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 Quitte ou Double

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Message(#) Sujet: Quitte ou Double Mar 15 Juin 2010 - 2:07


  Quitte ou Double:
  Reine contre Roi



L’été venait de toucher la cote de Floride. Le ciel gris, d’où le soleil était absent ce jour là, et les nuages bas, qui s’avançaient menaçants depuis l’ouest, ne promettaient rien de bon. D’ailleurs, la pluie qui venait juste de cesser de tomber annonçait déjà son retour par quelques gouttes dans des tonnements éperdus à l'horizon. Sur la colline basse surplombant le Pacifique, trois silhouettes se dressaient près d’un monticule de terre ocre. Une tombe fraichement ouverte. Calvin Webster releva la tête vers son partenaire lorsque le légiste acheva l’examen de la dépouille. Une bourrasque charriant l’arôme salé de l’océan balaya les dépôts de cette odeur putride émanant du trou qu’ils visaient tous les trois. Le médecin porta de sa main un chiffon sur sa bouche dès lors qu’il découvrit le corps.
- " C’est bien elle.
- Affaire classée. "
Le couvercle du speudo cercueil se referma sur le visage angélique d’une portée disparue dans un claquement bruyant et les deux hommes, placides aux regards livides, s’en retournèrent comme si de rien n'était. Bientôt débarqueraient ici et là une foule de voitures aux gyrophares rutilants. Sullivan lâcha son téléphone dans le fond de poche de sa veste et fit glisser le trousseau de clefs jusqu’à ses doigts. Une affaire de plus au palmarès des deux flics mais qui attendrait le lendemain pour être étalée sur papier. A la faveur de l’obscurité qui régnait dans l’habitacle, ils soufflèrent, plus affectés par cette vision cauchemardesque qu’il n’avait semblé.


De retour à son appartement à Lemon Street, Thomas, hâtivement, se débarrassa de ses vêtements, les chaussures envoyées à travers le salon sans remords, avant d’aller se délasser sous un jet d’eau bouillante. Adossé contre la paroi, il commençait à somnoler, oubliant le crépitement incessant de la vigie pour se concentrer sur le ruissellement apaisant des gouttes déferlant sur sa nuque. Des journées bien remplies telles que celle-ci ne trouvaient fin qu’une fois la porte du 1207 LS passée et plus particulièrement une fois le Beretta rangé sous l'oreiller. Cependant un tout autre vrombissement le fit sortir de sa torpeur, celui de son second mobile qui gravitait sur la table basse de la chambre, un bruit singulier qu’il reconnaissait très aisément. Il se drapa d’une serviette autour de la taille et se précipita dans la pièce annexe pour y lire le message fraichement reçu. Une ligne, trois mots, qu’il effaça de sa boite sans y répondre. Plus rapide qu’il n’était arrivé, il empoigna un sac bien épais et l’un des smokings sortant tout droit du pressing, le tout s’accompagnant d’une cravate et d’une paire de lunettes lui donnant ce petit air d’intellectuel qui lui manquait tant à l’ordinaire pour se travestir le temps d’une nuit en un geek des jeux de hasard. Il ressortit, le regard posé aux quatre coins de la rue et s’arrêta un ou deux kilomètres plus loin pour prendre un taxi direction le Gold Empire qu’il rejoignit dix minutes plus tard. Les aiguilles sur sa montre battaient irrémédiablement, tintant à ses oreilles comme un rappel à l’ordre à chaque seconde passée. A la vue de l’établissement, des néons et des enseignes éclairées d'une multitude de couleurs criardes, il ressentit à la fois le stress et l’excitation. Pour ses bons services et contre sa discrétion, il laissa un gros pourboire au chauffeur avant de le saluer une dernière fois. De toute évidence, il ne comptait pas sur lui pour le ramener une fois sa tache effectuée. Jouer aux jeux n’était pas dans les habitudes de Sullivan mais une fois n'était pas coutume et puis il s’agissait plus d’un travail que d’une partie de plaisir.

A peine eut-il un pied à l'intérieur qu'il jouait nerveusement avec un minuscule écouteur dans le fond de sa paume. Il plaça ce dernier dans le creux de son oreille lorsqu’il passa près des draperies décorant les nombreuses baies du rez-de-chaussée et se dirigea vers des lieux en suivant des trajectoires bien précises. Il déposa en consigne le sac qu’il avait emmené et se retourna pour dévisager un par un les clients dans le hall. A quoi pouvait signifier ce manège ? Personne ne le savait hormis peut-être la personne qui lui dictait ses faits et gestes à travers la dite oreillette. Mais tout d’un coup le pantin gradé se figea net, raide comme un piquet. Sur sa face se lisait une expression de surprise, son regard ayant croisé celui d’une autre personne dans la salle.
" Atout 1 Standby " murmura-t-il. Sur ces quelques mots, il continua son chemin jusqu’à la table de poker la plus proche et s’y assit, demandant au croupier de le servir tandis qu’il sortit une liasse sur la table. Les lunettes jonchées sur son nez, un autre homme qu'il visait le salua de loin avant de repartir dans le fond de la salle… La mission semblait prendre l'eau à peine avait-elle débutée. Le partenaire de Sullivan venait de le comprendre en le voyant prendre partie à un jeu dans lequel Thomas n'avait aucune expérience. Lunettes, postiche en guise de moustache et un costard à mille cinq cents dollars pour faire bonne figure: même s'il advenait qu'un flic passe auprès de lui, peu l'aurait reconnu tellement il donnait l'impression de sortir tout droit des contrées saxonnes. Un Lord en quête d'une fortune illusoire.

Trois minutes plus tard, il avait déjà perdu un bon quart de ses gains mais gardait le sourire aux lèvres malgré tout, ce petit air pincé perpétuellement au coin de sa bouche à se triturer machinalement sa moustache comme s'il réfléchissait à une stratégie. Finalement il se prit au jeu et commençait à assimiler les quelques tours nécessaires pour survivre encore quelques minutes à cette table. Il s'était dit qu'il valait mieux rester et voir s'il ne pouvait pas remettre ça lourde besogne à plus tard. Malheureusement le contact avec le postiche s'atténuait au moment où les choses semblaient s'arranger pour lui. Quelle veine, il ne s’était certainement pas assez essuyé en sortant de sa douche avant de s’affubler de la sorte. Et maintenant le déguisement s’amoncelait petit à petit. Il pria pour terminer cette partie au plus vite et quitta la table, s’excusant auprès des joueurs et se dirigea vers les toilettes faisant mine de tousser, gardant le poing sur les quatre poils de lapin détachés sous son nez.

Une œillade jetée rapidement à l’intérieur des commodités et il sut qu’il aurait paix et tranquillité afin de remettre en place le subterfuge mais hélas, au moment même ou il releva la tête après s’être rafraichit d’une bonne gerbe d’eau le visage, un mirage sorti de nulle part se refléta dans le miroir. Une ombre silencieuse aux traits exquis venait d’apparaitre juste derrière lui. Sans plus la détailler, il baissa aussitôt les yeux sur le lavabo et vit avec horreur la fausse moustache laissée à la vue de tous sur le marbre mais il était bien trop tard. Pris sur le fait et par n’importe qui, c’était le comble pour un gars de sa trempe mais encore plus difficile à croire, il allait devoir sans doute donner des explications à propos de cette chose inerte et détrempée qui gisait près de sa main. Jamais il n’avait fait preuve de si peu d'attention. De manière inconsciente, sa main vint glisser sur l’objet de son agacement et ses yeux remontèrent péniblement le long des joints pour entrevoir de nouveau le visage de son interlocuteur. C’est presque soulagé qu’il reconnu les yeux d’une vieille connaissance mais instinctivement la méfiance reprit le dessus.



Dernière édition par Thomas Sullivan le Ven 30 Juil 2010 - 9:30, édité 4 fois
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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Mar 15 Juin 2010 - 13:00


  Quitte ou Double:
  Reine contre Roi



Jules était le genre de fille à ne pas s'embarrasser de choses inutiles. Elle détestait ça et pour être persuadée qu'aucune chose ne sert à rien dans sa délicieuse demeure, elle décida de faire du rangement. Seulement dans ses affaires bien entendu car il faut avouer que si elle commençait à toucher aux biens de sa précieuse et douce compagne, elle aurait le droit à un serment, des réprimandes et des cris. Rien de bien joyeux en outre et donc il était préférable de laisser tout le bazar de sa dulcinée comme il l'était. C'était donc à sept heure trente du matin qu'elle se mettait au rangement. Bien entendu, elle commençait par les pièces non réveillées. Sa chambre était donc exclue car une jeune femme aux cheveux longs dormait encore paisiblement, comme si il n'y avait que cela à faire de la journée. Pour être franche, Jules l'enviait certains jours. Il est bien beau de ne dormir que quatre heures par nuit mais lorsque l'on se retrouve à ne pouvoir s'occuper car ce dont on a besoin pour le faire fait trop de bruit ou tout simplement, rien ne vous attire et bah vous avez l'air d'une idiote ou d'une larve, tout dépend du point de vue de chacun sachant que si un jour vous dites à Jules que c'est une larve ou une idiote, elle vous étripe et vous vous en souvenez pour le reste de votre vie. C'est qu'il ne faut pas trop la titiller la jeune femme. Elle avait beau avoir l'air d'une fille douce elle n'en demeurait pas moins une humaine avec ses sautes d'humeur, chose que sa petite amie connaissait bien. Toujours que là, ce n'était pas des sautes d'humeur qui alimentait sa journée mais le ménage. Quelques jours avant, c'était la poussière qui y était passée et ce jour ci, ça allait être ce dont elle possédait. Vous vous dites qu'elle est probablement maniaque pour faire ça mais non, elle avait tout simplement le temps pour faire toutes ces choses. La jeune femme était donc dans une pièce assez loin de celle dans laquelle une belle créature dormait. Rapidement, Jules en eu marre. Ca ne l'intéressait pas enfin au début si mais plus maintenant. Elle était tombée sur un vinyle de U2 et elle l'avait regardé pendant près d'une demi heure comme si elle pouvait entendre la musique sortir de la pochette alors qu'une note de pouvait s'en dégager, bloquée par le papier et n'était pas sur l'instrument adéquate. Elle rangea alors la pochette et descendit dans le salon dans lequel elle retrouva sa belle qui allait travailler contrairement à elle. En même temps, l'écriture était une chose arrivant lorsqu'elle le désirait et non lorsque Jules s'y forçait car dans ses cas là, les mots transcrits sur le papier ne donnaient rien d'intéressant. Quand à produire, et bah elle n'avait pas de rendez vous pour ce jour ci donc c'était comme une journée de libre au pays de la Russe. Son amie partit tandis qu'elle alla devant le rangement de vinyles et de disques. Les disques étaient généralement à Selena tandis que les vinyles étaient à la jeune femme posée devant car c'était une chose qu'elle adorait. Elle trouvait ça classe d'écouter des vinyles tandis que d'autres trouvaient cela dépassé. Qu'importe, du moment que ça lui faisait plaisir, c'était tout ce qui comptait. Pendant près de trois heures elle eut la moitié de ses pochettes en main, restant sur certaines plus de dix minutes voir quinze pour se remémorer les moments que lui faisait penser certains titres ou tout simplement les instants où elle avait dansé dessus. Son ventre cria famine et elle rangea tout son petit bazar sachant pertinemment qu'après avoir mangé, elle aurait envie d'autre chose. Cela ne manqua d'ailleurs pas le moins du monde.

