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 Plus jamais deux

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Message(#) Sujet: Plus jamais deux Mar 19 Oct 2010 - 15:20

plus jamais deux



8 octobre 2011 ~ 3h12
La musique allait excessivement fort ce soir, mais cela n’empêcha pas Romain d’entendre ce que son séduisant cavalier lui chuchotait à l’oreille. De tous les hommes présents à cette soirée (et il y en avait un paquet), le jeune océanologue avait jeté son dévolu sur le seul capable de rivaliser avec Gabriel. Justin Carpenter était un nouveau riche qui avait fait fortune dans les télécommunications. Australien à l’accent charmant et charmeur, non seulement Justin était de plus en plus populaire à Miami, et donc de ce fait, très courtisé et surtout très médiatisé, mais il était également beau, grand, charismatique, et il possédait des cheveux d’un blond vénitien et de grands yeux bleus aussi pénétrant que ceux du sénateur. Barbu comme Romain l’aimait, ce séduisant trentenaire était aussi arrogant que présomptueux. Il avait mordu très facilement à l’hameçon lancé par le jeune homme quelques heures plutôt. Romain l’avait attiré sans scrupules jusqu’à la piste de danse où maintenant, dans un coller-serrer endiablé, ils se laissaient aller au rythme lancinant de la musique.

Parce qu’il était tout simplement contrarié ce soir : contrarié de sans cesse devoir se cacher. Contrarié de ne jamais danser avec Gabriel. Contrarié de ne pas pouvoir exhiber son alliance et de ne pas pouvoir hurler au monde entier qu’il était Romain McAllister, le mari du sénateur et non son vulgaire colocataire. Ce soir, Romain avait décider de faire payer à Gabriel toute sa frustration accumulée. Puisque son charmant époux ne daignait pas assumer leur couple, et qu’il faisait passer sa maudite carrière avant eux, Romain sortait les armes et pour une fois, il le provoquait. Il voulait voir jusqu’où Gabriel était prêt à fermer sa gueule et à ravaler sa fierté et sa jalousie – jalousie que Romain savait pourtant débordante lorsqu’il s’agissait d’hommes entrant dans ses idéaux masculins – pour préserver son maudit secret de sénateur.

Une petite voix dans un coin de la tête du jeune océanologue ordonnait à ce dernier de ne pas jouer avec les sentiments de Gabriel. Elle lui rappelait qu’il lui avait déjà assez fait de mal ces derniers jours pour se permettre ce genre de test. Une partie de lui avait conscience qu’il jouait avec le feu et qu’il risquait fortement de se brûler les doigts, mais, il ne pouvait se raisonner et tout arrêter. Non, c’était plus fort que lui. Il voulait que Gabriel bondisse de rage de son sofa et vienne écarter Justin virilement, au point même de se battre avec lui. C’était tout ce qu’il désirait : que Gabriel ait enfin le cran de protéger son territoire et de réclamer ce qui lui appartenait de droit.

Sur un ancien tube de Britney Spears, Romain dansait donc avec Justin simplement pour attiser davantage la jalousie de son mari. Il laissait le bel australien épouser son corps, collé dans son dos, une main sur sa hanche pour attirer son bassin contre le sien. Parfois, Justin laissait traîner ses lèvres et sa barbe drue dans le cou du jeune homme. La danse était langoureuse et nombreux étaient les coups de reins tendancieux. Ils étaient presque indécents mais passaient assez inaperçus au milieu des danseurs qui gesticulaient dans tous les sens… ou presque, car Romain mettait un point d’honneur à rester dans l’axe de Gabriel. Sans ciller, il fixait avec défi et arrogance son mari, qui se trouvait assit plus loin en compagnie d’hommes d’affaires bien trop occupés à causer business pour se préoccuper de ce qu’il se passait autour d’eux. Aux côtés de Gabriel, Daryl observait également la scène, visiblement contrarié par le déhancher de Romain, et un peu plus sur la gauche, Anita roulait les yeux, conscience du manège de son ami.

« Tu m’excites… » chuchota Justin dans le creux de l’oreille du jeune homme alors qu’il pressait plus fortement encore son émoi contre le derrière de son partenaire. « Tu viens boire un dernier verre chez moi ? »

Romain esquissa un sourire insolent face à son mari qui continuait de boire son verre de whisky d’un air impassible. Il avait bien entendu remarqué cette mâchoire serrée, ce regard des mauvais jours et ce faux air d’arrogance dont il se fardait pour donner le change lorsqu’il était piqué à l’orgueil. Qu’attendait donc Gabriel pour mettre le holà à tout ceci ? Romain avait envie de lui hurler sa rage au visage. Comment pouvait-il rester sans réagir alors qu’un autre homme – on ne peut plus entreprenant – se repaissait presque de sa chaire ? Pourquoi diable ne réagissait-il pas ? Pourquoi fallait-il que sa maudite carrière passe avant leur couple ? Et pourquoi venait-il finalement de se lever et de tourner les talons ?!

Agacé, Romain se raidit. Il s’arrêta de danser quelques secondes, le temps de voir que Gabriel se dirigeait vers la sortie de l’établissement. Ce n’était pas comme ça que c’était censé se passer. Il abandonna Justin sur la piste de danse sans même une explication pour rejoindre d’un pas rapide le coin VIP loué par le sénateur pour la soirée.

« Tu joues à quoi, Romain ? » demanda sèchement Anita en le maintenant par le bras. « Je te savais garce, mais pas à ce point-là. »
« Il est où ? »
« A ton avis ? »

D’un mouvement d’humeur de l’épaule, Romain se dégagea. Il fonça rapidement vers la sortie de l’établissement, la boule au ventre. Il était tiraillé entre la honte d’avoir si ouvertement provoqué Gabriel et la rage de le savoir prêt à l’abandonner aux bras du premier connard venu pour préserver son image de grand sénateur tombeur de ces dames. Romain avait envie d’en découdre. C’était déraisonnable, il le savait, mais c’était ainsi. Le petit démon qui l’habitait avait prit les commandes et il ne se calmerait qu’une fois son courroux apaisé. Malgré la fraîcheur légèrement mordante de la nuit qui traversait sa fine chemise grise et qui le faisait frissonner, Romain rejoignit Gabriel sur le petit parking. Son mari était prêt à embarquer dans sa précieuse Aston Martin noire.

