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 ILLEGAL | PRIDE

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Message(#) Sujet: ILLEGAL | PRIDE Dim 12 Sep 2010 - 2:30





ILLEGAL
Pride S. Berrington & Ella J. Nielson

FLASHBACK
« Ella. Tu viens ou tu viens pas? » L'adolescente un peu plus âgée qu'elle la regardait avec attention, les sourcils froncés, impatiente. « C'est pas dur comme question. Oui ou non. »
« Je sais pas... Je... Peut-être? »
« Attends, je compte sur toi, moi! Tu peux même venir dormir chez moi après, si tu veux! »
« Okay. Je dois passer chez... Lawson récupérer mes affaires. »
« Je t'accompagne! Tu dois bien avoir un truc mieux que ça à te mettre! Sinon, je t'en passerai un chez moi! »
Sans difficulté, les deux filles étaient entrées dans la boîte de nuit, alors qu'il n'avait suffit que de quelques beaux yeux de la part de celle qui connaissait le videur pour qu'il les laisse passer. Vêtue d'un jean taille basse et d'un débardeur qui aurait pu paraître provoquant, Ella aurait facilement pu passer pour une adolescente un peu plus vieille. Ses yeux étaient joliment maquillés, un peu trop peut-être, et ses cheveux avaient été bouclés par les bons soins de sa nouvelle «amie», la vieillissant de quelques années. La jeune fille n'était aucunement à l'aise dans ce genre d'endroit, les gens se bousculant les uns les autres afin d'arriver au bar en premier. Elle tentait néanmoins de se faufiler, tentant de passer inaperçue, le débardeur emprunté la mettant trop en valeur pour qu'elle puisse réellement se promener incognito. Les regards se retournaient sur elle, des sourires naissaient sur les visages. Elle serait bien restée dans sa chambre, ce soir-là, à écouter sa musique comme elle avait pris l'habitude de le faire, mais pour faire bonne impression, elle avait accepté.

Ce fut pour la même raison qu'elle accepta le cocktail qu'on lui tendait, un léger sourire aux lèvres. Elle regardait autour d'elle, anxieuse, s'assurant de ne jamais être bien loin de celle qui l'avait poussée à la suivre dans sa connerie, consciente qu'elle ne connaissait personne et que, réciproquement, personne ne la connaissait. Elle tentait de rigoler aux plaisanteries des gens toujours plus nombreux qui les entouraient, à croire que cette fille connaissait le quartier au grand complet! Elle s'éloignait directement de ceux qui la collaient un peu trop, leur lançant un regard qui leur signifiait de ne pas approcher. « Tiens, Ella! Josh' est sympa, il t'a emmené un verre! » Ella remercia le dit Josh d'un regard et prit une gorgée de sa boisson. Décidément, certains cocktails auraient pu tromper les papilles des plus habitués tellement l'alcool semblait s'être évaporé. La chaleur de la piste de danse lui avait donné soif et elle s'empressa de finir son verre afin d'être, peut-être, dans le même état d'esprit que les autres, déjà éméchés. Néanmoins, elle sentit sa tête tourner peu après qu'elle ait terminé son verre et posa une main sur son front, consciente que l'effet était un peu trop puissant pour les deux verres qu'elle avait pris. Elle ferma les yeux pendant un court instant, tentant de reprendre ses esprits alors qu'elle semblait être au beau milieu des montagnes russes.

Elle sentit des mains sur ses hanches et n'eut pas le courage de s'éloigner, laissant simplement sa tête reposer sur le torse de celui qui lui avait refilé son dernier verre. « On dirait que t'as un peu trop bu... » Fermant les yeux afin de tenter de se souvenir du nombre de verres qu'elle avait pris, Ella abandonna finalement et secoua la tête en tentant de se dégager. « Pas tant que ça... » Elle réussit à se défaire de son emprise, mais il revint aussitôt à la charge en posant l'une de ses mains sur elle pour l'entraîner plus loin, un peu à l'écart. « T'inquiète pas! Ton amie est tellement saoule qu'elle ne saura même plus que t'étais avec elle. T'as pas besoin de l'avertir... » Il la poussa légèrement contre le mur, la bloquant sous lui alors qu'elle n'arrivait même plus à se souvenir si ce geste était bien ou mal. Elle voulait qu'il parte, mais elle n'avait pas la force de le repousser. Ses lèvres sur les siennes semblèrent lui donner une nouvelle contenance alors qu'elle le repoussait de ses mains sur son thorax, en vain. « Arrête... » Entre deux baisers, elle avait réussit à détourner la tête, ce qui aurait presque pu être perçu comme un jeu de la part de Josh'. D'ailleurs, le jeune homme en profita pour l'embrasser à nouveau, laissant ses mains courir sur elle alors qu'elle n'avait pas la force de lui dire de s'en aller. Ses tentatives de lui échapper étaient toujours vaines et ses gestes, ralentis par l'alcool et la drogue qui coulaient dans ses veines, ne servaient à rien.

« Viens... Y'a un meilleur endroit. » Il avait murmuré ces quelques mots au creux de son oreille alors qu'il désirait l'entraîner plus loin, Ella étant dans l'incapacité de lui dire non ou de s'opposer à son choix.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Dim 12 Sep 2010 - 13:13

Il ne faut jamais sous-estimer le caractère prévisible de la connerie humaine. La preuve étant que les endroits tels que le fameux Parkwest de Miami, ne désemplit jamais d'énergumènes en tout genre identifiables en plusieurs catégories : il y a ceux qui viennent pour se détendre, et accessoirement boire jusqu'à plus soif à en vous exaspérer le patron qui peine à envoyer tous les comateux à l'hôpital chaque nuit, ceux qui viennent pour flirter en espérant que leurs pas de danses lourds et frétillants n'attirent quelques donzelles faciles, à la jupe excessivement trop courte et aux talons vertigineux, et enfin, il y a ceux qui viennent pour gonfler leurs égos en se congratulant les maîtres du monde. Cette catégorie-là demeure de loin la plus intéressante à étudier, puisque les specimens se composent essentiellement d'hommes d'affaires, cigare aux lèvres et rollex au poignet, éléments indispensables pour tenter de se muer en plus-value indéniable. La perversité en prime, le charme en moins, d'une faculté unique d'ouvrir la page boursière du New-York Times tout en louchant sur l'assistante qui bientôt portera plainte pour harcèlement sexuel... Ces derniers sont les plus comiques à détailler, car ce sont ceux qui, malgré leurs apparences d'hommes bien sous tout rapport, demeurent les premiers à suivre une demoiselle peu farouche jusque dans les toilettes de la boîte, main dans la main et alliance à l'annulaire. Monsieur le businessman trompant madame selon les lois universelles de l'infidélité régulière... En vérité, un costard n'est pas pire qu'un blouson noir, comme quoi mieux vaut se méfier des apparences. Cette vision d'un homme presque chauve, entraîné par une blonde peroxydée aux longues jambes dans les toilettes, arracha un bref rire méchamment moqueur à Pride, assis sur un fauteuil bordeaux, un verre à la main. Où se plaçait donc Berrington dans toutes ces catégories plus flatteuses les unes que les autres ? Ici et là, en vérité ; entre détente et flirt, en passant par la notion du business, mais avec une arme en plus redoutable : le sens de l'observation. « Monsieur Berrington, je me présente, je suis Robert Van Dücken. » Le brun ténébreux plissa le nez de mépris, détourna son regard fauve sous les yeux amusés d'une jolie brune à ses côtés, et porta son verre à ses lèvres sous l'air gêné de son interlocuteur. « ... j'aimerai parler affaires si vous le permet... » « Bobby, Bobby... » souffla Pride quand enfin, il tourna ses yeux dédaigneux vers l'homme à la chemise impeccable et au regard appréhensif. « Je suis occupé. » Berrington arqua les sourcils envers son interlocuteur, d'une insolence rare et d'un naturel déconcertant, tandis que d'une main il désignait quelques demoiselles assises à ses côtés. Des canons de beauté ; silhouettes divines et jambes à s'en damner les sens, quoique d'un charme purement relatif quant à leurs visages. Trop fins, trop émaciés, trop fardés d'un maquillage fade dissimulant les petits défauts... Peu importait, le tout était de fermer les yeux, et de penser à une autre, n'est-ce pas ? Quoique ce détail ne semblait tout de même pas s'appliquer à tout le monde. « Hey... » Sans doute était-ce un véritable défilé ce soir, car à peine l'investisseur s'était levé du fauteuil pour mieux partir dépité, qu'une jeune fille à la démarche lourde car plombée par l'alcool, probablement encore en âge de jouer à la poupée malgré ses habits provocants, vint s'affaisser sur le fauteuil auprès de Pride. La demoiselle vint battre des cils avant d'étouffer de rire une fois son verre aux lèvres, qu'elle reposa maladroitement sur la table, avant de se redresser et de tenter une approche vacillante. « Je suis Daisy, et vous êtes ... » « Trop vieux pour toi. » souffla le jeune homme non sans froncer les sourcils, posant son verre à son tour sans jamais quitter la mineure inconsciente de son regard dubitatif. « N'importe quoi, » s'exclama la demoiselle hilare, « ... ma copine et moi, on est majeures ! Regarde, vas-y regarde, tu lui donnes quel âge ? » Et la jeune fille rendue euphorique par le trop plein d'alcool absorbé, de désigner d'un mouvement du bras sec et saccadé, une jeune fille aux cheveux bouclés à l'autre bout de la boîte. Le regard incandescent de Pride suivit son geste, une désagréable impression fourmillant dans son torse, et se posa sur une demoiselle dont la silhouette lui était familière, plaquée contre un mur par un jeune homme un peu trop entreprenant. La foule massive et les lumières hachées et sursautantes, firent que Pride ne pouvait allégrement toiser la scène comme il se devait. Sans un mot, les yeux ambrés toujours posés sur les silhouettes enlacées des deux jeunes gens, Pride se leva avant de s'avancer vers la piste, la scindant en deux par la force de sa prestance, afin de se diriger plus rapidement vers la jeune blonde et son prince charmant aux moeurs douteuses. Et plus il lui semblait qu'il la reconnaissait à chaque pas, plus il accélérait, et plus son regard d'abord appréhensif se faisait assassin. Enfin, la main de Berrington se posa sur l'épaule du jeune homme prêt à embarquer Ella : la force brusque de sa poigne de fer, fit que Josh se retourna.