L'après midi était passé rapidement aux yeux de la belle jeune femme. Son inspiration artistique avait prit le dessus sur toute autre envie. Cette inspiration là était l'écriture car tel un idéal elle venait et repartait lorsqu'elle estimait que Jules avait fini de créer. Elle s'était assise à la table de la cuisine, un café à ses côtés et des muffins devant elle. Un café sans muffin était un sacrilège à ses yeux alors c'était toujours les deux qui accompagnaient ses envies de l'un ou de l'autre. Depuis plusieurs heures déjà son crayon griffonnait des phrases tout droit sorties de son imagination. C'était le début de l'histoire chose rare car généralement elle connaissait la fin de ses œuvres avant même de les commencer et de savoir les plus petites choses insignifiantes qui étaient aujourd'hui sorties comme par magie de son imagination. Arrivée à un passage de son livre, elle décida qu'il fallait qu'elle bouge son popotin. Après tout, qu'est ce qu'elle pouvait bien connaitre des casinos, elle qui y était entrée quatre fois tout au plus. Son personnage contrairement à elle était un accro des jeux qui avait perdu les trois quarts de sa fortune au black jake, à la roulette et tant d'autres jeux. Jules décida d'aller se changer pour ne pas avoir l'air tâche parmi le décor. Elle alla donc prendre une douche bien chaude pour se dirigea vers sa chambre. Elle regarda sa penderie à la recherche de la tenue parfaite. Elle choisit une robe passe partout car après tout, elle ne connaissait pas vraiment les « coutumes » de cet endroit. Elle passa donc sa délicieuse robe noire sur son corps et choisit une petite veste pour aller dessus histoire que si il fasse froid, elle ne soit pas sans rien pour se réchauffer. Elle mit alors des talons car après tout, rien de mieux pour habiller une robe ne trouvez vous pas? Elle fila donc au casino ouvert récemment dans la ville. Quelle bonne idée de l'avoir inauguré sinon elle aurait du aller faire un petit tour à LA, ville emblématique du jeu. Après être arrivée sans embuche, elle franchit les portes du casino comme si elle y venait tous les jours. Elle s'arrêta alors à une table de black jake après avoir bien entendu changé son argent en jetons. C'était vraiment chouette comme endroit à moins qu'elle ne perde tout et dans ces cas là, elle n'en serait que plus énervée mais pour le moment, la chance avait l'air d'être là. Après quelques instants elle décida de découvrir d'autres jeux. Pokerrrrrrrrrrrrrrrrr! Du poker était organisé dans ce casino. Alors là, elle allait rafler toutes les mises soyez en sur. Elle était la meilleure ou tout du moins une des meilleures à ce jeux. Le problème était qu'elle ne pensait être douée qu'en amateur pour des paris à bas prix bien que ça puisse aller jusqu'à quinze milles dollars. « Allez, sois folle! Tu as déjà gagné pas mal au pire tu retourneras au black jake » se dit elle. S'asseyant avec une délicatesse parfaite et un sourire en coin, elle reconnue non loin d'elle un jeune officier concentré sur ses affaires. Ses yeux le trahissait bien que ses lunettes donnaient une autre allures à son visage. Elle joua quelque peu, gagnant chaque partie. Je vous l'avez dit qu'elle était douée cette magnifique créature. Lorsque Thomas quitta sa table pour mésaventure de moustaches, chose qu'elle ignorait, elle le suivit discrètement et entra quelques minutes après lui dans les cabinets pour homme. N'en soyez pas offusqué, ce n'était pas la première fois qu'elle faisait une telle chose ni la dernière. Elle le regarda alors se rafraichir puis lorsqu'il la regarda à travers le miroir, elle ne pu s'empêcher d'ouvrir la bouche.

    _Tu penses sincèrement que tu peux faire tomber les filles avec ce look ridicule? Je sais bien que tu es en mal d'amour et célibataire depuis un moment mais quand même. Ou plutôt te caches tu car tu ne veux pas que l'on puisse savoir que tu aimes le poker? Dans tous les cas, c'est purement ridicule mais bon, je supposes que tu le savais déjà car ça ne change pas de tes habitudes premières.


Jules était toujours aussi gentille avec le jeune homme. Leur relation était difficile à expliquer. Même elle ne savait pas comment elle pourrait définir qui était l'officier Sullivan pour elle. Un ennemi de premier ordre probablement car depuis qu'ils se sont rencontrés, il essaye de la coincer ou alors une personne qu'elle irait voir en cas de problème. Dans ce dernier cas, selon le genre de problème, il l'enverrait en prison car tel est son désir depuis longtemps. Enfin bref, tout cas pour dire qu'elle avait un sourire mesquin sur les lèvres, attendant la réaction de ce cher officier.


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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Mer 16 Juin 2010 - 22:44


Le postiche ne faisait pas véritablement d’effet mais avait l’avantage de repousser soi-disant les silhouettes efféminées. Ce n’était pas une si mauvaise chose vu que la plupart d’entre elles n’étaient présentes en ces lieux que par l’appât du gain. Trouver un vieux croulant à la limite de l’infarctus et bourré d’oseille ne devait pas se révéler être difficile sans compter que les sexagénaires huppés de Floride aimaient particulièrement passer ce genre de soirées en bonne compagnie. Des filles aussi superficielles, Thomas s’en préservait avec grand plaisir. Il passa calmement sa main sous son nez pour en retirer les derniers copeaux de colle, une rapide œillade lancée à la demoiselle durant ce bref laps de temps alors qu’elle continuait à cracher son venin sur sa soi-disant façon de vivre. Se cacher pour jouer au poker, en voilà une drôle d’idée. Ce n’était pas parce qu’il était flic que les jeux d’argent lui étaient proscrits, bien au contraire. Étant à la fois le bras de la justice mais aussi le porte parole de l’état, il se devait de trouver, outre ses heures de travail acharné, du temps pour éveiller son esprit tant oppressé et le tout de façon sereine. Le Gold Empire était l’endroit rêvé et le bon samaritain y trouvait maintenant un intéret particulier quoique trainer vers les plages de Miami, avec sa faune locale aux longues cuisses élancées, n’était pas non plus de mauvais gout.

" Ca n’attire personne mais Madame m’a pourtant suivit jusqu’ici. Que dois-je en conclure ? ". Il laissa un temps mort avant de reprendre en la fixant sévèrement mais sans la moindre arrière pensée. Quoiqu’il en soit, il n’avait pas sur lui le moindre élément lui donnant autorité sur elle hormis l’influence de sa réputation. Il pouvait lui faire croire ce qu’il voulait sur les véritables raisons de sa présence. " Que finalement en huit ans tu ne m’as pas oublié ". Il se retourna, sûr de lui, croyant dur comme fer qu’il s’était passé véritablement quelque chose cette nuit là, cette même nuit qui par malchance aurait pu tourner au drame en signant la fin de sa belle mais courte carrière. Un abus sur mineur en profitant de ses pouvoirs était bien la pire erreur qu’un bleu pouvait commettre mais comment résister à cet instant précis à l’appel des lèvres vermeilles de la belle slovaque ? Beaucoup, en ces huit années passées, avaient dû y gouter depuis. Rien que d’y penser, il eut un léger sentiment de dégout.
" Je ne savais pas que t'allais venir..[...] Je n'ai pris que du liquide, désolé " Lui lança-t-il niaisement. Il refit face au miroir d’où il la lorgna furtivement avant de se replonger dans son travestissement raté, recollant la moustache méticuleusement derrière les lunettes qu’il avait empruntées au geek du quartier.

A présent une toute autre question se posait devant l’ombre des plans foireux de cette nuit : que faire d’elle ? La connaissant, et même si nombres d’années s’étaient écoulées depuis leur malheureuse rencontre, Thomas se doutait bien qu’elle ne lâcherait pas le morceau aussi facilement et encore moins maintenant qu’elle s’était fourvoyée dans les toilettes des gentlemans. Pensif, Sullivan ne fit pas cas de la pression soudaine du jet lorsqu’il ouvrit de nouveau le robinet et c’est une gerbe qui vint s’étaler sur le pan de son pantalon. MERDE ! Le mot était sorti tout seul mais avec force et conviction. Le Lord anglais venait perdre d’un seul coup son flegme légendaire. Entre temps le tambour de la porte résonna, un vieil homme portant la barbe comme le dernier des poilus les regardait tous deux, les yeux ronds, et balbutia comme il put : « Que.. que…que fait cette dame ici ? C’est SCANDALEUX ! » Il repartit sans perdre de temps, affolé, s’étant imaginé de bien curieuses idées. Le vieux allait sans doute se plaindre à la réception ce qui entrainerait, très simplement, un petit détour des deux protagonistes dans les bureaux de la direction du casino avant de se voir éjectés de l’établissement. * Le sac…* En aucun cas Sullivan ne perdrait pied dans cette affaire par la faute de cette troublante créature. Pas une seconde fois. Il ne se pardonnerait jamais de regouter à la saveur amère que sa précédente défaite lui laissait à chaque fois qu'il s'en souvenait.

Il fit tomber la veste dans le but de cacher les zones humides sur son splendide costard en la tenant par le bras et se dirigea vers la sortie en espérant que la dame le suive de son plein gré. La main apposée sur la porte, il se détourna pour l’inviter, lui offrant son bras en guise de soutient et afficha un sourire forcé. La situation n’était pas si désespérée sauf s’il advenait qu’elle traine un tantinet à réagir. De surcroit, il ne pouvait la laisser sans surveillance de sa part maintenant qu’elle était apparue dans l’étrange mise en scène à laquelle il participait. Mais de plus, cette rencontre pour le moins causasse pimentait irrémédiablement le tableau puisqu’il allait devoir jouer sur deux plans à la fois, ce qui entre nous ne faisait pas partie ses attributions pour la soirée.






Dernière édition par Thomas Sullivan le Jeu 24 Juin 2010 - 2:12, édité 6 fois
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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Sam 19 Juin 2010 - 17:27



    Jules avait suivit le jeune homme dans un coin quelque peu intime. Bah oui, imaginez qu'à la place de se rafraichir, il faisait ses besoins naturels. Bon n'essayez pas d'imaginer mais ça aurait pu être assez comique. Elle faisant son entrée comme si de rien n'était. C'était bien ce qu'elle avait fait mais par chance si l'on peut dire, elle vit qu'il portait une moustache tout du moins pour ce qu'il en restait. Elle décida de se poser contre le mur en le regardant faire. Elle trouvait ça amusant parce que franchement qu'est ce que ça ne lui allait pas. Ce qui n'avait pas l'air de le déranger le moins du monde peut être même était-ce ce qu'il désirait, ne pas être trouvé mignon car les créatures qui le trouveraient un tant soit peu agréable à regarder avec ses lunettes et cette moustache seraient juste pas bien dans leur tête. Toujours qu'il avait bien reconnu la jeune femme et peut être même un peu trop. Elle eu un petit sourire mesquin mais en même temps, quelque peu méchant. Elle détestait qu'on dise d'elle que c'était une madame. Non mais franchement, être mariée, avoir des enfants et une petite famille ou une grande d'ailleurs, elle ne le désirait pas le moins du monde. Thomas ne la connaissait pas vraiment mais quand même, il aurait du voir que c'était peu pour elle et à chaque fois, elle répliquait chose inutile mais bon quand même. Tu as la tête si creuse que ça m'a parole. Combien de fois devrais-je te le dire? Je suis une ma-de-moi-selle. J'ai l'impression que tu enregistres vraiment pas ce que je peux te dire. Elle avait bien décortiqué chaque syllabe comme pour espérer qu'il allait enfin comprendre que c'était une demoiselle. Elle laissa quelques secondes passer avant de s'adresser à Thomas d'une voix mielleuse. "Oh oui, je ne peux pas t'oublier. Franchement, aucun homme ne m'a regardé comme tu m'as regarder danser. Ca m'a fait quelque chose, tu ne peux même pas t'imaginer. La jeune femme s'était légèrement approchée de lui comme si elle allait le toucher pour lui montrer que ce qu'elle disait était vrai mais non, ce n'était pas le cas.