« Où est-ce que tu vas, McAllister ? » demanda-t-il alors qu’il avait parfaitement conscience qu’il enclenchait lui-même les hostilités en affrontant Gabriel de la sorte. « Tu pourrais me prévenir que tu rentre, non ? Je fais comment moi ? Je demande à Justin de me ramener, peut-être ? » Il ne put s’empêcher de garder derrière ses lèvres : « Pas certain qu’il me ramène dans le bon lit. »


Dernière édition par Romain S. Parker le Jeu 21 Oct 2010 - 23:46, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Plus jamais deux Jeu 21 Oct 2010 - 13:46

Lorsque Justin Connard Carpenter s'était un peu trop rapproché de Romain en début de soirée, Gabriel avait naïvement cru que son petit ami...Non...Son mari, l'enverrai sur les roses. Fort de cette conviction, le sénateur n'avait pas jugé utile de surveiller la suite des évènements et l'avait laissé danser tandis que lui partageait un whisky hors de prix avec un par terre de business men et autres hommes d'influence ici à Miami.
Pourtant maintenant il ne les voyait plus ni n'entendait plus leur conversation...maintenant il demeurait impassible. Il n'était pas calme au contraire, la colère flamboyait en lui si brûlante qu'elle aurait foudroyer en un instant cet homme qui osait sceller son corps à celui de son Romain, observer d'une œillade avide la cambrure de ses reins et gouter sans vergogne la saveur si délectable de sa gorge.

Et surtout le plaisir que semblait y prendre ce dernier, offrant à Justin ses plus exquises attentions. Cette manière d'onduler contre lui, ces soupires charmants et ces sourires...Ceux qui étaient seuls réservés à Gabriel.

Comment pouvait-on aimer quelqu'un d'une manière si intense et absolue et avoir en même temps envie de le tuer ? Depuis de longues minutes qui lui paraissaient des heures le sénateur rongé par la jalousie fixait son amant, subissant l'affront en déployant un effort constant de volonté pour brider sa fureur impuissante.

Il se voyait bondir sur la piste comme un taureau enragé et arracher sans ménagement le jeune homme de l'emprise de Carpenter. Cependant il inclina son fier menton, les cils baissés, une seconde. Une seule seconde. Puis avec raideur, il se leva sans un mot éveillant une curiosité incrédule dont il n'avait que faire parmi l'assistance, et quitta les lieux.

L'air du dehors ne lui fit aucun bien. Il n'éclaircit pas ses idées et ne dissipa pas l'image de Romain dansant avec cet homme dont il vomissait le nom. L'idée de les savoir toujours ensemble lui vrillait l'estomac, et lorsqu'il entendit des pas précipités derrière lui, que sans avoir besoin de se retourner il devina que Romain s'était lancé à sa poursuite, un poids considérable quitta ses épaules.

« Où est-ce que tu vas, McAllister ? »
« Ta gueule. » coupa sèchement Gabriel dans son élan, tout en sortant les clés de son Aston de la poche intérieure de sa veste, refusant de lui accorder ne serait-ce qu'un regard. La colère qui le submergeait était trop forte, sa rancœur trop fraîche et leurs deux caractères trop électriques.
C'était sans compter sur le paquet de nerfs fermement décidé à affronter le sénateur de face.
« Tu pourrais me prévenir que tu rentre, non ? Je fais comment moi ? Je demande à Justin de me ramener, peut-être ? Pas certain qu’il me ramène dans le bon lit. »
« Pas certain non plus qu'il sauve ton cul comme j'ai du le faire. » répliqua t-il du tac-o-tac dans un sarcasme tranchant. Quelques secondes de silence, puis enfin il leva lentement des yeux chargés de mépris sur le jeune homme en furie tout en déclarant avec froideur : « Pas certain que t'en vailles le prix. »
L'allusion était claire et nette. Souvenir acide et encore trop récent d'une soirée qui avait virée au cauchemar pour les deux hommes et dont Gabriel n'était pas sorti indemne.

Sans attendre de réponse, il fit brusquement volte face, contournant la voiture les mâchoires serrées. Il s'approcha dangereusement de Romain jusqu'à l'emprisonner entre son corps et la carrosserie du véhicule contre lequel il abattit ses deux mains afin de lui couper toute retraite avant qu'il ai bien assimilé ce qu'il avait à lui dire.

« D'ailleurs c'est quoi le problème ? Que j'assume pas d'être avec toi ? » Car Gabriel n'était pas dupe. Il connaissait son amant, ses ruses et ce n'était pas la première fois qu'il lui reprochait de le délaisser lors de telles soirées. « Mais aux dernières nouvelles ça t'a bien arrangé que je sois toujours sénateur, et t'étais pas tellement en position de donner ton avis. C'est pas une façon d'affronter les difficultés quand je passe derrière tes conneries peut-être ? A ta place je me poserais des questions avant d'ouvrir ma grande gueule. » Si proche de lui, il pouvait respirer son odeur à présent. Ce parfum salé de la mer, teinté de nature et de liberté qu'il aurait reconnu entre mille.

Mêlé à celui d'un autre homme.

