AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Let's play Black(out) Jack

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Let's play Black(out) Jack Sam 9 Oct 2010 - 11:20

L'enfer c'est les autres. Ou un truc à la Sartre ; un peu facile, un peu vrai, un peu hypocrite. L'adage seyait parfaitement bien au jeune brun ténébreux ayant pénétré à l'instant même le royaume de l'appât du gain : il portait en étendard le parfum épicé et envoûtant d'une arrogance meurtrie, son regard noisette balayait les environs d'un rapide coup d'oeil qui vint posséder toutes les choses présentes dans ces lieux, et son costume noir magnifiquement taillé avait des échos de tissus de grand couturier. Les apparences sont trompeuses et n'est pas gentleman qui veut : à l'intérieur de lui, bouillonnait cette fureur envers ces autres, ceux qui le poussaient à se rappeler de son passé, ceux qui en savaient trop, quand lui ne savait rien. Une immonde jalousie fielleuse coulait en ses veines envers ces individus qui, dans un sourire exécrable, étaient capables de lui dire qui il était, ce qu'il avait fait, et où il n'allait pas. Son coeur gonflé d'une colère froide et d'un trouble perdu, vint se stopper d'un bond l'espace d'une seconde, avant qu'il ne reprenne vie lorsqu'il vint à penser à Muse. Cette femme, plus qu'un ange tombé du ciel, le sauvait de ses égarements intérieurs : elle était la seule à ne pas lui ressasser ses souvenirs, à ne pas lui souffler qui il avait pu être, et à lui assurer qu'il pouvait devenir qui il souhaitait. Loin de ceux qui savaient. Et Dieu qu'il avait horreur d'être dans le doute, comme il l'était aujourd'hui à chaque instant, vivant son amnésie comme un fardeau. S'avançant parmi la foule trop bien habillée, ne prêtant guère attention à l'excès de faste et d'étalement de richesse se déroulant devant ses yeux, Pride vint tracer un chemin directement vers les tables de black jack : il y avait dans cette démarche quelque chose de naturel, comme si tout son être tentait de le rappeler à ses souvenirs. Certes, Clyde lui avait fait part de leurs escroqueries passées, qui n'en étaient pas vraiment : décompter les cartes dans un savant calcul mental laborieux, et frapper au bon moment pour détenir le fameux vingt-et-un pour mieux dépouiller le croupier. Assis à la table, le jeune homme fronça un instant les sourcils sous le jeu qui s'offrait à lui : bien sûr qu'il connaissait les règles, mais son amnésie partielle lui avait fait perdre la main. Il ne se remémorait plus ni des tactiques, ni des subtilités, et encore moins des méthodes de comptage bien plus difficiles qu'il n'y paraissait : les enseignements appris auprès du célèbre mathématicien Edward Thorp qui semble-t-il avait été son livre de chevet depuis des années, se floutaient dans son esprit.

