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 Les objets du passé ■ STAND (ended)

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Message(#) Sujet: Les objets du passé ■ STAND (ended) Sam 20 Juin 2009 - 21:01


Les objets du passé ;

2200 Lemon Street ;







    Il paraît que les vide greniers sont des endroits fabuleux où l'on trouve toujours quelque chose. Les amateurs de vieilleries se rassemblent en nombre pour dénicher l'affaire du siècle tandis que d'autre se baladent entre les stands, cherchant à peine à trouver un objet. Alvira n'avait jamais eut l'occasion de participer à ce genre d'évènement. Certes elle avait vu Ocean Grove animé par ce vide grenier puisqu'il faisait parti intégrant de la communauté mais elle n'y avait jamais participé. Elle n'avait même pas pris le temps de sortir de chez elle. Cette année était différente. Premièrement parce qu'en ce samedi ensoleillé elle était devant chez elle mais aussi, et surtout, parce qu'elle préparait elle-même, et seule, sa tablée où elle entreposerait des objets jugés désormais inutiles. C'était un jour banal à Ocean Grove. Un de ces jours où le soleil et où tout le quartier était en ébullition. En réalité depuis les derniers évènements les choses étaient bien différentes. Comment pourrions-nous continuer à vivre et ignorer ce qui se trame autour de nous ? Alvira avait quelques difficultés à faire comme si rien ne s'était passé. Certes elle ne connaissait que très peu ces personnes, mais se dire que cela était arrivé si près de chez elle lui donner la chair de poule. Des images du passé lui revinrent en tête et une nausée imprévue monta en elle, l'obligeant à s'assoir quelques minutes sur le fauteuil qu'elle venait à peine d'installer devant sa porte. Deux ans s'étaient écoulés et pourtant ces images et ces sensations ne cessaient de la hanter. La preuve était là, on ne peut jamais en finir avec son passé. Quoiqu'on fasse et quoi qu'on dise, il refait toujours surface. Son malaise plus ou moins passé, elle se releva et termina son petit déménagement en posant le lourd fauteuil devant le tréteau qu'elle avait spécialement monté pour y déposer les objets dont elle voulait se débarrasser. Elle n'aurait probablement pas le plus grand stand, ni le plus attrayant, mais elle espérait tout de même avoir quelques acheteurs. Évidemment, sa réputation ne l'aiderait en rien. Il y avait des avantages et des inconvénients à vivre ainsi. Elle n'était pas considérée comme folle, ou peut-être par certain. Non elle était plutôt vue comme une jeune fille sauvage, qui n'aime pas participer aux évènements de la communauté. Quelqu'un de bien pourtant, qui avait son lot d'amis, et d'ennemis. Elle était plutôt discrète, mais toujours prête à rendre service. Les habitants d'Ocean Grove s'étaient finalement accoutumé à sa présence et la considérait comme n'importe qui. A vrai dire elle ne se préoccupait pas vraiment de ce qu'on pouvait dire d'elle. Elle avait pris l'habitude d'être celle qu'on ne comprend pas. C'était, pour ainsi dire, sa petite carapace. On ne l'ennuyait jamais et ne lui posait pas trop de question. Studieuse, elle avait été assez maligne pour le montrer et pouvoir ainsi invoquer cette excuse lorsqu'elle voulait absolument écourter une entrevue. Elle menait de front deux sortes d'études, l'histoire et les langues mortes. Deux passions qu'elle conjuguait à merveille et qui valait l'admiration des plus anciens. Rare était les jeunes qui souhaitait parler du passé avec eux. Alvira était une perle rare à leur yeux et la jeune fille aimait leur rendre visite afin d'échanger quelques mots. Elle espérait les voir aujourd'hui, peut-être que certaines vieilleries en sa possession les intéresseraient. Quoiqu'il en soit, la demoiselle entreprit d'installer ses affaires en ordre sur sa table improvisé. Elle n'était pas experte en la matière mais se débrouillerait avec ses compétences. Bien sur elle n'avait pas d'objets rarissimes, ni de choses extraordinaires. Elle n'avait emporté que peu de choses de sa vie passé. En revanche elle avait un tas de livres qu'elle ne lisait plus. Des livres passionnant aussi bien de science fiction que des livres plus sérieux qu'elles utilisaient pour soutenir ses dissertations. Elle avait également quelques livres sur le langage corporel et quelques uns écrit en latin. Elle ne s'attendait pas à les vendre mais sait-on jamais. En fouinant dans sa cave elle découvrit quelques cartons humides dû au temps passé dans cet endroit froid. Piqué par la curiosité, elle ne résista pas et les ouvrit, découvrant quelques vieilleries laissaient là par les anciens propriétaires de la maison. Elle n'avait jamais pensé a aller fouiner dans la cave, c'était un endroit qu'elle n'aimait guère. Et puis cette grande maison lui suffisait amplement pour entreposer toutes ses affaires. Le carton, emplis d'albums photos en tout genre, ne serait surement pas vendu mais elle décida malgré tout de le monter. Peut-être que d'anciens amis à la famille le prendrait. Elle trouva également un vieux miroir brisé qui ferait surement l'affaire, sans compter les vieux tableaux peint à la main par une artiste inconnue. Les bras désormais chargés de ses trouvailles, elle sorti à nouveau à l'air libre, se débarrassant bien vite de tout ceci sur le sol. Ne lui restait plus qu'à triller et à mettre ce qu'elle vendrait sur sa table. La matinée commençait à peine et déjà les gens affluaient dans les rues. Attachant ses cheveux en une queue de cheval presque parfaite, Alvira commença à mettre en ordre ses affaires et son petit stand de fortune.