Sa réaction n'en fut que plus violente.
« Sauf que ça, t'en es pas capable. Toi tu penses jamais qu'à ton cul et moi je suis qu'une parenthèse dans ta vie, le mec avec qui t'as cru pouvoir construire quelque chose. » L'expression qui apparut sur le visage de Gabriel ressemblait à du dégout lorsqu'il cracha bas, mais suffisamment haut pour que son époux puisse l'entendre « Mais David t'a tellement bien dressé, t'es incapable de te suffire d'un seul homme. Chassez le naturel et il revient au galop, hein chéri ? »

Sur ces mots il renâcla avec dédain la tête légèrement penchée sur le coté dans un rictus mauvais, avant de se détourner de lui pour regagner la portière coté conducteur.

« Alors où je vais ? C'est plus ton problème. » déclara t-il finalement sans se retourner.

Ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire, ni ce ton nimbé d'indifférence qu'il avait voulu employer. Mais pourquoi Romain, l'homme qu'il aimait, celui qui l'avait séduit par la douceur de son regard et l'honnêteté de son sourire se posait-il en ennemi face à lui ? Plus que tout, le coup le plus dur pour Gabriel étaient les battement douloureux qui secouaient sa poitrine. L'aisance déconcertante avec laquelle Romain pouvait abaisser les murailles autour de son cœur si traitreusement esclave de sa volonté, pour mieux s'en servir contre lui.
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Message(#) Sujet: Re: Plus jamais deux Sam 23 Oct 2010 - 16:32

Blessé.

Romain pouvait essuyer les mots acerbes, les regards froids et noirs, l’intimidation, le ton désagréable, la mine de dégoût et les reproches en cascade, car dans le fond, il avait bien cherché ce qu’il lui arrivait. Mais il ne put supporter la réflexion acérée et empoisonnée sur David. Si l’objectif de Gabriel était de lui faire mal, il avait habillement réussi son coup. Romain était blessé. Comment son époux pouvait-il – après tout ce qu’ils s’étaient dit et qu’ils avaient vécu ensembles – mettre David sur le tapis ? Gabriel ne voyait-il donc pas qu’il n’y avait désormais que lui qui comptait à ses yeux ? Romain avait laissé derrière lui depuis un bon moment déjà son passé de débauche. Gabriel pensait-il réellement qu’il en avait quelques choses à faire de Justin ou des autres ? Croyait-il encore qu’il pourrait se complaire à nouveau en passant d’un homme à un autre ? Gabriel avait dépassé les limites acceptables de cette dispute en utilisant David pour lui faire mal. Maintenant, la colère de Romain s’était transformée en rage déraisonnable. Le jeune homme avait un besoin immense de blesser à son tour. Puisque Gabriel se permettait de lui balancer au visage une injustice, Romain allait riposter en rafale, et faire très mal.

Les poings serrés, le jeune homme inspirait profondément par les narines. Il essayait de raisonner le démon qui l’habitait mais en vain. Romain réclamait le sang de Gabriel. Ce dernier n’allait pas s’en tirer à si bon compte ! Il était loin d’en avoir finit avec lui. Même si Romain savait qu’il allait être injuste et que tout ce qui allait sortir de sa bouche n’était pas la vérité mais plutôt une reformulation abusive, incorrecte et excessive de la réalité, il fonça, tête baissée comme un taureau chargeant toutes cornes dehors.

« J’en ai pas fini avec toi McAllister ! » tonna-t-il d’une voix insolente alors qu’il abattait brutalement les poings sur le flanc du véhicule, acte qu’il savait déplaire à son mari. « Tu n’es qu’un putain de gros con et qu’un sacré hypocrite ! »

Si Gabriel exhalait la jalousie et le dégoût à l’égard de Justin et de tout ce qui s’était passé sous son nez ce soir, Romain quant à lui dégoulinait de colère. Il avait la rage. Rien ne s’était passé comme il l’avait féériquement et déraisonnablement imaginé. Où était donc passé l’homme jaloux et possessif que Gabriel était au quotidien ? Romain détestait le voir ainsi, soumis à sa carrière, comme un pleutre n’osant pas s’affirmer. Cette maudite carrière, Romain la haïssait. Il s’était vu forcé d’épouser le sénateur en même temps que l’homme. C’était son fardeau. Mais plus les semaines et les mois s’écoulaient, et moins Romain arrivait à supporter de passer après cette carrière qui le condamnait à l’ombre. Il en avait assez d’être le colocataire.

« Combien de temps ça va encore durer ? Tu veux tout Gabriel ! Sans rien donner en retour. » Il leva une main pour stopper le sénateur, sachant très bien ce qu’il allait lui répliquer. « Je sais connard ! Pas besoin de me répéter encore une fois que je savais très bien qui j’acceptais d’épouser ! » Son regard se fit assassin. « Et bien, tout comme je savais que j’épousais un putain de sénateur sans couilles qui n’assume pas sa sexualité, tu savais que tu t’unissais à la Marie-Madelaine de Miami et que j’en avait vu défiler des queues avant de tomber sur la tienne ! » Il donna un petit coup de poing sur la carrosserie. « Je te trouve culotté de me reprocher d’avoir du sauver mes fesses quand on sait que ce sont tes relations de sénateur véreux qui nous on conduit à cette soirée ! Ouais ! VEREUX ! Parce que tu ne vas pas me faire croire que t’es clean, et que Raoul et ta clique de connards le sont également ! »

Comme à son habitude lorsqu’il sortait de ses gonds, Romain ne modérait pas ses propos. Il abandonnait le costume d’enfant sage avec lequel il se fardait au quotidien pour ne laisser s’exprimer que le démon qui se tapissait d’ordinaire dans l’ombre, tout là-bas, au fond de lui. Celui-ci ne se nourrissait que de douleur, de vengeance et de colère.

