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 Malgré mes efforts, je te vois partir… (end)

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Message(#) Sujet: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Mer 9 Juin 2010 - 14:34


©bedshaped & intoxicate & bleeding_light
Aiden Lancaster & Victoria Blythe
et Neal Rowlands
gold empire (bar);
le sept juillet deux mille onze

    Neal Rowlands est un homme qui fait extrêmement attention à son image. Il ne reste jamais avec les autres par simple plaisir, ou ceux-la peuvent se compter sur les doigts d’une main. Tout d’abord, il y a son ex-copine dont il reste encore éperdument amoureux mais qu’il préfère éviter soigneusement. C’est un sujet sensible, où l’alcool arrive à lui faire oublier, seulement durant quelques heures. Il y a sa cousine, Tabitha Johnstone, la seule de la famille dont il reste proche. Elle est à ses yeux sa petite sœur, lui qui n’en a jamais eu, et qui aurait aimé en avoir une. Ils sont très proches, et se disent presque tout… Seul les secrets - parce que tous les habitants ont des secrets - restent évidemment leur jardin secret. Et puis il reste Panamee McCawley. Sa meilleure amie, depuis des années. Elle est douce, calme et posée. Elle pardonne toujours, elle est bien trop gentille pour enfoncer quelqu’un. Elle le fait rire, elle le fait parler. Elle le rend dingue, mais il l’aime sincèrement, comme un ami. Et puis il y a ceux qui ont étés un jour proche de lui, mais que Neal a sauvagement tout arrêté. Ou eux-mêmes ont tout arrêtés. Eux sont plus nombreux. Eux sont pareil qu’un mauvais souvenir. Entre autre, Dakota Wayhne, Chris Griffith-Matthews, Duncan Thomas, Esteban Carson, Caleb Varnham. Malheureusement pour lui, cela faisait un certain temps qu’il s’était enfermé dans sa propre solitude. Il refusait tout contact extérieur, seule Panamee avait le droit de lui parler, ou de le voir - elle était en colocation avec lui. Mais, c’était toujours la même chose, ils se parlaient de tout et de rien. Il essayait de l’aider, de la soutenir. Mais il s’énervait au sujet de Victoria. Il ne voulait pas en parler, pas être aidé. Il voulait s’en sortir seul. Et puis son esprit allait souvent vers Cudy Butterfly, qui le rendait fou. Elle abusait de Neal, et l’appelait plusieurs fois par jour. Pour qu’il fasse les courses pour Nolan, ou pour qu’il aille chercher son fils à l’école, ou pour sortir au parc. Elle l’appelait souvent pour pas grand-chose, et même si le jeune homme y allait, les disputes étaient fréquentes. Entrant dans le casino, le jeune Rowlands ne devait pas être forcément à son aise, puisque Esteban Carson en était le propriétaire. Et pour tout avouer, le jeune Indien n’avait pas été présent lors de la soirée de l’inauguration. Il avait préféré éviter ce lieu, en se sachant pas du tout inviter. Et depuis le mariage raté de Esteban avec Hailey Caldwell, il n’avait pas recroisé la route de ce dernier. Préférant l’ignorer et n’attacher guère d’importance. Bien sur, il était un nouveau employé de Gabriel McAllister et était donc inconsciemment au courant de certaines choses que son employeur pensait que Neal ignore. Des choses compromettantes pour lui, comme pour Esteban. Mais Neal était encore en pleine recherche, il espionnait pour pouvoir les faire tomber en beauté. Surtout Esteban Carson. Car à ses yeux, il ne s’était pas totalement venger de son ancien ami, et souffrait encore de l’accusation - même vraie - de Esteban. Et même si aujourd’hui, l’un comme l’autre a l’intelligence d’ignorer son compatriote, il est évident que la fin de la guerre n’est pas encore signée. Elle ne le sera probablement jamais, puisque dès lors que l’un croisera la route de l’autre, il y aura une envie de vengeance qui pointera le bout de son nez, comme si jamais il n’y avait eu de trêve. Pourquoi ? Peut-être parce qu’ils se ressemblent bien trop, et qu’ils ont partagés leur enfance ensemble, au point d’en devenir les meilleurs ennemis. Neal ne conçoit aucun arrangement, aucune trêve. Aucune possibilité d’effacer les erreurs du passé, il n’y pensait même pas. Et puis il y a eu cet après midi la, où Neal découvrit que Victoria Blythe avait mise sa vie en péril pour sauver la sienne. Elle avait été irresponsable et avait failli mettre en péril les exigences de Neal, celle de vouloir la protéger. Il l’avait jusqu’ici ignorait. Et d’une certaine façon, il aurait préféré continuer à être dans l’ignorance. C’était terrible pour une homme comme lui que de se sentir trahis de cette sorte, de se sentir vulnérable. Il ne comprenait pas pourquoi Victoria avait voulu sauver sa vie, coûte que coûte, en sachant qu’elle, elle risquait aussi gros. Il ne s’en serait jamais relever si il avait survécu et elle, en serait morte. Rien qu’à cette idée, il buvait. Encore et toujours, il n’arrivait pas à se détacher de l’alcool, c’était devenue sa drogue, sa nouvelle motivation. C’était devenue la routine du soir, et pouvoir se cacher derrière ce masque semblait l’apaiser pour quelques heures. Il n’aurait jamais pensé aimer ça, et en redemandait encore et toujours. Mais il n’était pas encore prêt à arrêter, parce que le moindre souci le replongeait dans l’alcool. Cette sensation de se sentir invincible, de ne plus être soie, d’arriver à rigoler le satisfaisait.

    Sur la scène, un groupe de musicien se donnait à cœur joie. Assis à la table de gauche, Neal les regardait. Portant son verre à sa bouche, le jeune Indien avait l‘impression que ce chanteur et ses musiciens s‘amusaient. Et eux n‘avaient pas besoin d‘alcool pour le faire. Ils étaient ce que Neal était autrefois. En présence de Victoria. Et pourtant dans un geste brusque, il s‘était levé dans une rapidité inadapté pour un saoule. « Laisse moi chanter, toi tu chantes mal. » Neal se battait alors avec le chanteur du groupe pour récupérer le micro, devant le regard effaré des autres habitants présent. Non, il était évident que personne n’avait vraiment pu observer Neal de cette sorte. Lui qui proclamait que l’alcool ne réparait rien, et qu’il ne fallait jamais se rendre dans un bar pour se saouler. Qu’il valait mieux toujours régler ses problèmes soit même, et sans l’aide de l’alcool. Peut-être quelque part que ses souci précédents ne lui importaient pas véritablement de problème. Ou bien qu’il avait été assez fort pour se défendre seul. Il avait lamentablement échoué. Non loin de la scène, Victoria s’y tenait. Avec Aiden Lancaster. Un homme que Neal ne connaissait pas, et ne connaîtrait probablement jamais, à la suite de cette soirée. Après quelques secondes, Neal fût pousser violemment par l’un des gardes qui le fît descendre. Le jeune Indien rigola sèchement, en montrant sa bouteille à l’homme, tout en faisant une mine sévère. Ce qui ne dérangea guère le garde qui se replaça entre lui et la scène pour l’empêcher de passer. Neal s’avança d’un pas pour le saluer en se penchant en avant. Se pencher, se pencher, se pencher et il faillit se ramasser par terre alors que l’homme soupira en lui retenant le bras. Reculant d’un pas, Neal avançait vraiment lentement et avec peine, mais il fût stopper par la danseuse qui vînt vers lui, en l’effleurant. Le jeune homme rigola comme un idiot avant de lâcher la bouteille sur la première table qu’il voyait afin de répondre aux attentes de la danseuse. Certaines personnes bruyantes commençaient à s’amuser de voir Neal aguichait la danseuse. Tiré par cette dernière, il remonta sur scène mais cette fois-ci, c’était seulement la danseuse qui était sa victime. Passant par derrière, le jeune homme déposa ses mains sur la taille de la jeune femme, sa bouche elle effleura la nuque de la danseuse alors que les cris dans la salle s’intensifia. Cri et rigolade, ce qui attira l’attention de Victoria et de Aiden sur ce qu’il se passait sur la scène. Et malgré la salle plongé dans le noir, malgré le brouhaha, malgré le nombre de personnes présentent - Neal ne put que découvrir en gros plan un visage familier. Son visage se liquéfia sur place. Le sourire autrefois, constamment présent, devînt invisible, inexistant. Il abandonna sans aucun remord, la jeune danseuse, et tenta de descendre du mieux qu’il pouvait les quelques marches de la scène, pour rejoindre le bar. Quelques instant après, Neal était à nouveau cynique, et ironique. Arrivé devant son ancienne amie, il ne la trouva pas seule, et elle semblait en avoir que faire de ses intentions, puisqu’elle lui tourna le dos. Énervé davantage, le jeune homme eut l’envie soudaine de casser la tête à Aiden, serrant ses poings, il resta un instant immobile, silencieux mais avide de vengeance, derrière les deux amis. Son regard foudroya celui de Aiden, qui malgré lui baissa le siens, et tentait de n’attacher aucune importance à Rowlands, en essayant par exemple de reporter toute son attention sur Victoria. Et pourtant tous les deux sentaient la présence de l‘Indien, qui avait perdu sa bouteille en cours de route - en la posant sur une table à côté de la scène. « Carl, offre à mes amis, deux verres sur mon compte. » Avait-il demander d‘une voix ivre, envers le serveur qu‘il connaissait pourtant à peine. Neal se tenait debout, entre Aiden et Victoria, ses bras s‘étaient posés sur l‘épaule de chacun d‘eux. Un sourire hypocrite au coin des lèvres, peut-être blessé dans son ego aussi. Alors comme ça, elle l‘avait remplacé par Aiden Lancaster. Par un médecin, qui sans doute doit avoir du pognon, et doit être apprécier. Qui sûrement ne doit pas être un petit prétentieux, se croyant tout permis avec un physique avantageux. Neal le dévisagea, l‘air mauvais et d‘une arrogance difficilement croyable. « Je nous prévoit un futur alléchant… A votre santé. » Ajouta-t-il d’un air orgueilleux, en montrant son verre, lâchant alors leurs épaules. Tenant son verre d’une main ferme, il n’avait même pas compter le nombre de bouteilles qu’il avait demandé. D’ailleurs il récupéra celle posée sur le bar et que Carl avait oubliée ou laissée inconsciemment. S’installant sur le tabouret, juste au côté de Victoria, il fouilla dans sa poche, son attention parfaitement entière sur ce geste, qui lui semblait difficile à l’instant présent. Et en sorti un paquet de cigarettes, dont une qui l’alluma sans aucune gêne, alors qu’il savait que c’était interdit. Celle-ci en bouche, il tira une première fois une bouffée. Il n’aimait pas ça, mais commençait à ne plus s’étouffer face à cette odeur qui le dégoûtait il y a quelques semaines encore de cela. Néanmoins, malgré toute la provocation que ce geste pouvait avoir, la fumée partie dans le sens contraire d’où était assise Victoria. Et une chose flagrante, il semblait désintéresser soudainement par sa présence; sans pour autant quitter du regard Aiden. A la guerre, comme à la guerre…


