et les dealers y trainaient toujours, et parmi eux Pride put reconnaître d'anciens amis loubards lourdement tatoués. Joshua lui accorda une étreinte amicale et puissante, Joe se vanta de son dernier passage en prison, la belle Jessica lui proposa une passe rapide, à défaut d'un joint douteux qu'elle roulait nerveusement entre ses doigts squelettiques. Etrangement, un sourire était venu naître sur les lèvres de l'arrogant escroc : il avait déjà oublié Ocean Grove.

Ce ne fut qu'en cours de soirée qu'il regagna les quartiers chics de Chicago, et rentra dans la riche demeure de ses parents qui pourtant se voulaient modestes. Ces derniers, d'humeur festive face au retour de leur aîné, préparaient le repas du soir dans un débat animé dont le thème tournait autour de la médiocrité de Madame Berrington derrière les fourneaux. « Pride, dis quelque chose ! » fit alors sa mère adoptive, qui dans un sourire désespéré se tourna vers son fils, les mains dans les poches et le maintien puissant. « C'est vrai que tu es injuste, le canard qu'elle avait fait pour l'anniversaire de Casey était délicieux. » souffla alors le jeune homme non sans arquer les sourcils, dans un regard complice pour son père, malgré le manque de conviction dans sa voix. « C'était du poulet ! » Et Monsieur Berrington de se joindre à son fils pour rire avec tendresse de son épouse dont les talents de cuisinière laissaient à désirer. Un point commun qu'elle possédait d'ailleurs avec son aîné... Ce dernier quitta alors la cuisine, s'arrêtant d'instinct dans l'immense salon dont la télé aux larges dimensions affichaient les dernières news : fronçant les sourcils lorsqu'il lut le mot 'Floride' dans la barre défilante, Pride attrapa la télécommande afin de rétablir le son, suivant d'un regard soudain anxieux et inquiet les deux présentateurs à la mine grave. « Nous rappelons le flash news de la journée : Miami sans dessus-dessous depuis le passage d'un ouragan aujourd'hui, qui a dévasté tout un quartier résidentiel. Plus de blessés que de morts, néanmoins les autorités... » « Pride ? » Le coeur du jeune homme ne fit qu'un bond lorsque la chaîne afficha les vidéos catastrophes du passage de l'ouragan; le teint blême, la gorge serrée, le palpitant soudain asphyxié d'un mal qui vint lui crisper l'estomac. C'était à peine s'il sentait la présence de son père juste derrière lui dont la voix inquiète ne l'avait pas même sorti de ce cauchemar. « Mon dieu, ma petite fille ! » souffla alors sa mère dans un sanglot étouffé par sa main tremblante. Sous leurs yeux, l'horrible spectacle des vestiges d'Ocean Grove, des habitants désespérés, des hôpitaux débordés, des pleurs, des crises d'angoisse, des enfants perdus, des maisons dévastées, des familles désespérées... Et lorsque le flash info passa à autre chose, ne se reflétant plus dans ses pupilles ambrées et anxieuses, Pride sans un mot tourna les talons, s'avançant à pas décidés vers la sortie. « Pride, où tu vas ? » scanda alors son père avec fougue et assurance paternelle, laissant le soin à son fils ténébreux et dévasté, de se retourner alors. « Tu ne peux pas rentrer » ajouta l'avocat d'un ton compatissant, lisant de suite dans les pensées de son aîné impulsif. « Tu sais qu'il n'y a plus ni routes ni moyens de transport. Les autorités sont débordées... » « Et j'ai abandonné là-bas ce que j'avais de plus précieux. » rétorqua Pride d'une voix rauque et révoltée, porté par la puissance d'un espoir ravagé mais irraisonné. « Et ces gens aussi ! Laisse-toi quelques jours, tu ne peux rien faire pour le moment, tu ne passeras pas même les alentours de Miami. Si tu veux te rendre utile, prends soin de ta mère. Je vais m'assurer que Casey n'a rien. »


9 Décembre, Chicago.

« Hugh Deferman. » « Le candidat du parti vert ? Tu parles d'une foutue ironie. » « Lui-même. C'est le neveu d'un de mes clients que j'avais réussi à sortir d'une affaire douteuse de transferts de dossiers confidentiels. Il part pour Miami demain depuis Atlanta, en hélicoptère privé. Il accepte d'embarquer une personne. » « J'y vais. » « J'ai promis à ta mère de... » « J'y vais. » répéta le jeune homme d'une voix résignée et d'un regard sombre, se levant alors du fauteuil blanc non sans une lueur coupable dans l'alcôve de ses rétines ambrées.


10 Décembre, Miami.

Casey allait bien, logée dans les locaux aménagés, elle avait su faire partie des pseudos miraculés. Elle aussi recevrait la visite de son aîné inquiet, qui néanmoins viendrait d'abord se soulager d'un poids sur la conscience en espérant retrouver des visages connus à l'hôpital. Car Meaghan, Liam, Ella, Clyde.... Muse. Et Muse. Et s'il lui était arrivé quelque chose, et si elle était inscrite sur cette liste morbide qu'une infirmière indélicate sortirait devant lui, et s'il était véritablement parti sans lui dire au revoir ? Et si, et si.... Son coeur se serra d'un mal inconnu, alors que la culpabilité voilait son visage blême. Assis dans l'hélicoptère, un casque sur les oreilles, alimenté d'un micro, il n'écoutait pas même les discours du politique assis à ses côtés. Conscient de son inquiétude, Deferman vint respecter le silence souffreteux de Pride, dont le regard se figeait sur le paysage vu du ciel. Et un paysage chaotique s'offrit à lui ; celui d'Ocean Grove ravagé, meurtri, n'existant plus que par les ruines. Cette sensation d'avoir tout perdu, alors qu'en partant de Miami il lui semblait avoir tout gagné, lui rongeait le coeur et les poumons, d'un mal qui vint lui ronger la gorge. S'imaginer Meaghan sous une poutre effondrée, Ella respirant la poussière, Liam cherchant sa fille, Muse prisonnière de ruines branlantes. Avec ou sans son amant, peu lui importait ; enfin le jeune homme prenait conscience de ce qu'il perdait, de ce qui, dans un claquement de doigts précipité par les caprices d'une nature foudroyante, s'était échappé de ses mains.