    En tout cas, c'était un idiot quant-il s'y met. Comme si elle n'avait pas pu l'oublier. En même temps, elle le voyait de temps en temps à Ocean alors comment l'oublier. Surtout qu'elle sait pertinemment qu'il veut la mettre en prison pour le moindre petit fait étrange car il pense avoir trouvé le bon pigeon mais non pas du tout. Elle n'est pas du genre à se faire prendre et encore moins par lui. Non mais quand même, c'est quoi ce travail. En tout cas, lorsqu'il lui dit qu'il n'avait que du liquide, elle voyait très bien où il venait en venir. A chaque fois, elle faisait comme ci elle ne comprenait pas et que c'était un petit ange. Un ange, elle l'était ou presque car personne n'est parfait mais avec Thomas, c'était différent. Elle aimait lui faire croire qu'elle ne comprenait rien ou plutôt que ce n'était nullement sa faute et que les mésaventures qui lui était arrivé n'était pas à cause d'elle. Elle faisait cela pour qu'il la laisse un peu tranquille mais pas moyen, ça n'en restait pas moins Thomas qui lorsqu'ils se revoyaient la prenait toujours pour la coupable. Tu sais très bien que pour une stripteaseuse le liquide c'est ce qui il y a de mieux. Déposer des chèques à la banque c'est très contraignant et puis on pourrait se douter du métier que je fais ou me prendre pour pire. Jules n'était plus une stripteaseuse depuis un moment mais elle en parlait toujours comme si c'était le cas. Enfin vu que les seules personnes qui savaient qu'elle avait fait ce travail était ceux qui l'avaient vu danser, sa petite amie et Thomas, tout allait bien. Après tout, ce n'était pas un métier très reluisant bien qu'à la fin elle y prenait goût. C'était devenu naturel par moment par contre, ça la mettait mal à l'aise d'être épiée mais au moins, elle se sentait appréciée même si ce n'était que pour la beauté de son corps.

    Jules rit à gorge déployée lorsque Thomas se trouva arroser. Quel idiot celui là. Toujours qu'au moins, ça la faisait rire donc c'était déjà ça. Elle entendit alors des pas se diriger vers le lieu où tous deux étaient. Elle n'allait pas se cacher le moins du monde car après tout, elle se fichait bien qu'on puisse la découvrir ici surtout qu'elle ne se cachait pas le moins du monde de quoi que cela puisse être. Pensant découvrir un jeune homme, allez savoir pourquoi d'ailleurs, elle fut surprise de découvrir que la personne ouvrant la porte était une personne plutôt âgée. Comme toutes les personnes plutôt âgées d'ailleurs, l'homme fut scandalisé de la voir ici. Franchement, ces gens là ce n'était quand même pas croyable, toujours aussi prude. Surtout que ce n'était pas comme si ils s'embrassaient ou qu'ils étaient en train de faire la chose. Non, ils ne faisaient que discuter et c'était probablement le meilleur endroit pour discuter calmement bien qu'elle n'était venue ici que pour embêter Thomas, seul grand plaisir de sa journée.

    La jeune femme se surpris à suivre le jeune homme qui avait décidé de bouger. Non mais qu'est ce qu'il lui prenait? Suivre Thomas était bien un comble quand même mais au moins, elle allait pouvoir essayer de lui faire passer une soirée désagréable. C'était un des plaisirs de la belle car après tout, il la prenait pour une criminelle alors que c'était un petit ange ou presque. Toujours qu'au moins, ça allait l'amuser de trainer dans ses pattes. Monsieur le policier allait avoir des surprises. Elle joue très bien les enquiquineuses notoires mais au fond, il le sait déjà. Elle passa son bras sous le sien après une hésitation parce que bon, c'était Thomas quand même. « On va nous prendre pour un vrai couple attention. Je suis persuadée que tu ne le supporteras pas bien longtemps. Moi ta chère compagne, ce ne serait que trop bizarre. En tout cas, il faudrait que tu te changes, on va se demander ce que tu as fait. Et tu m'emmènes où?» Elle avait un petit sourire narquois, comme si le jeune homme ne savait pas ce qu'allait penser les gens non mais je vous jure. En tout cas, il était étrange qu'ils se retrouvent bras dessus, bras dessous. Après tout, ils étaient plus du genre à se chercher des noises qu'autre chose.
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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Mar 22 Juin 2010 - 2:08


Thomas haussa les épaules mais il n’en poursuivit pas moins, livrant le fond de sa pensée.« T'inquiète pas Darling, on voit tout de suite que tu n’es pas assez racée. » Sur ces mots, il redressa fièrement la tête dans le but d’affronter les regards remplis de curiosité à la vue de sa bévue stupide et très ridicule. Cette rose plus foncée sur le textile ne semblait pas être le cadet de ses soucis, pas vraiment pour le moment. Un pied hors des commodités, ils replongèrent dans la foule huppée des beaux quartiers mais comprenant aussi ces irréductibles créanciers, le cigare au bec en quête d’une table chanceuse.

Il croisa de nouveau cet homme à l’allure élégante qui lui sourit avec la distinction et cet air pincé qui évoquait sensiblement le type de l’anglais d’Oxford. Le genre de détail censé mettre à l’aise tout homme bien éduqué. Sullivan le regarda mais ne réagit même pas, se contentant de tourner avec la belle à son bras en direction des tables qu’il avait précédemment quittées. Cette fois-ci, il sentit un objet lui murmurer un rappel dans le fond de sa poche. Un travail de pro, réalisé avec l’adresse d’un prestidigitateur qui détourne l’attention d’une main pour effectuer sa manipulation de l’autre. Un portable avait été glissé dans son veston et ceci à fortiori lorsqu’il se démenait à la table de poker sans quoi il se serait méfié de tout étranger ayant le malheur de l’aborder d’un peu trop près. Le bleu n’en était pas à son coup d’essai, lui aussi connaissait quelques ficelles du métier pour avoir été – jadis - un membre de la fauche… Mais cela en toute discrétion et le manque de pratique l’avait véritablement ramolli avec le temps. Voilà pourquoi malheureusement la présence de la ravissante Ramanov à ses cotés l’exaspérait tellement. S’être fait dépouiller lui-même, et ce par une femme, était une honte, un déshonneur. D'autant plus qu'à cette époque il était en pleine possession de ses aptitudes et au paroxysme de son art.

Mais à présent, il prenait tout son temps. A mesure qu’ils progressaient tous deux, les vieilles habitudes le démangeaient, ressurgissaient de par les pores de sa peau. La plupart du temps, son cerveau fonctionnait plus vite que ses mains le rappelant à la raison. Mais cette fois-ci il écouta ses bas instincts, reluquant le portefeuille de l’un des joueurs accoudés sur les machines à sous. Un détail le fit ciller, se demandant s’il avait un motif valable de commettre ce forfait. Besoin de fric ? Pas à ce stade d’autant plus que si tout se passait bien dans le déroulement de l’opération, une grosse prime l’attendait au bout du chemin. Mais quelle importance au fond ? L’homme pouvait donc apprendre avec le temps, mais les pulsions fondamentales restaient toujours là, alors on entretenait la bête avec des fantasmes, des livres ou des films, et des rêves, des pensées qui vous traversaient la conscience à l’heure où l’on attend le sommeil. Peut-être les flics étaient-ils mieux lotis. Ils pouvaient exercer la sale petite créature qu’est la conscience en se chargeant de ceux qui franchissaient la ligne. Cela procurait sans doute une certaine satisfaction puisqu’on pouvait ainsi à la fois nourrir la bête et protéger la société.
N’était-il pas un homme, à présent, capable de faire ce qu’il voulait de son existence ? Pas vraiment. Les parents avaient sur vous un pouvoir qui ne s’effaçait jamais et même défunte, les traces de la moralité maternelle persistaient irrémédiablement. Une fois le portefeuille de ce type dans le creux de sa paume, sa mère aurait-elle appréciée ? Non, elle aurait été sûrement contrariée – furieuse oui – d’apprendre tous les risques qu’il avait couru dans sa vie. Et encore, ce n’était que le coté informel de sa vie non-professionnelle. Quoiqu’il en soit son passé le rattrapait malgré le fait qu’il ait essayé de le distancer en balançant les dealers avec qui il avait bossé autrefois. Résultat des courses, il se retrouvait ici, à faire sinon la même chose, du moins à coup sûr s’orienter dans la même direction. C’est ce que l’oncle Charlie lui avait toujours inculqué avant qu’il ne reprenne le bon chemin. Trouver des diamants dans un seau de merde. Quelque part, il avait escompté que la tache serait plus facile que ce que l’on lui relatait étant adolescent.

Deuxième coup du sort, sa poche revibra de plus belle. Instinctivement cette fois-là, il chercha l’objet de ses soucis mais pas sans se retourner légèrement, dissimulant le message à sa comparse. Il ne fallait surtout pas que sa fortuite compagne n’ait le moindre soupçon. Il lut rapidement la chose avant de refermer d’un clappement sonore le « 2037 13m ». La réaction de Sullivan fut de rechercher des yeux celui qu’il avait croisé cinq minutes plus tôt mais sans grand résultat, l’ombre de cet homme n’avait qu’effleuré les esprits des flambeurs présents et s’en était allé comme si de rien n’était. Outre cette étrangeté résidaient encore bon nombre d’incohérences comme l’accoutrement – stupide avait-elle précisé ?- dans lequel il se pavanait mais nécessaire puisque crédible dans son rôle et que nul - mis à part une femme follement attirée mais ne voulant l'admettre - ne le reconnaitrait de prime abord. Cette identité était devenue presque aussi solide qu’une vérité, dans son esprit. Le regard perdu dans cette foule, il secoua la tête, pensif. Lui et ce mystérieux inconnu étaient convenus d’un code, des phrases et chiffres innocents qui pouvaient dire n’importe quoi, à transmettre partout à des prête-noms subalternes qui se chargeraient de les retransmettre ou d’effectuer leurs besognes. Mais pas ce soir. Il se chargerait en personne d'effectuer sa mission. A présent il fallait trouver la parade adéquate pour quitter la salle principale et ainsi suivre les instructions qui lui avait été transmises. Mais Ramanov allait-elle suivre les règles du jeu - de son jeu – sans faire d’écart ni de vague… La connaissant, difficile à dire. Il replongea le téléphone dans l’intérieur de sa veste et lui tint à quelques mots près ce discours très encourageant :
« Ce casino dispose de suites pour les gros flambeurs non ? Pourquoi ne pas continuer en… privé… » Il sourcilla à son intention et reprit sans s’interrompre « Trouve le courage d'aller jusqu'au bout... ».

Sans plus d’explication le flic la laissa, majestueuse mais entourée de mystères, tandis qu’il se présenta à la réception dans l’unique but de récupérer son sac et de s’inventer un prétexte pour grimper aux étages supérieurs. « Bonsoir. Lady Ungern et Lord Shumanov. Nous voudrions une suite, une nuit.» Faux noms, réservation en toute discrétion appuyée par de faux papiers prévus à cet effet et réglée avec une carte bleue – elle aussi accréditée sous le même nom – dont le compte donnait sur celui d’une agence étrangère. Rien n’avait été laissé au hasard, depuis le temps qu’ils fomentaient cette affaire. C’était censé se passer comme çà mais dans leur grande douceur et leur infinie bonté, les précurseurs de cette opération n’escomptaient ne rien laisser entraver le bon déroulement des opérations. Titillant cette foutue moustache qui commençait sérieusement à l’ennuyer, voir à le démanger, il prit la clef, empocha son portefeuille, le sac et après avoir rajusté sa mise, il reprit sa route vers le hall d'où un escalier de marbre blanc les mèneraient au septième ciel (façon de parler). Il marqua une pause au pied des marches et patienta de nouveau comme quoi les femmes se font toujours désirer. Ce qu'il vit aux lueurs d'un lustre ne put que le ravir: le panorama sur une chute de paillettes ombrageant la forme de ses courbes. Le paradis ne devait sans doute pas être plus idyllique. Il lui sourit, persuadé que même si le coup foirait de son coté ce soir, il n’en ressortirait que vainqueur.