Dernière édition par Neal Rowlands le Mar 13 Juil 2010 - 13:30, édité 13 fois
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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Jeu 10 Juin 2010 - 20:55


« J’ai envie de sortir, ce soir, pas toi ? » Victoria leva les yeux vers Aiden, qui venait d’arriver en trombe dès l’ouverture de la porte avant de se jeter sur son lit. La jeune fille resta un moment en suspens avant de refermer la porte de sa chambre et de se diriger vers la pièce centrale, le regard interrogatif. « Tu… Tu veux sortir ? » Répéta-t-elle, quasiment aberrée devant une telle proposition venant de sa part. Aiden lui adressa un grand sourire avant de secouer énergiquement la tête et de se lever pour s’approcher et lui prendre les mains. « Oui, sortir, aller dehors, s'amuser, aller boire un verre… Raisonnablement… » Victoria baissa la tête alors qu’il lui adressa un regard insistant sur la fin de sa phrase. Il était clair que, la dernière qu’elle avait bu avec lui, ou plutôt, quand il était dans les environs, ça s’était tout simplement fini dans un lit. Sans oublier le passage par les toilettes. De toute façon, la jeune Blythe était clean. Il le fallait. Aiden n’était pas encore au courant mais sa maladie planait sur sa tête comme une épée Damoclès, prête à s’abattre sur elle au moindre faux pas. Elle en était presque obsédée, entretenant ainsi d’étroites relations avec son médecin, qui devait sûrement ne plus en pouvoir d’entendre son téléphone sonner toutes les trente secondes. Mais c’était pour la bonne cause. N’est-ce pas ? « Bref, sortir, quoi. » Reprit le jeune homme d’un ton énergique pour extraire sa nouvelle copine de ses pensées. Cette dernière leva la tête vers lui et l’observa un moment. Aiden perdait un peu de son sourire chaque seconde qu’elle laissait planer un doute. « Est-ce que ça va ? » Victoria fronça des sourcils, comme si la question était mal parvenue à ses oreilles puis à ses neurones avant de sortir de son espèce de transe et de hocher la tête positivement. « Oui, oui, tout va bien. C’est juste que… C’est drôle que tu demandes à sortir. » Aiden arqua un sourcil. « Je suis si vieux jeu au point que ça te surprenne ? » La jeune blonde esquissa un fin sourire amusé tout en secouant la tête. « Mais non, c’est pas ce que j’ai dit. Enfin, peut-être… Un peu. » Dit-elle, taquine, avant de lâcher un bref rire face à la tête du jeune homme. Faisant pression sur leurs mains reliées, Victoria attira Aiden un peu plus vers elle. « Mais être vieux jeu peut avoir du charme, ne t’inquiètes pas, va. » Elle approcha un peu plus son visage pour relier leurs lèvres avant de se retirer progressivement et de le lâcher pour aller chercher son portable et ses clés qu’elle installa de façon habile dans ses poches. Aiden la suivit du regard et avait l’air plutôt enthousiasmé par l’entrain que démontrer à présent sa partenaire quand elle l’attrapa par la main pour l’emmener vers l’extérieur.

Victoria n’avait pas été très facile à supporter, ces derniers temps. Elle avait fait des crises d’hystérie, ce qui n’était certainement pas dans ses habitudes, et un rien pouvait la rendre folle. La demoiselle tentait de se contrôler car elle savait que ce n’était pas forcément facile à vivre. Mais c’était plus fort qu’elle. Elle n’était pas encore assez stable, surtout mentalement, pour pouvoir surmonter et supporter ses propres crises de nerfs. Et puis, il fallait bien avouer que, trainer avec Goldie Stewart les trois quart du temps n’aidait pas non plus à avoir un environnement serein. C’était pourquoi Aiden tentait de la sortir un maximum, de la distraire dès qu’il avait du temps libre. Ils se connaissaient depuis assez longtemps pour pouvoir savoir quand l’autre ne se sentait pas bien. Et il était clair qu’Aiden avait très bien compris l’appel silencieux et inconscient de sa meilleure amie, qui était devenue sa copine depuis un peu plus d’un mois maintenant. Cependant, elle n’avait pas bougé du Four Seasons, décrétant que c’était plus pratique de travailler ici. Et puis, ces histoires de cambriolages lui foutaient un peu la frousse. Au moins, ici, elle était totalement en sécurité. Enfin, c’est ce qu’elle disait. Après tout, quand on est atteinte d’une maladie incurable, on ne pouvait pas dire qu’on était tous les jours en sécurité. Mais bon, maladie ou non, dans le fond, on pouvait tous crever. Tous et tout le temps, n’importe où, qu’il fasse moche, beau, soleil, nuit, jour, orage, qu’importe. En tout cas, c’était ce que Victoria se disait pour tenter de prendre sa maladie avec un peu plus de recul. Mais c’était tellement difficile. Enfin, quoiqu’il en soit, elle était reconnaissante auprès de son ami pour tout ce qu’il faisait pour elle. Et sortir ce soir faisant partit de ses reconnaissances. Enfin, quoique, pour cette fois-ci, ils auraient peut-être dût rester cloitrer…

C’était Victoria qui se trouvait au volant, puisque c’était sa voiture et qu’elle ne laissait personne la conduire, hormis elle. C’était son jouet de longue date, un des derniers cadeaux de son père, il était strictement hors de question de laisser quelqu’un la conduire. Ou même, juste toucher le volant. Blasphème, c’était un terrain sacré. On ne rigole pas avec ces choses-là et Aiden le savait bien. Alors, il n’avait pas protesté quand elle prit la place du conducteur, alors qu’il lui lançait un regard de travers. « Quoi ? Les filles ne peuvent plus conduire, maintenant ? » Aiden avait juste tiré une nouvelle tête étrange avant de rouler des yeux et monter à son tour dans la voiture. C’était une conduite raisonnable et totalement sereine, malgré les doigts crispés qu’elle pouvait avoir autour du cuir qui enveloppait le volant. Aiden le loupa sûrement pas mais il eut la délicatesse de garder cela pour lui. Victoria avait parfois d’étranges réactions mais il finissait par croire que cela étant normal. Mais c’étaient des petits signes qui, mis bout à bout chacun, l’inquiétaient sûrement un peu. Mais la jeune Blythe ne semblait pas s’y soucier. A vrai dire, elle n’y faisait guère attention. Pour l’instant, elle vouait une concentration sans borgne à la route, à en avoir le front plissé. Pourtant, elle était déjà très habile à conduire. Mais il faut croire qu’elle se sentait tout de même un peu anxieuse. Elle ne savait pas exactement pourquoi mais elle tentait de canaliser tout ceci en ondes positives.

Ils atterrirent finalement au casino qui avait ouvert il n’y avait pas longtemps. Et qui appartenait, entre autre, à Esteban Carson. Rien que penser à lui renfrognait totalement la jolie blonde mais qu’importe. Un regard porté sur Aiden et un doux sourire prit place sur son visage, signe de confiance et d’apaisement total. Si cela aurait pu durer. Il ne devait pas être très loin des vingt-deux heures quand Victoria gara sa voiture sur le parking du casino – hors de question de la laisser entre les mains poisseuses et sûrement bourrées d’infections des grooms qui étaient payés pour prendre les voitures des clients. Quand ces derniers ne venaient pas avec leur chauffeur particulier, évidemment. Quelques minutes après, les deux amants se dirigèrent vers le bar du casino, Aiden trouvant plus raisonnable l’idée d’aller siroter un cocktail plutôt que d’aller perdre des sous. Et Victoria ne pouvait qu’approuver ; enrichir le portefeuille de Carson ? Plutôt crevée, oui ! S’installant à même le comptoir, la jeune Blythe fut bien vite absorbée par la carte des boissons pour voir ce qu’il se passait dans la salle. Dos à la scène, elle entendait juste cet air plutôt tranquille qui se jouait dessus. « Tu comptes apprendre la carte par cœur ou … ? » Demanda Aiden, levant un œil soupçonneux vers elle, qui relevait la tête. Victoria hocha rapidement la tête tout en réprimant un léger sourire tout en reposant la carte. « Non, j’essaie juste de comprendre le sens caché des cocktails. Tu sais qu’Esteban Carson est un des propriétaires de ce casino. Alors, on n’est jamais trop prudent. » Aiden pouvait certainement entendre la petite pointe de moquerie que la jeune fille avait mis pour la fin de sa phrase. Mais on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas vouloir faire attention à ce qu’elle buvait. Après tout, maintenant, elle avait une santé à tenir et il était hors de question pour elle de foutre ses bonnes résolutions en l’air – qui arrivaient d’ailleurs avec un peu de retard mais qui étaient arrivées. Mais avant même qu’ils eurent le temps de prendre commande, la musique devient un peu plus forte, la faisant grimacer, et des cris se faisaient entendre. La jeune blonde se retourna pour voir ce qui faisait tant l’attraction de la soirée. Et là, c’était presque comme si tout devenait plus qu’un simple bruit de fond. Choquée. Totalement et purement choquée. Neal se trémoussant sur scène, poussée par la danseuse qu’il tripotait et par les exclamations de leur public. Mais surtout, elle fut choquée en plein fouet quand les yeux vitreux de son ex petit copain se posèrent sur elle. D’un geste brusque, la jeune blonde se retourna, le regard perdu dans ses pensées, Aiden la regardant avec une certaine inquiétude avant de poser sa main sur la sienne. Victoria venait de fermer les yeux et il n’eut pas le temps de prendre la parole qu’elle le faisait en première. « Dis-moi que ce n’était qu’une illusion d’optique. Dis-moi que je suis en train de dormir. » Aiden avait un air bien embêté qu’elle ouvrit les yeux ; malheureusement non, ce n’était pas un cauchemar. Bon et bien, maintenant, c’était simple, elle ne voulait plus se retourner. Raide comme un piquet, Victoria entremêla ses doigts avec ceux d’Aiden, comme pour lui appeler silencieusement au secours. Mais le regard que le jeune homme fit en regardant par-dessus son épaule ne la rassurait guère et elle le fit savoir en crispant sa main. « Ne me dis pas que… » Et pourtant. « Carl, offre à mes amis, deux verres sur mon compte. » Il les avait carrément séparé, s’instruisant au milieu et passant ses bras autour de leurs épaules respectives. Le regard fixé droit devant elle, Victoria ne réagit que quand le dénommé Carl leur installa trois verres devant eux et une bouteille. Il était télépathe ou quoi ? La jeune blonde garda la tête droite alors que Neal s’installait maladroitement sur un tabouret. Juste à côté d’elle, elle pouvait sentir l’odeur nauséabonde de l’alcool. Neal buvait. Neal était totalement soûl. Complètement ivre. A côté de la plaque. Si elle n’était pas si sonnée, elle pleurerait. Ou elle criserait, au choix. Mais là, elle n’avait le cœur ni à l’un ni à l’autre. Elle ne réalisait pas réellement. Et elle était profondément choquée qu’il lui offre un verre alors qu’il était le seul à savoir qu’elle avait un gros problème de santé. « Je nous prévois un futur alléchant… A votre santé. » A cette phrase, Victoria posa enfin son regard sur lui. Il était dans un sale état, vraiment. Elle ne l’avait jamais vu comme ça. Jamais. Lui qui semblait plutôt être le sportif dans toute sa splendeur, clean et tout ce qui va avec. Visiblement, elle s’était trompée. Encore et toujours. Ça faisait beaucoup de découvertes sur une personne qu’elle pensait très bien connaitre. Et son sarcasme se faisait un malin plaisir à vouloir les provoquer. Puis, Victoria commença à gigoter quand Neal sortit une cigarette et que toute la fumée lui arrivait dans les trous de nez et par la bouche. De toutes les addictions, s’il y en avait bien une que la jeune blonde ne supportait pas, c’était bien la nicotine. Cigare ou cigarette, elle ne supportait ni l’odeur ni la sensation. Il en faisait exprès, c’était certain. « On ferrait bien d’aller ailleurs. Ca pue l’alcool et la cigarette, ici. » Informa-t-elle, tout en regardant Aiden, avant de sauter de son tabouret. Oui, elle ignorait Neal. L’ignorance était la meilleure des armes, n’est-ce pas. Et pourtant, elle avait terriblement mal. Le voir dans cet état lui paraissait totalement irréel. Alors, elle lui passa devant pour aller chercher le jeune Lancaster et l’attrapa par la main. Ce dernier n’opposa aucune résistance, surtout quand il sentit la main de Victoria s’agripper fermement une nouvelle fois à la sienne. Nouveau signe d’un mal être présent. S’il jetait un coup au profil de sa partenaire, même si celle-ci gardait la tête haute et le regard droit, il pouvait aisément voir qu’elle se retenait, qu’elle se contenait. De quoi, on ne pouvait pas savoir exactement mais il était clair qu’il y avait quelque chose qui se cachait là-dessous. Quelque chose de pas forcément très agréable.



