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 Game and money.

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Message(#) Sujet: Game and money. Lun 16 Aoû 2010 - 12:48


NOELINA&PRIDE

    « Monsieur. »

    Une voix coulante et fade s'éleva dans une salutation surjouée : le portier de l'immense hôtel fastueux approuva l'arrivée de Pride d'un signe de tête, raide comme un piquet et solennel dans ses habits majestueusement bien coupés. Berrington ne daigna pas, néanmoins, poser l'immensité glacée de ses yeux pénétrants sur ledit employé : se contentant de lui tendre les clefs de son Aston Martin afin qu'il ne la gare à l'endroit adéquat, il eut tôt fait de pénétrer dans l'hôtel de sa prestance légendaire. Les ténèbres se lisaient sur son visage sombre mais lisse, alors qu'il foula le sol de l'immense hall d'entrée fait de cristal et de dorures : l'obscur de sa mine préoccupée contrastait néanmoins avec le blanc immaculé de son costume parfait qui rehaussait son indéniable élégance, ainsi Pride n'eut guère l'envie d'adresser un sourire charmeur à la ravissante hôtesse lorsqu'il s'approcha de cette dernière. Sans doute énervé, malgré la relative apparence sereine qu'il revêtait alors, le jeune homme désirait simplement en finir au plus vite, et ce fut d'une voix suave mais polaire qu'il souffla le nom de Noelina, afin d'en demander le numéro de chambre. Bien sûr, qu'il aurait aimé faire taire ce ravissant petit minois par la manière forte ou peu morale, néanmoins pour le moment, Berrington préférait jouer selon les règles de son ancienne petite amie : déjà, il désirait savoir si cette dernière était vraiment apte à se venger avec mordant, si Pride ne lui remettait pas ce qu'elle lui avait demandé. Jetant un coup d'oeil à l'horloge murale qui indiquait près de dix-neuf heures passées, il s'avança vers l'ascenseur, prestance glaçante de mise : visiblement, le lunatique jeune homme semblait garder pour lui une rancoeur amère et déplaisante. Car elle l'avait retrouvé, et pire encore, elle avait le moyen de le faire chanter, ce qui eut le don d'esquisser une moue pensive mais condescendante sur le visage habituellement cynique de Pride : malgré son assurance agaçante, ce dernier réfléchissait ardemment à une issue, une manigance, une manipulation subtile, qui pourrait le faire sortir de ce guet-appens. Sans doute que la moralité ne serait pas de mise, et peut-être même que cela lui demanderait du temps, mais il y parviendrait, quoiqu'il en soit, et peu en importait le prix à payer.

    Le tintement de l'ascenseur indiqua alors le bon étage, et ce fut d'un pas vif et assuré qu'il se dirigea vers la chambre 541, l'absence d'un éventuel attaché-case qui aurait pu contenir éventuellement l'argent demandé, ne révélant rien de bon. D'une poigne, ferme, Pride toqua à la porte qui fit apparaître enfin la silhouette gracile et délicate de l'ancienne amante dupée : un sourire hypocrite mais assurément charmeur se dessina sur les lèvres du jeune homme, qui entra ainsi dans les appartements, la couleur de son parfum épicé le précédant alors. Toujours d'apparence aussi assurée malgré les troubles de son esprit qui se savait pris au piège, le jeune homme darda un instant la beauté éthérée de la jolie blonde, qui il fallait l'avouer, attisait son appétit, mais ce fut d'une moue assagie qu'il planta l'ambre de son regard pénétrant dans les prunelles de la belle. Sa main vint alors récupérer une enveloppe logeant dans la poche intérieure de sa veste, avant de la tendre à la demoiselle.