Enfin l'hélicoptère se posa, et Pride s'empressa de rapidement quitter l'homme politique afin de s'immiscer dans les locaux de l'hôpital d'un pas rapide et vif. Se présentant à une infirmière débordée, le jeune homme sut se faire convaincant par la force de ses mots cinglants et le poids de son regard pénétrant, car la quarantenaire le laissa passer, lui conseillant de rejoindre la pièce centrale où étaient soignés les blessés. La foule autour de lui s'agitait, l'hôpital Baptist ressemblait à une véritable fourmilière en mouvement ; les blessés étaient entreposés là où l'on trouvait de la place, dans le hall, les couloirs, à plusieurs dans une chambre, et enfin dans la cafétéria réaménagée sommairement pour l'occasion. D'un pas vif, Pride traversa la pièce le souffle court, son regard ambré balayant les environs, lorsqu'enfin il la reconnut : s'avançant avec hâte vers le lit de Muse, le jeune homme lui attrapa délicatement la main dans un souffle retrouvé, la portant alors à ses lèvres soulagées. « J'ai cru qu'on t'enlèverait à moi toi aussi. » fit-il dans un murmure à peine audible, serrant un peu plus la main frêle de la jeune femme dans la sienne avant de rouvrir ses yeux coupables qu'il reporta sur elle. « Dis-moi que tout va bien. » Qu'elle n'ait rien de cassé, que ses blessures ne soient que minimes, qu'elle ressortirait dans quelques jours, quelques heures de ce lieu d'agonie... N'importe quoi qui ressemble à un mot de soulagement et il pourrait respirer de nouveau. La peur de perdre un être cher, n'est palpable que lorsqu'on le sent si enclin à s'éloigner de vous...


Dernière édition par Pride S. Berrington le Dim 6 Fév 2011 - 19:36, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Before you go Jeu 2 Déc 2010 - 22:53




Comment pouvait-on passer du paradis à l’enfer ? Muse Hannigan est sans doute l’une des personnes les mieux placées pour vous répondre. Parfois, cela arrive d’un coup. L’un de vos proches meurt, et c’est la fin, la descente six pieds sous terre. Parfois, cela se déroule par étape, petit à petit, le paradis que vous avez réussi à vous construire se transforme en enfer que vous ne savez, que vous ne pouvez gérer. C’était ce qu’il s’était passé pour la jeune femme. Il y a quelques semaines maintenant, Muse avait tout pour être heureuse. Sa carrière de mannequin était en pleine ascension, les grands couturiers la réclamait, même Cassandre semblait satisfaite du travail qu’elle fournissait. On pouvait donc dire que la vie professionnelle de Muse ne s’était jamais aussi bien portée. Côté sentimental, la jeune femme n’avait rien à envier à personne. Après de nombreux stratagèmes, certes fourbes, mais qui en valaient le coup, la jeune mannequin roucoulait enfin dans les bras du ténébreux Pride Berrington. Elle avait réussi à le séduire, mieux, elle avait réussi à le garder, et Dieu sait à quel point ce garçon peut être dur à dompter. Tout se passait donc bien. Mais peu à peu, Muse sentait que son petit bonheur allait être de court terme. Pride s’éloignait, ne donnait plus beaucoup de nouvelles, jusqu’au jour où il s’était enfermé dans un mutisme agaçant et frustrant. La demoiselle ne connaissait pas la raison de ce silence. Par fierté -Ô fierté & orgueil mal placés- elle avait fait comme si elle s’en fichait. Après tout, elle avait toujours été cette demoiselle indépendante, qui réussissait sa vie sans l’aide de personne. Elle n’avait que très peu d’amis, pour ne pas dire aucun. D’ailleurs, à bien y réfléchir, elle n’avait pas d’ami hormis sa cousine Billy. Mais cela ne lui avait jamais posé de problème, alors pourquoi cela aurait-il été différent avec l’éloignement de Pride ? Et bien parce qu’en toute sincérité, et même si elle refusait de l’admettre, Muse Hannigan était profondément et follement amoureuse du garçon. C’était dur à avaler, à encaisser pour elle, mais c’était le cas. Elle ne savait simplement pas comment agir pour ne pas le perdre, pour ne pas le faire fuir. Alors elle avait fait la fière, ne l’avait pas rappelé, n’avait pas été le voir. Elle avait été plus loin en allant à la soirée d’Halloween avec Fabien, un garçon dont le charme et le physique ne laissaient pas du tout indifférente la jolie mannequin. Elle s’était affichée à son bras, avait rit, et elle l’avait vu, lui, Pride Berrington, au bras d’une sublime blonde, l’ignorer royalement. Il ne lui avait pas parlé, ne l’avait pas regardé. Et ça rongeait la jeune femme, elle sentait cette boule grossir dans sa gorge, elle ne comprenait pas ce qu’il se passait dans l’esprit tourmenté du bellâtre. C’est là que tout avait vraiment dérapé. C’est à ce moment là, que le paradis de Muse s’était effondré pour laisser place à l’enfer.