« T'es qui toi ? Va t'en trouver un autre, dégage. »
« Ne critique pas ma façon de faire, et je ne critiquerai pas ta connerie. »

Le simple regard glacé de Pride, empli d'une colère froide et sèche, parvint à déstabiliser un tant soit peu le jeune homme qui comprit enfin qu'il avait été pris sur le fait. Berrington toisa alors la jeune Ella qui, à moitié inerte car sans doute assommée par d'autres substances que l'alcool, tenait à peine sur ses jambes tremblantes. La jeune blonde s'accrochait avec peine à son ravisseur du soir qui la tenait fièrement dans ses bras.

« Tu l'as droguée, enfoiré. » siffla-t-il dans un timbre dangereux.
« Dégage ! » rétorqua le jeune homme non sans donner un coup d'épaules.

L'altercation commençait à attirer les regards, et d'une oeillade discrète mais froide, Pride avisa autour d'eux : quelques vigiles chargés de la sécurité les surveillaient avec insistance. Il en conclut alors, s'il ne voulait pas s'attirer trop d'ennuis, que mieux valait passer par la subtilité, et moins par les poings. Aussi se pencha-t-il vers le jeune homme avec prestance, le regard carnassier et le sourire mauvais, avant de lui murmurer quelques menaces tournées dans quelques mots ferreux : passage à tabac, soeur ou mère, bitume, boîte crânienne, furent entre autre quelques paroles charmantes entrecoupées de cyniques : politesse, aimable, ou de 'si j'étais toi'... Le tout soufflé en un timbre suave, bas mais détaché, qui acheva ledit Josh de relâcher la demoiselle. Il n'était pas si difficile, en vérité, que d'effrayer un lâche agissant avec l'euphorie des drogues pour traîner des jeunes filles jusqu'à quelques coins sombres ; et alors que le couard en question se dirigeait d'un pas vif vers la sortie, Pride se tourna vers la jeune blonde prête à s'écrouler à terre. La rattrapant de justesse, il la toisa de haut en bas avec inquiétude, détaillant ses habits un peu trop provocateurs. « Ella... » 'Regarde-toi', auraient pu être les mots échappés de ses lèvres, mais en un sens le jeune homme comprenait les besoins des adolescents de repousser leurs limites. Lui-même n'avait jamais été un modèle de vertu et de sagesse. Redressant le menton fin de la jeune fille, espérant que cette dernière n'avait pas ingurgité trop de drogues, il la força à planter ses yeux dans les siens. « Est-ce que tu m'entends ? Réponds moi. » Voyant Ella acquiescer non sans un bref gémissement, ses mains frêles venant s'agripper à ses bras, Pride estima que, peut-être, l'hôpital n'était pas l'issue inévitable. « Tu n'as rien à faire ici, je te raccompagne chez toi. » acheva Pride d'une voix assurée.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Dim 12 Sep 2010 - 22:08

« Tu l'as droguée, enfoiré. » Appuyée contre Josh, qui la retenait fermement, Ella avait la tête qui tournait et elle n'arrivait même pas à distinguer clairement la silhouette qui, apparemment, était mécontente. Elle avait reconnu la voix de Pride, même si elle lui semblait un peu trop lointaine pour qu'il soit tout près. La jeune fille sentit qu'on la relâchait, un peu, et passa une main sur son visage, inconsciente du drame qui se déroulait devant ses yeux ou qui aurait pu avoir lieu si seulement Pride n'était pas intervenu. Elle ferma les yeux afin de tenter de retrouver la partie de son esprit qui lui échappait et sentit qu'elle dégringolait alors qu'il n'y avait plus personne pour la retenir. On la rattrapa fermement et elle ouvrit péniblement les yeux, toujours vacillante. Elle eut conscience qu'on prononçait son prénom, mais elle n'eut pas la force de répliquer et tourna la tête afin d'échapper au regard inquisiteur qui se posait sur elle. Néanmoins, elle ne fit aucun effort pour l'en empêcher lorsqu'il la força à poser ses prunelles dans les siennes. Les yeux sombres et inquiets de son sauveur semblèrent mettre Ella en confiance, malgré elle.

« Est-ce que tu m'entends ? Réponds moi. » Son ton grave la fit acquiescer alors qu'elle n'arrivait pas à formuler le moindre mot, la bouche pâteuse. Elle sentit ses jambes se dérober sous elle et tituba, sa main venant empoigner le bras de Pride afin de se stabiliser. « Tu n'as rien à faire ici, je te raccompagne chez toi. » Cette possibilité lui arracha un regard horrifié alors qu'elle s'éloignait, chancelante, peinant à retrouver son équilibre. « Non. » Elle recula encore un peu, bousculant sans le faire exprès un jeune homme qui releva les bras, en signe de paix. Elle n'était pas sans savoir que les gens avaient dû remarquer le différend qui avait opposé Josh et Pride, mais elle dut faire un effort considérable pour se souvenir de la raison qui l'empêchait de retourner chez elle. Lawson. Lawson la tuerait. Ou bien il l'expédierait elle ne savait trop où en Antarctique. « Je suis censée dormir chez une amie... Je peux pas rentrer. » Les larmes coulaient sur ses joues alors qu'elle gardait une distance raisonnable entre eux, sa main passant et repassant dans ses cheveux désormais légèrement ondulés à la recherche d'une solution. Son esprit pour le moins égaré n'arrivait pas à faire le point sur une seule chose et tout se bousculait dans sa tête dès lors qu'elle tentait de réfléchir.
FLASHBACK
« Je viens juste d'arriver. J'étais à Manchester avant, mais je suis dans une famille d'accueil ici. Le soleil, la plage... J'avais envie d'autre chose. »
« Et comment tu prends ça? »
« Le déménagement, ma nouvelle école, ma nouvelle famille? Pas trop mal. Ce sera toujours mieux que là-bas. » Ella surprit le regard nostalgique de Pride. Elle avait d'abord été craintive quant à son approche, mais il avait rapidement su la mettre à l'aise, même si elle gardait toujours une distance respectable entre eux. Elle aimait bien être en sa compagnie, elle avait l'impression qu'il pouvait la comprendre même lorsqu'elle ne lui disait rien. D'ailleurs, elle avait demandé, quelques jours plus tôt, d'où il venait, et elle s'était pris un «Chicago», sans explications ni rien. Elle n'avait pas insisté, mais avait alors compris qu'il n'avait pas toujours vécu dans la ouate, lui non plus. Reportant son attention sur lui, elle reprit d'une voix douce, se redressant. « Je dois y aller. On va m'attendre. »
« Tu veux que je te raccompagne? »
« Je préfère marcher. Mais merci quand même. » Elle s'était éloignée du parc dans lequel elle s'était arrêtée et se retourna pour le regarder une dernière fois avant de continuer sa route. Bizarrement, malgré sa voiture valant une fortune, malgré son air charmeur et son sourire ravageur, elle lui faisait confiance. Mais pas encore assez.