    « Vingt mille dollars. » murmura-t-il de sa voix suave tandis qu'il fixait, taquin et amusé, la belle demoiselle qui pouvait retirer de l'enveloppe un billet blanc mentionnant une promesse de don à une oeuvre caritative, portant le nom de Di Firenze. « C'est la somme que tu as donné aux Jeunes Soeurs désoeuvrées. Elles passent leur temps au couvent, à prier et prier encore... Pauvres petites brebis, à peine majeures, vierges, et exclues du monde. » Un faux soupir las s'échappa de ses lèvres mutines, avant qu'il ne reprenne d'un ton détaché, malgré la comparaison implicite faite entre ces Jeunes Soeurs vertueuses, et la Noelina angélique et prude qu'elle avait été autrefois. « J'ai pensé que c'était une forme de remboursement comme une autre, en plus, tu as bon coeur. Ne me remercie pas. » osa-t-il souffler non sans arquer les sourcils. « Pour le reste, j'ai besoin de plus de temps encore. »

    Et comment dire... Ah oui, Berrington voulait jouer. Quitte ou double.
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Message(#) Sujet: Re: Game and money. Mer 18 Aoû 2010 - 12:47

Ça y est, nous étions le jour J. Cela faisait maintenant une semaine exactement qu'elle avait rencontrée Pride. C'était aujourd'hui qu'il devait lui amener l'argent qu'il lui avait volé il y avait quelques années de ça à présent. En fait, l'argent elle s'en fichait un peu. Bien que cela soit une sacrée somme, c'est vrai. Mais elle lui en voulait surtout de l'avoir abandonnée, d'avoir profité de sa gentillesse, de son amour, de sa naïveté. Il fallait vraiment être un monstre pour oser profiter d'une fille comme Noelina. Une fille douce, qui ne pense qu'à faire votre bonheur. Enfin, pensait. Elle avait tant changée depuis. Le départ de l'homme qu'elle aimait l'avait littéralement transformée. Elle n'avait plus rien d'angélique à présent. Ses amis ne la reconnaissait plus. Après une période ou elle s'était isolée et avait refusée tout contact avec l'extérieur, elle était soudainement revenue. Mais ce n'était plus Noelina. A présent, elle buvait, faisait la fête, osait tenir tête aux gens et s'imposait dans un groupe. Choses qu'elle n'aurait jamais osé faire auparavant. La seule chose qui n'avait pas changé dans tout ça, c'était sa dévotion pour la religion. Elle priait souvent, allait se confesser parfois. C'était si important pour elle.

Enfin bref. Elle s'était levée ce matin là, déjà victorieuse. Elle se doutait bien qu'en si peu de temps il n'aurait pas pu réunir une telle somme. Enfin, elle l'espérait... Car avec Pride, on était jamais sûr de rien. Mais si elle lui avait donné un tel délais, c'était pour être bien sûre qu'il n'y parvienne pas et ainsi, la sentence tomberait. Enveloppée dans son peignoir en satin, elle commanda son petit déjeuner. Et alors qu'elle le prenait sur son balcon, elle réfléchissait à comment elle allait s'y prendre. Elle voulait prendre son temps, ne rien rater. Elle avait commencé à effectuer quelques recherches sur lui, sur sa vie ici. Apparemment, il vivait avec une femme depuis quelques temps déjà. Ce sera sa première cible. La première chose qu'elle tenterait de détruire. Ensuite, même si ce sera beaucoup plus dur, elle voulait en savoir plus sur ses petites magouilles et anéantir tout ce qu'il avait construit. Elle était prête à y passer le temps qu'il fallait pour déceler toutes ses failles et les agrandir jusqu'à ce que ça se brise entièrement. L'air sereine, elle buvait son thé paisiblement. S'en était presque inquiétant comme attitude.

Elle avait décidée de se reposer aujourd'hui. Elle profita de tous les services de son hôtel. Piscine, jacuzzis, sauna, massages, soins... Tout y passa. L'heure approchait. Elle alla s'habiller de façon plus décente. Elle voulait être présentable et chic. Allé savoir pourquoi... Peut-être que ça lui donnerait une certaine force et assurance. Elle se revêtis d'une robe couleur crème, assez moulante en bustier. C'était évidemment une robe de grand couturier. Auparavant, Noelina était plutôt du genre à fuir tout ce qui était luxueux ainsi que le monde de "l'élite sociale". Mais à présent, elle rentrait de plus en plus dedans, se pliant progressivement à leurs codes.

19h01. Le téléphone de sa chambre sonna. Elle alla y répondre précipitamment.