Ce fameux soir d’Halloween, rien ne s’était passé comme prévu. La demoiselle avait été accompagnée par un sublime jeune homme, mais il n’était pas Pride. Fabien était certes parfait, mais ce n’était pas l’homme qu’elle aimait. Le voir à la soirée au bras d’une autre qu’elle, lui avait vraiment fait du mal même si elle avait refuser de le montrer et de l’admettre. Mais pire que cela, cette soirée s’était transformée en un véritable cauchemar. La jeune femme, en milieu de soirée, s’était sentie vraiment mal. Elle avait eu le tournis, puis la nausée, avait fini par vomir aux pieds de Fabien. Avait tangué, trébuché, s’était effondrée dans les bras du beau blond, et l’avait finalement supplié de ne pas l’abandonner, de ne pas la laisser là, seule. Elle avait l’impression de mourir. Et puis les flammes de l’enfer avaient surgi dans la maison. Sans doute que la réaction était due à ce qu’avait bu la jeune femme, mais dans tous les cas, Muse avait cru mourir. Elle avait cru que le Diable en personne était venu la récupérer pour toutes les erreurs qu’elle avait commises. Au final, Fabien s’occupa d’elle. Assez pour qu’elle rentre chez elle, avec seulement une affreuse migraine. Mais le lendemain, ce premier décembre, la jolie brune s’était dis que s’en était trop. Elle voulait une explication de la part de Pride, et elle la voulait tout de suite. Elle s’était donc rendue dans sa demeure et qu’elle n’avait pas été sa surprise en voyant qu’il avait mis les voiles. Paniquée, elle lui avait téléphoné, et c’est ainsi qu’elle était tombée sur la voix d’une femme annonçant que le numéro n’était pas attribué. Muse s’était alors effondrée sur le palier de la maison. Elle n’avait pas pleuré, non. Mais elle sentait quelque chose en elle se briser. Comme si… Comme si elle savait qu’il était parti et l’avait quittée pour toujours et sans un mot. Résignée, elle s’apprêtait à rentrer chez elle, lorsqu’elle vit Ella. Une jeune fille toujours dans les pattes de Pride. Elle se dirigea vers elle, et lui dit: « Ella, dis moi où il est. » L’adolescente resta muette, mais Muse lut dans son regard qu’elle ne voulait rien lui dire, alors qu’elle connaissait la réponse à sa question. La jeune Hannigan commençait à perdre patience, elle lui dit d’une voix un peu plus sèche: « Il reviendra pas. Tu le sais ça ? Quand Pride Berrington met les voiles, il ne revient pas. Je sais que tu tiens à lui, et tu sais qu’il tient à moi. Je suis la seule à pouvoir le ramener ici. Dis moi où il est. » Ella hésita quelques secondes, et lui dit: « Je ne pense pas qu’il veuille te voir, pas après ce que tu as fait… » Et elle lui tendit son téléphone où Muse s’aperçut en photo, tenant la main et souriant à… « Mon cousin… C’est mon cousin. Josh Hannigan. » Troublante de sincérité, et parce que c’était le cas, Muse restait pétrifiée devant cette image. Tout ça, ce silence, ce gâchis, tout ça à cause d’une vulgaire photo prise par une stupide adolescente. Serrant les poings elle lui dit: « Si tu veux réparer ton erreur, dis moi où il est. » « Chicago. » Le mot était tombé comme un couperet, une douche froide pour Muse. Elle savait pourquoi il était retourné là-bas. Il était parti pour la fuir, mais aussi pour fuit Ocean Grove, cette ville qu’il ne connaissait pas, qu’il ne connaissait plus. Sans un mot la demoiselle était retournée chez elle, avait fait sa valise, bien décidée à partir à sa recherche. Il n’était pas question qu’elle le perde. Elle l’aimait, et elle allait lui prouver. Une fois sa valise prête, elle allait éteindre la télévision -qu’elle avait allumée juste pour avoir du bruit et ne pas rester seule dans le silence- mais se résigna en entendant un spot annonçant qu’une tornade se dirigeait droit sur Ocean Grove. Muse laissa tomber ses affaires, et fixa l’écran, sans vraiment comprendre. Elle crut sur le coup s’être trompée de ville, et prit sa valise. Elle sortit de sa maison, et tandis qu’elle s’apprêtait à aller jusqu’à sa voiture, une grosse bourrasque de vent emporta sa valise à une centaine de mètre d’elles. Les yeux écarquillés, elle s’apprêta à aller la récupérer, mais malheureusement, un volet se décrocha de sa propre maison et avec une violence incroyable vint s’écraser sur elle. Projeter à plusieurs mètres de l’endroit où elle se trouvait quelques secondes plus tôt, Muse se retrouva allongée sur le bitume, inconsciente, et une trainée de sang coulant de son front.

Ce n’est que le lendemain en fin de soirée qu’elle ouvrit les yeux. Elle voulut se lever, mais une douleur vive au niveau de sa tête l’empêcha de réaliser son souhait. Il y avait beaucoup de bruit et de monde dans la même pièce qu’elle. Elle ne savait pas vraiment où elle se trouvait, jusqu’à ce qu’un médecin se précipite sur elle, et lui fasse suivre des yeux une petite lumière. Là elle comprit. Les mots du médecin suivirent rapidement: « Traumatisme crânien. » Des mots qui pouvaient faire peur, mais qui en réalité, signifiaient que Muse s’en était bien sortie. Elle devait seulement rester en observation quelques jours.
Les journées à l’hopital étaient longues. Et c’est là que Muse se rendit compte qu’il était impossible de vivre sans amis. Personne ne venait la voir, tout simplement parce que personne ne tenait réellement à elle, la seule personne, c’était sa cousine, qui n’était pas là, et Muse n’avait même pas réussi à avoir de ses nouvelles. Finalement, le 10 décembre, le quotidien ennuyeux de Muse fut bouleversé. Alors qu’elle avait fermé les yeux parce que la lumière de la salle l’éblouissait, elle sentit qu’on prenait sa main, surprise elle souleva ses paupières, avant de penser rêver. Pride était là, face à elle. Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle avait tant espéré le voir. Jamais… Non, jamais elle n’avait espéré qu’il viendrait jusqu’ici pour elle. Pourtant il était là, et portant sa main jusqu’à ses lèvres il murmura tendrement: « J'ai cru qu'on t'enlèverait à moi toi aussi. » Muse le regarda, les larmes aux yeux. Elle aurait voulu lui répondre, mais elle n’y parvenait pas. Elle n’arrivait pas. Elle ne trouvait pas les mots. La gorge nouée, elle avait l’impression que si elle parlait, elle allait éclater en sanglots. Et c’était tout ce qu’elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas qu’il la voit faible. Il ne voulait pas qu’il la voit elle, sous son vrai visage. Finalement, Pride poursuivit: « Dis moi que tout va bien. » Muse ferma les yeux. Longtemps. Elle sentait juste les doigts de Pride se resserrer autour de sa main. Et étrangement, alors qu’elle avait espéré depuis des semaines qu’il lui reparle de cette façon, elle murmura: « T’es parti. Tu m’as laissée. » Un reproche, une déception. Mais lorsqu’elle ouvrit les yeux, et croisa le regard plein de remords de Pride, elle finit par lâcher prise, et sentit les larmes rouler le long de ses joues. Dans un nouveau murmure elle lui dit: « Ne me laisse plus, je t’en prie. Tu m’as tellement manquée. » Elle se redressa doucement, et posa sa tête contre le torse du garçon, pleurant doucement. Elle se sentait ridicule et faible. Mais en réalité, elle relâchait juste toute l’angoisse qu’elle avait encaissée depuis des jours. La peur de le perdre, la peur de mourir, tout ça, tout s’envolait. La seule présence du garçon à ses côtés, suffisait à rassurer Muse. Elle releva le visage vers lui, et dans un sourire lui murmura: « Je vais bien. Un simple traumatisme crânien, dans deux jours je sors. » Elle l’invita du regard à se pencher, et captura ses lèvres. C’était comme une nouvelle bouffée d’oxygène, un nouveau souffle de vie, comme si enfin, elle pouvait à nouveau regarder vers l’avenir sans avoir cette boule au creux du ventre. Elle décolla à regrets ses lèvres des siennes, et en riant doucement elle finit par ajouter: « Ne pars plus à Chicago comme ça… Je ne supporterai pas de me prendre un volet en pleine face à chaque fois que je tente de venir te chercher… » Ce n’était pas un reproche, elle ne portait pas la faute de son accident sur lui. Non, elle se contentait juste de détendre cette atmosphère un peu lourd.