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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Mar 15 Juin 2010 - 21:18





malgré mes efforts, je te vois partir...



NEAL ROWLANDS, VICTORIA BLYTHE & AIDEN LANCASTER





Ç'aurait été impossible à prévoir. Et sans doute était-ce encore difficile à comprendre, ou même, à concevoir. Aiden avait toujours été connu dans le coin pour être ce jeune homme adorable et irrésistible au yeux de bon nombre de jeunes femmes plus ou moins entichées de lui, mais surtout, il était réputé pour être intouchable. Non pas qu'il aimât se donner des airs de dieu inatteignable ou qu'il fût du genre à se laisser désirer. Aiden était tout simplement ce que certaines personnes aiment appeler un saint. Ou un coincé, les opinions varient. Il y a un an et demi, il avait repoussé les avances d'Elisea Buckley-Winston sous prétexte qu'elle était trop jeune – elle avait alors dix-neufs ans, et lui, vingt-trois. C'est pas la mort, me direz-vous. Et en effet, il était assez difficile de comprendre en quoi ce refus avait un sens. Certes, elle était mineure et lui ne l'était pas, mais elle avait alors déjà dépassé les dix-huit ans et aucune ne loi ne pouvait leur interdire d'avoir des rapports, de quelque nature qu'ils fussent. Aujourd'hui, Elisea aurait eu vingt-et-un ans et rien ne pouvait assurer qu'Aiden eut été plus consentant à la toucher autrement que de manière amicale. Et pourtant, aujourd'hui, il était en couple avec Victoria Blythe.
Situation impossible à prévoir, parce que pendant un an et demi, tous deux s'étaient évertués à démentir les rumeurs qui disaient que leurs sentiments à l'égard l'un de l'autre ne seraient pas que fraternels – et c'était la vérité. Aiden n'avait jamais menti, et jusqu'au moment où ils s'étaient embrassés pour autre chose qu'un pari débile, il avait été formel : Victoria n'avait jamais été autre chose qu'une amie à ses yeux. Cela rendait donc leur tout nouveau couple difficile à comprendre. Vous vous doutez bien que deux meilleurs amis soi-disant aucunement attirés l'un par l'autre (quoique Aiden ait toujours trouvé Victoria attirante, sans jamais devenir plus subjectif) qui se mettent soudain en couple, ça crée des doutes. Soit quant à l'authenticité des propos qu'ils avaient tenus pendant un an et demi, soit quant à l'authenticité de leur couple et de leurs sentiments actuels. Malheureusement pour Aiden et Victoria, aucune des deux alternatives n'était plus facile ou agréable à affronter. D'autant plus qu'elles étaient toutes deux fausses : ils avaient toujours été sincères. Aiden n'avait jamais rien ressenti, sinon de l'amitié, pour Victoria, et ce pendant un an et demi. Mais aujourd'hui, il lui suffisait de poser les yeux sur elle pour que son corps brûle de désir – désir aussitôt dépassé, sinon égalé, par une tendresse et un attachement sans nom. Car, par-dessus tout, au-delà de son envie de couvrir son frêle corps de caresses et de le parsemer de baisers, il voulait la protéger. Il voulait la mettre à l'abri de la douleur qui la consumait depuis sa rupture. Il voulait lui épargner tous les maux auxquels elle avait été en proie ces derniers mois. Peu importe les moyens qu'il fallait utiliser pour s'assurer de l'état de Vicky, il le ferait. Il se l'était promis depuis qu'ils étaient amis, et ne manquerait pas à cette promesse. Aujourd'hui, les choses avaient peut-être changé à cause du fait qu'il ne la considérait plus seulement comme sa petite soeur, mais dans l'essentiel, il gardait le même objectif : rendre Victoria heureuse, la voir sourire comme elle souriait autrefois, lorsqu'elle respirait la joie de vivre, que son regard vert était pétillant et que rien, pas même les mines renfrognées d'Aiden, ne pouvait décourager.
Il y avait toujours quelque dans sa façon d'être, de parler et d'agir qui le fascinait. Que ce soit sa voix douce où perçait cependant la malice, ses moues irrésistibles ou ces piques qu'elle aimait lui lancer, les contredisant souvent au moyen d'un sourire tout aussi adorable. Il avait suffi à Aiden de se rendre compte qu'elle était plus qu'une amie pour qu'il remarque soudainement tous ces petits détails qui rendaient Victoria encore plus unique, et à chaque fois qu'elle riait, le taquinait ou prenait cet air suppliant qui lui était propre, le jeune homme n'avait qu'une envie : l'attirer à lui et la serrer fort, puis l'embrasser sans s'interrompre. De plus, il fallait bien avouer que le caractère quelque fois gamin de Victoria lui faisait un bien fou et, pour reprendre les termes des mauvaises langues, le décoinçait. Passer du temps avec Victoria était simple et agréable, et la seule chose dont il avait à se soucier, c'état de la préserver. Cela pouvait sembler compliqué et fastidieux, mais cette tendance à la protection des autres était comme une qualité innée chez Aiden, et il le faisait souvent sans même y prêter attention ou s'en rendre compte. D'autant plus que la voir sourire était comme une récompense pour le jeune homme, et c'était cela qui le poussait à passer autant de temps avec sa petite amie. C'était purement innocent, et pourtant, plein d'intentions plus ou moins cachées.
Cependant, ces derniers temps, Victoria n'avait pas paru dans son assiette. Même lorsqu'elle s'efforçait de prendre un air enjoué, les commissures de ses lèvres restaient affaissées et une lueur avait disparu de son regard d'ordinaire si pétillant. Aiden avait bien remarqué ce changement, mais ne pouvait y attribuer aucune cause, d'autant plus que Victoria faisait clairement semblant d'aller pour le mieux, sous-entendant ainsi qu'elle n'avait aucune envie d'aborder le sujet, quand bien même Aiden aurait des questions ou des inquiétudes. Mais il savait aussi que cet attitude cachait un appel à l'aide : elle voulait qu'il soit là pour elle et qu'il lui change les idées, et qu'il lui fasse suffisamment confiance pour agir ainsi sans poser de questions. Le jeune homme se contentait donc d'essayer de lui remonter le moral, et de ne pas la laisser trop souvent enfermée dans sa chambre d'hôtel, sans pour autant devenir envahissant. Ainsi toqua-t-il à la porte de la chambre de Victoria au Four Seasons, l'ayant au préalable prévenue de sa venue. La porte était ouverte, aussi se permit-il d'entrer, s'installant sur le lit king-size qui occupait la luxueuse pièce – il faisait des nuits de quatre heures en moyenne, et n'avait pas pu échapper à l'appel du magnifique meuble. Vicky l'observait, un air surpris affiché sur son joli visage, puis s'en alla fermer la porte. Aiden décida de directement commencer par le sujet qui fâche – ou plutôt, qui n'était pas censé fâcher, étant donné qu'il s'agissait principalement de faire plaisir à la jeune Blythe. « J’ai envie de sortir, ce soir, pas toi ? » Aiden réprima difficilement un sourire en voyant l'air surpris de Vicky se transformer en effarement. Quelque part, il aurait dû se sentir insulté qu'elle fût aussi surprise par une telle initiative. Mais il avait appris à ne pas se formaliser, en particulier lorsque son interlocuteur, ou plutôt interlocutrice, était Victoria Blythe. « Tu… Tu veux sortir ? » Retenant à grand peine un éclat de rire, Aiden se leva du lit king-size pour rejoindre sa petite amie, lui attrapant les mains avec douceur. Posant son front contre le sien, il reprit, enjoué : « Oui, sortir, aller dehors, s'amuser, aller boire un verre… Raisonnablement… » L'adverbe était une allusion limpide à leur première nuit passée ensemble, à la soirée d'une amie de Victoria, où la blondinette avait trop bu et avait dû poursuivre sa soirée la tête penchée par-dessus les toilettes. Victoria, cependant, ne releva pas, contrairement à ses habitudes. Aiden décida donc de la ramener à la discussion. « Bref, sortir, quoi. » Cependant, son sourire faiblit en voyant que Vicky n'avait pas l'air dans son assiette – ou, du moins, encore moins que d'habitude. Rêvait-il ou le regard de la jeune femme trahissait-il une détresse soigneusement camouflée, mais pas suffisamment pour qu'elle échappât à l'attention d'Aiden ? « Est-ce que ça va ? » Nouveau silence. « Oui, oui, tout va bien. C’est juste que… C’est drôle que tu demandes à sortir. » Là, Aiden aurait dû se sentir encore plus insulté. Mais il n'en fut rien, et il se contenta d'arquer un sourcil, arborant un air faussement offensé. « Je suis si vieux jeu au point que ça te surprenne ? » La remarque avait pour mérite indéniable d'avoir arraché un sourire à Victoria, et Aiden s'en félicita intérieurement, quoiqu'il ne fût toujours pas entièrement rassuré. « Mais non, c’est pas ce que j’ai dit. Enfin, peut-être… Un peu. » Aiden s'apprêta à protester mais renonça, en partie parce qu'au moins, elle semblait de meilleure humeur, et parce qu'il fut distrait par la pression qu'elle exerça sur leurs mains jointes. Il sourit tendrement en entendant l'excuse -bidon- de Victoria : « Mais être vieux jeu peut avoir du charme, ne t’inquiètes pas, va. » Tout était revenu à la normale, chose confirmée lorsqu'elle posa ses lèvres sur celle du jeune homme, qui répondit aussitôt au baiser, l'approfondissant légèrement, jusqu'au moment où elle se fut trop éloignée pour qu'il puisse continuer. Il sourit en la voyant rassembler ses affaires. Cette soirée s'annonçait inoubliable – mais il ne savait pas encore pourquoi.
Le trajet et l'arrivée au casino, destination finale de cette soirée, se déroulèrent dans le calme malgré une ou deux chamailleries typiques d'Aiden et Victoria. Bien que l'endroit appartînt à une des personnes de la ville qui devait le plus détester Aiden, le jeune homme avait voulu s'y rendre, parce qu'il avait manqué l'ouverture et qu'on lui avait recommandé la chaleur et l'ambiance de l'endroit. De plus, il se doutait que Victoria devait aimer ce genre d'endroit, et en effet, elle ne parut pas déçue pour un sou. Tout se passa bien, donc, jusqu'au moment où Victoria sembla brusquement se déconnecter de la réalité, poussant Aiden à suivre son regard. Là, sur scène, à quelques mètres, se tenait Neal Rowlands, dansant collé-serré avec une danseuse, l'air clairement ivre. Aiden reposa aussitôt son regard noisette sur Victoria, mais elle avait déjà détourné le sien et fermé les yeux, l'air de ne pas vouloir y croire. « Dis-moi que ce n’était qu’une illusion d’optique. Dis-moi que je suis en train de dormir. » Aiden pouvait sentir la douleur et le choc dans la voix de Vicky, et il aurait tout fait pour pouvoir lui dire qu'en effet, ce n'était qu'un rêve. Mais cette réponse aurait été stupide, car le contraire était évident : Neal était bien là, à quelques mètres d'eux, dans un état que Vicky n'aurait probablement jamais voulu voir. Il soupira, se contenta de serrer les doigts de Victoria, qu'elle avait entrelacés avec les siens, espérant ainsi la réconforter. Mais il se doutait bien que cela ne suffirait pas : elle n'était pas près de se remettre du choc. Surtout avec ce qui allait suivre.
En effet, Aiden ne put détacher le regard de Neal lorsque celui-ci s'approcha de lui et Victoria. Il ne sut quoi dire, mais comprit qu'il était trop tard lorsque la jeune femme lança : « Ne me dis pas que… » Il se contenta de serrer plus fort les doigts de Vicky, caressant le dos de sa main avec son pouce. Cette étreinte ne dura cependant pas, car il se plaça entre eux tout en s'adressant au barman d'une voix narquoise : « Carl, offre à mes amis, deux verres sur mon compte. » Neal Rowlands était bel et bien à côté d'eux, et, de surcroît, avait pris place entre Victoria et lui. Aiden risqua un regard vers sa petite amie et se rendit compte qu'elle évitait soigneusement de poser les yeux sur son ex. S'arrachant à cette contemplation, Aiden attrapa machinalement le verre que lui envoya le barman, le faisant glisser sur le comptoir. Il ne comptait pas boire, cependant. Il comptait juste régler cette histoire, rapidement et efficacement. Il ne portait pas Neal dans son coeur, en partie à cause de la jalousie que celui-ci avait longuement éprouvée en voyant que le jeune urgentiste montrait de l'intérêt à l'égard de Victoria, bien que cet intérêt fût alors purement amical et désintéressé. Mais il savait combien Victoria avait été heureuse à ses côtés, c'est pourquoi il s'efforçait toujours de ne pas être trop désagréable en la présence de Neal. Cependant, l'attitude qu'il arborait ce soir-là l'agaçait singulièrement, d'autant plus qu'elle mettait Victoria mal à l'aise – et encore, c'est un euphémisme. Elle semblait bouillonner de rage, mais aussi au bord des larmes, ou de la crise. Aiden avait appris à analyser ses expressions au cours des mois passés, et perçut sans problème le nouvel appel silencieux qu'elle semblait lui faire : débarrasse-nous de lui. Mais il fut à nouveau distrait, cette fois par les paroles de Neal. « Je nous prévois un futur alléchant… A votre santé. » Aiden eut un sourire amer, renonça à se servir, se contentant de se tourner vers Neal et de lui parler d'une voix calme, comme pour éviter le scandale. « Neal, je pense que tu ferais mieux de partir. » Il n'y avait pas de trace d'hostilité dans son intonation, mais il savait que Neal percevrait cette phrase comme telle : une provocation, quelque chose qui lui signifiait qu'il n'avait plus rien à faire aux côtés de Victoria. Ce n'était pas ce que voulait dire Aiden : il voyait bien, malgré tout, que si cette apparition affectait Victoria, c'était qu'il restait quelque chose dans son coeur. Au lieu de la jalousie, ce fut la peine, non pas pour lui, mais pour Victoria, qui submergea Aiden. Neal n'eut cependant pas le temps de réagir, car Victoria s'était levée après avoir exprimé son désir de s'en aller. « On ferrait bien d’aller ailleurs. Ca pue l’alcool et la cigarette, ici. » Aiden hésita, mais suivit Victoria lorsqu'il sentit sa petite main se glisser dans la sienne. Il se leva, lança un dernier regard à Neal puis fit volte-face, emboîtant le pas à sa petite amie.
Il avait vu l'expression douloureuse de Victoria, mais ne dit rien. Au lieu de cela, il attendit qu'ils fussent dehors, sur le trottoir devant le casino. La mine de la jeune femme inquiéta Aiden, qui lui murmura : « Hé, ça va ? » Il n'eut pas besoin d'attendre une réponse pour savoir que ce n'était pas le cas : le regard de Victoria lui suffisait amplement pour savoir dans quel état elle se trouvait. « Allez, viens là. » Il l'embrassa avec douceur puis la serra contre lui, caressant doucement ses cheveux, tentant de la réconforter. Cette soirée avait tourné au désastre, mais ils étaient loin d'avoir touché le fond : en effet, Aiden ne pensa pas à s'éloigner immédiatement du casino, estimant que Neal retournerait probablement auprès de sa danseuse. Il resta donc là, à quelques mètres de l'entrée, là où la rue devenait plus étroite et moins bien éclairée, serrant Vicky dans ses bras musclés. Il aurait mieux fait de s'abstenir.