Dernière édition par Alvira Devlin le Sam 27 Juin 2009 - 19:50, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Mar 23 Juin 2009 - 22:17

    La vie aime nous jouer des tours, et la plupart du temps, ces tours, on les sent venir. Vous n'avez jamais eu ce sentiment? Comme quoi vous savez que quelque chose va arriver? Par exemple, vous aller faire les courses, et avant même d'entrer dans le magasin, vous savez que vous aller rencontrer quelqu'un, un professeur par exemple. Cela peut être une bonne ou une mauvaise rencontre, mais il n'empêche que vous l'avez senti et vous le sentirez à nouveau lorsque cela se reproduira.
    Ou encore, vous sentez le matin même qu'il s'agit d'une journée où il vaut mieux rester au lit. Mais comme un grand vous vous levez et lorsque le tour se produit, vous vous dites que vous auriez du rester au lit.

    C'est ce que je ressens aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi, on ne sait jamais pourquoi. Je ne sais pas comment, personne ne le sait jamais, mais je sais que ce qu'il va se passer va changer ma vie. Pour le meilleur? Pour le pire? Peut-être les deux. Je ne sais pas, mais, et je n'ai ps honte de l'avouer, j'ai peur. J'anticipe. Je me fais plusieurs films dans ma tête. Vais-je revoir mes parents? Ici? À Ocean Grove? Ou bien peut-être Kevin, mon cousin? Quelqu'un d'un passé que j'essaye d'oublier? Peut-être aurais-je un accident, peut-être est-ce mon dernier jour sur Terre. Mon estomac se serre rien qu'à cette pensée. Je ne suis pas trop jeune pour mourir, non, mais je ne veux pas que cela arrive sans que je l'ai revue. Si seulement je pouvais savoir ce que me réserve la vie. Quelque fois je me dis que, s'il y a vraiment quelqu'un au dessus de nous, il ou elle doit bien se marrer en voyant nos réactions face à X surprise. Il ou elle doit bien rigoler en planifiant tout ce qu'il réserve à tout le monde dans le monde.

    Alors je ne sais pas ce qu'il va se passer aujourd'hui, mais est ce que cela doit m'empêcher de vivre ma vie comme je la vis depuis que je suis ici? Je ne crois pas. C'est sur cette pensée que je me suis levé du matelas pourri qui me serre de lit depuis que je suis ici. La douleur au dos, à laquelle j'ai droit tous les matins, me dis bonjour et je lui réponds en poussant le matelas dans un coin de la pièce, là où personne ne le verra. Je prends soins de mettre un drap sale dessus pour faire croire qu'il s'agit d'un objet en réparation. Les gens n'ont pas besoin de savoir que je suis trop pauvre pour me payer un appartement. Dans cette ville, il est impossible de trouver un logement pas cher.

    Une tasse de café en main, je m'habille rapidement, un jean délavé et troué un peu partout par dessus mon boxer et un Marcel blanc propre font l'affaire. Je ne prévois pas de sortir. Les demandes coulent à flot ces derniers temps et je dois en finir deux avant ce soir. J'ouvre rapidement la porte de mon atelier pour que les futurs clients n'hésitent pas à entrer, et bien sûr, pour aérer. La porte fenêtre étant condamné, je n'ai que la porte pour aérer et un ventilateur en train de tomber pour suffisamment ventiler la pièce afin que je ne meurs pas de chaleur en travaillant. Mais ce que je vois placarder sur la plaque de bois bouleverse tous mes plans. Un vide-grenier au quartier résidentiel. Intéressant.
    Mon regard se pose tout de suite sur un fauteuil que je dois réparer pour la semaine prochaine. Peut-être trouverais-je là bas quelque chose me permettant de le finir plus tôt. Autant essayer.

    Je pose ma tasse vide dans le lavabo, le rince puis le rempli d'eau pour éviter les insectes, enfile une chemise rapidement et referme l'atelier, tout en n'oubliant pas de mettre un mot sur la porte informant les clients que je serai absent pour la matinée et que je pouvais être trouvé au vide grenier.

    Lorsque je fus enfin arrivé sur place, tous les stands étaient occupés, remplis et énormément de gens affluaient. Le quartier était populaire, et c'était un peu un moyen de «s'enrichir» en arnaquant les propriétaires d'objets plus ou moins précieux qu'ils avaient depuis plus ou moins longtemps. Je fis le tour des stands, aucun ne m'intéressait vraiment. De vieilles lampes, de vieux fauteuils qui avaient besoin de plus qu'un simple coup de pinceau, des livres poussiéreux que j'aurai pu trouver intéressant si j'avais été là pour autre chose que le travail. Il y avait de tout et n'importe quoi, plus du n'importe quoi d'ailleurs.

    Apple Road ne me donna rien. Lemon Street par contre, m'asfixiai. Le sentiment de ce matin était de retour. Ainsi, c'était au vide-grenier qu'allait arriver ce qui allait arriver. Mon estomac se serra dans l'anticipation, une boule se forma dans ma gorge, mon coeur accéléra le rythme, et je vis tout de suite la raison de tout cela. Mes yeux étaient rivés sur une personne me tournant le dos. Elle pourrait être dans n'importe quelle position, je la reconnaîtrai entre mille. Peu de personnes sur cette Terre avait cette allure, peu de personne me faisaient réagir ainsi. Mais je ne fis aucun geste dans sa direction.

    Sur Lemon Street, j'achetai deux ou trois bricoles qui pourraient me servir pour un objet de style moderne, mais l'objet qui m'intéressait le plus se trouvait sur le stand que j'essayais d'éviter à tout prix. Avec un soupir interne, je me dirigeai vers elle. Elle me tournait toujours le dos. Je posais mes mains à plat sur la table et rivai mon regard sur le miroir.

    -Combien le miroir brisé?