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Message(#) Sujet: Re: Before you go Ven 3 Déc 2010 - 20:48

Il avait été pourtant persuadé que l'oublier lui aurait permis de se reconstruire d'avantage ; par ailleurs aucun remords n'avait assailli Pride alors qu'il avait planifié de l'abandonner, de la fuir, et de la sortir de sa vie. Aucun regret n'avait habité son être sitôt qu'il avait posé les pieds à Chicago et que la femme qu'il avait estimé comme salvatrice de son âme trouble, s'était évaporée de son esprit sous prétexte qu'elle ne pouvait le hanter qu'en Floride. Seulement de la colère, de la haine, de la déception, de la frustrations : autant de sentiments néfastes qui avaient empoisonné son palpitant glacé alors que le jeune homme s'était persuadé s'être trompé sur la personne. Elle l'avait trompé, alors soit, il l'exorciserait de son âme par un abandon pur et simple ; quand bien même la déception avait été grande. Car à défaut de voir celle qui l'avait sauvé, il ne pouvait plus voir dans le regard de Muse que de l'hypocrisie sournoise déguisée en de faux sentiments et de faux sourires. Et pourtant aujourd'hui, il lui tenait la main inquiet, conscient du joyau qu'il aurait pu perdre. L'essence éphémère de la vie ne prenait de valeur que lorsqu'on se retrouvait confronté à la fauche de l'ankou : elle aurait pu mourir sous la poussière des ruines, et il l'aurait perdue à tout jamais, croulant pour les années à venir sous le poids de la culpabilité. Serrant alors la main frêle de sa Muse dans la sienne, il accepta sans broncher les réprimandes de cette dernière, quand bien même la jeune femme était également responsable des maux dont elle l'accusait. « T’es parti. Tu m’as laissée. » Mais elle aussi, l'avait laissé. Elle n'avait pas bronché face à son éloignement, s'était bien fichu du silence de son ancien amant, n'avait pas même estimé nécessaire de venir lui rendre visite. Elle aussi, était partie lorsque Pride s'était sombrement renfermé sur lui-même face à cette terrible vérité le confrontant à la tromperie de Muse. Elle ne l'avait pas recherché, elle n'avait pas daigné comprendre, elle n'avait pas même fait l'effort de tourner les yeux vers lui. Cette indifférence n'avait que conforter la fausse certitude de Pride : il n'avait été pour elle qu'un amusement, alors que cette période trouble et nébuleuse nécessitait à ses yeux que quelques mains avenantes. La main de Muse s'était tendue vers lui, pour mieux qu'elle ne lui tourne le dos, au final. Et sans doute, était-ce d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui, peut-être lui offrait-elle seulement des semblants de regards soulagés, de fausses colères passives pour des réprimandes lui faisant croire qu'elle avait eu peur qu'il ne parte vraiment. Tu m'as laissé aussi, étaient les mots cinglants qui mouraient sur ses lèvres blêmes sans daigner s'élever en une voix audible et amère. Pride resta muet, par respect pour la tragédie se jouant malgré eux sur Miami, par respect pour l'état de santé de la jeune femme. Mais ses yeux, révélateurs de ses ombres les plus noires, les plus peinées, les plus joyeuses ; miroirs de son âme tourmentée, ne purent que se durcir un peu plus face à l'aplomb de son coeur suite à ces paroles. Comment pouvait-elle l'accuser d'un abandon, quand elle-même avait abdiqué et se fichait bien, en vérité, de leur relation ? Pride resta stoïque néanmoins, contemplant avec douleur l'état de santé de Muse qui tenta de se redresser lentement. Se faisant galant, ce fut le jeune homme qui vint alors au plus près de cette dernière, s'asseyant sur le rebord du lit sans jamais la lâcher de son regard fauve, muet et calme malgré la froideur de ses yeux rembrunis.