« Ce qui t’emmerde McAllister, c’est que t’es en conflit avec toi-même ! D’un côté, je te répugne pour tout ce que j’ai fait et ce que j’ai subis, mais de l’autre, ça t’excite un max de te taper une salope dans mon genre. Et ça t’excite encore plus d’avoir les pleins pouvoirs sur moi. » Avec une arrogance qu’il savait désagréable, il contourna l’Aston en laissant traîner un doigt sur le capot afin rejoindre l’avant. « Deux millions de dollars pour sauver mon petit cul ! Au-delà toute cette maudite soirée, ça a dû te faire bander comme un cheval d’être le héros de l’histoire. Pas certain que mon cul en vaille la peine, c’est ça ? Ben apparemment si, puisque tu as payé, enfoiré ! Tu me possèdes réellement maintenant. » Il indiqua d’un geste de la main son pied droit. « Cette putain de marque à mon talon en témoigne. » Un sourire mauvais qui n’inspirait rien de bon étira ses lèvres. « Oh, mais ça me fait penser ! Mais j’en connais un autre moi de connard qui m’a quasiment marqué de la sorte. Il s’appelait David ! Tu te souviens de mon tatouage ? Je t’ai trouvé fort convaincant dans le rôle que tu avais à tenir ce soir-là. Comme si c’était quasi inné chez toi ce genre de marché, et de jouer les trafiquants d’êtres humains. »

Romain s’aventurait sur une pente dangereuse. Il le savait et pourtant, il ne put s’empêcher de continuer, pousser par l’envie de faire mal au sénateur.

« Tu veux que je te dise McAllister ? Je crois qu’au fond de toi, tu rêves d’être mon nouveau David. Tu as même envie de lui ressembler. Car il a osé aller là où tu n’oses pas trop t’aventurer. Assume tes vices avant de t’en prendre aux miens petit con. Assume aimer m’enfiler à longueur de journée, de m’ordonner et de me posséder. De me murmurer à l’oreille toutes ces choses obscènes qui me font planer. Assume être un mauvais garçon comme j’assume les aimer. Oh mon amour, assume donc être tout simplement mon David numéro deux ! »

A son tour, Romain avait dépasser les limites. Gabriel n’était pas comme ça, et il le savait. Leur relation était bien plus complexe, plus torride et plus intense. Si Romain aimait le sexe dans tous ses états, il l’aimait encore plus avec Gabriel. Cela devait constituer leur principale occupation. Il ne se passait pas un jour sans qu’ils ne se donnent l’un à l’autre du plaisir. Ce besoin de sexe intense, encore et encore, ce besoin de sentir l’autre et de se repaître de sa chaire, cela n’était nullement dût à la vie commune partagée avec David. Ce n’était pas un apprentissage, ou même du conditionnement. Romain était sulfureux à la base. Son ex époux n’avait fait que tirer avantage de sa prédisposition dans le domaine, pour faire de lui exactement ce dont il désirait. Et ce qu’il désirait à l’époque, ce n’était pas aussi respectueux que ce que désirait le sénateur. Reprocher à Gabriel ses élans amoureux, sa fougue, son besoin d’être en lui, leurs jeux coquins et hard parfois, ce n’était pas correct, surtout lorsqu’on savait que Romain aimait s’offrir à lui sans aucune retenue, et qu’il n’était jamais le dernier à réclamer moult plaisirs.

« Maintenant ! Continue à jouer pour la galerie au gentil petit sénateur hétéro, j’en ai plus rien à foutre ! » s’emporta à nouveau Romain. « Mais avant tout... » Violemment, avec une rage excessive, il abattit le plat de son pied contre le phare de l’Aston. Celui-ci se brisa en plusieurs éclats. « Va te faire foutre et casse-toi connard ! »
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Message(#) Sujet: Re: Plus jamais deux Jeu 28 Oct 2010 - 12:03

Romain parlait trop.

D'ordinaire, Gabriel ne se lassait jamais de son timbre et du flot continuel de paroles qu'il débitait, lui racontant avec force de détails, chaque épisode de sa journée auquel il n'avait pu assister à ses côtés. Évidemment le sénateur entendait la mélodie de sa voix d'une oreille distraite plus qu'il n'écoutait les mots et ne discernait le sens des phrases avec un intérêt profond, et il lui arrivait parfois lorsqu'il avait besoin de calme, de monter subrepticement le son de télévision jusqu'à ce que Romain comprenne et déclare forfait. Mais il ne pouvait se passer bien longtemps de la conversation de son amant, qu'elle soit banale, animée, douce ou encore tapageuse durant leurs scènes de ménages.

Pourtant à l'instant, il se sentait revivre l'épisode sordide d'il y a trois mois, dans une cave au fin fond des Everglades, face à un Romain déchaîné qui tant par ses mots qu'en utilisant un autre homme, ne poursuivait qu'un seul but : lui faire le plus de mal possible. Une colère plus intense se mit à sourdre en Gabriel comme d'une plaie trop récente à ce souvenir, mêlé aux mots coupants comme des lames de rasoirs que Romain lui crachait au visage avec une morgue redoutable. Comment pouvait-il le rendre responsable des derniers évènements ? Croire qu'il y avait prit la plus petite once de plaisir ? Ou encore, et ce fut le pire, oser le comparer à David ?

Sans sourciller, Gabriel ne quittait pas son époux des yeux. Ils auraient tout aussi bien pu se trouver seuls en plein désert. Il le regardait d'un regard vivant, comme s'il le voyait pour la première fois à l'occasion de cette épreuve de volonté. Peut-être qu'après ça, il pourrait enfin s'en aller. Peut-être que s'il encaissait cette salve, ils pourraient éviter de se faire plus de mal inutilement.

« Maintenant ! Continue à jouer pour la galerie au gentil petit sénateur hétéro, j’en ai plus rien à foutre ! Mais avant tout ! Va te faire foutre et casse-toi connard ! » C'est avec effroi que le sénateur vit le phare de sa précieuse Aston se faire réduire en miette par la fureur de son amant. En quelques seconde à peine son stoïcisme de façade vola en éclat et son air atterré, voir horrifié, se mua en un masque de rage qu'il avait contenu en lui autant qu'il était humainement possible.