    Me reconnaîtrait-elle?
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Mer 24 Juin 2009 - 17:17


    Il lui semblait qu'elle avait encore à faire un tas de choses. Beaucoup trop à son goût. Finir d'entreposer les vieilleries sur la table, estimer un prix au cas où et pouvoir ensuite négocier avec un acheteur potentiel. Il était évident qu'elle ne voulait pas se débarrasser de ces livres pour un prix dérisoire. Quand aux tableaux elle n'avait aucune idée de leur valeur, encore que elle pourrait surement les vendre à un prix convenable. Tout dépendait de si la personne en face s'y connaissait ou non. En réalité il lui faudrait improviser totalement cette journée. Elle soupira légèrement, voyant et comprenant clairement que son stand de misère ne ferait pas fureur auprès des habitants de la ville, et encore moins du quartier. Pourtant cet argent serait le bienvenue. Évidemment l'héritage conséquent de son père lui permettrait de vivre convenablement encore longtemps, au moins jusqu'à ce qu'elle ai son propre travail. Les petits revenus qu'elle se faisait en donnant quelques cours par ci, par là l'aidait aussi mais ce n'était pas grand chose. Peut-être que cette vente lui serait bénéfique. Occupée à trier quelques vieux vêtements à elle, qu'elle ne mettrait probablement plus, elle sentit une présence, quelqu'un qui l'observait. Elle n'y fit pas attention. Pas même lorsqu'il lui posa cette banale question. Il lui sembla familière. Une voix lointaine, venue d'une autre époque qui vous met mal à l'aise. Elle sentit son estomac se nouer sans raison et tout en se retournant elle lui répondit, sa voix faiblissant jusqu'à ce qu'elle ne s'éteigne en comprenant à qui elle avait à faire...

    - Oh je n'ai pas encore...

    La voix cassée, la gorge nouée et les yeux écarquillés, Alvira ne pouvait, ou ne voulait, pas y croire. Il n'avait pas tant changé que cela en deux ans. Il était toujours aussi grand, plus qu'elle en tout cas. Il arborait tout ces vieux vêtements qui à côté des siens ressemblaient à des guenilles. Il n'avait pas coupait ses cheveux qu'elle aimait tant et ses yeux la troublait comme à l'époque. Rien en lui n'avait changé et au fond cela la rassurait. Elle se sentit incapable de prononcer le moindre mot, pourtant il le fallait. Elle ne pouvait pas rester bouche bée avec cet air ridicule accroché au visage. Il verrait son trouble, c'était certain. Elle avait toujours eut du mal à cacher ses émotions en sa présence. L'effet qu'il produisait sur elle était tout simplement indescriptible. Frottant ses mains l'une contre l'autre, un vieux toc qu'elle avait toujours lorsqu'elle était gênée, Alvira pu enfin sortir les mots qui pendaient à ses lèvres. Ou plutôt le seul qui voulu sortir, en un murmure qui s'estompa rapidement.

    - Jimmy...

    Elle était la seule à l'appeler comme ça. Peut-être plus aujourd'hui, après tout deux ans s'étaient écoulés, il avait peut-être refait sa vie avec une fille qui voulait de lui. Une fille qui aurait eut le cran de défier les interdits. Pas une fille comme elle qui l'avait fait souffrir. Elle avait longtemps imaginé des retrouvailles, toutes se terminaient mal hélas. Comment espérer le contraire après tout ce qu'elle avait fait ? Qui plus est savait-il pour son beau-père ? Probablement. Elle se souvenait si bien du jour où elle lui avait dit ces horreurs. Ce jour où sur la plage elle avait décidé que tout était terminé. Au fond elle ne le voulait pas mais que sait-on de la vie à 18 ans ? Elle ne savait pas grand chose. Si son père avait été là tout aurait été si différent. Il aurait probablement appréciait James, lui donnant sa bénédiction. Mais si il avait été en vie seraient-ils venus sur cette île où leur deux cœurs se sont tant aimés ? Il n'y avait aucune certitude. Jusqu'ici elle avait réussi à garder le contact avec son regard mais elle fini par détourner les yeux, les posant sur les vieilleries devant eux. Avait-il choisi ce miroir exprès pour la faire réagir ? Après tout il était autant brisé que leur deux cœurs.
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Mer 24 Juin 2009 - 23:31

    Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi dire. Y a-t-il un mode d'emploi dans ces cas là? Des phrases magiques que je dois connaître? Dois-je dire qu'elle est toujours aussi belle que la dernière fois que je l'ai vue, quand elle s'éloignait de moi sur la plage, me laissant seul, rempli de rage pour une femme qui n'aimait rien ni personne à part l'argent et les banquiers. Rempli de rancœur pour Alvira, qui préférait écouté une mère qui n'avait jamais été là pour elle plutôt que son coeur.

    J'ai toujours été traité comme un moins que rien. Un fils de pêcheur. Un garçon abandonné. Éclaboussé dans les rues par les plus riches, je me suis fait humilié plus d'une fois. Souvent je devais remettre les mêmes vêtements pendant des semaines avant de pouvoir les laver correctement, on devait voler avec mon cousin pour pouvoir manger de la viande, ce qui n'était qu'une fois par mois. Et pourtant, malgré la pente raide qui devait mené en dehors de cette île de misère, j'ai réussi à apercevoir l'arrivée.
    Lorsque je l'ai rencontrée, j'avais 18 ans. Je revenais d'un endroit que je ne nommerai pas. Au début elle me rejetait, mais à chaque fois je revenais à la charge. Ne voyait-elle pas que j'étais comme elle? Que mon humiliation était peut-être même pire que la sienne? Ne voyait-elle pas qu'à deux, nous serions plus fort?
    Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour tomber amoureux d'elle, mais je n'ai rien dit. Elle avait 14 ans bon Dieu, qu'allais-je faire? La violée? Pour l'enfoncé encore plus alors que je ne voulais que l'aider? Alors j'ai attendu qu'elle ait 17 ans, peut-être en avait-elle 18? Je ne sais plus. J'ai tenté d'effacer ce souvenir de ma mémoire. Il n'empêche qu'avec elle, j'arrivais à oublier ma "condition", je n'avais pas besoin d'être riche pour avoir droit à sa compagnie. La rupture m'a ramené plus bas que terre. Elle m'avait quitté parce que j'étais pauvre. L'humiliation continuait. Pendant un temps je l'ai haïe. Je l'ai haïe parce que je n'arrivais pas à la haïr. Nom de Dieu, j'étais fou d'elle. Je me souviens que ce soir là, en rentrant à la maison, du moins ce qui me servait de maison, j'ai tout renversé. Heureusement que nous n'avions rien de bien fragile. La seule chose précieuse était la télé, et je ne l'ai pas touchée.