« Ne me laisse plus, je t’en prie. Tu m’as tellement manquée. » Le jeune homme eut à peine le temps d'entrouvrir les lèvres, surpris par ces paroles touchantes qui allaient en contre-sens de ses sombres pensées, que déjà un bruissement de draps se fit entendre. Muse se redressa douloureusement, sa tête brune posée sur le torse de Pride dont les bras protecteurs avaient fini, hésitants au début, par l'enlacer avec tendresse. Et la jeune femme de pleurer en silence, dans des larmes qu'elle voulait retenues et qui pourtant attisèrent la passion du jeune homme dont le coeur se soulevait d'une douleur tendre. Il posa alors son menton sur la tête brune de cette dernière, se contentant d'écouter les sanglots longs de Muse, tel un prosélyte écoutant le lyrisme d'une litanie. « Je vais bien. Un simple traumatisme crânien, dans deux jours je sors. » « C'est une bonne nouvelle. » souffla enfin Pride, soulagé et un léger sourire aux lèvres malgré son estomac crispé, se redressant lentement pour planter l'ombre de ses yeux chocolat dans la profondeur de ses azurs délicats et humides. C'est alors que Muse captura ses lèvres, dans un baiser qui agita son coeur de soulagement, de tendresse, et de tant de sentiments contradictoires : amour, joie, peine, amertume face à cette conviction d'avoir été trompé. « Ne pars plus à Chicago comme ça… Je ne supporterai pas de me prendre un volet en pleine face à chaque fois que je tente de venir te chercher… » Le jeune homme arqua d'abord les sourcils face à cette révélation tournée décemment en dérision, légèrement désorienté, car persuadé que la jeune femme ne savait pas même où il avait fui, il resta coï face à ses relatives intentions de venir le récupérer. Puis, la seconde d'étonnement passée, Pride finit par étouffer un véritable rire discret mais sincère, baissant un instant la tête avant de relever son regard amusé, enfin, vers la demoiselle. « Je reste, je veux profiter des magnifiques locaux aménagés pour l'occasion. Dormir dans des sacs de couchages trop fins entre des gamins criards et des aigris emmerdeurs, suffoquer entre toutes ces personnes, ne plus avoir d'intimité, et me battre avec toi pour être certain d'avoir ma ration d'eau quotidienne. » souffla le jeune homme non sans arquer les sourcils avec complicité. « Je suis soulagé de savoir que tu ailles bien. Pendant plusieurs jours, j'ai eu tellement peur de t'avoir perdue. » rajouta Pride non sans devoir mettre sa légendaire fierté de côté, assumant ses peurs et ses craintes tout en plongeant ses yeux fauves dans les siens. Dans un sourire léger, il passa sa main masculine dans les cheveux fins d'une Muse faible mais souriante malgré la distance tacite qu'imposait Pride.
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Message(#) Sujet: Re: Before you go Sam 4 Déc 2010 - 1:02




Ne plus jamais souffrir à cause d’un homme. Voilà ce que c’était promis Muse lorsqu’elle avait réussi à sortir la tête de l’eau, lorsqu’elle avait réussi à sortir de sa dépression. Quelle dépression ? Celle qu’elle avait vécue après que Joe Cotton l’ait abandonnée la veille de leur mariage. Elle avait trop souffert, elle avait cru mourir, de honte et de tristesse, elle s’était vue sombrer et s’était crue trop faible pour pouvoir se relever. Ce n’est qu’après quelques semaines, qu’elle se souvint de la femme forte qu’elle avait toujours été. Ce n’est qu’après quelques semaines enfermée dans le noir chez elle, avec pour seule compagnie une bouteille de whisky, qu’elle s’était rendue compte de la stupidité de la situation. Elle ne pouvait pas se laisser dépérir, elle ne pouvait pas gâcher sa jeune vie pour une pourriture, un malheureux con, qui l’avait laissée. Alors Muse s’était battue, s’était relevée, et elle avait repris sa vie en main. De femme fidèle et sincère, elle était passée à une femme fatale croqueuse d’hommes. Ne jamais plus s’attacher, c’était la promesse qu’elle s’était faite. Jusqu’à… Jusqu’à ce qu’elle recroise Pride Berrington en ville. Jusqu’à ce qu’elle replonge son regard dans le sien ténébreux et affamé. Oui, lorsqu’elle avait revu ce garçon qu’elle avait connu quelques années plus tôt, Muse s’était dis que, peut-être, il était temps pour elle de tourner définitivement la page sur sa malheureuse histoire d’amour passée. Et c’est ainsi qu’elle avait commencé à fréquenter Pride (pour la seconde fois, sans qu’il ne le sache.) Elle avait voulu prendre son temps, mais c’était incroyable à quel point les sentiments si longtemps enfouis pouvaient remonter aussi vite à la surface. Oui, s’en était déstabilisant. Rapidement, elle s’était rendue compte que Pride était devenu essentiel et indispensable à son bien être. Quelque chose qu’elle avait du mal à concevoir et à accepter. Alors quand Pride avait commencé à prendre ses distances, elle n’avait pas cherché à le rattraper. Elle savait, oui, elle savait qu’elle n’avait rien fait de mal. Elle ne comprenait pas le comportement de celui qu’elle considérait comme son petit ami. Et au lieu de chercher à comprendre, elle avait préféré garder le silence, et faire comme si toute cette histoire la laissait indifférente. Evidemment ce n’était pas le cas. Mais cette fois, Muse avait essayé de se préserver. Elle ne voulait pas souffrir. Elle pensait n’avoir été qu’une distraction pour Pride, et que le fait qu’il s’éloigne était une manière de lui faire comprendre qu’il n’avait besoin d’elle désormais, et qu’il voulait reprendre sa vie, sans la savoir avec lui. Alors Muse, fière, et surtout inquiète de souffrir à nouveau, avait laissé faire. Evidemment, maintenant qu’elle connaissait la véritable raison de l’éloignement de Pride, elle s’en voulait de ne pas s’être battue pour lui.