« Monsieur ? » Pride sortit de sa léthargie alors que son regard soudain réveillé se posa sur le croupier. « Vous jouez ? » Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête, prêt à remettre son entraînement en pratique. Et tandis que le croupier à peine majeur distribuait les cartes aux joueurs présents, la voix suave et malicieuse de Pride s'éleva d'un timbre bas, son regard noisette posé sur la table. « Avez-vous déjà lu Beat the Dealer ? » « Les casinos n'aiment pas vraiment qu'on leur parle des méthodes les plus sûres pour les dépouiller... » Son interlocuteur eut néanmoins un bref sourire amusé qui vint faire écho à celui de Pride, portant son verre à ses lèvres. « Je sais. C'est pour cela que je vous pose la question. » Un léger rire vint secouer le croupier qui, amusé par la provocation légère de Berrington, tenta de retrouver son sérieux austère alors que le jeu commença. « Carte. » fut le mot d'un des joueurs présent qui ponctua l'arrivée d'une sublime créature à la chevelure noire et aux formes divines, qui s'était alors avancée vers la table. Le regard ambré de Pride se posa sur la silhouette délicieuse, et un sourire charmeur vint habiller ses lèvres désireuses comme il reconnut Meaghan venant s'asseoir à la table afin de rejoindre la partie. Faisant fi des autres joueurs, et se fichant bien de les déconcentrer, Pride se pencha vers la belle arrivante avant de lui souffler de son éternelle voix caressante. « Je n'ai pas eu la chance de recevoir un appel de ta part. » Et le jeune homme de se redresser, son regard pénétrant et joueur ne quittant plus les prunelles satinées de la fatale Meaghan. « Pourtant j'aurais tellement aimé savoir ce que tu me reprochais vraiment. Cette histoire de robe a excité... » Léger coup d'oeil dévorant de haut en bas, déshabillant la demoiselle du regard, avant de reprendre dans un sourire en coin. «  ... ma curiosité. » ... Une perversité de principe.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Let's play Black(out) Jack Lun 11 Oct 2010 - 18:36

Les galas de charité, une des bien trop nombreuses soirées mondaines qui ponctuaient la vie de la jeune héritière, qui se devait de représenter la famille Fitzgerald parmi les aristocrates de cette ville. Les participants étaient nombreux, si bien que se jouait là un véritable théâtre de la rue ; entre les éternels pique-assiettes qui ne résistaient jamais à l’attraction du buffet, les expositions des joyaux plus brillants les uns que les autres accrochés sur ces pantins insipides, ou même les scènes de ménage qui se jouaient à la vue de tous, et qui pourtant étaient passées sous silence jusqu’à la fin de la soirée. Et si le thème de ce rassemblement était la charité et l’entraide, tous n’étaient là que dans un but hautement égoïste ; redorer le blason de leur famille respective, car faire bonne figure était essentiel si on voulait survivre dans ce monde où tout se savait. Meaghan ne faisait pas exception à la règle, même si l’idée de faire un chèque de plusieurs milliers de dollars aux yeux de tous, et particulièrement de ses réfractaires avait tendance à irriter les nerfs de l’héritière, n’aimant guère devoir se justifier et prouver ses actes. Mais le Patriarche ne lui avait laissé le choix, lui-même étant en train de séduire quelques veuves éplorées afin de les ramener à sa cause. Oui, la maison de couture Louis Fitzgerald engendrait des millions de dollars par an, mais elle savait se montrer humaine et aider son prochain. Un mensonge de plus, que ces crédules en manque d’amour avalaient avec une ignorance risible. Prenant une gorgée de sa coupe de champagne, la jeune femme parcourut la foule, son regard émeraude passant de personne en personne avec un intérêt critique, avant de finir sur le petit groupe autour d’elle qui s’était lancé dans un débat stérile et dénué de sens. Peu d’humeur à parler de l’économie en chute ou encore du cour de la livre sterling, c’est avec discrétion que la brunette s’éclipsa, distribuant quelques sourires sur son passage et parvenant à sortir de la salle de réception sans se faire remarquer, n’ayant aucun remord à abandonner son cavalier d’un soir. Lorsque la fuite devenait un art, la Belle excellait dans ce domaine ; d’autant plus dans un casino où il était si facile de se fondre dans la foule, de devenir un visage comme un autre attiré par l’appât du gain… ou par l’adrénaline du jeu, pour celle qui aimait tant relever les défis. Se déplaçant avec aisance au milieu des machines à sous et des tables, ignorant les cris de joie pour les plus chanceux ou les lamentations des autres, c’est un air blasé qui s’affichait sur ses traits fins. L’héritière sentait l’ennui s’installer, prémices du besoin de se défouler au détriment d’autrui. Et le destin semblait répondre à ses caprices lorsque, au détour d’une machine, elle tomba sur les tables de Black Jack, et n’eut aucun mal à reconnaitre l’un des joueurs. Même à quelques mètres, le charisme du jeune homme ténébreux était écrasant, le distinguant des autres joueurs dont les teints blafards laissaient présager une malchance qui ne voulait les quitter. Un air à la fois ironique et sombre tandis qu’il semblait parler au croupier, et une nouvelle fois, l’intérêt de Meaghan fut piqué à vif, comme un besoin d’aller au delà de l’image qu’il dégageait se fit ressentir. Une drôle de sensation à laquelle elle n’était habituée, et qui fut presque aussitôt remplacer par l’envie de tester à nouveau Pride, dont l’amnésie partielle n’était plus un secret pour elle. Il l’avait quittée sur une note grandement explicite en la priant de l’appeler, et c’est pourtant aux bras d’une sublime femme qu’elle l’avait croisé dans la rue quelques jours plus tard. Encore bien trop touchée par sa rupture quelques mois plus tôt, avec son petit ami qui s’était avéré infidèle, elle ne put résister à l’envie de s’approcher.