    " James, putain qu'est ce qui t'arrive? " avait crié Kevin.
    " Qu'est ce que je suis con!! "

    J'ai voulu croire pendant un moment que je n'avais été qu'un moyen pour elle d'attiré l'attention de sa mère., mais ça n'a pas marché, parce que au fond de moi, je savais que les moments qu'on avait passés ensemble avaient comptés aussi bien pour moi que pour elle.

    Maintenant que ces deux années ont passées, bien que ce souvenir reste aussi vivant que le jour où je l'ai vécu, je n'éprouve plus aucune colère. A quoi cela servirait-il? C'était il y a deux ans. Mes sentiments restent là, mais les sentiments éprouvés pour un premier amour ne s'effacent pas. Ces deux années m'ont changées, et je suis sûr qu'elle aussi n'est plus la même.

    Ainsi, lorsqu'elle murmura mon vieux surnom, je ne peux empêché un sourire éclairé mon visage.

    -Jimmy...
    -Salut Pixie.

    Les vieilles habitudes reviennent toujours au galop.

    -Désolé... réflexe.

    Je mets mes mains dans les poches de mon jean et je la regarde regardé les objets posés sur la table. La nervosité, la peur, l'angoisse qui m'avaient pris s'étaient à présent envolés.

    -Pas trop cher j'espère, parce que je suis toujours pas Bill Gates. Je parle du miroir hein.
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Jeu 25 Juin 2009 - 11:36


    Ou peut-être son cœur était-il le seul à saigner en cet instant. Il ne semblait pas plus intéressait par elle. A quoi s'était-elle attendu ? Il devait surement avoir une femme qui l'attendait chez eux. Peut-être un enfant, qui sait. Elle avait toujours su au fond qu'il était ce genre de garçon a avoir une famille heureuse. Pas comme celle qu'elle avait pu connaître. Après deux ans loin l'un de l'autre qu'attendait-elle ? Elle n'avait même pas pris la peine de lui dire au revoir à son départ. Tout avait été fait si vite. Elle avait regrettait chacun de ses mots et sa faiblesse. Elle avait été assez stupide pour croire que sa mère changerait d'avis sur son compte. Elle avait simplement espérer recevoir un peu plus. En réalité elle avait tout perdu, même la seule personne qui avait était capable de l'aimer. Alvira n'avait que 14 ans lorsque pour la première fois ses yeux se posèrent sur lui. Elle était jeune, naïve et en deuil. Il lui paraissait si parfait, comme un de ces princes charmant sorti d'un conte de fée ridicule. Comment pourrait-il s'intéressait à une enfant ? Il devait y avoir un tas de fille pendu à son cou quotidiennement. Et pourtant les jours et les années passèrent sans qu'il ne la lâche. Certain appellerait ça de l'obsession, peut-être une sorte de pédophilie mais dans son esprit c'était bien plus que ça. Et finalement elle avait jeté ces quelques mois de bonheur pour sombrer un peu plus dans le néant. Ses blessures n'étaient pas encore guéries qu'il en ouvrait de nouvelles par sa présence. Bien sur il est si simple de faire semblant. Elle était douée dans ce domaine mais pas assez pour paraître froide à sa vue. Elle ne pouvait pas lui mentir, encore moins lui cacher ce qu'elle ressentait. Ses yeux, sa voix la trahirait sans aucun doute. Mais lui face à elle ne semblait ressentir aucune émotions, comme si il avait réussi à la faire passer d'amour à inconnue. Comme si rien n'était jamais arrivé entre eux et qu'il retrouvait simplement une vielle connaissance. Son cœur se serra à l'idée qu'il ai pu refaire sa vie avec une autre. Cela ne lui avait jamais vraiment effleuré l'esprit, ou plutôt elle se refusait à y penser. La réalité était pourtant là, fouettant son être avec force. Il était beau garçon, il l'avait toujours était. Et puis c'était quelqu'un de bien, d'honnête et de gentleman. Toutes les filles devaient rêver de se trouver à son bras. Elle se sentit bien idiote de penser à cela et encore plus de se sentir jalouse. Elle aurait pu être cette femme comblée à son bras si seulement elle n'avait pas été aussi stupide. Et si il n'y avait que ça les choses pourraient s'arranger mais elle avait était plus sotte encore. Elle l'avait attendu. Comme si un jour il reviendrait pour elle et pour personne d'autre. Elle avait été incapable d'aimer après lui. Dans le fond elle avait eut raison de ne plus s'attacher puisque encore une fois elle avait perdue. Les yeux clos durant une vague minute, il lui fallu se reprendre, même lorsqu'il utilisa ce surnom qu'il lui avait attribué alors qu'elle n'avait que 14 ans. Reprenant un semblant de confiance Alvira osa à nouveau le regarder plus ou moins en face. Elle jeta un œil sur l'objet en question auquel elle n'avait pas encore donné de prix. Elle n'avait guère eut le temps d'y réfléchir, qui plus est il ne lui appartenait pas.

    - Oh ouais...je ne sais pas, peut-être 5 dollars.