Et voilà qu’à présent, alors qu’elle pensait ne jamais le revoir, il était à ses côtés, lui tenant la main. Il avait fallu qu’un ouragan balaie la ville pour que Pride Berrington réapparaisse dans sa vie. A bien y réfléchir, c’était quand même un comble. Quand Muse réfléchissait à tout ça, elle en voulait un peu à Pride. Elle ressentait de l’amertume envers lui. Il ne lui avait pas fait confiance. Il l’avait pensée capable de le tromper, alors qu’elle n’était pas comme ça. Lorsqu’elle s’engageait dans une relation, elle le faisait sérieusement. Pire, même s’il avait cru à cette tromperie, il n’avait même pas été lui en parler. Il n’avait pas cherché d’explications, il n’était même pas venu lui dire le fond de sa pensée. Il n’avait rien fait. Il avait abandonné, et avait fui. Que cela signifiait-il ? Qu’au final il ne tenait pas tant que ça à elle. Qu’il pouvait tirer un trait sur elle aussi rapidement qu’elle était apparut dans sa vie ? S’en était troublant et inquiétant aux yeux de la demoiselle. Perdue dans ses pensées qui la rongeaient, elle remarqua néanmoins la surprise de Pride lorsqu’elle parla de Chicago. Evidemment, il ne s’était pas douté qu’elle était au courant. Et Muse regrettait de ne pas avoir demandé plus rapidement à Ella la destination de Pride. Elle retrouva enfin l’humour sarcastique du jeune homme lorsqu’il lui dit: « Je reste, je veux profiter des magnifiques locaux aménagés pour l'occasion. Dormir dans des sacs de couchages trop fins entre des gamins criards et des aigris emmerdeurs, suffoquer entre toutes ces personnes, ne plus avoir d'intimité, et me battre avec toi pour être certain d'avoir ma ration d'eau quotidienne. » Un rire délicieux échappa des lèvres de la brune. Elle lui dit en retour: « Tu penses qu’on pourra partager le même sac de couchage ? Il semblerait que ma maison n’ait plus qu’un rez-de-chaussée, et que l’étage et le toit aient disparu… » Muse fit une petite grimace. Elle n’avait pas encore eu le temps de se rendre sur les lieux, enfin, le temps elle aurait pu l’avoir, mais les médecins avaient refusé qu’elle mette un pied dehors. Elle avait donc réussi à convaincre un interne de se rendre sur place pour qu’il lui fasse un compte rendu. Un petit sourire de Muse et il était à ses ordres. Les mots qui suivirent la frappèrent de plein fouet: « Je suis soulagé de savoir que tu ailles bien. Pendant plusieurs jours, j'ai eu tellement peur de t'avoir perdue. » Jamais, Ô grand jamais, Pride n’avait ouvert à ce point son cœur, et n’avait dévoilé avec autant de sincérité ses sentiments. Du moins, c’était la première fois qu’il le faisait vraiment avec elle. Elle resta bouche bée quelques secondes, savourant ce souffle de vie et de bonheur dans tout son être. Et se rendant compte qu’il fallait absolument qu’elle mette les choses à plat pour repartir sur de bonnes bases, elle lui dit un peu amèrement: « Et moi j’ai cru te perdre définitivement en te voyant au bras d’une jolie brune le soir d’Halloween. » Un petit pic lancé, mais après tout, si elle ne l’avait pas fait, cela n’aurait pas été elle. Muse était comme ça, franche, direct, et sarcastique lorsqu’il le fallait. Tandis qu’elle passait une main dans les cheveux du jeune homme, qu’elle laissait glisser ses doigts le long de la tempe droite de Pride, puis sur sa joue, et enfin sur ses lèvres, elle murmura: « C’est incroyable, tu arrives toujours à me surprendre. Je ne t’aurais pas pensé capable de croire en les paroles d’une gamine de 16 ans. » Pas de reproche dans sa voix, juste un peu de déception. Son regard plongé dans celui de Pride, elle ne cillait pas. Elle voulait qu’il comprenne où elle désirait en venir. Ses doigts caressèrent une dernière fois les lèvres de Pride, et dans un murmure elle lui dit: « Josh Hannigan. Mon cousin. » Pas un mot de plus, c’était tout ce qu’il y avait à dire. Elle espérait qu’il la croirait, parce qu’elle était plus que sincère, et cela pouvait se lire dans ses yeux. Elle ne voulait pas qu’il fasse semblant de la croire alors qu’en lui, un doute persisterait toujours. Elle détourna enfin son regard, se pencha vers sa table de chevet et prit le verre d’eau qui s’y trouvait. Elle but une gorgée tout en regardant à nouveau l’homme qu’elle aimait. Elle voulait s’assurer qu’il était toujours là, qu’il ne s’était pas évaporé, parce que là, elle avait plus que jamais besoin de lui à ses côtés.


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Message(#) Sujet: Re: Before you go Sam 4 Déc 2010 - 13:41

Bien sûr que face à cette crainte de l'avoir perdue, il se sentait soulagé de la voir sourire et de l'entendre souffler quelques mots de sa voix cristalline, semblable à de l'eau claire venant caresser les galets ronds d'une rivière. Mais quelque part en son sein, se nichait la frustration d'une jalousie et d'une incompréhension lui rongeant les sens : sans cette catastrophe, se seraient-ils vraiment retrouvés ? Pride, fermé et trop cassant, n'y croyait pas ; plus encore il n'était pas superstitieux et naïf au point de croire à la fatalité. S'il était là aujourd'hui auprès d'elle, c'est parce qu'il ne voulait pas la perdre, mais était-ce vrai d'affirmer aussi qu'il avait foi en leur relation ? Celle-là même qui s'était terminée par un silence lourd et une indifférence terrifiante entre les deux amants, était-ce cela qu'il attendait de l'âme soeur salvatrice qu'il cherchait et qu'il avait pensé trouver en Muse ? En regardant la si belle jeune femme, affaiblie sur son lit d'hôpital, il ne doutait pas avoir pour elle quelques sentiments forts venant assaillir son palpitant. Néanmoins ce même coeur était troublé par les affres des questionnements qui venaient taper aux portes de sa Raison : il l'avait laissée, elle aussi. Fallait-il aller de l'avant, puisque cette dépendance forte du jeune homme amnésique envers la jeune femme croyant en lui et son futur, s'amenuisait face à ces doutes poignants ? Il ne savait plus rien, et pourtant ses doigts oblongs continuaient de glisser tendrement dans les cheveux fins de la délicate Muse, alors que penché sur cette dernière, il la toisait d'un oeil protecteur et d'un sourire piqué. « Et moi j’ai cru te perdre définitivement en te voyant au bras d’une jolie brune le soir d’Halloween. » « Parce que tu étais seule, toi ? » fit-il non sans arquer les sourcils, renchérissant face aux pics de l'ancienne amante avec un peu trop de vélocité. Non, ce n'était pas le moment : un quartier entier venait de perdre tout ce qu'il possédait : ses souvenirs, ses biens, ses rêves, et peut-être même ses proches. Et eux se retrouvaient enfin, dans une atmosphère tendue entre la chaleur des retrouvailles et le froid piquant des reproches, complètement décalés du cauchemar se jouant autour d'eux. Par respect pour la misère rude qui les entourait, Pride coupa court à ses répliques un peu trop sèches, tentant de taire son coeur qui s'agitait sous une frustration grandissante. Les deux anciens amants – l'étaient-il toujours ? – s'inondaient de regards tendres, de sourires soulagés, autant que de paroles amères et pleines de réprimandes.