Dernière édition par Thomas Sullivan le Jeu 1 Juil 2010 - 1:31, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Jeu 24 Juin 2010 - 22:53



    Jules tourna la tête vers Thomas. Que savait-il de sa vie? Elle qui pouvait être cruelle par moment avec lui, ce coup là était un coup bas. En tout cas, elle reprit à son tour, ne pouvant le laisser croire qu'elle n'était qu'une petite fille de condition minable bien que jamais il ne connaîtrait réellement qui elle est. « Lorsque l'on ne sait pas à qui on a à faire,on ne dit rien. T'es vraiment un abrutit. » On pouvait sentir de la colère dans ses paroles, du mépris et du regret. Elle qui venait de se rappeler qui elle était réellement. C'était dur pour la jeune femme. Elle avait beau paraître forte et délicate, elle n'en restait pas moins une personne fragile. Lorsque Jules repensait à son enfance, à qui elle était en Russie, cela lui faisait mal car elle était encore attachée à son pays et à sa famille malgré toutes ces années sans la voir. Elle était une jeune fille riche dont les parents avaient connus quelques déboires financiers mais bon, ils s'en étaient sortit. Malheureusement, trop tard pour que Jules l'apprennent par eux. Elle l'avait apprit aux informations sur internet car bien qu'elle ne le dise à personne, la belle regardait chaque jour ce qui se passait en Russie. Le pays qu'elle considère toujours comme le sien. Elle avait beau vivre en Amérique depuis presque dix ans, son pays reste et restera la Russie. L'Amérique n'est qu'un pays alternatif mais bon, elle s'y plait c'est déjà ça, bien que les neiges lui manque. C'était toujours au moment des neiges qu'elle entamait sa période déprime. Toujours que là, ce n'était pas de la déprime que Jules ressentait mais bien de la colère. Thomas la jugeait sans la connaître. On pourrait pourtant penser que tous les deux savaient des choses l'un sur l'autre vu qu'ils se sont rencontrés il y a un moment mais ce n'était pas le cas. Ils étaient justes des connaissances.

    Thomas avait toujours le don de la mettre en colère et bien que se soit le sentiment qu'elle avait, elle s'était contrôlée et ne lui avait pas donné la gifle qu'il méritait car oui, il la méritait. Il avait dit ses paroles sur un ton de mépris mais qu'importe, elle devait jouer le jeu. Ca, c'était sa spécialité alors pas de soucis. Ils continuèrent leur chemin comme si de rien n'était. Lui se pavanait. Elle, cherchait ce qu'elle pourrait bien faire mais en réalité, c'était les conversations qu'elle écoutait bien que seule l'impression qu'elle chercher une personne soit présente. Jules était une petite curieuse bien qu'en réalité, elle cache très bien son défaut ou sa qualité, cela dépend des points de vue. Elle écoutait donc les bruits de la salle. Elle dont l'ouïe était développée, c'était parfait. Il fallait bien l'avouer, elle entendait le moindre petit bruit. Cependant, la première vibration, elle ne l'entendit pas, trop absorbée par une dame qui venait de gagner quelques fortuites pièces aux machines à sou. Franchement, c'était pathétique de s'extasier devant si peu mais chacun son truc comme on dit. Au bout de quelques instants, le portable de Thomas vibra de nouveau. Elle jeta un coup d'œil désintéressée par dessus son épaule mais ne vit pas grand chose. Monsieur ne voulait pas qu'elle puisse voir quoique se soit. Au fond, cela importait peu car elle pourrait bien avoir le portable de Thomas a un moment donné dans la soirée à moins qu'il n'efface le message mais attention aux connaissances de la sulfureuse russe.

    Alors qu'ils ne s'étaient pas adressés un mot depuis l'incident de la part de Thomas, il reprit la parole tandis qu'elle allait lui demander de jouer au Poker avec elle. Bien entendu, elle aurait probablement gagné vu qu'il ne sait pas y jouer mais bon. Lu-t-il dans ses pensées ou était-ce ce mystérieux sms qui lui disait de lui proposer quelque chose, comme si on attendait de lui une action. Elle n'était pas stupide pour avoir la réponse. Elle fit mine de réfléchir. Au fond, il fallait qu'elle passe une soirée agréable ou tout du moins qui pouvait l'être. Donc passer du temps en privé, c'était quoi? Seul avec Thomas? Pourquoi pas, qui sait peut être en apprendrait-elle plus sur lui ou pas qu'importe. Un endroit privé lui ferrait du bien. La foule et le brouhaha n'était pas vraiment son truc donc elle aquiessa à la proposition.

    Thomas lui l'emmena au niveau de l'accueil. Jules voulu envoyer un sms à sa douce et tendre pour lui dire de ne pas l'attendre mais bien évidemment, le réseau était coupé. Quelle poisse. Le temps qu'il ne fasse elle ne savait quoi, Jules était partie dehors pour envoyer son message. Elle ne savait pas quand elle allait rentrer car avec Thomas, se sont toujours des instants imprévisibles, chose qu'elle adorait par ailleurs. Elle entra de nouveau le casino aussi facilement qu'elle en était sortie. L'officier était encore devant le comptoir. Elle commença à parler avec un homme qui lui aussi attendait. Peut être était ce sa petite amie ou sa femme mais il avait l'air heureux de voir une magnifique femme lui adresser la parole. Ils parlèrent quelques minutes avant que la compagne du jeune homme arrive. Elle s'excusa et partit retrouver Thomas qui était parti bien qu'elle ai suivit des yeux l'endroit. Elle le retrouva en haut des marches d'un grand escalier. Il avait l'air de l'attendre. Qu'est ce qu'elle aimait se faire désirer. C'était une chose si merveilleuse et encore plus lorsque c'était Thomas qui attendait après elle. Jules avait alors ce petit sentiment de puissance bien qu'au fond, il aurait pu faire ce qu'il désirait. Elle monta donc rapidement les marches malgré ses talons aiguilles. Elle était devenue une championne à ce jeu bien qu'en converses, c'était plus pratique. Elle le dépassa et l'attendit sur le sol du premier étage. Elle le regarda alors quelque peu incrédule. « On y va ou on reste plantés là? » Elle continua son ascension vers le deuxième étage mais ne continuerait pas longtemps comme ça si ils devaient monter à elle ne savait quel étage. Peut être même devaient-ils être au premier mais bon, que voulez vous, Jules est toujours comme ça.


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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Jeu 1 Juil 2010 - 1:28


    Les marches furent raides et douloureuses jusqu’aux étages en amont. Comme s’il n’avait jamais grimpé de sa vie, chaque pas – même aux cotés d’une ravissante femme comme Ramanov – était un calvaire pesant et difficile à porter. A l’esprit une seule idée : la chambre 2037. Il y trouverait bien plus de questions que de réponses, il le savait, mais il trouverait cependant le courage d’y pénétrer malgré tout. Un bruit, une sensation froide sous ses doigts. Il reporta son regard sur ce qu’il détenait dans sa main depuis le hall d’entrée, la clef de la chambre 2012, la leur. Entre les deux, Thomas craignait déjà de devoir courir un marathon dans le but de ne pas éveiller les soupçons d’une absence injustifiée. Les escaliers déboulaient enfin sur le second étage, vaste à l’image du rez-de-chaussée, sur un vestibule desservit par deux couloirs diamétralement opposés et cet escalier à leur gauche qui continuait son ascension vertigineuse jusqu’aux dernières chambres - les plus prisées… Plus vous montiez, plus exceptionnelle était la vue sur les tours baignant dans la lueur orangée d’un soleil émergeant par-delà l’horizon à votre réveil. Sur le mur de gauche résidait l’indication suivante : « 2001 – 2025 »….le droit « 2026-2050 ». Chaque étage comprenait cinquante chambres, le rez-de -chaussée était occupé par la salle de jeux, au premier débutait l’hôtellerie jusqu’au troisième, le quatrième était occupé par les restaurants surplombant la baie de Miami. Quant au sous-sol ? Il était expressément réservé au central de surveillance mais aussi aux chambres fortes. Pas de chambre 2000, une curiosité du casino mais encore moins flagrante que celle qui donnait au flic bien du fil à retordre … Soit, il se stoppa pour hésiter entre les deux chemins, ses doigts glissant tour à tour sur la clef avant de ressentir cette présence féminine forte agréable juste à ses cotés. Une dernière œillade sur le petit objet entre ses mains et il emboita le pas dans celui de gauche, le couloir adéquat. Quelques pas de plus sur une cinquantaine de mètres et ils se retrouvèrent nez à nez à une porte dont la serrure accepta en son sein la clef sans la moindre résistance.

    Naturellement Thomas l’ouvrit mais prit néanmoins le temps de se ranger d’un pas sur le coté, invitant sa douce cavalière – aux paroles si cruelles ! - à faire le premier pas dans ce qui semblait être leur douce retraite. Un coup d’œil rapide à l’intérieur et le ton était donné. Un vaste salon, une décoration d’un style épuré en équilibre avec la vue, une seule chambre mais le plus drôle de tout, le petit détail qui fit sourciller Sullivan - un sourire taquin naissant sur les lèvres - fut la douche dont la baie vitrée donnait directement sur la chambre …pas de cloison entre les deux. Tout compte fait la soirée risquait d’être forte en émotions mais pour l’heure un bien plus gros souci se posait là à ses yeux. * La cuiter ? Mouais… et adios le bouquet final Thom…* Après une brève inspection des lieux il se dirigea vers ce qui semblait être le bar, dans le coin juxtaposant l’immense baie vitrée dans le salon. Deux verres, une bouteille pour laquelle il sembla hésiter longuement avec sa jumelle d’une marque différente – une vodka – qu’il déposa sur le comptoir. Où était déjà cette corbeille de fruits qu’il avait remarquée tantôt ? Il la chercha et d’un pas lent en desserrant cette cravate qui l’étriquait, il se planta devant la commode afin de tâter les fruits d’un jaune acidulé en repensant à cette façon de lui fausser compagnie et perdait peu à peu espoir à chaque incrémentation de l’aiguille sur le cadran de sa montre. Il n’y croyait guère mais l’espoir était un sentiment qu’on ne pouvait entièrement mettre de coté. Et lorsqu’il revint se servit un verre, le liquide coulant en un flot particulièrement agréable à la vue mais aussi à l’oreille, il se figea.

    Ce n’était pas une crise ou une rechute, ni un coup de folie, ou encore moins qu’il avait déjà trop bu mais le voilà qui replongeais dans ses souvenirs face à un verre à demi plein ou à moitié vide, c’est vous qui voyez. Il y a trois ans, alors qu’il était récemment muté mais n’ayant pas encore pris ses marques, il sortait du palais de justice. Une voiture de fonction étatique l’attendait lui et sa collègue, hystérique, qui relisait ses notes sur la bonne démarche à prendre après l’appréhension d’un suspect, une bleusaille tout juste sortie de l’école. Un coupable qui venait d’être innocenté d’un viol qu’il avait pourtant bel et bien commis les narguait à l’autre bout de la chaussée. Gardien des péchés inavoués, les avocats avaient délibéré en compagnie des jurés pour finalement le libérer. A présent les deux représentants de l’ordre avaient exactement 7 min pour rejoindre un convoi. D’un coup elle se mit à hurler et il s’aperçut qu’ils étaient au beau milieu de l’avenue. Le feu était passé au vert et un flot de voitures, un déluge de bagnoles fonçait sur eux. Et ils restaient cloués là, ils ne pouvaient plus bouger. Et d’un seul coup lui se sentit envahi par la sensation dévorante qu’il était recouvert d’une sorte de membrane, sur ses cheveux, sur son visage…. C’était comme un vernis, comme une sorte d’enduit. Il se dit qu’il savait ce que c’était, comme un liquide amniotique embryonnaire, il était inondé de placenta, il était sorti de sa chrysalide, il venait de renaitre. Mais là la circulation, la rue, les voitures, les camions, les klaxons et cette pauvre fille qui hurlait…. Non non non c’était pas une renaissance, c’était un genre de vertige, une illusion de renouveau qui vous envahie l’esprit à l’article de la mort. Tout çà était complètement faussé parce qu’en se retournant, en regardant l’immeuble, il eut un moment de révélation totalement bouleversant, il comprit qu’il n’avait pas surgit du seuil du tribunal de grande instance, du portail de leur puissante institution judiciaire mais du trou du cul d’un organisme dont l’unique fonction est d’excréter le poison, les munitions, le défoliant indispensables à d’autre organismes plus grands et plus puissants pour détruire le miracle de la vie et qu’il avait été enduit de cette patine de merde pendant la plus grande partie de sa formation et qu’il lui faudrait sans doute le restant de ses jours pour en laver la puanteur et la souillure. Il respira à font et il mit cette notion de coté, la différant, en se disant * Ça a beau être tout à fait clair, ça a beau être un sentiment très fort, même si je pense avoir été aujourd’hui témoin d’une vérité çà doit attendre… * Mais le temps était venu à présent de faire justice soi-même.