C’est donc avec un sourire aux coins des lèvres que la jeune femme prit place avec élégance à la table de jeu, croisant les jambes et posant sa coupe de champagne sur le bord, comme elle affichait un air insolent, contrastant grandement avec l’amusement pétillant au fond de ses prunelles. « Je n'ai pas eu la chance de recevoir un appel de ta part. » Faisant un léger signe de la main au croupier pour signaler ce qu’elle voulait, c’est avec un soupir qu’elle accueillit les paroles soufflées dans son oreille. « Vraiment ? J’ai pourtant appelé, mais il semble que tu m’aies donné un faux numéro. » Un battement de cils innocent, et déjà la Belle répondait au sourire séducteur de son autre voisin de table dans un automatisme qui était presque insultant pour l’homme. « Pourtant j'aurais tellement aimé savoir ce que tu me reprochais vraiment. Cette histoire de robe a excité... ma curiosité. » Une légère moue délicieuse pour répondre à sa provocation, tandis qu’elle portait la coupe à ses lèvres avant de boire une gorgée de cet alcool noble. « Je n’en doute pas un seul instant. » Des mots murmurés en retour, laissant planer une légère hésitation, comme elle reprenait une gorgée de champagne. Et à nouveau, cet éternel sourire taquin étira ses lèvres, tandis qu’elle plongeait son regard dans les prunelles noisette du jeune homme. « Si tu n’étais pas parti comme un voleur le lendemain, tu aurais assisté à une scène qui aurait ravi tes yeux, sans aucun doute. Mais il est vrai que ta fiancée n’aurait guère apprécié de nous trouver ensemble… comment va-t-elle, par ailleurs ? » Une question à l’apparence si innocente, signalant ainsi le début de ce qui deviendrait bientôt un rituel entre les deux jeunes gens. Une nouvelle joute verbale destinée à repousser l’autre dans ses retranchements, rythmée par l’esprit de compétition de chacun, bien qu’il y ait fort à parier qu’ils se feraient prendre à leur propre piège. Faites vos jeux.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Let's play Black(out) Jack Jeu 14 Oct 2010 - 21:53

« Je n’en doute pas un seul instant. » La provocation de la demoiselle s'alliait à une sensualité exacerbée qui vint attirer les regards avides des autres joueurs de la table. Le croupier quant à lui s'attelait fébrilement à la distribution de ses cartes, tentant de garder un flegme à toute épreuve malgré la beauté irradiante de la nouvelle arrivante et la conversation explicite des deux jeunes gens. L'un des hommes assis à la table porta sa main tremblante à son verre qu'il leva sèchement à ses lèvres grasses, dans une envie de taire ses pulsions de sexagénaire vicieux dont la sueur perlant sur son crâne chauve, trahissait les pensées perverses qu'il tentait de réprimer quant à la jeune brune. Sa main tremblante, quant à elle, offrait la vision d'un alcoolique notoire en manque, à la différence de son voisin dont les doigts oblongs s'agitaient sur la table verte dans un tic nerveux : ce dernier montrait des signes de troubles obsessionnels incarnés dans l'hygiène parfaite de ses ongles blancs et de sa manie de poser ses cartes parallèlement au rebord de la table. La femme aux formes grasses et disgracieuses assise à ses côtés témoignait d'une nymphomanie passagère et attendait son prince charmant d'une nuit, au vu de la façon dont elle portait son regard sur les hommes alentours, ses doigts grassouillets tripotant le trop grand nombre de colliers portés à son cou épais... En somme le regard observateur de Pride s'était porté partout, analysant en un quart de seconde le comportement des joueurs adverses, mais n'avait pas encore pris la peine de jauger le jeu lui-même et de tenter un comptage abusif des cartes. Il avait visiblement encore besoin