    « Oui ? »
    « Mademoiselle Di Firenze, je vous appel pour vous prévenir qu'un homme va monter vous voir. »
    « Très bien. Merci. »


Elle raccrocha alors le téléphone et finit de se préparer hâtivement, laissant tomber ses longs cheveux blonds sur ses épaules. Elle avait prit soin de les onduler légèrement. Il était venu. Elle était soulagée et stressée à la fois. Elle se devait de lui résister, de lui tenir tête comme elle l'avait fait à la plage. Elle entendit des pas dans le couloir, et enfin on frappa à sa porte. Elle prit une grande inspiration, cherchant à se détendre. Elle laissa s'écouler quelques secondes et finit par aller ouvrir la porte. Elle avait prit un air détaché et sérieux. Pride se tenait droit face à elle, habillé d'un costume blanc très classe. Elle se recula de quelques pas, afin de le laisser entrer dans sa chambre et elle referma la porte derrière lui. Elle n'avait pas franchement envie que tous les gens de l'étage entendent ce qu'ils avaient à se dire.

Pride, comme à son habitude dégageait quelque chose de fort. Il avait cette prestance incomparable qui avait le don de la déstabiliser. Mais tout comme lui, elle ne laissait rien paraître des doutes qui lui tiraillaient le ventre. Elle remarqua en effet l'absence de mallette ou de tout autre objet sensible de contenir une certaine somme d'argent. Il n'était tout de même pas venu les mains vides ? Elle n'arrivait pas à y croire, c'était bien trop facile. C'est au même moment qu'il glissa sa main à l'intérieur de sa veste, y ressortant une enveloppe. Noelina le regarda d'un œil méfiant. Bizarrement, elle ne le sentait pas. Il était vrai qu'il avait pu lui faire un chèque, mais elle n'était pas rassurée concernant ce que l'enveloppe contenait.

    « Vingt mille dollars. »


La jeune femme attrapa cette fameuse enveloppe qu'il lui tendait et l'ouvrit avec soin. Elle ne voulait pas paraître nerveuse ou trop pressée. Mais ce qu'elle découvrit la mit hors d'elle. C'était quoi ça encore ?! L'explication ne tarda pas à arriver.

    « C'est la somme que tu as donné aux Jeunes Soeurs désoeuvrées. Elles passent leur temps au couvent, à prier et prier encore... Pauvres petites brebis, à peine majeures, vierges, et exclues du monde. »


Elle détacha son regard du bout de papier pour le poser sur Pride. On pouvait nettement voir qu'elle n'était franchement pas contente. Ses traits s'étaient tirés et sa bouche s'était crispée. Elle avait serrée ses poings. Elle n'en revenait pas, il avait osé. Elle le maudissait à cet instant.

    « J'ai pensé que c'était une forme de remboursement comme une autre, en plus, tu as bon coeur. Ne me remercie pas. Pour le reste, j'ai besoin de plus de temps encore. »


Et puis finalement, elle se calma. Son visage se détendit et elle retrouva cet air victorieux et satisfait. Qu'est-ce qu'elle avait à faire de 20 mille dollars ? Sa famille était bien plus que riche. Et puis, elle avait ce qu'elle voulait... Pride n'avait pas réunit tout l'argent et c'était tout ce qui comptait. Elle afficha un petit sourire et répondit enfin :

    « Finalement tu as bien fait Pride. Ces jeunes filles en ont certainement plus besoin que moi. Je ne suis pas à 20 mille dollars près, moi. Je te félicite pour cette bonne action. »


Et soudain, son sourire s'effaça laissant place à un regard accusateur et agressif. Sa voix devint froide et sèche.

    « Cependant, tu n'as pas la somme demandée. Et je crois que le don que je viens de faire à ces jeunes femmes est largement suffisant niveau bonté pour aujourd'hui. Alors, non seulement tu vas continuer de me rembourser, mais en plus de ça... Je vais débarquer dans ta vie et détruire chaque parcelle de celle-ci, petit à petit. J'espère que tu as conscience que... Je ne rigole pas. »


Elle alla ensuite jusqu'à son bar ou elle attrapa deux verres et sortit quelques bouteilles d'alcool. Elle redevint familière et agréable et lui demanda, comme si tout allait très bien :

    « Tu veux boire quelque chose Pride ? Profite, c'est la maison qui offre. »
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Message(#) Sujet: Re: Game and money. Sam 21 Aoû 2010 - 22:57