    Après tout il lui semblait être un objet de valeur, ornée de symbole ancien et probablement en or massif. Elle aurait dû prendre le temps de l'examiner avant de tout mettre sur cette fichue table. En temps qu'historienne elle savait la plupart du temps à quelle époque tel ou tel objet appartenait. Elle voulu le lui dire, partir dans une sorte de monologue qui retracerait la vie de ce miroir mais les mots restèrent dans sa tête. La bouche à demie ouverte retenant le flot de parole qu'elle était prête à débiter. Il devait probablement ne pas vouloir savoir. Il s'en fichait surement. Ce serait juste une nouvelle manière de montrer à quel point leur deux mondes étaient différents. Elle n'avait jamais attaché d'importance à la richesse, tout comme son père s'en fichait pas mal. La vraie richesse réside dans le cœur des gens, lui répétait il souvent. Et il avait raison de lui dire cela. James était plus que riche avec ce point de vue mais il ne le saurait jamais. L'envie qu'il s'en aille rapidement la prit tout à coup. Il n'est pas bon de se remémorer le passé. Ce qui a était ne sera plus jamais alors à quoi bon vouloir le changer ? Il lui fallait avancer, cesser de penser à ce qu'aurait pu être sa vie, leur vie. Maintenant qu'il était là sa poursuite du bonheur semblait bien compromise. Elle ne réussirait jamais à oublier, surtout pas si il était dans les parages. Surtout pas si il la considérait comme n'importe qui d'autre dans cette ville. Avait-il vraiment oublié leur passé commun ?
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Jeu 25 Juin 2009 - 18:17

    Depuis tout gamin, on a tous un ou plusieurs rêves. Les plus jeunes rêvent d'être comme leurs parents, ou bien veulent devenir pompier, policier, tout les métiers qui peuvent les faire devenir des «héros». Ils rêvent parfois d'être des super héros, avoir des pouvoirs et sauver le monde. En grandissant, ils se rendent compte qu'être un super héros est réservé aux héros de BD, ou de films, qu'être policier ou pompier n'est peut-être pas ce qu'il veulent faire, et les rêves changent. Certains veulent devenir millionnaire, une rock star, un chanteur, un acteur. D'autres veulent trouver l'amour, être heureux, vivre vieux, avoir une famille. Et puis d'autres encore, rêvent de revenir en arrière, et changer les choses, rêvent de réparer leurs plus grosses erreurs. Mais n'est-ce pas une forme de regret? N'est-ce pas un moyen de s'avouer que l'on a pris les mauvaises décisions? Un moyen de regretter les moments passés? N'est-ce pas vouloir arrêter de souffrir et donc renier l'émotion qui fait que l'on est un être humain doté d'une conscience?

    Lorsque j'étais jeune, je rêvais d'être riche, d'avoir une vie stable, des amis, une maison. Puis j'ai rêvé que mon père éprouve pour moi les sentiments qu'un père devrait ressentir pour son fils. Mais jamais mes rêves ne se sont réalisés. Ma vie stable était remplie de déceptions, mes amis étaient près à tout pour pouvoir manger et s'habiller, même à voler l'argent que mes cousins on avait du mal à avoir, ma maison était plus une cabane qu'autre chose, et mon père ne m'a jamais aimé. Alors j'ai rêvé de trouver quelqu'un qui m'aimerait pour ce que je suis et qui accepterait le fait que je n'ai pas d'argent. J'ai cru l'avoir trouvé ce quelqu'un, en elle. Avais-je eu tort? Je ne sais plus vraiment. J'aime à penser que non, qu'elle m'avait aimé pour moi. Peut-être était-ce qu'une illusion, mais dans ce cas là pourquoi aurait-elle pleuré en s'éloignant de moi ce jour là?

    Je fus bientôt à nouveau mal à l'aise et la nervosité me serra le ventre à nouveau. Je passai une main dans mes cheveux qu'il fallait que je coupe, et regardai le miroir. S'il m'intéressait c'était pour l'ornement, je pourrai copier les motifs sur le fauteuil, mais je pourrai peut-être le réparer. J'ai des miroirs dans l'atelier. Certains meubles avaient des miroirs cassés à l'intérieur, il me fallait donc les changé. Mais 5 dollars? Ok, je n'ai pas d'argent, mais franchement? 5 Dollars? C'est se foutre de moi. Je sais qu'elle est accro à l'histoire, je sais qu'elle sais qu'il ne vaut pas 5 doll.

    -Tu sais que rien qu'à l'ornement il devrait valoir plus de 1000 dollars? Mais comme on est dans un vide grenier, le prix doit baisser. Il baisse encore puisqu'il est brisé, et comme tu dois me faire un prix d'amis en souvenir du bon vieux temps, je dirai, 40?

    J'arborai son sourire spécial Alvira, que je ne donnais à personne d'autre. Ce sourire, il reflétait tout ce que je ressentais pour elle, et mes yeux verts à ce moment là avaient pour habitude de pétiller de joie. Cette joie, lorsque nous étions plus jeune, je l'avait rien qu'à sa vue et à la pensée qu'elle était à mes côtés. Aujourd'hui, cette joie, je ne l'explique pas. Peut-être est-ce un souvenir du temps ou nous étions amis? Peut-être un réflexe. Tout ce que je sais, c'est que c'est incontrôlable. Le temps passé loin d'elle était dur, mais peut-être était-ce une nécessité? Nous devions grandir chacun de notre côté afin de pouvoir se retrouver. Je sais que si je ne suis plus amoureux d'elle, je peux l'être à nouveau. C'est si facile d'éprouver des sentiments pour elle. Si dur aussi, parce qu'elle a du mal à laisser entrer les gens.

    Hier, mon rêve était de la revoir. Aujourd'hui, c'est de l'avoir à nouveau dans ma vie. Mais, accepterait-elle?
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Jeu 25 Juin 2009 - 21:19