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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Jeu 17 Juin 2010 - 19:49

    Si il y avait bien quelque chose que Neal n’aimait pas, c’était bien qu’on lui prenne sa place. Il n’avait jamais apprécié qu’on puisse s’approcher des personnes qui ont étés sous sa protection - même si elles sont rares. Excellent mauvais perdant, dont il excelle au plus haut niveau, il arrive à se montrer d’une cruauté sans borne face à un joueur un peu trop entre prenant. D’une certaine façon, il pourrait remercier Aiden de prendre soin de Victoria, de savoir la faire rire et de la protéger contre les autres. Surtout depuis que Neal est mis au courant de son état de santé, il pourrait se montrer fiable et pourrait lui épargner tout ça. Mais vous connaissez Neal, il s’abat vite sur son sort pour mieux se relever par la suite. Il est tranchant et son choix est bien souvent radical. Aucune demi mesure possible ni acceptable selon lui. Toutefois, il saurait un jour prendre sur lui, et se montrer agréable et protecteur. Ou compréhensif comme on dit. Aujourd’hui, il ne l’était pas, il n’avait pas besoin de l’être. Elle ne le méritait peut-être pas, ou lui ne la méritait pas. Il n’en savait rien, après tout il n’avait pas entièrement sa tête. Et il était sous l’emprise de l’alcool. Néanmoins même si il se cachait derrière un masque difficile à atteindre, il ne doutait pas de son amour pour elle. C’était plutôt elle, qui en doutait. Sans que cela ne le surprenne. Mais il regardait de son air supérieur le jeune médecin. Il pourrait être reconnaissant et avoir envie de lui ressembler. Il pourrait essayer de reconquérir Victoria, là ici maintenant. Il en avait tous les charmes pour, il avait la technique, la passion. Mais aujourd’hui, c’était face à l’alcool qu’il arrivait à faire fasse. Aussi absurde, et lamentable. Il avait l’impression - quand son état s’améliorait - de rater à chaque fois un peu plus sa vie. Il en avait disons la certitude. Mais, jamais il ne s’arrêtait. Peut-être que se détruire lui convenait. La souffrance n’avait jamais été quelque chose de douloureux à ses yeux, et cela lui montrer qu’il était encore en vie.