Elle se mordit la lèvre et faillit trébucher sur un verre vide, regardant autour d'elle avec une lenteur qui ne lui convenait pas, fronçant les sourcils alors qu'elle revenait néanmoins vers Pride, séchant ses larmes d'un revers de la main. Elle aurait aimé pouvoir se jeter dans ses bras sans peur, elle aurait aimé pouvoir se serrer contre lui et se sentir en sécurité, mais elle ne pouvait pas le faire. L'adolescente peinait à garder son regard fixe, mais lorsqu'elle posait, enfin, ses prunelles dans celles de Pride, il lui semblait que tout était plus facile. « Je peux pas rentrer... Je peux pas. » Perdue, le regard un peu dans le vide alors qu'elle n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait avec son propre corps, elle fixait parfois un point au sol pendant quelques secondes, sans véritable raison. Souvent, ça pouvait nous arriver lorsqu'on pensait un peu trop fortement, ou lorsqu'on était excessivement concentré, mais Ella ne pensait à rien. Tout ce qu'elle voulait, c'était ne pas rentrer chez elle. Elle chancela et se retrouva malgré elle contre Pride alors qu'elle redressait la tête pour le regarder, implorant sa bonté. « S'il te plaît... »
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Dim 12 Sep 2010 - 23:19

De nombreux regards inquiets se figèrent sur le trio inhabituel qui éveillait les soupçons, et quand bien même l'assaillant de Ella s'en était parti, certains badauds curieux s'affairaient à détailler l'étrange couple ainsi formé. Pride Berrington sermonnant une jeune fille aux allures de petite poupée aguicheuse, quel étrange tableau... Car il était miraculeux, au final, de voir briller autant d'inquiétude dans le sombre regard de celui qui, disait-on, avait un coeur de pierre. Des pupilles de braise certes, des mots envoûtants, un sourire hypnotique, un charme insolent, mais un palpitant fait de glace et de barricades : quiconque y tendait la main se frottait à quelques plaies béantes la faisant alors saigner. Et cette gamine tenant à peine sur ses jambes, frêle et fragile, semblait éveiller en lui une étrange lueur d'humanité qu'on ne le lui connaissait plus, pour une jeune étrangère, de surcroît. Le jeune homme était par ailleurs prêt à enlever à son tour la jeune Ella assaillie de tremblements furtifs ; quoiqu'elle dise, il la ramènerait chez elle. Et certes, il avait conscience qu'elle écoperait de sermons et de privation de sorties pendant de nombreuses semaines, châtiment sacro-saint des parents pour leur progéniture, mais mieux valait écoper d'un enfermement dans sa chambre, que de croupir ici dans les bras d'un autre pervers. Le regard ambré de Pride balaya l'ensemble des lieux, accrochant au passage quelques silhouettes massives de businessmen aux aguets : probablement les pires prédateurs. Plissant légèrement le nez de dégoût, le jeune homme se retourna vers Ella qui tentait de s'échapper au verdict de Pride, néanmoins la drogue lui assommant les sens, lui brouillant la vision et attaquant son équilibre, fit que la pauvre demoiselle peina à faire quelques pas. Le regard nuageux du jeune homme se troubla un instant lorsque, la voyant ainsi, il lui semblait contempler le reflet de son passé : l'alcoolisme de Dina, sa mère, son passé de junkie, les fêtes futiles plombées de substances illicites qui abrutissaient l'esprit à en crever à genoux. Et il s'était relevé, à chaque fois, la peau écorchée mais le sourire aux lèvres, avant de remettre cette farce stupide au lendemain. Encore et toujours. Fêtes, filles faciles et perdition... Pride ne souhaitait pas cette vie pour la petite poupée qui s'égarait à chaque pas, et ainsi s'était-il fait la promesse d'être son guide, en lui tendant simplement la main. « Je peux pas rentrer... Je peux pas. » La brebis égarée faisait peine à voir, quand affolée et prisonnière, elle se débattait dans un monde qui n'était pas le sien : le regard habituellement dur et froid du jeune brun se radoucit considérablement face à l'ange blond paniqué, quand d'un pas il s'avança vers la petite poupée, ne sachant que dire. Quels mots employer, lorsqu'on souhaitait rassurer une personne ? Pride ne s'était jamais véritablement posé la question, trop égocentrique pour panser les plaies des autres, le jeune businessman avait toujours été convaincu qu'il se fichait bien des problèmes de ses congénères. Mais elle, avait cette faculté de le rendre plus humain et d'ouvrir un peu plus la barricade cernée de son palpitant. Aucun mot ne s'échappa de ses lèvres néanmoins, et ce ne fut que lorsque la demoiselle s'effondra fatiguée dans ses bras, presque en pleurs, qu'il put retrouver l'usage de la parole.... ou presque. « S'il te plaît... » Il hocha négativement la tête, avant de se mordre subrepticement la lèvre inférieur et de clore les paupières. Comment faisait-il pour se mettre dans de tels pétrins à chaque fois ? Qu'allait dire le voisinage, s'ils apprenaient qu'une adolescente de quinze ans, belle comme le jour et candide comme la colombe, avait passé la nuit chez lui, saoule et droguée de surcroit ? Il se haïssait, à l'instant, d'avoir pris la petite poupée sous son aile, et avec tant d'affection. Il ne pouvait la raccompagner chez elle, pas au vu de ses paroles implorantes et de son affolement troublé, pas plus qu'il ne pouvait lui avouer que la ramener chez lui impliquait des conséquences redoutables. Il ne voulait pas lui avouer que le monde des adultes était impitoyable : elle le savait déjà. Alors préférant lui laisser sa candeur, Pride ne lui fit pas part de ses craintes légitimes, et finit par hocher la tête avant de rouvrir ses yeux sur le visage de l'ange blond. « D'accord. Je te ramène chez moi pour la nuit. » souffla-t-il de sa voix suave qui, malgré le timbre bas d'un murmure assuré, parvenait à passer outre la musique forte. « Ne t'en fais pas, il ne t'arrivera rien. » ajouta-t-il pour rassurer la demoiselle tremblante dans ses bras. Quelle étrange impression que de se sentir sauveur et prince... Ainsi c'était ça, la légèreté du coeur ? A choisir tout de même, Pride préférait l'adrénaline et le venin d'une attitude déplacée et froide.

Ce fut couverte de la veste sombre de Pride que la demoiselle quitta la boîte en sa compagnie ; guidée vers la voiture de son chauffeur, la demoiselle encore faible ne pipa mot durant tout le voyage. Pride lui-même conservait pour lui son visage fermé et appréhensif ; le froid avait regagné ses prunelles ténébreuses qui, pensives, scrutaient la route avec un peu trop de sérieux. Il espérait seulement qu'il ne faisait pas la plus grosse erreur de sa vie, car tant de scenarii étaient alors possibles : le commérage de voisins peu scrupuleux, les soupçons d'une police faisant trop de zèle, ou pire les trous de mémoire de la jeune Ella au réveil, qui demeurait peut-être après tout, sous GHB. Faisant finalement confiance à sa chance jusque là insolente, le jeune homme roula jusque chez lui, soulagé cependant d'apercevoir que des ruelles désertes en cette heure si tardive. La porte claqua derrière la silhouette de la jeune inconsciente alors qu'il l'invita à sortir du bolide avant de se diriger vers la porte d'entrée, et ce ne fut qu'une fois passés le seuil de chez lui que le jeune homme vint rompre le silence. Aidant la jeune fille presque amorphe à monter les escaliers, sa voix suave résonnait en écho contre les murs, afin de continuellement la rassurer. « Je t'emmène à la chambre d'amis. » Un détail qui pourtant avait son importance, car Pride comprenait que la demoiselle, à cheval entre deux mondes, peinait à comprendre ce qui lui arrivait. Et plus il la guidait par des mots simples, plus elle parviendrait à apaiser son esprit trouble. Sous ses mots légèrement glacés, pas encore assez mûrs pour bien exprimer tout l'élan d'affection chaleureux qui aurait du habiter sa voix, Pride dirigea sa jeune invitée vers la chambre en question. Il la laissa ainsi sur place un instant, avant de revenir avec un de ses T-shirt de coton, le tendant à la petite poupée blême et nauséeuse. Après quelques paroles un peu sèches, et ce malgré lui, le jeune homme quitta galamment les lieux afin de la laisser s'habiller. Ce ne fut que bien des minutes plus tard qu'il revint toquer à la porte de la chambre de la petite inconsciente, entrant alors d'une démarche assurée. « Pourquoi tu t'es laissée entraînée là-dedans, est-ce que tu as au moins conscience de ce qui aurait pu t'arriver si je n'étais pas intervenu ? » Le monde bouffe les plus faibles, petite poupée. Et il bouffe aussi les candides créatures de ton genre qui, bien trop belles et bien trop frêles, se font engloutir par le loup d'une seule bouchée. Loin d'être inquisiteur, Pride cherchait à comprendre la démarche de Ella, cette jeune fille qui, dissimulée derrière ses plaies meurtries sous des faux sourires, ne se serait jamais aventurée là-bas de sa simple idée.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Lun 13 Sep 2010 - 2:55

« Ne t'en fais pas, il ne t'arrivera rien. » Même si elle lui faisait confiance, Ella ne l'aurait jamais suivit en temps normal. Or, elle ne pouvait pas grand chose contre la situation présente et si elle se rebellait, elle finirait elle ne savait trop où. Elle n'avait pas la force de résister de toute façon et accueillit la veste sur ses épaules sans broncher, ne s'étant pas rendu compte qu'elle frissonnait malgré la chaleur ambiante. Elle préféra poser son regard sur le sol ou sur la silhouette à côté d'elle afin de ne pas voir les regards stupéfaits que leur fuite provoquait. Demain, ils auraient oublié. Elle s'installa côté passager et se mordit la lèvre en regardant dehors, la tête appuyée contre le siège de la voiture. Elle dut fermer les yeux un moment afin de tenter de retrouver les esprits, se serrant involontairement contre la porte du véhicule. Elle porta finalement ses prunelles sur le conducteur, apparemment concentré sur la route et se mordit la lèvre alors qu'elle voyait bien qu'il avait prévu autre chose pour la nuit et que sa présence risquait de l'emmerder. Mais de toute façon, elle ne serait pas retournée chez elle. Elle aurait trouvé n'importe quoi d'autre pour ne pas rentrer, quitte à lui donner une fausse adresse si nécessaire.