    Pourquoi avait-elle dit ça ? Elle savait parfaitement que ce vieux miroir valait plus, beaucoup plus. L'ornement, la dorure, tout faisait de lui un objet de valeur. Probablement avait-il appartenu à une grande famille du coin. Peut-être avait-il voyagé dans divers pays. Il lui faudrait plus de temps pour l'analyser et pour pouvoir définir d'où il venait précisément, ainsi que de quelle époque. Elle n'aurait pas dû lui mentir sur le prix, que croyait-elle ? Qu'il ne verrait rien ? James était loin d'être un idiot. Elle avait peut-être voulu lui faire plaisir inconsciemment en lui offrant ce miroir. Elle ne voulait en aucun cas lui faire la charité, elle ne le connaissait que trop bien pour savoir qu'il détestait cela par dessus tout. A nouveau très mal à l'aise, elle trouva ses mains moites lorsqu'elle voulu les frotter l'une contre l'autre. Comment pouvait-il lui faire autant d'effet après toutes ces années ? Il n'avait pas perdu son charme ni son charisme. Il était tel qu'elle l'avait laissé deux ans plus tôt, sur cette plage où ils avaient tant de souvenirs en commun. Elle avait encore du mal à croire à ce qu'elle lui avait dit. Depuis ses 14 ans elle prenait un malin plaisir à désobéir aux ordres de sa mère et à la contredire sans cesse. Et là, alors qu'elle était plus qu'heureuse, elle avait décidé de se ranger du côté de celle qui ne l'aimait pas plutôt que de poursuivre la route tracée avec James. Désormais ne lui restait plus que des regrets et des souvenirs. Il n'y avait rien de plus. Elle ne pouvait se rattacher qu'a ça et espérer qu'il ne l'avait pas totalement oublié. Son comportement la déstabilisait. Comment pouvait-il rester aussi stoïque face à elle ? Comme si ils n'avaient rien vécus, comme si ils n'étaient rien l'un pour l'autre. Se mordillant la lèvre inférieure, un nouveau signe de sa gêne ou du fait qu'elle ne trouvait pas les mots justes, elle osa cependant replonger son regard empli de mystère ans ceux du jeune homme. Elle ne savait plus comment agir face à lui, craignant que le moindre mot ou geste ne le blesse. Puisqu'il n'avait pas l'air de vouloir parler d'autre chose que ce de miroir, elle poursuivit sur cette lancée, heureuse qu'ils entretiennent malgré tout une conversation. Même si celle-ci n'avait rien d'extraordinaire. Même si elle aurait aimé lui dire ce que son cœur lui hurlait.

    - Ouais c'est vrai...t'as raison. Je..je n'ai pas pris le temps de l'examiner dans les détails.

    Et elle le vit sourire. Ce sourire qu'elle aimait tant et qui était si communicatif qu'elle ne pu retenir le petit sourire qui percer à ses lèvres. Mais pourquoi souriait-il ? La trouvait-il si niaise ? Ou pensait-il à la femme qu'il retrouverait après ses achats ? Pourquoi ne pouvait-elle pas chasser cette horrible idée de sa tête ? Elle ne pouvait même pas voir ses mains dans l'espoir d'y voir une alliance. Bien sur il pouvait très bien avoir quelqu'un dans sa vie sans pour autant être marié. Et qu'est-ce que cela changerait ? Rien pour elle si ce n'est qu'il lui faudrait peut-être du temps pour s'y habituer. Le voir ici devant elle était déjà quelque chose d'extraordinaire en soi. Elle avait envie de croire qu'il avait encore envie d'elle. Qu'il la voulait dans sa vie, encore. Le problème c'est qu'elle ne le lui dirait probablement jamais cela. Non pas par fierté, elle ne l'était absolument pas. C'était tout simplement dans son tempérament. Elle ne réussissait pas à laisser les autres entrer dans son jardin secret. Une barrière s'était formé depuis ses 14 ans. Une barrière infranchissable qu'il avait pourtant réussi à percer mais qui s'était refermée si vite après son départ. La confiance n'avait jamais été son fort. Son père la faisait se sentir forte, à sa mort son monde s'était écroulé. Depuis il lui était impossible de le reconstruire, les choses tournaient toujours mal comme si tout cela venait d'elle. Peut-être avait-elle été maudite par les dieux. C'était une hypothèse que son esprit ne rejetait pas. Certes en tant qu'historienne elle ne devrait peut-être pas croire en ce genre de stupidités. Pourtant c'était son patrimoine et elle y croyait depuis toujours. Elle savait parfaitement distingué le réel de l'irréel mais croire en ces légendes l'aidait à vivre. Elle était rassuré de savoir son père en sécurité auprès de leur ancêtres et elle savait qu'il veillait sur elle de là haut. D'ailleurs que pensait-il de cette situation ? Il prendrait surement le parti de James en reprochant la bêtise de sa fille. Et il aurait raison, elle avait été plus que stupide par le passé. Maintenant il était bien trop tard pour rattraper tout cela.
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Jeu 25 Juin 2009 - 22:58

    On dit que l'espoir fait vivre, qu'il suffit de ça pour que les choses arrivent. Alors cela voudrait-il dire que si j'espère trouver un chèque d'un million de dollar, je l'aurai? Je ne crois pas. C'est sûr que lorsqu'on est désespéré, il ne nous reste plus que l'espoir, c'est ce qui nous fait nous lever le matin. Je l'ai fais suffisamment de fois pour savoir que c'est vrai, mais est-ce vraiment la seule chose qui nous fait vivre dans ces moments là? Je sais que lorsque j'étais avec elle, l'espoir m'avait quitté pour faire place au bonheur. Lorsqu'elle m'a quitté, je n'avais plus que la colère en moi, et les premiers jours j'espérais la revoir, pour pouvoir lui dire tout ce que je pensais. L'espoir a plusieurs sens. On peut espérer quelque chose de bien, ou bien espérer quelque chose de bien pour faire du mal. C'était mon cas. Mais on ne réfléchis pas lorsqu'on est en colère, lorsqu'on a mal. L'impulsivité dont j'étais victime dans ma jeunesse m'a souvent joué des tours. Aujourd'hui, bien que je me sois calmé, les blessures qui n'ont pas encore tout à fait cicatrisées peuvent se rouvrir et me faire réagir violemment.

    Mais ma question n'est pas l'espoir fait-il vivre. Ce serait plutôt, l'espoir, est-ce une forme de rêve? Lorsqu'on rêve, on espère que cela arrivera. Mais lorsqu'on espère, est-ce qu'on en rêve? Est-ce que tout simplement il y a une réponse à cette question? Je ne sais pas. J'aurai tendance à répondre oui : rêver c'est espérer. Mais espérer n'est pas rêver. Un rêve n'est que cela, un rêve, quelque chose qui a peu de chances de se réaliser. Aucun exemple ne me vient en tête, mais je suis sûr que vous me comprenez.