Jamais la tension n'avait été aussi palpable entre l'ancien couple : les retrouvailles impromptues qui avaient eu lieu quelques jours plus tôt n'avaient pas même atteint ce même niveau oppressant. Car même si tous deux affichaient sourires hypocrites et oeillades faussement assurées, l'un comme l'autre bataillaient pour ne pas perdre pied. Pride lui-même, malgré cette envie puérile de jouer à un jeu dangereux avec son ancienne amante et actuelle grande rivale, craignait que la demoiselle ne lui nuise un peu trop, et pourtant il osait jouer la provocation jusqu'au bout. Par fierté sans doute, par jubilation peut-être, pour la déstabiliser probablement. Car de toute évidence, lui montrer quelconque signe de faiblesse était de loin la dernière chose à faire : si Pride avait pu apprendre quelque chose de la vie des ghettos, c'est encore que personne ne vient pour tenter de vous achever si vous montrez les crocs. Et bien qu'un coup de poignard dans le dos n'était pas à exclure, c'était déjà une belle avancée. Ainsi, mieux valait faire croire qu'on demeurait intouchable : jeter de la poudre aux yeux était le meilleur moyen d'auto-défense, et en l'occurrence, Pride lançait l'offensive contre Noelina pour mieux se préserver. C'était une tactique qui avait toujours fait ses preuves, mais restait à savoir si la demoiselle allait vraiment baisser les bras ou non. Ainsi, face aux remerciements poussés de l'éventuelle fiancée, le jeune homme lui offrit un magnifique sourire, hypocrite dans toute sa splendeur, avant de prendre place dans un fauteuil écru. Ses doigts se posant distraitement sur le galbe vermeil de ses lèvres, il toisait Noelina d'un oeil observateur, presque prédateur : toisant ses faits et gestes, aucun détail ne semblait lui échapper. Aucun, pas même son regard agressif quand enfin elle se tourna vers lui, ayant abandonné sa fausse douceur, preuve qu'elle n'avait pas accueilli la promesse de don aussi bien qu'elle n'avait voulu le laisser paraître.

« Cependant, tu n'as pas la somme demandée. Et je crois que le don que je viens de faire à ces jeunes femmes est largement suffisant niveau bonté pour aujourd'hui. Alors, non seulement tu vas continuer de me rembourser, mais en plus de ça... Je vais débarquer dans ta vie et détruire chaque parcelle de celle-ci, petit à petit. J'espère que tu as conscience que... Je ne rigole pas. »

Le jeune homme taciturne redressa légèrement la tête, son regard ambré ne quittant pas la silhouette féline de sa rivale, tandis que ses doigts pensifs continuaient de parcourir ses lèvres muettes. Bien sûr, qu'elle demeurait sérieuse, c'était d'ailleurs là tout le problème. Pride resta néanmoins impassible, malgré cette crainte bien fondée qui lui crispait l'estomac : et si elle avait les preuves de son passé d'escroc, et si elle avait les moyens de le livrer à la justice pour une affaire de moeurs, de vol, et d'abus de confiance ? Sa mâchoire vint se raidir dans un tic qu'il affichait chaque fois qu'il sentait la frustration ou la colère monter en lui, bien qu'il tentait de garder pour lui son air calme. Il fallait pourtant l'éliminer, et vite. Oh certes pas l'égorger ou toute autre chose glauque du genre qui se rapporterait à un mauvais polar de série B, mais en tout cas la mettre hors-circuit, la dissuader de jouer avec lui... la charmer peut-être. Le regard de Pride toisa un peu plus la silhouette de Noelina, charmante et charmeuse, par ailleurs, tandis qu'un sourire en coin se dessinait sur ses lèvres blêmes avec appétence. Il était évident que la demoiselle ne se laisserait pas avoir une deuxième fois et ne rentrerait pas dans ses jeux de flirt et de séduction... dommage. Et alors que la voix de la jeune femme résonna de nouveau, Pride sortit de sa léthargie lubrique, et leva son regard fauve sur le visage de cette dernière, dans un sourire mutin et provocant.