« Toi vas te faire foutre ! » claqua t-il d'un coup, lui saisissant un bras qu'il tordit cruellement dans son dos tout en le plaquant de nouveau contre l'acier froid de sa Vanquish malmenée.

Romain ne l'avait que trop cherché. Par deux fois il avait attisé un feu qu'il savait indomptable lorsqu'il franchissait volontairement les limites. Il en avait fait les frais une première fois il y avait longtemps. Ça ne lui avait de toute évidence pas servit de leçon. « A quoi tu joues, Romain ? Qu'est ce que t'espère exactement en me poussant à bout ? Ça te manque de te faire battre ? » Il resserra un peu plus sa prise sur son bras et le contraignit à l'immobilité, le maitrisant à la manière d'un flic arrêtant un gangster. Il lui faisait mal, il le savait. « C'est ça que tu veux ? C'est comme ça que tu prends ton pied ? »

Par ses insultes Romain avait écorné son amour-propre. Et des trois manières de tenir un homme : l'amour, le sexe ou l'orgueil, le jeune homme exploitait avec brio chaque facette de Gabriel, le poussant toujours plus loin dans ses retranchements. Si bien que maintenant, le brun ne cherchait plus à se défendre. Pas par les mots en tout cas. Il l'avait comprit, chaque plaidoirie n'amènerait qu'une nouvelle attaque cinglante.

« Tu veux que je te dise ? J'en ai rien, mais alors strictement à foutre de ce que tu penses ! Que tu vailles tes putain de deux millions de dollars ou pas. J'ai fais ce que j'avais à faire. Mais la vérité, c'est que t'adore la brûlure sur ton talon, je suis même étonné que t'ai pas poussé un couinement de plaisir quand on te l'a infligée. Tout comme t'adorais être l'esclave de David, même si en façade tu pleurniches parce qu'il te traitait comme une merde, en fait c'est exactement ce que tu voulais. Et c'est exactement ce que t'attends de moi. » Sa main libre enserra le ventre ferme de Romain qu'il attira un peu plus contre lui, tandis qu'il lâchait cette dernière phrase avec une concupiscence exagérée saupoudré de dédain.

« Ça te plairait que je te saute là maintenant ? Tu ferais semblant de te débattre et puis tu quémanderais mes coups de reins en me suppliant de te prendre plus fort. » Il joignit le geste à la parole, donnant un coup de bassin tendancieux contre les fesses de son amant. Contrairement à d'habitude, lorsqu'ils s'agissait de leurs jeux, il n'y avait dans cette proposition aucun vice amoureux, seulement une provocation froide destinée à humilier Romain. Et il fallut à Gabriel toute sa volonté pour réprimer le frisson qui électrisa bien malgré lui son corps à ce contact. « A moins que ce ne soit pas seulement de ce genre de coups dont t'as besoin pour jouir comme tu aimes. T'as envie qu'on s'aventure sur le terrain de David ? » Une nouvelle fois il lui tordit un peu plus fort le bras dans le seul but de lui arracher un gémissement de douleur.

Romain avait raison sur un point : il éveillait autant de désir que de dégout en Gabriel. Pas à cause de son passé, mais parce qu'il excitait ses plus bas instincts. Une petite voix au fond de lui murmurait au sénateur de reprendre le contrôle. Qu'il aimait Romain et qu'il s'était promit de ne jamais lui infliger les souffrances que son ex-mari lui avait fait endurer. Pourtant, il la chassait avec fureur. Romain lui faisait mal, il était juste qu'il récupère la monnaie de sa pièce, se rende compte de son erreur et baisse les armes, par la force s'il le fallait.

« Vas-y repousse moi ! » demanda t-il avec empressement dans l'espoir que Romain le rejette. Puis il ajouta d'un ton suave tout en effleurant sa nuque de ses lèvres : « Si c'est vraiment ce que tu veux. »
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Message(#) Sujet: Re: Plus jamais deux Sam 20 Nov 2010 - 3:37

Vilain petit garçon…

Le dérapage n’avait pu être évité. Le couple de jeunes mariés avaient foncés droit dans le mur, conscients malgré tout que le pire était encore à venir. Penché sur le capot froid de cette maudite voiture dont il méprisait jusqu’à l’existence, le bras tordu dans le dos au point d’en avoir les larmes aux yeux tant la douleur lui brûlait l’épaule, et son mari pressé tendancieusement et obscènement contre son fessier offert, Romain subissait le retour de bâton. C’était à son tour d’essuyer les coups. Au propre, comme au figuré. Etrangement, plus que la douleur physique qui lui tétanisait le bras, ce fut les mots durs et injustes que lui dit Gabriel qui le firent souffrir le plus. Les larmes lui montèrent aux yeux mais Romain refusait cependant – par fierté sans aucun doute – de les laisser s’écouler librement. Il n’était pas question que Gabriel savoure sa victoire. Car il avait bien gagné le salaud ! Il avait réussi à retourner la situation et à le faire souffrir à son tour.

Comment tout ceci avait-il bien pu déraper à ce point ? Romain ne les reconnaissait plus. Où étaient donc passer leur couple d’amoureux fous ? Ils étaient devenus deux ennemis qui s’affrontaient sur un terrain dangereux. Ils se faisaient consciemment du mal à l’un et à l’autre. L’attitude méprisante et méprisable de son mari lui faisait terriblement souffrir le cœur. Pourtant, malgré sa peine, Romain ne pouvait se raisonner et arrêter leur descente aux enfers. Il n’avait aucune envie de baisser les armes. Pire encore, plus Gabriel persistait à lui tenir tête et à refuser de céder, et plus son désir de vengeance augmentait crescendo, nourrissant cet être mystérieux qui l’habitait et qui réclamait la tête de McAllister. Pourquoi diable ce crétin de sénateur ne comprenait-il pas qu’il était testé ce soir ? Romain ne désirait rein d’autre que des preuves d’affection, d’amour et de loyauté. Il voulait simplement lui faire comprendre que cette situation avait assez durée, et que maintenant, il était peut-être temps de penser à s’afficher ouvertement comme un couple. Mais encore une fois, Gabriel persistait à rester sur ses positions. Il aimait sa carrière bien plus qu’il ne l’aimait lui !