    Le jeune Rowlands resta un instant sur ses gardes. Aiden avait-il la prétention à son tour de croire qu’il pourrait la rendre heureuse toute sa vie ? Prendrait-il le risque de se retrouver Neal à dos ? Aurait-il la force de rendre Victoria à jamais à ses côtés ? Arriverait-il là où Neal a échoué ? Il ne voulait pas connaître la réponse à cette question. Et il n’était capable que de se torturer. Dans un sens, il ne voulait même pas avouer sa défaite, ni que Victoria puisse aimer Aiden autant que ce qu’elle l’a aimé. Peut-on parlé au présent ou doit on parlé au passé les concernant ? Neal n’en savait strictement rien. Pourtant, cela ne semblait pas plus le toucher que ça. Une apparence bien trompeuse, mais qu'il se gardera pour lui ! ‘‘ Neal, je pense que tu ferais mieux de partir. ’’ Voila ce que venait de dire Aiden. Le jeune Indien était revenu peu à peu à la réalité. Aiden pensait ? Au juste il pensait à quoi ? Qu’il était le seul à pouvoir s’approcher de Victoria, le seul à avoir la chance de la prendre dans ses bras ? Le seul, le seul et toujours le seul ?! Neal sentit son sang bouillonnait en lui, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas détesté comme cela, pour une femme. Pour Victoria Blythe. Et le pire c’était sûrement que cela devait se voir. Aussi, Victoria prit la main de Aiden et commençaient à lui tourner le dos. Prenant conscience alors qu’il était seul. Pas seulement, seul ce soir. Mais qu’il le sera toute sa vie. Il n’avait confiance qu’en elle, il n’y avait toujours eu qu’elle. Même si il avait fais de nombreuses conneries, même si il paraissait hautain et insolent. Il n’y avait toujours eu que Victoria et Neal. Neal et Victoria. Alors ce soir la, c’était comme un électrochoc. Comme si on lui pressait toujours un peu plus son cœur, qu’on voulait l’étouffer et qu’il perdait petit à petit, un peu plus pied. C’était comme si on le tuait à petit feu. C’était comme si il prenait enfin conscience de ce que sera son futur. Et il avait l’impression de revoir Esteban, dans son église - face à Hailey qui l’abandonnait à son tour. Toujours assis sur son tabouret, il se retrouvait seul, puisque Aiden était parti au côté de Victoria. Ils avaient disparu dans la brume, ne laissant aucune chance de les rattraper. A coup sur, Victoria l’avait fais exprès. Et pourtant au départ, Neal ne réagissait pas. Ou trop lentement. Il essayait de réaliser le fait qu’il aurait pu tout foirer avec son ex copine. Comme beaucoup d’habitants, Neal avait réellement cru que la passion ne s’éteindrait jamais. Il avait vraiment espérer que Victoria le rende meilleur, ou qu’elle bénéficie de ses rares intentions. Mais, il n’y croyait plus, désormais. Il était peut-être en vie pour être un connard, un salaud qui perdait à chaque coup foireux, l’un de ses amis. Il avait l’impression de prendre le même chemin que son père, face à l’alcool. Comme Cudy le lui avait fais gentiment remarqué. Elle, qui connaissait si bien son père, et sa famille. Et puis Neal réalisa enfin qu’il était tout seul entouré d’inconnus. Certains regards étaient lamentablement tournés vers lui, comme si dans le fond, ils en rigolaient, ou ils avaient de la peine. Neal ne sût réellement lire dans ses quelques regards. Mais que ce soit l’un ou l’autre, il n’en voulait pas. Ce fût pourquoi un pas devant l’autre, il se retrouva à l’extérieur du bar, dans un des nombreux couloirs. La main devant la bouche, le regard perdu, une respiration forte. Avant de tourner dans celui qui menait vers les toilettes. Refermant précautionneusement la porte derrière lui, il s’installa à côté du lavabo. Et osa relever son regard vers le miroir. Pour s’y voir, affreusement lamentable. Il n’avait aucun mot pour se décrire, tellement qu’il se faisait pitié lui-même. Le pire de tout ça, c’était sûrement de ne pas savoir comment il a fait pour en arriver à ce stade. Il n’avait pas eu l’impression de merder, mais semble bien l’avoir fais en beauté. Se mouillant les mains, il déposa de l’eau sur son visage mâte, pour se rafraîchir. Si Neal avait un don, c’était bien celui de faire croire que sa vie est un compte de fée, et qu’il arrive parfaitement à gérer les épreuves de la vie. Hors, c’était entièrement faux. Surtout depuis quelques mois. Il aurait pensé trouver la fin du tunnel, mais il y avait toujours quelque chose pour l’enterrer encore plus bas. Toujours quelqu’un pour l’y aider. Malgré tout, il devait affronter le regard des autres, ses paroles qui font mal, ses situations qui vous déchire. Il devait être fort. Et ce, quoi qu’il advienne. Il n’arriverait jamais à montrer ses faiblesses, ni à les avouer. Cela le rendrait sans hésitation, faible. Et ne l’encouragerait pas à continuer de se battre. Refermant le robinet, il sorti des toilettes. Deux solutions s’ouvraient à lui - soit, il avait le droit de retourner se saouler. Soit, il limitait les dégâts. Neal raisonnable ? Oh non, juste peut-être que le hasard ou le destin le poussait à sortir, à se rendre compte de la vraie situation : Aiden et Victoria ensemble, main dans la main, leurs bouches se touchaient, leurs corps frémir. Quelque chose qui le dégoûtait au plus haut point. A cette image, son regard se durcissait, et ses dents se crispaient. Ses jambes avançaient sans qu’il n’eut besoin de les guider, seule l’image avait ce pouvoir de le faire avancer. Ouvrant dans un bond, la porte, il n’eut aucun réflexe en voyant les gens à l’entrée, alors qu’à quelques mètres, il voyait déjà la scène. Il sentait du désir et de la passion qui s’émanait d’eux. Une horrible sensation l’envahissait, alors qu’il se dirigea droit vers eux, en tremblant. Le mélange de l’excitation, de l’alcool ne devait en rien l’aider à faire face à cette vision. Pourtant, il osait encore affronter son regard face à Aiden. C’était évident, et il avait la force et le pouvoir de le montrer : il le détestait désormais plus que tout. « Ne t‘avises plus jamais à poser tes mains sur elle… » Déboula-t-il vers Aiden en lui donnant un coup de poing au torse - tout en les séparant d’un geste brusque. Il n’avait pas touché Victoria, non. Il s’était plutôt empressé de prendre Aiden par son bras pour le faire reculer. Face à lui, il était mauvais, et la tension semblait monter en lui. Neal était particulièrement menaçant, et hautain. Mais il le lâcha, d’un air furibond. En temps normal, il aurait joué l’indifférence pour préparer un sale coup au médecin. Il aurait été pris de remord très certainement face à Victoria, mais aurait eu une trop grande fierté pour avouer tout le mal que cela lui faisait. Encore même en ce moment, il en souffrait. Elle avait toujours été la pour lui. Et en avait aisément profité. Mais jamais, il n’aurait pensé qu’elle se permette d’aller voir ailleurs devant lui. Jamais, il ne l’avait vu en action. C’était la première fois, d’où le choc terrible à ses yeux. Il y a quelques secondes de cela, il s’était volontairement glissé entre les deux amoureux, bien décider à le faire craquer. Neal avait l’impression que Victoria arrivait à s’enfuir à chaque fois un peu plus de sa protection, de son amour. Il avait l’impression de perdre plus qu’un combat, mais la bataille. Et Aiden ne pouvait pas être gagnant. Personne ne pourrait l’être, c'était clair à ses yeux. Il ne se laisserait jamais faire, il ne se laissera jamais dominer. Tout d‘un coup, sans savoir réellement ce qu‘il lui prenait, et encore légèrement frustré de ce qu‘il venait de voir - Neal se dirigea tout droit vers Aiden en le prenant par le col. Tout ça parce qu‘Aiden était prêt à s‘emparer du bras de Neal afin de le pousser de là où il était. Du moins c‘était ce que Neal avait supposer. « Ne me touche pas, abruti ! » Sous les regards ahuris de certaines personnes, Neal dévisagea sans crainte le jeune médecin, en le maintenant toujours plus fort. Encore et toujours, au point de vouloir l’étrangler par le simple fait de joindre ses deux mains entre elles et ainsi de rapprocher le col du tee shirt de Lancaster. L’obligeant ainsi à reculer de quelques centimètres, Neal ne sentait certainement pas sa force, ni son plaisir de vouloir en finir avec lui ! Les dés sont lancés, le jeu est déclenché !
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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Dim 27 Juin 2010 - 17:07



« Neal, je pense que tu ferais mieux de partir. » » C’était un conseil que Victoria ne pouvait qu’apprécier et adhérer. Un conseil que Neal aurait pu, ou en tout cas, aurait dût prendre à la lettre s’il avait eut l’esprit un peu plus clair. Car il était aussi limpide que l’eau que son ancien copain était tout sauf net. Il devait avoir ingurgité énormément de liquide pour être dans cet état. A vrai dire, Victoria l’ignorait. Elle ne connaissait pas exactement la capacité de résistance face à l’alcool de Neal. Peut-être parce qu’elle ne connaissait pas assez. Ou pas vraiment. Ou qu’elle ne le reconnaissait pas. Oui, c’était un terme plus exact. Elle ne le reconnaissait pas. Ce n’était pas le même Neal que d’habitude. De toute façon, le lien était presque rompu. Et, le voir comme ça la blessait encore plus. Sûrement car cela était la première fois. Première fois qu’elle le voyait avec une bouteille d’alcool au lieu d’une bouteille d’eau à la main. Première fois qu’elle voyait ses yeux partir en vrille, laisser à blanc, alors que d’habitude, ils pétillent toujours d’une certaine flamme – qui pouvait être de la moquerie, de la taquinerie, de la dureté ou de l’animosité. Là, c’était tout simplement vide. Creux. Comme une page blanche. Extérieurement, il paraissait ignare. Mais Victoria n’avait pas pu supporter la brève image durant un long moment. Ca dépassait clairement ce qu’elle pouvait consentir à voir. Elle-même avait renoncé à boire depuis leur rupture – hormis à quelques exceptions. Elle savait déjà sa vie était condamnée alors, c’est sûr, elle voyait les choses différemment, maintenant. Mais, au moins, l’alcool l’avait amené dans les bras d’Aiden, ce qui n’était pas une si mauvaise chose, finalement. Le jeune Lancaster semblait être comme à son habitude, bourré d’attentions, de conseils et de gentillesse. Il fallait bien avouer que ce côté-là ressemblait plutôt assez à celui de Neal. A la différence près qu’Aiden était comme ça avec à peu près tout le monde – être urgentiste doit aussi beaucoup aider – alors que Neal était un vrai bougre avec les autres. Et encore, s’il ne pouvait être qu’un bougre, le monde s’en porterait déjà mieux. Mais, avec Aiden, Victoria n’avait pas de soucis supplémentaires. Elle n’avait pas à être inquiète, à se faire un sang d’encre ou avoir encore des remarques sur son copain. Aiden n’amenait pas d’ennuis mais un peu de légèreté et l’attention qui lui manquaient terriblement. Quand elle avait appris pour sa maladie – ou plutôt, quand elle avait apprit la confirmation de la présence de la maladie – elle était seule. Seule face à un bout de papier. Finalement, c’était à se demander si elle aurait préféré ne jamais savoir. Mais la pilule aurait pu mieux passer si, à peine deux heures après, Neal était lui aussi au courant. Sur tous les habitants de la Terre, plus précisément, sur la population globale de Miami, il avait fallu que ce soit lui qui voit cette lettre. Et, forcément, il n’aurait pas pu garder sa curiosité pour lui. Alors, Victoria guettait avec une certaine appréhension l’appel de ses amis ou de sa famille, ou même leur visite. La peur que Neal est craché le morceau à quelqu’un la rendait à la limite de la paranoïa. Mais, visiblement, il n’avait rien dit. Personne ne semblait au courant et c’était très bien comme cela. Evidemment, vivre loin d’Ocean Grove – donc de ses proches – ne facilitait pas la sociabilité mais la jolie blonde n’avait ni l’envie ni le besoin d’être entourée d’une ribambelle de personnes. Et surtout pas à Ocean Grove. S’être éloignée du quartier n’avait pas été une mauvaise idée. Elle évitait d’attirer l’attention sur elle et elle était plutôt tranquille. C’était comme si elle voulait se faire oublier. Bien sûr, elle était au courant de ce qui se tramait dans le quartier depuis quelques temps. Ces cambriolages qui semblaient être d’une violence rare. Mais Victoria se considérait comme bien loin de tout ça, même si elle avait tout de même une certaine appréhension de savoir si cela pouvait tomber sur un de ses proches. Cependant, le monde continuait à tourner et il continuera à tourner même quand elle ne sera plus ici. Les rares visites qu’elle faisait à Ocean Grove étaient quasiment toutes à destination de chez Goldie Stewart. Collaboratrice, la blonde délurée et allumée était aussi devenue une personne que Victoria aimait bien, finalement. Au moins, elle lui faisait penser à autre chose, avec ses tics et ses réflexions. Et, franchement, ça faisait rudement du bien de voir quelqu’un qui ne changeait pas tellement ses habitudes vis-à-vis de vous, même si la relation avait changé. Enfin, quoiqu’il en soit, l’avantage d’Aiden était qu’il ne changeait pas et que, même s’il était parfois vieux jeu, et bien, elle n’avait pas de mauvaises surprises venant de lui. Tout du moins, pour l’instant. Alors oui, Neal aurait dût suivre le conseil de son copain. Mais non, il ne le fit pas. Alors c’est Victoria qui prit l’initiative de s’échapper, naturellement. « Hé, ça va ? » Ils étaient arrivés dehors et la jeune Blythe leva des yeux presque apeurés vers Aiden, qui démontraient clairement que non, ça n’allait pas. Dire qu’elle était presque au bord des larmes ne serait pas vraiment mentir. Et il le capta très vite puisqu’il l’amena contre lui, tendrement. « Allez, viens là. » Mais même les lèvres du jeune homme ne suffisaient pas à apaiser le vacarme monstre qu’elle avait à présent dans la tête en se repassant sans cesse la scène qu’elle avait vu. Neal danser langoureusement avec une danseuse, ça restera à jamais graver. C’était clair, elle ne le verra plus jamais comme avant. Ce n’était pas possible de le voir comme avant. Elle ne l’avait jamais vu comme ça. Alors, en guise de réconfort, Victoria passa ses bras autour de la nuque d’Aiden et plaquait sans rechigner sa tête contre son torse. Elle ne voulait pas s’y défaire. Rester comme ça durant des heures ne la dérangerait pas. Elle avait l’odeur du jeune Lancaster qui lui passait sous le nez. Elle sentait son buste se soulever et se rabaisser au fur et à mesure qu’il respirait. Respiration qui se faisait doucement sentir sur le haut de son crâne. La jeune Blythe tentait de penser à autre chose, voire même de ne plus y penser. Mais les yeux fermés et la tête à l’opposée totale de l’entrée, elle n’avait pas venir la bombe qui allait retentir dans les secondes à venir. « Ne t‘avises plus jamais à poser tes mains sur elle… » Deux secondes après, Victoria avait le droit à la vision du dos de Neal devant elle. Elle était choquée. Choquée qu’il ose dire ça. Choquée qu’il ose revenir les voir, même s’ils ne s’étaient vus qu’à peine une minute. Et, surtout, elle était choquée qu’il s’en prenne à Aiden. Il n’avait rien fait de mal, bien au contraire. Il avait certainement réussi à la remettre un peu sur pieds à sa façon. Car, on ne pouvait pas dire que Victoria était expressive dernièrement en ce qui concernait ses relations sentimentales. D’ailleurs, celle avec Aiden était tombée comme ça, sans que l’un ni l’autre ne s’y était attendu. Ils étaient bien ensemble, c’était certain. Mais la jeune Blythe avait tout de même une certaine inquiétude quant à la pérennité de la chose. Mais il adviendra ce que le destin aura écrit. A l’heure actuelle, ses pensées étaient comme bloquées. Sa bonne conscience aussi et tout ce qui pouvait faire qu’elle aurait pu garder son calme. « Ne me touche pas, abruti ! » La jeune Blythe recula d’un pas, par une certaine peur, alors que, dans un geste aussi soudain que menaçant, Neal empoignait Aiden, qui avait simplement voulu l’éloigner un peu de lui, sûrement. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait Neal s’emportait comme ça. Mais elle ne pouvait pas se résoudre qu’il s’en prenne à Aiden. Alors, elle eut la réaction normale et censée de vouloir défaire les doigts du jeune Rowlands du col de son petit-copain, les yeux étant allumés d’une lueur dure et furibonde. « Lâches-le, Neal ! T’es qui pour dire ça, d'abord ? Tu penses que tu vaux mieux que lui ? Et bien non, Rowlands, tu ne vaux pas mieux que lui. Il réussit là où toi t’as échoué. Lâches-le, bordel ! Dégages, fiche nous la paix ! » La jeune fille parlait d’une voix mauvaise. Elle était énervée, il l’irritait royalement. Il fallait absolument qu’elle se calme. Mais elle n’y arriverait pas tant qu’Aiden sera toujours sous l’emprise de son ex.