    « Tu pensais ce que tu as dit en bas ? » Lui demanda-t-il fixant toujours le fond de son verre. Aussi difficile qu'il lui soit de l'accepter, la jeune femme avait eut raison de lui remettre les pendules à l’heure sur sa déplorable façon de s’exprimer. D’autant qu’elle n’avait rien dit, rien fait ni rien tenté de quoique ce soit de déplacé mis à part sa petite rhétorique dont il se serait bien passé.

    Beaucoup de détails auraient dû mettre la puce à l’oreille de sa belle complice - ou tout du moins interpeller sa curiosité - comme le fait qu’il puisse recevoir des appels et pas elle à même la salle de jeux. Ou bien encore le fait qu’il n’aie pas sa plaque raccordée à la ceinture de son futal lorsqu’il venait tout juste de se dévêtir dans les toilettes en sa présence. Par la suite, bien sûr qu’il l’aurait dissimulée aux yeux des autres clients du casino mais il était évident qu’il n’était pas là en cette heure de façon officielle. Ni flic, ni flambeur, juste un gars qui cherchait un objet bien précis et qu’il trouverait dans cette chambre 2037 dans 13 minutes très exactement. Enfin 5 minutes à présent. Et le temps de laisser la belle Ramanov dans la chambre qu’il venait tout juste d’affrétée pour eux deux et de trouver une excuse fiable afin de s’esquiver sans elle durant un court laps de temps, il ne lui resterait pas grand-chose pour se présenter à l’endroit du rendez-vous. Le son cristallin du verre résonna sur le marbre décorant le bar.

    « Vert…j'ai besoin d'un citron vert... T'as qu'à m'attendre ici pendant que j'vais voir aux cuisines »




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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Sam 3 Juil 2010 - 19:36




    Jules était une grande sportive. Enfin grande était un bien grand mot. Disons qu'elle était une coureuse qui s'entraînait pendant deux à trois heures chaque matin, spécialement pour garder une silhouette si magnifique il faut bien l'avouer bien qu'au fond, quoiqu'elle mange, les kilos, elle n'en prenait pas. Une joie que son corps lui offrait. Bien entendu, elle courrait aussi et avant tout pour son plaisir, pour penser et pour se libérer de tout ce qui ne vas pas bien, de toutes ses mauvaises vibrations. C'était aussi une excellente danseuse et elle adorait pratiquer ce sport avec sa meilleure amie Mykelina qui elle même était professeur de danse moderne. Lorsque toutes les deux dansaient ensemble pour leur propre plaisir, cela était toujours agréable, elles étaient comme deux professionnelles. Bien entendu, son amie l'était mais Jules moins. Cependant, elle adorait danser mais préférait les danses sensuelles rien que pour avoir le regard posé sur elle. Thomas avait d'ailleurs eu l'expérience de ses mouvements sensuels un soir, le dernier qu'elle avait passé à New York. Tout cela avait été bien drôle d'ailleurs tel avait été pris celui qui croyait prendre.

    Gravir les marches n'étaient donc nullement un problème pour la russe. Bien entendu, ses talons la ralentissait mais à part ça, elle se débrouillait bien. Même mieux que notre cher ami qui avait l'air d'endurer un calvaire ce qui faisait bien rire la miss. Lui qui était policier avait du mal à monter quelques étages. Je vous jure, c'était un comble mais au fond, elle s'en délectait plus qu'autre chose. Ils finirent alors par arriver à l'étage où leur chambre se trouvait. Des chambres aux allures probablement spacieuses. Elle se laissa guider par Thomas qui avait la clef de la délicieuse suite en main. Jules ignorait où ils se rendaient et même où cela les mènerait car avec Thomas, elle se méfiait toujours. Spécialement depuis leurs rencontres dans la grosse pomme. Il l'avait arrêté, persuadé qu'elle avait fait quelque chose de mal. Chose vrai selon certaines personnes mais normal pour elle et il avait fouillé ses affaires le soir de son départ. Il avait osé regarder dans son sac à main ce qu'il contenait et lui en avait toujours voulu. D'ailleurs, c'était à cause de cela qu'il avait eu le droit à une carte bleue volée et à un compte en banque dévalisé mais il ne pouvait rien prouver. Elle avait retiré légalement et avait jeté la carte bleue dans des poubelles sur son passages. Il se doutait que c'était elle la coupable mais ne pouvait pas l'enfermer à nouveau.

    Ils atteignirent la chambre et Thomas l'ouvrit avant de la laisser passer. L'endroit était vraiment très joli. Elle regarda le lit, il avait l'air moelleux et tourna alors sa tête vers la douche qui était en vitre transparente. Si quelqu'un pensait qu'elle allait se doucher là dedans alors que Thomas le petit pervers^^ allait pouvoir la regarder, ils se trompaient complètement. Non mais il faut être fou pour penser à ça. Elle secoua d'ailleurs la tête et alla regarder la vue offerte. Ils se trouvaient à plusieurs étages du sol et elle jeta un coup d'oeil en bas. Mieux valait rester ici et ne pas tomber par la fenêtre. Toujours qu'elle était étonnée de la vue qu'elle pouvait avoir de la ville. Elle était magnifique et n'aurait jamais pu en imaginer une comme celle ci. Après tout, elle en avait vu des paysages mais jamais à cette hauteur là.

    Jules prit le verre tandis par son ami de soirée et alla de nouveau regarder cette magnifique vue. Thomas avait choisit le meilleur breuvage de tous. La vodka était son pêché mignon. Il lui demanda alors « Tu pensais ce que tu as dit en bas ? ». La belle rousse ne voyait pas où le policier désirait en arriver. Ce qu'elle avait dit en bas? Qu'avait-elle dit au juste? Elle se remémora la scène. La seule chose qui lui revint en tête fut tout simplement qu'elle avait dit qu'il ne la connaissait pas, ne connaissant pas son origine, ses parents ou même ses amis. Non, il ne la connaissait pas, il croyait la connaître. Connaître cette fille qui aime lui pourrir la vie car après tout, c'était un jeu très amusant mais sinon, que connaissait-il d'elle? L'autre parole dont elle se souvenait était juste qu'elle l'avait traité d'idiot. Le pensait-elle? Bien entendu et ce, sous tous les sens du terme. Après tout, il parlait sans connaissance et à la suite, de la soirée, elle s'apercevra qu'elle avait raison de le penser. Elle arqua alors un sourcil, trouvant la question peu importante. Au fond, qu'est ce que cela pouvait bien faire si elle le trouvait idiot ou pas? Si elle pensait qu'il était pas vraiment un beau morceau à ce moment là où pas? Autant de question qui sa bousculait dans sa tête entourée de plusieurs autres. Car oui, il pensait qu'il était idiot de croire qu'elle n'avait pas vu son manège. Pourquoi recevait-il des messages tandis qu'elle ne pouvait pas en envoyer? Pourquoi était-il habillé d'une manière si ridicule? Non, elle ne le comprenait pas mais s'en doutait. Elle, - contrairement à lui *sourire* - était futée, rusée et ne pouvait que se douter. Certes, ce qu'elle pensait n'était pas la vérité mais cela collait. Elle tourna alors sa tête vers lui. « Ce que j'ai dit? Que tu n'étais qu'un idiot? Bien entendu que je le pensais. » Elle se retourna alors vers la vue comme si Thomas n'était nullement intéressant, chose qu'elle pensait pour dire vrai à ce moment là. Qu'attendaient-ils exactement?

    Le policier décida alors d'aller chercher un citron vert à la .. à la cuisine? Elle fut quelque peu surprise. Elle se tourna alors vers lui, posant son verre sur la table à côté. Elle lui fit signe d'y aller, qu'elle l'attendait dans la chambre. Une fois sortit, elle se mit quelque peu en colère. [color:610d= crimson] « Il me prend vraiment pour une imbécile celui là. » Aller chercher du citron alors même qu'ils venaient de gravir des dizaines et des dizaines de marches que lui même avait eu du mal à monter? Le room service existait ici aussi alors qu'il ne lui fasse pas croire qu'il allait chercher quelque chose. Enfin probablement que si mais pas du citron. Elle sortit alors de la chambre quelques secondes après lui, à pas de chat. Elle le suivit, jusqu'à une autre chambre dans laquelle elle le vit entrer. Bien entendu, il avait regardé de chaque côté avant de pénétrer dans la pièce mais elle, avait été plus maligne que lui. Il entra donc et elle alla frapper à la porte. On l'ouvrit alors et elle commença son monologue. « Que tu veuilles coucher avec une autre soit mais … » Elle s'arrêta alors net. Devant elle ne se trouvait pas Thomas ni même une autre femme mais un homme d'un gros gabarie comme on n'en voit à la télé. Vous savez, genre le garde du corps d'un mafieux. Elle se pencha alors et regarda dans la pièce. Lui essayait de lui bloquer la vue. Elle le regarda alors dans les yeux. Certes il était plus grand qu'elle mais bon, elle n'allait pas avoir peur. Non, ce n'était pas son genre.

      _Il est où cet imbécile?
      S'adressant à l'intérieur _Qu'est ce qu'elle fait là?
      _Tu pourrais t'adresser à moi, je ne suis pas une potiche sans voix.


    Et voilà, Jules était doublement en colère. Être prise pour une idiote, elle détestait ça alors lorsque c'était deux fois dans la même soirée et en moins de dix minutes, vous pouvez être sure qu'elle est doublement en colère. Surtout avec quelqu'un qui ne répond pas lorsqu'elle pose une question. Il devait doublement la prendre pour une idiote mais cela ne marche pas comme ça. Certes il devait croire qu'elle désirait arrêter ses affaires chose en partie vrai mais elle désirait surtout retrouver l'imbécile heureux.



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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Mer 14 Juil 2010 - 0:24


    Une fois ces mots lâchés il ressortit de la pièce en toute hâte, jetant sans cesse un coup d’œil à sa montre dont les aiguilles le rapprochaient à chaque seconde inexorablement d’un dénouement qu’il appréhendait particulièrement. Vous êtes flic, vous connaissez les ficelles du métier et savez pertinemment que le moindre faux pas peut vous porter préjudice. Beaucoup avaient fait foirer leurs carrières faute d’erreurs qui à première vue leurs avaient parues insignifiantes. 2027, 2029,…. Les numéros de portes défilaient devant ses yeux à chacun de ses pas, un par un, le replongeant petit à petit dans une transe qu’il n’avait connu que lors des premiers entrainements, alors qu’il n’était encore qu’un bleu que l’on mettait joyeusement sans cesse à l’épreuve, oppressé et harcelé par ses cadres plus sadiques les uns que les autres. 2037, un dernier regard sur son poignet et il souffla un bon coup quand un bruit attira son attention mais rien ni personne dans le couloir. Certain de ne pas avoir été suivi, il frappa par trois fois avant d’entrer dans cette fameuse chambre. A l’intérieur un homme était déjà présent. Sullivan, intérieurement intimidé par la carrure imposante de ce dernier, n’en fit rien transparaitre et s’approcha de lui. Son contact le connaissait ou tout du moins avait dû se renseigner sur lui ou avait eu la délicatesse de lire un dossier à son nom. Il lui tendit une pochette dont Thomas prit connaissance sur le champ et se vit pointé du doigt une mallette disposé sur le lit à son intention. « Comme convenu » « il est dedans ? » « Bien sûr ». Sullivan tourna les talons pour disparaitre dans la pénombre de la pièce avoisinante, les rideaux succinctement tirés en le laissant baigner dans les ténèbres.