Le trajet ne fut pas trop long, bien que le malaise sembla s'être installé entre la jeune fille et son sauveur. La maison, parfaite comme toutes les autres, devant laquelle Pride venait d'arrêter son véhicule aurait pu lui tirer un trait de jalousie si seulement elle avait été en état. Celle de Lawson était très belle, aussi, mais elle ne serait jamais la sienne. Ella s'extirpa de la voiture avec difficulté et ferma les yeux alors qu'elle pénétrerait bientôt dans la maison de Pride. Bientôt, il n'y aurait plus de marche arrière possible. Elle franchit le seuil et passa une main nerveuse dans ses cheveux en laissant son regard vagabonder sur la magnificence des lieux. Sans réellement se poser de questions, elle le suivit dans les escaliers et le laissa l'aider alors qu'elle aurait habituellement fui son contact. Elle s'arrêta au milieu des marches alors qu'il affirmait l'entraîner dans la chambre d'ami et posa son regard troublé dans le sien quelques secondes avant de hocher la tête. Elle se mordit la lèvre et le suivit jusqu'en haut alors qu'elle tentait vainement de faire passer les tournoiements qui étaient les siens. Lorsqu'elle put enfin s'asseoir sur le lit de la chambre d'ami, elle attendit, pensant que Pride l'avait abandonnée comme ça. Il revint néanmoins avec un tee-shirt et elle comprit, à son ton de voix, qu'il n'appréciait pas qu'elle soit là, qu'il la sermonnerait bientôt. Elle acquiesça et le laissa quitter la pièce. Elle saisit le vêtement entre ses doigts fins et constata qu'elle tremblait. Elle retira la veste qu'il avait posée sur ses épaules et conclut, à la vue du tee-shirt, qu'il était suffisamment grand pour lui servir de chemise de nuit. Elle ne garda donc que ça, étourdie alors qu'elle avait dû pencher la tête.

« Tu peux entrer... » D'un murmure qui cachait mal son appréhension, elle l'invita à la rejoindre. Elle avait laissé ses vêtements sur le lit et laissa son regard dériver sur la silhouette du jeune homme alors qu'il reprenait la parole d'un ton grave. « Pourquoi tu t'es laissée entraînée là-dedans, est-ce que tu as au moins conscience de ce qui aurait pu t'arriver si je n'étais pas intervenu ? » C'était trop de paroles d'un coup pour son esprit embrumé et elle dut prendre quelques secondes, pendant lesquelles elle remonta ses jambes contre elle en les entourant de ses bras, afin de réfléchir à sa réponse. C'est vrai, elle n'ignorait pas la raison qui l'avait poussée à suivre Daisy dans cet acte illégal qu'elles avaient commis en s'implantant dans une boîte de nuit, mais ce n'était pas une raison. Ella ne faisait jamais les choses dans l'intention de plaire, ou dans l'intention de se faire apprécier des autres. Elle ne faisait que ce dont elle avait envie, ni plus ni moins. On n'aurait jamais pu la décrire comme étant une adolescente influençable et pourtant, ce jour-là, elle avait tout fait sauf suivre sa propre intuition. « Je sais pas. Elle m'a invitée, j'y suis allée. C'est pas un drame... » Ella était loin d'être convaincante alors qu'elle haussait les épaules, fronçant les sourcils afin de tenter d'y voir un peu plus clair. Elle ramena ses cheveux d'un seul côté afin de saisir une mèche pour penser à autre chose. Elle avait froid. Et chaud à la fois. Sa tête lui faisait mal et elle prenait désormais conscience de la gravité de la situation. « Je me sens pas bien... »

Même si elle ne doutait pas qu'elle aurait le coeur au bord des lèvres le lendemain matin, pour l'instant, c'était davantage son état général qui l'inquiétait. Lorsqu'elle fermait les yeux, elle peinait à les rouvrir. Elle ne se rappelait même plus les paroles de Pride concernant la drogue qu'on aurait pu mettre dans son verre, mais elle était consciente qu'elle ne se retrouvait pas dans cet état en ayant bu deux verres. C'était insensé. Elle reporta son attention sur Pride et se mordit la lèvre alors qu'elle s'en voulait de le placer dans cette situation. « Je suis désolée. Je pensais pas que ça se passerait comme ça. On voulait juste... s'amuser. » Le mensonge était fort. Et même particulièrement invraisemblable quand on connaissait réellement Ella. Elle adorait s'amuser, mais elle n'aurait jamais pris le risque de se rendre dans une boîte de nuit. Jamais. Elle tira un peu sur le tee-shirt de façon à se couvrir un peu plus. « Je serais pas partie avec lui. » Fougueuse, elle tentait tant bien que mal de se faire convaincante alors qu'elle savait pertinemment qu'elle n'aurait rien pu faire contre la volonté de Josh, peu importe ce que ce dernier avait décidé. Elle l'aurait suivit sans rien dire et n'aurait pas été en mesure de décider si oui ou non, c'était bien ou mal. Pride n'était pas né de la dernière pluie, mais Ella n'en avait rien à faire; elle désirait à tout prix lui prouver qu'elle avait été en contrôle, qu'elle aurait pu partir n'importe quand. Évidemment, la vérité était toute autre puisqu'elle n'avait même pas eu la force d'éviter un baiser.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Jeu 16 Sep 2010 - 22:28

FRIDAY, 4:26 am


La demoiselle, pâle dans sa tenue improvisée, tremblait légèrement d'un trop plein de drogues coulant en ses veines bleues ; Pride ne pouvait que savoir que la jeune fille serait peu réceptive à ses paroles, et pourtant il n'avait pu s'empêcher de lui glisser quelques mots froids, sous l'aplomb d'une colère invisible et d'une inquiétude muette. Il connaissait assez peu l'adolescente, après tout, mais assez pour savoir qu'il avait face à lui une jeune personne traversant des épreuves difficiles, comme lui en avait connu. A travers le parcours délicat de Ella, placée dans une famille d'accueil, arrachée à ses racines pour un peu plus de bonheur, il se reconnaissait lorsque du haut de ses quinze ans, il avait lui aussi migré vers une autre famille. Quitter l'alcoolisme d'une mère ne possédant pas la tendresse maternelle, la poussière des ghettos, la violence de ses bitumes et l'hémoglobine de ses poings, pour une famille aimante et riche, issue des beaux quartiers proprets mais recouverts d'une poudre blanche qui avait fait de lui un junkie arriviste. Certes, il avait eu sa dose de bonheur, mais il percevait qu'un enfant placé dans un autre cocon familial, était un enfant qui possédait bien plus de risques que les autres de se perdre. Ella, dans toute son innocence farouche et à travers l'indiscipline de ses yeux fuyants, pouvait elle aussi glisser sur un terrain trop abrupte. Cette jeune adolescente, murée dans un mutisme défensif, dans une attitude aérienne et ancrée dans une fuite perpétuelle, avait sans doute du traverser des épreuves difficiles avant d'en arriver là. Voyant à travers elle le miroir de son ancienne vie d'adolescent, jonchée de doutes et d'erreurs, Pride avait étrangement tendu la main à cette jeune fille qui semblait aussi meurtrie que lui-même. Sans pour autant lui ouvrir son coeur, sans pour autant que tous deux ne se fassent une confiance aveugle, ils semblaient qu'ils étaient faits pour se comprendre. Aussi, il ne pouvait que lui faire comprendre son point de vue sur son attitude de ce soir : il ne lui reprochait pas d'être sortie, fait légitime, après tout. Il l'accusait d'avoir été trop naïve, et qui se fait trop candide, se fait bouffer. La loi de la jungle, même dans un monde civilisé, était intraitable. « Je sais pas. Elle m'a invitée, j'y suis allée. C'est pas un drame... » « Et je ne t'accuse pas de ça. » souffla-t-il de sa voix suave et basse, son regard pénétrant accrochant les prunelles satinées de la jeune fille trop blême. « Je me sens pas bien... » Un bref soupir, un regard qui se pose l'espace d'une demi seconde sur un point invisible à ses côtés, et Pride se demanda s'il n'avait pas fait une erreur, en l'amenant ici. S'il n'avait pas choisi l'hôpital, c'était aussi parce qu'il se doutait que la jeune fille n'aurait jamais accepté d'y mettre un pied. Par éthique, par responsabilité, il aurait du la forcer... Mais le jeune homme, loin d'être vraiment mature, avait préféré se fier à son instinct et appréhender les besoins d'Ella : la mettre en confiance lui paraissait une meilleure idée que la mettre réellement en sûreté, aux côtés d'un médecin suspendu à un téléphone pour joindre sa famille et la harceler de questions. C'était une réaction comme une autre. Irresponsable certes, mais qui avait le mérite de comprendre l'adolescente. « Je suis désolée. Je pensais pas que ça se passerait comme ça. On voulait juste... s'amuser. » Pride hocha la tête positivement, comme pour clore le sujet. Il n'avait rien à redire, rien à ajouter ; qui était-il pour juger les actes d'une personne, et de surcroit d'une adolescente dont il n'avait pas même la charge ? Trop flexible sans doute, pas assez responsable, allant même trop dans le sens de Ella en la comprenant quant à son envie de pénétrer le monde de la nuit, le jeune homme ne pouvait, ni même ne voulait, rajouter autre chose. « Je serais pas partie avec lui. » « Oui, bien sûr. » fit-il dans un sourire en coin, partagé entre le cynisme et l'amusement froid, sous la fierté de la demoiselle. Il se voyait tellement en elle, malgré ces différences édifiantes qui les séparaient, que sa répartie qui ne dupait personne, l'amusa. A croire que Pride n'était pas un adulte comme les autres, à trouver ainsi amusant le côté trop nonchalant d'une jeune fille qui avait simplement failli se faire abuser. « Tu vas probablement avoir quelques étourdissements, quelques nausées aussi, je suppose, c'est normal. » souffla alors l'ancien junkie, d'un charme piquant et épicé. « Bonne nuit. » Sans doute aurait-il pu glisser quelques mots réconfortants, mais l'expansion des sentiments n'étant guère de son gabarit, Pride se contenta, après hésitation quant à ses mots, de lui souhaiter simplement de beaux rêves. Tournant enfin les talons, il quitta la chambre non sans fermer derrière lui : il était inutile de poursuivre la conversation, quand la naïve victime n'avait besoin que de repos.