de nombreux exercices pour réapprendre à se perfectionner dans le domaine où il excellait autrefois. Néanmoins, malgré toutes ses observations furtives, il ne put réellement sonder l'attitude de Meaghan qui portait subtilement sa coupe de champagne aux lèvres, si ce n'était une légère frustration piquée, dissimulée derrière une élégance classe. « Si tu n’étais pas parti comme un voleur le lendemain, tu aurais assisté à une scène qui aurait ravi tes yeux, sans aucun doute. Mais il est vrai que ta fiancée n’aurait guère apprécié de nous trouver ensemble… comment va-t-elle, par ailleurs ? » Là était donc la zone d'ombre : elle savait. Dans un soupir faussement blasé, Pride tourna son regard noisette sur le croupier d'un air qui se voulait las, avant de souffler quelques mots épicés. « Que de gros mots échappés de lèvres si délicates... Ma fiancée, Meaghan ? » Et le jeune homme de tourner subtilement ses yeux fauves vers elle à nouveau, un rire s'échappant de ses lèvres comme si la demoiselle avait raconté la blague du jour. « J'ai horreur de ce mot, l'engagement me fait frôler l'apoplexie. Je préfère 'petite amie', c'est plus convenable. » Et dans un sérieux sombrement retrouvé, il daigna pour la dernière fois reposer son regard sur la table de jeu, son sourire s'effaçant alors. Bien sûr que la demoiselle serait tombée sur lui tôt ou tard, se promenant nonchalamment aux bras d'une divine mannequin sur les plages de Miami... Mais le charmeur en lui aurait aimé retarder l'échéance et profiter un peu plus de ce jeu de flirt. Sans jamais aller plus loin, mais pour se satisfaire égoïstement de l'effet qu'il aurait pu avoir sur la brune volcanique, et dont son attitude de la dernière fois lui avait fortement plu. Il était rare de tomber sur de tels phénomènes, parvenant divinement bien à palier vos répliques voraces. « Mais si ce sont des excuses que tu es venue chercher, alors tu les as. » répliqua alors un Pride d'une soudaine mauvaise humeur, le ton plus froid et sec, ne daignant pas même avancer de véritables excuses. Celles-ci avait été jetées à sa figure, tels de vieux bibelots dont on se débarrasse... Pas même bons pour un vide-grenier. Monsieur Berrington n'aimait pas voir son jeu s'achever plus tôt que prévu, pas plus qu'il aimait perdre. Malheureusement pour lui... « Vingt-et-un. » chanta alors le croupier, annonçant une partie gagnée pour celui-ci. « Maintenant si tu permets, tu pourris mon jeu et nuis à ma concentration. » murmura Pride dans une mauvaise foi absolue, son regard toujours braqué sur ses cartes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Let's play Black(out) Jack Dim 24 Oct 2010 - 15:10

Le jeu prenait ainsi place au milieu de ce casino prestigieux, autour de ces tables ou de ces machines à sous, comme tous ces joueurs ne pouvaient s’empêcher de voir de la chance là où il ne s’agissait que de statistiques, de croire en un destin qui était pourtant des plus cruels. Les esprits s’échauffaient, poussés par cette utopie de voir leur vie bouleversée, et occultant leur jugement. Les casinos offraient bien souvent de funestes scènes, et si beaucoup croyaient en leur bonne étoile, cette dernière n’était rien d’autre que la luxure, entrainant ses proies dans l’enfer du jeu. Un fait incontournable, qui avait pour résultat de tenir à distance la jeune femme de tels endroits, comme elle était parfaitement conscience de ses propres faiblesses. L’adrénaline qui affluait lorsque les dés étaient tirés, cette même adrénaline lorsque l’on attendait la carte qui pouvait tout changer et que le croupier tardait à montrer. Une fraction de seconde, pendant laquelle l’on était suspendu à chaque mouvement, tandis que le temps semblait ralentir dans un