    Figé près du lit, il contemplait le plafond où les lumières de la rue en contrebas dessinaient des figures toujours changeantes sur la surface lisse et blanche. Il fallait avouer que la nuit était tombait rapidement, et avec elle, Sullivan éprouvait un certain sentiment de liberté. Ce double emploi n’était. On aurait dit que l’obscurité était une gigantesque couverture, tamisant le dur éclairage du jour qui révélait trop vite trop de choses à son sujet. Les secondes s’éternisèrent tandis qu’il revêtait une paire de gants d’un noir jais et dans la foulée il en avait profité pour se délester de sa veste quand la voix grave de l’inconnu se fit entendre de nouveau par delà l’épaisseur de la porte. Qu'est ce qu'elle fait là?

    Sur le coup le flic ne fit pas une seule seconde le rapport entre la présence de Romanov et cette arrivée imprévue qui allait étrangement compliquer sa tache. Il se contenta seulement d’ajuster les plis dans les jointures de ses gants et retira la sécurité du Beretta dissimulé jusqu’à présent dans la mallette. Puis il réapparu sur le pas de la porte devant un étrange tableau dépeint de confusion. Il interrogea du regard celui qui se trouvait dans son champ de vision, s’approchant un peu plus jusqu’à ce qu’il aperçoive un peu plus sur la gauche la couleur d’une robe qu’il n’avait que trop vu jusque là. Elle connaissait pourtant sa profession mais c’est inconsciemment qu’il rangea rapidement l’arme dans le pli arrière de son pantalon. Un moment de solitude extrême… Ses yeux valsaient de l’un à l’autre, muet de surprise. Et d’ailleurs, une sérénité étrange et pensive s’était emparée de lui au moment même où il réfléchissait à un alibi pour la demoiselle. Il se sentait déprimé et désespéré puis il retrouva la voix et dit : « Une pute….je lui avais dit de m’attendre. Je vais sans doute avoir besoin de décompresser après… » « Tu ne donnes plus dans la bouteille Sullivan? » Finit-il par lui lâcher en terminant sur un rire gras et forcé. Soudainement cette forme de respect que Thomas avait eu dès leur rencontre s’était volatilisée pour ne laisser place qu’à l’ingratitude et au mépris. Cet homme en savait beaucoup plus à son compte qu’il ne le laissait croire et pendant qu’il allait rechercher la mallette vide de l’autre coté, Sullivan détourna le regard vers la baie vitrée, ne voulant croiser celui de Jules. C’était un fait, il buvait, peut-être un peu plus que la moyenne mais pas au point d’être catalogué dans la classe des ivrognes de Miami. Et le coup bas qu’il venait d’encaisser mettrait un temps fou à se dissiper. Mais l’amertume restait quand à elle bien présente et le forçait à répliquer, forçait la sauvagerie naturelle à reprendre le pas sur l’homme qu’il était devenu. Ses mains se crispèrent, rendant les jointures de ses articulations d’un blanc malheureusement rendu invisible faute des gants mais le son du cuir qui se tendait sous la pression fut, lui, bien perceptible. Le gars revint très peu de temps après et glissa dans un murmure juste à son oreille par dessus son épaule : « Tu sais quoi faire d’elle maintenant ». Le regard de Thomas dériva soudainement sur la jeune femme. Il en avait parfaitement compris le sens mais ne voulait certainement pas en arriver jusque là. Puis l’étranger passa la porte, bousculant légèrement la demoiselle dans le passage avant de disparaitre dans le long corridor desservant la multitude de chambres afin de les laisser seuls. L'homme, avant de disparaitre, avait laissé filer un sourire mesquin à l'attention de son sous-fifre, le narguant victorieusement. Sullivan resta néanmoins braqué vers la vitre donnant sur la grande avenue en contre bas sans dire de mots et attendant, à contre cœur, qu'elle ne lui ressorte le fameux couplet T'es vraiment un abrutit.


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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Mer 28 Juil 2010 - 19:11




    Jules avait suivit Thomas pour savoir où il allait. Après tout, ce n'était que légitime puisqu'il l'avait laissé seule en pensant à tord qu'elle prendrait au sérieux cette histoire de citron. Il fallait quand même vraiment la prendre pour une blonde pour croire qu'elle penserait que cet alibi est véridique. La jeune femme se demandait donc où il allait. Si il était retourné vers les salles de jeux, elle aurait pu le comprendre mais aller dans une chambre, elle se demandait ce qu'il pouvait lui cacher. Ne laissant pas vraiment son esprit réfléchir elle avait frappé à la porte pensant à tord que Thomas lui ouvrirait. Si il avait été en présence d'une jeune femme il est probable que la demoiselle aurait ouvert mais non, pour Jules, seul Thomas allait ouvrir. Elle débita donc avant de s'apercevoir que seul un homme trois fois plus balèze que celui qu'elle croyait prendre avait ouvert la porte. Et voilà comment se rendre ridicule mais Jules n'avait pas peur de ça. Elle vivait comme elle le désirait qu'importe les conséquences. Être ridicule était tout simplement ne pas plaire aux autres et ça, bien qu'elle n'aimait pas qu'on la juge, la russe s'en fichait du moment qu'elle se sentait bien dans sa peau. Du moment qu'elle se sentait belle et en pleine forme rien d'autre ne comptait.

    La belle russe se demandait donc pourquoi Thomas était entré dans une chambre avec un homme d'une telle masse. Elle ne se douta pas le moins du monde que ça puisse avoir un rapport avec le métier du jeune homme. Et puis il y avait-il un rapport? Elle en douterait si vous lui demandiez. Regardez moi cet imbécile avec ses gants qui ne doute pas qu'elle ai pu le suivre. Et pourtant, il aurait du y penser car il connaissait un minimum la miss et son caractère. Ce n'était quand même pas l'amour qui les unissait ces deux là. Toujours que Jules le trouva habillé bizarrement mais ne posa pas de question. L'homme qui lui avait ouvert quand à lui se demandait bien ce qu'elle faisait ici. Il était clair que ce n'était pas sa place mais elle allait quand même rester. Thomas eu l'air de chercher qui elle était et sortit une chose qu'elle trouva bien affreuse. Être une stripteaseuse était une chose pour certains dégradants mais le pire pour la jeune demoiselle était la profession qu'il venait de nommer. Une prostituée. Jules avait bien trop de respect pour faire ce métier. Se dévêtir devant des hommes étaient déjà bien compliqué mais faire l'amour à toute sorte d'homme, non merci. Surtout qu'elle préférait la peau des femmes. Elle sourit durement à l'homme en face d'elle en lui disant qu'elle trouvait Thomas bien trop séduisant pour pouvoir attendre plus longtemps. Mais Jules se sentait pas vraiment bien. Elle se sentait humiliée. Elle savait bien que Thomas lui sortirait quelque chose de déplorable mais pas à ce point là. Il baissait dans son estime d'autant plus qu'il n'était pas placé bien haut. Pourquoi alors ce qu'il avait dit sur elle lui faisait-il mal? Elle ne pouvait se le dire et ne voulait se le dire. Elle qui détestait qu'on la juge à tord, voilà que ce lourdot allait le faire. La preuve, lorsqu'il partit, il la bouscula comme si elle n'était qu'une moins que rien. Elle lui lança de sa voix sanglante qu'elle était persuadée qu'il la voudrait bien dans son lit si Thomas ni passait pas avant. Elle en était persuadée même si il ne voulait pas l'avouer. Tout du moins Jules le disait juste pour dire quelque chose. Elle avait beau ne pas être une femme extrêmement méchante, elle cachait bien son jeu et ça, personne ne le savait. Enfin Thomas devait sans douter puisqu'il la suivait sans relâche depuis plusieurs années mais jamais il n'avait pu le prouver et ne le pourrait.

    L'homme partit les laissant seuls. Chose à ne pas faire car la russe aurait put le tuer. Après tout, elle se sentait humiliée, énervée et de nombreuses choses encore aux quelles elle ne pouvait de nom. Elle s'approcha alors de Thomas qui désormais ne la regardait plus. Elle l'obligea à le regarder et lui donna une gifle qui resterait probablement un bon moment sur sa joue. Aucun mot ne sortirent de la bouche de la jeune femme. Ses yeux remplis de colère exprimaient déjà tout ce qu'elle pouvait avoir à dire. Déception, humiliation et énervement. Elle sortit de la pièce d'un pas rapide tandis qu'elle retournait vers les escaliers. S'arrêter par la chambre et la massacrer? Elle y avait pensé mais ça n'aurait rien changé. Ca n'aurait pas fait de tord à Thomas mais ce qu'elle allait faire était bien pire qu'il ne pouvait l'imaginer.


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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Jeu 29 Juil 2010 - 22:10


    Il entendit les vociférations de la belle jeune femme à ses cotés mais ne lui prêta aucun regard, toujours les yeux figés sur la baie vitrée, n’écoutant que d’une oreille peu avisée les éloquences de Mlle Ramanov sur ses états de services fictifs. L’entendre dire de sa propre bouche qu’elle se prêterait volontiers à une partie de jambes en l’air avec cet abrutit de contact l’écœurait quelque part mais pourquoi ? L’idée de voir les mains du gorille parcourir ce qui se trouvait sous cette légère étoffe le fit sourciller. Aussitôt il jeta une œillade inquiète sur la figure sombre de Jules se demandant un instant si elle en serait capable. Il ne connaissait pas grand-chose de son passé mais savait cependant qu’elle pouvait aller jusqu’à danser entièrement nue devant de parfaits inconnus. Peut-être…possible….fort possible…regrettable. Il resta néanmoins silencieux jusqu’à ce que son hôte reparte par la porte d’entrée, qu’il ne disparaisse pour laisser le faux couple à une légère intimité dont Sullivan se serait bien passé finalement. Le regard détourné de nouveau vers l’éclairage taciturne de la ruelle mal éclairée en contre bas, il sentit une main se lover sur son menton, un doux contact en totale contradiction avec ce qu’il allait arriver quelques secondes plus tard. Thomas la regarda, l’air faussement gêné de ses paroles. Il n’avait cependant pas eu le choix sans quoi elle aurait connu un sort beaucoup moins enviable, mais elle ne pouvait en douter puisqu’elle ne connaissait rien des activités nocturnes du Lieutenant. Le second contact fut comme un rappel à la réalité, beaucoup moins doux et pourtant si vif et tonifiant. Les traits de Sullivan se durcirent le bref laps de temps durant lequel les chaires s’entrechoquèrent. Lorsqu’il ré ouvrit les yeux, il était de nouveau seul, la porte de la chambre se refermant sur les pas de Jules Ramanov. Un pas…. Mais il s’arrêta, retenu par une force invisible. Sa première réaction fut d’aller la retrouver, s’expliquer ou bien même la ralentir pour qu’elle ne puisse pas retomber à nouveau sur leur ami en commun. Si Thomas de son coté n’avait pas la moindre envie d'en arriver jusque là, l’autre n’aurait pas le moindre remord à s'en acquitter. Cependant sa conscience professionnelle lui intimait de terminer son travail dans cette chambre. S’il avait aussi vite gravi les échelons de sa profession, c’était avant tout parce qu’il s’appliquait à la tache dans tout ce qu’il entreprenait. Un pas en arrière…. Il se retourna et couru jusque dans la chambre à coucher d’où il agrippa la valise. D’un clic sonore, il reprit le chemin de la sortie et quitta la suite en prenant le soin de glisser sur la poignée une petite invitation « ne pas déranger ». Peut-être reviendrait-il dedans plus tard dans la soirée mais pour l’heure il devait penser au plus urgent : Ramanov. L’arme glissée dans le pli arrière de son pantalon, il couru dans le long corridor la pesante mallette à la main….une mallette vide à présent mais où résidaient peut-être les empruntes des divers protagonistes de cette histoire. La prendre avec lui ne servait à rien hormis à dissimuler des preuves si jamais les choses venaient à mal tourner mais il fallait avouer qu’à présent elle représentait un véritable fardeau pour le jeune homme. Dans sa course vers les escaliers, ceux-là même qu’il avait empruntés avec sa délicieuse camarade, il entrevu l’un de ces énormes conteneurs à glaçons qu’on ne voit que dans certains films, juste avant le grand hall. Coup d’œil à droite puis à gauche, il y glissa la mallette qu’il recouvrit d’une pellicule de glace, ses gants faisaient office de protection contre le froid mordant. Avec un peu de chance, l’eau sur le cuir imbibé effacerait les empruntes.