    Je suis le moindre de ses gestes. Elle ne se rend même pas compte qu'encore aujourd'hui elle me coupe le souffle. J'ai rêver de la revoir, espérer entendre à nouveau sa voix. Je pourrai mourir sur le champ, au moins je mourrai heureux. C'est mon seul vœu : qu'elle soit la dernière personne que je vois avant de fermer les yeux pour toujours.
    J'avance la main gauche pour toucher le miroir au niveau où il est brisé. Il fallait vraiment le changer, la colle ne tiendrait pas, de plus, des bouts étaient partis.

    -Ouais c'est vrai...t'as raison. Je..je n'ai pas pris le temps de l'examiner dans les détails.
    -On va faire un deal. Je l'achète, je le répare, et tu viens l'examiner à l'atelier. On pourra savoir alors combien il vaut vraiment. Parce que je ne sais pas toi, mais moi ça me tracasse. Et au pire on le revend après. Une fois le miroir remplacer, il vaudra des millions. Je crois même pouvoir rendre sa brillance à l'or. Enfin, ça, c'est si tu peux. Je veux dire t'as peut-être pas le temps, ou peut-être que c'est pas ton rayon, j'en sais rien.

    Je prends une grande inspiration. Avec tout ce que je viens de déballer, je n'ai pas eu le temps d'alimenter mes poumons en oxygène. Gêné, je passe une nouvelle fois ma main dans mes cheveux, et la douleur de mon dos se réveilla en sursaut mais je ne fis rien pour le signaler. Pas de grimace, pas de gestes. J'étais habitué à force, et puis je n'aime pas montrer à tout le monde que j'ai mal quelque part. Je souffre en silence, ça ne gêne pas les autres, et ça me rend plus à l'aise. Après une hésitation puis une nouvelle inspiration, je me jette à l'eau.

    -Enfin bon, ce que je veux dire c'est que... um j'aimerai bien te revoir quoi.

    Il y a quelques années, je n'aurai pas hésité à le dire. Aujourd'hui par contre, je ne sais pas vraiment ce que je dois dire ou pas. Après tout, elle a peut-être un copain, un gosse. Elle s'est refait une vie loin de l'île en tentant d'oublier probablement tout ce qu'il s'y était passé, alors peut-être qu'elle ne voulait pas me voir. Vu sa réaction et vu comment elle agit avec moi, je suppose qu'elle ne voudra pas. Mais qui ne tente rien n'a rien n'est ce pas? Je m'embrouille, je le sais. Mais c'est quelque chose à laquelle je suis habitué. J'avais souvent du mal à réfléchir en sa présent, cela n'a apparemment pas changé. En tout cas, j'espère. Je ne rêve pas.
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Ven 26 Juin 2009 - 16:42


    Tout lui réussissait. Elle se savait maudite et pourtant tout allait pour le mieux dans sa vie. Malgré les erreurs et les regrets elle allait bien, elle avait une parfaite et sans encombres. Elle pouvait se vanter d'être riche grâce à son défunt père et vivre comme bon lui semblait puisqu'elle n'avait de compte à rendre à personne. Elle ne niait pas aimer cette vie de liberté, sans contraintes d'aucune forme. Elle se plaisait à vivre au jour le jour, avec la peur au ventre qu'on la retrouve mais libre malgré tout. Deux ans s'étaient écoulés durant lesquels elle avait pu vivre sans qu'on ne vienne l'ennuyer. Elle s'était fait une place dans cette communauté, devenant quelqu'un de banal. Elle avait réussi son pari et menait une vie tranquille. Le passé restait derrière elle bien qu'une épée de damocles ne cessait de peser au-dessus de sa tête. On ne peut pas réécrire le passé mais on peut essayer de réparer ce qui est abimé. C'était un peu comme dans le métier et la passion de James. Il ne pouvait pas redonner à ces objets leur saveur d'antan, ce ne sera jamais possible. Mais il y mettait tout son cœur afin de leur redonner un peu de vie. Elle avait toujours admiré son travail aimant le regarder se concentrer sur des détails qu'elle-même n'aurait surement jamais vu. Peut-être qu'il l'avait poussé à se tourner vers l'histoire et le passé des civilisations. La chaleur qui régnait dans son corps était presque insoutenable. La température extérieure avait déjà monté mais ce n'était rien en comparaison de celle qui envahissait le corps de la jeune femme.

    - Oui bien sur ! S'écria-t-elle, sans réfléchir, comme si le simple fait de pouvoir le revoir l'avait fait se réveiller en sursaut. Je veux dire...ce sera avec plaisir.

    Reprenant son souffle à forte bouffée d'air, sa poitrine se soulevait régulièrement et plus lourdement que d'ordinaire. Elle sentait sans peine son cœur s'emballait dans son thorax et craignit même qu'il n'explose littéralement. C'était impossible bien sur mais elle ne pouvait pas expliquer l'effet qu'il lui faisait à cet instant précis. Après tout il avait été, et restait, l'amour de sa vie. Elle n'avait pas connu d'homme meilleur. Bien sur elle avait eut quelques aventures mais qui duraient à peine quelques jours. Rien de comparable avec lui. Elle avait la sensation de plus être capable d'aimer avec sincérité. Comme si sa vie s'était soudainement stoppée le jour où elle avait fait l'erreur de rompre. Depuis elle ne pensait qu'à lui, le voyait au détour d'une rue et en rêvait parfois. Il l'obsédait et elle le désirait plus que n'importe quoi. Alvira avait alors compris ce qu'aimer voulait dire. Son père le lui avait expliqué une fois, lorsqu'elle n'était qu'une enfant mais elle s'en souvenait nettement. Un sentiment qu'on a du mal à reconnaître et à assumer. Elle était certaine que c'était cela. Elle était réellement amoureuse de James, sans pouvoir le lui dire. La souffrance était elle aussi impossible à décrire. Comment rester de marbre face à la personne dont on a besoin ? Elle avait si souvent rêvait de se trouver à nouveau entre ses bras, de sentir son souffle chaud dans son cou et d'entendre sa voix lui murmurait des mots doux à l'oreille. Cela pouvait sembler pathétique ou vieux jeu mais c'est tout ce qu'elle demandait. Même si ça ne durait pas, elle voulait se sentir aimé comme autrefois. Ils ne reformeront peut-être jamais un couple. Si c'était le cas elle se ferait une raison. Jusqu'ici elle avait espéré le revoir, il était là. Pourquoi n'arrivait-elle pas à lui dire tout ce que son cœur lui hurlait ? La peur, sans doute. Comment savoir ce qui se trame dans la tête de l'autre, surtout après des années passées loin de lui ? Elle ignorait ce qui s'était passé sur l'île après son départ, et comment il avait pris toute cette histoire. Peut-être le saura-t-elle un jour mais pour l'heure ce n'était pas à l'ordre du jour. Son sourire, peut-être trop enfantin, éclaira son visage comme à l'époque où le simple fait de l'apercevoir la rendait si heureuse.