« Tu veux boire quelque chose Pride ? Profite, c'est la maison qui offre. »

« Il fut un temps où la maison m'offrait bien autre chose qu'un vulgaire verre de whisky. » osa-t-il souffler dans un murmure suave plein de sous-entendus. Son regard affamé vint narguer de nouveau la silhouette gracile de Noelina, la dévorant ainsi de haut en bas dans une attitude déplacée et provocante. Le jeune homme finit néanmoins par souffler un soupir plus sérieux, avant de froncer les sourcils non sans garder un vague sourire amusé aux lèvres. Il feintait ainsi ne pas la prendre au sérieux seulement dans le but de la piquer d'avantage au vif, et de lui arracher d'autres aveux qui pourraient lui être grandement utiles. « C'est étrange... Tous ces gens qui me promettent de faire de ma vie un enfer, et qui ne passent jamais à l'acte. Des mots, toujours des mots... Qu'as-tu vraiment l'intention de faire, Lina, téléphoner à mes parents et leur dire que j'ai été un très, très vilain garçon ? » souffla-t-il de sa voix suave mais plus tranchante, arquant alors les sourcils.
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Message(#) Sujet: Re: Game and money. Mar 24 Aoû 2010 - 22:59

Il arrivait que par moment, le temps de quelques secondes, Noelina se sentent perdue, troublée. Non, elle ne ressentait absolument plus rien pour le jeune homme. Juste de la haine, du mépris. Elle le haïssait, et c'était déjà trop. Car haïr, c'est s'intéresser malgré tout à la personne. Et elle ne voulait pas. Elle voulait pouvoir l'ignorer, le croiser sans que ça ne lui fasse ni chaud ni froid. Pouvoir reprendre le cours de sa vie sans avoir son prénom toujours au bout des lèvres, sans penser à lui sans cesse. Oui, elle pensait à lui mais pas de la façon que vous imaginez. Elle pensait à la façon dont elle allait le descendre, elle repensait parfois à ce qu'il lui avait fait. C'était une façon comme une autre de puiser son énergie pour continuer ce qu'elle a commencé. Elle avait toujours cette peur d'abandonner face à lui. De se dire que de toute façon elle ne pourrait pas l'atteindre, qu'il était indestructible. Et tout dans son comportement confirmait cette crainte. Il ne semblait pas prendre au sérieux ses menaces. Il continuait de jouer, comme s'il se fichait d'elle et de sa venue. Comme s'il était sûr qu'elle était incapable de quoi que ce soit. Comme si elle était la même qu'avant... Et penser à tout ça ne faisait que renforcer sa détermination. Vengeance. Elle n'avait plus que ce mot à la bouche désormais. Et quand elle le regardait se pavaner devant elle, quand elle croisait son regard, ce mot devenait physique. C'était une sensation qui l'envahissait. Cette envie devenait un besoin corporel. Il gagnait en intensité. Oui, vengeance, vengeance. Elle restait calme, mais au fond d'elle elle hurlait ce mot. Elle le hurlait en silence comme si elle était sûre qu'il l'entendrait.

Je disais donc, il arrivait que la jeune femme soit troublée. Il avait cette façon de le regarder, cette façon qui la faisait paraître si belle, si désirable. Mais elle savait qu'elle devait se méfier de se regard. Il paraissait envoûtant, sincère. Mais comme toujours, ce n'était que manipulation et mensonge. Mais le savoir n'était pas suffisant pour y résister. Pourtant, elle le détestait tant ! Au diable les pulsions. Ça n'apportait rien de bon. Et surtout pas là. Elle profita qu'il soit assit un peu loin d'elle, et surtout d'être dos à lui pour se mordre la lèvre inférieure. Pour se calmer, se renconcentrer sur le but premier de cette rencontre. Elle ne devait pas se disperser, se laisser entraîner. Elle prit une inspiration et commença à servir les deux verres de whisky. Toujours aussi calme et sûr de lui, il répondit à sa question :

« Il fut un temps où la maison m'offrait bien autre chose qu'un vulgaire verre de whisky. »