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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Dim 11 Juil 2010 - 20:55

    Neal devait bien avouer qu’il ne comprenait pas grand chose à cette histoire. Comment pouvait-il en arriver jusque la ? Comment était-il tombé si bas ? Il n’avait pas véritablement de réponse à ses questions. Peut-être parce qu’il ne se posait pas les bonnes questions, ou qu’il ne cherchait pas correctement ses réponses. Néanmoins, il restait perplexe concernant sa vie avec Victoria. Plus que jamais, il avait l’impression d’avoir tout fais foirer. Et le pire était de savoir qu’il ne faisait rien pour arranger cette mésentente. Au contraire, se retrouver dans un bar ivre était devenue une routine. Se retrouver dans un lit différents chaque soir, et dans une posture plus qu’ambigu lui permettait de ne pas se retrouver seul face à sa solitude. Mais jamais, il n’avait pris le temps de dialoguer. De se confier. Jamais, il n’avait pris sa vie en main en tentant de remédier à la situation, comme un adulte le ferait. Non, il était égoïste et ne penser qu’à lui. Comme il a toujours penser qu’à lui. C’est vrai que se retrouver ici, avec les deux jeunes gens lui procurait une sensation étrange, un mal fou à comprendre réellement ce qui lui arrivait. Mais surtout, il ne savait plus par où commencer, ni quoi faire. Face à la demande de la jeune Blythe, qui tenta à son tour d’obliger Neal à lâcher l’étreinte qu’il maîtrisait envers Aiden - le jeune Indien répondit positivement à cette tentative. Les doigts posés de Victoria sur les siens avaient sembler doux et affectueux. Pourtant la voix de la jeune femme était froide, sa statut imposante. Et son regard d’une noirceur qu’elle n’avait jamais vraiment montré auparavant à son ancien ami. Mais il était rester immobile, de marbre. Il avait seulement baisser son regard vers cette main qui tenait la sienne, dans le seul but qu’il lâche Aiden. Ce n’était pas un geste affectueux, il en était conscient. Et finalement contre toute attente, il l’avait fais, sans aucun problème, n’en demandant ni plus ni moins. Et si il aurait pu ne jamais lâcher la main de Victoria, croyez le, il l’aurait fais. Mais il avait bu, il ne s’en rendait pas totalement compte. Ou peut-être que si justement… Quoi qu’il en soit, face à l’emprise de Neal, Victoria arriva sans difficulté à glisser sa main à l’extérieur de la sienne, pour la récupérer et éviter ainsi tout contact direct avec son ancien amant. ‘‘ Lâches-le, Neal ! T’es qui pour dire ça, d'abord ? Tu penses que tu vaux mieux que lui ? Et bien non, Rowlands, tu ne vaux pas mieux que lui. Il réussit là où toi t’as échoué. Lâches-le, bordel ! Dégages, fiche nous la paix ! ’’ Il s’était résolu à le lâcher. Et à l’écouter. Mais Victoria ne semblait pas bien comprendre pourquoi Neal avait agit ainsi. Elle se montrait sous son mauvais jour, odieuse et froide. Ce qui ne semblait pas plus émouvoir le jeune Indien, qui sous l’emprise de l’alcool, semblait plus indifférent que d’habitude. Et comme une douche froide, Victoria lui tira plus de la stupéfaction qu’autre chose. Ce fût pourquoi, il était rester silencieux. Alors comme ça, Aiden la méritait bien plus que lui ? Et aussi, il a réussit là, où Neal a échoué ? Chris aurait-il eu raison ? Et est-ce que sous cette carapace rigide se cacherait-il finalement pas un garçon ayant peur de la défaite ? C’est bien connu, que les personnes qui mordent avant même d’avoir été attaqué manquent seulement de confiance en elle. Mais, il devait avouer que si telle était l’image de Victoria en son encontre, alors elle ne le connaissait pas si bien que ça. Pire, elle le sous estimais. Mais d’une telle façon, qu’ils ne seront plus jamais rien l’un envers l’autre. C’était ce qu’il avait recherché durant pas mal de semaines. De n’être plus qu’un lointain souvenir à ses yeux. De n’être plus qu’une ombre qui défile sans rien en attendre plus. Seulement à force d’illusion, Neal est arrivé à se berner lui-même. Et tombé dans son propre piège, il devait s’avouer vaincu. Peut-être que le jeune docteur est plus fort que lui. Peut-être que le jeune docteur est plus intelligent, plus digne, moins enfantin. Peut-être, était-ce ce que recherche Victoria ?! Un homme, un vrai.

    Néanmoins, si se rendre compte de l‘échec est blessant, l‘avouer reste encore difficile. N‘étant sans doute pas encore tout à fait prêt, et surtout n‘ayant jamais connu ça, le jeune homme reste malgré lui, encore fière de son chemin et de ses coups bas. Si, il n‘envisageait pas forcément de revenir dans le Michigan, peut-être que de partir durant un certain temps d‘Ocean Grove lui ferait le plus grand bien. Et qui sait, ne jamais y revenir… Arriver à se détacher de toutes ses histoires et du monde entier, pour vivre seulement pour lui et sa passion, pourquoi pas ? Après tout, il n‘était probablement pas le premier à tout plaquer pour aller vivre tel qu‘il le désirait. Oubliant alors tout ce qui avais fais de lui, l‘homme qu‘il est aujourd‘hui. Peut-être que l‘absorption de l‘alcool y était pour quelque chose. Pourtant, sans jamais baisser le regard vers Aiden, le jeune Indien reporta un instant son attention vers Victoria. « Parce que tu comptes passer le reste de ta vie avec cet abruti ?! » S‘énerva-t-il alors qu‘il tentait de reprendre le dessus. C’était plus une question brusque, sur laquelle il n’arrivait pas à trouver de réponse. Et Neal était amer. Il n’avait jamais voulu la perdre, et pourtant, plus le temps passe, plus il avait peur de cette fin tragique. En somme, c’était comme un réveil brutal, comme la goutte de trop. C’était comme si au fond il savait la réponse, mais qu’il commençait à s’en rendre compte que maintenant. Très vite, il se tourna entièrement vers Victoria. Elle semblait hésiter, peut-être était-elle perdue ? Qu’allait-il lui faire, ou lui dire ? Lui qui n’a jamais été dur avec elle, c’était la première fois. Elle pouvait avoir entièrement peur. Et pourtant, il n’avait pas changé, et avait gardé cette étincelle dans son regard. « Vicky, regarde moi dans les yeux, et dis moi que tu l‘aimes plus que moi, que tu veux passer tes jours restant avec lui. Que je n‘ai jamais rien été à tes yeux, ou ne serait-ce que je compte moins à tes yeux que lui… » Pourquoi avait-il besoin de se faire du mal ? Parce qu‘il aime ça, parce qu‘il en a besoin. Seulement pour accepter la vérité. Seule elle, pourrait le lui faire prendre conscience. Son regard ne silla à aucun moment, sa voix ne tremblait pas. Mais son cœur semblait battre la chamade. Du moins, à vive allure, comme rarement il avait connu ça ses derniers jours. Et malgré qu‘il était saoule, il semblait plutôt assez bien comprendre la situation. « Et je retournerais dans le Michigan si tu le souhaites… Vraiment ! » Finissait-il par dire, sans être trahis dans sa voix. Seulement, même si le regard de Victoria semblait apaiser la bête qui dormait en lui, il y avait un hic. Aiden Lancaster. Malgré tout, Neal entendait sa respiration, il le savait la, en train de le regarder. Il le savait en train d‘observer la scène. Et Rowlands n‘aimait pas ça. Il n‘avait jamais aimé qu‘on soit dans le même périmètre que Victoria et lui. Ça l‘insupporte au plus haut point qu‘on puisse le savoir faible face à Victoria. Ce fût pourquoi, dans un élan brutal, le jeune Indien se retourna, en voulant en tirer une à Aiden. Normalement, la droite aurait du être précisément contre le nez de son adversaire. Mais habile ou par on ne sait quelle attention, Aiden s‘était baissé et avait réussi à échapper des griffes de Neal. Avant d‘intercepter son bras. A son tour, Aiden le tenait par le col. Il ne voulait pas lui faire de mal, et ce n‘était en rien contre lui. Mais Aiden semblait en avoir marre du comportement de Neal, et voulait lui montrer qu‘il ferait mieux de tout arrêter. Essayant de se dégager de l‘emprise, Neal se débattait du mieux qu‘il pouvait, en serrant le plus fort possible l‘étreinte de ses doigts sur les mains de son adversaire. Mais sans savoir d‘où ça lui tombait, le jeune docteur le lâcha, et dans un sourire faussement joueur, il lui donna à son tour un coup de poing sur la lèvre. Pris par dépourvu, Neal tomba le cul par terre, en arrière. Fou de rage, serrant les poings, il releva son regard hautain et noir vers Aiden. « Tu comprends pas que tu me pollues l‘existence, Lancaster ?! » Arriva-t-il à rétorquer, d’une voix froide. Mais quelle ne fût pas son indignation lorsqu’il vit la main de Aiden se tendre vers lui, d’un regard protecteur, et plutôt aimable. Oui, dans le fond, Lancaster n’est pas un homme méchant.
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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Lun 12 Juil 2010 - 18:49