La douceur de sa main vint néanmoins calmer Pride dont le palpitant se réchauffa doucement, sous les caresses de ses doigts fins qui glissèrent sur ses lèvres. Et ce geste inattendu provoqua un feu passionnel brûlant dans les veines du sombre jeune homme qui ne savait plus rien : perdu entre des sentiments trop forts et contradictoires, il se laissa aller quelques instants à fermer les yeux, et apprécier la simplicité de ce moment. « C’est incroyable, tu arrives toujours à me surprendre. » souffla la belle Muse alors que Pride rouvrit ses yeux fauves sur cette dernière, une lueur appréhensive et étrangement reposée dans ses rétines ambrées. « Je ne t’aurais pas pensé capable de croire en les paroles d’une gamine de 16 ans. » Pride se redressa alors, silencieux, fronçant les sourcils sous cette révélation impromptue ; car aussitôt ses pensées se tournaient vers Ella. D'instinct, les yeux ambrés du jeune homme balayèrent l'immensité de la cafétéria, à la recherche vaine de la petite poupée. Sans grand succès bien sûr. Plus que de la colère qui aurait pu l'accabler, c'était de la crainte qui était venu l'habiter : se trouvait-elle aussi dans cet hôpital ? Mais la voix de Muse le ramena à la réalité, et plus encore, elle le ramena à sa propre crédulité jalouse ; ainsi il se serait trompé, ainsi il avait cru ce qu'il n'aurait pas du croire, ainsi Muse n'en avait pas vu d'autres... Mais alors pourquoi ces silences, et ces indifférences débonnaires, et ces manies de faire en sorte que l'autre n'existait pas ? « Josh Hannigan. Mon cousin. » « Je vois. » furent les seuls mots qui s'échappèrent des lèvres du jeune homme lorsqu'il comprit qu'il avait eu tort, lorsqu'il avait saisi qu'il ne lui avait pas fait confiance, lorsqu'il sentit que lui non plus n'avait pas cherché à comprendre. Gêné mais fier, il dissimula son embarra sous un regard fuyant qui se posa sur un point invisible au sol, tandis que la jeune femme, sereine, s'empara d'un verre d'eau. Néanmoins, face à cette confusion qui lui portait préjudice, Pride sentait le poids d'aveux à faire, entre doutes et questionnements. « Mais peut-être que si j'ai pu croire une gamine de seize ans si facilement, c'est parce que quelque chose n'allait pas entre nous. Regarde-nous, on n'est pas foutus de se parler vraiment : c'est vrai, je t'ai laissée. Mais on ne s'est pas battus l'un pour l'autre non plus. » Paroles implicites qui impliquaient quelque chose venant ronger le bonheur du début de leur relation. Il se souvenait avoir été serein ce mois de Septembre, auprès de cette femme pour qui il avait eu des sentiments grandissants au même titre qu'une dépendance presque malsaine. Sans Muse à ses côtés, il se sentait perdu, noyé dans la brume de souvenirs qu'il n'avait plus. Elle, était celle à qui il se raccrochait. A présent visiblement, il lui fallait lâcher prise ; mais y arriverait-il ? Relevant son regard fauve sur la belle jeune femme, Pride lui offrit un sourire à la fois tendre et forcé : que se passait-il en son coeur agité pour qu'il ne parvienne plus à penser correctement ? Lui affirmait-il que c'était fini... Oui, non, peut-être. Quelle violente torture en son myocarde : voilà qu'il comprenait qu'il l'aimait, car une force invisible l'empêchait de continuer sur sa lancée. Pas aujourd'hui, il ne pouvait pas. Le temps, peut-être, jouerait-il en leur faveur. « Ecoute... » rajouta le jeune homme de sa voix suave et rauque, ses rétines ambrées se posant brièvement sur quelques silhouettes allongées au loin dans leurs lits. « Ce n'est pas le lieu, ni le moment d'en parler. Pour l'instant je veux que tu me promettes de te reposer, et de guérir vite. » Sa main vint glisser dans la sienne, la serrant d'une poigne tendre mais révélatrice de sa confusion, prêt alors à partir pour mieux revenir le lendemain.
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Message(#) Sujet: Re: Before you go Sam 4 Déc 2010 - 23:44