Elle se mordit encore plus fort. Mais quelque chose de nouveau était apparut. Une sorte de dégoût. Comment osait-il reparler de ça, de cette époque ? Il était ignoble, détestable. Comment avait-elle pu être folle amoureuse de lui ? Au point de tout risquer pour s'envoler avec lui... Il lui suffit qu'elle se retourne et qu'elle croise son regard pour trouver réponse à sa question. Elle ne laissa cependant rien transparaitre. Elle était toujours posée. Elle avait reprit son sourire faux, forcé. De toute façon depuis leur rencontre tout était sur l'apparence, le faux semblant. Elle n'arrivait pas à percevoir les émotions qui le traversait. Encore fallait-il qu'il soit capable d'en ressentir. Elle se plaisait à penser tout le mal de lui puisque de toute façon elle semblait ne pas pouvoir lui en faire. Pour le moment en tout cas. Elle prit place dans le fauteuil à côté du sien après lui avoir donné son verre. Elle finit par répondre :

« Il fut un temps ou je ne savais pas qui tu étais. Sinon, la maison ne t'aurais même pas offert un whisky. »

Sa voix était détachée, elle semblait pensive, lointaine. Elle redressa la tête et posa son regard sur Pride. Là elle afficha un grand sourire. Elle leva son verre et lança :

« Tchin ! »

Elle porta son verre à ses lèvres et but deux gorgées. L'alcool était fort et elle n'avait pas franchement l'habitude. Bien que depuis quelques temps elle sorte de plus en plus et donc se mette à boire, elle n'était pas encore franchement une connaisseuse. Elle devait y aller doucement, car elle ne tenait pas franchement les boissons aussi alcoolisée.

« C'est étrange... Tous ces gens qui me promettent de faire de ma vie un enfer, et qui ne passent jamais à l'acte. Des mots, toujours des mots... Qu'as-tu vraiment l'intention de faire, Lina, téléphoner à mes parents et leur dire que j'ai été un très, très vilain garçon ? »

Noelina eu un petit rire discret, cynique. Elle croisa ses jambes et répondit tranquillement, comme si elle était en train de lui parler de la pluie et du beau temps, tout simplement.

« Tout simplement parce que je suis honnête. Je t'avais dis que je te laissais jusqu'à aujourd'hui. Maintenant, je vais passer à l'acte comme tu le dis si bien. J'ai déjà quelques noms qui m'intéresse. Le premier sur ma liste est... Ah oui : Jaelyn Austen. Une très jolie femme, vraiment. »

Elle fixait Pride avec intensité, cherchant à déceler la moindre émotion. Elle but une nouvelle gorgée, cherchant à paraître détendue et confiante. Elle devait l'être si elle voulait qu'il la prenne au sérieux.
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Message(#) Sujet: Re: Game and money. Jeu 26 Aoû 2010 - 13:46

Le jeune homme ne cessait plus de la toiser d'un air faussement joueur, car en vérité ce dernier jaugeait le sérieux de la situation. Une fois la flamme affamée éteinte dans ses yeux fauves quand il eut compris que, pour le moment, Noelina ne se laisserait pas berner par un jeu poussé de séduction, Pride reprenait cet air impérieux et faussement serein. En réalité, l'habile joueur jaugeait sa proie potentielle : la façon de se tenir, de marcher, de le regarder ou encore de s'adresser à lui. Il tentait ainsi d'y déceler les failles, d'en ressortir une quelconque faiblesse et hésitation, mais il fallait avouer que Noelina demeurait délicieusement de marbre. Ainsi, laissant ses doigts fins parcourir distraitement ses lèvres blêmes dans un geste pensif, il l'observa s'asseoir d'une oeillade faussement distraite et désintéressée. En vérité, le regard observateur de Pride ne loupa pas une seule miette de ce magnifique spectacle ; son regard incandescent glissa un instant sur les longues jambes que la demoiselle croisa, avant de les relever sur sa mine hypocritement réjouie. Le sourire de Pride quant à lui, demeurait quasi imperceptible et trahissait une analyse redoutable de sa part envers son interlocutrice. « Tout simplement parce que je suis honnête. Je t'avais dis que je te laissais jusqu'à aujourd'hui. Maintenant, je vais passer à l'acte comme tu le dis si bien.  » Un très léger rire jaune s'échappa des lèvres du jeune homme alors que ce dernier leva brièvement son regard vers le plafond, mais bientôt ses prunelles pénétrantes se posèrent de nouveau sur la jolie blonde, curieuses, avides, et à la fois pleines d'appréhension malgré son faux détachement. C'était à qui serait le meilleur acteur dans ce moment lourd de tension : fort heureusement l'expérience de Pride pour le black jack l'avait fait passer maître en bluff et autres arnaques sournoises du genre. « J'ai déjà quelques noms qui m'intéresse. Le premier sur ma liste est... Ah oui : Jaelyn Austen. Une très jolie femme, vraiment. » Une lueur carnassière brilla dans le fond doré des yeux du jeune homme, tandis qu'il sentit son estomac se contorsionner : il se sentait tiraillé entre l'excitation d'un jeu sournois où il ne souhaitait plus qu'abattre Noelina selon ses propres règles, et la crainte de voir Jaelyn anéantie par quelconques manigances de la jeune héritière... Mais connaissant son interlocutrice, il était impossible que la demoiselle De Firenze ne s'en prenne physiquement à sa compagne : c'était ce qu'il redoutait le plus.