Le contact de sa main dans la sienne eut l’effet d’un choc. Rapidement, elle l’avait dégagé pour ne plus ressentir ça. Victoria passa son regard d’Aiden à Neal puis inversement. Elle connaissait assez Aiden pour savoir qu’il n’était pas aussi brusque et violent que Neal. Ce dernier pouvait être une véritable bête sauvage quand il s’y mettait. Mais elle ne supportait pas l’idée qu’il puisse s’attaquer à lui. Ce n’était pas Aiden le coupable. Ce n’était pas lui qu’il fallait blâmer. Il n’y était pour rien. Oui, Aiden était sûrement vu comme quelqu’un de bon, de loyal, de serviable et d’attentionné aux yeux de Victoria. Il lui a déjà prouvé plus qu’une fois qu’il était digne de confiance et qu’il ne ferrait jamais rien qui puisse aller à son encontre. En tout cas, Victoria le pensait et en avait la croyance absolue. Et, en 2 ans de connaissance commune, il ne l’avait pas encore déçu. « Parce que tu comptes passer le reste de ta vie avec cet abruti ?! » Victoria arqua un sourcil alors que Neal regardait Aiden d’un œil mauvais. Et même si elle répondait positivement, qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Il s’entêtait à vouloir l’ignorer ou la fuir dans la rue, au même niveau qu’elle le faisait, pourquoi donc un soudain changement de réflexion ? La jolie blonde ne voulait même pas perdre son temps à répondre à cette question. C’était inutile et ça ne servirait à rien. Et puis, dans le fond, elle ignorait la réponse. Elle allait commencer à se tourner vers Aiden pour lui demander s’ils ne pouvaient pas plier bagages. Mais Neal se tourna vers elle, brusquement. La jeune Blythe savait qu’il ne lui ferrait aucun mal. Pas à elle, n’est-ce pas ? Non, son regard semblait s’être un peu adouci et il s’était même rapproché d’un pas pour que leurs regards se confrontent. Et Victoria ne pouvait pas faire autrement que de s'y soumettre.

« Vicky, regarde moi dans les yeux, et dis moi que tu l‘aimes plus que moi, que tu veux passer tes jours restant avec lui. Que je n‘ai jamais rien été à tes yeux, ou ne serait-ce que je compte moins à tes yeux que lui… » Il n’avait pas le droit de me faire ça. Il n’avait pas le droit de me demander de dire tout le contraire de ce que je pensais. Je haïssais l’idée qu’il puisse penser qu’il n’a jamais rien été pour moi. C’est faux, archi-faux et je ne saurai jamais le nier. Mais mes lèvres restaient closes alors que je sentais mes yeux chercher un minimum de compassion dans ceux de mon ancien copain. Il n’était pas clean et je me retrouve dans l’incapacité totale à répondre à ces mots. Il me prenait au dépourvu, sous l’œil attentif et vigilant d’Aiden. Un peu plus et j’en oublierai presque sa présence. C’était toujours la même chose quand Neal était dans les parages. Il n’y avait plus rien autour. Juste lui et moi. Et ce fut sûrement pour cela que je ne décrochais pas le regard des siens, exactement comme mes lèvres qui restaient désespérément closes. Il attendait visiblement à une réponse mais je ne pouvais pas. Je n’étais pas sûre, je n’étais plus sûre de moi. Toute cette scène me mettait mal à l’aise et j’avais terriblement mal de le voir dans cet état. Heureusement qu’il ne pouvait pas lire dans mes pensées, il en serait que trop fier. Je connaissais la puissance que pouvait donner l’alcool. Ou, en tout cas, l’illusion de puissance. Neal tentait de garder le dessus mais je savais, je sentais qu’un mot cassant de ma part et il pourrait se sentir au fond du gouffre. Exactement comme je me suis sentie quand il m’a laissé toute seule, alors que je venais de lui tendre cette fameuse lettre sous les yeux. Je n’étais pas de nature pleurnicheuse mais je crois que, c’est la deuxième fois de ma vie où je pleure autant – la première demeurant le décès de mon père. Il m’avait abandonné, lâché et tout ça, sans même une explication. Pour ne pas avoir senti le coup venir, cela signifiait sûrement que je ne le connaissais pas vraiment. Mais comment j’aurai pu songer ne serait-ce qu’une fraction de seconde que Neal était fiancé ? Je n’étais pas supposée l’apprendre par une lettre. Il aurait dût me le dire. Mais non. J’avais une confiance aveugle en lui. Beaucoup trop. A peu près la même que quand on était gosses. Je donnerai tout pour revenir à cette période. Tout était tellement plus simple, plus facile. J’eus la forte envie de détourner des yeux, briser ce contact visuel qui nous reliait. Mais j’étais comme hypnotisée. Je n’avais vu ses yeux bruns depuis un moment, après tout. Mais ce n’était pas forcément ça qui m’incitait à garder la tête haute et le regard sur lui. Baisser les yeux pourrait être un signe que oui, il compte moins qu’Aiden et que oui, c’est avec lui que je veux passer le restant de mes jours. En toute honnêté, j’avais le sentiment que mon couple avec Aiden n’allait pas durer. Une intuition féminine, peut-être. Bien sûr, entre nous, tous se passait bien. Voire même très bien. Mais je n’arrivais pas à me projeter dans le temps avec Aiden. Je n’arrivais pas à m’imaginer un futur lointain aux bras d’Aiden. Je ne savais pas encore très bien ce que je voulais. Je n’avais que vingt ans, après tout. J’avais encore le droit de me tromper, de faire des erreurs et de changer de route. Mais, sur le coup, à chaud, je pourrai tout lui dire. Après tout, je n’étais pas assez sotte pour croire que je haïssais réellement Neal. Je ne le haïssais pas. Je ne l’ai jamais haï. Il a fait partit de mon passé. Il fait partit de mon présent. C’est à moi que revient le choix de le voir dans mon futur. Et, pour être sincère, je ne m’en remettrais jamais s’il ne résidait pas avec moi jusqu’à la fin de mes jours. En sept ans, je ne m’y suis jamais faite, alors, pour sûr qu’il me faudrait de longues années pour m’y faire. Peut-être même que je mourrai sans m’y faire, puisque ma vie se retrouve irrévocablement raccourcie. Je savais que si je lui disais tout le contraire de ce qu’il disait, les choses iraient peut-être mieux. Mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas me résoudre à m’abaisser à une telle chose. Il m’a déjà trahit auparavant, je ne veux pas prendre le risque de souffrir une énième fois. Alors oui, je laissais parler ma tête plutôt que mon cœur qui semblait s’être emballé depuis la présence de mon ex dans mon champ de vision. Et puis, à quoi bon parler avec quelqu’un qui a de l’alcool dans le sang ? Je ne savais pas comment Neal réagissait à l’alcool, ne l’ayant jamais vu à l’œuvre. De toute façon, je n’étais pas prête. C’était trop tôt et la blessure était encore trop récente pour tenter quoique ce soit. Alors, comme si j’éprouve un plaisir malsain à le faire, je laissai toutes ses questions en suspens. Le regard de Neal semblait me supplier de répondre. Et peut-être qu’il voulait que je l’approuve. Mais ça non plus, je ne pouvais pas car c’était totalement faux. Cependant, je n’étais pas au bout de mes peines. « Et je retournerais dans le Michigan si tu le souhaites… Vraiment ! » Je fronce les sourcils ; retourner dans le Michigan ? Bien sûr que non que je ne voulais pas qu’il y retourne ! Même quand je le maudissais, je n’ai jamais réellement souhaité un quelconque départ. Au contraire, je n’attendais peut-être qu’une chose : qu’il revienne, qu’il s’explique et qu’il se fasse pardonner. Oui, dans le fond, je ne demandais rien d’autre. Ce n’était pas la lune, ce n’était pas grand-chose. Sauf quand on s’appelle Neal Rowlands. Je savais que j’allais devoir m’accrocher pour qu’il puisse me sortir un simple « Pardonne-moi ». D’ailleurs, je n’ose à peine y rêver tellement que ça me semble improbable. Il était trop fier pour cela. Même si je me suis souvent sentie privilégiée par rapport aux autres dans ses relations, je me suis vite rendue compte que j’étais mise au même rang que les autres, finalement. Il m’a menti à moi aussi. Il n’a pas eut assez confiance en moi pour m’avouer ses fiançailles. Pourquoi s’être fiancé à une femme et sortir avec une autre, d’ailleurs ? Les questions me tournoyaient encore et encore dans la tête, sans trouver une réponse concrète à la chose. Mes yeux devaient sembler apeurés, signe de désaccord face aux propos qu’il venait d’avoir. Si je pouvais cacher et masquer le reste, il était clair que je ne pouvais – et je ne voulais – pas pour ça. Pourtant, s’il partait, les choses pourraient être plus simples à reconsidérer. A condition que je ne retombe pas une énième fois. Non, cette fois-ci, j’étais forte. J’avais déjà cette fichue maladie à combattre, je ne devais pas laisser autre chose traverser sur mon chemin et me laisser à genoux. Je m’étais promise de réagir enfin comme une Blythe, histoire que mon père soit fier de moi, de là haut. Mais, certainement par esprit de contradiction, je refusais que Neal parte. C’était agaçant. Je n’y comprenais plus. Tout avait toujours eut une explication, dans mon monde. Et là… Je ne comprenais plus rien. Et Neal ne me rendait pas la tâche plus facile.