supplice interminable. Une sensation qui se transformait vite en un besoin, pour celle qui aimait tant prendre des risques. Une tête brulée parmi tant d’autres, mais dont ce côté si passionnel la rendait d’autant plus instable. L’espace d’un instant, Meaghan posa son regard sur son jeu, hésitant grandement quant à l’ordre de ses priorités. Torturer son voisin ou céder à un jeu de cartes dont elle ne connaissait seulement que les règles de base ? Un choix cornélien, qui fut résolu pour elle lorsque la voix basse de Pride s’éleva. « Que de gros mots échappés de lèvres si délicates... Ma fiancée, Meaghan ? J'ai horreur de ce mot, l'engagement me fait frôler l'apoplexie. Je préfère 'petite amie', c'est plus convenable. » Perdue face à ses paroles, elle en oublia presque sa répartie lorsqu’elle comprit le quiproquo ; Pride parlait de sa petite amie actuelle, probablement la brune à la silhouette d’un mannequin qu’elle avait aperçue quelques jours plus tôt. Mais presque aussitôt, un nouveau sourire étira les lèvres de la jeune femme, comme elle ne put s’empêcher d’approuver ses dires d’un simple mouvement de tête presque indiscernable. Elle avait failli se laisser prendre au piège quelques mois plus tôt, s’abandonnant aux affres de la passion, et la trahison lui avait laissé un goût amer. Elle pouvait encore sentir cette plaie béante qu’Enrique lui avait laissée en guise d’adieu, et ainsi, elle comprenait parfaitement le besoin de fuir toutes formes d’engagement. Ses pupilles se voilèrent quelques instants, seul signe apparent de son trouble, avant qu’elle ne reprenne presque aussitôt le contrôle d’elle-même. Dans un monde tel que le sien, les faiblesses ne pouvaient être exposées. Meaghan ne répondit pourtant pas, buvant une nouvelle gorgée de son champagne –et à ce rythme là, elle serait saoule dans peu de temps. « Mais si ce sont des excuses que tu es venue chercher, alors tu les as. » Une moue boudeuse accueillit ses propos, montrant presque sa déception. La brunette ne s’était pas attendue à des excuses, tout comme elle n’était pas venue en chercher. Ne se laissant cependant peu impressionner par le ton brusquement plus sec du brun ténébreux, elle abandonna son jeu de carte comme un jouet passé de mode pour se tourner légèrement, faisant ainsi face à Pride. « Je ne pensais pas que tu étais le genre d’homme à bouder » titilla-t-elle, soufflant ces quelques mots dans son oreille avant de se redresser. « Maintenant si tu permets, tu pourris mon jeu et nuis à ma concentration. » Un doux rire cristallin s’échappa de ses lèvres, et sa bonne humeur revint aussitôt. Il ne fallait que peu de choses pour divertir l’héritière. Son regard émeraude se posa sur l’un des joueurs, dont l’expression fermée sur son visage ne laissait place à la confusion. La discussion des deux jeunes gens était en train de troubler sa concentration et il n’y avait aucun doute que si jamais il venait à perdre, ce serait de leur faute, et non pas parce qu’il s’agissait là d’un joueur médiocre qui dilapidait son argent futilement. La réponse de Meaghan ne se fit pas attendre, comme elle lui souffla un baiser de la main provocateur à souhait, jeune effrontée qu’elle était. En vérité, elle était incapable de tenir en place, telle une enfant qui ne pouvait rester calme plus de cinq minutes. « Tu m’en vois là sincèrement désolée, je ne voulais pas causer la perte du grand Pride à une table de jeu. Je ne te pensais pas si facilement … distrait. » Un haussement de sourcils interrogateur, tandis que la jeune femme laissait échapper un soupir qui se voulait las. Ouvrant à nouveau la bouche pour ajouter quelque chose, elle fut stoppée lorsque toutes les lumières s’éteignirent, plongeant le casino dans le