Etrangement calme malgré cette rage fougueuse naissant dans son estomac, il afficha un léger sourire hypocrite, d'une retenue gentleman. Noelina avait frappé fort, en cherchant dans sa vie intime, mais si elle désirait vraiment le voir sortir de ses gonds, sans doute aurait-elle du trouver un tout autre prénom... Une autre femme, une autre pour laquelle Pride se serait volontiers levé violemment de son fauteuil pour mieux lui cracher des menaces effrayantes à la figure. Bien sûr qu'il tenait à Jaelyn, et bien sûr qu'il avait cette envie mesquine de simplement étrangler Noelina jusqu'à la voir suffocante, mais n'ayant connu que la jolie blonde naïve, il avait encore du mal à croire à ses menaces. « Lina, ma douce... » susurra-t-il dans un souffle charmeur, alors qu'il se pencha légèrement en avant non sans planter son regard fauve dans le sien. « Tu penses vraiment que toutes les demoiselles sur Terre sont aussi naïves que toi ? Non vraiment, tu étais hors catégorie, unique en ton genre. », osa-t-il répliquer dans un sourire mauvais et détestable avant d'arquer les sourcils. « Jaelyn n'est pas aussi stupide, je choisis mes vraies petites amies avec attention. » Et pourtant il savait que la menace était réelle, mais tant qu'à jouer le jeu de l'indifférence jusqu'au bout... S'adossant de nouveau dans son fauteuil, le jeune homme sortit de la poche intérieure de son veston un paquet de cigarettes, en logeant une au creux de ses lèvres venimeuses. Il l'alluma non sans avoir soufflé un hypocrite 'je peux ?' qui n'attendit pas sa réponse, et recracha un nuage de fumée avant de poser son regard faussement intéressé sur sa cigarette. « Tu sais, j'essaie d'arrêter de fumer. » Le comble de la provocation se jouait en l'instant même : Berrington feintait de ne pas prendre sa menace au sérieux, et lui parlait d'un détachement sublimé, pour couronner le tout. « J'ai de la volonté pourtant, beaucoup de volonté. » renchérit-il non sans froncer les sourcils. « Mais c'est à croire que ça ne fait pas tout, la dépendance est bien plus forte... Quand j'y pense, j'ai de la chance, certaines personnes sont juste incapables. De la volonté, mais rien dans les tripes. On vit dans un bien triste monde. » Un soupir las s'échappa de ses lèvres en même temps qu'un nuage de fumé, quand son regard faussement innocent se posa sur Noelina. « Alors écoute, » fit-il d'une voix soudain plus mauvaise et venimeuse, ses yeux se faisant assassins. «  ... tu frappes, je frappe. Et crois-moi que je te rendrai mon coup au centuple, sweetheart. Soit tu me laisses le temps pour réunir ton putain de pactole, soit tu joues à la moins fine et tu rentres dans un jeu qui n'aura plus de fin. » Les paroles virulentes et glacées de Berrington se teintaient d'une rudesse sombre et agressive : il savait pourtant qu'il n'était pas le mieux placé pour faire des menaces, loin de là. Mais ayant le sang chaud, il n'avait pu que s'emporter au vu du chantage de Noelina. Avançant enfin sa main vers son verre de whisky, il porta ce dernier vers ses lèvres, espérant faire boire d'avantage son interlocutrice. « Santé. » acheva-t-il dans une ignoble ironie.
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