Quelles étranges retrouvailles… Muse se rendait bien compte que tout ne se passait pas comme elle l’avait imaginé. Bien trop habituée à être sarcastique, à être déçue par les hommes, bien trop habituée à se protéger, elle ne facilitait pas les choses à Pride. Froide, et parfois sèche dans ses paroles, elle n’aidait en rien leur relation. Alors qu’elle avait imaginé des retrouvailles chaleureuses où elle se serait jeté dans ses bras et où il lui aurait promis monts et merveilles, elle devait faire face aux doutes et aux incohérences de leur relation. Ses rêves avaient été trop élevés. Ils n’étaient tout simplement pas comme ça. Pride ne promettait pas la lune s’il n’était pas sur de pouvoir, et surtout de vouloir la donner. Et elle, elle, ne se jetait pas à cœur perdu dans les bras d’un homme, sans être sûre qu’il ne l’abandonnerait pas. Pourtant c’était con, oui parfaitement con, parce que cet homme qui lui caressait les cheveux sur son lit d’hôpital, cet homme, elle l’aimait. Et elle le savait. L’aimait-il en retour ? Elle le pensait. Après tout, il devait un minimum tenir à elle pour être revenu de Chicago, pour avoir cette voix à la fois angoissée et tendre envers elle. Alors qu’elle avait ravivé la flamme, non pas de l’amour, mais de la rancœur, en parlant de Meaghan, Pride répliqua aussitôt: « Parce que tu étais seule, toi ? » Muse avait aussitôt baissé la tête, non pas honteuse, mais plutôt avec un petit sourire amusé. Touché, coulé. Elle avait commencé la première, et il n’avait pas tord de lui faire remarquer son comportement lors de cette soirée. Fabien était quelqu’un de bien, avec qui Muse aimait passer du temps, mais il était vrai qu’elle s’était en quelque sorte servi de lui pour rendre jaloux Pride. Stupide, Pathétique, Enfantin. Elle avait agi comme une lycéenne, voir une collégienne au lieu de prendre ses responsabilités et tenter d’arranger les choses avec Pride.

Muse finit néanmoins par reporter son attention sur le garçon. Une nouvelle fois, elle le sentit déstabilisé lorsqu’il comprit qu’il avait fait erreur sur elle. Il venait de se rendre compte qu’elle ne l’avait pas trompé et comme Muse le connaissait, elle savait qu’il devait lutter entre fierté et gêne. Elle le voyait se débattre avec ses pensées. Et pour le coup, Muse regretta de lui avoir annoncé avec autant de sarcasme. Elle aurait du lui dire de façon plus douce, au lieu de le piquer, et de lui dire avec rancœur qu’il avait cru en une gamine de seize ans plutôt qu’en elle. Mais c’était trop tard, la bombe était lâchée, et Pride ne semblait pas apprécier la nouvelle à sa juste valeur. Muse s’était en effet attendue à ce qu’il soit heureux de l’apprendre, elle avait cru qu’il la prendrait dans ses bras et l’aurait embrassée tendrement, elle avait pensé que… Oui Muse avait imaginé plein de scénarios, mais certainement pas celui qui allait arriver. Pride ouvrit la bouche pour répondre: « Mais peut-être que si j'ai pu croire une gamine de seize ans si facilement, c'est parce que quelque chose n'allait pas entre nous. Regarde-nous, on n'est pas foutus de se parler vraiment : c'est vrai, je t'ai laissée. Mais on ne s'est pas battus l'un pour l'autre non plus. » Muse eut un violent mouvement de recul. Comment pouvait-il lui dire ça ? Que cela voulait-il dire ? Que c’était fini ? Que cette misérable petite histoire avait eu raison de leur relation, et que finalement, il s’était rendu compte qu’il n’était pas amoureux d’elle ? La jeune mannequin sentit les larmes monter à ses yeux, mais fit tout pour les contenir. Elle ne pouvait pas craquer à nouveau, pas encore. Elle ne voulait pas que leur relation prenne fin, il n’en n’était pas question. Elle l’aimait, le voir face à elle, lui rappelait à quel point il comptait à ses yeux. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais le sourire à la fois tendre et forcé de Pride la coupa dans son élan. Elle fronça les sourcils. Non, elle ne voulait pas de ça, pas entre eux. Ils étaient trop sincères, trop direct pour se faire des faux sourires forcés. S’il ne voulait pas lui sourire, qu’il ne le fasse pas. Parce que c’était pire que tout pour elle, se rendre compte de la souffrance et de la dualité à laquelle Pride devait faire face. Le garçon coupa court avant qu’elle ne puisse se défendre, défendre leur couple. « Ecoute, Ce n'est pas le lieu, ni le moment d'en parler. Pour l'instant je veux que tu me promettes de te reposer, et de guérir vite. » Muse sentit la main de Pride glisser dans la sienne, et la jeune femme la serra de toutes ses forces, une façon de lui montrer qu’elle ne voulait pas qu’il la lâche. Elle acquiesça de la tête. Elle ne savait plus quoi dire, et puis, repensant au regard inquiet que Pride avait lancé en regardant dans la salle elle lui dit d’une voix douce tout en caressant la paume de sa main: « Elle va bien… Ella, elle va bien. Elle est venue me voir hier. Elle n’a rien ne t’en fais pas. Elle était à l’abri au lycée. » Pourquoi reparlait-elle d’Ella à Pride ? Et bien parce que la tragédie qu’avait vécu Muse lui avait retiré toute la rancœur qu’elle éprouvait pour cette gamine, qui, dans le fond, avait voulu rendre service à Pride. Et puis surtout, parce qu’elle savait à quel point la relation qui liait Pride à l’adolescente était forte et importante aux yeux du garçon. Elle voulait qu’il sache qu’elle allait bien, pour peut-être, parvenir à enlever un poids, un doute dans le cœur du jeune Berrington. Pride, finalement, lui déposa un baiser sur le front. « Je reviendrai te voir demain. » Muse ressentit un léger pincement au cœur, en remarquant qu’il avait visé son front, et non ses lèvres, elle l’observa se lever et commencer à partir, quand, ni tenant plus, elle lui dit: « Pride attends ! » Elle s’était redressée et lui s’était figé, toujours le dos tourné à elle, elle lui dit: « J’allais me battre pour nous, je venais te chercher, je… J’allais venir à Chicago tu sais. » Elle s’arrêta et alors qu’il tournait la tête vers elle, elle reprit: « Je me battrai encore s’il le faut. J’ai besoin de toi, j’ai toujours eu besoin de toi. » Les larmes qu’elle retenait depuis quelques minutes coulèrent enfin de ses yeux, et Pride après un temps d’attente, parti pour de bon, laissant seule Muse avec la crainte de le perdre à tout jamais.



FIN.


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