Saturday, 12:18 pm


« La salle de bain, est juste au bout du couloir. » La voix suave du jeune homme résonna dès lors que la jeune fille s'était retrouvée sur le seuil de la porte. La princesse endormie avait bien du plonger dans les bras de Morphée jusqu'aux alentours de midi, aussi ce fut avec le plus de délicatesse possible qu'il l'accueillit alors qu'elle venait de se réveiller. Certes sans un bonjour, sans même lui demander si elle avait bien dormi, sans toutes ces règles de politesse dont tout le monde se fichait, mais dans un sourire en coin et un geste l'invitant à se diriger vers la salle d'eau. Ella accepta bien sûr l'invitation, sans doute hâtive de sentir la fraîcheur de l'eau contre sa peau après avoir passé une nuit probablement très désagréable, et ce fut dès qu'elle eut refermé la porte derrière elle, que Pride pénétra dans sa chambre. D'un geste assuré, le jeune homme s'empara du téléphone portable de la demoiselle, posé sur la table de chevet, et appela le numéro qui dans le répertoire, portait le sobre nom de 'maison' : ce geste paraissant anodin était loin, pour autant, d'en être un. Car il lui semblait que, déjà, certains voisins déjà bien au point sur les commérages du quartier, savaient qu'une jeune adolescente avait passé la nuit chez lui. Une paire d'yeux bien observatrice, postée derrière sa fenêtre aux alentours de quatre heures du matin, et cela suffisait à faire enfler les rumeurs qui déambulaient dans tout Lemon Street aux alentours de onze heures tapantes. Et pour mieux éviter les conflits, les soupçons, et autres ignobles pensées du genre, il lui semblait que mieux valait jouer carte sur table, plutôt que de raccompagner Ella chez elle dans une discrétion absolue, pour que finalement les soit disant rumeurs ne parviennent jusqu'à la famille d'accueil. Et parce que le silence rendait coupable, même d'un crime non commis, Pride préférait autant s'exprimer. Tombant alors sur un répondeur figé sur une voix automatique, le jeune homme y laissa un message d'une voix posée et assurée, malgré le malaise du contexte. « Bonjour je suis Pride Berrington, j'appelle à propos d'Ella. Si vous vouliez bien vous rendre chez moi au plus vite, il s'agit du 1591, Lemon Street. » Un bref et sec 'merci' qui lui écorcha la gorge, avant de raccrocher, et le jeune homme posa de nouveau son regard d'ébène sur le cellulaire : d'un geste naturel, Pride y entra son propre numéro, afin que la jeune fille le conserve, en cas d'urgence. Reposant le cellulaire sur la table, il finit par quitter les lieux, empruntant les escaliers avant de se rendre dans la cuisine.

Quelques minutes plus tard, la silhouette d'Ella apparut, moins blême mais tout aussi fatiguée, faisant face à un Pride assis derrière sa table, un café noir dans une main, un journal dans l'autre qui titrait le malheureux décès de Scott Matthews, un des résidents du quartier. Levant son regard fauve sur la jeune fille, il lui offrit une brève oeillade avant de la reposer sur son journal. « Tu ne m'en veux pas, je n'ai jamais été très doué pour la cuisine. » Euphémisme : Pride Berrington était une véritable catastrophe en matière d'art culinaire, ce qui expliquait les nombreuses viennoiseries fraichement achetées pour la demoiselle, délicieusement posées sur la table. Et alors que cette dernière prenait place, il referma enfin son journal, laissant le silence s'installer avant de la toiser avec nonchalance. « Je ne suis pas là pour te faire la morale. Pas seulement parce que je ne suis pas ton père, mais aussi parce qu'absolument aucune once de moralité ne coule dans mes veines. Je serais diablement mal placé pour te faire un discours mortellement ennuyeux que tu n'écouterais même pas. » souffla-t-il dans un léger sourire en coin. « Mais ce que je te demande, ce n'est pas de ne plus sortir... » Ou comment être anti pédagogue au possible, n'est-ce pas Mr Berrington... «  ... c'est de ne plus te faire avoir, comme une débutante. La ville est une jungle, que ce soit ici ou ailleurs, et même si quelqu'un peut te sembler sympathique, cette personne peut toujours cacher de biens vilains secrets. » Pride arqua les sourcils, avant de continuer son monologue d'une oeillade pénétrante. « A mes yeux tu es une adolescente charmante. Aux yeux de certains pervers, du genre de celui que tu as rencontré, tu es sans doute simplement bonne, ou juste baisable. Ne te frotte jamais à ce genre d'individus. » Bien sûr, que ses mots demeuraient crus et probablement violent, brutaux dans un électrochoc trop soufflant, mais c'était de toute évidence la seule façon de faire passer un message à un adolescent... La seule façon pour Pride de détourner le tact et la délicatesse qu'il n'avait jamais eu, aussi.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Ven 17 Sep 2010 - 4:48

Ella mit un long moment avant d'ouvrir les yeux malgré les rayons de soleil que filtrait partiellement le rideau de la chambre. Déstabilisée, elle se redressa légèrement dans le lit, glissant une main sur son visage afin de tenter de saisir des bribes de ce qui s'était passé. Lorsqu'elle put poser son regard sur la pièce dans laquelle elle se trouvait, qui n'était pas celle qu'elle occupait chez Lawson ni celle de son amie, Ella sentit son estomac se serrer. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux alors qu'elle repoussait les draps qui la recouvraient pour se relever un peu trop vivement, une douleur lancinante dans son crâne la ramenant aussitôt au calme. Elle tenta de se souvenir de ce qui s'était passé, mais un black-out total l'empêchait de se rappeler de la soirée qui l'avait conduite ici. Elle ferma les yeux pendant un moment, consciente que la situation - et les évènements qui s'étaient produits ce soir-là - ne lui plairaient pas. Elle regarda autour d'elle dans un élan de panique, ses yeux se posant sur ses vêtements, toujours au pied du lit. Elle se mordit la lèvre à la vue du tee-shirt qui la recouvrait et finit par se relever complètement, plissant les yeux sous les étourdissements qui l'accablaient. Elle attendit un moment de reprendre ses esprits et s'avança jusqu'à ouvrir la porte de la chambre, son regard se portant sur le couloir. « La salle de bain, est juste au bout du couloir. » Ella sursauta alors qu'elle ne l'avait pas vu et ses lèvres s'entrouvrirent légèrement sous le coup de la surprise. Pride. Son coeur se mit à battre un peu plus vite alors qu'elle acquiesçait rapidement, sans rien dire, prenant la direction de la salle de bain non sans jeter un coup d'oeil furtif derrière elle afin de s'assurer que Pride n'avait pas bougé.

Refermant rapidement la porte derrière elle, ses doigts enclenchèrent automatiquement le verrou alors qu'elle fermait les yeux, le coeur au bord des lèvres. Elle ne rouvrit les paupières que lorsqu'elle sentit que ça allait mieux et observa son reflet dans le miroir. Elle avait tout l'air d'un agneau égaré, paniquée alors qu'elle ne pouvait se rappeler de rien. Elle ne sautait que très rarement aux conclusions hâtives, mais cette fois, elle avait du mal à croire en sa chance. Elle retira néanmoins le vêtement qui la recouvrait et se départit de ses sous-vêtements avant de se glisser sous la douche. Elle laissa couler l'eau sur son corps, les yeux à demi-fermés, tentant de toutes ses forces de se souvenir de quelques bribes de sa soirée. Mais rien. Des larmes coulèrent sur ses joues, se mélangeant habilement à l'eau qui suintait sur son corps frêle et svelte. L'eau chaude lui fit du bien, toutefois, alors que ses muscles semblaient se décontracter et que son visage reprenait des couleurs. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain avec la lenteur d'une tortue, après avoir séché ses cheveux du mieux qu'elle le pouvait, elle se rendit à la chambre qu'elle semblait avoir occupé pour la nuit, sans un bruit. Refermant la porte, elle retira le tee-shirt qu'elle avait remis et enfila les vêtements qu'elle portait le soir d'avant. Elle tenta néanmoins de remonter un peu son débardeur de façon à ce que son décolleté soit un peu moins plongeant et quitta la chambre, se tortillant les mains.