    Il reprit de plus belle la direction qu’avait, selon lui, prise Mlle la ruscof sans pour autant en être totalement certain jusqu’à ce qu’il l’aperçoive au détour du couloir des chambres. Elle ne se retournait pas, ne faisait cas de sa présence et c’est à cet instant qu’il comprit son état de profonde déception à son égard. Nul besoin de mot, seul sa détermination à fuir les lieux suffisait amplement à prouver qu’il avait été odieux dans ses paroles. Il rattrapait son retard sur elle quand il retira ses gants précipitamment, des vigiles non loin de là montaient un par un les étages, leur radio à la main. Seul le grésillement facilement repérable à chaque changement de canal les trahissait. Mais la raison de leur présence soudaine inquiétait le flic…la rattraper, il faut la rattraper. Il aurait tout aussi bien pû la laisser là, seule. Thomas s’imagina alors plusieurs scénarios tous les plus cinglés les uns que les autres mais finalement il opta pour le plus censé. Craignant de se voir lui-même trahi, le contact avait dû préférer faire écarter discrètement le pion central de l’opération et pour cela quoi de mieux que de l’éliminer du réseau en le discréditant par un bon fiasco. Thomas venait de se faire doubler sans s’en apercevoir. Le signalement du petit couple avait dû faire le tour des services de sécurité du casino, ce pourquoi il était plus que temps de partir. Mais la seule issue était dorénavant obstruée par les agents de l’établissement quand aux ascenseurs, Thomas venait tout juste de rayer cette option de sa liste d’échappatoires. Sans aucun doute des caméras étaient placées à l’intérieur et dès qu’ils y mettraient les pieds, ils se retrouveraient coincés entre deux étages, le temps que la sécurité ne les récupère…. Pas d’ascenseur. Tout en réfléchissant, une oreille portée aux sons du danger imminent, il pressa le pas vers le dos dénudé juste en face de lui. D’une main ferme il attrapa le poignet de la jeune femme et voulu la rabattre en sa compagnie contre le mur d’un doigt apposé sur ses lèvres.
    « Pas un bruit. Je suis navré mais le temps presse. » Il lança un coup d’œil rapide vers la cage des escaliers, le bruit des escarpins martelaient de plus en plus fort les marches les rapprochant sans cesse d’un regrettable dénouement. « Tu ne sais pas dans quoi tu t’es fourrée . » finit-il par murmurer l’air vraiment désolé.

    « Un homme, 1m80, brun, une mallette, peut-être le corps d’une femme, suite 2037, c’est compris ». Les mots venaient de traverser le couloir, deux hommes se présentaient à l’entrée du corridor, chacun la main droite habillement glissée sous leur veston, sans doute déposée sur leur arme de service. Comme à l’accoutumée, Thomas démarra au quart de tour dans ses réflexions. Ils cherchaient apparemment un homme seul, Jules serait – avec ou sons son consentement – son billet de sortie du Golden Empire. Aussi, sans savoir pourquoi alors que les deux agents passèrent à leurs cotés, Sullivan étreignit la jeune femme et lui glissa à l’oreille : « Si ce n’est pour moi, fais le pour toi. Joues le jeu. »

    Passant du statut de célibataire à celui d’homme élégamment accompagné, Sullivan les salua du regard, la présence à la fois rassurante mais aussi néfaste d’une arme dans son dos et jeta néanmoins par-dessus son épaule une œillade vers eux lorsqu’ils prirent le couloir menant à la chambre 2037. En un instant il comprit son erreur. Des taches plus sombres ici et là tachaient la moquette, l’eau ayant goutté de ses gants. Très vite les deux vigiles allaient les remarquer, très vite la mallette serait retrouvée, très vite ils allaient leur tomber dessus, faire la relation, et Jules Ramanov allait devenir à leurs yeux sa complice.

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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Ven 30 Juil 2010 - 11:43




    Jules était déterminée à quitter ce casino. Qu'est ce qui lui avait prit de venir dans cet endroit. Fichue imagination. Elle aurait à cet instant voulut qu'elle n'ai pas été là et qu'importe si cela l'aurait mit dans une colère noire à un moment de sa journée. Qu'importe si Jules se serait ennuyée chez elle, la russe aurai bien trouvé quelque chose à faire mais non, son imagination était arrivée et avait mit la pagaille dans la vie de la belle demoiselle. En réalité, ce n'était pas le moins du monde le fait d'être venue qu'elle devait blâmer mais le fait d'avoir suivit Thomas. Elle détestait cet homme qui avait à plusieurs reprises voulu la faire enfermer pour des délits insignifiants qui plus est mais l'avait suivit. Tout ça pour quoi? Pour se prouver quelque chose? Certainement pas, pour l'énerver? Probablement mais on ne l'y reprendrait plus à vouloir énerver une telle personne. Thomas ne méritait même pas qu'elle daigne encore plus parler. Après tout, elle avait beau ne pas être très haut dans l'estime du policier et peut être même le plus bas possible, il n'en restait pas moins qu'être traité de prostituée ne faisait pas le moins du monde plaisir. Qu'elle soit entrée dans une pièce qu'il ne fallait pas, soit mais qu'on la traite d'une telle manière? Non merci, elle ne pouvait l'accepter.

    Jules avait donc laissé Thomas dans la chambre tandis que ses talons martelaient le sol pour trouver rapidement les escaliers. Son envie de s'enfuir était devenue si forte qu'elle en courait presque. Elle ne se retournait pas, elle ne voulait croiser le regard de qui que se soit. Sa seule envie était de retourner chez elle, enfermée dans sa chambre à mettre la musique au volume le plus fort quitte à ce que ses voisins viennent à sa porte pour lui dire que sa musique était trop forte et qu'un volume plus bas était approprié. D'un côté, jamais elle n'avait reçu de plainte pour le volume trop élevé et dieu sait qu'elle l'a fait plus d'une fois comme un concours contre sa petite amie qui adore l'énerver en jouant alors qu'elle dort.

    Alors qu'elle arrivait près des escaliers et que sa délivrance était à son but, elle sentit une main lui prendre le poignet sans qu'elle ne puisse se débattre. Thomas la plaqua contre le mur tandis qu'elle était sur le point de crier au meurtre, chose qu'elle ne put faire car il lui fit signe de ne prononcer aucun mot. La russe n'avait pas le moins du monde envie de faire ce qu'il désirait, la volonté de lui tordre le cou étant bien trop importante pour ça. D'ailleurs elle entendit des pas dans les escaliers et manqua de laisser échapper un son alors que son cher ennemi lui disait qu'elle n'avait aucune idée de ce dans quoi elle était. Si, dans un casino. Quand à savoir de quoi il parlait, elle en avait nullement idée et ne désirait pas le savoir. Elle entendit alors qu'il était fort probable qu'un homme avec une mallette soit avec le corps d'une jeune femme dans la suite 2037. Jules écarquilla les yeux. Suite 2037? N'était ce pas la chambre dans laquelle ils étaient peu de temps avant? Bien sur que si. Mais qu'est ce qu'il se passait? Elle ne comprenait rien et pourtant, elle était forte intelligente la demoiselle.

    Thomas lui dit alors de jouer le jeu sans pour autant qu'elle ne le désire mais apparemment, c'était pour elle qu'elle devait le faire. Elle en ignorait les raisons et commençait à se demander dans quoi elle s'était embarquée. Elle fit alors comme si elle appréciait Thomas, le temps que les hommes ne passent devant elle direction leur suite même pas utilisée d'ailleurs. Elle le repoussa juste après que les silhouettes aient disparu de son champ de vision et tourna la tête en direction inverse. La demoiselle aperçut un couple sortant d'une suite. Elle s'y précipita donc avant que la porte n'ai le temps de se refermer et fit signe à « l'imposteur » de venir. Une fois entrés, elle s'approcha du jeune homme comme pour le remercier, prête à lui glisser un mot à l'oreille mais ne vous y méprenez pas, elle n'en ferra rien. La russe attrapa l'arme cachée par le pantalon du jeune homme. Il la prenait décidément vraiment pour imbécile. Si il croyait qu'elle ne découvrirait rien, il se trompait. Lorsque les mains de la demoiselle avaient glissé dans le dos du jeune homme pour faire croire à un couple, elle s'était aperçut que quelque chose n'allait pas, qu'il y avait une arme dissimulée. Après tout, elle avait beau ne pas en avoir eu en main, elle savait à quoi ça ressemblait. Jules pointa alors l'arme sur Thomas et l'obligea à s'assoir sur le lit à moitié défait par le couple passé avant eux. Les yeux de la Ramanov ne démontraient plus l'inquiétude comme quelques instants au par avant mais la méchanceté. Elle parla alors à Thomas d'une voix glaciale. « Je sens que tu as de nombreuses choses à me dire. Alors petit un, tu vas me raconter ce que tu faisais dans cette chambre. Petit deux, pourquoi on croit que tu veux me tuer. Et petit trois, n'essaye pas de me duper sinon je serais capable de tirer et j'arriverai très bien à faire passer ça pour de la légitime défense. » Jules était plus que sérieuse. Elle ne s'était peut être jamais servit d'une arme mais elle avait déjà regardé plusieurs fois sur internet et à la télévision comment s'en servir et pour elle, c'était comme si elle avait déjà utilisé ce genre d'arme. D'ailleurs elle enleva le cran de sécurité pour lui montrer que ce qu'elle disait était véridique et qu'il ne fallait pas l'énerver plus que ce qu'elle était.

    Thomas mit plusieurs secondes avant de pouvoir commencer à répondre et alors qu'il avait l'air de vouloir le faire, Jules entendit les voix des agents de sécurité à travers la porte. « Il faut vérifier toutes les suites. Si jamais il s'enfuit avec elle ou qu'il lui a fait du mal dans une de ses suites, on est fichu. » « Il va nous falloir plus d'hommes pour tout vérifier mais commençons par celle ci. Chambre 2027. » Jules tourna la tête vers la porte tandis que l'agent frappait à la porte. « Que faire que faire? » Une idée jaillit de l'esprit de la russe à la vitesse de la lumière. Elle obligea Thomas à se lever pour prendre le drap sous ses fesses tandis qu'elle avait remit le cran de sécurité de l'arme pour éviter de se blesser. Après tout, elle venait de la ranger dans son délicieux décolleté pour ne pas avoir à la donner à Thomas. La demoiselle entoura donc autour de son sublime corps *bah quoi ce n'est que la vérité* du drap et alla ouvrir la porte avec un sourire alors que les coups se faisaient de plus en plus menaçant. « Bonsoir, je peux vous aider? » Les hommes semblèrent surpris de trouver la demoiselle à moitié nue car c'était ce que semblait suggérer sa tenue -heureusement pour elle que les robes bustier montrent des épaules nues-. Elle était pourtant dans une suite et il n'était pas anormal que deux personnes passent à l'acte dans ce genre d'endroit même si elle ne le ferrait probablement pas avec Thomas. Alors pourquoi étaient-ils si surpris? Elle l'ignorait mais ils s'excusèrent de les avoir importunés. Jules leur referma la porte au nez et retourna près de Thomas tandis qu'elle venait de laisser le drap sur le sol. « Je ne sais pas ce qui tu as fais mais tu t'es entrainé dans une galère pas possible. Je crois d'ailleurs que tu m'y a entrainé aussi. Il vaudrait mieux que l'on parte d'ici et vite mais si tous les agents de sécurité nous recherche, je vois pas comment on va pouvoir faire ». La russe avait beau être intelligente, elle ne voyait pas quoi faire. Se faire passer pour la femme de ménage était un tel cliché et puis, il n'y avait aucune femme de ménage ou de chambre à l'horizon. Quelle poisse. D'ailleurs, elle ignorait complètement pourquoi elle devait faire ça, pourquoi elle devait se cacher. Après tout, elle pouvait aussi bien partir et laisser Thomas dans le pétrin. Il n'aurait que ce qu'il mérité, c'était une certitude.