    - J'aimerais beaucoup aussi.

    Pas à pas ils se retrouveraient. Il fallait seulement laisser le temps faire son œuvre. Les choses ne rentreraient pas dans l'ordre dans l'immédiat mais la voie se traçait peu à peu. Elle y croyait à cette relation. Plus qu'à tout autre chose sur cette terre. Au fond d'elle elle le sentait et l'avait toujours su qu'un jour ils se retrouveraient et ne formeraient plus qu'un.
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Message(#) Sujet: Re: Les objets du passé ■ STAND (ended) Sam 27 Juin 2009 - 19:45

    Au début, avant que je ne connaisse Alvira, je me demandais toujours ce que voulait dire : avoir un coeur brisé. Il est impossible de voir son véritable coeur être brisé en deux ou en plusieurs petits morceaux à ramassé à la petite cuiller. Alors j'ai immédiatement pensé qu'il s'agissait d'une métaphore. Je ne savais pas encore à cette époque que cette métaphore était aussi réelle. Quand Alvira m'a quitté, j'ai cru que quelque chose à l'intérieur moi s'était déchiré. Quelque chose était partie en même temps qu'elle, et je ne savais pas ce que j'étais. La douleur venait du coeur. C'est à ce moment là que j'ai compris l'expression.

    Il y a des expressions comme ça qu'on a du mal à comprendre. Celle qui me faisait rire quand j'étais petit c'est «On apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces» ou encore «prendre ses jambes à son cou». La plupart du temps, le sens est caché, et lorsqu'on est encore jeune, on a du mal à le trouver. Pourtant, une fois qu'on le connaît, on se dit que c'était évident. Mais est-ce que ça l'est vraiment? Je veux dire, si à la base on ne comprend pas, c'est que ça ne l'est pas. Finalement, le cerveau c'est une machine bizarre. Au début, on ne sait pas forcément que 2 et 2 font 4, et pourtant, vers 7 ans, on le dit sans même réfléchir. Finalement, en y réfléchissant, je n'ai pas vraiment envie de me casser la tête à essayer de trouver comment ça marche. Je le fais suffisamment au travail comme ça, je n'ai pas besoin en plus de réfléchir à quelque chose qui me laisse totalement indifférent. Bien sûr, je ne cracherai pas sur l'information si un jour elle m'est apportée, mais en attendant, ça ne changera pas ma vie.

    Lâchant Alvira des yeux quelques secondes, je fouille dans mes poches. Je suis sûr d'avoir pris de l'argent avant de partir. N'ayant pas de porte feuille, je suis obligé de trimballer les billets à même les poches, ce qui est parfis un handicap. Lorsque je trouve enfin les billets et quelques pièces, c'est pour m'apercevoir qu'il me manque 5 dollars. Super. Franchement super. Si je voulais l'impressionner c'est loupé. Bien joué James. Tu pourrais gagner le titre du plus gros boulet du monde en continuant comme ça.

    -Hum, j'ai que 35 dollars. Quand tu passeras à l'atelier je te donnerai les 5 manquants. Ça pose pas de problèmes?

    C'est à cet instant que j'aimerai avoir une carte de crédit, je pourrai aller retirer de l'argent, mais non. Encore faudrait-il que j'ai un compte bancaire. Faudrait que je pense à en ouvrir un un de ces quatre.
    Puis je prends un bout de papier de la poche arrière de mon jean pour gribouiller avec un stylo qui traînait sur la table l'adresse de mon atelier et accessoirement ce que certains appelleraient mon chez moi. Je lui tends rapidement les billets et l'adresse. Puis lui fait un sourire timide. J'avoue avoir peur qu'elle ne se défile à la dernière minute alors pour la joué décontracté, je ne trouve rien de mieux que dire :

    -Passe quand tu veux. Je suis ouvert de 7h à 21h sauf exceptions.

    Je prends alors le miroir qu'elle me tend et j'arrive à croiser ses yeux pour une fraction de seconde. Je confirme, mon coeur bat toujours. Je me demande même comment les chinois font pour ne pas l'entendre. Je lui souris à nouveau, cette fois de toutes mes dents, et je dois résister à l'envie de l'embrasser. Je dois aussi me forcer à lui tourné le dos. Je le fais et m'éloigne rapidement d'elle, une main dans les cheveux.

    Alors que je m'apprêtais à tourner au coin de la rue, je me fais interpelé par un de mes clients régulier et je suis obligé de devoir supporté sa conversation incessante, alors que je n'ai qu'une envie, croupir au fond de mon atelier et réparé du mieux que je peux ce maudit miroir pour ensuite pouvoir m'attaquer au fauteuil de cet homme. Homme que je ne supporte pas d'ailleurs. En levant les yeux, j'aperçois Alvira me regarder, je m'excuse auprès de mon client et quitte ce vide-grenier de malheur.


[HJ/ excuse moi de la qualité de ce post T.T]
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