Lorsqu'elle posa le pied dans la cuisine alors que Pride était déjà installé, elle se mordit la lèvre alors qu'elle sentait déjà son estomac se retourner à l'idée de manger ne serait-ce qu'un petit déjeuner. « Tu ne m'en veux pas, je n'ai jamais été très doué pour la cuisine. » Elle secoua la tête de gauche à droite, sans un mot, alors qu'elle tirait une chaise pour s'asseoir, ramenant ses cheveux d'un seul côté, nerveuse. « Je ne suis pas là pour te faire la morale. Pas seulement parce que je ne suis pas ton père, mais aussi parce qu'absolument aucune once de moralité ne coule dans mes veines. Je serais diablement mal placé pour te faire un discours mortellement ennuyeux que tu n'écouterais même pas. Mais ce que je te demande, ce n'est pas de ne plus sortir... C'est de ne plus te faire avoir, comme une débutante. La ville est une jungle, que ce soit ici ou ailleurs, et même si quelqu'un peut te sembler sympathique, cette personne peut toujours cacher de biens vilains secrets. » Ella avait écouté sans broncher la tirade du jeune homme alors qu'elle gardait le regard fixé sur l'un des croissants, des larmes se glissant néanmoins dans ses prunelles sans qu'elle ne puisse rien faire pour les retenir. « À mes yeux tu es une adolescente charmante. Aux yeux de certains pervers, du genre de celui que tu as rencontré, tu es sans doute simplement bonne, ou juste baisable. Ne te frotte jamais à ce genre d'individus. » Étonnée, mais surtout paniquée face à ses propos, Ella releva les yeux sur lui alors qu'elle essuyait une larme qui coulait sur sa joue. « Je... Je me rappelle de rien. Comment... Comment je peux savoir que t'es pas comme eux? » Paniquée, elle sentait ses mains trembler alors qu'elle prenait conscience de la précarité de sa situation, ses mots tombant comme un murmure alors qu'elle refoulait ses larmes. Elle devait faire confiance à un homme qu'elle ne connaissait pas, en somme. Elle sentit son coeur s'emballer alors qu'elle tentait de reprendre un rythme cardiaque normal, soudainement étourdie par le trop plein d'émotions qui venait de l'assaillir. « J'ai pas bu tant que ça, je te jure! »

Ella tentait désespérément de voir clair dans tout ça alors que la jeune fille qu'elle était n'y comprenait rien. Absolument rien. Elle avait l'impression d'être une pièce sur un échiquier qu'on pouvait saisir et déplacer à sa guise et même si elle lui avait fait confiance dès le début, elle ne savait plus où donner de la tête. Malgré que ses paroles soient brusques, Ella avait tout de même l'impression qu'il ne lui racontait pas de mensonges; elle ne pouvait toutefois pas en être certaine. Redressant ses prunelles pour les poser, tremblotantes, dans celles de Pride, elle eut du mal à trouver les mots. « Qu'est-ce qui s'est passé? Je... Je me souviens de rien... » Anxieuse, elle ne savait pas où poser son regard alors qu'elle jouait avec l'une des mèches de ses cheveux encore trempés. « Je me souviens d'être entrée... » Débuta-t-elle dans un murmure en se mordant la lèvre au sang. « Mais... Je me rappelle pas... Je me rappelle plus! » Paniquée, elle se releva un peu trop brusquement, devant se retenir à la chaise alors que son regard se troublait. Elle recula un peu alors qu'elle prenait sa tête dans ses mains, consciente qu'elle s'offrait en spectacle. Mais le simple fait d'ignorer ce qu'elle avait bien pu faire de cette soirée semblait être trop dur à porter pour ses épaules. Certains s'en foutaient, certains recherchaient justement ces black out qui vous crevaient l'âme un peu plus à chaque fois. Mais Ella ne voulait pas ça. Elle n'avait jamais voulu ça. Ses prunelles, dures et remplies de crainte, se posèrent de nouveau dans les yeux bruns de Pride, sans qu'elle ne puisse formuler les mots qui lui faisaient tant peur.

« Tu... Toi, tu... » Elle ne réussit pas à formuler sa question alors que les larmes coulaient de nouveau sur ses joues et qu'elle se hâtait de les essuyer en détournant le regard. Sa voix, à peine audible, tremblait. Pathétique. Vraiment. Elle espérait qu'il avait compris qu'elle voulait savoir ce que lui, lui avait fait. Elle espérait tellement pouvoir lui faire confiance; elle avait parié sur lui depuis le début, elle avait réellement cru qu'il la comprenait. Et malgré son air candide et effrayé, elle n'en demeurait que plus farouche. On aurait presque pu la comparer à cet enfant sauvage qu'ils avaient retrouvé il y a longtemps et qui semblait avoir peur de tout ce qui l'entourait. La seule différence: Ella n'avait pas peur, elle avait tout simplement perdu confiance en ce monde des adultes où l'argent prime sur la bonté. Pride l'avait dit lui-même, ce n'était pas son genre.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Sam 18 Sep 2010 - 19:24

La demoiselle taciturne prit alors place, écoutant en silence le monologue peut-être un peu trop cru de son hôte. Ce dernier ne semblait guère vraiment paniquer face à une situation qui pourtant les mettait tous deux dans un embarras certain : le fait que la jeune adolescente ait été droguée la veille ne l'offusquait pas plus que cela. Ancien junkie dont les souvenirs de cocaïne lui semblaient si loin, Pride n'ignorait pas pourtant les effets et les conséquences de telles pratiques de toxicomanes : bien qu'il n'y avait pas touché depuis longtemps, il connaissait les réactions d'un corps endormi à la drogue dure ou douce, le temps de réhabilitation d'une santé plus saine, et les étourdissements passagers. Cette histoire de substances illicites lui paraissait malheureusement normale, le fait que la jeune fille ait failli passer entre les griffes d'un pervers à peine sorti de sa puberté un peu moins ; mais Berrington n'avait jamais vu le monde comme une entité vraiment bonne. Les êtres humains n'étaient que des salopards narcissiques et égoïstes, aussi était-il si surprenant de croiser une espèce d'énergumène se moquant bien des lois d'abus sexuel sur mineur ? Ce qui le travaillait plus, était la mine troublée et perdue de Ella, dont le visage moins blême avait tout de même conservé ses pâleurs. Et parce qu'il avait oublié de prendre en compte qu'accessoirement, la drogue qu'elle avait ingéré bien malgré elle lui effacerait tous les souvenirs de la veille, Pride lui avait parlé avec un peu trop de détachement, n'illuminant pas les zones d'ombre... mais les plongeant au contraire un peu plus dans l'obscurité. « Je... Je me rappelle de rien. Comment... Comment je peux savoir que t'es pas comme eux ? » Pride fronça un instant les sourcils, sceptique, avant de lâcher un bref soupir blasé lorsqu'il comprit enfin : cet enfoiré de la veille n'avait pas lésiné sur le GHB... voire la scopolamine, poétiquement renommée 'drogue du zombie', substance hallucinogène qui à forte dose entraînait la soumission totale des victimes, la perte de mémoire, voire la mort pour les issues les plus fatales. Posant brièvement son regard noisette sur un point invisible du mur, il vint se pincer la lèvre, dubitatif et soudain conscient de son irresponsabilité totale : pourquoi ne l'avait-il pas emmenée dans un hôpital ? Car les ennuis s'annonçaient, peu à peu il lui semblait que se dessinait là une embrouille dont il ne s'en dépêtrerait que bien difficilement. Reposant son regard assombri sur Ella, il entrouvrit les lèvres sans qu'aucun mot n'en sorte : la demoiselle, paniquée, s'était lancée dans un monologue bancal. « J'ai pas bu tant que ça, je te jure! Qu'est-ce qui s'est passé? Je... Je me souviens de rien... Je me souviens d'être entrée... » « Ella. » « Mais... Je me rappelle pas... Je me rappelle plus! » « Calme-toi. » Peine perdue néanmoins, car la jeune fille se leva brusquement, titubant presque sous l'adrénaline assaillant son coeur et lui coupant court la respiration. Pride quant à lui, ne daigna pas lâcher son regard un peu trop froid de la brebis perdue, légèrement agacé par sa réaction... Oui, Pride Berrington était un égocentrique incurable qui pensait bien plus à la tête des parents adoptifs de Ella s'ils la voyaient dans cet état, plutôt que l'inquiétude légitime de la demoiselle. Oui, il se demandait bien plus ce qu'il pourrait rétorquer si lesdits parents viendraient l'accuser de viol sur mineur au vu de l'agitation de l'adolescente. Et oui encore, il réfléchissait à un plan foireux quelconque pour échapper aux flics dès lors que Mr et Mme Ella Senior leur auraient donné un coup de fil... Verdict : il était dans le pétrin le plus total. Passant une main dans ses cheveux sombres, le jeune homme garda son flegme légendaire malgré ses questionnements intérieurs. « Tu... Toi, tu... » « Moi... » souffla-t-il aussitôt, d'une voix plus stricte et glacée qu'il ne l'aurait voulu, afin de l'empêcher de parler d'avantage. « ... Je t'ai ramenée chez moi après que ta délicieuse amie Daisy ait eu la bonne idée de te traîner au Parkwest Nightclub. Après que tu aies eu la lumineuse idée d'accepter un verre vodka-redbull-GHB du premier venu louchant clairement sur ton décolleté de minette allumeuse, et avant qu'il n'ait le temps de te traîner quelque part sur le parking du club. » Une légère pause installée entre deux mots soufflés d'un calme certain mais trop dur, et il reprit aussitôt sans daigner la lâcher du regard. « Et crois-moi je t'aurais bien ramenée chez toi si tu n'avais pas tenté de tituber en courant jusqu'à la sortie à cette simple idée... Ou courir en titubant, je t'avoue n'avoir pas vraiment eu le temps de me poser sur la question. Voilà pour le premier point. » Et le jeune homme de reprendre son café, de le porter à ses lèvres, et d'enfin détourner son attention sur son journal. « Deuxième point. Tu as dormi dans la chambre d'ami, avec un de mes vêtements propre sur le dos pour ne pas que l'odeur de la clope froide te colle à la peau. Ne te plains pas trop, c'est un Dolce&Gabbana que tu avais sur toi. Troisième point... » fit-il de sa voix suave, ouvrant le quotidien sans jamais daigner reposer son regard sur la demoiselle, toujours agacé. « ... Le fait même que tu oses penser qu'il me faut de la drogue pour profiter de la compagnie d'une jeune femme pourrait me vexer terriblement. » Une nouvelle gorgée de café, et il rajouta le plus sérieusement du monde non sans arquer brièvement un sourcil, qui rajouta à la pointe d'humour à peine voulue : « Non en fait, je suis déjà terriblement vexé. » Ou comment ne jamais taper dans le conventionnel face à une situation pour le moins dangereuse pour eux deux.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Dim 19 Sep 2010 - 16:47