Victoria avait finalement baissé la tête, refusant de se soumettre à une question de plus qui pourrait la trahir. Elle avait l’impression d’avoir un haut cœur soudain et s’en était fortement désagréable. Elle était perdue dans ses songes et son mal être intérieur qui commençait à apparaitre quand elle vit les pieds de Neal tourner. Comme si cette vision avait eut l’effet de la réveiller, la jolie blonde leva des yeux alarmés assez rapidement pour voir Aiden esquiver le poing de Neal. Totalement paralysée, la jeune fille regarda son actuel petit-ami faire preuve d’une certaine défense qu’elle n’avait jamais imaginée venant de lui. Elle était complètement surprise et seul le poing vers la mâchoire et qui ne sembla pas ménager la lèvre de Neal la fit sursauter puis réagir. « Tu comprends pas que tu me pollues l‘existence, Lancaster ?! » Le jeune Rowlands était à terre et semblait passablement guère ravi de ce changement brutal de situation. L’observant quelques instants, Victoria releva ensuite son regard vers Aiden, l’air de ne pas comprendre la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux. Mais ce dernier, après avoir haussé brièvement les épaules, tendit sa main vers Neal, un léger sourire aux lèvres. « Désolé mais il n’y a que comme ça que tu sembles comprendre. » Cependant, le jeune Rowlands ne semble pas très ouvert à accepter la main que lui tendait le jeune urgentiste. Ce dernier le comprit rapidement et relâcha son bras tout en essayant de trouver les yeux de Victoria pour trouver un peu d’aide. Cette dernière le perçut et s’approcha de Neal pour aider Aiden à le relever – après tout, la jeune fille n’était pas assez forte pour supporter la masse corporelle de son ex, alcoolisée de surcroit. Quand il fut sur ses deux pieds puis installé sur la rambarde qui se trouvait derrière eux, Victoria observa de nouveau Aiden de façon sous-entendu et ce dernier hocha légèrement la tête en commençant à s’éloigner. « Je vais chercher la voiture. » La jolie blonde lui suivit un moment des yeux avant de reporter son attention sur Neal. Elle ne savait même pas comment réagir. Peur qu’il la rejette, peur qu’il l’envoie balader, peur qu’il fasse du mal. Et pourtant, Victoria se planta devant lui pour remonter son visage vers elle. Elle fronça de nouveau les sourcils en observant les dégâts d’une lèvre gonflée et fendue. Non, elle ne pouvait décemment pas le laisser comme ça. Si c’était pour qu’il se ramasse ailleurs et avec d’autres, c’était hors de question. « Tu ne retourneras pas dans le Michigan. Pas ce soir, en tout cas. » Dit-elle, passivement et d’un air absent, comme si elle ne contrôlait pas ce qui sortait de ses lèvres. Victoria semblait se soucier passablement de l’état de Neal, signe réel qu’elle tenait encore à lui. Mais elle ne voulait pas l’avouer. C’était inconcevable. Ses dents mordillèrent sa lèvre inférieure alors que son pouce caressait brièvement la joue de Neal avant d’entendre un ronronnement de moteur qu’elle pourrait reconnaitre entre milles. Relâchant son bras, la jeune Blythe se retourna un bref instant pour voir Aiden au volant de sa voiture, chose qu’elle lui avait purement et simplement interdite il y avait à peine une heure. Mais là, la situation en valait bien la peine et elle tourna un visage qui se voulait plus doux vers Neal. « Viens avec nous, Neal. Cet endroit ne te réussit pas. » Sa voix était calme et posée. Victoria ne voulait pas de cris, pas d’opposition, juste qu’il réponde positivement à sa faveur. Pour appuyer un peu plus ses propos, sa main se posa sur le bras du jeune homme, qui avait grandement besoin d’aide, même s’il s’entêtait à montrer le contraire. Elle savait ce que s’était. Quand on boit, on aimerait toujours avoir quelqu’un qui nous aide. Neal Rowlands n’échappe pas à la règle.

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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Mar 13 Juil 2010 - 13:23

    Neal aurait voulu crier de toute ses forces, se relevé pour le tabasser. Mais il faut croire que l’indifférence prime sur sa méchanceté, puisque Neal se convainc seulement de ne pas répondre à la main tendue de Aiden. Foudroyant son regard, le jeune américain comprit après quelques secondes, que rien ne servait de forcer l’Indien. Et surtout, qu’il ne coopérerait pas. En effet, la réputation de Neal lui valait surtout une solitude exemplaire, une méchanceté sans borne, et un mépris total. Il était parfois curieux, et avide de connaître les détails croustillants, seulement pour faire chanter les autres habitants. Mais il avait un autre visage, celui que Aiden avait vu ce soir. Et celui qu’il n’était pas prêt de revoir ! L’homme gentil, et attachant. Celui qui essaye de rattraper l’amour de sa vie, mais qui ne semble pas être très fort à ce jeu. Ce n’était pas tellement grave, Aiden semblait avoir des ressources de son côté pour se mettre Neal dans sa poche. Qui sait, si ils ne deviendront pas amis un jour ou l‘autre. ‘‘ Désolé mais il n’y a que comme ça que tu sembles comprendre. ’’ Ben voyons, c‘est de la faute à Neal si il s‘est reçu un coup de poing maintenant ! Le jeune homme, interloqué releva son regard froid vers Aiden, comme si ce dernier semblait dépasser les limites. Assis par terre, néanmoins sans rien comprendre à l‘histoire, encore embrumé par l‘absorption de l‘alcool, Neal fût assez facilement debout, entre Victoria et Aiden. A coup sur, les deux amants l‘avaient aidé à se relever. Comme si, Neal Rowlands avait besoin d’aide ! En vingt et un ans d’existence, il avait aisément eu besoin que de lui pour se relever de ses nombreuses bagarres, comme il n’avait eu besoin que de Victoria, pour aimer une autre personne que lui. Et la, Aiden lui offrait son aide ? C’était tout simplement humiliant, et atroce. Le pire était de savoir qu’il ne disait rien contre Aiden, non il s’était laissé lever aussi facilement qu’on relève une chaussette. Sans crier, sans se débattre, sans protester. Seul son regard était d’un froid absolu, ses pensées hautaines, et son corps tremblant et chaud à la fois. ‘‘ Je vais chercher la voiture. ’’ Se contenta d‘ajouter Aiden dans un silence persistant. En aucun cas Neal ne parlerait en sa présence, c‘était la raison pour laquelle, Victoria lui avait sans doute fais signe de les laisser. Et ce monsieur prétexta d‘aller chercher la voiture ? Quelle mauvaise originalité pensait Neal. Pourtant, quelques secondes après, la voiture apparu dans son champs de vision. Il était peut-être temps de laisser Victoria rentrer chez elle. Il était peut-être temps de la laisser partir, tu ne crois pas Neal ? Néanmoins la main de Victoria se posa sur son bras, le cœur s‘accélérant, son regard s‘intensifia en le baissant vers elle. Il la regardait d‘une manière douce et timide à la fois. Lui suppliant de rester avec lui, lui demandant de quitter Aiden. Il la voulait seulement pour lui seul, et personne d‘autre. Déplaçant sa main libre sur celle de Victoria, il déposa sa paume sur celle-ci, sans jamais la quitter du regard. Fronçant les yeux, comme pour lui faire comprendre qu‘il ne demandait pas plus qu‘elle. Elle à ses côtés. ‘‘ Tu ne retourneras pas dans le Michigan. Pas ce soir, en tout cas. ’’ Se serait mentir, si il disait qu’il n’était pas rassuré de cette phrase. Pourtant, en aucun cas, elle lui promettais que tout s‘arrangerais, avec le temps. Mais peut-être était-ce déjà un bon début ? Ils ne s‘étaient pas disputés, ou mal compris. Ils ne s‘étaient pas énervés l‘un avec l‘autre. Ni ignorés. Ni mentis. ‘‘ Viens avec nous, Neal. Cet endroit ne te réussit pas. ’’ Existait-il un endroit qui le réussissait aujourd’hui ? C’était idiot de pensait que ‘oui’. Mais Victoria avait toujours été assez naïve. Pas lui. Lui, savait que cet endroit n’existait plus. N’avait peut-être jamais existé. Alors partir loin d’elle lui éviterait de souffrir encore plus. Pour toujours le même garçon. Toujours par sa faute. Il venait de concentrer son regard sur cette paume posé sur la main délicate de Victoria. L’effleurant, la touchant. Pourtant sa main se crispa autour des doigts de la jeune femme, et dans un geste purement anodin, il obligea Victoria à lâcher son bras. « C‘est gentil Victoria. Mais va-y… Sans moi. » Con. Il était con. Idiot, abrutit. Tout ce que vous voulez. Mais il n‘avait pas le droit d‘aller avec elle. Pas le droit de rester à ses côtés. Il se l‘interdisait. Encore et toujours. « Je ne monterais pas dans la même voiture que lui, compris ?! » Dans un sourire amer, il avait osé s’expliquer. Il n’aimait pas Aiden. Pire, aujourd’hui, il le haïssait. Alors il préfèrerait monter seul dans sa voiture, rentrer à pied, ou je ne sais quoi. Mais pas rentrer avec lui. Pas se retrouver seul dans la maison avec Victoria. Il serait tenter par attendre plus de sa part. Chose qu’elle ne devrait pas faire. ‘‘ Fais pas le con Neal, ne m‘oblige pas à te porter ! ’’ Avoua Aiden en voyant que Victoria semblait avoir du mal à le convaincre. Sortant de la voiture, rapidement, il s’arrêta à côté de la jeune femme, en face de Neal, un sourire en coin. Devaient-ils jouer à pile ou face pour le faire monter ? C’était une idée qui reposait sur le hasard, et peut-être que ce dernier ferait bien les choses non ? Le jeune Américain était décidé à faire rentrer coûte que coûte l’Indien dans la voiture, même si il devait employer la force… C’était seulement pour son bien ! Jamais, Neal n’aurait dut croiser le regard suppliant de Victoria. Auquel, à son tour, il n’était pas arriver à s‘en défaire. C‘était comme si, tout d‘un coup, tout avait disparu autour d‘eux. Et qu‘il n‘existait plus qu‘elle, et la voiture. Restant de sa statut de marbre, il était neutre, et impassible. Presque comme si il ne respirait plus. Aiden n‘eut qu‘à le tenir pour ne pas qu‘il tombe en arrière. Victoria, attrapant son bras, lui guida le chemin jusqu‘à la portière, et Neal s‘y glissa sans rien dire, sans aucune résistance. Comme si il était tout à coup trop faible pour combattre, trop fatigué pour résister. Il se maudissait. Mais il ne disait rien. Enfin, jusqu‘à ce qu‘il croise le regard d‘Aiden qui était entre temps passé du côté conducteur, et qui avait lancé un regard amusé à la bouderie de Neal par le rétroviseur. Rowlands, ayant vu cela, ne pu s‘empêcher à son tour de casser ce merveilleux silence, et d‘une voix froide, il lui ajouta. « Super ! T‘es content ? Alors démarre et ignore moi ! » Tournant la tête à l’extérieur, il laissa tomber sa tête contre le dossier, fixant les alentours sans réellement y attacher aucune importance. Aiden roulait vraiment à l’allure d’un escargot et le temps lui paraissait long désormais…


Dernière édition par Neal Rowlands le Mar 13 Juil 2010 - 13:30, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Malgré mes efforts, je te vois partir… (end) Mar 13 Juil 2010 - 13:25

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