noir. Chacun attendit dans un silence presque religieux le retour de la vie, et ce fut la voix du croupier de leur table qui s’éleva en premier. « Mesdames et Messieurs, merci de ne pas bouger. Par mesure de sécurité, nous vous demandons de bien vouloir rester à votre place le temps que les lumières reviennent. » En d’autres termes, cela ne servait à rien de chercher à voler les précieux gains, car il était impossible de sortir. Plissant les yeux pour tenter d’ajuster sa vision dans la pénombre, Meaghan se tourna vers Pride, le distinguant à peine grâce aux lumières verdâtres venant des indicateurs des issus de secours. « Bien, il semblerait que cette fois-ci, tu ne puisses pas t’enfuir après cette rencontre. J’espère que tu n’as pas peur du noir. » Un sourire innocent apparut sur son visage, bien que personne ne puisse le voir. Après tout, il fallait bien passer le temps en attendant le retour de l’électricité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Let's play Black(out) Jack Jeu 4 Nov 2010 - 22:31

« Tu m’en vois là sincèrement désolée, je ne voulais pas causer la perte du grand Pride à une table de jeu. Je ne te pensais pas si facilement … distrait. » Une moue agacée se dessina sur le visage du ténébreux jeune homme dont le regard ambré, à défaut de pouvoir se lever vers le plafond d'un signe d'agacement méprisant, se hâta de reprendre discrètement le comptage de cartes du croupier aux gestes rapides. L'apanage du joueur habile, c'est encore de faire croire qu'on ne se suspend qu'au seul fil de la chance, laissant faire le reste. Aussi Pride leva sa coupe à ses lèvres, feintant le joueur distrait alors que ses rétines d'acier analysaient le jeu qui se tenait devant elles. D'un rapide coin de l'oeil néanmoins, il avait pu apercevoir la moue effrontée de Meaghan qui arqua les sourcils dans un soupir presque de déception : ce fut néanmoins la dernière vision qu'il eut, délicieuse par ailleurs, bien qu'agaçante, car aussitôt les lumières vinrent s'éteindre dans le casino. Succédant à cette panne soudaine d'électricité, des « ooooh » mitigés, craintifs, surexcités, paniqués, vinrent emplir les locaux sous l'agitation probable des agents de sécurité. La voix d'un homme se fit entendre au loin, annonçant que l'immense avenue était elle aussi privée de ses lumières ; et à cette annonce sonnant le glas de l'agitation, des bruits de ferraille lourde se firent entendre : la sécurité venait de les enfermer, de peur sans doute – et légitimement – que quelques profiteurs ne tournent l'absence complète de lumière à leur faveur. Pride lui-même posa son regard sombre par-dessus son épaule, tentant de percevoir de ses rétines perçantes quelque chose dont il pouvait tirer profit : si le jeune homme était devenu amnésique, son esprit opportuniste ne s'était pas évaporé. Car déjà quelques scènes d'Arsène Lupin lui revenaient en tête, lorsque le gentleman cambrioleur profitait du noir dense et de la surprise générale pour dépouiller les demoiselles de leurs précieux bijoux. Précieux, et nombreux bijoux en l'occurrence, puisque le casino était l'endroit parfait pour exhiber son dernier Cartier. Plissant le nez de frustration quant à sa bonne conscience retrouvée face à ses instincts refoulés de caïd des banlieues, il se retourna vers le croupier lorsque ce dernier éleva la voix, dans l'espoir de faire taire la panique. « Mesdames et Messieurs, merci de ne pas bouger. Par mesure de sécurité, nous vous demandons de bien vouloir rester à votre place le temps que les lumières reviennent. » A ses côtés, les joueurs attablés semblaient se dandiner sur leurs chaises ; certains frustrés, d'autres paniqués par la soudaine oppression régnant sur les lieux : l'homme n'est