Cet amer constat était difficile à admettre. Jamais il ne gagnerait cette bataille. Il ne pouvait que s’en prendre qu’à lui-même après tout. Qu’avait-il de plus que les autres pour pousser Gabriel à crier haut et fort son amour pour lui ? Certainement pas sa vertu ! Il n’était qu’une pute après tout. La salope d’Océan Grove ! Une petite voix au coin de son crâne ne cessait de le lui rappeler régulièrement. Gabriel avait tout vu. Il savait la profondeur de ses abysses. Il savait jusqu’où son corps avait été souillé. Et pire encore, il savait combien il aimait l’être… même aujourd’hui et avec lui !

Tu crois réellement qu’il voit autre chose en toi qu’une simple salope qui s’occupe bien de sa queue, Romain ? Tu vas où mon beau ? As-tu déjà couché avec un homme qui te respecte ? Gabriel me respecte. Tu crois ? Oui ! En apparence, mais lorsqu’il s’agit de s’afficher avec la putain d’Océan Grove, il n’y a plus personne. Tu sens comme il bande alors qu’il te fait mal ?

Cette petite voix au coin de son esprit était toujours là, insidieuse, malsaine et mauvaise. Comme une conscience, en veille, qui ne se manifestait que lorsqu’il fallait conforter Romain dans ses idées noires. Tant d’hommes l’avaient souillés. Tant de coups lui avaient été portés. Et si Gabriel avait raison ? Et si il aimait ça ; être traité de la sorte ? Si inconsciemment, il poussait les hommes à agir de cette manière avec lui ? Et si c’était ainsi et pas autrement ? Pourquoi souffrait-il alors qu’il ne méritait aucun respect ? Toutes ces années, Romain avait été une pute pour les hommes. Toutes ces années, il n’avait été que leur défouloir. Que leur exutoire sur lequel ils pouvaient assouvir tous leurs vices. Ce soir encore, Gabriel ne faisait pas exception à cette règle. Et Romain en voulait pour preuve l’entrecuisse gonflée de son époux qu’il sentait se presser fortement contre ses fesses, comme si il cherchait un passage à travers la couture de son jeans afin de prendre entièrement possession de lui.

Et si au final, tout n’était pas réellement que conditionnement de David ? Et si une partie de lui aimait réellement être ainsi malmené par les hommes ? Au fond de lui, Romain ne pouvait nier aimer la soumission dans l’acte sexuel. Il aimait le sexe à outrance et en réclamait plus que de raison. Il n’avait jamais été sage, et encore moins conventionnel. Sa libido était débordante et quasiment sans limite. S’envoyer en l’air était un besoin quotidien qu’il partageait avec Gabriel. Un besoin gourmand qu’il n’arrivait pas à modérer. Comment dans ces conditions, alors qu’il n’arrivait pas à réprimer son besoin de se soumettre à son époux, à quatre pattes et la croupe en l’air, pouvait-il ne serait-ce qu’espérer obtenir le respect et le pardon d’on il avait besoin ? Tout son être exhalait la luxure et rappelait combien il était tout, sauf vertueux. Romain avait du mal à concilier son besoin de sexe torride et sans limite avec Gabriel, et son passé qui lui faisait honte. Il espérait sincèrement que même s'il jouait les chaudasses au lit, Gabriel sache faire la différence et comprenne qu'il ne l'était que pour lui, dans leur propre intimité complice.

« Vas-y repousse moi ! Si c'est vraiment ce que tu veux. »

Sa bouche… son souffle… cette pression contre son derrière… Impossible de résister. Même s’ils s’en voulaient à cet instant, et que la situation avait dépassée le cadre de leurs jeux d’amoureux, Romain n’arriva pas à réprimer ce désir impur qui bouillonnait dans ses entrailles. Il n’y avait certes plus aucune complicité entre eux et ce n’était pas le style de jeux auxquels ils aimaient jouer et où Gabriel pouvait se permettre d’extérioriser sans complexes ni tabous son côté dominateur et macho, mais tant pis, le besoin de lui appartenir était trop intense. Il y avait en Romain ce désir brûlant qui le poussait à répondre favorablement aux avances de son mari. Malgré la douleur qui lui meurtrissait le bras et l’épaule, le corps de Romain se cambra donc, et ses fesses se pressèrent davantage contre l’entrecuisse de plus en plus dure du sénateur. Il savait que c’était mal. Qu’il allait faire souffrir encore plus Gabriel, et le pousser dans ses derniers retranchements, mais qu’importe, Romain exhalait la vengeance.

« Baise-moi. » supplia-t-il du bout des lèvres comme une supplique douloureuse. « Ne fais surtout pas semblant d’être dégoûté par tout ceci. Tu aimes me soumettre et me souiller. » Il osa à peine tourner légèrement la tête, croisant de son regard larmoyant mais pour le moins méprisant, celui de son amant affaler sur son corps. « C’est ce que je veux Gabriel, et c’est ce que je mérite. Alors arrête de jouer au prince charmant car tu ne l’es pas. Si ça te dégoûtait tant que ça de me baiser avec violence ici, tu ne banderais pas. Alors rends-nous service à tous les deux et assumes aimer baiser brutalement ta salope de mari. »

Le cœur au bord des lèvres à cause de la tristesse infâme qui l’envahissait, Romain donna un petit coup de fesses au grand brun pour l’exciter davantage. Qu’avait-il dans le cœur, dans la tête et dans l’âme pour agir ainsi ? Quelle sorte de démon se cachait-il derrière son visage d’ange ? Au lieu de demander pardon à Gabriel, Romain persistait à suivre ce chemin destructeur. Il s’enfonçait et s’entêtait, coincé dans sa tourmente, dans cette spirale destructrice. La voix qui murmurait dans un coin de son esprit ne cessait de le pousser à agir de la sorte. Il ne méritait pas mieux de toute façon. Encore une fois, il n’était qu’une pute qui ne servait à rien d’autre qu’à satisfaire les vices des hommes. C’était ainsi qu’allaient les choses depuis des années. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?