Sous les explications de Pride, Ella déglutit. Ses mots étaient rudes, mais elle ne pouvait plus quitter des yeux les prunelles sombres et graves de son sauveur. Elle n'avait pas voulu rentrer chez elle... Évidemment! Elle tentait toujours d'améliorer sa relation avec Lawson et c'était vraiment une bien piètre façon de faire en se ramenant saoule - plutôt droguée, de surcroit - chez lui. Elle avait dormi dans la chambre d'ami et il lui expliquait clairement la raison pour laquelle elle s'était réveillée vêtue de l'un de ses tee-shirt. Et même s'il avait pu inventer toute cette histoire simplement parce qu'il voulait éviter les reproches, Ella le croyait. Elle le croyait parce que malgré tout, elle lui faisait confiance. La façon qu'il avait de poser son regard dans le sien, les mots qu'il employait, crus, vils et sincères, ainsi que son calme étrangement sincère suffisaient à rassurer Ella alors qu'elle baissait finalement les yeux.

« Troisième point... Le fait même que tu oses penser qu'il me faut de la drogue pour profiter de la compagnie d'une jeune femme pourrait me vexer terriblement. » Étonnée, Ella redressa les yeux sur lui alors qu'elle ne savait pas si elle devait en rire ou pas. Pourtant, Pride semblait excessivement silencieux et sérieux et elle ouvrit la bouche sans rien dire alors qu'il poursuivait. « Non en fait, je suis déjà terriblement vexé. » En tout cas, si ce n'était qu'une blague, Pride aurait pu intégrer la prochaine distribution du film de Peter Jackson comme acteur émérite! « Je te connais pas... » souffla-t-elle en se mordant la lèvre, consciente qu'elle ne devait pas l'énerver. Elle avait décidé de lui faire confiance, comme ça, parce qu'elle en avait envie et surtout parce qu'elle avait l'impression qu'il était différent des autres, mais la situation présente était tout sauf conventionnelle. Et Ella avait finit par douter comme elle le faisait constamment dès qu'elle jugeait une personne digne de confiance.

« Je suis désolée. Pour tout. Et... Je... Je te crois. » Dans un murmure, elle avait glissé son regard sur Pride alors que ce dernier semblait vouloir garder les yeux résolument baissés, à croire que le journal racontait réellement quelque chose d'important. La jeune fille se mordit la lèvre sans savoir ce qu'elle devait faire, malgré son irrésistible envie de partir. Elle ne connaissait rien, absolument rien au quartier et elle ne saurait même pas retrouver son chemin pour rentrer. L'ambiance, ici, était toutefois suffisamment lourde pour qu'elle ose un pas vers la sortie. « Merci... Vraiment. Mais je t'ai causé assez de soucis, déjà. » Elle avait haussé les épaules avec la délicatesse et la fougue, malgré tout, qui était la sienne, mais dès lors qu'elle se dirigea vers la porte, une voiture fit irruption dans l'allée. Lawson. Paniquée, Ella se retourna vers Pride en reculant brusquement, consciente que son tuteur déboulerait d'un instant à l'autre. « Tu l'as appelé! Pourquoi tu l'as appelé? » Les larmes aux yeux, elle fouillait la pièce des yeux afin de trouver un endroit divin où se cacher, la première idée qui lui vint en tête. Évidemment, c'était stupide­ et Ella secouait la tête en ayant peine à croire qu'il l'ait trahie de la sorte. Il l'avait appelé, sans rien lui dire.

« T'avais pas le droit de faire ça! Il devait pas savoir! » Elle retira vivement son téléphone de la poche de son jeans, consciente que l'appel avait dû être passé à partir de son portable. Après tout, jamais elle n'avait prononcé le nom de son tuteur devant Pride et il n'aurait jamais pu deviner directement. À moins qu'elle lui en ait parlé le soir d'avant. Elle secouait la tête alors qu'elle ne savait pas comment elle allait bien pouvoir se sortir de ce mauvais pas. Comment ils allaient pouvoir se sortir de ce mauvais pas. Si ça se trouve... Elle recula, terrifiée à l'idée qu'on s'en prenne à elle. Lawson n'aurait pas dû savoir! Elle aurait pu se rendre chez son amie, récupérer son sac et entrer sans faire d'histoires! Il n'en aurait jamais rien su. La vie était vraiment pénible. Ceux en qui elle avait confiance finissaient toujours par la laisser tomber. Pourtant, c'était davantage la crainte qu'elle ressentait, et non la colère. Pride avait déjà fait beaucoup, il ne pouvait sans doute pas faire plus.
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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Mar 5 Oct 2010 - 21:49





Lawson se sentait bien depuis quelques temps. Sa vie semblait enfin avoir pris le tournant de la normalité. Plus de drame. Plus d’angoisse. Plus de larme. Plus de peur. Juste lui, dans sa nouvelle maison, veillant à ce que personne n’oublie la mémoire de sa défunte tante. Juste lui & Ella. Jeune fille qu’il hébergeait, dont il avait la charge. Si les débuts avaient été difficiles, Lawson s’était rapidement épris de la demoiselle. Elle était si douce, fragile, et forte à la fois. Si méfiante, mais tellement en quête d’une épaule sur laquelle s’appuyer. Il le voyait dans son regard, qu’elle en avait bavé, qu’elle ne lui faisait pas confiance, mais qu’elle n’attendait que ça. Et cette confiance, Lawson était prêt à lui donner. Si au début il avait accepté sur un coup de tête de l’héberger, depuis qu’elle vivait sous son toit, il prenait très à cœur le fait de s’occuper d’elle. Il voulait être…Un bon père, sans vraiment être son père. Parce qu’il ne l’était pas, qu’il ne le serait jamais. Mais dans tous les cas, il voulait faire partie de sa vie, il voulait qu’elle ait confiance en lui, qu’elle ose se confier à lui lorsqu’elle avait un problème, il voulait partager des moments de complicités à ses côtés, bref, il voulait une relation, une vraie. Cette demoiselle en valait le détour, il le savait, en avait pleinement conscience. Elle n’était pas difficile à supporter, elle l’aidait pour cuisiner, ne faisait jamais de caprice, restait calme, obéissait. Et puis, Lawson l’avait inscrite dans l’une des meilleures écoles de la ville, c’était pour son bien être, pour mettre toutes les chances de la demoiselle de son côté, qu’elle ait le meilleur enseignement possible, dans l’espoir qu’elle ait un avenir radieux.