plus homme dès lors que le soleil se couche et que le sentiment de sécurité s'amenuise. Combien de temps encore avant que, parmi toute cette horde d'inconnus, l'un d'entre eux ne redevienne animal et ne laisse parler ses plus bas instincts ? Vol ou hystérie peut-être, revendication d'un plan vicieux mis au point pour dépouiller le casino éventuellement, ou simple tentative de flirt avec la voisine.... ? C'était sur ce dernier point que Pride Berrington allait pour sa part s'illustrer, car à peine cette dernière eut-elle demandé à l'arrogant jeune homme s'il avait peur du noir, qu'il quitta son tabouret, fidèle à lui-même et ne respectant pas les consignes. Sa main masculine frôla la hanche de Meaghan, trouvant ainsi un prétexte à cet effleurement de retrouver son chemin, alors qu'il se posta derrière la demoiselle, un sourire divinement amusé sur les lèvres. Dieu qu'il aimait jouir des situations impromptues pour mieux en tirer profit. Car dans un geste osé pourtant emprunt d'une attitude cavalière, il déposa un baiser lascif sur le dos nu de son interlocutrice, entre ses deux omoplates frémissantes. Pressentant un frisson parcourant l'échine de la délicate effrontée, et qui vint mourir sur sa nuque laiteuse, Pride vint faire glisser son index le long de la colonne vertébrale de Meaghan avant de souffler d'un murmure suave, épicé et savoureux à son oreille : « Moi non, mais il semblerait que je perçois un frisson ici. » fit-il en référence à une éventuelle phobie du noir, remontant alors son index dans une seconde caresse voluptueuse. « Et un autre... Là. Mon dieu Meaghan, que de peurs et de frustrations refoulées. As-tu peur du noir ou du grand méchant loup ? » Humour sombre, humour vil, humour lubrique et joueur. Il fallait s'appeler Pride Berrington, pour profiter d'une coupure si importante pour mieux tenter un flirt avec une proie difficile. C'était abject, c'était absurde, c'était sensuel, c'était osé. Du moins ce fut sans doute ce que pensa le croupier lorsqu'il perçut quelques uns des murmures ardents : « Monsieur s'il-vous-plaît, reprenez votre place, pour votre sécurité. » , répéta alors l'employé sous le sourire cynique d'un Pride indompté et... agaçant.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Let's play Black(out) Jack Lun 22 Nov 2010 - 11:39

Il y avait en cette obscurité régnant en maître dans le casino quelque chose à la fois d’effrayant, et de rassurant pour la jeune femme. La nuit révélait les personnalités tandis que les masques et apparences tombaient les uns après les autres, peu importait l’effort fournit pour les maintenir. Les moins courageux se voyaient là paralysés par l’éternel peur du noir, guettant le moindre danger qui pourrait surgir sitôt qu’ils auraient la tête tourné ailleurs. Leur angoisse grandissante au fil des minutes se transmettait à travers la foule, rendant l’atmosphère chargée et crépitant ; et la fermeture des portes n’arrangea là en rien la situation. Soupirant légèrement sans se départir de son flegme habituel, Meaghan laissa le temps à ses yeux de s’habituer à l’obscurité, parvenant à distinguer les silhouettes l’entourant. Il y avait fort à parier que les générateurs prendraient rapidement le relais sur l’électricité, si celle-ci continuait à faire défaut, et en attendant, la jeune femme ne ratait en rien du spectacle qui s’offrait à elle, la situation l’amusant grandement comme chacun révélait une partie cachée de sa personnalité. Devinant plus qu’elle ne vit Pride se lever de sa chaise, elle ne fut guère surprise lorsqu’elle comprit qu’il s’apprêtait à profiter de la situation, et aussi étonnant que cela puisse paraitre, cela la soulagea quelque peu. Il était exclu pour elle qu’elle reste assise