Mais alors que Gabriel semblait en proie à une lutte intérieure, Romain se rendit soudainement compte d’une chose essentiel. Comment pouvait-il être aussi néfaste ? De quelle sorte de pouvoir horrible et terrifiant les enfers lui avaient-ils fait don ? Quelle fée démoniaque s’était donc penchée sur son berceau à la naissance ? Romain se rendait compte qu’il détruisait les hommes qui avaient le malheur de s’attacher à lui. David avait tourné psychopathe fou, Aaron avait trouvé refuge dans une secte, Liam fit une croix sur son hétérosexualité le temps d’une nuit, Ceasar avait été jusqu’à tuer David, et Gabriel… ô Gabriel…
Flashback
Le 12 juillet 2011 ~ 23h26

Adossé contre la tête de lit, bien planqué derrière un quelconque dossier qu'il lisait sans en comprendre le sens, Gabriel était agacé. Il avait crié, abattu sa main contre le mur juste à coté du visage de Romain, et avait finalement attrapé sa veste et les clés de l'Aston, bien décidé à se trouver un bar où il pourrait maudire l'entêtement ridicule de son petit ami entre deux verres de whisky. Rien de compliqué jusque là, si seulement l'abus de l'alcool n'avait pas eu le goût amer et bien trop familier des trois jours passé dans les Everglades, durant lesquels la compagnie de sa bouteille avait été son seul recours contre la vague de désespoir continue qui s'était emparée de lui. Battant en retraite devant ce pitoyable constat, le sénateur avait rapidement regagné sa demeure, rongé tant par le mal-être qui ne le quittait plus depuis son retour d'Inde, que par l'irritation causée par sa toute nouvelle dispute avec Romain.

Franchement ce n'était pas comme si Romain ignorait que Gabriel soutenait la cause de Chris en tant que représentant de quartier. Sauf que bien sûr, dans un élan d'égoïsme propre à lui seul, Romain avait ramené sur le tapis cette vieille histoire de trafique d'animaux pour laquelle Chris avait déjà purgé sa peine. Ce n'était pas tant la vindicte soudaine à l'encontre de Chris qui avait éprouvée les nerfs du sénateur, que le rapprochement qu'il avait fait entre la rédemption que l'étudiant réclamait et sur laquelle Romain avait craché ouvertement, alors que lui-même, à peine quelques jours auparavant, avait sollicité le pardon de Gabriel après l'avoir manipulé, insulté et fait vivre trois jours d'enfer.

Et il le lui avait accordé. Ce con !

Du moins il essayait, mais les jours avaient beau s'écouler, la rancœur parcourait inexorablement ses veines.

Toujours est-il qu'il lisait. En tout cas, il faisait semblant, toute son attention focalisée sur la porte entrouverte de la salle de bain attenante où le clapotis de la douche s'était arrêté depuis quelques minutes. Lorsque Romain émergea, une serviette ceignant sa taille, Gabriel haussa un sourcil. Son petit ami boudait, lui aussi agacé par leur dispute au sujet de Chris. Il n'aurait jamais prit la peine de cacher ses courbes de rêve sous une serviette si ce n'était pas dans le seul but de punir Gabriel.

Son agacement se dissipa aussitôt pour laisser place à une sorte d'amusement devant la réaction de Romain et sa soudaine pudeur. Il sauta du lit, et fut sur lui en quelques pas, approchant de son dos alors que le jeune homme farfouillait dans la penderie. Sa peau était encore chaude de la douche dont il sortait et une agréable odeur de vanille émanait de son corps.

« Tu sens bon. » souffla Gabriel contre sa nuque, décidé à faire la paix pour ce soir.
« Normal, je sors de la douche. »
Gabriel déposa une main contre le ventre ferme de Romain mais celui-ci se déroba immédiatement de son étreinte et le planta là.
« Laisse moi tranquille ! » claqua-t-il sans équivoque.

Un mélange de frustration et de colère monta de nouveau en Gabriel qui resta immobile quelques instants pendant que le jeune homme se glissait sous les draps, seulement vêtu d’un caleçon de nuit. Il prit une profonde inspiration afin de garder son calme et le rejoignit au lit.

« Tu avais tort, alors arrête de faire la tête. » demanda t-il avec douceur tout en caressant le galbe d'une hanche dénudée.
« Fiche moi la paix. »
Une nouvelle fois, il sentit le corps de Romain s'échapper de sous ses doigts, lui tournant ostensiblement le dos. Un brusque élan d'exaspération le piqua alors au vif.
« Arrête. » Cette fois c'était un ordre. Il le saisit par l'épaule, l'obligeant à se retourner et se plaça au dessus de lui.
«Je me suis emporté, je n’aurais pas du. Je suis désolé, mais tu n’y as pas été de main morte non plus tout à l’heure. On peut arrêter là ? »
Ce n'était pas tellement un vraie question qu'une affirmation à laquelle Romain n'avait pas intérêt de répliquer.

Sans attendre de réponse, Gabriel plongea son visage dans le cou du jeune homme, dévorant sa peau avec voracité.