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Message(#) Sujet: Re: Quitte ou Double Mer 4 Aoû 2010 - 23:38


    Dès lors que les deux acolytes eurent disparus du champ de vision des deux tourtereaux, un couple parfaitement bien accordé à tout égard, Sullivan ressenti un malaise dans sa hanche droite. Le bras de la Ramanov venait de se détacher du sien, lui effleurant par la même occasion l’aine de son coude par maladresse. Pour le moins surpris par cette réaction, Thomas ne broncha pas face à cette mise à l’épreuve, lui laissant même une distance de sécurité en se rétractant de son coté d’un pas ou deux. Ce qu’il n’avait pas prévu arriva quelques secondes plus tard, la jeune femme contre toute attente se précipita de nouveau dans le couloir. Ses talons martelant le dallage pouvaient donner l’alerte à leurs poursuivants à tout instant. Sur le coup, le jeune homme faillit rebrousser chemin et détaler à son tour, fuir par les escaliers en la laissant puisqu’il ne comprenait pas le but d’un tel coup de théâtre. Il n’y voyait que trahison et insouciance de la part de l’incrédule qui croyait peut-être trouver meilleure protection que la sienne entre les mains des deux fonctionnaires. Néanmoins au lieu d’écouter son instinct comme il l’aurait fait d’ordinaire, une force invisible l’empêcha de faire ce que lui dictait sa conscience. Il lui était tout bonnement impossible d’avancer et quelque chose le poussait à rebrousser chemin, à la suivre coute que coute. En y réfléchissant bien, on recherchait dans tout le casino à présent un homme seul alors se rendre dans cette situation jusqu’aux portes tambours du grand hall d’entrée était pure folie. Il tourna les talons, une main portée dans son dos, aux aguets et retraça le chemin de Jules jusqu’à l’entrevoir sur le seuil d’une chambre lui faisant signe de la main discrètement.. Il balança la tête à droite puis à gauche et se faufila à l‘intérieur de la suite sans omettre cette fois de bien refermer après lui l’unique verrou. De dos à la jeune femme, Sullivan déposait un œil à travers le judas, inquiet de la tournure que prenaient les choses mais emprunt d’un calme olympien. Il ne laissait rien transparaitre au dehors de l’inquiétude grandissante au fil des secondes. Formation professionnelle ? Appelez çà comme vous le voulez. Sans l’intervention de JR, cette nuit TS aurait rempli sa tache, cette nuit les chiffres sur son compte en banque à Zurich se seraient envolés, cette nuit il aurait été capable de toucher du doigt son rêve. Mais le resplendissant château de cartes de ses complots s’était effondré dès lors que la reine rouge s’y était présentée.

    Rien dans le couloir excepté le va et vient des bonnes comme à l’ordinaire, Thomas souffla le front collé sur la porte sans sentir s’approcher la délicieuse Ramanov. Au dernier moment, gêné pas l’oppression grandissante d’une présence, ses sens en alerte, comme s’il se sentait de nouveau en danger pris entre cette sensation et la porte sans possibilité de fuite, il jeta un œil par-dessus son épaule et la vu. D’apparence tendre et bien aimante, il fut sur le moment rassuré et laissa retomber la pression qu’il s’était affligé tout seul durant les cinq dernières minutes. Mais le calme ne dura que trop peu de temps, le canon lui cingla la chair lorsqu’elle le retira vivement de sa ceinture où il porta immédiatement la main. Trop tard. Lorsqu’il se retourna, elle le tenait déjà en joue avec ce même regard qu’elle lui avait porté dans la chambre précédente. Ce qui n’envisageait rien de bon puisque l’arme était chargée, Sullivan en était certain, il l’avait lui-même de ses yeux vérifiée. Son attitude changea du tout ou tout, il passa de la surprise à la contrariété en quelques secondes, ses traits se durcirent au fur et à mesure qu’elle glissait ses doigts le long de la détente. « J’espère que tu vises bien, t’auras qu’une seule chance ». Il inclina légèrement la tête en direction de la porte dans son dos et continua sa brève explication ayant pour but de la dissuader une bonne fois pour toute. « C’est pas un silencieux, ils vont l’entendre et il n’y aura que tes empruntes dessus. » Finalement sur ces mots il esquissa un sourire nerveux et parti sur un léger rire moqueur face à la stupidité de la rouquine. Très certainement prise dans le feu de l’action, elle en avait oublié quelques détails plus qu’important. Le manque d’expérience en la matière sans doute. On ne pouvait lui en vouloir de passer outre les polars et thrillers policiers mais de là à commettre de telles erreurs. Même Monk n’en perpétrait pas d’aussi énormes.

    Cependant il ne chercha pas plus à l’énerver et s’exécuta lorsqu’elle l’invita à aller prendre place sur le lit, les mains relevées à mi hauteur, paumes visibles, et s’assit en jetant un œil inquisiteur sur l’état des draps d’un air écœuré …pas tant que çà, cela lui donna une idée. « Tu sais ce qu’ils ont fait sur ce lit ? » Il oscilla les sourcils à l’intention de la belle. Il continua à la regarder du fond des yeux, un long moment grandit par son silence tandis qu’elle tentait de comprendre en lui posant tout un tas de question auxquelles il ne donnerait logiquement aucune réponse. « Je sens que tu as de nombreuses choses à me dire. Alors petit un, tu vas me raconter ce que tu faisais dans cette chambre. Petit deux, pourquoi on croit que tu veux me tuer. Et petit trois, n'essaye pas de me duper sinon je serais capable de tirer et j'arriverai très bien à faire passer ça pour de la légitime défense. » Puis il finit par lui demander :« Et… ».... Coupé dans son élan par trois coups frappés contre la porte de leur chambre suivit d’une vois grave, il se raidit et reprit immédiatement l’air austère de ses débuts. Jules, ayant sans doute enfin pris conscience de la gravité de la situation et des conséquences impliquées, se tenait elle aussi tout comme lui sur le qui-vive. Le lieutenant ne fut pas mécontent de voir dans son regard une petite lueur l’animer et dû faire place lorsque sa compagne eu l’étrange idée de s’envelopper dans le drap comme si la belle venait juste de s’éveiller. A peine eut-elle le dos retourné qu’il se précipita dans la salle annexe, la salle d’eau et sans savoir pourquoi, son regard se posa sur tout ce qui l’entourait, définissant les diverses possibilités d’emploi pour chacun des ustensiles tout en écoutant d’une oreille fine la conversation des inopportuns. Il cherchait une solution flagrante, une solution qui lui sauterait aux yeux dans les seules secondes qui lui étaient accordées. Ses doigts tâtonnaient chaque objet, une brosse à dents, un sèche-cheveux, des pains de savons estampillés au nom du casino et des draps de bain brodés…dans l’armoire à pharmacie, rien de bien original : éther, eau oxygénée, pansements et même condoms….Rien n’était une arme en soi. A la rigueur il pouvait briser le miroir et en récolter un éclat… * Ils sont à coté…* Impossible. Il retourna se poster près du couloir donnant sur l’entrée, écoutant dos au mur avec indiscrétion ce que la jeune femme leur offrait en guise d’alibi. « Bonsoir, je peux vous aider? » Un claquement et l’excitation rebaissa d’un niveau lorsqu’elle revient sur ses pas le retrouver dans la chambre.

    « Je ne sais pas ce qui tu as fais mais tu t'es entrainé dans une galère pas possible. Je crois d'ailleurs que tu m'y a entrainé aussi. Il vaudrait mieux que l'on parte d'ici et vite mais si tous les agents de sécurité nous recherche, je vois pas comment on va pouvoir faire ». « T’as pt pas l’habitude de ce genre de situations, moi si. Primo refile moi ce flingue. Avec, t’es encore plus dangereuse pour moi qu’ils ne le sont eux. » Il se retourna et observa la chambre avec un intérêt soudain. Les dernières paroles de Ramanov avaient plus que résonné dans son esprit, ses pensées déjà dirigées sur une idée bien précise. « Ta petite mise en scène nous a fait gagner un peu de temps. Ils recherchent un homme brun et une femme rousse… » Il se dirigea vers la salle d’eau - oubliant un instant qu’elle était toujours en possession du Beretta - et délesta sa compagnie l’air totalement résolu. Il y réouvrit l’armoire murale et y redécouvrit le flacon étiqueté sous le nom d’H2O2 et le lui apporta en ajoutant : « Tu saurais t’en servir ? ». Mais trente secondes plus tard il le balança à terre, le flacon roulant de plus belle sur la moquette. « Shaïzé…… » Retour à la case départ, une décoloration leur prendrait beaucoup trop de temps et le temps était un luxe qu’ils ne pouvaient se permettre. Il commença à faire les cents pas, écoutant de temps à autres les murmures dans le grand couloir. Plusieurs clients s’y étaient regroupés, tous se demandaient ce qui pouvait bien arriver dans un si prestigieux établissement qui puisse nécessiter autant de remue-ménage. Il était peut-être temps de prendre une initiative, quitter la chambre et se mêler à la riche populace pour fuir, fuir très loin. Mais pas ainsi, pas dans ses habits, pas aussi repérables, c’était se livrer à l’ennemi. Il se passa une main dans les cheveux se demandant, en contemplant son image dans le miroir de la grande pièce, ce que ce reflet donnerait une fois rasé. Mauvaise idée. Il ne pourrait se présenter à son travail demain sans subir les railleries de ses collègues sur une quelconque invasion d’ectoparasites capillaires. Et sincèrement, il ne se voyait pas - pour une fois – endosser le rôle de l’illustre Hitman sans attirer encore plus de soupçons. Il repassa toutes les solutions à leur problème en quelques secondes mais rien ne lui semblait possible : la postiche était restée dans la chambre 2037, la valise dans le conteneur à glace dans le couloir, l’arme entre le décolleté de Jules, son téléphone dans sa poche. Son téléphone… Celui là même par lequel son contact pouvait à tout moment le localiser. Il s’empressa de fouiller dans sa poche et en sorti le petit objet, en ouvrit les entrailles et écrasa du talon la puce. Ils étaient seuls à présent contre le casino tout entier et peut-être contre un autre fantôme de l’entourage du séduisant lieutenant …. C’est alors qu’une lueur illumina le regard de ce dernier qui se précipita sur le combiné de téléphone juxtaposé au lit. « Le service d’étage ? Nous avions commandé il y a de cela quinze bonnes minutes. Le menu du soir pour deux….y’a 15 min oui… J'espère bien... Merci ». Il ne restait plus qu’à attendre très prochainement leur hôtesse mais aussi le plus important à ses yeux : le chariot recouvert de condiments. A peine eut-il raccroché qu’il alla s’assoir dans un fauteuil comme si de rien n'était, que plus rien ne comptait. Il ferma les yeux un instant, inspira à fond et trouva un moment pour faire le vide dans son esprit. Un bien nécessaire à ses plans qui deviendraient au fil de la soirée de plus en plus compliqués. Quoiqu’il en soit, Jules Ramanov repartirait avec lui, il ne la laisserait pour rien au monde en retrait. La curiosité naturelle de la jeune femme l’avait liée à lui d’une certaine manière mais pour combien de temps ? S’il advenait que le contact à l’allure patibulaire ne ressorte d’ici indemne après une telle trahison, il était possible que par la suite, un jour ou l’autre, il s’en prenne à la jeune femme. Il mettrait du temps à retrouver cette « fille de joie », c’était un fait certain, mais il y parviendrait tôt ou tard. « Une chose à la fois tu-veux … » se murmura-t-il soudainement. Il ré-ouvrit les yeux et scruta sa tendre compagne, une seule question à l’esprit : Que faire d’elle après tout ceci ? Pas de protection possible venant de son institution - l’amener chez lui irait un temps et encore, elle y serait peut-être moins en sureté que dans sa propre demeure – la préparer à l’inévitable, pourquoi pas mais encore faudrait-il qu’elle accepte – qu’elle déménage loin d’Ocean Grove, jamais elle ne voudrait… Il soupira profondément.
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Quitte ou Double

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