sur sa chaise immobile, effrontée et indisciplinée qu’elle était, et le jeune homme allait lui servir là une excuse sur un plateau d’argent. Ouvrant la bouche pour parler, sa remarque mourut sur ses lèvres lorsqu’elle sentit la main de Pride frôler sa hanche, suivie de quelques secondes par ses lèvres, tandis qu’il déposa un baiser empli à la fois de sensualité et d’une provocation évidente. Un frisson délicat la parcourut, suivit par un nouveau frôlement de la main du jeune homme, la laissant silencieuse un instant. Troublée par le geste osé, ou surprise par sa propre réaction ? Probablement un peu des deux, bien qu’elle ne l’admettrait jamais à haute voix, préférant reprendre le dessus sur la situation. La jeune femme au tempérament de feu se voyait déjà infliger l’humiliation de la gifle en public pour répondre à autant de provocation, même si elle aurait probablement à frapper tous ceux qui l’entouraient avant de parvenir à trouver Pride dans cette obscurité qui ne les quittait plus. Pourtant, cette dernière n’était plus aussi gênante que cela, comme elle permettait aux deux jeunes gens de laisser aller leur provocation, sans se soucier de ce qui les entourait. Hésitant une seconde sur son attitude à adopter, son geste fut suspendu lorsque la voix suave de Pride s’éleva dans un murmure. « Moi non, mais il semblerait que je perçois un frisson ici. » Un nouveau frôlement tandis qu’il répétait son geste, obtenant indéniablement la même réaction. « Et un autre... Là. Mon dieu Meaghan, que de peurs et de frustrations refoulées. As-tu peur du noir ou du grand méchant loup ? » Troublée, étonnée, déconcertée, autant de sentiments qu’elle n’avait pour habitude de ressentir face aux avances d’un homme, et autant de limites qu’elle ne laissait jamais dépasser avec un autre, mais qui d’autre que lui pouvait oser tenter un tel geste dans une telle situation ? Il n’y avait aucun doute, le jeune homme ténébreux et sensuel venait d’élever le niveau de provocation entre eux. Et s’il éveillait là de délicieuses sensations, elle ne pouvait que relever le défi qu’il venait de lui lancer implicitement. Un sourire vint finalement effleurer ses lèvres, et bien qu’il ne se voyait pas dans le noir, il s’entendait sûrement dans sa voix. « Réaction purement instinctive, mon cher Pride, ne te fais pas trop d’illusions. » Un murmure amusé et sensuel, tandis qu’elle descendait à son tour de la chaise pour se rapprocher du jeune homme, peut être un peu trop si on se fiait aux règles de bienséances, si bien qu’elle l’effleurait sans pourtant jamais le toucher. Son index vint alors se poser sur la pommette de Pride, la frôlant avant de descendre jusqu’à ses lèvres, suivant les lignes masculines de son visage. Puis, se mettant sur la pointe des pieds, la jeune effrontée déposa un baiser léger sur le coin de ses lèvres, avant de dévier jusqu’à son oreille dans un nouvel effleurement suggestif. « Tu n’as tout simplement pas cru que cela serait si facile, tout de même ? » Un murmure amusé et provocateur, comme un doux rire cristallin s’échappa de ses lèvres délicates. La voix du croupier s’éleva à nouveau, et Meaghan balaya sa remarque d’un geste de la main. « Ecoute le monsieur, pour ta sécurité. » souligna la jeune femme d’un ton ironique, avant de se reculer légèrement, bien que toujours très proche. Jeu de provocation, ou de séduction ? Probablement un mélange des deux, dans une valse qui prenait dangereusement des airs de tango.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





Message(#) Sujet: Re: Let's play Black(out) Jack

Revenir en haut Aller en bas
 

Let's play Black(out) Jack

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: Miami - Centre ville :: Gold Empire-