« Romain... »

Gabriel sentit sa gorge se nouer, ne sachant trop si c'était à cause des sensations contradictoires qui le submergeaient ou de sa propre voix désespérée et de tout ce qu'elle ne disait pas. A ce moment là, si Romain avait pu lire dans les yeux de son petit ami, il y aurait vu ce désespoir qui régnait au fond de son regard. Sa passion sauvage n'étant que l'expression de tout ce qui s'était passé entre eux, de ce qui avait été bafoué en l'espace de quelques jours dans la vie du sénateur. Sa fierté, son cœur. Gabriel était dévasté, épuisé, fou amoureux et terriblement en colère à la fois. Et par-dessus tout, et même s'il se détestait pour cette faiblesse, il avait besoin de Romain.

C'est pour cela que lorsqu'il sentit son amant se raidir sous son assaut, le brun ne s'interrompit pas mais attrapa au contraire les mains qui s'étaient faufilées sur son torse pour le repousser et emprisonna les poignets de Romain de chaque côté de sa tête alors qu'il le pressait un peu plus fort contre le matelas.

« Arrête un peu. Tu ne vas pas me faire croire que t'en as pas envie autant que moi. »

Et sur ces mots, Gabriel prit ce qui lui revenait de droit, sans concession. Il posséda entièrement Romain, ignorant ses protestations et ses plaintes. Pas une fois, il ne releva la tête pour le regarder, et ce jusqu'à ce que ses coups de reins, secs, profonds et violents, armes tranchantes s’il en est, se fassent plus rapides et qu'il se libère enfin dans la jouissance, de cette pulsion sexuelle désespérée, froide et vengeresse.

Haletant dans le cou de Romain contre lequel il venait de se laisser retomber, un terrible sentiment de honte s'empara de lui en même temps qu'un fil de pensée cohérent reprenait place dans son esprit. Qu'est ce qu'il avait fait ?

Il se dégagea vivement sur le côté « Oh mon dieu... Je ne sais pas ce qui m'a prit Romain, je... » murmura-il presque malgré lui, cherchant en vain des mots d'excuse, une explication à ce qu'il venait de faire. Mais c'était trop tard.

Sans un mot, ni même sans un regard, Romain s'était tourné sur le côté, lui tournant le dos. Et un silence accusateur vint peser entre les deux hommes. Gabriel aurait tout donné pour qu'il s'emporte, tempête, le traite de tous les noms, le frappe même ! N'importe quoi qui lui permette de se sentir moins fautif, moins minable, moins monstrueux...
… il perdait pieds.

Oui, Romain détruisait les hommes. Il possédait un pouvoir sur eux. Un pouvoir qu’il ne maîtrise hélas pas et dont jusqu’à ce jour, il n’avait pas conscience. Gabriel n’avait pas échappé à ce fléau. Il l’avait violé et déjà frappé par le passé. Tout recommençait aujourd’hui. Une part de Romain se noyait dans un océan de désespoir et de regrets, mais cette partie de lui, infime comparée au mal-être qui l’habitait, se faisait étouffer et bâillonnée par le démon qui régnait en maître sur sa conscience depuis tant d’années. Qu’importe la douleur. C’était ainsi. Il fallait l’oublier car il ne méritait pas mieux. Ne pas voir les choses et les oublier étaient plus facile. Ce fut donc ce que Romain fit encore une fois. Il cacha dans un coin d’ombre de ses pensées la douleur pour ne laisser s’exprimer que la colère et le dégoût qu’il portait à lui-même.

Pourquoi tu fais semblant de ne pas aimer ça ? Une partie de toi aime être traiter de la sorte… Tu ne mérites pas mieux, Romain. Soit ce que tu es.

« Fais-le McAllister ! » ordonna-t-il finalement une fois sa peine ravalée. « Fais-le ! Vas-y ! Baise-moi ! C’est tout ce que je mérite. Vas-y connard ! Car si ce n’est pas toi qui me défonces ce soir, tu sais parfaitement que la salope en manque de queue que je suis ira voir Justin ! » Les larmes avaient disparues des yeux de Romain. Elles avaient laissées la place à un regard terriblement mauvais. Même s’il souffrait toujours du bras et de l’épaule, le jeune homme était bien décidé à se battre et à blesser Gabriel en représailles. Le forcer quasiment à le prendre violemment sur ce parking était une attaque, car sans leur complicité, ils n’étaient plus que deux étrangers qui se faisaient du mal. « Tu veux m’entendre couiner, c’est ça ? Ca t’a déçu de ne pas me voir prendre du plaisir dans la douleur lorsque tes petits copains m’ont marqués comme du bétail ? » Le regard douloureusement planté dans celui de Gabriel, Romain bougea violemment d’à peine quelques centimètres sur le capot, ce qui lui tordit davantage le bras dans un léger craquement sinistre, et le fit gindre de douleur. Malgré cela, il continua, grimaçant sous la vive souffrance qui lui meurtrissait l’épaule et tout le biceps. « Ca te plait ? Tu bandes plus fort ? » Et encore une fois, il gigota, pressant plus fort son fessier contre l’entrecuisse gonflée de son mari, écartant les cuisses et offrant sa croupe dans une posture indécente mais qu’il savait à juste titre être excitante pour son mari. « Dis-le ce que tu penses de moi. Vas-y. DIS-LE ! »


Flashback écrit par Gabriel McAllister
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Message(#) Sujet: Re: Plus jamais deux Sam 20 Nov 2010 - 17:00

MODERATION
C'est le deuxième avertissement pour vous deux. Non respect du règlement sur le contenu des RP, caractères à connotations sexuelles et pornographiques.
FS est un forum dont le contexte est inspiré de Desperate Housewives, des propos aussi crus que ceux ci-dessus n'ont pas leur place sur ce forum. Les topics classés "hot" doivent rester une exception pour les personnages, pas une généralité.

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Message(#) Sujet: Re: Plus jamais deux

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Plus jamais deux

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