Une sorte de confiance s’était installée entre eux deux. Et c’est tout naturellement que Lawson avait accepté qu’elle se rende chez une amie pour passer la soirée, et dormir là-bas. Après tout, c’était de son âge ce genre de choses, les soirées pyjamas, etc. Jamais, oh grand jamais, il n’avait imaginé qu’elle irait mettre les pieds dans une boite de nuit, oh non jamais. Il était même plutôt fier de lui d’avoir accepté. Ainsi, il était sûr de gagner des points auprès d’Ella, pas qu’il recherchait absolument cela, mais tout de même. Lawson avait donc profité de sa soirée de libre, pour voir une vieille amie, Dolly. Il l’avait retrouvée à Ocean Grove, et depuis, ils essayaient de se voir assez souvent. Le lendemain, Lawson s’était levé assez tôt pour aller faire des courses. Ella devait rentrer aux alentours de midi, il avait donc décidé de lui mijoter un bon petit plat. Il avait donc tout acheté, et lorsqu’il rentra chez lui avec les sacs de provisions, il appuya machinalement sur le bouton de son répondeur. Il s’afférait à ranger les courses lorsqu’il entendit une voix sèche: « Bonjour, je suis Pride Berrington, j’appelle à propos d’Ella. Si vous vouliez bien vous rendre chez moi au plus vite, il s’agit du 1591, Lemon Street. » Lawson se figea. Ella ? Chez un homme qu’il ne connaissait pas ?! Mais que se passait-il ? Lawson se précipita jusqu’à sa voiture et se dirigea vers la maison concernée. Une boule d’angoisse lui nouait la gorge. Qu’était-il arrivé à sa protégée ?! Lawson se gara dans un crissement de pneus. Il monta les marches quatre à quatre et se retrouva devant la porte. Il sonna et…

…Quelle ne fut pas sa surprise, lorsque face à lui, il trouva le fameux Pride Berrington, qui n’était pas tant inconnu que cela à ses yeux. Non face à lui, se trouvait ce petit merdeux de Josh Appleton, enfin à l’époque, c’était le nom qu’il avait utilisé pour lui dérober de l’argent. Lawson ouvrit la bouche, surpris, et sèchement lui demanda: « C’est quoi ces conneries ? Qu’est-ce qu’Ella fait chez toi ? » Oui, que faisait-elle chez cet homme, dont la réputation était bien mauvaise ? Lawson s’en voulait, il n’avait pas été assez vigilent, et maintenant, la jeune fille se trouvait chez un inconnu au lieu d’être chez son amie. Il aperçut derrière Pride, Ella, tête baissée. Un peu sèchement, mais parce qu’il était stressé, il lui dit: « Ella, tu montes dans la voiture. » Voyant qu’elle ne bougeait pas, il planta son regard dans celui de la gamine, et lui dit avec autorité: « Maintenant. » Ella ne se fit pas prier, jeta un regard à Pride, et se dirigea dans la voiture de Lawson sans oser le regarder. Le cœur du jeune McArthur battait à tout rompre. Il en avait mal à la cage thoracique, alors que Pride lui faisait face, Lawson lui demanda: « Je veux tout savoir. Pourquoi elle est chez toi ? Depuis quand ? Et puis que s’est-il passé ? » Lawson se sentait con, il était minable à poser toutes ses questions. Il avait l’impression d’être un tuteur nul, à ne pas savoir où se trouve celle dont il a la charge. Mais après tout, qui pouvait le blâmer, pour la première fois qu’il lui faisait vraiment confiance, qu’il lui laissait des libertés, elle le trahissait. Lawson était énervé, blessé, mais tout de même rassuré de voir qu’elle n’avait rien, et qu’elle allait bien. Néanmoins, devoir s’expliquer avec celui à qui il avait cassé la gueule quelques jours plutôt, n’était pas une partie de plaisir, bien au contraire… Il le fixa une nouvelle fois, et d’une voix un peu sèche, il ajouta: « Et pas la peine de jouer les héros, on joue plus là. Je veux connaitre la vérité. » Il faisait évidemment référence à leur querelle, à leurs emmerdes. Il n’était pas question que leurs histoires interfèrent dans celle-ci. Ce n’était pas une blague, il s’agissait d’Ella, et de personne d’autre.



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Message(#) Sujet: Re: ILLEGAL | PRIDE Dim 24 Oct 2010 - 17:14

« Je te connais pas... » Qui donc oserait prétendre le contraire, lorsqu'on savait l'aura mystérieuse et sombre qui planait autour de Berrington, telle une compagne bien trop fidèle. Et il était vrai que l'arrogance exacerbée de l'homme le poussait à croire que personne n'arriverait jamais à percer l'énigme qu'il était, le cerner, l'apprivoiser et le contrôler : tantôt glace, tantôt feu, roc, brume et tressaillement d'une brise vous mordant la peau, il n'existait aucune notice pratique pour mieux comprendre le bon fonctionnement de Pride, au grand désarroi de ses ex. Sans doute trop lunatique, passablement trop sombre, évidemment misanthrope : une complexité infaillible et impossible à décrypter. Le jeune homme ne répondit donc pas, feintant d'être vexé face à la moue dubitative de la jeune fille qui se mit à bafouiller quelques excuses ; et bien que le geste de Pride avait été altruiste pour cette nuit, il se voyait mal répliquer par un sourire forcé ou un fade 'de rien' qui ne lui ressemblait pas : de toute évidence, il y avait bien longtemps qu'il avait tiré un trait sur les formules de politesse du genre. Ainsi se contenta-t-il de hausser les épaules, dans la plus flagrante serviabilité et la plus belle prévenance qui soit... c'est à dire aucune. Son impassibilité légendaire se mua néanmoins en un étonnement inquiet lorsqu'il aperçut la soudaine agitation de Ella qui semblait en proie à une panique totale ; baissant enfin son journal, le jeune homme fronça les sourcils avant de comprendre que l'angoisse de la demoiselle se confondait avec l'arrivée d'une voiture, probablement celle de son tuteur. « Tu l'as appelé! Pourquoi tu l'as appelé? » Son angoisse était frappante, mais beaucoup moins que son regard de biche aux aguets, comme apeurée d'un potentiel prédateur venu pour lui pointer une carabine entre les deux yeux. Ce fut néanmoins taciturne mais d'un regard tentant de percer son âme et ses peurs, que Pride se leva calmement, tandis qu'Ella vint renchérir de plus belle. « T'avais pas le droit de faire ça! Il devait pas savoir! » « Bien sûr qu'il le devait, le monde des adultes est injuste mais c'est ainsi. » souffla-t-il alors dans un flegme soudain glacé, son instinct de protecteur étrangement aux aguets face à la peur soufflante de la jeune fille. Pride lui tourna alors le dos, se dirigeant vers la fenêtre afin de tenter d'apercevoir la silhouette dudit tuteur : était-il taillé comme une armoire pour que la mésange en soit aussi effrayée ? Ou petit et psychopathe, bien en chair et pervers, chauve et l'oeil gras … ? Un soupir las s'échappa de ses lèvres blêmes lorsque la sonnerie vint enfin retentir ; inutile d'avoir sous la main un stéthoscope pour ressentir les pulsations cardiaques terribles de la fillette. Ouvrant enfin à celui qui semblait la mettre dans tous ses émois, Pride vint ouvrir la porte dont le seuil vint accueillir...

« Lawson McArthur. » siffla-t-il d'une voix suave et terriblement méprisante face à la silhouette de l'homme empourpré de colère. Le détaillant alors de haut en bas, Pride n'eut d'autre choix que de faire un pas de côté, feintant de l'inviter à entrer... Pourquoi diable fallait-il que le tuteur d'Ella soit le dernier homme sur Terre qu'il avait envie de voir ? « C’est quoi ces conneries ? Qu’est-ce qu’Ella fait chez toi ? » Sa colère légitime avait le don d'exaspérer Pride, simplement à cause de la relation tendue entre les deux hommes. Berrington, en plus de lui voler son argent, lui volait visiblement sa fille. Il n'eut pas le temps de répondre à sa question rhétorique, que déjà Lawson leva sa voix paternelle sur cette dernière, à présent le centre d'attention de la maisonnée. « Ella, tu montes dans la voiture. Maintenant. » acheva-t-il pour mieux convaincre la demoiselle, qui s'exécuta enfin. Le regard noisette de Pride suivant la petite silhouette fébrile sortant au dehors, se posa de nouveau sur Lawson, d'une rigidité certaine. Méfiant, sur ses gardes et glaçant, Pride n'était nullement en position de faire le beau par quelques rictus méprisants : il avait en effet hébergé une mineure qu'il connaissait à peine. C'était loin d'être très reluisant pour son image de marque. « Je veux tout savoir. Pourquoi elle est chez toi ? Depuis quand ? Et puis que s’est-il passé ? » Pride détourna son regard dans une moue agacée, ne pouvant s'empêcher de se montrer condescendant malgré tout. Ce fut la voix sèche de Lawson qui acheva Pride de se montrer également plus brusque, face à sa dernière réplique qu'il coupa en plein élan. « Relax et prends un prozac avant de venir crever d'un infarctus sur le seuil de ma maison. Ta fille s'est trouvée embarquée par sa grande amie Daisy pour venir roder autour du Parkwest Nightclub.  » siffla le jeune homme d'une voix toujours aussi basse, mais étrangement teintée d'aigres reproches. « Je l'ai croisée par hasard, et je lui ai proposé de la ramener chez toi, puisqu'elle ne se sentait pas bien. Etrangement, la petite a préféré rester chez moi. Remets-toi en question McArthur, ta gamine était morte de peur à l'idée que tu viennes la chercher. Même un extrémiste musulman avec l'accent russe aurait pu lui faire moins d'effet. » Inutile de développer donc, puisque le verdict cruel de Pride, tombant comme un couperet, n'avait pas lieu d'être. Bien sûr que le jeune homme mentait par omission, pour le bien-être de la demoiselle ; et certes cette attitude n'était pas digne d'un adulte responsable, qu'il n'était pas, d'ailleurs.
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